Ce volet fait partie du guide Pays-Bas
Vous lisez un volet détaché du guide complet « Expatrié aux Pays-Bas », dont il reprend le chapitre correspondant sans en modifier une ligne. Les autres volets sont listés en fin de page.
Acheter aux Pays-Bas : droits de mutation, prêt, et déduction des intérêts
Un Français qui achète aux Pays-Bas se heurte à quatre règles qui n’ont pas d’équivalent chez lui, et qui décident ensemble du coût de l’opération. La première est que le droit de mutation n’a pas un taux mais quatre, et que celui qui s’applique dépend de l’usage réeldu logement, pas de la case cochée devant le notaire. La deuxième est que la quotité de financement n’est pas une politique de risque négociable : elle est fixée par un règlement, à cent pour cent de la valeur du logement — les seuls dépassements admis sont ceux que le règlement énumère lui-même, dont 106 % pour des travaux d’économie d’énergie, et aucun prêteur ne peut y ajouter les siens. La troisième est que les intérêts d’emprunt de la résidence principale sont déductibles— ce qu’ils ne sont pas en France — mais à un taux qui n’est jamais celui de la tranche marginale. La quatrième est que le logement occupé par son propriétaire produit un revenu imposablequ’il ne perçoit pas.
Ce chapitre suit l’opération dans l’ordre où elle se déroule : le prix affiché et ce qu’il recouvre ; le droit de mutation et ce qui fait basculer d’un taux à l’autre ; l’exonération de primo-accédant, son plafond couperet et sa condition d’âge ; les frais annexes, poste par poste ; le financement, ses deux plafonds et son taux de test réglementaire ; la déduction des intérêts, ses quatre conditions et son plafonnement, déroulée sur trente anset non sur une année ; puis la détention, avec le forfait de logement et l’extinction programmée de la déduction Hillen. Il se termine par ce qui devient irréversible, et à quelle date.
Nous y refaisons neuf chiffrages, dont six vont du prix affiché au coût mensuel net : un cadre de trente-quatre ans à Utrecht qui joue le plafond de 555 000 € à mille euros près, un primo-accédant à Rotterdam, un ménage à Amsterdam imposé dans la tranche supérieure, un achat locatif au taux de 8 %, et un résident de France qui achète une maison de vacances en Zélande. Trois autres tranchent des arbitrages : ce que coûte, en capacité d’emprunt, une période de fixation de taux trop courte ; le coût réel d’un crédit sur trente ans ; et le seuil à partir duquel rembourser son prêt cesse d’être la bonne décision. Chacun est refait ligne à ligne : le lecteur doit pouvoir le reprendre avec ses propres chiffres.
Date d’arrêté du droit, périmètre, et ce que ce chapitre ne traite pas
Le droit exposé ici est arrêté au 2 août 2026. Les textes néerlandais ont été consultés dans leur version consolidée en vigueur à cette date ; les sources que nous avons rouvertes nous-mêmes le 03/08/2026sont signalées comme telles à leur place. Tout montant en euros d’origine néerlandaise porte ici son millésime.
Ce chapitre traite l’acquisition, le financement et la détentiond’un immeuble situé aux Pays-Bas. Le fonctionnement général de la box 1 et de la box 3, y compris le mécanisme du plafonnement de la déduction et la contre-preuve du rendement réel, relève des chapitres qui leur sont consacrés : nous n’en reprenons ici que ce qui commande une décision d’achat, et nous le déroulons sur la durée d’un crédit. Les revenus fonciers de source française, la fiscalité du bien conservé en France et l’articulation avec l’impôt sur la fortune immobilière relèvent également de leurs chapitres propres. Le droit locatif néerlandais — plafonds de loyer, protection du locataire, motifs de congé — n’est abordé ici que par ce qu’il fait au rendement.
Le prix affiché ne veut pas dire la même chose selon le bien
Avant toute chose : aux Pays-Bas, deux annonces qui affichent le même nombre ne décrivent pas le même coût. Un bien ancien est vendu kosten koper(k.k.) — frais à la charge de l’acquéreur —, ce qui signifie que le droit de mutation, les honoraires notariaux et l’expertise viennent s’ajouter au prix. Un logement neuf est vendu vrij op naam(v.o.n.) — libre de frais de mutation —, parce qu’il ne supporte pas de droit de mutation mais la taxe sur la valeur ajoutée néerlandaise, déjà comprise dans le prix affiché. La conséquence est immédiate et rarement tirée : un comparatif ancien / neuf établi sur les prix affichés est un comparatif faux, et il l’est d’un ordre de grandeur qui va de cinq à dix points.
Les repères de marché que nous utilisons dans ce chapitre proviennent de la table StatLine 85792NEDdu Centraal Bureau voor de Statistiek et du Kadaster (« Bestaande koopwoningen : verkoopprijzen, prijsindex 2020 = 100, regio »), interrogée pour le deuxième trimestre 2026, et du communiqué mensuel du CBS du 22 juillet 2026. Ce sont des prix de logements existants, donc des prix k.k.
| Zone | Prix moyen T2 2026 | Variation de l’indice de prix sur un an, à qualité constante | Transactions T2 2026 |
|---|---|---|---|
| Pays-Bas | 490 020 € | + 4,2 % | 58 952 |
| Amsterdam | 616 709 € | + 0,8 % | 3 496 |
| Utrecht (commune) | 556 389 € | + 2,2 % | 1 450 |
| La Haye | 481 504 € | + 4,5 % | 2 080 |
| Rotterdam | 422 154 € | + 3,2 % | 1 992 |
| Hollande-Septentrionale (province) | 568 944 € | + 2,4 % | 10 331 |
| Hollande-Méridionale (province) | 484 800 € | + 4,6 % | 12 308 |
| Limbourg (province) | 392 948 € | + 4,9 % | 3 488 |
| Groningue (province) | 386 162 € | + 7,9 % | 1 801 |
Deux enseignements que l’indice national masque. Le premier : Amsterdam a calé. La capitale progresse de 0,8 % sur un an quand le pays progresse de 4,2 % et la province de Groningue de 7,9 %. Un expatrié qui raisonne sur l’expérience amstellodamoise des années 2015-2022 raisonne sur un marché qui n’est plus le même. Le second : le communiqué du CBS du 22 juillet 2026 situe l’indice des prix de juin 2026 à 155,9 (base 2020 = 100), soit 17,3 % au-dessus du pic de juillet 2022, pour un prix de transaction moyen de 496 235 € et 114 901 transactions au premier semestre. Le marché n’est pas en correction : il est au-dessus de son précédent sommet.
Le compromis, et les trois jours qui suivent
L’article 2 du livre 7 du Code civil néerlandais, dans sa version « Geldend van 01-07-2026 t/m heden » que nous avons ouverte le 03/08/2026, impose que la vente d’un immeuble destiné à l’habitation soit conclue par écrit lorsque l’acquéreur est une personne physique qui n’agit pas dans l’exercice d’une profession ou d’une entreprise : « de koop van een tot bewoning bestemde onroerende zaak of bestanddeel daarvan wordt, indien de koper een natuurlijk persoon is die niet handelt in de uitoefening van een beroep of bedrijf, schriftelijk aangegaan ».
Son alinéa 2 remet l’acte à l’acquéreur contre reçu daté et lui ouvre, pendant « drie dagen na deze terhandstelling », le droit de résoudre la vente. Trois jours, à compter de la remise, sans motif et sans indemnité. Le même alinéa précise que des acquisitions répétées du même bien dans les six mois ne rouvrent pas ce droit. L’alinéa 4 interdit d’y déroger au détriment de l’acquéreur, hors régimes types ; l’alinéa 5 en exclut la location-vente et les ventes aux enchères.
Ce délai est court, et c’est le seul moment où l’acquéreur peut se retirer librement. Passé les trois jours, il ne reste que les conditions suspensives qui ont été stipulées — en pratique la condition de financement, dont la durée se négocie et dont la rédaction, aux Pays-Bas, n’est pas d’ordre public. Un acquéreur français habitué à la protection française du prêt immobilier doit vérifier ligne à ligne ce que son compromis néerlandais lui laisse.
L’overdrachtsbelasting : quatre taux, et une bascule de six points
Le droit de mutation néerlandais est régi par la Wet op belastingen van rechtsverkeer (WBR, BWBR0002740). Nous en avons ouvert la version « Geldend van 01-01-2026 t/m heden » le 03/08/2026. Son article 14 pose un taux général et quatre dérogations.
Alinéa 1 : « De belasting bedraagt 10,4 percent. » — 10,4 %, taux de droit commun, applicable à tout ce qui n’est pas un logement : bureaux, commerces, entrepôts, terrains, et un box de garage acquis isolément.
Alinéa 2 : « In afwijking van het eerste lid bedraagt de belasting 8 percent voor de verkrijging van een woning of van rechten waaraan deze zijn onderworpen […] » — 8 %pour l’acquisition d’un logement, y compris par actions ou droits de sociétariat s’y rapportant directement ou indirectement. C’est le taux de l’investisseur, de la résidence secondaire et de l’achat par une société.
Alinéa 3 : 2 %pour l’acquisition, par une personne physique, d’un logement qu’elle occupera comme résidence principale à titre non temporaire, et qui l’a déclaré. Nous revenons ci-après, en détail, sur la structure de cet alinéa — c’est le point le plus mal restitué de tout le dossier.
Alinéas 4, 5, 7 et 8.L’alinéa 4 applique 2 % à la plus-value visée à l’article 9, alinéa 8. L’alinéa 5 réserve 2 % à l’acquisition « door een wooncoöperatie als bedoeld in artikel 18a van de Woningwet » auprès d’un organisme agréé. L’alinéa 7 étend les taux de 8 % et de 2 % aux aanhorigheden— dépendances — acquises simultanément : cave, place de stationnement, jardin, à condition qu’elles soient acquises dans le même mouvement. L’alinéa 8, enfin, fixe un taux de 4 % « indien de vrijstelling, bedoeld in artikel 15, eerste lid, onderdeel a, en zesde lid, buiten toepassing blijft » — lorsque l’exonération applicable aux livraisons soumises à la taxe sur la valeur ajoutée est écartée.
| Nature de l’acquisition | Taux 2025 | Taux 2026 | Base légale |
|---|---|---|---|
| Logement, résidence principale de l’acquéreur personne physique | 2 % | 2 % | Article 14, alinéa 3, WBR |
| Logement, primo-accédant remplissant les quatre conditions | 0 % | 0 % | Article 15, alinéa 1, sous p, WBR |
| Logement, tout autre usage : locatif, résidence secondaire, achat par une société | 10,4 % | 8 % | Article 14, alinéa 1, WBR en 2025 ; article 14, alinéa 2, WBR en 2026 |
| Immeuble non résidentiel : bureau, commerce, terrain, garage acquis isolément | 10,4 % | 10,4 % | Article 14, alinéa 1, WBR |
| Logement neuf, livraison soumise à la TVA | hors champ | hors champ | Article 15, alinéa 1, sous a, WBR |
| Acquisition par une wooncoöperatie auprès d’un organisme agréé | 2 % | 2 % | Article 14, alinéa 5, WBR |
Ce qui a changé le 1er janvier 2026.La version « Geldend van 01-01-2025 t/m 31-12-2025 » du même article 14 ne comportait, pour les logements, que deuxtaux : 10,4 % et 2 %. L’alinéa 2 à 8 % est une disposition nouvelle. L’investissement locatif résidentiel passe donc de 10,4 % à 8 %, soit 2,4 points, pour les acquisitions réalisées à compter du 1er janvier 2026, tandis que le non-résidentiel reste à 10,4 %. Sur un appartement de 422 154 €, la baisse représente 10 131,70 €. Un dossier monté en 2025 et signé en 2026 a gagné cette somme ; un dossier chiffré sur des documents de 2025 la fait perdre à la simulation.
Le taux de 2 % repose sur deux conditions cumulatives, pas sur une déclaration
C’est l’erreur la plus coûteuse du chapitre, et elle circule sous une forme séduisante : « le taux dépend de ce que vous déclarez avant l’acte, pas de ce que vous faites ensuite ». C’est faux, et le texte le dit en un mot.
Article 14, alinéa 3, WBR — la conjonction qui décide
« In afwijking van het tweede lid bedraagt de belasting 2 percent voor de verkrijging door een natuurlijk persoon van een woning […], als de verkrijger de woning na de verkrijging anders dan tijdelijk als hoofdverblijf gaat gebruiken en dit overeenkomstig artikel 15a, voorafgaand aan de verkrijging duidelijk, stellig en zonder voorbehoud verklaart in een schriftelijke verklaring. »
La conjonction « en » — « et » — rend les deux exigences cumulatives : occuper effectivement le logement comme résidence principale à titre non temporaire, etl’avoir déclaré par écrit, de manière claire, ferme et sans réserve, avant l’acquisition.
La preuve a contrarioest décisive, et elle figure dans l’article même que la thèse adverse invoque. L’article 15a comporte deux clauses de sauvegarde qui n’auraient aucun objet si la déclaration suffisait : l’alinéa 4 répute l’usage satisfait lorsque l’acquéreur établit que des circonstances imprévues survenues avant l’acquisition mais aprèsla conclusion du compromis l’ont raisonnablement empêché d’occuper le logement comme résidence principale à titre non temporaire ; l’alinéa 5 fait de même pour les circonstances imprévues survenues aprèsl’acquisition. Le législateur a écrit deux fictions de réputation d’usage précisément parce que, à défaut d’usage réel, le taux de 2 % tombe.
La règle, telle qu’elle doit être écrite
La déclaration ne remplace pas l’usage : elle l’engage. Si l’usage annoncé ne se réalise pas, l’administration redresse la différence entre 2 % et 8 %, sauf circonstances imprévues survenues avant l’acquisition mais après le compromis (article 15a, alinéa 4) ou après l’acquisition (alinéa 5). Sur un bien à 422 000 €, l’enjeu du redressement est de l’ordre de 25 000 €.
Le cas d’espèce à ne pas construire est celui-ci : un expatrié achète, déclare la résidence principale, acquitte 2 %, puis est muté six mois plus tard et met le bien en location. Une mutation décidée aprèsl’acquisition peut relever de l’alinéa 5 ; une mutation déjà connue au moment de la déclaration ne relève de rien du tout, et la déclaration « claire, ferme et sans réserve » devient une déclaration inexacte. La charge de l’aannemelijk maken— rendre plausible — pèse sur l’acquéreur.
La forme de la déclaration, et qui la transmet.L’article 15a, dans la version que nous avons ouverte le 03/08/2026, prévoit que la déclaration écrite visée à l’article 14, alinéa 3, à l’article 15, alinéa 1, sous p, ou à l’alinéa 4, est faite par chaque acquéreur, par la signature de l’acte notarié ou par le renseignement d’un formulaire type ; elle fait partie de la déclaration fiscale et est annexée à l’acte lorsqu’un acte notarié doit être dressé ; le notaire en transmet une copie électronique à l’inspecteur dans le mois. Trois conséquences pratiques : la déclaration est faite par personne, ce qui compte pour un couple dont un seul membre habitera le logement ; elle est datée par l’acte, non par une démarche séparée ; et l’administration en dispose dans le mois, sans que l’acquéreur ait à faire quoi que ce soit.
Et dans l’autre sens ?L’article 15a, dans la version que nous avons ouverte, organise deux fictions au bénéfice de celui qui a déclaré l’usage de résidence principale et n’a pas pu s’y conformer. Il ne comporte pas de mécanisme symétrique de restitution au profit de celui qui a acquitté 8 % et vient ensuite habiter le logement. Autrement dit : le sens de l’erreur n’est pas neutre. Se tromper en déclarant expose à un rappel ; se tromper en ne déclarant pas expose à un trop-payé de six points que le texte, tel que nous l’avons lu, ne prévoit pas de rendre.
Une précision d’énoncé, pour ne pas dire faux.Le taux de 2 % de l’alinéa 3 est réservé à une personne physique : une société qui acquiert un logement ne peut pas y accéder par cette voie. Mais il serait inexact d’écrire qu’aucune personne morale ne peut jamais bénéficier de 2 % : l’alinéa 5 du même article ouvre ce taux à la wooncoöperatie de l’article 18a de la Woningwetachetant à un organisme agréé. La proposition exacte est celle-ci : le taux de 2 % de l’alinéa 3 est fermé aux personnes morales.
Le neuf est hors barème, et le comparatif s’en trouve renversé
Aucun des quatre taux ci-dessus ne s’applique à un logement neuf. L’article 15, alinéa 1, sous a, de la WBR exonère de droit de mutation l’acquisition « krachtens een levering als bedoeld in artikel 11, eerste lid, onderdeel a, onder 1°, van de Wet op de omzetbelasting 1968 […] ter zake waarvan omzetbelasting is verschuldigd » — la livraison d’un immeuble neuf soumise à la taxe sur la valeur ajoutée. Un achat en nieuwbouwne supporte donc ni 2 %, ni 8 %, ni 10,4 % : il supporte la TVA néerlandaise, incluse dans un prix normalement affiché vrij op naam.
Trois conséquences, et la troisième est celle qu’on oublie. Un : le régime de primo-accédant et le taux de 2 % n’ont pas d’objet dans le neuf, faute de droit de mutation à exonérer — un acquéreur de trente-quatre ans qui achète neuf ne « consomme » pas son exonération, mais il ne l’utilise pas non plus. Deux : comparer un neuf à 480 000 € v.o.n. à un ancien à 460 000 € k.k. destiné à la location, c’est comparer 480 000 € à 460 000 + 36 800 € de droits, soit 496 800 € avant même les honoraires. Trois : la TVA supportée sur un logement destiné à la location résidentielle — opération exonérée de TVA — n’est pas récupérable. Elle est un coût définitif, incorporé au prix de revient, et elle ne se retrouve nulle part dans les tableaux de rendement que l’on présente aux acquéreurs étrangers.
Ancien, résidence principale — prix affiché kosten koper
Le prix affiché s’entend hors frais. S’y ajoutent 2 % de droits de mutation si les deux conditions cumulatives de l’article 14, alinéa 3, sont réunies, puis les honoraires notariaux, l’expertise et, le cas échéant, les honoraires d’agent et de courtage en crédit. Total usuellement observé : de l’ordre de 4 à 6 % du prix.
Ancien, investissement locatif — 8 % depuis le 1er janvier 2026
Même prix affiché kosten koper, mais le droit de mutation passe à 8 % (article 14, alinéa 2). Sur 422 154 €, cela représente 33 772,32 € au lieu de 8 443,08 € — un écart de 25 329,24 € qui doit être amorti par le rendement locatif.
Neuf — prix affiché vrij op naam
Hors du champ du droit de mutation par l’effet de l’article 15, alinéa 1, sous a, WBR. Le prix affiché comprend la TVA néerlandaise. Les honoraires de l’acte d’hypothèque, l’expertise et le courtage restent dus.
La revente dans les six mois : ce qui est réduit, ce n’est pas l’assiette
L’article 13 de la WBR évite la double taxation d’un même bien revendu rapidement. Son alinéa 1 dispose : « In geval van verkrijging binnen zes maanden na een vorige verkrijging van dezelfde goederen door een ander wordt de waarde verminderd met het bedrag waarover ter zake van de vorige verkrijging was verschuldigd hetzij overdrachtsbelasting welke niet in mindering heeft gestrekt van schenk- of erfbelasting, hetzij omzetbelasting welke in het geheel niet op grond van artikel 15 van de Wet op de omzetbelasting 1968 in aftrek kon worden gebracht. » C’est une réduction d’assiette.
Mais l’alinéa 4, que la plupart des présentations omettent, change de mécanique dès lors que l’acquisition précédente a été taxée à l’un des taux dérogatoires — donc à 8 %, à 2 % ou à 4 % : « In het geval van een verkrijging binnen zes maanden na een vorige verkrijging van dezelfde goederen door een ander waarbij ter zake van die vorige verkrijging het tarief, genoemd in artikel 14, tweede, derde, vierde, vijfde of achtste lid, is toegepast, wordt, in afwijking van het eerste lid, het bedrag aan belasting verminderd met het bedrag aan belasting dat ter zake van de vorige verkrijging was verschuldigd. » Ce n’est plus l’assiette qui est réduite, c’est l’impôt, et à concurrence de l’impôt effectivement acquitté lors de l’acquisition précédente.
Pour un logement — c’est-à-dire dans tous les cas qui nous occupent — c’est l’alinéa 4 qui joue seul en pratique. La conséquence chiffrée est nette : si un marchand de biens a acquitté 8 % sur 400 000 €, soit 32 000 €, et revend cinq mois plus tard à 430 000 € à un acquéreur qui y établira sa résidence principale, l’impôt de ce dernier est de 2 % × 430 000 = 8 600 €, réduit de 32 000 €, donc ramené à zéro — sans restitution du surplus. La réduction efface, elle ne rembourse pas. L’alinéa 3 permet en outre au pouvoir réglementaire de fixer un délai différent, et de le différencier entre logements et autres immeubles : c’est un paramètre à revérifier lors de chaque opération de portage.
L’exonération de primo-accédant : quatre conditions, et un plafond couperet
L’article 15, alinéa 1, sous p, de la WBR exonère intégralement de droit de mutation l’acquisition d’un logement — et de ses dépendances acquises simultanément — sous quatre conditions numérotées. Elles sont quatre, pas cinq : nous les avons comptées sur le texte.
Article 15, alinéa 1, sous p, WBR — les quatre sous-alinéas
« 1°. de verkrijger een meerderjarig natuurlijk persoon jonger dan vijfendertig jaar is ; »
« 2°. de verkrijger deze vrijstelling niet eerder heeft toegepast en dit overeenkomstig artikel 15a, voorafgaand aan de verkrijging duidelijk, stellig en zonder voorbehoud verklaart in een schriftelijke verklaring ; en »
« 3°. de verkrijger de verkregen woning of rechten waaraan deze is onderworpen na de verkrijging anders dan tijdelijk als hoofdverblijf gaat gebruiken en dit overeenkomstig artikel 15a, voorafgaand aan de verkrijging duidelijk, stellig en zonder voorbehoud verklaart in een schriftelijke verklaring ; »
« 4°. het totaal van de waarde van de woning of rechten waaraan deze is onderworpen en tot die woning behorende aanhorigheden niet uitkomt boven € 555.000 ; »
| Condition | Ce que dit exactement le texte | Le piège |
|---|---|---|
| 1° — Âge | Personne physique majeure et de moins de trente-cinq ans. L’appréciation se fait au moment de l’acquisition, c’est-à-dire de la levering devant notaire. | Ce n’est ni « de 18 à 35 ans » ni « au moment du compromis ». Un acquéreur qui atteint trente-cinq ans entre le compromis et l’acte perd l’exonération entière. |
| 2° — Usage unique | « deze vrijstelling niet eerder heeft toegepast » : ne l’avoir jamais appliquée. Le texte ne dit pas « ne jamais avoir été propriétaire ». | Un acquéreur de moins de trente-cinq ans qui a déjà possédé un logement, aux Pays-Bas ou ailleurs, mais n’a jamais utilisé cette exonération, satisfait littéralement la condition. |
| 3° — Résidence principale | Occupation « anders dan tijdelijk als hoofdverblijf », déclarée par écrit avant l’acquisition dans la forme de l’article 15a. | Même structure cumulative que le taux de 2 % : l’usage réel et la déclaration. Louer le bien dans la foulée fait tomber l’exonération, sous réserve des alinéas 4 et 5 de l’article 15a. |
| 4° — Plafond de valeur | Total de la valeur du logement et de ses dépendances au plus égal à 555 000 € en 2026, contre 525 000 € dans la version consolidée « Geldend van 01-01-2025 t/m 31-12-2025 ». | Le plafond est couperet, non progressif : à 555 001 €, l’exonération tombe en totalité et le taux de 2 % s’applique sur l’intégralité de la valeur. |
Deux points de vocabulaire qui font des dossiers. Le premier : la condition 4° porte sur la valeurdu logement et de ses dépendances, non sur le prix. Sur une transaction de marché entre parties indépendantes les deux coïncident normalement, mais l’écart doit être vérifié avec le notaire avant de jouer le plafond au millier d’euros près. Le second : la condition 1° vise l’acquéreur, individuellement. Dans un couple dont l’un a trente-trois ans et l’autre trente-six, l’exonération s’applique à la quote-partdu premier, et l’autre acquitte 2 % sur la sienne — la déclaration de l’article 15a étant faite par chaque acquéreur.
Chiffrage n° 1 — Utrecht, 34 ans, et le plafond joué à 1 389 € près
Coût total = prix + droit de mutation. Sous le plafond : droit nul. Au-dessus : 2 % de la valeur entière
- Situation :acquéreur de trente-quatre ans, célibataire, salaire annuel de 95 000 €, primo-accédant au sens du 2°, achète un appartement à Utrecht destiné à sa résidence principale
- Prix affiché :556 389 € — le prix moyen d’Utrecht au deuxième trimestre 2026 selon la table CBS 85792NED
- Scénario A — prix négocié à 555 000 € :condition 4° remplie. Droit de mutation : 0 €. Coût total d’acquisition hors honoraires : 555 000 €
- Scénario B — prix maintenu à 556 389 € :condition 4° non remplie. L’exonération tombe intégralement, le taux de 2 % s’applique : 2 % × 556 389 = 11 127,78 €. Coût total : 567 516,78 €
- Écart de prix entre A et B :1 389 €
- Écart de coût total entre A et B :12 516,78 €
- Coût marginal effectif du dernier euro de prix :12 516,78 ÷ 1 389 = 9,01, soit 901 % — chaque euro négocié à la baisse dans cette zone en rapporte neuf
- Scénario C — même bien, acquéreur ayant eu trente-cinq ans la veille de l’acte :condition 1° non remplie : 2 % × 555 000 = 11 100 €
- Scénario D — même bien, acquis pour être loué :article 14, alinéa 2 : 8 % × 555 000 = 44 400 €
Le plafond couperet fait de la négociation du prix, dans une bande de quelques milliers d’euros sous 555 000 €, le poste le plus rentable de tout le dossier. Il justifie à lui seul de faire chiffrer l’opération avant de formuler une offre, et non après.
- Sur le même appartement, le même jour, le droit de mutation vaut 0 €, 11 100 € ou 44 400 € selon l’âge de l’acquéreur et l’usage qu’il en fera. Aucun autre paramètre de l’opération ne présente une telle amplitude.
- La date qui compte pour la condition d’âge est celle de la levering devant notaire, pas celle du compromis. Un acquéreur né le 15 mars 1991 qui signe un compromis le 1er mars 2026 pour un acte au 1er mai 2026 a perdu l’exonération : elle valait 11 100 €.
- Le plafond de 555 000 € est un paramètre annuel : il valait 525 000 € dans la version consolidée en vigueur en 2025. Il se revérifie sur le texte avant chaque opération, et non sur une brochure.
- À 555 000 €, le bien dépasse le plafond de la garantie nationale au logement, fixé à 470 000 € pour 2026 : l’acquéreur ne peut pas en bénéficier, ce qui renchérit son taux et le prive de la couverture en cas de vente forcée.
Les frais annexes, poste par poste
Contrairement à la France, les honoraires notariaux néerlandais ne suivent pas un émolument tarifé que nous ayons pu identifier : ils se négocient, et l’écart entre études peut atteindre le simple au double sur un même acte. Les fourchettes ci-dessous proviennent de sources professionnelles néerlandaises de 2026. Nous les traitons comme des ordres de grandeur, et non comme du droit : elles servent à construire un plan de trésorerie, pas à fonder un conseil. Les deux seuls chiffres de ce tableau qui aient une source primaire sont la provision de garantie et, indirectement, le droit de mutation.
| Poste | Ordre de grandeur 2026 | Nature | À la charge de |
|---|---|---|---|
| Overdrachtsbelasting | 0 %, 2 %, 8 % ou 10,4 % — article 14 WBR | Impôt, base légale | Acquéreur |
| Leveringsakte — acte de transfert | 500 à 1 200 € | Honoraire notarial libre | Acquéreur |
| Hypotheekakte — acte d’hypothèque | 600 à 1 100 € | Honoraire notarial libre | Acquéreur |
| Taxatie — expertise de valeur | environ 500 à 700 € dans l’ancien | Exigée par le prêteur | Acquéreur |
| Aankoopmakelaar — agent acheteur | 2 500 à 4 500 €, ou 1 à 1,5 % du prix | Facultatif | Acquéreur |
| Verkoopmakelaar — courtage vendeur | de l’ordre de 1,2 % en moyenne, jusqu’à 2 % | Mandat de vente | Vendeur |
| Conseil et courtage en crédit | 2 500 à 4 000 € | Facultatif mais très usuel | Acquéreur |
| Provision de garantie nationale (NHG) | 0,40 % du capital emprunté | Source primaire : communiqué NHG du 8 octobre 2025 | Acquéreur |
Le total kosten koper est couramment annoncé à 5 à 6 % du prix, droit de mutation compris, pour une résidence principale — soit 2 % de droits et environ 3 % de frais. Pour un achat locatif taxé à 8 %, il se situe plutôt autour de 9,5 à 10,5 %. Ces pourcentages sont dégressifs : une part importante des postes est forfaitaire, si bien qu’un achat à 616 709 € supporte proportionnellement moins de frais fixes qu’un achat à 300 000 €.
