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Investir 5 à 10 millions d'euros en 2026 : combien ça rapporte, et dans quel ordre s'organiser

Vente d'entreprise, héritage, entrée en bourse : un patrimoine de 5 à 10 millions d'euros peut financer de 100 000 à 400 000 € de dépenses par an, selon son montant et la prudence des placements. Mais à ce niveau, ce n'est pas le choix d'un placement qui fait la différence. Ce sont quelques décisions, prises dans le bon ordre, qui peuvent coûter ou faire gagner plusieurs millions. Voici lesquelles, expliquées simplement.

≈ 25 000 €par mois à 3 % par an sur 10 M€
100 000 €par an pour chaque point de frais
45 %de droits de succession au-delà de 1,9 M€ reçus par enfant
5 étapesla méthode, dans l'ordre
Hagnéré Patrimoine

Préparez votre transmission avec un expert succession

Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.

Succession & donationStratégie familialeSans engagement
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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en transmission patrimoniale

Clément Chatelain accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.

TransmissionSuccessionORIAS 23002291

Mis à jour le 6 octobre 2026 selon la loi de finances et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

L'essentiel en 30 secondes

Ce qu'il faut savoir avant de lire la suite

  • Ce que ça rapporte : entre 200 000 et 400 000 € par an avant impôts si vos placements rapportent 2 à 4 % net de frais. Ce sont des hypothèses, pas des promesses.
  • Ce qui compte le plus : les frais (chaque point coûte 100 000 € par an), les impôts au moment où l'argent arrive et la transmission, qui peut coûter jusqu'à 45 % au-delà d'un certain montant par enfant.
  • La règle d'or : ne rien décider dans l'urgence, sauf une chose : une vente d'entreprise se prépare avant la signature, pas après.
  • Vous avez plutôt 5 ou 7 millions ? La méthode est la même ; la section 3 montre les montants à votre niveau et les quatre seuils qui changent.
  • La méthode : mettre l'argent à l'abri, clarifier vos objectifs, répartir en quatre poches, choisir les bonnes enveloppes, préparer la transmission.

1. Combien rapportent 10 millions d'euros ?

C'est la première question que l'on se pose, et la réponse tient en une règle simple : sur 10 millions d'euros, chaque point de rendement vaut 100 000 € par an. Le tableau ci-dessous donne les ordres de grandeur, avant impôts, pour un rendement net de frais.

Hypothèses de rendement annuel moyen sur longue période, nettes de frais et avant impôts. Elles ne sont pas garanties : les placements les plus rémunérateurs sont aussi ceux dont la valeur peut baisser, parfois fortement.
Rendement net de frais (hypothèse)Par anPar moisProfil de placements typique
2 %200 000 €≈ 16 700 €Très prudent : fonds en euros, obligations
3 %300 000 €25 000 €Prudent : surtout des supports stables
4 %400 000 €≈ 33 300 €Équilibré : moitié stable, moitié actions et immobilier
5 %500 000 €≈ 41 700 €Dynamique : surtout actions et non coté, fortes variations

Entre ce rendement affiché et ce qui arrive réellement sur votre compte, trois prélèvements s'intercalent :

  • Les frais des contrats, des fonds et du conseil : de l'ordre de 0,5 % à 2 % par an selon les choix, soit 50 000 à 200 000 € par an sur 10 M€. C'est le poste qui se négocie le plus facilement.
  • Les impôts, qui dépendent de l'enveloppe. Sur un compte-titres, les gains sont taxés à 31,4 % (impôt de 12,8 % et prélèvements sociaux de 18,6 %). En assurance-vie, seule la part de gains contenue dans un retrait est taxée, et les prélèvements sociaux restent à 17,2 %.
  • L'inflation : avec 2 % de hausse des prix par an, il faut laisser 200 000 € travailler chaque année simplement pour que le capital garde son pouvoir d'achat.

Et une mauvaise année ? Ces rendements sont des moyennes sur longue période. Une année difficile, un portefeuille équilibré peut nettement baisser : avec une baisse de 15 %, par exemple, 10 M€ n'en valent plus que 8,5 M€ sur le papier. C'est pour ne jamais devoir vendre à ce moment-là que l'on garde une poche de disponibilité (voir la méthode, étape 3). Ces hypothèses ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures.

Pour le détail par profil et la fiscalité de chaque placement, voir notre guide quelle rente avec 10 millions d'euros.

