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Ce que cette page calcule, et ce que les autres ne calculent pas
Guide rédigé le 6 août 2026 — par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA, COBSP — adhérent CNCEF Patrimoine). À jour des textes en vigueur au 6 août 2026 (Code de la consommation, Code monétaire et financier, Code des assurances). Analyse générique : aucun établissement, aucun courtier, aucun comparateur n'est cité.
Un prêt immobilier entamé il y a dix ans, un crédit auto, un crédit à la consommation, et trois prélèvements qui tombent entre le 5 et le 10 du mois. Rien n'est en retard, mais la marge a disparu : une réparation imprévue suffit désormais à finir le mois à découvert. La part du revenu qui part en remboursements a grimpé sans qu'on la voie grimper, et on cherche de l'air. Arrive alors la proposition qui semble tout résoudre — une mensualité unique, nettement plus basse. Le soulagement est réel, et le chercher est parfaitement légitime.
Ce qui manque à cette proposition, c'est le seul chiffre qui permette de décider : ce que l'opération coûte en tout. Il ne figure sur aucun devis, et ce n'est pas un oubli : il n'existe pas de ligne pour lui, parce que ce n'est pas un frais — c'est du temps. Le droit, lui, l'a anticipé au point d'en faire une mention obligatoire : l'article R. 314-20, 5° du Code de la consommation oblige le prêteur ou l'intermédiaire à indiquer à l'emprunteur que le regroupement se traduit par un allongement de la durée de remboursement ou par une augmentation du coût total du crédit. Reste à faire l'addition. Elle tient en trois lignes, et les chiffres qui y entrent, le prêteur vous les doit.
Le guide du rachat de crédits explique le mécanisme de l'opération et énumère ses postes de frais ; la page consacrée aux indemnités de remboursement anticipé démonte ce poste-là en détail. Cette page-ci ne refait ni l'un ni l'autre : elle fait le calcul. Elle vous donne la méthode pour additionner vous-même ce que vous devez encore et ce que vous devrez après l'opération, afin de faire apparaître le seul chiffre qui décide — et que ne porte aucun devis : le surcoût d'intérêts que vous paierez parce que votre dette durera plus longtemps.
Réponse express : combien coûte un rachat de crédits ?
Aucun chiffre unique ne peut répondre : il n'existe aucun barème légal de frais de dossier, de courtage ni de garantie, et la facture dépend entièrement des crédits que vous détenez déjà. Ce qui se répond, en revanche, c'est la structurede cette facture — et elle a deux étages. Le premier est visible : indemnités de remboursement anticipé dues sur les crédits soldés, frais de dossier du nouveau prêteur, mainlevée de l'ancienne garantie, garantie nouvelle, courtage, assurance. C'est le seul que l'on vous chiffrera. Le second est invisible : le surcoût d'intérêts produit par l'allongement de la durée, qui est presque toujours le poste le plus lourd des deux. Pour le connaître, une seule opération suffit : additionner les mensualités qu'il vous reste à payer aujourd'hui, additionner celles du crédit envisagé, et lire l'écart. Dans l'illustration explicitement fictivedéveloppée plus bas, la mensualité baisse de 32,3 % et le coût total augmente d'environ 62 300 €, dont 86 % d'intérêts supplémentaires — c'est-à-dire la part qui ne figurait sur aucun document.
Sommaire
- Ce que cette page calcule, et ce que les autres ne calculent pas
- Les sept postes d'un rachat, et comment chacun se calcule
- Le document chiffré que le prêteur doit vous remettre
- La méthode : additionner les deux totaux, puis lire l'écart
- Le piège des frais financés dans le capital
- Les trois configurations où la facture baisse vraiment
- Comparer deux offres : pourquoi le TAEG ne suffit pas
- Ce qui ne se chiffre pas, et quand ne rien faire
Un rachat de crédits n'est pas une renégociation
Le Code de la consommation ne parle jamais de modification du prêt existant : il parle du « nouveau contrat de crédit » (art. L. 314-10 à L. 314-12). Une renégociation est un avenant conclu avec votre propre prêteur: pas de remboursement anticipé, donc pas d'indemnité, mais des frais d'avenant. Un rachat est un contrat nouveau, souscrit auprès d'un autreprêteur, dont les fonds soldent les crédits en cours. Les deux opérations n'ont ni le même coût, ni les mêmes conséquences : nous les mettons face à face dans renégocier ou racheter : comparer les deux factures.
Le régime dépend de la part immobilière : le seuil de 60 %
Le seuil est fixé par l'article R. 314-18 : il est atteint lorsque la part des crédits immobiliers représente 60 % du montant total de l'opération de regroupement. Lorsque cette part relative dépassele seuil, le nouveau contrat relève du régime du crédit immobilier ; lorsqu'elle ne le dépasse pas— y compris à 60 % exactement — il relève de celui du crédit à la consommation (art. L. 314-11). Le seuil paraît mécanique ; l'assiette l'est moins. Elle n'inclut pas que le capital : elle comprend les coûts, intérêts, commissions, taxes, pénalités et autres frais, « pour autant qu'ils figurent dans le montant total de l'opération », de sorte que financer les indemnités peut faire basculer le régime. Et le seuil n'est pas la seule porte d'entrée : toute opération garantie par une hypothèque sur un bien d'habitation relève du régime immobilier « quel que soit son objet » (art. L. 314-12, al. 2) — voir un regroupement adossé à une hypothèque. Le mécanisme lui-même est décrit dans le guide du rachat de crédits : nous n'y revenons pas.
D'où vient, exactement, la baisse de la mensualité
La baisse de la mensualité vient principalement de l'allongement de la durée. Payer moins chaque mois pendant plus longtemps augmente le plus souvent le coût total. Le rachat de crédits est un outil de trésorerie et de restructuration de passif, pas une économie — sauf configuration précise, exposée plus bas. Il n'efface aucune dette : il la déplace et la réétale. Pour les seuls crédits renouvelables, le Code impose d'ailleurs au nouveau prêteur de rembourser directement le prêteur initial (art. L. 314-13). L'article R. 314-20, 5° impose d'avertir l'emprunteur de l'allongement de la durée ou de la hausse du coût total. Un avertissement ne s'organise que pour un cas attendu.
