Parlez à un gestionnaire de fortune indépendant
Family office, assurance-vie luxembourgeoise, private equity, structuration internationale et transmission : nous construisons une stratégie cohérente pour les patrimoines élevés, sans conflit d'intérêts.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en gestion de fortune et stratégies family office
Quentin Hagnéré accompagne les familles fortunées, dirigeants et cédants sur l'allocation multi-actifs, les enveloppes premium, la structuration patrimoniale et la transmission de long terme.
Sommaire
- 1. Introduction
- 2. Du patrimoine professionnel au patrimoine financier organisé
- 3. Trois chantiers de front : réinvestir, structurer, transmettre
- 4. Les 4 poches à l'échelle de 10 M
- 5. Enveloppes : holding IS, capitalisation, AV lux, lombard
- 6. Allocation cible selon votre profil de risque
- 7. Préparer la transmission : donation, démembrement, Dutreil
- 8. Fiscalité 2026 du cédant à 10 M
- 9. Exemple chiffré : architecture d'un patrimoine de 10 M
- 10. La méthode Hagnéré Patrimoine
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 22 juin 2026 · Temps de lecture : ~20 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS (l'organisme officiel qui inscrit et contrôle les intermédiaires en assurance, banque et finance).
En 60 secondes
- Pour qui ? Dirigeant ayant cédé — ou en passe de céder — son entreprise pour environ 10 M€.
- Ce que vous y gagnez : l'architecture complète des 10 M en 4 poches, holding à l'IS et transmission, pensée en une seule manœuvre.
- Chiffres clés 2026 : remploi de l'apport-cession relevé à 70 %, et plus-value de cession taxée au PFU 31,4 % (et non 30 %).
- Risque principal : empiler des produits au lieu d'orchestrer un système patrimonial cohérent.
- Temps de lecture : ~20 min — ou 5 min en sautant à votre profil de risque.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour à la date de publication mais la législation peut évoluer. La fiscalité dépend de votre situation individuelle. Tous les chiffres et cas présentés sont illustratifs et non garantis : tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants, professions libérales et non-résidents. Le cabinet applique la méthodologie CGP en 5 étapes conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable de 30 à 80 pages.
1. Introduction
Le jour de la cession, vous basculez en quelques heures d'un actif unique, concentré et illiquide — votre entreprise — à 10 millions d'euros de liquidités sur un compte. La question « que faire de 10 millions après la cession» paraît simple ; elle ne l'est pas. Le mauvais réflexe est juste là : empiler des produits, ouvrir trois assurances-vie, placer « pour faire quelque chose », et laisser par défaut la plus-value se faire taxer au PFU de 31,4 % (et non 30 %) quand un apport préalable à une holding aurait pu la placer en report. À 10 M, on ne gère plus des produits : on pilote un système.
Vous allez repartir avec l'architecture complète d'un patrimoine de 10 M — quatre poches calibrées sur trois profils de risque (de ~3 % à ~7 %+ net/an), la place exacte de la holding à l'IS, du contrat de capitalisation, de l'assurance-vie luxembourgeoise et du crédit lombard, et la façon de transmettre dès le premier jour. Le tout pensé comme une seule manœuvre, pas comme une succession de décisions isolées.
Ce système repose sur trois chantiers indissociables. Il faut réinvestirles 10 M selon une allocation pensée, et le faire à l'intérieur d'une holding patrimoniale qui devient le socle de tout l'édifice. Reste à transmettre— tôt, pour figer la valeur avant qu'elle ne grossisse. Traités séparément, ces trois chantiers coûtent cher ; orchestrés ensemble, ils créent la valeur.
Ce que cet article traite (et ce qu'il ne traite pas)
Ce guide porte sur l'après-cession : que faire des 10 M une fois encaissés. Pour optimiser la facture fiscale de la cession elle-même — pacte Dutreil, abattement de 500 000 € pour départ à la retraite, donation avant cession, CEHR / CDHR, earn-out et crédit-vendeur — consultez notre guide dédié céder son entreprise 2026 : les leviers pour réduire l'impôt. Pour la rente réaliste que produisent 10 M une fois placés, voir combien rapporte 10 M placés.
