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Combien de temps prend un rachat de crédits : la chronologie réelle

La frise complète d'un rachat de crédits, étape par étape : qui déclenche, quelle pièce est attendue, où le dossier se bloque. Avec la distinction qui décide de tout — le délai légal, fixe et opposable, contre le délai de traitement, variable et jamais garanti — et ce que vous devez continuer de payer tant que les fonds ne sont pas débloqués. Aucune durée d'instruction n'est indiquée dans cette page : aucun texte n'en impose. Analyse générique, sans citer aucun établissement ni courtier. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

10 jours10 jours de réflexion
14 jours14 jours de rétractation
0 jour0 délai d'instruction légal
300 000 €300 000 € d'amende
Hagnéré Patrimoine

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L'essentiel : une partie de l'attente est une protection

Guide rédigé le 6 août 2026, mis à jour le 10 août 2026 — par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, COA, COBSP — ORIAS 23002291), Bassens (Savoie). Sources vérifiées à cette date. Analyse générique, sans référence à un établissement ni à un courtier.

Un prêt immobilier qui pèse déjà, un crédit auto dont la mensualité tombe le 5, un renouvelable qui se recharge tout seul, et un découvert qui ne se referme jamais tout à fait. Un budget de ménage ne casse presque jamais d'un coup : il se resserre, mois après mois, jusqu'au moment où le taux d'effort dérape et où tout regrouper en une seule mensualité devient l'idée qui s'impose. Vous montez un dossier, vous rassemblez les pièces, vous le déposez — et à partir de cette minute, une seule question compte vraiment : quand ?

Personne ne peut vous répondre par une date. La raison est juridique, et elle tient en une phrase : aucun texte n'impose de délai d'instruction à un prêteur — ni une loi, ni un décret, ni la moindre norme publique opposable. En revanche, la loi impose des délais de protection— dix jours de réflexion en régime immobilier, quatorze jours de rétractation en régime consommation — et ceux-là, personne ne peut les raccourcir, pas même vous en le demandant. C'est toute la thèse de ce guide : une partie de l'attente n'est pas de la lenteur administrative, c'est une protection voulue par le législateur — au point qu'un prêteur qui la contourne encourt une amende pénale.

Tout ce qui suit est rapporté au Code de la consommation dans sa version en vigueur au 6 août 2026. En revanche, aucune durée d'instruction n'est indiquée dans cette page, ni moyenne ni fourchette : aucun texte n'en impose et il n'en existe, à notre connaissance, aucune statistique publique. Y écrire un nombre de jours reviendrait à inventer une règle.

La réponse express : ce que la loi chiffre, et ce qu'elle ne chiffre pas

Il n'existe aucune durée légale pour un rachat de crédits. Ce que la loi chiffre, ce sont uniquement les temps de protection. En régime immobilier : l'offre ne peut pas être acceptée avant dix jours à compter de sa réception, et ses conditions sont maintenues trente jours minimum (C. conso. art. L. 313-34). En régime consommation : l'offre est maintenue quinze jours minimum (L. 312-18), aucun paiement n'est possible dans l'un ou l'autre sens pendant sept jours après l'acceptation (L. 312-25), le prêteur doit notifier son agrément dans ce même délai de sept jours sous peine de refus présumé (L. 312-24), et vous disposez de quatorze jours calendaires révolus pour vous rétracter (L. 312-19). Tout le reste — instruction, décomptes, expertise, assurance emprunteur, notaire, déblocage en régime immobilier, clôture des anciens contrats — n'est chronométré par aucun texte.

⚠️ Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une offre de crédit. Aucun établissement, banque, courtier, organisme de caution, plateforme ou comparateur n'y est cité. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Un mot d'abord, parce qu'il commande la suite. Un rachat de crédits, ou regroupement de crédits, n'est pas une renégociation. Une renégociation se fait par avenant, avec votre prêteur actuel. Un rachat est un nouveau contrat de crédit, souscrit auprès d'un nouveau prêteur, dont les fonds servent à solder les crédits en cours. Et il n'efface aucune dette : il la déplace et la réétale. Le mécanisme complet est traité dans le guide du rachat de crédits, et la frontière entre les deux opérations dans renégocier ou racheter : ce qui les distingue.

Et une chose qu'il faut dire sans l'emballer : la baisse de la mensualité vient principalement de l'allongement de la durée. Payer moins chaque mois pendant plus longtemps augmente le plus souvent le coût total. Le rachat est un outil de trésorerie et de restructuration de passif, pas une économie. Ce n'est pas une opinion de cabinet : l'article R. 314-20, 5°, du Code de la consommation impose au prêteur d'indiquer expressément, dans le document d'information préalable, s'il y a allongement de la durée ou augmentation du coût total. La fiche F2440 de service-public.gouv.fr, mise à jour le 1er juillet 2026, le formule ainsi : « En cas de rachat de crédits, le prêteur doit vous indiquer si votre nouveau crédit (qui regroupe vos anciens crédits) crée une dette plus élevée ou plus longue que vos anciens crédits. Ces informations doivent être données par écrit. » Le détail poste par poste est traité dans la décomposition complète du coût d'un rachat.

Le guide du rachat de crédits explique ce qu'est l'opération et ce qu'elle coûte ; la page sur les conditions d'octroi et les pièces à fournir explique si votre dossier peut passer. Celle-ci ne traite que d'une chose : le calendrier— dans quel ordre les étapes s'enchaînent, lesquelles sont bloquées par la loi et lesquelles ne le sont par rien, et ce que vous devez continuer de payer tant que les fonds ne sont pas débloqués.

Ce qui est certain, et ce qui ne l'est pas

Les seules durées certaines de cette opération sont celles que la loi impose. Toutes les autres sont des pratiques d'établissement : variables, non publiées, non garanties. Au point que personne ne publie de délai de traitement pour ces opérations — et que les regroupements de crédits sont expressément exclus du champ de la norme d'octroi du Haut Conseil de stabilité financière (voir plus bas). Quand on vous annonce un délai d'instruction, on vous annonce une espérance commerciale, pas une règle de droit.

La frise complète : les douze étapes, dans l'ordre réel

La séquence réelle tient en douze étapes, de la première pièce que vous rassemblez jusqu'à la lettre de résiliation, qui est le point où presque tous les dossiers s'arrêtent trop tôt. Pour chaque étape : qui la déclenche, quelle pièce est attendue, et où ça bloque. Vous n'y trouverez aucune durée, et c'est délibéré.

