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Impatriation à 10 M€ : AV luxembourgeoise, holding et exit tax

Vous installez en France un patrimoine international de 10 M€ ? Le retour n'est pas un simple changement d'adresse : c'est une fenêtre pour réorganiser vos avoirs autour des bons leviers — régime impatrié temporaire, assurance-vie luxembourgeoise pivot, holding — sans perdre de vue une éventuelle remobilité et la mécanique de l'exit tax. Guide d'allocation rédigé par un CGP enregistré ORIAS.

FenêtreRégime impatrié temporaire
4 pochesMéthode d'allocation
AV luxEnveloppe pivot
Exit taxAnticipée dès l'entrée
Hagnéré Patrimoine

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Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.

Non-résidentsFiscalité internationaleSans engagement
CC

Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale

Clément Chatelain accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.

Non-résidentsFiscalité internationaleCIF

Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 16 min · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (cabinet CIF / COA / COBSP enregistré à l'ORIAS).

En 60 secondes

  • Pour qui ? Cadres dirigeants, entrepreneurs, expatriés de retour avec 5 à 20 M€ de patrimoine international.
  • L'idée-force : le retour en France est une fenêtre pour réorganiser ses avoirs, pas un simple changement d'adresse.
  • Les 3 leviers : régime impatrié (fenêtre fiscale temporaire), AV luxembourgeoise (enveloppe pivot), holding (participations).
  • La méthode : 4 poches — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide — à forte composante internationale.
  • Le point de vigilance : anticiper l'exit tax dès l'entrée pour fluidifier un éventuel redépart.

Vous rentrez en France avec 10 M€ dispersés sur plusieurs juridictions, et vous avez quelques mois pour bien faire les choses : une fenêtre fiscale — le régime impatrié — qui peut exonérer une part de vos revenus d'IR jusqu'à huit ans et limiter votre IFI aux seuls biens français pendant cinq ans, à condition de structurer vite et bien. Ce guide vous montre comment transformer cette fenêtre en avantage durable.

Il porte sur l'allocation d'un patrimoine de 10 M€ qui s'installe en France : comment l'organiser en quatre poches, autour de l'assurance-vie luxembourgeoise et d'une holding. Il ne réexplique pas la mécanique du régime impatrié, de l'exit tax ou de la checklist du retour : pour ces sujets, reportez-vous au guide dédié au régime impatrié de l'article 155 B et à celui sur le retour en France après expatriation. Ici, on construit l'architecture du portefeuille.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité internationale dépend étroitement de votre situation, de votre date d'arrivée et des conventions fiscales applicables. Tous les chiffres et allocations présentés sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. Impatriation à 10 M€ : un patrimoine international à réorganiser autour de la France

Un patrimoine de 10 M€ qui revient en France n'a rien à voir avec 10 M€ déjà français. Il est généralement dispersé : comptes bancaires dans plusieurs juridictions, titres détenus à l'étranger, participation dans une société non française, parfois une résidence hors de France et des engagements de private equity en cours. Le retour réactive la résidence fiscale française et, avec elle, toute la fiscalité du résident — qu'il vaut mieux organiser que subir.

L'objectif dans cette situation : faire de l'impatriation un avantage durable, pas un simple changement d'adresse. La fenêtre du régime impatrié, l'allègement temporaire de l'IFI et la souplesse des enveloppes internationales se combinent pour structurer un patrimoine à la fois performant et mobile. Encore faut-il agir vite : ces avantages sont datés et ne se rattrapent pas.

Les trois chantiers du retour

  • Réactiver la résidence fiscale française dans les meilleures conditions : exploiter le régime impatrié tant qu'il est ouvert.
  • Rapatrier ou cantonner les avoirs dans des enveloppes adaptées (AV luxembourgeoise, PEA, holding) sans déclencher de fiscalité inutile.
  • Anticiper la remobilité: structurer dès l'entrée pour ne pas subir l'exit tax si la résidence évolue de nouveau.

