Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide hauts revenus 202613 minMis à jour 16 juin 2026Le test en 4 questions

Suis-je concerné par la CEHR ou la CDHR ? Le test en 4 questions (RFR 2026)

Vous gagnez bien votre vie et vous vous demandez si les contributions sur les hauts revenus vous visent. La réponse ne dépend ni de votre salaire, ni de votre revenu imposable, mais d'un seul chiffre : votre revenu fiscal de référence (RFR). Au-delà de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), vous entrez dans le champ — mais entrer n'est pas payer. Voici le test, profil par profil, et le levier qui ne gonfle jamais votre RFR. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

TEST CEHR / CDHR 2026

Êtes-vous concerné ? on chiffre votre exposition réelle

Audit de votre situation de haut revenu : reconstitution de votre RFR, test CEHR (montant) et CDHR (taux d'IR), 3 profils, leviers d'assiette (PER, déficit) et solution de liquidités sans rachat (crédit lombard). Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée.

  • Reconstitution de votre RFR
  • Test CEHR et CDHR chiffré
  • Liquidités sans gonfler le RFR
  • Cabinet 100 % indépendant

SEUIL CÉLIBATAIRE

250 000 €

SEUIL COUPLE

500 000 €

PLANCHER CDHR

20 % du RFR

SURTAXE CEHR

3 % – 4 %

DÉCLENCHEUR

le RFR

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LA RÉPONSE EXPRESS·2 MIN

La réponse express : un seul déclencheur, le RFR

Quand on a un haut revenu, l'impôt s'empile : barème jusqu'à 45 %, prélèvements sociaux à 17,2 % ou 18,6 %, puis deux surcouches que beaucoup découvrent trop tard — la CEHR et la CDHR. Sur un euro de dividende, on peut ainsi cumuler 12,8 % d'impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux, puis 3 ou 4 % de CEHR et, pour certains, jusqu'à 20 % de plancher CDHR. Sa vraie question, avant toute stratégie : est-ce que ça me touche, moi ? Suis-je seulement concerné ? Oubliez votre salaire et votre revenu imposable — un seul chiffre tranche, et ce n'est aucun des deux.

Le seuil tient en une phrase : vous êtes dans le champ des contributions sur les hauts revenus dès que votre revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € (célibataire, veuf ou divorcé) ou 500 000 € (couple marié ou pacsé en imposition commune). Ces seuils d'entrée sont identiques pour la CEHR (art. 223 sexies du CGI) et la CDHR (art. 224 du CGI). Sauf qu'entrer dans le champ et payer, ce sont deux choses différentes — et c'est précisément là que tout se joue : entrer dans le champ ne veut pas dire payer les deux. On peut être concerné par l'une, l'autre, ou les deux, et bien des contribuables qui se croient « tranquilles » dépassent en réalité le seuil sans le savoir.

La réponse en 30 secondes

CEHR — une surtaxe par tranches (3 % puis 4 % du RFR). Permanente depuis 2011, elle frappe aussi les non-résidents sur leurs revenus de source française. Elle dépend du montant de votre RFR.

CDHR — un impôt plancher qui garantit une imposition minimale de 20 % du RFR retraité. Créée en 2025, reconduite en 2026, elle est réservée aux résidents fiscaux français (art. 4 B). Elle dépend du taux d'impôt sur le revenu déjà payé sur votre RFR.

Le piège n° 1 : confondre les deux contributions

Ce sont deux impôts distincts, pas deux noms pour la même chose. La CEHR (art. 223 sexies) se calcule par tranches sur le RFR : dès que vous passez le seuil, elle est due, automatiquement. La CDHR (art. 224) est un filet : elle ne se déclenche que si votre taux d'impôt sur le revenu reste en dessous de 20 % du RFR. Conséquence : on peut très bien devoir l'une sans devoir l'autre. Les confondre, c'est se tromper de calcul — et finir par payer un montant qui n'a rien à voir avec ce qu'on doit vraiment.

