Guide à jour au 15 août 2026 — intègre la LF 2026 (Dutreil 8 ans, apport-cession 70 %/36 mois), la LFSS 2026 (PFU 31,4 %), la jurisprudence CE 27 janv. 2011 n° 320313 et CE 12 fév. 2020 n° 421444 sur l'abus de droit OBO, et le BOFiP BOI-IS-GPE-20-20-80-20 (amendement Charasse).
OBO en 2026 : vous êtes dirigeant d'une PME (Petite ou Moyenne Entreprise) valorisée 3 millions d'euros. Vous voulez sécuriser 1,5 à 2 millions en liquidités (cash-out) sans perdre le contrôle de votre entreprise et sans la vendre à un tiers.
La solution : créer une holding patrimoniale, emprunter pour racheter vos propres titres, encaisser le prix de cession et continuer à diriger. La dette est remboursée par les dividendes de l'entreprise (régime mère-fille, IS — Impôt sur les Sociétés — à taux effectif 1,25 %). C'est l'OBO (Owner Buy-Out, rachat par le propriétaire) — le LBO (Leveraged Buy-Out, rachat avec effet de levier) patrimonial du dirigeant. Chez Hagnéré Patrimoine, nous en structurons une dizaine par an.
Références légales mobilisées dans ce guide
Ce guide s'appuie sur :
- CGI : art. 223 B (amendement Charasse), 223 A (intégration fiscale), 145/216 (mère-fille), 150-0 B ter (apport-cession), 787 B (Dutreil), 966/975 (holding animatrice IFI), 167 bis (exit tax)
- BOFiP : BOI-IS-GPE-20-20-80-20 (Charasse, portée du dispositif)
- Jurisprudence : CE 27 janv. 2011 n° 320313 (abus de droit écarté si un intérêt d'ordre financier et patrimonial durable est justifié), CE 12 fév. 2020 n° 421444 (abus de droit si absence de substance)
- LF/LFSS 2026 : PFU 31,4 %, Dutreil 8 ans, apport-cession 70 %/36 mois/5 ans
En 60 secondes — ce que ce guide vous apporte
- Pour qui ? Dirigeants 45-65 ans, entreprise valorisée 1 à 20 M€, EBE (Excédent Brut d'Exploitation) ≥ 300-400 k€, qui veulent monétiser sans vendre.
- Cash-out : 50 à 70 % de la valorisation dans les dossiers courants (1,5 à 2 M€ pour une entreprise à 3 M€). Ce n'est pas un pourcentage cible : c'est ce que le flux permet d'emprunter, diminué de ce que vous réinjectez au capital et de la part laissée en crédit-vendeur. Un flux faible le ramène très en dessous.
- Mécanique : holding à l'IS endettée rachète vos titres ; régime mère-fille (IS effectif 1,25 %) finance le remboursement de la dette via dividendes remontés.
- Fiscalité cession : PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) sur la plus-value + CEHR/CDHR éventuels.
- Le piège n° 1 : amendement Charasse — si intégration fiscale, réintégration au résultat d'ensemble d'une fraction des charges financières du groupe pendant 9 exercices, donnée par le rapport prix d'acquisition des titres / endettement moyen du groupe, plafonné à 1. Jamais la totalité, sauf lorsque ce rapport atteint son plafond (art. 223 B CGI).
- Triple combo : OBO + apport-cession 150-0 B ter (70 %/36 mois) + Pacte Dutreil (75 %, engagement 8 ans LF 2026) pour monétiser ET transmettre.
- Temps de lecture : 30 min pour structurer un OBO et éviter les 7 pièges.
Vous avez passé 15 ans à construire votre entreprise. Elle vaut aujourd'hui 3, 5, peut-être 10 millions d'euros. Mais 99 % de votre patrimoine est bloqué dans ces titres. Vous dormez sur une mine d'or — mais vous ne pouvez pas en profiter sans vendre. Vos proches vous disent : « Vends et prends ta retraite. » Mais vous n'avez pas envie de vendre. Vous aimez votre entreprise. Vous voulez juste sécuriser une partie de votre patrimoine — mettre 1 ou 2 millions de côté, diversifier, préparer la transmission — sans perdre les commandes.
C'est exactement le problème que résout l'OBO. Chez Hagnéré Patrimoine, c'est l'un des montages que nous structurons le plus souvent pour nos clients dirigeants. Et c'est aussi l'un des plus mal compris : l'amendement Charasse, l'abus de droit, le ratio dette/EBE, la combinaison avec l'apport-cession — autant de sujets techniques que ce guide va vous rendre limpides, avec des chiffres concrets.
OBO familial : comment cadrer le cash-out sans fragiliser l'entreprise ?
Un CGP indépendant simule ratio dette/EBE, structuration holding, amendement Charasse et combinaisons apport-cession + Dutreil pour sécuriser l'opération.
Qu'est-ce qu'un OBO (Owner Buy-Out) ?
Mis à jour le 15 août 2026 — Références légales mobilisées : art. 145, 150-0 B ter (LF 2026 : 70 %/36 mois), 163 bis H (LF 2025 art. 93), 167 bis, 216, 223 A, 223 B (amendement Charasse), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR LF 2025), 787 B (Dutreil 2+6 ans post-LF 2026), 966 & 975 (IFI biens pro) du CGI ; BOI-IS-GPE-20-20-80-20 ; jurisprudences CE 27/01/2011 n° 320313, CE 12/02/2020 n° 421444, CE 23/01/2020 n° 435562, Cass. com. 14/10/2020 n° 18-17.955 (Financière de Rosario) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025), LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, PFU 31,4 %).
Vous avez 55 ans, votre entreprise vaut 3 M€, et 95 % de votre patrimoine dort dans ces titres. L'OBO, c'est votre levier pour en sortir sans vendre.
L'OBO est un rachat à effet de levier appliqué à sa propre entreprise : une société de reprise acquiert vos titres, la dette d'acquisition est portée par elle, et vous encaissez des liquidités (le « cash-out »). Mais le mot recouvre sur le marché deux opérations distinctes, qui n'ont ni le même prix ni les mêmes conséquences sur le pouvoir.
Usage patrimonial — vous êtes des deux côtés de la table
Vous vendez tout ou partie de votre entreprise à une holding que vous détenez et contrôlez : le vendeur et l'acheteur sont la même personne. C'est vous qui fixez le prix — ce qui vous expose sur deux terrains, la valorisation retenue et la substance économique de l'opération. Vous conservez le contrôle.
Usage sponsor-backed — il y a un vrai tiers
Un investisseur professionnel rachète une partie de vos titres. Le prix n'est plus fixé, il est négocié. Vous réinvestissez une fraction dans la société de reprise et restez actionnaire — parfois majoritaire, souvent minoritaire. Vous cessez d'être propriétaire pour devenir l'associé d'un investisseur qui, lui, sortira.
La mécanique financière est identique dans les deux cas: la société de reprise porte la dette, jamais l'entreprise. Ce n'est pas un choix de montage, c'est le droit — l'article L. 225-216 du code de commerce interdit à une société d'avancer des fonds, de prêter ou de consentir une sûreté en vue de l'achat de ses propres actions par un tiers. Il ne figure pas parmi les exclusions de l'article L. 227-1 et s'applique donc aussi à la SAS. En revanche, rien n'interdit à la cible de distribuer un dividende: toute l'architecture tient dans cet interstice.
Ce qui change entre les deux usages n'est donc pas la dette, c'est le pouvoir après. Ce guide traite principalement de l'usage patrimonial. L'entrée d'un investisseur au capital — le prix négocié, le réinvestissement du dirigeant, le pacte, la sortie du fonds — est traitée dans OBO avec un fonds : vendre une partie, rester dirigeant.
Ce que l'OBO change pour votre patrimoine
Sans OBO (patrimoine bloqué)
100 % de votre patrimoine est concentré dans les titres de votre entreprise. Pas de diversification, pas de liquidités, pas de filet de sécurité. Au décès ou en cas de coup dur, vos héritiers héritent d'une entreprise à gérer — pas de cash.
Avec OBO (cash-out + contrôle)
Vous extrayez une part de la valorisation en liquidités — 50 à 70 % dans les dossiers courants, selon ce que le flux permet d'emprunter. Vous diversifiez (immobilier, financier, AV) et conservez le contrôle opérationnel via la holding. En contrepartie, la dette est remboursée par les flux futurs de l'entreprise : c'est un pari sur sa performance, et vous vous engagez personnellement par la caution.
Concrètement : pour une entreprise valorisée 3 M€ avec un EBE (Excédent Brut d'Exploitation) de 600 000 €, vous pouvez extraire environ 1,5 à 2 M€ en cash-out, placer ces liquidités dans un portefeuille diversifié (AV — assurance-vie, SCPI — Société Civile de Placement Immobilier, PE — Private Equity), et continuer à diriger votre entreprise. La holding rembourse la dette bancaire sur 5-7 ans grâce aux dividendes remontés via le régime mère-fille (IS effectif 1,25 %). C'est le cœur du moteur OBO — et la première chose que Hagnéré Patrimoine vérifie dans un dossier dirigeant.
Ce guide porte sur l'OBO réalisé sur les titres de la société. La même mécanique se transpose aux murs professionnels: vendre l'immeuble d'exploitation à une structure que l'on contrôle, pour transformer un actif immobilisé en liquidités sans déplacer l'activité. Les arbitrages n'y sont pourtant pas les mêmes — c'est le loyer que l'exploitation peut supporter qui borne le prix, et les frais d'acquisition amputent l'opération dès le premier euro. Nous les détaillons dans le guide OBO immobilier : vendre ses murs à sa propre structure.
L'OBO n'est jamais une opération isolée : il s'inscrit dans une stratégie patrimoniale d'ensemble (diversification, transmission, retraite). Consultez notre guide pilier Structuration du patrimoine dirigeant SAS 2026 pour l'arbitrage (rémunération, prévoyance, transmission).
Pourquoi faire un OBO ?
Un dirigeant ne fait pas un OBO « parce que c'est à la mode ». Dans les dossiers que nous traitons, l'opération répond presque toujours à l'un de ces cinq objectifs patrimoniaux — et souvent à plusieurs à la fois.
- Monétiser sans vendre. Transformer un patrimoine illiquide (titres) en liquidités diversifiables, sans céder à un tiers.