2. Combien pouvez-vous dépenser sans vous appauvrir ?

La bonne question n'est pas « combien ça rapporte », mais « combien puis-je dépenser chaque année sans que mon patrimoine fonde ». La réponse : pas plus que le rendement net, moins l'inflation. Voici ce que devient un capital de 10 M€ après 25 ans, selon ce que vous en retirez chaque année, avec un rendement de 4 % par an net de frais et d'impôts et une inflation de 2 %.

Calcul Hagnéré Patrimoine : capital de 10 M€, rendement constant de 4 % par an net de frais et d'impôts, dépense revalorisée de 2 % par an, inflation de 2 % par an, sur 25 ans. Un rendement réel n'est jamais constant : cet exemple illustre un ordre de grandeur, il ne prédit rien. Avec 3 % par an au lieu de 4 %, les mêmes dépenses laisseraient environ 7,2 M€, 4,5 M€ et 1,7 M€ d'aujourd'hui.
Dépense la première année (puis revalorisée de 2 % par an)Capital après 25 ansCe que ce capital vaut en euros d'aujourd'hui
200 000 € (≈ 16 700 € par mois)≈ 16,4 M€≈ 10,0 M€ : pouvoir d'achat intact
300 000 € (25 000 € par mois)≈ 11,3 M€≈ 6,9 M€ : un tiers de pouvoir d'achat perdu
400 000 € (≈ 33 300 € par mois)≈ 6,2 M€≈ 3,8 M€ : près des deux tiers perdus

À retenir

Avec 10 M€, vivre confortablement de ses revenus est réaliste. Mais la différence entre 200 000 et 400 000 € de dépenses par an décide de ce que vous transmettrez : soit un capital intact, soit un capital qui a perdu les deux tiers de sa valeur en une génération.

3. 5, 7 ou 10 millions : ce qui change

Entre 5 et 10 millions d'euros, la méthode et les règles sont les mêmes. Ce qui change, ce sont les montants, et quatre seuils que l'on franchit ou que l'on frôle selon le niveau.

Hypothèses : 3 % par an après frais et avant impôts pour les revenus ; pour la dernière colonne, 4 % par an net de frais et d'impôts, 2 % d'inflation et une dépense revalorisée chaque année, soit environ 2 % du capital. Ces rendements ne sont pas garantis ; une mauvaise année, la valeur du capital peut baisser nettement.
PatrimoineÀ 3 % par an après fraisPar moisDépense qui garde le pouvoir d'achat
5 M€150 000 €12 500 €≈ 100 000 € par an
7 M€210 000 €17 500 €≈ 140 000 € par an
10 M€300 000 €25 000 €≈ 200 000 € par an

La taxe de 20 % sur les holdings

dès 5 M€
La règle
Elle vise les sociétés dont les actifs valent au moins 5 M€, contrôlées à 50 % ou plus par une famille et qui vivent surtout de revenus passifs (dividendes, intérêts, loyers). Elle frappe chaque année 20 % de la valeur de leurs biens d'agrément, pas leurs placements.
Selon le palier
En dessous de 5 M€ d'actifs dans la société, elle ne s'applique pas. Une holding qui reçoit le prix d'une vente de 5 à 10 M€ entre dans son champ : à faire vérifier avant la clôture de son exercice.

Le taux de 45 % des droits de succession

≈ 1,9 M€ reçus
La règle
Il frappe ce que chaque enfant reçoit d'un même parent au-delà d'environ 1,9 M€ (1 805 677 € de part taxable, après l'abattement de 100 000 €).
Selon le palier
Pour un couple avec deux enfants, chacun transmettant sa moitié : 1,25 M€ par enfant et par parent à 5 M€ et 1,75 M€ à 7 M€ (en dessous), 2,5 M€ à 10 M€ (au-dessus). Un parent seul passe au-dessus dès 5 M€.

Les contributions sur les hauts revenus

revenu > 250 000 €
La règle
Elles s'ajoutent à l'impôt au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule et de 500 000 € pour un couple.
Selon le palier
À 3 % par an, les revenus vont de 150 000 € (5 M€) à 300 000 € (10 M€) : un couple reste en général en dessous, une personne seule le dépasse vers 10 M€. L'année d'une vente ou d'un gros retrait, le seuil peut être franchi à tout niveau.

