Préparez votre transmission avec un expert succession
Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en transmission patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.
Sommaire
- 1. Oui, le notaire est obligatoire
- 2. Le rôle du notaire dans une donation avant cession
- 3. La date certaine : votre meilleure défense face à la CADF
- 4. Donation simple ou donation-partage ?
- 5. Formalités : les étapes chez le notaire
- 6. Combien coûte le notaire (et en combien de temps) ?
- 7. Notaire seul ou avec un avocat fiscaliste ?
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation juridique ou notariale. Les chiffres et taux mentionnés sont ceux en vigueur en 2026. Toute opération de donation avant cession doit être validée et rédigée par un notaire, idéalement après avis d'un avocat fiscaliste. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
Mis à jour le 24 juin 2026 · Sources : Légifrance (C. civ. art. 931, 894, 1075 s., 1078, 843, 860, 382-1, 387-1 ; CGI art. 150-0 D et 777 ; C. com. art. A. 444-67 s. et L. 444-2 ; LPF art. L. 64), Conseil d'État (CE 19/11/2014 n° 370564, CE 30/12/2011 n° 330940 Motte-Sauvaige).
La donation avant cession est l'un des montages de transmission les plus puissants : en donnant vos titres à vos enfants avant de vendre, vous purgez la plus-value latente sur la fraction transmise (CGI art. 150-0 D) et vous neutralisez le PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux sur les titres). Mais une question revient sans cesse en rendez-vous : faut-il vraiment passer par un notaire ? La réponse est nette — oui — et cet article vous explique pourquoi, ce que fait précisément le notaire, et ce que son intervention change face à un contrôle fiscal. Pour la mécanique fiscale complète (formule de purge, stratégies, grille de risque), reportez-vous à notre guide complet de la donation avant cession.
1. Oui, le notaire est obligatoire
Réponse en bref — Featured snippet
Oui. La donation de titres non cotés (parts de SAS, SARL ou SCI) est une donation entre vifs qui doit revêtir la forme authentiquedevant notaire. L'article 931 du Code civil est sans ambiguïté : « Tous actes portant donation entre vifs seront passés devant notaires […] sous peine de nullité ». Un simple écrit entre vous et vos enfants ne suffit pas : l'acte notarié est une condition de validité, pas une formalité optionnelle.
Beaucoup de dirigeants imaginent pouvoir « donner » leurs actions par un simple ordre de mouvement de titres ou un acte sous seing privé, pour aller plus vite ou économiser des frais. C'est une erreur lourde de conséquences. Sans acte authentique, la donation est frappée de nullité absolue : juridiquement, elle n'a jamais existé. La propriété des titres n'est pas transférée, votre enfant ne devient pas le nouveau cédant, et la plus-value latente n'est donc pas purgée. La cession reste alors taxée chez vous, au PFU de 31,4 % sur la plus-value mobilière — exactement ce que vous cherchiez à éviter.
Une nuance fréquemment mal comprise : le don manuel (la remise « de la main à la main » d'une somme d'argent ou d'un bien meuble corporel) échappe, lui, au formalisme de l'article 931. Mais des titres sociaux non cotésne se transmettent pas par don manuel : ils relèvent impérativement de l'acte authentique. La règle est donc simple : dès qu'il s'agit de parts ou d'actions données avant cession, le notaire est incontournable.
2. Le rôle du notaire dans une donation avant cession
Le notaire n'est pas un simple « tampon » sur votre opération. En tant qu'officier public, il confère à l'acte deux qualités que rien d'autre ne peut apporter : l'authenticité et la date certaine. L'acte authentique fait foi jusqu'à inscription de faux — une procédure exceptionnelle et lourde — ce qui en fait la preuve la plus solide de l'existence et de la date de votre donation.
Concrètement, dans une donation avant cession, le notaire :
- sécurise les trois conditions de validitéde la donation (art. 894 C. civ.) : dépouillement immédiat, irrévocabilité et intention libérale réelle. Il s'assure que vous vous séparez bien des titres et n'en conservez pas la maîtrise ;
- traque les clauses « toxiques »qui trahiraient une donation fictive (clause de retour systématique, mandat de gestion au profit du donateur, réappropriation déguisée du prix) et qui feraient tomber tout le montage en cas de contrôle ;
- calcule et collecte les droits de donation (DMTG), puis dépose la formalité d'enregistrement auprès de l'administration ;
- vous conseille sur la structurela plus adaptée : pleine propriété, démembrement (nue-propriété conservée par les enfants, usufruit réservé), ou donation-partage.