- Diversifier le patrimoine. Réduire la concentration du risque (100 % dans l'entreprise → 30-50 % dans l'entreprise + 50-70 % diversifié).
- Préparer la transmission. La holding facilite la donation progressive des titres (abattement 100 000 € + Dutreil 75 %). Le FBO (Family Buy-Out) est une variante de l'OBO avec transmission intrafamiliale.
- Sécuriser en cas de coup dur. Si l'entreprise fait faillite, le cash-out déjà extrait est à l'abri dans le patrimoine personnel ou la holding.
- Associer des managers clés. L'OBO peut inclure un management package pour fidéliser les cadres dirigeants (intéressement au capital via la holding).
Reste que l'OBO n'est pas la seule façon de faire sortir de la liquidité d'une société : la distribution de dividendes, la réduction de capital par rachat de titres et la cession partielle à un tiers répondent au même besoin, avec des conséquences très différentes sur le contrôle, l'endettement, la fiscalité et la réversibilité de la décision. Nous confrontons ces quatre voies critère par critère dans OBO ou dividendes : quelle voie de cash-out choisir — la lecture utile avantde conclure que l'OBO est la bonne réponse à votre besoin de liquidités.
2.1 Trois positions du cédant sous un même montage
Un mot de vocabulaire avant le tableau, parce qu'il évite une confusion tenace. LBO n'est pas l'alternative de l'OBO : c'est son genre.Le sigle désigne à la fois le montage — une holding porte la dette d'acquisition et se rembourse sur les dividendes de la cible — et la famille entière des buy-out, dont MBO, MBI, OBO, FBO et LBU sont les espèces. Elles se distinguent par qui rachète et qui dirige ensuite, jamais par la mécanique financière. Opposer OBO et LBO reviendrait à opposer une espèce à son genre. Le panorama complet figure dans tous les types de buy-out. Ce qui suit compare donc trois positions du cédant à l'intérieur de cette même famille.
| Critère | OBO — usage patrimonial | OBO — usage sponsor-backed | FBO |
|---|---|---|---|
| Qui rachète | Une holding que vous détenez et contrôlez | Une société de reprise contrôlée par un investisseur professionnel | Une holding portée par le repreneur familial |
| Qui encaisse | Vous-même | Vous-même, sur la fraction cédée | La fratrie non repreneuse, par la soulte — dans un FBO canonique, le donateur ne touche rien |
| Comment se fixe le prix | Vous le fixez : il doit être documenté par un expert indépendant, à la valeur de marché | Il se négocie avec le tiers | Valeur retenue pour la donation-partage |
| Ce que vous encaissez | Ce que le flux permet d'emprunter, net du réinvestissement au capital et du crédit-vendeur | Idem, mais borné par la négociation et par le réinvestissement exigé | Rien pour le donateur : le levier ne sert pas à acheter, il sert à partager |
| Fiscalité du cédant | PFU 31,4 % + CEHR/CDHR éventuels | PFU 31,4 % + CEHR/CDHR sur la fraction cédée | Abattement Dutreil 75 % (art. 787 B), dont le f neutralise la remise en cause en cas d'apport à une holding avec soulte |
| Contrôle après l'opération | Conservé | Partagé : la répartition du capital ne dit plus qui décide, c'est le pacte | Le repreneur familial contrôle la holding |
| Engagements pris | Aucun engagement de conservation | Pacte d'associés, promesses croisées, horizon de sortie de l'investisseur | Dutreil : 2 ans collectif + 6 ans individuel = 8 ans |
| Risque principal | Substance économique et valorisation (abus de droit) ; amendement Charasse si intégration fiscale | Perte de la maîtrise au moment où l'investisseur sort, et sort du réinvestissement | Rupture de l'engagement Dutreil = perte de l'abattement |
Concrètement : un dirigeant qui veut rester aux commandes et n'a besoin de personne d'autre reste dans l'usage patrimonial. Celui dont le flux ne porte pas le montant visé, ou qui cherche un partenaire pour une étape de croissance, bascule dans l'usage sponsor-backed — et change de statut au passage. Une famille qui prépare la succession avec un enfant repreneur relève du FBO, dont le pivot est la donation-partage, pas le rachat.
La configuration sponsor-backed mérite qu'on s'y arrête : un investisseur financier entre au capital de la holding, le dirigeant lui cède une partie de ses titres, réinvestit l'autre partie dans le nouveau tour de table et reste aux commandes. Le prix n'est plus fixé par une expertise mais négocié ; le réinvestissement du dirigeant (le rollover), le pacte d'associés et le partage de la gouvernance deviennent le vrai sujet de la discussion. Ce qui se joue à chacun de ces postes est détaillé dans OBO avec un fonds : vendre une partie, rester dirigeant.
2.2 Qui décide après ? La question que le capital ne tranche plus
Dans l'usage patrimonial, le seul véritable contre-pouvoir est la banque.Vous détenez la holding, vous présidez la cible, et personne au capital ne peut vous contredire. Ce qui vous contraint, ce sont les engagements pris dans la documentation de crédit : les ratios à respecter, ce qu'ils déclenchent quand ils ne le sont plus, l'autorisation préalable pour distribuer, s'endetter à nouveau ou céder un actif. La gouvernance de l'opération est en réalité écrite dans le contrat de prêt.
Dans l'usage sponsor-backed, la répartition du capital ne dit plus qui décide.On peut détenir 55 % et ne rien arbitrer seul ; on peut détenir 35 % et conserver une prise réelle sur les décisions. Ce qui tranche, c'est le pacte d'associés: la liste des décisions soumises à accord préalable de l'investisseur, la composition des organes et les sièges, les promesses croisées d'achat et de vente, les clauses de sortie conjointe et forcée, et surtout ce qu'il advient de votre réinvestissement le jour où l'investisseur sort — car il sortira. Ces mécanismes sont détaillés dans notre guide du pacte d'associés et de la gouvernance et, côté dirigeant, dans OBO avec un fonds.
2.3 Arbre de décision : faut-il en faire un, et lequel ?
Quatre questions, dans cet ordre. La première élimine la moitié des dossiers, et c'est très bien ainsi.
- Votre besoin est-il ponctuel ou structurel ? Ponctuel — un projet identifié, un montant borné, une échéance : une distribution de dividendes ou une réduction de capital y répond souvent mieux, sans dette et sans irréversibilité. Structurel — la quasi-totalité de votre patrimoine est immobilisée dans des titres que rien ne cote : l'examen se poursuit.
- Le flux porte-t-il la dette etl'investissement de maintien ? La question n'est pas « quel multiple d'EBE » mais « que reste-t-il une fois payés le besoin en fonds de roulement, les investissements nécessaires à la continuité de l'exploitation, l'impôt et l'échéance ? ». Si le solde est nul ou négatif dans un scénario simplement dégradé, arrêtez ici: le montage ne tient qu'en affamant l'entreprise.
- Voulez-vous rester propriétaire, ou accepter de devenir associé ? Rester propriétaire, c'est l'usage patrimonial : vous fixez le prix, vous encaissez ce que le flux permet, vous gardez la main — et vous portez seul le risque et la charge de la preuve. Accepter un tiers, c'est l'usage sponsor-backed : un prix négocié, souvent supérieur, en échange d'un pacte qui décide à votre place sur une liste de sujets, et d'une sortie programmée.
- Cherchez-vous de la liquidité ou de la transmission ? De la liquidité : l'OBO se suffit, éventuellement combiné à l'apport-cession (section 6). De la transmission : le pivot n'est pas le rachat mais la donation-partage, et l'outil s'appelle FBO (section 7). Les deux à la fois : c'est un cas mixte, à assumer comme tel, avec une assiette scindée entre ce qui est donné et ce qui est vendu.
Une réponse négative à la question 2 clôt le sujet, quelles que soient les réponses aux autres. C'est la seule des quatre qui ne se négocie pas.
Comment fonctionne le mécanisme OBO ?
Le jour du closing, une partie du prix arrive sur votre compte — pas la totalité : ni votre réapport au capital de la holding, ni la part laissée en crédit-vendeur n'en font partie. Et vous êtes toujours aux commandes. Voici les 4 étapes pour y arriver.
| Étape | Action | Qui fait quoi |
|---|---|---|
| 1. Création holding | Le dirigeant crée une SAS holding à l'IS, dont il détient 100 % (ou majorité) | Dirigeant + avocat/notaire |
| 2. Financement | La holding obtient un prêt bancaire (dette senior 5-7 ans) + apport en capital du dirigeant (10-20 %) | Holding + banque |
| 3. Rachat des titres | La holding rachète les titres de l'entreprise au dirigeant. Le dirigeant encaisse le prix (cash-out) | Holding → Dirigeant |
| 4. Remboursement | L'entreprise verse des dividendes à la holding (régime mère-fille, IS 1,25 %). La holding rembourse la dette | Entreprise → Holding → Banque |
Concrètement : après l'OBO, vous possédez les titres de la holding (qui possède l'entreprise) et vous détenez les liquidités du cash-out dans votre patrimoine personnel. Vous restez président de la SAS (Société par Actions Simplifiée) opérationnelle et gérant de la holding. Rien ne change au quotidien dans l'entreprise — sauf que vous avez sécurisé une partie significative de votre patrimoine. Notre rôle chez Hagnéré Patrimoine : orchestrer banque, avocat et expert-évaluateur sur 6-9 mois.
Quel financement et quel effet de levier ?
La structure type du financement OBO
Vous ne sortez jamais 100 % en dette. Votre banquier compose le financement en trois couches.
| Source | Part du financement | Durée / Conditions | Taux indicatif 2026 |
|---|---|---|---|
| Dette senior (prêt bancaire) | 70-80 % | 5-7 ans, amortissable, nantissement titres | Euribor + une marge de l'ordre de 2 à 3 points dans les dossiers observés en 2026 — la marge se négocie et dépend du risque |
| Dette mezzanine / prêt vendeur | 10-20 % | In fine ou grâce 2-3 ans, subordonné à la dette senior | 8 à 12 % dans les dossiers observés en 2026 : la subordination se paie, et le prêt vendeur n'est pas du cash immédiat pour le cédant |
| Fonds propres dirigeant | 10-20 % | Apport en capital à la holding | N/A |
Résultat: 70 à 80 % de l'enveloppe vient de la banque, 10 à 20 % d'une dette subordonnée négociée avec le cédant ou un fonds mezzanine, et seuls 10 à 20 % sortent de votre poche.
