Préparez votre transmission avec un expert succession
Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Clément Chatelain
Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en transmission patrimoniale
Clément Chatelain accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.
Sommaire
- L'essentiel en 30 secondes
- 1. Combien rapportent 10 millions d'euros ?
- 2. Combien dépenser sans s'appauvrir ?
- 3. 5, 7 ou 10 millions : ce qui change
- 4. Ce que 10 millions changent vraiment
- 5. La méthode en 5 étapes
- 6. Les règles fiscales 2026 à connaître
- 7. Trois histoires pour comprendre
- 8. Les 6 erreurs qui coûtent le plus cher
- 9. Qui choisir pour vous accompagner ?
- Les mots du guide
- Ce qu'il faut retenir
Mis à jour le 6 octobre 2026 selon la loi de finances et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
L'essentiel en 30 secondes
Ce qu'il faut savoir avant de lire la suite
- Ce que ça rapporte : entre 200 000 et 400 000 € par an avant impôts si vos placements rapportent 2 à 4 % net de frais. Ce sont des hypothèses, pas des promesses.
- Ce qui compte le plus : les frais (chaque point coûte 100 000 € par an), les impôts au moment où l'argent arrive et la transmission, qui peut coûter jusqu'à 45 % au-delà d'un certain montant par enfant.
- La règle d'or : ne rien décider dans l'urgence, sauf une chose : une vente d'entreprise se prépare avant la signature, pas après.
- Vous avez plutôt 5 ou 7 millions ? La méthode est la même ; la section 3 montre les montants à votre niveau et les quatre seuils qui changent.
- La méthode : mettre l'argent à l'abri, clarifier vos objectifs, répartir en quatre poches, choisir les bonnes enveloppes, préparer la transmission.
1. Combien rapportent 10 millions d'euros ?
C'est la première question que l'on se pose, et la réponse tient en une règle simple : sur 10 millions d'euros, chaque point de rendement vaut 100 000 € par an. Le tableau ci-dessous donne les ordres de grandeur, avant impôts, pour un rendement net de frais.
| Rendement net de frais (hypothèse) | Par an | Par mois | Profil de placements typique |
|---|---|---|---|
| 2 % | 200 000 € | ≈ 16 700 € | Très prudent : fonds en euros, obligations |
| 3 % | 300 000 € | 25 000 € | Prudent : surtout des supports stables |
| 4 % | 400 000 € | ≈ 33 300 € | Équilibré : moitié stable, moitié actions et immobilier |
| 5 % | 500 000 € | ≈ 41 700 € | Dynamique : surtout actions et non coté, fortes variations |
Entre ce rendement affiché et ce qui arrive réellement sur votre compte, trois prélèvements s'intercalent :
- Les frais des contrats, des fonds et du conseil : de l'ordre de 0,5 % à 2 % par an selon les choix, soit 50 000 à 200 000 € par an sur 10 M€. C'est le poste qui se négocie le plus facilement.
- Les impôts, qui dépendent de l'enveloppe. Sur un compte-titres, les gains sont taxés à 31,4 % (impôt de 12,8 % et prélèvements sociaux de 18,6 %). En assurance-vie, seule la part de gains contenue dans un retrait est taxée, et les prélèvements sociaux restent à 17,2 %.
- L'inflation : avec 2 % de hausse des prix par an, il faut laisser 200 000 € travailler chaque année simplement pour que le capital garde son pouvoir d'achat.
Et une mauvaise année ? Ces rendements sont des moyennes sur longue période. Une année difficile, un portefeuille équilibré peut nettement baisser : avec une baisse de 15 %, par exemple, 10 M€ n'en valent plus que 8,5 M€ sur le papier. C'est pour ne jamais devoir vendre à ce moment-là que l'on garde une poche de disponibilité (voir la méthode, étape 3). Ces hypothèses ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures.
Pour le détail par profil et la fiscalité de chaque placement, voir notre guide quelle rente avec 10 millions d'euros.
