Sept décisions avant de bouger
Claire a accepté un poste à Amsterdam. Son employeur lui parle du régime néerlandais des expatriés, l’agence immobilière lui demande un BSN et son banquier français lui conseille de « simplifier » ses placements avant le départ. Elle pourrait signer, vendre et clôturer en quelques jours. Ce serait précisément le mauvais ordre.
Une expatriation France–Pays-Bas ne se résume ni à un nouveau taux d’impôt ni à un changement d’adresse. Elle déplace une personne, mais aussi des jours de travail, des droits sociaux, des contrats, des dettes, des pouvoirs dans une société et parfois une famille. Le bon dossier commence par une chronologie et un inventaire. Les produits viennent après. Avant de chercher une solution, posez donc les faits : ce qui bouge, la date et les preuves disponibles.
La première question n’est donc pas « que faut-il vendre ? », mais « quelle décision devient irréversible, à quelle date et dans quel droit ? ». Une vente de titres, un rachat d’assurance-vie, une donation ou un apport peut cristalliser un impôt. À l’inverse, conserver provisoirement un compte ou un portefeuille documenté laisse souvent le temps de comprendre sa qualification néerlandaise.
Mémo express
Les sept décisions à prendre avant le premier acte irréversible
- Décrire le projet réel. Installation durable, mission temporaire, télétravail depuis la France, détachement ou retour programmé ne forment pas le même dossier. Écrivez où vous vivrez, travaillerez et déciderez, personne par personne.
- Construire une date de bascule défendable. Bail, remise des clés, arrivée du conjoint, école, début d’emploi, calendrier de présence et disponibilité du logement français doivent raconter une histoire cohérente. Une case BRP ne remplace pas ces faits.
- Cartographier les lieux de travail. Bureau néerlandais, domicile français, déplacements, missions et pays tiers influencent séparément l’impôt, la sécurité sociale, la paie et le risque d’établissement stable.
- Créer un passeport pour chaque actif. PEA, assurance-vie, PER, compte-titres, cryptoactifs, immobilier, participations et dettes ont besoin d’un historique, d’une valeur, d’un propriétaire et d’une qualification dans les deux pays.
- Tester l’exit tax avant de négocier une cession. Une valeur de titres qui excède 800 000 €, une participation représentant au moins 50 % des bénéfices sociaux, un complément de prix ou une plus-value déjà en report peuvent ouvrir des obligations distinctes.
- Séparer la personne de l’entreprise. Le déménagement du fondateur à Amsterdam ne transporte pas automatiquement sa SAS française. Direction effective, établissement stable, TVA, paie et protection sociale répondent à des tests différents.
- Attribuer chaque décision au bon intervenant. Hagnéré Patrimoine peut dresser le bilan, comparer les scénarios, travailler l’allocation et coordonner le calendrier dans le périmètre de ses statuts. L’avocat fiscaliste, le notaire, l’expert-comptable, le spécialiste social, l’assureur, la banque ou l’intermédiaire local habilité valide et exécute ce qui relève de sa responsabilité.
Une décision, une date, une preuve et un responsable
Prenez une feuille. Quatre colonnes suffisent au départ : la décision envisagée, sa date, les pièces et la personne qui doit valider. C’est cette feuille de travail qu’il faut remplir avant de calculer.
| Décision | Date à figer | Preuves à conserver | Validation utile |
|---|---|---|---|
| Déplacer le foyer | Occupation effective du logement et déplacement de la vie familiale | Bail ou acte, remise des clés, consommations, école, assurance, calendrier | Avocat fiscaliste si un foyer ou des intérêts importants restent en France |
| Commencer ou modifier l’emploi | Premier jour physiquement travaillé dans chaque État | Contrat, avenant, agenda, badges, ordres de mission, paie | Employeur, conseil paie et spécialiste de la mobilité internationale |
| Vendre, apporter ou donner des titres | Négociations, décision, promesse, transfert de propriété et paiement | Cap table, prix de revient, valorisation, reports, pactes, procès-verbaux | Avocats fiscalistes France–Pays-Bas avant toute signature |
| Conserver une enveloppe française | Départ, versements, primes, retraits, arbitrages et échéances | Contrat complet, relevés historiques, sous-jacents, frais et bénéficiaires | Fiscaliste local et professionnel du produit autorisé à intervenir |
| Garder un immeuble français | Location, vacance, refinancement, vente et changement d’usage | Acte, valeur, dette, loyers, travaux, jours d’usage et structure de détention | Notaire, fiscaliste et, si nécessaire, expert IFI |
| Réorganiser une société | Lieu des décisions, embauches, contrats, facturation et flux | Statuts, mandats, procès-verbaux, substance, fonctions et moyens | Avocats et experts-comptables des deux États |
| Préparer un retour | Date cible et opérations des mois précédents | Taxations conservatoires, comptes, contrats, valeurs et certificats | Coordination franco-néerlandaise avant la nouvelle bascule |
Sept raccourcis qui coûtent du temps — parfois de l’argent
Ces phrases sont séduisantes parce qu’elles donnent une réponse immédiate. Le problème n’est pas leur simplicité, mais le fait qu’elles déplacent une règle étroite vers tout le dossier. Pour chaque raccourci, remplacez donc la conclusion par la vérification indiquée.
| Raccourci | Pourquoi il échoue | Réflexe utile |
|---|---|---|
| « Je suis inscrit au BRP, donc tout est néerlandais. » | Le BRP est une formalité administrative ; la résidence fiscale repose sur les faits et, en cas de conflit, sur la convention. | Conserver une chronologie familiale, professionnelle et patrimoniale. |
| « Moins de 183 jours en France suffit. » | Les 183 jours de l’article 15 répondent à une question étroite sur certains salaires ; ils ne tranchent ni la résidence ni la sécurité sociale. | Traiter séparément résidence, salaire, social et établissement stable. |
| « Le régime des expatriés enlève 30 % de tous mes impôts. » | Il s’agit d’une indemnité employeur encadrée, pas d’un abattement général sur le patrimoine ou les revenus. | Vérifier la décision, le contrat, les seuils et le régime transitoire. |
| « Box 3 taxe 36 % de mon patrimoine. » | Le taux de 36 % s’applique au revenu Box 3 calculé, non à la valeur brute des actifs. | Comparer intégralement forfait et rendement réel justifié. |
| « Mon PEA reste exonéré puisqu’il l’est en France. » | Le nom français du produit n’impose pas sa qualification néerlandaise. | Documenter les droits, sous-jacents et participations avant de conclure. |
| « Une convention évite une seconde déclaration. » | Elle partage le droit d’imposer et organise un allègement ; elle n’efface pas nécessairement les déclarations. | Distinguer revenu brut, retenue, impôt définitif et mécanisme correcteur. |
| « Une holding néerlandaise règle le sujet. » | Une nationalité de société ne prouve ni la substance, ni le bénéficiaire effectif, ni le motif économique. | Comparer fonctions, coûts, gouvernance, flux et règles anti-abus. |
Ce qui doit être traité avant le départ — et ce qui peut attendre
Ne restructurez pas tout par réflexe. Une enveloppe ancienne peut être conservée côté français ; sa qualification néerlandaise doit encore être établie. Un contrat peut être transférable mais mal servi par son établissement après le changement de résidence. Une dette peut être utile à l’analyse d’un actif sans être déductible euro pour euro. Autrement dit, « conserver » ne signifie ni « exonéré » ni « oublier ».
Les actes sensibles ou susceptibles d’être irréversibles passent en premier : cession, rachat, donation, apport, exercice d’options, acceptation d’une clause bénéficiaire ou modification dont les effets civils ont été vérifiés, et décision importante d’une société. Pour chacun, comparez au moins l’acte avant le transfert, l’acte après le transfert et le report de l’acte. Les hypothèses de valeur, de rendement et de durée restent identiques ; seuls les droits, les formalités et le calendrier changent.
Les décisions encore réversibles peuvent rester sous observation : allocation d’une poche liquide, choix d’un logement définitif, remplacement d’un contrat ou choix d’une banque supplémentaire. Pendant ce délai, prévenez les établissements du changement de résidence, exportez les historiques et vérifiez leur capacité à vous servir légalement depuis les Pays-Bas. Vous obtenez ainsi deux listes très concrètes : les actes à faire valider avant de signer et les décisions que vous pouvez différer sans perdre d’information.
Information générale arrêtée au 24 juillet 2026
Ce guide ne constitue ni une consultation juridique, fiscale, comptable, sociale ou notariale, ni une recommandation personnalisée avant connaissance du dossier. Hagnéré Patrimoine n’est ni un cabinet d’avocats, ni une étude notariale, ni un cabinet d’expertise comptable. Son statut français de CIF ne constitue pas, à lui seul, un passeport européen. Toute intervention financière, assurantielle, immobilière, de crédit ou de distribution dépend des habilitations, notifications, acceptations et règles territoriales applicables. Les cas et chiffres de ce guide sont fictifs et doivent être validés avant toute opération.
Mettre la France et les Pays-Bas sur une seule feuille de route
Hagnéré Patrimoine reprend la chronologie, les actifs, les contrats, les risques et les objectifs, prépare les scénarios dans le périmètre de ses statuts, puis coordonne les professionnels habilités utiles au dossier.
Quatre droits et passeport de chaque actif
Vous obtenez un BSN, votre employeur prépare une paie néerlandaise et vous souscrivez une assurance santé. Votre résidence fiscale, votre succession et le régime social de vos jours télétravaillés sont-ils réglés ? Non. Les mêmes faits sont examinés par quatre grilles autonomes : séjour et installation, fiscalité, protection sociale et droit civil. Le BSN répond donc à une question d’identification ; il ne répond pas à la place des trois autres droits.
Prenons Thomas, résident des Pays-Bas, salarié d’une entreprise française et parfois présent à Lille. Son inscription néerlandaise organise sa vie administrative. Le lieu physique de chaque journée influence le droit d’imposer son salaire. La part d’activité dans son État de résidence sert à déterminer la législation sociale, avec une éventuelle dérogation. Son régime matrimonial et sa succession suivent encore d’autres textes. Un seul compteur ne peut donc pas répondre correctement à toutes les questions.
Les quatre grilles à ouvrir avant de parler de solution
Posez une question complète dans chaque grille. Au lieu de « où suis-je imposé ? », demandez « quel État peut imposer ce salaire, pour quels jours et avec quel allègement ? ». Le texte à lire et l’intervenant à solliciter deviennent beaucoup plus clairs.
| Couche | Question exacte | Source prioritaire | Intervenant |
|---|---|---|---|
| Séjour et installation | Puis-je vivre et travailler aux Pays-Bas, et quelles formalités accomplir ? | Droit de l’Union, Government.nl, commune et organismes néerlandais | Commune et administration compétente ; conseil en immigration si le droit UE ne suffit pas |
| Fiscalité | Quel État me considère résident, lequel peut imposer ce revenu et comment corriger la double imposition ? | Droits internes, convention de 1973, protocole de 2004, MLI et doctrine | Administrations et avocat ou conseil fiscal habilité |
| Protection sociale | Quelle législation unique couvre activité, santé, chômage et retraite ? | Règlements européens 883/2004 et 987/2009, SVB, UWV, CAK et organismes français | Employeur, paie internationale, organismes sociaux et spécialiste habilité |
| Droit civil | Quelle loi gouverne le couple, les pouvoirs, la protection et la succession ? | Règlements européens, droits français et néerlandais, actes existants | Notaire ou avocat en droit international privé |
Les textes européens de coordination sociale sont accessibles sur EUR-Lex, notamment le règlement 883/2004 et son règlement d’application 987/2009. Ils ne remplacent ni la convention fiscale ni les règles civiles. Le dossier doit indiquer, à côté de chaque conclusion, le texte qui répond réellement à la question.
Quatre compteurs célèbres, quatre portées étroites
Un chiffre isolé prête vite à confusion. Notez à côté de chaque seuil la question exacte à laquelle il répond, puis seulement utilisez-le dans une paie, un courriel ou une simulation.
| Repère | Ce qu’il peut décider | Ce qu’il ne décide pas |
|---|---|---|
| 5 jours après l’arrivée | Délai général d’inscription au BRP pour une installation de plus de quatre mois. | La résidence fiscale conventionnelle et la date de sortie de France. |
| 183 jours | Une condition de l’exception salariale de l’article 15 §2, pendant l’année fiscale concernée. | À lui seul, la résidence, l’impôt du salaire ou la sécurité sociale. |
| Au moins 25 % | Seuil social d’activité substantielle dans l’État de résidence pour une activité habituelle dans plusieurs États. | Le pays d’imposition et l’existence d’un établissement stable. |
| Strictement moins de 50 % | Une condition de l’accord-cadre de télétravail qui peut, sur demande et avec A1, maintenir la législation de l’État de l’employeur. | Une franchise fiscale, un droit automatique ou une règle pour les indépendants. |
L’ordre fiscal : faits, droits internes, convention, déclaration
Le raisonnement fiscal part de la personne et de l’année. La France applique ses critères internes ; les Pays-Bas font de même. Si les deux États revendiquent la résidence, l’article 4 les départage. Ce n’est qu’après cette étape que chaque salaire, loyer, dividende, pension, plus-value ou élément de fortune trouve son article conventionnel et sa méthode d’allègement.
Une retenue à la source n’est pas l’impôt final. Une déclaration dans les deux pays n’est pas la preuve d’une double imposition. Un crédit n’est pas toujours égal à la retenue effectivement subie. Pour chaque flux, conservez quatre nombres : revenu brut, prélèvement initial, impôt définitif dans l’État de source et correction réellement obtenue dans l’État de résidence. Cette fiche montre si l’écart vient de la qualification, du prélèvement ou de l’allègement. Deux soldes bancaires, seuls, ne le disent pas.
La séquence commune au dossier
1. Faits datés et pièces 2. Droit interne français 3. Droit interne néerlandais 4. Résidence conventionnelle si conflit 5. Qualification de chaque revenu, actif ou dette 6. Droit d’imposer et mécanisme d’allègement 7. Déclarations, paiements, preuves et suivi
Commencer par le taux ou le formulaire revient souvent à calculer correctement la mauvaise catégorie.
Le passeport de chaque actif
Le nom commercial ne suffit jamais. Un « PEA », une « assurance-vie » ou un « PER » décrit un cadre français. Le droit néerlandais veut connaître le droit économique détenu : titres, créance, droit au rachat, rente, participation, immobilier, garantie et disponibilité. Le passeport rassemble ces éléments avant qu’une administration, une banque ou un héritier ne doive les reconstruire. Sans ce document, chaque professionnel recommence l’enquête et peut travailler sur une version différente du même actif.
| Rubrique du passeport | Questions | Documents | Risque si elle manque |
|---|---|---|---|
| Propriétaire et droit | Qui détient quoi, directement ou indirectement ? Qui peut racheter, vendre ou nantir ? | Contrat, statuts, registre de titres, acte, pacte, clause bénéficiaire | Mauvaise Box, mauvais déclarant ou mauvaise qualification civile |
| Chronologie | Quand le droit a-t-il été acquis, financé, abondé, transformé ou transféré ? | Relevés d’ouverture, primes, versements, apports, retraits, opérations | Prix de revient ou ancienneté impossible à prouver |
| Valeurs | Quelle valeur au départ, au 1er janvier et au jour de l’acte ? | Relevés, méthode de valorisation, rapports, valeur immobilière | Calcul Box 3, exit tax ou plus-value fragile |
| Flux | Quels intérêts, dividendes, loyers, gains, frais et remboursements ? | Avis d’opéré, relevés annuels, comptes, quittances et déclarations | Confusion entre revenu, variation de valeur et remboursement |
| Dette | Qui emprunte, quel actif est financé et quelle garantie existe ? | Contrat de prêt, échéancier, affectation des fonds, sûretés | Déduction supposée alors que le lien économique n’est pas établi |
| Fiscalité latente | Exit tax, report, retenue, perte, crédit ou taxation conservatoire existent-ils ? | Déclarations antérieures, avis, formulaires et correspondances | Acte déclencheur réalisé sans connaître le passif latent |
| Service transfrontalier | L’établissement accepte-t-il le résident néerlandais et l’opération envisagée ? | Conditions, réponse écrite, documentation de distribution | Blocage au moment d’un versement, d’un arbitrage ou d’un sinistre |
Règle, exception, preuve, professionnel
Une conclusion doit rester compréhensible six mois plus tard. Écrivez d’abord la règle du cas courant. Ajoutez le fait ou l’exception qui pourrait la déplacer. Associez une preuve contemporaine, puis nommez l’intervenant habilité à valider ou exécuter. « À confirmer » devient ainsi une action, pas une formule de prudence vide.
| Étape | Question | Exemple France–Pays-Bas |
|---|---|---|
| Règle | Que prévoit le cas ordinaire ? | Un résident néerlandais déclare en principe ses revenus et actifs mondiaux pertinents. |
| Exception | Quel article ou fait pourrait déplacer la réponse ? | Un immeuble français reste attribué à la France et appelle une correction néerlandaise. |
| Preuve | Que faudra-t-il produire ? | Acte, valeur, dette rattachée, loyers, jours d’usage, avis français et déclaration néerlandaise. |
| Professionnel | Qui prend position ou accomplit l’acte ? | Fiscalistes des deux États pour l’articulation ; déclarant local selon sa mission. |
Une source doit être datée et replacée dans sa hiérarchie
Une page administrative publiée en 2026 peut encore utiliser un chiffre 2025. Une annonce parlementaire peut décrire une réforme non votée. Une FAQ peut simplifier un seuil que le CGI formule autrement. Le présent guide privilégie le texte légal, la convention, les règlements européens et les administrations, puis expose les divergences au lieu de les masquer. Datez chaque consultation, puis rouvrez la source avant l’acte lorsqu’un montant ou un texte peut encore évoluer.
Le document DGFiP synthétisant la convention et les effets du MLI facilite la lecture, mais son avertissement est important : il ne constitue pas une source de droit autonome. Les textes authentiques restent opposables. Chaque opération sensible doit rouvrir le corpus à sa date réelle.
Cas de méthode
Thomas télétravaille depuis Rotterdam sans changer son contrat français
Hypothèses pédagogiques : Thomas vit à Rotterdam, reste salarié d’une entreprise française et travaille certains jours à Lille, les autres depuis son domicile néerlandais. Son contrat n’a pas changé. Le dossier ne conclut pas que « la paie française règle tout ». Il ouvre quatre analyses : résidence fiscale personnelle, lieu physique du travail pour l’article 15, législation sociale avec les seuils de pluriactivité, et éventuel risque créé pour l’employeur. Thomas conserve calendrier, agenda et justificatifs ; employeur, paie et spécialistes prennent ensuite position dans leur périmètre.
Une incertitude utile comporte une suite
« Nous ne savons pas » ne suffit pas. Une incertitude utile précise le fait manquant, la pièce à obtenir, le texte à vérifier et la personne habilitée à conclure. Dans un vrai dossier, la meilleure réponse peut être de ne rien modifier tant que cette preuve n’existe pas.
BSN, BRP, DigiD, banque et santé
Le premier mois aux Pays-Bas ressemble à une suite de sigles. La commune vous inscrit au BRP, vous obtenez un BSN, puis vous demandez un DigiD. Votre employeur, votre assureur santé et parfois votre banque réclament ces informations. Cette chaîne facilite la vie administrative ; elle ne fixe pas, à elle seule, votre résidence fiscale ni la date de sortie de France. L’ordre pratique consiste à vous identifier, accéder aux services, organiser les paiements puis confirmer la couverture ; aucune étape ne remplace la suivante.
Pour un citoyen français, la liberté de circulation évite en principe le permis de travail. Elle ne dispense pas des formalités d’installation, de la détermination de la législation sociale ou des obligations de l’employeur. Une personne non ressortissante de l’Union, même membre de la famille ou salariée d’une entreprise française, doit vérifier son propre titre au lieu de recopier le parcours d’un Français.
BRP, RNI et BSN : trois notions, trois fonctions
Si vous prévoyez de vivre aux Pays-Bas plus de quatre mois, la procédure officielle d’inscription à la base des personnes prévoit en principe l’inscription au BRP auprès de la commune dans les cinq jours de l’arrivée. Le Basisregistratie Personen, ou BRP, est la base municipale des résidents. La commune enregistre notamment l’adresse et attribue ou confirme le BSN.
Le burgerservicenummer, ou BSN, est un identifiant personnel utilisé dans les relations avec les administrations, les soins, l’employeur et de nombreux services. Ce n’est ni un numéro d’impôt magique ni une décision de résidence conventionnelle. Une personne qui séjourne moins de quatre mois peut, selon sa situation, être inscrite au registre des non-résidents — le RNI — et obtenir un BSN. Cette inscription ne crée pas un droit de séjour ou de travail qui n’existerait pas par ailleurs.
Prenez le rendez-vous communal suffisamment tôt et vérifiez la liste locale des pièces. Identité, acte de naissance, état civil, bail, autorisation d’occupation et preuve de l’adresse peuvent être demandés selon la commune et le profil. Une traduction, une apostille ou un document récent peut être nécessaire. Le guide ne promet donc pas une liste universelle. Téléchargez celle de votre commune et classez les pièces en trois piles : disponibles, à traduire, à renouveler.
DigiD : la clé numérique, pas un statut
DigiD permet de s’identifier auprès de nombreux services publics : fiscalité, santé, pension ou commune. Une fois le BSN obtenu, suivez le parcours officiel de demande et d’activation de DigiD correspondant à votre inscription et à votre adresse. Les modalités d’activation évoluent ; ne confiez ni code, ni application, ni récupération de compte à un intermédiaire non autorisé.
Conservez les accusés de réception administratifs, mais ne les utilisez pas comme substitut à vos preuves fiscales. DigiD vous donne accès à un service ; il ne prouve pas où vit votre famille, où vous travaillez physiquement ni où se trouve le centre de vos intérêts. Gardez donc deux dossiers : l’un pour les démarches accomplies, l’autre pour les faits de vie et de travail qui soutiendront les analyses fiscales et sociales.
Banque : organiser les paiements sans détruire l’historique
Un compte opérationnel néerlandais simplifie souvent le salaire, le loyer, les prélèvements et les dépenses courantes. Avant d’en choisir un, comparez l’acceptation du profil, les frais, la carte, les virements internationaux, la langue du support, l’accès après un départ et la politique relative aux comptes professionnels. Le droit européen encadre par ailleurs l’accès à un compte de paiement de base dans l’Union, sous conditions.
Ne fermez pas les comptes français avant d’avoir exporté les relevés, prix de revient, avis d’opéré et justificatifs de virements. Signalez la nouvelle résidence et le ou les numéros fiscaux aux établissements. Une banque peut demander des pièces au titre de la connaissance client ou limiter certains services transfrontaliers. Ce contrôle commercial et réglementaire ne décide pas de la qualification fiscale du produit.
Pour chaque compte, notez le titulaire, l’IBAN, la devise, les droits de procuration, la date d’ouverture et le solde à la date utile. Un résident néerlandais doit examiner ses actifs mondiaux. Lors d’un retour en France, les comptes conservés aux Pays-Bas pourront aussi créer des obligations déclaratives françaises. CRS échange des informations ; il ne dépose aucune déclaration à votre place. Cette fiche bancaire doit être prête avant la première déclaration, pas reconstituée après une demande de justificatifs.
Santé : déterminer d’abord l’État compétent
La règle pratique « je vis aux Pays-Bas, donc je prends une assurance locale » convient à de nombreux salariés locaux, mais pas à tous les dossiers transfrontaliers. Détachement, activité dans plusieurs États, retraite, conjoint sans activité ou travail aux Pays-Bas avec résidence en France peuvent déplacer la législation compétente. Vérifiez donc le régime social avant d’empiler deux couvertures privées.
D’abord, quel système doit vous assurer ? Le choix de l’assureur, le niveau de franchise et les garanties complémentaires viennent après. Dans l’ordre inverse, vous risquez de payer deux contrats sans sécuriser le bon droit aux soins.
Lorsque la législation néerlandaise est compétente, la page officielle sur l’assurance santé néerlandaise indique en principe une souscription de l’assurance de base dans les quatre mois. Une souscription tardive ne reconstitue pas automatiquement toute la couverture antérieure et peut entraîner une sanction. Ne confondez pas :
- la prime nominale payée à l’assureur ;
- la franchise obligatoire et une éventuelle franchise choisie ;
- la contribution liée au revenu ;
- l’assurance complémentaire ;
- le réseau de soins et les autorisations préalables ;
- une éventuelle aide sous conditions de ressources.
La carte européenne d’assurance maladie couvre des soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire. Elle ne remplace pas une inscription dans l’État de résidence lorsque celle-ci est requise. Le formulaire S1 sert, dans certaines situations, à s’inscrire aux soins dans l’État de résidence alors que l’assurance maladie relève d’un autre État. Le chapitre consacré à la sécurité sociale reprendra A1, S1 et CEAM sans les confondre.
Les cent premiers jours, dans le bon ordre
Les cent premiers jours ne sont pas une course aux formulaires. Le risque, en allant trop vite, est de perdre une preuve utile. Commencez avant le départ et ne cochez une ligne qu’une fois sa pièce classée.
| Période | Action | Pièces | Erreur à éviter |
|---|---|---|---|
| Avant J0 | Vérifier commune, logement, emploi, couverture sociale et pièces d’état civil | Identités, actes, bail, contrat, diplômes, assurance et calendrier | Résilier tous les contrats français avant de connaître les conséquences |
| J0 à J+5 | S’inscrire au BRP si l’installation de plus de quatre mois le requiert | Récépissé communal, adresse, remise des clés et pièces transmises | Présenter la date BRP comme le verdict fiscal |
| Dès le BSN | Contrôler les informations personnelles et lancer le parcours DigiD | Confirmation BSN, activation et coordonnées à jour | Partager ses identifiants ou laisser une adresse obsolète |
| Avant la première paie complète | Vérifier paie, résidence déclarée, lieux de travail et régime social | Contrat, fiche de paie, avenant, agenda et demandes sociales | Supposer que la retenue de paie solde l’impôt annuel |
| Dans les premières semaines | Ouvrir les services bancaires utiles et déclarer le changement aux établissements | Réponses écrites, relevés exportés, numéros fiscaux et conditions | Fermer un PEA ou racheter un contrat pour une raison uniquement pratique |
| Dans les quatre mois si applicable | Souscrire l’assurance santé de base néerlandaise | Police, date d’effet, franchise, réseau et éventuelle décision sociale | Compter sur la CEAM pour une installation durable |
| Avant J+100 | Finaliser passeport des actifs et feuille de route déclarative | Valeurs, prix de revient, contrats, dettes, participations et revenus | Attendre la première déclaration pour rechercher les historiques |
Le dossier français à garder ouvert pendant l’installation
Prévenez l’administration fiscale française de l’adresse étrangère, mais ne cherchez pas à faire coïncider artificiellement la date déclarée avec un objectif fiscal. Listez les revenus avant et après la bascule, les biens français, les comptes, les titres et les opérations en cours. Une promesse de vente négociée avant le départ, une prime variable acquise sur plusieurs périodes ou un loyer français après le départ ne se rangent pas simplement dans le pays du compte bancaire.
Informez aussi employeur, banques, assureurs, teneurs de comptes, gestionnaires de retraite et sociétés dont vous êtes associé ou dirigeant. Demandez une réponse écrite sur le maintien, les opérations possibles et les documents attendus. La distribution transfrontalière d’un produit ou d’un service ne découle pas de sa simple détention historique. Un tableau unique suffit pour faire le tri : relation maintenue, service limité ou décision requise avant le prochain versement.
Cas des cent premiers jours
Nora et Julien arrivent à Utrecht à deux dates différentes
Hypothèses pédagogiques : Julien prend son poste et les clés le 3 septembre. Nora, indépendante, termine une mission en France et arrive avec les enfants le 28 octobre. Ils ne retiennent pas une date commune par commodité. Julien accomplit ses formalités, vérifie sa couverture et documente la disponibilité des logements. Nora prépare séparément son activité, sa protection sociale et la date de son installation réelle. Le foyer, les jours de travail et les déclarations sont ensuite rapprochés ; aucun récépissé isolé ne tranche les deux situations.
Un BSN est indispensable à de nombreuses démarches, mais ne répond pas à tout
BSN, BRP, DigiD, assurance santé et compte bancaire servent la vie administrative. Ils constituent des indices et des pièces, pas une décision opposable sur la résidence conventionnelle, le pays d’imposition d’un salaire ou la loi sociale applicable. Lorsque le logement, la famille ou l’activité restent partagés, faites valider la chronologie avant une déclaration ou une opération irréversible.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : inscription communale et assurance sont organisées rapidement lorsque le profil les exige.
- Exception : séjour court, détachement, pluriactivité, famille ou statut non UE modifient le parcours.
- Preuve : récépissés, dates réelles, contrat, couverture, logement et correspondances.
- Professionnel : commune et organismes pour les formalités ; spécialistes fiscal, social ou immigration lorsque les droits se chevauchent.
Résidence : les faits avant les cases
Vous vivez à Amsterdam depuis septembre, mais votre conjoint et les enfants sont restés à Paris jusqu’à Noël. Votre appartement français est encore disponible et vous dirigez une société lors de vos passages en France. Êtes-vous résident néerlandais dès l’inscription au BRP ? Peut-être. Mais aucune réponse sérieuse ne tient dans le récépissé communal ou dans un total de nuits.
La résidence fiscale s’analyse par personne, par année et dans un ordre précis. La France applique d’abord son droit interne. Les Pays-Bas appliquent le leur. Si les deux États revendiquent la même personne, l’article 4 de la convention les départage. On ne choisit pas le pays le plus favorable et on ne commence pas par l’article de la convention qui arrange le mieux. Cette séquence répond à deux questions différentes : chaque pays peut-il vous revendiquer, puis lequel l’emporte pour la convention ?
Étape 1 : le droit interne français
L’article 4 B du code général des impôts examine notamment le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques. Ces critères sont alternatifs : au regard du droit français, un seul peut suffire, sous réserve de la convention.
Le foyer n’est pas simplement le logement dont vous êtes propriétaire. Il recherche le lieu normal de la vie personnelle ou familiale. Le séjour principal ne se réduit pas toujours à un seuil arithmétique. L’activité principale s’apprécie selon les fonctions et le temps réellement consacré. Le centre des intérêts économiques regarde les affaires, revenus, investissements et décisions, sans désigner automatiquement le pays où se trouve le patrimoine le plus cher.
Depuis la rédaction applicable en 2026, l’article 4 B précise aussi qu’une personne que la convention considère résidente de l’autre État ne peut pas rester domiciliée en France par la seule application des critères internes. Cette articulation ne dispense pas de conduire d’abord l’analyse factuelle : la convention ne tranche un conflit que si les revendications internes sont établies.
Étape 2 : le droit interne néerlandais
La Wet inkomstenbelasting 2001 distingue le contribuable qui vit aux Pays-Bas du non-résident imposable sur des revenus néerlandais. La résidence résulte de l’ensemble des circonstances. L’administration recherche notamment un lien personnel durable avec les Pays-Bas ; elle ne publie pas une hiérarchie mécanique dans laquelle le BRP ou le nombre de jours gagnerait toujours.
Logement réellement disponible, lieu où séjourne la famille, travail, école, médecin, assurance, habitudes et relations sociales constituent des indices. L’instruction administrative néerlandaise sur l’enquête de résidence confirme cette approche d’ensemble. Une adresse néerlandaise sans vie réelle est fragile ; une inscription tardive n’efface pas davantage une installation déjà effective.
Les 183 jours ne sont pas le test autonome de résidence
Le seuil de l’article 15 §2 appartient à l’exception concernant certains salaires. Il vise une présence n’excédant pas 183 jours pendant l’année fiscale concernée et suppose encore deux autres conditions cumulatives relatives à l’employeur et à la charge de la rémunération. Il ne tranche ni le foyer, ni le centre des intérêts, ni la législation sociale.
Étape 3 : l’escalier de l’article 4
Si les deux droits internes répondent « résident », l’article 4 de la convention s’applique dans un ordre obligatoire. Le document DGFiP synthétisant la convention et le MLI permet de lire les critères, tout en rappelant qu’il reste un outil officiel de lecture et non le texte authentique autonome.
- Foyer d’habitation permanent. Existe-t-il un logement durablement disponible dans un seul État ou dans les deux ?
- Centre des intérêts vitaux. Si deux foyers existent, où se trouvent les liens personnels et économiques les plus étroits ?
- Séjour habituel. Si les intérêts vitaux ne départagent pas, dans quel État les séjours présentent-ils une fréquence et une régularité caractéristiques ?
- Nationalité. Elle intervient seulement si les étapes précédentes ne tranchent pas.
- Accord entre autorités compétentes. Il reste nécessaire lorsque le conflit subsiste.
Ce n’est pas un menu. Dès qu’un critère départage réellement la situation, on ne passe pas au suivant. La nationalité française ne donne donc pas une option générale pour rester résident de France, pas plus que le BSN ne crée une résidence néerlandaise automatique. Pour appliquer cet escalier, écrivez une conclusion et ses preuves à chaque marche ; ne sautez à la suivante que si la précédente ne tranche réellement pas.
Le centre des intérêts vitaux ne se résume pas à un patrimoine
Une personne peut posséder davantage d’immobilier en France et avoir déplacé sa vie personnelle et son activité aux Pays-Bas. Une autre peut louer un petit appartement à Amsterdam mais conserver conjoint, enfants, logement et direction effective de son entreprise en France. La valeur brute des actifs éclaire l’analyse ; elle n’en est pas le verdict.
Les liens personnels et économiques se lisent ensemble : famille, logement, activité, mandats, décisions, revenus, habitudes, soins, scolarité et durée de la transition. Une séparation temporaire du couple n’a pas la même portée qu’une organisation durable. Décrivez l’intention, mais prouvez surtout sa mise en œuvre.
Une fiche par personne, pas une date pour tout le foyer
Deux conjoints peuvent changer de résidence à des dates différentes. Un enfant peut rejoindre plus tard. Un dirigeant peut déplacer son domicile sans déplacer le lieu où il exerce ses fonctions. Préparez donc une fiche pour chaque personne, puis rapprochez les résultats pour comprendre le foyer. L’adresse commune sur une déclaration ou un compte bancaire n’annule pas cette analyse individuelle.
La date retenue pour la résidence ne règle pas non plus toutes les catégories de revenus. Un bonus peut rémunérer une période antérieure, un loyer reste rattaché à l’immeuble français et une plus-value peut rencontrer une clause d’ancien résident. La résidence ouvre la carte conventionnelle ; elle ne la remplace pas.
Le dossier de preuve à constituer au fil de l’eau
Une preuve utile est datée au moment des faits et corroborée par d’autres pièces. Le journal mensuel sert de sommaire : il relie chaque changement de logement, de travail ou de vie familiale aux documents qui l’établissent. Cette discipline est beaucoup plus solide qu’un récit reconstruit à la fin de l’année.
| Dimension | Pièces contemporaines | Ce qu’une pièce isolée ne prouve pas |
|---|---|---|
| Logement | Bail, acte, remise des clés, assurance, consommations et occupation | Un bail ne prouve ni l’usage réel ni l’indisponibilité du logement français. |
| Famille | Adresse du conjoint, école, soins, déplacements et vie courante | La scolarité ne décide pas seule de toute la résidence. |
| Présence | Calendrier corroboré par billets, badges, factures, péages et agendas | Le nombre de nuits n’explique pas le foyer ni l’activité. |
| Travail | Contrat, fonctions, jours physiques, clients, missions et lieu de décision | Le siège de l’employeur ne prouve pas le lieu d’exercice. |
| Économie | Mandats, participations, revenus, immobilier, financements et décisions | Le plus gros actif ne constitue pas automatiquement le centre des intérêts. |
| Administratif | BRP, certificats, déclarations, avis et échanges avec les deux États | La cohérence administrative n’efface pas des faits contraires. |
Un mini-audit avant de déclarer la date
Mémo express
Les douze questions à mettre dans la chronologie
- Quels logements étaient réellement disponibles chaque mois ?
- Où vivaient le conjoint et les enfants ?
- Où les journées de travail étaient-elles accomplies ?
- Où les décisions professionnelles importantes étaient-elles prises ?
- Quels mandats sociaux étaient exercés et depuis quel lieu ?
- Quels revenus étaient perçus et où se trouvait leur source ?
- Où les dépenses courantes étaient-elles réalisées ?
- Où se trouvaient médecin, assurance et vie sociale habituelle ?
- Quelles inscriptions administratives ont été faites, et quand ?
- Quel calendrier de présence peut être corroboré ?
- Quels actes irréversibles ont été négociés ou signés autour du départ ?
- Les déclarations et informations données aux banques sont-elles cohérentes ?
Cas de résidence
Claire s’installe à Amsterdam, son conjoint la rejoint quatre mois plus tard
Hypothèses pédagogiques : Claire occupe son logement néerlandais et commence son poste le 1er septembre. Son conjoint et leur enfant restent dans l’appartement parisien jusqu’au 31 décembre. Claire s’inscrit au BRP le 3 septembre. Elle ne conclut pas que ce récépissé suffit. Elle teste son lien durable aux Pays-Bas, puis le foyer, l’activité et les intérêts économiques en France. Si les deux pays la revendiquent, elle suit l’article 4 dans l’ordre. La conclusion vaut pour Claire, pour l’année et pour les faits prouvés ; celle de son conjoint fait l’objet d’une fiche séparée.
La résidence de la société reste un autre dossier
Le dirigeant qui s’installe aux Pays-Bas ne change pas automatiquement la résidence de sa société française. Mais continuer à négocier, décider, signer et manager depuis Amsterdam peut créer des questions de direction effective ou d’établissement stable. Une BV immatriculée aux Pays-Bas n’est pas davantage protégée si ses fonctions et ses moyens se trouvent ailleurs. Fiscalité personnelle, résidence de société, établissement stable d’impôt sur les sociétés et établissement fixe de TVA doivent rester séparés.