Retenez un point souvent ignoré : les deux contributions sont assises sur le RFR (art. 1417 IV), pas sur votre revenu net imposable au barème. C'est la nuance qui change tout, parce que le RFR est plus large que ce que vous imaginez. Pour le panorama complet des deux contributions, voyez comprendre la CEHR et la CDHR en 2026 ; et pour bien distinguer leurs mécanismes et leur cumul, CEHR vs CDHR : différences, cumul et pièges.

§ 2LE CŒUR DU SUJET·4 MIN

Le RFR, le vrai chiffre (et pourquoi vous le sous-estimez)

Neuf clients sur dix arrivent en pensant que leur RFR, c'est leur salaire — ou, au mieux, leur revenu imposable. Ni l'un ni l'autre. Le revenu fiscal de référence de l'article 1417 IV est un agrégat plus large. Il part de votre revenu net imposable au barème, puis y rajoute des revenus que la plupart de mes clients oublient : leurs dividendes, leurs plus-values.

Le RFR est plus large que le revenu imposable : c'est pourquoi un foyer à l'IR modeste peut avoir un RFR à six chiffres.
Ce que le RFR réintègrePourquoi ça compte
Dividendes, intérêts, plus-values mobilières au PFUComptés en totalité, même sans passage au barème
Abattement de 40 % sur les dividendes (art. 158)Rajouté : le dividende compte quasiment en brut
Produits d'assurance-vie au prélèvement forfaitaireLe rachat fait remonter le RFR (art. 125-0 A)
Certains revenus exonérés ou en reportRéintégrés selon les règles de l'art. 1417 IV

Exemple express : reconstituer un RFR en deux lignes

Un dirigeant me dit « je gagne 130 000 € par an, je suis loin du seuil ». On reprend ensemble : il a aussi perçu 150 000 € de dividendes de sa holding. Au PFU, son avis d'impôt n'affiche qu'un IR modeste, mais pour le RFR, on additionne 130 000 € (salaire imposable) + 150 000 € (dividendes bruts) = 280 000 €. Il est dans le champ sans l'avoir vu venir. La règle à retenir : pour un dividende, comptez le brut (l'abattement de 40 % est rajouté dans le RFR), pas le net qui tombe sur votre compte.

Le grand écart est là : celui qui vit de dividendes et de plus-values paie peu d'IR (12,8 % au PFU) tout en affichant un RFR à six chiffres. C'est exactement ce profil que la CDHR vient rattraper : elle raisonne en assiette (le RFR), pas en taux. Inversement, le salarié au barème a un RFR proche de son revenu imposable et un taux d'IR déjà élevé.

L'erreur n° 1 : « mon salaire est sous le seuil, je ne suis pas concerné »

« Je gagne 120 000 € de salaire, je ne suis pas concerné » : faux si vous percevez en plus 180 000 € de dividendes. Votre RFR atteint alors 300 000 € et vous franchissez le seuil de 250 000 €. Les dividendes au PFU et les plus-values mobilières sont intégralement dans le RFR (avec, pour les dividendes, l'abattement de 40 % rajouté). C'est l'erreur la plus fréquente.

Où trouver mon RFR ?

Sur votre avis d'impôt sur le revenu, en page de garde, à la ligne « Revenu fiscal de référence » — ou dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Pour anticiper l'année en cours (celle qui déclenche les contributions), reconstituez-le à partir de vos revenus prévisionnels. Pour décortiquer sa composition exacte, voyez ce qui compose vraiment votre revenu fiscal de référence.
§ 3LE TEST·3 MIN

Le test en 4 questions

En rendez-vous, je traite la question en quatre temps. L'ordre compte : chaque réponse ferme ou ouvre la suivante. Répondez sans court-circuiter — la question 2 n'a de sens que si la 1 dit oui.

