IDEL = BNC : les deux régimes fiscaux en 30 secondes
La bascule en 3 secondes
- Si vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes → passez au réel (déclaration contrôlée 2035).
- Si vos frais réels sont inférieurs à 34 % → le micro-BNC reste gagnant (et plus simple).
- Pour une IDEL active, les charges réelles tournent autour de 44 à 47 % du chiffre d'affaires : le réel est donc presque toujours le bon choix.
- Le micro est le régime par défaut sous le seuil de 83 600 €, mais vous pouvez opter pour le réel à tout moment (article 96 CGI).
« Micro-BNC ou réel ? » : c'est la première question fiscale de toute infirmière qui s'installe en libéral, et c'est aussi l'une des plus mal arbitrées. Le réflexe « micro = simple, donc mieux » coûte cher, parce qu'il confond la simplicité administrative (réelle au micro) avec l'optimisation fiscale (qui penche presque toujours vers le réel pour une IDEL active). La bonne nouvelle, c'est que la règle de décision est purement arithmétique — pas besoin d'un expert pour la comprendre. Et l'enjeu n'a rien de théorique : sur le cas chiffré de ce guide (75 000 € de recettes), le mauvais choix laisse 8 500 € de base imposable sur la table, soit jusqu'à 3 485 € d'impôt par an à une TMI de 41 %.
Reprenons le cadre depuis le début. L'infirmière libérale exerce en bénéfices non commerciaux (BNC), au titre d'une activité libérale de prestations de services (article 92 CGI). Elle exerce le plus souvent en entreprise individuelle (EI) ou, quand elle partage des locaux, en SCM (société civile de moyens, transparente). Ses actes de soins sont exonérés de TVA (article 261, 4-1° CGI), ce qui veut dire qu'elle ne facture pas de TVA mais ne la récupère pas non plus sur ses achats. Côté retraite, elle relève de la CARPIMKO, la caisse des auxiliaires médicaux libéraux. Ce cadre BNC détermine à la fois le seuil applicable et le taux de l'abattement.
Le mécanisme est limpide. Au micro-BNC, l'administration considère forfaitairement que vos frais représentent 34 % de vos recettes : elle déduit ce forfait, et rien d'autre. Au réel (la déclaration contrôlée, formulaire 2035), vous déduisez vos vrais frais, à l'euro. La question se résume donc à comparer un chiffre théorique (34 %) à votre réalité : si vos charges dépassent 34 % de vos recettes, le forfait du micro vous fait surpayer l'impôt ; en dessous, il vous en fait gagner.
| Critère | Micro-BNC | Réel / 2035 |
|---|---|---|
| Seuil de recettes | ≤ 83 600 € HT (2026-2028) | > 83 600 € (obligatoire) ou sur option |
| Frais déductibles | Forfait de 34 % (min. 305 €) | Frais réels + amortissements |
| Déclaration | 2042-C-PRO + livre des recettes | 2035-SD + annexes 2035-A/B |
| Comptabilité | Ultra-allégée | Caisse + registre des immobilisations |
| PER / Madelin déductible | Non | Oui (art. 154 bis CGI) |
| CSG déductible (6,8 pts) | Non | Oui (art. 154 quinquies CGI) |
La règle en une phrase
Le micro-BNC de l'IDEL : seuil 83 600 €, abattement de 34 %
Avant de plaider pour le réel, rendons justice au micro-BNC : c'est le régime de départ de toute infirmière qui s'installe, et il convient parfaitement à certains profils. Tout repose sur deux chiffres : un seuil de recettes et un taux d'abattement.
Le micro-BNC en 30 secondes
- Qui ? L'IDEL dont les recettes ne dépassent pas 83 600 € (seuil 2026-2028) — régime appliqué par défaut.
- Comment ? Un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) remplace l'ensemble de vos frais. Vous êtes imposée sur les 66 % restants.
- La paperasse ? Réduite au minimum : un simple livre des recettes et un report sur la 2042-C-PRO. Ni 2035, ni comptabilité, ni amortissement.
- La contrepartie ? Aucun frais réel déductible. Si vos charges dépassent 34 %, vous surpayez l'impôt.