Le levier joue dans les deux sens, et dans la même proportion.Dire que vous injectez 300 à 600 k€ pour en encaisser 2 M€ ne décrit qu'une moitié de l'opération. L'autre moitié tient en une phrase : 80 à 90 % du prix repose sur un flux futur que personne ne garantit. Un choc d'activité n'est pas absorbé par la marge, il est absorbé par le solde qui reste une fois l'échéance payée — et ce solde est, par construction, la plus petite grandeur du montage. À impôt, besoin en fonds de roulement et investissements de maintien figés, la variation relative de la couverture de la dette vaut celle de l'EBE multipliée par le rapport EBE / flux disponible : le rapport est mécaniquement supérieur à 1, donc la baisse est amplifiée. S'y ajoute votre exposition personnelle au-delà de l'apport, par la caution (section 11). Et le scénario du plan manqué a une fin connue : la cession des titres pour désintéresser la banque — l'entreprise qu'on n'avait pas voulu vendre est vendue, à un prix qu'on ne choisit plus.
Une part du prix laissée en crédit-vendeur ou conditionnée par un earn-outn'est jamais du cash immédiat : c'est une créance, subordonnée à la dette bancaire pour la première, suspendue à des résultats futurs pour le second. Nous détaillons leur mécanique et leur risque dans crédit-vendeur et earn-out : le prix qu'on n'encaisse pas tout de suite.
Les indicateurs que regarde un prêteur — et pourquoi aucun n'est un seuil
Une banque ne part jamais d'un multiple. Elle part d'un flux annuelqu'elle estime récurrent et disponible — après besoin en fonds de roulement, investissements de maintien, impôt et service de la dette déjà en place — et elle en déduit le capital que ce flux peut amortir sur une durée donnée à un tauxdonné. Les ratios se déduisent de ce calcul ; ils n'en sont jamais le point de départ.
Les niveaux qui suivent sont des ordres de grandeur observés dans les dossiers de PME que nous rencontrons, pas des règles. Aucun texte français ne fixe de niveau d'endettement maximal ni de plancher de couverturepour une holding de reprise. Le seul chiffre européen publié — 4,0 fois l'EBITDA après financement, syndication « exceptionnelle » au-delà de 6,0 fois — figure dans la Guidance on leveraged transactions de la Banque centrale européenne de mai 2017: c'est un critère de classement prudentiel adressé aux prêteurs, et il exclut de son périmètre les prêts aux PME non détenues par un investisseur financier— c'est-à-dire la cible même d'un OBO patrimonial. Le seul dispositif macroprudentiel français chiffré, la décision du Haut Conseil de stabilité financière du 28 juillet 2023, a été abrogée le 17 juin 2025, avec effet au 21 juin 2025.
- Dette nette / EBE : autour de 3 à 3,5x dans les dossiers courants, souvent 2,5 à 3x pour la seule dette senior. Ces valeurs montent ou descendent selon le secteur, la taille, la régularité de conversion du résultat en cash et la politique de risque du prêteur.
- DSCR (taux de couverture du service de la dette) : un prêteur exige un écart entre le flux disponible et l'échéance annuelle — de l'ordre de 20 % dans les dossiers que nous voyons. Ce n'est pas un plancher réglementaire, et sa valeur dépend entièrement de la définition contractuelle de ses deux termes, qui varie d'un contrat de crédit à l'autre (C. civ. art. 1103 et 1192).
- Ancienneté : 5 ans minimum d'activité, en pratique
- Rentabilité : 3 exercices stables ou croissants
- Garanties : nantissement des titres + caution personnelle plafonnée (souvent 20-30 % du prêt)
Un dossier peut être refusé bien en dessous de ces valeurs et accepté bien au-dessus. Ce que recouvrent exactement ces ratios, leurs variantes de définition et ce qu'ils déclenchent sont détaillés dans ratios, DSCR et covenants : ce que la banque mesure vraiment.
Ces indicateurs ne disent rien, en revanche, de la manière dont la décision se prend. Un comité de crédit instruit un OBO autrement qu'une acquisition ordinaire, pour une raison simple : le vendeur et l'acheteur sont la même personne. Il examine alors la capacité de l'entreprise à servir la dette, la valorisation retenue et l'architecture des garanties demandées au dirigeant. Le déroulé complet — ce qu'une banque regarde, ce qu'elle exige et ce qui se négocie — est traité dans financement d'un OBO : capacité de dette et garanties bancaires.
Toutes les valeurs ci-dessous sont fictives et arrondies, choisies pour rendre l'arithmétique lisible. Ce n'est ni un barème, ni une moyenne de marché, ni une promesse.
- Entreprise valorisée : 3 000 000 €
- EBE : 600 000 €
- Hypothèse de levier retenue pour l'exemple : dette senior à 3,5 fois l'EBE — chiffre arbitraire, choisi pour la lisibilité de l'arithmétique et non imposé par une règle. Il se situe au-dessus des ordres de grandeur cités plus haut pour la seule dette senior (2,5 à 3 fois) : un tel niveau ne serait pas nécessairement financé
- Dette senior : 2 100 000 €
- Prêt vendeur consenti par le dirigeant (10 %) : 300 000 €
- Dette totale de l'exemple : 2 400 000 €, soit 4 fois l'EBE, prêt vendeur compris — au-dessus, là encore, des 3 à 3,5 fois évoqués pour l'endettement total
- Apport du dirigeant réinjecté au capital de la holding (20 %) : 600 000 €
- Prix de cession des titres : 3 000 000 €
- − apport réinjecté au capital : − 600 000 €
- − crédit-vendeur : − 300 000 € — ce n'est pas du cash le jour de la signature. C'est une créance sur votre propre holding, remboursée après la banque et seulement si le plan tient.
- Encaissé au closing : 2 100 000 €, soit 70 % de la valorisation
- PV imposable au PFU 31,4 % : si PV = 2 200 000 € → 690 800 €
- Net disponible après impôt : ~1 409 200 €
- + 300 000 € de crédit-vendeur, différés et conditionnels
En pratique : vous encaissez 2,1 M€ au closing sur 3 M€ de valeur, vous en conservez environ 1,4 M€ après flat tax, et vous restez président. Notez le décalage : l'impôt porte sur la plus-value entière, crédit-vendeur compris, avant que la trésorerie correspondante existe. Le prélèvement est dû au titre de l'année de la cession, quelles que soient les modalités retenues pour en acquitter le prix.
Ce calcul reste un ordre de grandeur. Entre le prix affiché et le cash réellement encaissé s'intercalent les frais de l'opération, le prélèvement forfaitaire sur la plus-value, la CEHR lorsque le revenu fiscal de référence franchit les seuils, et la part du prix laissée en crédit-vendeur, qui n'arrive que des années plus tard. Nous déroulons chacune de ces lignes, du prix affiché au net disponible, dans cash-out d'un OBO : l'exemple chiffré du net réellement encaissé.
L'effet de levier du régime mère-fille
La dette est remboursée par les dividendes de l'entreprise. Grâce au régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI), les dividendes remontés à la holding sont exonérés à 95 % — seule une quote-part de 5 % est réintégrée au résultat IS. IS effectif : 5 % × 25 % = 1,25 %. Pour 200 000 € de dividendes remontés, l'IS n'est que de 2 500 €. Le reste (197 500 €) sert à rembourser la dette. C'est le moteur fiscal de tout OBO.
L'amendement Charasse : le piège fiscal n°1
Vous optez pour l'intégration fiscale pour économiser de l'impôt. Neuf ans plus tard, vous découvrez que vous en avez perdu 150 000 €. Voici le piège.
L'amendement Charasse est le piège le plus mal compris de l'OBO. Il s'applique uniquement si la holding et l'entreprise cible forment un groupe d'intégration fiscale (seuil de détention 95 %). Fondements : art. 223 B et 223 A CGI.
Le mécanisme Charasse en 30 secondes
Si la holding rachète les titres de l'entreprise auprès du dirigeant (qui contrôle le groupe), une fraction des charges financières du groupe est réintégrée dans le résultat d'ensemble pendant 9 exercices (l'exercice d'acquisition + les 8 suivants).
Deux précisions qui changent tout. L'assiette n'est pas votre emprunt d'acquisition: ce sont toutes les charges financières déduites du résultat d'ensemble par les sociétés du groupe, y compris celles qui n'ont aucun lien avec l'opération. Et le législateur a assumé une méthode forfaitaire : elle ne neutralise pas votre déduction, elle la forfaitise. La réintégration peut donc rester en deçà des intérêts que vous payez réellement sur la dette d'OBO, comme elle peut les dépasser.
Hypothèse fictiveconstruite pour l'exemple : un groupe dont l'endettement moyen resterait inférieur au prix d'acquisition. Ce n'est pas le cas général.
- Formule : montant réintégré = charges financières déduites par toutes les sociétés du groupe × (prix d'acquisition des titres / montant moyen des dettes du groupe)
- Assiette : les charges financières du groupe, pas les seuls intérêts de la dette d'acquisition
- Numérateur : le prix d'acquisition des titres — diminué, le cas échéant, des fonds apportés à la holding lors d'une augmentation de capital réalisée simultanément à l'acquisition, sous les conditions d'origine des fonds détaillées dans notre guide dédié
- Dénominateur : l'endettement moyen du groupe — qui agrège aussi les dettes d'exploitation (fournisseurs, fiscales, sociales), et non la seule dette d'acquisition
- Plafond : le rapport est limité à 1
- Durée : exercice d'acquisition + 8 suivants = 9 exercices
- Dans notre hypothèse : OBO de 2 000 000 €, charges financières du groupe 64 000 €, endettement moyen du groupe inférieur au prix → le rapport atteint son plafond de 1 et la totalité des charges financières du groupe est réintégrée
- Surcoût IS dans ce cas : 64 000 € × 25 % = 16 000 €/an
- Sur 9 exercices : 144 000 € de surcoût IS
- Dans un groupe déjà endetté par ailleurs, le dénominateur est plus élevé, le rapport tombe très en dessous de 1, et la réintégration se réduit à proportion.
La réintégration est proportionnelle, pas totale
L'exemple ci-dessus atteint le plafond parce que le prix d'acquisition dépasse l'endettement moyen du groupe. Dans un groupe déjà endetté par ailleurs, le rapport est très inférieur à 1 et seule une fraction des charges financières est réintégrée. Écrire que « les intérêts ne sont pas déductibles » serait donc inexact dans le cas général. Le mécanisme exact, ses conditions de contrôle et son calcul sont détaillés dans notre guide dédié : fiscalité de l'OBO et amendement Charasse.