L'impôt sur la fortune immobilière

1,25 % dès 5 M€
La règle
Il est dû quand l'immobilier net dépasse 1,3 M€, à des taux de 0,5 % à 1,5 % par tranches ; la tranche à 1,25 % commence à 5 M€ d'immobilier taxable, celle à 1,5 % au-delà de 10 M€.
Selon le palier
Seul l'immobilier compte, pas le total. Avec 2,5 M€ d'immobilier taxable, l'IFI est d'environ 10 900 € par an ; avec 4 M€, d'environ 25 700 €.

Ce qui ne change pas. Les enveloppes, la répartition en poches et l'ordre des décisions. Dès 5 M€, l'assurance-vie luxembourgeoise donne accès à des fonds dédiés si l'on verse au moins 1 M€ chez un même assureur et que l'on détient 2,5 M€ de placements financiers. Et un family office dédié reste hors de proportion à tous ces niveaux.

4. Ce que 10 millions d'euros changent vraiment

Selon l'Insee, il suffit d'environ 3 M€ de patrimoine pour faire partie du 1 % des ménages les mieux dotés en France : avec 10 M€, vous êtes plus de trois fois au-dessus de ce seuil. À ce niveau, on ne cherche plus « le bon placement ». On organise un ensemble : plusieurs enveloppes, parfois une société, de l'immobilier, des proches à protéger. Et l'essentiel de ce que vous pouvez gagner ou perdre se joue à trois moments.

Moment 1

Quand l'argent arrive

Une vente d'entreprise, un héritage ou une entrée en bourse déclenchent des impôts importants. Ce qui est préparé avant l'événement peut en reporter ou en réduire une partie ; après, il est presque toujours trop tard.

Moment 2

Pendant que vous le faites vivre

Frais, impôt sur la fortune immobilière, impôt sur les revenus : bien répartir et bien loger les placements fait gagner chaque année des dizaines de milliers d'euros.

Moment 3

Quand vous le transmettez

Au-delà d'environ 1,9 M€ reçus par enfant d'un même parent, les droits de succession atteignent 45 %. Les outils pour les réduire sont efficaces, mais demandent du temps : on les met en place des années à l'avance.

5. La méthode en 5 étapes

Voici l'ordre dans lequel nous conseillons d'avancer. Il évite les deux erreurs les plus fréquentes : tout placer trop vite, ou au contraire laisser l'argent dormir des mois sur un compte courant.

Étape 1 — Mettre l'argent à l'abri, sans rien décider dans l'urgence

Les premières semaines, l'objectif est simple : ne rien perdre et ne rien signer. Placez les fonds sur des supports à capital garanti : compte à terme, ou fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur, parfois après frais de gestion. Un fonds monétaire est très peu risqué, mais sa valeur n'est pas garantie. Répartissez-les entre plusieurs établissements : la garantie des dépôts bancaires est limitée à 100 000 € par personne et par banque. Vous gagnez du temps sans subir l'inflation, et vous évitez les décisions prises sous la pression d'un commercial.

L'exception, c'est la vente d'entreprise. Si vous êtes encore avant la signature, les décisions les plus rentables se prennent maintenant, pas après (voir l'histoire de Patrick plus bas).

Étape 2 — Clarifier ce que vous attendez de cet argent

Quatre questions suffisent, et aucune n'est technique :

  • Voulez-vous en vivre (et combien par mois), ou continuer à travailler et le laisser grandir ?
  • À qui voulez-vous le transmettre, et quand : enfants, petits-enfants, conjoint à protéger, œuvres ?
  • Quelle baisse pouvez-vous supporter sans paniquer : 5 %, 15 %, 30 % sur une mauvaise année ?
  • Avez-vous des projets qui demandent du capital disponible : achat immobilier, nouvelle entreprise, aide à un enfant ?

Étape 3 — Répartir le patrimoine en quatre poches

Plutôt que de raisonner placement par placement, on découpe le patrimoine selon le rôle de chaque euro. Les pourcentages ci-dessous sont une illustration pour un profil équilibré, pas une recommandation : la bonne répartition dépend de vos réponses à l'étape 2.