Les sept postes d'un rachat de crédits, et comment chacun se calcule
Aucun texte ne fixe de barème de frais de dossier, d'honoraires de courtage ou de coût de garantie : les fourchettes que l'on lit ailleurs sont des pratiques commerciales, pas des règles de droit. Ce tableau donne donc ce qui est vérifiable — qui perçoit, sur quelle base, et ce que la loi encadre.
| Poste | Qui le perçoit | Comment il se calcule | Négociable ? | Financé dans le capital ? |
|---|---|---|---|---|
| Indemnité sur les crédits immobiliers soldés | Le prêteur d'origine | Due uniquement si le contrat comporte une clause (L. 313-47). Plafond : le plus faible d'un semestre d'intérêt sur le capital remboursé au taux moyen du prêt et de 3 % du capital restant dû avant le remboursement (R. 313-25) | Un plafond n'est pas un tarif ; L. 313-47 réserve l'art. 1231-5 du Code civil | En pratique, oui |
| Indemnité sur les crédits à la consommation soldés | Le prêteur d'origine | Aucune indemnité tant que le montant remboursé par anticipation n'excède pas 10 000 € sur douze mois (D. 312-15) ; au-delà, 1 % si le terme est à plus d'un an, sinon 0,5 %, sans jamais dépasser les intérêts restant à courir (L. 312-34). Aucune non plus en cas de découvert, de remboursement par une assurance, ou en période de taux débiteur non fixe | Idem : plafond légal, pas tarif | En pratique, oui |
| Frais de mainlevée de l'ancienne garantie | Notaire, État | Poste légalement identifié : « une estimation des frais de mainlevée d'hypothèque » doit figurer au document d'information (R. 314-20, 1° g). L'assiette est en principe le montant inscrit au bordereau à l'origine | Non (tarif réglementé) | En pratique, oui |
| Frais de dossier du nouveau prêteur | Le nouveau prêteur | Aucun barème légal. Compris dans le TAEG lorsqu'ils sont nécessaires pour obtenir le crédit (R. 314-4, 1°) | Oui, en pratique | En pratique, oui |
| Frais de garantie du nouveau crédit | Selon la sûreté retenue | Les coûts d'assurance et de garanties obligatoires entrent dans le TAEG (R. 314-4, 3°). L'offre énonce les sûretés « en donnant une évaluation de leur coût » (L. 313-25, 6°). L'assiette d'une sûreté réelle est en principe le montant garanti, jamais le prix du bien | Le choix de la sûreté se discute | En pratique, oui |
| Courtage ou mandat d'intermédiaire | L'intermédiaire de crédit | Convenus par écrit AVANT la conclusion du contrat, et communiqués au prêteur aux fins du calcul du TAEG (L. 322-4). Compris dans le TAEG même s'ils correspondent à des débours réels (R. 314-4, 2°) | Oui : prix libre | En pratique, oui |
| Assurance emprunteur | L'assureur | Elle ne se transfère pas : les garanties des anciens crédits sont perdues, une nouvelle adhésion se fait à l'âge atteint et sur une durée plus longue. Les coûts d'assurance obligatoires entrent dans le TAEG (R. 314-4, 3°) | Délégation possible | La cotisation non ; les frais éventuels oui |
Une idée fausse circule sur cette première ligne, et il faut la lever : les trois cas d'exonération légalede l'article L. 313-48 — vente du bien immobilier faisant suite à un changement du lieu d'activité professionnelle, décès, cessation forcée de l'activité professionnelle, de l'emprunteur ou de son conjoint — supposent tous une vente ou un événement personnel. Un rachat de crédits n'en comporte aucun : aucune de ces exonérations ne s'y applique.
Un plafond légal n'est pas un tarif
Ces deux premières lignes se lisent de travers dans les deux sens. D'un côté, l'indemnité n'est pas automatique: en crédit immobilier, elle n'est due que si le contrat comporte une clause en ce sens (art. L. 313-47) — avant de la budgéter, le premier réflexe est de relire son propre contrat. De l'autre, les articles R. 313-25 et L. 312-34 fixent des plafonds, pas des tarifs. Un contrat peut prévoir moins, et rien n'interdit d'en demander la réduction — étant entendu que le prêteur d'origine n'a aucune obligation d'y consentir, et qu'une négociation n'est jamais un droit. Ne reprenez donc jamais un plafond comme s'il s'agissait du montant dû : demandez le décompte, qui est gratuit et obligatoire (L. 313-47, al. 3). C'est la différence entre une facture estimée au pire et une facture réelle.
Plusieurs de ces postes méritent un guide entier, et ils l'ont. Le détail des indemnités — plafonds, majoration en cas de taux différenciés, cas d'exonération légale — est traité dans les indemnités de remboursement anticipé, poste par poste. Le coût de sortie de l'ancienne garantie figure dans le coût de la mainlevée, celui de la garantie nouvelle dans le coût de mise en place d'une garantie hypothécaire, et la tarification de l'assurance dans l'assurance emprunteur et sa tarification.
Ce que le prêteur ne peut pas vous facturer
Le dernier alinéa de l'article L. 312-34 est rarement cité et pourtant très protecteur : en crédit à la consommation, aucune indemnité autre que celle prévue par cet article ni aucuns frais ne peuvent être mis à la charge de l'emprunteur en cas de remboursement par anticipation. Pas de « frais de clôture », pas de « frais de décompte », pas de « frais de gestion ». En crédit immobilier, l'article L. 313-49 pose une règle voisine, et sans réserve : « Aucune indemnité ni aucun coût autres que ceux qui sont mentionnés aux articles L. 313-47 et L. 313-48 ne peuvent être mis à la charge de l'emprunteur dans les cas de remboursement par anticipation prévus par ces articles. » La protection est toutefois bornée à ce seul événement: elle ne s'étend pas aux frais du nouveau crédit. Quant aux frais d'acte de mainlevée de l'ancienne garantie, ils ne sont pas facturés par le prêteur mais dus au notaire et à l'État : ils relèveraient d'une logique distincte, que le texte ne tranche pas expressément.