Ce tableau ne comporte volontairement aucune durée. Quatre étapes seulement sont encadrées par un texte : le maintien des conditions de l'offre (7), le délai légal (8), l'acceptation et l'agrément (9), et — en régime consommation uniquement — le blocage de tout paiement pendant sept jours (11). Pour toutes les autres, aucun texte n'impartit de délai à quiconque — ni au prêteur pour instruire, ni au prêteur d'origine pour délivrer un décompte, ni à l'assureur pour statuer, ni au notaire pour recevoir l'acte. Nous avons préféré une case vide à un chiffre que personne n'a écrit. Textes vérifiés le 6 août 2026 (C. conso. art. L. 312-18, L. 312-24, L. 312-25, L. 313-34, L. 313-47, L. 314-13, L. 341-40, R. 314-19 à R. 314-21 ; C. civ. art. 2409 ; CMF art. L. 519-6).
ÉtapeQui la déclencheLa pièce attendueLe point de blocage typique
1. Rassembler vos propres contratsVousContrat, tableau d'amortissement et dernier relevé de chaque créditR. 314-21 organise lui-même le dossier incomplet : à défaut de pièces, le document se fait sur éléments déclaratifs, signalés comme tels — donc des estimations fragiles, et révisables
2. Le document d'information préalable au regroupementLe prêteur ou l'intermédiaire, après dialogue avec vous (R. 314-19)Un document sur support durable, en caractères d'au moins le corps huit (R. 314-20), remis au plus tard en même temps que la fiche précontractuelleDocument non remis = le dossier n'a pas commencé. C'est le premier jalon opposable, avant tout accord de principe
3. L'étude du dossier et l'évaluation de solvabilitéLe prêteurRevenus, charges, relevés ; consultation du fichier des incidents de remboursement avant octroiUn incident de paiement survenu pendant l'instruction est matériellement visible au moment d'éditer l'offre
4. L'accord de principeLe prêteurAucune au sens du Code : l'accord de principe n'y est pas définiVous croyez que le compte à rebours a commencé. Rien n'a commencé : seule l'offre écrite engage un prêteur. Et à ce stade comme après, aucun intermédiaire ne peut exiger de vous la moindre somme — frais de dossier compris — avant le versement effectif des fonds prêtés (CMF art. L. 519-6)
5. Les décomptes de remboursement anticipéVous (demande écrite à chaque prêteur d'origine)Un décompte chiffré, fourni gratuitement sans tarder, pour les crédits IMMOBILIERS rachetés (L. 313-47). Pour un crédit à la consommation racheté, aucun texte lu n'impose d'équivalent chiffré ni de délaiLa loi n'écrit aucun nombre de jours. S'y ajoute le préavis contractuel propre à chaque contrat (R. 314-20, 1 e et f) — contractuel, jamais légal
6. L'assurance emprunteur et, s'il y a lieu, l'évaluation du bienL'assureur / le prêteurQuestionnaire, examens éventuels, avis du médecin-conseil ; rapport d'évaluationAucun texte n'impose de délai à une sélection médicale ni à une expertise. C'est le poste le moins maîtrisable du calendrier
7. L'édition de l'offre de créditLe prêteurL'offre, écrite et gratuite, adressée à vous et aux cautions personnes physiques déclarées en régime immobilierC'est le premier document qui engage. Avant lui, hors documents précontractuels obligatoires, tout ce que vous avez vu est de la publicité. Conditions maintenues au minimum 30 jours (immobilier) ou 15 jours (consommation)
8. Le délai légalLa loiRégime immobilier : 10 jours de réflexion avant que l'acceptation soit possible. Régime consommation : la rétractation s'ouvre après l'acceptationCe délai ne se raccourcit pas, même à votre demande. Une acceptation non datée ou antidatée expose le prêteur à 300 000 euros d'amende (L. 341-40)
9. Le retour de l'acceptation — et, en consommation, l'agrémentVous, puis le prêteurAcceptation à date certaine : lettre, cachet de l'opérateur postal faisant foi, ou tout autre moyen convenu (L. 313-34)Un co-emprunteur ou une caution servi plus tard décale tout le monde. En consommation, le silence du prêteur pendant 7 jours vaut refus présumé (L. 312-24)
10. Le passage chez le notaire (uniquement s'il y a une garantie hypothécaire)Le prêteur / le notaireActe notarié : l'hypothèque conventionnelle est consentie par acte notarié, et le mandat d'hypothéquer dans les mêmes formes (C. civ. art. 2409)Une procuration sous seing privé ne vaut rien : rendez-vous reporté. Aucun texte n'impartit de délai pour OBTENIR un rendez-vous ni pour recevoir l'acte ; les délais qui existent ensuite pèsent sur l'enregistrement de l'acte, pas sur votre calendrier (CGI art. 635 et 647)
11. Le déblocage des fonds et le remboursement des crédits rachetésLe nouveau prêteurOrdre de virement aux prêteurs d'origine ; pour les crédits renouvelables, remboursement directement auprès du prêteur initial (L. 314-13)Aucun délai légal de déblocage en régime immobilier. En régime consommation, c'est l'inverse : interdiction de tout paiement pendant 7 jours (L. 312-25)
12. L'arrêt des prélèvements et la clôture administrativeVous, sur la base du document d'informationLa date d'interruption des versements ou prélèvements est écrite au document (R. 314-20, 4 c) ; lettre de résiliation d'un renouvelable, adressée sans frais (L. 314-13) ; attestations de solde ; mainlevée éventuelleUn prélèvement arrêté trop tôt devient un incident de paiement. Un renouvelable soldé mais non résilié se recharge

Relisez ce tableau de haut en bas et vous verrez que trois temps s'y succèdent, sur lesquels vous n'avez pas du tout le même pouvoir. Les étapes 1, 2 et 5 forment le temps sur lequel vous avez prise— réunir vos contrats, exiger le document d'information avant tout accord de principe, demander vos décomptes : vous pouvez les engager avant même de déposer, elles ne coûtent rien, et ce sont les seules que vous puissiez réellement accélérer. Les étapes 3, 4, 6, 10 et la date de déblocage elle-même relèvent du temps des tiers— le prêteur, l'assureur, l'expert, le notaire : aucun texte ne leur impartit de délai, vous ne pouvez que relancer, et une relance n'est pas un droit. Restent les étapes 7, 8, 9 et, en régime consommation seulement, le blocage des paiements de l'étape 11 : c'est le temps de la loi: chiffré, opposable, et hors de portée de tout le monde — du prêteur, de l'intermédiaire, et de vous. La douzième étape, elle, est mixte : la date d'arrêt des prélèvements vous est écrite, mais la clôture, elle, reste votre démarche. Confondre ces trois temps, c'est relancer quand il faut attendre, et attendre quand il faut relancer.

L'étape 2 : le document que la loi vous doit avant tout accord

Le premier document opposable n'est ni l'accord de principe ni l'offre : c'est le document d'information préalable propre au regroupement (R. 314-19 et R. 314-20). Il doit détailler, crédit par crédit, le capital restant dû, la date de remboursement anticipé envisagée, une estimation de l'indemnité, les modalités de remboursement anticipé y compris la date de notification du préavis, et une estimation des frais de mainlevée d'hypothèque. Il doit aussi indiquer les démarches que le prêteur accomplira et celles qui restent à votre charge. Autrement dit : la loi vous garantit une frise écrite. Exigez-la.

Trois choses que la frise ne dit pas d'elle-même. Le décompte de l'étape 5 est un document qui gèle une étape ; l'indemnité qu'il chiffre est un coût, traité dans le calcul et le plafond des indemnités de remboursement anticipé. L'étape 10 n'existe que si l'opération est garantie par une hypothèque : la formalité elle-même, son coût et ses points de rejet sont décrits dans la procédure d'inscription hypothécaire. Enfin, si un crédit racheté était lui-même garanti par une hypothèque, il faudra lever la garantie du crédit racheté : c'est une opération distincte, avec son propre calendrier, qui se déroule après le déblocage.

Les délais que la loi impose — et comment ils se comptent vraiment

Réflexion et rétractation ne sont pas la même chose

C'est la confusion que nous corrigeons le plus souvent en rendez-vous, et elle coûte cher. Les définitions officielles, publiées par service-public.gouv.fr (fiche F37911, vérifiée le 22 août 2025), sont pourtant nettes. Le délai de réflexion est « le temps qui vous est accordé, en tant que consommateur, pour prendre une décision après avoir reçu une offre ou un contrat, et avant la conclusion de celui-ci ». Le délai de rétractation est « le laps de temps pendant lequel vous pouvez annuler un contrat ou un achat sans avoir à fournir de justification ». Conséquence directe : en crédit immobilier, il n'existe aucun délai de rétractation. Écrire « délai de rétractation de dix jours pour le prêt immobilier » est faux.