L'arbre de décision : le seuil ouvre le champ ; la résidence départage CEHR/CDHR ; le taux d'IR décide si la CDHR mord vraiment.
ÉtapeQuestionConséquence
1Mon RFR dépasse-t-il le seuil ? (250 000 € seul / 500 000 € couple)Non → aucune des deux contributions. Oui → étape 2
2Suis-je résident fiscal français (art. 4 B) ?Non (non-résident, source FR) → CEHR oui, CDHR non. Oui → étape 3 et 4
3CEHR : la surtaxe par tranches s'applique-t-elle ?Oui, dès le seuil franchi (3 % puis 4 %). Mécanique, automatique
4CDHR : mon taux d'IR est-il < 20 % de mon RFR retraité ?Oui → CDHR due (elle comble l'écart). Non (déjà ≥ 20 %) → CDHR nulle

C'est à la question 4 que la plupart de mes clients tombent des nues. On peut avoir un RFR à 600 000 € et ne pas payer la CDHR : si vos revenus passent au barème (tranches à 41-45 %), votre taux effectif d'IR dépasse déjà 20 % et la contribution est nulle. À l'inverse, un RFR de 300 000 € composé surtout de dividendes au PFU (12,8 % d'IR) tombe sous le plancher : la CDHR se déclenche.

Le réflexe à garder en tête

La CEHR dépend du montant de votre RFR ; la CDHR dépend du taux d'impôt sur le revenu déjà payé sur ce RFR. C'est pourquoi on peut très bien devoir la CEHR sans devoir la CDHR (cas du salarié au barème), ou les deux à la fois (cas du rentier au PFU).
§ 4LA CEHR·3 MIN

CEHR : comment savoir si elle me vise (et combien)

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (art. 223 sexies, créée par la loi de finances 2012, en vigueur depuis l'imposition des revenus 2011) est, malgré son nom, permanente. C'est une surtaxe par tranches assise sur le RFR : elle est due dès que le seuil est franchi, sans condition de taux d'IR. Au-dessus du seuil, elle est due, point. Reste à savoir combien.

Les seuils du couple sont exactement le double de ceux du célibataire. La CEHR ne porte que sur la fraction de RFR au-dessus du seuil.
SituationTranche à 3 %Tranche à 4 %
Célibataire / veuf / divorcéRFR de 250 000 à 500 000 €au-delà de 500 000 €
Couple (imposition commune)RFR de 500 000 à 1 000 000 €au-delà de 1 000 000 €

Deux précisions qui changent la donne. La CEHR s'applique aussi aux non-résidents sur leurs revenus de source française : c'est une différence majeure avec la CDHR. Et elle dispose d'un mécanisme de lissage (système du quotient propre, art. 223 sexies II) : lorsque le RFR de l'année dépasse 1,5 fois la moyenne des deux années précédentes, la fraction excédentaire bénéficie d'un calcul atténué. C'est précieux l'année d'un revenu exceptionnel (cession, prime importante).

Pour le chiffrage exact, tranche par tranche, voyez le barème, les seuils et le calcul de la CEHR ; et pour activer le lissage lors d'une année atypique, le mécanisme de lissage des revenus exceptionnels.

§ 5LA CDHR·4 MIN

CDHR : comment savoir si elle me vise (et combien)

La contribution différentielle sur les hauts revenus (art. 224) n'est pas une surtaxe par tranches : c'est un impôt plancher. Elle garantit que votre imposition atteint au moins 20 % de votre RFR retraité. Le cadre dirigeant imposé à 41-45 % est déjà bien au-delà des 20 % : pour lui, zéro. Le rentier, lui, plafonne à 12,8 % au PFU — et c'est ce trou-là que la CDHR remonte jusqu'à 20 %. Elle ne vise que les résidents fiscaux français (art. 4 B).

La logique de la CDHR (ordre de grandeur)

CDHR due = max ( 0 ; 20 % x revenu retraite
              - [ IR au bareme + part IR du PFU 12,8 %
                  + PFL assurance-vie + CEHR + majorations ] )

Majorations : 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR par couple (imposition commune)

Decote : si revenu retraite <= 330 000 EUR (seul)
         ou <= 660 000 EUR (couple), la CDHR est plafonnee
         a 82,5 % x (revenu retraite - seuil) -> lissage a l'entree

Revenus exceptionnels (ex. plus-value de cession)
         retenus pour le QUART (25 %) dans le revenu retraite

Les prélèvements sociaux (18,6 % / 17,2 %) ne figurent PAS au numérateur : seule la part d'impôt sur le revenu compte. Calculs à confirmer avec le simulateur officiel — il n'existe pas de doctrine BOFiP dédiée à la CDHR.