2. Trois leviers à activer : régime impatrié, AV luxembourgeoise, holding

Trois leviers structurent l'impatriation d'un patrimoine fortuné. D'abord une fenêtre, le régime impatrié, qu'on exploite tant qu'elle reste ouverte. Ensuite une enveloppe, l'assurance-vie luxembourgeoise, qui devient le pivot de l'allocation. Enfin une structure, la holding, pour loger les participations et le compte-titres. Bien combinés, ils mettent de l'ordre dans un patrimoine éclaté entre plusieurs pays.

Fenêtre — Régime impatrié

Avantage fiscal temporaire (jusqu'à 8 ans pour l'IR). On l'exploite pour les années à forts revenus et pour structurer sereinement, en sachant qu'il expire.

Enveloppe — AV luxembourgeoise

Pivot durable de l'allocation : triangle de sécurité, multidevise, architecture ouverte, crédit lombard et portabilité si la résidence évolue de nouveau.

Structure — Holding à l'IS

Loge les participations opérationnelles et un compte-titres ; régime mère-fille, capitalisation sans IR personnel. À calibrer au regard de l'exit tax.

Le régime impatrié : une fenêtre fiscale temporaire à exploiter

Le régime des impatriés (art. 155 B du CGI) s'adresse aux personnes qui n'ont pas été résidentes fiscales de France au cours des cinq années précédant leur prise de fonctions. Il peut exonérer d'impôt sur le revenu une fraction de la rémunération liée à l'impatriation (la prime d'impatriation) et, sur option, la moitié de certains revenus passifs de source étrangère (dividendes, intérêts, plus-values). L'avantage IR court jusqu'à la fin de la huitième année civile suivant la prise de fonctions.

En parallèle, l'impatrié bénéficie pendant cinq ans d'un IFI limité à ses seuls biens immobiliers français (art. 964 CGI) : l'immobilier détenu à l'étranger est temporairement hors assiette. Pour les conditions précises, la durée et les plafonds, reportez-vous au guide dédié à l'article 155 B. Ici, retenez l'essentiel pour l'allocation : c'est une fenêtre, on structure pendant qu'elle est ouverte et on adapte l'allocation à son expiration.

Piège à éviter : IR n'est pas PS

L'exonération du régime impatrié vise l'impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux. Sur 100 000 € de dividendes étrangers, la moitié peut échapper à l'IR au titre de l'art. 155 B, mais les PS à 18,6 % restent dus sur la totalité, soit 18 600 €. On ne raisonne jamais « exonéré » tout court : on distingue toujours l'assiette IR de l'assiette sociale.

3. Structurer 10 M€ en 4 poches à forte composante internationale

La méthode des quatre poches donne une colonne vertébrale à l'allocation. Chaque poche joue un rôle précis. La Sécurité protège et amortit les chocs ; le Revenu fait tomber du cash régulier ; la Croissance fait travailler le capital sur la durée ; l'Illiquide va chercher la prime du temps long. À 10 M€, dans une logique de family office, la poche Illiquide grossit nettement— de l'ordre de 30 à 40 % — car l'horizon long et la capacité d'encaisser l'illiquidité sont au rendez-vous. Pour un impatrié, chaque poche se décline avec une forte composante internationale.

Poche Sécurité : la trésorerie longue, en partie à l'étranger

Cette poche couvre plusieurs années de train de vie et amortit les chocs. On y loge des fonds euros (référence illustrative 2026 : ~2,6 % net, non garanti) et de l'obligataire daté à coupons connus — la logique de portage — au sein d'une assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) et d'un contrat de capitalisation. L'AV luxembourgeoise apporte ici le triangle de sécurité et la portabilité : une partie de la trésorerie peut rester libellée en devises ou cantonnée à l'étranger sans fragiliser la protection du souscripteur.

Poche Revenu : des flux multi-juridictions

La poche Revenu génère des flux réguliers. On y combine des SCPI européennes (référence illustrative 2026 : ~4,7 à 4,9 %, non garanti), de la dette privée et des structures à coupon avec protection partielle, le tout logé en assurance-vie luxembourgeoise (FAS) et en capitalisation. L'intérêt pour un impatrié : des flux issus de plusieurs juridictions, fiscalement homogénéisés au sein de l'enveloppe, et la possibilité de réinvestir les coupons sans frottement.