2. Céder pour 10 M : passer d'un patrimoine professionnel à un patrimoine financier organisé
Avant la cession, votre patrimoine était simple à décrire : il était presque entièrement composé d'un seul actif, votre société. Concentré, illiquide, mais que vous maîtrisiez de l'intérieur. Après la cession, vous détenez 10 M de capitaux parfaitement liquides, et qui se retrouvent soudain dénués de tout cadre. Ce changement de nature est le vrai sujet : il ne s'agit pas de remplacer un placement par un autre, mais de recréer une structurelà où il n'y en a plus.
Deux réflexes opposés guettent le cédant. Le premier est de tout sécuriser : laisser les 10 M sur des fonds euros et des liquidités, « le temps de réfléchir ». Le second est de tout réinvestirdans une seule grande opération (un immeuble, une nouvelle entreprise, un projet d'ami). Les deux confondent prudence et immobilisme, ou audace et concentration. Le risque réel n'est pas la volatilité de court terme : c'est l'érosion par l'inflation, la fiscalité subie faute de structure, et une transmission non anticipée qui se paiera plein tarif.
À 10 M, vous entrez dans la logique du family office: horizon long, diversification à la fois par classes d'actifs etpar enveloppes, et une poche illiquide qui devient significative, avec une transmission pensée dès l'encaissement. C'est exactement la philosophie de la gestion en family office et de la gestion de fortune, que nous appliquons aux patrimoines de cette taille.
Le réflexe à éviter : confondre « sécuriser » et « immobiliser »
10 M placés intégralement sur des fonds euros à environ 2,6 % net (référence illustrative) voient leur pouvoir d'achat s'éroder dès que l'inflation dépasse ce rendement. À l'inverse, 10 M engagés dans une seule opération illiquide concentrent un risque majeur. La réponse n'est ni l'un ni l'autre : c'est la répartition en quatre poches complémentaires, détaillée plus bas.
3. Trois chantiers à mener de front : réinvestir, structurer la holding, préparer la transmission
La tentation naturelle est de procéder par étapes : d'abord placer l'argent, ensuite « voir » pour la holding, et un jour, « plus tard », penser à la transmission. C'est l'erreur qui coûte le plus cher. Ces trois chantiers ne sont pas séquentiels mais simultanés, parce qu'ils s'influencent mutuellement.
- Réinvestir, c'est allouer les 10 M selon la méthode des 4 poches (sécurité, revenu, croissance, illiquide), décrite à la section suivante.
- Structurer, c'est choisir où loger ces poches : en nom propre ou, le plus souvent, via une holding patrimoniale à l'IS qui capitalise sans frottement personnel.
- Transmettre, c'est donner tôt des parts de la holding ou d'une SCI en démembrement, pour figer la valeur transmise tout en conservant l'usufruit, donc les revenus et la gouvernance.
La structurechoisie aujourd'hui conditionne à la fois l'allocation possible (une holding ouvre le contrat de capitalisation à l'IS et le compte-titres) et la transmission future (on transmet des parts de holding, pas des lignes éparses). Penser l'ensemble en une seule manœuvre coordonnée, c'est ce qui sépare un patrimoine qu'on subit d'un patrimoine qu'on pilote.
La holding patrimoniale : le couteau suisse du dirigeant cédant
La holding patrimoniale à l'IS est l'outil central. Bien utilisée, elle remplit quatre fonctions en une seule structure :
- Recevoir l'apport des titres avant la cession→ la plus-value est placée en report d'imposition (art. 150-0 B ter du CGI), au lieu d'être taxée immédiatement.
- Capitaliser sans impôt sur le revenu personnel: grâce au régime mère-fille, les dividendes remontés ne sont taxés que sur une quote-part de frais et charges de 5 %, soit un IS effectif de l'ordre de 1,25 % ; l'intégration fiscale est possible.
- Loger un contrat de capitalisation à l'IS et un compte-titres au sein de la holding, pour faire travailler la trésorerie longue.
- Servir de support à la transmission: on donne des parts de holding en démembrement plutôt qu'une mosaïque d'actifs.
Pour le détail du fonctionnement, voir nos guides holding patrimoniale et placer la trésorerie de sa société.
