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Guide IDEL 202615 minMis à jour 11 juin 2026Taux de remplacement ~30-40 %

Retraite CARPIMKO de l'infirmière libérale : le vrai calcul de votre pension (et du trou)

Vous portez le volume : tournées dès l'aube, manutention de patients, gardes, week-ends. Mais à la retraite, la CARPIMKO ne vous le rend pas. La pension moyenne servie à une infirmière libérale tourne autour de 9 000 € par an (~750 €/mois), avec un taux de remplacement souvent compris entre 30 et 40 % de votre dernier revenu. La cause est arithmétique : votre retraite de base est plafonnée à environ 384 € de droits acquis par an, et au 1er janvier 2026 votre complémentaire change de règle (100 % proportionnel, 8,70 %). Je vous montre ici comment se calcule votre pension — et l'écart qu'il faudra combler vous-même. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine capitalistiquement indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE INFIRMIÈRE LIBÉRALE 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler avant qu'il ne soit trop tard

Audit de votre situation d'infirmière libérale : estimation de votre taux de remplacement CARPIMKO, dimensionnement du trou à combler, calibrage du PER 154 bis et de la prévoyance Madelin face à l'usure physique, et préparation de la cession de la patientèle comme capital de sortie. Cabinet multi-partenaires, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Prévoyance du geste calibrée
  • Cabinet multi-partenaires

PENSION MOYENNE ESTIMÉE

≈ 9 000 €/an

TAUX DE REMPLACEMENT

souvent 30-40 %

DROITS DE BASE / AN (MAX)

≈ 384 €

COMPLÉMENTAIRE 2026

8,70 % proportionnel

CAISSE DE L'IDEL

CARPIMKO (pas la CARMF)

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

Le grand écart de l'IDEL : ce que dit le diagnostic

C'est un grand écart que je vois passer toutes les semaines. Vous portez le volume — tournées dès l'aube, manutention de patients, gardes, déplacements — et votre revenu peut être conséquent. Mais le jour de la retraite, la CARPIMKO ne vous le rend pas : la pension moyenne servie à une infirmière libérale tourne autour de 9 000 € par an (~750 €/mois), pour un taux de remplacement souvent compris entre 30 et 40 % de votre dernier revenu d'activité. La CARPIMKO fait son travail : elle vous verse un socle. Le malentendu, c'est de croire qu'un socle suffit à tenir votre niveau de vie.

Comme en rendez-vous, on comprend et on chiffre d'abord le trou — c'est l'objet de cette page — avant de regarder par quel bout l'attaquer. Le plan d'action détaillé (immobilier, PER, rachat de trimestres) est traité dans le guide dédié pour améliorer sa retraite d'IDEL avec l'immobilier, le PER et le rachat de trimestres.

La retraite de l'IDEL en 30 secondes

Votre retraite obligatoire a trois étages, tous gérés par la CARPIMKO : le régime de base CNAVPL (plafonné à ~384 € de droits par an au plus), le régime complémentaire CARPIMKO (réformé au 1er janvier 2026 : 100 % proportionnel, 8,70 %) et l'ASV / PCV de l'IDEL conventionnée (cofinancée par l'Assurance maladie). Conséquence : même avec un fort volume d'activité, votre taux de remplacement tombe souvent entre 30 et 40 % de votre dernier revenu (à vérifier sur carpimko.fr). Le reste se comble en capitalisant à votre nom.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur votre espace carpimko.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : le plafonnement de la base à 582 points par an et l'écrêtement de la complémentaire à 3 PASS. C'est lui, et non un chiffre précis, qui fonde tout ce diagnostic.
§ 2ARCHITECTURE·3 MIN

Comment se calcule votre retraite : les 3 étages CARPIMKO

Voyons d'abord comment votre pension se construit. L'infirmière libérale relève de la catégorie « santé » des professions libérales (article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale), affiliée à la CNAVPL. Et la caisse qui gère tout pour vous, c'est la CARPIMKO — la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes —, et jamais la CARMF (médecins), la CARCDSF (sages-femmes et dentistes) ni la CAVP (pharmaciens). Elle gère trois régimes, chacun par points.

La formule, identique pour les trois étages

Pension d'un regime = points acquis x valeur de service du point x taux de liquidation

   points acquis      = somme des points obtenus chaque annee de cotisation
   valeur de service  = montant en euros d'un point au moment de la liquidation
   taux de liquidation = 100 % au taux plein, minore par la decote sinon

Chaque étage a sa propre valeur de point et son propre plafond. C'est en additionnant les trois pensions (base + complémentaire + ASV) que l'on obtient votre retraite obligatoire totale. Tout le diagnostic tient dans un constat : pour l'IDEL, ces trois étages additionnés restent faibles rapportés au dernier revenu.