L'erreur à ne jamais commettre : les prélèvements sociaux sont exclus

Au numérateur de la CDHR (l'impôt déjà payé que l'on retranche de 20 % × RFR), on ne compte que l'impôt sur le revenu : barème, part IR du PFU (12,8 %), prélèvement forfaitaire libératoire de l'assurance-vie, CEHR et majorations forfaitaires. Les prélèvements sociaux (18,6 % sur les dividendes et plus-values mobilières, 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et les revenus fonciers en 2026) sont exclus du test des 20 %. C'est pour cette raison structurelle qu'un euro de dividende au PFU (12,8 % d'IR seulement) déclenche si facilement la contribution.

Restent deux subtilités, et elles pèsent lourd l'année d'un gros revenu. Les revenus exceptionnels (une plus-value de cession, par exemple) ne sont retenus que pour le quart (25 %) dans le revenu retraité depuis la loi de finances 2026, ce qui amortit fortement les années atypiques. Et la CDHR est reconduite tant que le déficit du budget général de l'État reste supérieur à 3 % du PIB (art. 2 de la LF 2026) : sa pérennité au-delà de 2026 est, à ce stade, conditionnée au retour des comptes publics sous ce seuil. Sa création puis sa reconduction ont été validées par le Conseil constitutionnel (décisions n° 2025-874 DC et n° 2026-901 DC).

Pour le principe du plancher de 20 %, voyez le taux minimum d'imposition de 20 % expliqué ; pour le calcul pas-à-pas avec décote et majorations, comment calculer précisément votre CDHR ; et pour la dualité des prélèvements sociaux exclus du test, les prélèvements sociaux 17,2 % / 18,6 % en 2026.

§ 6PROFIL 1·2 MIN

Profil 1 — Le salarié / cadre dirigeant au barème (souvent NON pour la CDHR)

Premier cas de figure : le cadre dirigeant grassement payé, tout au barème. Gros salaire ne rime pas avec CDHR — ce qui compte, c'est la composition du revenu, d'où vient l'argent. Au barème, il est déjà cogné par les tranches hautes : son taux d'IR réel grimpe vite.

Cas — Antoine, célibataire, cadre dirigeant salarié (RFR ≈ 300 000 €)

Antoine perçoit un salaire net imposable d'environ 300 000 €, imposé au barème (tranches à 41-45 %). Son RFR est proche de 300 000 €.

CDHR : son impôt sur le revenu effectif représente déjà de l'ordre de 35-38 % de son RFR, bien au-dessus de 20 % → CDHR = 0 €. Le barème le protège.
CEHR : 3 % × (300 000 − 250 000) = 1 500 €.
Verdict : concerné par la CEHR seulement (1 500 €), pas par la CDHR.
À retenir : même très bien payé, le salarié au barème règle la CEHR mais passe presque toujours à travers la CDHR.

Ces chiffres sont des illustrations pédagogiques aux taux 2026 ; pour un calcul exact tenant compte de votre quotient familial et de votre situation, reportez-vous à la méthode de calcul détaillée.

§ 7PROFIL 2·3 MIN

Profil 2 — Le rentier / investisseur au PFU (cible n° 1 de la CDHR)

Le rentier, lui, c'est l'inverse. Prenez quelqu'un qui vit de ses placements — dividendes et plus-values mobilières au prélèvement forfaitaire unique. C'est la cible n° 1 de la CDHR, et le calcul est imparable : au PFU, la part d'impôt sur le revenu n'est que de 12,8 %, donc son taux moyen d'IR se dilue sous le plancher de 20 %.

Cas — Sylvie & Marc, couple, rentiers (RFR ≈ 800 000 €)

Le couple vit de 600 000 € de dividendes et 200 000 € de plus-values mobilières, au PFU. Revenu retraité ≈ 800 000 € (couple, seuil de 500 000 € ; au-dessus de la zone de décote qui s'arrête à 660 000 €).