Le seuil 2026 : 83 600 €
Le micro-BNC s'applique tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas un seuil. Ce seuil, longtemps fixé à 77 700 € (pour les revenus 2023 à 2025), a été relevé à 83 600 € HT pour les revenus 2026 à 2028. Il est révisé tous les trois ans, indexé sur l'évolution de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu (article 102 ter CGI). En clair : vous relevez du micro en 2026 si vos recettes de 2024 oude 2025 ne dépassaient pas le seuil applicable — c'est la règle des deux années de référence. La première année d'activité, le seuil est proratisé au nombre de jours d'exercice (soit environ 229 € par jour).
Le piège du volume : beaucoup d'IDEL dépassent 83 600 € de recettes
L'abattement de 34 % (minimum 305 €)
C'est le cœur du régime : sur vos recettes brutes encaissées, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % (avec un minimum de 305 €), censé représenter l'intégralité de vos frais professionnels. Vous êtes imposée sur les 66 % restants, ajoutés à vos autres revenus au barème de l'IR. Et la contrepartie est sans appel : aucun frais réel, aucun amortissement, aucune cotisation déduits en plus du forfait. La déclaration se résume à reporter vos recettes brutes sur la 2042-C-PRO et à tenir un simple livre des recettes.
Piège IFD / IK : les indemnités de la CPAM sont des recettes, pas une charge
Pour qui le micro reste intéressant
Le micro n'est pas pour autant un piège universel. Il reste gagnant pour l'IDEL débutante ou remplaçante qui n'a ni véhicule professionnel inscrit, ni gros matériel à amortir, qui rétrocède une part importante de ses honoraires et dont les charges réelles restent sous les 34 %. Pour ce profil, l'abattement forfaitaire est plus généreux que ses frais réels, et la simplicité administrative est un vrai bonus. La règle reste la même, simplement appliquée dans l'autre sens.
Le réel (déclaration contrôlée) : déduire ses vrais frais sur la 2035
Le régime du réel — son nom officiel est la déclaration contrôlée — repose sur un principe simple : votre bénéfice imposable, c'est vos recettes encaissées moins vos dépenses professionnelles réelles(article 93 CGI). On parle de comptabilité « de caisse » : on enregistre ce qui est effectivement encaissé et décaissé dans l'année, pas les factures émises ou reçues. Fini le forfait : chaque euro de charge réelle vient en déduction.
Ce régime est obligatoire dès que vos recettes dépassent le seuil du micro (83 600 € en 2026) deux années consécutives (article 96 CGI). Mais il est aussi accessible sur optionen dessous du seuil, précisément pour les IDEL dont les frais réels dépassent l'abattement de 34 %.
Les formulaires
La liasse 2035 et ses annexes
- 2035-SD (CERFA n° 11176) : la déclaration principale, qui récapitule le résultat fiscal (article 97 CGI).
- Annexe 2035-A : le détail des recettes et des dépenses par nature.
- Annexe 2035-B : les plus et moins-values, le tableau des amortissements et la détermination du résultat.
- Le bénéfice obtenu est ensuite reporté sur la 2042-C-PRO (votre déclaration de revenus personnelle) pour être soumis au barème de l'IR.
L'anatomie de la 2035 pour une IDEL
La 2035, c'est là que le réel se rentabilise. Elle n'a rien d'un formulaire abstrait : c'est l'inventaire de tout ce qu'une infirmière peut retrancher de ses recettes. Voici sa structure, poste par poste.
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Ce que contient la 2035 d'une infirmière
- Recettes encaissées : honoraires conventionnés, IFD et IK de la CPAM (qui sont des recettes), rétrocessions reçues si vous remplacez.
- Dépenses par nature (2035-A) : cotisations URSSAF et CARPIMKO (souvent le premier poste), Madelin et PER (art. 154 bis), véhicule (réel ou barème), RCP, loyer ou quote-part SCM, petit matériel et consommables, télétransmission, blanchissage, frais de comptabilité et d'AGA.
- Amortissements (registre des immobilisations) : véhicule, matériel supérieur à 500 € HT ; le petit matériel inférieur à 500 € HT se déduit immédiatement (art. 39 CGI).
- Plus et moins-values professionnelles : la ligne qui prépare la future cession de patientèle (voir le §9).
- CSG déductible (6,8 points) : sur la CSG d'activité de 9,2 %, 6,8 points se déduisent du bénéfice (art. 154 quinquies CGI). Levier exclusif au réel.