Ce que vous pouvez vérifier gratuitement, avant tout dossier
- Aucun versement avant le déblocage.Il est interdit à toute personne apportant son concours à l'obtention ou à l'octroid'un prêt d'argent de percevoir une provision, une commission, des frais de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés(art. L. 519-6 du Code monétaire et financier) : l'infraction est pénalement sanctionnée. Une dérogation étroite existe pour la fourniture d'un service de conseil indépendant (art. L. 519-6-1).
- Vérifiez l'immatriculation.Le registre des agents financiers (REGAFI) pour le prêteur, le registre de l'ORIAS pour l'intermédiaire : consultation publique et gratuite.
- Vérifiez le numéro, pas seulement le nom.Des usurpations d'identité d'intermédiaires immatriculés existent ; le contrôle prend trente secondes sur le registre. Selon l'ORIAS, l'arrêté du 6 décembre 2022, entré en vigueur le 1erjuin 2023, porterait sur l'usurpation d'identité d'intermédiaires régulièrement immatriculés. Nous n'avons pas pu ouvrir ce texte à la source : la date est rapportée par l'ORIAS.
Faire chiffrer la facture complète avant de signer
Ce calcul se fait très bien seul : il demande le document que le prêteur doit vous remettre, une calculatrice et une heure. Si les décomptes de vos prêteurs tardent, ou si vous voulez un deuxième regard avant de signer, un conseiller Hagnéré Patrimoine (statut COBSP) le reprend avec vous.
Le document chiffré que le prêteur doit vous remettre
C'est la pièce qui contient exactement les chiffres dont l'addition a besoin, et elle est obligatoire. Encore faut-il savoir qu'elle existe : elle ne s'appelle pas « bilan » et elle n'est presque jamais annoncée comme telle. Lorsque l'opération a pour objet le remboursement d'au moins deux créances antérieures dont un crédit en cours, le prêteur ou l'intermédiaire établit, après dialogueavec l'emprunteur, un document d'informationdistinct de l'offre, et il doit répondre à toute demande d'explication le concernant (art. R. 314-19). Ce document est remis au plus tard en même tempsque la fiche d'information précontractuelle (L. 312-12) ou que la fiche d'information standardisée européenne (L. 313-7). Le bon moment pour calculer se situe donc avantla fiche, pas après l'offre.
| Ce que le prêteur doit fournir | Fondement |
|---|---|
| Pour chaque crédit repris : nature, montant des échéances, capital restant dû, durée prévue au contrat | R. 314-20, 1° a |
| La date envisagée pour le remboursement anticipé | R. 314-20, 1° b |
| L'estimation du montant nécessaire à ce remboursement | R. 314-20, 1° c |
| Une estimation de l'indemnité de remboursement anticipé, si le contrat en prévoit une | R. 314-20, 1° d |
| Les modalités du remboursement anticipé et, le cas échéant, le préavis contractuel | R. 314-20, 1° e et f |
| Une estimation des frais de mainlevée d'hypothèque si une mainlevée est nécessaire | R. 314-20, 1° g |
| La liste des dettes autres que des crédits également reprises, avec montant et exigibilité | R. 314-20, 2° |
| Les éléments permettant d'évaluer le bilan économique du regroupement, présentés conformément au tableau figurant en annexe au Code | R. 314-20, 5° |
Ce que le décret oblige le prêteur à vous dire
« Si le regroupement se traduit par un allongement de la durée de remboursement ou par une augmentation du coût total du crédit, le prêteur ou l'intermédiaire l'indique à l'emprunteur. » (art. R. 314-20, 5°). Le pouvoir réglementaire a jugé cette issue assez fréquente pour imposer qu'on en avertisse l'emprunteur avant la signature.
Le même article impose une série d'avertissements (R. 314-20, 3°) qui sont, pour partie, des coûts déguisés. Vous continuerez à payer vos mensualités etvos cotisations d'assurance jusqu'au remboursement effectif (a, b). Vous perdrez le bénéfice des cautionnements (c), et celui des assurances des anciens crédits — y compris d'une prise en charge en cours (d). La nouvelle assurance peut offrir de moindres garanties, avec de nouveaux délais de carence et de nouvelles franchises (e). Pour un crédit renouvelable, le prêteur initial est remboursé directement et la lettre de résiliation vous est adressée sans frais(f). Et si le contrat le prévoit, les sommes restituées par une caution peuvent l'être avec une moins-value (i).
Vous rachetez aussi votre assurance — à l'âge que vous avez aujourd'hui
L'assurance emprunteur n'apparaît dans aucun des deux totaux — et le décret la nomme pourtant : elle ne se transfère pas. Les garanties attachées aux anciens crédits disparaissent avec eux, y compris les prises en charge en cours(R. 314-20, 3° d) : un sinistre indemnisé aujourd'hui ne le sera pas nécessairement demain. La nouvelle adhésion se souscrit à l'âge que vous avez maintenant, sur une durée plus longue, le cas échéant avec de moindres garanties, de nouveaux délais de carence et de nouvelles franchises(3° e). Aucun barème n'est publié ici, et pour cause : la tarification dépend de l'âge, de l'état de santé déclaré et des garanties retenues. Ce poste ne figure dans aucun des deux totaux que vous allez calculer : si vous voulez en tenir compte, réintégrez-le des deux côtés. Le cas particulier du rachat est traité dans la ré-adhésion à l'assurance emprunteur dans un regroupement.