Régime immobilier : trente jours et dix jours, dans un seul article

L'article L. 313-34 du Code de la consommation (version en vigueur depuis le 1er juillet 2016) dispose : « L'envoi de l'offre oblige le prêteur à maintenir les conditions qu'elle indique pendant une durée minimale de trente jours à compter de sa réception par l'emprunteur. L'offre est soumise à l'acceptation de l'emprunteur et des cautions, personnes physiques, déclarées. L'emprunteur et les cautions ne peuvent accepter l'offre que dix jours après qu'ils l'ont reçue. L'acceptation est donnée par lettre, le cachet de l'opérateur postal faisant foi, ou selon tout autre moyen convenu entre les parties de nature à rendre certaine la date de l'acceptation par l'emprunteur. »

Ce texte court dit quatre choses qu'on lui fait rarement dire. Les trente jours ne sont pas votre délai à vous : c'est une obligation du prêteur, qui doit tenir les conditions annoncées. Les dix jours, eux, sont un plancher imposé à l'emprunteur, pas un plafond. Les deux partent de la réception de l'offre : ni de son envoi, ni de votre signature. Et ils bénéficient à l'emprunteur comme aux cautions personnes physiques déclarées, ce qui veut dire qu'un co-emprunteur ou une caution servi plus tard décale toute l'opération. Ce sont des jours calendaires (fiche F37911). La lecture doctrinale constante veut que l'acceptation ne soit possible qu'à partir du onzième jour: c'est une lecture cohérente avec le texte, pas le texte lui-même, et nous la présentons comme telle. Le réflexe pratique tient en une phrase : datez vous-même votre acceptation et conservez la preuve de cette date.

300 000 € : ce que risque un prêteur qui antidate votre acceptation

Article L. 341-40 du Code de la consommation : « Le fait pour le prêteur de faire souscrire par l'emprunteur ou les cautions déclarées ou de recevoir de leur part l'acceptation de l'offre sans que celle-ci comporte de date ou dans le cas où elle comporte une date fausse de nature à faire croire qu'elle a été donnée après expiration du délai de dix jours prescrit à l'article L. 313-34, est puni d'une amende de 300 000 euros. » C'est bien ce que nous disions plus haut, et cette fois c'est écrit dans un texte pénal : ces dix jours ne sont pas une formalité, les contourner est pénalement sanctionné.

Régime consommation : quatre délais, dont trois qui partent le même jour

C'est ici que le calendrier devient contre-intuitif : signer n'est pas la fin. Dans le droit applicable au 6 août 2026, à compter de l'acceptation, trois délais courent en parallèle. Un quatrième, celui du maintien des conditions de l'offre, a déjà commencé plus tôt : il court de la remise ou de l'envoi.

Droit applicable au 6 août 2026. Précision de vocabulaire : L. 312-25 parle de « paiement », alors que la formule « aucun versement » appartient à L. 313-35 (régime immobilier) et à L. 322-2 (mention publicitaire). Les deux libellés ne se confondent pas.
DélaiArticlePoint de départCe qu'il fait
15 jours minimumL. 312-18La remise ou l'envoi de l'offreLe prêteur doit maintenir les conditions de son offre — à comparer aux 30 jours de l'immobilier, qui courent, eux, de la réception
7 joursL. 312-25L'acceptation du contratAucun paiement, « sous quelque forme et à quelque titre que ce soit », dans aucun des deux sens. Aucun dépôt. Le prêteur ne peut pas débloquer
7 joursL. 312-24L'acceptation du contratDélai dans lequel le prêteur doit notifier son agrément. À défaut, l'agrément est réputé REFUSÉ
14 jours calendaires révolusL. 312-19Le jour de l'acceptation de l'offreRétractation sans motif de l'emprunteur

En régime consommation, le silence de la banque n'est PAS bon signe

Article L. 312-24 : « Le contrat accepté par l'emprunteur ne devient parfait qu'à la double condition que celui-ci n'ait pas fait usage de sa faculté de rétractation et que le prêteur ait fait connaître à l'emprunteur sa décision d'accorder le crédit, dans un délai de sept jours. L'agrément de la personne de l'emprunteur est réputé refusé si, à l'expiration de ce délai, la décision d'accorder le crédit n'a pas été portée à la connaissance de l'intéressé. » Deux nuances, qu'il faut lire dans la même phrase que la règle, sinon on se croit protégé alors qu'on ne l'est pas : un agrément parvenu tardivement reste valable si vous voulez toujours du crédit, et la mise à disposition des fonds au-delà des sept jours vaut agrément — le déblocage est donc un acte juridique, pas une simple opération technique.

Reste une zone que la loi ne tranche qu'à moitié : entre le huitième et le quatorzième jour, le déblocage est juridiquement possible alors que la rétractation est encore ouverte. En pratique, beaucoup de prêteurs attendraient l'expiration du délai de rétractation avant de débloquer ; nous l'écrivons au conditionnel, car il s'agirait d'un choix de gestion et non d'une obligation légale que nous ayons pu lire dans un texte.

⚠️ Se rétracter après le déblocage : trente jours pour rembourser (L. 312-26)

Si la loi ne tranche pas la licéité d'un déblocage intervenu avant le quatorzième jour, elle en tranche en revanche intégralement la conséquence. L'article L. 312-26 du Code de la consommation prévoit que l'emprunteur qui se rétracte après avoir reçu les fonds rembourse le capital versé et paie les intérêts cumulés depuis la date de versement, calculés au taux débiteur du contrat, sans retard indu et au plus tard trente jours calendaires après l'envoi de la notification de rétractation — sans aucune indemnité au titre de la rétractation elle-même. Dans un regroupement, cette règle change tout : au huitième jour, ce capital est déjà parti solder vos anciens crédits — directement auprès du prêteur initial pour les crédits renouvelables (L. 314-13). Se rétracter au douzième jour, c'est devoir reconstituer en trente jours un capital que vous ne détenez déjà plus. C'est le point du régime consommation sur lequel il faut être le plus attentif à la date. Vérifiez la version applicable à votre contrat : l'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 modifie ce texte au 20 novembre 2026, en réservant au prêteur, le cas échéant, une indemnité limitée aux frais non récupérables qu'il a payés à une administration publique.

Illustration n° 1 — le compteur des jours que la loi bloque (dates fictives)

REGIME IMMOBILIER
J    = reception de l'offre (ex. fictif : lundi 5 janvier)
J+10 = fin du delai de reflexion (L. 313-34)
       => acceptation possible a partir du 11e jour (lecture doctrinale)
J+30 = fin de la duree minimale de maintien des conditions (L. 313-34)
Deblocage : AUCUN DELAI LEGAL

REGIME CONSOMMATION
A    = acceptation de l'offre (ex. fictif : lundi 5 janvier)
A+7  = fin du blocage de tout paiement (L. 312-25)
A+7  = date limite de l'agrement du preteur ; a defaut, REPUTE REFUSE (L. 312-24)
A+14 = fin du delai de retractation (L. 312-19)
Deblocage possible a l'expiration des 7 jours, soit des A+8
       => du 8e au 14e jour, la retractation est encore ouverte
Retractation APRES deblocage : capital verse + interets cumules a rembourser
                               sous 30 jours calendaires (L. 312-26)
  • Délai de réflexion, régime immobilier :10 jours calendaires (L. 313-34)
  • Maintien des conditions, régime immobilier :30 jours minimum, à compter de la réception (L. 313-34)
  • Maintien des conditions, régime consommation :15 jours minimum, à compter de la remise ou de l'envoi (L. 312-18)
  • Blocage de tout paiement, régime consommation :7 jours à compter de l'acceptation (L. 312-25)
  • Agrément du prêteur, régime consommation :7 jours ; silence = refus présumé (L. 312-24)
  • Rétractation, régime consommation :14 jours calendaires révolus (L. 312-19)
  • Rétractation après versement des fonds :Capital versé et intérêts cumulés au taux débiteur, à rembourser au plus tard 30 jours calendaires après l'envoi de la notification (L. 312-26)

Exemple volontairement fictif : les dates sont inventées pour rendre le calcul lisible. Les durées, elles, sont celles des textes en vigueur au 6 août 2026. Ce compteur ne mesure pas la durée de l'opération : il mesure la seule partie qui est écrite dans la loi. Tout ce qui n'y apparaît pas — l'instruction et tout ce qui dépend d'un tiers — n'est chronométré par aucun texte. Un dossier qui « traîne » ne viole aucune règle ; un délai de réflexion écourté, si.