En contrepartie de la déduction des frais, le réel impose de tenir une comptabilité BNC : un livre-journal des recettes et des dépenses et un registre des immobilisations et des amortissements (article 99 CGI). Rien d'insurmontable avec un logiciel de comptabilité libérale ou un expert-comptable, mais c'est une charge de gestion à intégrer. Pour la liste exhaustive de ce que vous pouvez passer, voyez notre guide dédié à la check-list des charges déductibles de l'IDEL.
TVA exonérée : un coût qui gonfle vos frais réels (et plaide pour le réel)
L'option pour le réel : comment ça marche
L'option ne suppose aucun courrier solennel : elle se matérialise par le dépôt de la 2035 dans le délai légal. Elle est valable un an et reconduite tacitement tant que vous restez dans le champ du micro. Si un jour vous souhaitez revenir au micro (recettes en baisse, charges réduites), il suffit de renoncer à l'option en le notifiant à l'administration avant la date limite de dépôt de la déclaration suivante.
La règle de bascule : tout se joue au cap des 34 %
On bascule au réel pour deux raisons opposées : soit parce qu'on a fait le calcul et qu'on y gagne, soit parce que le fisc l'impose une fois le seuil de recettes franchi. C'est ce qu'on appelle le double verrou de l'IDEL.
La règle de décision, en une ligne
REGLE DE BASCULE Frais reels > 34 % des recettes → REEL gagnant Frais reels < 34 % des recettes → MICRO gagnant (34 % = exactement le taux de l'abattement forfaitaire micro)
En deçà de 34 %, le forfait micro est plus généreux que vos charges réelles : restez au micro, plus simple. Au-delà, chaque euro de frais réel au-dessus du forfait est un euro de base imposable en moins — impossible à capter au micro.
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Le double verrou de l'IDEL
- Verrou n° 1 — le niveau de frais (34 %) : selon les cabinets spécialisés, les charges d'une IDEL active représentent en moyenne 44 à 47 % des recettes (véhicule gros rouleur, cotisations URSSAF + CARPIMKO, matériel, RCP). Le seuil de 34 % est donc franchi quasi systématiquement : le réel est gagnant.
- Verrou n° 2 — le volume de recettes (83 600 €) : beaucoup d'IDEL à plein temps dépassent 83 600 € de recettes par le volume d'actes, ce qui rend le réel obligatoire (article 96 CGI), indépendamment du niveau de charges.
Le verdict est le même dans les deux cas : pour une IDEL installée à plein temps, le réel s'impose presque toujours — soit par le calcul (frais > 34 %), soit par obligation (recettes > 83 600 €). Le choix micro / réel ne se pose vraiment qu'en début ou en petite activité: remplaçante, temps partiel, première année avant l'achat d'un véhicule professionnel. C'est ce profil précis que nous chiffrons au §6 (les deux faces, Camille au réel et Sarah au micro).
Le seuil de bascule, mis en chiffres
Le véhicule : le poste qui fait basculer l'IDEL au réel
Un poste sépare l'infirmière de la plupart des autres libéraux : le véhicule. L'IDEL est une grosse rouleuse : tournées de soins à domicile, secteurs étendus en zone rurale, plusieurs dizaines de kilomètres par jour. Ce poste, à lui seul, suffit très souvent à faire franchir le cap des 34 % et à rendre le réel gagnant.
Deux options exclusives : barème km ou frais réels
Pour son véhicule, l'IDEL au réel choisit, de façon globale et annuelle (par véhicule), entre deux méthodes qui ne se cumulent pas :
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Barème kilométrique ou frais réels : le choix
- Le barème kilométrique : forfait fixé par arrêté, plafonné à 7 CV, qui intègre carburant, entretien, assurance, dépréciation et pneumatiques. Majoration de 20 % pour un véhicule électrique. Simple, sans justificatif détaillé, idéal pour un gros kilométrage sur un véhicule déjà amorti.
- Les frais réels : carburant, entretien, assurance, réparations, plus l'amortissement du véhicule s'il est inscrit au registre des immobilisations (et les intérêts d'emprunt ou loyers de leasing). Souvent plus avantageux sur un véhicule récent et coûteux.
