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Guide professions libérales 202615 minMis à jour 8 juin 2026Édition LF / LFSS 2026

Prévoyance du libéral : se couvrir contre l'arrêt de travail et l'invalidité

Vous cotisez à la CARMF, à la CIPAV ou à la CARPIMKO, et vous pensez être couvert. La réalité est brutale : passé le 90e jour d'arrêt, plusieurs sections ne versent plus aucune indemnité journalière, et celles qui en versent plafonnent souvent autour de 55 à 200 € par jour. Entre votre revenu réel et ce que verse votre caisse, il y a un trou. Voici comment le mesurer, puis le combler avec une prévoyance Madelin déductible (jusqu'à 11 534 € en 2026, art. 154 bis CGI). Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil indépendant (ORIAS 23002291).

AUDIT PRÉVOYANCE 2026

Chiffrer votre trou de couverture et les garanties à viser

Audit indépendant de votre prévoyance de libéral : estimation de ce que verse (vraiment) votre caisse en arrêt long, mesure du trou par rapport à votre revenu net, lecture des clauses pièges (invalidité fonctionnelle vs professionnelle) et dimensionnement des garanties. Cabinet 100 % indépendant : on chiffre d'abord, on conseille ensuite.

  • Estimation de votre couverture caisse réelle
  • Mesure chiffrée du trou à combler
  • Lecture des clauses d'invalidité
  • Cabinet 100 % indépendant, sans produit-maison

IJ COMMUNE MAX/JOUR

~197,50 €

RÉGIME COMMUN

4e → 90e jour

DÉDUCTION PRÉVOYANCE 2026

11 534 €

PASS 2026

48 060 €

ITT : RISQUE/AN

~3-6 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La prévoyance du libéral en 30 secondes : le trou et la parade

Un kinésithérapeute de 42 ans, immobilisé six mois par une sciatique invalidante. Une médecin en arrêt huit mois pour un burn-out. Dans les deux cas, le cabinet tourne au ralenti, les charges fixes continuent — loyer, crédit, train de vie — et le revenu, lui, s'effondre. Pendant les trois premiers mois, un régime commun verse une indemnité journalière. Puis, au 91e jour, le robinet se ferme — totalement pour certaines sections, partiellement pour d'autres. Concrètement, la prévoyance d'un libéral tient sur deux jambes : un régime obligatoire, récent et plafonné, qui ne court que du 4e au 90e jour ; et, au-delà, un dispositif propre à votre section (CARMF, CIPAV, CARPIMKO…), parfois généreux, souvent inexistant. Entre ce que verse votre caisse et votre revenu réel, il y a un trou de couverture qui peut atteindre plusieurs milliers d'euros par mois. La parade existe : une prévoyance Madelin déductible jusqu'à 11 534 € par an. Mais ça se choisit dans l'ordre : on chiffre, on lit les clauses, et surtout on ne signe pas le premier devis venu.

En 30 secondes : le trou et la parade

Le problème. Votre régime obligatoire ne verse une indemnité journalière que du 4e au 90e jour d'arrêt ; au-delà, plusieurs sections (CIPAV, CAVOM, CAVAMAC…) ne versent plus rien. Sur un arrêt long, le trou de revenu se compte en milliers d'euros par mois.
La parade. Une prévoyance Madelin (indemnités journalières + invalidité + décès), avec des cotisations déductibles jusqu'à 11 534,40 € en 2026 (art. 154 bis CGI).
Le réflexe. Exiger une définition d'invalidité professionnelle (ou un barème croisé), caler la franchise sur la fin des IJ de votre caisse et dimensionner les garanties en net. On chiffre, puis on lit les clauses — dans cet ordre.

Ce qu'il faut retenir avant d'aller plus loin

Le régime commun (IJ CPAM) ne court que du 4e au 90e jour (carence 3 jours, décret n° 2021-755), avec un maximum d'environ 197,50 €/jour en 2026. Au-delà, plusieurs sections (CIPAV, CAVOM, CAVAMAC, CPRN, CARPV, CAVP) ne versent souvent aucune indemnité journalière — à vérifier au règlement de votre caisse. La prévoyance Madelin (IJ + invalidité + décès) vient combler ce vide : elle est déductible jusqu'à 11 534,40 € en 2026 (art. 154 bis CGI), dans une enveloppe distincte du PER retraite. Et le point technique qui change tout : exigez une définition professionnelle (ou un barème croisé) de l'invalidité, jamais une définition « fonctionnelle » qui vous désavantage.
Méthode documentée

Chiffrer votre trou de couverture avant tout devis

Un CGP indépendant estime ce que verse réellement votre caisse en arrêt long, mesure l'écart avec votre revenu net et lit les clauses de votre contrat — sans vous survendre un produit. Cabinet basé à Bassens, multi-partenaires.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement

Ce guide suit l'ordre d'un audit : d'abord mesurer le trou, puis présenter la parade et ses clauses, enfin chiffrer la fiscalité d'entrée et de sortie. On va du diagnostic au devis. La prévoyance se raccroche à votre stratégie d'ensemble : pour la vision globale, voyez par où commencer sa gestion de patrimoine quand on est libéral.