Sur quoi ce document est-il bâti ?
Le document repose-t-il sur des pièces ou sur du déclaratif ?Le professionnel doit demander les pièces contractuelles ; à défaut, il peut établir tout ou partie du document sur des éléments déclaratifs, mais il doit alors l'indiquer de manière claire et lisible(art. R. 314-21). Cherchez cette mention : un bilan bâti sur du déclaratif n'a pas la même valeur qu'un bilan bâti sur les décomptes des prêteurs.
Avez-vous demandé le décompte à votre prêteur actuel ? Il est gratuit et obligatoire: après réception de la demande de remboursement anticipé, le prêteur fournit « gratuitement sans tarder » des informations qui « chiffrent au moins les conséquences » et « formulent clairement les hypothèses utilisées » (art. L. 313-47, al. 3). Aucun délai en jours n'est fixé par le texte.
La méthode : additionner les deux totaux, puis lire l'écart
Le calcul lui-même n'a rien de sorcier. La difficulté est ailleurs, et elle est de vocabulaire : encore faut-il savoir ce qu'on additionne. Le Code définit trois grandeurs, et une seule sert à décider (art. L. 311-1). Le coût total du crédit(7°) réunit « tous les coûts, y compris les intérêts, les frais, les taxes, les commissions ou rémunérations de toute nature […] connus du prêteur à la date d'émission de l'offre ». Le montant total du crédit(10°) est « le plafond ou le total des sommes rendues disponibles en vertu d'un contrat ou d'une opération de crédit ». Le montant total dû (9°) est la somme des deux. La mensualité n'est aucune des trois.Et la limite posée au 7° — « connus du prêteur » — justifie à elle seule l'existence de cette page : la définition vise aussi les coûts « dont le montant peut être déterminé à ces mêmes dates », mais elle reste bornée à ce que le prêteur connaît ou peut déterminer, de sorte que des dépenses bien réelles peuvent sortir du coût total affiché.
La méthode, en trois lignes
A = SOMME des mensualites restantes de chaque credit actuel (mensualite x echeances restantes) B = mensualite du nouveau credit x nombre d'echeances + frais NON finances ECART = B - A
Les frais financés ne s'additionnent pas à B : ils y sont déjà, puisqu'ils sont dans le capital, et les compter deux fois est l'erreur la plus fréquente. A se calcule crédit par crédit, sur des chiffres que le prêteur DOIT vous fournir (R. 314-20, 1° a). Quant à l'assurance, elle n'est dans aucun des deux termes tant qu'on ne l'y met pas : si vous la réintégrez, faites-le des deux côtés.
Hypothèse volontairement fictive
L'illustration qui suit est volontairement fictive, construite pour démontrer une méthode de calcul. Les taux, montants et durées retenus ne sont ni des moyennes de marché, ni des prévisions, ni une offre. Les crédits actuels sont supposés menés à leur terme, à taux constants, et l'assurance emprunteur en est excluealors qu'elle est un coût réel. Les totaux sont des sommes d'euros courants, sans actualisation.
| Crédit (fictif) | Capital restant dû | Taux | Durée restante | Mensualité | Total restant à payer |
|---|---|---|---|---|---|
| Crédit immobilier | 120 000 € | 1,80 % | 168 mois | 808,59 € | 135 843,87 € |
| Crédit auto | 12 000 € | 4,50 % | 36 mois | 356,96 € | 12 850,67 € |
| Crédit à la consommation | 8 000 € | 6,00 % | 48 mois | 187,88 € | 9 018,25 € |
| Total | 140 000 € | — | — | 1 353,44 €/mois | 157 712,79 € |
| Poste de frais | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Indemnité immobilière — borne 1 : un semestre d'intérêt | 120 000 × 1,80 % × 6/12 | 1 080 € |
| Indemnité immobilière — borne 2 : 3 % du capital restant dû | 120 000 × 3 % | 3 600 € |
| Indemnité immobilière retenue : la plus faible (R. 313-25) | min (1 080 ; 3 600) | 1 080 € |
| Indemnité crédit auto — au-delà du seuil de 10 000 € (D. 312-15), terme à plus d'un an, plafond de 1 % | min (120 ; 850,67 d'intérêts restant à courir) | 120 € |
| Indemnité crédit conso 8 000 € — montant remboursé n'excédant pas 10 000 € sur douze mois (D. 312-15) | — | 0 € |
| Autres frais (dossier, garantie, courtage) — agrégat fictif non ventilé | hypothèse | 7 500 € |
| Total des frais | 8 700 € |
Le régime complet de ces indemnités — plafonds, base de calcul, cas d'exonération légale et marges de négociation — est traité dans notre guide des indemnités de remboursement anticipé.
Situation cible, toujours fictive : capital de 148 700 € (140 000 € + 8 700 € de frais financés), taux fictif de 4,20 %, durée de 240 mois.
| Aujourd'hui | Après l'opération | Écart | |
|---|---|---|---|
| Mensualité | 1 353,44 € | 916,84 € | − 436,60 €/mois (− 32,3 %) |
| Coût total | 157 712,79 € | 220 041,76 € | + 62 328,97 € (+ 39,5 %) |
Le chiffre qui résume tout : 86 %
Le surcoût d'environ 62 300 € se décompose en 8 700 € de frais, soit 14 %, et près de 53 600 € d'intérêts supplémentaires, soit 86 %. Contrôle : les intérêts restants passent d'environ 17 700 € à environ 71 300 €, soit un multiplicateur de × 4,03. Dans cette hypothèse fictive, 86 % de ce que coûte l'opération ne figure sur aucun devis : ce n'est ni le dossier, ni la garantie, ni le courtage — c'est le temps.