Le point structurant : les frais ne sont pas finançables
La quotité maximale de crédit se calcule sur la valeur du logement, et non sur le coût total de l’opération. Il en résulte que les kosten koper doivent être apportés en fonds propres, intégralement. C’est la différence de structure la plus lourde avec la France, où l’usage bancaire consiste souvent à financer les frais dès lors que le dossier est bon.
Un primo-accédant de trente-quatre ans, exonéré de droit de mutation, doit donc néanmoins mobiliser de l’ordre de 2 à 3 % du prix en trésorerie. Un investisseur locatif, lui, doit mobiliser les 8 % de droits, les honoraires, et l’apport que le prêteur exigera au titre d’une quotité inférieure à cent pour cent. Sur un appartement à 422 154 €, le besoin de trésorerie d’un investisseur dépasse fréquemment 170 000 €. C’est cette contrainte, et non le rendement, qui écarte le plus souvent l’opération.
Le financement : deux plafonds, dont un que personne ne peut desserrer
Le crédit immobilier aux particuliers est régi par la Tijdelijke regeling hypothecair krediet(BWBR0032503), dont nous avons ouvert la version « Geldend van 01-01-2026 t/m heden » le 03/08/2026. Malgré son nom de « régime temporaire », ce texte est en vigueur depuis le 1er janvier 2013 et fixe deux plafonds cumulatifs : une quotité et une capacité. Les deux doivent être satisfaits, et le crédit est calé sur le plus contraignant.
Premier plafond : cent pour cent de la valeur, et rien de plus
L’article 5, alinéa 1, tient en une phrase : « De maximale hoogte van het hypothecair krediet ten opzichte van de waarde van de woning bedraagt honderd procent. » Il n’existe donc aucune marge de négociation sur la quotité : contrairement à la France, où elle relève de la politique de risque de chaque établissement, elle est ici fixée par la réglementation. Un client qui demande à financer ses frais se voit opposer un texte, pas un comité.
Quatre assouplissements existent, et ils sont limitativement énumérés. L’alinéa 2permet de refinancer, au-delà des cent pour cent, la dette résiduelle après la vente d’un logement précédent. L’alinéa 3 porte la quotité à 106 %lorsque des travaux d’économie d’énergie sont financés. L’alinéa 4énumère sept dérogations supplémentaires, cotées a à g : refinancement à périmètre constant ; amélioration nécessaire du logement couverte par un dispositif communal ; jusqu’à 25 000 € pour la sortie du gaz naturel ou des travaux d’économie d’énergie dans une approche de quartier, avec couverture du Nationaal Warmtefonds ; jusqu’à 25 000 € pour les mêmes travaux menés simultanément à ceux d’un bailleur social dont le bâti forme un ensemble avec le logement ; travaux d’amélioration nécessaire qui font baisserle ratio d’endettement ; arriérés de charges de copropriété ayant pesé sur la valeur à l’achat ; et le cas où la charge de financement est substantieel lagerque la charge autorisée. L’alinéa 5 permet, dans le cas de la dérogation c, de financer aussi les frais de mise en place lorsque le ratio baisse.
Second plafond : la capacité, testée sur trente ans d’annuités et sur un taux de 5 %
L’article 3, alinéa 1, pose la règle : la charge de financement ne peut excéder la charge autorisée. Trois mécanismes en commandent le calcul, et chacun ferme une porte que les acquéreurs français cherchent spontanément à ouvrir.
Un — la forme du prêt ne desserre rien. L’alinéa 2 calcule la charge « ongeacht de vorm van het hypothecair krediet » — quelle que soit la forme du crédit — comme le montant annuel brut d’intérêts et d’amortissement d’un prêt amortissable en annuités sur trente ans. Un prêt in fineest donc testé comme s’il était amortissable : la structure du prêt n’augmente pas la capacité d’un euro. L’alinéa 4 précise que le calcul suppose des versements mensuels à terme échu.
Deux — la charge autorisée sort d’une table.L’alinéa 5 dispose que la charge autorisée est déterminée par le prêteur à partir du revenu de testdu consommateur et du pourcentage de charge de financement applicable en vertu de l’annexe 1 du règlement — les tables établies à partir des budgets de référence, qui croisent le revenu et le taux de test. Ces pourcentages ne sont pas commentables de mémoire : ils se lisent dans l’annexe, pour le revenu exact et le taux exact, et ils sont révisés chaque année. L’alinéa 6 combine les revenus lorsqu’il y a plusieurs emprunteurs ; l’ alinéa 7 règle le cas d’un ménage dont un seul membre a atteint l’âge de la retraite légale.
Trois — le taux de test, et son plancher de cinq pour cent. Les alinéas 9 et 10 imposent, pour un prêt dont la période de fixation du taux est inférieure à dix ans, de tester la capacité au taux moyen publié trimestriellement par l’Autorité des marchés financiers néerlandaise, ou au taux offert s’il est supérieur ; et l’alinéa 10 ajoute : « De gemiddelde debetrentevoet bedraagt ten minste vijf procent » — un plancher de 5 %.
Le taux de test 2026, sur la source primaire
L’autorité de marché néerlandaise publie ce taux chaque trimestre. Nous avons ouvert la publication du 4 juin 2026 le 03/08/2026 : « De toetsrente voor het derde kwartaal van 2026 bedraagt 5%. » Les publications relatives au premier et au deuxièmetrimestre 2026 portent également 5 %. Le taux de test est donc resté au plancher légal sur les trois premiers trimestres de 2026.
La même publication décrit la méthode : « Deze debetrentevoet is een naar marktaandeel gewogen gemiddelde van de debetrentevoet die op de eerste dag van de laatste maand van het lopende kwartaal wordt gehanteerd door ten minste vijf van de zes grootste aanbieders van hypotheken voor hypotheken met een annuïtair aflosschema, zonder kortingen of garanties, met een rentevastperiode van 10 jaar en een maximaal toegestane LTV-ratio van 100%. » Elle précise que le taux de test s’applique « als er sprake is van een hypotheek met een rentevastperiode korter dan 10 jaar ».
Conséquence de décision, et elle est contre-intuitive : choisir un taux fixé sur une période courte pour obtenir un taux affiché plus bas n’augmente pas la capacité d’emprunt— elle est testée à 5 % — alors qu’un taux fixé sur dix ans ou plus est testé au taux réellement offert. Un acquéreur qui cherche le montant maximal a donc intérêt à allonger la période de fixation, exactement à l’inverse du réflexe français.
Chiffrage n° 2 — ce que coûte, en capacité d’emprunt, une période de fixation courte
Capacité maximale = charge autorisée annuelle ÷ (12 × facteur d’annuité au taux de test sur 360 mois)
- Charge autorisée retenue :24 185,16 € par an — nous la posons pour l’exemple ; elle se lit dans l’annexe 1 du règlement, pour le revenu de test exact et le taux de test exact
- Facteur d’annuité mensuel à 3,50 % :0,00449041 par euro emprunté
- Facteur d’annuité mensuel à 4,00 % :0,00477418
- Facteur d’annuité mensuel à 5,00 % :0,00536820
- Capacité si le taux offert est de 3,50 % avec fixation de dix ans ou plus :24 185,16 ÷ (12 × 0,00449041) = 448 837 € — le test se fait au taux offert
- Capacité si le taux offert est de 4,00 % avec fixation de dix ans ou plus :24 185,16 ÷ (12 × 0,00477418) = 422 154 €
- Capacité si la fixation est inférieure à dix ans :24 185,16 ÷ (12 × 0,00536820) = 375 439 € — le test se fait au taux publié par l’autorité de marché, soit 5 % aux trois premiers trimestres de 2026, ou au taux offert s’il est supérieur
- Perte de capacité par rapport au cas à 4,00 % :422 154 − 375 439 = 46 715 €, soit 11,07 %
- Écart entre le meilleur et le pire cas :448 837 − 375 439 = 73 398 € — le meilleur cas donne 19,6 % de capacité de plus que le pire
C’est l’un des rares points où la logique néerlandaise s’oppose frontalement au réflexe français. En France, un taux court et bas améliore le taux d’endettement affiché ; aux Pays-Bas, il ne change rien à la capacité, parce que le test se fait à 5 %. Allonger la fixation est le levier gratuit.
- Le taux de test ne dépend pas du taux payé : il dépend de la durée pendant laquelle ce taux est garanti. Un prêt à taux variable ou fixé cinq ans est testé à 5 % même s’il est offert à 3,60 %, parce que l’article 3, alinéa 10, pose ce plancher.
- La logique est protectrice, non punitive : le régulateur teste la capacité de l’emprunteur à supporter la mensualité au terme de la période de fixation, pas au début.
- Un acquéreur qui découvre que son dossier ne passe pas de 40 000 € doit donc examiner trois leviers dans cet ordre : allonger la période de fixation du taux ; vérifier l’étiquette énergétique du bien, qui vaut jusqu’à 40 000 € au titre de l’article 4, alinéa 3 ; et, s’il est célibataire, l’écartement de 17 000 € de l’article 3, alinéa 8.
- Ces trois leviers sont cumulables et se chiffrent avant de renoncer au bien. Aucun ne dépend d’une décision commerciale : ils sont dans le texte.
Trois assouplissements chiffrés, à connaître avant de conclure que le dossier ne passe pas. L’article 3, alinéa 8, permet d’écarter jusqu’à 17 000 €du calcul pour un célibataire dont le revenu de test dépasse 30 000 € — 29 000 € au-delà de l’âge de la retraite légale. L’article 4, alinéas 3 et 4, permet d’écarter, selon l’étiquette énergétique, de 0 € pour les classes E, F et G à 40 000 € pour une classe A++++ assortie d’une garantie de performance sur dix ans, plus jusqu’à 20 000 €pour financer des travaux d’économie d’énergie dans un bien mal classé. L’alinéa 5 du même article ajoute, dans la version que nous avons ouverte : « Een aanbieder van hypothecair krediet kan bij het aangaan van een hypothecair krediet voor het treffen van energiebesparende voorzieningen in een woning maximaal € 10.000 buiten beschouwing laten bij het vaststellen van de financieringslast indien de woning geen energielabel of geen geldig energielabel heeft. » Enfin, l’article 3a réintègre les mensualités de prêt étudiant après un coefficient de brutage allant de 1,05 pour un taux de test au plus égal à 2,000 % à 1,40 pour un taux d’au moins 6,001 %.
L’énumération n’est pas décorative : sur un dossier tendu, l’étiquette énergétique du bien vaut jusqu’à 40 000 € de capacité, soit davantage que six mois de salaire pour la plupart des acquéreurs. C’est un paramètre de sélection du bien, pas un détail technique.
La garantie nationale au logement : ses paramètres 2026, sur la source
La Nationale Hypotheek Garantieest une garantie publique qui couvre le prêteur en cas de vente forcée et permet, en pratique, d’obtenir une décote de taux. Nous avons ouvert le 03/08/2026 le communiqué de l’organisme daté du 8 octobre 2025 :
| Paramètre | 2025 | 2026 | Verbatim de la source |
|---|---|---|---|
| Kostengrens — plafond de prix | 450 000 € | 470 000 € | « De NHG-grens, die bepaalt tot welk bedrag een hypotheek met NHG kan worden afgesloten, stijgt in 2026 van € 450.000 naar € 470.000. » |
| Plafond avec travaux d’économie d’énergie | — | 498 200 € | « Met Energie Besparende Voorzieningen wordt de NHG-grens € 498.200. » |
| Borgtochtprovisie — provision de garantie | 0,40 % | 0,40 % | « De borgtochtprovisie blijft in 2026 0,4% van het geleende bedrag. » |
| Champ d’application | plafonds différenciés | plafond unique | « Vanaf 2026 geldt er één NHG-grens voor alle soorten woningen. » |
| Règle d’indexation | — | — | « Sinds 2023 wordt de NHG-grens vastgesteld op basis van de gemiddelde koopsom van de afgelopen 27 maanden, vermeerderd met 5% en afgerond op een bedrag deelbaar door € 5.000. » |
Le plafond de 470 000 € dessine une frontière de marché qu’il faut avoir en tête avant de visiter. Rapporté au tableau des prix ci-dessus : à Rotterdam (422 154 € de moyenne) et dans les provinces du Limbourg et de Groningue, le marché moyen est sousle plafond ; à Amsterdam, à Utrecht, en Hollande-Méridionale et à La Haye, il est au-dessus. Un expatrié qui s’installe à Amsterdam ne bénéficiera de la garantie que sur un bien nettement inférieur au prix moyen de la ville. La provision, elle, est un coût immédiat : 0,40 % de 422 154 € représentent 1 688,62 €, à décaisser au moment de l’acte.
Le financement locatif n’est pas dans ce cadre
La Tijdelijke regeling hypothecair krediet régit le crédit hypothécaire aux consommateurs. Le financement d’un bien acquis pour être loué relève des verhuurhypotheken, produits qui ne sont pas des crédits aux consommateurs : ni la quotité de cent pour cent, ni les tables de capacité, ni le taux de test ne s’y appliquent.
La conséquence pratique est double. D’une part, la quotité pratiquée est nettement inférieure et s’apprécie sur la valeur en état loué (waarde in verhuurde staat), qui est inférieure à la valeur libre — l’apport exigé est donc plus élevé que ne le laisse croire un calcul fait sur le prix. D’autre part, ces conditions relèvent de la politique commerciale de chaque prêteur et ne peuvent pas être affirmées à l’avance : elles se demandent au cas par cas, avant de signer un compromis, et non après.
La déduction des intérêts : quatre conditions, un plafond de taux, et une durée
C’est le paramètre qui décide du coût réel, et c’est aussi celui que la littérature française restitue le plus mal — pour une raison simple : le plafonnement ne figure pas dans l’article sur la déduction, il figure dans l’article sur le tarif. Le chapitre consacré aux box 1 et 2 en expose le mécanisme sur une année ; nous le reprenons ici pour ce qu’il fait sur la durée entière d’un crédit, ce qui est la seule échelle à laquelle une décision d’achat se prend.
Quatre conditions cumulatives font qu’une dette est une eigenwoningschuld, c’est-à-dire une dette dont les intérêts sont déductibles (article 3.119a, alinéa 1, de la Wet inkomstenbelasting 2001, version « Geldend van 21-02-2026 t/m heden ») :
| Condition | Texte | Ce qu’elle exclut |
|---|---|---|
| a | « die zijn aangegaan in verband met een eigen woning » | Une dette contractée pour un autre objet, même garantie sur le logement |
| b | « ter zake waarvan een contractuele verplichting geldt tot het gedurende de looptijd ten minste annuïtair en in ten hoogste 360 maanden volledig aflossen overeenkomstig artikel 3.119c » | Le prêt in fine, et tout prêt dont l’amortissement contractuel est plus lent qu’une annuité sur trois cent soixante mois |
| c | « ter zake waarvan aan de verplichting tot aflossing wordt voldaan (aflossingseis) » | Le prêt formellement amortissable mais effectivement non amorti : la condition porte sur l’exécution, pas sur le contrat |
| d | « ter zake waarvan, ingeval artikel 3.119g van toepassing is, aan de verplichting tot informatieverstrekking, bedoeld in dat artikel, wordt voldaan » | L’emprunt souscrit auprès d’un prêteur non déclarant — un prêt familial, notamment — sur lequel l’obligation d’information n’a pas été respectée |
La condition b est celle qui surprend le plus un acquéreur français : il n’existe pas d’intérêt déductible sur un prêt in fine contracté aujourd’hui. Le prêt aflossingsvrijreste vendu sur le marché néerlandais, mais depuis 2013 ses intérêts sont hors du champ de la déduction, sous réserve du droit transitoire applicable aux dettes antérieures au 1er janvier 2013. Un Français habitué au crédit in fine adossé à un contrat d’épargne doit le savoir avant de négocier son financement.
Ce qui est déductiblefigure à l’article 3.120, alinéa 1, et se limite à trois postes : les intérêts des dettes composant l’eigenwoningschuld, les frais de ces emprunts, et « de periodieke betalingen op grond van de rechten van erfpacht, opstal en beklemming » — les redevances périodiques de bail emphytéotique, de droit de superficie et de tenure. Ce dernier point est central à Amsterdam, où une large partie du bâti est en erfpacht : le canon est déductible en box 1 pour la résidence principale, ce qui change le calcul du coût mensuel net. L’alinéa 5 limite par ailleurs la fraction de la commission de mise en place déductible l’année du paiement à 1,5 % du montant emprunté et 3 630 € ; l’excédent n’est pas perdu, il est réputé payé par parts égales sur les années auxquelles il se rapporte.
Le plafonnement du taux : 37,56 % et jamais davantage
Le barème 2026 de la box 1, pour les contribuables nés à compter du 1er janvier 1946, comporte trois tranches : 8,10 % jusqu’à 38 883 €, 37,56 % de 38 883 € à 78 426 €, et 49,50 %au-delà — les cotisations d’assurances sociales nationales s’ajoutant dans la première tranche, ce qui porte le taux combiné de celle-ci à 35,75 %.
L’article 2.10, alinéa 2, dispose que lorsque le revenu imposable a été réduit par un ou plusieurs postes énumérés à l’alinéa 3, l’impôt est majoré de 11,94 %de la fraction de la somme du revenu imposable et des montants déduits qui excède le dernier seuil du barème, sans excéder 11,94 % des montants déduits. L’alinéa 3 énumère cinq postes, et cette liste est limitative : « a. de ondernemersaftrek, bedoeld in artikel 3.74 ; b. de MKB-winstvrijstelling, bedoeld in artikel 3.79a […] ; c. de terbeschikkingstellingsvrijstelling, bedoeld in artikel 3.99b […] ; d. de aftrekbare kosten met betrekking tot een eigen woning, bedoeld in artikel 3.120 ; e. de persoonsgebonden aftrek, bedoeld in artikel 6.1. »
Pourquoi le taux effectif de déduction est exactement 37,56 % en 2026
Majoration = min [ 11,94 % × (revenu imposable de box 1 + montants déduits − 78 426) ; 11,94 % × montants déduits ]
- Taux de la tranche supérieure :49,50 % (article 2.10, alinéa 1)
- Taux de la reprise :11,94 % (article 2.10, alinéa 2)
- Taux effectif de la déduction :49,50 − 11,94 = 37,56 %, c’est-à-dire exactement le taux de la deuxième tranche
- Premier terme du minimum :il limite la reprise à la fraction de déduction qui, sans elle, aurait été absorbée au-dessus de 78 426 €
- Second terme du minimum :il plafonne la reprise à 11,94 % du montant déduit, quel que soit le revenu
- Le poste visé :le d de l’alinéa 3 : « de aftrekbare kosten met betrekking tot een eigen woning », c’est-à-dire les charges déductibles de l’article 3.120 dans leur montant brut, avant imputation du forfait
La règle à retenir tient en une phrase : aux Pays-Bas, un euro d’intérêt d’emprunt de résidence principale rapporte au plus 37,56 centimes d’économie d’impôt en 2026, jamais 49,5. Un plan de financement bâti sur le taux marginal surestime l’avantage fiscal de près d’un quart.
- Le mécanisme n’est pas un dispositif « immobilier » : il frappe indistinctement les cinq postes de l’alinéa 3, où les intérêts d’emprunt sont noyés parmi les abattements d’entreprise et la déduction personnelle. Toute analyse qui le présente comme une mesure de politique du logement se trompe de nature juridique.
- Il ne s’applique pas « à partir d’un certain revenu » de manière floue : il joue dès que la somme du revenu de box 1 et des déductions dépasse 78 426 €, même lorsque le revenu imposable, lui, est inférieur à ce seuil.
- Pour un contribuable dont tout le revenu reste dans la deuxième tranche, le résultat est identique sans qu’aucune majoration ne soit due : la déduction vaut 37,56 % parce que c’est le taux de la tranche.
- Pour un contribuable dont la déduction fait descendre le revenu dans la première tranche, la fraction de déduction absorbée à ce niveau ne vaut que 35,75 % — soit 1,81 point de moins. C’est le seul cas où le taux effectif descend sous 37,56 %.
- Le taux de 11,94 % et les seuils du barème sont des paramètres annuels. L’article 2.10 porte, dans la version consolidée que nous avons consultée, la mention de plusieurs modifications futures dont la première au 1er janvier 2027 : toute projection pluriannuelle est une convention de calcul, pas une prévision.
Le coût réel d’un crédit, déroulé sur trente ans
Une simulation faite sur la première année d’un prêt trompe systématiquement, et dans le même sens : c’est l’année où les intérêts sont les plus élevés, donc l’année où l’avantage fiscal est le plus fort. Or l’amortissement en annuités déplace, année après année, la charge de l’intérêt vers le capital : la déduction s’érode mécaniquement, tandis que le forfait de logement, lui, reste dû en entier. Voici ce que cela donne sur une durée complète.
Hypothèses, toutes explicites. Capital emprunté de 422 154 €— le prix moyen de Rotterdam au deuxième trimestre 2026, financé à cent pour cent de la valeur conformément à l’article 5, alinéa 1. Taux nominal annuel de 4,00 % : c’est une hypothèse de travail, à remplacer par le taux réellement offert, et non un taux de marché que nous constaterions. Amortissement en annuités mensuelles sur 360 mois, ce qui satisfait la condition b de l’article 3.119a. Valeur WOZ supposée constante à 400 000 €, soit approximativement le prix de marché au 1er janvier 2025 — la valeur WOZ d’une année étant arrêtée à une date de référence située un an auparavant. Taux effectif de déduction de 37,56 %, maintenu constant. Aucune de ces hypothèses n’est une prévision : ce sont des conventions de calcul, et le tableau se refait avec d’autres.
| Période | Capital restant dû en fin de période | Intérêts payés | Forfait de logement | Économie d’impôt à 37,56 % |
|---|---|---|---|---|
| Années 1 à 5 | 381 824 € | 80 595 € | 7 000 € | 27 642 € |
| Années 6 à 10 | 332 584 € | 71 686 € | 7 000 € | 24 296 € |
| Années 11 à 15 | 272 456 € | 60 798 € | 7 000 € | 20 207 € |
| Années 16 à 20 | 199 065 € | 47 535 € | 7 000 € | 15 225 € |
| Années 21 à 25 | 109 435 € | 31 296 € | 7 000 € | 9 126 € |
| Années 26 à 30 | 0 € | 11 490 € | 7 000 € | 1 687 € |
| Total sur trente ans | — | 303 401 € | 42 000 € | 98 182 € |
Chiffrage n° 3 — ce que coûte réellement un crédit néerlandais de 422 154 € sur trente ans
Coût net des intérêts = intérêts payés − 37,56 % × (intérêts payés − forfaits cumulés)
- Mensualité :422 154 × 0,00477418 = 2 015,43 € par mois, soit 24 185,16 € par an
- Total des versements sur trente ans :2 015,43 × 360 = 725 555 €
- Dont capital :422 154 €
- Dont intérêts :303 401 €
- Forfait de logement cumulé :0,35 % × 400 000 = 1 400 € par an, soit 42 000 € sur trente ans
- Assiette nette de déduction :303 401 − 42 000 = 261 401 €
- Économie d’impôt cumulée :261 401 × 37,56 % = 98 182 €
- Coût net des intérêts :303 401 − 98 182 = 205 219 €
- Rapport du coût net au coût brut :205 219 ÷ 303 401 = 67,6 % — le crédit à 4,00 % revient, en cumul, à l’équivalent d’environ 2,71 %
- Intérêts de la première année :16 751 €, soit 5,5 % du total des intérêts de la période
- Intérêts de la trentième année :556 €, soit 0,2 % du total
La leçon de méthode : une simulation à un an surestime l’avantage fiscal d’un crédit néerlandais d’un facteur proche de deux. Sur trente ans, la déduction couvre un peu moins du tiers du coût des intérêts, pas 37,56 % — parce que le forfait de logement en mange une part croissante.
- Le rapport de 67,6 % est un rapport de cumuls, non un taux actuariel : il ne tient pas compte de l’étalement dans le temps. Il donne l’ordre de grandeur, pas une équivalence financière exacte.
- Le forfait de logement absorbe 13,8 % de la déduction sur la durée (42 000 sur 303 401). Cette proportion croît avec le temps, puisque les intérêts décroissent alors que le forfait ne décroît pas.
- À partir de la trentième année, les intérêts annuels passent sous le forfait : 556 € contre 1 400 € — la vingt-neuvième année les laisse encore juste au-dessus, à 1 447 €. Au-delà, le logement produit un revenu net imposable. C’est aussi le moment où la déduction Hillen serait appelée à jouer — mais, sur ce calendrier, elle aura disparu depuis longtemps.
- Sensibilité à la valeur WOZ. Si la valeur WOZ progresse de 3 % l’an au lieu de rester constante, le forfait cumulé passe de 42 000 € à 66 606 €, l’assiette nette tombe à 236 795 €, et l’économie cumulée à 88 940 € : 9 242 € de moins. Une hausse du marché n’est pas neutre pour le propriétaire occupant, elle augmente son revenu imputé.
- Sensibilité au taux. À 5,00 % au lieu de 4,00 %, la mensualité passe à 2 266,21 €, les intérêts totaux à 393 682 €, l’économie cumulée à 132 092 € et le coût net des intérêts à 261 590 €. Un point de taux coûte donc 56 371 € nets sur la durée, soit 157 € par mois.
Encaisser la déduction : pourquoi le coût mensuel net est un coût réel
Une objection légitime se pose à ce stade : si la déduction d’intérêts ne se matérialise qu’à la déclaration annuelle, alors le « coût mensuel net » dont nous parlons est une fiction de trésorerie — l’acquéreur décaisse la mensualité entière chaque mois et attend l’année suivante pour être remboursé. Aux Pays-Bas, ce n’est pas le cas, et c’est une différence de mécanique importante avec ce qu’un Français imagine.
L’administration fiscale néerlandaise consacre à ce mécanisme une page intitulée « Maandelijkse aftrek hypotheekrente », que nous avons ouverte le 03/08/2026, et dont la phrase opérationnelle est : « U vraagt uw maandelijkse teruggaven aan met een voorlopige aanslag. » L’avis d’imposition provisoire — le voorlopige aanslag — permet de percevoir mensuellement, en cours d’année, le remboursement correspondant à la déduction attendue. Il se demande et se modifie en ligne, sur l’espace personnel de l’administration, avec l’identifiant électronique national.
Trois conséquences pratiques, et un risque
Un — le coût mensuel net est effectivement mensuel.Dans le chiffrage n° 5 ci-après, les 480,49 € d’économie d’impôt ne sont pas une régularisation lointaine : ils peuvent être encaissés mois après mois, en même temps que la mensualité est prélevée. C’est ce qui rend la comparaison avec un loyer honnête.
Deux — l’avis provisoire se modifie en cours d’année.Un remboursement anticipé partiel, un rachat de crédit, une hausse ou une baisse de revenu changent l’estimation : elle se corrige en ligne, et le délai de traitement annoncé par l’administration est de l’ordre de quatre à cinq semaines, et de huit semaines au maximum. Cette souplesse est aussi une charge : elle suppose de suivre l’avis, pas de le subir.
Trois — c’est une avance, pas un acquis. Le voorlopige aanslag est fondé sur une estimation. Si l’estimation s’avère trop élevée — parce que les intérêts ont été surévalués, parce que la valeur WOZ a augmenté et alourdi le forfait, ou parce que le revenu a baissé et déplacé le taux marginal —, la régularisation intervient à la déclaration et elle est à payer. Un acquéreur qui a calé son budget sur l’avance mensuelle sans marge découvre alors un rappel.