§ 2LE DIAGNOSTIC·2 MIN

Le trou de couverture : ce que verse vraiment votre régime obligatoire

Pour mesurer un trou, il faut d'abord savoir ce que comble le régime obligatoire. La surprise : ce régime est récent, plafonné, et il s'arrête vite.

Du 4e au 90e jour : un régime commun récent et plafonné

Jusqu'en 2021, beaucoup de libéraux n'avaient aucune indemnité journalière obligatoire en cas d'arrêt maladie. C'est le décret n° 2021-755 du 12 juin 2021 qui a instauré, à compter du 1er juillet 2021, un régime commun : la CPAM verse une indemnité journalière du 4e au 90e jour d'arrêt, après une carence de 3 jours. Cette IJ est égale à 1/730e du revenu moyen des trois dernières années, dans la limite de 3 PASS (soit 144 180 € en 2026), financée par une cotisation de 0,30 %. En pratique, le plafond tourne autour de 197,50 €/jour en 2026 (paramètre à confirmer). Le champ d'affiliation relève de l'article L640-1 du Code de la sécurité sociale.

Au 91e jour, le vide commence

Voilà le cœur du problème : ce régime commun s'arrête au 90e jour. Au-delà, on bascule sur le régime invalidité-décès propre à chaque section, institué par décret au titre de l'article L644-2 CSS. Et tout se joue là : selon votre section, le relais existe… ou pas. Certaines sections prennent le relais avec leurs propres IJ dès le 91e jour, d'autres ne versent plus rien en indemnités journalières et n'offrent qu'une éventuelle rente d'invalidité permanente, sous condition d'un taux élevé. Parmi les sections qui ne servent souvent aucune IJ au-delà de 90 jours : CIPAV, CAVOM, CAVAMAC, CPRN, CARPV, CAVP (paramètres communiqués par les caisses, à vérifier au règlement).

Le piège du 91e jour

Prenez un arrêt long — cancer, AVC, burn-out, qui se comptent en mois et non en semaines. Pour une section sans IJ au-delà de 90 jours, votre revenu de remplacement tombe à zéro entre le 91e jour et la reconnaissance éventuelle d'une invalidité permanente (qui suppose un taux élevé, souvent ≥ 66 %). Pendant ce temps, vos charges fixes continuent : loyer du cabinet, crédit de la résidence principale, train de vie de la famille. C'est exactement le risque que la prévoyance Madelin a vocation à couvrir.

Une précision d'architecture, pour éviter une confusion répandue : les avocats ne relèvent pas de la CNAVPL mais d'une caisse distincte, la CNBF, avec ses propres règles d'indemnisation. Et l'ensemble des dix sections de la CNAVPL forme une mosaïque que nous détaillons côté retraite : pour l'architecture des 10 caisses CNAVPL (et la CNBF des avocats), c'est dans le guide retraite que tout est posé.

§ 3PIÈCE MAÎTRESSE·3 MIN

Comparatif caisse par caisse : carence, IJ, durée, rente invalidité

Le tableau qui suit est le cœur de l'audit : il montre section par section ce qui se passe au-delà du 90e jour. C'est en regardant votre ligne que vous mesurez votre trou — pas une moyenne nationale qui ne dit rien de votre cas.

Paramètres 2026 communiqués par les caisses — à vérifier au règlement de votre section. La carence de 3 jours et le relais CPAM (4e → 90e jour) sont communs à tous ; le vrai sujet est le 91e jour : franchise sèche côté caisse (CARMF) ou absence totale d'IJ (type CIPAV).
Caisse / professionRégime commun (1er → 90e j)Au-delà du 90e jourRepère IJ caisse 2026Rente invalidité (indicatif)
CARMF (médecins)CPAM, carence 3 jIJ caisse dès le 91e j, jusqu'à 36 mois≈ 65,84 → 197,50 €/j (selon revenu)Rente ≈ 23 662 à 31 549 €/an
CIPAV (architectes, conseils, professions non réglementées)CPAM, carence 3 jAucune IJ ; pension d'invalidité si taux ≥ 66 %Forfait ≈ 5 % PASS (≈ 2 403 €) + proportionnelSur invalidité ≥ 66 %
CARPIMKO (infirmiers, kinés, orthophonistes)CPAM, carence 3 jIJ caisse dès le 91e j, max 3 ans≈ 55,44 €/j (~1 663 €/mois)≈ 10 080 € (≥ 66 %) → 20 160 €/an
CARCDSF (dentistes / sages-femmes)CPAM, carence 3 jSelon la section≈ 113 €/j (dentistes) [à confirmer]Variable
CAVEC (experts-comptables / CAC)CPAM, carence 3 jSelon la section≈ 130 €/j [à confirmer]Variable
CAVP, CARPV, CAVOM, CAVAMAC, CPRNCPAM, carence 3 jSouvent aucune IJ ; rente sous conditionsVariable [à confirmer]Variable

Attention à deux pièges de lecture. Le premier : ne réduisez pas tout à « la carence ». La carence de 3 jours du régime commun est identique pour tout le monde ; ce qui vous distingue, c'est ce qui se passe au 91e jour — soit une franchise sèche côté caisse (un médecin CARMF attend 90 jours avant la première IJ de sa caisse), soit l'absence totale d'IJ (un affilié CIPAV). Le second : carence, montant et durée, ce sont trois choses différentes. Une caisse peut verser tôt mais peu, ou tard mais longtemps : il faut croiser les trois colonnes pour saisir votre exposition réelle.