L'illustration fait apparaître une asymétrie qu'on lit peu : en régime immobilier, la partie légale précède la formation du contrat ; en régime consommation, elle la suit. Ce ne sont pas deux versions du même délai, ce sont deux mécaniques inverses.

Ce qui change le 20 novembre 2026

Les délais décrits ci-dessus sont ceux du droit applicable au 6 août 2026. Le régime du crédit à la consommation est refondu au 20 novembre 2026 (ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, rectifiée par l'ordonnance n° 2025-1154 du 2 décembre 2025) : le délai de rétractation reste de quatorze jours calendaires, mais son point de départ est précisé, et les contrats en cours à cette date restent régis par les dispositions antérieures. Si votre dossier se dénoue autour de cette échéance, faites confirmer par écrit le régime et les délais applicables — voir les conditions d'un rachat de crédits.

De quel régime relève votre opération — et pourquoi ça change tout le calendrier

Le régime applicable dépend de la part relative des crédits immobiliers dans l'opération (art. L. 314-11 du Code de la consommation), et ce seuil n'est pas une pratique de place : il est fixé par décret. L'article R. 314-18 dispose qu'il « est atteint lorsque la part des crédits immobiliers […] représente 60 % du montant total de l'opération de regroupement de crédits ». Au-delà, régime du crédit immobilier ; en deçà, régime du crédit à la consommation. Le cas d'une égalité exacte à 60 % n'est pas tranché ici : la loi parle d'une part relative qui « dépasse » le seuil, et le décret d'un seuil « atteint ». Le calcul de la dominante lui-même n'est pas le sujet de cette page : ce qui nous intéresse ici, c'est sa conséquence sur le calendrier.

Mais une règle écrase toutes les autres, et c'est le pivot chronologique de cette page : l'article L. 314-12, alinéa 2, prévoit que toute opération de regroupement garantie par une hypothèque, ou une sûreté comparable sur un bien à usage d'habitation, relève du régime du crédit immobilier quel que soit son objet. Autrement dit : ce n'est pas le montant qui commande le calendrier, c'est le régime — et la garantie suffit à le déterminer. Dès qu'il y a hypothèque : délai de réflexion de dix jours (et non rétractation de quatorze), offre maintenue trente jours, et passage obligatoire chez le notaire (C. civ. art. 2409). Précision de vocabulaire : le privilège de prêteur de deniers n'existe plus sous ce nom — depuis l'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, il est devenu une hypothèque légale spéciale (C. civ. art. 2402, 2°).

⚠️ La garantie hypothécaire ne fait pas qu'ajouter une étape au calendrier

On raisonne ici en calendrier, mais sur ce point précis il faut en sortir : la garantie hypothécaire ne fait pas qu'ajouter un rendez-vous chez le notaire. Faire garantir un regroupement par une hypothèque sur votre logement change la nature même de votre dette. Un crédit auto ou un renouvelable sont des dettes non garanties: en cas de défaillance, le créancier doit passer par les voies d'exécution de droit commun. Une fois regroupées dans un crédit adossé à une sûreté réelle sur votre résidence, ces mêmes dettes deviennent des dettes attachées au bien, avec le droit de préférence et le droit de suite propres à l'hypothèque. Le calendrier, lui, y gagne en lisibilité — régime immobilier, dix jours de réflexion, acte notarié — mais le risque, lui, se déplace sur le logement que vous habitez. Ce n'est ni un argument pour ni un argument contre : c'est une contrepartie à mettre en balance avant de signer, exposée dans le rachat de crédits avec hypothèque et dans le guide du prêt hypothécaire.

Le calcul de la dominante, la qualification du dossier et les pièces exigées sont traités dans les conditions d'un rachat de crédits ; le montage garanti dans le rachat de crédits avec hypothèque ; et la nature exacte de la sûreté dans hypothèque conventionnelle et hypothèque légale spéciale. Un mot enfin sur une confusion fréquente : une sûreté réelle (l'hypothèque porte sur un bien) n'est pas un cautionnement (une personne s'engage) — les deux n'ont ni le même calendrier ni les mêmes conséquences.

Textes vérifiés le 6 août 2026. Une pratique de marché n'est jamais une règle de droit : c'est toute la différence entre les deux colonnes.
Délai LÉGALDélai de TRAITEMENT
Qui le fixeUn texte : loi ou décretPersonne. Une organisation interne, une charge de travail, un tiers
Sa duréeÉcrite : 7, 10, 14, 15 et 30 jours calendaires — plus les délais en jours ouvrés de L. 313-31Aucune n'est écrite nulle part
Est-il opposable ?Oui — au prêteur comme à vousNon. Aucun engagement, aucun recours en cas de dépassement
Peut-on le raccourcir ?Non, même d'un commun accordOui — mais rien n'y oblige
Que se passe-t-il s'il n'est pas respecté ?Sanction : 300 000 euros d'amende pour une acceptation antidatée (L. 341-40)Rien. Il n'y a rien à respecter
Exemples dans un rachatRéflexion (L. 313-34), rétractation (L. 312-19), blocage des paiements et agrément (L. 312-24 et L. 312-25), maintien de l'offre (L. 313-34, L. 312-18), réponse sur une assurance déléguée (L. 313-31)Instruction, accord de principe, décompte de remboursement anticipé, expertise, sélection médicale, rendez-vous notarial, déblocage en régime immobilier, clôture des anciens contrats

Le législateur a lui-même renoncé à chiffrer. Sur le décompte de remboursement anticipé d'un crédit immobilier, l'article L. 313-47 dit que le prêteur fournit ces informations « gratuitement sans tarder » après réception de la demande de remboursement par anticipation. Aucun nombre de jours. Et pour un crédit à la consommation racheté, il n'existe même pas cette obligation-là : nous n'avons lu aucun texte lui imposant un délai. C'est le seul terme de délai que la loi emploie sur ce terrain, et l'absence de chiffre est elle-même la donnée.

Le seul « préavis » que les textes reconnaissent, ils le renvoient au contrat. L'article R. 314-20, 1° e) et f), impose d'indiquer les modalités de remboursement anticipé, « notamment, le cas échéant, son délai de préavis contractuel », et la date à laquelle ce préavis doit être notifié. Le texte réglementaire reconnaît donc l'existence d'un délai — et le renvoie au contrat. Il est propre à chaque crédit racheté, il n'est jamais légal, et il ne se chiffre pas dans une page.

Aucune source officielle que nous ayons pu identifier ne publie de délai de traitement pour ces opérations. S'y ajoute un point de droit : les opérations de regroupement de crédits sont expressément exclues du champ de la décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 — article 3, au même titre que les crédits relais, les renégociations et les rachats externes —, dans sa version en vigueur, modifiée par les décisions n° D-HCSF-2023-2 du 29 juin 2023 et n° D-HCSF-2023-6 du 18 décembre 2023, qui laissent cet article 3 inchangé. Il n'existe donc, pour ces opérations, ni norme publique d'octroi opposable, ni reporting prudentiel dédié. Ce qui manque, ce n'est pas le droit — le regroupement a bien un régime propre (L. 314-10 à L. 314-14, R. 314-18 à R. 314-21) et fait l'objet de contrôles —, c'est la donnée de délai. Précision de méthode : il s'agit d'une décision juridiquement contraignante (fondée sur l'art. L. 631-2-1, 5°, du Code monétaire et financier), pas d'une « recommandation » ; et être hors champ ne signifie ni que l'opération serait plafonnée, ni qu'elle autoriserait quoi que ce soit. Cette exclusion et ses conséquences sur l'examen d'un dossier sont traitées dans l'examen d'un dossier de regroupement ; la question du taux d'effort, dans le taux d'effort après regroupement.