Taux d'IR : la part IR du PFU (12,8 %) ≈ 102 400 €, soit un taux moyen d'IR d'environ 12,8 %, inférieur à 20 % → la CDHR mord.
Plancher CDHR : 20 % × 800 000 = 160 000 € ; au numérateur on retranche l'IR (≈ 102 400 €), la CEHR (9 000 €) et la majoration couple (12 500 €) → CDHR de l'ordre de 35 000 € (ordre de grandeur, sans décote car le RFR dépasse 660 000 € → calcul exact en page de calcul).
CEHR : 3 % × (800 000 − 500 000) = 9 000 €.
Verdict : cible n° 1 — concerné par les deux contributions.

Le paradoxe du rentier

RFR à six chiffres, mais IR effectif faible : c'est exactement le profil que la CDHR a été conçue pour rattraper. Et les prélèvements sociaux de 18,6 % qui frappent ces dividendes et plus-values ne comptent pas au numérateur : ils n'atténuent en rien la CDHR, ils s'ajoutent à la facture globale.
§ 8PROFIL 3·3 MIN

Profil 3 — Le chef d'entreprise qui cède (l'année exceptionnelle)

Reste le dirigeant qui vend sa société. L'année de la cession, la plus-value propulse le RFR très au-dessus des seuils : c'est LA fameuse année exceptionnelle : celle où la CEHR et la CDHR tombent toutes les deux d'un coup — sauf qu'il existe deux amortisseurs.

Cas — Karim, célibataire, cède sa société (RFR ≈ 1 020 000 € l'année de cession)

Karim a 120 000 € de revenus d'activité et réalise une plus-value de cession de 900 000 € (au PFU). RFR brut de l'année ≈ 1 020 000 €.

CEHR : sans lissage, 3 % × 250 000 + 4 % × 520 000 = 7 500 + 20 800 ≈ 28 300 € — atténuée le cas échéant par le quotient (art. 223 sexies II) si l'année dépasse 1,5 fois la moyenne des deux précédentes et que le RFR de chacune de ces deux années est resté sous le seuil : c'est plausible ici, Karim n'ayant que 120 000 € de revenus d'activité hors année de cession.
CDHR : la règle du quart joue des deux côtés du calcul. La plus-value, revenu exceptionnel, n'est retenue que pour le quart → revenu retraité ≈ 120 000 + 25 % × 900 000 = 345 000 €, soit un plancher de 20 % × 345 000 = 69 000 €. Symétriquement, l'IR afférent à cette plus-value n'est lui aussi retenu que pour le quart au numérateur : barème sur les 120 000 € d'activité (≈ 33 000 €) + 25 % × (12,8 % × 900 000) = 25 % × 115 200 ≈ 28 800 €, soit ≈ 61 800 € d'IR retenu. En y ajoutant la CEHR (≈ 28 300 €), le total retranché (≈ 90 000 €) dépasse le plancher de 69 000 € → CDHR proche de 0 €, grâce à la règle du quart.
Verdict : concerné surtout par la CEHR l'année de cession ; la CDHR est souvent neutralisée par la règle du quart.

L'année à risque : anticipez l'acompte

Une plus-value se prépare avant la signature, pas après. C'est l'année où l'on combine le quart (CDHR), le quotient (CEHR) et les régimes d'exonération de plus-values professionnelles. C'est aussi l'année où il faut anticiper l'acompte de la CDHR (versé entre le 1er et le 15 décembre, à hauteur de 95 % de la contribution estimée). Pour le calendrier et les modalités, voyez l'acompte de décembre, mode d'emploi et le lissage de la CEHR.
§ 9RÉDUIRE L'ASSIETTE·3 MIN

Ce qui réduit votre RFR… et ce qui ne le réduit pas

Puisque le seul déclencheur est le RFR, la bonne question n'est pas « comment réduire mon impôt » mais « comment réduire mon assiette ». Toute la subtilité est là : certains leviers baissent le RFR (et peuvent vous sortir du champ), d'autres baissent l'IR sans toucher le RFR (et sont en partie repris par la CDHR).

Réduit le RFR (leviers d'assiette)

Le PER ou le Madelin déductible (art. 163 quatervicies / 154 bis) : la déduction baisse le revenu imposable, donc le RFR ; il n'est pas réintégré par l'article 224. Le déficit foncier réel (travaux sur un bien locatif nu) s'impute sur le revenu global. La capitalisation en société (le bénéfice non distribué ne remonte pas au RFR personnel). Près d'un seuil, un versement PER peut faire repasser sous 250 000 / 500 000 € et sortir totalement du champ.