2. Combien pouvez-vous dépenser sans vous appauvrir ?
La bonne question n'est pas « combien ça rapporte », mais « combien puis-je dépenser chaque année sans que mon patrimoine fonde ». La réponse : pas plus que le rendement net, moins l'inflation. Voici ce que devient un capital de 10 M€ après 25 ans, selon ce que vous en retirez chaque année, avec un rendement de 4 % par an net de frais et d'impôts et une inflation de 2 %.
| Dépense la première année (puis revalorisée de 2 % par an) | Capital après 25 ans | Ce que ce capital vaut en euros d'aujourd'hui |
|---|---|---|
| 200 000 € (≈ 16 700 € par mois) | ≈ 16,4 M€ | ≈ 10,0 M€ : pouvoir d'achat intact |
| 300 000 € (25 000 € par mois) | ≈ 11,3 M€ | ≈ 6,9 M€ : un tiers de pouvoir d'achat perdu |
| 400 000 € (≈ 33 300 € par mois) | ≈ 6,2 M€ | ≈ 3,8 M€ : près des deux tiers perdus |
À retenir
Avec 10 M€, vivre confortablement de ses revenus est réaliste. Mais la différence entre 200 000 et 400 000 € de dépenses par an décide de ce que vous transmettrez : soit un capital intact, soit un capital qui a perdu les deux tiers de sa valeur en une génération.
3. 5, 7 ou 10 millions : ce qui change
Entre 5 et 10 millions d'euros, la méthode et les règles sont les mêmes. Ce qui change, ce sont les montants, et quatre seuils que l'on franchit ou que l'on frôle selon le niveau.
| Patrimoine | À 3 % par an après frais | Par mois | Dépense qui garde le pouvoir d'achat |
|---|---|---|---|
| 5 M€ | 150 000 € | 12 500 € | ≈ 100 000 € par an |
| 7 M€ | 210 000 € | 17 500 € | ≈ 140 000 € par an |
| 10 M€ | 300 000 € | 25 000 € | ≈ 200 000 € par an |
La taxe de 20 % sur les holdings
dès 5 M€- La règle
- Elle vise les sociétés dont les actifs valent au moins 5 M€, contrôlées à 50 % ou plus par une famille et qui vivent surtout de revenus passifs (dividendes, intérêts, loyers). Elle frappe chaque année 20 % de la valeur de leurs biens d'agrément, pas leurs placements.
- Selon le palier
- En dessous de 5 M€ d'actifs dans la société, elle ne s'applique pas. Une holding qui reçoit le prix d'une vente de 5 à 10 M€ entre dans son champ : à faire vérifier avant la clôture de son exercice.
Le taux de 45 % des droits de succession
≈ 1,9 M€ reçus- La règle
- Il frappe ce que chaque enfant reçoit d'un même parent au-delà d'environ 1,9 M€ (1 805 677 € de part taxable, après l'abattement de 100 000 €).
- Selon le palier
- Pour un couple avec deux enfants, chacun transmettant sa moitié : 1,25 M€ par enfant et par parent à 5 M€ et 1,75 M€ à 7 M€ (en dessous), 2,5 M€ à 10 M€ (au-dessus). Un parent seul passe au-dessus dès 5 M€.
Les contributions sur les hauts revenus
revenu > 250 000 €- La règle
- Elles s'ajoutent à l'impôt au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule et de 500 000 € pour un couple.
- Selon le palier
- À 3 % par an, les revenus vont de 150 000 € (5 M€) à 300 000 € (10 M€) : un couple reste en général en dessous, une personne seule le dépasse vers 10 M€. L'année d'une vente ou d'un gros retrait, le seuil peut être franchi à tout niveau.
L'impôt sur la fortune immobilière
1,25 % dès 5 M€- La règle
- Il est dû quand l'immobilier net dépasse 1,3 M€, à des taux de 0,5 % à 1,5 % par tranches ; la tranche à 1,25 % commence à 5 M€ d'immobilier taxable, celle à 1,5 % au-delà de 10 M€.