Le risque propre à l’expatrié : l’année du départ.L’article 3.120, alinéa 3, écarte de la déduction les intérêts qui portent sur des périodes postérieures à la cessation de l’assujettissement illimité autrement que par décès. Un avis provisoire laissé en place après un départ des Pays-Bas continue de verser une avance qui n’est plus due : elle sera reprise. L’arrêt de l’avis provisoire fait partie des démarches du départ, au même titre que la désinscription du registre de la population.
La détention : l’eigenwoningforfait, et pourquoi il coûte plus cher que la déduction ne rapporte
Aux Pays-Bas, la résidence principale du propriétaire n’est pas en box 3 : elle est en box 1, où elle produit un revenu imputé— l’eigenwoningforfaitde l’article 3.112. Ce revenu s’ajoute au salaire et est imposé au barème progressif. Il n’est jamais perçu.
| Valeur du logement (eigenwoningwaarde) | Revenu imputé annuel | Sur un logement de cette valeur |
|---|---|---|
| jusqu’à 12 500 € | néant | — |
| 12 500 € à 25 000 € | 0,10 % de cette valeur | 25 € au sommet de la tranche |
| 25 000 € à 50 000 € | 0,20 % | 100 € au sommet de la tranche |
| 50 000 € à 75 000 € | 0,25 % | 188 € au sommet de la tranche |
| 75 000 € à 1 350 000 € | 0,35 % | 1 400 € pour 400 000 € ; 2 135 € pour 610 000 € |
| au-delà de 1 350 000 € | 4 725 € + 2,35 % de l’excédent | 20 000 € pour 2 000 000 € |
Le barème est continu : 0,35 % × 1 350 000 = 4 725 €, exactement le montant de départ de la dernière ligne. Le passage de 0,35 % à 2,35 % au-delà de 1 350 000 € est en revanche brutal : le taux marginal y est 6,7 fois supérieurà celui du droit commun. Sur une maison de 2 000 000 € de valeur WOZ, le forfait est de 4 725 + 2,35 % × 650 000 = 20 000 €, contre 7 000 € si le taux uniforme s’appliquait à tout : à 49,50 %, cela représente 9 900 € d’impôt annuelsur un revenu que le propriétaire ne perçoit pas. Pour un dossier haut de gamme, c’est un chiffre à connaître avantde signer le compromis. L’alinéa 5 du même article porte par ailleurs le forfait à 0,55 % — et à 7 425 € + 2,35 % au-delà de 1 350 000 € — pour le logement placé sous le régime de l’article 3.111, alinéa 6, celui du départ temporaire à l’étranger.
L’asymétrie qui décide : 49,50 % à l’entrée, 37,56 % à la sortie
Voici le point que nous n’avons vu écrit nulle part et qui change la lecture de tout le dispositif. Pour un contribuable imposé dans la tranche supérieure, le forfait de logement est un revenu qui s’ajoute et qui est taxé à 49,50 %, tandis que les intérêts déduits ne sont dégrevés qu’à 37,56 %, par l’effet de la reprise de l’article 2.10, alinéa 2. Le régime n’est donc pas symétrique : 11,94 points séparent le coût du forfait de la valeur de la déduction.
Sur un logement de 610 000 € de valeur WOZ, le forfait de 2 135 € coûte 1 056,83 € d’impôt à 49,50 %. Pour le neutraliser, il ne suffit pas de 2 135 € d’intérêts : il en faut 1 056,83 ÷ 37,56 % = 2 813 €, c’est-à-dire un tiers de plus. À 4,00 %, cela représente un encours de dette d’environ 70 000 € au lieu de 53 000 €.
Cette asymétrie joue contre le remboursement anticipé, et elle s’aggrave à mesure que la déduction Hillen s’éteint. C’est l’un des rares arbitrages patrimoniaux dont le sens s’inverse par rapport à l’intuition française.
Trois précisions de mise en œuvre.D’abord, l’eigenwoningwaarden’est pas le prix payé : c’est la valeur WOZ arrêtée pour l’année civile en application du chapitre IV de la Wet waardering onroerende zaken, notifiée chaque année par la commune (article 3.112, alinéa 2). Cette valeur est contestable dans les six semaines de sa notification, devant le heffingsambtenaar : c’est un délai bref, et elle commande simultanément le forfait de box 1, l’assiette de box 3 pour les biens qui y sont logés, la taxe foncière communale et le comptage de points du système locatif. Ensuite, l’alinéa 6 arrime le début et la fin de la période d’imputation aux dates d’inscription de l’adresse au registre de la population : la date d’inscription à la commune commande l’assiette, pas la date de l’acte notarié. Enfin, l’alinéa 4 fixe à néant les revenus des logements visés à l’article 3.111, alinéas 2 et 3 — les situations de double logement transitoire, à la vente comme à l’achat.
La déduction Hillen subsiste, mais elle s’éteint à 4,8 points par an
Le pendant du forfait est la aftrek wegens geen of geringe eigenwoningschuld, dite déduction Hillen, de l’article 3.123a. Elle joue lorsque le forfait excède les charges déductibles qui le grèvent — le cas du propriétaire sans dette ou faiblement endetté — et compense l’écart. Elle subsiste au 2 août 2026, et son taux est de 71,867 % (alinéa 2).
Mais elle est en extinction, et le rythme de cette extinction a été accéléré en 2026. L’article 10.6bis prévoit que le pourcentage est remplacé au début de chaque année civile par arrêté ministériel, ce nouveau pourcentage étant obtenu en diminuant le précédent de 4,8 points. Le rythme était auparavant de 3 ⅓ points : il a été porté à 4,8 points par le Belastingplan 2026, Staatsblad 2025, 444, article I, sous Ha. Les deux articles portent en tête la mention « [Vervalt op 01-01-2041] ». Le recoupement arithmétique ferme la boucle : 76,667 − 4,8 = 71,867, exactement le taux 2026 lu au texte ; et 71,867 ÷ 4,8 = 14,97, soit une extinction en 2041, exactement la date portée par les deux articles.
| Année | Taux de la déduction Hillen | Revenu net imposable sur un forfait de 1 400 € | Impôt annuel à 49,50 % |
|---|---|---|---|
| 2026 | 71,867 % | 394 € | 195 € |
| 2028 | 62,267 % | 528 € | 262 € |
| 2031 | 47,867 % | 730 € | 361 € |
| 2034 | 33,467 % | 931 € | 461 € |
| 2037 | 19,067 % | 1 133 € | 561 € |
| 2040 | 4,667 % | 1 335 € | 661 € |
| 2041 et au-delà | néant — l’article est abrogé au 1er janvier 2041 | 1 400 € | 693 € |
Lue ainsi, la trajectoire dit une chose simple : le propriétaire néerlandais désendetté est placé sur une pente d’imposition croissante d’environ 4,8 points par an jusqu’en 2040, indépendamment de toute évolution de sa situation personnelle, de son revenu ou de la valeur de son bien. Sur un logement de 400 000 € de valeur WOZ, la charge annuelle passe de 195 € à 693 € ; sur un logement de 1 000 000 €, elle passe de 487 € à 1 733 €. Un client de cinquante-cinq ans qui prévoit de solder son prêt à soixante-cinq ans doit intégrer cette pente dans son plan de retraite : elle est votée, elle n’est pas hypothétique.
Chiffrage n° 4 — rembourser son prêt ou conserver la dette : le seuil, refait
Coût net annuel de la dette conservée = intérêts − 37,56 % × intérêts + (impôt du propriétaire endetté − impôt du propriétaire désendetté sur le forfait)
- Situation :propriétaire résident, valeur WOZ de 400 000 €, forfait de 1 400 €, revenu de box 1 dans la tranche supérieure — taux marginal de 49,50 %, taux effectif de déduction de 37,56 %
- Dette résiduelle examinée :100 000 € à un taux hypothétique de 4,00 %, soit 4 000 € d’intérêts annuels
- Situation A — la dette est conservée :revenu net de la résidence principale : 1 400 − 4 000 = − 2 600 €. Bénéfice fiscal : 4 000 × 37,56 % − 1 400 × 49,50 % = 1 502,40 − 693,00 = 809,40 €. Décaissement net : 4 000 − 809,40 = 3 190,60 €
- Situation B — la dette est remboursée en 2026 :les charges déductibles sont nulles, la déduction Hillen joue : 71,867 % × 1 400 = 1 006,14 €. Revenu net imposable : 393,86 €. Impôt : 194,96 €
- Écart annuel en 2026 :3 190,60 − 194,96 = 2 995,64 €, soit un coût net de 3,00 % sur les 100 000 € conservés
- Le même écart en 2041, Hillen éteinte :impôt de la situation B : 1 400 × 49,50 % = 693,00 €. Écart : 3 190,60 − 693,00 = 2 497,60 €, soit 2,50 %
- Ce que la disparition de Hillen change :0,50 point sur quinze ans, soit environ 0,033 point par an — 4,8 % × 1 400 = 67,20 € d’assiette supplémentaire chaque année, soit 33,26 € d’impôt à 49,50 %
- L’autre moitié de l’arbitrage :les 100 000 € non employés au remboursement restent en box 3 comme overige bezittingen : 6 % × 100 000 × 36 % = 2 160 € d’impôt annuel — l’eigenwoningschuld étant une dette de box 1, elle ne réduit pas l’assiette de box 3
- Seuil de rendement brut requis en 2026 :(2 995,64 + 2 160) ÷ 100 000 = 5,16 %
- Seuil de rendement brut requis en 2041 :(2 497,60 + 2 160) ÷ 100 000 = 4,66 %
Le résultat est net et il surprend : aux Pays-Bas, la question « rembourser ou placer » ne se règle pas en comparant le taux du prêt à un rendement, mais en comparant 5,16 % à un rendement — parce que la dette de résidence principale est en box 1 et n’efface pas l’imposition de box 3 sur les liquidités conservées.
- Le forfait de 6 % de la box 3 est un paramètre d’assiette arrêté par arrêté ministériel, non un rendement attendu : il ne dit rien de ce que les 100 000 € rapporteront. Le seuil de 5,16 % est un seuil de décision, pas une prévision, et aucun placement ne peut être présenté comme l’atteignant.
- Le seuil baisse de 0,033 point par an du seul fait de l’extinction de la déduction Hillen : autrement dit, l’arbitrage se déplace chaque année, très légèrement, en défaveur du remboursement anticipé.
- Le calcul suppose que le patrimoine de box 3 excède déjà l’abattement de 59 357 €. En deçà, les 100 000 € conservés ne supportent pas 2 160 € mais moins, et le seuil de rendement requis baisse d’autant.
- Il suppose aussi que le contrat de prêt autorise le remboursement anticipé sans indemnité, ce qui n’est pas systématique et se vérifie sur l’offre.
- Enfin, il raisonne à situation fiscale constante. Un client qui prévoit de quitter les Pays-Bas dans les trois ans doit refaire le calcul avec, en face, le régime français de l’année du retour — ce qui relève du chapitre consacré au retour en France.
Deux chiffrages complets : du prix affiché au coût mensuel net
Chiffrage n° 5 — primo-accédant à Rotterdam, 422 154 €, exonéré de droit de mutation
Coût mensuel net = mensualité de crédit − économie d’impôt mensuelle + charges de détention
- Situation :célibataire de trente-trois ans, salaire annuel de 60 000 €, résident des Pays-Bas, primo-accédant remplissant les quatre conditions de l’article 15, alinéa 1, sous p
- Prix affiché kosten koper :422 154 €
- Droit de mutation :0 € — startersvrijstelling, le prix étant sous le plafond de 555 000 €
- Leveringsakte et hypotheekakte :1 650 € (ordre de grandeur)
- Taxatie :600 € (ordre de grandeur)
- Conseil et courtage en crédit :3 000 € (ordre de grandeur)
- Provision de garantie nationale :0,40 % × 422 154 = 1 688,62 € — le bien est sous le plafond de 470 000 €
- Aankoopmakelaar :3 000 € (facultatif, retenu ici)
- Trésorerie à mobiliser :9 938,62 €, soit 2,35 % du prix — aucun de ces postes n’est finançable
- Dont frais d’emprunt déductibles en box 1 :acte d’hypothèque, expertise, conseil et courtage en crédit, provision de garantie nationale — environ 6 100 €, déductibles au titre du b de l’article 3.120, alinéa 1, soit 2 291 € d’économie d’impôt la première année au taux effectif de 37,56 %. Les honoraires de l’acte de transfert et de l’agent acheteur ne le sont pas
- Crédit :422 154 €, soit 100 % de la valeur, taux hypothétique de 4,00 % fixé dix ans, annuités sur 360 mois
- Mensualité :2 015,43 €
- Valeur WOZ retenue :400 000 € — forfait de 0,35 % × 400 000 = 1 400 €
- Intérêts de la première année :16 751 €
- Revenu net de la résidence principale :1 400 − 16 751 = − 15 351 €
- Revenu imposable de box 1 :60 000 − 15 351 = 44 649 €
- Majoration de l’article 2.10, alinéa 2 :nulle : 44 649 + 16 751 = 61 400 €, inférieur au seuil de 78 426 €
- Économie d’impôt annuelle :15 351 × 37,56 % = 5 765,84 €, soit 480,49 € par mois
- Charges de détention estimées :copropriété 150 €, taxes communales et taxes d’eau 90 €, assurance 25 € — soit 265 € par mois (ordres de grandeur)
- Coût mensuel net, première année :2 015,43 − 480,49 + 265 = 1 799,94 €
- Dont capital remboursé la première année :7 434 €, soit 619,50 € par mois — cette fraction n’est pas une dépense, c’est de l’épargne forcée
- Coût mensuel net hors capital :1 180,44 €
Sur un dossier de ce profil, l’exonération de primo-accédant vaut 8 443 € et la garantie nationale abaisse le taux : ce sont les deux seuls leviers structurels de l’opération. Le premier est perdu à trente-cinq ans, le second au-delà de 470 000 € de prix. Les deux commandent le calendrier autant que le budget.
- Le coût mensuel net augmente chaque année, parce que la part d’intérêts diminue : en dixième année, les intérêts tombent à 13 534 €, l’économie d’impôt à 4 557 €, et le coût mensuel net passe à 1 901 €. La mensualité, elle, ne bouge pas.
- La comparaison pertinente n’est pas « mensualité contre loyer », mais « coût mensuel net hors capital contre loyer ». Ici, 1 180 € contre un loyer de marché du secteur libre à Rotterdam, où le loyer moyen relevé par la fédération professionnelle néerlandaise au premier trimestre 2026 s’établit à 19,31 € du mètre carré par mois — soit 1 352 € pour 70 m².
- Cette comparaison ignore trois choses, et elle doit être corrigée de chacune : les frais d’acquisition de 9 939 €, qui s’amortissent sur la durée de détention ; le risque de valeur, qui pèse à cent pour cent sur un acquéreur financé à cent pour cent ; et les gros travaux, qui n’existent pas pour un locataire.
- Le point mort de l’opération, frais compris, se situe autour de trois à quatre années de détention dans cette configuration. En deçà, la location reste moins coûteuse. C’est le calcul décisif pour un expatrié dont l’horizon néerlandais est incertain.
Chiffrage n° 6 — ménage à Amsterdam, 616 709 €, imposé dans la tranche supérieure
Bénéfice fiscal net = 37,56 % × intérêts déductibles − 49,50 % × eigenwoningforfait
- Situation :ménage résident des Pays-Bas, un revenu principal de 140 000 €, achat d’un appartement destiné à la résidence principale
- Prix affiché kosten koper :616 709 € — prix moyen d’Amsterdam au deuxième trimestre 2026
- Droit de mutation à 2 % :12 334,18 € — les deux conditions cumulatives de l’article 14, alinéa 3, étant réunies
- Honoraires notariaux, expertise, courtage en crédit :4 800 € (ordres de grandeur)
- Aankoopmakelaar à 1,2 % :7 400 €
- Total des frais :24 534,18 €, soit 3,98 % du prix
- Garantie nationale :indisponible : le prix dépasse le plafond de 470 000 € fixé pour 2026
- Apport :116 709 € sur le prix, plus 24 534 € de frais — soit 141 243 € de trésorerie
- Crédit :500 000 €, taux hypothétique de 4,00 %, annuités sur 360 mois — mensualité de 2 387,09 €
- Valeur WOZ retenue :610 000 € — forfait de 0,35 % × 610 000 = 2 135 €
- Intérêts de la première année :19 840,58 €
- Revenu net de la résidence principale :2 135 − 19 840,58 = − 17 705,58 €
- Revenu imposable de box 1 :140 000 − 17 705,58 = 122 294,42 €
- Majoration — premier terme :11,94 % × (122 294,42 + 19 840,58 − 78 426) = 11,94 % × 63 709 = 7 606,85 €
- Majoration — second terme, qui s’applique :11,94 % × 19 840,58 = 2 368,96 €
- Bénéfice fiscal net :17 705,58 × 49,50 % − 2 368,96 = 6 395,30 €, soit 532,94 € par mois
- Contrôle par décomposition :19 840,58 × 37,56 % − 2 135 × 49,50 % = 7 452,12 − 1 056,83 = 6 395,29 € — les deux méthodes concordent au centime
- Charges de détention estimées :copropriété 220 €, taxes communales et taxes d’eau 120 €, assurance 30 € — soit 370 € par mois (ordres de grandeur)
- Coût mensuel net, première année :2 387,09 − 532,94 + 370 = 2 224,15 €
À ce niveau de prix, le poste de loin le plus lourd n’est pas le droit de mutation mais l’apport : 141 243 € de trésorerie, dont pas un euro n’est finançable au-delà de la quotité de cent pour cent. C’est cette contrainte qui décide, et elle se pose avant même la question fiscale.
- Le contrôle par décomposition est la vérification à faire systématiquement : il isole ce que rapporte la déduction (37,56 %) et ce que coûte le forfait (49,50 %). Les deux taux ne sont pas les mêmes, et confondre l’un avec l’autre fausse le résultat de 11,94 points sur chaque euro.
- Si l’appartement est en erfpacht — cas fréquent à Amsterdam — le canon annuel est déductible en box 1 au titre du c de l’article 3.120, alinéa 1. Sur un canon de 3 600 € par an, la déduction vaut 3 600 × 37,56 % = 1 352,16 €, soit 112,68 € par mois : le canon net revient à 187,32 € par mois au lieu de 300 €.
- La valeur d’un bien en erfpacht n’est pas celle d’un bien en pleine propriété, et les conditions de rachat ou de révision du canon sont fixées par la commune, contrat par contrat. Il faut lire le contrat avant de faire une offre, pas après.
- Ce ménage est en régime des trente pour cent ou non : cela ne change pas le taux effectif de déduction, qui reste 37,56 % dès lors qu’une fraction du revenu demeure dans la tranche supérieure. En revanche, si l’exonération faisait descendre l’ensemble du revenu imposable dans la deuxième tranche, la déduction resterait à 37,56 % ; et si elle le faisait descendre dans la première, une fraction ne vaudrait plus que 35,75 %.
Acheter ou louer : le point mort, et ce qui le déplace
C’est la question que pose tout expatrié dont l’horizon néerlandais est incertain, et elle ne se règle pas en comparant une mensualité à un loyer. Il faut comparer ce qui est définitivement perdu de part et d’autre : le loyer, en face du coût mensuel net diminué du capital remboursé, augmenté des frais d’acquisition et des frais de revente, et corrigé de la variation de valeur.
Nous reprenons le cas du chiffrage n° 5 — Rotterdam, 422 154 €, primo-accédant financé à cent pour cent — et nous l’opposons à la location du même bien. Le repère locatif est celui publié par la fédération professionnelle néerlandaise pour le premier trimestre 2026 : 19,31 € du mètre carré par mois dans le secteur libre à Rotterdam, soit 1 351,70 € par moispour 70 m². Nous retenons une indexation du loyer de 3 % par an — hypothèse de travail, inférieure au plafond de 4,4 % applicable en 2026 aux hausses en cours de bail dans le secteur libre.
| Horizon | Coût cumulé de la location | Coût net cumulé de l’achat | Écart | Qui gagne |
|---|---|---|---|---|
| 3 ans | 50 135 € | 56 927 € | 6 791 € | La location |
| 4 ans | 67 860 € | 70 503 € | 2 642 € | La location, de peu |
| 5 ans | 86 116 € | 83 858 € | − 2 258 € | L’achat |
Chiffrage n° 7 — le point mort achat / location, refait ligne à ligne sur cinq ans
Coût net de l’achat = frais d’acquisition + mensualités cumulées + charges cumulées − économies d’impôt cumulées − capital remboursé + frais de revente ± variation de valeur
- Frais d’acquisition :9 938,62 € — droit de mutation nul par l’effet de la startersvrijstelling, le reste étant des honoraires et la provision de garantie
- Mensualités cumulées sur cinq ans :24 185,16 × 5 = 120 925,80 €
- Charges de détention cumulées :265 € × 60 = 15 900 €
- Économies d’impôt cumulées, années 1 à 5 :27 642 € — soit (80 595 − 7 000) × 37,56 %
- Capital remboursé sur cinq ans :422 154 − 381 824 = 40 330 €, récupéré à la revente
- Frais de revente :1,2 % de 422 154 = 5 065,85 € (ordre de grandeur du courtage vendeur)
- Coût net de l’achat sur cinq ans, à prix constant :9 938,62 + 120 925,80 + 15 900 − 27 642 − 40 330 + 5 065,85 = 83 858 €
- Coût de la location sur cinq ans :16 220,40 € la première année, indexé de 3 % par an : 86 116 €
- Écart à cinq ans :2 258 € en faveur de l’achat
- Scénario de hausse, 3 % par an :valeur au bout de cinq ans : 422 154 × 1,159274 = 489 380 €, soit 67 226 € de plus-value avant frais. L’achat l’emporte largement
- Scénario de baisse, 3 % par an :valeur au bout de cinq ans : 422 154 × 0,858734 = 362 517 €, pour un capital restant dû de 381 824 € — soit 19 307 € de dette nette non couverte par le bien
La conclusion opérationnelle tient en une règle de décision : en dessous de quatre années d’horizon néerlandais, acheter n’a de sens que si l’on a une conviction ferme sur la valeur. Au-delà de cinq ans, l’arithmétique bascule d’elle-même — à condition que le marché ne recule pas.
- Le point mort se situe entre la quatrième et la cinquième année de détention, à prix de marché constant. En deçà, la location coûte moins cher ; au-delà, l’achat prend l’avantage et le creuse.
- Le scénario de baisse illustre exactement ce que produit une quotité de cent pour cent : la totalité du risque de valeur pèse sur l’acquéreur, et une baisse de 14 % suffit à créer une situation où la vente ne solde pas le prêt. C’est le cas que l’article 5, alinéa 2, de la Tijdelijke regeling hypothecair krediet permet de refinancer, précisément parce qu’il n’est pas théorique.
- Le calcul ne valorise pas le capital remboursé au-delà de sa restitution : il ne rapporte rien, il est simplement récupéré. C’est un point que les comparatifs commerciaux traitent souvent à l’envers, en présentant l’amortissement comme un gain.
- Il ne valorise pas non plus les gros travaux, qui n’existent pas pour un locataire, ni les frais de déménagement, symétriques.
- L’indexation du loyer est une hypothèse : les hausses en cours de bail sont plafonnées, mais un changement de logement remet le loyer au niveau du marché d’entrée, qui n’est pas plafonné dans le secteur libre à 187 points ou plus.
Acheter pour louer : 8 %, la box 3, et une trésorerie qui ne suit pas
Un logement acquis pour être loué relève d’un tout autre régime : 8 % de droit de mutation à l’entrée, puis la box 3 chaque année. Aucune charge n’y est déductible en régime forfaitaire ; les intérêts ne le sont pas davantage. La dette est prise en compte, mais par un forfait, pas pour son coût réel.
Le mécanisme, en deux temps.L’article 5.2, alinéa 2, dans la version consolidée « Geldend van 21-02-2026 t/m heden », dispose : « Het rendement is de som van 1,37% van de waarde van de banktegoeden op de peildatum en 6% van de waarde van de overige bezittingen op de peildatum, verminderd met 2,70% van de waarde van de schulden op de peildatum. » Ce rendement est ensuite rapporté à la base de rendement pour obtenir un pourcentage effectif, lequel s’applique à l’assiette diminuée de l’abattement. Le taux de la box 3 est de 36 % (article 2.13), l’abattement de 59 357 € par personne en 2026 (article 5.5) et la franchise sur les dettes de 3 800 € en 2026 (article 5.3, alinéa 3, sous f).
Le statut des trois pourcentages : à ne jamais confondre
Les trois nombres de l’article 5.2, alinéa 2, n’ont pas le même statut, et c’est le piège le plus systématique du dossier. L’article 10.6ter fixe leur calendrier : le pourcentage des overige bezittingen — la catégorie dont relève un immeuble locatif — est arrêté au début de l’année civile, et il est définitif : 6,00 % pour 2026. Les pourcentages des dépôts bancaires et des dettes, eux, sont arrêtés après la finde l’année civile, avec effet rétroactif.
Il en résulte que les 1,37 % et 2,70 % lus dans le texte au 2 août 2026 sont les taux définitifs de 2025, et non ceux de 2026. Le Belastingdienst retient, pour les avis provisoires 2026, 1,28 % pour les dépôts et 2,70 % pour les dettes, en précisant que ces deux pourcentages sont provisoires et seront fixés au début de 2027.
Conséquence de méthode, qui n’admet pas d’exception : nous ne construisons aucune règle d’arbitrage chiffréesur le pourcentage des dettes. Le chiffrage ci-dessous l’emploie pour illustrer une mécanique, et il en donne la sensibilité.
La valorisation d’un logement loué.L’article 5.20 retient la valeur WOZ, et non la valeur vénale ni le prix payé. Si le logement est loué et que la location relève du régime protecteur du livre 7 du Code civil, cette valeur est affectée d’un coefficient — la leegwaarderatio — fixé à l’article 17a du Uitvoeringsbesluit inkomstenbelasting 2001, dont nous avons ouvert la version « Geldend van 01-01-2026 t/m heden » le 03/08/2026.
| Loyer annuel rapporté à la valeur WOZ | Pourcentage de la WOZ retenu | Décote |
|---|---|---|
| 0 % à 1 % | 73 % | 27 % |
| 1 % à 2 % | 79 % | 21 % |
| 2 % à 3 % | 84 % | 16 % |
| 3 % à 4 % | 90 % | 10 % |
| 4 % à 5 % | 95 % | 5 % |
| 5 % et plus | 100 % | aucune |
Ce barème n’est pas un plafond de décote, et c’est la précision qui manque partout. L’alinéa 6 du même article ouvre une contre-preuve de valeur : si la valeur obtenue en appliquant le coefficient à la WOZ excède d’au moins 10 % la valeur vénale du bien en état louéà la date de référence, c’est cette valeur vénale qui est retenue. La contre-preuve est donc indépendante du niveau de loyer : un bailleur dont le bien, grevé d’un bail protégé, vaut vingt-cinq pour cent de moins que sa WOZ peut retenir cette valeur-là, même à un rapport de loyer supérieur à 5 %. Elle suppose une expertise datée à la waardepeildatumet se plaide au cas d’espèce. Deux correctifs complètent le dispositif : − 20 000 €de WOZ pour un logement qui est une fraction non cessible séparément d’une propriété bâtie (alinéa 4), et application du coefficient à la seule quote-part louée en cas de location partielle (alinéa 5). En cas d’erfpacht, enfin, la valeur est diminuée de dix-sept fois le canon annuel (article 17b du même décret).
Deux montages spontanés qui coûtent la décote entière
L’article 5.20, alinéa 5, exclut la leegwaarderatiodans deux cas, et les deux correspondent exactement à ce que fait spontanément un propriétaire français expatrié : « a. een voor bepaalde tijd aangegane huurovereenkomst als bedoeld in artikel 271 van Boek 7 van het Burgerlijk Wetboek ; of b. gelieerde partijen die een zodanige huurprijs of pachtprijs zijn overeengekomen dat deze tussen willekeurige derden niet zou zijn overeengekomen. »
Autrement dit : un bail à durée déterminée fait perdre la décote, et un loyer non conforme au marché entre parties liées aussi. Le bail de deux ans conclu avec un collègue, ou le loyer d’amitié consenti à un cousin, coûtent la décote entière — jusqu’à 27 % de la base imposable. Cette exclusion est nouvelle : l’alinéa 5 ne figurait pas dans la version consolidée au 1er janvier 2025 sous cette forme.
