Faites le point sur votre patrimoine avec un CGP indépendant
Fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission : nous analysons votre situation et vous proposons une feuille de route patrimoniale claire, sans engagement.
Les hypothèses du cas, toutes fictives
Guide rédigé le 12 août 2026 — par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA, COBSP — adhérent CNCEF Patrimoine). Droit et données vérifiés au 12 août 2026 (Code général des impôts, Code de commerce, Code de la sécurité sociale, Banque de France, Autorité des marchés financiers). Analyse générique : aucun fonds, aucune banque, aucun prêteur, aucun cabinet, aucune entreprise cible et aucune opération réelle n'est cité.
La réponse en bref
Les actionnaires de ce cas fictif décaissent 12 518 000 € au closing et récupèrent 19 875 000 € cinq exercices plus tard, soit 1,59 × et 9,69 % par an — un gain qui vient entièrement du remboursement de la dette, non de la croissance. Manqué de 1,5 point de marge et d'un tour de multiple de sortie, le même cas donne 0,90 × : les prêteurs passent avant les actionnaires.
Un repreneur reçoit une page recto. À gauche, des « emplois » pour 22 418 000 € ; à droite, des « ressources » pour exactement le même montant : une ligne de dette senior, une ligne de crédit-vendeur, et un apport présenté comme un solde. Tout s'équilibre au centime, et pourtant rien, sur cette page, ne dit ce qu'il touchera dans cinq ans — ni à partir de quel écart il ne touchera plus rien. C'est là que commence celle-ci.
La plupart des exemples de LBO que l'on trouve en ligne s'arrêtent au moment le plus flatteur : le plan de financement boucle, la dette est levée, et le lecteur est laissé avec un multiple de sortie annoncé comme un résultat. Cette page fait l'inverse. Elle prend un cas unique, entièrement fictif, et le déroule jusqu'au bout — y compris jusqu'au moment où l'actionnaire perd de l'argent alors que l'entreprise, elle, est restée bénéficiaire tous les ans.
Un mot sur le moment où l'on se place. Les pages voisines traitent chacune une étape — la pré-qualification de la cible, l'audit d'acquisition, la mesure en régime normal, la sortie. Celle-ci les traverse toutes : elle part du jour de la signatureet s'arrête à la revente, cinq exercices plus tard.
Le mécanisme, pour mémoire. Une holding d'acquisitionest créée pour l'occasion ; elle achète les titres de la société cible en combinant des fonds propres et une dette contractée à son propre niveau, jamais à celui de la cible. La cible continue d'exploiter normalement et remonte des dividendes à la holding, qui s'en sert pour payer les intérêts et rembourser le capital emprunté. Le levier ne crée aucune richesse : il déplace le financement d'un achat sur les résultats futurs de l'entreprise rachetée. Le détail du mécanisme, ses acteurs et ses variantes sont traités par le mécanisme de l'effet de levier, expliqué sur le guide du LBO, et le type d'opération dont ce cas relève est comparé aux autres dans le dictionnaire des types de buy-out.
Le cas qui suit n'est pas nouveau : c'est exactement celui construit dans le cas construit dans le guide du financement d'un LBO, avec les mêmes montants, le même échéancier et les mêmes taux. Deux hypothèses seulement ont été ajoutées, celles dont ce guide du financement n'avait pas besoin : une trajectoire de croissance — fixée à 0 % dans le cas de base, par choix de démonstration — et un multiple de sortie. Reprendre le même jeu de nombres est délibéré : deux jeux de chiffres différents d'une page à l'autre, et le lecteur ne saurait plus lequel refaire.
⚠️ Tous les chiffres de cette page sont fictifs
Ce qui suit est une construction pédagogique intégrale. L'entreprise, les montants, les taux, la durée, la structure du financement et les multiples sont des hypothèses choisies pour rendre le calcul lisible et refaisable. Aucun de ces nombres n'est un ordre de grandeur de marché, aucun ne constitue une norme, et le rapport entre la dette et l'EBITDA qui en résulte n'est ni un multiple recommandé ni un multiple observé. Aucune entreprise, aucun fonds, aucun prêteur réel n'est visé.
La cible, en trois lignes
Une PME industrielle constituée en société par actions simplifiée réalise 40 000 000 € de chiffre d'affaires pour un EBITDA normatif de 4 000 000 €, soit une marge de 10 %. Une holding d'acquisition détenue par un investisseur financier et par l'équipe dirigeante qui réinvestit rachète 100 % des titres. Aucun secteur identifiable, aucun nom, aucune opération réelle : c'est une configuration type, pas un cas d'espèce.
| Paramètre | Valeur retenue (fictive) |
|---|---|
| Chiffre d'affaires / EBITDA normatif | 40 000 000 € / 4 000 000 € (marge 10 %) |
| Valeur d'entreprise négociée | 20 000 000 € |
| Multiple d'entrée qui en résulte | 5,0 × l'EBITDA |
| Dette financière / trésorerie de la cible | 3 000 000 € / 1 000 000 € → dette nette 2 000 000 € |
| Prix des titres | 18 000 000 € |
| Frais de transaction | 900 000 € (soit 5 % du prix des titres — hypothèse) |
| Droits d'enregistrement | 0,1 % du prix, soit 18 000 € (cible en SAS) |
| Trésorerie d'ouverture de la holding | 500 000 € |
| Dette senior | 8 400 000 €, amortissable sur 7 ans (1 200 000 €/an), 5,00 % |
| Crédit-vendeur | 1 500 000 €, in fine à 5 ans, 3,00 % |
| Dotations / capex de maintien / variation du BFR | 1 200 000 € / 1 200 000 € / + 100 000 € par an |
| Impôt sur les sociétés | 25 % (taux normal) |
| Règle de distribution | dividende = min(flux disponible − 50 000 € de marge ; bénéfice distribuable) |
| Croissance de l'EBITDA | 0 % par an dans le cas de base (choix de démonstration) |
| Horizon | 5 exercices, cession à un tiers en une seule fois |
| Multiple de sortie | paramètre de scénario : 4,0 × / 5,0 × / 5,5 × |
Si aucune de ces valeurs n'est donnée comme un ordre de grandeur, ce n'est pas faute d'avoir cherché : la Banque de France relève elle-même, dans son Bulletinn° 260/4 de septembre-octobre 2025, que le manque de données sur la valorisation des transactions de LBO empêche d'en apprécier la représentativité. Le seul intervalle publiable qu'on y trouve concerne la part empruntée : les emprunts représenteraient « généralement entre 60 % et 90 % du financement du rachat », d'après des travaux académiques de 2009 portant majoritairement sur les États-Unis. Notre cas retient 44,16 % de dette — reste à dire au dénominateur de quoi : la dette levée rapportée au total des emplois, lequel comprend le refinancement de la dette existante, les frais, les droits et la trésorerie d'ouverture. Rapportée au seul prix des titres, la même dette pèse 55 % ; rapportée à la valeur d'entreprise, 49,5 %. Dans les trois lectures, le cas reste en dessous de cet intervalle, ce qui est un choix de démonstration, jamais une norme.
Les cinq conventions de calcul, posées avant tout chiffre
Elles pèsent lourd sur les résultats, et un lecteur qui voudrait refaire les calculs sans les connaître n'y arriverait pas. Les intérêts sont calculés sur le capital restant dû à l'ouverturede l'exercice, l'échéance en capital étant réputée intervenir après la clôture. Le multiple de sortie s'applique à l'EBITDA du dernier exercice. La trésorerie du groupe est reprise dans le pont de sortie, symétriquement à la dette nette d'entrée. Aucun balayage de trésorerien'est modélisé : l'amortissement est contractuel et constant, les excédents s'accumulent dans la holding sans rembourser la dette par anticipation. Enfin, le MOIC et le TRI sont bruts: avant impôt personnel de l'actionnaire, avant frais de cession, et hors frais de gestion d'un éventuel véhicule d'investissement.