Ne réduit PAS le RFR (leviers de taux)

Les réductions d'impôt (Pinel, Girardin, Sofica, FIP/FCPI) baissent l'IR sans toucher le RFR : elles creusent l'écart au plancher de 20 % et sont donc partiellement reprises par la CDHR. Elles restent utiles contre l'IR de droit commun, mais perdent de leur intérêt pour qui est dans le champ de la CDHR. Depuis la LF 2026, les dons aux œuvres (art. 200) seraient pris en compte dans le calcul de la CDHR — point à confirmer avec votre conseiller, faute de doctrine BOFiP dédiée.

Le levier le plus net : sortir du champ par le seuil

Près du seuil, un versement PER déductible qui fait repasser sous 250 000 € (seul) ou 500 000 € (couple) fait totalement sortir du champ des deux contributions. Plus haut dans le barème, il ne fait pas toujours sortir, mais il ramène en zone de décote et atténue fortement la CDHR. C'est le premier réflexe à tester. Pour le calibrer, voyez le Plan d'épargne retraite et son effet sur le RFR.
§ 10LE PONT — SOLUTION·4 MIN

Besoin de liquidités sans gonfler votre RFR ?

En vingt ans de rendez-vous avec des dirigeants, c'est le levier que je vois le plus rarement mis en place. Quand un client a besoin de cash — racheter des parts à un associé, financer la résidence secondaire, encaisser un divorce — son premier réflexe est presque toujours de racheter une partie de son assurance-vie ou de vendre des titres. Mauvais réflexe : un rachat est un revenu, donc il gonfle le RFR et peut déclencher ou aggraver la CEHR et la CDHR. Il existe pourtant un levier qui ne génère ni RFR, ni IR, ni prélèvements sociaux : le crédit lombard.

Le rachat d'assurance-vie

Le rachat dégage un produit imposable : il augmente le RFR, ajoute l'impôt sur le revenu (PFU ou barème) et 17,2 % de prélèvements sociaux propres à l'assurance-vie — pas 18,6 %. Conséquence : il peut faire franchir un seuil, déclencher la CEHR, diluer votre taux d'IR et faire mordre la CDHR. Et il consomme l'antériorité fiscale de votre contrat. À l'inverse, le PFL ou la part IR du PFU du rachat (7,5 / 12,8 %) figure bien au numérateur de la CDHR : l'effet sur la CDHR est donc plus mesuré que celui d'un pur dividende, mais le RFR, lui, augmente dans tous les cas.

Le crédit lombard

Un prêt garanti par le nantissement de votre assurance-vie (art. L. 132-10 du Code des assurances) ou de votre compte-titres (art. 2355 du Code civil). Il procure des liquidités SANS rachat : aucun revenu, donc RFR INCHANGÉ, ni IR, ni prélèvements sociaux. Il ne déclenche ni n'aggrave les contributions, et préserve l'antériorité fiscale du contrat. Généralement in fine, LTV prudente conseillée ≤ 50 %, taux all-in d'environ 2,7 à 4,5 % en 2026.

Note de méthode : un effet de levier à double tranchant

Soyons clairs : le crédit lombard est un effet de levier, pas une recette magique. Si la valeur des actifs nantis baisse et que le ratio prêt/garantie (LTV) dépasse le seuil contractuel, la banque déclenche un appel de marge : vous devez rembourser ou apporter des garanties sous quelques jours, et la réalisation peut être accélérée (art. L. 211-38 du Code monétaire et financier). S'ajoute un risque de taux (in fine indexé). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le levier amplifie aussi les pertes. À calibrer impérativement avec un conseiller, en gardant une marge de sécurité.

C'est l'axe central de notre approche « mobiliser le capital sans déclencher l'impôt ». Pour la stratégie complète assurance-vie + crédit, voyez mobiliser son capital sans déclencher l'impôt ; pour la mécanique technique du prêt (LTV par actif, taux, appel de marge), le guide technique complet du crédit lombard.