La holding n'est pas une boîte magique
L'impôt sur les sociétés reste dû sur les revenus capitalisés le jour où ils sortent vers vous personnellement. Si la holding cède les titres apportés moins de 3 ans après l'apport, l'obligation de remploi de 70 % s'applique (voir section 5). Le formalisme (comptabilité, assemblées, gouvernance) est réel. La holding optimise, elle ne supprime pas l'impôt. La fiscalité fine de la cession est traitée dans notre guide sur l'optimisation de la cession.
4. Les 4 poches à l'échelle de 10 M : où l'illiquide prend vraiment sa place
Notre signature méthodologique répartit tout patrimoine en quatre poches : Sécurité (la réserve qui ne bouge pas), Revenu (les flux réguliers), Croissance (le moteur de long terme) et Illiquide(la prime de patience). Ce qui change à 10 M, c'est le poids de la poche illiquide: autour de 10-15 % à 1 M, elle monte à 30-35 % à 10 M, exactement comme dans un family office. Pour l'angle placement pur de ce niveau de patrimoine, voir investir 10 M en 2026.
| Poche | Prudent (~3 %) | Équilibré (~5 %) | Dynamique (~7 %+) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 40 % — 4 M | 22 % — 2,2 M | 10 % — 1 M |
| Revenu | 30 % — 3 M | 28 % — 2,8 M | 18 % — 1,8 M |
| Croissance | 18 % — 1,8 M | 30 % — 3 M | 37 % — 3,7 M |
| Illiquide | 12 % — 1,2 M | 20 % — 2 M | 35 % — 3,5 M |
Poche Sécurité : la trésorerie longue de la holding
La poche Sécurité combine fonds euros et obligataire daté (le portage: on achète des obligations dont l'échéance et le rendement sont connus à l'avance), logés dans le contrat de capitalisation de la holding (à l'IS) et en assurance-vie luxembourgeoise. C'est la trésorerie longue : elle rend un revenu régulier sans exposition action significative. Référence illustrative : fonds euros autour de 2,6 % net. Les prélèvements sociaux sur capitalisation et assurance-vie sont de 17,2 %.
Poche Revenu : transformer 10 M en flux réguliers
La poche Revenu produit des loyers, intérêts et coupons réguliers : SCPI européennes (référence illustrative ~4,7-4,9 %), dette privée et structures à coupon avec protection partielle, logées en capitalisation et assurance-vie luxembourgeoise (FAS). C'est le socle de flux qui peut alimenter une distribution régulière, utile à qui souhaite vivre de ses rentes.
Poche Croissance : actions monde, le moteur de long terme
La poche Croissance, c'est l'exposition actions de long terme : ETF actions monde (MSCI World) et S&P 500, logés en PEA (dans la limite de son plafond de 150 000 € en nom propre), en assurance-vie et sur le compte-titres de la holding. Le PEA est exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais les prélèvements sociaux de 18,6 %restent dus à la sortie. À 10 M, le plafond du PEA étant vite atteint, l'essentiel des actions se loge en assurance-vie et sur le compte-titres de la holding.
Poche Illiquide : private equity, dette privée, infrastructure
À 10 M, l'illiquide devient une poche structurante : private equity (non coté), dette privée, infrastructure et nue-propriété de SCPI (décote à l'achat et sortie temporaire de l'assiette IFI). Sa prime d'illiquidité et ses actifs réels paient un rendement décorrélé des marchés cotés. Elle se déploie par millésimes successifs — on étale les appels de fonds sur plusieurs années — avec un horizon de 10 à 12 ans. Référence illustrative : private equity autour de 11 % par an net en moyenne, avec une forte dispersion et un risque de perte en capital.
Point de vigilance : l'illiquide ne se gère pas comme un fonds euros
Monter la poche illiquide à 30-35 % n'est tenable qu'à deux conditions. D'abord l'horizon : private equity, dette privée et infrastructure immobilisent le capital 10 à 12 ans, sans rachat possible — il faut donc une poche Sécurité et Revenu suffisante pour ne jamais être forcé de vendre. Ensuite la dispersion: la moyenne de ~11 % par an du non-coté masque un écart énorme entre les meilleurs et les pires millésimes. D'où la règle du déploiement par millésimes successifssur plusieurs années, qui dilue le risque de point d'entrée. Le rendement n'est jamais garanti et le risque de perte en capital est réel et élevé.