Traduit en chiffres: 16 000 € d'IS en plus chaque année pendant 9 ans. Sur un OBO moyen, Charasse coûte l'équivalent d'une année de dividendes. D'où l'importance de choisir la bonne structure dès le montage.
Les 3 stratégies pour éviter Charasse
| Stratégie | Principe | Avantage | Inconvénient |
|---|---|---|---|
| 1. Pas d'intégration fiscale | Holding et cible ne forment pas de groupe intégré. Chacune déclare séparément. Mère-fille seulement (IS 1,25 %) | Charasse inopérant — charges financières 100 % déductibles au niveau holding | Pas de compensation des déficits entre holding et cible |
| 2. Attendre 9 exercices | Intégrer après l'expiration du délai Charasse (9 ans post-acquisition) | Charasse éteint, intégration possible | Attendre 9 ans limite la flexibilité |
| 3. Financement sans emprunt bancaire | Apport en capital + prêt associé remboursable | Réduit l'assiette au niveau de la holding, mais ne l'annule pas : la réintégration porte sur les charges financières de TOUTES les sociétés du groupe, et un prêt d'associé rémunéré en produit lui aussi | Cash-out réduit (besoin de fonds propres importants) |
Pour vous : dans 80 % des dossiers traités par Hagnéré Patrimoine, la stratégie 1 (pas d'intégration) gagne. La compensation de déficits ne sert qu'aux groupes déficitaires — or un OBO ne se monte que sur une société rentable.
Position du cabinet
Chez Hagnéré Patrimoine, nous recommandons la stratégie 1 (pas d'intégration fiscale) dans 80 % des cas OBO. La perte de la compensation des déficits est rarement un problème pour une entreprise rentable (qui est la condition même de l'OBO). Le régime mère-fille à 1,25 % suffit largement à remonter les dividendes pour rembourser la dette.
Comment combiner OBO + apport-cession (art. 150-0 B ter) ?
Combiner l'OBO et l'apport-cession (art. 150-0 B ter), c'est jouer sur deux canaux fiscaux en parallèle. Le principe :
- Le dirigeant apporte une partie de ses titres (ex : 40 %) à la holding → PV en report (pas de flat tax).
- La holding rachète à crédit le solde (ex : 60 %) au dirigeant → cash-out imposé au PFU 31,4 %.
- Si la holding cède ensuite les titres apportés (dans les 3 ans), elle réinvestit 70 % en activités éligibles (36 mois, LF 2026).
Résultat : 40 % de la valeur passe en report d'imposition — sans imposition immédiate, mais sans liquidité non plus: ce sont des titres de holding, pas du cash, et l'impôt n'est pas effacé, il est différé (jusqu'à purge éventuelle par donation ou au décès). Les 60 % restants deviennent, eux, réellement liquides — après flat tax, et avec effet de levier. Les deux canaux ne produisent donc pas la même chose : c'est précisément l'arbitrage.
Attention timing
L'apport et le rachat doivent être espacés de 6 à 12 mois minimum. Si les deux opérations sont simultanées, l'administration peut requalifier en abus de droit (schéma artificiel). Notre séquençage recommandé : création holding (mois 1) → apport titres (mois 3) → négociation bancaire (mois 4-6) → OBO (mois 8-10). Guide détaillé : Apport-cession 150-0 B ter.
OBO + Dutreil : comment préparer la transmission (FBO) ?
Votre fils dirige depuis 5 ans, vous avez trois enfants et un seul repreneur. Comment lui donner l'entreprise sans déshériter les deux autres, ni les obliger à rester associés d'une société qu'ils ne dirigeront jamais ? C'est le problème que résout le FBO — et ce n'est pas un problème de cash-out.
Le FBO ne repose pas sur un rachat, il repose sur une donation-partage. Le donateur transmet ses titres au repreneur familial, à charge pour celui-ci de verser une soulteà ses frères et sœurs, et une holding porte la dette qui finance cette soulte. Le levier n'y sert pas à acheter, il sert à partager. Une conséquence immédiate, et souvent mal comprise : dans un FBO canonique, le donateur ne touche rien. Ceux qui encaissent sont les enfants non repreneurs.
C'est le seul montage de la famille des buy-out dont le code général des impôts vise expressément le mécanisme : l'article 787 B, fneutralise la remise en cause de l'exonération partielle de 75 % lorsque les titres sont apportés à une holding, y compris quand cet apport est « partiellement rémunéré par la prise en charge d'une soulte consécutive à un partage » (rédaction en vigueur depuis le 21 février 2026), le régime restant soumis à des conditions strictes d'engagement de conservation.
Le mécanisme FBO en 3 étapes
- Une donation-partage attribue les titres au repreneur, à charge de soulte au profit des autres enfants. Les titres sont apportés à une holding animatrice (condition Dutreil).
- La holding emprunte pour financer la soulte. Ce sont les enfants non repreneurs qui reçoivent les liquidités, pas le donateur.
- La valeur transmise bénéficie de l'abattement Dutreil 75 %. L'engagement de conservation est de 8 ans (2 ans collectif + 6 ans individuel post-LF 2026).
Le cas mixte est autre chose.Rien n'interdit au parent de donner une fraction de ses titres et de céderl'autre à la holding — c'est le cas 3 de la section 8. Mais c'est alors une combinaison de deux opérations distinctes, portant sur des titres distincts, et non la définition du FBO. Chaque euro est soit donné, soit vendu : jamais les deux.
Attention : l'amendement Charasse s'applique aussi au FBO si intégration fiscale. Recommandation : pas d'intégration (stratégie 1 de la section 5). Pour aller plus loin : FBO : transmettre l'entreprise familiale avec du levier et Pacte Dutreil 2026.
Comment l'OBO fonctionne-t-il en cas réel ? 3 cas chiffrés (personas fictifs)
Cas 1 — PME industrielle, valorisation 3 M€, EBE 600 k€
Pierre, 58 ans, dirige une PME de 40 salariés. Valorisation 3 M€ (multiple 5x EBE). Objectif : extraire 2 M€ en cash-out, rester dirigeant 5 ans, puis transmettre aux enfants.
- Création holding SAS (capital 1 €)
- Apport 30 % des titres (PV en report 150-0 B ter) : 900 000 €
- OBO sur 70 % (2 100 000 €) : dette senior 1 500 000 € + prêt vendeur 300 000 € + apport dirigeant 300 000 €
- Prix de cession : 2 100 000 € − apport réinjecté 300 000 € − crédit-vendeur 300 000 €
- Encaissé au closing : 1 500 000 €
- PFU 31,4 % sur la PV entière (≈ 1 600 000 €, crédit-vendeur compris) : 502 400 €
- Net disponible après impôt : ~997 600 €
- + 300 000 € de crédit-vendeur, différés — remboursés après la banque et seulement si le plan tient
- + 900 000 € en report d'imposition (jamais imposés si donation/décès), en titres, pas en cash
- Total, toutes lignes confondues : ~2 197 600 € — dont 997 600 € réellement disponibles au closing
- Remboursement dette : ~300 000 €/an de dividendes (IS 1,25 % = 3 750 €) sur 6 ans
Voici ce que ça donne: environ 1 M€ réellement disponible au closing — et non 1,3 M€, parce que le prêt vendeur n'est pas du cash le jour de la signature —, 300 k€ différés et conditionnels, 900 k€ en report jusqu'à la transmission, et une entreprise qui rembourse la dette en 6 ans via 300 k€ de dividendes annuels quasi-défiscalisés. À noter : l'impôt de 502 400 € porte sur la plus-value entière, crédit-vendeur inclus, et se paie avant que celui-ci soit encaissé.
Cas 2 — SaaS en croissance, valorisation 8 M€, EBE 1,2 M€
Claire, 45 ans, cofondatrice d'un SaaS B2B (60 % actionnariat). Valorisation 8 M€ (sa part : 4,8 M€). Objectif : extraire 3 M€ pour diversifier, garder le contrôle et préparer un second exit dans 5 ans.
- Apport 40 % des titres à la holding (PV en report) : 1 920 000 €
- OBO sur 60 % (2 880 000 €) : dette senior 2 000 000 € + mezzanine 400 000 € + apport de Claire réinjecté au capital de la holding 480 000 € — le montage n'est pas financé à 100 % par la dette
- Prix de cession : 2 880 000 € − apport réinjecté 480 000 €
- Encaissé au closing : 2 400 000 €
- PFU 31,4 % sur la PV entière (≈ 2 700 000 €) : 847 800 €
- Net disponible après impôt : ~1 552 200 €
- + 1 920 000 € en report d'imposition, en titres de holding, pas en cash
- Total, toutes lignes confondues : ~3 472 200 € — dont 1 552 200 € réellement disponibles au closing
- Post-OBO : si second exit dans 5 ans (la holding vend, PV taxée au niveau de la holding), donation des titres de holding aux enfants → purge de la PV en report
Dans les faits: Claire dispose d'environ 1,55 M€ à diversifier dès le closing — et non des 3 M€ visés au départ : son propre réapport au capital (480 k€) ne quitte jamais le montage, et l'impôt de 847 800 € se paie l'année de la cession. Elle place par ailleurs 1,92 M€ en report d'imposition, en titres et non en cash, et garde le contrôle opérationnel pour préparer un second exit à 5 ans. Profil type traité par Hagnéré Patrimoine.
Cas 3 — Entreprise familiale 15 M€ : un cas mixte, OBO + Dutreil
Jean-Luc, 65 ans, et Martine, 63 ans, propriétaires d'un groupe familial (2 filiales, 120 salariés). Valorisation 15 M€. Fils Lucas (35 ans) est directeur général depuis 5 ans.
Attention : ce cas n'est pas un FBO canonique
Dans un FBO au sens strict, le donateur ne touche rien : il transmet ses titres par donation-partage, à charge pour le repreneur de verser une soulte à ses frères et sœurs, et la holding porte la dette qui finance cette soulte. Le levier n'y sert pas à acheter, il sert à partager. Le cas ci-dessous est un cas mixte : les parents donnent une fraction de leurs titres et cèdentl'autre à la holding. Chaque euro ne peut donc être compté qu'une fois — il est soit donné, soit vendu. C'est précisément l'erreur que produisent les présentations qui affichent une base Dutreil sur la totalité de la valorisation et un cash-out en plus.