Comment lire VOTRE trou

La méthode tient en une soustraction : (votre revenu net réel) − (IJ caisse × durée de versement) = le montant qu'il vous reste à assurer en prévoyance. Un kiné CARPIMKO à 55 000 € de revenu touche ≈ 1 663 €/mois de sa caisse en arrêt long, contre un revenu de ≈ 4 580 €/mois : le trou est de l'ordre de 2 900 €/mois. Pour un affilié CIPAV sans IJ au-delà de 90 jours, le trou, lui, est quasi total. Ce chiffrage personnalisé, c'est l'objet de l'audit : voyez chiffrer votre trou de couverture dans un audit global.

Le même raisonnement vaut, au-delà de l'arrêt de travail, pour le complément de retraite : ces sections qui couvrent mal l'arrêt long versent aussi, pour beaucoup, des pensions modestes qu'il faut anticiper par la capitalisation. Pour un affilié CAVEC, voyez comment l'expert-comptable complète sa retraite CAVEC par la capitalisation ; et pour un architecte affilié à la CIPAV, dont la pension de base est souvent réduite, voyez pourquoi la retraite CIPAV des architectes est si faible (et comment la doubler). Le psychologue, lui aussi affilié à la CIPAV, est dans la même situation : voyez Retraite CIPAV du psychologue : montant réel et solutions.

§ 4LA PARADE·2 MIN

La parade : le contrat de prévoyance Madelin et ses 4 garanties

Face à ce trou, l'outil de référence du libéral est le contrat de prévoyance Madelin : un contrat d'assurance de groupe (art. L144-1 du Code des assurances) qui couvre, dans une même enveloppe, l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès, avec des cotisations déductibles (section 7). Voyons ses quatre garanties — et le jargon qui va avec.

IJ, invalidité, décès, rente éducation : les 4 garanties

Un bon contrat tient sur quatre garanties : les indemnités journalières, qui compensent la perte de revenu pendant l'arrêt ; la rente d'invalidité en cas d'atteinte permanente ; le capital décès (avec la couverture PTIA, perte totale et irréversible d'autonomie) ; et la rente de conjoint et la rente éducation pour protéger la famille. Chacune se dimensionne séparément (section 10).

ITT, IPP, IPT : le vocabulaire à connaître

Trois sigles structurent les garanties. L'ITT (incapacité temporaire totale) déclenche les indemnités journalières, après une franchise au choix de 3, 7, 15, 30, 60 ou 90 jours (90 jours s'articule logiquement avec la fin des IJ CPAM au 90e jour). L'IPP (invalidité permanente partielle) correspond à un taux d'invalidité de 33 à 66 % et donne droit à une rente au prorata ; l'IPT (invalidité permanente totale) correspond à un taux ≥ 66 % et déclenche la rente pleine. En dessous de 33 %, la plupart des contrats n'indemnisent pas (certains contrats haut de gamme descendent à 16 %, à vérifier au cas par cas, au conditionnel).

Le régime obligatoire seul

Points forts

  • Socle commun automatique (IJ CPAM 4e → 90e jour)
  • Aucune démarche de souscription

Points de vigilance

  • S'arrête au 90e jour (vide pour certaines sections)
  • Montant plafonné et souvent faible
  • Pas de capital décès / rente éducation dignes de ce nom
  • Définition d'invalidité imposée, peu protectrice

Avec une prévoyance Madelin

Points forts

  • Franchise au choix, articulée sur la fin des IJ caisse
  • IJ calées sur le revenu net réel (pas un forfait)
  • Invalidité en % du revenu + capital décès et rente éducation
  • Cotisations déductibles (art. 154 bis CGI)

Points de vigilance

  • Prime à payer, soumise à sélection médicale
  • Prestations imposables à la sortie (section 8)
  • Clauses à lire de près (définition, exclusions)

La logique de dimensionnement des IJ

BESOIN EN IJ A ASSURER = revenu net journalier reel  -  IJ versee par la caisse

EXEMPLE (kine CARPIMKO) :
  revenu net ~ 4 580 EUR/mois  ->  ~ 150 EUR/jour
  IJ caisse au-dela de 90 j    ->  ~ 55,44 EUR/jour
  BESOIN IJ A COMPLETER        ->  ~ 95 EUR/jour

On part toujours du revenu net réel et de ce que verse (ou non) la caisse, jamais d'un forfait standard. La franchise se cale ensuite sur la durée pendant laquelle la caisse vous couvre.