Hagnéré Patrimoine

Des liquidités sans gonfler votre RFR ?

Un CGP indépendant estime votre exposition à la CEHR et à la CDHR, puis compare un rachat (qui gonfle votre RFR) à un crédit lombard (qui ne génère ni RFR, ni IR, ni prélèvements sociaux) — en vous disant aussi, honnêtement, quand l'effet de levier n'a pas de sens pour vous.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 11ET MAINTENANT·2 MIN

Vous êtes concerné : et maintenant ?

Le test a parlé : vous êtes dans le champ. La bonne nouvelle, c'est qu'être concerné, ce n'est pas une condamnation. Une fois qu'on a posé le bon chiffre, qu'on a regardé où baisser le RFR et comment sortir du cash sans rachat, il reste presque toujours du jeu. Mettons que le test vous ait classé en profil rentier, RFR à 600 000 €. Concrètement, voilà ce que je déroulerais avec vous, et dans cet ordre précis.

Récapitulatif des trois profils

Le salarié au barème (RFR composé de salaires) — concerné par la CEHR, presque jamais par la CDHR (son taux d'IR dépasse déjà 20 %).
Le rentier au PFU (dividendes et plus-values) — le profil le plus exposé : RFR élevé, IR effectif à 12,8 %, donc CEHR et CDHR.
Le chef d'entreprise qui cède — surtout la CEHR l'année de cession ; la CDHR est souvent neutralisée par la règle du quart sur les revenus exceptionnels.
Le seul chiffre à surveiller toute l'année, c'est votre RFR prévisionnel — un point à refaire chaque automne avant l'acompte de décembre, pas en mai au moment de déclarer.
De l'estimation au pilotage : chiffrer, anticiper l'acompte, optimiser l'assiette, mobiliser le capital sans rachat, déclarer.
ÉtapeActionOù approfondir
1Chiffrer précisément votre CDHR (décote, majorations, quart)comment-calculer-cdhr
2Anticiper l'acompte de décembre (1-15 déc., 95 %)cdhr-acompte-decembre
3Optimiser l'assiette : PER, déficit foncier (baisser le RFR)plan-epargne-retraite
4Mobiliser le capital sans gonfler le RFR (crédit lombard)mobiliser-capital-sans-impot-credit-lombard
5Déclarer correctement (cases CEHR / CDHR)declaration-impot-2026

Le piège du calendrier : ne pas attendre le mois de mai

La plupart des erreurs ne sont pas des erreurs de calcul, mais des erreurs de timing. La CDHR fait l'objet d'un acompte spontané versé entre le 1er et le 15 décembre (à hauteur de 95 % de la contribution estimée) : si vous découvrez votre exposition en mai au moment de déclarer, il est déjà trop tard pour la plupart des leviers d'assiette de l'année (un versement PER, par exemple, doit être réalisé avant le 31 décembre). Le réflexe : refaire le test sur votre RFR prévisionnel chaque automne, pas au printemps suivant.

Et si vous exercez en profession libérale (médecin, avocat, expert-comptable…), votre situation a ses spécificités : BNC au barème, dividendes de SEL, cession de cabinet. Pour la déclinaison dédiée, voyez la CEHR et la CDHR de la profession libérale. Pour bien remplir vos cases au printemps, le guide de la déclaration d'impôt 2026.

Méthode documentée

Faire le test CEHR / CDHR avec Clément Chatelain

Cabinet de Bassens (Savoie), 100 % indépendant. On reconstitue votre RFR, on teste votre exposition réelle à la CEHR et à la CDHR, on identifie les leviers d'assiette qui baissent votre RFR sous les seuils, et on compare un rachat à un crédit lombard. Et si le test conclut que vous n'êtes finalement pas concerné, on vous le dit aussi — c'est un bilan gratuit, pas un argumentaire de vente.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement
ACCOMPAGNEMENT

Savoir si vous êtes concerné, avec un CGP indépendant

On reconstitue votre RFR, on teste votre exposition à la CEHR et à la CDHR, et on identifie les leviers d'assiette qui baissent réellement votre revenu fiscal de référence — sans vous pousser à un montage qui n'a pas de sens pour vous.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet 100 % indépendant
  • Vision 360° fiscalité + patrimoine
4,7/5sur Trustpilot (26 avis)