Les cinq contrôles qui rendent cette page vérifiable
Un exemple chiffré ne vaut que si le lecteur peut le prendre en défaut. Cinq égalités, à refaire calculette en main au fil de la lecture. L'équilibre du plan de financement d'abord : 22 418 000 € des deux côtés, sans quoi rien de ce qui suit ne tient. Le pont d'entrée ensuite : 20 000 000 − 2 000 000 = 18 000 000 €, valeur d'entreprise moins dette nette égale prix des titres. L'amortissement cumulé, qui doit égaler la dette initiale diminuée du solde final : 6 000 000 = 8 400 000 − 2 400 000. Le multiple, quotient de deux nombres déjà publiés : 19 875 000 ÷ 12 518 000 = 1,5877. Et le taux, contrôlé par capitalisation inverse : 12 518 000 × 1,09695≈ 19 877 883 €, soit le produit de sortie à 2 883 € près, l'écart venant du seul arrondi du taux. Si l'un de ces cinq contrôles échouait, la page serait fausse et devrait être corrigée.
Ce que cette page fait, et ce que font les pages voisines
De toute cette série sur le financement, cette page est la seule à dérouler une opération entière. C'est à cela qu'elle sert, et à rien d'autre. Elle reprend le cas fictif construit dans le guide du financement d'un LBO — mêmes montants, même échéancier — et le poursuit là où il s'arrête : jusqu'à la revente, au partage du produit et au rendement.
Les pages voisines n'illustrent chacune qu'un fragment, avec des hypothèses minimales, et renvoient ici pour le cas entier : la page consacrée à la valorisation et au prixexplique comment se forme le prix que nous nous contentons d'utiliser, celle du tableau emplois-ressources en détaille la construction que nous appliquons sans la refaire, celle des ratios et des covenants donne les formules dont nous ne calculons ici que le résultat sur un cas, celle de la fiscalité du flux expose les régimes dont nous ne mesurons que l'effet en euros, et celle du remboursement de la dette suit le trajet de la trésorerie que nous prenons ici comme une donnée. Nous ne refaisons aucun de ces cours : nous les utilisons, une fois, sur une opération entière.
Enfin, la page consacrée au MBO chiffre déjà trois issues de sortie, mais vues depuis la mise d'un cadre dirigeant: ici, c'est l'opération entière qui est vue depuis l'ensemble des fonds propres.
Sommaire
- Les hypothèses du cas, toutes fictives
- Du prix payé au plan de financement
- La dette, exercice par exercice
- De l'EBITDA au dividende qui sert la dette
- La sortie : qui est payé, dans quel ordre
- MOIC et TRI : la formule, et le calcul refait
- D'où vient le gain : croissance, multiple ou désendettement ?
- Trois scénarios : dégradé, base, favorable
- Le scénario dégradé : quand le plan est manqué
- Ce qu'il faut retenir
Du prix payé au plan de financement
Le prix des titres n'est pas la valeur d'entreprise : c'est la valeur d'entreprise diminuée de la dette nette. Ce pont est connu ; nous l'utilisons ici sans le redémontrer.
Le pont d'entrée (hypothèses fictives)
Valeur d'entreprise - Dette nette = Valeur des titres
20 000 000 - 2 000 000 = 18 000 000 EURLa dette nette retenue ici est la somme des dettes financières (3 000 000 €) diminuée de la trésorerie disponible (1 000 000 €). C'est la définition la plus courante — pas la seule : ce qu'on inclut ou non dans la dette nette est l'une des principales sources de désaccord dans une négociation de prix.
La formation de ce prix, le choix des méthodes de valorisation et les variantes de définition de la dette nette relèvent de la page consacrée à la valorisation et au prix. Ici, le prix est une donnée : 18 000 000 € pour 100 % des titres.
Le tableau emplois-ressources, utilisé et non construit
| Emplois | Montant | Ressources | Montant |
|---|---|---|---|
| Prix des titres | 18 000 000 € | Fonds propres de l'investisseur (solde) | 11 518 000 € |
| Refinancement de la dette existante | 3 000 000 € | Apport de l'équipe dirigeante | 1 000 000 € |
| Frais de transaction (hypothèse) | 900 000 € | Dette senior amortissable sur 7 ans | 8 400 000 € |
| Droits d'enregistrement (0,1 %, CGI art. 726) | 18 000 € | Crédit-vendeur, in fine à 5 ans | 1 500 000 € |
| Trésorerie d'ouverture de la holding | 500 000 € | ||
| Total emplois | 22 418 000 € | Total ressources | 22 418 000 € |
Le total est de 22 418 000 €des deux côtés, et il est plus élevé que la valeur d'entreprise : le refinancement de la dette existante, les frais, les droits et la trésorerie d'ouverture s'y ajoutent. La dette totale levée s'élève à 9 900 000 € — 8 400 000 € de senior et 1 500 000 € de crédit-vendeur — soit 44,16 % du financement, et l'apport des actionnaires à 12 518 000 €, dont 1 000 000 € pour l'équipe dirigeante.
La friction détruite le jour du closing
Ce que l'apport achète réellement (hypothèses fictives)
Apport des actionnaires = (Valeur d'entreprise - Dette nette pro forma) + frais + droits
12 518 000 = ( 20 000 000 - 8 400 000 ) + 900 000 + 18 000La dette nette pro forma est celle du groupe au lendemain du closing : 8 400 000 € de dette senior plus 1 500 000 € de crédit-vendeur, moins la trésorerie du groupe (500 000 € à la holding et 1 000 000 € restés dans la cible), soit 8 400 000 €. Les capitaux propres pro forma valent donc 20 000 000 − 8 400 000 = 11 600 000 €.
Au soir du closing, les actionnaires ont décaissé 12 518 000 € pour détenir des capitaux propres qui valent 11 600 000 €. Les 918 000 € de frais et de droits sont détruits le jour même, soit 7,33 % de l'apport : l'actionnaire est en moins-value dès la signature, et le montage devra d'abord rattraper cette friction avant de créer quoi que ce soit. C'est un point que la même sortie vue par la mise d'un cadre dirigeant relève également, et il vaut à toutes les échelles.
La forme sociale de la cible change le montant à financer
Les 18 000 € de droits d'enregistrement de ce tableau sont une conséquence directe de la forme de la cible. L'article 726, I du Code général des impôts (version en vigueur au 1er janvier 2024) retient 0,1 %sur les cessions d'actions de sociétés par actions, 3 % sur les parts sociales après un abattement égal, pour chaque part, au rapport entre 23 000 € et le nombre total de parts, et 5 % pour les personnes morales à prépondérance immobilière. Sur le même prix de 18 000 000 €, cela donne 18 000 € en SAS, 539 310 € en SARL — soit 29,96 fois plus— et 900 000 € en cas de prépondérance immobilière, soit 50 fois plus. L'article 1712 du même code met ces droits à la charge du nouveau possesseur, sauf stipulation contraire : c'est pourquoi ils figurent en emplois et pèsent sur l'apport.
⚠️ La dette est portée par la holding d'acquisition, jamais par la cible
Ce n'est pas une préférence de montage, c'est une contrainte de droit des sociétés. L'article L. 225-216 du Code de commerce (version en vigueur au 1erjanvier 2014) interdit à une société d'avancer des fonds, d'accorder des prêts ou de consentir une sûreté en vue de l'achat de ses propres actions ; il n'est pas exclu par l'article L. 227-1, alinéa 3, et s'applique donc à la SAS. Conséquence directe et visible dans nos tableaux : l'emprunt figure au bilan de la holding, et la trésorerie d'exploitation de la cible reste dans la cible — d'où le détour obligé par le dividende, exercice après exercice. Le détail de cette architecture juridique — quelles entités existent, qui détient quoi, qui signe quoi — est traité à part.