La franchise, ça se rédige : une clause claire est opposable

La franchise (délai avant le premier versement d'IJ) doit être rédigée sans ambiguïté. Selon une jurisprudence constante en droit des assurances, une clause de franchise (par exemple 90 jours) rédigée clairement et sans ambiguïté est opposable à l'assuré. Autrement dit, ce n'est pas la franchise qui pose problème, c'est l'imprécision. Lisez la définition exacte de la franchise et son articulation avec la fin des IJ de votre caisse avant de signer.
§ 5DIFFÉRENCIATEUR·3 MIN

Invalidité fonctionnelle ou professionnelle : la clause qui change tout

C'est la clause à comprendre, celle qui sépare un bon contrat d'un contrat qui vous lâchera au pire moment. Derrière le mot « invalidité » se cachent trois définitions très différentes, et le montant de votre rente peut varier du simple au triple selon celle qui figure dans votre contrat.

Trois définitions, trois mondes

L'invalidité fonctionnelle apprécie le taux en droit commun, c'est-à-dire l'atteinte médicale brute, abstraction faite de votre métier : c'est la définition la plus défavorable. Prenez un chirurgien qui perd la dextérité fine d'une main : son taux fonctionnel peut rester faible alors qu'il est 100 % incapable d'opérer. L'invalidité professionnelle, à l'inverse, s'apprécie selon l'incidence sur la profession réellement exercée : c'est la plus protectrice. Enfin, le barème croisé combine le taux fonctionnel (N) et le taux professionnel (P) avec une pondération favorable au métier : par exemple, un fonctionnel de 40 % et un professionnel de 60 % donnent un taux croisé de l'ordre de 53 %.

Les trois définitions de l'invalidité. La notion est contractuelle (droit des assurances), pas fiscale. Pour un libéral, fuir le « fonctionnel » seul et exiger « professionnel » ou « barème croisé ».
DéfinitionMode de calculPour qui c'est défavorableÀ privilégier ?
FonctionnelleAtteinte médicale brute, sans tenir compte du métierMétiers manuels / de précision (chirurgien, kiné, dentiste)Non — la moins protectrice
ProfessionnelleIncidence sur la profession réellement exercée(la plus protectrice)Oui — l'idéal
Barème croiséCombinaison fonctionnel × professionnel, pondérée pour le métier(bon compromis)Oui — très bon standard

Le barème croisé et les mots à traquer dans votre contrat

Concrètement, un chirurgien-dentiste atteint d'un tremblement neurologique ne peut plus opérer, mais il pourrait théoriquement enseigner : si la clause définit l'invalidité totale par l'impossibilité d'exercer « toute profession », il risque de ne pas déclencher l'IPT alors qu'il ne peut plus exercer son métier. C'est précisément ce type de clause que les juges sanctionnent.

Les mots à traquer dans votre contrat

Signaux d'alerte : « toute activité professionnelle », « barème fonctionnel de la Sécurité sociale » sans correctif professionnel. Ces formulations vident la garantie de son intérêt pour un libéral, surtout dans les métiers manuels ou de précision (chirurgiens, dentistes, kinés, vétérinaires). Formulations à préférer : « la profession exercée au jour du sinistre » ou « barème croisé ». Une seule ligne de contrat peut faire la différence entre une rente pleine et zéro.

La jurisprudence vous protège, mais mieux vaut ne pas avoir à plaider. La Cour de cassation a jugé abusive la clause définissant l'incapacité totale par l'impossibilité d'exercer « toute activité professionnelle » sans précision, parce qu'elle vide la garantie de son objet (Cass. 1re civ., 14 avril 2016, n° 15-19.107, décision rendue en assurance-emprunteur dont le principe est transposable à la prévoyance). De manière constante, les juges distinguent l'incapacité d'exercer sa profession de l'incapacité d'exercer toute profession, et refusent de transformer des conditions alternatives en conditions cumulatives. Mais une garantie claire dès la souscription vous évite un contentieux au plus mauvais moment de votre vie.

§ 6ANTI-CONFUSION·1 MIN

Le Madelin prévoyance n'est pas mort : ce que PACTE a (et n'a pas) fermé

On nous pose sans cesse la question, car la confusion est répandue : « Mais le Madelin n'a-t-il pas été supprimé par la loi PACTE ? » Non, pas la prévoyance.

Réponse courte : non, le Madelin prévoyance n'est pas mort

La loi PACTE (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019) a fermé à la commercialisation le seul volet Madelin RETRAITE, au 1er octobre 2020, remplacé par le PER. Le volet Madelin PRÉVOYANCE et SANTÉ, lui, reste pleinement souscriptible en 2026 et conserve son régime de déduction de l'article 154 bis du CGI. Autrement dit, ce qui a disparu, c'est l'ancien Madelin retraite ; le Madelin prévoyance, lui, tient toujours.