Documenter la résidence avant qu’elle ne devienne un contentieux
Nous structurons la chronologie, les logements, les jours de travail, les actifs et les sociétés, puis préparons le dossier destiné aux fiscalistes habilités des deux pays.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : chaque État applique d’abord son droit interne à chaque personne.
- Exception : une double résidence se tranche par les critères successifs de l’article 4.
- Preuve : un journal de faits corroboré, et non un seul formulaire ou total de jours.
- Professionnel : avocat fiscaliste franco-néerlandais lorsque logement, famille, activité de direction ou intérêts restent partagés.
Convention, MLI et droit d’imposer
Un article affirme qu’une « nouvelle convention de 2023 » aurait changé la fiscalité franco-néerlandaise. Un autre reproduit la convention de 1973 sans ses modifications. Lequel utiliser ? Aucun sans contrôle. Au 24 juillet 2026, les registres officiels renvoient toujours à la convention signée le 16 mars 1973, à son protocole du 7 avril 2004 et aux effets compatibles du MLI.
Ce traité ancien ne se lit pas comme un barème. Il répond, catégorie par catégorie, à trois questions : qui est résident pour les impôts couverts, quel État peut imposer le revenu ou la fortune, puis comment l’État de résidence corrige la double imposition. Il peut laisser deux déclarations, une retenue initiale et un crédit plafonné. Sa fonction n’est pas de rendre un dossier invisible à l’un des deux pays. Pour le lire sans jargon, partez donc du flux concret — salaire, loyer, dividende ou pension — puis suivez ces trois questions dans l’ordre.
Le corpus applicable au 24 juillet 2026
| Instrument | Date | Fonction | Prudence |
|---|---|---|---|
| Convention France–Pays-Bas | Signée le 16 mars 1973 ; entrée en vigueur le 29 mars 1974 | Texte bilatéral de base sur le revenu et la fortune | Lire la catégorie exacte et le texte authentique. |
| Protocole modificatif | Signé le 7 avril 2004 ; entré en vigueur le 24 juillet 2005 | Modifie le traité de base | Ne pas utiliser le texte de 1973 isolément. |
| Convention multilatérale MLI | Entrée en vigueur pour la France le 1er janvier 2019 et pour les Pays-Bas le 1er juillet 2019 | Modifie les effets de clauses compatibles, notamment anti-abus et certaines plus-values immobilières | Distinguer entrée en vigueur et prise d’effet fiscale. |
| Effets sur cette relation | À compter du 1er janvier 2020 pour les effets fiscaux identifiés | Lecture combinée avec la convention | L’arbitrage et certaines procédures ont leur calendrier propre. |
Le registre officiel néerlandais du traité avec la France permet de retrouver les textes. La table BOFiP des dates de prise d’effet du MLI confirme les effets fiscaux à compter du 1er janvier 2020 pour cette relation.
La DGFiP publie aussi un document synthétisant la convention et les effets du MLI. Il est précieux pour travailler, mais son avertissement indique qu’il ne constitue pas une source de droit autonome. Pour une opération contestable ou importante, l’avocat revient aux textes authentiques et aux positions déposées.
Il n’existe pas de « nouvelle convention France–Pays-Bas de 2023 » dans les registres contrôlés
Une négociation, une mise à jour doctrinale, le MLI ou une convention signée en 2023 avec un autre pays ne deviennent pas un nouveau traité franco-néerlandais. Cette conclusion est datée du 24 juillet 2026 et doit être vérifiée de nouveau le jour de la publication ou de l’acte.
La convention se lit revenu par revenu
Une fois la résidence conventionnelle établie, créez une ligne pour chaque flux. Évitez la colonne vague « revenus français ». Un loyer, un dividende, une rémunération de dirigeant et une pension française suivent des articles et des méthodes différents. La source du virement ou la devise n’est pas la source juridique du revenu.
Sur un relevé bancaire, ces catégories restent pourtant mélangées. Séparez-les avant de calculer retenues et crédits. Un taux exact appliqué à la mauvaise catégorie reste un mauvais calcul.
| Revenu ou élément | Règle conventionnelle de principe | Question de dossier |
|---|---|---|
| Revenu immobilier | L’État de situation de l’immeuble peut imposer, article 6. | Déclaration mondiale et mécanisme néerlandais d’allègement ; détention directe ou via structure. |
| Bénéfice d’entreprise | État de résidence, sauf établissement stable dans l’autre État, article 7. | Lieu d’affaires, agent, fonctions, personnes et moyens ; ne pas confondre avec TVA. |
| Dividende | Imposition possible dans les deux États ; plafond conventionnel général de 15 % à la source pour le cas courant. | Bénéficiaire effectif, taux interne plus favorable, crédit plafonné et anti-abus. |
| Intérêt | Droit de source plafonné en principe à 10 %, avec exceptions, article 11. | Le droit interne peut prévoir aucune retenue sur un intérêt ordinaire. |
| Plus-value immobilière | L’État de situation peut imposer ; certaines entités à prépondérance immobilière sont visées. | Le test modifié par le MLI regarde la valeur tirée d’immeubles à un moment des 365 jours précédents. |
| Autre plus-value sur titres | État de résidence du cédant en principe. | Article 13 §5, prépondérance immobilière, exit tax et taxation conservatoire à tester séparément. |
| Salaire privé | État d’exercice physique du travail, sous réserve de l’exception cumulative de l’article 15 §2. | Jours, employeur matériel, charge de la rémunération et paie ; social traité à part. |
| Rémunération d’administrateur | Règle propre de l’article 16. | Séparer mandat d’administrateur et fonctions opérationnelles permanentes. |
| Pension privée | État de résidence en principe, article 18. | Qualifier le produit, la rente, le capital et une éventuelle taxation conservatoire. |
| Rémunération ou pension publique | Règle propre liée à l’État payeur, avec exceptions, article 19. | Identifier l’employeur public et la nature exacte de la fonction. |
| Fortune immobilière | L’État de situation peut imposer, article 23. | Articulation avec IFI, Box 3 et détention indirecte. |
| Autres éléments de fortune | État de résidence en principe, article 23. | Qualifier d’abord l’actif en Box 1, 2 ou 3 et appliquer les exemptions. |
Salaires : l’exception des 183 jours exige trois « oui »
Le principe place le salaire dans l’État où le travail est physiquement exercé. L’exception de l’article 15 §2 maintient l’imposition dans le seul État de résidence uniquement si les trois conditions sont cumulativement satisfaites :
- la présence dans l’État de travail n’excède pas 183 jours pendant l’année fiscale concernée ;
- la rémunération est payée par, ou pour le compte de, un employeur qui n’est pas résident de cet État ;
- la charge n’est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe de l’employeur dans cet État.
Un seul « non » suffit à faire tomber l’exception. L’employeur porté au contrat n’est pas toujours le seul à examiner : dans une mise à disposition, les fonctions de l’employeur matériel et la charge économique comptent. Le guide ne produit donc pas un prorata automatique à partir d’un agenda incomplet.
Article 13 §5 : ne pas confondre deux « participations substantielles »
Le même mot recouvre ici deux tests différents. « Substantielle » ne veut donc rien dire sans préciser si l’on parle du classement néerlandais en Box 2 ou du droit conservé par un État au titre de la convention.
Le droit interne néerlandais utilise notamment un seuil de 5 % pour le Box 2. La convention, elle, ne donne pas de pourcentage dans son article 13 §5. Cette clause peut conserver un droit d’imposer à l’ancien État si plusieurs conditions personnelles sont réunies : personne physique résidente de l’autre État, nationalité du premier État sans posséder celle du second, résidence dans le premier État à un moment des cinq années précédentes et cession d’une participation substantielle dans une société qui y réside.
Une détention de 5 % classée en Box 2 n’est donc pas automatiquement une participation substantielle au sens de la convention. Inversement, une analyse conventionnelle ne se résume pas au tableau Box 2. Marc, Français résidant à Amsterdam et actionnaire d’une SAS française, doit faire qualifier nationalité, résidence antérieure, droits détenus, société et date de cession avant de chiffrer.
L’article 24 ne cite pas clairement l’article 13 §5 dans la liste des réductions néerlandaises. Une décision administrative néerlandaise applicable depuis 2025 permet en principe à l’inspecteur de traiter certaines omissions ou références incorrectes d’anciens traités. Elle ne garantit pas qu’une plus-value française bénéficiera automatiquement d’une exonération ou d’un crédit intégral. La méthode doit être validée avant la cession.
Éliminer la double imposition ne veut pas dire rembourser tout
La convention alterne réduction proportionnelle, exonération avec effet sur le taux et crédit plafonné selon l’État et la catégorie. Côté néerlandais, plusieurs revenus attribués à la France sont inclus dans la base mondiale puis corrigés par une réduction. Dividendes, intérêts, dirigeants ou artistes suivent d’autres mécanismes. Côté français, certaines catégories sont exonérées avec possible effet de taux, d’autres ouvrent un crédit égal à l’impôt néerlandais dans la limite de l’impôt français correspondant.
La bonne fiche conserve donc le revenu brut, la retenue, la base déclarée dans chaque pays, l’impôt définitif et la correction effectivement obtenue. Si la retenue dépasse le plafond conventionnel, le surplus ne devient pas automatiquement un crédit dans l’État de résidence : une réclamation dans l’État de source peut être nécessaire. Avant de conclure à une double imposition, rapprochez ces cinq éléments et identifiez précisément le montant encore sans correction.
La lecture complète d’un flux transfrontalier
Qualification du revenu → article conventionnel → droit d’imposer de chaque État → prélèvement interne à la source → déclaration dans l’État de résidence → méthode d’élimination et plafond → réclamation éventuelle dans l’État de source
Une seconde déclaration ne signifie pas nécessairement un second impôt ; une retenue ne prouve pas non plus que la convention a été correctement appliquée.
Le MLI ajoute une vigilance anti-abus
Le test de l’objet principal peut refuser un avantage lorsqu’il est raisonnable de conclure que son obtention constituait l’un des objets principaux d’un montage ou d’une transaction, sauf si l’avantage reste conforme à l’objet et au but des dispositions. Cela ne transforme pas tout déménagement ou toute holding en abus. Cela impose de documenter la réalité : fonctions, personnes, moyens, gouvernance, motif économique et chronologie.
Une société néerlandaise créée juste avant une cession n’obtient donc pas un bénéfice conventionnel par son seul extrait d’immatriculation. De même, une résidence de papier ne neutralise pas les faits. Les professionnels doivent pouvoir expliquer pourquoi l’organisation existe au-delà de l’économie fiscale recherchée. Une structure peut bien sûr avoir une utilité réelle. Encore faut-il la décrire et la documenter avant l’opération.
La convention ne règle pas la fiscalité successorale
La liste française des conventions arrêtée au 1er janvier 2026 ne fait apparaître aucun traité franco-néerlandais dédié aux successions ou donations. Cela ne signifie ni double impôt automatique ni absence de mécanisme correcteur. Les droits internes peuvent se chevaucher et prévoir des allègements unilatéraux ; leur calcul dépend du défunt ou donateur, du bénéficiaire, de la résidence, de la nationalité et de la localisation des biens.
Le règlement européen sur les successions détermine la loi civile applicable et permet, sous conditions, un choix de loi nationale. Il exclut la fiscalité. Un testament néerlandais, français ou un choix de loi ne choisit donc pas le pays qui perçoit les droits. Testament, clauses bénéficiaires et inventaire des biens doivent être relus ensemble. Les traiter dans deux calendriers séparés crée des incohérences.
Cas conventionnel
Marc vend 12 % de sa SAS française après son installation à Amsterdam
Hypothèses pédagogiques : Marc est français, ne possède pas la nationalité néerlandaise, a vécu en France au cours des cinq années précédant la vente et est devenu résident conventionnel des Pays-Bas. Sa participation de 12 % relève potentiellement du Box 2 néerlandais, mais ce seuil interne ne conclut pas l’article 13 §5. L’avocat qualifie la participation conventionnelle, la France examine son droit d’imposer et l’exit tax, puis le fiscaliste néerlandais valide la méthode d’allègement. Aucun crédit intégral n’est promis avant cette lecture bilatérale.
Procédure amiable : agir sans perdre les recours internes
Une imposition paraît contraire à la convention ? L’article 27 ouvre une procédure amiable, en principe dans les trois ans de la première notification de la mesure contestée. Cette procédure ne suspend pas automatiquement les délais de recours internes. Avis, déclarations, certificats de résidence, calculs, retenues et preuves de paiement doivent être transmis rapidement au conseil chargé de coordonner les voies utiles. En pratique, ouvrez le dossier dès la première notification : attendre l’impôt définitif peut laisser expirer une voie de recours nationale.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : la convention répartit le droit d’imposer revenu par revenu et organise un allègement.
- Exception : établissement stable, bénéficiaire effectif, prépondérance immobilière, article 13 §5 et anti-abus peuvent changer la réponse.
- Preuve : résidence, source, lieu d’exercice, détention, impôt payé et chronologie de l’opération.
- Professionnel : avocat fiscaliste pour le droit d’imposer ; déclarant habilité dans chaque État pour la mise en œuvre.
Année du départ et exit tax
Le 1er septembre, vous prenez les clés à Amsterdam. Le 12, vous commencez votre emploi. Votre conjoint arrive en novembre et la cession de votre société, discutée depuis juin, doit être signée en janvier. Quelle est « la » date du départ ? La déclaration devra en retenir une, mais le dossier commence par tous ces événements.
L’année mixte relie trois travaux : établir la date de transfert de résidence, ventiler les revenus avant et après cette date, puis recenser les actifs ou opérations qui créent une obligation spéciale. L’exit tax appartient au troisième travail. Elle ne prouve pas la résidence, ne taxe pas tout le patrimoine et ne se calcule pas avec un taux universel. Gardez trois dossiers séparés, mais une seule chronologie. Chercher une date capable de tout résoudre conduirait à mélanger les sujets.
Fixer les faits avant de remplir la campagne suivante
Bail, arrivée familiale, travail physique, disponibilité du logement français, mandats sociaux et intérêts économiques forment la chronologie. L’adresse enregistrée dans l’espace fiscal français aide l’administration ; elle ne déplace pas à elle seule la résidence conventionnelle. La date doit être cohérente avec les déclarations, les banques, l’employeur et les pièces néerlandaises.
La procédure officielle de départ à l’étranger décrit la campagne suivant le départ. En principe :
- la déclaration 2042 couvre les revenus de la période pendant laquelle la personne reste résidente de France ;
- la 2047 reprend les revenus étrangers de cette période lorsqu’elle est requise ;
- la 2042-NR recense les revenus de source française que la France peut imposer après le départ jusqu’au 31 décembre ;
- si la convention considère encore la personne résidente de France, la portée des déclarations doit être adaptée aux faits.
Côté néerlandais, une personne résidente seulement pendant une partie de l’année utilise le parcours de migration couramment appelé déclaration M. Au 24 juillet 2026, le calendrier et le support du millésime 2026 ne doivent pas être inventés. La page officielle de la déclaration M doit être relue pour l’année réellement déclarée.
Ventiler chaque revenu au lieu de couper le relevé bancaire
| Revenu ou opération | Date ou période à reconstituer | Question supplémentaire |
|---|---|---|
| Salaire fixe | Jours physiquement travaillés avant et après la bascule | Article 15, paie et sécurité sociale suivent des analyses séparées. |
| Bonus, RSU ou options | Période d’acquisition, fonctions et jours par État | Aucun moment universel d’imposition ne peut être supposé. |
| Dividende | Décision, mise en paiement, résidence et bénéficiaire effectif | Retenue à la source, Box 2 éventuelle et crédit conventionnel. |
| Loyer français | Période de location et résidence de l’année | La France garde son droit d’imposer l’immeuble ; les Pays-Bas demandent la déclaration mondiale. |
| Cession de titres | Négociations, promesse, transfert de propriété et paiement | Exit tax, article 13, Box 2 et mécanisme d’allègement. |
| Rachat de contrat | Primes, ancienneté, demande, paiement et résidence | Droit interne français, convention et qualification néerlandaise du contrat. |
L’exit tax comporte plusieurs compartiments
Avant tout calcul, séparez les plus-values latentes sur certains titres, les créances issues d’une clause de complément de prix et les plus-values déjà placées en report. Ces branches de l’article 167 bis n’ont pas le même champ ni le même suivi. Être sous un seuil de valeur pour les titres ne permet donc pas d’ignorer un earn-out ou un report antérieur.
En termes simples, le départ peut concerner une valeur qui n’a pas encore été réalisée, un prix qui sera complété plus tard ou un gain dont l’imposition avait déjà été différée. Étiquetez chaque ligne avant de regarder les seuils : les formalités et les événements de suivi ne sont pas interchangeables.
Pour le compartiment des plus-values latentes, l’article 167 bis du CGI applicable en 2026 vise notamment une personne fiscalement domiciliée en France pendant au moins six des dix années précédant le transfert, lorsque l’une des conditions patrimoniales suivantes est remplie :
- les titres représentent directement ou indirectement au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société ;
- ou leur valeur globale dans le champ excède 800 000 € au jour du transfert.
Le mot « excède » compte. À 800 000 € exactement, le test de valeur n’est pas franchi selon la lettre du CGI. Une page pratique de la DGFiP emploie « au moins 800 000 € » ; lorsqu’un dossier se situe exactement à cette frontière, il faut demander une confirmation au lieu de transformer la divergence éditoriale en certitude.
Repérage de la branche des plus-values latentes
Résidence fiscale française ≥ 6 années sur les 10 précédentes ET (participation ≥ 50 % des bénéfices sociaux OU valeur globale des titres > 800 000 €) Puis inventaire séparé : créances de complément de prix + plus-values déjà en report
Ce filtre ouvre le dossier. Il ne détermine ni l’assiette exacte, ni le taux, ni les exclusions, ni les obligations des autres compartiments.
La valeur ne se reconstitue pas après la cession
Pour des titres cotés, conservez les relevés et la méthode de valeur à la date exacte. Pour du non-coté, documentez activité, comptes, trésorerie, dette, comparables, événements et méthode de valorisation. Un prix signé quelques mois plus tard peut éclairer le dossier ; il ne remplace pas automatiquement la valeur au jour du transfert.
Le prix de revient exige le même soin : souscriptions, acquisitions, donations, apports, restructurations, soultes et corrections antérieures. Les formulaires d’apport ou de report doivent rejoindre le passeport. Sans cet historique, une plus-value latente exacte reste impossible à calculer. Demandez les pièces manquantes avant toute lettre d’intention : une fois la cession engagée, la valeur et la chronologie deviennent beaucoup plus difficiles à défendre.
Départ vers les Pays-Bas : sursis automatique en principe
Les Pays-Bas sont un État de l’Union européenne. Le transfert ouvre donc, en principe, le sursis automatique de paiement prévu par l’article 167 bis. Le sursis protège la trésorerie ; il n’efface ni l’impôt calculé, ni la déclaration, ni les événements susceptibles de déclencher un recouvrement. Pensez-y comme à une dette fiscale mise en attente, avec son dossier et ses conditions, et non comme à une exonération acquise.
Cession, remboursement, annulation, donation, distribution, restructuration, nouveau déménagement ou retour peuvent produire des conséquences différentes selon le compartiment et le millésime. Un sursis n’est pas une exonération. Il faut relire la notice et le texte lors de chaque événement, pas seulement au départ.
La 2074-ETD se dépose avec la déclaration de l’année du départ, l’année suivante
Pour un transfert en 2026, la déclaration initiale est jointe à la déclaration des revenus 2026 déposée pendant la campagne 2027, sous réserve des formulaires alors publiés. Écrire qu’elle est déposée « avant le déménagement » ou simplement « l’année du départ » crée un faux calendrier.
La déclaration initiale ne signifie pas que tous les contribuables déposent ensuite le même formulaire chaque année. Les obligations de suivi dépendent de la date du départ, du type de gain, du sursis et des événements. Certains dossiers ne déposent rien pendant une année sans événement ; d’autres suivent une créance, un report ou une opération. Utilisez le formulaire du millésime réel.
Deux ans ou cinq ans : une frontière stricte, pas une promesse
Pour les départs relevant du régime depuis 2019, le délai de droit commun pour le dégrèvement des plus-values latentes est de deux ans. Il est porté à cinq ans lorsque la valeur globale excède 2,57 millions d’euros. À la lettre de la loi, une valeur exactement égale à 2,57 M€ reste dans le délai de deux ans.
Certaines notices emploient une rédaction différente au seuil exact. Un dossier à 2,57 M€ doit donc obtenir une confirmation écrite avant de fonder son calendrier sur cette limite. Dans tous les cas, dégrèvement et restitution supposent le respect des conditions et l’absence d’un événement contraire. Les créances de complément de prix et reports suivent leurs propres règles.
Article 13 §5 et exit tax : deux analyses qui peuvent se croiser
L’exit tax constate une imposition au moment du transfert. Une future cession peut, séparément, rencontrer l’article 13 §5 de la convention. Ces mécanismes ne se remplacent pas. La participation « substantielle » conventionnelle n’est pas automatiquement le seuil de 5 % du Box 2 ; nationalité, résidence antérieure et société doivent être contrôlées.
Le scénario avant départ, le scénario après départ et le scénario différé doivent reprendre la même valeur, le même prix de revient et la même opération. Pour chacun, distinguez l’impôt immédiatement payé, l’impôt placé en sursis, l’imposition lors de la cession, le mécanisme néerlandais d’allègement et les coûts de conformité. Une différence de taux isolée ne donne pas le coût net.
Le dossier à réunir avant une lettre d’intention
Ce dossier doit permettre à un tiers de refaire le raisonnement sans vous demander de mémoire ce qui s’est passé. Rassemblez d’abord les pièces de détention et de valeur, puis ajoutez la vente, la résidence et la lecture néerlandaise : l’ordre limite les hypothèses contradictoires.
| Bloc | Pièces | Question à faire valider |
|---|---|---|
| Détention | Cap table, catégories de titres, droits aux bénéfices, détentions indirectes et pactes | Seuil de 50 %, champ des titres et qualification conventionnelle |
| Valeur | Comptes, dette, trésorerie, comparables, rapport et événements | Valeur au jour exact du transfert |
| Prix de revient | Souscriptions, achats, apports, donations, soultes et déclarations | Base fiscale et reports antérieurs |
| Chronologie de vente | Offres, audits, décisions, promesse, signature, conditions et paiement | Moment de la cession et substance d’une opération préparée avant le départ |
| Résidence | Logements, famille, jours, activité, BRP, déclarations et certificats | Date conventionnelle du transfert |
| Fiscalité latente | 2074 antérieures, reports, earn-out et correspondances | Compartiment, sursis, suivi et événement de recouvrement |
| Pays-Bas | Qualification Box 2, projet de vente et méthode de double imposition | Coût néerlandais et allègement réellement disponible |
Cas de fondateur
Marc quitte la France avec 12 % d’une SAS valorisée 3,4 M€
Hypothèses pédagogiques : Marc a été résident de France huit des dix années précédentes. Ses 12 % valent 408 000 € et ne représentent pas 50 % des bénéfices sociaux. Le seuil de valeur de sa seule participation ne suffit pas à conclure : il faut agréger les titres entrant dans le champ et vérifier les autres branches, dont reports et complément de prix. S’il est concerné, le départ vers les Pays-Bas ouvre en principe le sursis automatique et la 2074-ETD accompagne la déclaration de l’année du départ, déposée l’année suivante. Sa vente future impose une analyse séparée de l’article 13 §5 et du Box 2.
Le miroir néerlandais à garder en tête pour le retour
Les Pays-Bas possèdent aussi une imposition protectrice à l’émigration, la conserverende aanslag, notamment pour certaines pensions, rentes et participations substantielles. Pour une émigration postérieure au 15 septembre 2015 à 15 h 15, le sursis relatif à une participation substantielle peut subsister sans terme fixe. Cette mécanique sera étudiée au chapitre du retour ; elle montre déjà pourquoi l’archive constituée au départ doit être conservée pendant toute l’expatriation.
Chiffrer avant la signature, pas après
Nous réunissons la cap table, les valeurs, les reports et la chronologie, comparons les scénarios patrimoniaux, puis coordonnons avocats fiscalistes et professionnels déclarants habilités.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : l’année est ventilée autour de la date réelle de transfert ; l’exit tax se teste par compartiment.
- Exception : seuils, titres, reports, earn-out, événements et millésimes produisent des suivis différents.
- Preuve : valorisation, prix de revient, cap table, négociations, résidence et formulaires.
- Professionnel : avocat fiscaliste des deux États avant cession, apport, donation ou restructuration ; déclarant habilité pour les formulaires.
Box 1, Box 2 et Box 3 en 2026
« Dans quelle Box va mon patrimoine ? » La question paraît simple, mais une Box n’est pas une étagère dans laquelle on range un produit d’après son étiquette française. Les Pays-Bas distinguent le revenu du travail et du logement principal, les participations substantielles, puis l’épargne et les placements qui ne relèvent pas des deux premières catégories.
Une même personne peut donc avoir un salaire en Box 1, le dividende de sa société en Box 2 et un portefeuille en Box 3. Les trois bases ne s’additionnent pas pour leur appliquer trois taux. Et surtout, le taux Box 3 de 36 % ne frappe jamais la valeur brute du patrimoine : il s’applique au revenu Box 3 calculé. Le taux vient en dernier. Il faut d’abord identifier le droit détenu, puis la Box correspondante.
La carte des trois Boxes
| Box | Périmètre principal | Question avant le taux |
|---|---|---|
| Box 1 | Travail, activité, logement principal et certaines prestations ou rentes | Quel revenu net entre réellement dans l’assiette et quelle composante d’assurances nationales est due ? |
| Box 2 | Dividendes et gains d’une participation substantielle | Le contribuable, son partenaire ou sa famille détient-il directement ou indirectement les droits visés, notamment au moins 5 % d’une catégorie ? |
| Box 3 | Dépôts, titres, cryptoactifs, immobilier secondaire et autres actifs hors Box 1/2 | Quels actifs et dettes existent au 1er janvier, puis quel rendement réel a été obtenu sur l’année ? |
Box 1 : des taux publiés, pas un simulateur de salaire net
Pour une personne qui n’a pas atteint l’âge AOW, la table officielle Box 1 pour 2026 publie les taux suivants :
| Revenu imposable Box 1 en 2026 | Taux publié |
|---|---|
| Jusqu’à 38 883 € | 35,75 % |
| Au-delà de 38 883 € et jusqu’à 78 426 € | 37,56 % |
| Au-delà de 78 426 € | 49,50 % |
Ces taux ne donnent pas un net de paie transfrontalier. Crédits, déductions, contribution santé, assurances de salariés, âge et législation sociale applicable modifient le résultat. Une attestation A1 peut affecter les primes dues sans déplacer automatiquement la résidence fiscale ou le lieu d’imposition du salaire. Pour comparer deux offres, demandez une simulation de paie qui rende visibles ces hypothèses au lieu d’appliquer le barème au salaire brut.
Pour une personne ayant atteint l’âge AOW avant 2026, le premier taux publié est de 17,85 %. Le plafond de cette première tranche dépend de la date de naissance. Une personne qui atteint l’âge AOW pendant 2026 relève, selon le mois, d’un taux mixte compris entre 17,85 % et 34,26 % dans la première tranche. Avant de comparer une pension ou un salaire, utilisez donc la table correspondant au mois exact au lieu de recopier 35,75 %.
Box 2 : le seuil interne de 5 % et deux tranches
Une participation relève notamment du Box 2 lorsque le contribuable, seul ou avec son partenaire fiscal, détient directement ou indirectement au moins 5 % d’une catégorie d’actions ou de certains droits. Détention familiale, classes de titres, options, société étrangère et détention indirecte doivent être examinées. Le dossier officiel sur l’aanmerkelijk belang en 2026 expose les situations principales.
| Revenu Box 2 en 2026 | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 68 843 € | 24,5 % |
| Fraction supérieure à 68 843 € | 31 % |
Dividende et plus-value sont les flux les plus visibles, mais le dossier d’un dirigeant comprend aussi le salaire en Box 1, l’impôt sur les sociétés de la BV, les emprunts auprès de la société, la convention et une éventuelle taxation conservatoire lors d’un départ. Pour 2026, la documentation retient un seuil de 500 000 € au 31 décembre pour la règle des emprunts excessifs du contribuable et de son partenaire auprès de leur société, sous réserve des exceptions. La conséquence est qu’un seul dividende ne suffit pas à mesurer le coût du dirigeant : salaire, société, financement et sortie des fonds doivent être placés sur la même chronologie.
Rappel essentiel : ce seuil de 5 % est néerlandais et interne. Il ne devient pas le seuil de la « participation substantielle » de l’article 13 §5 de la convention, qui ne donne pas de pourcentage et contient ses propres conditions personnelles.
Box 3 : les paramètres 2026 et leur statut exact
La méthode forfaitaire commence par la situation patrimoniale au 1er janvier 2026. La page officielle de calcul Box 3 en 2026 distingue les dépôts, les investissements et autres actifs, puis les dettes. Tous les paramètres ne sont pas provisoires. Le calcul part des actifs classés et des dettes admises. La franchise réduit ensuite la base ; l’impôt porte enfin sur le revenu ainsi calculé.
| Paramètre 2026 | Valeur | Statut au 24/07/2026 |
|---|---|---|
| Rendement forfaitaire des dépôts | 1,28 % | Provisoire jusqu’à sa fixation définitive |
| Rendement forfaitaire des placements et autres actifs | 6,00 % | Paramètre 2026 publié |
| Rendement forfaitaire des dettes | 2,70 % | Provisoire jusqu’à sa fixation définitive |
| Seuil de dettes | 3 800 € seul ; 7 600 € partenaires fiscaux | Valeur 2026 publiée |
| Franchise de patrimoine de la méthode forfaitaire | 59 357 € seul ; 118 714 € partenaires fiscaux | Valeur 2026 publiée |
| Taux Box 3 | 36 % | Taux appliqué au revenu Box 3 calculé |
La page officielle de la franchise Box 3 confirme 59 357 € par personne en 2026. Les articles qui réutilisent la franchise 2025 de 57 684 € ou les anciennes hypothèses de 51 396 € et 7,78 % ne doivent pas alimenter un calcul 2026.
La méthode forfaitaire, étape par étape
Rendement des dépôts + rendement des autres actifs − rendement des dettes admises = rendement forfaitaire total Valeur des actifs − dettes admises − franchise = base taxable (base taxable ÷ valeur nette) × rendement total = revenu Box 3 Revenu Box 3 × 36 % = impôt
Le seuil de dettes réduit d’abord la dette admise. La franchise réduit la base forfaitaire, pas directement l’impôt.
Exemple Box 3 : du patrimoine brut à 4 667 € d’impôt
Hypothèses pédagogiques reprises du calcul officiel : une personne seule détient au 1er janvier 2026 150 000 € de dépôts, 75 000 € de titres et une seconde résidence de 200 000 €. Elle supporte 100 000 € de dette. Nous supposons ici que tous les éléments sont dans le Box 3 et qu’aucune correction conventionnelle pour un actif étranger n’intervient.
| Étape | Calcul | Montant arrondi |
|---|---|---|
| Rendement des dépôts | 150 000 × 1,28 % | 1 920 € |
| Rendement des autres actifs | (75 000 + 200 000) × 6,00 % | 16 500 € |
| Dette admise | 100 000 − seuil de 3 800 | 96 200 € |
| Rendement des dettes | 96 200 × 2,70 % | −2 597 € |
| Rendement forfaitaire total | 1 920 + 16 500 − 2 597 | 15 823 € |
| Valeur nette | 425 000 − 96 200 | 328 800 € |
| Base après franchise | 328 800 − 59 357 | 269 443 € |
| Proportion taxable | 269 443 ÷ 328 800 | 81,94 % |
| Revenu Box 3 | 15 823 × 81,94 % | 12 965 € |
| Impôt Box 3 | 12 965 × 36 % | 4 667 € |
Le patrimoine brut de 425 000 € n’a donc pas subi 36 %. L’impôt de l’exemple représente 36 % d’un revenu Box 3 de 12 965 €. Cette précision paraît élémentaire ; elle évite pourtant l’erreur la plus fréquente dans les comparatifs grand public.
Rendement réel : comparer tout le calcul, pas seulement les coupons
Depuis la déclaration 2025, le contribuable peut indiquer directement son rendement réel dans sa déclaration annuelle. Il n’y est pas obligé lorsque le forfait est plus favorable. Si le rendement réel justifié est inférieur au rendement forfaitaire, l’administration indique retenir le résultat le plus favorable. La page officielle consacrée au rendement réel explique la méthode applicable dans la déclaration.
Le rendement réel ne correspond pas aux seuls intérêts, dividendes ou loyers encaissés. Il comprend, sur l’ensemble des actifs Box 3, les revenus et les variations de valeur réalisées comme non réalisées. L’analyse est annuelle, nominale et globale. Les coûts ordinaires ne sont en principe pas déductibles ; les intérêts de dettes Box 3 peuvent être pris en compte selon les règles applicables. L’objection « mon portefeuille n’a rien versé » ne suffit donc pas : il faut aussi reconstituer ses variations de valeur avant de comparer les deux méthodes.
| Point | Méthode forfaitaire | Rendement réel communiqué |
|---|---|---|
| Base de départ | Actifs et dettes au 1er janvier, répartis par catégorie | Revenus et variations de valeur de l’ensemble de l’année |
| Franchise | 59 357 € par personne en 2026 | Pas de franchise équivalente dans le calcul réel |
| Plus-values non réalisées | Absorbées dans les taux forfaitaires | Incluses dans le rendement réel selon la méthode actuelle |
| Coûts ordinaires | Non utilisés directement | En principe non déductibles |
| Intérêts de dettes Box 3 | Rendement forfaitaire des dettes admises | Pris en compte selon les règles du rendement réel |
| Résultat négatif | Le calcul suit la formule forfaitaire | Ramené à zéro, sans report de la perte |
| Choix final | Retenu si plus favorable | Retenu seulement s’il conduit au résultat inférieur justifié |
Seconde résidence et usage personnel en 2026
Pour certains logements à usage personnel, le rendement réel 2026 comprend une composante liée à cet usage. L’administration mentionne la valeur locative économique ou, selon les modalités publiées, un forfait de 5,06 % de la valeur WOZ, proratisé selon les jours de disponibilité. Jours loués et certaines périodes d’indisponibilité suivent un traitement distinct.
Un immeuble français n’a pas de valeur WOZ néerlandaise. La documentation de 2026 demande alors une valeur de libre disposition correspondant aux dates de référence, avec les ajustements pertinents. Ne transposez pas le chiffre WOZ à un avis de taxe foncière. Valeur, usage, location, dette et jours doivent être documentés puis validés localement.
Immeuble français : déclarer, puis appliquer l’allègement
La convention attribue en principe à la France le droit d’imposer l’immeuble français. Le résident néerlandais l’intègre néanmoins dans les informations de sa déclaration mondiale, puis applique le mécanisme néerlandais de prévention de la double imposition. Des dispositions publiées fin 2025 encadrent en 2026 la réduction Box 3 lorsqu’un rendement réel d’actifs étrangers et de dettes rattachées est utilisé.
L’existence et la structure de cette réduction sont documentées ; son montant ne l’est pas sans dossier. Ventilez la dette, les jours de location, les jours d’usage, les revenus, la valeur et les variations. La réduction proportionnelle est plafonnée à l’impôt Box 3. Il serait faux d’écrire que l’immeuble français est simplement « hors Box 3 » ou qu’un crédit euro pour euro rembourse toute imposition française. Commencez par une fiche propre à l’immeuble ; le calcul de l’allègement vient après, lorsque la valeur, la dette, l’usage et les revenus sont rapprochés.
Produits français : qualifier avant de ranger
Oubliez un instant l’étiquette commerciale du produit. Quels droits contient-il réellement ? Le tableau indique la question à résoudre, pas une Box automatique.
| Actif | Question néerlandaise | Conclusion prudente |
|---|---|---|
| PEA | Quels titres ou droits sont détenus ? Existe-t-il une participation substantielle ou une composante d’assurance ? | Ni « exonéré » ni « toujours Box 3 » sans qualification. |
| Assurance-vie | Quel droit économique, quelle disponibilité, quelle garantie et quelle valeur ? | La valeur de rachat n’est pas automatiquement la valeur Box 3 de tout contrat. |
| PER | Quel compartiment, quelle origine des versements, quelle faculté de sortie et quelle forme de prestation ? | Un PER n’est pas une lijfrente ni une pension conventionnelle par son seul nom. |
| CTO et ETF | Dépôt ou investissement ? Participation substantielle ? Activité professionnelle ? | Box 3 en principe pour les placements ordinaires du particulier, sous réserve des faits. |
| Cryptoactifs | Détention patrimoniale, activité, minage, staking ou trading organisé ? | Box 3 en principe pour le particulier ; aucune bascule automatique en Box 1. |
| SCI ou SCPI | Forme comparable, droits détenus, flux, immeubles et dette ? | La présomption de forme depuis 2025 ne décide ni la Box ni l’article conventionnel. |
Réforme 2028 : objectif public, pas encore droit définitivement adopté
Au 24 juillet 2026, le projet de loi sur le rendement réel a été adopté par la Tweede Kamer le 12 février 2026, mais la procédure devant l’Eerste Kamer n’est pas achevée. Le vote a été différé dans l’attente de modifications. L’objectif affiché demeure une entrée en vigueur au 1er janvier 2028 ; cette date ne doit pas être présentée comme acquise.