⚠️ Le crédit-vendeur n'est pas du cash reçu par le cédant au closing
Les 1 500 000 € inscrits en ressources sont une dette de prix: le cédant a accepté d'être payé cinq ans plus tard, et il en supporte le risque de non-paiement pendant toute cette durée. Ce n'est pas une nuance de vocabulaire, c'est un décaissement qui n'a pas lieu. Dans le scénario dégradé, cette échéance ne sera pas payée à sa date contractuelle: elle est reportée, puis remboursée sur le produit de la cession — cinq ans de plus, et un rang qui ne protège le cédant que devant les actionnaires. Un cédant qui compte cette ligne comme du prix encaissé au closing surestime ce qu'il a réellement vendu. La distinction entre dette de prix et complément conditionnel de prix relève d'une page dédiée.
La dette, exercice par exercice
L'échéancier est ici contractuel et constant en capital: 1 200 000 € par an sur la dette senior, plus l'échéance in fine du crédit-vendeur au cinquième exercice. Les intérêts, eux, décroissent, puisqu'ils portent sur un capital qui diminue.
| Ex. | Senior à l'ouverture | Intérêts (senior 5 % + crédit-vendeur 3 %) | Échéance en capital | Senior après échéance | Service total |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 8 400 000 € | 465 000 € | 1 200 000 € | 7 200 000 € | 1 665 000 € |
| 2 | 7 200 000 € | 405 000 € | 1 200 000 € | 6 000 000 € | 1 605 000 € |
| 3 | 6 000 000 € | 345 000 € | 1 200 000 € | 4 800 000 € | 1 545 000 € |
| 4 | 4 800 000 € | 285 000 € | 1 200 000 € | 3 600 000 € | 1 485 000 € |
| 5 | 3 600 000 € | 225 000 € | 1 200 000 € + 1 500 000 € (in fine) | 2 400 000 € | 2 925 000 € |
Deux contrôles rendent ce tableau vérifiable. Les intérêts se calculent sur le capital restant dû à l'ouverture, jamais sur le capital initial : 5 % de 8 400 000 € font 420 000 €, auxquels s'ajoutent 45 000 € de crédit-vendeur, soit 465 000 € la première année, contre 225 000 € la cinquième. L'amortissement cumulé, lui, doit égaler la dette initiale moins le solde final : 6 000 000 € = 8 400 000 € − 2 400 000 €. Et une précision de vocabulaire qui coûte cher : une annuité constante n'est pas un amortissement constant. Ici l'échéance en capital est constante, donc le service total décroît — de 1 665 000 € à 1 485 000 € — avant de bondir au cinquième exercice.
Ce que ce tableau dit et qu'il faut retenir pour la suite : la dette n'est pas éteinte à la sortie. Au terme du cinquième exercice, il reste 2 400 000 €de senior dus sur deux échéances. Ils seront remboursés sur le produit de la cession, et c'est ce qui expliquera, au moment de la sortie, pourquoi l'actionnaire ne récupère pas la valeur d'entreprise.
Pourquoi cette dette, et pas plus
Une hypothèse de 8 400 000 € posée sans justification paraîtrait arbitraire. Elle ne l'est pas : elle laisse 285 000 € d'écart entre le dividende et le service, la première année. Le plafond théorique, dans cette structure, se calcule à l'envers, en partant du dividende que la cible peut remonter.
Le plafond de dette dans cette structure (hypothèses fictives)
D_max = (dividende de l'exercice 1 - interets des autres dettes) / (1/N + t)
(1 950 000 - 45 000) / (1/7 + 0,05) = 9 877 778 EUR -> 2,47 x l'EBITDAAvec ce montant, le service du premier exercice serait exactement égal au dividende : zéro marge. Le cas retient 8 400 000 €, pour un service de 1 665 000 € face à un dividende de 1 950 000 €.
Sur la structure elle-même — sa construction tranche par tranche est traitée ailleurs —, un seul chiffre : avec un profil différent — 50 % amorti sur cinq ans, 50 % remboursé in fine — la même entreprise supporterait 12 700 000 €, soit 3,18 × l'EBITDA, au prix d'un ballon de 6 350 000 €à refinancer à l'échéance. Même EBITDA, 29 % d'écart de capacité: ce n'est pas une performance financière, c'est un transfert de risque vers la date de refinancement.
⚠️ Ces deux multiples ne sont pas des niveaux de marché
2,47 × et 3,18 × sont des résultats de calcul avec les hypothèses ci-dessus, et seulement avec elles. Ni l'un ni l'autre n'est un niveau de levier de marché : il n'en existe pas de publié, et le niveau acceptable dépend du secteur, de la taille, du cycle et du prêteur. La logique qui plafonne un endettement d'acquisition est exposée dans ce qui plafonne la capacité d'endettement.
Une absence, volontaire : ce modèle ne comporte aucun balayage de trésorerie. Les excédents s'accumulent dans la holding d'acquisition et ne remboursent pas la dette par anticipation. Un contrat qui prévoirait l'inverse changerait tout le profil de désendettement — et c'est précisément le sujet de la page consacrée au trajet de la trésorerie et au remboursement.
De l'EBITDA au dividende qui sert la dette
Entre l'EBITDA affiché et l'euro qui arrive à la holding, plusieurs postes se placent, et aucun ne disparaît par volonté. La cascade complète, chiffrée :
De l'EBITDA au flux disponible, exercice de base (hypothèses fictives)
EBITDA 4 000 000 - Dotations aux amortissements 1 200 000 = Resultat d'exploitation 2 800 000 - Impot sur les societes (25 %) 700 000 = Resultat net 2 100 000 + Dotations (charge non decaissee) 1 200 000 - Capex de maintien 1 200 000 - Variation du besoin en fonds de roulement 100 000 = Flux disponible 2 000 000
Reste le maillon décisif : le dividende n'est pas le flux disponible. Il est plafonné deux fois— par le plafond économique, qui est le cash, et par le plafond juridique, qui est le bénéfice distribuable après dotation à la réserve légale. L'article L. 232-10 du Code de commerce (version applicable au 1eroctobre 2025) impose d'affecter au moinsun vingtième du bénéfice à cette réserve — c'est un plancher, que les statuts peuvent relever — obligation qui cesse lorsque celle-ci atteint le dixième du capital social, et l'article L. 232-11 définit le distribuable. Ici : réserve légale 105 000 €, bénéfice distribuable 1 995 000 €, marge de sécurité conservée 50 000 € → dividende de 1 950 000 €. La règle du cas, publiée telle quelle : dividende = min(flux disponible − 50 000 ; bénéfice distribuable).
| Exercice | Dividende reçu | Service de la dette | Solde annuel | Trésorerie de la holding | Trésorerie de la cible |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 950 000 € | 1 665 000 € | + 285 000 € | 785 000 € | 1 050 000 € |
| 2 | 1 950 000 € | 1 605 000 € | + 345 000 € | 1 130 000 € | 1 100 000 € |
| 3 | 1 950 000 € | 1 545 000 € | + 405 000 € | 1 535 000 € | 1 150 000 € |
| 4 | 1 950 000 € | 1 485 000 € | + 465 000 € | 2 000 000 € | 1 200 000 € |
| 5 | 1 950 000 € | 2 925 000 € | − 975 000 € | 1 025 000 € | 1 250 000 € |
Le rapport entre le dividende et le service de l'exercice s'écrit simplement, mais tout dépend de ce qu'on met au numérateur — et c'est là que deux interlocuteurs cessent de parler du même ratio. Avec le dividende au numérateur, il vaut 1,17 au premier exercice, 1,31 au quatrième, puis 0,67 au cinquième, lorsque l'échéance in fine s'y ajoute. Avec le flux disponible au numérateur, le même rapport vaut 1,20 au premier exercice. Un même sigle change donc de valeur selon la grandeur retenue, et les prêteurs ne la définissent pas tous de la même façon. Aucun seuil n'est publié ici : les formules, leurs variantes de définition et les covenants qui les encadrent relèvent de la page consacrée aux ratios et aux covenants.