Trois régimes qui n'obéissent pas aux mêmes règles

La base CNAVPL (L. 642-1) est par points et fortement plafonnée. La complémentaire CARPIMKO (L. 644-1) est par points elle aussi, mais devenue 100 % proportionnelle au 1er janvier 2026 (8,70 % de 0,5 à 3 PASS). L'ASV / PCV (L. 645-1) ne concerne que la praticienne conventionnée et est cofinancée par l'Assurance maladie. S'y ajoute un socle invalidité-décès (L. 644-2). Additionnez les trois et vous obtenez votre pension. Le hic : aucun n'a été pensé pour vous faire vivre comme avant.
Les régimes obligatoires de l'infirmière libérale à la CARPIMKO, valeurs au 1er janvier 2026. Les valeurs de point et les barèmes de cotisation sont des ordres de grandeur à confirmer sur carpimko.fr.
RégimeBase légaleCotisation 2026 (ordre de grandeur)Valeur de service du point
Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS0,6599 €
Complémentaire CARPIMKO (réformée 2026)CSS L. 644-18,70 % sur 0,5 à 3 PASS (24 030 à 144 180 €)21,28 € au 01/01/2025 (dernière valeur publiée ; 2026 à confirmer)
ASV / PCV (conventionnées)CSS L. 645-1Forfait ~224 € praticienne + ~0,40 % (Assurance maladie ~2/3)1,49 € au 01/01/2025 (dernière connue ; 2026 à confirmer)
Invalidité-décèsCSS L. 644-2Forfait ~1 022 €—

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces cotisations obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice non commercial, sans plafond (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20). À ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné par l'article 154 bis (voir section 9) : l'un est une charge sociale obligatoire déductible, l'autre une épargne volontaire déductible dans une enveloppe limitée. L'affiliation, elle, est d'ordre public : la seule variable que vous maîtrisez, c'est l'étage facultatif que vous construisez à votre nom.

Cette logique du système par points n'est pas propre à l'IDEL : elle est commune à toutes les caisses libérales, et au kiné qui partage exactement la même caisse. Pour la vue d'ensemble, voyez pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais et, pour le cas jumeau, la retraite du kinésithérapeute à la CARPIMKO, même caisse et même mécanique.

§ 3LE FAIT DUR N°1·2 MIN

Étage 1 : une base plafonnée à ~384 €/an de droits

Un seul chiffre à retenir de toute cette section, et c'est celui-là. Le régime de base CNAVPL (article L. 642-1 du CSS) attribue des points selon deux tranches : 557 points pour la part jusqu'à 1 PASS, et 25 points pour la part de 1 à 5 PASS. Au-delà de 5 PASS de revenu, vous butez sur 582 points par an, pas un de plus. Or à 0,6599 € le point, ces 582 points ne valent que…

Le plafonnement de la retraite de base CNAVPL

Points de base = 582 points / an au maximum
   (557 points sur la tranche 1, jusqu a 1 PASS
    + 25 points sur la tranche 2, de 1 a 5 PASS)

Valeur de service du point de base (01/01/2026) = 0,6599 EUR

Droits de base acquis = 582 x 0,6599
                      = environ 384 EUR / an au plus

Deux IDEL, l'une à 45 000 € et l'autre à 90 000 € de bénéfice, acquièrent quasiment les mêmes droits de base : la base est construite pour plafonner. Prise isolément, elle ne sert qu'un montant minuscule. C'est de l'arithmétique pure : ni votre comptable ni votre volume d'actes n'y changeront rien — et c'est pour cela que la complémentaire (section 4) porte l'essentiel de la pension.

Pour l'IDEL, le piège est spécifique : vous êtes un gros rouleur à fort volume, donc vous cotisez beaucoup en valeur absolue — mais la base ne vous le rend pas, parce qu'elle plafonne. Vous payez sur tout votre revenu, vous n'accumulez des droits de base que jusqu'à un seuil. C'est la complémentaire qui fait le gros du travail — et justement, sa règle change en 2026.