Personas et montants entièrement fictifs, construits pour rendre l'arithmétique lisible. Ce ne sont ni des moyennes de marché, ni des promesses.
- Lucas crée une holding animatrice SAS
- Pacte Dutreil signé (engagement 2 ans collectif + 6 ans individuel = 8 ans total post-LF 2026)
- L'assiette de 15 000 000 € est scindée : 7 000 000 € transmis par donation-partage, 8 000 000 € cédés à la holding
- — Jambe transmission (7 000 000 €) —
- Donation-partage des titres en nue-propriété démembrée aux 3 enfants, par parts égales — Lucas repreneur, ses deux frères et sœurs recevant eux aussi des titres, et non une soulte : le calcul ci-dessous divise l'assiette par trois, il serait faux de les compter à la fois en titres et en soulte (voir notre guide de la donation-partage). Parents 63-65 ans → art. 669 CGI : NP = 60 %
- Dutreil 75 % → base résiduelle : 1 750 000 €
- Démembrement NP (60 %) : 1 750 000 × 60 % = 1 050 000 €
- Par enfant : 350 000 € − abattement de 200 000 € (l'abattement de 100 000 € de l'art. 779 s'apprécie par parent et par enfant : deux donateurs, donc deux abattements) = 150 000 € taxables
- Droits progressifs par enfant (barème art. 777 CGI) : ≈ 28 200 €
- Droits totaux 3 enfants : ≈ 84 600 €
- Sans Dutreil ni démembrement, sur la même assiette de 7 M€ : ≈ 722 400 € par enfant, soit ≈ 2 167 200 €
- Économie sur la jambe transmission : ≈ 2 082 600 €
- — Jambe cession (8 000 000 €) —
- La holding réunit 8 000 000 € : 7 000 000 € empruntés (dette senior 5 M€ + mezzanine 2 M€) + 1 000 000 € d'apport de Lucas — un apport n'est pas un emprunt
- Cash-out parents : 8 000 000 € encaissés, à diminuer du prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur la plus-value et, à ce niveau de revenu, de la CEHR et de la CDHR
Autrement dit : une jambe transmission qui fait économiser ≈ 2,08 M€ de droits sur les 7 M€ donnés, grâce à la combinaison Dutreil 75 % + démembrement NP 60 % (art. 669 CGI) + abattement de 100 000 € par parent et par enfant ; et une jambe cession qui procure aux parents 8 M€ de cash brut, dont il faut retrancher la fiscalité de la plus-value avant de raisonner en net. Les deux jambes portent sur des titres distincts. La donation-partage en nue-propriété démembrée exige par ailleurs que Lucas soit repreneur opérationnel actifpour que le Pacte Dutreil s'applique, et que la holding soit réellement animatrice.
Rappel : Pierre, Claire, Jean-Luc, Martine et Lucas sont des personas entièrement fictifs. Les montants sont construits pour l'illustration et ne correspondent à aucun dossier réel.
OBO pur, OBO + Dutreil ou apport-cession : quelle voie pour vous ?
Le bon montage dépend de votre EBE, du repreneur familial et de votre horizon. On arbitre les trois scénarios dans votre situation réelle.
Ces trois scénarios montrent le potentiel de l'OBO — mais aussi sa fragilité. Un paramètre mal calibré (ratio dette/EBE, timing apport-cession, absence de valorisation) et l'économie fiscale se transforme en redressement. Passons en revue les sept pièges qui font dérailler un OBO.
Quels sont les 7 pièges à éviter dans un OBO ?
- L'amendement Charasse mal anticipé. Si vous optez pour l'intégration fiscale sans connaître Charasse, vous perdez 100 000 à 200 000 € d'IS en 9 ans. Solution : pas d'intégration (stratégie 1).
- L'abus de droit par précipitation. Holding créée la veille, rachat immédiat, pas de business plan, pas d'évaluation indépendante : le montage devient attaquable. Le fondement direct est CE 27 janv. 2011 n° 320313, lu a contrario — l'abus est écarté quand un intérêt d'ordre financier et patrimonial durable est justifié, et la charge de la preuve du but exclusivement fiscal pèse sur l'administration. CE 12 fév. 2020 n° 421444, rendu sur un schéma voisin d'apport-rachat en sursis 150-0 B, ne vaut ici que par analogie. Créez la holding 3 à 6 mois avant le rachat (l'intervalle entre un apport 150-0 B ter et le rachat, lui, se compte plutôt en 6 à 12 mois : voir section 6).
- Un levier calibré sur le prix, pas sur le flux. Le danger n'est pas de franchir un chiffre : c'est de fixer la dette à partir du prix qu'on souhaite encaisser, puis de vérifier ensuite si l'entreprise peut la porter. L'amplification est mécanique — à impôt, BFR et investissements de maintien figés, la variation relative de la couverture de la dette vaut celle de l'EBE multipliée par le rapport EBE / flux disponible. Les niveaux qui circulent (3 à 3,5 fois l'EBE, un écart d'environ 20 % entre flux et échéance) sont des ordres de grandeur observés, jamais des règles opposables : aucun texte ne les fixe, et la définition contractuelle des termes prime. Voir ratios, DSCR et covenants.
- Une valorisation non documentée. La cession à une holding que vous contrôlez exige une évaluation à la valeur de marché. Sans expert indépendant, l'administration conteste le prix (sous-évaluation = donation déguisée, surévaluation = abus de droit).
- La soulte OBO + apport-cession. Si vous combinez OBO et apport-cession, attention à la soulte : le report ne joue que si elle n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus — et non de leur valeur réelle, ni de celle des titres apportés. Au-delà de ce seuil, ce n'est pas la seule fraction correspondante qui est taxée : l'intégralité de la plus-value d'apport devient immédiatement imposable, parce qu'une condition légale du report n'est pas remplie (art. 150-0 B ter, I). En deçà du seuil, depuis le 1er janvier 2017, la plus-value reste imposée à concurrence de la soulte. À ne pas confondre avec le terrain de l'abus de droit, que vise CE 29 sept. 2023 n° 471003 : une soulte inférieure à 10 % mais dépourvue de justification économique.
- L'absence d'assurance homme-clé. Si vous décédez ou devenez invalide pendant le remboursement, la holding ne peut plus rembourser la dette. Solution : assurance homme-clé à hauteur du capital restant dû.
- Oublier l'IFI. Si la holding n'est pas animatrice (direction effective + convention d'animation), ses titres sont taxables à l'IFI à hauteur de la fraction immobilière. Solution : qualifier la holding en animatrice dès sa création — et maintenir cette qualification dans la durée, la Cour de cassation appréciant l'animation au jour du décès (Cass. com. 17/12/2025, n° 24-17.415). Les critères et le dossier-preuve sont détaillés dans notre guide de la holding animatrice. Fondement : art. 966 CGI.
Règle Hagnéré Patrimoine: aucun OBO signé sans ces 7 points validés par écrit. Éviter ces pièges, c'est sécuriser la structure. Reste à calibrer le coût fiscal du cash-out — c'est souvent là que se joue 30 à 40 % du net en poche.
9.1 Quand l'OBO n'est pas une bonne idée
Il faut le dire aussi nettement que le reste : dans un certain nombre de situations, l'OBO est la mauvaise réponse — et le conseil honnête consiste à ne pas le monter. Cinq configurations reviennent.
- Un flux irrégulier, ou un client dominant. La dette est un engagement fixe adossé à un flux variable. Un chiffre d'affaires cyclique, saisonnier, ou concentré sur un donneur d'ordre transforme l'opération en pari sur le renouvellement d'un contrat.
- Un départ à moins de cinq ans. La dette s'amortit sur 5 à 7 ans. Si vous partez avant, vous cédez une société encore endettée, à un acquéreur qui le sait. Une cession directe est souvent plus simple et plus rentable.
- Une valorisation qui repose sur votre personne. Si la valeur tient à vos relations, votre savoir-faire ou votre présence quotidienne, la banque le verra, l'acquéreur futur aussi — et l'assurance homme-clé ne couvre que le décès et l'invalidité, pas la lassitude.
- Un besoin de liquidité inférieur à environ 1 M€. Les frais de montage représentent couramment 1,5 à 3,5 % de l'opération — et cette proportion s'alourdit à mesure que le montant baisse, les honoraires ne diminuant pas au même rythme. En dessous de ce seuil, ils absorbent une part disproportionnée de l'avantage attendu.
- Un refus assumé de la caution personnelle. C'est une position parfaitement défendable. Mais elle est le plus souvent incompatible avec un financement bancaire d'acquisition : autant le savoir avant d'engager six mois de travail.
Dans ces cas, une distribution de dividendes, une réduction de capital par rachat de titres ou une cession partielle à un tiersrépondent souvent mieux au même besoin, avec moins d'irréversibilité. Nous les confrontons critère par critère dans OBO ou dividendes : quelle voie de cash-out choisir. Sur le terrain du contrôle fiscal, les frontières de l'acceptable sont posées dans notre guide de l'abus de droit fiscal en gestion de patrimoine.
Quelle fiscalité sur la plus-value du dirigeant ?
Le cash-out, c'est de la plus-value mobilière (PV) imposable. Le choix de la fiscalité dépend d'un seul paramètre : votre TMI (Tranche Marginale d'Imposition). Deux options s'ouvrent au dirigeant.
| Option | Taux | Quand choisir |
|---|---|---|
| PFU (flat tax) | 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS — LFSS 2026). Aucune CSG déductible : la fraction déductible ne joue que sur les revenus soumis au barème | TMI ≥ 30 % (cas le plus fréquent) |
| Option barème | TMI (0-45 %) + PS 18,6 %, dont 6,8 points de CSG déductibles du revenu global de l'année suivante (art. 154 quinquies). La CSG est passée à 10,6 % en 2026 mais la fraction déductible reste plafonnée à 6,8 points : les 3,8 points restants ne sont pas déductibles | TMI ≤ 11-14 % (rarement intéressant pour un OBO) |
| Abattement de droit commun (art. 150-0 D, 1 ter) | 50 % après 2 ans de détention, 65 % après 8 ans | Titres acquis ou souscrits AVANT le 1er janvier 2018, et option barème |
| Abattement renforcé (art. 150-0 D, 1 quater) | 50 % après 1 an, 65 % après 4 ans, 85 % après 8 ans — réservé aux titres de PME de moins de dix ans au moment de la souscription | Mêmes conditions cumulatives : titres antérieurs au 1er janvier 2018 ET option barème |
Attention à ne pas confondre les deux derniers régimes : le libellé « renforcé » va souvent avec les taux du droit commun dans les présentations rapides. Ce sont deux dispositifs distincts, avec des durées et des taux différents. Et l'abattement de 40 % que l'on croise fréquemment ne concerne que les dividendes(art. 158, 3, 2°) : il n'a pas sa place dans un calcul de plus-value de cession.