La fiscalité, dans ce cas précis
Ces effets sont ici constatés, pas expliqués : les régimes, leurs conditions et leurs pièges appartiennent à la page consacrée à la fiscalité du flux. Quatre constats sur ce cas, parce qu'ils corrigent des erreurs fréquentes.
L'impôt sur les sociétés est ici de 25 %, le taux normal— 700 000 € par exercice. Le taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice est hors de portée d'une cible qui réalise 40 000 000 € de chiffre d'affaires (CGI art. 219, I, b, version en vigueur au 21 février 2026).
La contribution sociale de 3,3 % est due par la cible, mais nulle ici: l'exonération, réservée aux redevables réalisant moins de 7 630 000 € de chiffre d'affaires, ne joue pas — mais l'abattement, lui, absorbe tout : 763 000 € par période de douze mois excèdent l'impôt de la cible, 700 000 € (CGI art. 235 ter ZC). La contribution deviendrait un décaissement au-delà de 3 052 000 € de résultat imposable ; à EBITDA 4 600 000 €, elle vaudrait 2 871 €.
Le plafonnement des charges financières nettes ne mord pas: 465 000 € au maximum, très en deçà du plancher de 3 000 000 € de l'article 212 bis du Code général des impôts (version en vigueur au 2 juin 2024, transposition de la directive ATAD). Elles sont intégralement déductibles; écrire l'inverse serait faux.
La remontée de dividendes n'est pas neutre : la quote-part de frais et charges du régime des sociétés mères laisse 97 500 € de base imposable par exercice, 487 500 € sur cinq ans, soit un coût effectif de 1,25 % du dividende brut. Dans ce cas précis, elle est absorbée par le déficit que créent les intérêts : c'est une propriété du cas, pas une règle. Et il ne faut jamais confondre le régime mère-fille avec l'intégration fiscale, deux dispositifs distincts — distinguer le régime mère-fille de l'intégration fiscale est un préalable à toute discussion sur la remontée de trésorerie.
Une simplification, qui joue dans le sens de la prudence: le modèle ne comptabilise aucun impôt au niveau de la holding d'acquisition, mais il ne comptabilise ni l'économie d'impôt liée aux intérêts, ni l'impôt sur la quote-part. Les intérêts cumulés sur cinq exercices s'élèvent à 1 725 000 € et le déficit reportable de la holding à 1 237 500 €(1 725 000 − 487 500), reportable sans limite de durée dans les conditions de l'article 209, I du Code général des impôts (version en vigueur au 31 décembre 2023). L'économie d'impôt à laquelle le modèle renonce est celle de ce déficit — 25 % de 1 237 500 € — soit 309 375 € nets. Encore faut-il que ce déficit rencontre une base imposable : hors intégration fiscale — ouverte ici, puisque la holding détient 100 % de la cible — il ne serait qu'un report en avant sans effet de trésorerie. Le cas est donc conservateur, et aucun multiple alternatif de rendement n'est publié à partir de ces variantes : une seule série de chiffres dans toute la page.
Un dernier effet, propre à cette cascade : le capex de maintien et le besoin en fonds de roulement ne reculent pas quand la marge baisse. C'est la raison arithmétique pour laquelle, dans le scénario dégradé, un EBITDA en repli de 15 % produira un dividende en repli de 23,08 %. Un exemple qui pose le capex égal aux dotations et n'en reparle jamais ne peut pas voir cette asymétrie.
La sortie : qui est payé, dans quel ordre
La convention de sortie est rappelée ici : cession à un tiers, en une seule fois, à la fin du cinquième exercice, avec un multiple appliqué à l'EBITDA du dernier exercice. Ce choix n'est pas neutre mais il est cohérent avec ce qu'on observe : les données de marché reprises par la Banque de France dans son Bulletinn° 260/4 situent la sortie européenne moyenne de 2013 à 2023 à 42 % de rachats par une entreprise et 43 % par un autre fonds, l'introduction en Bourse ne représentant que 14 %. Le tour d'horizon des options de sortie appartient à la page qui leur est consacrée ; le rachat par un nouveau fonds est déjà traité comme le rachat par un nouveau fonds, comme type d'opération.
Le pont de sortie, symétrique de celui d'entrée (hypothèses fictives)
Valeur d'entreprise de sortie 4 000 000 x 5,0 = 20 000 000 - Dette residuelle (senior restant du) - 2 400 000 + Tresorerie du groupe (holding 1 025 000 + cible 1 250 000) + 2 275 000 = Valeur des capitaux propres a la sortie 19 875 000 EUR
La convention compte : si la trésorerie d'exploitation de la cible (1 000 000 €) était exclue du pont de sortie, la valeur des capitaux propres tomberait à 18 875 000 € et le MOIC de 1,59 × à 1,51 ×. Une convention, énoncée une fois, appliquée partout.
Vient ensuite la cascade de répartition, qui est un mécanisme contractuelet non un droit : frais de cession, puis dette senior en capital restant dû et intérêts courus, puis dettes juniors et dette de prix — le crédit-vendeur — puis le solde aux actionnaires, au prorata de leurs apports en l'absence de mécanisme de rétrocession. Les actionnaires sont servis en dernier : c'est la définition de leur position, ils touchent un résidu. Et un résidu peut être nul — il peut aussi être perdu en totalité sans que la dette, elle, soit remise en cause.
Deux postes ne sont pas modélisés. Le modèle ne déduit aucun frais de cessiondu produit : ils réduiraient le résultat de l'actionnaire d'autant. Et ce cas ne comporte ni dividende exceptionnel ni refinancement en cours de route : un refinancement destiné à verser un dividende aux actionnaires est un autre montage, traité par le refinancement qui verse un dividende aux actionnaires. Le confondre avec ce qui est modélisé ici changerait tous les résultats.
MOIC et TRI : la formule, et le calcul refait
Le multiple sur capital investi (MOIC) — hypothèses fictives
MOIC = Valeur des capitaux propres a la sortie / Apport initial
19 875 000 / 12 518 000 = 1,5877 -> 1,59 xPérimètre : l'apport est pris frais et droits inclus (12 518 000 €), le numérateur est brut de frais de cession et avant tout impôt personnel de l'actionnaire.
Le taux de rendement interne est, selon la définition de l'Autorité des marchés financiers (Private equity : état des lieux et vulnérabilités, septembre 2023), « le taux d'actualisation qui établit la valeur actuelle nette des flux de trésorerie à zéro ». Dans ce cas, l'actionnaire n'encaisse aucun flux intermédiaire: les dividendes servent la dette au niveau de la holding d'acquisition. La formule se réduit donc à une racine.
Le taux de rendement interne, et son contrôle — hypothèses fictives
TRI = MOIC ^ (1 / duree) - 1 = 1,5877 ^ (1/5) - 1 = 9,69 % par an
(taux exact : 9,6868 %)
Controle par capitalisation inverse :
12 518 000 x 1,0969 ^ 5 = 19 877 883 EUR (~ 19 875 000, a 2 883 EUR pres :
l ecart vient du seul arrondi du taux a quatre decimales)Cette simplification cesse d'être vraie dès qu'un euro est distribué en cours de route : si 500 000 € étaient versés au troisième exercice et le produit de sortie réduit d'autant, le MOIC serait inchangé (1,5877) mais le TRI passerait à 9,80 %. Le MOIC ignore le temps, le TRI non.