La distinction est essentielle pour ne pas se tromper d'enveloppe. Le Madelin retraite servait à se constituer un complément de pension : c'est désormais le rôle du PER (voyez combien déduire avec un PER quand on est libéral et, côté pension, pourquoi la caisse de retraite obligatoire ne suffit pas). Le Madelin prévoyance, lui, couvre un risque tout autre : l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès pendant votre carrière. Deux besoins distincts, deux enveloppes distinctes : à ne pas mélanger.

§ 7LE LEVIER FISCAL·2 MIN

La déduction art. 154 bis : combien, et le piège des plafonds

L'avantage fiscal de la prévoyance Madelin tient à l'article 154 bis du CGI (héritage de la loi Madelin n° 94-126 du 11 février 1994) : vos cotisations de prévoyance et de santé sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans une enveloppe propre. Sauf que l'article 154 bis cache trois enveloppes distinctes, et c'est là que les libéraux se trompent : on voit régulièrement des dossiers où la prime de prévoyance a été imputée, par erreur, sur le plafond du PER.

7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné

La formule de déduction prévoyance-santé est précise : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice imposable, le tout plafonné à 3 % de 8 PASS. Avec le PASS 2026 fixé à 48 060 € (arrêté du 22 décembre 2025), cela donne :

Déduction prévoyance-santé 2026 (art. 154 bis CGI)

DEDUCTION = 7 % x PASS  +  3,75 % x benefice imposable
            (plafonnee a 3 % de 8 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   /   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER  = 7 % x 48 060            = 3 364,20 EUR
PLAFOND   = 3 % x 384 480           = 11 534,40 EUR

Enveloppe commune santé + prévoyance, DISTINCTE du plafond retraite-PER (10 % + 15 %, max ≈ 88 911 € en 2026). À ne surtout pas confondre.

Le socle de 7 % du PASS (3 364,20 € en 2026) s'ajoute systématiquement, même quand le bénéfice est faible ou nul : c'est un plancher de déduction garanti. À l'autre bout, un libéral à fort bénéfice atteint le plafond de 11 534,40 €.

Ne confondez pas les trois « tuyaux » de l'article 154 bis

Les 3 enveloppes 154 bis à ne pas mélanger

1. Prévoyance / santé : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafond 11 534,40 € (l'objet de ce guide).
2. Retraite / PER : 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, plafond ≈ 88 911 € — une enveloppe séparée, traitée dans le plafond retraite de l'art. 154 bis, à ne pas confondre.
3. Perte d'emploi (garantie chômage du TNS) : 1,875 % du bénéfice (plancher 2,5 % du PASS, soit ≈ 1 201,50 € en 2026) — enveloppe distincte également.

Un avantage sur l'IR seul

Là où beaucoup de commerciaux restent flous : la déduction de l'article 154 bis ne touche que votre impôt sur le revenu. Pas un euro de charges sociales en moins. Les primes Madelin sont en effet réintégrées dans l'assiette des cotisations sociales URSSAF : vous ne réalisez aucune économie de charges sociales. À 41 ou 45 % de TMI, l'économie d'IR est franche ; en dessous, l'argument fiscal pèse beaucoup moins. Concrètement, une cotisation de 3 000 € à 41 % de TMI coûte, net d'impôt, environ 1 770 €. Condition pour déduire : être à jour de ses cotisations obligatoires et souscrire un contrat de groupe régulier (BOI-BNC-BASE-40-60-50-10). Pour situer ce levier parmi les autres déductions du libéral, voyez les leviers de déduction à l'IR du libéral et, pour les hauts revenus, l'effet de levier de la déduction à 41-45 % de TMI.

§ 8LA FACE CACHÉE·2 MIN

La face cachée : vos indemnités et rentes sont imposables

Si l'on déduit à l'entrée, c'est qu'on est imposé à la sortie : c'est la symétrie entrée/sortie — vous avez déduit hier, vous payez aujourd'hui. Un médecin qui touche 5 000 € de rente brute ne garde pas 5 000 € en poche. Voyons précisément comment vos prestations sont fiscalisées — car cela commande la façon de dimensionner vos garanties.

Indemnités journalières en activité = BNC

Les indemnités journalières versées pendant que vous poursuivez votre activité sont imposées dans la même catégorie que le revenu qu'elles remplacent, soit les BNC (BOI-RSA-PENS-10-20-20, §70), au barème de l'IR et avec cotisations sociales. Le raisonnement de l'administration est simple : ces IJ remplacent un revenu de BNC, donc elles sont taxées comme du BNC.

Rentes invalidité / décès = pensions (abattement 10 %)

Les rentes d'invalidité, de conjoint, d'éducation, le capital ou la rente décès et les indemnités versées après cessation d'activité relèvent, eux, de la catégorie des pensions (art. 158 CGI, avec l'abattement de 10 %), soumis également à la CSG/CRDS. La doctrine fiscale est explicite sur cette ventilation (BOI-RSA-PENS-10-20-20).