Poche Croissance : actions monde dans les bonnes enveloppes

Le moteur de valorisation, ce sont les actions monde. On les détient via des ETF (MSCI World, S&P 500), en respectant l'ordre d'empilement des enveloppes : PEA d'abord (exonéré d'IR après 5 ans, PS à 18,6 % à la sortie), puis assurance-vie luxembourgeoise, puis compte-titres de la holding. Attention à la dualité des prélèvements sociaux : le PEA supporte 18,6 % à la sortie, tandis que l'assurance-vie reste à 17,2 %. C'est un critère de placement, pas un détail.

Poche Illiquide : private equity et infrastructure internationaux

À 10 M€, c'est la poche signature du family office. On y déploie du private equity (référence illustrative : ~11 % par an net moyen, forte dispersion, non garanti), de l'infrastructure internationale, de la nue-propriété de SCPI et, pour les profils dynamiques, une poche d'or de couverture. La prime d'illiquidité récompense un horizon de 10 à 12 ans : on déploie par millésimes pour lisser les points d'entrée et la dispersion.

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4. L'AV luxembourgeoise : l'enveloppe pivot de l'impatrié fortuné

Un point à clarifier d'emblée : pour un résident fiscal français, la fiscalité de l'AV luxembourgeoise est identique à celle d'une AV française. Le Luxembourg applique la neutralité fiscale : il renvoie à la fiscalité du pays de résidence du souscripteur. On ne choisit donc pas l'AV luxembourgeoise pour un avantage de barème — il n'y en a pas — mais pour sa structure.

Cette structure est précisément ce dont un patrimoine international a besoin : le triangle de sécurité et le super-privilège du souscripteur (actifs cantonnés chez une banque dépositaire, hors masse de faillite de l'assureur), une architecture ouverte (titres vifs, non coté, multidevises via FID et FAS), le crédit lombard pour saisir des opportunités sans désinvestir, et la portabilité si la résidence évolue de nouveau. Pour aller plus loin, voyez le guide AV luxembourgeoise pour expatriés et impatriés et le guide complet de l'assurance-vie luxembourgeoise.

AV française vs AV luxembourgeoise pour un résident fiscal français — la différence est structurelle, pas fiscale.
CritèreAV françaiseAV luxembourgeoise
Fiscalité (résident FR)IdentiqueIdentique (neutralité luxembourgeoise)
Protection du souscripteurFonds de garantie 70 000 €Super-privilège, actifs cantonnés (triangle)
ArchitectureSouvent fermée / partenaireOuverte : titres vifs, non coté, multidevise
DevisesEuro principalementMultidevise (USD, CHF, GBP…)
Crédit lombardRareCourant et flexible
Portabilité internationaleFaibleForte (résidence mobile)

L'AV luxembourgeoise n'est pas un outil d'évasion

Pour un résident français, l'AV luxembourgeoise est pleinement déclarée et fiscalisée. Elle n'exonère ni de l'exit tax, ni des obligations déclaratives, ni du risque d'abus de droit si elle est employée artificiellement. Sa valeur est structurelle, jamais une promesse d'optimisation fiscale magique.

Holding et exit tax : ce qu'il faut anticiper à l'entrée et en cas de redépart

Quand le patrimoine comprend des participations opérationnelles, une holding à l'IS permet de les loger, de bénéficier du régime mère-fille et de capitaliser sans IR personnel. Elle peut détenir un contrat de capitalisation, qui conserve son antériorité dans le temps. C'est un outil de centralisation et de pilotage des flux financiers du groupe familial.

Mais une holding française a une contrepartie en cas de mobilité future : ses titres deviennent un actif susceptible d'entrer dans l'assiette de l'exit tax au moment d'un nouveau départ. L'exit tax (art. 167 bis CGI) frappe les plus-values latentes sur les participations lors d'un transfert du domicile fiscal hors de France. C'est pourquoi la structure se calibre dès l'entrée, en gardant la remobilité à l'esprit. La mécanique détaillée est traitée dans le guide exit tax 2026.