Le pont fiscalité → allocation : le remploi 70 % comme moteur de l'illiquide
C'est le différenciateur de l'approche. Le remploi de 70 %imposé par le 150-0 B ter quand la holding cède dans les 3 ans n'est pas une contrainte à subir : il peut être dirigé vers une activité économique éligible — private equity, infrastructure, dette privée éligibles. Autrement dit, la contrainte fiscale finance et construit votre poche illiquide, au lieu de la parasiter. Le hub remploi apport-cession et les fonds de remploi éligibles illustrent cette mécanique.
5. Enveloppes : holding à l'IS, capitalisation, AV luxembourgeoise et crédit lombard
Une allocation n'existe pas en l'air : chaque poche doit être logée dans l'enveloppefiscalement la plus efficace. À 10 M, six enveloppes se combinent, chacune avec sa fiscalité propre. C'est ici que la vigilance sur la dualité des prélèvements sociaux 2026 est cruciale.
| Enveloppe | Rôle | Fiscalité clé 2026 | Poches logées |
|---|---|---|---|
| Holding à l'IS | Socle, capitalise sans IR perso | IS ; mère-fille (QPFC 5 %) ; report 150-0 B ter | Toutes (via capi IS + CTO) |
| Contrat de capitalisation (IS) | Capitaliser dans la holding ; conserve l'antériorité, se transmet | PS 17,2 % ; IS à la sortie | Sécurité, Revenu |
| AV luxembourgeoise (FID/FAS) | Architecture ouverte, multidevises, super-privilège | Après 8 ans : 7,5 % puis 12,8 % ; PS 17,2 % ; 990 I hors succession | Sécurité, Revenu, Croissance |
| PEA | Actions en nom propre | Exonéré IR après 5 ans ; PS 18,6 % à la sortie | Croissance |
| Compte-titres holding | Croissance logée dans la holding | IS | Croissance |
| Crédit lombard | Financer sans désinvestir | Intérêts ; adossé à l'AV lux | Levier transverse |
Le crédit lombardmérite une mention à part. Adossé à l'assurance-vie luxembourgeoise, il permet de financer une opération ou de nouveaux engagements (appels de fonds de private equity, acquisition, opportunité) sans désinvestirni déclencher de fiscalité sur les plus-values latentes : on nantit le contrat et on emprunte une fraction de sa valeur. C'est un levier de trésorerie puissant, détaillé dans notre guide crédit lombard et AV luxembourgeoise, à manier avec prudence puisqu'il reste un crédit.
Apport-cession et report d'imposition : le réinvestissement économique
L'apport-cession est le mécanisme qui commande tout l'assemblage. En résumé (le détail est dans le guide dédié) : on apporte les titres à une holding à l'IS contrôlée avant la cession → la plus-value est placée en report d'imposition (art. 150-0 B ter). Si la holding cède les titres dans les 3 ans, elle doit remployer 70 % du produit de cession dans une activité économique éligible, sous 3 ans, en conservant les actifs de remploi 5 ans. Au-delà de 3 ans de détention par la holding, le report est maintenu sans obligation de remploi.
Remploi 150-0 B ter : ce qui change en 2026
La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a durci le dispositif pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026 :
- Quota de remploi porté de 60 % à 70 % du produit de cession.
- Délai de remploi allongé de 2 à 3 ans.
- Conservation des actifs de remploi portée à 5 ans (contre 12 mois pour le réinvestissement en direct).
- Activités désormais excluesdu remploi : marchand de biens, construction-vente d'immeubles, gestion et location d'immeubles.
Pour la mécanique complète, voir apport-cession 150-0 B ter et le hub remploi apport-cession. Pour réduire la facture fiscale de la cession elle-même, retournez au guide d'optimisation de la cession.
Une cession à 10 M se prépare avant la signature
L'apport des titres à la holding doit être signé avant la cession : après, le report 150-0 B ter n'est plus possible. Faisons le point sur votre calendrier.