Concrètement : pour la plupart de nos clients OBO (TMI 30-41 %, titres récents), le PFU à 31,4 % est le choix par défaut. Pour les fondateurs détenant des titres depuis plus de 8 ans (acquis avant 2018), l'option barème avec abattement pour durée de détention peut être avantageuse — 65 % au titre du droit commun, jusqu'à 85 % pour les seuls titres de PME éligibles au régime renforcé — à simuler au cas par cas avec notre guide Flat tax ou barème 2026.
Attention à l'empilement CEHR / CDHR sur le cash-out OBO
Si votre cash-out porte le RFR (Revenu Fiscal de Référence) au-dessus des seuils, la plus-value subit plusieurs étages :
- PFU 31,4 % (IR + PS) au titre de la flat tax.
- CEHR (Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus) : 3 % entre 250 k€ et 500 k€ de RFR (célibataire) ou 500 k€-1 M€ (couple), 4 % au-delà.
- CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus) instaurée par la LF 2025 (art. 10, loi n° 2025-127 du 14/02/2025) et modifiée et maintenue par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : mécanisme de lissage visant un taux minimum de 20 % pour les foyers à RFR supérieur à 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Caractère temporaire (rattaché au retour du déficit public < 3 % du PIB).
Correctif décisif, souvent omis : la doctrine ne retient les revenus exceptionnels, plus-values mobilières comprises, que pour le quart de leur montant dans le calcul de la contribution différentielle (BOI-IR-CDHR-20 du 30 juin 2026). Sans cette règle, le frottement affiché est un majorant non signalé.
Dans une configuration défavorable, le frottement total peut approcher 35 à 37 % sur la tranche excédentaire — à lire comme un majorant, pas comme un taux. Le résultat dépend du revenu de référence, de la composition du foyer et des trois années antérieures : aucun montant générique n'est publiable. En pratique, Hagnéré Patrimoine étale le cash-out sur deux années fiscales dès que le RFR dépasse 500 k€, ou le combine avec l'apport-cession 150-0 B ter pour neutraliser la partie en report. Le détail du calcul, seuils et décote compris, figure dans notre guide CEHR et CDHR après la loi de finances 2026. Fondements : art. 223 sexies et 224 CGI ; l'art. 224 est issu de la LF 2025 (art. 10) et prorogé par la LF 2026 (art. 2).
10.1 Check-list documentaire bancaire pour financer un OBO
Avant même de présenter votre dossier à une banque, rassemblez les pièces suivantes. Banques de financement, réseaux régionaux et opérateurs publics de place exigent tous peu ou prou la même documentation. Un dossier préparé proprement réduit la négociation de 3-4 mois à 6-8 semaines. La chronologie complète de la négociation bancaire est traitée dans financement d'un OBO.
| Catégorie | Documents à fournir | Délai de préparation |
|---|---|---|
| Comptes entreprise | Liasses fiscales 3 derniers exercices + situation intermédiaire datée de moins de 3 mois | 1-2 semaines (via expert-comptable) |
| Prévisionnel | Business plan 5 ans : CA, EBE, CAPEX, BFR, flux de trésorerie ; hypothèses justifiées | 3-4 semaines (co-construit avec CGP/expert) |
| Évaluation | Rapport d'expert indépendant (commissaire aux apports ou CCEF) justifiant la valorisation | 3-6 semaines |
| Juridique | Statuts à jour, registre des mouvements de titres, pactes d'associés, contentieux en cours (attestation avocat) | 1 semaine |
| Holding | Projet de statuts SAS holding, pacte d'associés (si co-investisseurs), convention d'animation si Dutreil | 2-3 semaines (avocat) |
| Fiscal | Attestations fiscales et sociales (DGFiP, URSSAF) à jour, historique des redressements éventuels | 1 semaine |
| Garanties | État du patrimoine personnel du dirigeant (pour caution), attestation notariée résidence principale | 1-2 semaines |
| Assurance homme-clé | Questionnaire médical du dirigeant, devis assurance, bénéficiaire désigné (banque) | 2-3 semaines |
Ce qu'un comité de crédit regarde, dans l'ordre
Faute de barème, un dossier se lit toujours dans le même ordre.D'abord le flux: que dégagera réellement cette entreprise, une fois payés le besoin en fonds de roulement, les investissements de maintien et l'impôt ? Puis ce qui en est déjà pris, par la dette en cours et les engagements hors bilan. Reste à savoir si le solde peut devenir un dividende, exercice après exercice, juridiquement et fiscalement. Viennent alors la durée et le taux, donc le capital que ce flux amortit en conservant un écart avec l'échéance. Et pour finir la question que personne n'aime poser : que reste-t-il de tout cela le jour où le plan est manqué ?
S'y ajoutent des éléments d'instruction classiques : ancienneté d'au moins cinq ans, rentabilité stable sur trois exercices, carnet de commandes diversifié (aucun client au-delà d'environ un quart du chiffre d'affaires), assurance homme-clé au profit du prêteur.
Le prix que le dirigeant s'est fixé n'apparaît nulle part dans cette chaîne— il en est le résultat. Le prêteur ne discute pas votre valorisation : il finance ce que le flux soutient, et vous laisse constater l'écart. Quand cet écart est trop grand, une dette subordonnée ou un crédit-vendeur peut le combler — au prix d'un cash-out différé.
10.2 Cinq scénarios de sortie post-OBO
L'OBO n'est pas une fin en soi : une fois la dette remboursée (généralement 5-7 ans), la holding devient le véhicule central du patrimoine professionnel. Cinq sorties sont possibles, selon les objectifs du dirigeant.
| Scénario de sortie | Mécanisme | Fiscalité |
|---|---|---|
| 1. Cession à un tiers (M&A classique) | La holding revend les titres de la cible à un acquéreur externe (fonds, concurrent, industriel) | PV au niveau de la holding taxée à l'IS 25 % (ou régime des titres de participation : 12 % de QPFC, IS effectif 3 %) |
| 2. LBO secondaire | Un fonds d'investissement rachète les titres de la holding elle-même, refinance la dette résiduelle | PV sur titres holding pour le dirigeant (PFU 31,4 % ou titres de participation selon détention) |
| 3. Donation-cession Dutreil (FBO 2.0) | Donation des titres holding aux enfants avec engagement Dutreil (abattement 75 %), puis cession par les enfants | Purge de la PV par la donation si apport-cession antérieur (art. 150-0 B ter), puis régime Dutreil |
| 4. IPO (introduction en Bourse) | La holding ou la cible est introduite en Bourse : une partie des titres devient liquide progressivement | PV lors de la cession des titres cotés (PFU 31,4 %), possibilité d'optimiser via PEA ou assurance-vie |
| 5. Transmission familiale classique (succession) | Les titres de la holding restent aux héritiers à la succession | Abattement succession 100 000 €/enfant + Dutreil 75 % si éligible ; purge des PV en report à la succession (150-0 B ter) |
Concrètement : dans les dossiers que suit le cabinet, la majorité des dirigeants prépare une donation-cession Dutreil (scénario 3) à 5-10 ans, une minorité substantielle vise une cession M&A classique (scénario 1) à 7-10 ans, et une petite part garde la holding à vie comme véhicule de gestion patrimoniale (scénario 5 par défaut). Ce sont des observations de cabinet, pas des statistiques de marché. Le choix se fait avec le CGP et l'avocat fiscaliste en amont, dès la structuration de l'OBO, pour aligner les statuts holding et le pacte d'associés sur la sortie visée.
La vie du patrimoine après l'encaissement — allocation du produit, arbitrages, réinvestissement — a son propre cocon, à commencer par notre guide de l'après-cession.
Maîtriser la fiscalité du cash-out ne suffit pas : la banque qui finance l'opération impose ses propres contraintes, bien plus larges que ce que la plupart des dirigeants imaginent.
Les garanties bancaires protègent-elles vraiment votre patrimoine ?
Un malentendu fréquent : « avec une holding, je protège mon patrimoine personnel ». C'est vrai juridiquement, faux en pratique. La banque qui finance un OBO exige systématiquement un empilement de garanties qui vous expose bien plus loin que vos apports en holding.
| Garantie | Ce qu'elle couvre | Impact pour vous |
|---|---|---|
| Nantissement des titres de la cible | Garantie principale : les actions de l'entreprise sont gagées au profit de la banque | En cas de défaut, la banque peut faire vendre l'entreprise — perte du contrôle |
| Nantissement des titres de la holding | Garantie subsidiaire : les actions de la holding elle-même sont gagées | Le dirigeant peut perdre à la fois la cible ET la holding |
| Caution personnelle plafonnée du dirigeant | Engagement personnel de 20 à 30 % de la dette senior | Le patrimoine personnel du dirigeant est saisissable dans cette limite |
| Hypothèque résidence secondaire | Parfois exigée pour les gros tickets (> 5 M€) | Risque de perte d'un bien immobilier personnel |
| Assurance homme-clé au profit de la banque | Remboursement anticipé en cas de décès/invalidité du dirigeant | Coût de l'ordre de 0,5 à 1 % par an de la somme assurée dans les devis observés en 2026 — la tarification dépend de l'âge et de l'état de santé, et se chiffre au cas par cas |
Concrètement : sur un OBO de 3 millions d'euros financé à 80 % par dette (2,4 millions), la caution personnelle plafonnée à 25 % représente 600 000 € d'exposition personnelle du dirigeant. Ce n'est pas marginal. Le fondement de votre protection est textuel, et stable : le créancier professionnel doit mettre en garde la caution personne physiquelorsque l'engagement du débiteur est inadapté à ses capacités (C. civ. art. 2299, issu de l'ordonnance n° 2021-1192), et le cautionnement manifestement disproportionné aux biens et revenus de la caution est réduit (art. 2300).