Il n'existe pas de dossier « en retard ». Il existe des dossiers en attente d'une pièce, et des délais que la loi bloque volontairement. Savoir lequel des deux vous concerne change ce que vous pouvez faire : relancer, ou patienter.

Les cinq points qui rallongent réellement un dossier

Aucun de ces cinq points n'est encadré par un délai. Quatre s'anticipent utilement, avant de déposer quoi que ce soit ; le cinquième, on ne peut que le lancer tôt.

Textes vérifiés le 6 août 2026. Aucune durée n'est indiquée, ni moyenne ni fourchette : il n'en existe aucune statistique publique pour ces opérations.
Le point de blocagePourquoi il n'a aucun délaiCe que vous pouvez faire AVANT de déposer
1. Une pièce manquanteR. 314-21 organise lui-même ce scénario : à défaut de pièces contractuelles, le prêteur vous invite à les demander à vos créanciers ; à défaut, il travaille sur éléments déclaratifs signalés comme tels ; à défaut encore, il laisse des mentions non complétées en vous avertissant des difficultés. Aucun texte n'impose de délai de réponse aux créanciers initiauxRéunir avant le dépôt : contrat, tableau d'amortissement et dernier relevé de chaque crédit, y compris renouvelables et dettes non bancaires (elles entrent dans le document, R. 314-20, 2°). Cela ne dépend que de vous
2. Le décompte de remboursement anticipé tardifL. 313-47 : pour un crédit immobilier, le prêteur d'origine répond « gratuitement sans tarder », sans date opposable. Pour un crédit à la consommation, aucun texte lu n'impose de délai. Et un préavis contractuel peut s'y ajouter (R. 314-20, 1 e et f)Demander les décomptes par écrit et le plus tôt possible, à chaque prêteur d'origine, avant même de déposer. Relire dans chaque contrat la clause de remboursement anticipé et son préavis
3. L'expertise ou l'évaluation du bienAucun texte n'impartit de délai à une expertise, ni à sa transmission au prêteurRassembler le titre de propriété, le dernier avis de taxe foncière, les diagnostics et, s'il existe, un état de la copropriété. Aucune de ces pièces ne s'obtient en un jour
4. Les formalités de garantieS'il y a hypothèque, l'acte est notarié (C. civ. art. 2409) et le mandat d'hypothéquer doit l'être aussi. Aucun texte n'impartit de délai pour la prise du rendez-vous ni pour la réception de l'acte ; les délais du CGI (art. 635, 647) portent sur l'enregistrement postérieurVérifier tôt la disponibilité de tous les signataires (co-emprunteur, conjoint, indivisaires). Une procuration sous seing privé ne vaut rien : elle doit être notariée
5. La sélection médicale de l'assurance emprunteurAucun délai légal ne s'impose à un assureur pour instruire un questionnaire, demander des examens ou saisir un médecin-conseil. C'est le facteur d'allongement le moins maîtrisableAnticiper le questionnaire et rassembler les pièces médicales éventuelles. Attention : « le questionnaire médical est supprimé pour tout le monde » est faux — la dispense suppose des conditions cumulatives

Ces cinq points ne se valent pas, et les hiérarchiser change la façon de préparer un dossier. Les deux premiers ne dépendent que de votre initiative: rassembler ses contrats et réclamer ses décomptes ne coûte rien, ne suppose l'accord de personne et peut être fait bien avant le premier rendez-vous — c'est le levier d'accélération que vous avez en main, même si la réponse du prêteur d'origine, elle, ne vous appartient pas. Les deux suivants dépendent de tiers, mais s'organisent: une évaluation se prépare en réunissant à l'avance le titre de propriété et les diagnostics ; un rendez-vous notarial se sécurise en vérifiant tôt la disponibilité de chaque signataire — co-emprunteur, conjoint, indivisaire — et en faisant établir, si besoin, une procuration notariée, la seule qui vaille. Le cinquième, la sélection médicale, ne se compresse ni ne se relance utilement: ni vous, ni le prêteur, ni un intermédiaire ne commandent l'agenda d'un médecin-conseil. D'où ce conseil d'ordre : engagez le volet assurance en premier, alors que l'ordre spontané d'un dossier le place en dernier.

Un détail de vocabulaire qui fait rater des dates : les seuls délais exprimés en jours ouvrés cités ici sont ceux de l'article L. 313-31, qui en compte trois de dix jours ouvrés— décision d'acceptation ou de refus à compter de la réception de la demande de substitution d'assurance, décision à compter de la réception de l'autre contrat d'assurance en cas de résiliation, et établissement de l'avenant, sans frais. Tous les autres délais de cette page sont calendaires. Pour le fond du sujet, voir les règles de l'assurance emprunteur et de la substitution et l'assurance dans un rachat de crédits.

Ce qu'il faut continuer de payer pendant l'opération

La loi oblige le prêteur à vous écrire que vous devez continuer de payer

Article R. 314-20, 3° a), du Code de la consommation

« L'emprunteur doit continuer à s'acquitter des mensualités dues au titre des crédits dont le regroupement est envisagé, jusqu'à leur remboursement effectif. » Et le 3° b) ajoute qu'il doit continuer à s'acquitter des cotisations d'assurance garantissant ces mêmes crédits, jusqu'à leur remboursement effectif. Ce n'est pas une bonne pratique : c'est un avertissement légal obligatoire que le prêteur a l'obligation de vous adresser par écrit.

Il y a un corollaire : la date à laquelle vous devez interrompre vos prélèvements n'est pas laissée à votre appréciation. Elle est écrite dans le document d'information (R. 314-20, 4° c), avec ses modalités d'interruption — c'est elle qui fait foi, pas la date à laquelle vous croyez que les fonds sont partis.

Un impayé pendant l'instruction : le risque le plus sous-estimé

Aucun texte ne dit qu'un incident fait échouer un dossier. Mais la conséquence est mécanique : le prêteur a l'obligation légale d'évaluer votre solvabilité et de consulter le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers avant d'accorder le crédit (articles L. 313-16 en régime immobilier et L. 312-16 en régime consommation du Code de la consommation). Un incident déclaré pendant l'instruction est donc matériellement visible au moment d'éditer l'offre. Le contexte y prête : la Banque de France a enregistré 148 013 dossiers de surendettement déposés en France hexagonale en 2025 (+ 9,8 % sur un an ; Typologie du surendettement des ménages – 2025, publiée le 17 février 2026), à un niveau qui reste nettement inférieur au pic de 2015.

Une chose prime sur tout ce qui précède. Si vos mensualités actuelles ne sont déjà plus tenables, ce qu'il faut connaître d'abord n'est pas une solution de marché : c'est que la procédure devant la commission de surendettement de la Banque de France est gratuite — la recevabilité du dossier étant appréciée par la commission —, et que les points conseil budget labellisés par l'État délivrent un accompagnement budgétaire, gratuit lui aussi. Un regroupement de crédits n'est ni un préalable, ni une alternative obligée à ces dispositifs : c'est une option de marché, qui suppose au contraire de pouvoir continuer à payer pendant toute l'instruction. Les conséquences d'une inscription au fichier des incidents et les marges de manœuvre sont traitées dans rachat de crédits et inscription au fichier des incidents.