Le projet ne signifie pas davantage « taxation des seuls revenus encaissés ». Il s’appuie sur des revenus et variations de valeur, avec des régimes différents selon les actifs. Toute stratégie qui suppose aujourd’hui un système 2028 définitif doit être marquée comme provisoire et révisée à chaque étape parlementaire. Une stratégie actuelle doit donc rester valable sous le droit présent, puis prévoir un point de révision au lieu de parier sur le texte final.
Cas Box 3
Sophie conserve titres, crypto et maison française après son installation
Hypothèses pédagogiques : Sophie devient résidente néerlandaise, détient 150 000 € de dépôts, 75 000 € de titres, une maison française de 200 000 € et 100 000 € de dette rattachée. Le calcul forfaitaire brut donne 4 667 € avant correction conventionnelle. Sophie ne paie pas ce chiffre par automatisme : elle documente l’immeuble et la dette pour l’allègement, calcule son rendement réel global, inclut les variations de valeur des titres et crypto, puis compare les deux méthodes avec un fiscaliste néerlandais.
Les paramètres des dépôts et dettes restent provisoires
Les taux de 1,28 % pour les dépôts et de 2,70 % pour les dettes doivent être remplacés s’ils sont finalisés après le 24 juillet 2026. Le rendement de 6,00 % des autres actifs, la franchise de 59 357 € et le taux de 36 % sont les paramètres publiés pour 2026 à la date du guide.
Le dossier Box 3 à fermer chaque année
Mémo express
Douze pièces plutôt qu’un chiffre isolé
- relevés de tous les comptes au 1er janvier ;
- nature de chaque solde : dépôt ou investissement ;
- portefeuilles, cours et prix de revient ;
- participations et catégories de titres ;
- valorisation des cryptoactifs et méthode utilisée ;
- valeurs immobilières aux dates de référence ;
- jours de location, d’usage et d’indisponibilité ;
- loyers, intérêts, dividendes et autres revenus ;
- variations de valeur réalisées et non réalisées ;
- contrats de dettes et preuve de leur rattachement ;
- impôts étrangers, déclarations et justificatifs ;
- comparatif complet entre forfait et rendement réel.
Reprendre chaque actif avant de modifier l’allocation
Hagnéré Patrimoine construit le passeport des contrats et actifs, compare les scénarios d’allocation dans le périmètre de ses statuts, puis coordonne les qualifications fiscales et les interventions des établissements habilités.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : chaque revenu ou droit est d’abord qualifié en Box 1, 2 ou 3.
- Exception : âge AOW, participation, rendement réel, actif étranger et qualification du contrat déplacent le calcul.
- Preuve : valeurs, flux, variations, dettes, contrats et comparatif annuel complet.
- Professionnel : fiscaliste néerlandais pour la déclaration et la qualification ; conseil patrimonial et établissements habilités pour l’allocation et l’exécution dans leur périmètre.
Salarié, expatregeling, bonus et actions
Claire arrive à Amsterdam avec une proposition à 120 000 € et une phrase rassurante du recruteur : « vous aurez le régime des 30 % ». Elle imagine que son net augmentera de 30 %, que l’avantage lui appartient pendant cinq ans et que son portefeuille français restera en dehors de l’impôt néerlandais. Aucune de ces trois conclusions n’est automatique.
L’expatregeling, encore souvent appelée « 30% ruling », est une facilité de paie. Sous conditions et après décision de l’administration, l’employeur peut traiter une partie du package comme une indemnité non imposée destinée à couvrir des frais extraterritoriaux. Ce n’est ni un crédit d’impôt versé au salarié, ni une exonération générale de 30 % de tous ses revenus, ni une protection contre Box 2 ou Box 3.
Commencez par relire le contrat promis, puis vérifiez les conditions d’entrée et le plafond réellement utilisable. Le contrôle devra être repris chaque année. Quant au patrimoine, il s’analyse à part : un résultat favorable sur l’un de ces points ne valide pas les autres.
La décision fiscale n’oblige pas l’employeur à vous verser le maximum
L’employeur et le salarié déposent ensemble la demande. Même éligible, le salarié doit relire son contrat : le forfait s’ajoute-t-il au brut annoncé, ou une fraction du brut est-elle transformée en indemnité ? Qui conserve l’économie de charges et que devient le package si le régime s’arrête ? La décision administrative autorise la méthode ; elle ne réécrit pas l’accord salarial.
Demandez donc deux simulations écrites, avec et sans le régime, en conservant le même package. Vous verrez qui reçoit réellement l’avantage et ce qui se passe si la décision arrive tard ou cesse.
En 2026, l’éligibilité se lit condition par condition
La nationalité française et la qualité de « cadre international » ne suffisent pas. Le régime vise un salarié recruté depuis l’étranger qui possède une expertise considérée comme rare sur le marché néerlandais et qui remplit notamment une condition de distance. Le salaire taxable restant après l’indemnité constitue le principal test chiffré, mais il n’est pas le seul.
Une condition manquante suffit à faire échouer la demande, même si toutes les autres sont réunies. Constituez donc la preuve de chaque ligne dès le départ : le niveau de salaire, à lui seul, ne sécurise pas le régime.
| Test 2026 | Règle à contrôler | Preuve à conserver |
|---|---|---|
| Relation de travail | Un emploi salarié et une demande commune de l’employeur et du salarié. | Contrat, avenant de rémunération et formulaire signé. |
| Salaire général | Salaire annuel taxable hors indemnité strictement supérieur à 48 013 €. | Simulation de paie puis cumul annuel taxable. |
| Master qualifiant et moins de 30 ans | Salaire annuel taxable hors indemnité strictement supérieur à 36 497 € jusqu’à la fin du mois du 30e anniversaire ; à compter du mois suivant, la norme générale 2026 de 48 013 € doit être satisfaite pour la période restante selon le contrôle annualisé applicable. | Diplôme ou équivalence, date du 30e anniversaire et paie distinguant les deux périodes. |
| Chercheur ou médecin en formation | Certaines catégories recensées ne supportent pas le seuil salarial ordinaire. | Statut de l’établissement et justificatif de fonction. |
| Recrutement depuis l’étranger | La personne doit avoir été recrutée hors des Pays-Bas. | Adresse, échanges de recrutement et contrat antérieur. |
| Distance | Résidence à plus de 150 km de la frontière néerlandaise pendant plus de 16 des 24 mois précédant le premier jour de travail. | Baux, factures, inscriptions et historique d’adresses. |
| Délai de la demande | Dépôt dans les quatre mois du premier jour pour un effet possible dès ce premier jour. | Accusé de réception et copie de la demande. |
| Durée | Jusqu’à cinq ans, diminués des séjours et périodes antérieurs que les règles obligent à reprendre. | Historique de présence et de travail aux Pays-Bas sur la période examinée. |
La distance se mesure par rapport à la frontière néerlandaise, pas par rapport au futur bureau. Une adresse française éloignée d’Amsterdam peut donc se trouver trop près de la frontière. Les séjours antérieurs comptent également : études, anciennes missions, travail occasionnel ou retour d’un ancien bénéficiaire doivent être placés sur une chronologie avant la demande.
En cas de changement d’employeur au sein d’un même groupe, la décision peut parfois continuer si toutes les conditions demeurent remplies. Hors groupe, il faut notamment reprendre un emploi dans les trois mois et déposer une nouvelle demande dans le délai applicable. Une promesse orale de « transfert du ruling » ne remplace ni les dates ni la nouvelle décision. Avant de signer le nouveau contrat, vérifiez concrètement la date de fin d’emploi, celle de la reprise et celle du dépôt de la demande.
Le maximum de 30 % est encadré par deux limites
Le forfait maximal correspond en 2026 à 30 % du salaire indemnité incluse. Une autre manière de l’exprimer consiste à partir du salaire taxable hors indemnité et à appliquer le rapport 30/70. Dans les deux cas, le salaire taxable doit rester au-dessus du seuil d’éligibilité. Le calcul n’autorise donc pas à retirer mécaniquement 30 % de n’importe quel brut.
Le point à clarifier est le sens du package annoncé. « Indemnité incluse » et « indemnité ajoutée au salaire » ne produisent pas la même rémunération contractuelle, même lorsque l’administration autorise le même pourcentage maximal.
Le salaire de référence est en outre plafonné à 262 000 € pour 2026. Sur une année pleine, l’indemnité forfaitaire maximale est donc de 78 600 €. Le plafond s’applique aussi aux anciennes décisions. Une année partielle demande un prorata et un test annuel ; le chiffre annuel plein ne doit pas être copié sur une paie commencée en octobre.
Lecture d’un package annuel de 120 000 € indemnité incluse
Indemnité maximale théorique = 120 000 € × 30 % = 36 000 € ; salaire taxable restant = 84 000 €
- Hypothèse :année complète, package de 120 000 € incluant l’indemnité, conditions personnelles et distance déjà remplies
- Test salarial :84 000 € reste supérieur au seuil général 2026 de 48 013 €
- Limite :le contrat peut prévoir un montant inférieur ; crédits, cotisations, pension et assurance santé empêchent d’en déduire un net universel
Ce calcul montre seulement le plafond de l’indemnité dans une hypothèse contractuelle. Il ne chiffre ni l’économie nette garantie ni le coût total pour l’employeur.
Le test salarial continue chaque année
Une décision valable au premier jour ne fige pas l’éligibilité. Le salaire taxable doit être suivi pendant toute la durée du régime. En cas de début ou de fin en cours d’année, l’administration annualise le salaire pour le test. Bonus décalé, temps partiel, congé parental, absence longue, rupture ou changement d’employeur peuvent modifier le résultat.
Pour le titulaire d’un master qui atteint 30 ans, le seuil réduit ne reste pas acquis jusqu’à la fin de la décision. Il s’applique jusqu’à la fin du mois de son trentième anniversaire ; la norme générale s’applique à compter du mois suivant. La paie doit donc isoler et tester les deux périodes.
Si le salaire annuel tombe sous le seuil, le régime peut être perdu rétroactivement au 1er janvier de l’année, sous réserve des congés que les textes neutralisent expressément. Cette rétroactivité transforme une simple baisse de variable en sujet de paie : régularisation du salaire taxable, des retenues et parfois des cotisations. Le bon réflexe consiste à projeter le cumul avant la réduction du temps de travail, pas au moment de la déclaration suivante.
Transformez ce suivi en alerte de paie : toute baisse de temps de travail, absence longue ou rémunération variable doit déclencher une nouvelle projection avant la décision RH. Le contrôle devient alors préventif au lieu d’être une régularisation subie.
Frais réels et forfait répondent à deux méthodes différentes
L’employeur choisit, pour une année, entre le forfait autorisé et le remboursement des frais extraterritoriaux réels justifiés. Il ne peut pas cumuler les deux pour une même dépense. Certains postes ciblés, comme le déménagement ou des frais d’école internationale répondant à la définition officielle, peuvent suivre des règles propres en plus du forfait. Le libellé commercial de l’école ne suffit pas : sa section, son public et le coût facturé doivent entrer dans la définition.
En pratique, ne demandez pas seulement si une dépense « est remboursable ». Demandez sous quelle méthode elle serait traitée, quelle preuve est nécessaire et si elle consomme déjà le forfait. Cette question évite un double comptage dans la paie.
Depuis 2026, le différentiel général de coût de la vie et les appels téléphoniques privés vers le pays d’origine ne sont plus remboursables comme frais extraterritoriaux réels exonérés. Une éventuelle prise en charge dans la marge libre de la werkkostenregeling repose sur un autre fondement et sur ses propres limites. Changer le code de paie ne transforme pas la dépense en frais extraterritorial.
27 % en 2027 : règle future adoptée, montants à actualiser
Le passage à 27 % en 2027 n’est plus une simple hypothèse législative. Il s’agit d’une règle future adoptée pour les bénéficiaires concernés. Elle ne s’applique toutefois pas de la même manière à toutes les décisions : la date de première application effective dans la paie commande les transitions. Les seuils salariaux indexés de 2027 devront, eux, être vérifiés au moment de la mise à jour.
| Première application effective | Traitement annoncé à partir de 2027 | Vigilance |
|---|---|---|
| Au plus tard dans la dernière période de paie de 2023 | Maintien du taux de 30 % et de l’ancienne norme salariale indexée pendant la durée restante, sous conditions de continuité. | Conserver la paie de fin 2023 et chaque changement d’employeur. |
| Pendant 2024 | Passage à 27 % en 2027 avec maintien de l’ancienne norme salariale indexée. | Ne pas confondre date de décision et première application en paie. |
| À compter du 1er janvier 2025 | Passage à 27 % et nouvelle norme salariale indexée à compter de 2027. | Actualiser les seuils 2027 avant toute simulation. |
Le régime de paie ne met plus le patrimoine mondial à l’abri
Depuis la déclaration 2025, un nouveau bénéficiaire ne peut plus choisir l’imposition étrangère partielle qui permettait, sous conditions, d’être traité comme non-résident pour certaines composantes de Box 2 et Box 3. Pour Claire, le portefeuille d’un million d’euros doit donc être audité séparément du gain de paie. Le régime des expatriés ne neutralise ni une participation substantielle, ni les autres actifs mondiaux.
Ne confondez pas le gain visible sur la paie avec le coût patrimonial du déménagement. L’inventaire Box 2/Box 3 doit être fait dès l’arrivée : une indemnité avantageuse peut coexister avec une charge nouvelle sur un portefeuille jusque-là protégé par son enveloppe française.
Une transition subsiste jusqu’à la déclaration 2026 pour certains bénéficiaires, mais elle est étroite. Il faut notamment que le régime ait été appliqué pendant la dernière période de paie de 2023 et qu’il soit resté continu. « J’avais une décision avant 2024 » ne prouve pas à lui seul le droit à la transition. Il faut relire les bulletins et les changements d’employeur.
Bonus, RSU et options suivent la période qu’ils rémunèrent
Une prime versée après le déménagement peut rémunérer une période antérieure passée en France. À l’inverse, une action livrée par une société française peut rémunérer du travail accompli aux Pays-Bas. Le pays de la banque, l’adresse à la date du paiement et le jour du vesting ne suffisent pas à qualifier le revenu.
Avant d’examiner les dates du plan, précisez quel travail l’avantage récompense, sur quelle période et à quel moment les droits deviennent réellement acquis. Les dates servent ensuite à rattacher le revenu ; elles ne suffisent pas, à elles seules, à déterminer le pays d’imposition.
Pour un bonus pluriannuel, une option, une RSU, une action gratuite ou une indemnité de rupture, reconstituez d’abord la nature de l’avantage et la période qu’il rémunère. Répartissez ensuite les fonctions et les jours de travail pertinents entre les États, puis distinguez l’avantage salarial d’une éventuelle hausse de valeur postérieure. Il n’existe pas de règle universelle « RSU taxée au vesting » capable de résoudre tous les plans.
| Date ou document | Question | Risque évité |
|---|---|---|
| Attribution | Quel droit a été promis, par quelle entité et sous quelles conditions ? | Confondre promesse conditionnelle et droit déjà acquis. |
| Période de performance ou d’acquisition | Quelles fonctions et quels jours de travail ont produit l’avantage ? | Allouer tout le gain au pays du jour du paiement. |
| Acquisition définitive, exercice ou livraison | Quel événement produit un revenu salarial selon chaque droit interne ? | Appliquer mécaniquement le seul vocabulaire du plan. |
| Cession | Quelle part relève encore du salaire et quelle part correspond à la valeur du titre ? | Taxer deux fois la même base ou oublier la plus-value postérieure. |
| Paie et retenues | Quel employeur doit déclarer, prélever et régulariser dans chaque État ? | Découvrir le partage seulement lors de la déclaration annuelle. |
Cas salariée expatriée
Claire obtient le régime, mais son portefeuille et ses RSU restent à traiter
Claire, 34 ans, est recrutée à Amsterdam avec un package annuel de 120 000 € indemnité incluse. Son historique d’adresses, son salaire taxable et le délai de dépôt permettent une décision favorable. Son contrat prévoit la conversion maximale, sans la garantir si le seuil annuel n’est plus rempli. Claire conserve aussi un PEA, une assurance-vie, un compte-titres d’environ 1 million d’euros et des RSU attribuées deux ans avant son arrivée. L’équipe paie traite l’indemnité ; le fiscaliste franco-néerlandais reconstitue la période d’acquisition des actions ; l’audit patrimonial qualifie chaque actif en Box 2 ou Box 3. L’ancien raccourci « 30 % = pas de Box 3 » n’entre jamais dans la simulation.
Mémo express
Le dossier annuel du salarié sous expatregeling
- contrat, avenant sur l’indemnité et partage de l’avantage entre employeur et salarié ;
- décision, demande, accusé de réception et date de première application en paie ;
- preuves d’adresse des vingt-quatre mois précédents et historique des séjours néerlandais ;
- cumul du salaire taxable, annualisation, bonus, temps partiel et congés ;
- changement d’employeur, dates de fin et de reprise, continuité du régime ;
- justificatifs des frais réels et frais scolaires traités en plus du forfait ;
- inventaire Box 2/Box 3 du salarié et, lorsque pertinent, de son partenaire ;
- plans de bonus, options, RSU, actions gratuites et calendrier quotidien des lieux de travail.
Un avantage de paie doit être rapproché de tout le patrimoine
Hagnéré Patrimoine peut reprendre le package, les actifs, les contrats et les objectifs dans un bilan global, puis coordonner les validations avec la paie, l’avocat fiscaliste international et les professionnels habilités. L’éligibilité et le montant de l’indemnité restent décidés selon les règles applicables et le contrat de l’employeur.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. Le Belastingdienst publie les conditions et seuils 2026 de l’expatregeling, son contrôle annuel et les frais extraterritoriaux. Le gouvernement néerlandais récapitule la règle future de 27 % et les transitions. Bonus et actions doivent être validés plan par plan avant la paie et les déclarations.
Télétravail, 183 jours et paie
Thomas vit à Rotterdam, reste salarié d’une entreprise française et revient régulièrement travailler à Lille. Son équipe lui parle de 183 jours, le service social de 25 %, et son conseil RH d’une limite inférieure à 50 %. Ces trois nombres ne répondent pas à la même question. Les réunir dans une seule formule est le moyen le plus rapide de produire une mauvaise paie.
La fiscalité du salaire part du lieu où le travail est physiquement exercé. La sécurité sociale cherche une seule législation applicable. Le droit du travail protège la mission et le télétravail selon ses propres règles. L’entreprise, enfin, doit vérifier paie, retenues, établissement stable et TVA. Un résultat favorable dans une colonne ne décide pas les trois autres.
Avant le premier calcul, séparez quatre analyses : fiscalité du salaire, législation sociale, droit du travail et risques de l’entreprise. Elles partent du même agenda, mais chacune obéit à son propre test et aboutit à sa propre conclusion.
| Compteur | Question étroite | Ce qu’il ne tranche pas |
|---|---|---|
| 183 jours — convention fiscale | L’exception de l’article 15 § 2 peut-elle laisser le salaire exclusivement imposable dans l’État de résidence ? | Résidence fiscale, sécurité sociale, droit du travail et établissement stable. |
| 25 % — sécurité sociale ordinaire | L’activité dans l’État de résidence est-elle substantielle sur les douze mois civils à venir ? | Impôt sur le salaire, résidence fiscale et droit au télétravail. |
| Strictement moins de 50 % — accord-cadre social | Une demande peut-elle maintenir la loi sociale de l’État de l’employeur malgré le télétravail dans l’État de résidence ? | Article 15, paie fiscale, droit du travail et établissement stable. |
| Jours de présence et jours travaillés | Quels faits alimentent chaque test et quelle rémunération faut-il rattacher ? | La qualification juridique de l’employeur ou du revenu. |
L’article 15 part de l’exercice physique du travail
Pour un salaire privé, la convention franco-néerlandaise attribue en principe le droit d’imposer à l’État de résidence, sauf lorsque l’emploi est exercé dans l’autre État. Les journées effectivement travaillées dans cet autre État lui donnent alors un droit d’imposer potentiel. Le mot « potentiel » compte : avant de ventiler, il faut tester l’exception du paragraphe 2.
En pratique, commencez chaque journée par une question très concrète : « où la personne se trouvait-elle lorsqu’elle a travaillé ? ». Le contrat et le siège de l’employeur interviennent ensuite dans l’exception ; ils ne déplacent pas le lieu physique de la journée.
Cette logique ne crée pas une tolérance fiscale générale pour le télétravail franco-néerlandais. Un employeur néerlandais ne rend pas automatiquement néerlandaises les journées travaillées au domicile français. Un employeur français ne rend pas davantage françaises les journées travaillées depuis Amsterdam. Le pays de connexion au VPN n’est pas le pays du travail : il faut le lieu physique.
Une journée dans l’autre État n’entraîne pas toujours un prorata
L’État d’exercice obtient un droit d’imposer potentiel, mais l’exception cumulative de l’article 15 § 2 peut laisser la rémunération exclusivement imposable dans l’État de résidence. Le calendrier reste indispensable, même lorsque la conclusion finale est l’absence de ventilation : il sert précisément à tester l’exception.
Les 183 jours ne sont que la première des trois conditions
L’exception conventionnelle fonctionne seulement si les trois conditions suivantes sont réunies. Le texte vise une présence n’excédant pas 183 jours pendant l’année fiscale concernée. Écrire « moins de 183 jours » serait inexact : 183 jours exactement ne font pas, à eux seuls, échouer ce premier test.
| Condition cumulative | Question pratique | Documents déterminants |
|---|---|---|
| Présence n’excédant pas 183 jours au cours de l’année fiscale considérée | Combien de jours de présence ont réellement été passés dans l’État d’exercice ? | Calendrier quotidien, billets, nuitées, badges et notes de frais. |
| Rémunération payée par, ou pour le compte de, un employeur non résident de cet État | Qui dirige réellement le travail et pour le compte de qui est-il accompli ? | Contrat, mise à disposition, organigramme fonctionnel et évaluations. |
| Charge non supportée par un établissement stable ou une base fixe dans cet État | Quelle entité ou implantation porte économiquement la rémunération ? | Refacturations, comptabilité analytique, prix de transfert et comptes. |
Le décompte des jours de présence n’est pas nécessairement identique au nombre de jours travaillés utilisé pour allouer une rémunération. L’administration peut compter, pour le seuil, week-ends, congés, maladie ou fractions de journée passés dans l’État de travail. La clé de salaire, elle, doit correspondre au travail rémunéré. Conservez les deux données au lieu de forcer un seul compteur à répondre à tout. Un agenda exploitable distingue donc « présent » et « travaillé », même lorsque les deux cases coïncident la plupart du temps.
L’employeur matériel peut faire tomber l’exception
Dans une mise à disposition, l’employeur inscrit sur le contrat n’est pas toujours le seul employeur pertinent. La doctrine néerlandaise recherche si l’entité qui reçoit le travail exerce l’autorité et le contrôle, bénéficie du travail à son compte et à ses risques, et supporte effectivement le coût salarial. Une refacturation proportionnelle au temps constitue un indice important, mais le mot « recharge » ne résout pas le dossier.
Dit autrement, le nom figurant sur la fiche de paie ne clôt pas l’enquête. Il faut regarder qui organise le travail, en bénéficie et en supporte réellement le coût. Cette lecture protège autant contre une requalification trop rapide que contre une exception appliquée sans preuve.
Prenez le cas d’un cadre sous contrat français, affecté dix mois chez une BV. Si la BV fixe ses horaires, évalue sa performance, porte le projet et rembourse son coût au jour près, elle peut être regardée comme employeur matériel. L’exception des 183 jours peut alors échouer, même avec seulement 120 jours de présence. À l’inverse, une facture forfaitaire isolée ne suffit pas à produire cette conclusion.
Mémo express
Le dossier de l’employeur matériel
- employeur juridique, entité d’accueil et chaîne hiérarchique réelle ;
- personne qui donne les instructions, valide les congés et évalue le salarié ;
- activité, projet et risque économique servis par le travail ;
- méthode de recharge : coût réel, temps passé, forfait, marge ou absence de recharge ;
- établissement stable ou base fixe auquel le coût est rattaché ;
- contrats intragroupe, prix de transfert et écritures comptables ;
- paie et retenues effectivement opérées dans chaque État.
Le calendrier de travail doit être plus précis qu’un pourcentage
« Deux jours de télétravail par semaine » ne suffit pas pour déclarer. Les jours fériés, congés, déplacements, formations, demi-journées et changements de rythme rendent rarement l’année identique au contrat. Le calendrier prévisionnel sert à demander un A1 ou à organiser la paie ; le calendrier réel sert à justifier les déclarations et les régularisations.
Rapprochez les deux calendriers à intervalles réguliers. Une variation durable appelle une nouvelle analyse ; un écart ponctuel appelle au moins une explication et sa pièce.
| Événement | Lecture fiscale initiale | Preuve utile |
|---|---|---|
| Journée au bureau d’Utrecht | Travail physiquement exercé aux Pays-Bas. | Badge, agenda, réservation et compte rendu. |
| Télétravail au domicile de Lille | Travail physiquement exercé en France. | Avenant, calendrier, connexion et validation RH. |
| Voyage le matin, travail dans les deux États | Ventilation de l’activité selon les faits ; la fraction de journée peut différer du décompte des 183 jours. | Billet, horaires et agenda détaillé. |
| Congé ou week-end passé dans l’État de mission | Pas un jour de travail, mais peut compter dans la présence testée pour les 183 jours. | Congé RH, hébergement et voyage. |
| Formation ou client dans un troisième État | Rechercher la convention avec ce troisième État et la période rémunérée. | Ordre de mission, programme, client et facture. |
La paie suit la conclusion, pas l’inverse
Une fois le droit d’imposer réparti, l’employeur doit déterminer les obligations de retenue et d’immatriculation. Une seconde paie technique ou une déclaration dans deux pays ne signifie pas nécessairement que le même salaire supportera deux impôts définitifs. La convention prévoit un mécanisme d’allègement ; encore faut-il que les bases, périodes et justificatifs concordent.
Le salarié ne doit donc pas choisir le bulletin qui prélève le moins. Il doit transmettre à la paie la conclusion conventionnelle, la ventilation documentée et le mécanisme d’allègement attendu.
Le risque pratique vient souvent du décalage. La paie applique le rythme prévu en janvier, le salarié change ses jours en juin, puis la déclaration annuelle découvre l’écart. Mieux vaut rapprocher chaque trimestre agendas, retenues et recharge intragroupe. Une correction précoce coûte moins qu’une année complète de retenues dans le mauvais État.
Bonus et actions ne suivent pas le seul ratio de l’année du paiement
La rémunération différée exige de retrouver la période d’acquisition. Un bonus 2027 peut payer les objectifs de 2026 ; une option exercée après le retour en France peut rémunérer quatre années de travail dans plusieurs pays. Le ratio de télétravail de l’année du versement peut donc être sans rapport avec la bonne allocation.
L’objection « le titre a été livré après mon départ » ne suffit pas. Revenez au plan et à la période rémunérée, puis séparez ce qui paie le travail de ce qui correspond à l’évolution ultérieure du titre.
Clé pédagogique d’une rémunération liée au travail
Part rattachée à un État = avantage salarial concerné × jours de travail dans cet État ÷ jours de travail de la période d’acquisition
- Avantage :part qualifiée comme rémunération du travail, distincte d’une éventuelle hausse de valeur postérieure
- Période :période que le plan ou le bonus rémunère réellement, après analyse des conditions
- Jours :fonctions et jours physiquement travaillés, documentés État par État
Cette formule organise les faits ; elle ne remplace pas la qualification du plan, l’article conventionnel, les règles de paie ni les doctrines nationales.
Cas télétravail franco-néerlandais
Thomas oscille autour de 25 % : son impôt et son A1 ne suivent pas le même calcul
Thomas réside à Rotterdam et travaille pour un employeur français. Il prévoit un jour sur cinq depuis son domicile néerlandais et le reste en France, puis passe plusieurs semaines à deux jours sur cinq aux Pays-Bas. Fiscalement, ses jours travaillés en France donnent à la France un droit d’imposer potentiel. Pour ces jours, la condition de l’article 15 § 2 tenant à un employeur non résident de France n’est pas remplie puisque son employeur est français : l’exception ne peut donc maintenir leur imposition exclusive aux Pays-Bas. Thomas déclare son revenu mondial aux Pays-Bas et y applique l’allègement conventionnel correspondant à la fraction imposable en France. Socialement, la projection sur douze mois passe de 20 % à 40 % dans son État de résidence et franchit le seuil de 25 %. L’employeur et Thomas examinent alors l’accord-cadre, qui pourrait maintenir le régime français si le télétravail néerlandais reste strictement inférieur à 50 % et si toutes les autres conditions sont réunies. Le calendrier réel alimente les deux dossiers, mais l’analyse fiscale ne copie jamais la décision A1.
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Le journal probant du travail transfrontalier
- pays et lieu précis de chaque journée ou fraction travaillée ;
- présence sans travail, congés, maladie, week-ends et jours fériés ;
- badges, billets, réservations, notes de frais, agendas et connexions ;
- calendrier prévisionnel sur douze mois et calendrier réel rapprochés ;
- contrat, avenant de télétravail, employeur matériel et refacturations ;
- paies, retenues, déclarations et régularisations des deux États ;
- période d’acquisition des bonus et actions, fonction par fonction ;
- décision sociale et A1 conservés dans un dossier séparé.
Trois seuils, quatre droits, un seul calendrier cohérent
Hagnéré Patrimoine peut cartographier la chronologie, les flux et les conséquences patrimoniales, puis coordonner fiscaliste international, conseil paie et spécialiste social. Les retenues, le A1 et toute qualification d’employeur ou d’établissement stable restent validés par les professionnels et organismes compétents.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. L’article 15 de la convention franco-néerlandaise consolidée fixe le principe et l’exception cumulative. Le Belastingdienst décrit le test de l’ employeur matériel et les obligations de retenue. Toute allocation de bonus, d’actions ou de jours mixtes doit être validée avant régularisation de la paie.
AOW, pensions et carrière française
Quatre années vécues à Rotterdam ne donnent pas automatiquement 8 % d’une retraite néerlandaise. Le bon énoncé est plus précis : quatre années effectivement assurées à l’AOW représentent en principe 8 % d’une AOW complète. Un salarié maintenu au régime français par un A1 peut travailler physiquement aux Pays-Bas sans acquérir l’AOW pendant cette période.
Une carrière franco-néerlandaise ne fusionne pas dans une caisse européenne. Les règlements coordonnent les périodes pour ouvrir les droits, puis chaque État calcule et verse sa propre pension selon son âge et ses règles. À cela s’ajoutent la pension professionnelle néerlandaise et l’épargne individuelle. Le mot « retraite » recouvre donc plusieurs droits, plusieurs payeurs et parfois plusieurs articles fiscaux.
Commencez par vérifier les années reconnues et l’organisme qui versera chaque droit. Regardez ensuite la date et la forme du paiement. C’est seulement à ce stade que les montants disponibles deviennent comparables.
| Étage | Ce qu’il finance | Document de contrôle |
|---|---|---|
| AOW | Pension publique de base fondée sur les années d’assurance. | Relevé SVB et historique d’assurance. |
| Pension professionnelle | Droits du fonds sectoriel ou du régime employeur, lorsqu’il s’applique. | UPO, règlement du fonds et Mijnpensioenoverzicht. |
| Épargne individuelle | Lijfrente, assurance ou autre produit privé selon ses conditions. | Contrat, versements, déductions et modalités de sortie. |
| Retraites françaises | Part des régimes français correspondant à la carrière française. | Relevé de carrière et décisions de chaque caisse. |
Une année assurée produit en principe 2 % d’AOW complète
L’AOW complète correspond à cinquante années d’assurance avant l’âge AOW. Chaque année assurée représente en principe 2 %. Pour une personne née le 1er janvier 1950 ou après, une durée assurée inférieure à un an ne produit pas d’AOW. Une assurance volontaire peut parfois compléter une période après le départ, mais elle suppose des conditions et un calendrier propres.
N’additionnez pas les années de présence de mémoire. Demandez d’abord l’historique d’assurance : le relevé SVB fournit un point de départ vérifiable.
Résider aux Pays-Bas et être assuré à l’AOW sont deux faits distincts
Le BSN, le BRP, une fiche de paie néerlandaise ou un logement ne remplacent pas le relevé SVB. Un A1 français peut exclure l’assurance AOW pendant une présence néerlandaise. À l’inverse, une personne peut rester assurée dans certaines situations après un déplacement. Demandez le relevé avant de projeter un pourcentage.
Pour les personnes nées du 1er mars 1957 au 31 décembre 1960, l’âge AOW publié est de 67 ans. Pour celles nées du 1er janvier 1961 au 30 septembre 1964, il est de 67 ans et 3 mois. À partir du 1er octobre 1964, la SVB présente encore les âges comme des estimations dépendant de l’espérance de vie. Une projection patrimoniale doit donc distinguer l’âge légal déjà fixé d’une estimation future.
La coordination totalise les périodes, elle ne transfère pas les cotisations
Lors de la liquidation, chaque régime examine d’abord les périodes reconnues. Les périodes françaises et néerlandaises peuvent être totalisées lorsqu’elles sont nécessaires pour ouvrir un droit. Chaque État calcule ensuite sa part et la verse à son propre âge légal. Les cotisations ne sont pas déplacées vers un pot commun.
Il n’existe pas de compte retraite européen unique. Les périodes étrangères peuvent aider à ouvrir un droit, mais chaque caisse conserve sa formule de calcul, son calendrier et son paiement.
Une carrière d’au moins un an dans un État conduit généralement à une pension distincte de cet État. Les périodes plus courtes sont prises en compte selon les règles européennes par les autres régimes. La demande est en principe déposée auprès de l’institution du pays de résidence ou, si aucune carrière n’y a été accomplie, auprès du dernier pays d’assurance. Commencez bien avant l’âge souhaité : corriger une année manquante demande souvent contrats, paies et A1 anciens.
La pension professionnelle néerlandaise change encore de cadre
La transition issue de la Wet toekomst pensioenen se poursuit. L’échéance finale annoncée est le 1er janvier 2028, mais chaque fonds possède son propre calendrier. Pour un salarié mobile, le résultat dépend de la date de conversion, de l’âge, de la compensation, du départ à l’étranger et des changements d’employeur.
Avant de comparer deux relevés, vérifiez si l’un relève encore de l’ancien cadre et l’autre du nouveau. Demandez ensuite au fonds sa date de transition et ses effets personnels, surtout avant un changement d’emploi ou de pays.
| Question au fonds | Pourquoi elle compte | Décision concernée |
|---|---|---|
| Le régime a-t-il déjà été converti ? | Les projections et garanties ne se lisent pas de la même manière avant et après la bascule. | Date de départ et comparaison des droits. |
| Une compensation existe-t-elle ? | Elle peut dépendre de l’âge, de la présence dans l’entreprise et de la date de transition. | Changement d’emploi ou retour en France. |
| Que devient la couverture décès et invalidité ? | Certaines garanties sont liées à l’emploi actif et cessent au départ. | Prévoyance familiale avant mobilité. |
| Un transfert est-il possible et à quel coût ? | La portabilité juridique ne garantit ni intérêt financier ni neutralité fiscale. | Conserver, transférer ou attendre. |
La fiscalité se détermine pension par pension
La convention franco-néerlandaise attribue en principe les pensions privées à l’État de résidence du bénéficiaire. Les pensions et rémunérations publiques relèvent d’une règle distincte, en principe tournée vers l’État payeur, avec des exceptions notamment pour certaines activités commerciales ou industrielles. Le nom de la caisse ne suffit pas : il faut identifier l’emploi, le régime et la nature du paiement.
Créez une fiche par payeur et par type de prestation. Une seule ligne « retraites françaises » peut mélanger pension privée, fonction publique et sortie d’un produit individuel, donc trois raisonnements différents.
Une sortie en capital, une rente individuelle ou un PER ne doit pas être assimilé automatiquement à une pension périodique de l’article 18. L’origine des versements, la déduction obtenue, les facultés de rachat et la forme de sortie peuvent changer la qualification. Une taxation conservatoire néerlandaise peut aussi subsister lors du départ pour certaines pensions et rentes. Fixer une date de liquidation avant cette analyse peut rendre l’arbitrage irréversible.
Après la retraite, la santé suit encore les règles sociales
Le pays qui impose la pension n’est pas nécessairement celui qui prend en charge les soins. Un pensionné qui vit dans un État et relève du régime de l’autre peut avoir besoin d’un S1. Lorsque plusieurs pensions sont versées, la combinaison des carrières et le pays de résidence déterminent l’institution compétente. Cette décision doit être prise avec les caisses ; elle ne se déduit pas du taux d’impôt.
Cas carrière mixte
Michel a vécu quatre ans aux Pays-Bas, mais seulement deux années sont assurées à l’AOW
Michel a travaillé quatre ans à Rotterdam. Les deux premières années, il était détaché et couvert par un A1 français ; les deux suivantes, il relevait de la législation néerlandaise et du fonds sectoriel de son employeur. Son relevé SVB retient donc en principe 4 % d’une AOW complète, pas 8 %. Ses quatre années de travail restent utiles pour les régimes coordonnés, mais elles ne produisent pas quatre années d’AOW. Avant son retour, Michel télécharge ses relevés, vérifie la pension professionnelle et fait qualifier son projet de sortie en capital. La caisse confirme les droits ; le fiscaliste traite la convention ; l’audit patrimonial mesure le revenu disponible et le besoin de prévoyance.
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Le classeur retraite franco-néerlandais
- relevé de carrière français et décisions des caisses ;
- relevé SVB distinguant présence et années assurées à l’AOW ;
- A1, contrats et paies de chaque période mobile ;
- Mijnpensioenoverzicht, UPO et règlement de chaque fonds professionnel ;
- couverture décès, invalidité et droits de l’ex-conjoint ou du partenaire ;
- contrats de lijfrente, PER et autres produits individuels, versement par versement ;
- qualification fiscale écrite de chaque rente ou capital ;
- calendrier de liquidation, pays de résidence et décision de couverture santé.