L'amortissement d'un véhicule de tourisme est plafonné (article 39, 4 CGI) selon le taux de CO2 : 30 000 € (véhicule peu émetteur), 20 300 €, 18 300 €, ou 9 900 € (véhicule le plus émetteur). Comme la TVA n'est pas récupérable (actes exonérés), ces plafonds s'apprécient sur le prix TTC. C'est l'arbitrage le plus rentable de l'IDEL : nous le détaillons, chiffres à l'appui, dans notre guide comment arbitrer entre frais réels et barème kilométrique pour le véhicule de l'IDEL— nous n'en refaisons donc pas le calcul ici.
Rappel : IFD et IK de la CPAM ≠ barème kilométrique fiscal
Cas chiffré : Camille, IDEL à 75 000 €, micro ou réel ?
Assez de théorie, passons aux euros, avec Camille, infirmière à plein temps sur un secteur semi-rural, un véhicule pour ses tournées et des cotisations CARPIMKO à payer — et des recettes de 75 000 €, juste sous le seuil de 83 600 €, ce qui laisse le choix entier entre micro et réel.
Cas 1 · IDEL installée · 75 000 € de recettes · frais réels 34 000 €
Camille — le réel fait gagner 8 500 € de base imposable
Camille encaisse 75 000 € de recettes dans l'année. Ses frais réels (véhicule, cotisations URSSAF et CARPIMKO, matériel, RCP, comptabilité) s'élèvent à 34 000 €, soit 45,3 % de ses recettes — bien au-dessus du seuil de 34 %.
En micro-BNC : l'abattement forfaitaire de 34 % vaut 25 500 € (75 000 × 34 %). Sa base imposable est donc de 49 500 € (75 000 − 25 500).
Au réel (2035) : elle déduit ses 34 000 € de frais réels. Sa base imposable tombe à 41 000 € (75 000 − 34 000).
Écart de base imposable : 8 500 €en faveur du réel (34 000 de frais réels contre 25 500 de forfait). C'est exactement la différence entre ses charges réelles et le forfait théorique.
Traduit en impôt, à une TMI de 30 % (la tranche dans laquelle tombe Camille), cela représente une économie de l'ordre de 2 550 €/an ; à une TMI de 41 %, environ 3 485 €/an. Même après déduction du coût de la comptabilité (≈ 1 000 à 1 500 €/an, lui-même déductible), le réel reste nettement gagnant.
Le calcul, étape par étape (cas Camille)
Recettes encaissees ....................... 75 000 € MICRO-BNC Abattement forfaitaire 34 % ............. − 25 500 € ► Base imposable micro ................. 49 500 € REEL (declaration controlee 2035) Frais reels deduits ..................... − 34 000 € ► Base imposable reel .................. 41 000 € ECART DE BASE IMPOSABLE ................. 8 500 € (34 000 frais reels − 25 500 forfait) GAIN D'IMPOT (selon la TMI) • TMI 30 % : 8 500 × 30 % ≈ 2 550 €/an • TMI 41 % : 8 500 × 41 % ≈ 3 485 €/an − Cout comptabilite (deductible) ... ≈ 1 000 a 1 500 €/an
Comment lire ce calcul : le réel gagne tant que (frais réels − forfait 34 %) × TMI dépasse le coût de la comptabilité. Pour Camille, l'économie d'impôt est largement supérieure au coût de la compta : le réel s'impose.
Coût de la compta : plus aucune surtaxe AGA à craindre
Cas 2 · Remplaçante · 28 000 € de recettes · frais réels ~7 000 €
Sarah — ici, le micro reste gagnant (la règle joue dans les deux sens)
Sarah remplace dans plusieurs cabinets. Elle n'a ni local, ni gros matériel, roule avec sa voiture personnelle (qu'elle n'a pas inscrite au registre) et rétrocède une partie de ses honoraires. Ses frais réels plafonnent à ~7 000 € sur 28 000 € de recettes, soit 25 % — sous le seuil de 34 %.
Micro : abattement de 9 520 € (28 000 × 34 %), base de 18 480 €. Réel : base de 21 000 € (28 000 − 7 000). Ici, le micro fait gagner environ 2 520 € de base, en plus d'être plus simple. La règle des 34 % est honnête : elle ne dit pas « le réel est toujours meilleur », elle dit « comparez vos frais à 34 % ».Pour Sarah, le micro est le bon choix — jusqu'à ce qu'elle s'installe et achète un véhicule professionnel.