- Selon le palier
- Seul l'immobilier compte, pas le total. Avec 2,5 M€ d'immobilier taxable, l'IFI est d'environ 10 900 € par an ; avec 4 M€, d'environ 25 700 €.
Ce qui ne change pas. Les enveloppes, la répartition en poches et l'ordre des décisions. Dès 5 M€, l'assurance-vie luxembourgeoise donne accès à des fonds dédiés si l'on verse au moins 1 M€ chez un même assureur et que l'on détient 2,5 M€ de placements financiers. Et un family office dédié reste hors de proportion à tous ces niveaux.
4. Ce que 10 millions d'euros changent vraiment
Selon l'Insee, il suffit d'environ 3 M€ de patrimoine pour faire partie du 1 % des ménages les mieux dotés en France : avec 10 M€, vous êtes plus de trois fois au-dessus de ce seuil. À ce niveau, on ne cherche plus « le bon placement ». On organise un ensemble : plusieurs enveloppes, parfois une société, de l'immobilier, des proches à protéger. Et l'essentiel de ce que vous pouvez gagner ou perdre se joue à trois moments.
Quand l'argent arrive
Une vente d'entreprise, un héritage ou une entrée en bourse déclenchent des impôts importants. Ce qui est préparé avant l'événement peut en reporter ou en réduire une partie ; après, il est presque toujours trop tard.
Pendant que vous le faites vivre
Frais, impôt sur la fortune immobilière, impôt sur les revenus : bien répartir et bien loger les placements fait gagner chaque année des dizaines de milliers d'euros.
Quand vous le transmettez
Au-delà d'environ 1,9 M€ reçus par enfant d'un même parent, les droits de succession atteignent 45 %. Les outils pour les réduire sont efficaces, mais demandent du temps : on les met en place des années à l'avance.
5. La méthode en 5 étapes
Voici l'ordre dans lequel nous conseillons d'avancer. Il évite les deux erreurs les plus fréquentes : tout placer trop vite, ou au contraire laisser l'argent dormir des mois sur un compte courant.
Étape 1 — Mettre l'argent à l'abri, sans rien décider dans l'urgence
Les premières semaines, l'objectif est simple : ne rien perdre et ne rien signer. Placez les fonds sur des supports à capital garanti : compte à terme, ou fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur, parfois après frais de gestion. Un fonds monétaire est très peu risqué, mais sa valeur n'est pas garantie. Répartissez-les entre plusieurs établissements : la garantie des dépôts bancaires est limitée à 100 000 € par personne et par banque. Vous gagnez du temps sans subir l'inflation, et vous évitez les décisions prises sous la pression d'un commercial.
L'exception, c'est la vente d'entreprise. Si vous êtes encore avant la signature, les décisions les plus rentables se prennent maintenant, pas après (voir l'histoire de Patrick plus bas).
Étape 2 — Clarifier ce que vous attendez de cet argent
Quatre questions suffisent, et aucune n'est technique :
- Voulez-vous en vivre (et combien par mois), ou continuer à travailler et le laisser grandir ?
- À qui voulez-vous le transmettre, et quand : enfants, petits-enfants, conjoint à protéger, œuvres ?
- Quelle baisse pouvez-vous supporter sans paniquer : 5 %, 15 %, 30 % sur une mauvaise année ?
- Avez-vous des projets qui demandent du capital disponible : achat immobilier, nouvelle entreprise, aide à un enfant ?
Étape 3 — Répartir le patrimoine en quatre poches
Plutôt que de raisonner placement par placement, on découpe le patrimoine selon le rôle de chaque euro. Les pourcentages ci-dessous sont une illustration pour un profil équilibré, pas une recommandation : la bonne répartition dépend de vos réponses à l'étape 2.