Trois erreurs de calcul courantes sur le TRI
La « règle des 72 » est fausse ici. 72 ÷ 5 donne 14,4 %, contre 9,69 % exacts : 4,71 points de surestimation, près de la moitié du résultat réel. Cette approximation estime un temps de doublement ; elle n'annualise pas un multiple.
La durée seule déplace le TRI sans déplacer le MOIC d'un euro. Pour un même multiple de 1,5877 ×, le TRI vaut 12,25 % sur quatre ans, 9,69 % sur cinq, et 8,01 % sur six. Or la durée de détention est, en 2026, subie autant que choisie : l'Autorité des marchés financiers relève dans sa Cartographie 2026 des marchés et des risques(achevée de rédiger le 26 juin 2026) qu'au niveau mondial la part des entreprises détenues depuis quatre ans ou plus est passée de 43 % en 2024 à 52 % en 2025, et que les cessions européennes ont reculé de 5,4 %, ce qui traduit « des difficultés de cession et un vieillissement du capital ». Un an de retard sur la sortie coûte, ici, 1,68 point de rendement annuel — sans que rien ne change dans l'entreprise.
Un TRI n'est pas comparable à un autre.La même autorité rappelle que cet indicateur suppose implicitement un réinvestissement des flux, qu'il est très sensible à leur calendrier — une facilité de crédit de moins de six mois l'améliore de 47 points de base en moyenne, un prêt à un an de 120 points de base, d'après des travaux académiques de 2019 — et que « la portée des comparaisons entre TRI est donc en général limitée ».
Ni conforme au marché, ni net d'impôt
Une confusion doit être écartée avant d'aller plus loin. Le TRI calculé ici est brut, mono-actif, avant frais et avant fiscalité. Les performances publiées par les organisations professionnelles du capital-investissement — pour le capital-transmission français, un TRI net de 13,6 % depuis l'origine et de 14,5 % sur dix ans, et, sur cette seule série à dix ans (fin 2014 à fin 2024), un multiple de valeur de 1,53 × dont seulement 0,73 × effectivement distribué, sur des données arrêtées à fin 2024 — sont des TRI nets de souscripteur dans un véhicule : nets de frais de gestion et de carried interest, incluant la trésorerie non investie et une valeur estimative de portefeuille. Les deux grandeurs ne se comparent pas, et il ne faut jamais écrire que le TRI de cette page serait « conforme au marché ». La performance vue du côté de l'investisseur d'un fonds est traitée par la performance d'un fonds vue par l'investisseur.
Le MOIC et le TRI ci-dessus sont bruts : que reste-t-il après impôt ?Si une personne physique cédait les titres de la holding d'acquisition, la plus-value de 7 357 000 € supporterait 12,8 % de prélèvement forfaitaire unique (CGI art. 200 A, version en vigueur au 21 février 2026) et 18,6 %de prélèvements sociaux — CSG portée à 10,6 % sur les revenus du patrimoine (CSS art. L. 136-8, version en vigueur au 27 juin 2026), à laquelle s'ajoutent la CRDS de 0,5 % et le prélèvement de solidarité de 7,5 %, qui relèvent chacun d'un autre texte — soit 31,4 % et non 30 %: 2 310 098 € d'impôt, un résultat net de 17 564 902 €, un MOIC net de 1,40 × et un TRI net de 7,01 %. Ces deux derniers chiffres sont nets du seul prélèvement forfaitaire unique et des seuls prélèvements sociaux : une plus-value de cette taille fait entrer le cédant dans le champ de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus(CGI art. 223 sexies : 3 %, puis 4 % au-delà des seuils de revenu fiscal de référence), qui n'est pas modélisée ici et abaisserait encore le net. Si c'était la holding qui cédait les titres de la cible, le régime des plus-values sur titres de participation détenus depuis au moins deux ans (CGI art. 219, I, a quinquies, version en vigueur au 21 février 2026) — condition remplie ici, la sortie intervenant au cinquième exercice — laisserait imposable une quote-part de 12 % du montant brut, soit un coût effectif de 3,00 % de la plus-value brute— et non zéro. Hypothèse retenue : détention directe, sans report d'imposition ni abattement ; le détail des taux figure sur la page consacrée aux prélèvements sociaux de 2026, et les régimes de remploi du produit d'une cession sur le guide de l'apport-cession.
Et la part de l'équipe dirigeante ?
L'apport de l'équipe représente 1 000 000 € sur 12 518 000 €, soit 7,99 % du tour de table— une donnée de cette illustration, jamais une norme. En l'absence de tout mécanisme de rétrocession, son multiple est exactement celui de l'investisseur: 1,59 × dans le cas de base, et 0,90 × dans le scénario dégradé — la même perte, dans la même proportion. Tout l'objet d'un management package est précisément de s'écarter de cette proportionnalité, et son calcul — y compris son traitement fiscal — appartient à une autre page. Nous n'y entrons pas ici : ce cas ne comporte aucun mécanisme de rétrocession, et en ajouter un changerait tous les nombres publiés.
⚠️ Le dirigeant qui réinvestit engage son capital et son emploi
Un cadre qui remet une part significative de son épargne dans une opération de ce type ne prend pas un risque d'investisseur ordinaire : il adosse son épargne et son revenu professionnel à une seule et même entreprise, la concentration de risque la plus brutale qu'un salarié puisse prendre. Dans le scénario dégradé, sa mise recule comme celle de l'investisseur — sauf qu'il perd au moment précis où son emploi devient, lui aussi, discutable. Un package se regarde donc dans le patrimoine complet du dirigeant, jamais isolément ; le sujet est traité par le package d'un dirigeant et sa fiscalité.
Ce que devient le produit d'une opération, une fois encaissé
Nous n'arrangeons pas de dette et n'intervenons pas comme sponsor. Nous intervenons sur ce que l'opération laisse derrière elle : le réemploi du produit d'une cession, la protection du conjoint, et l'illiquidité d'un capital immobilisé pendant toute la durée de détention.
D'où vient exactement le gain : croissance, multiple ou désendettement ?
Un gain de 7 357 000 € ne dit rien de sa propre origine. Il n'y a que trois sources possibles — le résultat, le multiple, la dette remboursée — et, sur ce cas, la décomposition boucle à l'euro.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Capitaux propres pro forma au closing | 11 600 000 € |
| Effet EBITDA : (EBITDA de sortie − EBITDA de prix) × multiple d'entrée | 0 € |
| Effet multiple : (multiple de sortie − multiple d'entrée) × EBITDA de sortie | 0 € |
| Effet désendettement : dette nette d'entrée − dette nette de sortie | + 8 275 000 € |
| = Capitaux propres à la sortie | 19 875 000 € |
La thèse de cette page est donc arithmétiquement prouvée : sans croissance et sans expansion de multiple, la totalité du gain vient du remboursement de la dette. Le gain net de l'actionnaire s'écrit 8 275 000 − 918 000 = 7 357 000 €, soit l'effet désendettement diminué de la friction du closing. Un LBO, dans cette configuration, n'est pas une histoire de croissance : c'est un transfert de valeur de la dette vers les capitaux propres, payé par la trésorerie de l'entreprise.