Un mot sur la lecture en périodes, qui revient souvent dans les présentations chiffrées : le gain de trésorerie s'arrête à la dernière échéance des crédits actuels. Au-delà, il n'y a plus de gain, seulement des échéances. Comparer une mensualité gagnée à des échéances qui n'auraient pas existé est une confusion d'horizon : la seule comparaison homogène reste celle des deux totaux.
| Durée du nouveau crédit | Mensualité | Coût total | Écart vs 157 712,79 € |
|---|---|---|---|
| 96 mois (8 ans) | 1 826,41 € | 175 335,59 € | + 17 622,80 € |
| 120 mois (10 ans) | 1 519,69 € | 182 362,78 € | + 24 649,99 € |
| 144 mois (12 ans) | 1 316,40 € | 189 561,48 € | + 31 848,69 € |
| 168 mois (14 ans) | 1 172,20 € | 196 930,38 € | + 39 217,59 € |
| 192 mois (16 ans) | 1 064,94 € | 204 467,93 € | + 46 755,14 € |
| 240 mois (20 ans) | 916,84 € | 220 041,76 € | + 62 328,97 € |
| 300 mois (25 ans) | 801,41 € | 240 422,17 € | + 82 709,38 € |
Le test que vous pouvez faire seul, sans aucune donnée de marché
À capital et taux donnés, le coût total croît de façon continue avec la durée. D'où un test simple : faites chiffrer l'opération sur la durée résiduelle la plus longue de vos crédits actuels. Si à cette durée le coût total dépasse déjà celui de votre situation actuelle, aucune durée plus longue ne le rattrapera. Attention toutefois : ne pas allonger ne suffit pas. Dans l'hypothèse ci-dessus, à 168 mois — la durée résiduelle du prêt immobilier — l'opération coûte encore un peu plus de 39 200 € de plus, parce que le taux fictif du nouveau crédit dépasse largement celui du crédit racheté dominant. Ce surcoût se décompose en environ 23 100 € d'effet taux, 11 500 € de frais et de leurs intérêts, et 4 600 € d'allongement des deux crédits courts, qui passent eux aussi à 168 mois. Ici, la neutralité exigerait de ramener l'opération à 33 mois, soit une mensualité de l'ordre de 4 780 € contre 1 353 € aujourd'hui : aucune durée praticable ne rendrait l'opération neutre.
Deux de nos simulateurs suffisent pour refaire ces calculs avec vos propres chiffres : l'un permet de recalculer une mensualité à partir de vos hypothèses, l'autre de faire varier durée et taux. La seule opération à ajouter est la multiplication de la mensualité par le nombre d'échéances. La même méthode, appliquée à un profil professionnel précis, figure dans le rachat de crédits en profession libérale.
Le calcul avant / après, fait avec vous
Additionner les mensualités restantes, chiffrer les indemnités, reconstituer le coût total cible : c'est long, mais rien n'y est compliqué. Si vous préférez ne pas le faire seul, un conseiller Hagnéré Patrimoine le reprend avec vous, et vous dit aussi, le cas échéant, de ne rien faire.
Le piège du financement des frais : payés à crédit, ils coûtent davantage
Reste à comprendre pourquoi, dans la démonstration précédente, les 8 700 € de frais ont disparu de la ligne des dépenses pour réapparaître dans le capital. Presque toujours, les frais d'un rachat sont intégrés au capital emprunté. Aucun texte n'impose ni n'encadre ce financement des frais : c'est un usage des prêteurs, que le Code se contente de constater. Mais le droit en tire des conséquences. Intégrés au capital, ces frais deviennent des « sommes rendues disponibles »au sens de l'article L. 311-1, 10° : ils s'amortissent et portent intérêt sur toute la durée. Ils gonflent donc les deux termesdu montant total dû (9°). L'article R. 314-18, al. 2 les vise d'ailleurs expressément, « pour autant qu'ils figurent dans le montant total de l'opération » : le Code tient ce schéma pour normal.
Le frais change simplement de colonne : il sort de la ligne « à régler » pour entrer dans le capital, et l'emprunteur ne le revoit plus nulle part alors qu'il le rembourse pendant vingt ans. Quand un devis annonce « aucun frais à payer », il annonce en réalité « aucun frais à payer tout de suite ».
Retraiter un frais financé
COUT REEL D UN FRAIS FINANCE = FRAIS x [ i / (1 - (1 + i)^-N) ] x N i = taux mensuel du nouveau credit N = nombre d'echeances
Autrement dit : on emprunte pour payer les frais d'un emprunt, et cette petite dette-là s'amortit au même rythme que la grande. La règle s'applique à tous les postes financés, indemnités comprises.
| Durée de financement | Total réellement payé pour 100 € de frais | Multiplicateur |
|---|---|---|
| 60 mois | 111,04 € | × 1,11 |
| 120 mois | 122,64 € | × 1,23 |
| 180 mois | 134,96 € | × 1,35 |
| 240 mois | 147,98 € | × 1,48 |
| 300 mois | 161,68 € | × 1,62 |
Sur l'opération entière, l'écart se chiffre
Dans l'hypothèse fictive de la section précédente, payer les 8 700 € de frais comptant conduit à un coût total d'environ 215 900 € ; les financer conduit à environ 220 000 €. Écart : de l'ordre de 4 200 €, pour le seul fait de les avoir financés. Il n'y a pas de bonne réponse générale : payer comptant suppose d'avoir la somme disponible, ce qui est rarement le cas de quelqu'un qui cherche justement à alléger ses mensualités. Le poste des indemnités est repris en détail dans notre guide dédié.
La même arithmétique s'applique, mot pour mot, à la trésorerie complémentaireque l'on ajoute parfois au capital regroupé pour financer un projet ou reconstituer une épargne : empruntée sur la durée du nouveau crédit, elle porte intérêt pendant toute cette durée, exactement comme un frais financé. Rien n'interdit d'y recourir ; mieux vaut en revanche la faire chiffrer sur une ligne séparée, sinon elle se dissout dans le capital regroupé et personne ne sait plus ce qu'elle a coûté, comme l'expose notre page sur la trésorerie complémentaire.