Disponibilité
5 à 10 %- À quoi elle sert
- Faire face aux dépenses des 1 à 2 prochaines années sans rien vendre au mauvais moment
- Exemples de supports
- Comptes à terme, fonds monétaires, fonds en euros
Revenus stables
30 à 40 %- À quoi elle sert
- Produire des revenus réguliers avec peu de variations
- Exemples de supports
- Fonds en euros, obligations, immobilier de rendement (SCPI)
Croissance
30 à 40 %- À quoi elle sert
- Faire grandir le capital sur 10 ans et plus, en acceptant des baisses temporaires
- Exemples de supports
- Actions du monde entier, fonds de sociétés non cotées (private equity)
Transmission et projets
10 à 20 %- À quoi elle sert
- Préparer la suite : enfants, petits-enfants, résidence familiale, causes à soutenir
- Exemples de supports
- Assurance-vie, immobilier familial, donations, fondation
Étape 4 — Loger chaque poche dans la bonne enveloppe
Une enveloppe, c'est le « contenant » dans lequel on place l'argent. Le même fonds peut être fiscalement très différent selon qu'il est logé dans une assurance-vie, un compte-titres ou une société. À 10 M€, cinq enveloppes reviennent presque toujours :
Assurance-vie française
- À quoi elle sert
- Placer à long terme avec une fiscalité douce sur les retraits, et transmettre hors succession (152 500 € par bénéficiaire pour les sommes versées avant 70 ans)
- Point d'attention
- Les avantages à la transmission dépendent de l'âge au moment des versements
Assurance-vie luxembourgeoise
- À quoi elle sert
- La même logique, avec une protection renforcée : si l'assureur fait défaut, les souscripteurs sont payés avant tous ses autres créanciers. À partir d'1 M€ versé chez un même assureur et de 2,5 M€ de placements financiers, on accède à des fonds dédiés presque sans restriction
- Point d'attention
- Frais et seuils d'accès à comparer ; la fiscalité reste celle du pays où vous résidez
Société holding
- À quoi elle sert
- Détenir des participations ou réinvestir le prix d'une vente d'entreprise dans une société soumise à l'impôt sur les sociétés
- Point d'attention
- Depuis fin 2026, une taxe annuelle de 20 % frappe les biens d'agrément (logement réservé à la famille, yacht, voiture, bijoux…) logés dans certaines holdings (voir plus bas)
Compte-titres et PEA
- À quoi elle sert
- Investir en actions avec une liberté totale ; le PEA exonère d'impôt les gains après 5 ans, dans la limite de ses plafonds
- Point d'attention
- Les gains du compte-titres sont taxés à 31,4 % chaque année où vous les encaissez
Immobilier (en direct ou en SCPI)
- À quoi elle sert
- Diversifier, produire des loyers, loger la famille
- Point d'attention
- C'est la seule partie du patrimoine soumise à l'IFI
Étape 5 — Préparer la transmission dès maintenant
C'est l'étape que l'on repousse, et celle qui coûte le plus cher quand on l'oublie. Les principaux outils sont simples à comprendre :
- Donner régulièrement. Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant sans droits, et recommencer tous les 15 ans. S'y ajoutent 31 865 € de don d'argent si le parent a moins de 80 ans et l'enfant est majeur (ou émancipé).
- Utiliser l'assurance-vie. Les sommes versées avant 70 ans se transmettent avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, en dehors de la succession.
- Donner la nue-propriété. On donne le bien mais on en garde l'usage et les revenus jusqu'à son décès. Les droits sont calculés sur une valeur réduite (60 % du bien si vous avez entre 61 et 70 ans), et l'enfant récupère la pleine propriété plus tard sans nouveaux droits.
- Transmettre une entreprise avec le pacte Dutreil. Si vous détenez une entreprise familiale en activité, 75 % de sa valeur peut être exonérée de droits, en échange d'engagements de conservation des titres : un engagement collectif d'au moins deux ans, puis six ans de conservation par celui qui reçoit (pour les transmissions depuis le 21 février 2026). Les biens de pur agrément logés dans la société (logements, yachts, œuvres d'art, vins…) n'en bénéficient plus.