Disponibilité

5 à 10 %
À quoi elle sert
Faire face aux dépenses des 1 à 2 prochaines années sans rien vendre au mauvais moment
Exemples de supports
Comptes à terme, fonds monétaires, fonds en euros

Revenus stables

30 à 40 %
À quoi elle sert
Produire des revenus réguliers avec peu de variations
Exemples de supports
Fonds en euros, obligations, immobilier de rendement (SCPI)

Croissance

30 à 40 %
À quoi elle sert
Faire grandir le capital sur 10 ans et plus, en acceptant des baisses temporaires
Exemples de supports
Actions du monde entier, fonds de sociétés non cotées (private equity)

Transmission et projets

10 à 20 %
À quoi elle sert
Préparer la suite : enfants, petits-enfants, résidence familiale, causes à soutenir
Exemples de supports
Assurance-vie, immobilier familial, donations, fondation

Étape 4 — Loger chaque poche dans la bonne enveloppe

Une enveloppe, c'est le « contenant » dans lequel on place l'argent. Le même fonds peut être fiscalement très différent selon qu'il est logé dans une assurance-vie, un compte-titres ou une société. À 10 M€, cinq enveloppes reviennent presque toujours :

Assurance-vie française

À quoi elle sert
Placer à long terme avec une fiscalité douce sur les retraits, et transmettre hors succession (152 500 € par bénéficiaire pour les sommes versées avant 70 ans)
Point d'attention
Les avantages à la transmission dépendent de l'âge au moment des versements

Assurance-vie luxembourgeoise

À quoi elle sert
La même logique, avec une protection renforcée : si l'assureur fait défaut, les souscripteurs sont payés avant tous ses autres créanciers. À partir d'1 M€ versé chez un même assureur et de 2,5 M€ de placements financiers, on accède à des fonds dédiés presque sans restriction
Point d'attention
Frais et seuils d'accès à comparer ; la fiscalité reste celle du pays où vous résidez

Société holding

À quoi elle sert
Détenir des participations ou réinvestir le prix d'une vente d'entreprise dans une société soumise à l'impôt sur les sociétés
Point d'attention
Depuis fin 2026, une taxe annuelle de 20 % frappe les biens d'agrément (logement réservé à la famille, yacht, voiture, bijoux…) logés dans certaines holdings (voir plus bas)

Compte-titres et PEA

À quoi elle sert
Investir en actions avec une liberté totale ; le PEA exonère d'impôt les gains après 5 ans, dans la limite de ses plafonds
Point d'attention
Les gains du compte-titres sont taxés à 31,4 % chaque année où vous les encaissez

Immobilier (en direct ou en SCPI)

À quoi elle sert
Diversifier, produire des loyers, loger la famille
Point d'attention
C'est la seule partie du patrimoine soumise à l'IFI

Étape 5 — Préparer la transmission dès maintenant

C'est l'étape que l'on repousse, et celle qui coûte le plus cher quand on l'oublie. Les principaux outils sont simples à comprendre :

  • Donner régulièrement. Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant sans droits, et recommencer tous les 15 ans. S'y ajoutent 31 865 € de don d'argent si le parent a moins de 80 ans et l'enfant est majeur (ou émancipé).
  • Utiliser l'assurance-vie. Les sommes versées avant 70 ans se transmettent avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, en dehors de la succession.
  • Donner la nue-propriété. On donne le bien mais on en garde l'usage et les revenus jusqu'à son décès. Les droits sont calculés sur une valeur réduite (60 % du bien si vous avez entre 61 et 70 ans), et l'enfant récupère la pleine propriété plus tard sans nouveaux droits.
  • Transmettre une entreprise avec le pacte Dutreil. Si vous détenez une entreprise familiale en activité, 75 % de sa valeur peut être exonérée de droits, en échange d'engagements de conservation des titres : un engagement collectif d'au moins deux ans, puis six ans de conservation par celui qui reçoit (pour les transmissions depuis le 21 février 2026). Les biens de pur agrément logés dans la société (logements, yachts, œuvres d'art, vins…) n'en bénéficient plus.

Pour aller plus loin : réduire les droits de succession et la nue-propriété expliquée simplement.

6. Les règles fiscales 2026 à connaître, expliquées simplement

Inutile de tout connaître : cinq règles suffisent pour comprendre les choix qui vous seront proposés. Leur effet dépend toujours de votre situation personnelle, et elles peuvent changer à chaque loi de finances.