Une retraite mobile se prépare caisse par caisse
Hagnéré Patrimoine peut rapprocher les relevés, les contrats, les besoins familiaux et les scénarios de revenu, puis coordonner caisses, spécialiste retraite, avocat fiscaliste et professionnels habilités. Les droits sont arrêtés par les régimes et la fiscalité par les conseils compétents.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. La SVB explique la constitution de l’AOW et publie l’ âge AOW. L’Union européenne décrit la coordination des pensions de plusieurs pays. Le gouvernement néerlandais suit la transition des pensions professionnelles avant 2028. La fiscalité doit être relue dans les articles 18 et 19 de la convention franco-néerlandaise consolidée.
ZZP, eenmanszaak et faux indépendant
« Je vais passer ZZP, mon client continuera à me payer comme avant. » Cette phrase contient déjà le risque principal. ZZP et freelancerdécrivent une manière de travailler ; ce ne sont pas des formes juridiques. L’eenmanszaak, entreprise individuelle sans personnalité morale, est la forme courante, mais son inscription ne transforme pas une ancienne relation salariale en activité indépendante.
La bonne question n’est donc pas « quel statut ouvrir ? », mais « quelle relation vais-je réellement exercer, avec quels risques et quelles protections ? ». La forme juridique vient traduire cette réponse ; elle ne la crée pas.
L’inscription KVK ne règle pas tout. Le fisc vérifie si l’activité produit un bénéfice d’entreprise ouvrant les déductions ; le droit du travail et la paie examinent, eux, si la relation constitue en réalité un contrat de travail. La TVA suit encore sa propre qualification de l’activité et des opérations. Ni une facture, ni un numéro KVK, ni 1 225 heures ne suffisent à valider l’ensemble.
| Question | Autorité ou droit concerné | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Suis-je entrepreneur pour l’impôt sur le revenu ? | Belastingdienst, bénéfice d’entreprise et critères fiscaux. | Croire que l’inscription KVK ouvre automatiquement toutes les déductions. |
| La relation est-elle salariée ? | Droit du travail et retenues salariales, appréciation de tous les faits. | Considérer le titre du contrat ou un tarif élevé comme décisif. |
| Dois-je facturer la TVA ? | Règles TVA, lieu de la prestation, KOR et exceptions. | Copier la règle B2B sans qualifier le service ni le client. |
| Quel patrimoine répond des dettes ? | Droit de l’entreprise individuelle. | Confondre nom commercial et personnalité morale. |
L’eenmanszaak engage directement l’entrepreneur
Une personne ne peut posséder qu’une seule eenmanszaak, mais elle peut y exercer plusieurs activités et utiliser plusieurs noms commerciaux. L’entreprise n’a pas de patrimoine séparé doté d’une personnalité morale : dettes professionnelles, litiges clients et certains risques fiscaux atteignent directement le patrimoine de l’entrepreneur.
Avant la première facture, chiffrez ce que votre patrimoine privé pourrait supporter en cas d’impayé, de dommage ou de rappel. Ce test conduit ensuite aux clauses de responsabilité, aux assurances et au niveau de réserve nécessaires.
L’inscription au registre KVK est la première formalité visible. KVK transmet les informations au Belastingdienst, qui attribue les numéros de TVA lorsque l’activité le requiert. Cette fluidité administrative ne doit pas masquer le travail de fond : contrat, responsabilité, assurance, prix, trésorerie, pension et protection en cas d’incapacité.
Un client unique n’est pas interdit ; une dépendance organisée reste risquée
Aucun compteur universel ne requalifie automatiquement le consultant au premier client unique. Mais travailler aux mêmes horaires, sous le même manager, avec le matériel du client, sans véritable risque, sans possibilité réelle de remplacement et sans clientèle propre rapproche fortement la relation du salariat. Le contrat doit décrire la pratique, pas la masquer.
Les avantages fiscaux 2026 exigent d’abord un bénéfice d’entreprise
Une personne peut percevoir des revenus d’activité sans être reconnue comme entrepreneur pour l’impôt sur le revenu. Les déductions ci-dessous ne s’ouvrent donc pas avec le seul mot « ZZP ». Il faut vérifier la nature du bénéfice, puis les conditions propres à chaque dispositif.
Une économie affichée n’est pas encore acquise. Il faut d’abord qualifier le revenu et vérifier les conditions propres à la déduction ; son montant vient seulement après.
| Dispositif 2026 | Montant ou taux | Conditions essentielles |
|---|---|---|
| Zelfstandigenaftrek | 1 200 € | Entrepreneur à l’IR et critère horaire ; avantage plafonné au taux de 37,56 %. |
| Startersaftrek | 2 123 € | Conditions de démarrage et nombre limité d’utilisations. |
| Critère horaire | 1 225 heures par année civile | Non proratisé en cas de début en cours d’année ; règle de majorité du temps, avec exception pour certains débutants. |
| MKB-winstvrijstelling | 12,7 % | Calculée après l’ondernemersaftrek ; avantage plafonné au taux de 37,56 %. |
| Stakingsaftrek | 3 630 € | Déduction de cessation utilisable une fois dans la vie, sous conditions. |
Le seuil de 1 225 heures est particulièrement exigeant pour un démarrage tardif, car il n’est pas proratisé. Une personne qui commence en octobre ne remplace pas le seuil annuel par 306 heures. Elle doit aussi pouvoir justifier le temps annoncé : production, prospection, administration, formation directement professionnelle et déplacements peuvent compter, mais une feuille reconstituée en fin d’année reste fragile.
Tenez ce journal comme un outil de gestion, pas seulement comme une preuve fiscale. Il révèle aussi le temps réellement vendable et permet de corriger un tarif qui oublie la prospection ou l’administration.
Mémo express
Les preuves du critère horaire
- agenda contemporain distinguant production, vente et administration ;
- propositions, campagnes de prospection et rendez-vous commerciaux ;
- factures, livrables, e-mails et temps passé par projet ;
- formation directement liée à l’activité et déplacements documentés ;
- ventilation entre emploi salarié et entreprise individuelle ;
- cohérence entre heures, chiffre d’affaires, capacité réelle et périodes d’absence.
Le prix du statut inclut les protections que le client ne finance plus
Comparer un tarif de 70 € de l’heure à un ancien salaire brut est trompeur. L’indépendant doit financer les congés, les jours non facturés, la maladie, l’invalidité, la retraite, la responsabilité professionnelle, la comptabilité, le recouvrement et la période entre deux missions. Il ne bénéficie pas du chômage WW ordinaire sur son revenu indépendant.
Pour rendre la comparaison honnête, partez du revenu annuel souhaité par le foyer, ajoutez les protections et le temps non facturé, puis remontez vers le chiffre d’affaires nécessaire. Le tarif horaire est le résultat de ce budget, pas son point de départ.
| Poste à budgéter | Question | Document ou solution |
|---|---|---|
| Incapacité de travail | Quel revenu reste après un mois, un an ou deux ans sans activité ? | Épargne de sécurité, assurance privée et exclusions médicales. |
| Retraite | Un fonds professionnel obligatoire existe-t-il et quel effort volontaire manque ? | Relevés, lijfrente ou autre solution validée. |
| Responsabilité | Quel dommage contractuel, professionnel ou cyber peut atteindre le patrimoine privé ? | Contrat client, plafonds de responsabilité et assurances. |
| Temps non facturé | Prospection, administration, formation, congés et retard de paiement sont-ils intégrés au tarif ? | Budget annuel en jours productifs réels. |
| Impôt et TVA | Quelle trésorerie doit être isolée avant chaque échéance ? | Compte de réserve et calendrier déclaratif. |
Depuis 2025, Wet DBA est de nouveau contrôlée
Le moratoire de contrôle a pris fin le 1er janvier 2025. L’administration peut corriger les retenues salariales et procéder à des rappels sans avertissement préalable. La rétroactivité ordinaire ne remonte en principe pas avant le 1er janvier 2025, mais une période allant jusqu’à cinq ans peut rester possible notamment en cas de mauvaise foi ou de non-respect d’une instruction antérieure.
Le donneur d’ordre doit donc auditer la mission, tandis que l’indépendant doit pouvoir démontrer sa pratique de marché. Un contrat bien rédigé ne compense pas une organisation quotidienne restée salariale.
En 2026, l’administration annonce ne pas appliquer les verzuimboetes dans ce cadre. Des vergrijpboetesrestent possibles en cas d’intention ou de faute lourde. La phrase « il n’y a plus de pénalité en 2026 » est donc fausse.
Deliveroo et Uber : aucun critère ne décide seul
L’arrêt Deliveroo rappelle que toutes les circonstances comptent ensemble : nature et durée du travail, organisation, instructions, intégration, rémunération, risque commercial et possibilité de se présenter réellement comme entrepreneur. Aucun critère ne possède une priorité automatique. Une clause de remplacement ne suffit pas si elle n’a aucune réalité.
L’arrêt Uber ajoute une nuance utile : l’entrepreneuriat propre de la personne, y compris en dehors de cette seule relation, peut conduire à des qualifications différentes pour deux personnes qui effectuent un travail comparable pour le même donneur d’ordre. Cette solution ne sécurise pas tous les freelances ; elle oblige au contraire à documenter le marché, les clients, les investissements et la manière dont chacun assume son risque.
| Fait observé | Tendance possible | Pourquoi ce n’est pas suffisant seul |
|---|---|---|
| Horaires, lieu et méthode imposés | Vers le lien d’autorité. | La nature technique ou réglementée de la mission peut aussi encadrer l’organisation. |
| Remplacement réellement libre | Vers l’indépendance. | Il faut vérifier si la possibilité est praticable et effectivement utilisée. |
| Facturation au temps | Peut ressembler au salaire. | De vraies entreprises facturent aussi du temps ; risque et autonomie restent à examiner. |
| Matériel et investissement propres | Vers l’entrepreneuriat. | Le poids du matériel varie selon la profession. |
| Plusieurs clients et marque propre | Vers une activité de marché autonome. | Le nombre ne corrige pas nécessairement une relation particulièrement subordonnée. |
| Même client, manager et poste après un emploi | Risque élevé de continuité salariale. | La totalité des modalités nouvelles doit encore être examinée. |
Les anciens modèles de contrat approuvés peuvent encore être utilisés jusqu’à leur échéance, au plus tard le 31 décembre 2029 selon l’administration. Ils ne sont plus renouvelés et ne valent que si la pratique correspond exactement aux clauses. Modifier le titre du PDF sans changer l’autorité, le risque et l’organisation ne sécurise rien.
Les annonces de réforme ne sont pas le droit applicable
Au 24 juillet 2026, le contrôle Wet DBA est en vigueur. Le gouvernement a annoncé le retrait d’une partie du projet VBAR et la préparation d’une Zelfstandigenwet. Une présomption réfutable de salariat jusqu’à 38 € de l’heure a été proposée sur une valeur de référence 2026. Ce seuil n’est pas une garantie inverse : facturer 39 € ou 90 € ne prouve pas l’indépendance.
L’assurance invalidité obligatoire des indépendants demeure également un projet tant que le texte final, sa date et ses paramètres ne sont pas adoptés. Un consultant ne doit pas reporter sa protection actuelle en attendant une couverture future dont les exclusions et délais peuvent encore changer.
La KOR peut simplifier la TVA et renchérir les achats
La petite entreprise établie aux Pays-Bas peut demander la KOR si son chiffre d’affaires ne dépasse pas 20 000 € par année civile, pour l’année d’inscription et la précédente selon les règles applicables. Elle ne facture alors pas la TVA et ne dépose pas les déclarations ordinaires, mais elle ne récupère pas la TVA sur ses dépenses.
Pour un consultant avec peu d’achats et des clients particuliers, cette simplicité peut avoir de la valeur. Pour un démarrage riche en matériel ou une activité B2B où les clients récupèrent la TVA, elle peut coûter davantage qu’elle n’économise. Les prestations transfrontalières et exceptions de localisation doivent être vérifiées avant d’opter.
Cas fausse indépendance
Romain facture son ancien employeur : le tarif n’a pas changé la relation
Romain quitte son contrat salarié puis s’inscrit en eenmanszaak. Il facture 70 € de l’heure à son ancien employeur, utilise le même ordinateur, reçoit ses priorités du même manager, travaille selon les mêmes horaires et ne peut envoyer personne à sa place. Son tarif dépasse le seuil évoqué dans le projet de réforme, mais ce seuil n’est ni en vigueur ni une preuve d’indépendance. Le donneur d’ordre et Romain font auditer la pratique au regard de Wet DBA, chiffrent les rappels possibles et réorganisent réellement la relation si leur projet économique le permet. En parallèle, Romain budgète invalidité, retraite, congés et responsabilité : la déduction fiscale ne remplace aucune de ces protections.
Mémo express
Avant la première facture ZZP
- mission, livrable, prix, risque et responsabilité décrits concrètement ;
- liberté réelle d’organisation, de remplacement et de clientèle ;
- inscription KVK, qualification TVA et règles transfrontalières ;
- agenda probant des 1 225 heures si ce seuil est visé ;
- budget après temps non facturé, assurance et comptabilité ;
- réserve pour impôt, TVA et aléas de paiement ;
- assurance invalidité, responsabilité et plan de retraite actuels ;
- revue Wet DBA du contrat et surtout de la pratique réelle.
Le statut se choisit après le revenu, le risque et la protection
Hagnéré Patrimoine peut intégrer trésorerie, prévoyance, retraite et patrimoine privé dans le scénario. La qualification Wet DBA, le contrat, la paie et les déclarations sont traités avec avocat en droit du travail, fiscaliste et expert-comptable néerlandais habilités.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. Le Belastingdienst décrit le contrôle des relations de travail et les limites des modèles de contrat. La Hoge Raad publie ses décisions Deliveroo et Uber. Les annonces sur la future loi sont suivies sur la page du gouvernement du 6 mars 2026. Elles ne remplacent pas Wet DBA actuellement applicable.
BV, DGA, société française et holding
Marc détient 12 % d’une SAS française, s’installe à Amsterdam et envisage une BV holding. Il voit trois taux : 19 % d’impôt sur les sociétés, 24,5 % en Box 2 et parfois 0 % de retenue sur dividende. Les additionner ou choisir le plus faible ne répond à aucune décision. Il manque le salaire du dirigeant, les cotisations, la disponibilité de la trésorerie, la retenue dans l’État de la filiale, la substance et le coût de deux sociétés.
Une BV peut séparer le patrimoine professionnel, accueillir un associé et conserver de la trésorerie. Elle ajoute aussi un acte notarié, une gouvernance, des comptes annuels, une paie éventuelle, une inscription UBO et des responsabilités de dirigeant. Sa nationalité ne constitue jamais une stratégie fiscale à elle seule.
Commencez par la fonction recherchée. Comparez ensuite le revenu privé à périmètre égal et vérifiez la gouvernance qui pourra réellement fonctionner. Le choix de la structure vient après : un taux intervient dans le calcul, mais il ne formule pas le besoin.
La responsabilité limitée n’efface pas celle du dirigeant
La BV possède une personnalité morale et peut être constituée avec un capital minimal annoncé de 0,01 €. Le notaire prépare l’acte et les statuts, puis l’entité, ses dirigeants et bénéficiaires effectifs sont inscrits selon les formalités applicables. Les comptes annuels sont déposés auprès de KVK et les pièces comptables doivent être conservées au moins sept ans.
La responsabilité limitée protège contre certains risques ordinaires, pas contre toute mauvaise gestion. Engagements pris avant constitution, dettes fiscales signalées tardivement, distributions irrégulières ou gestion fautive peuvent atteindre le dirigeant. Une BV sous-capitalisée qui distribue immédiatement toute sa trésorerie n’est pas protégée par son seul acte notarié.
Le fondateur doit surtout savoir quels engagements resteront personnels : garanties, décisions de distribution, obligations fiscales et actes pris avant l’immatriculation. La limite de responsabilité devient alors une protection définie, pas un slogan.
5 % en Box 2 ne décide pas du statut social du DGA
Le seuil de 5 % qualifie en principe un intérêt substantiel pour l’impôt personnel. L’assujettissement du dirigeant aux assurances salariées suit un autre test : droits de vote, pouvoir de décider de sa révocation, liens familiaux et détentions indirectes. Un conseil paie néerlandais ou l’UWV doit valider cette branche avant la première rémunération.
Le salaire usuel est le plus élevé de trois repères
Une personne qui travaille pour une société dans laquelle elle détient un intérêt substantiel doit en principe percevoir un salaire usuel. Pour 2026, le montant à retenir est au moins le plus élevé des trois repères suivants : salaire d’un emploi comparable, salaire du salarié le mieux payé de la société ou d’une société liée, ou 58 000 €.
La paie ne choisit pas le repère le plus commode. Elle compare les trois, retient le plus élevé et documente toute défense d’un montant inférieur à partir de l’emploi comparable.
Le chiffre de 58 000 € n’est donc ni un plafond ni un minimum automatique dans tous les dossiers. Si l’emploi comparable est mieux rémunéré, le montant peut être supérieur. Si le contribuable démontre qu’un emploi comparable justifie moins, un salaire inférieur peut être défendu. La trésorerie faible ne dispense pas de documenter l’analyse.
| Test DGA | Question | Preuve |
|---|---|---|
| Emploi comparable | Que paierait le marché pour les fonctions, responsabilités et temps réellement exercés ? | Étude de rémunération, offres et fonctions comparables. |
| Salarié le mieux rémunéré | Quel est le salaire le plus élevé dans la société ou les sociétés liées concernées ? | Paies du groupe et périmètre des entités liées. |
| Repère annuel 2026 | Le salaire est-il au moins égal à 58 000 €, sauf preuve d’un comparable inférieur ? | Décision de paie et dossier justificatif. |
| Statut social | Le dirigeant peut-il, seul ou avec les personnes visées, décider de sa propre révocation ? | Statuts, pacte, registre de votes et structure indirecte. |
IS, salaire et Box 2 forment une cascade
En 2026, la BV supporte l’impôt sur les sociétés à 19 % jusqu’à 200 000 € de bénéfice imposable et à 25,8 % au-delà. Le salaire du DGA relève de Box 1 et de la paie applicable. Le bénéfice après impôt peut rester dans la société ou être distribué. Une distribution au détenteur d’un intérêt substantiel relève en principe de Box 2 : 24,5 % jusqu’à 68 843 € de revenu Box 2, puis 31 %.
Reste la question de l’argent réellement disponible. Le bénéfice de la société n’est pas encore le revenu du foyer ; le salaire et le dividende empruntent des chemins différents avant d’arriver sur le compte privé.
La retenue néerlandaise ordinaire sur dividende et l’impôt final s’articulent ; ils ne s’additionnent pas aveuglément. Différer le dividende reporte sa disponibilité privée, pas nécessairement l’impôt pour toujours. Un retour en France, une cession, une liquidation ou la taxation conservatoire au départ peuvent changer le calendrier.
La bonne comparaison part du même bénéfice
Trésorerie privée BV = salaire net + dividende net après charges, IS, retenue et Box 2 − coûts annuels de structure
- Même base :bénéfice avant rémunération, mêmes dépenses et même niveau de protection
- Disponibilité :distinguer la trésorerie conservée dans la BV du revenu réellement disponible au foyer
- Temps :intégrer distribution future, cession, retour en France et cessation
Comparer le taux de Box 1 d’une eenmanszaak au seul taux d’IS de la BV supprime salaire, charges, Box 2, protection et coûts : ce n’est pas une comparaison.
| Périmètre égal | Eenmanszaak | BV |
|---|---|---|
| Rémunération du travail | Bénéfice imposé en Box 1 après règles et déductions applicables. | Salaire usuel en Box 1 et paie. |
| Bénéfice restant | Disponible dans le patrimoine de l’entrepreneur après impôt. | IS dans la BV ; trésorerie encore détenue par la société. |
| Sortie privée | Pas de second étage sociétaire. | Box 2 et retenue à articuler lors du dividende. |
| Responsabilité | Patrimoine privé directement exposé. | Personnalité morale, sous réserve des fautes et garanties. |
| Protection et retraite | À financer et organiser personnellement. | Paie, statut social du DGA et dispositifs de société à qualifier. |
| Investisseur et transmission | Cession d’activité ou d’actifs plus artisanale. | Titres, pacte et gouvernance facilitent certaines opérations. |
| Coûts | Comptabilité et assurances de l’indépendant. | Notaire, comptes annuels, paie, KVK, banque et conseil. |
Diriger une société française depuis Amsterdam peut déplacer ses risques
Une SAS conserve son immatriculation française lorsque son président déménage. Cela ne prouve pas que toute sa direction, son activité et ses bénéfices restent exclusivement français. Il faut documenter où sont préparées et prises les décisions stratégiques, où les contrats sont négociés et signés, où travaillent les équipes et quels moyens sont réellement disponibles.
Reconstituez une semaine ordinaire et chaque décision exceptionnelle : qui prépare, qui arbitre, où se tient l’échange et qui signe ? Cette carte des fonctions est plus probante qu’un procès-verbal qui mentionne seulement une adresse statutaire.
Pour une personne morale double résidente, la convention consolidée franco-néerlandaise retient le siège de direction effective. Le test d’établissement stable examine séparément l’installation fixe d’affaires, le chantier de plus de douze mois, le représentant dépendant et les règles anti-fragmentation issues du MLI. Ni une adresse de domiciliation néerlandaise ni un bureau parisien occasionnel ne tranchent seuls.
| Fait à cartographier | Risque possible | Preuve |
|---|---|---|
| Décisions stratégiques depuis Amsterdam | Direction effective ou obligations néerlandaises. | Procès-verbaux, participants, alternatives et lieu réel. |
| Contrats négociés ou signés aux Pays-Bas | Agent dépendant ou établissement stable. | Délégations, circuit de signature et correspondances. |
| Domicile utilisé de manière continue | Installation fixe à disposition selon les faits. | Conditions d’usage, fréquence, moyens et prise en charge. |
| Management fee BV vers SAS | Prix de transfert, TVA et bénéficiaire réel du service. | Contrat, livrables, temps, méthode de prix et factures. |
| Mandat, salaire et dividende du fondateur | Articles conventionnels, paie et retenues différents. | Mandat, fonctions techniques, paies et décisions de distribution. |
L’établissement fixe TVA possède sa propre définition
Un numéro de TVA néerlandais ne prouve pas un établissement fixe. Pour recevoir et utiliser des services, l’implantation doit présenter une permanence et des moyens humains et techniques adaptés à cette fonction. Pour fournir elle-même des prestations, elle doit disposer des moyens adaptés à la fourniture. Ces deux lectures ne se confondent ni avec l’établissement stable de l’impôt sur les bénéfices, ni avec une simple adresse.
Côté TVA, la question est concrète : l’implantation possède-t-elle durablement les personnes et les outils nécessaires à la fonction examinée ? Le numéro d’identification vient après cette réalité matérielle.
Pour beaucoup de prestations B2B entre assujettis français et néerlandais, la règle générale localise le service chez le client et conduit à l’autoliquidation. Mais immobilier, événements, transport, restauration, location de véhicules et d’autres secteurs répondent à des exceptions. Une chaîne avec stock local, chantier, plateforme ou installation doit être examinée avant facturation.
Trois mots proches, trois dossiers
Résidence de société :quel État considère l’entité comme résidente et comment la convention résout-elle un conflit ? Établissement stable :une activité ou présence attribue-t-elle des bénéfices à l’autre État ? Établissement fixe TVA : existe-t-il une permanence dotée des moyens nécessaires pour recevoir ou fournir les services ? Une réponse ne doit jamais être copiée dans les deux autres cases.
Une holding se juge dans l’État de la filiale puis dans celui de la mère
Le premier étage concerne la filiale qui distribue : retenue à la source interne, exonération éventuelle, convention ou directive. Le second concerne la société mère : participation exemption néerlandaise ou régime mère-fille français, assiette résiduelle et conditions de détention. Entre les deux se trouvent le bénéficiaire effectif, la substance, les clauses anti-abus et le motif économique.
Dessinez le flux en deux flèches : sortie de la filiale, puis entrée chez la mère. Sous chaque flèche, notez le texte, le taux, la preuve et l’anti-abus. Ce schéma empêche de transformer une exonération à un étage en neutralité de toute la chaîne.
| Étage | Questions | Ce qu’il ne faut pas promettre |
|---|---|---|
| État de la filiale | Taux interne, exonération, durée et pourcentage de détention, formalités. | Une retenue à 0 % du seul fait que les deux sociétés sont européennes. |
| Convention ou directive | Bénéficiaire effectif, formes éligibles, assujettissement et anti-abus. | L’application automatique du texte le plus favorable. |
| État de la mère | Participation qualifiante, quote-part résiduelle et traitement du dividende. | L’absence de tout impôt après une exonération à la source. |
| Substance | Dirigeants, décisions, moyens, fonctions, risques et motifs commerciaux. | Un safe harbour fondé sur un compte bancaire et une adresse. |
| Après le dividende | Redistribution, financement, management fees et bénéficiaire final. | La neutralité de toute remontée suivie d’une redistribution. |
D’une BV vers une mère française
La retenue néerlandaise ordinaire sur dividende est de 15 %. Une exonération de participation à la source peut exister pour un actionnaire situé dans un État conventionné si les conditions sont remplies et en l’absence d’abus. Si elle ne s’applique pas, la convention prévoit en substance un plafond de 5 % lorsque le bénéficiaire effectif est une société qualifiante détenant directement au moins 25 % pendant la période de 365 jours, et 15 % dans les autres cas.
La société mère française teste ensuite les articles 145 et 216 du CGI. Le régime mère-fille repose en principe sur une participation d’au moins 5 % conservée deux ans et laisse une quote-part de frais et charges de 5 %, sous réserve des régimes particuliers. Le seuil de 1 % n’est pertinent que dans les configurations de groupe ou équivalentes prévues par les textes.
D’une filiale française vers une BV
Côté français, il faut tester l’exonération de retenue de l’article 119 ter, puis à défaut la convention. Côté néerlandais, la BV examine la participation exemption. Un seuil de 5 % peut ouvrir l’analyse de la participation néerlandaise ; il ne suffit pas à conclure lorsque l’actif, son imposition ou la clause anti-abus pose difficulté.
Au 24 juillet 2026, l’article 119 ter applicable exige notamment, selon la branche concernée, le bénéficiaire effectif, un siège de direction effective dans l’Union européenne ou l’EEE éligible, une forme sociale admise, l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés, la détention directe et la durée requises, ainsi que l’absence de montage non authentique ou principalement fiscal. Les conditions doivent être documentées, pas seulement déclarées.
Article 119 ter : vérifier la date de mise en paiement
Une nouvelle rédaction entre en vigueur le 1er septembre 2026. Toute distribution mise en paiement à compter de cette date exige une nouvelle lecture du texte, même si l’assemblée ou la simulation a eu lieu avant. Le guide expose la méthode connue au 24 juillet ; il ne fige pas les conditions d’une distribution future.
La substance n’est pas un décor
Une holding utile doit exercer les fonctions annoncées. Ses dirigeants comprennent les décisions, disposent du temps et des informations, arbitrent réellement les financements et contrôlent les risques. Les procès-verbaux racontent les alternatives et la raison commerciale, au lieu de reproduire chaque trimestre une décision préparée ailleurs.
Une petite holding n’a pas besoin d’une grande équipe. Ses moyens doivent néanmoins correspondre aux fonctions réellement annoncées, lesquelles doivent pouvoir être démontrées par les décisions et les livrables.
Mémo express
Le dossier de substance franco-néerlandais
- compétences, disponibilité et pouvoirs réels des dirigeants ;
- lieu de préparation, de délibération, de négociation et de signature ;
- locaux, personnel, systèmes et moyens adaptés aux fonctions ;
- compte bancaire, trésorerie, financement et contrôle des risques ;
- contrats intragroupe, livrables et prix de transfert ;
- motif commercial autre que le seul avantage fiscal ;
- bénéficiaire effectif et circuit complet des distributions ;
- cohérence entre statuts, procès-verbaux, comptabilité et pratique.
Le test du but principal issu du MLI peut refuser un avantage conventionnel lorsqu’il est raisonnable de conclure que son obtention constituait l’un des objets principaux du montage, sauf conformité à l’objet et au but de la convention. La clause anti-abus des régimes internes poursuit une logique voisine. Ajouter tardivement un administrateur local ne répare pas une structure dont toutes les décisions et fonctions sont restées ailleurs.
Cas fondateur transfrontalier
Marc détient 12 % d’une SAS : la BV ne résout ni Box 2 ni la direction effective
Marc, résident d’Amsterdam, détient 12 % d’une SAS française et souhaite interposer une BV avant une future cession. Le seuil néerlandais de 5 % place déjà sa participation directe dans l’analyse Box 2, sans décider du traitement conventionnel de la plus-value. L’apport à une BV, la retenue sur les dividendes et la participation exemption sont modélisés dans les deux États. Surtout, Marc continue de négocier et signer pour la SAS depuis son domicile néerlandais : résidence de société, établissement stable, mandat, salaire, TVA et prix de transfert doivent être traités avant la holding. L’audit peut conclure que la BV apporte une gouvernance utile, ou qu’elle ajoute surtout des coûts et des risques. Aucun taux facial ne tranche à sa place.
Mémo express
Avant de constituer ou d’interposer une BV
- bénéfice avant rémunération et besoin privé à périmètre égal ;
- salaire usuel, statut social DGA, paie et protection ;
- IS, Box 2, calendrier de distribution et coûts de structure ;
- responsabilité, investisseur, pacte et gouvernance ;
- résidence de chaque société et lieu réel des décisions ;
- établissement stable, établissement fixe TVA et chaîne de facturation ;
- retenue à la source dans l’État de la filiale et régime chez la mère ;
- bénéficiaire effectif, substance, anti-abus et date de mise en paiement ;
- retour en France, cession, liquidation et taxation conservatoire.
Une société se choisit sur sa fonction, pas sur son drapeau
Hagnéré Patrimoine peut comparer les scénarios patrimoniaux, la disponibilité des fonds, la protection et le calendrier, puis coordonner avocat fiscaliste international, expert-comptable, conseil paie et notaire. La constitution, les comptes, la fiscalité, les retenues et les actes réservés restent sous la responsabilité des professionnels habilités.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. Le Belastingdienst publie le salaire usuel du DGA, les taux d’IS 2026 et la participation exemption. Le régime social du DGA figure dans la Regeling aanwijzing directeur-grootaandeelhouder 2016. Le règlement européen définit l’ établissement fixe TVA. Les flux franco-néerlandais doivent être rapprochés de la convention consolidée et de l’ article 119 ter applicable au 1er septembre 2026.
Portefeuille, rendement réel, ETF et crypto
Vous arrivez aux Pays-Bas avec un compte en euros, des ETF, quelques actions non cotées et deux portefeuilles de cryptoactifs. Votre relevé français les range par produit ; la déclaration néerlandaise les regarde d’abord par nature. Elle cherche le droit que vous détenez, l’usage que vous en faites et, seulement ensuite, la « Box » qui lui correspond.
Le réflexe utile est de classer avant de calculer. Une activité peut ouvrir une question de Box 1. Dès qu’une participation devient substantielle, Box 2 entre dans l’analyse ; le patrimoine privé conduit plutôt vers Box 3. Cette qualification change le calcul. Un ETF et un dépôt à terme détenus chez le même courtier ne reçoivent pas le même rendement forfaitaire. L’action non cotée peut quitter Box 3. Les titres issus d’une rémunération passent d’abord par la paie, puis peuvent rejoindre Box 2 ou Box 3. Ni l’application, ni la devise, ni le pays du compte ne tranchent.
Commencez par qualifier chaque ligne. La photographie du 1er janvier fixe le point de départ ; les mouvements de l’année racontent la suite. Avec ces pièces, vous pouvez établir le forfait 2026 et, lorsque les données le permettent, le rendement réel. L’intuition ne suffit pas : seule la comparaison complète indique le résultat à retenir.
| Actif ou droit | Point de départ néerlandais | Contrôle qui peut changer la réponse |
|---|---|---|
| Compte bancaire et dépôt | Dépôt Box 3 dans une situation patrimoniale privée, avec rendement forfaitaire de 1,28 % en 2026. | Nature juridique réelle du support : un fonds monétaire ou une créance structurée n’est pas nécessairement un dépôt. |
| ETF, fonds, obligations et actions cotées | Autres actifs Box 3 lorsque la détention reste privée et ne relève pas de Box 2. | Participation substantielle, activité professionnelle, option salariale ou instrument hybride. |
| Actions non cotées | Box 3 possible en dessous des critères de Box 2, avec une valeur économique à documenter. | Détention directe, indirecte, par catégorie, options et droits du partenaire fiscal. |
| Titres provenant de RSU ou d’options | Après le traitement de la rémunération, les titres livrés peuvent relever de Box 2 ou de Box 3. | Plan, paie, dates d’acquisition et de livraison, restrictions, pays de travail et pourcentage détenu. |
| Cryptoactifs détenus à titre privé | Actifs Box 3 en principe, avec valorisation et historique des wallets. | Activité ou entreprise relevant de Box 1 selon l’organisation, les moyens, le travail et le risque réellement pris. |
| Dette liée au portefeuille | Dette Box 3 seulement dans son propre périmètre et après le seuil annuel applicable. | Débiteur, affectation, intérêts, sûreté et éventuel rattachement à une résidence principale ou à une entreprise. |
Box 3 taxe un revenu calculé, jamais 36 % du patrimoine
L’erreur la plus anxiogène consiste à lire « taux Box 3 : 36 % » et à l’appliquer à la valeur du portefeuille. En 2026, les 36 % s’appliquent au revenu Box 3 calculé. Dans la méthode forfaitaire, ce revenu part de trois catégories : dépôts bancaires, autres actifs et dettes. Il est ensuite ajusté par la franchise et la proportion de base taxable.
Pour 2026, le rendement des dépôts est de 1,28 %, celui des placements et autres actifs de 6,00 %, et celui des dettes de 2,70 %. Les pourcentages des dépôts et des dettes sont encore provisoires au 24 juillet 2026 ; le 6,00 % est, lui, le paramètre publié. La franchise forfaitaire atteint 59 357 € pour une personne seule et 118 714 € pour des partenaires fiscaux. La dette n’entre dans la formule qu’au-delà de 3 800 € pour une personne seule, ou 7 600 € pour des partenaires.
Trois chiffres à ne pas mélanger
- 6,00 % est le rendement forfaitaire 2026 des autres actifs, pas un taux d’impôt ;
- 36 % est le taux appliqué au revenu Box 3 obtenu, pas à la valeur brute ;
- 59 357 € est la franchise de la méthode forfaitaire pour une personne seule, pas une franchise automatiquement reprise par la méthode du rendement réel.
Le calcul forfaitaire officiel, étape par étape
Prenons une personne seule qui détient, au 1er janvier 2026, 150 000 € de dépôts, 75 000 € de titres et une seconde résidence néerlandaise valorisée 200 000 €. Elle supporte 100 000 € de dette relevant de Box 3. Le calcul ci-dessous reprend la mécanique officielle. Il ne comporte ni actif français ni réduction conventionnelle.
| Étape | Calcul pédagogique | Résultat arrondi |
|---|---|---|
| Dette admise | 100 000 € − seuil de 3 800 € | 96 200 € |
| Rendement des dépôts | 150 000 € × 1,28 % | 1 920 € |
| Rendement des autres actifs | (75 000 € + 200 000 €) × 6,00 % | 16 500 € |
| Rendement des dettes | 96 200 € × 2,70 % | − 2 597 € |
| Rendement forfaitaire net | 1 920 € + 16 500 € − 2 597 € | 15 823 € |
| Patrimoine net retenu | 425 000 € − 96 200 € | 328 800 € |
| Base après franchise | 328 800 € − 59 357 € | 269 443 € |
| Proportion taxable | 269 443 € ÷ 328 800 € | 81,94 % |
| Revenu Box 3 | 15 823 € × 81,94 % | 12 965 € |
| Impôt Box 3 | 12 965 € × 36 % | 4 667 € |
La logique du forfait 2026
Rendements forfaitaires des dépôts et autres actifs − rendement forfaitaire de la dette admise × proportion du patrimoine au-delà de la franchise = revenu Box 3 Revenu Box 3 × 36 % = impôt forfaitaire
Le calcul officiel comporte des arrondis. Il faut le reproduire avec les paramètres et le statut familial de l’année, pas appliquer un taux unique à l’encours.
L’exemple montre la mécanique, pas votre facture. Avant de reprendre les 4 667 €, vérifiez le statut du couple, la catégorie de chaque dette, l’usage personnel d’un bien, l’existence d’une participation Box 2 et la présence d’un actif français. Chacun de ces faits peut changer une étape. Deux portefeuilles de 425 000 € peuvent donc produire des résultats différents.
Le rendement réel n’est pas la somme des intérêts et dividendes
Lorsque le rendement réel global est inférieur au forfaitaire, le contribuable peut communiquer ce rendement selon les règles administratives applicables. Depuis la déclaration 2025, il peut l’indiquer dans la déclaration annuelle. L’administration retient la méthode la plus favorable après comparaison complète. Cette faculté n’oblige pas à choisir le réel si le forfait est meilleur.
Le mot « réel » est trompeusement rassurant. Le calcul comprend les revenus — intérêts, dividendes, loyers — mais aussi les variations de valeur réalisées et non réalisées. Une action montée sans être vendue peut donc contribuer au rendement. À l’inverse, une baisse peut réduire le résultat global, mais un rendement négatif est ramené à zéro et n’est pas reporté sur l’année suivante selon la page administrative actuelle.