Et le droit locatif renforce le piège dans l’autre sens : depuis le 1er juillet 2024, un bail à durée déterminée ne peut plus être conclu qu’avec des personnes appartenant à huit catégories limitativement énumérées par décret — étudiants, locataires déplacés pour travaux, sortants d’hébergement d’urgence, baux de seconde chance, ayants droit d’un locataire décédé, parents séparés d’enfants mineurs, travailleurs saisonniers de cinq îles des Wadden, titulaires d’un titre de séjour sortant d’un centre d’accueil. Le cadre expatrié n’y figure pas.
Chiffrage n° 8 — investissement locatif à Rotterdam, du prix affiché au flux mensuel
Flux mensuel = loyer − charges − intérêts − impôt de box 3, mensualisé
- Prix affiché kosten koper :422 154 € — appartement de 70 m² à Rotterdam, prix moyen du deuxième trimestre 2026
- Overdrachtsbelasting à 8 % :33 772,32 € — article 14, alinéa 2, WBR
- Honoraires, expertise, courtage acheteur :7 200 € (ordres de grandeur)
- Coût de revient :463 126 €
- Loyer annuel :14 736,84 € — hypothèse du plafond du segment intermédiaire, soit 1 228,07 € par mois pour 186 points
- Rendement brut sur coût de revient :3,18 %
- Charges annuelles :copropriété 1 800 €, taxes 900 €, provision d’entretien 3 377 €, gestion locative 737 € — soit 6 814 €
- Loyer net de charges :7 922,84 €, soit 660,24 € par mois
- Valeur WOZ retenue :380 000 €
- Rapport loyer sur WOZ :14 736,84 ÷ 380 000 = 3,88 % — tranche de 3 à 4 %, donc leegwaarderatio de 90 %
- Base de box 3 sans dette :380 000 × 90 % = 342 000 €
- Sans levier — impôt de box 3 :6 % × (342 000 − 59 357) × 36 % = 6 105,09 €, soit 508,76 € par mois — même hypothèse d’abattement que dans le cas avec levier ci-dessous
- Sans levier — flux mensuel net :660,24 − 508,76 = 151,48 €, soit 0,39 % du coût de revient par an
- Avec levier — dette :250 000 € à un taux hypothétique de 5,50 %, soit 13 750 € d’intérêts annuels
- Avec levier — rendement forfaitaire :6 % × 342 000 − 2,70 % × (250 000 − 3 800) = 20 520 − 6 647,40 = 13 872,60 €
- Avec levier — base de rendement :342 000 − 246 200 = 95 800 €, d’où un pourcentage effectif de 14,48 %
- Avec levier — impôt de box 3 :36 % × 14,48 % × (95 800 − 59 357) = 1 899,81 €, soit 158,32 € par mois
- Avec levier — flux mensuel net :660,24 − 1 145,83 − 158,32 = − 643,91 €
La conclusion est franche, et elle n’est pas un conseil d’abstention : un investissement locatif néerlandais ne se justifie pas par son flux, qui est nul ou négatif, mais par une conviction sur la valeur — laquelle est déjà taxée chaque année, qu’elle se réalise ou non.
- Le levier améliore la base imposable et détruit la trésorerie. Les intérêts réellement payés — 13 750 € — ne sont pas déductibles ; le forfait n’en « reconnaît » que 6 647,40 €. L’écart de 7 102,60 € est une charge que rien ne compense.
- Sensibilité au pourcentage des dettes, qui est provisoire. À 2,40 %, l’impôt de box 3 ressort à 2 001 € ; à 3,00 %, à 1 799 €. L’amplitude, environ 200 € par an, est réelle mais ne renverse aucune conclusion : c’est pourquoi nous ne bâtissons pas de règle sur ce nombre.
- Le rendement locatif net d’un investissement néerlandais de gamme moyenne, sans levier, est proche de zéro en trésorerie. La rentabilité de l’opération est donc entièrement reportée sur l’appréciation en capital — laquelle est déjà présumée et taxée par le forfait de 6 %, dont l’article 10.6ter, alinéa 5, dérive la composante immobilière de l’indice des prix des logements existants publié par le Centraal Bureau voor de Statistiek.
- Le droit de mutation à 8 % représente à lui seul 4,3 années de loyer net de charges. C’est le premier chiffre à poser dans une décision d’investissement locatif néerlandais, avant le rendement.
La contre-preuve du rendement réel change-t-elle ce résultat ?Elle est ouverte, y compris aux non-résidents, depuis la loi du 14 juillet 2025 entrée en vigueur le 19 juillet 2025. Mais elle est optionnelle et ne peut que réduire l’imposition : elle ne joue que si le rendement réel est inférieur au forfait. Or ce rendement réel comprend la variation de valeur, réalisée ou non, et n’admet aucune déduction de chargesautres que les intérêts. Dans un marché rotterdamois qui progresse de 3,2 % sur un an — le chiffre de notre tableau —, un bien de 380 000 € de valeur WOZ affiche un rendement réel de l’ordre de 12 160 € de plus-value latente augmentés de 14 737 € de loyers, soit 26 897 € — nettement supérieur au forfait de 20 520 €. La contre-preuve ne sert alors à rien. Elle n’est utile, en immobilier locatif, qu’en marché plat ou baissier, sur un bien vacant, ou lorsque la dette est lourde. Le chapitre consacré à la box 3 en détaille le mécanisme, ses seuils d’ouverture et sa procédure.
Trois vérifications locales avant toute offre sur un bien à louer
Un — le comptage de points.La valeur d’un investissement locatif néerlandais dépend d’un nombre entier de points, et le passage de 186 à 187 fait basculer d’un plafond de 1 228,07 €par mois en 2026 à un loyer libre. Le comptage intègre la surface, l’étage, l’énergie, les sanitaires, la cuisine, les espaces extérieurs, la valeur WOZ et le classement monumental. Un point vaut plusieurs centaines d’euros de loyer mensuel et plusieurs dizaines de milliers d’euros de valeur. Il doit être fait avant la signature du compromis, par un professionnel local.
Deux — les règles communales. La Huisvestingswet 2014permet aux communes d’instaurer une protection contre l’achat pour location (opkoopbescherming) et une obligation d’occupation personnelle (zelfbewoningsplicht) sur des périmètres et des tranches de prix qu’elles définissent elles-mêmes. Ces règles sont locales, variables et fréquemment modifiées : elles peuvent rendre illicitela mise en location d’un bien tout juste acquis. Vérification obligatoire auprès de la commune avant tout engagement.
Trois — la révision du loyer. Le locataire peut saisir la commission des loyers dans les six moisde la prise d’effet du premier bail pour faire juger du caractère raisonnable du loyer convenu, y compris sur un bail présenté comme libre. Les hausses annuelles sont plafonnées dans les trois segments en 2026 : 4,1 % dans le social au 1er juillet, 6,1 % dans l’intermédiaire et 4,4 % dans le libre au 1er janvier. Ce plafonnement porte sur la hausse en cours de bail, non sur le loyer d’entrée d’un nouveau bail dans le secteur libre.
Le résident de France qui achète aux Pays-Bas
Le cas est fréquent : une maison de vacances en Zélande, un pied-à-terre à Maastricht, un appartement acheté avant un projet d’expatriation qui ne s’est pas fait. Trois règles le gouvernent, et deux d’entre elles sont défavorables.
Un — le droit de mutation est le même.Il n’existe aucune condition de résidence dans l’article 14. Un résident de France qui achète un logement néerlandais qui ne sera pas sa résidence principale acquitte 8 %, comme un résident. La résidence secondaire relève de l’alinéa 2, pas de l’alinéa 3.
Deux — la box 3 s’applique, et sans abattement.L’article 7.7 soumet le non-résident à l’imposition du rendement de sa rendementsgrondslag in Nederland, définie à son alinéa 2 comme comprenant les immeubles situés aux Pays-Bas et les droits qui s’y rapportent directement ou indirectement, diminués des dettes liées à ces biens. Or l’article 5.2, alinéa 1, assoit l’imposition du résident sur la grondslag sparen en beleggen, c’est-à-dire la base après abattement : la règle spéciale de l’article 7.7 substitue la base bruteà la base nette. La confirmation systématique se trouve à l’article 7.8, alinéa 3 : pour le contribuable étranger qualifiant, le législateur rétablit nommément la déduction personnelle et la franchise de 3 800 € sur les dettes — et ne rétablit pas l’article 5.5. Un non-résident propriétaire d’un seul bien néerlandais est donc imposé dès le premier euro de valeur nette : 1 282 € d’impôt de plus par an et par personnequ’un résident, dans une situation sans dette. Ce point n’est toutefois pas tranché : une seconde lecture, appuyée sur le renvoi global de l’article 7.7, alinéa 1, aux « regels van hoofdstuk 5 », soutient que l’abattement bénéficie aussi au non-résident, et la littérature professionnelle néerlandaise rapporte une modification entrée en vigueur au 1er janvier 2017 en ce sens — sans qu’aucune disposition légale ni position administrative publiée ne l’établisse. Nous exposons les deux lectures et nous faisons confirmer le point auprès d’un belastingadviseur avant toute simulation.
Trois — depuis le 1er janvier 2026, l’usage personnel est imposé sous contre-preuve.L’article 5.27a, inséré par l’article II de la loi du 14 juillet 2025 et applicable à compter du 1er janvier 2026, impose l’avantage tiré de la disponibilité d’un immeuble pour l’usage personnel, à sa valeur locative économique annuelle. Le Belastingdienst offre au contribuable une option — non un standard opposable — consistant à retenir 5,06 %de la valeur WOZ. Pour les années antérieures, la question est tranchée en sens inverse : le Hoge Raada jugé le 20 décembre 2024 (ECLI:NL:HR:2024:1788) que cet avantage n’était pas quantifiable et devait être fixé à zéro, faute de règle légale. Un calcul de contre-preuve fait pour 2024 avec un avantage d’usage à zéro était juste ; le même calcul refait à l’identique pour 2026 est faux, et il l’est dans le sens qui déclenche un redressement.
Chiffrage n° 9 — maison de vacances en Zélande, achetée par un résident de France
Coût annuel de détention = impôt de box 3 sur base brute + charges, sans aucune déduction
- Situation :couple résidant en France, achat d’une maison de vacances aux Pays-Bas, sans emprunt, usage personnel quelques semaines par an, aucune location
- Prix affiché kosten koper :350 000 €
- Overdrachtsbelasting à 8 % :28 000 € — le logement n’est pas la résidence principale de l’acquéreur
- Honoraires notariaux, expertise, agent :4 900 € (ordres de grandeur)
- Coût de revient :382 900 €, soit 9,4 % au-dessus du prix affiché
- Valeur WOZ retenue :320 000 €
- Leegwaarderatio :sans objet : elle ne s’applique qu’au logement loué relevant du régime protecteur (article 5.20, alinéa 3)
- Abattement de box 3 :néant — l’article 7.7 retient la base brute
- Régime forfaitaire — rendement :6 % × 320 000 = 19 200 €
- Régime forfaitaire — impôt annuel :36 % × 19 200 = 6 912 €, pour le couple, soit 576 € par mois
- Contre-preuve, marché en hausse de 4 % :valeur locative économique estimée à 12 000 € + variation de valeur de 12 800 € = 24 800 €. Supérieur au forfait : la contre-preuve n’a pas d’intérêt
- Contre-preuve, marché plat, valeur locative économique retenue :12 000 € — impôt ramené à 4 320 €, soit 2 592 € d’économie
- Contre-preuve, marché plat, option des 5,06 % de la WOZ :5,06 % × 320 000 = 16 192 € — impôt ramené à 5 829,12 €, soit 1 082,88 € d’économie
- Charges annuelles estimées :taxes communales et taxes d’eau 900 €, assurance 450 €, entretien 2 000 € — soit 3 350 €, dont rien n’est déductible
- Coût annuel de détention, régime forfaitaire :6 912 + 3 350 = 10 262 €, soit 855,17 € par mois
- Rapporté au coût de revient :2,68 % par an
Une maison de vacances néerlandaise coûte, en impôt de détention néerlandais seul, davantage qu’un bien français équivalent ne coûte en taxe foncière. C’est le chiffre à poser avant l’offre, pas après le premier avis d’imposition.
- Le coût de détention de 2,68 % par an est le chiffre à opposer à la valeur d’usage. Sur dix ans, il représente 102 620 € — soit 27 % du coût de revient, à comparer au nombre de semaines effectivement passées sur place.
- Le forfait de 6 % n’est pas un rendement attendu : c’est un paramètre d’assiette, arrêté au début de l’année civile en application de l’article 10.6ter, alinéa 3, et définitif pour 2026. Il ne dit rien de ce que le bien rapportera.
- Le choix de la contre-preuve se fait année par année : elle ne peut qu’abaisser l’imposition, jamais l’augmenter, et le rendement réel qu’elle retient est plancheré à zéro sans report possible sur les années suivantes.
- Côté français, les revenus tirés d’un immeuble néerlandais sont imposables aux Pays-Bas au titre de l’article 6 § 1 de la convention du 16 mars 1973, et la France élimine la double imposition par la méthode de l’exonération avec progressivité de l’article 24 B a) et c) de la même convention — et non par un crédit d’impôt, réservé par l’article 24 B b) aux revenus des articles 8, 10, 11, 16 et 17. Le chapitre consacré aux revenus fonciers développe cette mécanique.
L’impôt sur la fortune immobilière : deux lectures, aucune conclusion
Que la convention du 16 mars 1973 couvre l’impôt français sur la fortune immobilière résulte de son article 2, §§ 1, 2 et 4 : le § 1 vise « les impôts sur le revenu et sur la fortune », le § 2 les définit comme ceux perçus sur des éléments du revenu ou de la fortune, et le § 4 étend la convention « aux impôts futurs de nature identique ou analogue qui s’ajouteraient aux impôts actuels ou qui les remplaceraient ».
Ce qui n’est pas tranché, c’est l’effet de l’article 23 de cette même convention du 16 mars 1973. Son § 1 attribue à l’État de situation le droit d’imposer « la fortune constituée par des biens immobiliers » — mais il dit « est imposable », non « n’est imposable que » : le droit est partagé, non exclusif. Et l’article 24 B, qui organise l’élimination côté français, ne vise dans ses trois alinéas que des revenus. S’y ajoute une particularité de fait : les Pays-Bas ne lèvent pas d’impôt sur la fortune, la vermogensbelastingvisée à l’article 2 § 3 a) ayant été supprimée le 1er janvier 2001 et remplacée par la box 3, que le Hoge Raadqualifie d’impôt sur le revenu.
Position que nous retenons : exposer les deux lectures, ne rien affirmer, et faire rendre un avis écrit avant toute structuration. L’écart peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an sur un patrimoine élevé, et il se répète chaque année.
Vendre, partir, revenir : trois règles qui se déclenchent au mauvais moment
L’expatrié n’achète pas pour toujours. Trois mécanismes se déclenchent au moment du départ ou du retour, et ils ne sont ni intuitifs, ni rattrapables après coup.
L’eigenwoningreserve : le gain est libre d’impôt, et immobilisé trois ans
Lors de la cession d’une résidence principale, le solde net de cession — valeur de la contrepartie, moins les frais de cession, moins l’eigenwoningschuld — est ajouté à une réserve (article 3.119aa, alinéa 1). Cette réserve réduit ensuite le montant de dette admis comme eigenwoningschuldsur le logement suivant : la plus-value n’est pas imposée, mais elle doit être réinvestie en fonds propres, faute de quoi la déduction d’intérêts correspondante est perdue.
Cette contrainte est temporaire, et c’est le point que la littérature omet presque toujours. L’alinéa 3 dispose : « De eigenwoningreserve vervalt voor zover die is toe te rekenen aan een vervreemdingssaldo eigen woning dat drie jaar geleden is toegevoegd. » La réserve s’éteint pour la fraction correspondant à un solde ajouté trois ans auparavant.
Ce que trois ans valent, en euros
Un expatrié vend sa maison néerlandaise en partant, place le produit ailleurs, et revient acheter aux Pays-Bas. S’il rachète dans les trois ans, sa réserve réduit sa dette déductible à due concurrence : sur un solde de cession de 150 000 €, c’est 150 000 € de dette qui sortent du champ de la déduction. À 4,00 %, cela représente 6 000 € d’intérêts par an privés de déduction, soit 2 254 € d’impôt par anau taux effectif de 37,56 %.
S’il rachète après trois ans, la réserve est éteinte et sa dette est intégralement déductible. Pour l’expatrié qui vend en partant et rachète en revenant, c’est la date du retour, et non le montant du gain, qui commande le résultat. Le décalage d’un mois peut valoir plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée du crédit suivant.
Le départ temporaire : on ne peut pas louer et garder la déduction
L’uitzendregelingde l’article 3.111, alinéa 6, permet, sur demande, de continuer à traiter comme eigen woning le logement occupé au moins un an comme résidence principale et depuis lors seulement temporairement inoccupé. Elle est assortie de deux conditions : « a. de woning niet aan derden ter beschikking wordt gesteld en b. de belastingplichtige tezamen met zijn partner niet met betrekking tot een andere woning belastbare inkomsten uit eigen woning geniet. »
L’effet est net et il déçoit systématiquement : on ne peut pas louer son ancien logement et conserver la déduction d’intérêts par l’uitzendregeling. Louer fait tomber la condition a et bascule le bien en box 3. L’alinéa 7 énumère trois catégoriesde personnes qui ne sont pas des « tiers » lorsque le logement est mis à disposition à titre gratuit : les descendants en ligne directe du contribuable, de son partenaire ou de son ex-partenaire ; le partenaire ou l’ex-partenaire ; et la personne qui, dans les douze mois consécutifs précédant la période, faisait partie du ménage. À titre gratuit, et personne d’autre.
La location temporaire d’un logement resté en box 1obéit à une règle distincte, celle de l’article 3.113 : « Met betrekking tot de eigen woning die tijdelijk ter beschikking is gesteld aan derden wordt het ingevolge artikel 3.112 als voordelen uit eigen woning in aanmerking te nemen bedrag vermeerderd met 70 percent van de voordelen ter zake van het ter beschikking stellen. » Soixante-dix pour cent des loyers perçus s’ajoutent au forfait, lequel reste dû intégralement. Ce régime suppose toutefois que le logement demeure un eigen woning : l’alinéa 8 de l’article 3.111 dispose que « het tijdelijk ter beschikking stellen van een woning aan derden, ontneemt daaraan niet het karakter van hoofdverblijf », ce qui vise le contribuable dont ce logement reste la résidence principale — le résident néerlandais qui loue pendant ses vacances. L’expatrié parti s’installer ailleurs n’en relève pas : la location fait tomber la condition a de l’uitzendregeling, le logement cesse d’être un eigen woning, et le bien bascule en box 3 — pour un non-résident, sur le fondement de l’article 7.7, alinéa 2, sous a, sans déduction d’intérêts s’il n’est pas kwalificerende buitenlandse belastingplichtige.
La location d’une chambrebénéficie d’une exonération à l’article 3.114 si les recettes n’excèdent pas 6 633 € en 2026 par an etsi bailleur et locataire sont tous deux inscrits à cette adresse au registre de la population (alinéa 2). La double inscription est une condition de forme dont l’oubli fait tomber l’exonération entière.
La règle des trente pour cent n’a jamais protégé l’immobilier néerlandais
Le régime dit des trente pour cent — l’expatregelingde l’article 31a, alinéa 8, de la Wet op de loonbelasting 1964— permet à l’employeur de verser en franchise d’impôt une fraction de la rémunération, pendant cinq ans au maximum. Trois populations relèvent de trois régimes distincts, et il ne faut jamais en présenter un seul : le salarié dont le régime s’appliquait au 31 décembre 2023 conserve 30 %pour la durée restante ; celui qui est entré dans le régime en 2024, 2025 ou 2026 passe à 27 %au 1er janvier 2027 ; celui qui entre à compter du 1er janvier 2027 relève de 27 % et d’une norme de rémunération rehaussée. Le chapitre qui lui est consacré expose le dispositif complet.
Pour l’immobilier, deux conséquences seulement, et elles sont importantes. Un : l’option de partiële buitenlandse belastingplicht, qui permettait au bénéficiaire d’être traité comme un non-résident pour les box 2 et box 3, est abrogée depuis le 1er janvier 2025— l’article 2.6 de la Wet IB 2001porte la mention « [Vervallen per 01-01-2025] ». Un régime transitoire subsiste, au plus tard jusqu’au 31 décembre 2026, pour le salarié qui percevait une indemnité relevant du régime sur le dernier temps de paie de 2023 — et il est perdu à la date d’une interruption. La question à poser n’est donc pas « bénéficiiez-vous de la règle des trente pour cent fin 2023 ? » mais « en avez-vous bénéficié sans interruptiondepuis ? ». Un changement d’employeur avec coupure depuis 2024 a fait perdre l’option à la date de cette coupure. Deux : ce régime n’a jamais protégé l’immobilier situé aux Pays-Bas, que l’article 7.7 maintient dans l’assiette néerlandaise du non-résident. Un bénéficiaire propriétaire d’une résidence secondaire néerlandaise l’a toujours eue en box 3.
L’échéance du 1er janvier 2027 est en revanche un rendez-vous à porter au calendrier : pour ceux qui bénéficient encore du transitoire, elle fait entrer en box 3 l’ensemble du patrimoine mondial, immobilier resté en France compris. L’arbitrage se conduit avant le 31 décembre 2026, sur la valeur au 1er janvier 2027, et non après.
Le calendrier, et ce qui devient irréversible
| Moment | Ce qui se décide | Ce qui devient irréversible |
|---|---|---|
| Avant l’offre | Comptage de points du système locatif si le bien est destiné à la location ; vérification des règles communales d’occupation personnelle ; lecture du contrat d’erfpacht ; étiquette énergétique, qui vaut jusqu’à 40 000 € de capacité d’emprunt. | Rien encore — c’est le seul moment où tout est encore ouvert. |
| Signature du compromis | Conditions suspensives, notamment de financement ; clause de vente de l’article 7:274, alinéa 7, sous d, du livre 7 du Code civil néerlandais si le bien sera loué ; clause dite diplomatique de l’alinéa 2 du même article si le logement sera réoccupé. | Les clauses non stipulées à ce stade ne se rattrapent pas : sans la clause de vente, le motif de congé pour vendre libre est inaccessible. |
| Les trois jours qui suivent la remise de l’acte | Droit de résolution sans motif de l’article 7:2, alinéa 2, du livre 7 du Code civil. | Passé ce délai, il ne reste que les conditions suspensives stipulées. |
| Levering devant notaire | Déclaration écrite de l’article 15a, par chaque acquéreur ; appréciation de la condition d’âge de la startersvrijstelling ; appréciation du plafond de 555 000 €. | L’âge se fige, l’exonération de primo-accédant est consommée ou perdue, et le taux déclaré engage l’usage réel. |
| Dans le mois de l’acte | Transmission par le notaire de la copie électronique de la déclaration à l’inspecteur. | L’administration dispose de la déclaration : la rectifier suppose une procédure. |
| Inscription à la commune | Point de départ de la période d’imputation du forfait de logement (article 3.112, alinéa 6). | C’est la date d’inscription, non celle de l’acte, qui commande l’assiette de l’année. |
| Six semaines après la notification de la valeur WOZ | Réclamation devant le heffingsambtenaar. | Passé ce délai, la valeur commande le forfait de box 1, l’assiette de box 3, le comptage de points et la taxe communale pour l’année entière. |
| Six mois après la prise d’effet du premier bail | Saisine de la commission des loyers par le locataire, y compris sur un bail présenté comme libre. | Au-delà, le loyer d’entrée n’est plus contestable sur ce fondement. |
| Trois ans après la vente d’une résidence principale | Extinction de la fraction correspondante de l’eigenwoningreserve (article 3.119aa, alinéa 3). | Racheter un jour avant ou un jour après ce terme ne produit pas le même droit à déduction. |
| 31 décembre 2026 | Dernier jour du transitoire de partiële buitenlandse belastingplicht, pour ceux qui en bénéficient encore sans interruption. | Au 1er janvier 2027, l’ensemble du patrimoine mondial entre en box 3, sur les valeurs de cette date. |
Ce que nous ne pouvons pas vous dire, et pourquoi
La réforme de fond de la box 3 — la Wet werkelijk rendement box 3, dossier parlementaire 36 748 — remplacerait le forfait par une imposition du rendement réel, et retiendrait pour l’immobilier une imposition à la réalisationet non une imposition annuelle de l’accroissement de valeur. Ce serait un basculement de nature pour tout investisseur locatif.
Au 2 août 2026, ce texte n’est pas en vigueur, et il n’est pas seulement en attente de vote : il est en attente de réécriture. Il a été adopté par la Tweede Kamerle 12 février 2026, débattu en séance plénière par l’Eerste Kamer le 30 juin 2026, où le vote sur le projet lui-même a été reportésur motion d’ordre jusqu’à l’examen en séance des textes rectificatifs annoncés ; le 19 juin 2026, le secrétaire d’État aux finances avait lui-même annoncé aux chambres une révision de son propre texte. Le 7 juillet 2026, seules les motions ont été mises aux voix.
Nous n’annonçons donc aucune date d’entrée en vigueur, et aucune décision patrimoniale ne doit être construite sur celle-ci. Une différence de fond mérite cependant d’être signalée : dans le régime projeté, les charges deviendraient déductibles, ce qu’elles ne sont pas dans la contre-preuve actuelle. C’est la différence la plus importante entre les deux régimes pour un bailleur, et elle justifie de réexaminer toute planification de sortie le jour où un calendrier sera fixé.
Les six trajectoires d’acquisition en une page
| Cas | Prix affiché | Droit de mutation | Trésorerie à mobiliser | Coût mensuel net, première année |
|---|---|---|---|---|
| Utrecht — 34 ans, plafond joué à 1 389 € près | 555 000 € ou 556 389 € | 0 € ou 11 127,78 € | selon négociation | 2 356 € au prix de 555 000 €, financé à 100 % |
| Rotterdam — primo-accédant de 33 ans | 422 154 € | 0 € | 9 938,62 € | 1 799,94 €, dont 619,50 € de capital |
| Amsterdam — ménage imposé à 49,50 % | 616 709 € | 12 334,18 € | 141 243,18 € | 2 224,15 € |
| Rotterdam — investissement locatif sans levier | 422 154 € | 33 772,32 € | 463 126 € | flux de + 44,64 € par mois |
| Rotterdam — investissement locatif avec 250 000 € de dette | 422 154 € | 33 772,32 € | 213 126 € | flux de − 643,91 € par mois |
| Zélande — maison de vacances, acquéreur résident de France | 350 000 € | 28 000 € | 382 900 € | 855,17 € de coût de détention pur |
Trois lectures transversales de ce tableau. La première : l’écart entre les droits de mutation d’un même bien va de zéro à 44 400 €selon l’âge de l’acquéreur et l’usage projeté. Aucun autre paramètre de l’opération ne présente cette amplitude, et il se joue en une journée, devant notaire. La deuxième : la trésorerie, et non le revenu, est la contrainte qui bloque — la quotité de cent pour cent porte sur la valeur du logement, pas sur le coût de l’opération, et rien de ce qui s’y ajoute n’est finançable. La troisième : l’écart entre l’occupation et la location est de nature, pas de degré. Occuper ouvre 2 % de droits, la déduction des intérêts à 37,56 % et un forfait modeste ; louer impose 8 % de droits, aucune déduction de charges, et un forfait de 6 % sur la valeur.