La formule du levier, posée une fois
R_cp = R_e + (R_e - i) x D / CP R_cp : rentabilite des capitaux propres R_e : rentabilite economique de l'entreprise i : cout de la dette D/CP : rapport dette sur capitaux propres
Le terme (R_e − i) est signé. Les trois scénarios de la section suivante ne sont que trois valeurs de ce terme. Comme l'écrit le Vernimmen : « L'effet de levier ne crée pas de valeur. S'il peut augmenter la rentabilité des capitaux propres, il augmente immanquablement leur risque. »
Un mot, enfin, sur l'hypothèse la plus contestable de tout exemple de LBO : la croissance. La Banque de France constate, dans le Bulletinn° 260/4, que « les données de l'étude ne permettent pas de mettre en évidence un effet significatif du LBO sur l'évolution du chiffre d'affaires ». Une croissance d'EBITDA obtenue grâceau montage n'est donc pas un acquis : c'est précisément pourquoi le cas de base la fixe à 0 %.
Trois scénarios en colonnes stables : dégradé, base, favorable
Deux paramètres seulement changent d'une colonne à l'autre — le niveau d'EBITDA et le multiple de sortie. Tout le reste est identique : mêmes emplois, même apport, même échéancier, mêmes conventions.
| Dégradé | Base | Favorable | |
|---|---|---|---|
| EBITDA (constant sur 5 exercices) | 3 400 000 € (marge 8,5 %) | 4 000 000 € (marge 10 %) | 4 000 000 € |
| Multiple de sortie | 4,0 × | 5,0 × | 5,5 × |
| Dividende annuel remontant | 1 500 000 € | 1 950 000 € | 1 950 000 € |
| Trésorerie de la holding à l'exercice 3 | 185 000 € | 1 535 000 € | 1 535 000 € |
| Crédit-vendeur payé à l'échéance ? | non | oui | oui |
| Dette résiduelle à la sortie | 3 900 000 € | 2 400 000 € | 2 400 000 € |
| Trésorerie du groupe à la sortie | 1 525 000 € | 2 275 000 € | 2 275 000 € |
| Valeur d'entreprise à la sortie | 13 600 000 € | 20 000 000 € | 22 000 000 € |
| Capitaux propres à la sortie | 11 225 000 € | 19 875 000 € | 21 875 000 € |
| MOIC (brut) | 0,90 × | 1,59 × | 1,75 × |
| TRI (brut, par an) | − 2,16 % | + 9,69 % | + 11,81 % |
| Résultat pour l'actionnaire | − 1 293 000 € | + 7 357 000 € | + 9 357 000 € |
Réponse express : les trois scénarios
Dégradé — marge 8,5 %, sortie à 4,0 × : 0,90 ×, − 2,16 % par an, 1 293 000 € de pertepour l'actionnaire, alors que l'entreprise a gagné de l'argent chaque année.
Base— marge 10 %, sortie au multiple d'entrée : 1,59 ×, + 9,69 % par an, + 7 357 000 €, intégralement dus au remboursement de la dette.
Favorable — même EBITDA, sortie à 5,5 × : 1,75 ×, + 11,81 % par an, + 9 357 000 €. Le seul écart avec le cas de base est un demi-tour de multiple que personne ne maîtrise— ni une performance d'exploitation, ni un talent de gestion. Trois colonnes, trois hypothèses fictives : ce ne sont pas trois probabilités, et rien n'indique que la colonne du milieu soit la plus vraisemblable.
Ce que pèse un tour de multiple, en euros.Sur un EBITDA de 4 000 000 €, un tour vaut 4 000 000 € de valeur d'entreprise — et autant de capitaux propres, la dette et la trésorerie étant inchangées — soit 31,95 % des fonds propres apportés. À l'inverse, 100 000 € d'EBITDA supplémentaires n'ajoutent que 875 000 €de capitaux propres à la sortie : 500 000 € de valeur d'entreprise et 375 000 € de trésorerie accumulée, soit 75 000 € de dividende de plus pendant cinq exercices — au total 6,99 % de l'apport. Le rapport entre les deux sensibilités est donc de 4,57, et non de 8.
Le seuil de perte. Dans le cas de base, il suffit que le multiple de sortie descende sous 3,16 ×pour que l'actionnaire perde de l'argent — alors qu'il est entré à 5,0 ×.
Et un mot sur le scénario favorable, pour ne pas le survendre. Il ne suppose aucune croissance: il ne fait que rendre un demi-tour de multiple. Une croissance de 3 % par an de l'EBITDA, tout le reste inchangé — soit un EBITDA de sortie de 4 502 035 €, la croissance courant à partir du deuxième exercice — ajouterait environ 3 690 000 € de capitaux propres à la sortie, portant le multiple à 2,04 × — mais cumuler les trois reviendrait à présenter trois paris simultanés comme un résultat.
Le scénario dégradé : ce qu'il reste quand le plan est manqué de 1,5 point de marge et d'un tour de multiple de sortie
Une seule hypothèse d'exploitation change ici, et le résultat de l'actionnaire s'inverse — raison pour laquelle ce scénario est calculé avec la même précision que le cas de base. La marge passe de 10 % à 8,5 %, soit un EBITDA de 3 400 000 €, en recul de 15 %. Le multiple de sortie, lui, se contracte de 5,0 × à 4,0 × : deux paramètres bougent, et la fin de section montre ce que chacun pèse séparément.
L'exploitation ne s'effondre pas.L'entreprise reste bénéficiaire chaque année — résultat d'exploitation 2 200 000 €, impôt 550 000 €, résultat net 1 650 000 €, flux disponible 1 550 000 €, dividende 1 500 000 €. Rien de dramatique au niveau de la cible : une PME qui perd un point et demi de marge sur un cycle n'est pas une entreprise en péril.
La holding d'acquisition, elle, est à l'os dès le premier exercice. Son service de dette du premier exercice, 1 665 000 €, dépassele dividende reçu, 1 500 000 €. Sa trésorerie, partie de 500 000 € à l'ouverture, descend à 335 000 €, puis 230 000 €, puis 185 000 €, avant de remonter à 200 000 € et 275 000 €. Elle survit sans aucune marge, et uniquement parce que le service décroît d'année en année.
Jusqu'où l'EBITDA pouvait-il reculer ? Avec la règle de distribution de ce cas, la couverture du service du premier exercice tombe à 1,00 exactement pour un EBITDA de 3 620 000 €, soit − 9,5 %, et passe en dessous en deçà de ce niveau. En distribuant l'intégralité du flux disponible, sans conserver la marge de 50 000 €, le point de rupture ne serait repoussé qu'à 3 553 333 €, soit − 11,2 %. Autrement dit, moins de dix pour cent d'écart sur le résultat suffisent à ce que le dividende ne couvre plus le service, dès la première année.
L'échéance du crédit-vendeur n'est pas honorée.À l'échéance du cinquième exercice, il faut sortir 1 500 000 € et la holding en a 275 000 € : il manque 1 225 000 €. Le guide du financement chiffre exactement cette impasse et énumère les issues — renégocier le crédit-vendeur, refinancer, apporter des fonds propres complémentaires, ou entrer en bris de covenant. Ce cas retient la première: l'échéance est reportée par renégociation, si bien que la dette de prix reste due à la sortie. C'est la raison pour laquelle la trésorerie de la holding affiche ici 275 000 € là où le guide du financement affiche − 1 225 000 € : ce n'est pas une contradiction, c'est la même impasse avec une issue explicitée. Et il faut ajouter la vérité désagréable : une échéance non honorée est un défaut contractuel, dont l'issue ne dépend pas de l'emprunteur. Ce qui se passe ensuite — renonciation temporaire, renégociation, restructuration — relève d'une page dédiée aux montages en difficulté.
La sortie ne rattrape rien.Le multiple se contracte à 4,0 ×, la valeur d'entreprise tombe à 13 600 000 €, la dette résiduelle atteint 3 900 000 € (2 400 000 € de senior et 1 500 000 € de crédit-vendeur non payé) et la trésorerie du groupe 1 525 000 €. Il reste 11 225 000 € pour des actionnaires qui ont apporté 12 518 000 € : MOIC 0,90 ×, TRI − 2,16 % par an.