Le décrochage est inscrit dans la structure

Retenez la mécanique : la base est plafonnée par construction (582 points), et la complémentaire est écrêtée à 3 PASS (144 180 € en 2026). Au-delà, vous ne constituez plus aucun droit. Votre revenu, lui, n'a pas de plafond. Plus l'écart se creuse entre ce que vous gagnez et ce que vous accumulez en droits, plus votre taux de remplacement futur s'effondre. Le régime a été dessiné ainsi dès l'origine : rien d'accidentel là-dedans.
§ 4L'ACTUALITÉ 2026·3 MIN

Étage 2 : la complémentaire CARPIMKO réformée au 1er janvier 2026

C'est la grande nouveauté 2026, et la plupart de mes clientes infirmières ne la connaissent pas quand je la leur explique. Le régime complémentaire (article L. 644-1 du CSS) fonctionnait jusqu'ici sur un système mixte : une cotisation forfaitaire (de l'ordre de 2 312 €) qui ouvrait droit à huit points attribués automatiquement, complétée d'une part proportionnelle. Au 1er janvier 2026, ce forfait et les huit points automatiques disparaissent.

Ce que la réforme change, ligne à ligne

Depuis le 1er janvier 2026, la complémentaire CARPIMKO devient 100 % proportionnelle : 8,70 % de cotisation sur une assiette comprise entre 0,5 et 3 PASS (24 030 à 144 180 €), soit une cotisation d'environ 2 091 € au plancher et 10 453 € au plafond. Concrètement, un point se gagne désormais à la seule force de la cotisation versée. Les petits revenus, qui profitaient du socle des huit points automatiques, en acquièrent moins qu'avant ; vous cotisez désormais en proportion, ni plus ni moins. (Paramètres 2026 à confirmer sur carpimko.fr.)

La complémentaire reste de loin l'étage qui porte l'essentiel de votre future pension — mais elle reste plafonnée à 3 PASS, et la valeur de service de son point (dernière valeur publiée : 21,28 € au 01/01/2025, le millésime 2026 restant à confirmer sur carpimko.fr) est revalorisée chaque année par le conseil d'administration, sans garantie qu'elle suive l'inflation. C'est le propre d'un régime par répartition : vous financez les pensions versées aujourd'hui, et ce que vous toucherez demain dépendra d'arbitrages qui ne sont pas encore pris.

Pourquoi une réforme de plus est un signal

Quand un régime par répartition resserre ses règles, c'est rarement pour distribuer davantage. Ce passage au 100 % proportionnel — qui fait disparaître un avantage dont bénéficiaient les petits revenus — est un signal de plus que le système est sous tension budgétaire. La conclusion patrimoniale est simple : la seule jambe de retraite que vous maîtrisez vraiment, c'est celle que vous capitalisez à votre nom (sections 9 et 11).
§ 5L'ATOUT DU CONVENTIONNÉ·2 MIN

Étage 3 : l'ASV / PCV de l'IDEL conventionnée (et sa limite)

Troisième étage, et pour une fois la mécanique penche de votre côté. L'ASV — l'avantage social vieillesse, qu'on appelle aussi PCV, prestation complémentaire de vieillesse (article L. 645-1 du CSS) — est réservée à l'IDEL conventionnée, et la grande majorité des infirmières libérales le sont. Son intérêt : l'Assurance maladie en finance environ les deux tiers. Sur un forfait global de l'ordre de 671 €, vous n'acquittez vous-même qu'environ 224 €, le reste (~447 €) étant pris en charge par la caisse, à quoi s'ajoute une part proportionnelle modeste (~0,40 %) sur vos revenus conventionnels.

Un avantage réel, mais modeste — et conditionnel

C'est un vrai bonus du conventionnement : une partie de votre troisième étage est financée par la collectivité. Le Conseil d'État a d'ailleurs rappelé que la participation de l'Assurance maladie doit être égale au double de la part de l'affilié (CE 28 décembre 2017, n° 401954), soit environ deux tiers caisse / un tiers praticienne. Mais ne le surestimez pas : la valeur de point de l'ASV reste faible (dernière valeur connue : 1,49 € au 01/01/2025, le millésime 2026 restant à confirmer sur carpimko.fr), et cet étage ne comble pas l'écart entre votre pension et votre dernier revenu. Et il est conditionnel : si vous vous déconventionnez, vous perdez le cofinancement.

Additionnez les trois étages : une base qui sert peu, une complémentaire que le plafond bride, une ASV qui aide sans renverser la table. Le total, rapporté à votre dernier revenu, décroche nettement. C'est ce que le cas chiffré de la section 7 va rendre tangible. Mais avant, il faut parler du facteur qui aggrave tout chez l'IDEL : l'usure physique.

§ 6ÂGE & USURE PHYSIQUE·3 MIN

Âge, décote et usure physique : la double peine de l'IDEL

La spécificité de l'infirmière libérale face à la retraite, c'est que son métier est physiquement éprouvant : manutention et transferts de patients, tournées et déplacements quotidiens en voiture, gardes, horaires décalés, troubles musculo-squelettiques du dos et des épaules. Sur le terrain, beaucoup d'IDEL lèvent le pied, voire raccrochent, avant l'âge du taux plein, rarement de gaieté de cœur : le corps lâche avant le calendrier. Et cesser trop tôt a un coût chiffrable.