Il y a une conséquence à laquelle personne ne pense : une indemnité immobilière financée grossit le numérateur du ratio de 60 %(R. 314-18, al. 2) et peut, à la marge, faire basculer l'opération dans le régime du crédit immobilier — avec des conséquences sur la durée, la garantie exigée, le taux d'usure applicable et les délais. Le mécanisme de la dominante est traité par le guide du rachat de crédits.
Les trois configurations où l'opération fait vraiment baisser la facture
Il existe des cas où l'addition penche dans l'autre sens. On les repère avant de signer, à condition de regarder les bons paramètres : le taux des crédits soldés, leur nature, et la durée retenue.
1. Des crédits rachetés à des taux nettement supérieurs
Tout part de là.Si les crédits soldés portaient des taux très au-dessus du taux du nouveau crédit, l'écart de taux peut absorber les frais et le surcoût de durée. Si l'écart joue en sens inverse — cas fréquent lorsque le regroupement absorbe un prêt immobilier ancien à taux bas — aucune ingénierie ne le rattrapera.
2. La sortie d'un engrenage de crédits renouvelables
Le Code organise lui-même cette sortie : le nouveau prêteur rembourse directementle prêteur initial et, lorsque l'opération porte sur la totalité du montant dû, il rappelle la possibilité de résilier le contrat et propose d'adresser sans frais la lettre de résiliation signée (art. L. 314-13). Si le renouvelable n'est pas résilié, la réserve se reconstitue et le gain de l'opération peut être intégralement annulé.Sur le coût de sortie : aucune indemnité n'est due lorsque le remboursement anticipé intervient dans une période où le taux débiteur n'est pas fixe (L. 312-34, 3°). En pratique, cela couvrirait le plus souvent un crédit renouvelable ; mais l'exonération tient au caractère non fixe du taux, pas à la nature du produit : cela se lit sur le contrat, pas sur l'étiquette.
3. Une durée non allongée
Ne pas allonger ne garantit rien. Dans l'exemple précédent, même en calant le nouveau crédit sur les 168 mois qui restaient au prêt immobilier, l'opération coûtait encore près de 39 200 € de plus. Il faut en citer un quatrième, sans le survendre : l'évitement d'une procédure de surendettement, dont le coût humain et pratique dépasse largement l'arithmétique. Sur l'acceptation d'un dossier, voir les conditions d'acceptation d'un dossier.
En seconde hypothèse également fictive, une configuration favorable ressemble à ceci : deux crédits renouvelables (9 000 € et 7 000 € à un taux fictif de 19 %) et un crédit à la consommation (14 000 € à 9 %, également fictif), 60 mois restants, soit un peu plus de 705 €/mois et près de 42 340 € de coût total restant. Regroupement fictif de 31 500 € (dont 1 500 € de frais) au taux fictif de 6,50 %, à durée identique.
| Aujourd'hui | Après (60 mois) | Écart | |
|---|---|---|---|
| Mensualité | 705,67 € | 616,33 € | − 89,34 €/mois |
| Coût total | 42 339,95 € | 36 980,02 € | − 5 359,93 € |
| Durée du regroupement | Mensualité | Coût total | Écart vs 42 339,95 € |
|---|---|---|---|
| 60 mois | 616,33 € | 36 980,02 € | − 5 359,93 € |
| 72 mois | 529,51 € | 38 124,92 € | − 4 215,03 € |
| 84 mois | 467,76 € | 39 291,61 € | − 3 048,34 € |
| 96 mois | 421,67 € | 40 479,97 € | − 1 859,98 € |
| 108 mois | 386,02 € | 41 689,86 € | − 650,09 € |
| 120 mois | 357,68 € | 42 921,14 € | + 581,19 € |
| 144 mois | 315,61 € | 45 447,14 € | + 3 107,19 € |
Neuf ans et demi : le point où l'économie s'inverse
Dans cette seconde hypothèse fictive, la durée d'équilibre se situe aux alentours de 114 mois, soit environ neuf ans et demi. Même en sortant de crédits renouvelables à 19 %, il suffit d'étirer l'opération au-delà de ce point pour que l'économie disparaisse et se retourne en surcoût. Passé ce point, l'emprunteur paie plus qu'aujourd'hui tout en croyant avoir gagné, parce que sa mensualité, elle, continue de baisser. Cette valeur est le résultat arithmétique d'hypothèses fictives explicites : ce n'est en aucun cas une donnée de marché.
Comparer deux offres sans se tromper : pourquoi le TAEG ne suffit pas
Deux propositions arrivent, rarement comparables : durées différentes, périmètres différents, assurance incluse d'un seul côté. Reste à savoir sur quel chiffre les départager. La mensualité et le TAEG sont les deux réflexes habituels ; aucun des deux ne convient ici, pour des raisons différentes.
La seule grandeur qui compare deux stratégies
MONTANT TOTAL DU = MONTANT TOTAL DU CREDIT + COUT TOTAL DU CREDIT
Définitions légales : montant total dû (L. 311-1, 9°), montant total du crédit (10°), coût total du crédit (7°). C'est l'agrégat que le bilan économique fait apparaître des deux côtés. Comparer deux offres, c'est comparer deux montants totaux dus.