Ce que nous faisons, ce que nous coordonnons, et ce que nous ne rendons pas
Sur ce chapitre plus que sur tout autre, la ligne de partage doit être dite clairement. Il y a ce qu’un cabinet français peut établir seul, et il y a ce qui relève d’un professionnel néerlandais. Nous identifions le sujet, nous en chiffrons l’enjeu, et nous coordonnons l’intervention ; nous ne rendons pas nous-mêmes ces avis-là.
| Sujet | Ce que nous faisons | Ce que nous ne rendons pas |
|---|---|---|
| Le comptage de points du système locatif | Nous chiffrons ce que vaut chaque point en loyer et en valeur, et nous posons la question avant l’offre. | Le comptage lui-même, qui relève d’un expert certifié ou d’un spécialiste du droit locatif néerlandais. |
| La contre-preuve de valeur de l’article 17a, alinéa 6 | Nous chiffrons l’enjeu annuel de la décote et nous vérifions si le seuil des 10 % est plausible. | L’expertise datée à la waardepeildatum, qui seule permet de la plaider. |
| La valeur locative économique de l’article 5.27a | Nous exposons les deux voies — valeur économique établie, ou option des 5,06 % de la WOZ — et nous les chiffrons. | La détermination de la valeur économique elle-même, qui est une question de dossier et d’expertise locale. |
| La rédaction du bail | Nous listons les trois clauses qui conditionnent des droits non rattrapables : clause diplomatique, clause de vente, choix de la durée. | La rédaction, qui relève d’un avocat néerlandais en droit locatif. |
| L’erfpacht | Nous intégrons le canon dans le coût mensuel net et dans la valorisation de box 3, avec le multiplicateur de dix-sept. | La lecture du contrat, les conditions de rachat et de révision, qui sont communales et propres à chaque acte. |
| La contestation de la valeur WOZ | Nous surveillons la notification et le délai de six semaines, et nous chiffrons l’enjeu sur les quatre impôts qu’elle commande. | Le contentieux devant le heffingsambtenaar, qui se mène localement. |
| L’articulation franco-néerlandaise sur l’impôt sur la fortune immobilière | Nous exposons les deux lectures de l’article 23 de la convention du 16 mars 1973 et nous chiffrons l’écart. | L’avis lui-même, qui suppose un fiscaliste français et un belastingadviseur néerlandais. |
| La contre-preuve de box 3 sur un patrimoine réel | Nous calculons le point d’équilibre et nous disons si la démarche a un intérêt. | La déclaration elle-même : reconstitution du rendement réel, valeurs WOZ de deux millésimes, apports et retraits. |
Par où commencer
Un dossier immobilier néerlandais se chiffre avant l’offre, pas après le compromis. Les trois questions qui commandent tout se posent en une heure : quel usage réel du logement, et donc quel taux de droit de mutation ; quel âge à la date prévisible de l’acte, et donc quelle exonération ; quelle trésorerie disponible hors financement, puisque rien de ce qui s’ajoute au prix n’est finançable.
Notre bilan patrimonial dure 1 h. Nous y reprenons les chiffrages de ce chapitre avec vos données réelles — prix, valeur WOZ, revenu, taux offert, durée de détention envisagée — et nous identifions les points qui doivent être confiés à un professionnel néerlandais avant la signature. Ce que nous ne pouvons pas garantir, nous le disons : ni un taux, ni une valeur, ni l’issue d’une contre-preuve.
Ce que nous faisons concrètement pour un expatrié aux Pays-Bas
Ce volet expose le droit applicable. La page que nous consacrons à l’expatriation aux Pays-Bas expose notre intervention : les profils que nous accompagnons, la façon dont nous coordonnons les conseils locaux, et ce qui relève de leur ressort plutôt que du nôtre.
Louer aux Pays-Bas : loyers réglementés, système à points, rendement réel
Il existe une manière de se tromper d’un facteur deux sur un investissement locatif néerlandais, et elle ne tient ni au prix d’achat, ni au taux du crédit, ni à la fiscalité. Elle tient au fait que, dans ce pays, le loyer n’est pas une variable que le bailleur choisit. Il est, dans la majorité des logements, la conséquence arithmétique d’un nombre entier de points attribués au bien selon un barème réglementaire. On compte les mètres carrés, on compte les radiateurs, on compte les WC, on ajoute l’étiquette énergétique, on ajoute une fraction de la valeur cadastrale, on retranche cinq points s’il n’y a pas de balcon — et le total commande un plafond mensuel en euros, publié à l’euro près dans une annexe d’arrêté ministériel.
C’est pourquoi ce chapitre est distinct de celui consacré à l’acquisition. Mélanger les deux revient à publier un rendement qui n’existe pas : on prend un prix de marché réel, on lui applique un loyer de marché réel, et l’on obtient un ratio que la loi néerlandaise interdit d’atteindre sur la plus grande part du parc locatif — les seules corporations de logement social, dont le parc est intégralement réglementé, détiennent déjà 2,33 millions des 3,51 millions de logements loués que le CBS dénombre pour 2025, et la réforme de 2024 y a ajouté le segment intermédiaire du locatif privé. Nous avons donc séparé les deux opérations. Ce chapitre part du logement, en compte les points, en déduit le loyer juridiquement exigible, puis retranche les charges, les taxes locales et l’impôt de box 3 — dans cet ordre — pour arriver à l’euro qui reste. Il le fait sur trois configurations chiffrées, plus deux variantes qui changent le signe du résultat, et il finit par la comparaison avec un investissement locatif français, faite honnêtement, c’est-à-dire en incluant ce que la France impose à la sortie et que les Pays-Bas n’imposent pas.
Date d’arrêté du droit, périmètre, et ce que ce chapitre ne traite pas
Le droit exposé ici est arrêté au 2 août 2026. Les textes néerlandais ont été ouverts sur wetten.overheid.nl le 03/08/2026et la mention « Geldend van … » de chaque version consolidée est reproduite à côté de chaque renvoi. Le barème des loyers plafonds change au 1er janvierde chaque année ; les pourcentages de hausse annuelle sont publiés en décembrepour l’année suivante ; le système à points lui-même a été refondu au 1er juillet 2024. Un chiffre de ce chapitre non revérifié en janvier n’est plus un chiffre.
Ce chapitre traite :le système à points et son calcul, les trois segments et le seuil de libéralisation, la réforme du secteur intermédiaire et ses deux dates d’effet, les obligations du bailleur, la durée du bail et les congés, l’imposition du bien locatif en box 3 et la contre-preuve du rendement réel, enfin le rendement net chiffré.
Ce chapitre ne traite pas :l’acquisition, les droits de mutation, le financement et la déduction des intérêts de la résidence principale, qui relèvent du chapitre consacré à l’achat ; l’architecture générale de la box 3, ses forfaits, sa procédure de contre-preuve et son instabilité jurisprudentielle, qui relèvent du chapitre 5et auquel nous renvoyons systématiquement ; vos loyers français vus des Pays-Bas, qui relèvent du chapitre 14 ; les prélèvements sociaux français et l’arrêt de Ruyter, qui relèvent du chapitre 12.
Une mise en garde de méthode, avant les chiffres
Les taux de rendement forfaitaires de la box 3 sont des paramètres d’assiette. Le forfait de 6 % appliqué aux « autres actifs » n’est pas un rendement attendu, ne constitue aucune prévision, et n’engage personne sur ce que rapportera un bien. Il sert à calculer un impôt, rien d’autre. De même, les hypothèses de progression de valeur que nous posons plus bas (0 % et 3 % par an) sont des hypothèses de travail explicitement posées, destinées à montrer la sensibilitédu résultat : elles ne sont pas des anticipations, et nous ne présentons aucun gain comme acquis.
Le système à points : où il est écrit, et comment il se calcule
Le woningwaarderingsstelsel— que l’on abrège WWS et que l’on peut traduire par « système d’évaluation du logement » — n’est pas une grille indicative. C’est une chaîne de trois textes, dont chacun renvoie au suivant, et il faut connaître les trois pour vérifier un loyer.
Premier maillon : la loi.L’article 10, alinéa 1, de la Uitvoeringswet huurprijzen woonruimte— que nous avons ouverte le 03/08/2026 dans sa version « Geldend van 04-06-2026 t/m heden » — dispose que des règles d’évaluation de la qualité d’un logement sont fixées par ou en vertu d’un décret. La loi ne dit rien du barème : elle délègue.
Deuxième maillon : le décret. Le Besluit huurprijzen woonruimte(BWBR0003237), version « Geldend van 01-01-2026 t/m heden », règle la question en un article de trois lignes, l’article 5 :
Article 5 du Besluit huurprijzen woonruimte — le renvoi à l’annexe I
« De in artikel 10, eerste lid, van de Uitvoeringswet huurprijzen woonruimte bedoelde waardering van de kwaliteit van woonruimte vindt plaats : a. voor woonruimte, welke een zelfstandige woning vormt, overeenkomstig het in bijlage I, onder A, van dit besluit vervatte waarderingsstelsel en de daarbij gegeven toelichting ; » — et les points b et c renvoient de la même manière à l’annexe I sous B pour les logements non autonomes (chambres, onzelfstandige woonruimte) et sous C pour les habitations mobiles et leurs emplacements.
Trois barèmes distincts, donc, et il faut savoir lequel s’applique. Un studio avec cuisine et sanitaires privatifs est une zelfstandige woninget relève de l’annexe A. Une chambre dans un appartement partagé, avec cuisine ou salle d’eau commune, relève de l’annexe B et d’un tout autre décompte. Un expatrié qui divise son appartement pour le louer à la chambre change de barème, et il change aussi de régime d’urbanisme communal.
Troisième maillon : l’arrêté qui convertit les points en euros.L’annexe I du décret donne les points ; elle ne donne pas les loyers. Ceux-ci figurent dans la Uitvoeringsregeling huurprijzen woonruimte(BWBR0015386), dont nous avons ouvert le 04/08/2026 la version en vigueur, « Geldend van 01-07-2026 t/m heden », qui reprend sans les modifier les montants de la version « Geldend van 01-01-2026 t/m 30-06-2026 » relevée la veille, et dont l’article 2 pose : « De maximale huurprijsgrenzen voor woonruimten welke een zelfstandige woning vormen als bedoeld in artikel 1, tweede lid, van het Besluit huurprijzen woonruimte zijn de bedragen, genoemd in bijlage I. » C’est cette annexe qui porte la table point par point, du premier au dernier.
Retenez la chaîne, parce qu’elle explique une chose que les brochures ne disent pas : le barème des points et le barème des euros sont dans deux textes différents, et ils ne bougent pas au même rythme. Le premier est refondu par réforme ; le second est indexé chaque 1er janvier. Un comptage fait en 2025 reste valable en 2026, mais le loyer qu’il autorise a changé.
Les douze rubriques, et ce que chacune vaut
Voici le contenu de l’annexe I, sous A, telle que nous l’avons relevée le 03/08/2026. Nous donnons les barèmes principaux ; le texte comporte des sous-cas et une notice explicative (toelichting) qui, elle-même, a valeur normative par le renvoi de l’article 5. Un comptage complet ne s’improvise pas depuis la France : il se fait sur place, mètre en main.
| Rubrique | Ce qui est compté | Barème de points |
|---|---|---|
| 1 | Surface des pièces d’habitation (vertrekken) | 1 point par m² |
| 2 | Surface des autres espaces (overige ruimten) : cave, grenier, réserve | 0,75 point par m² |
| 3 | Chauffage et rafraîchissement | 2 points par pièce chauffée ; 1 point par autre espace ou dégagement chauffé, plafonné à 4 ; 1 point par pièce dotée d’une fonction de rafraîchissement, plafonné à 2 |
| 4 | Performance énergétique | De +62 points (étiquette A++++, maison individuelle) à −15 points (étiquette G). Barème détaillé ci-dessous |
| 5 | Cuisine | Plan de travail : 0 à 7 points selon la longueur. Équipements (hotte, plaque, réfrigérateur, lave-vaisselle…) : jusqu’à doubler la valeur du plan de travail |
| 6 | Sanitaires | WC 2 à 3,75 points ; lavabo 1 à 1,5 point ; douche 4 points ; baignoire 6 points ; baignoire-douche 7 points ; équipements complémentaires jusqu’à doublement |
| 7 | Aménagements pour personnes handicapées | 1 point par tranche de 332 € de dépense engagée |
| 8 | Espaces extérieurs | Espace privatif : 2 points, plus 0,35 point par m². Espace commun : 0,75 point par m², divisé par le nombre d’adresses desservies. Absence d’espace extérieur : −5 points. Plafond global de la rubrique : 15 points |
| 9 | Espaces intérieurs communs | 1 point par m² pour les pièces, 0,75 point par m² pour les autres espaces, divisés par le nombre d’adresses |
| 10 | Stationnement commun | Garage fermé 9 points ; couvert extérieur 6 points ; extérieur non couvert 4 points, divisés par le nombre d’adresses. Borne de recharge : +2 points |
| 11 | Valeur cadastrale WOZ | Deux composantes : 1 point par 16 954 € de valeur WOZ, et une composante rapportée au m². Le tout plafonné à 33 % du total — sauf exceptions décisives, voir ci-dessous |
| 12 | Équipements particuliers | Logement adapté aux soins : +35 % du total des rubriques 1 à 11. Visiophone : 0,25 point. Borne de recharge : 2 points, divisés |
Deux observations, avant d’entrer dans les deux rubriques qui décident vraiment.
La première : le barème ne récompense pas ce qu’un acheteur français croit payer.L’emplacement n’y figure pas. La vue non plus. L’étage non plus, en tant que tel. Le charme d’un immeuble du XVIIe siècle sur un canal ne rapporte aucun point ; son absence d’isolation en fait perdre quinze. Ce que le WWS mesure, c’est une qualité d’usage— surface, confort thermique, équipements — et non une valeur de marché. La valeur de marché n’entre qu’à la rubrique 11, par la porte de la WOZ, et cette porte est étroite.
La seconde : il existe des points négatifs. Un appartement sans balcon ni terrasse ni jardin perd cinq points au titre de la rubrique 8. Une étiquette G en fait perdre quinze au titre de la rubrique 4. Cumulés, ces vingt points valent, dans la zone du seuil de libéralisation, environ 137 € de loyer mensuel— et surtout, ils peuvent faire basculer un bien du secteur libre vers le secteur réglementé, ce qui n’est pas une question de degré mais de nature.
La rubrique 4 : l’étiquette énergétique, seul levier vraiment actionnable
C’est la rubrique la plus lourde du barème après la surface, et c’est la seule sur laquelle un propriétaire peut agir en quelques mois. Le barème distingue les maisons individuelles (eengezinswoningen) des appartements et duplex (meergezinswoningen). En l’absence d’étiquette valable, le décret retient une équivalence fondée sur l’année de construction — et cette équivalence est brutale pour le bâti ancien.
| Étiquette | Équivalence par année de construction, à défaut d’étiquette | Maison individuelle | Appartement ou duplex |
|---|---|---|---|
| A++++ | sans équivalence | 62 | 58 |
| A+++ | sans équivalence | 57 | 53 |
| A++ | sans équivalence | 52 | 48 |
| A+ | sans équivalence | 47 | 43 |
| A | 2002 et après | 41 | 37 |
| B | 2000 – 2001 | 34 | 30 |
| C | 1992 – 1999 | 22 | 15 |
| D | 1984 – 1991 | 14 | 11 |
| E | 1979 – 1983 | −4 | −4 |
| F | 1977 – 1978 | −9 | −9 |
| G | 1976 et avant | −15 | −15 |
Lisez la colonne de droite de haut en bas. Sur un appartement, passer de l’étiquette E à l’étiquette A fait gagner 41 points : −4 devient +37. Dans la zone du seuil de libéralisation, un point vaut de l’ordre de 6,80 € à 6,85 € de loyer mensuel — nous établissons ce chiffre plus bas sur la table officielle. Quarante et un points, ce sont donc environ 281 € de loyer mensuel, soit 3 372 € par an, et le franchissement quasi certain d’un ou deux seuils de segment.
Le seul arbitrage de travaux qui se calcule d’avance, et il se calcule bien
C’est le point où le droit néerlandais du loyer et l’économie de la rénovation se rejoignent proprement. Un investissement d’isolation et de pompe à chaleur qui fait passer un appartement de E à A ne se juge pas sur l’économie de chauffage — que le bailleur ne perçoit pas, puisque c’est le locataire qui paie l’énergie — mais sur les 41 pointsqu’il rapporte et sur le loyer qu’ils autorisent.
Trois précautions, cependant, et elles sont dans le texte. Un :le gain de points ne se traduit en loyer supplémentaire, sur un bail en cours, que dans la limite du pourcentage annuel de hausse applicable au segment (voir plus bas) ; il se traduit intégralement au bail suivant. Deux :la hausse de valeur du bien résultant d’une améliorationest neutralisée en box 3 — ce qui est favorable — alors que celle résultant d’un simple entretienne l’est pas ; nous y revenons en détail dans la partie fiscale. Trois :aucune dépense de travaux n’est déductible en box 3, ni dans le régime forfaitaire, ni dans la contre-preuve. L’investissement se rentabilise par le loyer, jamais par l’impôt.
La rubrique 11 : la valeur cadastrale, et le plafond de 33 % qui referme la porte
Voici la rubrique que les investisseurs étrangers comprennent de travers, et l’erreur coûte cher parce qu’elle porte sur la décision d’achat elle-même. Le raisonnement spontané est : « j’achète cher à Amsterdam, donc ma WOZ est élevée, donc j’aurai beaucoup de points, donc je serai dans le secteur libre ». Ce raisonnement est faux, et il est faux par construction.
La rubrique 11 comporte deux composantes. La première convertit la valeur WOZ en points à raison d’un point par 16 954 €pour les avis WOZ dont la date de référence est le 1er janvier 2025 — c’est-à-dire, pour l’année 2026. La seconde rapporte la valeur WOZ à la surface : on divise la valeur par le nombre de mètres carrés des pièces, des autres espaces et des emplacements de stationnement, puis par 268 €, pour la même date de référence. Un plancher de valeur WOZ est prévu pour les logements de très faible valeur. Les deux composantes s’additionnent.
Puis vient la phrase qui referme le dispositif, et nous la reproduisons parce qu’elle est le cœur du sujet :
Rubrique 11 de l’annexe I, sous A — le plafond de 33 % et ses deux exceptions
« Het aandeel van de punten voor de WOZ-waarde in de waardering van de woning is niet groter dan 33 procent. Deze beperking geldt niet voor woningen als bedoeld in onderdeel 11.1, onder a, en niet voor woningen waarvan de waardering zonder die beperking lager is dan 187 punten. »
Traduction fidèle : la part des points de WOZ dans l’évaluation du logement n’excède pas 33 %. Cette limitation ne s’applique pas aux logements visés au point 11.1, sous a — une catégorie étroite de petits logements neufs de moins de 40 m² construits entre 2018 et 2022 dans les zones COROP d’Amsterdam et d’Utrecht — ni aux logements dont l’évaluation, sanscette limitation, serait inférieure à 187 points.
Lisez la seconde exception à l’envers, c’est ainsi qu’elle fonctionne. Le plafond ne mord quesur les logements qui, sans lui, atteindraient 187 points ou plus. Autrement dit : le plafond de 33 % a été écrit pour empêcher exactement une chose — qu’un petit logement de qualité médiocre franchisse le seuil de libéralisation par le seul effet de son prix. Le législateur néerlandais a fermé la porte par laquelle l’acheteur étranger espérait passer.
Prenons la mesure de la contrainte. Pour qu’un logement atteigne 187 points avec le plafond en vigueur, les rubriques 1 à 10 et 12 doivent à elles seules produire au moins 125 points— puisque les points de WOZ ne peuvent représenter plus du tiers du total, soit au plus 62 points sur 187. Cent vingt-cinq points hors WOZ, sur un appartement, cela suppose une combinaison de surface et de confort qui ne s’obtient pas en dessous d’environ 70 m² correctement équipés et correctement isolés. Un studio amstellodamois de 35 m² à 450 000 € ne sera pas dans le secteur libre, quel que soit son prix, et son loyer sera plafonné. Une précision s’impose toutefois sur la portée du plafond, et elle en borne l’effet : lorsqu’il s’applique, il ne peut jamais faire descendre le logement en dessous de 186 points. La notice officielle du barème l’énonce ainsi : « wanneer een woning zonder de ‘cap op de WOZ’ 187 of meer punten krijgt en door ‘de cap op de WOZ’ minder dan 187 punten krijgt: dan geldt een minimale waardering van 186 punten voor de woning ». Un logement que le plafond fait retomber du secteur libre ne tombe donc que d’un point : il se retrouve au sommet du segment intermédiaire, à 1 228,07 € par mois, et non au bas du barème.
Ce que cela change concrètement pour un acheteur français
La question à poser avant de signer n’est pas « quel loyer puis-je espérer ? » mais « combien de points fait ce logement, et de combien manque-t-il pour 187 ? ». Les deux questions n’ont pas la même réponse, elles n’ont pas le même interlocuteur, et elles n’ont pas le même calendrier. La première se pose à un agent ; la seconde se pose à un huurrechtspecialist ou à un taxateurcertifié, et elle se pose avant la signature du compromis, parce qu’après il est trop tard pour la poser utilement.
Un point de différence — un mètre carré, une hotte, un balcon — peut valoir plusieurs centaines d’euros de loyer mensuel s’il se trouve à la frontière d’un segment, et seulement 6,85 € s’il se trouve au milieu. C’est la raison pour laquelle un comptage approximatif n’a aucune valeur : la fonction est en escalier, pas linéaire.
Les majorations de plafond : monuments, sites protégés, construction neuve
L’article 8a du Besluit huurprijzen woonruimte, dans sa version « Geldend van 01-01-2026 t/m heden », prévoit quatre majorations du plafond obtenu par les points. Elles ne créent pas de points : elles multiplient le loyer plafond correspondant au nombre de points déjà obtenu. La distinction compte, parce qu’une majoration de plafond ne fait pas franchir le seuil de libéralisation, qui se mesure en points.
| Situation | Majoration du loyer plafond | Condition |
|---|---|---|
| Monument national (rijksmonument au sens de l’article 1.1 de l’Erfgoedwet) | +35 % | Le bail doit avoir été conclu après l’entrée en vigueur de la Wet betaalbare huur, soit après le 1er juillet 2024 |
| Monument communal ou provincial désigné | +15 % | Désignation par le collège des bourgmestre et échevins ou par les États députés |
| Site urbain ou villageois protégé au niveau national | +5 % | Trois conditions cumulatives : le logement appartient à un rijksbeschermd stads- of dorpsgezicht au sens de l’article 2.34, alinéa 4, de l’Omgevingswet ; il fait partie d’une maison construite avant 1965 ; et il n’est lui-même ni un rijksmonument ni un monument communal ou provincial désigné |
| Construction neuve, segment intermédiaire | +10 % | Logement occupé pour la première fois après le 1er juillet 2024, et dont la construction — ou la transformation depuis un autre usage — a démarré avant le 1er janvier 2028. La majoration vaut vingt ans à compter de la première occupation |
La quatrième ligne mérite une attention particulière, parce qu’elle est la seule mesure de ce corpus qui soit franchement favorable à l’investisseur et qu’elle porte une date couperet. Un logement neuf du segment intermédiaire, occupé pour la première fois après le 1er juillet 2024 et dont le chantier a démarré avant le 1er janvier 2028, bénéficie d’un plafond majoré de 10 % pendant vingt ans. Sur le plafond du segment intermédiaire, cela porte le loyer maximal de 1 228,07 € à 1 350,88 € par mois, soit 1 474 € de loyer supplémentaire par an, pendant vingt ans. C’est, à notre lecture, le seul argument proprement fiscal et réglementaire qui distingue aujourd’hui le neuf de l’ancien en location intermédiaire aux Pays-Bas — l’autre étant le régime de TVA, traité au chapitre consacré à l’acquisition.
Les trois segments, et le point de bascule vers le secteur libre
Le total de points range le logement dans l’un de trois segments. Le premier est le logement social régulé ; le deuxième, créé par la réforme de 2024, est le segment intermédiaire, le middenhuur ; le troisième est le secteur libre. Les bornes sont des nombres entiers de points, et les plafonds correspondants sont indexés chaque 1er janvier — de 3,65 %au 1er janvier 2026.
| Segment | Points WWS | Loyer plafond mensuel 2026 | Ce que le bailleur peut faire du loyer d’entrée |
|---|---|---|---|
| Régulé bas — logement social | 0 à 143 | 932,93 € | Rien : le plafond s’impose, et la commune peut le faire respecter |
| Régulé intermédiaire — middenhuur | 144 à 186 | 1 228,07 € | Rien : le plafond s’impose au même titre. C’est le segment créé par la réforme du 1er juillet 2024 |
| Secteur libre — geliberaliseerd | 187 et plus | aucun plafond de loyer d’entrée | Le loyer d’entrée est libre. Mais la hausse en cours de bail est plafonnée, et le locataire conserve six mois pour faire vérifier le comptage |
Nous avons relevé sur cette même annexe les quatre valeurs qui encadrent les deux seuils, parce que ce sont elles qui permettent de chiffrer ce que vaut un point :
| Points | Loyer plafond mensuel 2026 | Écart avec le point précédent |
|---|---|---|
| 143 — dernier point du segment social | 932,93 € | — |
| 144 — premier point du segment intermédiaire | 939,73 € | +6,80 € |
| 186 — dernier point réglementé | 1 228,07 € | — |
| 187 — premier point du secteur libre | 1 234,92 € | +6,85 € au barème… et disparition du barème |
Le 187e point n’est pas un point comme les autres.Au barème, il vaut 6,85 €. En réalité, il vaut la différence entre un loyer administré et un loyer de marché. Sur un appartement de 70 m² à Amsterdam, le loyer moyen du secteur libre relevé par la fédération professionnelle NVM au premier trimestre 2026 s’établit à 24,88 €/m²/mois, soit 1 741,60 €pour ce logement. Le plafond du 186e point est de 1 228,07 €. L’écart est de 513,53 € par mois, soit 6 162 € par an, et il tient à un point.
Ce que vaut un point, et pourquoi la question n’a pas une seule réponse
Valeur d’un point = 6,80 € à 6,85 € par mois au barème, PARTOUT SAUF au franchissement du 144e et du 187e point, où elle vaut le changement de régime tout entier
- Au milieu d’un segment :Environ 6,80 € à 6,85 € de loyer mensuel, soit de l’ordre de 82 € par an. Un point de plus ou de moins n’y change pratiquement rien
- Au franchissement du 144e point :Le plafond passe de 932,93 € à 939,73 € — soit le même écart marginal. Le vrai effet est ailleurs : on quitte le barème de hausse du segment social (4,1 % en 2026, au 1er juillet) pour celui du segment intermédiaire (6,1 %, au 1er janvier)
- Au franchissement du 187e point :Le plafond de loyer d’entrée disparaît. Sur un 70 m² amstellodamois, l’écart entre le plafond du 186e point et le loyer moyen du secteur libre est de 513,53 € par mois, soit 6 162 € par an
- Le levier le plus rapide :L’étiquette énergétique. De E à A sur un appartement : +41 points, soit environ 281 € de plafond mensuel supplémentaire, et le franchissement quasi certain d’un seuil
- Le levier le plus trompeur :La valeur WOZ. Le plafond de 33 % de la rubrique 11 ne s’applique qu’aux logements qui atteindraient 187 points sans lui : payer plus cher ne fait pas franchir le seuil
La conséquence opérationnelle est simple à formuler et difficile à exécuter : sur un bien qui compte 180 à 186 points, sept points de travaux d’isolation valent davantage que soixante mille euros de négociation sur le prix. Sur un bien qui en compte 120, les mêmes travaux ne rapportent que le barème. Le comptage préalable n’est pas une formalité : c’est ce qui dit laquelle des deux situations est la vôtre.
- Le comptage se fait sur le logement tel qu’il est loué, à la date de prise d’effet du bail. Des travaux postérieurs ne modifient le loyer exigible qu’au bail suivant, sous réserve de la procédure de hausse pour amélioration.
- La borne de 186 points est aussi la liberalisatiegrens : elle sert à la fois de sommet du segment intermédiaire et de définition du bail libéralisé au sens de l’article 7:247 du Burgerlijk Wetboek.
- Un bien à 186 points loué au plafond de 1 228,07 € et un bien à 187 points loué 1 741,60 € peuvent être, physiquement, presque identiques. L’écart de valeur patrimoniale qui en résulte est sans commune mesure avec l’écart de qualité.
- Les majorations de l’article 8a (monument, site protégé, neuf) augmentent le plafond en euros mais ne créent pas de points : elles ne font donc jamais franchir le seuil de 187.
C’est le loyer d’entrée qui décide, jamais le loyer courant
La règle est constante dans tout le dispositif et elle surprend systématiquement les propriétaires français : le caractère libéralisé ou réglementé d’un bail se détermine par le aanvangshuurprijs, le loyer convenu à la prise d’effet du contrat, et non par le loyer effectivement pratiqué plus tard. La page officielle « Maximale huurprijsgrenzen » de volkshuisvestingnederland.nl, relevée le 02/08/2026 lors de l’établissement de notre socle documentaire, l’énonce expressément.