Pour aller plus loin : réduire les droits de succession et la nue-propriété expliquée simplement.
6. Les règles fiscales 2026 à connaître, expliquées simplement
Inutile de tout connaître : cinq règles suffisent pour comprendre les choix qui vous seront proposés. Leur effet dépend toujours de votre situation personnelle, et elles peuvent changer à chaque loi de finances.
Impôt sur la fortune immobilière (IFI)
- Ce qu'elle dit
- Il est dû quand l'immobilier, net de dettes, dépasse 1,3 M€ au 1er janvier. Il se calcule alors dès 800 000 €, à des taux de 0,5 % à 1,5 % selon les tranches. La résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %.
- Ce que ça veut dire pour vous
- Seul l'immobilier compte. 4 M€ d'immobilier taxable coûtent environ 25 700 € par an ; vos placements financiers n'entrent pas dans le calcul.
Prélèvements sociaux
- Ce qu'elle dit
- Depuis 2026, ils passent à 18,6 % sur les dividendes, intérêts et plus-values de valeurs mobilières. Ils restent à 17,2 % sur l'assurance-vie, les loyers et les plus-values immobilières.
- Ce que ça veut dire pour vous
- Le prélèvement forfaitaire sur un compte-titres atteint 31,4 % ; l'assurance-vie reste à 30 %.
Contribution sur les hauts revenus
- Ce qu'elle dit
- Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule (500 000 € pour un couple), une contribution de 3 % puis 4 % s'ajoute, et une autre garantit que l'impôt atteint au moins 20 % de ce revenu. Cette dernière s'applique tant que le déficit de l'État dépasse 3 % du PIB.
- Ce que ça veut dire pour vous
- Une très grosse année de revenus, par exemple une vente, se prépare pour ne pas subir ces contributions en plein.
Taxe sur les holdings patrimoniales
- Ce qu'elle dit
- Une société d'au moins 5 M€, contrôlée à 50 % ou plus par une famille et dont plus de la moitié des produits sont des revenus passifs (dividendes, loyers, intérêts) paie chaque année 20 % de la valeur de ses biens d'agrément : logements réservés à la famille, yachts, voitures de tourisme, bijoux, vins, chevaux. Premiers exercices visés : ceux clos à partir du 31 décembre 2026.
- Ce que ça veut dire pour vous
- Vos placements financiers et votre immobilier loué dans une holding ne sont pas visés. Ce sont les biens de jouissance logés dans la société qui coûtent cher : à faire vérifier avant la clôture de son exercice.
Droits de succession
- Ce qu'elle dit
- En ligne directe, après un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, le taux monte par tranches jusqu'à 45 % : ce taux s'applique à ce que chaque enfant reçoit au-delà d'environ 1,9 M€.
- Ce que ça veut dire pour vous
- Sur 10 M€ transmis à deux enfants sans préparation, la facture approche 3,9 M€. Elle se réduit fortement avec du temps et de la méthode.
7. Trois histoires pour comprendre
Ces trois situations sont inventées mais typiques. Les chiffres sont arrondis et simplifiés pour rester lisibles ; ils montrent des ordres de grandeur, pas un conseil applicable tel quel.
Patrick, 56 ans, vend son entreprise 18 M€
Patrick a fondé il y a 22 ans une PME industrielle près de Lyon. Un fonds d'investissement lui propose 18 M€. Il veut continuer à travailler quelques années, puis transmettre à ses trois enfants.
Le piège. S'il vend directement, sa plus-value est taxée l'année de la vente : au moins 5,6 M€ au prélèvement forfaitaire de 31,4 %, auxquels s'ajoutent les contributions sur les hauts revenus. Plus d'un tiers du prix part en impôts.