Le point clé : c'est l'antériorité certaine de la donation sur la cession, établie par l'acte notarié, qui résiste au contrôle. C'est précisément l'objet de la section suivante.
3. La date certaine : votre meilleure défense face à la CADF
C'est l'apport décisif du notaire — et la raison pour laquelle l'acte authentique n'a pas d'équivalent. Le Conseil d'État l'a tranché dans un arrêt de référence : CE 19 novembre 2014, n° 370564. La haute juridiction a jugé que la date d'un acte authentique de donation fait foi et ne peut pas être renversée par un simple faisceau d'indices laissant supposer que la cession était déjà ficelée.
Dans cette affaire, l'administration s'appuyait sur l'existence d'une caution bancaire datée d'avant la donation pour soutenir que la vente était déjà décidée. Le Conseil d'État a refusé ce raisonnement : la donation établie par acte notarié du 17 octobre, suivie de la cession le 18 octobre, a été validée. Autrement dit, la chronologie inscrite dans l'acte authentique prime sur les indices que l'administration tente de reconstituer après coup.
Ce que verrouille l'acte notarié
L'acte authentique fige la chronologie donation → cessionde manière opposable au fisc. Un acte sous seing privé, lui, n'a de date certaine qu'à compter de son enregistrement ou d'un événement extérieur : il laisse la porte ouverte à la contestation de l'antériorité. C'est l'un des arguments les plus solides en cas d'examen par le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF).
Une mise en garde indispensable, toutefois : la date certaine ne suffit pas à elle seule. Le critère cardinal du contrôle reste la non-réappropriation du prix par le donateur. Si le prix de cession remonte vers vous après la vente, la donation peut être requalifiée en opération fictive (abus de droit, LPF art. L. 64), même avec un acte notarié parfaitement daté. Pour la grille de risque détaillée (délais, jurisprudence Motte-Sauvaige, avis du CADF), reportez-vous au guide complet et à notre page sur l' abus de droit et la donation.
4. Donation simple ou donation-partage : que choisir devant le notaire ?
Le notaire vous fera trancher une question structurante, surtout si vous donnez à plusieurs enfants avant de vendre. Le choix se joue entre la donation simple et la donation-partage, et l'écart est loin d'être anodin au décès.
| Critère | Donation simple | Donation-partage (C. civ. art. 1075 s.) |
|---|---|---|
| Bénéficiaires | Un ou plusieurs donataires | Plusieurs héritiers présomptifs (répartition + partage) |
| Valeur au décès | Rapportable et réévaluée (art. 843 et 860) | Gelée au jour de l'acte si tous reçoivent et acceptent (art. 1078) |
| Risque de conflit | Élevé (réévaluation des lots) | Faible (équité figée, pas de rapport) |
| Acte notarié | Obligatoire | Obligatoire |
| Usage typique avant cession | Donataire unique | Plusieurs enfants, recherche d'équité |
La donation simple transmet à un ou plusieurs donataires, mais les valeurs données sont rapportables et réévaluées au jour du décès (art. 843 et 860 C. civ.). Si l'un des enfants a fait fructifier ses titres et l'autre non, la réévaluation peut créer un déséquilibre — et un conflit successoral.
La donation-partage (art. 1075 et suivants du Code civil) répartit et partage les biens entre vos héritiers présomptifs. Lorsque tous les enfants reçoivent et acceptent, elle gèle la valeurdes biens au jour de l'acte (art. 1078) : pas de rapport, pas de réévaluation. C'est l'outil idéal quand on donne à plusieurs enfants avant la cession, car il fige l'équité une fois pour toutes. Variante : la donation-partage transgénérationnelle (art. 1078-4 C. civ.) permet d'associer les petits-enfants. Dans tous les cas, l'acte notarié reste obligatoire. Pour le détail, voyez notre guide de la donation-partage et les clauses essentielles de l'acte de donation.
5. Formalités : les étapes chez le notaire
En pratique, une donation de titres avant cession suit un déroulé balisé :
- Valorisation indépendante des titres. Un expert-comptable (ou un commissaire aux apports) établit la valeur vénale du jour, qui servira d'assiette aux droits de donation et fixera le prix d'acquisition fiscal des donataires.