Règle Hagnéré Patrimoine
Négociez systématiquement le plafonnement de la caution et prévoyez un mécanisme de libération progressive au fur et à mesure du remboursement. C'est le point de négociation n°1 que nous traitons avec la banque avant signature.
Une fois ces garanties négociées et la dette en cours de remboursement, un nouveau chantier s'ouvre : la holding va progressivement accumuler une trésorerie importante. La question de son emploi se pose alors — et elle ne se règle pas sur un compte courant non rémunéré.
Comment optimiser la trésorerie de votre holding post-OBO ?
Dette soldée. Il vous reste 1,5 M€ qui dorment sur le compte courant de la holding, sans rémunération — et sans que l'inflation, elle, s'arrête.
Une fois la dette remboursée, la holding continue de percevoir des dividendes quasi-exonérés (IS effectif 1,25 % via le régime mère-fille). Trois outils peuvent être mobilisés pour faire travailler cette trésorerie.
| Outil | Fiscalité IS | Liquidité | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Compte à terme (CAT) | Intérêts taxés à 25 % IS l'année de versement | Immobilisé sur 1 à 5 ans | Excédents de trésorerie court terme |
| Contrat de capitalisation (personne morale) | Imposition forfaitaire annuelle : base retenue (majorée chaque année des produits déjà rattachés) × 105 % du TME (≈ 3,8 % au printemps 2026) × 25 % IS, soit environ 1 % du capital la 1re année | Rachats possibles, fonds euros + UC | Excédents long terme (5 à 15 ans), préparation transmission |
| SCI à l'IS (détenue par la holding) | Revenus fonciers à l'IS 15/25 %, amortissement déductible | Faible (immobilier physique) | Diversification patrimoine professionnel en immobilier |
| FCPR / FPCI fiscal art. 163 quinquies B | Exonération IR sur PV après 5 ans pour les porteurs personnes physiques. En PM : IS 25 % sur PV de cession | Immobilisation longue : 8 à 12 ans de blocage dans les véhicules courants — à ne pas confondre avec la durée de vie légale maximale, portée à QUINZE ans par la loi 2024-537 du 13 juin 2024 (CMF art. L. 214-28, VII ; dix ans pour les fonds antérieurs) | Diversification long terme post-OBO |
En pratique, le contrat de capitalisation personne morale est l'outil le plus efficace pour une holding OBO mature. Trois avantages clés :
- Fiscalité annuelle modique : base retenue (valeur de souscription la 1re année, puis majorée des produits déjà rattachés) × 105 % du TME (Taux Moyen des Emprunts d'État, environ 3,8 % au printemps 2026 — source Banque de France, TME de mai 2026 à 3,79 % ; publié chaque mois, c'est celui du mois de souscription qui est retenu) × 25 % IS, soit un impôt effectif d'environ 1 % du capital la première année. Les annuités suivantes sont progressives : la base est majorée des produits déjà rattachés, elle n'est jamais figée sur le capital initial (art. 238 septies E).
- Régularisation sur PV réelle à la sortie au moment du rachat.
- Transmission facilitée si la holding elle-même est transmise aux héritiers (purge PV au décès dans un combo OBO + donation-cession).
Il n'existe pas de répartition type entre ces trois poches. Le dosage dépend de l'horizon de la holding, du besoin de liquidité à court terme et de la tolérance au risque du dirigeant : une allocation chiffrée sortie de son contexte n'est transposable à aucun autre dossier.
Ce n'est qu'un survol : la mécanique du contrat de capitalisation souscrit par une personne morale — assiette forfaitaire, annuités progressives, régularisation à la sortie — est déroulée dans notre guide du contrat de capitalisation souscrit par une personne morale et, plus largement, dans notre guide du contrat de capitalisation; la question amont — commentfaire remonter la trésorerie de l'exploitation vers la holding, et à quel coût — dans faire remonter la trésorerie vers la holding.
Comment la réforme LF 2025 (art. 163 bis H) change le management package post-OBO ?
Vous voulez associer vos managers-clés au capital de la sous-holding après l'OBO ? C'est souvent indispensable pour fidéliser un directeur général ou un CFO (Chief Financial Officer, directeur financier) qui a porté la croissance. Mais depuis la LF 2025, les règles du jeu ont changé.
Depuis 2025, les gains issus des actions de préférence, BSA (Bons de Souscription d'Actions), BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise), ratchets et autres instruments attribués aux dirigeants et salariés en lien avec l'exercice de leurs fonctions sont présumés être du salaire.
Conséquence : imposition au barème de l'impôt sur le revenu, TMI jusqu'à 45 %, au lieu du PFU de 30 % alors en vigueur (porté à 31,4 % depuis la LFSS 2026). Sur le plan social, la formule « + cotisations sociales » est inexacteet mérite d'être dépliée : lorsque les titres remplissent les conditions de risque et de durée, la fraction excédentaire supporte une contribution salariale libératoire de 10 % (CSS art. L. 137-42) — ni cotisation, ni prélèvement social, et recouvrée par l'administration fiscale, pas par l'employeur ; à défaut, le gain retombe dans le droit commun social du salaire, cotisations patronales comprises. Le détail, texte en main, figure dans notre guide de la fiscalité de l'article 163 bis H. Fondement : art. 163 bis H CGI (LF 2025, loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 93, ajusté par la LF 2026).
La présomption est renversable si vous (ou votre manager) démontrez :
- Un risque capitalistique réel : versement en numéraire à la souscription, risque de perte en capital, absence de garantie de revente
- Un lien prépondérant avec le capital et non avec la fonction salariale
- Un plafond de rendement défini : multiple du prix d'acquisition × performance financière de la société (formule précisée par décret)
Concrètement, un dirigeant qui attribue à son DG (Directeur Général) des actions de préférence à 1 € avec un ratchet à 5x en cas de sortie voit désormais le gain requalifié en salaire par défaut. Quatre solutions possibles :
- Structurer un vrai co-investissement en numéraire
- Documenter le risque capitalistique réel
- Respecter le plafond réglementaire défini par décret
- Basculer vers des outils alternatifs (actions ordinaires + pacte de sortie)
Consulter un avocat fiscaliste est indispensable avant toute mise en place. Chez Hagnéré Patrimoine, nous coordonnons ce type de structuration avec un avocat spécialisé en management package post-OBO. Le sujet a son cocon dédié — nature des instruments, conditions de renversement de la présomption, routage fiscal du gain — à commencer par notre guide du management package.
Jurisprudence et doctrine récentes applicables à l'OBO
Au-delà des arrêts OBO classiques (CE 27/01/2011 n° 320313 et CE 12/02/2020 n° 421444 précités), quatre décisions et une réforme doivent guider la structuration :
- CE Plén. fisc. 13 juin 2018, n° 395495 (Cofices) — la décision socle, dont tout le reste découle : est animatrice la holding qui participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales, la fourniture de services n'étant qu'accessoire. C'est la définition de référence pour l'exonération IFI des biens professionnels (art. 975 CGI) et l'éligibilité au Pacte Dutreil.
- Cass. com. 14 octobre 2020, n° 18-17.955 (Financière de Rosario) — transposition de Cofices au Pacte Dutreil (art. 787 B). Ce n'est pas une définition concurrente : la Cour de cassation aligne son standard sur celui du Conseil d'État, appréciation in concreto à l'appui (participation aux décisions stratégiques, convention d'animation écrite, prestations effectivement rendues aux filiales).
- CE, 8ᵉ-3ᵉ ch. réunies, 23 janvier 2020, n° 435562 — attention à ne pas la confondre avec les deux précédentes : elle ne porte pas sur la définition de la holding animatrice. La décision annule le critère des 50 % d'actif brut immobilisé que posait la doctrine BOFiP (BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10, § 20) pour apprécier la prépondérance de l'activité opérationnelle d'une société à activité mixte au regard de l'article 787 B, et lui substitue un faisceau d'indices tenant à la nature de l'activité et aux conditions de son exercice : aucun ratio ne fait règle. Dans un montage FBO, cela signifie que la prépondérance de l'activité éligible s'établit par un ensemble d'éléments concrets, et non par le franchissement d'un seuil comptable.
- Cass. com. 17 décembre 2025, n° 24-17.415 — pivot récent, décisif pour qui monte un OBO en vue de transmettre : le caractère animateur de la holding s'apprécie au jour du décès. Une animation qui s'essouffle après le montage fragilise donc la transmission elle-même, et non seulement l'exercice en cours. Le détail figure dans notre guide de la holding animatrice 2026.
- Réforme LF 2025, art. 163 bis H CGI — présomption de salaire sur les gains de management package, renversable si risque capitalistique réel documenté.
Impact pratique : conservez systématiquement la convention d'animation, les PV de comité stratégique, les contrats de services entre holding et filiales, plus toute documentation justifiant du risque capitalistique des managers co-investisseurs.
Entre Charasse, apport-cession, Dutreil, contrat de capitalisation et réforme 163 bis H, l'OBO mobilise cinq chantiers parallèles. Voici la checklist de démarrage et les trois actions à enclencher dans les 30 jours.
Quelles actions lancer dans les 30 jours pour structurer votre OBO ?
Vous avez parcouru les sections techniques. Reste à transformer la théorie en plan d'action. Bien structuré (holding SAS, pas d'intégration fiscale, ratio dette/EBE raisonnable, combinaison apport-cession + Dutreil si pertinent), l'OBO répond à un besoin précis — et à lui seul. Mal anticipé (Charasse, valorisation non documentée, abus de droit), c'est un cauchemar fiscal qui se paie 9 ans plus tard. Voici par où commencer dès cette semaine.
Les 3 actions à engager dans les 30 jours
- Faites évaluer votre entreprise (valorisation indicative par un expert ou votre CGP). C'est le préalable : sans valorisation, pas d'OBO.
- Simulez le cash-out et le service de la dette : quel EBE, quel ratio, quel montant extrait, quelle PV, quel net en poche ? Notre bilan patrimonial gratuit vous donne ces chiffres en 60 minutes.
- Identifiez la combinaison optimale : OBO pur, OBO + apport-cession, OBO + Dutreil (FBO), ou simplement apport-cession si l'EBE est trop faible pour un OBO.