Deux conséquences pratiques. Un :un bail conclu à un loyer d’entrée inférieur au seuil de libéralisation reste réglementé pour toute sa durée, même si les hausses successives portent le loyer bien au-delà du plafond. Deux :un bailleur qui consent une remise commerciale sur les premiers mois — pratique courante sur le marché locatif néerlandais tendu — doit vérifier ce que cette remise fait au loyer d’entrée retenu. Une réduction mal rédigée peut faire tomber un bien du secteur libre dans le secteur réglementé, définitivement pour ce bail.
La réforme du secteur intermédiaire : un texte, deux dates d’effet
Le segment intermédiaire n’existait pas avant 2024. Jusque-là, le système à points ne s’imposait qu’au logement social : au-dessus de la liberalisatiegrens, le loyer d’entrée était libre. La Wet betaalbare huura étendu le caractère contraignant du WWS jusqu’à 186 points, créant de toutes pièces un troisième segment régulé. Le gouvernement néerlandais chiffre lui-même l’effet attendu à environ 300 000 logements dont le loyer doit baisser, à terme, de 190 € par mois en moyenne — chiffres publiés sur la page consacrée à la loi par volkshuisvestingnederland.nl, ouverte le 03/08/2026.
Les références exactes, que nous avons vérifiées le 03/08/2026 sur zoek.officielebekendmakingen.nl :
Les deux publications qui portent la réforme
Le texte : loi du 26 juin 2024, portant modification de la Wet goed verhuurderschap, du livre 7 du Burgerlijk Wetboek, de la Uitvoeringswet huurprijzen woonruimteet d’autres lois, en vue de la régulation des loyers et de la protection des droits des locataires, publiée au Staatsblad 2024, 193, « Uitgegeven de achtentwintigste juni 2024 ». Son article VIII dispose : « Deze wet wordt aangehaald als: Wet betaalbare huur ».
L’entrée en vigueur : arrêté du 26 juin 2024, publié au Staatsblad 2024, 197, dont l’article I dispose : « De Wet betaalbare huur treedt, met uitzondering van artikel I, in werking met ingang van 1 juli 2024. » — et dont l’article II fixe l’entrée en vigueur de l’article I de la loi au 1er janvier 2025.
Cette exception d’un seul article est le point que presque toutes les présentations françaises manquent, et il n’est pas anecdotique.L’article I de la Wet betaalbare huur est celui qui modifie la Wet goed verhuurderschap, c’est-à-dire le texte administratif qui donne aux communes le pouvoir de sanctionner un bailleur. Les règles civiles — plafond de loyer opposable, saisine de la commission des loyers — sont entrées en vigueur le 1er juillet 2024. Le pouvoir communal de constater et de sanctionner un loyer excessif n’est né que le 1er janvier 2025. La page officielle volkshuisvestingnederland.nl, ouverte le 03/08/2026, l’écrit sans ambiguïté : les communes peuvent intervenir depuis le 1er janvier 2025 lorsque des bailleurs demandent un loyer trop élevé.
Pourquoi cette distinction de six mois change la nature du risque
Avant le 1er janvier 2025, un loyer supérieur au plafond n’était sanctionné que si le locatairesaisissait la commission des loyers. Le risque était donc, pour le bailleur, un risque de contentieux individuel : statistiquement diffus, souvent inexistant en pratique sur un locataire expatrié de passage qui ne connaît pas ses droits.
Depuis le 1er janvier 2025, ce même dépassement est un manquement administratif que la commune peut relever d’office, indépendamment de toute plainte, et sanctionner. La nature du risque a changé : il n’est plus contingent au comportement du locataire. Un bailleur qui a fixé son loyer en 2024 sur la foi d’un conseil d’agence, et qui n’a jamais eu de difficulté depuis, n’en tire aucune assurance pour l’avenir.
L’article 5 de la Wet goed verhuurderschap, loi du 24 mars 2023 publiée au Staatsblad 2023, 103, permet en outre au conseil municipal d’instaurer par règlement une autorisation de louer (verhuurvergunning) sur des catégories de logements et des périmètres qu’il désigne. Ces règlements sont locaux, variables, et fréquemment modifiés. Leur vérification auprès de la commune est un préalable, pas une formalité de fin de dossier.
Reste la question du droit transitoire, celle que pose tout propriétaire déjà en place : mon bail conclu avant le 1er juillet 2024 est-il rattrapé ? La Wet betaalbare huur insère à cet effet un article 23a dans la Wet goed verhuurderschap, qui réserve en principe les baux conclus avant l’entrée en vigueur, avec des exceptions — dont l’une n’a produit effet qu’un an plus tard, et concerne les logements du bas du barème. Nous avons ouvert ce texte le 03/08/2026, mais nous n’en publions pas la mécanique détaillée : l’articulation entre l’article 23a, les seuils exprimés par renvoi à la Wet op de huurtoeslaget la date de conclusion du bail est précisément le genre de question qui se tranche sur pièces, bail en main. Nous identifions le sujet, nous en chiffrons l’enjeu, et nous coordonnons l’intervention d’un avocat néerlandais en droit locatif ; nous ne rendons pas nous-mêmes cet avis.
La commission des loyers : six mois, vingt-cinq euros, et un effet rétroactif
Le contrôle du loyer d’entrée repose sur l’article 7:249 du Burgerlijk Wetboek, dont nous avons vérifié le 03/08/2026 que le livre 7 est servi par wetten.overheid.nldans sa version « Geldend van 01-07-2026 t/m heden ». Le texte, relevé sur cette source lors de l’établissement de notre socle et recoupé caractère par caractère par notre contre-audit, dispose :
Article 7:249 du Burgerlijk Wetboek — la fenêtre de six mois
« De huurder kan tot uiterlijk zes maanden na het tijdstip waarop een door hem met betrekking tot die woonruimte voor de eerste maal aangegane huurovereenkomst is ingegaan, de huurcommissie verzoeken uitspraak te doen over de redelijkheid van de overeengekomen huurprijs. »
Le locataire peut, jusqu’à six mois au plus tard après la prise d’effet du premier bail qu’il a conclu sur ce logement, demander à la commission des loyers de statuer sur le caractère raisonnable du loyer convenu.
Et voici le point que la plupart des bailleurs particuliers ignorent : cette faculté survit dans le secteur libre.L’article 7:247 du même code, qui écarte l’essentiel du régime des loyers pour les baux dont le loyer d’entrée dépasse le montant fixé en application de l’article 3, alinéa 2, de la Uitvoeringswet huurprijzen woonruimte, maintient expressément l’article 249 parmi les articles réservés. Autrement dit : un bail présenté comme libre, signé à 1 800 € par mois, peut être déféré à la commission des loyers dans les six mois de sa prise d’effet ; si le comptage révèle 182 points au lieu des 187 espérés, le loyer est ramené au plafond du barème, à compter de la date d’effet du bail.
Le coût d’accès à cette procédure est asymétrique, et l’asymétrie est voulue. Nous avons ouvert la page officielle de la Huurcommissieconsacrée aux frais de procédure le 03/08/2026 :
| Partie | Avance à verser | Si elle obtient gain de cause | Si elle succombe |
|---|---|---|---|
| Locataire | 25 € | L’avance lui est restituée ; les frais sont mis à la charge du bailleur | Il supporte 25 € |
| Bailleur (demandeur) | 500 € | L’avance lui est restituée | Il supporte 500 € |
| Bailleur en récidive | — | — | 700 € au deuxième manquement, 1 400 € au troisième, 1 750 € et au-delà à compter du quatrième dans une fenêtre de quatre ans |
| Locataire à faibles ressources | Exonération possible sur demande justifiée | — | — |
Vingt-cinq euros contre cinq cents, avec restitution au gagnant : le rapport de force procédural est construit pour que le locataire n’hésite pas. Un bailleur français qui raisonne en coût de contentieux se trompe d’échelle : l’enjeu n’est pas le montant des frais, c’est la rétroactivité de la baisse et son caractère définitif pour toute la durée du bail — laquelle, on va le voir, est en principe indéterminée.
Si vous êtes locataire expatrié : ce que vous devez faire dans vos six premiers mois
Le marché locatif néerlandais est tendu, les logements partent en quelques heures, et l’expatrié qui arrive signe ce qu’on lui présente. C’est rationnel sur le moment. Mais la fenêtre de six mois de l’article 7:249 ne se rouvre jamais, et elle court à compter de la prise d’effet du bail, non de votre installation.
Trois gestes, dans l’ordre. Un :mesurez, dès l’entrée dans les lieux, les surfaces des pièces et des autres espaces — ce sont les rubriques 1 et 2, et elles pèsent le plus lourd. Deux :demandez au bailleur l’étiquette énergétique du logement et l’avis WOZ de l’année ; l’une et l’autre commandent des rubriques entières. Trois :si le comptage vous place en dessous de 187 points alors que votre loyer excède 1 228,07 €, la demande à la commission des loyers coûte 25 € et se dépose avant l’échéance des six mois. Le dossier ne dépend pas de la bonne volonté du bailleur : la commission tranche.
L’article 7:254 du même code ouvre par ailleurs une seconde voie, distincte : lorsque le bailleur refuse une proposition de baisse de loyer formée par le locataire, celui-ci peut saisir la commission dans les six semaines de la date à laquelle la baisse aurait dû prendre effet. Cette voie-là ne se referme pas au bout de six mois.
Les hausses de loyer : trois plafonds, trois dates, aucune liberté
Il faut ici corriger une formule qui circule et que nous avons nous-mêmes trouvée dans nos documents de travail avant de la reprendre : on lit qu’« il n’existe aux Pays-Bas aucun segment où le loyer puisse être augmenté librement ». La phrase est fausse telle quelle, parce qu’elle confond deux choses. Le plafonnement porte sur la hausse en cours de bail, dans les trois segments sans exception. Il ne porte pas sur le loyer d’entrée d’un nouveau bail dans le secteur libre, lequel se fixe au prix du marché.
Cette distinction n’est pas doctrinale : elle commande la stratégie de détention. En France, la rentabilité d’un bien locatif se construit sur la durée du bail et l’indexation. Aux Pays-Bas, dans le secteur libre, l’indexation est bridée à un pourcentage inférieur à la progression des loyers de marché, et c’est la rotation des locatairesqui permet de rattraper le marché. C’est exactement l’inverse de la logique française — et cela explique que la protection du locataire, traitée dans la section suivante, soit le véritable paramètre de risque de l’opération.
Les mécanismes de plafonnement figurent à l’article 10 de la Uitvoeringswet huurprijzen woonruimte, version « Geldend van 04-06-2026 t/m heden » que nous avons ouverte le 03/08/2026 :
| Segment | Formule légale | Plafond 2026 | Date d’effet |
|---|---|---|---|
| Social (0 à 143 points) | Article 10, alinéa 2 : hausse modulée selon le revenu du ménage. Les seuils inscrits dans le texte pour 2026 sont 59 504 € (personne seule) et 68 858 € (ménage) pour la tranche basse, 70 149 € et 93 531 € pour la tranche haute | 4,1 % | 1er juillet 2026 |
| Intermédiaire (144 à 186 points) | Article 10, alinéa 4 : indice des salaires conventionnels, majoré d’un point. Sans alternative par l’inflation | 6,1 % | 1er janvier 2026 |
| Libre (187 points et plus) | Article 10, alinéa 3 : le plus faible de l’indice des prix à la consommation majoré d’un point et de l’indice des salaires conventionnels majoré d’un point | 4,4 % | 1er janvier 2026 |
Le communiqué gouvernemental détaille les calculs, et il vaut de les refaire, parce qu’ils disent où se situera le plafond de l’année prochaine. Segment social :l’inflation moyenne de décembre 2022 à décembre 2025 ressort à 3,6 %, majorée de 0,5 point, soit 4,1 %. Segment intermédiaire :la progression des salaires conventionnels de décembre 2024 à décembre 2025 ressort à 5,1 %, majorée d’un point, soit 6,1 %. Secteur libre :l’inflation, à 3,4 %, étant inférieure à la progression salariale de 5,1 %, c’est elle qui est retenue, majorée d’un point, soit 4,4 %.
L’anomalie de 2026 : le segment le plus régulé est celui qui augmente le plus
Regardez la colonne des plafonds. Le segment intermédiaire— celui que la réforme a créé pour rendre le logement abordable — bénéficie en 2026 du plafond de hausse le plus élevé : 6,1 %, contre 4,4 % dans le secteur libre et 4,1 % dans le social. Ce n’est pas une erreur de rédaction du décret : c’est la conséquence mécanique de la formule de l’alinéa 4, qui indexe le segment intermédiaire sur les salairessans alternative par l’inflation, dans une année où les salaires progressent beaucoup plus vite que les prix.
La conséquence pour un bailleur du segment intermédiaire est directe et se chiffre. Sur un loyer de 1 100 € par mois, 6,1 % représentent 67,10 € par mois, soit 805 € sur l’année— pour peu que la hausse soit notifiée dans les formes et dans les délais, et que le loyer plafonné du segment ne soit pas déjà atteint. Car c’est là la limite : la hausse ne peut jamais porter le loyer au-delà du plafond du barème. Un bien déjà loué au maximum de ses points n’a droit à aucune hausse, quel que soit le pourcentage annoncé, tant que l’indexation annuelle du barème lui-même — 3,65 % au 1er janvier 2026 — ne lui a pas fait de place.
Deux précisions de calendrier, l’une et l’autre issues de textes que nous avons ouverts le 03/08/2026. Première : le plafonnement du secteur libre, longtemps présenté comme temporaire, a été prorogé par la loi du 24 avril 2024 publiée au Staatsblad 2024, 108, dont l’article I substitue à la formule « drie jaar na dat tijdstip » les mots « met ingang van 1 mei 2029 ». Le plafonnement du secteur libre court donc jusqu’au 1er mai 2029, et l’article 10 de la Uitvoeringswet porte effectivement, dans la version consolidée que nous avons ouverte, une modification future prenant effet à cette date. Seconde :la même loi du 24 avril 2024 a raccourci le délai de prescription de l’action en paiement d’une hausse de loyer, ramené à deux ans, et réduit à un an dans un cas particulier tenant à l’absence de notification écrite. Un bailleur qui laisse courir des hausses non réclamées ne les rattrape plus indéfiniment.
Les obligations du bailleur : ce que la Wet goed verhuurderschap impose
La Wet goed verhuurderschap — la loi sur le bon comportement du bailleur — est la loi du 24 mars 2023, publiée au Staatsblad 2023, 103, portant règles tendant à promouvoir le bon comportement locatif et à prévenir les pratiques de location indésirables. Nous l’avons ouverte le 03/08/2026, ainsi que la page officielle volkshuisvestingnederland.nlconsacrée aux règles nationales qui en découlent. Son article 2, alinéa 1, pose que le bailleur ou l’intermédiaire d’un local d’habitation ou d’hébergement agit conformément aux règles du bon comportement de bailleur ; son alinéa 2 les énumère.
| Obligation | Contenu | Ce que le bailleur doit faire concrètement |
|---|---|---|
| Non-discrimination | S’abstenir de toute distinction injustifiée, par une procédure de sélection claire et transparente, des critères objectifs, et la motivation du choix du locataire retenu | Documenter la procédure de sélection et conserver la motivation du choix. Un bailleur qui reçoit vingt dossiers doit pouvoir dire pourquoi il a retenu celui-là |
| Absence d’intimidation | S’abstenir de toute forme d’intimidation | Les exemples cités par l’administration incluent la menace d’expulsion destinée à obtenir un loyer plus élevé et la coupure de fluides en réponse à une réclamation |
| Dépôt de garantie plafonné | Ne pas exiger un dépôt supérieur au maximum légal, soit deux mois de loyer de base pour les baux conclus à compter du 1er juillet 2023 | Restituer le dépôt dans les quatorze jours de la fin du bail — trente jours lorsque le bailleur en retient une part (article 7:261b, alinéa 3, du Burgerlijk Wetboek, auquel renvoie l’article 2, alinéa 2, sous c, de la Wet goed verhuurderschap). Seuls quatre postes sont imputables : arriérés de loyer, charges, réparation des dégradations de l’article 7:218, et indemnité de performance énergétique |
| Bail écrit | Consigner le bail par écrit | Les accords verbaux doivent être confirmés par écrit pour tous les baux conclus depuis le 1er juillet 2023 |
| Devoir d’information | Informer le locataire par écrit de ses droits et obligations, du régime du dépôt de garantie, des coordonnées de contact, du point de signalement communal et de la ventilation des charges | Une notice écrite, remise à l’entrée dans les lieux. Pour les travailleurs migrants de l’Union, l’information doit être fournie dans une langue que le locataire comprend |
| Charges justifiées | Ne facturer les charges que selon les règles légales : un décompte détaillé annuel, limité aux frais réellement supportés, sans marge | Tenir un compte de charges par logement et l’adresser chaque année |
| Pas de double commission | Lorsque le bailleur mandate un intermédiaire, c’est lui qui en supporte le coût ; l’intermédiaire ne peut le refacturer au locataire | Vérifier le mandat de l’agent et la facturation. La pratique inverse est courante et illicite |
Deux dispositions de cette loi méritent d’être isolées, parce qu’elles portent le risque. L’article 5autorise le conseil municipal à instaurer, par règlement, l’interdiction de louer sans autorisation une catégorie de logements désignée dans un périmètre désigné : c’est la verhuurvergunning. L’article 19prévoit une amende administrative, dont le plafond correspond à la quatrième catégorie du code pénal néerlandais, portée à la cinquième catégorie en cas de récidive. Nous ne publions pas ici le montant en euros de ces catégories : il est fixé par un autre texte, que nous n’avons pas ouvert pour ce chapitre, et il est révisé périodiquement. L’ordre de grandeur, en revanche, n’est pas celui d’une contravention.
Le cas type du bailleur expatrié, et pourquoi il se met en défaut sans le savoir
Un cadre français installé à Amsterdam achète un second appartement, le confie à une agence, et considère l’affaire réglée. Trois manquements se produisent alors régulièrement, et aucun des trois ne suppose de mauvaise foi.
Le premier :l’agence facture au locataire ses honoraires de mise en location, alors qu’elle est mandatée par le bailleur. Le manquement est celui du bailleur autant que celui de l’intermédiaire, l’article 2 visant les deux. Le deuxième :le dépôt de garantie est fixé à trois mois de loyer, usage antérieur au 1er juillet 2023 encore répandu. Le troisième : les charges sont facturées au forfait, sans décompte annuel détaillé — ce qui est la norme dans beaucoup de baux français et une irrégularité aux Pays-Bas.
Aucun de ces trois points n’est cher à corriger avant la signature. Tous les trois sont coûteux à corriger après, parce que la commune peut désormais les relever d’office et que le locataire dispose, sur le loyer lui-même, de la fenêtre de six mois de l’article 7:249.
La durée du bail : depuis le 1er juillet 2024, le bail court redevient l’exception
Le second texte de 2024 est la Wet vaste huurcontracten, la loi sur les baux permanents. Sa date d’entrée en vigueur est établie par un texte primaire, et non par une brochure : l’article 3 du Besluit specifieke groepen tijdelijke huurovereenkomst, décret du 5 juin 2024 publié au Staatsblad 2024, 152, dispose « De Wet vaste huurcontracten treedt in werking met ingang van 1 juli 2024 ». Le bail à durée indéterminée redevient la norme du logement d’habitation.
L’article 7:271, alinéa 1, du Burgerlijk Wetboekénonce le principe, et il faut le formuler avec précision parce que la formulation approximative circule : le bail conclu pour une durée déterminée ne prend pas fin par le seul écoulement du terme. Il ne devient pas pour autant un bail à durée indéterminée : il reste à durée déterminée, mais il doit être résilié, et cette résiliation n’est possible, à peine de nullité, que sur l’un des neuf motifsénumérés à l’article 7:274, alinéa 1. La nuance est sans effet pratique pour le locataire, qui est protégé dans les deux cas ; elle en a un pour le bailleur, qui doit produire un motif et non attendre une date.
L’alinéa 2 du même article ouvre l’exception : les baux de deux ans ou moins conclus avec des personnes appartenant à des catégories désignées par décret. Ces catégories sont au nombre de huit, énumérées à l’article 1er du Besluit specifieke groepen tijdelijke huurovereenkomst(Stb. 2024, 152), et nous les avons dénombrées :
| Catégorie | Personnes visées |
|---|---|
| a | Personnes qui, pour leurs études, souhaitent résider temporairement dans une autre commune des Pays-Bas, ou qui viennent de l’étranger et étudient aux Pays-Bas |
| b | Locataires devant quitter leur logement en raison de travaux urgents ou d’une rénovation au sens de l’article 7:220, alinéa 2, et se loger temporairement ailleurs |
| c | Personnes issues de l’hébergement social au sens de la Wet maatschappelijke opvang 2015, ou en situation de détresse sociale avec un besoin de logement urgent démontrable |
| d | Locataires avec lesquels le bailleur conclut un bail dit de seconde chance |
| e | Ayants droit d’un locataire décédé qui ne peuvent poursuivre le bail sur le fondement de l’article 7:268 |
| f | Personnes ayant un ou plusieurs enfants mineurs, qui ne mènent plus de vie commune durable avec l’autre parent et souhaitent continuer à résider à proximité de leurs enfants |
| g | Personnes ayant besoin d’un logement temporaire pour leur travail sur Ameland, Schiermonnikoog, Terschelling, Texel et Vlieland |
| h | Titulaires d’un titre de séjour au sens de la Huisvestingswet 2014 sortant d’un centre d’accueil et logés dans l’attente d’un logement définitif attribué par la commune |
Le point que tout expatrié doit connaître, dans les deux sens
L’expatrié n’est pas dans cette liste.Le cadre envoyé temporairement aux Pays-Bas n’y figure pas ; le salarié en mission non plus ; le titulaire de la règle des 30 % non plus. Seule la catégorie a le concerne, et seulement s’il vient de l’étranger pour étudier aux Pays-Bas.
Si vous êtes locataire :un bail de deux ans qui vous est présenté comme « temporaire, il finira tout seul » ne finira pas tout seul. À son terme, il devra être résilié sur l’un des neuf motifs de l’article 7:274, alinéa 1, ou il continuera. Vous êtes, en pratique, protégé comme un locataire de longue durée. C’est une excellente nouvelle si vous restez, et une contrainte à connaître si vous voulez partir : l’alinéa 2 réserve d’ailleurs expressément au locataire la faculté de résilier avant le terme.
Si vous êtes bailleur :vous ne pouvez pas conclure un bail à durée déterminée efficace avec un cadre expatrié sur le fondement de cette liste. Le contrat que vous croyez signer pour deux ans est un contrat dont vous ne sortirez qu’en produisant un motif. Deux garde-fous supplémentaires figurent à l’alinéa 2 : à défaut d’information écrite du locataire sur la date d’expiration, adressée au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant celle-ci, le bail se prolonge pour une durée indéterminée ; et si un nouveau bail est conclu à la suite avec le même locataire, ce second contrat est réputé être une prolongation à durée indéterminée. L’alinéa 8 frappe enfin de nullité toute clause faisant cesser le bail sans congé.
Les neuf motifs de congé, et les deux qui servent réellement à un expatrié
L’article 7:274, alinéa 1, énumère limitativement les cas dans lesquels le juge peut faire droit à une demande de résiliation. Ils sont neuf, de a à i : a) mauvais comportement du locataire ; b) clause de libération de l’alinéa 2 ; c) besoin urgent du logement pour un usage personnel ; d) refus par le locataire d’une offre raisonnable de nouveau bail ; e) réalisation d’une affectation prévue par le plan d’urbanisme ; f) chambre située dans le logement du bailleur ; g) immeuble sous permis temporaire de quinze ans au plus ; h) vente par un bailleur particulier ; i) reprise du bail par le plus âgé des occupants ayant atteint 28 ans.
Le motif c— le besoin personnel — comporte une exclusion expresse que le texte formule entre parenthèses et qui ruine l’usage qu’un propriétaire français en attendrait : « vervreemding van de gehuurde woonruimte niet daaronder begrepen », l’aliénation du logement loué n’étant pas comprise dans le besoin personnel. Vouloir vendre n’est pas un besoin personnel. Le motif exige en outre que le locataire puisse obtenir un autre logement adapté.
La clause diplomatique — article 7:274, alinéa 2
Le régime du Français muté à l’étranger qui loue son logement néerlandais en prévoyant de le réoccuper. Lorsqu’il a été expressément stipulé, avec le locataire et avec chaque locataire successif, que le logement devra être libéré au terme convenu, le bailleur peut fonder sa demande sur cette clause.
La vente par un bailleur particulier — article 7:274, alinéa 1, h
Motif nouveau, réservé au bailleur personne physique n’agissant pas dans l’exercice d’une profession ou d’une entreprise et ne louant pas plus d’un logement, qui veut vendre un logement qu’il a lui-même occupé comme propriétaire pendant au moins deux ans juste avant la prise d’effet du bail.
L’achat d’un logement déjà occupé — article 7:274, alinéa 5, b
Le piège symétrique, pour celui qui achète plutôt que pour celui qui loue. Une demande fondée sur le besoin personnel n’est pas recevable lorsque le bailleur est l’ayant cause du bailleur précédent et que le congé intervient dans les trois ans de la notification écrite au locataire du changement de propriétaire.
Une quatrième voie existe, la location temporaire sous permis communal fondée sur la Leegstandswet, généralement employée pour un bien mis en vente et resté vacant. Nous ne l’avons pas instruite pour ce chapitre et nous n’en publions donc aucune condition ni aucun délai : c’est un sujet à ouvrir avec un avocat néerlandais en droit locatif, au même titre que la rédaction des clauses ci-dessus.
La fiscalité du bailleur : l’immeuble locatif en box 3
Le chapitre 5expose l’architecture de la box 3, l’état de la jurisprudence du Hoge Raad, le statut exact de chacun des trois forfaits et la procédure de contre-preuve. Nous n’y revenons pas : nous prenons ces acquis et nous les appliquons à un immeuble donné en location. Trois différences majeures avec la France doivent être posées d’emblée, parce qu’elles commandent tout ce qui suit.
Trois inversions par rapport au raisonnement français
Un. L’impôt ne porte pas sur le loyer, il porte sur la valeur.Un bien vacant n’ouvre droit à aucune leegwaarderatioet se trouve imposé sur 100 % de sa valeur WOZ, donc plus lourdement qu’un bien loué. Entre deux biens de même valeur, le niveau du loyer ne joue que par le coefficient de leegwaarderatio : sur une WOZ de 400 000 €, un loyer de 800 € par mois donne 84 % et 7 258 € d’impôt, un loyer de 1 400 € donne 95 % et 8 208 €. L’impôt ne suit donc jamais la recette : il suit la valeur, corrigée par un coefficient en escalier. La vacance locative ne réduit pas l’impôt : elle supprime la recette et laisse la charge.
Deux. Aucune charge n’est déductible.Ni les charges de copropriété, ni la taxe communale, ni l’assurance, ni les honoraires de gestion, ni les travaux, ni l’entretien. Le régime forfaitaire ne connaît qu’une seule déduction, celle des dettes, et à un taux qui n’est pas celui des intérêts réellement payés.
Trois. La plus-value de cession n’est pas imposée comme telle — mais elle est déjà payée. L’article 10.6ter, alinéa 5, de la Wet inkomstenbelasting 2001dérive le rendement de long terme retenu pour les immeubles de l’évolution de l’indice CBS des prix des logements existants. Le forfait de 6 % contientune composante d’appréciation présumée. Payer 6 % par an, c’est payer chaque année une plus-value que l’on n’a peut-être pas réalisée. Et il ne faut jamais écrire que la box 3 « n’impose pas les plus-values » : sous contre-preuve, le rendement réel comprend la variation de valeur, réalisée ou non.