Départager deux offres sur la mensualitérevient à noter un régime sur la balance du matin : c'est précisément le chiffre que l'opération est faite pour déplacer. Deux ans de durée en plus « améliorent » n'importe quelle proposition, et la mensualité n'est d'ailleurs aucune des trois grandeurs de L. 311-1. Le TAEG, lui, mérite qu'on s'y arrête plus longuement.
| Compris dans le TAEG (R. 314-4) | Exclu du TAEG (R. 314-5) |
|---|---|
| Les frais de dossier | Les frais liés à l'acquisition des immeubles : taxes afférentes, frais d'acte notarié |
| Les frais dus à des intermédiaires, « même si ces frais, commissions ou rémunérations correspondent à des débours réels » | Les frais à la charge de l'emprunteur en cas de non-respect de l'une de ses obligations contractuelles |
| Les coûts d'assurance et de garanties OBLIGATOIRES | Une assurance facultative : elle n'entre pas dans le TAEG, d'où des comparaisons faussées |
| Les frais d'ouverture et de tenue de compte, d'utilisation d'un moyen de paiement, et autres frais liés aux opérations de paiement | — |
| Le coût de l'évaluation du bien immobilier | — |
Un TAEG est un taux, et un taux ne dit rien d'un total : deux offres au même TAEG sur quinze et sur vingt-cinq ans ne coûtent pas la même chose. Le TAEG compare deux offres de même durée ; le montant total dû compare deux stratégies — or un rachat est, par construction, un changement de durée. Il ne dit rien non plus des indemnités dues sur les crédits soldés: selon la lecture des textes, celles-ci relèveraient de contrats différents, dus à des prêteurs différents ; intégrées au capital, elles gonflent l'assiette sans apparaître comme un frais du nouveau crédit. Le point n'est pas tranché par une règle expresse : faites-vous confirmer par écrit le périmètre exact du TAEG annoncé.
Quant aux frais de mainlevée, ni R. 314-4 ni R. 314-5 ne tranchent leur sort : à vérifier offre par offre. C'est pourtant une dépense certaine, à porter dans votre bilan personnel. Il faut d'ailleurs mesurer ce que cela signifie : mené à son terme, un prêt s'éteint et son inscription cesse d'elle-même, sans acte ni frais. Autrement dit : en allant au bout du prêt, l'emprunteur n'aurait rien payé pour en sortir. C'est le rachat qui crée la dépense. Le détail figure dans notre guide de la mainlevée. Rappelons enfin que le taux effectif global est confronté à un plafond : est usuraire le prêt consenti à un taux excédant de plus du tiers le taux effectif moyen du trimestre précédent (art. L. 314-6). Les niveaux, publiés trimestriellement, sont exposés dans le taux d'usure et sa mécanique.
Ce qu'il faut demander par écrit, et les seuls délais opposables
- Le document d'information du regroupement (R. 314-19 et R. 314-20), avant la fiche précontractuelle ou la fiche standardisée européenne.
- L'évaluation du coût des sûretésexigées, que l'offre de prêt immobilier doit énoncer (L. 313-25, 6°).
- Le décompte de remboursement anticipé, gratuit, avec ses hypothèses (L. 313-47, al. 3).
- La mention signalant les données déclaratives (R. 314-21).
- L'accord écrit et préalablesur les frais d'intermédiaire (L. 322-4).
- Délais opposables — régime immobilier : l'offre est maintenue trente jours au moins à compter de sa réception et ne peut être acceptée avant dix jours (L. 313-34). Régime consommation : quatorze jours calendaires révolusde rétractation à compter du jour de l'acceptation de l'offre de contrat de crédit (L. 312-19). Aucun texte ne fixe en revanche de délai d'instructiondu dossier : les durées annoncées relèvent de l'organisation de chaque prêteur. Le déroulé pratique est traité dans les délais et étapes d'un rachat.
Trois mots, enfin, méritent d'être pris au sérieux, parce qu'on les entend souvent employés l'un pour l'autre. Un accord de principe n'est pas une offre: il n'engage pas le prêteur, alors que l'offre est un acte formel, dont le contenu (L. 313-25) et les délais (L. 313-34 ou L. 312-19) sont réglés par la loi. Le crédit reste une décision du prêteur: la loi organise l'information et la protection de l'emprunteur, elle n'oblige personne à prêter. Et aucun barème de reste à vivre ne s'impose au prêteurau stade de l'octroi : la notion existe dans d'autres contextes, notamment en matière de surendettement, mais les grilles qui vous seront opposées ici relèvent de la politique de chaque établissement. Là encore, on quitte le droit pour la politique commerciale — comme pour les frais.
Reste une comparaison que peu d'emprunteurs font : celle avec la renégociationauprès de son propre prêteur. Comme il s'agit d'un avenant, il n'y a pas de remboursement anticipé, donc pas d'indemnité — mais il y a des frais d'avenant. Les deux options se jugent sur le même chiffre : ce qu'on aura payé au total, une fois le dernier prélèvement passé. L'arbitrage lui-même est traité dans notre comparatif dédié.
Deux offres sur la table, et aucun total comparable
Deux propositions arrivent rarement au même format : pas la même durée, pas le même périmètre, l'assurance comptée d'un seul côté. Les ramener à un montant total dû comparable demande du temps et quelques relances écrites. Nous pouvons le faire avec vous, sans vendre de solution.
Ce qui ne se chiffre pas, et quand il vaut mieux ne rien faire
Le calcul précédent laisse deux choses de côté. D'abord des démarches qui ne coûtent rien et qu'on peut tenter avant : autant les épuiser en premier. Ensuite des conséquences que l'addition ne sait pas capter.
Deux démarches gratuites aujourd'hui, une troisième annoncée
Avant toute solution de marché, deux démarches ne coûtent rien. La renégociation auprès de votre propre prêteur: elle est gratuite à demander, et elle n'emporte aucune indemnité de remboursement anticipé, mais le cas échéant des frais d'avenant, qui sont contractuels. Le décompte de remboursement anticipé : gratuit et obligatoire, il chiffre les conséquences et formule les hypothèses (L. 313-47, al. 3). Une troisième voie est annoncée, mais pas encore ouverte : à compter du 20 novembre 2026, la réforme du crédit à la consommation issue de l'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 — transposant la directive (UE) 2023/2225 du 18 octobre 2023 et rectifiée par l'ordonnance n° 2025-1154 du 2 décembre 2025, dont l'article 7 fixe l'entrée en vigueur au 20 novembre 2026 — organisera une orientation gratuite vers des services de conseil aux personnes endettées, destinés notamment aux emprunteurs sur le point d'être inscrits au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (décret n° 2026-719 du 1er août 2026, art. D. 312-36 nouveau du Code de la consommation). Ce dispositif n'est pas encore en vigueur et les contrats en cours ne seront pas affectés par la réforme.