Impôt sur la fortune immobilière (IFI)

Ce qu'elle dit
Il est dû quand l'immobilier, net de dettes, dépasse 1,3 M€ au 1er janvier. Il se calcule alors dès 800 000 €, à des taux de 0,5 % à 1,5 % selon les tranches. La résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %.
Ce que ça veut dire pour vous
Seul l'immobilier compte. 4 M€ d'immobilier taxable coûtent environ 25 700 € par an ; vos placements financiers n'entrent pas dans le calcul.

Prélèvements sociaux

Ce qu'elle dit
Depuis 2026, ils passent à 18,6 % sur les dividendes, intérêts et plus-values de valeurs mobilières. Ils restent à 17,2 % sur l'assurance-vie, les loyers et les plus-values immobilières.
Ce que ça veut dire pour vous
Le prélèvement forfaitaire sur un compte-titres atteint 31,4 % ; l'assurance-vie reste à 30 %.

Contribution sur les hauts revenus

Ce qu'elle dit
Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule (500 000 € pour un couple), une contribution de 3 % puis 4 % s'ajoute, et une autre garantit que l'impôt atteint au moins 20 % de ce revenu. Cette dernière s'applique tant que le déficit de l'État dépasse 3 % du PIB.
Ce que ça veut dire pour vous
Une très grosse année de revenus, par exemple une vente, se prépare pour ne pas subir ces contributions en plein.

Taxe sur les holdings patrimoniales

Ce qu'elle dit
Une société d'au moins 5 M€, contrôlée à 50 % ou plus par une famille et dont plus de la moitié des produits sont des revenus passifs (dividendes, loyers, intérêts) paie chaque année 20 % de la valeur de ses biens d'agrément : logements réservés à la famille, yachts, voitures de tourisme, bijoux, vins, chevaux. Premiers exercices visés : ceux clos à partir du 31 décembre 2026.
Ce que ça veut dire pour vous
Vos placements financiers et votre immobilier loué dans une holding ne sont pas visés. Ce sont les biens de jouissance logés dans la société qui coûtent cher : à faire vérifier avant la clôture de son exercice.

Droits de succession

Ce qu'elle dit
En ligne directe, après un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, le taux monte par tranches jusqu'à 45 % : ce taux s'applique à ce que chaque enfant reçoit au-delà d'environ 1,9 M€.
Ce que ça veut dire pour vous
Sur 10 M€ transmis à deux enfants sans préparation, la facture approche 3,9 M€. Elle se réduit fortement avec du temps et de la méthode.

7. Trois histoires pour comprendre

Ces trois situations sont inventées mais typiques. Les chiffres sont arrondis et simplifiés pour rester lisibles ; ils montrent des ordres de grandeur, pas un conseil applicable tel quel.

Patrick, 56 ans, vend son entreprise 18 M€

Patrick a fondé il y a 22 ans une PME industrielle près de Lyon. Un fonds d'investissement lui propose 18 M€. Il veut continuer à travailler quelques années, puis transmettre à ses trois enfants.

Le piège. S'il vend directement, sa plus-value est taxée l'année de la vente : au moins 5,6 M€ au prélèvement forfaitaire de 31,4 %, auxquels s'ajoutent les contributions sur les hauts revenus. Plus d'un tiers du prix part en impôts.

Ce qui change tout. Avant la signature, Patrick apporte une partie de ses titres à une société holding qu'il contrôle, et c'est la holding qui vend. C'est l'« apport-cession » : l'impôt sur cette partie n'est pas supprimé, il est reporté. En échange, la holding doit réinvestir au moins 70 % du prix dans des entreprises en activité dans les trois ans, et conserver ces investissements au moins cinq ans. Si Patrick donne plus tard les titres de sa holding à ses enfants, ou à son décès, cet impôt reporté peut être définitivement effacé.

L'ordre de grandeur

Patrick a créé son entreprise : presque tout le prix de vente est de la plus-value. Sur 12 M€ apportés à la holding, ce sont donc environ 3,8 M€ d'impôt qui restent investis au lieu d'être payés tout de suite. La contrepartie : ces sommes servent à financer des entreprises, pas des placements de pure épargne ni de l'immobilier. Après la signature, il est trop tard pour mettre ce mécanisme en place. Pour le détail : l'apport-cession expliqué.

Sylvie, 67 ans, hérite de 10 M€

Sylvie, veuve, hérite de sa mère : de l'assurance-vie, des actions et des appartements à Paris. Les droits de succession ont déjà été payés. Elle a deux enfants d'une quarantaine d'années et quatre petits-enfants.