Illustration n° 2 — ce que vous devez continuer de payer chaque mois (exemple entièrement fictif)

940 + 265 + 175 + 42 = 1 422 EUR par mois
Dus jusqu'au REMBOURSEMENT EFFECTIF des credits rachetes
(C. conso. R. 314-20, 3 a et 3 b)
  • Crédit immobilier (fictif) :138 000 € de capital restant dû — 940 € / mois
  • Crédit auto (fictif) :9 200 € de capital restant dû — 265 € / mois
  • Crédit renouvelable (fictif) :4 300 € de capital restant dû — 175 € / mois
  • Assurance emprunteur du prêt immobilier (fictif) :42 € / mois
  • Total dû chaque mois jusqu'au remboursement effectif :1 422 € / mois

Exemple entièrement fictif, construit pour illustrer une méthode : les montants sont inventés, ce n'est ni un barème, ni une simulation, ni une offre. Aucun taux n'y figure, parce que le calendrier n'en dépend pas et qu'aucun taux de marché ne peut être avancé sans source. Tant que les fonds ne sont pas débloqués, les 1 422 € restent dus chaque mois, et la loi impose au prêteur de vous l'écrire. La nouvelle mensualité, elle, ne commence qu'après : il n'y a pas de mois blanc entre les deux.

Un mois d'attente n'est donc pas un mois neutre : c'est un mois de plus à 1 422 € dans cet exemple fictif, et non à la mensualité que l'on vous a fait espérer — le soulagement de trésorerie est décalé d'autant. Ces 1 422 € ne sont pas perdus, ils remboursent vos crédits actuels ; encore faut-il pouvoir les financer avec le budget qui vous a conduit à demander un regroupement. Si ce n'est pas le cas, l'opération ne doit pas être engagée sur cette base. Aucun taux, aucune durée d'opération et aucun poste de frais chiffré ne figurent dans cet encadré : le coût de l'opération se traite dans la décomposition du coût d'un rachat. Et pour tester votre propre budget avec vos chiffres, notre simulateur de crédit reste un outil de calcul, pas une offre.

Hagnéré Patrimoine

Faire relire votre situation avant de déposer un dossier

Un point patrimonial pour situer le regroupement parmi les autres options — y compris celle de ne rien faire — et vérifier ce que l'opération change réellement à votre budget, mensualité et coût total.

Bilan patrimonialCIF · COA · COBSP

Après le déblocage : solde effectif, arrêt des prélèvements, clôture

Trois étapes restent : les formalités de sortie

Trois étapes se suivent après le déblocage ; on ne voit généralement passer que la première. Un : le déblocage des fonds par le nouveau prêteur. Deux : le remboursement effectif de chaque crédit racheté — pour les crédits renouvelables, l'article L. 314-13 impose au nouveau prêteur d'effectuer le remboursement directement auprès du prêteur initial, aucune somme ne transitant par vous. Trois : la clôture administrative — arrêt des prélèvements à la date écrite au document (R. 314-20, 4° c), attestations de solde, restitution des documents et, le cas échéant, mainlevée de la garantie du crédit racheté. Aucun texte lu n'impartit de délai à aucune de ces trois étapes.

Solder un crédit renouvelable ne le clôt pas

⚠️ La réserve peut se reconstituer

L'article L. 314-13 impose au prêteur, lorsque l'opération porte sur la totalité du montant restant dû au titre d'un crédit renouvelable, de rappeler la possibilité de résilier le contrat et de proposer d'adresser sans frais la lettre de résiliation signée par l'emprunteur. Lisez la nuance : c'est une démarche qui vous appartient, pas un automatisme. Le contrat de crédit renouvelable survit à son remboursement, et la réserve peut se reconstituer — auquel cas le bénéfice de toute l'opération peut être annulé. Le nouveau prêteur doit vous proposer de l'envoyer : demandez-la, et conservez l'accusé de résiliation.

Si l'opération comporte une enveloppe de trésorerie en plus du capital regroupé, la logique et les contreparties sont exposées dans le rachat de crédits avec trésorerie complémentaire.

Cautionnements et assurances : les protections qui disparaissent avec les anciens crédits

Le document d'information préalable liste, au titre des avertissements, plusieurs effets rarement anticipés : après remboursement anticipé, vous ne bénéficiez plus des cautionnements ni des assurances attachés aux crédits soldés — y compris des prises en charge en cours —, et une nouvelle assurance peut comporter de moindres garanties, avec de nouveaux délais de carence et de nouvelles franchises. Un co-emprunteur doit en être informé. S'y ajoute un effet d'âge, qui pèse lourd sur les dossiers les plus anciens : la nouvelle assurance se souscrit à l'âge que vous avez le jour du rachat, et sur votre état de santé de ce jour-là — jamais à ceux de la souscription initiale. Aucun texte ne l'impose ; c'est la tarification de ces contrats qui le veut. Aucun tarif, aucune majoration et aucun âge limite ne peuvent être avancés ici sans source, c'est au contrat proposé de vous les dire, et c'est précisément ce qu'il faut lire avant de signer. Ces effets se chiffrent en euros, pas en jours : ils relèvent de la décomposition du coût de l'opération.

Pourquoi aucune date ne peut vous être promise

Un accord de principe n'engage pas. Il n'est même pas défini par le Code de la consommation : ce n'est pas une offre. Seule l'offre écrite engage un prêteur, et seulement dans les termes qu'elle indique et au moins pour la durée minimale que la loi impose — quinze jours en consommation, trente jours en immobilier. Avant cela, aucun texte n'oblige un prêteur à accorder un crédit.

La conséquence est désagréable mais nette : il n'existe aucun droit au crédit. Le prêteur apprécie, et son appréciation ne se réduit pas à un ratio : le reste à vivre, l'ampleur du saut de charge, la stabilité des revenus et l'historique bancaire pèsent autant que le taux d'effort — sans qu'il existe le moindre barème légal de reste à vivre. Les seuils que l'on voit circuler sont des politiques internes d'établissement, jamais des règles de droit, et personne ne peut vous les opposer comme telles. Ce terrain est celui des conditions d'octroi et du taux d'effort après regroupement, pas du calendrier — mais c'est la première raison pour laquelle aucune date ne peut vous être promise : on ne planifie pas une décision qui n'est pas acquise.

Aucun intermédiaire ne peut vous demander une somme avant le versement effectif des fonds — et, en régime immobilier, aucun versement dans l'un ou l'autre sens n'est possible avant l'acceptation de l'offre. Sur ce point, deux textes distincts, à ne pas confondre. L'article L. 313-35 du Code de la consommation interdit, en régime immobilier, tout versement dans l'un ou l'autre sens jusqu'à l'acceptation de l'offre. L'article L. 519-6 du Code monétaire et financier, lui, interdit à toute personne qui apporte son concours à l'obtention ou à l'octroi d'un prêt — l'intermédiaire au premier chef — de percevoir provision, commissions, frais de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés, sous peine de sanctions pénales. Les deux périmètres ne se recouvrent pas, et le détail est traité dans les conditions d'un rachat de crédits. Test partiel que vous pouvez faire seul : l'article L. 322-2 du Code de la consommation impose à la publicité d'un intermédiaire de porter, de manière apparente, la mention « Aucun versement, de quelque nature que ce soit, ne peut être exigé d'un particulier, avant l'obtention d'un ou plusieurs prêts d'argent », et d'indiquer le nom et l'adresse de l'établissement de crédit ou de la société de financement concernée. Attention à la portée : ce texte exclut expressément les opérations de crédit mentionnées à l'article L. 312-1, c'est-à-dire le crédit à la consommation. Son absence n'est donc un signal que pour les opérations qui n'en relèvent pas ; l'interdiction de fond, elle, tient à l'article L. 519-6 du Code monétaire et financier et vaut dans tous les cas.