Fiscalité des prestations Madelin (BOI-RSA-PENS-10-20-20). La déduction à l'entrée a pour contrepartie l'imposition à la sortie : on parle d'un report et d'un lissage de trésorerie, plus que d'un cadeau fiscal.
PrestationCatégorie d'impositionAbattement
IJ pendant l'activité poursuivieBNC (barème + cotisations sociales)Aucun
IJ après cessation d'activitéPensions10 %
Rente d'invaliditéPensions10 %
Rente de conjoint / d'éducationPensions10 %
Capital / rente décèsPensions (rente)10 % (rente)

Ce que vous gagnez vraiment : du temps de trésorerie

Le vrai bénéfice de la prévoyance Madelin n'est pas un cadeau fiscal net : c'est la couverture d'un risque (le trou de revenu en arrêt long) plus un lissage de trésorerie (déduction quand vous êtes fortement imposé, imposition quand vos revenus chutent). D'où la règle d'or : dimensionner en net. Pour viser 4 000 € de revenu de remplacement net, il faut souvent garantir 4 600 à 4 900 € brut selon votre TMI, puisque la prestation sera imposée — un écart qu'un devis chiffre précisément. Pour la mécanique des prélèvements sociaux 2026, voyez la dualité des prélèvements sociaux 2026 (17,2 % / 18,6 %).
§ 9LA CHECKLIST·2 MIN

Les 5 clauses qui font (ou défont) votre contrat

Au-delà de la définition de l'invalidité (section 5), cinq clauses déterminent la vraie valeur d'un contrat. Voici les cinq clauses à vérifier ligne à ligne avant de signer.

  1. La définition de l'invalidité. Fonctionnelle, professionnelle ou barème croisé ? C'est la clause n° 1 (voyez la section 5). Exigez « professionnelle » ou « barème croisé ».
  2. La franchise des IJ. 3, 7, 15, 30, 60 ou 90 jours ? À articuler avec la fin des IJ de votre caisse (90 jours pour les médecins relayés par la CARMF ; 3, 15 ou 30 jours pour les sections sans IJ au-delà de 90 jours).
  3. La base de calcul des IJ. Revenu net réel ou forfait ? Exigez le net réel, sans quoi vous risquez d'être sous-indemnisé par rapport à vos revenus effectifs.
  4. Les exclusions. Sports extrêmes, guerre et terrorisme, zones hostiles, états alcooliques ou stupéfiants, suicide hors délai ; affections dorsales et psychiques parfois exclues ou soumises à conditions. Lisez la liste, ligne à ligne.
  5. Le seuil de déclenchement de la rente d'invalidité. 16 %, 33 % ou 66 % ? Plus le seuil est bas, plus la couverture est large ; à vérifier au contrat (les seuils à 16 % sont rares, au conditionnel).

La checklist avant de signer

☐ Définition d'invalidité professionnelle ou barème croisé (pas « fonctionnelle » seule).
☐ Franchise articulée sur la fin des IJ de ma caisse.
☐ IJ calculées sur mon revenu net réel.
☐ Liste des exclusions lue et comprise (dos, psy notamment).
☐ Seuil de déclenchement de la rente invalidité vérifié.

Une sixième vérité, transversale : un contrat d'assurance suppose un aléa. Un risque déjà réalisé n'est pas couvrable (Cass. 2e civ., 6 mai 2021, n° 19-25.395). D'où une règle bête mais décisive : on souscrit tant qu'on est en bonne santé, et le plus tôt possible. La sélection médicale et la date d'effet sont déterminantes : une fois la pathologie déclarée, plus aucun assureur ne la couvre.

§ 10LE CALIBRAGE·2 MIN

Bien dimensionner ses garanties : raisonner en net, pas en brut

Trop de garanties, vous payez pour du vent ; pas assez, vous découvrez le trou le jour de l'arrêt. Un kiné venu nous voir avait sur-assuré son capital décès et sous-assuré ses IJ : exactement l'inverse de ce qu'il fallait. Quelques repères de bon sens pour dimensionner chaque garantie, en gardant à l'esprit la règle de la section 8 : on vise un revenu de remplacement net.

Repères de dimensionnement (ordres de grandeur)

Indemnités journalières : calées sur le revenu net réel (pas un forfait), après déduction de ce que verse la caisse.
Invalidité : garantie en pourcentage du revenu, avec une définition professionnelle ou un barème croisé.
Capital décès : de l'ordre de 3 à 5 ans de revenus, plus le solde du crédit de la résidence principale et le coût des études des enfants.
Rente éducation : par enfant, jusqu'à ~26 ans (poursuite d'études).
Et toujours en net : la prestation étant imposable, on garantit un brut supérieur au net visé.

Et selon votre statut : BNC, SELARL ou SELAS

L'outil de prévoyance dépend de votre statut d'exercice. En BNC ou comme gérant majoritaire de SELARL, vous relevez du statut de travailleur non salarié (TNS) : vous souscrivez une prévoyance Madelin (art. 154 bis), c'est tout l'objet de ce guide. En revanche, comme président de SELAS, vous êtes assimilé salarié : vous passez le plus souvent par un contrat de prévoyance collective (prévoyance d'entreprise), avec une couverture et une fiscalité différentes. Le choix du statut conditionne donc l'outil. Pour creuser : TNS ou assimilé salarié : EI, EURL, SELARL, SELAS et l'arbitrage de rémunération dans SEL : salaire ou dividendes.