Ce qui change tout. Avant la signature, Patrick apporte une partie de ses titres à une société holding qu'il contrôle, et c'est la holding qui vend. C'est l'« apport-cession » : l'impôt sur cette partie n'est pas supprimé, il est reporté. En échange, la holding doit réinvestir au moins 70 % du prix dans des entreprises en activité dans les trois ans, et conserver ces investissements au moins cinq ans. Si Patrick donne plus tard les titres de sa holding à ses enfants, ou à son décès, cet impôt reporté peut être définitivement effacé.
L'ordre de grandeur
Patrick a créé son entreprise : presque tout le prix de vente est de la plus-value. Sur 12 M€ apportés à la holding, ce sont donc environ 3,8 M€ d'impôt qui restent investis au lieu d'être payés tout de suite. La contrepartie : ces sommes servent à financer des entreprises, pas des placements de pure épargne ni de l'immobilier. Après la signature, il est trop tard pour mettre ce mécanisme en place. Pour le détail : l'apport-cession expliqué.
Sylvie, 67 ans, hérite de 10 M€
Sylvie, veuve, hérite de sa mère : de l'assurance-vie, des actions et des appartements à Paris. Les droits de succession ont déjà été payés. Elle a deux enfants d'une quarantaine d'années et quatre petits-enfants.
Le piège. Tout garder « en l'état » et laisser la transmission suivante se faire au décès : ses enfants paieraient à leur tour des droits très élevés sur ce qu'elle n'aura pas organisé, soit une deuxième taxation lourde du même patrimoine en une génération.
Ce qui change tout. D'abord, relire et réécrire les clauses bénéficiaires de ses contrats d'assurance-vie, souvent anciennes. Ensuite, commencer tout de suite à donner : 100 000 € plus 31 865 € à chacun de ses deux enfants, soit 263 730 € transmis sans aucun droit dès cette année, et 31 865 € à chaque petit-enfant majeur. Enfin, donner la nue-propriété d'un appartement en gardant les loyers : à son âge, les droits ne portent que sur 60 % de sa valeur.
L'ordre de grandeur
Chaque année gagnée compte : les donations se renouvellent tous les 15 ans, et la valeur imposable de la nue-propriété augmente avec l'âge du donateur. Commencer à 67 ans plutôt qu'à 80 ans peut faire économiser plusieurs centaines de milliers d'euros à ses enfants. Pour le détail : hériter puis retransmettre sans double taxation.
Alain et Anne, 62 et 60 ans, veulent vivre de leurs revenus
Retraités à Bordeaux, ils détiennent 11 M€ : 4 M€ d'immobilier (leur résidence principale de 1,8 M€, deux immeubles locatifs et des parts de SCPI) et 7 M€ de placements financiers. Ils veulent dépenser environ 300 000 € par an.
Le piège. Penser que leur impôt sur la fortune porte sur 11 M€, ou au contraire l'oublier. Seul l'immobilier compte : leur résidence principale est retenue pour 70 % de sa valeur, ce qui donne 3,46 M€ taxables et un IFI d'environ 20 300 € par an.
Ce qui change tout. Comme ils soutiennent déjà la recherche médicale, ils orientent une partie de leurs dons vers une fondation reconnue d'utilité publique : 75 % du don vient en réduction de l'IFI, dans la limite de 50 000 € de réduction par an. Un don d'environ 27 000 € suffit à ramener leur IFI à zéro. Et en retirant d'abord sur leurs contrats d'assurance-vie de plus de 8 ans, ils ne sont imposés que sur la part de gains de chaque retrait.
L'ordre de grandeur
300 000 € par an sur 11 M€, c'est 2,7 % du capital. Avec le calcul de la section 2, il faut que leurs placements rapportent environ 4,7 % par an net de frais et d'impôts pour que leur capital garde son pouvoir d'achat sur 25 ans. À 4 %, il en perdrait environ un quart : c'est un choix possible, à condition de le faire en connaissance de cause. Pour le détail : réduire son IFI.
Votre situation est différente ? Nous avons des guides dédiés pour un retour en France après une expatriation, pour les fondateurs qui encaissent des BSPCE ou des actions, pour les sportifs et artistes et pour un gain au loto.