Exit tax (art. 167 bis CGI) — les 3 conditions d'application

  • Résidence :avoir été résident fiscal français au moins 6 des 10 années précédant le transfert du domicile hors de France
  • Seuil de titres :participations d'une valeur globale > 800 000 € OU représentant au moins 50 % des bénéfices d'une société
  • Taux et sursis :imposition de la plus-value latente à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) ; sursis de paiement automatique vers l'UE/EEE ; dégrèvement après un délai de détention

Le seuil de déclenchement du dégrèvement après un long délai de détention dépend de la valeur des titres et de la date de départ [À VÉRIFIER au moment de l'opération auprès de la source].

Aller plus loin : la trésorerie de la holding

Une fois la holding en place, reste la question du placement de sa trésorerie excédentaire : contrat de capitalisation à l'IS, compte-titres, supports obligataires. Nous la détaillons dans le guide holding : que faire d'1 M€ de trésorerie excédentaire. Pour la mécanique d'une holding de plus grande taille et sa sortie, voyez aussi notre guide de la holding patrimoniale.

5. Allocation cible selon votre profil de risque

Voici trois allocations cibles pour 10 M€, déclinées par profil de risque. Elles sont illustratives et non garanties: elles montrent une logique de répartition, pas une recommandation personnalisée. Deux constantes se dégagent : plus l'appétence au risque et l'horizon sont élevés, plus la poche Illiquide pèse lourd — et dans les trois profils, c'est toujours l'AV luxembourgeoise qui sert de colonne vertébrale.

Profil prudent (~3 % net/an). On vise environ 3 % net en s'appuyant sur des enveloppes internationales robustes. Sécurité ~40 % (4 M€) en fonds euros et obligataire daté (portage), en AV luxembourgeoise (FID/FAS) et capitalisation ; Revenu ~30 % (3 M€) en SCPI européennes, dette privée et structures à coupon ; Croissance ~18 % (1,8 M€) en ETF actions monde (PEA et AV luxembourgeoise) ; Illiquide ~12 % (1,2 M€) en private equity, nue-propriété de SCPI et infrastructure. Le rendement vient surtout du portage, du fonds euros et des loyers ; les actions soutiennent la valorisation.

Profil équilibré (~5 % net/an). Sécurité ~22 % (2,2 M€) en fonds euros et obligataire daté ; Revenu ~28 % (2,8 M€) en SCPI européennes, dette privée et structures à coupon (FAS) ; Croissance ~30 % (3 M€) en ETF actions monde et S&P 500 (PEA, AV luxembourgeoise, compte-titres de la holding) ; Illiquide ~20 % (2 M€) en private equity, dette privée, infrastructure et nue-propriété de SCPI. C'est sur ce profil que l'AV luxembourgeoise donne sa pleine mesure : enveloppe centrale, avec le crédit lombard en réserve.

Profil dynamique (~7 % et plus net/an). Avec un illiquide élevé de 30 à 35 % à ce niveau de patrimoine. Sécurité ~10 % (1 M€) en obligataire daté et reliquat de fonds euros ; Revenu ~18 % (1,8 M€) en dette privée, SCPI européennes et structures à coupon (FAS) ; Croissance ~37 % (3,7 M€) en ETF actions monde et S&P 500 (PEA, compte-titres holding, AV luxembourgeoise) ; Illiquide ~35 % (3,5 M€) en private equity multi-millésimes, dette privée illiquide, infrastructure internationale et une poche d'or de couverture. Le crédit lombard adossé à l'AV luxembourgeoise finance de nouveaux engagements sans rapatrier des avoirs étrangers.