⚠️ L'arnaque commence exactement là où vous attendez les fonds

Le 4 septembre 2024, l'ACPR a mis en garde le public contre la multiplication de fausses offres de prêt immobilier et de rachat de crédit, reposant en grande majorité sur l'usurpation de l'identité de courtiers et d'établissements réellement autorisés à exercer en France. Dans le scénario décrit, la victime est démarchée puis, après signature de la fausse offre, invitée à virer un « apport personnel » sur un compte parfois ouvert chez l'établissement dont l'identité est usurpée. C'est exactement l'étape que le droit rend impossible : aucun intermédiaire ne peut vous demander une somme avant le versement effectif des fonds, et, pour les crédits renouvelables, le remboursement est opéré par le nouveau prêteur directement auprès du prêteur initial (L. 314-13) — aucune somme ne transite par vous. ABE Infoservice, le portail public commun à la Banque de France, à l'ACPR et à l'AMF (page consultée le 6 août 2026), le formule sans nuance : « Ne versez aucune somme d'argent pour l'obtention d'un prêt ou le déblocage des fonds. » Le réflexe : rechercher soi-même le numéro de la société et rappeler son standard (jamais le numéro fourni) ; vérifier l'immatriculation au registre ORIAS — y compris la nôtre, 23002291. Les autres marqueurs d'une fausse offre de regroupement sont détaillés à part.

Avant l'offre, tout ce que vous avez lu est de la publicité

Une enquête de la DGCCRF sur le regroupement de crédits, menée en 2024 et publiée en novembre 2025, a relevé des anomalies chez une part significative des professionnels contrôlés, portant principalement sur la publicité: des messages laissant croire à une amélioration de la situation financière alors que l'allongement de la durée augmente le plus souvent le coût total, et des comparaisons de mensualité sans indication du montant total dû. Traduit en calendrier : tant que l'offre n'est pas éditée, tout ce que vous avez vu hors documents précontractuels obligatoires est de la publicité. Le premier document qui vous engage sur ce coût, c'est l'offre ; mais le premier qui doit vous le dire vient plus tôt — le document d'information préalable doit indiquer expressément s'il y a allongement de la durée ou augmentation du coût total (R. 314-20, 5°), et la fiche d'information standardisée qui l'accompagne porte le montant total dû. Réclamez les deux documents et comparez les montants totaux dus. Un dossier peut d'ailleurs être bloqué pour une raison purement technique : un TAEG qui dépasserait le taux maximal applicable — voir le taux d'usure et son mode de fixation.

Quand le calendrier vous dit d'attendre, ou de renoncer

Trois situations, au moins, devraient conduire à ne pas déposer de dossier — ou à le retirer. Ne pas être certain de tenir ses mensualités actuelles pendant toute l'instruction, dont personne ne connaît la durée : le regroupement suppose l'inverse de ce que l'on croit — il faut être à jour pour l'obtenir, il ne sert pas à cesser de payer. Bâtir une trésorerie sur une date de déblocage qui n'est opposable à personne. Ou se décider sur la seule mensualité, sans avoir comparé les montants totaux dus— auquel cas ce n'est pas le calendrier qu'il faut réexaminer, c'est l'opération elle-même, puisque la baisse de mensualité vient d'abord de l'allongement de la durée. Le tableau qui suit en ajoute cinq autres. Ne rien faire reste une décision, et parfois la bonne.

Grille de vigilance établie le 6 août 2026 à partir des textes cités dans cette page. Elle ne remplace pas l'examen de votre dossier.
Le signalCe qu'il veut direLa conduite à tenir
On vous garantit une date de déblocageAucun texte n'impose de délai à un prêteur, et il n'existe aucune statistique publique de délai de traitement pour ces opérationsDemander l'engagement par écrit. Il n'y en aura pas
Vous ne pouvez pas tenir vos mensualités actuelles pendant l'instructionL'opération ne doit pas être engagée sur cette base : les crédits en cours restent dus jusqu'à leur remboursement effectif (R. 314-20, 3° a et b), pour une durée que personne ne peut vous garantir, et un incident pendant l'instruction est visible du prêteurNe pas déposer sans avoir vérifié cette capacité. La procédure devant la commission de surendettement de la Banque de France et les points conseil budget sont gratuits : à examiner AVANT toute solution de marché
Un intermédiaire vous demande une somme avant le versement effectif des fondsInterdit : art. L. 519-6 du Code monétaire et financier, sanctionné pénalementRefuser, vérifier l'immatriculation ORIAS, signaler
On vous presse de signer (« offre limitée », « les taux remontent »)L'urgence artificielle est le premier marqueur d'une offre douteuse, et le délai de réflexion est précisément ce que l'on cherche à vous faire sauterPrendre le temps que la loi vous donne. Il est fait pour ça
Le document d'information préalable ne vous a pas été remisR. 314-19 et R. 314-20 l'imposent, sur support durableLe réclamer avant toute signature
Le document indique un allongement de durée ou une augmentation du coût totalC'est l'hypothèse normale, et la loi impose de vous l'écrire (R. 314-20, 5°)Comparer les montants totaux dus, pas les mensualités
Votre trésorerie ne tient que si les fonds arrivent à une date préciseLe calendrier ne se maîtrise pas, et vos crédits actuels restent dus jusqu'au remboursement effectifNe pas construire de plan de trésorerie sur une date de déblocage
Vous envisagez d'arrêter un prélèvement pour « souffler » en attendantUn incident pendant l'instruction est visible par le prêteur, qui doit consulter le fichier des incidents avant d'accorder le créditContinuer à payer. C'est ce que la loi impose au prêteur de vous écrire

Un rachat de crédits s'arbitre entre une mensualité et un coût total, et son calendrier ne vous appartient qu'en partie. L'amont est à vous : réunir vos contrats, réclamer vos décomptes, vérifier la disponibilité des signataires, engager l'assurance tôt. Le reste dépend de tiers auxquels aucun texte n'impose de délai. La part que vous ne maîtrisez pas, personne ne la maîtrise. Et personne ne peut vous la vendre sous forme de date. Les jours que la loi bloque, eux, ne sont pas du temps perdu : c'est le temps prévu pour relire l'offre. Si le calendrier est le seul argument qui vous décide, attendre reste une option défendable. Pour situer cette opération parmi les autres formes de financement, voir le guide complet des crédits patrimoniaux.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

⚠️ Informations légales et réglementaires

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Cet article a une visée informative et pédagogique générale, dernière mise à jour le 10 août 2026. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une offre de crédit, ni une recommandation. Aucun établissement de crédit, banque, courtier, organisme de caution, plateforme ou comparateur n'y est cité. Aucune durée d'instruction n'y figure : aucun texte n'en impose, et aucune source officielle n'en publie pour les opérations de regroupement de crédits.

Les délais légaux cités relèvent du droit applicable au 6 août 2026 : C. conso. art. L. 312-18, L. 312-19, L. 312-24, L. 312-25, L. 312-26, L. 313-31, L. 313-34, L. 313-35, L. 313-47, L. 314-11 à L. 314-13, L. 322-2, L. 341-40, R. 314-18 à R. 314-21 ; C. civ. art. 2409 ; CMF art. L. 519-6. Le régime du crédit à la consommation évolue au 20 novembre 2026 (ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, rectifiée par l'ordonnance n° 2025-1154 du 2 décembre 2025). Le traitement juridique individualisé relève du notaire ou de l'avocat; le traitement comptable et fiscal, de l'expert-comptable.

Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (www.orias.fr) en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA) et Courtier en Opérations de Banque et en Services de Paiement (COBSP), adhérent de la CNCEF Patrimoine. Pour une analyse adaptée à votre situation personnelle, sollicitez un bilan patrimonial.