Le piège. Tout garder « en l'état » et laisser la transmission suivante se faire au décès : ses enfants paieraient à leur tour des droits très élevés sur ce qu'elle n'aura pas organisé, soit une deuxième taxation lourde du même patrimoine en une génération.

Ce qui change tout. D'abord, relire et réécrire les clauses bénéficiaires de ses contrats d'assurance-vie, souvent anciennes. Ensuite, commencer tout de suite à donner : 100 000 € plus 31 865 € à chacun de ses deux enfants, soit 263 730 € transmis sans aucun droit dès cette année, et 31 865 € à chaque petit-enfant majeur. Enfin, donner la nue-propriété d'un appartement en gardant les loyers : à son âge, les droits ne portent que sur 60 % de sa valeur.

L'ordre de grandeur

Chaque année gagnée compte : les donations se renouvellent tous les 15 ans, et la valeur imposable de la nue-propriété augmente avec l'âge du donateur. Commencer à 67 ans plutôt qu'à 80 ans peut faire économiser plusieurs centaines de milliers d'euros à ses enfants. Pour le détail : hériter puis retransmettre sans double taxation.

Alain et Anne, 62 et 60 ans, veulent vivre de leurs revenus

Retraités à Bordeaux, ils détiennent 11 M€ : 4 M€ d'immobilier (leur résidence principale de 1,8 M€, deux immeubles locatifs et des parts de SCPI) et 7 M€ de placements financiers. Ils veulent dépenser environ 300 000 € par an.

Le piège. Penser que leur impôt sur la fortune porte sur 11 M€, ou au contraire l'oublier. Seul l'immobilier compte : leur résidence principale est retenue pour 70 % de sa valeur, ce qui donne 3,46 M€ taxables et un IFI d'environ 20 300 € par an.

Ce qui change tout. Comme ils soutiennent déjà la recherche médicale, ils orientent une partie de leurs dons vers une fondation reconnue d'utilité publique : 75 % du don vient en réduction de l'IFI, dans la limite de 50 000 € de réduction par an. Un don d'environ 27 000 € suffit à ramener leur IFI à zéro. Et en retirant d'abord sur leurs contrats d'assurance-vie de plus de 8 ans, ils ne sont imposés que sur la part de gains de chaque retrait.

L'ordre de grandeur

300 000 € par an sur 11 M€, c'est 2,7 % du capital. Avec le calcul de la section 2, il faut que leurs placements rapportent environ 4,7 % par an net de frais et d'impôts pour que leur capital garde son pouvoir d'achat sur 25 ans. À 4 %, il en perdrait environ un quart : c'est un choix possible, à condition de le faire en connaissance de cause. Pour le détail : réduire son IFI.

Votre situation est différente ? Nous avons des guides dédiés pour un retour en France après une expatriation, pour les fondateurs qui encaissent des BSPCE ou des actions, pour les sportifs et artistes et pour un gain au loto.

8. Les 6 erreurs qui coûtent le plus cher

Aucune de ces erreurs ne vient d'un manque de moyens. Elles viennent presque toujours d'un manque de coordination : un avocat pour la vente, un notaire pour la succession, un banquier pour les placements, un expert-comptable pour la société, et personne pour faire le lien.

  1. Vendre son entreprise sans préparation. Une fois la vente signée, les mécanismes de report ou de réduction d'impôt ne sont plus accessibles. L'écart se chiffre en millions.
  2. Laisser l'argent dormir des mois sur un compte courant. Avec 2 % d'inflation, 10 M€ perdent environ 200 000 € de pouvoir d'achat par an.
  3. Tout investir trop vite, au même endroit. Placer l'ensemble en une seule fois, chez un seul établissement ou sur une seule classe d'actifs, expose à une mauvaise année au pire moment.
  4. Ne pas regarder les frais en euros. Un écart de 1 % de frais, c'est 100 000 € par an, et plusieurs millions sur 30 ans une fois les intérêts composés pris en compte.
  5. Oublier ses clauses bénéficiaires. Une clause d'assurance-vie ancienne ou imprécise peut envoyer des millions à la mauvaise personne, ou les faire retomber dans la succession.
  6. Repousser la transmission. Les donations se renouvellent tous les 15 ans et la nue-propriété vaut plus cher avec l'âge : chaque année perdue coûte des droits en plus à vos enfants.