8. Les 6 erreurs qui coûtent le plus cher
Aucune de ces erreurs ne vient d'un manque de moyens. Elles viennent presque toujours d'un manque de coordination : un avocat pour la vente, un notaire pour la succession, un banquier pour les placements, un expert-comptable pour la société, et personne pour faire le lien.
- Vendre son entreprise sans préparation. Une fois la vente signée, les mécanismes de report ou de réduction d'impôt ne sont plus accessibles. L'écart se chiffre en millions.
- Laisser l'argent dormir des mois sur un compte courant. Avec 2 % d'inflation, 10 M€ perdent environ 200 000 € de pouvoir d'achat par an.
- Tout investir trop vite, au même endroit. Placer l'ensemble en une seule fois, chez un seul établissement ou sur une seule classe d'actifs, expose à une mauvaise année au pire moment.
- Ne pas regarder les frais en euros. Un écart de 1 % de frais, c'est 100 000 € par an, et plusieurs millions sur 30 ans une fois les intérêts composés pris en compte.
- Oublier ses clauses bénéficiaires. Une clause d'assurance-vie ancienne ou imprécise peut envoyer des millions à la mauvaise personne, ou les faire retomber dans la succession.
- Repousser la transmission. Les donations se renouvellent tous les 15 ans et la nue-propriété vaut plus cher avec l'âge : chaque année perdue coûte des droits en plus à vos enfants.
9. Qui choisir pour vous accompagner ?
À 10 M€, vous aurez besoin de plusieurs spécialistes. La question est surtout de savoir qui les coordonne, et combien cela coûte au total.
Banque privée
- Ce qu'il apporte
- Gestion des placements et crédit (par exemple emprunter en donnant ses placements en garantie) au sein d'un même établissement
- À vérifier
- La part de produits de la maison et le total des frais en euros
Conseiller en gestion de patrimoine
- Ce qu'il apporte
- Une vue d'ensemble, le choix entre plusieurs assureurs et gestionnaires, la coordination avec notaire et avocat
- À vérifier
- Son statut (inscription à l'ORIAS), son mode de rémunération et le total des frais en euros
Family office partagé entre plusieurs familles
- Ce qu'il apporte
- Un suivi global : consolidation des comptes, gouvernance familiale, coordination des experts
- À vérifier
- Ses honoraires, souvent calculés en pourcentage des actifs suivis
Family office dédié à une seule famille
- Ce qu'il apporte
- Une équipe salariée à votre seul service
- À vérifier
- Son coût fixe, qui ne se justifie généralement qu'à partir de plusieurs dizaines de millions
Le bon réflexe : demandez à chaque interlocuteur le total des frais annuels, en euros et poste par poste (contrat, fonds, gestion, rémunération du conseil), sur une même répartition. C'est la seule façon de comparer.
Chez Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291, le conseil est fourni de manière non indépendante : ces frais et notre rémunération vous sont présentés par écrit, en euros, avant toute recommandation. Pour comparer les modèles : banque privée ou cabinet de gestion de fortune et family office dédié ou partagé.
Les mots du guide
- Apport-cession
- Apporter les titres de son entreprise à sa holding avant de la vendre, pour reporter l'impôt sur la plus-value.
- Assurance-vie luxembourgeoise
- Un contrat d'assurance-vie souscrit auprès d'un assureur au Luxembourg, avec une protection renforcée de l'épargne. Pour un résident français, la fiscalité reste française.
- Démembrement
- Séparer la propriété d'un bien en deux : l'usufruit (l'usage et les revenus) et la nue-propriété (le bien lui-même, récupéré plus tard).
- Holding
- Une société dont le rôle est de détenir d'autres sociétés ou des placements.
- IFI
- Impôt sur la fortune immobilière : il remplace l'ISF depuis 2018 et ne porte que sur l'immobilier.