Trois allocations cibles illustratives pour 10 M€ impatriés — non garanties, à adapter à votre situation et à l'horizon. Risque de perte en capital.
PochePrudent (~3 %)Équilibré (~5 %)Dynamique (~7 %+)
Sécurité40 % — 4 M€22 % — 2,2 M€10 % — 1 M€
Revenu30 % — 3 M€28 % — 2,8 M€18 % — 1,8 M€
Croissance18 % — 1,8 M€30 % — 3 M€37 % — 3,7 M€
Illiquide12 % — 1,2 M€20 % — 2 M€35 % — 3,5 M€
Total100 % — 10 M€100 % — 10 M€100 % — 10 M€

Note de méthode : lire ces allocations

Ces trois grilles décrivent une logique de répartition, pas une recommandation : les pourcentages se calibrent selon le profil de risque et l'horizon, la composition exacte du patrimoine d'origine, les devises détenues et les conventions fiscales applicables. À ce niveau, on bascule dans les codes des grandes fortunes : beaucoup d'illiquide, une enveloppe qui centralise tout. Pour replacer ces arbitrages dans leur contexte, voyez dans quoi investissent les grandes fortunes en 2026 et, pour les premiers paliers, placer 1 million d'euros.

6. Fiscalité 2026 : régime impatrié, exit tax, conventions

Pour un impatrié fortuné, plusieurs régimes fiscaux se superposent en 2026, et c'est leur articulation qui compte. Le régime des impatriés peut exonérer d'IR une fraction de la rémunération et certains revenus de source étrangère, sous conditions. L'AV luxembourgeoise applique la fiscalité française du résident. La holding à l'IS bénéficie du régime mère-fille et capitalise sans IR personnel. L'exit tax peut s'appliquer en cas de transfert ultérieur du domicile hors de France. Enfin, les conventions fiscales bilatérales priment sur le droit interne : ce sont elles qui tranchent en cas de double imposition.

Dualité des prélèvements sociaux 2026 (LFSS 2026)

Depuis la LFSS 2026, deux taux de PS coexistent — ne jamais appliquer un taux unique :

  • 17,2 % sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL.
  • 18,6 % (CSG +1,4 pt) sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, le PEA, le PER et la crypto.
  • Conséquence : PFU = 30 % sur l'AV (12,8 + 17,2) mais 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors enveloppe (12,8 + 18,6).
Repères fiscaux 2026 pour un impatrié fortuné. Données à jour de la LF 2026 (loi 2026-103) et de la LFSS 2026 (loi 2025-1403). À confirmer au cas par cas.
DispositifRepère 2026Pour l'impatrié à 10 M€
Régime impatrié (art. 155 B)Exonération partielle d'IR jusqu'à 8 ans ; PS dus à 100 %Exploiter pendant les années à forts revenus
IFI impatrié (art. 964)Biens immobiliers français seuls pendant 5 ans, puis mondial > 1,3 M€Structurer la nue-propriété pendant la fenêtre
Exit tax (art. 167 bis)PV latentes > 800 k€ ou ≥ 50 % ; taux 31,4 % ; sursis UE/EEEAnticiper dès l'entrée, calibrer la holding
Assurance-vie après 8 ansAbattement 4 600 / 9 200 € puis 7,5 % (< 150 k€ de primes) + PS 17,2 %Enveloppe pivot, antériorité à enclencher tôt
PEA après 5 ansExonéré d'IR ; PS 18,6 % à la sortiePremière enveloppe de la poche Croissance
Succession AV (990 I / 757 B)Avant 70 ans : 152 500 €/bénéf., 20 % puis 31,25 % ; après 70 ans : 30 500 € globalTransmission internationale à anticiper
Apport-cession (art. 150-0 B ter)Report ; remploi ≥ 70 % sous 3 ans si cession sous 3 ans (LF 2026)Si participation opérationnelle à céder
Hauts revenus (CEHR / CDHR)CEHR 3 %/4 % > 250 k€/500 k€ RFR ; CDHR plancher 20 % du RFRPS exclus du numérateur de la CDHR

Deux points méritent encore d'être précisés. D'une part, le PER peut redevenir intéressant une fois le foyer pleinement imposable en France, mais le plafond de déduction au retour dépend de la situation antérieure : on le chiffre au cas par cas plutôt que d'avancer un montant théorique. D'autre part, l'IFI vise l'immobilier mondial du résident une fois la fenêtre impatrié refermée : l'optimisation IFI (nue-propriété, démembrement) se prépare pendant les cinq premières années.