Note de méthode : comment lire ces chiffres
Micro ou réel : quel régime vous fait gagner, à l'euro près ?
Un CGP indépendant pose vos deux régimes côte à côte sur vos vrais relevés, débusque les frais déductibles que vous oubliez (le véhicule en tête) et vous dit, chiffre en main, où se situe votre point de bascule. Vous repartez avec une réponse, pas une intuition.
Faut-il encore adhérer à une AGA en 2026 ?
Beaucoup d'infirmières adhèrent encore à une AGA « parce que le comptable l'a toujours conseillé ». Ce conseil datait d'avant 2023 ; il est aujourd'hui périmé. La réponse claire en 2026 : adhérer à une AGA (association de gestion agréée) n'apporte plus aucun avantage fiscal. Deux réformes ont vidé l'AGA de tout intérêt sur ce plan — voici lesquelles.
Ce qui a changé
Deux suppressions, deux dates
- Revenus 2023 — fin de la majoration de 25 % : historiquement, le bénéfice d'un libéral non adhérent à un organisme de gestion agréé était majoré de 25 % avant imposition. Cette majoration a été supprimée progressivement (paliers en 2020-2022) puis totalement à compter des revenus 2023 (article 34 de la loi de finances pour 2021, article 158, 7-1° CGI). Adhérer ne « débloque » donc plus rien : non-adhérent et adhérent sont imposés à l'identique.
- 14 février 2025 — abrogation du régime OGA : la loi de finances pour 2025 a abrogé le régime des organismes de gestion agréés, et la réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion (article 199 quater B) a disparu dès les revenus 2025. En contrepartie, vos frais de comptabilité sont désormais 100 % déductibles sur la 2035.
Que reste-t-il, alors ? Un intérêt purement non fiscal : l'AGA peut vous aider à établir votre 2035, réaliser un examen de cohérence et de vraisemblance de votre déclaration, et vous apporter de la prévention et de la sécurité (réduction du risque de redressement par la qualité du dossier). Vous payez alors un service d'accompagnement et un filet de sécurité en cas de contrôle, pas une ligne d'économie d'impôt.
Notre lecture
Au réel, votre bénéfice pilote votre épargne et votre retraite
Le réel ne se résume pas à la ligne d'impôt du printemps : c'est lui qui rend déductibles vos cotisations PER, Madelin et prévoyance— donc lui qui finance, en partie sur le dos de l'impôt, votre retraite et votre couverture en cas d'arrêt. Des leviers que le micro neutralise totalement.
Mémo express
Ce que le réel débloque pour l'IDEL
- PER et Madelin déductibles (article 154 bis CGI) : vous déduisez vos cotisations de retraite supplémentaire de votre bénéfice imposable (jusqu'à 10 % du bénéfice ≤ 8 PASS + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, plafond maximal 88 911 € en 2026, PASS = 48 060 €). Au micro, l'abattement de 34 % est censé couvrir ces charges : vous perdez ce levier.
- Prévoyance Madelin — prioritaire pour l'IDEL : votre métier repose sur votre corps (dos, manutention, gestes répétés). Un arrêt de travail, c'est une perte de revenus immédiate et brutale. La prévoyance qui couvre l'arrêt et l'invalidité n'est pas un luxe, c'est une priorité — et ses cotisations sont déductibles au réel.
- Structuration de la patientèle : le registre des immobilisations documente, année après année, la valeur de votre cabinet — ce qui prépare une future cession (voir le §9).
Dit autrement : au réel, l'euro que vous auriez versé en impôt, vous pouvez en placer une partie sur votre PER. Au micro, ce même euro part au Trésor sans contrepartie. Pour le détail des plafonds et du fonctionnement, voyez nos guides PER et Madelin de l'infirmière libérale : déduire ses cotisations et, côté couverture du risque, la prévoyance du libéral. Et pour savoir où placer l'épargne ainsi dégagée, consultez comment faire travailler son épargne d'IDEL.