6. Allocation cible selon votre profil de risque
Mêmes 4 poches dans les trois grilles ci-dessous ; seul le dosage change, selon que vous privilégiez la sécurité ou le rendement, et selon votre horizon. Elles sont des repères illustratifs, non des recommandations personnalisées : votre allocation réelle se détermine après un bilan.
Profil prudent — vise ~3 % net/an, priorité au capital
- Sécurité ~40 % (4 M) : fonds euros et obligataire daté (portage), logés en contrat de capitalisation de la holding (IS) et en AV luxembourgeoise — une trésorerie de long terme qui produit du rendement sans exposition actions notable.
- Revenu ~30 % (3 M) : SCPI européennes, dette privée et structures à coupon avec protection partielle, en capitalisation et AV luxembourgeoise (FAS) — loyers, intérêts et coupons réguliers.
- Croissance ~18 % (1,8 M) : ETF actions monde en PEA (plafond, en nom propre) et en assurance-vie.
- Illiquide ~12 % (1,2 M) : nue-propriété de SCPI, infrastructure et une poche mesurée de private equity, dont la décote et les actifs réels paient un rendement décorrélé.
Le rendement vient surtout du portage obligataire et des loyers ; la croissance assure le maintien du pouvoir d'achat. Au fil du temps, on transforme une partie du fonds euros en obligataire daté et on amorce des donations en démembrement, pour figer la valeur transmise tout en conservant l'usufruit et les revenus.
Profil équilibré — vise ~5 % net/an, le standard à 10 M
- Sécurité ~22 % (2,2 M) : fonds euros et obligataire daté (portage) en capitalisation holding et AV luxembourgeoise.
- Revenu ~28 % (2,8 M) : SCPI européennes, dette privée et structures à coupon en AV luxembourgeoise (FAS) et capitalisation — un socle de flux qui peut alimenter une distribution régulière.
- Croissance ~30 % (3 M): ETF actions monde et S&P 500 en PEA, assurance-vie et compte-titres de la holding.
- Illiquide ~20 % (2 M): private equity (non coté), dette privée, infrastructure et nue-propriété de SCPI, qui captent une prime d'illiquidité et lissent le couple rendement/risque sur 10 ans.
Le moteur combine les loyers et coupons côté Revenu, la croissance des actions et le surcroît du non-coté. La holding à l'IS permet de capitaliser sans frottement annuel et de réinvestir les distributions. Sur la durée, l'illiquide est appelé par millésimes successifs, et la transmission s'organise par donations progressives de parts de holding ou de SCI, en démembrement.
Profil dynamique / offensif — vise ~7 %+ net/an, l'illiquide à 35 %
- Sécurité ~10 % (1 M) : obligataire daté (portage) et un reliquat de fonds euros en capitalisation holding, pour la trésorerie de manœuvre.
- Revenu ~18 % (1,8 M) : dette privée, SCPI européennes et structures à coupon en AV luxembourgeoise (FAS), flux destinés à financer les appels de fonds et le train de vie.
- Croissance ~37 % (3,7 M): ETF actions monde et S&P 500 en PEA, compte-titres holding et assurance-vie.
- Illiquide ~35 % (3,5 M): private equity (non coté) multi-millésimes, dette privée illiquide, infrastructure et une poche d'or de couverture.
Le rendement provient majoritairement de la croissance actions et du non-coté, dont la prime récompense un horizon de 10-12 ans. Le crédit lombardadossé à l'AV luxembourgeoise permet de financer une opération ou de nouveaux engagements sans désinvestir. Le réinvestissement économique d'un apport-cession (150-0 B ter) peut être dirigé vers le private equity et l'infrastructure éligibles, en déployant sur plusieurs années.
7. Préparer la transmission : donation, démembrement, pacte Dutreil
Le moment de la cession est aussi le moment idéal pour transmettre : la valeur des parts est connue, et elle ne fera (espérons-le) qu'augmenter. En donnant tôt, vous figez la valeur taxableà celle d'aujourd'hui, avant qu'elle ne grossisse.
Le levier central est la donation de parts de holding ou de SCI en démembrement. On donne la nue-propriétédes parts et on conserve l'usufruit— donc les revenus et la gouvernance. La valeur taxable de la nue-propriété dépend de l'âge de l'usufruitier selon le barème de l'article 669 du CGI : plus on donne tôt, plus la nue-propriété est faiblement valorisée. Et à l'extinction de l'usufruit (au décès), la pleine propriété se reconstitue entre les mains des enfants sans droits supplémentaires (art. 1133 du CGI).