Note de méthode : ces ordres de grandeur ne valent pas devis

Les repères ci-dessus (3 à 5 ans de revenus pour le capital décès, ~26 ans pour la rente éducation) sont des repères d'usage ; aucun texte ne les impose. Le bon montant dépend de votre situation : charges du foyer, encours de crédits, âge des enfants, patrimoine déjà constitué et — surtout — de ce que verse réellement votre caisse. De même, une prime affichée par un comparateur ne préjuge pas du tarif définitif : il dépend du résultat de la sélection médicale et des garanties retenues. Un dimensionnement fiable suppose une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable.
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§ 11CAS CHIFFRÉS·2 MIN

3 cas chiffrés : médecin, kiné, avocate

Trois dossiers passés sur le bureau de Quentin à Chambéry cette année. Les prénoms sont fictifs ; les montants de caisse sont des repères 2026 indicatifs, à vérifier au règlement de chaque section ; les coûts nets de cotisation appliquent la déduction de l'article 154 bis aux TMI 2026. Les primes citées sont des ordres de grandeur, soumis à devis et à sélection médicale.

Cas 1 — Dr Sophie Marchand, médecin (CARMF), 110 000 € de BNC, TMI 41 %

Le trou : arrêt de 8 mois (burn-out). IJ CPAM du 4e au 90e jour, puis la CARMF prend le relais au 91e jour, mais avec une franchise de 90 jours côté caisse ; l'IJ caisse atteint ensuite ≈ 197,50 €/j pour les revenus élevés, soit ~5 925 €/mois, contre un revenu d'activité de ~9 167 €/mois. Manque ≈ 3 240 €/mois.

La parade : prévoyance Madelin, IJ de complément (≈ 100 €/j), franchise 90 j (articulée sur la fin des IJ CPAM), définition d'invalidité professionnelle.
Effet fiscal : cotisation supposée 2 800 € → coût net ≈ 1 652 € après IR à 41 %. On reste très en dessous du plafond prévoyance de 11 534,40 €.

Cas 2 — Julien Berthe, kiné (CARPIMKO), 55 000 € de BNC, TMI 30 %

Le trou : sciatique invalidante, arrêt 6 mois. CPAM les 90 premiers jours, puis CARPIMKO ≈ 55,44 €/j (~1 663 €/mois), contre un revenu de ~4 580 €/mois. Manque ≈ 2 900 €/mois. Métier manuel : le risque d'invalidité est élevé.

Le piège évité : sans définition professionnelle, une atteinte au poignet le rendant incapable de masser pourrait ne pas déclencher l'IPT si le contrat dit « toute profession » (réf. Cass. 15-19.107). On recommande un barème croisé.
La parade : IJ de complément (≈ 80 €/j, franchise 30 j) + rente d'invalidité en % du revenu, barème croisé. À 30 % de TMI, la déduction reste utile mais on calibre d'abord en effort mensuel.

Cas 3 — Maître Claire Lefèvre, avocate (CNBF), 130 000 € de BNC, TMI 45 %

Le trou : grossesse pathologique puis complications, arrêt long. Régime CNBF distinct (hors CNAVPL) : les IJ et l'invalidité propres à la CNBF sont à vérifier et restent généralement modestes au regard d'un revenu de ~10 800 €/mois.

La parade : prévoyance Madelin (l'avocate est TNS), IJ de complément + capital décès = 4 ans de revenus (≈ 520 000 €) + rente éducation pour 2 enfants.
Effet fiscal : à 45 % de TMI, une cotisation de 4 000 € coûte net ≈ 2 200 € ; le plafond prévoyance de 11 534,40 € reste quasi atteignable. À ne pas oublier : les rentes versées seront imposées (pensions, abattement 10 %), d'où le calibrage en net.
Récapitulatif des 3 cas. Montants de caisse = repères 2026 indicatifs, à vérifier au règlement de chaque section. Coûts nets de cotisation = prime × (1 − TMI), après déduction art. 154 bis (effet IR seul). Les primes sont des ordres de grandeur soumis à devis et sélection médicale.
PersonaSectionRevenu BNCTMITrou estiméCoût net cotisation ≈
Dr Sophie Marchand, médecinCARMF110 000 €41 %≈ 3 240 €/mois≈ 1 652 € (cotis. 2 800 €)
Julien Berthe, kinéCARPIMKO55 000 €30 %≈ 2 900 €/moisselon garanties (TMI 30 %)
Maître Claire Lefèvre, avocateCNBF130 000 €45 %couverture CNBF modeste≈ 2 200 € (cotis. 4 000 €)