Les coûts qui ne se chiffrent pas
Une dette réétalée devient plus difficile à solder : les petits crédits qui devaient s'éteindre dans trois ans ne s'éteindront plus. Si l'opération exige une sûreté réelle, on transforme aussi une dette ordinaire en dette adossée au logement — ce n'est plus la même question, et le changement de nature du risque ne se chiffre pas : voir le coût de mise en place d'une garantie hypothécaire. Et la durée finit parfois par mordre sur la retraite. Aucun âge limite légal n'existe et nous n'en chiffrerons aucun ; mais l'allongement peut faire sortir du dispositif de dispense de questionnaire médical de l'article L. 113-2-1 du Code des assurances. Ce dispositif ne joue que pour les contrats de crédit mentionnés au 1° de l'article L. 313-1 du Code de la consommation — c'est-à-dire le crédit immobilier : il ne s'étend pas à une opération à dominante consommation. Dans ce champ, le texte subordonne la dispense au respect de l'ensemble de deux conditions, donc cumulatives : une part assurée n'excédant pas 200 000 € par assuré sur l'encours cumulé des contrats de crédit, etune échéance de remboursement du crédit antérieure au soixantième anniversaire de l'assuré. Ce soixantième anniversaire est une condition de dispense de questionnaire médical, en aucun cas un âge limite d'emprunt: allonger la durée au-delà ne rend pas le crédit impossible, cela fait seulement retomber l'assurance dans le régime de droit commun, avec ce que la déclaration de santé peut alors entraîner. Cet angle est développé dans un rachat de crédits dont la durée court sur la retraite. S'y ajoutent, textuellement, la perte des cautionnements et des assurances des anciens crédits, y compris des prises en charge en cours (R. 314-20, 3° c et d), et la moins-value possible sur les sommes restituées par une caution(3° i). Dernière limite, celle du calcul lui-même : les totaux additionnés ici sont des euros courants, sans actualisation — un euro payé dans vingt ans n'a pas la valeur d'un euro d'aujourd'hui.
Contre-indications : six situations où il vaut mieux s'abstenir
⚠️ Quand il vaut mieux ne pas faire l'opération
- Quand l'écart calculé plus haut est positifet qu'aucune des trois configurations favorables n'est réunie.
- Quand la décision se prend sur la seule mensualité, sans avoir lu le document d'information de l'article R. 314-19.
- Le rachat n'efface rien : si le déséquilibre vient du budget et non des taux, il donne surtout un faux sentiment d'aisance.
- Si l'opération suppose d'adosser au logement une dette qui ne l'était pas, le coût supplémentaire est chiffrable, le changement de nature du risque ne l'est pas.
- Le surcoût calculé est certain ; la contrepartie ne l'est pas. Financer avec lui une dépense de consommation, plutôt que reconstituer une capacité d'épargne ou éviter une procédure, revient à payer sans rien acheter.
- Un versement exigé avant le déblocage des fondsest illégal (L. 519-6 du Code monétaire et financier). Arrêtez là et changez d'interlocuteur.
Sur le taux d'endettement, un point mérite d'être clarifié, et il n'appelle aucun chiffre : les conditions d'octroi du crédit immobilier font l'objet d'une norme fixée par le Haut Conseil de stabilité financière, autorité qui tient ce pouvoir de l'article L. 631-2-1, 5° du Code monétaire et financier. Aucun texte que nous ayons pu consulter ne règle son application aux opérations de regroupement : celle-ci relèverait, en pratique, de la politique de chaque prêteur. Voir ce que la mensualité libère en taux d'effort et les conditions d'acceptation d'un dossier.
Presque n'importe qui peut faire baisser sa mensualité ; il suffit d'accepter une durée assez longue. La vraie question porte sur ce qu'on achète avec le surcoût.Si c'est du souffle budgétaire, le temps de reconstituer une épargne ou d'éviter une procédure, l'opération se défend. Si c'est seulement le confort d'un prélèvement plus léger, beaucoup moins — et ne rien faire reste une option parfaitement recevable. Ce guide s'inscrit dans notre panorama des crédits patrimoniaux ; le mécanisme complet de l'opération est exposé dans le guide du rachat de crédits.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Hagnéré Patrimoine
Conseiller en gestion de patrimoine, Quentin Hagnéré accompagne particuliers et dirigeants sur la structuration de leur financement et la gestion de leur passif. Son cabinet, Hagnéré Patrimoine, chiffre systématiquement le coût total d'une opération de regroupement avant d'en discuter l'opportunité, et considère qu'une opération dont le surcoût n'achète rien ne doit pas être faite.
⚠️ Informations légales et réglementaires
Cet article a une visée informative et pédagogique générale. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une recommandation, ni une offre de crédit. Aucun établissement de crédit, aucune banque, aucun courtier, aucun organisme de caution, aucune plateforme et aucun comparateur n'y est cité. Toutes les simulations présentées sont des illustrations génériques à hypothèses explicitement fictives, et ne constituent en aucun cas des projections garanties. Le traitement juridique individualisé d'une situation relève du notaire ou de l'avocat ; son traitement comptable et fiscal, de l'expert-comptable.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Un rachat de crédits allonge le plus souvent la durée d'endettement et augmente le coût total du crédit. Aucun barème de frais de dossier, de courtage ou de garantie n'est publié sur cette page : il n'en existe aucun de légal.
Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (www.orias.fr) en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA) et Courtier en Opérations de Banque et en Services de Paiement (COBSP), adhérent de la CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Chambéry. Les règles exposées sont celles en vigueur au 6 août 2026 ; plusieurs dispositions du crédit à la consommation sont remplacées le 20 novembre 2026 : cette page sera mise à jour.