- Pacte Dutreil
- Un engagement de conserver les titres d'une entreprise familiale, en échange d'une exonération de 75 % de leur valeur lors de la transmission.
- Private equity
- Investir dans des entreprises non cotées en bourse, souvent via des fonds, pour plusieurs années.
- SCPI
- Une société qui achète et gère de l'immobilier pour le compte de ses associés et leur reverse les loyers.
Ce qu'il faut retenir
- 10 millions d'euros permettent de bien vivre de ses revenus, à condition de dépenser moins que le rendement net diminué de l'inflation : autour de 200 000 € par an pour garder intact le pouvoir d'achat du capital, avec 4 % de rendement net.
- L'ordre des décisions compte plus que le choix des placements. Préparer une vente avant de signer, regarder les frais en euros, commencer la transmission tôt : ce sont ces trois gestes qui font gagner ou perdre des millions.
- Personne ne maîtrise seul tous les sujets. Fiscalité, droit de la famille, placements : à ce niveau, il faut quelqu'un qui coordonne les spécialistes et dont la rémunération est claire.
Faire le point sur votre situation
Un premier échange offert et confidentiel avec Clément Chatelain, président de Hagnéré Patrimoine : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée et sans engagement. Une étude chiffrée peut suivre, dans le cadre d'une lettre de mission.
Sources
Les règles citées ont été relues sur leurs textes officiels le 6 octobre 2026.
- Impôt sur la fortune immobilière : CGI art. 964 (seuil), 973 (résidence principale), 977 (barème), 978 (dons), 979 (plafonnement)
- Taxe sur les holdings patrimoniales : CGI art. 235 ter C, créé par l'art. 7 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026)
- Contribution différentielle sur les hauts revenus : CGI art. 224 ; contribution exceptionnelle : CGI art. 223 sexies
- Apport-cession : CGI art. 150-0 B ter, modifié par l'art. 11 de la loi de finances pour 2026
- Prélèvements sociaux : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12
- Droits de succession et de donation : CGI art. 777 (barème), 779 (abattement de 100 000 €), 784 (rappel de 15 ans), 790 G (don de sommes d'argent)
- Valeur de l'usufruit et de la nue-propriété : CGI art. 669
- Assurance-vie et transmission : CGI art. 990 I et 757 B
- Pacte Dutreil : CGI art. 787 B, modifié par l'art. 8 de la loi de finances pour 2026 ; BOFiP, actualité du 10 août 2026
- Exit tax : CGI art. 167 bis
- Assurance-vie luxembourgeoise : lettre circulaire 26/1 du Commissariat aux assurances (1er février 2026) ; loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances, art. 118
- Garantie des dépôts bancaires : Fonds de garantie des dépôts et de résolution
- Patrimoine des ménages : Insee Focus n° 371 du 9 décembre 2025, « Les montants de patrimoine détenus par les ménages en 2024 »
Mentions légales et avertissements
Avertissement
Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine SAS (siège à Bassens, 73000, près de Chambéry), cabinet de conseil en gestion de patrimoine titulaire des statuts CIF (Conseiller en Investissements Financiers, art. L. 541-1 CMF), COA (Courtier en Assurance) et COBSP (Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement), immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291, adhérent de la CNCEF Patrimoine, association agréée par l'Autorité des marchés financiers. Le conseil est fourni de manière non indépendante : le cabinet peut percevoir des commissions des fournisseurs des produits.
Cet article a une vocation pédagogique uniquement. Les exemples chiffrés et les histoires (Patrick, Sylvie, Alain et Anne) sont illustratifs et ne constituent ni un conseil personnalisé en investissement, ni une recommandation fiscale, ni une sollicitation. Toute décision patrimoniale exige une analyse de votre situation civile, fiscale, professionnelle et patrimoniale.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les placements évoqués comportent des risques, notamment de perte en capital et d'illiquidité. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur au 6 octobre 2026 ; le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chacun et peut être modifié ultérieurement.