Questions fréquentes

Délais d'un rachat de crédits : les questions fréquentes

Non. L'article L. 313-34 du Code de la consommation prévoit que l'emprunteur et les cautions personnes physiques déclarées ne peuvent accepter l'offre que dix jours après qu'ils l'ont reçue. Ni le prêteur ni vous ne pouvez y renoncer, même d'un commun accord. Le prêteur qui reçoit une acceptation sans date, ou portant une date fausse de nature à faire croire que le délai a été respecté, encourt une amende de 300 000 euros (article L. 341-40). Un prêteur pressé n'a donc même pas intérêt à vous rendre ce service-là.

Le délai court à compter de la réception de l'offre par l'emprunteur, et non de son envoi ni de sa signature. La lecture doctrinale constante veut que l'acceptation ne puisse être donnée qu'à partir du onzième jour, le jour de réception n'étant pas compté : c'est une lecture, pas le texte lui-même, qui dit seulement dix jours après réception. Datez vous-même votre acceptation et conservez la preuve de cette date, par lettre avec cachet de l'opérateur postal ou par tout autre moyen convenu rendant la date certaine (article L. 313-34).

En jours calendaires, sauf dans l'assurance. Les dix jours de réflexion du crédit immobilier, les quatorze jours de rétractation du crédit à la consommation (article L. 312-19) et les sept jours des articles L. 312-24 et L. 312-25 se comptent week-ends et jours fériés compris. Seuls les trois délais de l'article L. 313-31, propres à la substitution d'assurance emprunteur, sont exprimés en jours ouvrés. L'erreur classique tient à ça : on reçoit une offre un vendredi, on recompte en jours ouvrés, et on se donne une semaine qu'on n'a pas.

En régime immobilier, le prêteur doit maintenir les conditions de son offre pendant une durée minimale de trente jours à compter de sa réception par l'emprunteur (article L. 313-34). En régime consommation, cette durée minimale est de quinze jours à compter de la remise ou de l'envoi de l'offre (article L. 312-18). Ce sont des minimums imposés au prêteur, pas des dates couperets opposables à l'emprunteur.

Cela dépend du régime de l'opération, pas de son montant absolu. Le seuil est écrit dans le décret : il est atteint lorsque la part des crédits immobiliers représente 60 pour cent du montant total de l'opération de regroupement de crédits (article R. 314-18). Au-delà, régime du crédit immobilier ; en deçà, régime du crédit à la consommation. Une règle écrase toutes les autres : toute opération de regroupement garantie par une hypothèque relève du régime du crédit immobilier quel que soit son objet (article L. 314-12). Faites confirmer la qualification par écrit.

Selon les définitions officielles publiées par service-public.gouv.fr, le délai de réflexion est le temps accordé au consommateur pour prendre une décision après avoir reçu une offre, et avant la conclusion du contrat ; le délai de rétractation permet d'annuler un contrat déjà conclu, sans avoir à fournir de justification. En crédit immobilier, il n'existe aucun délai de rétractation : il y a un délai de réflexion de dix jours. En crédit à la consommation, c'est l'inverse. Confondre les deux fait perdre un droit.

Oui, et ce n'est pas une simple précaution : c'est une mention que la loi impose au prêteur de vous écrire. L'article R. 314-20, 3 a), du Code de la consommation prévoit que l'emprunteur doit continuer à s'acquitter des mensualités dues au titre des crédits dont le regroupement est envisagé, jusqu'à leur remboursement effectif. Le 3 b) ajoute les cotisations d'assurance qui garantissent ces crédits. La date à laquelle vous devez interrompre vos prélèvements est écrite dans le document d'information préalable (4 c) : arrêter un prélèvement trop tôt, c'est fabriquer un incident de paiement.

Aucun texte ne le prévoit, et pourtant le risque est réel : le prêteur a l'obligation d'évaluer votre solvabilité et de consulter le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers avant d'accorder le crédit (articles L. 313-16 et L. 312-16). Un impayé survenu en cours d'instruction peut donc apparaître au moment où l'offre est éditée. À traiter comme un risque, jamais comme une règle : la décision appartient au prêteur, et rien ne l'oblige à prêter.

Juridiquement, à partir du huitième jour : pendant les sept jours qui suivent votre acceptation, aucun paiement, sous quelque forme et à quelque titre que ce soit, ne peut être fait dans l'un ou l'autre sens (article L. 312-25). Reste à savoir si vous y avez intérêt, car votre droit de rétractation, lui, reste ouvert jusqu'au quatorzième jour : si vous vous rétractez après avoir reçu les fonds, l'article L. 312-26 vous impose de rembourser le capital versé et de payer les intérêts cumulés depuis la date de versement, au taux débiteur du contrat, sans retard indu et au plus tard trente jours calendaires après l'envoi de votre notification — alors que ce capital a déjà servi à solder vos anciens crédits.

Le silence ne vaut pas accord. L'article L. 312-24 prévoit que le contrat accepté ne devient parfait qu'à la double condition que l'emprunteur n'ait pas fait usage de sa faculté de rétractation et que le prêteur ait fait connaître sa décision d'accorder le crédit dans un délai de sept jours ; à défaut, l'agrément est réputé refusé. Deux tempéraments : un agrément parvenu tardivement reste valable si vous voulez toujours du crédit, et la mise à disposition des fonds au-delà des sept jours vaut agrément.

Après le déblocage des fonds, et pas avant. Pour les crédits renouvelables, l'article L. 314-13 impose au nouveau prêteur d'effectuer le remboursement directement auprès du prêteur initial : aucune somme ne transite par vous. Jusqu'au remboursement effectif de chaque crédit racheté, vos mensualités d'origine restent dues. Il n'y a donc aucun mois de répit entre l'ancienne et la nouvelle mensualité.

Non. Le remboursement éteint la dette, pas le contrat : la réserve reste ouverte à votre nom tant que vous n'avez pas résilié, ce qui peut annuler le bénéfice de toute l'opération. L'article L. 314-13 impose seulement au prêteur, lorsque l'opération porte sur la totalité du montant restant dû, de rappeler cette possibilité et de proposer d'adresser sans frais la lettre de résiliation signée par vous : la démarche reste la vôtre. En pratique, réclamez la lettre au moment du déblocage, et conservez l'accusé de résiliation, pas seulement l'attestation de solde : ce ne sont pas les mêmes documents.

Il n'y a pas de retard opposable. L'article L. 313-47 prévoit seulement que le prêteur fournit ces informations gratuitement sans tarder, pour les prêts immobiliers, et ne fixe aucun nombre de jours. Pour un crédit à la consommation racheté, nous n'avons lu aucun texte imposant au prêteur d'origine un délai de délivrance du décompte. S'y ajoute, dans chaque contrat racheté, un éventuel préavis contractuel de remboursement anticipé, dont la date de notification doit figurer dans le document d'information préalable (article R. 314-20, 1 e et 1 f). Ce préavis est contractuel, jamais légal. Le seul levier est d'anticiper : demandez vos décomptes par écrit, à chaque prêteur d'origine, avant même de déposer votre dossier.

Non, et un délai d'instruction garanti doit vous alerter. Demandez l'engagement par écrit : la réponse change de nature — on vous donnera une estimation, jamais une date. Il n'y a rien derrière : aucun texte n'impartit de délai à un prêteur pour instruire un dossier, aucune norme publique d'octroi ne s'applique à ces opérations, et aucune statistique publique de délai de traitement n'est publiée. Toute durée annoncée est une pratique commerciale, jamais une règle de droit. Par ailleurs, aucun intermédiaire ne peut vous demander une somme avant le versement effectif des fonds prêtés (article L. 519-6 du Code monétaire et financier).