9. Qui choisir pour vous accompagner ?

À 10 M€, vous aurez besoin de plusieurs spécialistes. La question est surtout de savoir qui les coordonne, et combien cela coûte au total.

Banque privée

Ce qu'il apporte
Gestion des placements et crédit (par exemple emprunter en donnant ses placements en garantie) au sein d'un même établissement
À vérifier
La part de produits de la maison et le total des frais en euros

Conseiller en gestion de patrimoine

Ce qu'il apporte
Une vue d'ensemble, le choix entre plusieurs assureurs et gestionnaires, la coordination avec notaire et avocat
À vérifier
Son statut (inscription à l'ORIAS), son mode de rémunération et le total des frais en euros

Family office partagé entre plusieurs familles

Ce qu'il apporte
Un suivi global : consolidation des comptes, gouvernance familiale, coordination des experts
À vérifier
Ses honoraires, souvent calculés en pourcentage des actifs suivis

Family office dédié à une seule famille

Ce qu'il apporte
Une équipe salariée à votre seul service
À vérifier
Son coût fixe, qui ne se justifie généralement qu'à partir de plusieurs dizaines de millions

Le bon réflexe : demandez à chaque interlocuteur le total des frais annuels, en euros et poste par poste (contrat, fonds, gestion, rémunération du conseil), sur une même répartition. C'est la seule façon de comparer.

Chez Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291, le conseil est fourni de manière non indépendante : ces frais et notre rémunération vous sont présentés par écrit, en euros, avant toute recommandation. Pour comparer les modèles : banque privée ou cabinet de gestion de fortune et family office dédié ou partagé.

Les mots du guide

Apport-cession
Apporter les titres de son entreprise à sa holding avant de la vendre, pour reporter l'impôt sur la plus-value.
Assurance-vie luxembourgeoise
Un contrat d'assurance-vie souscrit auprès d'un assureur au Luxembourg, avec une protection renforcée de l'épargne. Pour un résident français, la fiscalité reste française.
Démembrement
Séparer la propriété d'un bien en deux : l'usufruit (l'usage et les revenus) et la nue-propriété (le bien lui-même, récupéré plus tard).
Holding
Une société dont le rôle est de détenir d'autres sociétés ou des placements.
IFI
Impôt sur la fortune immobilière : il remplace l'ISF depuis 2018 et ne porte que sur l'immobilier.
Pacte Dutreil
Un engagement de conserver les titres d'une entreprise familiale, en échange d'une exonération de 75 % de leur valeur lors de la transmission.
Private equity
Investir dans des entreprises non cotées en bourse, souvent via des fonds, pour plusieurs années.
SCPI
Une société qui achète et gère de l'immobilier pour le compte de ses associés et leur reverse les loyers.

Ce qu'il faut retenir

  1. 10 millions d'euros permettent de bien vivre de ses revenus, à condition de dépenser moins que le rendement net diminué de l'inflation : autour de 200 000 € par an pour garder intact le pouvoir d'achat du capital, avec 4 % de rendement net.
  2. L'ordre des décisions compte plus que le choix des placements. Préparer une vente avant de signer, regarder les frais en euros, commencer la transmission tôt : ce sont ces trois gestes qui font gagner ou perdre des millions.
  3. Personne ne maîtrise seul tous les sujets. Fiscalité, droit de la famille, placements : à ce niveau, il faut quelqu'un qui coordonne les spécialistes et dont la rémunération est claire.
Hagnéré Patrimoine

Faire le point sur votre situation

Un premier échange offert et confidentiel avec Clément Chatelain, président de Hagnéré Patrimoine : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée et sans engagement. Une étude chiffrée peut suivre, dans le cadre d'une lettre de mission.

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Sources

Les règles citées ont été relues sur leurs textes officiels le 6 octobre 2026.

Mentions légales et avertissements

Avertissement

Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine SAS (siège à Bassens, 73000, près de Chambéry), cabinet de conseil en gestion de patrimoine titulaire des statuts CIF (Conseiller en Investissements Financiers, art. L. 541-1 CMF), COA (Courtier en Assurance) et COBSP (Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement), immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291, adhérent de la CNCEF Patrimoine, association agréée par l'Autorité des marchés financiers. Le conseil est fourni de manière non indépendante : le cabinet peut percevoir des commissions des fournisseurs des produits.