7. Exemple chiffré : architecture d'un patrimoine impatrié de 10 M€

Illustratif, non garanti, risque de perte en capital. Les chiffres ci-dessous décrivent une mécanique, pas un résultat promis.

Monsieur R., 50 ans, cadre dirigeant impatrié. Il s'installe en France avec 10 M€ et choisit un profil équilibré. Il met en place une AV luxembourgeoise multidevise comme enveloppe pivot et une holding pour ses participations. La répartition retenue : 2,2 M€ en Sécurité, 2,8 M€ en Revenu (SCPI + dette privée + structures), 3 M€ en Croissance (ETF monde en PEA, AV et holding) et 2 M€ en Illiquide (private equity + infrastructure). Le régime impatrié allège l'imposition de ses revenus pendant sa durée.

Architecture illustrative du patrimoine de M. R. (10 M€, profil équilibré). Hypothèses explicites, résultat non garanti.
PocheMontantSupportsEnveloppes
Sécurité2,2 M€Fonds euros, obligataire datéAV lux (FID/FAS), capitalisation
Revenu2,8 M€SCPI européennes, dette privée, structuresAV lux (FAS), capitalisation
Croissance3,0 M€ETF monde, S&P 500PEA, AV lux, compte-titres holding
Illiquide2,0 M€Private equity, infrastructureHolding, club deals

Projection illustrative à 5 ans (hypothèses explicites)

  • Capital de départ :10 M€
  • Rendement net moyen retenu :5 % par an (hypothèse, non garantie)
  • Retraits :aucun (capitalisation intégrale)
  • Horizon :5 ans
  • Valeur projetée :≈ 13 M€ (10 × 1,05⁵ ≈ 12,76 M€, arrondi)

Chiffres purement illustratifs. Le résultat réel dépend des marchés, de la dispersion du non-coté et de la fiscalité applicable. Risque de perte en capital.

Ce que cette projection ne dit pas

Atteindre 13 M€ en 5 ans suppose un rendement moyen de 5 % servi chaque année à l'identique. Or aucun portefeuille ne progresse en ligne droite : une bonne année rattrape une mauvaise, et l'inverse arrive aussi, et la prime du non-coté ne se matérialise qu'à l'horizon de chaque millésime. Elle n'intègre ni vos retraits, ni l'impact d'un éventuel redépart (exit tax), ni la fin du régime impatrié. Aucun rendement n'est garanti: le chiffre illustre une mécanique de capitalisation, jamais une promesse. Si vous arrivez avec un patrimoine plus modeste, la même logique s'applique — voyez rentrer en France avec 3 M€ : structurer son retour.

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8. La méthode Hagnéré Patrimoine : faire de l'impatriation un avantage durable

Chez nous, une impatriation n'est pas une formalité : c'est un projet qui se mène en sept étapes, du recensement des avoirs à la revue annuelle.

  1. Cartographie internationale. Recenser tous les avoirs par juridiction, devise et enveloppe, et les conventions fiscales applicables.
  2. Calendrier du régime impatrié. Identifier la fenêtre (IR jusqu'à 8 ans, IFI 5 ans) et les années à forts revenus à y loger.
  3. Mise en place de l'AV luxembourgeoise pivot. Multidevise, architecture ouverte, crédit lombard activable.
  4. Calibrage de la holding. Loger les participations et le compte-titres, en tenant compte de l'exit tax.
  5. Allocation en 4 poches. Décliner Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide selon le profil de risque.
  6. Anticipation de la remobilité. Structurer dès l'entrée pour ne pas subir l'exit tax en cas de redépart.
  7. Revue annuelle. Adapter l'allocation à l'expiration du régime et aux évolutions législatives.