Faites les deux calculs en entier. Dans la colonne « réel », la franchise forfaitaire de 59 357 € disparaît. Les coûts ordinaires n’y sont en principe pas déductibles, tandis que les intérêts de dettes relevant de Box 3 peuvent être pris en compte. Opposer « 6 % forfaitaires » au seul coupon d’un ETF oublie le reste du patrimoine Box 3. Il faut un calcul global sur la même période et les mêmes droits.
| Élément | Méthode forfaitaire | Rendement réel |
|---|---|---|
| Photographie | Situation patrimoniale de référence au 1er janvier 2026. | Revenus, valeurs et mouvements de l’ensemble de l’année selon la méthode publiée. |
| Dépôts et autres actifs | Catégories séparées à 1,28 % et 6,00 %. | Revenus et variation de valeur de chaque actif, puis calcul global. |
| Franchise | 59 357 € seul, 118 714 € pour des partenaires remplissant les conditions. | Pas de franchise équivalente dans le calcul du rendement réel. |
| Dette | Rendement forfaitaire de 2,70 % après le seuil annuel. | Intérêts de dettes Box 3 pris en compte selon les règles applicables. |
| Frais | Pas de déduction ligne par ligne des frais de gestion. | Coûts ordinaires en principe non déductibles ; investissements et intérêts exigent leur traitement propre. |
| Perte | Résulte de la formule annuelle du forfait. | Résultat négatif ramené à zéro, sans report selon l’administration au 24 juillet 2026. |
ETF, liquidités et non-coté : classer avant d’allouer
Dans un portefeuille privé ordinaire, actions, obligations, ETF et fonds relèvent généralement des autres actifs de Box 3. Mais la liquidité affichée par le courtier ne les transforme pas en dépôts. Un ETF monétaire reste un fonds ; un certificat ou un produit structuré doit être lu par ses droits, même si son rendement ressemble à un intérêt bancaire.
Pour le non-coté, ne commencez pas par le taux de Box 3. Vérifiez d’abord si les droits détenus ouvrent Box 2 : une participation d’au moins 5 % dans une société peut en relever. Le pourcentage global ne suffit pas toujours ; catégories d’actions, droits bénéficiaires, options, détentions indirectes et, selon les règles applicables, droits du partenaire fiscal complètent la photographie. La conclusion Box 2 doit donc reposer sur le registre et les statuts, pas sur « 4,9 % » inscrit sans autre preuve.
Si le titre reste en Box 3, l’illiquidité n’autorise pas une valeur symbolique. Conservez les comptes, la dernière levée, les pactes, les droits préférentiels, les transactions comparables et la méthode de valorisation. Une valeur économique faible doit être démontrée ; l’absence de marché quotidien n’équivaut pas à zéro.
RSU et options : aucune date universelle
Une RSU n’est pas automatiquement imposée au vesting dans tous les plans. Il faut reprendre attribution, acquisition définitive, livraison, restrictions, paie et jours travaillés dans chaque État. La rémunération et son allocation France–Pays-Bas sont traitées avant la détention patrimoniale. Une fois livrés, les titres peuvent ensuite relever de Box 2 ou de Box 3 selon les droits et le pourcentage détenu.
Crypto : la technologie ne décide ni de la Box ni de la valeur
Pour un investisseur privé, les cryptoactifs figurent en principe parmi les actifs Box 3. Il faut pouvoir reconstruire leur valeur, les transferts entre wallets et les revenus associés. Un token devenu inaccessible peut encore être un droit patrimonial ; une valeur nulle doit résulter des faits, du marché et de l’impossibilité économique, pas de la seule perte d’un mot de passe.
Staking, minage, market making, fréquence élevée ou rémunération en tokens sont des indices à examiner. Aucun ne fait, à lui seul, basculer automatiquement l’ensemble en Box 1. La frontière dépend du travail, de l’organisation, des moyens, de la clientèle éventuelle, du risque et de la recherche d’un avantage dépassant la gestion normale d’un patrimoine privé.
Souvent, l’historique manque avant même que le calcul commence. Téléchargez les opérations avant la fermeture d’un compte, puis séparez dépôts en euros, tokens, récompenses, frais et transferts internes. Les wallets doivent se réconcilier entre eux, sinon un simple transfert risque de passer pour un revenu. Gardez aussi le prix de revient historique en vue d’un retour en France : Box 3 ne crée pas une revalorisation française générale.
2028 reste un projet, pas la méthode de votre déclaration 2026
Le projet d’un nouveau système Box 3 a été adopté par la Tweede Kamer le 12 février 2026, mais n’était pas définitivement adopté par l’Eerste Kamer au 24 juillet 2026. L’objectif annoncé reste une entrée en vigueur au 1er janvier 2028. Les travaux portent sur des revenus et variations de valeur réels, avec des modalités différentes selon les catégories d’actifs.
Un arbitrage 2026 ne peut donc pas reposer sur une fiscalité future encore inachevée. Pas davantage sur un « rendement réel » réduit aux seuls revenus encaissés. Tenez un historique assez complet pour le droit actuel et pour un futur système. Le prochain recontrôle viendra avec le texte définitif et ses mesures d’application.
Cas fictif — portefeuille mobile
Claire arrive à Amsterdam avec des ETF, des RSU et deux wallets
Claire, 34 ans, détient 310 000 € d’ETF, des actions reçues de son ancien employeur et 45 000 € de cryptoactifs. Le plan de RSU et les paies servent à reconstituer la rémunération entre les deux pays. Une fois les titres livrés, leur nombre et leur catégorie permettent de tester Box 2. Le reste du patrimoine peut alors être classé, sans tout placer par facilité en Box 3.
Ses ETF ordinaires et ses cryptoactifs privés rejoignent alors le dossier Box 3. Claire exporte les valeurs du 1er janvier, les mouvements et les distributions. La forte baisse d’un actif justifie de calculer le rendement réel, pas de le déclarer gagnant d’avance : elle ajoute la variation des autres actifs et l’absence de franchise, puis compare les deux totaux.
Mémo express
Le dossier annuel du portefeuille
- relevés de chaque établissement et wallet au 1er janvier et au 31 décembre ;
- achats, ventes, versements, retraits, transferts internes et conversions de devises ;
- intérêts, dividendes, loyers, récompenses et retenues étrangères en montant brut ;
- contrats de dette, intérêts payés, affectation et sûretés ;
- pourcentages directs, indirects et par catégorie de titres, y compris options et droits du partenaire ;
- comptes, pactes et méthode de valeur des participations non cotées ;
- plan de RSU ou d’options, calendrier, paies et jours travaillés par pays ;
- calcul complet du forfait et du rendement réel, avec hypothèses et paramètres datés.
Les paramètres et l’exemple 2026 sont publiés par la Belastingdienst dans son calcul Box 3 2026. La franchise forfaitaire et le taux de 36 % sont des paramètres distincts. Pour la contre-preuve, consultez la page officielle sur le rendement réel. La Belastingdienst recense enfin les actifs et dettes de Box 3. La position de la Kennisgroep sur une cryptomonnaie inaccessible confirme la logique patrimoniale sans créer de règle automatique sur le staking ou le minage. Le statut du projet 2028 se suit dans le dossier législatif de l’Eerste Kamer. Ces pages doivent être recontrôlées tant que les rendements des dépôts et des dettes restent provisoires.
PEA, compte-titres et livrets
Le PEA est souvent le premier produit que l’expatrié veut fermer — ou le dernier qu’il accepte de regarder. Ces deux réflexes partent du même raccourci : confondre le maintien juridique du plan en France avec son traitement fiscal aux Pays-Bas. Le plan peut-il continuer à fonctionner ? C’est la question française. La déclaration de chaque droit détenu relève, elle, de l’analyse néerlandaise. Un PEA conservé côté français ne gagne donc aucune exonération aux Pays-Bas.
Un compte-titres et un livret paraissent plus simples. Ils ne sont pourtant pas « neutres ». Le compte-titres expose directement chaque actif et chaque retenue. Un livret réglementé peut conserver son exonération française tout en devenant un droit patrimonial à déclarer dans le pays de résidence. La bonne décision consiste donc à séparer fonctionnement du produit, imposition française, Box néerlandaise et accès opérationnel à l’établissement.
| Question | PEA existant | Compte-titres ou livret |
|---|---|---|
| Peut-il rester ouvert ? | Oui en principe après un départ vers les Pays-Bas, sous réserve du droit du plan et de la politique de l’établissement. | Oui si la banque ou le courtier accepte le résident et peut légalement fournir le service. |
| L’avantage français voyage-t-il ? | Non : le nom PEA ne crée aucune exonération néerlandaise. | Une exonération française de livret ou de revenu ne lie pas automatiquement les Pays-Bas. |
| Quelle Box ? | Qualification des droits sous-jacents, d’un éventuel PEA assurance et des participations ; aucune réponse universelle. | Dépôt ou autres actifs Box 3 en principe dans la gestion privée, sauf Box 1 ou Box 2. |
| Quel événement français surveiller ? | Retrait avant ou après cinq ans, clôture, titres non cotés et retour en France. | Retenues sur revenus de source française, cession, transfert de compte et changement de résidence. |
| Quelle preuve garder ? | Date d’ouverture, règlement, versements, retraits, actifs, lots et valeur à chaque étape. | Relevés bruts, prix de revient, intérêts, dividendes, retenues, frais et confirmation de la nature du support. |
Côté français, le départ ne clôt pas automatiquement le PEA
La doctrine BOFiP en vigueur depuis le 30 juillet 2024 confirme que le transfert du domicile fiscal hors de France ne ferme pas, par lui-même, le plan lorsque la destination n’entre pas dans le cas d’exclusion prévu. Un départ vers les Pays-Bas permet donc en principe de conserver l’antériorité du PEA existant.
« Conservable » ne veut cependant pas dire « utilisable comme avant ». Cette règle fiscale n’oblige pas une banque à proposer tous ses services à un résident néerlandais. L’établissement peut maintenir le compte tout en limitant versements, conseil, achats ou accès à certains supports. Avant le départ, obtenez donc une confirmation écrite sur le maintien, les opérations autorisées, les titres non cotés, les frais, le changement d’adresse et l’éventuel transfert.
Distinguez enfin le plan existant d’une nouvelle ouverture. Le résident des Pays-Bas ne remplit normalement plus la condition française de domicile fiscal exigée pour ouvrir un PEA. Préserver un ancien plan peut donc conserver une option qui ne serait pas recréable après le départ.
Le seuil français actuel est de cinq ans, pas de huit ans
Un retrait avant cinq ans entraîne en principe la clôture du PEA ; un retrait partiel après cinq ans ne la provoque plus. Une ancienne FAQ DGFiP conserve une mécanique à huit ans. Pour le fonctionnement actuel, le guide retient le BOFiP du 30 juillet 2024 et le seuil de cinq ans.
Cette règle de fonctionnement doit être séparée de l’impôt français : lorsque le titulaire est non-résident au jour du retrait, du rachat ou de la clôture, le gain net est en principe hors impôt français sur le revenu et prélèvements sociaux, y compris avant cinq ans. Les titres non cotés et leurs distributions exigent leur contrôle propre.
Aux Pays-Bas, le mot PEA ne choisit pas la Box
La doctrine française répond au maintien et à l’impôt français ; elle ne qualifie pas le plan pour les Pays-Bas. Il faut donc ouvrir l’enveloppe. Les actions et fonds ordinaires peuvent relever de Box 3, une participation substantielle de Box 2, et une option ou un droit salarial non encore livré suit une autre chronologie. Un PEA assurance demande l’analyse de la police, pas celle d’un simple compte-titres.
Il serait donc aussi imprudent d’écrire « le PEA est toujours en Box 3 » que « le PEA reste exonéré ». Donnez au fiscaliste néerlandais la convention du plan, la liste des supports et les pourcentages de détention. Si l’enveloppe ne fait pas l’objet d’une position publique claire, une qualification écrite vaut mieux qu’une déclaration faite par analogie.
| Contenu du PEA | Question néerlandaise | Pièce utile |
|---|---|---|
| ETF diversifiés | Autres actifs Box 3 dans une gestion privée, sous réserve de la qualification du droit détenu. | ISIN, relevé, structure du fonds et valeur au 1er janvier. |
| Action cotée ordinaire | Box 3 ou Box 2 selon les droits et le seuil de participation. | Nombre de titres, catégories, capital, droits du partenaire et détentions indirectes. |
| Titre non coté | Box 2 à tester avant Box 3 ; valeur économique et distributions à documenter. | Statuts, pacte, comptes, dernière transaction et prix de revient. |
| Liquidités du plan | Nature juridique du solde et place dans la qualification globale du PEA. | Convention de compte et détail du support de trésorerie. |
| PEA assurance | Droits économiques de la police, exceptions et valeur ; pas une simple lecture des titres. | Conditions générales, droits de rachat, garanties et valeur communiquée par l’assureur. |
Le compte-titres rend les flux visibles, pas nécessairement simples
Sur le compte-titres, la détention et les flux ne se traitent pas de la même manière. Les actions, obligations, ETF et fonds privés qui ne relèvent ni d’une activité ni de Box 2 entrent en principe dans Box 3. Mais dividendes, intérêts, plus-values ordinaires et titres à prépondérance immobilière gardent leur traitement propre ; ils n’utilisent pas nécessairement le même article de la convention France–Pays-Bas.
Un dividende peut subir une retenue en France et contribuer au rendement néerlandais. Le mécanisme d’allègement doit être calculé ; il ne faut ni déclarer seulement le net reçu, ni promettre une imputation intégrale. Conservez le montant brut, la retenue, le pays de la société, le formulaire de résidence et le remboursement éventuel.
De même, l’absence d’un impôt néerlandais déclenché au jour de la vente ne signifie pas « plus-value exonérée ». La valeur et le rendement du portefeuille peuvent déjà avoir contribué à Box 3. Cette distinction est importante au retour en France : le prix de revient français ne se revalorise pas automatiquement parce que le titre a été détenu dans Box 3.
Livrets français : l’exonération ne franchit pas la frontière
Un Livret A, ou un autre compte réglementé que le non-résident est autorisé à conserver, peut garder son traitement français. Pour le résident néerlandais, la conséquence est différente : il faut déclarer le patrimoine mondial et qualifier le droit. Un véritable dépôt bancaire privé suit en principe la catégorie des dépôts Box 3. La preuve utile est la convention du compte ; le mot « défiscalisé » sur la brochure française ne crée aucune exemption néerlandaise.
Vérifiez aussi la faculté de conserver le produit. Certaines enveloppes imposent des conditions de résidence à l’ouverture ou pendant la détention, et la politique de la banque peut limiter les services après le départ. Ne fermez pas un compte uniquement sur une réponse générique ; obtenez la règle applicable au produit exact et au pays de résidence.
Enfin, ne classez pas toute trésorerie dans les dépôts. Un fonds monétaire, une unité de compte, une créance sur un émetteur ou un produit structuré peut relever des autres actifs. La dénomination « poche cash » de l’interface ne remplace jamais la convention juridique.
La décision se prend avec un calendrier, pas avec une préférence
Avant le départ, exportez l’historique complet et demandez les conditions de maintien. L’enveloppe sera qualifiée après l’installation, avant le premier retrait ou arbitrage important. Si un retour se profile, gardez les prix de revient et la date exacte de re-résidence française. Vous pourrez alors comparer fermeture, transfert et conservation sur pièces, au lieu de réagir au seul mot « Box 3 ».
| Moment | Question à trancher | Action prudente |
|---|---|---|
| Avant le départ | La banque maintient-elle le produit et ses services ? | Obtenir une réponse écrite et exporter tous les lots, versements, frais et prix de revient. |
| À l’arrivée | Quel droit et quelle Box pour chaque support ? | Transmettre plan, convention et portefeuille au fiscaliste néerlandais. |
| Avant un retrait | Clôture à cinq ans, impôt français, retenue et effet néerlandais ? | Faire valider les deux pays avant de rendre l’opération irréversible. |
| Chaque 1er janvier | Quelle valeur, quelle catégorie et quelle dette ? | Archiver les relevés et réconcilier les établissements français avec la déclaration néerlandaise. |
| Avant le retour | Quel prix de revient et quel statut après la date de retour ? | Geler l’historique, les valeurs et la chronologie avant toute cession. |
Cas fictif — enveloppes françaises
Claire ne ferme ni son PEA ni ses livrets dans l’urgence
Claire détient un PEA de 120 000 €, un compte-titres de 80 000 € et 32 000 € sur deux livrets français. Sa banque confirme par écrit le maintien du PEA, mais limite certains achats après son installation à Amsterdam. Claire conserve l’antériorité et télécharge tous les lots avant le changement d’adresse.
Son fiscaliste ne colle pas une étiquette unique sur le PEA : il contrôle les ETF, une petite ligne non cotée et les liquidités. Les livrets sont analysés comme dépôts, sans importer leur exonération française. La première décision n’est donc ni « tout vendre » ni « ne rien déclarer » ; c’est de rendre chaque support lisible dans les deux systèmes.
Mémo express
Le dossier PEA, CTO et livrets
- convention de compte, date d’ouverture et confirmation écrite du maintien pour un résident des Pays-Bas ;
- versements, retraits, valeur du plan au départ et relevés de chaque 1er janvier ;
- lots, dates, prix, frais, opérations sur titres et prix de revient historiques ;
- titres non cotés, catégories, droits, pourcentages directs et indirects ;
- dividendes et intérêts bruts, retenues, formulaires et remboursements ;
- nature juridique exacte des livrets, comptes à terme et supports de trésorerie ;
- calendrier des retraits, cessions, besoins de liquidité et retour éventuel en France ;
- qualification néerlandaise écrite lorsqu’elle n’est pas directement établie par une source publique.
La règle française de conservation et de retrait se trouve dans le BOFiP PEA en vigueur depuis le 30 juillet 2024. Pour la qualification néerlandaise, partez des actifs et dettes de Box 3 et de la page officielle sur la participation substantielle. Les retenues et plus-values doivent ensuite être rapprochées de la convention France–Pays-Bas. Ces textes ne dispensent pas d’une qualification du PEA assurance ou d’une participation particulière.
Assurance-vie française et luxembourgeoise
« Faut-il racheter avant de partir ? » La question arrive souvent trop tôt. Un rachat peut cristalliser un gain, déclencher une retenue, perdre une antériorité et modifier la protection du bénéficiaire. Lisez d’abord les droits donnés par le contrat et la valeur à déclarer aux Pays-Bas. Le paiement devra ensuite être simulé dans les deux États. Reste à mesurer ce que la sortie ferait perdre. C’est seulement à ce stade qu’une date de rachat devient utile.
Une assurance-vie française peut rester utile. Une assurance-vie luxembourgeoise peut offrir une architecture, des supports, plusieurs devises et des protections adaptées à certaines mobilités. Aucune de ces qualités n’accorde, par elle-même, une exonération néerlandaise. Le pays de l’assureur ne remplace jamais le pays de résidence.
Dans un vrai dossier, la réponse peut être de conserver l’ancien contrat, de réduire son risque, d’organiser un rachat, d’étudier une architecture luxembourgeoise ou de ne rien souscrire. Le produit le plus sophistiqué n’est pas automatiquement le meilleur ; la décision doit rester nette de fiscalité, de frais, de liquidité et de risque.
| Couche du contrat | Question à poser | Preuve attendue |
|---|---|---|
| Droit économique | Le souscripteur peut-il racheter, nantir, transférer ou modifier le bénéficiaire ? | Conditions générales, particulières, avenants et éventuelle acceptation bénéficiaire. |
| Valeur néerlandaise | Quelle valeur économique doit être déclarée et comment l’assureur la justifie-t-il ? | Attestation de valeur économique, détail des garanties, frais, restrictions et valeur de rachat. |
| Fiscalité de détention | La police entre-t-elle dans les assurances en capital de Box 3 ou dans une exception ? | Nature des garanties vie/décès, ancienneté, lien au logement et qualification écrite. |
| Fiscalité du rachat | Quelle fraction de gain, quelle date de prime, quel prélèvement français et quel article conventionnel ? | Historique des primes, calcul de l’assureur, résidence et procédure de réclamation. |
| Distribution transfrontalière | L’assureur et l’intermédiaire peuvent-ils servir un résident néerlandais pour l’acte demandé ? | Entité contractante, notifications, marché cible et confirmation de l’établissement. |
| Décès | Qui reçoit, selon quelle clause, avec quelles attaches françaises et néerlandaises ? | Clause bénéficiaire, âge des primes, résidences, nationalités, testament et régime du couple. |
Aux Pays-Bas, documenter la valeur économique avant de parler de rachat
La Belastingdienst place en principe parmi les actifs de Box 3 certaines assurances versant un capital en cas de vie ou de décès. Elle publie aussi des exceptions, notamment pour certaines garanties uniquement décès, invalidité, maladie ou accident, certains anciens contrats et certaines assurances liées au logement principal.
Pour une police française ou luxembourgeoise, le relevé donne un nom ; le contrat donne les droits. Contrat en main, vérifiez le droit de rachat, l’identité du souscripteur et de l’assuré, un nantissement, un bénéficiaire irrévocable, une garantie décès ou une sortie en rente. Ces éléments peuvent déplacer la qualification. L’action utile est donc de réunir la police complète avant de demander une conclusion.
Reste à chiffrer le droit détenu. La source néerlandaise demande la waarde in het economisch verkeer, autrement dit la valeur économique du droit détenu. La valeur de rachat disponible est souvent une donnée importante, mais elle n’est pas automatiquement la valeur déclarative de tous les contrats. Garantie, irrévocabilité, frais ou droits d’un tiers peuvent créer un écart. Demandez à l’assureur le montant, sa date et la méthode qui le justifie.
Valeur économique ne signifie pas toujours valeur de rachat
Ne recopiez pas mécaniquement le montant « rachat au 31 décembre » dans la déclaration du 1er janvier. Il faut identifier la date de référence, les droits réellement disponibles, les garanties et les restrictions. Si l’assureur ne fournit qu’une valeur de rachat, demandez si elle correspond à la valeur économique néerlandaise et faites valider l’équivalence du contrat.
| Caractéristique | Contrat français conservé | Contrat luxembourgeois étudié |
|---|---|---|
| Antériorité | Historique contractuel et fiscal français déjà constitué. | Nouvelle souscription et nouvelle chronologie, sauf opération juridique validée. |
| Fiscalité néerlandaise | Qualification de la police étrangère et valeur économique à établir. | Même obligation : le domicile luxembourgeois de l’assureur ne neutralise pas Box 3. |
| Supports | Gamme du contrat existant, parfois plus standardisée. | Architecture potentiellement plus ouverte selon assureur, contrat, montant, profil et acceptation. |
| Protection | Cadre prudentiel français et garanties propres au contrat. | Ségrégation des actifs représentatifs et privilège de l’assuré selon le cadre luxembourgeois, sans garantie de marché ni liquidité absolue. |
| Frais | Frais historiques à auditer : versement, gestion, fonds, arbitrage et sortie. | Possible empilement assureur, dépositaire, mandat, fonds, conseil et actifs illiquides. |
| Service aux Pays-Bas | Maintien et opérations dépendant de l’assureur et des habilitations transfrontalières. | Souscription et suivi soumis au marché cible, à l’acceptation et aux règles territoriales. |
Rachat d’un contrat français : 12,8 % d’abord, 7,5 % parfois après réclamation
Pour les produits attachés à des primes versées depuis le 27 septembre 2017, le droit interne français prévoit un prélèvement de 12,8 % pour le non-résident, quelle que soit la durée du contrat. Pour une personne physique et un contrat d’au moins huit ans, une réclamation peut ensuite permettre l’application du taux de 7,5 % sur la fraction éligible si les conditions sont remplies, notamment le test portant sur 150 000 € de primes selon les règles du BOFiP.
En pratique, « mon contrat a huit ans » ne suffit pas à prévoir le prélèvement. L’assureur ne retient pas nécessairement 7,5 % dès le rachat. Un même contrat peut contenir des primes antérieures et postérieures au 27 septembre 2017, avec plusieurs compartiments fiscaux. Avant de signer, demandez la fraction de gain ventilée par période de prime, le prélèvement initial et la procédure concrète de réclamation.
La convention France–Pays-Bas peut encore réduire, supprimer ou modifier le prélèvement selon la qualification retenue. Or elle ne nomme pas le rachat d’assurance-vie. Les sources contrôlées ne permettent pas d’imposer un article universel à toutes les polices. Ne promettez donc ni 0 %, ni 10 %, ni remboursement intégral avant un avis bilatéral et la confirmation opérationnelle de l’assureur.
| Niveau | Question exacte | Ce qu’il ne faut pas conclure |
|---|---|---|
| 1. Gain du rachat | Quelle part du paiement constitue un produit, après ventilation des primes et rachats antérieurs ? | Que le montant viré est entièrement un gain ou entièrement du capital. |
| 2. Prélèvement initial français | Pour les primes depuis le 27/09/2017, l’assureur applique-t-il 12,8 % et avec quels justificatifs de résidence ? | Qu’un contrat de huit ans reçoit automatiquement 7,5 % à la source. |
| 3. Réclamation française | Le contrat, le titulaire et le test de 150 000 € ouvrent-ils le taux de 7,5 % sur la fraction concernée ? | Que 7,5 % s’applique à tous les gains et toutes les primes. |
| 4. Convention | Quel article qualifie la police et son paiement dans les faits du dossier ? | Que tout rachat est nécessairement un intérêt de l’article 11 ou un autre revenu de l’article 22. |
| 5. Pays-Bas | Comment le paiement et la détention s’articulent-ils avec la Box et le rendement de l’année ? | Que l’impôt français solde automatiquement l’impôt néerlandais. |
Le Luxembourg peut améliorer l’architecture, pas effacer Box 3
Commencez par le besoin, pas par le pays du contrat. Une assurance-vie luxembourgeoise peut être étudiée lorsque la situation exige plusieurs devises, une architecture de supports plus ouverte, un dépositaire, une gestion dédiée ou spécialisée proportionnée, et une protection juridique adaptée à une mobilité internationale. Ces fonctions ne comptent que si le contrat exact les prévoit, si les actifs restent compréhensibles et si le coût total demeure acceptable.
Le triangle de sécurité organise la relation entre assureur, dépositaire et Commissariat aux Assurances pour les actifs représentatifs. Le privilège de l’assuré fixe un rang protecteur sur ces actifs. Ces mécanismes ne garantissent ni la valeur des unités de compte, ni la solvabilité de chaque émetteur, ni une liquidité immédiate, ni l’absence de pertes. Ils ne transforment surtout pas la police en actif exonéré aux Pays-Bas.
Il faut aussi vérifier la distribution. Un contrat disponible pour un résident français n’est pas nécessairement proposé à un résident néerlandais. L’assureur, le produit et l’intermédiaire doivent pouvoir intervenir sur ce marché et pour ce service. L’acceptation du dossier, les montants, les supports et l’origine des fonds restent soumis à leurs procédures.
Quand ne pas remplacer le contrat français
Si l’ancien contrat est peu chargé, liquide, adapté à l’horizon et accepté pour un résident néerlandais, une nouvelle enveloppe peut n’apporter aucune fonction suffisante pour compenser les frais, la perte d’antériorité et la complexité. Un besoin de trésorerie proche ou un portefeuille simple d’ETF liquides peut aussi rendre une architecture dédiée disproportionnée.
L’audit doit pouvoir conclure à « ne rien modifier ». Sans cette possibilité, il ne s’agit pas d’une comparaison.
Frais, liquidité et risque : demander un prix complet
Pour comparer deux contrats, partez d’un même montant et d’un même horizon, puis additionnez les frais de versement, de gestion, de fonds, de dépositaire, de mandat, d’arbitrage, de garantie décès et de sortie. Ajoutez le délai : un support illiquide peut imposer préavis, fenêtre de valorisation, suspension ou absence de marché secondaire. Un contrat juridiquement rachetable ne rend pas tous ses actifs immédiatement vendables.
Demandez également l’émetteur, le garant, le rang et la devise de chaque support. Le privilège sur les actifs représentatifs ne transforme pas une obligation fragile en dépôt garanti. Une police libellée en euros peut contenir des actifs en dollar, en livre ou sur des marchés privés ; le risque de change et de valorisation demeure.
Au décès, ouvrir trois dossiers au lieu d’en fermer un
La clause bénéficiaire indique qui reçoit le capital ; elle ne dit pas à elle seule qui taxe. Au décès, il faut encore séparer la fiscalité française propre aux capitaux décès, l’impôt successoral néerlandais et la dévolution civile. L’article 990 I, l’article 757 B, l’âge aux versements, la résidence de l’assuré et celle des bénéficiaires doivent être rapprochés du droit néerlandais et du testament.
L’expression française « hors succession » ne signifie ni hors impôt aux Pays-Bas, ni hors déclaration, ni hors protection des proches. Une modification de bénéficiaire peut affecter conjoint, enfant d’une première union et héritier dans les deux pays. Elle se prépare avec l’assureur, le notaire et les fiscalistes, pas au moyen d’une formule standard copiée sur internet.
Cas fictif — contrat ancien
Sophie compare un rachat à une conservation documentée
Sophie détient une assurance-vie française de 620 000 €, alimentée avant et après le 27 septembre 2017. Elle pensait la racheter avant de déménager, puis investir immédiatement au Luxembourg. Or la valeur économique néerlandaise n’est pas encore établie. Le coût fiscal du rachat et celui du nouveau contrat restent eux aussi à chiffrer, alors que son besoin de supports plus ouverts n’est pas démontré. Dans ces conditions, le calendrier cristalliserait un gain avant même que la solution de remplacement soit prête.
L’assureur fournit la ventilation des primes, des gains et de la valeur. Le fiscaliste néerlandais qualifie la police ; le conseil français analyse le prélèvement de 12,8 %, la réclamation éventuelle à 7,5 % et la convention. Sophie conserve finalement une partie du contrat et n’étudie une solution luxembourgeoise que pour la poche internationale qui justifie réellement son architecture.
Mémo express
Les pièces avant rachat, transfert ou souscription
- conditions générales, particulières, avenants, droit de rachat, nantissements et acceptations bénéficiaires ;
- historique des primes avant et depuis le 27 septembre 2017, rachats et fraction de gain ;
- valeur de rachat, valeur économique documentée, garanties décès et méthode de valorisation ;
- calcul du prélèvement français, test des 150 000 €, procédure de réclamation et certificat de résidence ;
- avis sur la Box, la valeur et l’article conventionnel applicable à la police ;
- frais complets, supports, devises, liquidité, préavis, gates et risques de crédit ;
- preuve que l’assureur, le contrat et l’intermédiaire peuvent effectivement servir un résident néerlandais ;
- clause bénéficiaire, résidences, nationalités, régime du couple et testament.
La Belastingdienst décrit les assurances en capital non exonérées et leur valeur économique. Pour le rachat français, la référence détaillée est le BOFiP sur l’assurance-vie des non-résidents, à rapprocher de la convention France–Pays-Bas. Le cadre prudentiel luxembourgeois est présenté par le Commissariat aux Assurances. Aucun de ces textes ne permet de classer toute police étrangère sans lire ses droits.
Décider avant de rendre le rachat irréversible
Hagnéré Patrimoine peut cartographier vos contrats, vos objectifs, les frais, la liquidité et les risques dans le périmètre de ses statuts, puis coordonner selon le dossier avocat fiscaliste international, assureur, société de gestion, notaire et intermédiaire local habilités. Une assurance-vie luxembourgeoise n’est étudiée que si son architecture répond réellement au besoin et si sa distribution transfrontalière est permise.
PER, lijfrente et retraite volontaire
Un PER français, une pension d’employeur néerlandaise et une lijfrente — contrat néerlandais d’épargne ou de rente encadré — peuvent tous financer la retraite. Cette destination commune ne leur donne pas les mêmes règles. Le PER peut contenir plusieurs compartiments, versements déduits ou non, capital et rente. La lijfrente répond à ses propres conditions. La convention réserve, elle, son article 18 aux pensions et rémunérations similaires versées au titre d’un emploi antérieur.
Le mot « retraite » ne suffit pas. Regardez l’origine de l’argent et les droits de sortie. Un PER individuel volontaire ne devient pas une lijfrente à la frontière ; une sortie en capital n’est pas automatiquement une pension conventionnelle. Quant à l’exonération Box 3 d’une catégorie néerlandaise, elle ne s’étend pas par analogie à toute enveloppe française.
| Dispositif | Question centrale | Décision à ne pas automatiser |
|---|---|---|
| PER individuel français | Compartiment, versements déduits ou non, faculté de rachat, sortie capital/rente et droits au décès. | Le considérer comme une lijfrente ou une pension de l’article 18 par son seul nom. |
| PER d’entreprise ou droits transférés | Origine liée à l’emploi, règlement, acquisition des droits, transfert et forme de prestation. | Traiter tous les compartiments comme un même revenu conventionnel. |
| Pension d’employeur néerlandaise | Règlement du fonds, droits acquis, bénéficiaires et fiscalité au paiement. | La confondre avec une épargne volontaire librement rachetable. |
| Lijfrente bancaire ou d’assurance | Organisme admis, déficit de pension, jaarruimte, durée et prestations périodiques. | Verser uniquement pour une déduction sans mesurer frais, blocage et pays futur de résidence. |
| Épargne ordinaire destinée à la retraite | Détention Box 3, allocation, liquidité et horizon. | L’appeler produit de retraite pour obtenir la fiscalité d’une lijfrente. |
PER français : conserver n’est pas obtenir une équivalence
Le contrat peut en principe être conservé, sous réserve de la politique de l’établissement et des services qu’il peut fournir à un résident néerlandais. Avant tout nouveau versement, demandez quelle base fiscale recevrait la déduction. Un plafond français disponible n’est pas une économie si aucun revenu pertinent ne permet de l’utiliser, et il ne devient pas une déduction néerlandaise par translation.
Pour qualifier le PER aux Pays-Bas, construisez un passeport par compartiment : origine de la somme, déduction obtenue, cas de déblocage, droit au décès et forme de sortie. Versements volontaires, épargne salariale et droits obligatoires peuvent conduire à des réponses différentes. Joignez le règlement et l’historique, puis demandez une position écrite du fiscaliste néerlandais avant de conclure à Box 1, Box 3 ou à une exemption.
Deux assimilations interdites
- PER français ≠ lijfrente automatique : les conditions néerlandaises d’un organisme admis, de prestations et de déduction ne se transmettent pas au produit étranger par son nom ;
- PER français ≠ article 18 automatique : la convention vise les pensions et rémunérations similaires au titre d’un emploi antérieur. Un versement volontaire ou une sortie en capital doit être qualifié séparément.
Lijfrente : combler un déficit de pension dans un cadre précis
La lijfrente peut être souscrite auprès d’un assureur, d’une banque ou d’un autre organisme admis. Sa déduction ne correspond pas à un versement libre. Il faut notamment un déficit de pension et une capacité calculée : la jaarruimte mesure l’espace annuel, lareserveringsruimte certains espaces antérieurs non utilisés. La jaarruimte 2026 dépend de la situation 2025 ; la reserveringsruimte 2026 peut reprendre des espaces non utilisés de 2016 à 2025 selon les règles publiées.
La déduction n’est qu’une face du contrat. Il faut aussi lire les dates, la durée, le bénéficiaire et les versements périodiques attendus. Une rente bancaire, une assurance de rente et une épargne non déductible ne produisent pas nécessairement le même résultat. Comparez l’économie actuelle avec les frais, le blocage, le taux futur, le décès et le pays probable de paiement.
| Avant un versement lijfrente | Document | Pourquoi il compte |
|---|---|---|
| Déficit de pension | Revenus et facteur pension de l’année de référence. | La déduction dépend d’une capacité calculée, pas d’un montant choisi librement. |
| Jaarruimte 2026 | Calcul fondé sur la situation 2025. | Évite de déduire plus que l’espace annuel réellement disponible. |
| Reserveringsruimte | Historique des espaces non utilisés de 2016 à 2025. | Permet de reconstituer le report sans inventer un stock de droits. |
| Organisme et contrat | Police ou convention bancaire, prestations et bénéficiaires. | Un compte d’investissement ordinaire ne devient pas une lijfrente par destination. |
| Projet de mobilité | Pays de résidence prévu à la retraite et avant celle-ci. | Le départ, le transfert ou le rachat peuvent réveiller une créance fiscale. |
Racheter une lijfrente peut coûter plus qu’un taux affiché
Racheter, ce n’est pas seulement récupérer l’épargne. L’opération est en principe imposable et peut entraîner une revisierente, charge liée à la remise en cause du cadre de rente. En 2026, le seuil officiel de la petite lijfrente est de 5 513 €. Au-delà, la revisierente peut atteindre 20 %, sans devenir une pénalité forfaitaire applicable à tous les rachats. Régimes anciens, incapacité, petite rente et contre-preuve peuvent modifier la réponse.
Demandez donc un décompte écrit avant tout rachat ou transfert : valeur, gain, impôt, revisierente, exception, retenue et convention. Une opération exécutée pour « simplifier avant le retour » peut déclencher précisément l’impôt différé que le contrat avait organisé.
Article 18 : partir du lien avec l’emploi antérieur
Pour utiliser l’article 18, posez d’abord une question factuelle : la prestation rémunère-t-elle un emploi antérieur ? Si oui, la convention attribue en principe à l’État de résidence les pensions et rémunérations similaires concernées. Les mots « au titre d’un emploi antérieur » empêchent précisément d’y ranger mécaniquement toute épargne portant le mot retraite.
Un PER volontaire, une sortie en capital, des versements non déduits, un compartiment d’épargne salariale ou une prestation décès peut relever d’une qualification différente. Selon les faits, un autre article conventionnel peut devenir pertinent. Le guide fournit la méthode ; seul un avis sur le contrat exact peut fixer le traitement bilatéral.
Quitter les Pays-Bas : la créance conservatoire survit parfois au déménagement
Une conserverende aanslag, ou imposition conservatoire, peut viser certains droits de pension et de rente au départ des Pays-Bas. Le report dans l’Union européenne ne signifie ni abandon de la créance ni liberté de toute opération. Rachat, transfert, nantissement ou modification contraire aux conditions peut entraîner une reprise.