Ce résultat vient du rang de paiement, pas de la malchance. La dette a été servie intégralement, à l'exception du crédit-vendeur ; les actionnaires ont perdu. Et il ne manquait pas grand-chose : il aurait suffi de 0,38 tour de multiple de plus — ressortir à 4,38 × au lieu de 4,0 × — juste pour récupérer l'apport. Dit autrement, le multiple de sortie ne pouvait pas céder plus de 0,62 toursur les 5,0 × d'entrée sans entamer l'apport. Les deux nombres sont vrais et ne mesurent pas la même chose : l'un se compte depuis le scénario, l'autre depuis le prix d'entrée.
Ce que pèse chaque paramètre, pris isolément.Aucun des deux, seul, ne fait perdre l'actionnaire. La marge seule, avec une sortie maintenue à 5,0 ×, laisse 14 625 000 €de capitaux propres : MOIC 1,17 ×, TRI + 3,16 %, gain + 2 107 000 €. Le multiple seul, avec l'EBITDA du plan, laisse 15 875 000 €: MOIC 1,27 ×, TRI + 4,87 %, gain + 3 357 000 €. C'est leur conjonction qui produit la perte de 1 293 000 €, et l'écart total (− 8 650 000 €) n'est pas la somme des deux écarts isolés (− 9 250 000 €) : un terme croisé de + 600 000 € les sépare. Pour annuler le gain en ne bougeant qu'un seul paramètre, il faudrait − 21 % d'EBITDA (3 159 200 €, soit une marge ramenée à 7,90 %) ou − 37 % sur le multiple de sortie (3,16 ×). Le premier de ces deux seuils est purement arithmétique, et il ne faut surtout pas le lire comme une marge de manœuvre : à 3 159 200 € d'EBITDA, le dividende tombe à 1 319 400 € et la trésorerie de la holding d'acquisition devient négative dès le deuxième exercice(− 131 200 €). L'opération aurait donc fait défaut bien avant d'atteindre la sortie — la couverture du service, elle, casse dès − 9,5 %. Ni l'un ni l'autre n'est un écart modeste : ce qui est modeste, c'est le cumul de deux écarts ordinaires.
La même mauvaise nouvelle, deux structures de financement
Le tableau qui suit ne change ni l'entreprise, ni le scénario d'exploitation, ni les emplois de 22 418 000 €. Seule la répartition entre dette et fonds propres bouge.
| Même entreprise, même mauvaise nouvelle (EBITDA 3 400 000 €, sortie 4,0 ×) | Dette 9 900 000 € (44,16 % des emplois) | Dette 15 500 000 € (69,1 % des emplois) |
|---|---|---|
| Apport des actionnaires | 12 518 000 € | 6 918 000 € |
| Capitaux propres à la sortie | 11 225 000 € | 3 975 000 € |
| MOIC | 0,90 × | 0,57 × |
| TRI par an | − 2,16 % | − 10,49 % |
| Part de l'apport détruite | 10,3 % | 42,5 % |
| Le même scénario de base aurait donné | 1,59 × / + 9,69 % | 1,82 × / + 12,78 % |
⚠️ L'effet de levier est symétrique : il amplifie la perte exactement comme il amplifie le gain
La même entreprise, le même plan raté : le levier fait passer le résultat de − 10 % à − 43 % de l'apport. Et dans le cas de base, c'est ce même levier qui aurait porté le multiple de 1,59 × à 1,82 ×. Les deux effets sont le même effet, lu dans les deux sens : le levier ne change pas l'entreprise, il change qui encaisse la variance. C'est la raison pour laquelle un montage à effet de levier peut conduire à la perte totale du capital investi — et pourquoi un tableau de financement plus agressif n'est jamais, en soi, un tableau meilleur.
La sensibilité des capitaux propres à la valeur d'entreprise est un rapport, et il se lit : valeur d'entreprise ÷ capitaux propres. Au closing, il vaut 1,72 × dans la première structure et 3,33 × dans la seconde. Effacer intégralement les capitaux propres exigerait une chute de 58 % de la valeur d'entreprise dans un cas, de 30 % seulementdans l'autre — soit, au closing et à structure figée, un multiple de sortie de 2,10 × dans le premier cas et de 3,50 ×dans le second. Et dans la structure levée, sur ce même scénario dégradé (EBITDA 3 400 000 €, cinq exercices d'amortissement), un multiple de sortie de 2,83 ×— contre 5,0 × à l'entrée — n'écrase pas le gain : il efface la totalité de l'apport. Sur le même scénario mais à EBITDA maintenu à 4 000 000 €, ce seuil d'anéantissement tombe à 1,84 ×.
Un dernier point joue en sens inverse : le levier s'éteint à mesure qu'il est remboursé. À la sortie de notre cas de base, la dette nette n'est plus que de 125 000 €: les capitaux propres valent presque l'entreprise. C'est pourquoi, sur ce montage délibérément peu endetté, un anéantissement des fonds propres ne s'obtient pas par le multiple de sortie mais par le rang et par le calendrier— c'est-à-dire en cours de route, quand la trésorerie ne sert plus la dette.
Ce que les institutions publiques en disent
La Banque de France, dans son Bulletin n° 260/4 de septembre-octobre 2025, publie une étude en doubles différences sur 720 entreprises européennes dont 383 sous LBO, à partir de données de crédit couvrant septembre 2018 à juillet 2023 et sans biais de survivance: un an après l'opération, le taux d'endettement bancaire des cibles est 35 % plus élevé que celui de leurs pairs et leur probabilité de défaut estimée 44 % plus élevée; 41 % de leur dette relève d'une qualité de crédit équivalente au high yield, contre 19 % pour le groupe de contrôle. La même source écrit que le montage « relève d'une stratégie par nature très risquée ».
L'Autorité des marchés financiers, dans sa Cartographie 2026(26 juin 2026), reprenant les données d'un cabinet de conseil, relève qu'au niveau mondialet pour le seul exercice 2025, « le taux de rendement interne moyen du quartile des LBO les plus performants a été de 8 % », contre 18 % pour l'indice S&P 500 et 22 % pour le MSCI World. Deux lectures fautives de ce chiffre sont possibles ; autant les écarter. Il ne faut surtout pas en conclure que « les LBO rapportent 8 % » : ce qu'il faut en retenir est que, cette année-là, même le quartile le plus performant a fait moins bien que les indices boursiers. Et ce chiffre est une performance de fonds mesurée par un tiers : il ne se compare pas au TRI de 9,69 % calculé sur notre cas, qui est brut, mono-actif et avant tout frais — la non-comparabilité établie plus haut vaut ici aussi.
Une dernière donnée, souvent mal lue : les organisations professionnelles du capital-investissement français indiquent, sur des données arrêtées à fin 2024, que « les fonds qui réalisent un multiple inférieur à 1,0 × ne concentrent que 16 % des capitaux appelés ». C'est une répartition de capitaux par quartile de véhicules à une date donnée, valeurs latentes incluses, jamais un taux d'échec. Aucune statistique publique française n'isole les défaillances des entreprises sous LBO : il n'existe donc pas de « taux d'échec » à citer.
Quand ce montage n'est pas une bonne idée
Non pas en général — le guide du LBO et celui du financement traitent cette question — mais au vu des seuils de ce cas précis, qui sont mesurables. Trois d'entre eux se lisent dans les tableaux ci-dessus, et deux ne se chiffrent pas mais pèsent plus lourd encore.