C'est précisément ce qui sépare un cabinet de gestion de fortune d'une banque privée : une architecture vraiment ouverte, aucun produit maison à caser, et un travail main dans la main avec vos avocats fiscaux et notaires à l'étranger. Pour les patrimoines familiaux complexes, elle se prolonge en logique de family office. Et si vous voulez resituer 10 M€ dans une stratégie de placement globale, voyez le guide investir 10 millions d'euros en 2026 et notre approche de la gestion de fortune.

Call to action

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Sources, mentions et disclaimer

Sources et références mobilisées dans ce guide

  • CGI art. 155 B— régime des impatriés (prime d'impatriation, revenus passifs étrangers, durée)
  • CGI art. 964— IFI de l'impatrié limité aux biens français pendant 5 ans
  • CGI art. 167 bis — exit tax sur les plus-values latentes (seuils, sursis, dégrèvement)
  • CGI art. 125-0 A— fiscalité des produits d'assurance-vie
  • CGI art. 990 I et 757 B— fiscalité successorale de l'assurance-vie
  • CGI art. 972— fraction immobilière des contrats dans l'assiette IFI
  • CGI art. 150-0 B ter— apport-cession et report d'imposition (remploi 70 % — LF 2026)
  • CGI art. 223 sexies et 224 — CEHR et CDHR (contributions sur les hauts revenus)
  • impôts.gouv.fr— fiche « L'impatriation »
  • BOFiP-PAT-IFI— assiette de l'impôt sur la fortune immobilière
  • LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — prélèvements sociaux 17,2 % / 18,6 %
  • LF 2026 — loi n° 2026-103 du 19 février 2026 — apport-cession, dispositifs 2026
  • Commissariat aux Assurances (CAA) Luxembourg— triangle de sécurité, catégories d'investisseurs
  • service-public.fr — prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine 2026

Mise à jour : 22 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr, service-public.fr, Commissariat aux Assurances (Luxembourg). Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 22 juin 2026 et intègrent la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). PASS 2026 : 48 060 €.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité internationale dépend de votre situation, de votre date d'arrivée et des conventions fiscales applicables, qui priment sur le droit interne pour éviter les doubles impositions. Toutes les allocations et tous les chiffres présentés sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS (n° 23002291 — CIF, COA, COBSP) — siège social 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Questions fréquentes

Impatriation à 10 M€ : questions fréquentes

On raisonne en quatre poches à forte composante internationale : Sécurité (trésorerie longue, fonds euros, obligataire daté), Revenu (SCPI européennes, dette privée, structures à coupon), Croissance (ETF actions monde en PEA, AV luxembourgeoise et compte-titres de holding) et Illiquide (private equity, infrastructure, qui pèse 30 à 35 % à ce niveau de patrimoine). L'assurance-vie luxembourgeoise sert d'enveloppe pivot, et la holding loge les participations. On profite de la fenêtre du régime impatrié, tant qu'elle est ouverte, pour mettre tout cela en place.

Non. Le régime des impatriés (art. 155 B) peut exonérer d'impôt sur le revenu une fraction de la rémunération liée à l'impatriation et, sur option, la moitié de certains revenus passifs de source étrangère (dividendes, intérêts, plus-values). Mais cette exonération vise l'IR, pas les prélèvements sociaux : sur 100 000 € de dividendes étrangers, la moitié peut échapper à l'IR alors que les PS à 18,6 % restent dus sur la totalité, soit 18 600 €. Ne pas confondre les deux assiettes.

Pour un résident fiscal français, l'AV luxembourgeoise applique exactement la même fiscalité que l'AV française : la neutralité fiscale luxembourgeoise renvoie au régime du pays de résidence. Sa valeur tient à la structure : triangle de sécurité et super-privilège du souscripteur, architecture ouverte (titres vifs, non coté, multidevise), crédit lombard pour saisir des opportunités sans désinvestir, et portabilité si la résidence évolue de nouveau. Pour un patrimoine mobile, c'est l'enveloppe la plus robuste.