Cet article a une vocation pédagogique uniquement. Les exemples chiffrés et les histoires (Patrick, Sylvie, Alain et Anne) sont illustratifs et ne constituent ni un conseil personnalisé en investissement, ni une recommandation fiscale, ni une sollicitation. Toute décision patrimoniale exige une analyse de votre situation civile, fiscale, professionnelle et patrimoniale.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les placements évoqués comportent des risques, notamment de perte en capital et d'illiquidité. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur au 6 octobre 2026 ; le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chacun et peut être modifié ultérieurement.

Questions fréquentes

Questions fréquentes — investir 10 millions d'euros

Cela dépend de la prudence de vos placements, et rien n'est garanti. À titre d'ordre de grandeur, un rendement de 2 à 4 % par an après frais donne 200 000 à 400 000 € par an, soit environ 16 700 à 33 300 € par mois, avant impôts. Chaque point de rendement, ou de frais, représente 100 000 € par an. Pour garder le pouvoir d'achat de votre capital, il faut en plus réinvestir chaque année l'équivalent de l'inflation.

Oui, à condition de dépenser moins que ce que le capital rapporte une fois l'inflation déduite. Exemple : avec 4 % par an net de frais et d'impôts et 2 % d'inflation, dépenser 200 000 € par an (revalorisés chaque année) préserve exactement le pouvoir d'achat du capital sur 25 ans. Dépenser 300 000 € le réduit d'environ un tiers en valeur réelle, 400 000 € de plus de 60 %.

Ne rien décider dans l'urgence. Mettez l'argent à l'abri quelques semaines sur des supports à capital garanti (compte à terme, fonds en euros), répartis entre plusieurs établissements, posez vos objectifs (vivre des revenus, faire grandir, transmettre), puis faites établir un bilan complet. La seule urgence réelle se situe AVANT l'événement : une vente d'entreprise se prépare avant la signature, pas après.

L'impôt sur la fortune immobilière ne vise que l'immobilier (en direct, en SCPI ou via des sociétés), pas les placements financiers. Pour 4 M€ d'immobilier taxable, il est d'environ 25 700 € par an ; si les 10 M€ étaient entièrement immobiliers, d'environ 98 200 €. Votre résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %.

Sans aucune préparation, un parent qui transmet 10 M€ à deux enfants leur laisse environ 3,9 M€ de droits de succession à payer, car le taux atteint 45 % au-delà d'environ 1,9 M€ reçu par enfant d'un même parent. Des donations régulières (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans), l'assurance-vie et la donation de la nue-propriété permettent de réduire fortement cette facture, à condition de commencer tôt.

En général non. Un family office dédié, c'est une équipe salariée de plusieurs personnes au service d'une seule famille : son coût ne se justifie qu'à partir de plusieurs dizaines de millions. À 10 M€, on s'appuie plutôt sur un conseiller en gestion de patrimoine, une banque privée ou un family office partagé entre plusieurs familles, en comparant le total des frais en euros.

Les deux peuvent convenir. La vraie comparaison porte sur trois points : le total des frais annuels exprimé en euros (et non en pourcentage), l'étendue des solutions proposées (produits maison ou offre ouverte) et la capacité à coordonner fiscaliste, notaire et avocat. Sur 10 M€, un point de frais en moins représente 100 000 € par an.

La méthode reste la même ; les montants suivent. À 3 % par an après frais, 5 M€ produisent environ 150 000 € par an et 7 M€ environ 210 000 €. Pour garder le pouvoir d'achat du capital avec 4 % net et 2 % d'inflation, on dépense au plus 2 % du capital : environ 100 000 € par an à 5 M€, 140 000 € à 7 M€. Quatre seuils comptent : la taxe sur les holdings à partir de 5 M€ d'actifs dans la société, le taux de 45 % des droits au-delà d'environ 1,9 M€ reçus par enfant, la contribution sur les hauts revenus et la tranche d'IFI à 1,25 % au-delà de 5 M€ d'immobilier.

Rarement pour cette seule raison. Quitter la France peut déclencher une imposition des plus-values latentes sur vos titres (exit tax) dès 800 000 € de participations, et l'administration contrôle la réalité du départ. Une organisation patrimoniale bien construite en France est souvent plus sûre. Un départ ou un retour d'expatriation se prépare au moins un an à l'avance.