Le premier seuil se calcule avant la signature : 9,5 % d'écart d'EBITDAsuffisent à ramener la couverture du service à 1,00 dès le premier exercice. Quand la marge de sécurité d'un plan se mesure à un chiffre de cet ordre, la question n'est plus de savoir si le scénario est atteignable, mais ce qu'il advient s'il ne l'est pas. Le deuxième tient à l'identité du décideur : le résultat de l'actionnaire dépend d'un multiple de sortie que personne dans l'opération ne contrôle, et dont un demi-tour vaut 16 % de l'apport. Accepter un montage dont le paramètre le plus lourd est exogène est un choix légitime, à condition de l'avoir formulé. Le troisième est un point de calendrier : l'échéance in fine du crédit-vendeur n'est honorable qu'au terme de quatre exercices sans aucun accident— et le scénario dégradé montre ce qu'il se passe quand il y en a un.
Restent les deux critères que le modèle ne sait pas chiffrer. Il faut renoncer, ou revoir le calibrage, quand le dirigeant met dans l'opération une part significative de son patrimoinealors que son emploi dépend déjà de la même entreprise : aucun rendement espéré ne compense une concentration de cette nature. Et il faut se méfier d'un plan calibré sur le seul scénario central — la Banque centrale européenne, dans sa Guidance on leveraged transactions de mai 2017, attend du prêteur un scénario central etun scénario de stress suffisamment conservateur avant l'octroi. Le prêteur attend donc deux trajectoires, pas une— et l'actionnaire a exactement le même intérêt.
Sur ces bases, l'opération peut ne pas être adaptée, et la bonne décision peut être de ne pas la faire — ou de la faire avec moins de dette, en acceptant un rendement plus bas. Un tableau de financement se lit à froid ; l'entreprise qui le supporte, elle, emploie des gens, et son dirigeant a le plus souvent son patrimoine dedans.
Ce que ce modèle ne dit pas
Le modèle laisse plusieurs choses de côté. Les voici, avec leur montant chaque fois qu'il se calcule.
- Aucun impôt ni économie d'impôt au niveau de la holding d'acquisition — l'économie théorique à laquelle on renonce vaut 309 375 € nets, et elle supposerait une intégration fiscale.
- La réserve légale est dotée chaque exercice sans modéliser son plafond légal, ce qui sous-estime légèrement le bénéfice distribuable, dans le sens de la prudence ; cumulée, elle atteint 525 000 € en cinq exercices, si bien que ce plafond ne mordrait que si le capital social de la cible était inférieur à 5 250 000 €.
- Le taux est fixe, alors que la dette d'acquisition de type unitranche est majoritairement à taux variable (Autorité des marchés financiers, Cartographie 2026) et que la Banque centrale européenne a relevé son taux de facilité de dépôt de 25 points de base le 17 juin 2026, après huit baisses successives : sur un encours senior moyen de 6 000 000 €, + 100 points de base coûtent 300 000 € sur la durée et ramènent le MOIC de 1,59 × à 1,56 ×.
- Aucun frais de cession n'est déduit à la sortie.
- Aucun balayage de trésorerie n'est modélisé.
- La trésorerie du groupe est reprise dans le pont de sortie — en exclure la seule trésorerie d'exploitation de la cible (1 000 000 €) ramènerait le MOIC à 1,51 ×, et l'exclure en totalité (2 275 000 €) à 1,41 ×.
- Dans le scénario dégradé, le report de l'échéance du crédit-vendeur est supposé gratuit: ni intérêts de retard, ni pénalité, ni renchérissement du contrat. C'est la seule simplification de cette page qui joue en faveur de l'actionnaire — dans la réalité, un report se paie.
Un repère de date, à ne pas surinterpréter : la Banque de France mesure à 3,64 % le coût moyen des nouveaux financements des sociétés non financières en juin 2026 (3,69 % pour les crédits bancaires, 3,64 % pour les PME). Cette statistique ne mesure pas le prix d'une dette d'acquisition, qui est structurée, tarifée en marge et non publiée ; elle sert seulement à dire que l'hypothèse de 5,00 % n'est pas farfelue : elle se situe 131 points de base au-dessus des 3,69 % des crédits bancaires, et 136 points de base au-dessus des 3,64 % relevés pour les PME. Pour qui souhaite regarder ce type de dette depuis l'autre côté du contrat, investir dans la dette privée en expose la logique côté investisseur — un point de vue opposé à celui de cette page, qui est celui de l'emprunteur.
Rappel : cette illustration est fictive
Tous les montants, taux, durées et multiples de cette page ont été construits pour la démonstration et vérifiés arithmétiquement entre eux. Ils ne constituent ni un barème, ni une moyenne de marché, ni une simulation personnalisée, ni une promesse de rendement. Un autre jeu d'hypothèses donnerait un autre résultat, y compris négatif. Cette page n'est pas un simulateur et n'en propose aucun.
Ce qu'il faut retenir
- L'apport et le produit.Les actionnaires remettent un montant au closing et récupèrent un résidu à la sortie : entre les deux, cinq exercices de trésorerie d'entreprise ont servi une dette.
- La friction du premier jour.Frais et droits sont détruits à la signature : le montage commence en moins-value et doit d'abord rattraper ce retard.
- Le gain vient du désendettement.Sans croissance ni expansion de multiple, la totalité de la valeur créée pour l'actionnaire est du remboursement de dette.
- Le rang fait des actionnaires un résidu.Frais, senior, juniors, dette de prix, puis eux. Un résidu peut être nul, et la dette n'est pas remise en cause pour autant.
- Deux paramètres sont subis, pas choisis : le multiple de sortie et le calendrier. Ce sont ceux qui pèsent le plus lourd sur le résultat.
- Ces nombres ne se transposent pas.Ils sont une construction destinée à être refaite, pas un référentiel : on peut refaire ce calcul avec d'autres hypothèses, on ne peut pas reprendre ces montants.
Bilan patrimonial : ce que l'opération laisse derrière elle
Un produit de cession encaissé pose trois questions immédiates : où le placer, dans quelle enveloppe, et ce qui revient au conjoint en cas d'accident. C'est là que nous intervenons — sur le patrimoine du cédant, du dirigeant ou du cadre concerné, jamais sur le montage.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Hagnéré Patrimoine
Conseiller en gestion de patrimoine, Quentin Hagnéré accompagne dirigeants, managers et cédants sur la structuration de leur patrimoine autour d'une opération de haut de bilan. Sur les montages à effet de levier, son cabinet part d'un principe simple : un exemple chiffré n'a de valeur que si son scénario dégradé est calculé avec la même précision que son scénario favorable.
⚠️ Informations légales et réglementaires
Cette page est informative. Elle ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement personnalisé. Les dispositifs cités sont ceux en vigueur à la date de publication et sont susceptibles d'évoluer. Toutes les illustrations chiffrées de cette page sont fictives et ne constituent pas une simulation personnalisée. Date de dernière vérification des textes et des données citées : 12 août 2026 (Légifrance, BOFiP, Banque de France, Autorité des marchés financiers).
Le montage d'une opération à effet de levier engage du droit des sociétés, du droit fiscal, du droit des sûretés et du droit du financement : il relève d'un avocat d'affaires, d'un notaire, d'un expert-comptable et d'un conseil en transmission. Aucun fonds, aucune banque, aucun prêteur, aucun cabinet, aucune entreprise cible et aucune opération réelle n'est cité dans cette page.
Un montage à effet de levier amplifie les gains comme les pertes : il peut conduire à la perte totale du capital investi. Un manager salarié qui investit dans l'opération expose simultanément son capital et son emploi à la même entreprise.
Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (www.orias.fr) en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA) et Courtier en Opérations de Banque et en Services de Paiement (COBSP), adhérent de la CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Chambéry. Le cabinet ne monte pas d'opérations à effet de levier, n'arrange pas de dette, ne structure pas de tranches et n'intervient ni comme sponsor ni comme prêteur.