Oui, potentiellement. L'exit tax (art. 167 bis CGI) frappe les plus-values latentes sur les participations lors d'un transfert du domicile fiscal hors de France, lorsque vous avez été résident français au moins 6 des 10 années précédant le départ et que vos titres dépassent 800 000 € de valeur ou 50 % des bénéfices d'une société. Un sursis de paiement existe (automatique vers l'UE/EEE), et un dégrèvement intervient après un délai de détention. D'où l'intérêt d'anticiper la structure dès l'entrée en France.

Cela dépend de la nature des avoirs. Une holding à l'IS est pertinente pour loger des participations opérationnelles et un compte-titres : elle bénéficie du régime mère-fille, capitalise sans IR personnel et peut détenir un contrat de capitalisation qui conserve son antériorité. Attention toutefois : une holding française devient un actif susceptible d'entrer dans l'assiette de l'exit tax en cas de redépart. La décision se prend au cas par cas, avec un conseil.

Trois repères illustratifs. Profil prudent (~3 % net) : 40 % Sécurité, 30 % Revenu, 18 % Croissance, 12 % Illiquide. Profil équilibré (~5 % net) : 22 % Sécurité, 28 % Revenu, 30 % Croissance, 20 % Illiquide. Profil dynamique (~7 % et plus) : 10 % Sécurité, 18 % Revenu, 37 % Croissance, 35 % Illiquide. La poche illiquide grossit avec le patrimoine, dans une logique de family office. Ces chiffres sont indicatifs et non garantis, avec risque de perte en capital.

Depuis la LFSS 2026, deux taux coexistent. 17,2 % restent appliqués sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL. En revanche, 18,6 % (CSG majorée de 1,4 point) s'appliquent sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, le PEA et le PER. Le PFU vaut donc 30 % sur l'assurance-vie (12,8 + 17,2) mais 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors enveloppe (12,8 + 18,6).

Le crédit lombard est une avance accordée en garantie des actifs logés dans le contrat. Il permet de mobiliser des liquidités pour saisir une opportunité (private equity, immobilier, nouvel engagement) sans désinvestir ni déclencher de plus-value imposable, et sans rapatrier des avoirs détenus à l'étranger. Pour un patrimoine international, c'est un vrai levier de souplesse — à condition de garder l'œil sur deux choses : le coût du crédit et le risque d'appel de marge.

Oui, comme première enveloppe de la poche Croissance. Le PEA exonère d'impôt sur le revenu les gains après 5 ans de détention (les prélèvements sociaux à 18,6 % restant dus à la sortie). Il accueille des ETF actions monde et S&P 500 répliqués en format éligible. Au-delà du plafond, on bascule sur l'assurance-vie luxembourgeoise puis le compte-titres de la holding. C'est, en pratique, l'ordre dans lequel on remplit les enveloppes actions.

Pour un impatrié, l'IFI ne porte, pendant les cinq premières années suivant l'installation, que sur les biens et droits immobiliers situés en France (art. 964 CGI). L'immobilier détenu à l'étranger en est temporairement exclu. Passé ce délai, le résident est imposé sur son patrimoine immobilier mondial net au-delà de 1,3 M€. La nue-propriété (en direct ou de SCPI) sort de l'assiette IFI : c'est un levier d'optimisation utile à structurer pendant la fenêtre.

L'AV luxembourgeoise n'est pas un outil d'évasion : pour un résident français, elle est pleinement déclarée et fiscalisée comme une AV française. Elle n'exonère ni de l'exit tax, ni des obligations déclaratives, ni du risque d'abus de droit si elle est utilisée artificiellement. Sa valeur est structurelle (sécurité, multidevise, portabilité), pas fiscale. Toute optimisation doit s'appuyer sur une réalité économique tangible, et être validée par un conseil.

À titre purement illustratif et non garanti : un profil équilibré visant 5 % net moyen pourrait faire passer 10 M€ à environ 13 M€ en 5 ans, hors retraits, par le seul effet de la capitalisation. Ce chiffre n'est pas une promesse : il dépend des marchés, de la dispersion du non-coté et de la fiscalité applicable. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.