Le délai de dix ans souvent cité concerne certaines pensions ou rentes ; il ne faut pas le généraliser à tous les actifs, notamment à la Box 2 récente. Avant un retour en France, faites simuler et documenter les droits susceptibles d’entrer dans l’imposition conservatoire, ainsi que les événements qui permettraient leur recouvrement. Après le dépôt de la déclaration M de l’année d’émigration, obtenez puis archivez la décision définitive, sa base, sa date, les actes interdits et la situation du report.
Cas fictif — retour préparé
Leïla conserve son PER et calcule sa lijfrente avant de verser
Leïla possède un PER individuel alimenté par des versements déduits et non déduits. Son employeur néerlandais lui offre une pension complémentaire ; elle envisage aussi une lijfrente. Comparer les rendements serait prématuré. Elle sépare les compartiments du PER, retrouve l’origine des droits de l’employeur et documente la future lijfrente. Aucune équivalence néerlandaise ne sera présumée.
Pour la lijfrente, elle calcule sa jaarruimte à partir de l’année précédente et reconstitue sa reserveringsruimte. Son projet de retour dans six ans entre dans la comparaison : frais, blocage, paiement en France et imposition conservatoire. Elle ne verse pas le maximum uniquement parce qu’une déduction est disponible.
Mémo express
Le passeport retraite transfrontalier
- règlement, compartiments, origine des sommes et historique des déductions du PER ;
- conditions de maintien du contrat pour un résident des Pays-Bas et services encore disponibles ;
- droits acquis chez l’employeur, facteur pension, bénéficiaires et options de transfert ;
- calcul de jaarruimte et de reserveringsruimte avec les années de référence ;
- contrat lijfrente, organisme, frais, durée, prestations, rachat et décès ;
- résidence projetée au paiement et comparaison rente/capital dans les deux pays ;
- éventuelle conserverende aanslag, report et opérations pouvant déclencher le recouvrement ;
- avis écrit sur la Box et l’article conventionnel avant versement, transfert ou liquidation.
La Belastingdienst explique la lijfrente et ses conditions, la déduction des primes et les conséquences du rachat et de la revisierente. La taxation conservatoire au départ doit être rapprochée de l’article 18 de la convention. Ces sources ne qualifient pas automatiquement un PER français.
Immobilier néerlandais
Acheter à Amsterdam, Utrecht ou Rotterdam ne consiste pas seulement à comparer un loyer et une mensualité. L’usage réel du bien commande le traitement fiscal. Le logement principal relève en principe de Box 1, où la valeur WOZ, l’eigenwoningforfait et la dette sont examinés. Une résidence secondaire ou locative bascule généralement en Box 3. Le droit de mutation change, lui aussi, selon l’usage durable du bien.
La première question à poser n’est donc pas « combien la banque me prête ? », mais « quel usage réel aurai-je du bien, avec quelle dette, pendant combien de temps ? ». Un départ temporaire, une location, un refinancement ou une séparation peut déplacer le logement d’une catégorie à l’autre. Le budget doit prévoir ce changement avant la signature.
| Projet en 2026 | Droit de mutation | Traitement fiscal de départ |
|---|---|---|
| Logement occupé durablement comme résidence principale | 2 % si toutes les conditions sont remplies. | Logique Box 1 : eigenwoningforfait et dette de résidence principale sous conditions. |
| Acquéreur de 18 à moins de 35 ans remplissant l’exonération | 0 % une seule fois, pour un logement d’au plus 555 000 € occupé personnellement. | Box 1 si le logement est bien la résidence principale ; l’exonération de mutation ne décide pas la déduction de dette. |
| Résidence secondaire, logement de vacances ou bien locatif | 8 % pour un logement qui ne sera pas la résidence principale. | Box 3 en principe dans une gestion privée, avec valeur WOZ, dette et règles de location. |
| Autre immeuble non résidentiel | 10,4 % dans les catégories publiées. | Qualification selon l’usage, l’activité, la structure et la dette. |
L’exonération « starter » ne signifie pas premier achat de la vie
L’exonération de droits de mutation vise un acquéreur âgé d’au moins 18 ans et de moins de 35 ans à la date d’acquisition, qui utilisera le logement comme résidence principale, n’a jamais utilisé cette exonération et acquiert en 2026 un bien dont la valeur n’excède pas 555 000 €. Une déclaration est requise.
L’objection revient souvent : « j’ai déjà été propriétaire en France, donc je ne suis plus starter ». Ce n’est pas le bon test. Une personne ayant déjà possédé un logement peut encore remplir les conditions si elle n’a jamais utilisé l’exonération. À l’inverse, un véritable premier achat ne suffit pas si l’âge, l’usage, le plafond ou la déclaration manque.
Le plafond de 555 000 € se teste avant de signer
Une offre proche du plafond mérite un contrôle du montant retenu pour les droits de mutation. Ne partez pas du seul prix affiché sans examiner les éléments de l’opération et l’année d’acquisition. Le plafond est millésimé : une signature ou un transfert décalé peut relever d’un autre montant.
Faites confirmer l’éligibilité et la déclaration par le notaire ou le fiscaliste néerlandais. Une économie supposée de droits ne doit pas devenir un trou dans le plan de financement.
Financement : 100 % de la valeur ne finance pas 100 % du projet
Le « financement intégral » porte en principe sur la valeur expertisée, pas sur tout ce que coûte le projet. Le montant maximal du crédit hypothécaire est limité à 100 % de cette valeur, avec des adaptations possibles notamment pour certaines mesures énergétiques. La banque contrôle aussi revenus, taux, autres dettes et capacité. Si l’offre dépasse l’expertise, la différence devient immédiatement un apport à trouver.
Même lorsque le prix tient dans la valeur, les frais d’acquisition ne disparaissent pas : droits de mutation, notaire, évaluation, conseil hypothécaire, inspection, éventuelle garantie, courtage, travaux et réserve de sécurité. La capacité bancaire mesure une dette acceptable pour le prêteur ; elle ne mesure ni votre confort de trésorerie ni le risque d’un retour en France.
L’apport ne se résume pas à prix moins crédit
Prix d’acquisition + droits de mutation applicables + notaire, expertise, conseil, inspection et courtage + travaux et équipement + différence éventuelle entre prix et valeur expertisée + réserve de sécurité − crédit effectivement accordé = trésorerie à mobiliser
Une exonération de droits ou un financement à 100 % de la valeur expertisée ne supprime pas les autres frais ni la réserve nécessaire après l’achat.
| Pièce du financement | Question | Risque si elle manque |
|---|---|---|
| Offre et expertise | Le prix proposé est-il couvert par la valeur retenue par la banque ? | Apport de dernière minute si l’expertise est inférieure. |
| Condition de financement | Le calendrier et les conditions protègent-ils réellement l’acquéreur ? | Engagement alors que le crédit n’est pas obtenu aux conditions attendues. |
| Origine de l’apport | Épargne, donation, prêt familial ou compte français : chaque flux est-il documenté ? | Retard bancaire, question fiscale ou dette mal classée. |
| Revenus variables | Bonus, RSU, activité ZZP ou revenus étrangers sont-ils retenus, et à quelle hauteur ? | Capacité surestimée à partir d’un package non récurrent. |
| Projet de mobilité | Que devient la mensualité en cas de départ, location, vacance ou baisse de revenu ? | Bien conservé par défaut, fiscalité Box 3 et trésorerie négative. |
Résidence principale : Box 1, WOZ et eigenwoningforfait
Pour une résidence principale éligible, Box 1 part d’une valeur administrative appelée WOZ. L’administration lui applique uneigenwoningforfait, c’est-à-dire un montant forfaitaire lié au logement. Pour 2026, la valeur WOZ utilise en principe la date de référence du 1er janvier 2025. Elle ne doit donc être confondue ni avec l’offre signée ni avec l’estimation instantanée d’un portail immobilier.
| Valeur WOZ 2026 | Eigenwoningforfait publié |
|---|---|
| Jusqu’à 12 500 € | 0 % |
| De 12 500 € à 25 000 € | 0,10 % |
| De 25 000 € à 50 000 € | 0,20 % |
| De 50 000 € à 75 000 € | 0,25 % |
| De 75 000 € à 1 350 000 € | 0,35 % |
| Au-delà de 1 350 000 € | 4 725 € + 2,35 % de la fraction au-delà de 1 350 000 € |
L’allègement dit Hillen ne neutralise plus intégralement la différence lorsque les intérêts déductibles sont faibles. Pour 2026, la page officielle retient 71,867 % de la différence dans les situations concernées. Un logement sans dette ne signifie donc plus automatiquement « aucun revenu immobilier en Box 1 ». Avant d’inscrire zéro, relisez la décision annuelle et le calcul.
Une contestation de WOZ suit sa propre procédure et ses délais. Conservez la décision annuelle, les caractéristiques du logement et les comparables. La valeur influence l’eigenwoningforfait et peut aussi servir dans d’autres calculs locaux ; une erreur répétée sur plusieurs années mérite d’être traitée dès le premier avis.
Intérêts hypothécaires : l’usage du prêt compte autant que le bien
La sûreté sur la maison ne suffit pas : c’est l’usage de chaque euro emprunté qui compte. Pour un emprunt conclu depuis le 1er janvier 2013, la déduction des intérêts suppose notamment une dette affectée à l’acquisition, l’amélioration ou l’entretien de la résidence principale et un remboursement linéaire ou annuitaire en trente ans. Un refinancement qui libère du cash, un prêt familial non documenté ou une tranche utilisée ailleurs peut recevoir un autre traitement.
Pour les revenus élevés, la valeur de la déduction est plafonnée à 37,56 % en 2026 lorsque le revenu Box 1 avant déduction dépasse 78 426 €. Ce taux ne doit pas être appliqué comme une économie universelle : revenu, assurance sociale, crédits et composition de la dette modifient le calcul final.
| Tranche de dette | Qualification à établir | Document à conserver |
|---|---|---|
| Acquisition de la résidence principale | Dette de logement Box 1 si toutes les conditions sont respectées. | Acte, offre, affectation des fonds et tableau d’amortissement. |
| Travaux d’amélioration ou d’entretien | Lien avec le logement, calendrier et utilisation effective. | Devis, factures, virements, autorisations et tranche de prêt. |
| Refinancement avec trésorerie libre | Séparer la dette logement de la part utilisée à d’autres fins. | Ancien et nouveau prêt, flux bancaires et emploi de chaque euro. |
| Prêt familial | Conditions, remboursement, taux et obligations déclaratives. | Contrat daté, échéancier, paiements et preuve de l’affectation. |
| Dette d’une seconde résidence | Dette Box 3 éventuelle, distincte de la dette de résidence principale. | Acte, sûreté, intérêts et rattachement économique au bien. |
Location et résidence secondaire : le passage en Box 3 change la méthode
Une seconde habitation néerlandaise relève en principe de Box 3 à sa valeur WOZ. Une location bénéficiant d’une protection locative peut permettre une correction par la leegwaarderatio, selon le rapport entre loyer et WOZ. Cette correction cherche à refléter la moindre disponibilité d’un logement réellement occupé par un locataire protégé. Le tableau 2026 comporte des pourcentages allant de 73 % à 100 %, sans s’appliquer à toute location temporaire.
Certaines locations à un proche, conditions non conformes au marché ou situations exclues peuvent conduire à retenir 100 %. Ne réduisez donc pas la WOZ uniquement parce qu’un bail existe. Il faut produire le bail, le loyer, la protection applicable, la relation avec le locataire et la période exacte.
Si le rendement réel est utilisé, l’usage personnel d’une habitation reçoit en 2026 une composante spécifique. L’administration demande la valeur locative économique ou, selon les modalités publiées, un forfait de 5,06 % de la WOZ, proratisé d’après les jours de disponibilité. Les jours loués, occupés et certaines périodes de construction doivent être séparés. Ce calcul ne doit pas être remplacé par « aucun loyer, donc rendement nul ».
Louer l’ancienne résidence principale peut déplacer trois lignes
- le logement peut quitter la logique Box 1 pour Box 3 ;
- la dette peut ne plus recevoir le traitement de dette de résidence principale ;
- le droit de mutation déjà payé ne change pas rétroactivement, mais les déclarations et le rendement annuel, eux, changent.
Départ temporaire, mise en location, séparation et logement en vente comportent des règles et périodes particulières. Faites dater la bascule au lieu d’appliquer une année entière par approximation.
Gestion privée ou activité : aucun nombre de biens ne tranche seul
Une location privée ordinaire peut rester en Box 3. Des services importants, une activité de développement, de marchand de biens ou une organisation dépassant la gestion normale peuvent ouvrir une question de Box 1. Le nombre de logements, le recours à une agence ou la location meublée ne suffit pas isolément à décider.
Documentez le temps passé, les services, les travaux, le mode de recherche de rendement, le financement, les partenaires et l’organisation. Un fiscaliste néerlandais doit qualifier l’activité avant d’établir une projection nette. L’assurance, les règles municipales, le bail et les autorisations locales restent des analyses distinctes de la Box.
Comparer achat et location avec le même horizon et le même risque
Décomposez les coûts. Une mensualité contient intérêt, remboursement de capital, assurance et parfois coûts de conseil ; elle n’est donc pas directement comparable au loyer. Le propriétaire supporte aussi droits d’entrée, entretien, copropriété, fiscalité, risque de prix et coût de revente. Le locataire conserve davantage de mobilité et d’épargne disponible, sans constituer le même capital.
Fixez un horizon : deux ans, sept ans ou quinze ans. Testez une baisse de prix, une hausse de taux au refinancement, un départ en France, une période de location et le coût d’une vente. La réponse peut être de louer pendant la période d’essai professionnelle, puis d’acheter une fois résidence, revenu et quartier stabilisés.
| Élément à comparer | Acheter | Louer |
|---|---|---|
| Coût initial | Droits, notaire, conseil, expertise, inspection, travaux et apport. | Dépôt, éventuels frais, déménagement et équipement. |
| Coût annuel | Intérêts, entretien, assurance, fiscalité, copropriété et coût d’opportunité. | Loyer, indexation, assurance et éventuels frais. |
| Capital | Remboursement de dette et variation de valeur, positive ou négative. | Épargne disponible à investir selon le risque choisi. |
| Mobilité | Vente, location ou conservation à organiser en cas de départ. | Préavis et nouveau logement, sous réserve du bail. |
| Fiscalité future | Box 1 tant que résidence principale, puis possible Box 3. | Patrimoine financier restant potentiellement dans Box 3. |
Cas fictif — exonération starter
Sophie achète à 33 ans sans être primo-accédante
Sophie a déjà possédé un studio en France, mais n’a jamais utilisé l’exonération néerlandaise. Elle envisage un appartement de 540 000 € qu’elle occupera durablement. Le notaire reprend son âge, l’usage prévu, le plafond 2026 et l’absence d’utilisation antérieure de l’exonération. Elle peut donc rester éligible ; son ancien studio français ne l’exclut pas à lui seul.
Elle ne signe pas sur cette seule économie. L’expertise bancaire, les frais non financés, la dette amortissable et un possible retour dans quatre ans sont intégrés. Le notaire confirme la déclaration d’exonération ; le fiscaliste modélise Box 1 puis un scénario de location en Box 3. Sophie garde une réserve au lieu d’investir tout son apport dans le prix.
Mémo express
Avant l’offre, l’acte et chaque changement d’usage
- prix, valeur expertisée, décision WOZ et comparables du logement ;
- âge, usage durable, exonération starter déjà utilisée ou non et plafond de l’année ;
- budget des droits, notaire, conseil hypothécaire, expertise, inspection, travaux et réserve ;
- offre de prêt, affectation de chaque tranche, amortissement, intérêts, sûreté et assurance ;
- revenus fixes et variables, autres dettes et scénario de baisse de revenu ;
- horizon de séjour, projet de retour, coût de vente et capacité à conserver le bien ;
- en cas de location : bail, loyer, protection locative, services, autorisations et relation avec le locataire ;
- date exacte de tout départ du logement, location, séparation, travaux ou mise en vente pour qualifier Box 1 et Box 3.
Les taux et l’exonération 2026 figurent sur les pages officielles de la Belastingdienst consacrées aux droits de mutation et sur la fiche Rijksoverheid relative à l’exonération starter. La Rijksoverheid explique aussi le montant maximal du financement. Pour Box 1, consultez l’eigenwoningforfait 2026 et la déduction des intérêts hypothécaires, complétée par l’ajustement du taux de déduction 2026. La seconde habitation et le tableau 2026 des logements loués complètent l’analyse de Box 3.
Mettre l’achat dans le plan patrimonial global
Hagnéré Patrimoine peut comparer achat, location, apport, allocation et scénarios de mobilité dans le périmètre de ses statuts, puis coordonner selon le dossier notaire, fiscaliste néerlandais, intermédiaire de crédit ou établissement habilité, assureur et expert-comptable. Le crédit, l’acte et les qualifications fiscales restent établis par les professionnels compétents sous leur responsabilité.
Immobilier français, SCI, SCPI et IFI
Sophie vit à Amsterdam, loue son ancien appartement lyonnais et détient des parts de SCPI ainsi que 30 % d’une SCI familiale. Elle entend deux phrases contradictoires : « l’immobilier français ne regarde plus les Pays-Bas » et « tout entre en Box 3 ». Aucune ne permet de déclarer correctement.
Un même actif doit passer par quatre lectures. Parce que le bien se trouve sur son territoire, la France conserve en principe un droit d’imposer le revenu, la plus-value ou la fortune immobilière, sous réserve des seuils, exonérations et qualifications applicables. Les Pays-Bas demandent au résident sa déclaration mondiale et appliquent leur mécanisme d’allègement. La convention répartit le droit d’imposer. La forme de détention — bien direct, SCI, SCPI, fonds ou contrat — ajoute enfin sa propre qualification.
Concrètement, ne partez jamais du montant net versé sur votre compte. Rassemblez la valeur du bien ou du titre, le revenu brut, les charges, la dette, les jours d’usage, l’impôt français et les droits détenus dans le véhicule. Une seconde déclaration ne signifie pas nécessairement un second impôt, mais elle exige un dossier complet.
Bien détenu en direct : trois événements, trois articles
Un immeuble ne produit pas une seule question fiscale. Il peut être loué, vendu ou simplement détenu à la date annuelle de référence ; chaque événement ouvre son propre calcul et demande ses propres preuves. Le document DGFiP synthétisant la convention et les effets du MLI attribue à la France le droit d’imposer les revenus d’un immeuble français au titre de l’article 6. La cession relève de l’article 13. La fortune immobilière relève de l’article 23. Le PDF facilite la lecture, mais son avertissement rappelle qu’il n’est pas une source de droit autonome : les textes authentiques restent opposables.
| Événement | France | Pays-Bas | Preuve décisive |
|---|---|---|---|
| Location | Déclaration et imposition du revenu immobilier français selon le régime applicable. | Déclaration mondiale puis mécanisme néerlandais d’élimination de la double imposition. | Bail, revenu brut, charges, jours d’usage, déclaration et avis français. |
| Vente | Plus-value immobilière française, exonérations, abattements et surtaxe éventuelle à tester. | Déclaration de l’actif et traitement conventionnel de l’année, selon la méthode Box 3 applicable. | Acte d’achat, travaux, prix, durée de détention, change et preuve de l’impôt. |
| Détention au 1er janvier | IFI possible sur la valeur nette taxable française. | Actif étranger à déclarer dans le périmètre néerlandais pertinent, avec réduction à calculer. | Valeur, dette rattachée, usage, propriété et structure de détention. |
Les loyers français ne disparaissent pas de la déclaration néerlandaise
Le résident néerlandais continue à déclarer en France les revenus de l’immeuble. Micro-foncier, réel, location meublée, société ou activité avec services suivent des règles françaises distinctes : le guide ne choisit pas le régime à partir du seul montant du loyer. Les déficits, amortissements, travaux et intérêts doivent être qualifiés dans le droit qui les autorise.
Côté néerlandais, « droit d’imposer attribué à la France » ne signifie pas « ligne à supprimer ». Le bien étranger entre dans les informations mondiales demandées au résident. L’allègement conventionnel intervient dans le calcul néerlandais, selon son propre périmètre. Autrement dit, le mot « exonération » n’autorise pas à oublier la déclaration.
Depuis les dispositions publiées fin 2025, la méthode 2026 encadre aussi l’allègement lorsque le rendement réel de Box 3 est utilisé. Le Staatsblad 2025 n° 425 organise notamment le revenu étranger de Box 3 à partir du rendement réel des actifs étrangers et des dettes qui leur sont rattachées. La réduction est proportionnelle et plafonnée à l’impôt néerlandais de Box 3. Son existence est vérifiée ; son montant reste un calcul de dossier.
Une dette française ne s’impute pas deux fois par réflexe
Il faut identifier l’emprunteur, l’actif financé, la sûreté, le capital restant dû et les intérêts. La dette peut intervenir dans le revenu foncier français, l’IFI et le calcul néerlandais, mais selon des assiettes et des limites différentes. Une même échéance bancaire ne devient pas trois déductions identiques.
Vente : 19 % n’est pas le coût total universel
Le taux de 19 % n’est que le début du raisonnement. Pour un particulier non-résident, la plus-value immobilière française en relève en principe avant examen des abattements, exonérations, surtaxe et prélèvements sociaux. L’exonération liée à la durée de détention intervient en principe après vingt-deux ans pour l’impôt et trente ans pour les prélèvements sociaux. Ces repères orientent les vérifications ; ils ne constituent pas un devis.
Prix d’acquisition, frais, travaux admissibles, durée, ancienne résidence principale, cession d’un logement en France, prix de vente, représentant fiscal éventuel et qualité du vendeur doivent être vérifiés à la date de l’acte. Le parcours officiel de calcul de la plus-value immobilière donne les principes ; le notaire et le fiscaliste les appliquent aux pièces.
CSG et CRDS : deux conditions, puis 7,5 % de solidarité
Commencez par l’affiliation sociale, pas par l’adresse. Pour bénéficier de l’exonération de CSG et de CRDS sur les revenus et gains immobiliers français, la personne doit à la fois relever, en matière d’assurance maladie, d’une législation entrant dans le champ de la coordination européenne et ne pas être à la charge d’un régime obligatoire français. Lorsque ces deux conditions sont réunies, le prélèvement de solidarité de 7,5 % demeure.
Cette double condition figure dans le BOFiP relatif aux plus-values immobilières des non-résidents et la fiche de la DGFiP sur les contributions sociales des non-résidents. Conservez le certificat A1 ou la décision d’affiliation, les attestations de l’organisme social et la preuve que vous n’êtes pas à la charge d’un régime français à la date du revenu ou de la vente. Une carte d’assurance néerlandaise isolée peut être insuffisante.
| Question | Réponse requise | Conséquence générale |
|---|---|---|
| Relevez-vous d’une législation maladie coordonnée UE/EEE/Suisse ? | Oui, avec preuve à la date pertinente. | Première condition de l’exonération CSG/CRDS. |
| Êtes-vous à la charge d’un régime obligatoire français ? | Non, avec situation sociale documentée. | Seconde condition cumulative. |
| Les deux conditions sont-elles réunies ? | Oui. | CSG et CRDS écartées dans le champ visé ; prélèvement de solidarité de 7,5 % maintenu. |
IFI : le départ ne fait pas sortir l’immobilier français
Quitter la France réduit potentiellement le champ de l’IFI ; cela ne fait pas disparaître l’immobilier français. Un non-résident peut rester redevable lorsque la valeur nette taxable de son patrimoine immobilier français dépasse le seuil général de 1,3 million d’euros. Le test ne se limite pas aux immeubles détenus en direct. La fiche DGFiP consacrée à l’IFI des non-résidents rappelle le principe.
Il faut tester immeubles directs, SCI, SCPI, OPCI, fraction immobilière française de sociétés et fonds, certains contrats rachetables, trusts et chaînes de détention. Les dettes sont déductibles seulement dans leur champ, avec des limitations et clauses anti-abus. La valeur d’une part n’est pas toujours la valeur brute des immeubles multipliée par votre pourcentage.
L’article 23 de la convention attribue un droit d’imposer sur la fortune immobilière, mais il ne prouve pas qu’une part déterminée suit toujours l’immeuble, que Box 3 s’impute sur l’IFI ou que toute double charge est neutralisée. Pour une détention indirecte, confrontez le droit français, la qualification du véhicule et la méthode conventionnelle.
SCI et SCPI : le point de départ a changé en 2025
Il serait désormais inexact d’écrire que les Pays-Bas ne donnent aucun point de départ à la qualification d’une SCI ou d’une SCPI. Le Besluit vergelijking buitenlandse rechtsvormen applicable depuis 2025 présume la société civile, la SCI et la SCPI françaises comparables à une maatschap ou à une vennootschap onder firma, dite VOF.
Cette présomption fournit un point de comparaison juridique, pas une facture fiscale. La Box du porteur reste à déterminer, tout comme la nature du flux, l’article conventionnel et l’IFI. Il faut encore lire les statuts, l’activité, l’option française à l’IS, les droits de retrait, la responsabilité, les immeubles, la dette, les distributions et les éventuelles règles de fonds.
| Question SCI / SCPI | Pourquoi elle change le résultat | Document |
|---|---|---|
| Quelle forme et quelle date de constitution ? | La présomption de comparaison porte sur la forme française identifiée. | Statuts, règlement et extrait à jour. |
| SCI à l’IR ou à l’IS ? | Le régime français, les flux et la valeur ne sont pas identiques. | Option, liasses, comptes et déclarations. |
| Quels droits détient le porteur ? | Retrait, vote, bénéfices, responsabilité et catégorie influencent la qualification. | Registre, pacte et bulletin de souscription. |
| Où se trouvent les immeubles ? | Chaque État de situation peut conserver un droit d’imposer. | Inventaire géographique et valeurs. |
| Quelle activité et quels services ? | Location passive, développement ou services peuvent produire des analyses différentes. | Rapports de gestion, baux et comptes. |
| Quelle dette ? | Dette du véhicule et dette personnelle n’ont pas le même débiteur ni la même affectation. | Bilans, prêts et sûretés. |
| Participation d’au moins 5 % ? | Box 2 peut devoir être testée sans que le seul pourcentage conclue. | Cap table, catégories et droits du partenaire. |
| Quelle fraction immobilière française ? | Elle peut entrer dans l’IFI et dépendre de règles de valorisation propres. | Attestation IFI, détail des actifs et passifs. |
Une ancienne position néerlandaise avait conclu à la non-transparence d’une SCPI particulière. Elle est expressément retirée depuis le 1er janvier 2025. Elle ne peut plus fonder une conclusion pour 2025 ou 2026. Une position de 2026 sur un FCP français traite, elle, un fonds contractuel précis ; elle ne tranche pas la SCI ou la SCPI.
Cas chiffré : une assiette préliminaire, pas un IFI final
Cas fictif — Sophie, investisseuse
Maison lyonnaise, SCPI et SCI dépassent le seuil avant les corrections
Hypothèses pédagogiques au 1er janvier : Sophie détient une maison louée en France valorisée 1,40 M€ avec 350 000 € de dette restant à qualifier, 400 000 € de SCPI à dominante française, intégralement retenus par hypothèse dans cette première carte, et 30 % d’une SCI dont la fraction immobilière française nette est estimée à 600 000 €.
Une première carte donne 1,40 M€ − 350 000 € + 400 000 € + 30 % × 600 000 € = 1,63 M€. Ce total dépasse 1,3 M€, mais ne constitue pas l’assiette définitive. Il signale simplement qu’un calcul complet est nécessaire. Le fiscaliste vérifie la déductibilité et les limites de dette, l’attestation IFI de la SCPI, les comptes de la SCI, la valeur, les éventuelles exclusions et l’article 23. Côté néerlandais, il calcule séparément la déclaration mondiale et la réduction liée aux actifs français.
Hagnéré Patrimoine peut réunir les données, comparer conservation, vente, refinancement et allocation dans le périmètre de ses statuts. La qualification, la déclaration et l’acte restent chez les professionnels habilités.
Mémo express
Le dossier immobilier franco-néerlandais
- actes, statuts, pourcentage détenu et régime fiscal de chaque véhicule ;
- valeurs au 1er janvier, méthode, expertises et attestations IFI ;
- prêts, affectation des fonds, capital restant dû, intérêts et garanties ;
- baux, loyers bruts, charges, travaux et jours d’usage personnel ;
- déclarations et avis français, impôt payé et justificatifs sociaux ;
- calcul forfaitaire et rendement réel Box 3, avec réduction étrangère ;
- horizon de conservation, coût de vente, change et projet de retour.
Lire l’immobilier français dans les deux déclarations
Hagnéré Patrimoine cartographie biens, sociétés, SCPI, dettes et objectifs, prépare des scénarios patrimoniaux dans le périmètre de ses statuts, puis coordonne selon le dossier avocat fiscaliste, notaire, expert-comptable, société de gestion et conseil néerlandais effectivement habilités.
Couple, enfants et protection
Eva et Pieter vivent ensemble à Utrecht depuis trois ans. Ils ont signé une convention de vie commune, acheté leur logement à 70/30 et élèvent l’enfant qu’Eva a eu d’une première union. Pieter pense être protégé parce qu’il peut bénéficier du statut fiscal de partenaire. Ce statut ne le rend pas automatiquement héritier.
Le déménagement ne réécrit pas tout seul le régime du couple, les droits sur le logement, la succession, les bénéficiaires de pension ou les pouvoirs en cas d’incapacité. Cinq dossiers se superposent : propriété et dettes, régime matrimonial ou partenariat, loi successorale, fiscalité et contrats. Un document décisif pour l’un peut être presque sans effet sur les autres. La protection du couple suppose donc de vérifier leur cohérence, sans attendre du testament ou de la convention de vie commune qu’il règle tout.
Cinq qualités à ne jamais fondre dans le mot « partenaire »
| Qualité | Question | Ce qu’elle ne garantit pas |
|---|---|---|
| Époux ou partenaire enregistré | Quel statut civil et quel régime de biens organisent le couple ? | Une fiscalité identique dans chaque pays et pour chaque actif. |
| Concubin | Quels contrats, propriétés et obligations ont été organisés ? | Un droit successoral automatique. |
| Partenaire fiscal | Les conditions fiscales néerlandaises sont-elles remplies à la date du décès ? | La qualité d’héritier civil. |
| Bénéficiaire d’assurance ou de pension | La désignation est-elle valable et à jour ? | La cohérence avec le testament, la réserve ou la fiscalité. |
| Cotitulaire ou coemprunteur | Quelle quote-part possède-t-il et quelle dette doit-il réellement ? | Le droit de rester dans le logement après un décès. |
Mariage, partenariat enregistré et concubinage
Le statut civil vient avant le barème. En droit successoral néerlandais présenté par le portail européen, le conjoint et le partenaire enregistré reçoivent un traitement comparable. Le concubin, même fiscalement qualifié, n’hérite pas automatiquement sans testament. La propriété du logement ou un compte commun peut lui donner des droits sur cet actif, mais ne remplace pas la vocation successorale.
Pour les couples mariés ou partenaires enregistrés, le régime patrimonial doit être identifié avec sa date, ses éventuels choix et les contrats signés. Le règlement européen relatif aux régimes matrimoniaux organise certaines situations transfrontalières, mais ne transforme pas une analyse de propriété en calcul fiscal. Un notaire vérifie le texte applicable à la date de l’union, le choix de loi et les actes antérieurs.
Pour un concubin, la convention de vie commune peut organiser les charges, la propriété et une obligation de soutien. Elle peut aussi contribuer aux conditions du partenaire fiscal successoral néerlandais. Elle ne crée pas à elle seule un héritier. Testament, désignation de pension, clause bénéficiaire et droits sur le logement restent à traiter.
Partenaire fiscal successoral ne signifie pas héritier civil
Un concubin peut, sous conditions, être partenaire pour les droits de succession — notamment avec une convention notariée comportant une obligation de soutien mutuel et une durée de vie commune requise, ou après une durée plus longue d’inscription à la même adresse. Cette qualification peut donner accès à un abattement et à un barème. Elle ne lui transmet aucun actif sans titre, testament ou règle civile.
Le logement familial : propriété, dette et droit d’y rester
Le nom inscrit sur l’acte ne raconte pas tout. Notez aussi la quote-part économique, l’emprunteur, la personne qui a financé l’apport et le bénéficiaire de la garantie. Ces rôles ne coïncident pas toujours. Un achat 70/30 avec une dette 50/50 peut créer des créances internes ; travaux financés par un seul partenaire, remboursements inégaux et compte commun doivent être documentés au moment où ils surviennent.
Puis simulez décès, séparation et incapacité. Le survivant reçoit-il la propriété, une faculté de rachat ou seulement une dette ? Peut-il payer le crédit ? L’enfant d’une première union détient-il une créance ? L’assureur verse-t-il au prêteur, au partenaire ou à la succession ? Le testament doit être rapproché de l’acte d’achat et du contrat de prêt.
| Document | Question à poser | Risque s’il est isolé |
|---|---|---|
| Acte d’achat | Qui possède quelle quote-part ? | Il ne dit pas toujours qui a financé ni qui supporte la dette. |
| Contrat de prêt | Qui doit quoi et quelle sûreté porte sur le bien ? | Être coemprunteur ne rend pas copropriétaire. |
| Convention de couple | Comment sont réparties charges, créances et obligations ? | Elle ne crée pas nécessairement un droit successoral. |
| Testament | Qui reçoit le logement ou une créance ? | Il ne modifie pas seul le prêt, le régime matrimonial ou la clause d’assurance. |
| Assurance décès | Qui est bénéficiaire et quelle dette doit être remboursée ? | La clause peut contredire le plan successoral. |
Enfants et familles recomposées : la créance compte autant que l’actif
Dans certaines successions néerlandaises, l’enfant ne reçoit pas immédiatement un morceau de chaque bien. Lorsque le droit néerlandais s’applique et qu’un conjoint ou partenaire enregistré hérite avec les enfants, le survivant reçoit en principe les actifs et dettes, tandis que chaque enfant obtient une créance correspondant à sa part. Il faut ensuite lire dans le testament et le droit applicable quand cette créance devient exigible.
Un enfant déshérité peut invoquer une legitieme portie. Il s’agit d’une créance monétaire égale à la moitié de la part légale que l’enfant aurait reçue sans testament, et non de la moitié de toute la succession. Dans une famille recomposée, l’identité du parent, les enfants du couple, les beaux-enfants et les dettes doivent être cartographiés avant de promettre une égalité économique.
Le portail européen e-Justice consacré aux successions néerlandaises présente ces principes. Leur application à une famille franco-néerlandaise reste un travail notarial : loi choisie, régime du couple, droits des enfants et fiscalité ne se déduisent pas du seul lieu de résidence.
Pension, assurance-vie et clauses bénéficiaires
Le bénéficiaire du testament n’est pas forcément celui de la pension ou de l’assurance-vie. La pension de partenaire dépend du règlement du fonds et de la désignation enregistrée ; l’assurance-vie, de la police et de sa clause ; le testament, de la loi successorale. Reprenez-les sur une même feuille avec le nom, la date de naissance, le pourcentage, le bénéficiaire subsidiaire et les conséquences d’une séparation.
Un capital dit « hors succession » en droit français peut encore être pris en compte par une fiscalité néerlandaise ou par les règles françaises propres aux capitaux décès. Inversement, un partenaire protégé par une pension n’est pas nécessairement propriétaire du logement. Le bon plan équilibre liquidités immédiates, dette, revenus futurs et droits des enfants.
Incapacité : qui paie, vote et arbitre si vous ne pouvez plus le faire ?
Le testament répond à « après le décès » ; l’incapacité répond à « qui agit demain si je ne peux plus ? ». Elle exige des pouvoirs du vivant : comptes, logement, société, soins, déclarations et contrats financiers. Un mandat français antérieur, une procuration bancaire et un levenstestament néerlandais n’ont pas nécessairement la même portée ni la même reconnaissance pratique.
Demandez au notaire de coordonner pouvoirs patrimoniaux et personnels, contrôles, remplaçants et droit applicable. Demandez ensuite à chaque établissement s’il accepte l’acte et quelles formalités seront exigées. Pour une société, ajoutez statuts, délégations, continuité de signature et gouvernance.
Cas fictif — couple franco-néerlandais
Eva protège fiscalement Pieter, mais ne lui a encore rien transmis
Eva et Pieter vivent à la même adresse depuis trois ans et ont signé une convention notariée comportant une obligation de soutien. Le fiscaliste vérifie qu’ils remplissent la durée et toutes les conditions du partenaire successoral. Leur logement est détenu 70/30, le prêt 50/50 et Eva a un enfant d’une première union.
Même si Pieter obtient la qualité fiscale, il n’est pas automatiquement héritier civil. Le notaire teste la loi applicable, prépare le testament, chiffre la créance de l’enfant et organise le logement. Pendant ce temps, le fonds de pension et l’assureur confirment leurs bénéficiaires. Hagnéré Patrimoine consolide valeurs, dettes, liquidités et besoins de revenus ; chaque acte reste établi par le professionnel habilité.
Mémo express
Les huit documents du dossier famille
- actes de mariage, partenariat ou convention de vie commune, avec dates et choix de loi ;
- acte d’achat, historique des apports, dette et remboursements ;
- testament français ou néerlandais et preuve d’enregistrement ;
- clauses bénéficiaires d’assurance, bénéficiaires subsidiaires et dates de primes ;
- règlements de pension et désignations du partenaire ;
- filiation, enfants d’autres unions, nationalités et résidences ;
- mandats, procurations, levenstestament et pouvoirs dans les sociétés ;
- budget du survivant : dette, logement, impôts, revenus et liquidités.