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Les décisions clés à connaître pour sécuriser votre OBO
L'OBO est l'un des montages les plus contrôlés par l'administration. La jurisprudence du Conseil d'État et de la Cour de cassation a précisé les conditions de licéité, l'abus de droit et la qualification de holding animatrice. Voici les décisions structurantes à connaître. Les frontières générales de l'abus de droit en gestion de patrimoine sont traitées dans notre guide de l'abus de droit fiscal.
| Décision | Date | Apport |
|---|---|---|
| CE, 9ᵉ-10ᵉ sous-sect. réunies, n° 320313 | 27 janvier 2011 | Décision pivot OBO. L'abus de droit est écarté dès lors que les associés justifient d'un intérêt d'ordre financier et patrimonial DURABLE — la holding dégageant notamment une capacité d'emprunt supérieure à la leur. Deux précisions déterminantes : l'intérêt à démontrer n'est pas seulement économique mais patrimonial, et la charge de la preuve du but exclusivement fiscal pèse sur l'administration, non sur le contribuable. |
| CE, 8ᵉ-3ᵉ ch. réunies, n° 421444 | 12 février 2020 | Abus de droit sur schéma apport-rachat de titres avec sursis 150-0 B CGI : un montage sans substance (holding créée la veille, rachat immédiatement suivi d'une distribution, absence de remboursement réel de la dette) est requalifié. Fermement transposable aux OBO sans substance. |
| CE, 8ᵉ-3ᵉ ch. réunies, n° 471003 | 29 septembre 2023 | Soulte versée dans une opération d'apport-cession (art. 150-0 B ter) : caractérise l'abus de droit lorsqu'une soulte inférieure au plafond légal est dépourvue de justification économique. À distinguer du dépassement du plafond lui-même, qui n'est pas un abus de droit mais une condition légale non remplie : dès lors que la soulte excède 10 % de la valeur NOMINALE des titres reçus, c'est l'intégralité de la plus-value d'apport qui devient immédiatement imposable. |
| CE Plén. fisc., n° 395495 (Cofices) | 13 juin 2018 | LA décision socle sur la holding animatrice, dont découlent toutes les suivantes : est animatrice celle qui participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales, la fourniture de services n'étant qu'accessoire. Référence commune à l'exonération IFI des biens professionnels et au Pacte Dutreil. |
| Cass. com., n° 18-17.955 (Financière de Rosario) | 14 octobre 2020 | Transposition de la jurisprudence Cofices au Pacte Dutreil (art. 787 B) — et non une définition concurrente. Appréciation in concreto : participation aux décisions stratégiques, convention d'animation écrite, prestations effectivement rendues aux filiales. |
| CE, 8ᵉ-3ᵉ ch. réunies, n° 435562 | 23 janvier 2020 | Ne porte pas sur la holding animatrice, contrairement à une confusion répandue : la décision annule le critère des 50 % d'actif brut immobilisé que posait la doctrine BOFiP (BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10, § 20) pour apprécier la prépondérance de l'activité opérationnelle d'une société à activité mixte au regard de l'art. 787 B, et lui substitue un faisceau d'indices tenant à la nature de l'activité et aux conditions de son exercice. Aucun ratio ne fait règle. |
| Cass. com., n° 24-17.415 | 17 décembre 2025 | Pivot récent : le caractère animateur de la holding s'apprécie AU JOUR DU DÉCÈS. Une animation qui s'essouffle après le montage fragilise la transmission elle-même. Point d'attention majeur pour un OBO présenté comme un outil de transmission. |
Comment sécuriser un OBO en pratique
Trois bonnes pratiques imposées par la jurisprudence : (1) créer la holding 3 à 6 mois avant l'opération de rachat, (2) documenter l'intérêt économique réel (diversification, préparation transmission, intégration de managers, ouverture du capital), (3) faire évaluer l'entreprise par un expert indépendant et conserver le business plan de remboursement de la dette. Pour les cas atypiques (FBO complexe, combo apport-cession + Dutreil), un rescrit fiscal (art. L. 80 B LPF) est recommandé.
Glossaire — 12 notions clés de l'OBO
Le vocabulaire de l'OBO mêle droit fiscal interne, ingénierie financière et doctrine BOFiP. Voici les 12 termes à maîtriser avant un rendez-vous avocat fiscaliste ou banque structureur.
OBO (Owner Buy-Out)
Rachat par le dirigeant de sa propre entreprise via une holding qu'il contrôle (usage patrimonial), ou cession partielle à un investisseur professionnel avec réinvestissement (usage sponsor-backed). Dette senior 5-7 ans. Cash-out de 50 à 70 % de la valorisation dans les dossiers courants — conséquence de la capacité d'emprunt, pas un objectif.
FBO (Family Buy-Out)
Rachat par les enfants des titres des parents-fondateurs, souvent combiné avec le Pacte Dutreil (abattement 75 %, art. 787 B CGI). Outil-clé de la transmission familiale.
Amendement Charasse (art. 223 B)
Réintégration d'une fraction des charges financières dans le résultat d'ensemble pendant 9 exercices, lorsque la holding et la cible forment un groupe d'intégration fiscale. Surcoût IS structurant.
Régime mère-fille (art. 145 et 216)
Exonération à 95 % des dividendes remontés à la holding (quote-part de 5 % réintégrée). IS effectif sur dividendes : 1,25 %. Mécanisme de remboursement de la dette OBO.
Apport-cession (art. 150-0 B ter)
Report d'imposition de la PV lors de l'apport à une holding contrôlée, sous condition de réinvestissement de 70 % du prix de cession dans les 36 mois (LF 2026), pendant 5 ans.
Pacte Dutreil (art. 787 B)
Abattement de 75 % sur les droits de transmission (donation/succession) sous engagement de conservation de 8 ans (2 collectif + 6 individuel post-LF 2026). Pivot du FBO.
Holding animatrice (art. 966 et 975)
Holding qui dirige effectivement et de manière prépondérante les filiales (convention d'animation, prestations rendues). Ouvre droit à l'exonération IFI biens professionnels et au Pacte Dutreil.
EBE / EBITDA
Excédent brut d'exploitation. Indicateur central pour le calibrage de la dette OBO. Les niveaux observés dans les dossiers courants tournent autour de 3 à 3,5x de dette nette / EBE (2,5 à 3x pour la seule dette senior) : ce sont des ordres de grandeur de praticien, aucun texte ne les fixe et c'est la définition contractuelle des deux termes qui prime.
DSCR (Debt Service Coverage Ratio)
Taux de couverture du service de la dette = EBE / (intérêts + amortissement). Un prêteur exige un écart entre le flux disponible et l'échéance — de l'ordre de 20 % dans les dossiers courants — mais il n'existe aucun plancher réglementaire : le niveau relève de sa politique de risque et de la définition écrite au contrat.
PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique)
Imposition de la PV mobilière de cession : 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS depuis la LFSS 2026). Le taux de 17,2 % reste maintenu sur AV, foncier, PV immobilières et PEL/CEL.
CEHR / CDHR (art. 223 sexies / 224)
CEHR : 3 % entre 250 et 500 k€ RFR, 4 % au-delà. CDHR (art. 224, LF 2025 art. 10, prorogée par la LF 2026 art. 2) : taux minimum 20 % pour les foyers dont le RFR dépasse 250 k€ — les revenus exceptionnels, plus-values mobilières comprises, n'y sont retenus que pour le quart de leur montant (BOI-IR-CDHR-20 du 30 juin 2026). Frottement total possible : 35-37 % sur la tranche excédentaire, à lire comme un majorant.
Management package (art. 163 bis H)
Article créé par la LF 2025 : présomption de salaire sur les gains issus d'actions de préférence, BSA, BSPCE, ratchets attribués aux dirigeants. Renversable si risque capitalistique réel et plafond de rendement défini.
Sources et textes de référence
CGI
| Article | Objet |
|---|---|
| 223 B | Amendement Charasse (réintégration charges financières, 9 exercices) |
| 223 A | Intégration fiscale (seuil 95 %) |
| 145 et 216 | Régime mère-fille (exonération 95 % dividendes, quote-part 5 %) |
| 150-0 B ter | Apport-cession, report d'imposition (70 % / 36 mois LF 2026) |
| 787 B | Pacte Dutreil (abattement 75 %, engagement 8 ans post-LF 2026) |
| 966 et 975 | Holding animatrice, exonération IFI biens professionnels |
| 167 bis | Exit tax |
| 163 bis H | Management package (présomption de salaire, LF 2025) |
BOFiP
- BOI-IS-GPE-20-20-80-20 — amendement Charasse, portée du dispositif
- BOI-IS-GPE-20-20-80-10 — amendement Charasse, champ d'application
Jurisprudence
- CE, 9ᵉ-10ᵉ sous-sect. réunies, 27 janvier 2011, n° 320313 — l'abus de droit est écarté dès lors qu'est justifié un intérêt d'ordre financier et patrimonial durable ; la charge de la preuve du but exclusivement fiscal pèse sur l'administration
- CE Plén. fisc. 13 juin 2018 n° 395495 (Cofices) — décision socle sur la holding animatrice
- CE, 8ᵉ-3ᵉ ch. réunies, 23 janvier 2020, n° 435562 — annulation du critère des 50 % d'actif brut immobilisé posé par la doctrine BOFiP pour apprécier la prépondérance de l'activité opérationnelle (art. 787 B) ; substitution d'un faisceau d'indices. Ne porte pas sur la définition de la holding animatrice.
- Cass. com. 14 octobre 2020 n° 18-17.955 (Financière de Rosario) — transposition de Cofices au Pacte Dutreil
- Cass. com. 17 décembre 2025 n° 24-17.415 — l'animation s'apprécie au jour du décès
- CE 12 février 2020 n° 421444 — abus de droit sur un schéma d'apport-rachat de titres en sursis 150-0 B ; invoqué ici par analogie, non comme une décision rendue en matière d'OBO
- CE 29 septembre 2023 n° 471003 — soulte apport-cession = abus de droit si ratio artificiel
Lois de finances
- LF 2026 — Dutreil 8 ans (2+6), apport-cession 70 %/36 mois/5 ans, exclusion NAF L
- LFSS 2026 — PS portés à 18,6 % sur les revenus du capital (dividendes, intérêts, PV mobilières de cession, PEA, PER) ; 17,2 % maintenu sur AV, foncier, PV immo et PEL/CEL (art. L. 136-7 CSS)
Ce guide est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. L'OBO est un montage complexe qui nécessite l'accompagnement d'un CGP, d'un avocat fiscaliste et d'un expert en évaluation.