Note de méthode : ce qui est certain et ce qui ne l'est pas
Le réflexe propre à l'IDEL : sécuriser le geste avant d'optimiser
Le réel, première brique d'une stratégie complète
Du bon régime fiscal à la stratégie patrimoniale complète
Audit indépendant pour IDEL : on choisit le bon régime, on optimise vos frais et votre véhicule, on calibre vos cotisations PER/Madelin, on sécurise votre prévoyance et on prépare la suite (placement de l'épargne, retraite CARPIMKO, cession). Une vision globale et chiffrée.
La ligne plus-values de la 2035 : préparer la cession de votre patientèle
Il y a un avantage du réel qu'on ne voit pas à 30 ans et qui saute aux yeux à 55, le jour où vous revendez : il structure la valeur de votre patientèle. L'annexe 2035-B intègre les plus-values professionnelles de cession, et votre registre des immobilisationsdocumente, année après année, la composition de votre cabinet. Le jour où vous cédez, vous disposez d'une comptabilité qui donne à votre repreneur (et au fisc) une base chiffrée crédible pour valoriser la patientèle.
Sans entrer dans le détail (qui relève d'un guide dédié), retenez que la plus-value de cession d'une patientèle d'IDEL bénéficie de plusieurs régimes d'exonération :
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Les exonérations de plus-value à connaître
- Article 151 septies CGI (selon les recettes) : pour une activité de prestations de services, exonération totale si la moyenne des recettes ne dépasse pas 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, sous condition d'exercice depuis au moins 5 ans. Attention IDEL : une infirmière à plein temps dépasse souvent 90 000 € de recettes — l'exonération n'est alors que partielle, voire perdue.
- Article 238 quindecies CGI (selon la valeur) : exonération totale si la valeur de cession ne dépasse pas 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €. C'est souvent l'outil le plus sûrement applicable pour une patientèle d'IDEL.
- Article 151 septies A CGI (départ à la retraite) : exonération d'impôt sur le revenu de la plus-value, mais les prélèvements sociaux restent dus ; activité d'au moins 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans un délai de 24 mois.
Le bon taux de prélèvements sociaux en 2026 : 18,6 % (total 31,4 %)
Et si je passais en société (SELARL) ?
« Et si je créais une SELARL, plutôt que de choisir entre micro et réel ? » C'est une question qu'on nous pose souvent en fin de bilan. Première mise au point : ce guide compare micro et réel en entreprise individuelle (BNC) ; le passage en SELARL est un tout autre arbitrage (impôt sur les sociétés, rémunération contre dividendes). Pour une IDEL aux revenus modérés — le cas général — la SEL est rarement justifiée: elle ne devient un sujet qu'au-delà d'un certain niveau de bénéfice, avec une vraie capacité d'épargne.
Un point juridique mérite d'être signalé pour celles que la SEL intéresse : depuis l'imposition 2024, la rémunération de l'activité libérale d'une associée de SEL relève des BNC, ce qu'a confirmé le Conseil d'État le 8 avril 2025 (n° 492154). Autrement dit, le même arbitrage micro / réel — frais réels contre forfait — se retrouve à l'intérieur de la SEL. Passer en société ne dispense donc pas de raisonner sur les frais.
Pour aller plus loin : l'installation en zone France Ruralités Revitalisation (FRR)
En résumé
Micro-BNC ou réel : l'essentiel pour l'IDEL
- Tout part d'une seule règle : passez au réel dès que vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes — le cas de la plupart des IDEL actives, dont les charges tournent autour de 44 à 47 % du CA.
- Le double verrou : seuil micro 83 600 € ; au-delà sur deux ans, le réel est obligatoire — et beaucoup d'IDEL plein temps y sont par le volume.
- Le véhicule : grosse rouleuse, l'IDEL voit ce poste faire basculer le calcul presque à lui seul.
- Le cas Camille : à 75 000 € de recettes et 34 000 € de frais, le réel fait gagner 8 500 € de base imposable.
- Le bonus patrimonial : le réel ouvre la déduction PER/Madelin, la prévoyance et prépare la cession de patientèle — voyez aussi BNC ou SELARL : quand passer en société.
Faire chiffrer votre régime optimal et bâtir la suite
Du choix du régime jusqu'au jour où vous céderez : un CGP indépendant arbitre micro, réel et SELARL selon votre bénéfice, déduit ce qui peut l'être et anticipe l'exonération de plus-value sur votre patientèle. Bilan gratuit, sans engagement.