Les paramètres applicables à l’exercice 2026 sont les suivants. Nous reprenons ici la qualification exacte de chaque taux, parce qu’elle n’est pas la même pour les trois et que la confusion entre eux est la plus fréquente du dossier.
| Paramètre | Valeur | Statut exact | Base |
|---|---|---|---|
| Forfait applicable aux « autres actifs » (overige bezittingen), dont l’immeuble locatif | 6,00 % | Définitif pour 2026. Il est fixé au début de l’année civile et ne sera pas révisé | Article 5.2, alinéa 2, combiné à l’article 10.6ter, alinéa 3, de la Wet IB 2001 |
| Forfait applicable aux dettes | 2,70 % | Taux définitif de 2025, retenu à titre PROVISOIRE pour 2026. Le taux définitif de 2026 ne sera arrêté qu’au début de 2027, avec effet rétroactif | Article 5.2, alinéa 2 (version « Geldend van 21-02-2026 t/m heden ») et article 10.6ter, alinéa 4 |
| Taux d’imposition de la box 3 | 36 % | Définitif | Article 2.13 de la Wet IB 2001 |
| Abattement (heffingvrij vermogen) | 59 357 € par personne, 118 714 € pour des partenaires fiscaux | Définitif — mais réservé au résident, et perdu dès que la contre-preuve est invoquée | Article 5.5 |
| Franchise sur les dettes (schuldendrempel) | 3 800 €, 7 600 € pour des partenaires | Définitif | Article 5.3, alinéa 3, sous f |
Le non-résident propriétaire aux Pays-Bas n’a pas droit à l’abattement
C’est un point coûteux, et il n’est pas tranché. Selon une première lecture, l’article 5.2, alinéa 1, assoit l’avantage imposable sur la grondslag sparen en beleggen, définie après abattement, tandis que l’article 7.7, alinéa 1, seconde phrase, y substitue, pour le non-résident, le rendement de la rendementsgrondslag in Nederland — c’est-à-dire la base brute, sans abattement ; l’article 7.8, alinéa 3, la conforte a contrario, puisque le législateur y rétablit nommément, pour le contribuable non résident dit qualifiant, la déduction personnelle et la franchise de 3 800 € sur les dettes, et ne rétablit pas l’article 5.5. Selon une seconde lecture, le renvoi global de l’article 7.7, alinéa 1, aux « regels van hoofdstuk 5 » emporte application de l’article 5.5, et la littérature professionnelle néerlandaise rapporte une modification entrée en vigueur au 1er janvier 2017 en ce sens — sans qu’aucune disposition légale ni position administrative publiée ne l’établisse. Nous chiffrons l’écart, nous ne le tranchons pas.
Chiffré : 59 357 × 6 % × 36 % = 1 282 € par an et par personne. Un couple de résidents de France propriétaire d’un seul bien aux Pays-Bas paie 2 564 € de plus par anqu’un couple de résidents néerlandais détenant le même bien, dès le premier euro de valeur nette. Sur dix ans, à paramètres constants, cela représente 25 640 €.
La conséquence de calendrier est directe pour qui rentre en France : le retour ne libère pas le bien néerlandais de la box 3, il le prive de l’abattement. Nous y revenons au chapitre consacré au retour.
La valorisation : WOZ, leegwaarderatio, et les trois correctifs
Un logement de box 3 n’est pas retenu pour sa valeur vénale mais pour sa valeur WOZarrêtée pour l’année civile (article 5.20, alinéa 1). Lorsqu’il est loué et que la location relève du régime protecteur du livre 7 du code civil, cette valeur est réduite par un coefficient fixé par décret, la leegwaarderatio (alinéa 3). En cas de bail à construction (erfpacht), elle est diminuée de la valeur capitalisée du canon (alinéa 4) — et cette capitalisation est chiffrée : l’article 17b du Uitvoeringsbesluit inkomstenbelasting 2001 retient dix-sept fois le canon annuel.
Le barème de la leegwaarderatiofigure à l’article 17a du même décret, version « Geldend van 01-01-2026 t/m heden ». Son alinéa 3 précise que le loyer annuel à retenir est douze fois le loyer mensuel tel qu’il s’applique au début de l’année civile.
| Rapport loyer annuel / valeur WOZ | Pourcentage de la WOZ retenu | Effet sur l’impôt annuel, pour une WOZ de 400 000 € |
|---|---|---|
| 0 % à 1 % | 73 % | 6 307 € |
| 1 % à 2 % | 79 % | 6 826 € |
| 2 % à 3 % | 84 % | 7 258 € |
| 3 % à 4 % | 90 % | 7 776 € |
| 4 % à 5 % | 95 % | 8 208 € |
| 5 % et plus | 100 % | 8 640 € |
La falaise du barème : faire baisser sa WOZ peut augmenter son impôt
Le barème est en escalier, et le rapport qui le commande a la WOZ au dénominateur. Il en résulte une situation que personne n’anticipe et que nous chiffrons ici sur un cas réel de notre démonstration plus bas.
Soit un appartement dont le loyer annuel est de 11 195 € et la WOZ de 225 000 €. Le rapport est de 4,98 % : on est dans la tranche « 4 % à 5 % », coefficient 95 %, base 213 750 €, impôt 4 617 €.
Le propriétaire conteste sa WOZ et obtient 220 000 €. Le rapport devient 11 195 ÷ 220 000 = 5,09 % : on bascule dans la tranche « 5 % et plus », coefficient 100 %, base 220 000 €, impôt 4 752 €. Une valeur cadastrale inférieure de 5 000 € produit 135 € d’impôt de plus chaque année.
La leçon n’est pas qu’il ne faut pas contester sa WOZ : la WOZ commande aussi la taxe communale, le comptage WWS et, pour une résidence principale, le forfait de box 1. La leçon est qu’une contestation de WOZ ne se décide pas sur le seul terrain de la box 3, et jamais sans avoir refait le rapport loyer / WOZ des deux côtés de la borne.
Le barème n’est pas un plafond de décote, contrairement à ce que l’on lit — et à ce que nos propres documents de travail ont d’abord écrit. L’alinéa 6 de l’article 17a ouvre une contre-preuve de valeur, indépendante du niveau de loyer :si la valeur obtenue par WOZ × leegwaarderatioexcède d’au moins 10 % la valeur vénale du bien en état louéà la date de référence de l’article 18 de la Wet waardering onroerende zaken, c’est cette valeur vénale qui est retenue. C’est le seul mécanisme qui protège le bailleur dont le bien est grevé d’un bail protégé de longue durée à loyer élevé : il suppose une expertise datée à la waardepeildatumet se plaide au cas d’espèce.
Deux correctifs complètent le dispositif : l’alinéa 4 retranche 20 000 €de la WOZ d’un logement qui constitue une fraction non cessible séparément d’une propriété bâtie ; l’alinéa 5 n’applique le coefficient qu’à la quote-part effectivement louée, au prorata des mètres carrés, en cas de location partielle.
Le piège le plus cher du chapitre : le bail court détruit la décote
Voici le point où le droit du bail et le droit fiscal se croisent, et où le montage que fait spontanément un propriétaire français coûte le plus cher. L’article 5.20, alinéa 5, de la Wet IB 2001, dans sa rédaction en vigueur depuis le 1er janvier 2026, écarte l’application de la leegwaarderatiodans deux cas :
« Het derde lid is niet van toepassing indien sprake is van: a. een voor bepaalde tijd aangegane huurovereenkomst als bedoeld in artikel 271 van Boek 7 van het Burgerlijk Wetboek; of b. gelieerde partijen die een zodanige huurprijs of pachtprijs zijn overeengekomen dat deze tussen willekeurige derden niet zou zijn overeengekomen. »
Un bail à durée déterminée fait perdre la décote en totalité, de même qu’un loyer non conforme au marché entre parties liées. Or le bail de deux ans à un collègue, à un ami de passage ou à un membre de la famille est exactement ce que fait spontanément l’expatrié qui part et ne veut pas « bloquer » son appartement.
Chiffré sur notre configuration amstellodamoise : WOZ de 555 000 €, coefficient 90 %, base 499 500 €, impôt 10 789 €. Avec un bail à durée déterminée, la base redevient 555 000 €, l’impôt passe à 11 988 €— soit 1 199 € de plus par an. Et rappelons ce que la section précédente a établi : ce bail à durée déterminée conclu avec un expatrié ne prend même pas fin à son terme, faute pour l’intéressé de figurer dans l’une des huit catégories du décret. Le bailleur paie donc le prix fiscal d’une souplesse qu’il n’obtient pas juridiquement.
Un dernier mot sur les travaux, parce que la ligne de partage n’est pas celle qu’on croit. Elle ne passe pas entre « travaux » et « absence de travaux », mais entre amélioration et entretien. La hausse de valeur résultant de l’extension ou de l’amélioration d’un logementest neutralisée : l’article 5.31, alinéa 3, retient la valeur de fin d’année telle qu’elle aurait été fixée sans cette extension ou amélioration, à condition que les travaux aient été déclarés à la commune, ce qui déclenche l’article 18, alinéa 3, sous b, de la Wet WOZ. Pour un actif autrequ’un logement, l’article 5.29, alinéa 2, en fait au contraire un apport, donc une déduction. En revanche, la plus-value résultant du simple entretien n’est neutralisée par aucun mécanisme : elle est imposée. Refaire une salle de bains vétuste à l’identique améliore la valeur sans ouvrir la neutralisation ; l’étendre ouvre la neutralisation, à condition de l’avoir déclarée.
La contre-preuve du rendement réel appliquée à un bien locatif
Le chapitre 5 expose la procédure de contre-preuve dans son ensemble. Ce qu’il faut en retenir pour un immeuble locatiftient en six points, et le sixième renverse l’intuition générale.
Le seuil d’ouverture de la contre-preuve n’est pas 6 %
Seuil = 6 % × (1 − 59 357 ÷ V) pour un célibataire résident ; 6 % × (1 − 118 714 ÷ V) pour un couple de partenaires fiscaux ; et 6 % TOUT COURT pour un non-résident
- V :La base de rendement de box 3, c’est-à-dire, pour un bien locatif détenu seul, la valeur WOZ après application de la leegwaarderatio
- Pourquoi l’abattement rabaisse le seuil :Le Hoge Raad, dans son arrêt du 6 juin 2024 (ECLI:NL:HR:2024:704, considérant 5.4.2), retient le rendement réel « zonder aftrek van het bedrag van het heffingvrije vermogen » — sans déduction de l’abattement. Le forfait, lui, est proratisé par l’abattement. Les deux termes de la comparaison ne sont donc pas homogènes
- Valeurs du seuil pour un célibataire résident :3,63 % à 150 000 € de base ; 4,22 % à 200 000 € ; 4,96 % à 342 000 € ; 5,29 % à 500 000 € ; 5,64 % à 1 000 000 €
- Le non-résident :N’ayant pas droit à l’abattement, il compare un forfait brut à un rendement réel brut : son seuil est le taux plein de 6 %. Il ouvre donc la contre-preuve plus facilement que le résident
- Ce que le résident perd en invoquant la contre-preuve :L’abattement de 59 357 €, soit 1 282 € d’impôt. La contre-preuve n’est jamais un supplément : elle remplace
Conséquence pratique, et elle est contre-intuitive : sur un même bien, un résident de France et un résident des Pays-Bas ne franchissent pas le seuil au même moment. Le premier paie plus cher au forfait, mais bascule plus tôt vers le rendement réel. Une simulation qui ne pose pas d’abord la question de la résidence est fausse dès la première ligne.
- Toute règle de décision publiée sur la base d’un seuil de 6 % surestime systématiquement la protection offerte au client résident.
- La contre-preuve est optionnelle et ne peut qu’abaisser l’imposition (article 5.25, alinéa 1) : le contribuable ne la demande que si elle lui profite. Le risque n’est donc pas de la demander à tort, mais de ne pas la demander quand elle profite.
- Elle est ouverte aux non-résidents par le renvoi de l’article 7.7, alinéa 5, à l’afdeling 5.6. Un résident de France propriétaire d’un bien aux Pays-Bas y a droit.
- Le rendement réel est plancheré à zéro (article 5.25, alinéa 2) : une année de perte ramène l’impôt à zéro, jamais en dessous, et n’ouvre aucun report.
- Aucune compensation entre années n’est possible (ECLI:NL:HR:2024:704, considérant 5.4.5), et le rendement retenu est nominal, sans correction d’inflation (considérant 5.4.4).
Ce qui entre dans le rendement réel d’un bien locatif :les loyers (article 5.27, alinéa 1, sous b) ; la variation de valeur, réalisée ou non (article 5.28, et arrêt du 6 juin 2024, considérant 5.4.8, qui retient expressément les variations de valeur même non réalisées) ; et, depuis le 1er janvier 2026, l’avantage tiré de la disponibilité du bien pour usage personnel, évalué à sa valeur locative économique annuelle (article 5.27a, alinéa 1). Ce dernier point ne joue pas tant que le bien est loué : l’alinéa 3 écarte expressément la présomption dans la mesure où le bien est loué ou affermé, en construction, ou inutilisable en raison d’un incendie ou de travaux.
Ce qui n’y entre pas :aucune charge. L’article 5.27, alinéa 2, ne comporte que deux points, tous deux relatifs aux intérêts ; l’arrêt du 6 juin 2024 le confirme à son considérant 5.4.9. Frais de gestion, honoraires, courtages, taxe communale, assurance, charges de copropriété, entretien : rien de tout cela ne se déduit. C’est la différence de fond avec le régime français du réel, et c’est elle qui rend la comparaison des deux pays impossible sur le seul terrain du taux.
La méthode de valorisation, dite « t−1 »(article 5.31, alinéa 2, et arrêt du 20 décembre 2024, ECLI:NL:HR:2024:1788, considérant 5.2.2) : la valeur de début d’année est la WOZ arrêtée pour cette année civile, celle de fin d’année est la WOZ arrêtée pour l’année suivante. Or la WOZ d’une année a pour date de référence le 1er janvier de l’année précédente. La « variation de valeur de 2026 » retenue en box 3 est donc le mouvement de marché intervenu entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026.Le même arrêt précise, au considérant 5.2.5, que l’écart entre le prix payé et la valeur WOZ n’est pas un rendement.
La conclusion qui compte : la contre-preuve n’est pas un remède général pour un bailleur
Faisons le compte sur un bien de 380 000 € de WOZ produisant 14 737 € de loyers, base de box 3 de 342 000 € après leegwaarderatio, forfait de 20 520 €.
Marché en hausse de 4 % (hypothèse posée) :rendement réel = 14 737 € de loyers + environ 15 200 € de variation de WOZ = 29 937 €, très au-dessus du forfait de 20 520 €. La contre-preuve serait défavorable : le contribuable ne la demande pas, et il n’a pas à le faire.
Marché stable (hypothèse posée) :rendement réel = 14 737 €. Pour un non-résident, le forfait imposable est de 20 520 € et l’impôt de 7 387 € ; la contre-preuve ramène l’impôt à 14 737 × 36 % = 5 305 €, soit 2 082 € d’économie. Pour un résidentdont l’abattement n’est pas consommé ailleurs, le forfait imposable n’est que de 20 520 × (342 000 − 59 357) ÷ 342 000 = 16 958 € et l’impôt de 6 105 € ; la contre-preuve, qui le priverait de son abattement, donnerait 5 305 €, soit 800 € d’économie seulement.
Marché en baisse :c’est le seul cas où la contre-preuve devient franchement protectrice, la variation négative venant s’imputer sur les loyers, dans la limite du plancher à zéro. En immobilier locatif, la contre-preuve n’est utile que dans un marché stable ou baissier— c’est-à-dire précisément dans les années où le bailleur a d’autres soucis.
Sur la réforme annoncée de la box 3, et pourquoi nous n’en tirons aucune conclusion
Au 2 août 2026, la loi sur le rendement réel n’est pas en vigueur, et elle n’est pas seulement en attente de vote : elle est en attente de réécriture. Le 1er janvier 2028 est un objectif, pas un calendrier. Aucune décision patrimoniale ne doit être construite sur la date d’entrée en vigueur de ce texte.
Une différence de fond mérite toutefois d’être signalée, et elle concerne directement le bailleur : dans le régime projeté, les charges deviendraient déductibles, ce qu’elles ne sont pas dans la contre-preuve actuelle. C’est, pour un propriétaire d’immeuble locatif, la différence la plus importante entre les deux régimes. Elle ne justifie aucune décision aujourd’hui ; elle justifie de ne pas prendre de décision irréversible sur la seule foi du régime actuel. Le détail figure au chapitre 5.
Le rendement réel, refait pas à pas sur trois configurations
Nous passons maintenant aux chiffres. Trois configurations, choisies parce qu’elles couvrent les trois situations que nous rencontrons : le bien plafonné au sommet du segment intermédiaire, le bien de secteur libre dans la capitale, et le bien provincial du haut du segment social. Puis deux variantes qui, l’une et l’autre, changent le signedu résultat : le levier et le bail à construction.
Méthode commune aux trois configurations — hypothèses posées et assumées
Prix d’acquisition :prix moyen du deuxième trimestre 2026 publié par CBS/Kadaster, table StatLine 85792NED, interrogée par API OData le 02/08/2026 lors de l’établissement de notre socle, table mise à jour le 22/07/2026. Ces moyennes portent sur tous les types de logements : elles servent d’ordre de grandeur, non de valeur d’un bien précis.
Droits de mutation : 8 % (article 14, alinéa 2, de la Wet op belastingen van rechtsverkeer, taux applicable aux logements d’investissement depuis le 1er janvier 2026). Frais annexes :1,7 % du prix (notaire, expertise, courtage acheteur) — ordre de grandeur posé, non un tarif. Valeur WOZ :posée à 90 % du prix d’acquisition, la WOZ 2026 ayant pour date de référence le 1er janvier 2025. Taxe foncière communale (OZB, part propriétaire) :0,1115 % de la WOZ, taux moyen national 2026 publié par le COELO dans son Atlas van de lokale lasten 2026 du 14 avril 2026. Impôt de box 3 : WOZ × leegwaarderatio× 6,00 % × 36 %, sans abattement — nous raisonnons sur un contribuable dont l’abattement est absorbé par d’autres actifs, ou qui est non-résident. Les provisions de charges et d’entretien sont des hypothèses de gestion, indiquées ligne à ligne.
Ces calculs sont des illustrations méthodologiques. Ils ne constituent ni une simulation personnalisée, ni une prévision, ni une recommandation d’investissement.
Configuration A — Rotterdam, 70 m², plafonné au 186e point
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition | CBS/Kadaster, Rotterdam, T2 2026 | 422 154 € |
| Droits de mutation, 8 % | article 14, alinéa 2, WBR | 33 772 € |
| Frais annexes, 1,7 % | ordre de grandeur posé | 7 177 € |
| Coût de revient | 463 103 € | |
| Valeur WOZ retenue | 90 % du prix, hypothèse posée | 380 000 € |
| Loyer mensuel plafond | 186 points WWS, barème 2026 | 1 228,07 € |
| Loyer annuel brut | 14 737 € | |
| Rendement brut sur coût de revient | 14 737 ÷ 463 103 | 3,18 % |
| Charges de copropriété (VvE), 150 €/mois | hypothèse | −1 800 € |
| Taxe foncière communale (OZB), part propriétaire | 0,1115 % × 380 000 | −424 € |
| Taxes d’eau et d’assainissement à la charge du propriétaire | hypothèse | −250 € |
| Assurance propriétaire non occupant | hypothèse | −250 € |
| Provision d’entretien, 0,8 % de la WOZ | hypothèse | −3 040 € |
| Gestion locative, 5 % du loyer | hypothèse | −737 € |
| Loyer net de charges | 14 737 − 6 501 | 8 236 € |
| Rapport loyer / WOZ | 14 737 ÷ 380 000 | 3,88 % |
| Leegwaarderatio applicable | tranche 3 % à 4 % | 90 % |
| Base de box 3 | 380 000 × 90 % | 342 000 € |
| Rendement forfaitaire, 6,00 % | article 5.2, alinéa 2 | 20 520 € |
| Impôt de box 3, 36 % | article 2.13 | −7 387 € |
| Résultat net après impôt | 8 236 − 7 387 | 849 €, soit 0,18 % du coût de revient |
Huit cent quarante-neuf euros par an pour 463 103 € engagés. Ce n’est pas une anomalie de nos hypothèses : c’est le résultat structurel d’un loyer plafonné à 3,18 % du coût de revient face à une charge fiscale qui, elle, ne dépend pas du loyer. Appliquons la contre-preuve de valeur de l’article 17a, alinéa 6 : si une expertise datée à la waardepeildatumétablit une valeur en état loué de 300 000 €, la base retenue est cette valeur — puisque 342 000 € excède de plus de 10 % les 300 000 €. L’impôt tombe à 300 000 × 6 % × 36 % = 6 480 €, et le résultat net passe de 849 € à 1 756 €, soit 0,38 %. Une expertise vient de doubler le rendement net. Elle n’est pas gratuite, elle n’est pas acquise, et elle se plaide : mais 907 € par an sur la durée de détention justifient de l’instruire.
Configuration B — Amsterdam, 70 m², secteur libre
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition | CBS/Kadaster, Amsterdam, T2 2026 | 616 709 € |
| Droits de mutation, 8 % | article 14, alinéa 2, WBR | 49 337 € |
| Frais annexes, 1,7 % | ordre de grandeur posé | 10 484 € |
| Coût de revient | 676 530 € | |
| Valeur WOZ retenue | 90 % du prix, hypothèse posée | 555 000 € |
| Loyer mensuel | 24,88 €/m²/mois × 70 m² — loyer moyen du secteur libre publié pour le T1 2026 par la fédération professionnelle néerlandaise des agents immobiliers (NVM) | 1 741,60 € |
| Loyer annuel brut | 20 899 € | |
| Rendement brut sur coût de revient | 20 899 ÷ 676 530 | 3,09 % |
| Charges de copropriété (VvE), 200 €/mois | hypothèse | −2 400 € |
| Taxe foncière communale (OZB), part propriétaire | 0,1115 % × 555 000 | −619 € |
| Taxes d’eau et d’assainissement à la charge du propriétaire | hypothèse | −300 € |
| Assurance propriétaire non occupant | hypothèse | −320 € |
| Provision d’entretien, 0,8 % de la WOZ | hypothèse | −4 440 € |
| Gestion locative, 5 % du loyer | hypothèse | −1 045 € |
| Loyer net de charges | 20 899 − 9 124 | 11 775 € |
| Rapport loyer / WOZ | 20 899 ÷ 555 000 | 3,77 % |
| Leegwaarderatio applicable | tranche 3 % à 4 % | 90 % |
| Base de box 3 | 555 000 × 90 % | 499 500 € |
| Rendement forfaitaire, 6,00 % | article 5.2, alinéa 2 | 29 970 € |
| Impôt de box 3, 36 % | article 2.13 | −10 789 € |
| Résultat net après impôt | 11 775 − 10 789 | 986 €, soit 0,15 % du coût de revient |
Voici le résultat le plus contre-intuitif de ce chapitre : le secteur libre ne sauve pas le rendement.Il rapporte 986 € contre 849 €, sur un capital engagé supérieur de 46 %. En pourcentage, il fait moins bien : 0,15 % contre 0,18 %. La raison est arithmétique et elle est la clé du sujet : l’impôt de box 3 est proportionnel à la valeur, tandis que le loyer, libre ou non, progresse moins vite que le prix dans les marchés tendus. Libérer le loyer ne libère pas de l’impôt : cela déplace simplement le point d’équilibre.
La règle des 2,16 % : l’impôt-plancher que porte tout immeuble locatif néerlandais
Impôt de box 3 annuel = 6,00 % × 36 % × (WOZ × leegwaarderatio) = 2,16 % de la base retenue — dû que le bien soit loué, mal loué, ou vacant
- 2,16 % :Le produit du forfait des « autres actifs » (6,00 %, définitif pour 2026) par le taux de la box 3 (36 %). C’est le chiffre à retenir de tout ce chapitre
- Rapporté au prix d’acquisition :Avec une WOZ à 90 % du prix et une leegwaarderatio de 90 %, l’impôt représente 2,16 % × 0,81 = 1,75 % du prix payé, chaque année
- Rendement brut minimal pour couvrir le seul impôt :Sur la configuration A : 7 387 € d’impôt pour 463 103 € engagés, soit un loyer brut de 1,60 % du coût de revient uniquement pour payer la box 3, avant toute charge
- Rendement brut minimal pour un résultat net positif :Sur la configuration A : (6 501 € de charges + 7 387 € d’impôt) ÷ 463 103 € = 3,00 %. En dessous de 3 % de rendement brut, l’opération perd de l’argent chaque année
- Ce que le forfait rémunère en principe :L’article 10.6ter, alinéa 5, dérive le rendement de long terme des immeubles de l’indice CBS des prix des logements existants. Le forfait présume donc une appréciation. Il ne la garantit pas, et l’impôt reste dû si elle ne vient pas
Une opération locative néerlandaise se juge d’abord sur cette question, et sur elle seule : le loyer juridiquement exigible atteint-il 3 % du coût de revient ? Le système à points répond par oui ou par non avant même que la question du financement ne se pose. C’est pourquoi le comptage WWS doit précéder l’offre d’achat, et non la suivre.
- Le seuil de 3,00 % de rendement brut doit être comparé aux 3,18 % de la configuration A et aux 3,09 % de la configuration B : les deux passent de justesse, et la seconde ne tiendrait pas avec des charges légèrement supérieures.
- La vacance locative ne réduit pas l’impôt de box 3 d’un euro. Deux mois de vacance sur la configuration A coûtent 2 456 € de loyer, soit près de trois fois le résultat net annuel de l’opération.
- Un impayé de loyer ne réduit pas davantage l’impôt : la base est la valeur, pas la recette.
- Ce calcul est fait hors abattement. Un résident dont l’abattement de 59 357 € n’est pas consommé ailleurs retranche 1 282 € de l’impôt, ce qui abaisse le seuil de rentabilité brute de la configuration A de 3,00 % à 2,72 %.
Configuration C — ville de province, 55 m², haut du segment social
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition | hypothèse posée, cohérente avec les moyennes provinciales du Limbourg (392 948 €) et de Groningue (386 162 €), qui portent sur tous types de biens, maisons comprises | 250 000 € |
| Droits de mutation, 8 % | article 14, alinéa 2, WBR | 20 000 € |
| Frais annexes, 1,7 % | ordre de grandeur posé | 4 250 € |
| Coût de revient | 274 250 € | |
| Valeur WOZ retenue | 90 % du prix, hypothèse posée | 225 000 € |
| Loyer mensuel plafond | 143 points WWS, barème 2026 | 932,93 € |
| Loyer annuel brut | 11 195 € | |
| Rendement brut sur coût de revient | 11 195 ÷ 274 250 | 4,08 % |
| Charges de copropriété (VvE), 110 €/mois | hypothèse | −1 320 € |
| Taxe foncière communale (OZB), part propriétaire | 0,1115 % × 225 000 | −251 € |
| Taxes d’eau et d’assainissement à la charge du propriétaire | hypothèse | −200 € |
| Assurance propriétaire non occupant | hypothèse | −200 € |
| Provision d’entretien, 0,8 % de la WOZ | hypothèse | −1 800 € |
| Gestion locative, 5 % du loyer | hypothèse | −560 € |
| Loyer net de charges | 11 195 − 4 331 | 6 864 € |
| Rapport loyer / WOZ | 11 195 ÷ 225 000 | 4,98 % |
| Leegwaarderatio applicable | tranche 4 % à 5 %, de justesse | 95 % |
| Base de box 3 | 225 000 × 95 % | 213 750 € |
| Rendement forfaitaire, 6,00 % | article 5.2, alinéa 2 | 12 825 € |
| Impôt de box 3, 36 % | article 2.13 | −4 617 € |
| Résultat net après impôt | 6 864 − 4 617 | 2 247 €, soit 0,82 % du coût de revient |
La configuration la plus régulée est la plus rentable des trois, et de loin : 0,82 % contre 0,18 % et 0,15 %. Là encore, la raison est structurelle et non conjoncturelle. Le barème du WWS convertit les points en euros de façon à peu près linéaire, tandis que le prix d’acquisition, lui, croît avec la localisation, la vue et la rareté — qui ne rapportent aucun point. Plus le prix au mètre carré est élevé, plus l’écart se creuse entre ce que le bien coûte et ce que le barème l’autorise à rapporter. Le système à points pénalise mécaniquement les marchés chers, et il le fait avec d’autant plus de force que le plafond de 33 % de la rubrique 11 empêche la valeur de se traduire en points.
Notons enfin la marge sur laquelle repose la configuration C : le rapport loyer / WOZ y est de 4,98 %. Deux centièmes de point de plus et le coefficient passe à 100 %, portant l’impôt de 4 617 € à 4 860 € et le résultat net de 2 247 € à 2 004 € — une perte de 243 € pour un gain de loyer nul. Sur ce profil de bien, l’indexation annuelle du loyer doit être calculée en regardant la borne, et non seulement le pourcentage autorisé.