Donation, succession et testament
Une famille peut appliquer la loi française à sa succession, payer des droits aux Pays-Bas et devoir encore déposer une déclaration en France. Cette phrase n’est pas contradictoire. La loi civile répond à la question « qui reçoit quoi ? » ; la fiscalité répond à « quel État taxe quelle personne et quel actif ? ». Les réponses se confrontent ensuite actif par actif. Le testament peut organiser la dévolution ; il ne choisit pas l’impôt.
Dans un dossier franco-néerlandais, commencez par les personnes avant les abattements : résidence habituelle, domiciles fiscaux, nationalités, lien familial, durée de résidence du bénéficiaire et date de départ des Pays-Bas. Ajoutez ensuite chaque actif, sa localisation, son propriétaire et sa valeur. Sans cette carte, un taux successoral 2026 donne une précision trompeuse.
Aucune convention successorale dédiée n’a été identifiée
La liste officielle française arrêtée au 1er janvier 2026 ne signale pas de convention France–Pays-Bas dédiée aux successions ou donations. La convention de 1973 traite le revenu et la fortune. Ses articles ne doivent pas être utilisés comme s’ils répartissaient les droits de succession.
Loi civile : résidence habituelle ou loi d’une nationalité
Pour les décès survenus depuis le 17 août 2015, le règlement européen n° 650/2012 retient en principe la loi de l’État de la résidence habituelle du défunt. Une personne peut choisir, dans une disposition à cause de mort, la loi d’un État dont elle possède la nationalité au jour du choix ou du décès. En cas de plusieurs nationalités, elle peut choisir l’une de ces lois.
La loi désignée gouverne en principe l’ensemble de la succession : héritiers, pouvoirs, acceptation, partage et droits des enfants. Le règlement laisse toutefois de côté les matières fiscales, douanières et administratives. Il ne choisit pas davantage le régime matrimonial, chaque donation, un plan de retraite ou tous les effets d’un trust.
Un choix de loi française peut être pertinent pour un Français aux Pays-Bas, mais il ne doit pas être inséré comme une phrase standard. Le notaire mesure la réserve, les droits du conjoint, les biens des deux pays, les enfants d’une autre union et l’exécution pratique. Le certificat successoral européen facilite certaines preuves ; il ne calcule aucun impôt.
Fiscalité néerlandaise : la résidence, puis les fictions de départ
Les Pays-Bas taxent en principe la succession d’une personne qui y réside au décès. Le départ n’éteint pourtant pas toujours ce lien : une fiction maintient dans le champ néerlandais le ressortissant néerlandais qui décède moins de dix ans après avoir quitté le pays. La nationalité est donc décisive. Un Français ayant vécu aux Pays-Bas ne reste pas soumis dix ans de ce seul fait.
Pour une donation reçue de l’étranger, les règles publiées par la Belastingdienst distinguent le donateur néerlandais parti depuis moins de dix ans et le donateur non néerlandais ayant quitté les Pays-Bas depuis moins d’un an. Un donateur qui n’y a jamais vécu ne crée pas ce rattachement par la seule donation. Un cas particulier existe pour certains agents publics envoyés à l’étranger.
| Situation | Rattachement néerlandais à tester | Erreur à éviter |
|---|---|---|
| Défunt résident des Pays-Bas | Succession mondiale dans le champ interne, sous réserve des règles et allègements. | Regarder seulement le pays où se trouve le compte. |
| Défunt de nationalité néerlandaise parti depuis moins de 10 ans | Fiction de résidence successorale. | Oublier la nationalité ou compter depuis une mauvaise date. |
| Défunt français parti des Pays-Bas | Pas de fiction de dix ans du seul fait de l’ancienne résidence. | Appliquer la règle à tout expatrié. |
| Donateur néerlandais parti depuis moins de 10 ans | Donation susceptible de rester déclarable aux Pays-Bas. | Confondre délai successoral et exonération. |
| Donateur non néerlandais parti depuis moins d’un an | Règle d’un an à vérifier. | Transformer un an en dix ans. |
Fiscalité française : trois portes d’entrée
L’article 750 ter du code général des impôts permet notamment à la France de taxer :
- les biens mondiaux lorsque le défunt ou donateur est domicilié en France ;
- les biens français, directs et dans certaines hypothèses indirects, lorsque le défunt ou donateur est domicilié hors de France ;
- les biens mondiaux reçus par un héritier, donataire, légataire ou bénéficiaire de trust domicilié en France au jour de la transmission et qui l’a été pendant au moins six des dix années précédant celle-ci.
Le dernier test regarde le bénéficiaire, pas le défunt. Reconstituez, pour chaque héritier ou donataire, les dix années civiles de résidence. Un frère vivant aux Pays-Bas et une fille revenue en France depuis sept ans peuvent recevoir le même actif avec des rattachements différents. Il faut leur chronologie individuelle, pas seulement l’adresse de la succession.
Barèmes néerlandais 2026 : chiffrer seulement après le rattachement
Un barème ne sert qu’après avoir prouvé que la transmission entre dans le champ néerlandais et identifié la qualité du bénéficiaire. Les montants suivants sont ceux publiés pour 2026. Relisez-les avec les conditions du partenaire, les pensions imputables, le handicap, les liens familiaux et les exonérations déjà utilisées. L’abattement affiché n’est pas une promesse de base taxable.
| Bénéficiaire | Exonération successorale 2026 publiée |
|---|---|
| Époux, partenaire enregistré ou concubin remplissant les conditions | 828 035 € |
| Enfant, enfant placé ou enfant du conjoint | 26 230 € |
| Petit-enfant | 26 230 € |
| Arrière-petit-enfant | 2 769 € |
| Enfant remplissant les conditions de handicap | 78 671 € |
| Parent | 62 110 € au total dans la situation décrite par l’administration |
| Autre héritier | 2 769 € |
La page des exonérations successorales 2026 doit être lue avec la page des taux de succession. Après exonération, le seuil de tranche est de 158 669 €.
| Lien avec le défunt | Jusqu’à 158 669 € après exonération | Fraction supérieure |
|---|---|---|
| Partenaire ou enfant | 10 % | 20 % |
| Petit-enfant et descendants plus éloignés | 18 % | 36 % |
| Autres bénéficiaires | 30 % | 40 % |
Donation 2026 : annuelle, unique ou entreprise
| Exonération de donation 2026 | Montant publié |
|---|---|
| Annuelle, parent(s) vers enfant | 6 908 € |
| Annuelle, autre donateur | 2 769 € |
| Unique pour un enfant : bénéficiaire ou son partenaire âgé de 18 à 40 ans, jour du 40e anniversaire inclus, libre emploi et sous conditions | 33 129 € |
| Unique, études coûteuses et sous conditions | 69 009 € |
Les taux de donation suivent les mêmes tranches de 10/20 %, 18/36 % et 30/40 % selon le lien. Le tableau officiel des exonérations de donation et les taux 2026 doivent être contrôlés l’année de l’acte. Une donation française peut en parallèle relever de l’article 750 ter.
Double imposition : un tableau par actif et par bénéficiaire
L’article 784 A du CGI prévoit, dans son champ, une imputation des droits acquittés à l’étranger sur l’impôt français afférent aux biens situés hors de France. Il ne garantit pas un crédit sur un bien français ni un remboursement supérieur à l’impôt français correspondant. Le droit néerlandais distingue lui aussi résidence réelle, résidence réputée, immeubles étrangers, entreprise et calcul par bénéficiaire.
Un total successoral ne suffit pas pour calculer l’allègement. Chaque actif et chaque bénéficiaire doivent avoir leur ligne, avec l’État qui taxe, la base, le droit payé et le plafond du crédit. Le Besluit voorkoming dubbele belasting 2001 dans sa version 2026 confirme l’existence de mécanismes néerlandais ; il ne permet pas de promettre un crédit euro pour euro sans calcul.
| Actif fictif | Pourquoi la France peut taxer | Pourquoi les Pays-Bas peuvent taxer | Allègement à tester |
|---|---|---|---|
| Appartement parisien | Bien situé en France. | Défunt résident ou réputé résident des Pays-Bas. | Mécanisme néerlandais relatif au bien étranger, plafonds et preuve du paiement. |
| Portefeuille néerlandais reçu par un enfant résident de France 7 années sur 10 | Résidence française du bénéficiaire et test des 6 années sur 10. | Résidence néerlandaise du défunt. | Article 784 A, mécanisme néerlandais et ordre des calculs. |
| Actions d’une société française | Bien, participation ou domicile selon le droit français. | Résidence ou fiction néerlandaise du défunt/donateur. | Valorisation commune, territorialités et crédits limités. |
| Assurance-vie française | Articles 990 I ou 757 B selon primes, âge et résidences. | Qualification successorale néerlandaise. | Articulation spécifique du contrat, pas seulement succession ordinaire. |
Testament, partenaire et droits des enfants
Aux Pays-Bas, le testament est normalement reçu par acte notarié. Certaines formes manuscrites doivent être remises au notaire. Un testament français antérieur peut rester formellement valable tout en étant devenu inadapté à la résidence, à la famille ou au choix de loi.
Le conjoint et le partenaire enregistré sont traités de façon comparable dans la dévolution légale néerlandaise. Le concubin peut être partenaire fiscal sans être héritier civil. L’enfant déshérité conserve, lorsque le droit néerlandais s’applique, une legitieme portie : créance monétaire égale à la moitié de sa part légale, et non moitié de toute la succession.
Avant de partager, l’héritier doit décider s’il accepte le risque. Il peut accepter purement et simplement, accepter sous bénéfice d’inventaire — beneficiair aanvaarden aux Pays-Bas, à rapprocher sans les confondre de l’acceptation française à concurrence de l’actif net — ou renonce. Accepter avant d’avoir cartographié dettes, garanties, fiscalité et sociétés peut transformer une question de partage en risque patrimonial personnel.
L’article 913 du Code civil français prévoit en outre, sous des conditions strictes, un prélèvement compensatoire sur les biens situés en France lorsque le défunt ou au moins l’un de ses enfants est, au décès, ressortissant d’un État membre de l’Union européenne ou y réside habituellement, et lorsque la loi étrangère applicable ne connaît aucun mécanisme réservataire protecteur des enfants. Ce n’est ni une réserve française universelle ni un rattrapage automatique. La legitieme portie néerlandaise étant elle-même un mécanisme de protection, son interaction avec ce texte exige une analyse notariale du dossier, des résidences et des nationalités.
Le choix de loi, le régime du couple, la clause bénéficiaire, la pension, le logement et la société doivent être relus ensemble. Une clause d’assurance-vie peut déplacer des liquidités hors de la masse civile tout en créant ses propres impôts. Un enfant peut détenir une créance sans recevoir le bien qui la finance.
BOR 2026 : transmettre une entreprise active, pas une holding vide
La bedrijfsopvolgingsregeling, ou BOR, est un régime de continuité d’entreprise, pas une exonération générale de holding. Elle vise la transmission d’une entreprise active. Un portefeuille de placements ou une trésorerie sans fonction opérationnelle ne devient pas éligible parce qu’il se trouve dans une holding. La brochure Belastingdienst BOR 2026 expose les conditions et la formule.
| Condition BOR 2026 | Principe | Preuve |
|---|---|---|
| Activité | Entreprise active et actifs éligibles, pas simple patrimoine de placement. | Comptes, fonctions, personnel, contrats et ventilation des actifs. |
| Détention | Au moins 1 an au décès ou 5 ans à la donation, avec allongements possibles selon l’âge de démarrage. | Registre de titres, acquisition, restructurations et historique. |
| Âge du bénéficiaire | Au moins 21 ans pour une donation ; aucun minimum comparable au décès. | État civil et date de l’acte. |
| Poursuite | Entreprise et détention poursuivies au moins 3 ans dans le champ prévu. | Gouvernance, activité, titres et déclarations d’événements. |
| Valorisation | Plus élevée de la valeur de continuité et de liquidation, avec formule propre. | Rapport de valorisation commun aux deux pays. |
La valeur de continuité bénéficie en 2026 d’une exonération de 100 % jusqu’à 1 543 500 €, puis de 75 % sur la fraction supérieure. Lorsque la valeur de liquidation dépasse la valeur de continuité, la brochure prévoit un traitement spécifique de l’écart. Résumer la BOR à « 100 % puis 75 % » sans cette valeur de liquidation serait incomplet.
Le solde peut, sous conditions, bénéficier d’un report de paiement allant jusqu’à dix ans avec intérêts. Ce report n’allonge pas ni ne remplace la condition de poursuite de trois ans. Pour une SAS ou une holding française, ajoutez forme, activité, actions préférentielles, trésorerie, immobilier, territorialité française et pacte Dutreil. BOR et Dutreil ne se cumulent pas automatiquement.
Cas fictif — transmission franco-néerlandaise
Pieter décède aux Pays-Bas, sa fille vit en France depuis sept ans
Pieter, de nationalité néerlandaise et résident d’Utrecht, laisse un appartement parisien de 600 000 €, un portefeuille néerlandais de 400 000 € et des actions de BV. Sa fille vit en France depuis sept des dix années précédant le décès. Les Pays-Bas examinent donc la succession mondiale en raison de la résidence de Pieter. La France taxe l’appartement français et teste la résidence de la fille pour les autres actifs.
Le notaire détermine d’abord la loi civile, les héritiers et les dettes. Les fiscalistes établissent ensuite une matrice par actif et par bénéficiaire, calculent les droits dans chaque État et testent les allègements internes. Aucun montant net n’est promis à partir du seul barème. Le cas est fictif et omet volontairement régime du couple, dettes et exonérations particulières.
Mémo express
Le dossier transmission avant testament ou donation
- résidences habituelles et fiscales, nationalités et dates de départ des Pays-Bas ;
- résidence de chaque bénéficiaire pendant les dix années utiles ;
- état civil, régime du couple, convention de vie commune et filiation ;
- testament, choix de loi, clauses bénéficiaires et règlements de pension ;
- inventaire, localisation, propriétaire, valeur, dette et liquidité de chaque actif ;
- donations antérieures et exonérations déjà utilisées ;
- entreprise active, titres, durées, âge, valorisation et projet de poursuite ;
- calcul des droits et allègements par actif et par bénéficiaire.
Préparer la transmission avant que les deux droits ne se superposent
Hagnéré Patrimoine organise l’inventaire, les valeurs, les liquidités et les scénarios patrimoniaux dans le périmètre de ses statuts, puis coordonne notaires et avocats fiscalistes externes habilités dans les deux États, experts-comptables, assureurs et établissements concernés.
Quitter les Pays-Bas et revenir
Leïla revient en France après sept ans à Rotterdam. Elle conserve une BV, une lijfrenteet l’appartement néerlandais qu’elle met en location. Elle pense que le retour consiste à changer son adresse et à reprendre une déclaration 2042. En réalité, trois calendriers s’ouvrent : sortie néerlandaise, nouvelle résidence française et suivi des actifs qui restent aux Pays-Bas.
Le meilleur moment pour commencer n’est pas la semaine du déménagement, mais six à douze mois avant. Un dividende de BV, un rachat de rente, une vente immobilière ou une modification de gouvernance peut produire un résultat différent avant et après la bascule. Rien n’oblige à agir avant le retour. Il faut simplement comparer l’opération avant et après, sans écarter le scénario où vous ne faites rien. Impôts, frais, risques et preuves doivent apparaître ; la validation revient au professionnel concerné.
Douze mois avant : refaire le passeport complet
| Bloc | À documenter | Décision à préparer |
|---|---|---|
| Résidence et travail | Logements, famille, jours de travail, mandats et date cible | Date de bascule et paie des périodes avant/après. |
| Portefeuille | Prix de revient historiques, valeurs Box 3, revenus et change | Conserver, transférer ou vendre sans supposer de nouvelle base française. |
| BV et participations | Valeur, cap table, créances, décisions, salaire et distributions | Gouvernance après retour et taxation conservatoire. |
| Pension et lijfrente | Contrat, déductions, droits, options de sortie et créance fiscale | Maintien, transfert ou mise en paiement après avis. |
| Immobilier néerlandais | WOZ, valeur de marché, prêt, bail, loyer et jours d’usage | Vendre, louer ou conserver en mesurant les deux déclarations. |
| Comptes et contrats | IBAN, courtiers, crypto, assurances et accès après départ | Maintien opérationnel et futures déclarations 3916/3916-bis. |
| Famille | Testament, choix de loi, couple, bénéficiaires et mandats | Faire relire les actes pour la résidence française. |
Demandez aux banques, assureurs, fonds de pension et courtiers s’ils servent un résident français et quelles opérations resteront possibles. Exportez les données tant que les accès fonctionnent. Une demande de nouvelle adresse ne justifie pas, à elle seule, le rachat d’une lijfrente ou d’un contrat : impôt, revisierente et taxation conservatoire peuvent dépasser le coût administratif que vous vouliez éviter.
La date de retour doit être réelle et individuelle
Bail français, arrivée du conjoint, école, travail, disponibilité du logement néerlandais et direction de la BV forment la chronologie. Une radiation du BRP ou une adresse française ne suffit pas à déplacer la résidence si la vie reste aux Pays-Bas. Inversement, une formalité tardive n’efface pas un foyer déjà installé en France.
Établissez une chronologie par membre du couple, car les dates peuvent différer. Posez-y logements, famille, travail et présences, puis ventilez salaire, bonus, dividendes, loyers et pensions autour de la date retenue. Cette fiche documente les faits utiles à l’analyse de la résidence ; elle ne choisit pas à elle seule la sécurité sociale, le pays du salaire ou la résidence de la société.
Sortie néerlandaise : déclaration de migration et imposition protectrice
Une personne qui ne réside aux Pays-Bas qu’une partie de l’année suit le parcours de migration couramment appelé déclaration M. La page Belastingdienst relative à la déclaration M doit être relue pour le millésime du départ : le support peut être en ligne et le calendrier évolue. La commune organise de son côté la radiation ou la mise à jour du BRP.
Après la déclaration de l’année d’émigration, la Belastingdienst peut établir une conserverende aanslag, c’est-à-dire une imposition protectrice placée en sursis. Elle peut viser notamment des droits de pension, des rentes ou une participation substantielle. Ce n’est pas nécessairement une facture à payer le jour du départ.
La fiche officielle sur la conserverende aanslag distingue les durées. Pour plusieurs pensions ou rentes, la période de suivi est en principe de dix ans. Pour une participation substantielle et une émigration postérieure au 15 septembre 2015 à 15 h 15, le sursis peut subsister sans terme fixe. La règle des dix ans ne doit donc jamais être généralisée à Box 2.
Sursis automatique vers la France ne signifie pas abandon de la créance
Pour un départ vers la France, État membre de l’Union européenne, le sursis est en principe automatique. Distribution, cession, rachat, nantissement, transfert ou certains événements affectant la société ou la rente peuvent provoquer un recouvrement total ou partiel. En l’absence d’événement, le sursis peut continuer. Conservez la décision et signalez les événements demandés.
L’année du retour se déclare par périodes, l’année suivante
La procédure DGFiP du retour en France sépare les revenus de la même année :
- la 2042-NR recense en principe les seuls revenus de source française imposables perçus avant la date du retour ;
- la 2042 et la 2047 couvrent la période de résidence française et les revenus mondiaux correspondants à compter du retour ;
- aucune 2042-NR n’est nécessaire s’il n’existe aucun revenu français imposable avant le retour dans son champ ;
- ces déclarations sont déposées pendant la campagne de l’année suivante, avec les formulaires du millésime.
« 2042-NR avant, 2042 après » décrit des périodes de revenus, pas deux déclarations déposées de part et d’autre du déménagement. Affectez chaque revenu à la période située avant ou après le retour ; l’ensemble sera déposé pendant la campagne suivante. Une personne revenue le 1er septembre 2026 déclare ainsi la séquence pendant la campagne 2027, sous réserve des formulaires alors publiés.
La déclaration française de l’année mixte
1er janvier → date du retour Revenus français imposables : 2042-NR si nécessaire Date du retour → 31 décembre Revenus mondiaux : 2042 + annexes, dont 2047 Campagne de l’année suivante Formulaires et justificatifs du millésime
La date portée dans la déclaration doit rester cohérente avec les faits, les déclarations néerlandaises et les informations données aux établissements.
Comptes, contrats et crypto : réouvrir le dossier 3916
À compter de la résidence française, examinez la déclaration 3916/3916-bis pour les comptes bancaires, comptes d’investissement, certains comptes d’actifs numériques auprès d’entités étrangères, assurances-vie et contrats de capitalisation souscrits hors de France. Le formulaire et ses rubriques doivent être vérifiés l’année effective du retour.
Pour les actifs numériques, ne confondez pas l’outil et l’intermédiaire. Un wallet non custodial n’est pas automatiquement un compte ouvert auprès d’une entité étrangère ; un compte sur une plateforme étrangère peut, lui, entrer dans le champ. Distinguez wallet, prestataire, titulaire, pays, identifiant et solde. CRS ou les échanges européens ne remplacent pas la déclaration personnelle.
Prévenez chaque établissement de la résidence française et conservez sa réponse. La possibilité de garder un compte ou un contrat ne garantit pas que toutes les opérations, souscriptions ou recommandations resteront disponibles. Les habilitations et règles de distribution transfrontalière s’appliquent au service demandé.
Pas de step-up français général après Box 3
Avoir payé chaque année un impôt néerlandais sur un rendement Box 3 ne revalorise pas automatiquement le prix de revient français à la valeur de marché du jour du retour. Reprenez chaque actif : titres, crypto, option, RSU, immeuble, contrat, pension et participation ayant fait l’objet d’une imposition protectrice.
Gardez séparément la valeur utile aux déclarations néerlandaises et le prix de revient historique utile à la France. Il n’existe pas de revalorisation générale et automatique du seul fait de Box 3, même si un actif particulier peut suivre une règle française propre. Archivez prix, dates, changes, apports, donations et opérations au lieu de substituer la valeur au retour.
IFI temporaire : cinq années civiles sans aucune résidence française
Ici, compter cinq anniversaires donne parfois la mauvaise réponse. Le régime temporaire du nouvel arrivant exige de n’avoir été fiscalement domicilié en France pendant aucune des cinq années civiles précédant celle du retour, au sens du droit interne ou de la convention. Une présence comme résident pendant une partie de l’une de ces années peut faire échouer le test.
Lorsque les conditions sont réunies, le champ IFI est temporairement limité à l’immobilier français direct et indirect jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de l’installation. Le régime vaut indépendamment de la nationalité et du motif du retour. Le BOFiP relatif aux nouveaux résidents et à l’IFI expose ce test.
| Retour en 2026 | Test | Conséquence générale |
|---|---|---|
| Départ de France au plus tard le 31 décembre 2020, aucune résidence française en 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025 | Les cinq années civiles antérieures sont entièrement sans domicile fiscal français. | Régime temporaire potentiellement accessible, sous réserve des autres conditions. |
| Départ de France le 1er juillet 2021, retour en 2026 | La personne a été domiciliée en France pendant une partie de 2021. | Le simple décompte de cinq dates anniversaires ne suffit pas ; le test exact n’est pas rempli. |
| Installation en France en 2026 avec régime applicable | Champ limité temporairement. | Immobilier français jusqu’au 31 décembre 2031, puis réexamen du patrimoine immobilier mondial. |
Appartement néerlandais conservé : deux pays, un actif
Loué à Rotterdam, le logement reste un immeuble de source néerlandaise après le retour de son propriétaire. Les Pays-Bas conservent leur droit d’imposer selon leur droit et la convention. La France, nouvel État de résidence, demande la déclaration mondiale et applique la méthode conventionnelle. Le dossier doit rapprocher impôt local, loyer brut, charges, dette et change.
Si le régime IFI temporaire s’applique, l’immobilier néerlandais reste hors du champ français pendant la période prévue, sans disparaître des autres déclarations. Lorsque le régime prend fin, le patrimoine immobilier mondial doit être réexaminé. La location peut aussi changer la fiscalité néerlandaise du logement par rapport à l’ancienne résidence principale.
BV dirigée depuis la France : l’adresse statutaire ne suffit plus
La BV reste néerlandaise sur le registre, mais son fonctionnement peut changer lorsque Leïla devient résidente française. Son salaire, ses dividendes, la résidence de la société, l’établissement stable, la TVA, la sécurité sociale et la taxation conservatoire Box 2 demandent des analyses séparées. Une adresse à Rotterdam ne prouve pas que les décisions y restent prises si direction, contrats et fonctions se déplacent en France.
Établissez où se tiennent les réunions, qui décide, où travaillent les personnes, quels moyens existent et où sont exécutés les contrats. Experts-comptables et avocats des deux États valident gouvernance, paie, retenues, convention et obligations. Une distribution avant le retour ne doit pas être décidée sur le seul écart de taux.
Protection sociale et santé : éviter le jour sans couverture
La date fiscale n’ouvre pas automatiquement les droits sociaux. Fin d’emploi, maintien d’une activité néerlandaise, détachement, chômage, retraite ou travail dans plusieurs États déterminent la législation compétente. Faites confirmer par écrit la fin de l’assurance néerlandaise et l’ouverture des droits français, sans supposer qu’une période intermédiaire sera couverte.
Conservez A1, S1, attestations de fin ou de maintien, formulaires de chômage et relevés de carrière. Employeur, organismes et spécialiste social doivent traiter le cas avant la première paie française ou la poursuite d’un télétravail transfrontalier.
Cas fictif — retour après sept ans
Leïla revient avec une BV, une lijfrente et un logement loué à Rotterdam
Douze mois avant le retour, Leïla archive prix de revient, valeurs Box 3, contrat de lijfrente, décisions de BV, WOZ, dette et bail. Le fiscaliste néerlandais s’en sert pour modéliser la déclaration M et la conserverende aanslag. L’avocat français vérifie de son côté la date de résidence, les revenus de l’année mixte, le prix de revient futur et l’IFI.
Leïla ne distribue pas le résultat de la BV et ne rachète pas la rente par réflexe. Elle compare les scénarios avant et après retour. À la campagne suivante, elle déclare ses revenus français antérieurs au retour sur 2042-NR s’il y en a, puis ses revenus mondiaux postérieurs sur 2042 et 2047. Elle examine 3916/3916-bis pour chaque compte et contrat.
Ayant été non-résidente pendant chacune des cinq années civiles précédentes, elle peut tester le régime IFI temporaire ; le résultat dépend des dates exactes. Hagnéré Patrimoine coordonne l’inventaire, l’allocation et le calendrier dans le périmètre de ses statuts. Les avis, déclarations, comptes et actes restent établis par les professionnels habilités.
Mémo express
La check-list des quatre-vingt-dix jours autour du retour
- arrêter la date de retour avec logements, famille, emploi et présence ;
- radier ou mettre à jour le BRP et préparer la déclaration M ;
- avant le départ, faire simuler et documenter les droits et les événements de recouvrement d’une éventuelle conserverende aanslag ;
- après le dépôt de la déclaration M, obtenir puis archiver la décision définitive et organiser son suivi ;
- prévenir banques, assureurs, fonds, courtiers et sociétés ;
- ventiler salaires, bonus, dividendes, loyers et pensions par période ;
- organiser sécurité sociale, santé, paie et éventuels A1/S1 ;
- inventorier comptes et contrats pour 3916/3916-bis ;
- conserver tous les prix de revient historiques et taux de change ;
- tester l’IFI avec les cinq années civiles exactes ;
- revoir testament, couple, bénéficiaires et pouvoirs ;
- décider du logement néerlandais et de la direction effective de la BV ;
- planifier les déclarations françaises et néerlandaises de l’année suivante.
Les seuils et formulaires devront être relus l’année réelle du retour
Ce chapitre décrit les règles connues au 24 juillet 2026. Déclaration M, 2042-NR, 2042, 2047, 3916/3916-bis, paramètres IFI et procédures des établissements évoluent. Le plan doit donc contenir une date de recontrôle, pas seulement une liste de formulaires.
Construire le retour comme une opération patrimoniale complète
Hagnéré Patrimoine reprend chronologie, actifs, contrats, société, immobilier et objectifs, prépare les scénarios et l’allocation dans le périmètre de ses statuts, puis coordonne avocats fiscalistes, notaires, experts-comptables, spécialistes sociaux et établissements externes effectivement habilités.
Sept familles, sept calendriers
Ne cherchez pas votre double exact parmi ces sept profils. Cherchez plutôt l’événement qui vous ressemble : prise de poste, télétravail, activité indépendante, cession, transmission ou retour. Les règles prennent alors leur sens dans un ordre concret. Une expatriation peut être fiscalement défendable et socialement mal préparée ; un produit peut être conservable en France et mal qualifié aux Pays-Bas ; une holding peut fonctionner sur un organigramme tout en échouant sur la direction réelle.
Ces sept situations sont entièrement fictives. Prénoms, montants, dates et projets ont été inventés. Aucun cas ne décrit un client, ne promet une économie et ne constitue une recommandation à recopier. Dans un vrai dossier, la conclusion peut être d’attendre une pièce, de conserver l’existant ou de renoncer à une opération dont les coûts et les risques dépassent l’intérêt.
| Profil fictif | Décision à prendre | Preuve qui change le dossier |
|---|---|---|
| 1. Claire, salariée recrutée à Amsterdam | Négocier l’expatregeling sans oublier le patrimoine mondial et les actions. | Contrat, paie taxable, adresses des 24 mois, décision et période d’acquisition des RSU. |
| 2. Nora et Julien, famille salariée / ZZP | Organiser santé, revenu, protection et vraie indépendance. | Affiliation de chaque membre, contrat client réel, assurances et budget après temps non facturé. |
| 3. Thomas, télétravailleur franco-néerlandais | Réconcilier article 15, paie et loi sociale autour de 25 %. | Calendrier quotidien projeté puis réel, employeur matériel et A1. |
| 4. Marc, fondateur à 12 % | Préparer cession, Box 2, exit tax et direction de la SAS avant d’interposer une BV. | Cap table, prix de revient, valorisation, pouvoirs et lieu des décisions. |
| 5. Sophie, investisseuse immobilière et financière | Mesurer Box 3, immobilier français, IFI et dettes actif par actif. | Valeurs, loyers, usage, financement, statuts SCI/SCPI et preuve d’affiliation sociale. |
| 6. Eva et Pieter, couple non marié | Protéger le survivant et l’enfant sans confondre partenaire fiscal et héritier. | Titres de propriété, convention de couple, nationalités, testament et clauses bénéficiaires. |
| 7. Leïla, retour en France avant la retraite | Ordonner BV, lijfrente, AOW, logement néerlandais et IFI du nouvel arrivant. | Décision conservatoire, prix historiques, relevés de pension et cinq années civiles de non-résidence. |
Comment utiliser un cas sans recopier sa conclusion
- repérez la décision qui ressemble à la vôtre, pas seulement le métier ou le montant ;
- reprenez la colonne « preuve » et marquez ce que vous avez déjà, ce qui manque et ce qui reste incertain ;
- arrêtez toute action irréversible tant que la qualification décisive et son responsable ne sont pas identifiés.
Profil 1 — Le package de Claire ne résume pas son expatriation
Cas fictif · salariée, expatregeling et RSU
Claire, 34 ans, accepte un poste à Amsterdam avec un PEA et 1 M€ de placements
Claire reçoit une offre annuelle de 120 000 €, indemnité d’expatriation incluse. Elle détient un PEA, une assurance-vie française, un compte-titres et des RSU attribuées deux ans plus tôt par son groupe. Le recruteur lui promet le « 30 % » pendant cinq ans. Avant de signer, Claire demande quelque chose de plus utile qu’une estimation de net : un avenant qui dit si l’indemnité s’ajoute au salaire ou en remplace une fraction, et ce qui arrive si la décision est refusée ou perdue.
À J-120, elle reconstruit ses adresses des vingt-quatre mois précédents. La condition de distance regarde la frontière néerlandaise, pas Amsterdam. Elle vérifie aussi les séjours et missions antérieurs aux Pays-Bas. À J-60, la paie contrôle que le salaire taxable restant dépassera strictement le seuil 2026 et que le package respecte le plafond annuel. La demande commune est préparée pour être déposée dans les quatre mois du premier jour de travail.
En parallèle, Claire crée un passeport pour chaque actif. Le régime des expatriés n’efface plus Box 2 et Box 3 pour un nouveau bénéficiaire. Le PEA n’emporte aucune exonération néerlandaise par son seul nom ; l’assurance-vie demande une valeur économique et une qualification de contrat ; le compte-titres doit être ventilé entre dépôts, autres actifs et éventuelles participations substantielles.
Ses RSU ouvrent un quatrième dossier. Le fiscaliste et la paie reconstituent attribution, période de performance, jours de travail, acquisition, livraison puis vente. Ils ne taxent pas tout au pays du vestingpar réflexe. Le calendrier des fonctions françaises et néerlandaises décide de l’allocation salariale ; la hausse de valeur postérieure peut relever d’une autre catégorie.
Claire sépare donc le gain de paie attendu du traitement de son patrimoine mondial. Hagnéré Patrimoine peut consolider package, actifs, liquidités, risque et horizon de retour, puis comparer plusieurs allocations. L’employeur et le conseil paie appliquent l’expatregeling ; l’avocat fiscaliste qualifie les revenus transfrontaliers ; les banques et assureurs confirment l’acceptation opérationnelle des contrats. Avant le premier arbitrage, Claire demande ces réponses par écrit.
Profil 2 — Nora et Julien doivent chiffrer la protection perdue
Cas fictif · famille, emploi local et ZZP
Nora est salariée à Utrecht ; Julien facture presque exclusivement son ancien employeur
Nora, Julien et leurs deux enfants s’installent à Utrecht. Nora signe un contrat local. Julien crée une eenmanszaak pour poursuivre sa mission française en indépendant. Sa facture affiche un tarif supérieur à son ancien salaire horaire, mais il garde le même manager, les mêmes horaires et le matériel du client. L’inscription KVK n’a pas transformé la relation.
Pendant les trente premiers jours, la famille traite les droits aux soins personne par personne. Nora relève en principe du régime néerlandais et souscrit l’assurance de base dans le délai applicable. L’activité propre de Julien doit être qualifiée avant de conclure sur son affiliation. Les droits des enfants, la franchise, le dentaire et la couverture hors réseau sont inscrits au budget plutôt que laissés dans une rubrique « mutuelle à voir ».
Julien soumet son contrat et surtout sa pratique à l’analyse Wet DBA. Aucun critère unique ne décide : autonomie, instructions, risque commercial, remplacement réel, clientèle, investissements et présentation sur le marché se lisent ensemble. Les arrêts Deliveroo et Uber montrent qu’aucun critère ne décide seul : deux personnes exerçant un travail proche peuvent recevoir une qualification différente selon leur entrepreneuriat propre.
Le couple compare ensuite revenu disponible et protection. Julien réserve une trésorerie pour impôt et TVA, chiffre les jours non facturés, l’incapacité de travail, la responsabilité, la retraite et l’absence de chômage WW attaché à son activité indépendante. Le projet d’assurance invalidité obligatoire n’est pas traité comme une couverture déjà en vigueur.
Le couple compare le revenu disponible avec la protection réellement conservée, pas une facture avec un ancien salaire brut. L’audit patrimonial rapproche le risque professionnel du patrimoine familial et de la protection du conjoint. L’avocat en droit du travail et le fiscaliste néerlandais qualifient la relation ; l’expert-comptable traite comptes et déclarations ; l’assureur décrit les exclusions. Julien doit surtout documenter ce qui, dans son activité quotidienne, est réellement indépendant. Changer le seul titre du contrat ne suffit pas.
Profil 3 — Thomas a besoin de deux calculs à partir des mêmes jours
Cas fictif · télétravail, article 15 et A1
Thomas vit aux Pays-Bas, travaille pour Lille et oscille autour de 25 %
Thomas réside à Rotterdam et reste salarié d’une entreprise française. Son contrat prévoit un jour de télétravail sur cinq, mais les réunions et fermetures de bureau font passer certaines périodes à deux jours. L’entreprise retient « moins de 183 jours » et conclut trop vite à une paie française intégrale. Thomas, lui, croit qu’un A1 répondra aussi à son impôt.
Fiscalement, les Pays-Bas partent de la résidence de Thomas. Les jours travaillés physiquement à Lille donnent toutefois à la France un droit d’imposer potentiel. Avant tout prorata, il faut tester les trois conditions cumulatives de l’article 15 § 2 : présence n’excédant pas 183 jours pendant l’année fiscale concernée, employeur non résident de l’État de travail et charge non supportée par un établissement stable ou une base fixe. Ici, l’employeur est français : la deuxième condition ne paraît donc pas remplie. La paie fait confirmer l’allocation et le mécanisme d’allègement néerlandais, au lieu de conclure à une imposition française intégrale.
Socialement, Thomas projette le temps ou la rémunération sur les douze mois civils à venir. À 25 % ou davantage dans son État de résidence, le droit commun l’oriente en principe vers les Pays-Bas. Entre 25 % inclus et strictement moins de 50 %, l’accord cadre peut maintenir le régime de l’État de l’employeur sur demande, si les autres conditions et exclusions sont remplies. L’arrêt Hakamp empêche de compenser un résultat inférieur à 25 % par des indices qualitatifs.
Thomas tient donc un calendrier prévisionnel puis un calendrier réel. Il distingue présence pour les 183 jours, travail pour l’allocation du salaire et projection sociale. Chaque trimestre, la paie rapproche ces données des retenues. L’institution compétente délivre le A1 ; le document atteste la loi sociale mais ne crée ni résidence fiscale ni exonération de salaire.
Les mêmes jours alimentent deux calculs, mais la conclusion fiscale ne passe pas dans la colonne sociale. Hagnéré Patrimoine peut intégrer l’effet du revenu disponible, des pensions et de la couverture santé dans le bilan. Le conseil paie, le fiscaliste international et le spécialiste social valident chacun leur colonne. Thomas arrête alors un rythme réaliste sur douze mois et le fait tester avant que la pratique ne franchisse le seuil.