Cette donation s'appuie sur l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, rechargeable tous les 15 ans (art. 779 et 784 du CGI) : en commençant tôt, vous pouvez enchaîner plusieurs donations à 15 ans d'intervalle et réutiliser l'abattement à chaque fois. Lorsqu'une activité opérationnelle éligible est conservée ou réinvestie, le pacte Dutreil(art. 787 B) peut, sous engagements de conservation, exonérer 75 % de l'assiette des droits sur les titres opérationnels — son détail figure dans notre guide dédié à la cession.
Enfin, l'assurance-viecomplète l'arsenal : le capital se transmet hors succession via l'article 990 I (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà), ou l'article 757 B après 70 ans (abattement global de 30 500 €, gains exonérés). Voir notre guide succession 2026.
Réinvestir ET transmettre en même temps
Concrètement, la holding est conçue dès le départ pour accueillir une donation de parts ; on n'attend pas d'avoir tout placé pour y penser. Dans le cas de Madame V. (section 9), l'acte de donation des parts en démembrement se signe le même trimestre que l'ouverture des contrats, pas trois ans plus tard — la valeur transmise est figée bas, et l'usufruit laisse les revenus à la cédante.
8. Fiscalité 2026 du cédant à 10 M
Survol des points fiscaux qui structurent l'après-cession (le détail de la fiscalité de la cession elle-même est dans le guide dédié) :
- Plus-value de cession : au PFU, elle est taxée à 31,4 %(12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, car c'est une plus-value mobilière), ou au barème avec abattements pour durée de détention pour les titres acquis avant 2018 sous conditions. Attention : ce n'est pas 30 %(taux réservé à l'assurance-vie).
- Apport-cession (150-0 B ter): report d'imposition, remploi de 70 % si cession dans les 3 ans (voir section 5).
- Holding à l'IS : régime mère-fille (quote-part de frais et charges de 5 %), intégration possible, capitalisation sans IR personnel. Le contrat de capitalisation détenu par la holding conserve son antériorité et se transmet.
- Assurance-vie : cadre avantageux après 8 ans, et transmission hors succession via le 990 I.
- IFI: ne vise que la composante immobilière (seuil de 1,3 M de patrimoine immobilier net, barème jusqu'à 1,5 %). La nue-propriété sort temporairement de l'assiette ; l'assurance-vie et la capitalisation comptent pour leur seule fraction immobilière (art. 972 du CGI). Voir optimisation IFI.
- Hauts revenus: la CEHR (art. 223 sexies, 3 % puis 4 % au-delà de 250 k€ / 500 k€ de RFR) et la CDHR (art. 224, plancher de 20 % du RFR, pérennisée par la LF 2026, prélèvements sociaux exclus du numérateur) peuvent s'appliquer l'année de la cession — traitées en détail dans le guide dédié.
Garde-fou prélèvements sociaux 2026 : ne pas appliquer un taux unique
Depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sont duaux : 17,2 %sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers et les plus-values immobilières ; mais 18,6 % (CSG +1,4 pt) sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, le PEA et le PER. La plus-value de cession de titres relevant des plus-values mobilières, elle subit donc 18,6 % de PS, soit un PFU de 31,4 % — jamais 30 %.
9. Exemple chiffré : architecture d'un patrimoine de 10 M
Hypothèses explicites
Cas purement illustratif, non garanti, avec risque de perte en capital. Les rendements retenus sont des hypothèses moyennes de travail, pas une promesse.
Madame V., 58 ans, cède son entreprise pour 10 M et opte pour un profil équilibré via une holding à l'IS. Son allocation :
| Poche | Montant | Supports | Enveloppe |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 2,2 M | Fonds euros + obligataire daté | Capi holding (IS) + AV lux |
| Revenu | 2,8 M | SCPI européennes + dette privée + structures | AV lux (FAS) + capi |
| Croissance | 3 M | ETF actions monde | PEA + compte-titres holding + AV |
| Illiquide | 2 M | Private equity + infrastructure | Engagements multi-millésimes |
La holding à l'IS capitalise les distributions sans frottement personnel ; en parallèle, Madame V. donne en démembrement des parts à ses deux enfants pour amorcer la transmission. À un rendement moyen hypothétique de 5 % net, le patrimoine pourrait viser de l'ordre de 13 M à 5 ans hors retraits, avec une capacité de distribution de 300 000 à 400 000 € par an si nécessaire.