Faire le test avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On reconstitue votre RFR, on estime votre exposition réelle à la CEHR et à la CDHR, on identifie les leviers d'assiette qui baissent votre RFR et on calibre les solutions de liquidités sans déclencher l'impôt. On cale la stratégie sur votre situation réelle, pas sur un modèle-type.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • Le déclencheur : le revenu fiscal de référence

    Art. 1417 IV CGI (définition du RFR, assiette commune de la CEHR et base du revenu retraité de la CDHR : il réintègre les revenus soumis au PFU et l'abattement de 40 % sur dividendes de l'art. 158). Art. 200 A CGI (PFU : part IR de 12,8 %). Art. 125-0 A CGI (produits d'assurance-vie intégrés au RFR ; prélèvement forfaitaire libératoire retenu au numérateur de la CDHR). Art. 163-0 A CGI (système du quotient pour les revenus exceptionnels en matière d'IR).

  • CEHR et CDHR

    Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % sur la fraction de RFR de 250 000 à 500 000 € / 500 000 à 1 000 000 € pour un couple, 4 % au-delà ; permanente depuis l'imposition des revenus 2011 ; applicable aux non-résidents sur revenus de source française ; mécanisme de lissage par quotient au II). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité au-delà de 250 000 € / 500 000 €, réservée aux résidents fiscaux français ; décote de 82,5 % entre le seuil et 330 000 / 660 000 € ; revenus exceptionnels retenus pour le quart ; majorations de 1 500 € par personne à charge et 12 500 € par couple ; prélèvements sociaux exclus du numérateur). Art. 4 B CGI (domicile fiscal). Il n'existe pas, à ce jour, de doctrine BOFiP dédiée à la CDHR : seules une FAQ et des actualités de l'administration la précisent.

  • Lois de finances et de financement (2025-2026)

    Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025), art. 10 : création de la CDHR au titre des revenus 2025. Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026), art. 2 : reconduction de la CDHR pour les revenus 2026, tant que le déficit du budget général de l'État reste supérieur à 3 % du PIB, et règle du quart des revenus exceptionnels. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026), art. 12 : dualité des prélèvements sociaux (18,6 % / 17,2 %), exclus du calcul de la CDHR. Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 €.

  • Leviers d'assiette et liquidités sans rachat

    Art. 163 quatervicies CGI (PER déductible : la déduction baisse le RFR, donc l'assiette de la CDHR). Art. L. 132-10 du Code des assurances (nantissement d'un contrat d'assurance-vie en garantie d'un crédit lombard, sans rachat ni produit imposable). Art. 2355 du Code civil (nantissement de compte-titres). Art. L. 211-38 du Code monétaire et financier (réalisation accélérée des garanties financières en cas d'appel de marge). Le crédit lombard ne génère ni RFR, ni IR, ni prélèvements sociaux.

  • Contrôle de constitutionnalité

    Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025 (validation de la création de la CDHR) et n° 2026-901 DC du 19/02/2026 (validation de la reconduction de la CDHR). BOFiP BOI-IR-CHR (doctrine administrative sur la CEHR).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La détermination de votre exposition à la CEHR et à la CDHR doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, FAQ de l'administration, jurisprudence). La CDHR ne fait, à ce jour, l'objet d'aucune doctrine BOFiP opposable : les calculs présentés sont des ordres de grandeur pédagogiques, à confirmer avec le simulateur officiel de l'administration. Sa pérennité au-delà de 2026 reste conditionnée au retour du déficit public sous 3 % du PIB et est donc formulée au conditionnel. Le crédit lombard est un effet de levier à double tranchant : les performances passées ne préjugent pas des performances futures et le levier amplifie aussi les pertes.

Foire aux questions

Tout pour savoir si vous êtes concerné par la CEHR ou la CDHR en 2026 seuils, RFR, profils et solutions.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : à partir de quel revenu, la différence CEHR / CDHR, pourquoi le RFR n'est pas le salaire, le rôle des dividendes au PFU, le cas du non-résident, le PER et le crédit lombard. Réponses sourcées et à jour 2026.