Profil 4 — Marc doit traiter la cession avant la holding
Cas fictif · fondateur, Box 2 et direction effective
Marc détient 12 % d’une SAS française et veut créer une BV avant la vente
Marc vit à Amsterdam, détient 12 % d’une SAS française et négocie une cession dans dix-huit mois. Il reçoit un salaire, des dividendes et pourrait percevoir un complément de prix. Un interlocuteur lui conseille d’interposer une BV parce que le régime de participation néerlandais « exonère les plus-values ». Cette phrase saute précisément les étapes qui font le dossier.
À M-18, Marc réunit cap table, catégories de titres, options, prix de revient, historique de résidence et valorisation. Sa participation dépasse le seuil interne de 5 % de Box 2, mais ce seuil n’est pas automatiquement celui de la participation substantielle conventionnelle. L’exit tax française, la clause conventionnelle, Box 2 et l’éventuel apport à la BV doivent être modélisés ensemble.
Il documente aussi la société française. Marc signe des contrats et conduit les réunions stratégiques depuis Amsterdam, sans directeur autonome en France. Une adresse statutaire française ne neutralise ni un risque de direction effective ni un établissement stable néerlandais. Mandat, fonctions salariées, management fee et dividende sont séparés avant d’étudier la rémunération.
La BV n’est comparée à aucune structure sur le seul taux d’IS. Le scénario reprend salaire usuel, statut social du DGA, IS, Box 2, retenues, comptabilité, gouvernance, substance et disponibilité privée de la trésorerie. La holding doit encore démontrer bénéficiaire effectif, motif commercial et décisions réelles. Une distribution française à compter du 1er septembre 2026 exige une nouvelle lecture de l’article 119 ter.
Marc chiffre d’abord la cession et ses obligations existantes. Il choisira ensuite l’outil susceptible de recevoir les titres ou la liquidité. Hagnéré Patrimoine peut coordonner les scénarios patrimoniaux et l’allocation de la future liquidité. L’avocat fiscaliste franco-néerlandais traite convention, exit tax et anti-abus ; les experts-comptables organisent valorisation, comptes, paie et prix de transfert ; le notaire ou l’avocat sociétaire dresse les actes réservés. La chronologie des négociations doit être gelée avant tout apport irréversible.
Profil 5 — Sophie ne peut pas compenser Box 3 et IFI à l’aveugle
Cas fictif · immobilier, SCI, SCPI, crypto et IFI
Sophie loue sa maison lyonnaise et achète un appartement à Amsterdam
Sophie conserve une maison louée en France, achète sa résidence principale à Amsterdam et détient des parts de SCI, des SCPI européennes, un compte-titres et des crypto-actifs. Elle finance une partie du portefeuille par dette. Son tableau personnel additionne toutes les dettes et soustrait « Box 3 payée » de l’IFI : deux raccourcis qui ne résistent pas à la qualification des actifs.
Au 1er janvier, elle classe dépôts, autres actifs, dettes et biens immobiliers. Elle compare ensuite le calcul forfaitaire Box 3 au rendement réel global, en intégrant revenus et variations de valeur selon la méthode applicable. Les taux 2026 des dépôts et dettes restent provisoires ; le rendement réel ne reprend pas automatiquement la franchise et une perte n’est pas reportée selon la page administrative actuelle.
La maison lyonnaise reste imposable en France pour ses loyers et sa future plus-value. Elle entre aussi dans la déclaration mondiale néerlandaise, avec le mécanisme d’allègement à calculer. La résidence néerlandaise de Sophie ne suffit pas à supprimer CSG et CRDS : elle doit relever d’une législation coordonnée en assurance maladie et ne pas être à la charge d’un régime obligatoire français. Le prélèvement de solidarité de 7,5 % demeure lorsque ces conditions sont remplies.
Depuis 2025, SCI et SCPI sont présumées comparables à certaines formes néerlandaises. Cette comparaison de forme ne décide ni de la Box, ni de l’article conventionnel, ni de l’IFI. Sophie fournit donc statuts, option à l’IS, actifs sous-jacents, dettes, distributions et ventilation par pays. Les crypto-actifs reçoivent, eux aussi, une méthode de valorisation et un historique de revenus.
Avant toute compensation globale, Sophie arrête un inventaire actif par actif. Le bilan mesure liquidité, concentration, risque de change, fiscalité et besoin de financement. Le fiscaliste français traite loyers, plus-value, prélèvements sociaux et IFI ; le fiscaliste néerlandais qualifie Box 3 et l’allègement ; les sociétés de gestion et établissements décrivent les supports. Chaque dette est ensuite rattachée juridiquement à son actif, au lieu d’être déduite dans le pays le plus favorable.
Profil 6 — Eva et Pieter doivent protéger trois qualités différentes
Cas fictif · couple non marié et transmission
Eva et Pieter vivent ensemble, mais l’enfant d’Eva n’est pas celui de Pieter
Eva, française, et Pieter, néerlandais, vivent à La Haye sans être mariés. Ils possèdent leur logement à 70/30 et Eva a un enfant d’une première union. Le couple remplit peut-être les conditions d’un partenariat fiscal pour l’impôt successoral. Il en déduit que Pieter héritera automatiquement et que l’enfant ne pourra demander qu’une petite part. Cette déduction confond fiscalité, héritier civil et réserve.
Le notaire commence par la propriété du logement, la convention de couple, les dettes et la qualité civile de chacun. Un partenaire fiscal n’est pas nécessairement héritier légal. La legitieme portiede l’enfant est une créance monétaire égale à la moitié de sa part légale ; ce n’est ni la moitié de toute la succession ni une copropriété automatique de chaque actif.
Le règlement européen 650/2012 conduit en principe à la loi de la résidence habituelle au décès et permet de choisir la loi d’un État de nationalité par disposition à cause de mort. Ce choix ne décide pas de l’impôt. Aucune convention franco-néerlandaise dédiée aux successions et donations n’apparaît dans la liste officielle 2026. Les territorialités internes et les allègements doivent donc être calculés séparément.
La nationalité néerlandaise de Pieter compte aussi s’il quitte les Pays-Bas : la fiction successorale de dix ans ne vise pas tout expatrié français, mais le ressortissant néerlandais concerné. Le testament, les clauses bénéficiaires, l’assurance décès, la pension de partenaire et les liquidités sont rapprochés sans les présenter comme interchangeables.
Eva et Pieter commencent par le résultat humain recherché, avant de sélectionner testament, assurance ou pension. Hagnéré Patrimoine peut quantifier le besoin du survivant, inventorier les contrats et coordonner le calendrier. Le notaire rédige le testament et les conventions ; les avocats fiscalistes modélisent les deux territorialités et les crédits possibles ; les assureurs valident les clauses. Le couple écrit qui doit recevoir quoi, à quel moment et sous quelle forme. L’outil vient après.
Profil 7 — Le retour de Leïla se prépare douze mois avant
Cas fictif · retour, BV, pensions et immobilier
Leïla, 62 ans, revient en France avec une BV, une lijfrente et un logement loué
Leïla a vécu sept ans aux Pays-Bas. Elle détient sa BV, une lijfrente, des droits AOW et une pension professionnelle. Elle conserve un appartement loué à Rotterdam et prévoit de s’installer à Bordeaux en octobre. Son premier projet est de distribuer la trésorerie de la BV et de racheter la lijfrente juste avant le retour. Le bon calendrier commence avant de choisir ces dates.
À M-12, elle archive les prix historiques, valeurs Box 2 et Box 3, décisions fiscales, relevés AOW, UPO, comptes et contrats. Elle fait simuler les droits susceptibles d’entrer dans la taxation conservatoire et documente les événements qui pourraient permettre leur recouvrement. La décision définitive ne sera émise qu’après le dépôt de la déclaration néerlandaise de l’année d’émigration : elle devra alors être obtenue, archivée et suivie. Pour les départs postérieurs au 15 septembre 2015 à 15 h 15, la créance Box 2 peut subsister sans terme fixe ; la règle générale de dix ans ne doit pas lui être appliquée.
À M-6, Leïla fait qualifier la lijfrente, sa déduction historique, le coût d’un rachat et l’éventuelle revisierente. Elle rapproche les années réellement assurées à l’AOW des périodes françaises et choisit un calendrier de liquidation avec les caisses. Une année vécue aux Pays-Bas n’est pas nécessairement une année d’AOW si un A1 étranger s’appliquait.
L’année du retour, elle sépare les périodes déclaratives françaises et néerlandaises, déclare les revenus mondiaux à partir de sa résidence française et examine les comptes, contrats et actifs numériques étrangers au regard de la 3916/3916-bis. Aucun step-up général ne remet les prix de revient à la valeur de marché. Le régime IFI temporaire exige qu’elle n’ait été domiciliée fiscalement en France pendant aucune des cinq années civiles précédant celle du retour.
Le calendrier du retour passe avant celui du dividende ou du rachat. Hagnéré Patrimoine peut rapprocher revenus de retraite, besoins, allocation, immobilier et transmission. Les fiscalistes franco-néerlandais traitent résidence, créance conservatoire, dividende et déclarations ; les caisses valident les pensions et la santé ; les experts-comptables suivent la BV. Leïla demande les décisions et relevés manquants avant de déclencher le rachat le plus visible.
Règle commune
La fiche de décision de chacun des sept profils
- l’événement, sa date envisagée et l’option de ne rien faire immédiatement ;
- la chronologie des résidences, emplois, jours, acquisitions et opérations ;
- les quatre droits séparés : fiscal, social, civil et administratif ;
- un passeport par actif ou flux avec propriétaire, valeur, dette, prix de revient et preuve ;
- les faits établis, les hypothèses et les points encore inconnus ;
- le scénario net de frais, de risques, de délais et d’un éventuel retour ;
- le professionnel responsable de chaque qualification et de chaque acte ;
- la prochaine action, son échéance et le document attendu.
La ressemblance avec un cas ne vaut pas identité de dossier
Deux salariés avec le même salaire peuvent différer par leur historique d’adresses, leurs actions ou leur partenaire. Deux couples avec le même patrimoine peuvent relever de lois civiles et de territorialités fiscales différentes. Utilisez les cas pour trouver l’ordre des vérifications, jamais pour reprendre leur conclusion.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. Les sept parcours mobilisent la convention franco-néerlandaise consolidée, les pages du Belastingdienst consacrées au calcul Box 3 en 2026 et à l’ expatregeling, ainsi que le règlement européen sur les successions. Leur application dépend toujours des pièces du profil réel.
Douze erreurs et trois check-lists
Commencez par l’erreur qui ressemble à votre raisonnement actuel, puis allez directement à la check-list de votre événement. Les erreurs les plus coûteuses ne viennent pas toujours d’un mauvais taux. Elles viennent souvent d’une règle vraie appliquée à la mauvaise question : les 183 jours utilisés pour la résidence, un A1 utilisé pour l’impôt, 5 % de Box 2 utilisés pour le statut social du DGA, ou une loi successorale utilisée pour promettre une économie de droits.
Une check-list n’est pas un diagnostic automatique. Elle sert à repérer ce qui manque, attribuer une responsabilité et arrêter une opération lorsque la donnée centrale n’est pas établie. Cocher « résidence » sans avoir reconstitué les logements et le foyer ne sécurise rien. Pour chaque ligne, notez donc trois choses : fait établi, preuve attendue et personne responsable.
Douze erreurs qui changent réellement le résultat
| Erreur | Pourquoi elle échoue | Réflexe vérifiable |
|---|---|---|
| 1. « Mon BSN, mon BRP ou 183 jours fixent ma résidence fiscale. » | BSN et BRP sont des formalités ou indices. Le seuil de l’article 15 répond à une question salariale étroite. | Établir logement disponible, foyer, activité, séjours et intérêts ; tester les deux droits internes puis l’article 4. |
| 2. « La convention garantit une seule déclaration et un seul prélèvement. » | Elle répartit les droits d’imposer et organise un allègement ; elle ne supprime pas les obligations déclaratives ni les retenues initiales. | Créer une ligne par revenu avec article, État de source, déclarations, retenue, allègement et justificatif. |
| 3. « Box 3 prélève 36 % de mon patrimoine. » | Le taux de 36 % s’applique au revenu Box 3 calculé, pas à la valeur brute des actifs. | Classer actifs et dettes, appliquer la franchise et la méthode 2026, puis montrer chaque étape du calcul. |
| 4. « Mon rendement réel sera toujours plus favorable que le forfait. » | Le réel agrège revenus et variations de valeur, y compris non réalisées, sans franchise équivalente ; un résultat négatif est ramené à zéro et non reporté selon la page actuelle. | Calculer intégralement les deux méthodes avec les mêmes actifs, périodes, dettes et valeurs, puis retenir la plus faible si les conditions le permettent. |
| 5. « L’expatregeling est automatique, dure cinq ans et efface Box 2/3. » | Elle exige une demande commune, des conditions annuelles et un contrat ; les nouveaux bénéficiaires n’ont plus l’option d’imposition étrangère partielle. | Archiver adresses, salaire taxable, demande et paies ; auditer séparément le patrimoine mondial et la transition individuelle. |
| 6. « Le A1 décide aussi de l’impôt ; sans A1, les cotisations néerlandaises sont forcément dues. » | Le A1 atteste la loi sociale. Son absence fragilise la preuve mais ne désigne pas seule l’État compétent ; il ne règle jamais l’article 15. | Faire déterminer la législation sociale, demander le A1, puis ouvrir un dossier fiscal distinct avec jours et employeur matériel. |
| 7. « 25 % et moins de 50 % sont des franchises fiscales de télétravail. » | 25 % appartient au droit social ordinaire ; le seuil strictement inférieur à 50 % appartient à une dérogation sociale sur demande. | Tenir une projection sociale sur douze mois et un calendrier fiscal de travail ; ne copier aucun seuil d’une colonne à l’autre. |
| 8. « PEA, assurance-vie et PER gardent aux Pays-Bas leur avantage français. » | Le nom de l’enveloppe ne commande pas la qualification néerlandaise. Police, droits économiques, actifs et modalités de sortie comptent. | Réunir contrats, compartiments, titres, primes, prix de revient et valeurs ; obtenir une qualification actif par actif avant rachat ou transfert. |
| 9. « KVK, un modèle approuvé ou un tarif supérieur à 38 € prouvent mon indépendance. » | La pratique réelle décide sous Wet DBA ; le seuil de 38 € reste une proposition et les modèles ne valent que si les faits correspondent. | Documenter autorité, organisation, risque, remplacement, clientèle et investissements ; faire relire contrat et pratique ensemble. |
| 10. « À 5 %, je suis DGA dans tous les droits et ma holding reçoit toujours les dividendes à 0 %. » | 5 % est un seuil fiscal Box 2. Le statut social dépend notamment des votes et de la révocation ; la retenue dépend des deux États, du bénéficiaire effectif, de la substance et de l’anti-abus. | Séparer Box 2, salaire usuel, assurances salariées, retenue de source et régime chez la mère ; vérifier la date de paiement. |
| 11. « Le sursis d’exit tax est une exonération et la créance Box 2 disparaît après dix ans. » | Le sursis diffère l’exigibilité et impose un suivi. Pour certaines émigrations récentes, la taxation conservatoire Box 2 néerlandaise n’a pas de terme fixe. | Conserver valorisations, formulaires, décisions et événements ; modéliser cession, dividende, donation, liquidation et nouveau départ avant l’opération. |
| 12. « Partenaire fiscal, choix de loi et absence de convention successorale empêchent le double impôt. » | Le partenaire fiscal n’est pas forcément héritier, le règlement civil exclut l’impôt et l’absence de convention peut justement laisser deux territorialités se chevaucher. | Faire traiter séparément propriété, loi civile, territorialité française, fiction néerlandaise, crédits et liquidités par notaire et fiscalistes. |
Règle d’arrêt
Cinq raisons de suspendre une opération
- la résidence, la nationalité pertinente ou la propriété de l’actif reste contestée entre les documents ;
- le calendrier des jours, la période d’acquisition d’un avantage ou la valeur historique ne peut pas être reconstitué ;
- l’avantage attendu dépend d’un projet non adopté, d’un seuil futur non publié ou d’une doctrine retirée ;
- la structure ne reste intéressante qu’en ignorant salaire, distribution, frais, prévoyance, liquidité ou retour ;
- aucun professionnel n’accepte par écrit la responsabilité de la qualification ou de l’acte décisif.
Check-list 1 — De J-180 à J-1 avant le départ
Six mois permettent de récupérer les preuves tant que les accès, employeurs et établissements répondent encore facilement. Le but n’est pas de restructurer tout le patrimoine, mais de savoir ce qui peut être conservé, ce qui doit être documenté et ce qui exige une décision avant le changement de résidence.
| Échéance | Travail à accomplir | Livrable |
|---|---|---|
| J-180 à J-150 | Écrire le projet réel : date, logement, famille, emploi, télétravail, sociétés, patrimoine et horizon de retour. | Chronologie prévisionnelle et liste des décisions irréversibles. |
| J-150 à J-120 | Inventorier comptes, PEA, CTO, AV, PER, crypto, immobilier, SCI/SCPI, participations, dettes et clauses bénéficiaires. | Photographie patrimoniale datée avec prix de revient, propriétaires et valeurs. |
| J-120 à J-90 | Tester résidence, convention, exit tax, salaire, protection sociale, famille et continuité des contrats. | Carte des risques, questions ouvertes et professionnels responsables. |
| J-90 à J-60 | Interroger employeur, paie, banques, assureurs et teneurs de compte ; préparer l’expatregeling, le A1 ou les formalités pertinentes sans présumer leur accord. | Réponses écrites, simulations contractuelles, demandes et devis. |
| J-60 à J-30 | Comparer conserver, racheter, transférer ou ne rien faire, net de frais et avec le scénario de retour ; faire relire toute cession ou réorganisation. | Note de décision par actif et avis bilatéraux nécessaires. |
| J-30 à J-1 | Actualiser jours, valorisations, cap table, adresses et bénéficiaires ; archiver les versions des textes et formulaires utilisés. | Dossier de preuve final, calendrier d’exécution et responsables nommés. |
Check-list 2 — De J0 à J+100 aux Pays-Bas
Les cent premiers jours sont administratifs, mais ils construisent aussi la preuve. Inscription, assurance, paie et déclarations doivent correspondre à la réalité du foyer. Une formalité accomplie ne devient jamais, à elle seule, un verdict de résidence fiscale.
| Période | Actions prioritaires | Contrôle de cohérence |
|---|---|---|
| J0 à J+5 | Pour une installation de plus de quatre mois, accomplir l’inscription municipale selon les règles applicables, obtenir le BSN et conserver les preuves d’entrée dans le logement. | Bail, remise des clés, foyer et date de travail racontent-ils la même chronologie ? |
| J+5 à J+30 | Activer DigiD, organiser banque et paie, choisir l’assurance santé requise, vérifier la situation de chaque membre de famille. | Affiliation sociale, contrat, adresse et couverture des enfants sont-ils alignés ? |
| J+1 à J+60 | Déposer dans les délais la demande d’expatregeling lorsqu’elle est pertinente ; finaliser A1, S1 ou accord-cadre avec les organismes compétents. | La décision de paie reste-t-elle distincte de la décision sociale et de l’impôt ? |
| J+30 à J+75 | Qualifier PEA, CTO, assurance-vie, PER, crypto, parts et immobilier ; dater les valeurs et dettes nécessaires à Box 2/3. | Chaque actif possède-t-il son contrat, son prix historique et sa qualification encore ouverte si elle est incertaine ? |
| J+60 à J+90 | Revoir testament, convention de couple, bénéficiaires, prévoyance, protection du partenaire et pouvoirs de société. | Fiscalité, droit civil, pension et assurance sont-ils traités dans quatre colonnes ? |
| J+90 à J+100 | Rapprocher le prévisionnel des faits réels : jours de travail, paie, télétravail, comptes ouverts, contrats conservés et dépenses. | Faut-il corriger une demande, une retenue, une adresse fiscale ou le plan annuel avant que l’écart ne s’installe ? |
Check-list 3 — De M-12 à l’opération ou au retour
Retour en France, cession d’entreprise et transmission ne sont pas la même opération. Ils partagent pourtant une exigence : reconstituer les bases historiques et obtenir les avis préalables disponibles avant de déplacer le fait générateur.
| Échéance | Retour en France | Cession, donation ou transmission |
|---|---|---|
| M-12 à M-9 | Inventorier BV, pensions, lijfrente, comptes, contrats, immobilier et créances conservatoires ; fixer le projet de résidence. | Geler cap table, catégories, options, prix de revient, donations antérieures, nationalités et résidences. |
| M-9 à M-6 | Demander les relevés AOW/pension ; retrouver les décisions Box 2 déjà émises ; faire simuler les droits susceptibles d’entrer dans la future imposition conservatoire ; chiffrer maintien ou rachat et analyser les produits après retour. | Faire dater les valorisations et analyser exit tax, Box 2, convention, BOR/Dutreil, loi civile et liquidités. |
| M-6 à M-3 | Décider logement néerlandais, direction de la BV, calendrier de retraite et couverture santé ; simuler l’IFI temporaire sans le présumer. | Comparer opération directe, apport, holding et absence d’opération à périmètre égal ; préparer les actes avec les professionnels habilités. |
| M-3 à M-1 | Préparer périodes déclaratives, 3916/3916-bis, prix historiques et retenues ; faire relire tout dividende ou liquidation. | Finaliser avis, bénéficiaire effectif, substance, testament, clauses et financement des impôts éventuels. |
| Dernier mois | Revérifier date de résidence, cinq années civiles pour l’IFI, formulaires et comptes à déclarer ; conserver toutes les versions. | Revérifier droit en vigueur au jour du paiement ou de l’acte, notamment article 119 ter, seuils et mesures transitoires. |
| Après l’événement | Rapprocher déclarations des deux États, décisions de caisse et créances encore en sursis. | Archiver actes, impôts payés, crédits demandés, prix de revient résiduels et obligations de suivi. |
Une check-list ne rend pas une hypothèse vraie
Si la valeur, la résidence, la relation de travail ou la qualité d’héritier reste incertaine, la case doit porter « non établi ». Elle ne doit pas être cochée avec l’hypothèse la plus favorable. Le bon plan d’action conserve une option d’attente et une date de réexamen.
Livrable attendu
Une page qui dit quoi faire, quand et avec qui
À l’issue de la check-list, rassemblez uniquement les lignes encore ouvertes dans un calendrier : échéance, document attendu, responsable et décision suspendue. Hagnéré Patrimoine peut consolider actifs, contrats, objectifs et échéances, puis coordonner selon le dossier fiscalistes, notaires, experts-comptables, spécialistes sociaux, assureurs, banques et sociétés de gestion habilités. Chaque avis et chaque acte reste produit par le professionnel compétent.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. Les erreurs et calendriers ont été contrôlés notamment avec l’ article 167 bis du CGI relatif à l’exit tax, les pages du Belastingdienst consacrées au rendement réel Box 3 et à la taxation conservatoire à l’émigration, ainsi qu’avec l’ accord-cadre de télétravail transfrontalier. Les procédures et millésimes doivent être rouverts au jour de l’action.
Méthode, sources et responsabilités
Vous n’avez pas besoin de mémoriser tous les textes cités. Vous devez en revanche savoir si la règle que vous allez utiliser est applicable aujourd’hui, provisoire, déjà adoptée pour plus tard ou encore à confirmer sur vos pièces. Les informations de ce guide ont été arrêtées au 24 juillet 2026. Cette date compte autant que les chiffres. Box 3 utilise encore des paramètres provisoires pour les dépôts et les dettes. Le passage de l’expatregeling à 27 % en 2027 est une règle future adoptée pour les bénéficiaires concernés, tandis que les seuils indexés 2027 restent à actualiser. La réforme Box 3 visée pour 2028, elle, n’est pas définitivement adoptée.
Ces états n’ont pas la même valeur. Une règle applicable, une mesure adoptée pour plus tard, un paramètre provisoire et une qualification dépendant des faits ne conduisent pas à la même décision. Avant un départ, une cession, un rachat, une distribution, une donation ou un retour, écrivez la date de l’événement, le statut de la règle et la personne qui doit la valider. Rouvrez ensuite la source dans sa version applicable au jour de l’opération.
Cinq statuts pour ne pas maquiller l’incertitude
| Statut | Ce qu’il signifie | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Vérifié | Règle reliée à une source primaire datée et cohérente avec les autres sources contrôlées. | Elle peut être expliquée avec son année, son assiette et ses limites. |
| Provisoire | Paramètre publié mais encore ajustable, réforme annoncée ou donnée future non fixée. | Le statut reste visible et le chiffre est recontrôlé avant usage. |
| Règle future adoptée | Texte voté ou publié, mais non encore applicable à la date d’arrêté. | La date d’effet et les transitions sont indiquées ; la règle n’est pas utilisée pour une opération antérieure. |
| Avis requis | La conclusion dépend du contrat, de la chronologie, des pouvoirs, de la nationalité ou de la substance. | Le guide donne les questions et les pièces ; le professionnel habilité conclut sur le dossier. |
| Rejeté | Affirmation contredite par une source primaire ou raccourci qui change la décision. | Elle ne doit apparaître ni dans le corps, ni dans la FAQ, ni dans une promesse commerciale. |
La hiérarchie des sources commence par le droit applicable
| Niveau | Sources | Usage et limite |
|---|---|---|
| 1. Textes authentiques et droit positif | Convention et protocole authentiques, CGI, lois néerlandaises, règlements européens et MLI. | Définir la règle, son champ et sa date. La version en vigueur au fait générateur prévaut. |
| 2. Administrations et versions consolidées | DGFiP, BOFiP, Belastingdienst, Rijksoverheid, SVB, UWV et organismes européens. | Comprendre la doctrine et la procédure. Une page pratique ne remplace pas le texte lorsqu’ils divergent. |
| 3. Jurisprudence et décisions | CJUE, Hoge Raad et décisions nationales replacées dans leur contexte. | Éclairer une notion précise ; ne pas transformer un arrêt sur des faits donnés en checklist automatique. |
| 4. Contrats, registres et preuves | Police, plan d’actions, statuts, pacte, registre, A1, relevé, valorisation et calendrier. | Établir les droits et faits réels. Le nom commercial du produit ou du statut ne suffit pas. |
| 5. Analyse professionnelle | Avis fiscal, social, civil, comptable ou financier fondé sur les pièces et les textes précédents. | Appliquer la règle au dossier et attribuer la responsabilité ; l’avis ne garantit ni administration ni juge. |
Le PDF synthétisé de la DGFiP est un outil officiel de lecture
La version synthétisée après MLI aide à lire la convention franco-néerlandaise, mais son propre avertissement indique qu’elle ne constitue pas une source de droit autonome. Lorsqu’un enjeu dépend d’un mot, d’une date ou d’une interaction avec le MLI, les textes authentiques et notifications restent la référence à faire relire.
Le socle conventionnel contrôlé comprend la convention du 16 mars 1973, le protocole du 7 avril 2004 et les effets compatibles du MLI. La version consolidée publiée par la DGFiP facilite la lecture. L’ état néerlandais des conventions au 1er juillet 2026 ne recense aucune nouvelle convention générale franco-néerlandaise de 2023. La liste française au 1er janvier 2026 ne signale pas de convention dédiée aux successions ou donations.
Pour l’impôt personnel néerlandais, le guide s’appuie notamment sur le calcul officiel Box 3 en 2026, la page sur le rendement réel et les taux Box 2. Ces pages décrivent une méthode administrative ; elles ne qualifient pas à distance une assurance-vie, un PEA, un PER ou une société française.
Les sujets de mobilité ont été rapprochés des règlements européens 883/2004 et 987/2009, de l’arrêt Hakamp, C-203/24 et de l’ accord-cadre de télétravail. Le droit des indépendants a été contrôlé avec la page du Belastingdienst sur la mise en œuvre de Wet DBA.
Pour les familles, le règlement européen 650/2012 traite la loi successorale sans régler l’impôt. Le Belastingdienst publie séparément la fiction applicable à certaines successions après départ et celle des donations transfrontalières. Les crédits ou déductions restent à calculer personne par personne.
La méthode de vérification tient en huit gestes
- Nommer l’événement et sa date. Départ, paie, rachat, vente, dividende, télétravail, donation, décès ou retour ne déclenchent pas les mêmes textes.
- Figer les faits déjà prouvés. Logements, famille, jours, nationalités, droits, valeur, dette, fonctions et bénéficiaires sont séparés des intentions.
- Donner un passeport à l’actif ou au flux. Propriétaire, émetteur, contrat, prix historique, disponibilité, garantie, Box possible et article conventionnel sont écrits sur une page.
- Ouvrir les quatre droits. Fiscalité, sécurité sociale, droit civil et formalités administratives ne sont jamais fondus dans une même réponse.
- Lire les deux États.Le droit interne crée une imposition ou une obligation ; la convention répartit ensuite le droit d’imposer et l’allègement.
- Comparer à périmètre égal. Frais, charges, paie, protection, délai de disponibilité, risque et retour sont ajoutés avant de désigner un scénario.
- Attribuer la conclusion. Chaque avis, acte, déclaration, souscription et décision de caisse reçoit le nom du professionnel ou de l’institution responsable.
- Dater la prochaine revue. Un changement de résidence, emploi, rythme, famille, portefeuille, société ou loi réouvre la fiche.
Si l’un de ces huit gestes reste impossible, le livrable utile n’est pas une conclusion forcée. C’est une question ouverte, le document manquant, un responsable et une date de réexamen.
Phrase de contrôle
Règle, exception, preuve, responsable
- Règle :quelle proposition générale la source primaire permet-elle réellement d’écrire ?
- Exception :quel seuil, contrat, fait ou statut peut changer la réponse ?
- Preuve :quel document contemporain permet de démontrer le fait ?
- Responsable :qui possède l’habilitation ou la compétence institutionnelle pour conclure et agir ?
Le registre des points à rouvrir avant toute décision
| Sujet au 24 juillet 2026 | Position retenue | Contrôle suivant |
|---|---|---|
| Convention France–Pays-Bas | Convention 1973, protocole 2004 et effets compatibles du MLI ; aucune nouvelle convention 2023 dans les registres contrôlés. | Rechercher nouvel avenant, notification MLI ou texte signé dans les deux registres. |
| Box 3 — dépôts et dettes | 1,28 % et 2,70 % publiés comme paramètres provisoires 2026 ; 6,00 % pour les autres actifs publié sans cette réserve. | Remplacer les deux paramètres lorsqu’ils deviennent définitifs et recalculer les exemples. |
| Réforme Box 3 | Nouvelle législation présentée comme probablement applicable en 2028, sans adoption définitive à la date d’arrêté. | Contrôler procédure parlementaire, texte final, Staatsblad, entrée en vigueur et transitions. |
| Expatregeling en 2027 | Passage à 27 % adopté pour les bénéficiaires concernés ; transitions selon la première application. | Actualiser les seuils salariaux indexés et relire la paie de fin 2023 ou de première application. |
| Article 119 ter | Nouvelle rédaction à compter du 1er septembre 2026. | Ouvrir la version applicable à la date exacte de mise en paiement du dividende. |
| Formulaires et campagnes | Mécanismes M, 5000, 2074-ETD, 3916/3916-bis établis ; millésimes opérationnels variables. | Télécharger le formulaire et la notice disponibles pour l’année réellement déclarée. |
| PEA, assurance-vie et PER | Règles françaises identifiées ; qualification néerlandaise dépend des droits et du contrat. | Obtenir police, compartiments, actifs, primes, valeur économique et avis néerlandais. |
| SCI, SCPI et IFI | Présomption de comparaison de forme depuis 2025 ; aucune conclusion automatique sur Box, convention ou IFI. | Relire statuts, actifs, dette, option fiscale, flux et doctrine des deux États. |
| Successions et donations | Pas de convention dédiée recensée ; territorialités internes et allègements possibles. | Vérifier nationalités, résidences, loi civile, héritier redevable, impôt payé et mécanisme de crédit. |
Chaque intervenant garde sa responsabilité
| Intervenant | Rôle dans l’écosystème | Limite à maintenir visible |
|---|---|---|
| Hagnéré Patrimoine | Reprendre chronologie, actifs, contrats, risques et objectifs ; préparer scénarios, allocation et plan d’action dans le périmètre de ses statuts ; coordonner les intervenants. | Ne rend pas la consultation d’avocat, l’acte notarié, les comptes ou la décision sociale à la place des professionnels compétents. |
| Avocat fiscaliste international | Qualifier résidence, convention, exit tax, Box, cession, retenue, IFI, anti-abus et territorialités. | Son avis ne garantit ni la position future de l’administration ni celle du juge. |
| Notaire ou avocat civil | Traiter propriété, couple, testament, choix de loi, donation, succession et actes réservés. | Le choix d’une loi civile ne constitue pas une validation fiscale. |
| Expert-comptable et conseil paie | Organiser comptes, valorisations, déclarations, TVA, paie, BV, holding et documentation des flux. | La mission comptable ne vaut pas avis juridique ou autorisation de distribution d’un produit. |
| Spécialiste social, employeur et caisses | Déterminer affiliation, A1, S1, détachement, chômage, AOW, pension et corrections de paie sociale. | Le certificat social ne décide ni résidence fiscale ni imposition de tous les revenus. |
| Banque, assureur, société de gestion ou intermédiaire habilité | Détenir, exécuter ou gérer selon le contrat ; décrire frais, risques, supports, garanties et disponibilité ; distribuer si les règles territoriales le permettent. | Agrément, contrat ou acceptation ne garantit ni performance, ni capital, ni liquidité, ni avantage fiscal. |
| Client et, selon le cas, employeur | Fournir les faits complets, valider les hypothèses, conserver les preuves et signaler les changements. | Une donnée omise ou une pratique différente du contrat peut rendre l’analyse inapplicable. |
Hagnéré Patrimoine tient la vue d’ensemble et peut préparer les scénarios patrimoniaux, l’allocation et le suivi relevant de ses statuts. Selon le dossier, le cabinet coordonne des professionnels externes effectivement habilités : avocats fiscalistes, notaires, experts-comptables, conseils paie, spécialistes sociaux, assureurs, banques, sociétés de gestion ou intermédiaires locaux. Les actes réservés et les décisions restent sous la responsabilité de celui qui les accomplit.
Un statut français de conseiller en investissements financiers ne constitue pas, à lui seul, un passeport européen général. Assurance, investissement, crédit, immobilier, distribution transfrontalière et services sur instruments financiers dépendent des habilitations, notifications, mandats, acceptations et règles territoriales applicables. Une assurance-vie luxembourgeoise, par exemple, ne peut être présentée comme accessible avant vérification du client, du pays, de l’intermédiaire et de l’assureur.
Mémo express
Les documents d’un premier diagnostic
Ne transmettez pas un dossier sans structure. Classez ces pièces par événement, puis signalez celles qui manquent :
- chronologie des résidences, logements, membres du foyer, emplois et jours de travail ;
- déclarations, avis, certificats de salaire, retenues, A1, S1, U1/U2 et décisions de caisse ;
- relevés de comptes, PEA, CTO, assurances-vie, PER, lijfrente, pensions et crypto ;
- contrats, valeurs économiques, prix de revient, primes, bénéficiaires et dettes rattachées ;
- titres immobiliers, loyers, valeurs WOZ, SCI, SCPI, financements et impôts déjà payés ;
- cap table, options, statuts, pactes, pouvoirs, comptes, paies et projets de cession ;
- régime du couple, nationalités, testament, donations et résidence des bénéficiaires ;
- objectifs, capacité de perte, besoins de liquidité, risques, horizon de retour et décisions déjà promises.
Avertissement juridique, fiscal, social et financier
Information générale arrêtée au 24 juillet 2026
Ce guide présente des informations générales connues au 24 juillet 2026. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale française ou néerlandaise, ni une prestation comptable, sociale ou notariale, ni une recommandation personnalisée d’investissement, d’assurance, de crédit ou d’immobilier. Les profils, chiffres et exemples sont fictifs et doivent être validés avant toute opération.
Hagnéré Patrimoine n’est ni un cabinet d’avocats, ni une étude notariale, ni un cabinet d’expertise comptable. Chaque professionnel intervient dans son périmètre et sous sa responsabilité. Les paramètres provisoires Box 3 sont signalés comme tels ; les règles futures sont distinguées du droit applicable ; les qualifications contractuelles restent soumises aux pièces et aux faits.
Aucune recommandation individualisée ne peut être formulée avant la connaissance du dossier, des objectifs, de la situation familiale, de l’expérience, de la capacité de perte, des risques, des frais et des rémunérations. Toute distribution ou mise en œuvre transfrontalière suppose les habilitations, notifications, acceptations et règles territoriales requises. Aucune économie fiscale, éligibilité, agrément, performance, liquidité, délai administratif ou absence de double imposition n’est garanti.
Si vous ne retenez qu’une méthode, retenez celle-ci : nommez l’événement, datez-le, séparez les quatre droits, réunissez la preuve et attribuez la validation. La FAQ sert à retrouver rapidement la première règle ; elle ne remplace ni les développements, ni les sources, ni l’avis fondé sur les pièces. Si une réponse courte semble plus favorable que le corps du guide, retenez la limite détaillée et faites rouvrir la source actuelle.
Votre prochaine étape : une feuille de route, pas un montage prématuré
Apportez la date de l’événement, votre chronologie et l’inventaire des actifs. Hagnéré Patrimoine peut cartographier la situation, préparer les scénarios relevant de ses statuts et coordonner l’écosystème adapté : avocats fiscalistes internationaux, notaires, experts-comptables et conseils paie, spécialistes sociaux, assureurs, banques, sociétés de gestion et intermédiaires habilités. Ce travail de cadrage ne vaut ni consultation réservée ni recommandation personnalisée.