- Rédaction de l'acte authentique. Le notaire formalise l'intention libérale, le dépouillement et l'irrévocabilité. Si un quasi-usufruit est envisagé sur le prix, il doit être stipulé dans l'acte de donation initial, jamais rétroactivement : c'est une condition pour éviter le piège de l'article 774 bis du CGI (voir la convention de quasi-usufruit).
- Signature et enregistrement. Le notaire collecte les droits de donation et dépose la formalité d'enregistrement.
- Cession ensuite. Le donataire, devenu propriétaire, est le nouveau cédant. C'est lui qui signe l'acte de cession et perçoit le prix.
Cas particulier : donataire mineur
Si vous donnez à un enfant mineur, l'opération suppose une autorisation préalable du juge des tutelles : la donation puis la cession sont des actes de disposition sur le patrimoine du mineur (art. 387-1 C. civ., dans le cadre de l'administration légale de l'art. 382-1). Comptez 2 à 4 mois supplémentaires pour obtenir l'ordonnance avant la signature notariée. Le guide complet détaille ce cas (cas pratique « Hélène »).
6. Combien coûte le notaire (et en combien de temps) ?
La rémunération du notaire pour une donation, ce sont les émoluments réglementés : un tarif fixé par l'État, calculé de façon proportionnelle et dégressive selon la valeur donnée (barème par tranches, art. A. 444-67 et suivants du Code de commerce). Sur les grandes tranches, l'ordre de grandeur tourne autour de 1 % de la valeur, auquel s'ajoutent les frais d'acte et les débours. Au-delà de 100 000 €, une remise sur les émoluments est possible (art. L. 444-2 C. com.).
Ne pas confondre émoluments et droits de donation
Les émoluments rémunèrent le notaire. Les droits de donation (DMTG) sont un impôtversé au Trésor, calculé selon le barème de l'article 777 du CGI (5 % à 45 % en ligne directe), après abattements (100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans). Ce sont deux postes distincts : ne les additionnez pas dans la même ligne.
Côté délai : comptez quelques semaines pour préparer et signer l'acte (rendez-vous, valorisation, rédaction, enregistrement). Ajoutez 2 à 4 mois si le donataire est mineur (juge des tutelles), et environ 3 mois de plus si vous sécurisez un montant important par un rescrit fiscal (renvoi au guide complet). Nous vous recommandons toujours de demander un devis chiffréà votre notaire en amont : les émoluments étant réglementés, ils sont parfaitement prévisibles.
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7. Notaire seul ou avec un avocat fiscaliste / CGP ?
Le notaire est obligatoirepour l'acte : c'est lui qui rédige, authentifie et enregistre la donation. Mais sur une cession d'entreprise, son intervention gagne à être articulée avec d'autres conseils. L'avocat fiscaliste et le CGPinterviennent en amont, sur la stratégie : timing de l'opération, choix de la structure (pleine propriété, démembrement, donation-partage), sécurisation par rescrit, articulation avec un Pacte Dutreil ou un montage de holding. Les rôles ne s'opposent pas : ils se complètent.
Les 3 choses à retenir
- Acte notarié obligatoire pour donner des titres avant cession (art. 931 C. civ.) — à défaut, nullité absolue et perte de la purge de plus-value.
- La date certaine de l'acte authentique sécurise la chronologie donation puis cession face au contrôle (CE 19/11/2014 n° 370564), à condition que le prix ne revienne jamais au donateur.
- Donation-partageà privilégier à plusieurs enfants : elle gèle la valeur au jour de l'acte (art. 1078) et évite les conflits successoraux.
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À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Dirigeant fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré dirige le cabinet Hagnéré Patrimoine, structure indépendante de conseil en gestion de patrimoine et de fortune. Spécialiste de la transmission d'entreprise (donation-cession, apport-cession, Pacte Dutreil, holdings patrimoniales), il accompagne dirigeants de PME et ETI dans la structuration de leurs cessions, en coordination avec notaires et avocats fiscalistes.
Coordonnées Hagnéré Patrimoine
Hagnéré Patrimoine SAS — 7 rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry — RCS Chambéry — ORIAS 23002291 (CIF, COA, COBSP). Adhérent CNCEF Patrimoine, supervisé par l'AMF et l'ACPR. Tél. : +33 3 74 47 20 18. Mail : backoffice@hagnere-patrimoine.fr. Article rédigé selon la législation et la jurisprudence en vigueur au 24 juin 2026.