Première variante : le levier, qui améliore la base imposable et détruit la trésorerie
Reprenons la configuration A avec un emprunt de 70 % du prix, soit 295 500 €, à 4,5 % d’intérêt, sans amortissement — hypothèses posées. Les règles de quotité et d’amortissement de la Tijdelijke regeling hypothecair kredietvisent le prêt de la résidence principale ; un financement locatif obéit à d’autres conditions, que nous ne détaillons pas ici et qui relèvent du chapitre consacré à l’acquisition.
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Emprunt | 70 % du prix, hypothèse posée | 295 500 € |
| Franchise sur les dettes | article 5.3, alinéa 3, sous f | −3 800 € |
| Dette retenue en box 3 | 295 500 − 3 800 | 291 700 € |
| Forfait déductible au titre des dettes, 2,70 % | taux définitif 2025, retenu à titre PROVISOIRE pour 2026 | 7 876 € |
| Rendement forfaitaire net | 20 520 − 7 876 | 12 644 € |
| Impôt de box 3, 36 % | sous l’hypothèse d’abattement posée plus haut | −4 552 € |
| Sensibilité à cette hypothèse | la base de rendement tombe à 342 000 − 291 700 = 50 300 €, soit moins que l’abattement de 59 357 € | impôt nul pour un résident dont l’abattement n’est pas absorbé ailleurs |
| Intérêts réellement payés, 4,5 % | hypothèse posée | −13 298 € |
| Écart entre intérêts réels et forfait « reconnu » | 13 298 − 7 876 | 5 422 € de charge non reconnue |
| Loyer net de charges | inchangé | 8 236 € |
| Trésorerie annuelle | 8 236 − 13 298 − 4 552 | −9 614 € |
| Capital engagé | 463 103 − 295 500 | 167 603 € |
| Rendement net sur fonds propres | −9 614 ÷ 167 603 | −5,74 % |
Le levier néerlandais ne fonctionne pas comme le levier français, et l’écart n’est pas de degré
En France, l’emprunt d’un investissement locatif fonctionne parce que les intérêts réellement payés se déduisent des loyers réellement encaissés. Aux Pays-Bas, en box 3, ce ne sont pas les intérêts qui se déduisent, c’est un forfait appliqué au capital restant dû. Tant que le taux du crédit dépasse le forfait des dettes — 2,70 % à titre provisoire pour 2026 — chaque euro d’intérêt payé au-delà de ce forfait est une charge que l’impôt ignore.
Le levier améliore donc l’assiette imposable — l’impôt tombe de 7 387 € à 4 552 € — et détruit la trésorerie : le résultat annuel passe de +849 € à −9 614 €. L’opération n’est plus autofinancée : elle appelle 801 € par mois de la poche de l’investisseur, avant tout amortissement.
Deux mises en garde de méthode s’imposent.D’abord, la démonstration ci-dessus repose sur un taux de dettes provisoire : aucune règle d’arbitrage chiffrée — aucun « seuil de taux au-delà duquel il ne faut pas emprunter » — ne doit être construite sur ce nombre tant qu’il n’est pas définitif. Ensuite, la contre-preuve du rendement réel change la donne : elle rend l’intérêt déductible en totalité (article 5.27, alinéa 2) et écarte la franchise de 3 800 € sur les dettes, mais elle intègre en contrepartie la variation de valeur latente. Un dossier à levier doit donc être instruit sous les deux régimes, chaque année, et non une fois pour toutes.
Seconde variante : l’erfpacht amstellodamois, qui fait passer le résultat sous zéro
Une part importante du bâti amstellodamois est détenue en erfpacht, bail à construction consenti par la commune, avec un canon périodique, racheté pour une période, ou perpétuel. Le régime fiscal en est double, et il joue dans les deux sens.
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Canon annuel | hypothèse posée | −3 000 € |
| Réduction de valeur en box 3 | dix-sept fois le canon, article 17b du Uitvoeringsbesluit IB 2001 | −51 000 € |
| Base de box 3 corrigée | 499 500 − 51 000 | 448 500 € |
| Rendement forfaitaire, 6,00 % | 26 910 € | |
| Impôt de box 3, 36 % | −9 688 € | |
| Économie d’impôt par rapport à la configuration B | 10 789 − 9 688 | +1 101 € |
| Décaissement réel du canon | non déductible en box 3 | −3 000 € |
| Résultat net après impôt et canon | 11 775 − 3 000 − 9 688 | −913 € |
Trois mille euros de canon décaissés contre mille cent un euros d’impôt économisés : le bail à construction coûte 1 899 € nets par an, et il fait basculer la configuration B d’un résultat positif de 986 € à un résultat négatif de 913 €. C’est un renversement complet, et il tient à une ligne du contrat communal que beaucoup d’acquéreurs étrangers découvrent après la signature. Les conditions de rachat, de révision et de durée du canon sont fixées par la commune et varient d’un contrat à l’autre : il faut lire le contrat d’erfpacht avant l’offre, pas après.
| Configuration | Capital engagé | Rendement brut | Résultat net annuel | Rendement net |
|---|---|---|---|---|
| A — Rotterdam, 186 points, sans levier | 463 103 € | 3,18 % | 849 € | 0,18 % |
| A bis — avec contre-preuve de valeur de l’article 17a, alinéa 6 | 463 103 € | 3,18 % | 1 756 € | 0,38 % |
| A ter — avec levier de 70 % à 4,5 % | 167 603 € de fonds propres | 3,18 % | −9 614 € | −5,74 % |
| B — Amsterdam, secteur libre, sans levier | 676 530 € | 3,09 % | 986 € | 0,15 % |
| B bis — même bien en erfpacht, canon de 3 000 € | 676 530 € | 3,09 % | −913 € | −0,13 % |
| C — province, 143 points, sans levier | 274 250 € | 4,08 % | 2 247 € | 0,82 % |
La comparaison avec un investissement locatif français, faite honnêtement
La comparaison la plus fréquemment demandée est aussi la plus facile à truquer, dans les deux sens. On peut faire gagner la France en s’arrêtant à la trésorerie annuelle ; on peut faire gagner les Pays-Bas en s’arrêtant à l’absence d’imposition de la plus-value de cession. Il faut donc faire les deux, et les faire sous deux hypothèses de marché opposées. C’est ce que nous faisons ici.
Le terme de comparaison français est un appartement acquis 250 000 € frais d’agence inclus, loué nu 900 € par mois, détenu par un résident des Pays-Bas — donc un non-résident au sens fiscal français. Les hypothèses de charges sont posées, comme du côté néerlandais. Le régime foncier français, le taux minimum de l’article 197 A du code général des impôts et le sort des prélèvements sociaux sont exposés en détail aux chapitres 14 et 12 ; nous n’en reprenons ici que le résultat.
| Poste | France — appartement de 250 000 € | Pays-Bas — configuration C, 250 000 € |
|---|---|---|
| Frais d’acquisition | ≈ 7,5 % du prix, soit 18 750 € (droits de mutation et émoluments) | 8 % de droits de mutation et 1,7 % de frais, soit 24 250 € |
| Coût de revient | 268 750 € | 274 250 € |
| Loyer annuel brut | 10 800 € (900 €/mois, loyer de marché) | 11 195 € (932,93 €/mois, plafond des 143 points) |
| Rendement brut | 4,02 % | 4,08 % |
| Charges annuelles | 4 158 € (copropriété non récupérable 800 €, taxe foncière 1 300 €, assurance 160 €, gestion 6 % soit 648 €, entretien 0,5 % du prix soit 1 250 €) | 4 331 € (copropriété 1 320 €, OZB 251 €, eau et assainissement 200 €, assurance 200 €, entretien 0,8 % de la WOZ soit 1 800 €, gestion 5 % soit 560 €) |
| Base d’imposition | Le revenu foncier NET : 10 800 − 4 158 = 6 642 € | La VALEUR : 225 000 € de WOZ × 95 % = 213 750 € |
| Impôt sur le revenu | Taux minimum de 20 % (article 197 A) : 1 328 € | Box 3 à 6 % × 36 % : 4 617 € |
| Prélèvements sociaux | 7,5 % de prélèvement de solidarité si affilié au régime néerlandais et non à la charge d’un régime français : 498 €. À défaut, 17,2 % : 1 142 € | Aucun : la box 3 n’est pas assortie de contributions sociales |
| Résultat net annuel | 4 816 € si exonéré de CSG-CRDS, soit 1,79 % — 4 172 € sinon, soit 1,55 % | 2 247 €, soit 0,82 % |
En trésorerie annuelle, la France l’emporte largement : 4 816 € contre 2 247 €, soit plus du double, sur un capital engagé équivalent. La raison tient en une phrase : la France impose un revenu net de charges, les Pays-Bas imposent une valeur. Aucune des 4 331 € de charges néerlandaises n’est déductible ; les 4 158 € de charges françaises le sont intégralement au régime réel. À elle seule, cette différence de base représente, au taux minimum de 20 % majoré du prélèvement de solidarité, plus de 1 100 € par an.
Mais la trésorerie n’est pas tout, et c’est ici que la comparaison honnête se distingue de la comparaison commode. Sur dix ans, il faut ajouter ce que chaque État prend à la sortie. Nous posons deux hypothèses de marché, l’une et l’autre explicitement hypothétiques, et nous ne présentons aucune progression de valeur comme acquise.
| Sur dix ans | France | Pays-Bas |
|---|---|---|
| Trésorerie cumulée, hors indexation | 48 160 € | 22 470 € |
| HYPOTHÈSE 1 — marché à +3 % par an : valeur au terme | 335 979 € | 335 979 € |
| Plus-value de marché | 85 979 € | 85 979 € |
| Imposition de la plus-value à la sortie | Environ 6 000 € : la plus-value brute est de 335 979 − 268 750 = 67 229 €, dont on retranche le forfait de travaux de 15 % du prix d’acquisition (37 500 €, article 150 VB II 4° du CGI), soit 29 729 € ; après abattement de 30 % pour dix ans de détention, la base d’impôt sur le revenu ressort à 20 810 €, taxée à 19 %, soit 3 954 €, plus 7,5 % de prélèvement de solidarité après abattement de 8,25 %, soit 2 046 €. Pas de surtaxe de l’article 1609 nonies G, la plus-value imposable restant sous 50 000 € | Aucune imposition de la plus-value réalisée comme telle : le forfait annuel de 6 % en a déjà présumé une composante |
| HYPOTHÈSE 1 — gain total sur dix ans | 128 139 € | 108 449 € |
| HYPOTHÈSE 2 — marché stable : valeur au terme | 250 000 € | 250 000 € |
| Plus-value | Nulle | Nulle — mais le forfait de 6 % a été payé chaque année sur une appréciation qui n’est pas venue |
| Effet de la contre-preuve néerlandaise en marché stable | Sans objet | Pour un non-résident : l’impôt passe de 4 617 € à 11 195 × 36 % = 4 030 €, soit 587 € par an. Pour un résident dont l’abattement n’est pas consommé : la contre-preuve est DÉFAVORABLE et n’est pas demandée |
| HYPOTHÈSE 2 — gain total sur dix ans | 48 160 € | 22 470 €, porté à 28 340 € pour un non-résident invoquant chaque année la contre-preuve |
Ce que ce tableau dit, et ce qu’il ne dit pas
Il dit trois choses.Un : sous une hypothèse d’appréciation soutenue, l’écart entre les deux pays se réduit fortement — de 25 690 € de trésorerie cumulée à 19 690 € de gain total — parce que la France reprend à la sortie ce que les Pays-Bas ont prélevé en cours de route. Deux : sous une hypothèse de marché stable, l’écart s’aggrave au contraire, parce que le forfait néerlandais continue de taxer une appréciation absente. Trois : la position néerlandaise est une position pariée sur la hausse, que le contribuable le veuille ou non — le forfait la lui fait payer d’avance.
Il ne dit pasce qui se passe pour un patrimoine plus important, où l’abattement français de durée de détention porte la plus-value au-delà du seuil de 50 000 € et déclenche la taxe de l’article 1609 nonies G, de 2 % à 6 %. Il ne dit pas non plus ce que devient l’équilibre si les prélèvements sociaux français sont dus au taux plein : le gain français de l’hypothèse 2 tombe alors de 48 160 € à 41 720 €. Il ne tranche pas, enfin, la controverse sur le taux applicable aux plus-values immobilières des non-résidents.
Une controverse de taux que nous devons signaler, et que nous ne masquons pas
Le taux des prélèvements sociaux applicable aux plus-values immobilièresdes non-résidents n’est pas certain. Deux lectures coexistent. La première, celle du texte :l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue de l’article 65 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, en vigueur depuis le 27/06/2026, fixe un taux de principe de 10,6 % et n’y déroge, à 9,2 %, qu’au profit de cinq catégories limitativement énumérées, parmi lesquelles ne figurent pas les plus-values des non-résidents — ce qui conduirait à 18,6 %. La seconde, celle de la doctrine :la brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026 retient 9,2 %, soit 17,2 %.
Position du guide :nous publions 17,2 %, en mentionnant l’écart possible de 1,4 point et en le chiffrant sur chaque dossier. La brochure est antérieure à la loi du 25 juin 2026 et rédigée pour les résidents ; les publications postérieures que nous avons consultées le 03/08/2026 ne reprennent pas la question pour les non-résidents. Sur une cession significative, la difficulté se saisit par rescrit avant l’acte. Nous ne présentons jamais 17,2 % comme acquis. Le contribuable exonéré de CSG et de CRDS par son affiliation néerlandaise, lui, ne supporte que le prélèvement de solidarité de 7,5 %, quelle que soit l’issue de la controverse : c’est l’objet du chapitre 12.
Trois différences de nature, qu’aucun tableau ne capture
La liquidité du droit de sortie.En France, un bailleur peut donner congé pour vendre à l’échéance du bail, sous conditions de forme et de délai. Aux Pays-Bas, il ne le peut pas : l’aliénation est expressément exclue du motif de besoin personnel, et le motif de vente du bailleur particulier suppose une clause stipulée dès l’origine et un congé donné dans les deux ans. Un bien néerlandais loué se vend occupé, ou ne se vend pas quand on veut. Cette contrainte se traduit par une décote à la revente qui ne figure dans aucune de nos lignes.
L’asymétrie de l’indexation.En France, l’indexation suit l’indice de référence des loyers sur toute la durée du bail, et la relocation est libre. Aux Pays-Bas, l’indexation est plafonnée dans les trois segments — 4,1 %, 6,1 % et 4,4 % en 2026 — et la relocation n’est libre que dans le secteur libre, où elle suppose précisément un départ du locataire que le droit rend difficile à provoquer.
La charge de la vacance. En France, un mois de vacance coûte un mois de loyer. Aux Pays-Bas, il coûte un mois de loyer etun douzième d’un impôt qui, lui, ne s’interrompt pas — et, depuis le 1er janvier 2026, il peut coûter davantage encore si le bien est réputé disponible pour l’usage personnel du propriétaire au sens de l’article 5.27a.
Le calendrier annuel du bailleur, et ce qui devient irréversible
Un investissement locatif néerlandais se pilote sur un calendrier, pas sur une intuition. Trois dates du 1er janvier commandent trois choses différentes, et elles ne se rattrapent pas.
| Échéance | Ce qui se joue | Ce qui est perdu si l’échéance passe |
|---|---|---|
| 1er janvier — chaque année | Date de référence unique de la box 3 : la base est la valeur au 1er janvier. Le barème des loyers plafonds est indexé le même jour (3,65 % au 1er janvier 2026). Le rapport loyer / WOZ qui commande la leegwaarderatio se calcule sur douze fois le loyer mensuel applicable à cette date | Une restructuration patrimoniale décidée le 2 janvier ne produit d’effet qu’au 1er janvier suivant. Une année entière d’impôt est due sur une situation déjà modifiée |
| 1er janvier — hausse de loyer, segments intermédiaire et libre | Les plafonds de hausse 2026 (6,1 % et 4,4 %) prennent effet à cette date | Une hausse non notifiée dans les formes n’est pas rattrapable indéfiniment : la prescription de l’action en paiement a été ramenée à deux ans, et à un an dans un cas tenant à l’absence de notification écrite |
| 1er juillet — hausse de loyer, segment social | Le plafond du segment social (4,1 % en 2026) prend effet à cette date, avec modulation selon le revenu du ménage | Idem |
| Six semaines après la notification de l’avis WOZ | Délai de réclamation devant le heffingsambtenaar de la commune | La valeur WOZ devient définitive pour l’année, et elle commande simultanément le forfait de box 1 pour une résidence principale, la base de box 3, le comptage WWS et la taxe communale |
| Six mois après la prise d’effet du bail | Fenêtre de l’article 7:249 : le locataire peut faire contrôler le loyer d’entrée, y compris dans le secteur libre | Pour le locataire : la faculté est perdue et ne se rouvre jamais. Pour le bailleur : le risque de contentieux individuel s’éteint, mais le risque administratif communal, lui, demeure |
| Deux ans après la prise d’effet du bail | Délai maximal pour donner congé au titre du motif de vente du bailleur particulier (article 7:274, alinéa 1, h et alinéa 7, c) | Le bailleur particulier n’a plus de motif pour vendre libre d’occupation. Le bien ne se vendra plus qu’occupé |
| Trois ans après la notification écrite du changement de propriétaire | Délai pendant lequel l’acquéreur d’un logement occupé ne peut pas invoquer le besoin personnel (article 7:274, alinéa 5, b) | Sans objet à l’expiration : c’est un délai d’attente, non une échéance à ne pas manquer. Mais il doit être intégré au plan d’occupation avant l’achat |
| Début 2027 | Fixation, avec effet rétroactif, du forfait définitif des dettes de 2026 | Rien n’est perdu, mais tout chiffrage à levier établi sur le taux provisoire de 2,70 % devra être refait à ce moment-là |
| 1er janvier 2028 | Date limite de démarrage des travaux ouvrant droit à la majoration de 10 % du plafond du segment intermédiaire pour un logement neuf (article 8a, alinéa 4) | La majoration de vingt ans est perdue pour tout chantier démarré après cette date |
| 1er mai 2029 | Terme actuel du plafonnement des hausses dans le secteur libre, fixé par la loi du 24 avril 2024 (Staatsblad 2024, 108) | Rien n’est perdu : c’est une date à surveiller, et une hypothèse de sortie de régulation à ne pas anticiper dans un plan de financement |
Les cinq décisions qui ne se rattrapent pas
Un — le comptage WWS avant l’offre.Un bien acheté à 182 points ne se transforme pas en bien à 187 points par la volonté du propriétaire, sauf travaux lourds. Le comptage doit précéder le compromis, parce qu’il détermine le loyer, donc le prix d’équilibre.
Deux — la clause diplomatique dans le bail.Elle doit être stipulée dès l’origine et répétée avec chaque locataire successif. C’est la seule voie qui permette au Français muté ailleurs de récupérer son logement néerlandais à une date connue.
Trois — la clause de congé pour vente.Sans elle, le motif de vente du bailleur particulier est inaccessible, et le congé doit de toute façon intervenir dans les deux ans de la prise d’effet du bail.
Quatre — le choix entre bail à durée déterminée et bail à durée indéterminée.Le premier fait perdre la leegwaarderatioen totalité, sans procurer la souplesse attendue lorsque le locataire ne relève d’aucune des huit catégories du décret. Le calcul doit être fait avant de signer : sur la configuration B, l’écart est de 1 199 € par an.
Cinq — le contrat d’erfpacht.Il doit être lu avant l’offre. Sur notre configuration amstellodamoise, un canon de 3 000 € fait basculer le résultat de +986 € à −913 € par an.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Ce chapitre est aussi précis que nous savons l’écrire, et il ne suffit pas à conduire une opération. Cinq sujets, sur les précédents, exigent un professionnel néerlandais, et nous le disons sans détour : nous identifions le sujet, nous en chiffrons l’enjeu et nous coordonnons l’intervention d’un conseil néerlandais ou d’un notaire ; nous ne rendons pas nous-mêmes cet avis.
| Sujet | Pourquoi il ne se traite pas depuis la France | Interlocuteur |
|---|---|---|
| Le comptage WWS | Le total dépend de mesures faites sur place, de l’étiquette énergétique en cours de validité, de l’avis WOZ de l’année et de l’interprétation de la notice explicative de l’annexe I, qui a valeur normative. Un point de différence peut valoir plusieurs centaines d’euros de loyer mensuel | Taxateur certifié ou huurrechtspecialist, avant la signature du compromis |
| La rédaction du bail | Trois clauses conditionnent des droits qui ne se rattrapent pas : la clause diplomatique de l’article 7:274, alinéa 2 ; la clause de vente de l’alinéa 7, sous d ; et le choix de durée, qui commande la leegwaarderatio | Avocat néerlandais en droit locatif |
| La contre-preuve de valeur de l’article 17a, alinéa 6 | Elle suppose une expertise datée à la waardepeildatum de l’article 18 de la Wet WOZ, et se plaide au cas d’espèce. Sur la configuration A, elle vaut 907 € par an | Taxateur et belastingadviseur |
| La contre-preuve du rendement réel sur un patrimoine réel | Reconstitution du rendement réel, valeurs WOZ de deux millésimes, apports et retraits, articulation avec les franchises adaptées de l’afdeling 5.6. Le calcul du point d’équilibre figure au chapitre 5 ; la déclaration ne s’improvise pas | Belastingadviseur néerlandais |
| Les règles communales | La Huisvestingswet 2014 permet aux communes d’instaurer une protection contre l’achat pour location (opkoopbescherming) et une obligation d’occupation personnelle (zelfbewoningsplicht) ; la Wet goed verhuurderschap leur permet d’exiger une autorisation de louer. Ces règles sont locales, variables et fréquemment modifiées, et elles peuvent rendre illicite la mise en location d’un bien tout juste acquis | La commune elle-même, avant tout engagement |
Deux questions relèvent, elles, d’un rescrit françaisplutôt que d’un spécialiste néerlandais : le taux des prélèvements sociaux applicable aux plus-values immobilières des non-résidents, exposé plus haut, et l’assiette des bénéfices industriels et commerciaux de location meublée au regard du I bis de l’article L. 136-6 du code de la sécurité sociale — cette seconde question ne concernant que le patrimoine français conservé, elle est traitée au chapitre 14.
Ce que nous regardons dans un bilan patrimonial, sur un dossier de location néerlandaise
Le bilan patrimonial dure 1 h. Sur un dossier de ce type, nous y couvrons six points, dans cet ordre, parce que c’est l’ordre dans lequel ils se décident.
Un :le nombre de points du logement et le segment dans lequel il tombe — s’il est déjà acquis, cela conditionne tout le reste ; s’il ne l’est pas, cela conditionne l’offre. Deux :la nature exacte du bail en cours, sa durée, ses clauses de sortie et l’effet de sa durée sur la leegwaarderatio. Trois :le calcul de la charge de box 3, avec et sans abattement selon la résidence, et l’écart avec la contre-preuve du rendement réel sous deux hypothèses de marché. Quatre :l’articulation avec le patrimoine resté en France — revenus fonciers français, prélèvements sociaux, IFI —, qui relève des chapitres 11, 12 et 14. Cinq : le calendrier des échéances de forclusion applicables au dossier. Six :la liste des points à faire trancher localement, avec leur enjeu chiffré, pour que le budget d’honoraires néerlandais soit décidé en connaissance de cause et non subi.
Nous ne promettons aucun rendement, aucune économie d’impôt garantie et aucun résultat fiscal. Nous chiffrons des écarts entre des situations, et nous disons lesquels reposent sur du droit établi, lesquels sur une doctrine, et lesquels sur une controverse ouverte.
Traçabilité : les sources primaires ouvertes pour ce chapitre
Ouvertes par nous le 03/08/2026, avec relevé de la mention de version : Besluit huurprijzen woonruimte(BWBR0003237), version « Geldend van 01-01-2026 t/m heden » — article 5, article 8a et annexe I sous A, rubriques 4 et 11 ; Uitvoeringsregeling huurprijzen woonruimte(BWBR0015386), version « Geldend van 01-01-2026 t/m 30-06-2026 », revérifiée le 04/08/2026 sur la version en vigueur « Geldend van 01-07-2026 t/m heden », qui laisse l’annexe I inchangée — article 2 et annexe I, valeurs des 143e, 144e, 186e et 187e points ; Uitvoeringswet huurprijzen woonruimte(BWBR0014315), version « Geldend van 04-06-2026 t/m heden » — articles 3, 4, 7, 10, 11 et 12 ; Burgerlijk Wetboek, livre 7, version « Geldend van 01-07-2026 t/m heden » (mention de version relevée) ; Staatsblad 2024, 193 (loi du 26 juin 2024, Wet betaalbare huur), 2024, 197 (arrêté d’entrée en vigueur), 2024, 108 (loi du 24 avril 2024) et 2023, 103 (loi du 24 mars 2023, Wet goed verhuurderschap) ; rijksoverheid.nl, communiqué du 15 décembre 2025 sur les hausses maximales de 2026 ; volkshuisvestingnederland.nl, pages sur la Wet betaalbare huur et sur les règles nationales de goed verhuurderschap ; huurcommissie.nl, page sur les frais de procédure ; COELO, Atlas van de lokale lasten 2026, publié le 14 avril 2026.
Reprises de notre socle documentaire, établi le 02/08/2026 et contre-audité le même jour : les textes de la Wet inkomstenbelasting 2001(articles 5.2, 5.3, 5.5, 5.20, 5.25 à 5.31, 7.7, 7.8, 10.6ter, 2.13), l’article 17a et l’article 17b du Uitvoeringsbesluit inkomstenbelasting 2001, l’article 14 de la Wet op belastingen van rechtsverkeer, les articles 7:247, 7:249, 7:271 et 7:274 du Burgerlijk Wetboek, le Besluit specifieke groepen tijdelijke huurovereenkomst(Stb. 2024, 152), les arrêts du Hoge Raad ECLI:NL:HR:2021:1963, ECLI:NL:HR:2024:704, ECLI:NL:HR:2024:705 et ECLI:NL:HR:2024:1788, et les données de marché CBS/Kadaster (table StatLine 85792NED, T2 2026) et NVM (T1 2026).
Les citations néerlandaises reproduites entre guillemets dans ce chapitre proviennent des textes ci-dessus, relevés caractère par caractère. Nous n’avons pas ouvert, et nous ne citons donc pas, le texte fixant en euros les catégories d’amende du code pénal néerlandais, ni la Leegstandswet, ni la Wet op de huurtoeslagà laquelle renvoie le droit transitoire de l’article 23a de la Wet goed verhuurderschap.
Les huit phrases à retenir
Un.Le loyer n’est pas une variable de décision : c’est le résultat d’un comptage de points, contraignant jusqu’à 186 points depuis le 1er juillet 2024, et sanctionnable par la commune depuis le 1er janvier 2025.
Deux.Le seuil de libéralisation est de 187 points, et le plafond de 33 % de la rubrique 11 empêche d’y accéder par le prix : il ne s’applique précisément qu’aux logements qui, sans lui, atteindraient ce seuil.
Trois.Le seul levier rapide sur le nombre de points est l’étiquette énergétique : 41 points entre E et A sur un appartement, soit environ 281 € de plafond mensuel.
Quatre.C’est le loyer d’entrée qui détermine le régime du bail, pour toute sa durée, et le locataire dispose de six mois pour le faire vérifier — y compris dans le secteur libre, l’article 7:247 maintenant expressément l’article 7:249 parmi les articles réservés.
Cinq.Le bail à durée déterminée ne prend plus fin par l’écoulement du terme depuis le 1er juillet 2024, sauf pour huit catégories de personnes parmi lesquelles l’expatrié ne figure pas — et il fait perdre la leegwaarderatio en totalité.
Six. L’impôt de box 3 vaut 2,16 %de la base retenue chaque année, que le bien soit loué, mal loué ou vacant, et sans qu’aucune charge ne soit déductible. Sur nos hypothèses, il faut environ 3 % de rendement brut pour ne pas perdre d’argent.
Sept.Le non-résident n’a pas droit à l’abattement de 59 357 € — soit 1 282 € par an et par personne —, mais il franchit plus facilement le seuil de la contre-preuve, qui est pour lui de 6 % et non de 6 % × (1 − 59 357 ÷ V).
Huit.Sur nos trois configurations, le rendement net après impôt s’étage de −0,13 % à +0,82 %sans levier, et le levier le fait tomber à −5,74 % sur fonds propres parce que les intérêts réels ne sont pas déductibles. La position néerlandaise est une position pariée sur la hausse : le forfait la fait payer d’avance, et il reste dû si elle ne vient pas.