Note de méthode : cette projection capitalise un rendement net constant, hypothèse de travail volontairement simplifiée. Le résultat réel varie fortement selon le profil et l'horizon, la séquence des rendements (une baisse de marché les premières années pèse durablement) et le rythme des retraits. Une année négative sur les poches Croissance et Illiquide est non seulement possible mais probable sur un horizon de cinq ans. Aucun de ces chiffres n'est garanti.
Lecture du mini-cas remploi (hypothèse)
Produit de cession remployable : 8 000 000 EUR Quota de remploi (LF 2026) : x 70 % = Remploi a diriger : 5 600 000 EUR Deploiement : 3 millesimes sur 3 ans Destination eligible : private equity / infrastructure
Le remploi obligatoire de 70 % construit ici la poche illiquide au lieu de la subir. Hypothèses illustratives, non garanties, risque de perte en capital.
Lecture du cas
Le gain n'est pas un rendement exceptionnel mais l'addition de trois effets : la holding évite l'impôt personnel à chaque tour, le non-coté apporte sa prime d'illiquidité, et la donation précoce réduit la base taxable. Aucune performance n'est garantie : les marchés peuvent baisser et le non-coté présente un risque de perte en capital.
10. La méthode Hagnéré Patrimoine : orchestrer réinvestissement et transmission
À 10 M, ce n'est pas le choix des produits qui fait le résultat, c'est leur articulation. La holding conditionne ce que vous pouvez placer ; l'allocation conditionne ce que vous pourrez donner ; et la donation en démembrement laisse les revenus à l'usufruitier.
Notre méthodologie en 5 étapes, conforme MIF II / DDA, formalise cette cohérence dans un rapport écrit opposablede 30 à 80 pages, assorti d'une revue annuelle. Nous chiffrons les scénarios, documentons chaque choix d'enveloppe et calibrons les poches selon votre profil réel — jamais selon un modèle standard.
Vous gardez surtout un seul interlocuteurpour coordonner holding, allocation et transmission, au lieu d'additionner un avocat, un notaire et trois banquiers qui ne se parlent pas. C'est ce qui évite d'empiler des décisions au fil des ans sans fil conducteur.
Cession à 10 M en vue ou récente ?
Réservez un échange avec un conseiller Hagnéré Patrimoine pour orchestrer réinvestissement, holding et transmission en une stratégie unique.
Sources, mentions et disclaimer
Sources officielles mobilisées
- CGI: art. 150-0 B ter (apport-cession, remploi 70 %), 150-0 A et 200 A (PV de cession, PFU), 145 et 216 (mère-fille), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR), 150-0 D ter (abattement 500 000 € retraite), 787 B (pacte Dutreil), 669 (barème usufruit), 779 et 784 (abattement 100 000 € / 15 ans), 1133 (extinction d'usufruit), 990 I et 757 B (assurance-vie), 972 (IFI).
- Lois récentes : LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, remploi 60 → 70 %, délais et exclusions) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, PS à 18,6 % sur dividendes, intérêts et PV mobilières) ; arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 = 48 060 €).
- Doctrine : BOFiP-RPPM-PVBMI-30-10 (report et remploi du 150-0 B ter), BOFiP-PAT-IFI (assiette IFI).
Article mis à jour le 22 juin 2026. Les montants, taux et seuils sont ceux en vigueur en 2026 (LF 2026, loi n° 2026-103 ; LFSS 2026, loi n° 2025-1403). La fiscalité évolue et dépend de votre situation personnelle ; les informations ci-dessus ne sauraient se substituer à une analyse individualisée.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres, cas et rendements présentés sont illustratifs et non garantis.Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le private equity et les actifs non cotés présentent un risque d'illiquidité et de perte en capital élevé.
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