Note de méthode

L'économie d'impôt sur la cotisation est réelle et vaut « prime × TMI » (sur l'IR seul, pas les charges sociales). Les montants d'IJ et de rente par caisse sont des repères indicatifs, à confirmer au règlement de votre section. Les tarifs de prime dépendent de l'âge, du métier, de la franchise et du résultat de la sélection médicale : seul un devis personnalisé fait foi.
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Sources et références légales

  • Régime obligatoire (le trou)

    Décret n° 2021-755 du 12 juin 2021 (JORFTEXT000043648366) : indemnités journalières maladie communes des libéraux servies par la CPAM du 4e au 90e jour, carence 3 jours, 1/730e du revenu moyen des 3 dernières années, cotisation 0,30 % dans la limite de 3 PASS, maximum d'environ 197,50 €/jour en 2026. Art. L640-1 CSS (champ d'affiliation CNAVPL). Art. L644-2 CSS (régime invalidité-décès propre à chaque section, institué par décret). Au-delà du 90e jour, plusieurs sections (CIPAV, CAVOM, CAVAMAC, CPRN, CARPV, CAVP) ne versent souvent aucune indemnité journalière ; les avocats relèvent de la CNBF. Paramètres des sections communiqués par les caisses, à vérifier au règlement.

  • Solution Madelin (cotisations)

    Art. 154 bis CGI (LEGIARTI000047288764), issu de la loi Madelin n° 94-126 du 11 février 1994 : déduction prévoyance-santé = 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice imposable, plafonnée à 3 % de 8 PASS, soit 11 534,40 € en 2026 (plancher 3 364,20 €) ; garantie perte d'emploi = 1,875 % du bénéfice (plancher 2,5 % du PASS). Code des assurances art. L144-1 (contrats d'assurance de groupe). CSS art. L871-1 (contrat responsable, volet santé). BOI-BNC-BASE-40-60-50-10 et -50-20 (contrats de groupe, condition d'être à jour des cotisations obligatoires). BOI-BIC-CHG-40-50-40-20 (barème). Effet sur l'IR seul : primes réintégrées dans l'assiette des cotisations sociales URSSAF.

  • Fiscalité des prestations (sortie)

    BOI-RSA-PENS-10-20-20 (mise à jour du 17 février 2026) : les indemnités journalières perçues alors que l'activité se poursuit sont imposées dans la même catégorie que le revenu remplacé (BNC), au barème ; les rentes d'invalidité, de conjoint, d'éducation et les indemnités versées après cessation d'activité relèvent des pensions (abattement de 10 %), avec CSG/CRDS. Symétrie entrée/sortie : on déduit à l'entrée (154 bis), on est imposé à la sortie — d'où la règle de dimensionnement en net.

  • PACTE et socle 2026

    Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 : fin de commercialisation des contrats Madelin retraite au 1er octobre 2020 (remplacés par le PER) ; le volet Madelin prévoyance-santé subsiste et reste souscriptible. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €). Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) : dualité des prélèvements sociaux 2026 (17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et le foncier nu ; 18,6 % sur dividendes, plus-values mobilières et PER).

  • Jurisprudence (clauses d'assurance)

    Cass. 1ré civ. 14 avril 2016, n° 15-19.107 (décision rendue en assurance-emprunteur, principe transposable à la prévoyance) : est abusive la clause définissant l'incapacité totale par l'impossibilité d'exercer « toute activité professionnelle » sans précision, car elle vide la garantie de son objet. Selon une jurisprudence constante en droit des assurances, une clause de franchise rédigée clairement et sans ambiguïté est opposable à l'assuré. Cass. 2e civ. 6 mai 2021, n° 19-25.395 : le contrat d'assurance suppose un aléa ; un risque déjà réalisé n'est pas couvrable. Décisions citées à titre informatif.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation de souscription au sens de l'article L. 521-1 du Code des assurances. Plusieurs points sont, en toute transparence, signalés au conditionnel : les montants d'indemnités journalières et de rentes par section sont des paramètres communiqués par les caisses, à vérifier au règlement de votre section ; le montant maximal d'IJ commune (≈ 197,50 €/jour) dépend de paramètres annuels ; les seuils de déclenchement de la rente d'invalidité (16 %, 33 %, 66 %) varient selon les contrats ; les tarifs de prime (~30 à 100 €/mois) sont des ordres de grandeur, soumis à devis et à sélection médicale ; le traitement des prélèvements sociaux de la location meublée demeure une zone grise. Les décisions de justice sont mentionnées à titre informatif. Les chiffres et taux sont à jour au 8 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence, règlements des caisses). Le dimensionnement de vos garanties doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Toute souscription comporte des exclusions et conditions propres au contrat retenu.

Foire aux questions

Tout sur la prévoyance de la profession libérale en 2026 arrêt de travail, invalidité, déduction Madelin et clauses.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : ce que verse réellement la caisse au-delà de 90 jours, l'invalidité fonctionnelle contre professionnelle, le barème croisé, la déduction de l'article 154 bis, le Madelin après PACTE et la fiscalité des prestations. Réponses sourcées et à jour 2026.