Arrêter avant 67 ans = décote + années de cotisation perdues

L'âge légal de départ se relève progressivement de 62 à 64 ans selon votre année de naissance (réforme de 2023), mais le calendrier de ce relèvement est gelé par la LFSS 2026 : les bornes par génération sont à confirmer. Le repère stable, lui, est le taux plein automatique à 67 ans (172 trimestres requis pour le taux plein avant cet âge). Partir plus tôt sans la durée requise déclenche une décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit -25 % au maximum — et cette minoration est définitive.

La double peine : la pénibilité de l'IDEL n'est pas reconnue en libéral

Peu de guides patrimoniaux le disent. Contrairement à l'infirmière salariée, l'IDEL n'a pas accès au compte professionnel de prévention (C2P) : en libéral, la pénibilité de votre métier n'ouvre aucun trimestre ni départ anticipé au titre de l'usure. Vous subissez donc une double peine : l'usure physique vous pousse à arrêter plus tôt (années de cotisation perdues), et la décote vous rabote la pension à vie — sans le moindre dispositif de compensation. Ce que le salariat reconnaît, le libéral le porte seul.

Le socle invalidité-décès de la CARPIMKO est trop court

Et le risque ne se limite pas à la retraite : il commence dès le premier arrêt sérieux. La couverture obligatoire de la CARPIMKO (article L. 644-2 du CSS) ne verse des indemnités journalières qu'à compter du 91e jour d'arrêt, et le relais reste de l'ordre de 55,44 €/jour (forfait invalidité-décès d'environ 1 022 €) — très loin de votre revenu en activité. C'est pourquoi la prévoyance Madelin (article 154 bis du CGI) est prioritaire chez l'IDEL : avant même de maximiser votre épargne retraite, sécurisez le risque qui peut faire dérailler tout le plan. Le détail : protéger son revenu d'activité face à l'usure physique avant d'épargner.
§ 7LES CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Cas chiffrés : Sandrine, Corinne et Nadia

Voici trois infirmières que je pourrais croiser en rendez-vous demain. Les montants sont au conditionnel — sur une pension, on ne promet jamais un chiffre.

Cas 1 — Sandrine, IDEL conventionnée, 62 ans, 55 000 € de BNC

  • Cotisations retraite + prévoyance 2026 (illustratif) : base ≈ 8,73 % × 48 060 + 1,87 % sur la fraction au-delà d'1 PASS (~6 940 €) ≈ 4 325 € ; complémentaire réformée ≈ 8,70 % × (55 000 − 24 030) ≈ 2 694 € ; ASV ≈ 300 € (part praticienne) ; invalidité-décès 1 022 €. Soit de l'ordre de 8 300 €/an, toutes déductibles du BNC.
  • Pension obligatoire estimée (base + complémentaire + ASV cumulés) : souvent bien en dessous de 50 % du dernier revenu, soit de l'ordre de 1 100 à 1 400 €/mois (à affiner sur le RIS et le simulateur carpimko.fr).
  • Taux de remplacement : rapporté à un revenu d'activité d'environ 4 580 €/mois (55 000 € de BNC / 12), la pension ne représente plus que de l'ordre de 25 à 30 % du dernier revenu : Sandrine a porté un cabinet à 4 580 €/mois, la CARPIMKO lui en rend un petit quart.
  • L'effort d'épargne (PER 154 bis) : son plafond de déduction ≈ 10 % × 55 000 + 15 % × (55 000 − 48 060) ≈ 6 541 €. À 30 % de TMI, c'est une économie d'impôt de l'ordre de 1 962 € (2 682 € à 41 %) — tout en se constituant un capital de retraite à son nom.

Cas 2 — Corinne, IDEL, départ contraint à 60 ans avec 8 trimestres manquants

  • Cause : trente ans de tournées et de manutention, un dos et des épaules usés (TMS), l'obligent à cesser avant le taux plein.
  • Décote : 8 trimestres manquants × 1,25 % = -10 % à vie sur sa pension de base et complémentaire, auxquels s'ajoutent les 2 années de cotisation qu'elle n'a pas effectuées.
  • Pas de compensation : en libéral, pas de C2P — la pénibilité n'ouvre aucun départ anticipé. La décote n'est ni amortie ni rachetée par un dispositif d'usure.
  • Leçon : l'usure physique n'est pas qu'un risque médical, c'est un risque financier chiffrable — d'où la priorité absolue de la prévoyance Madelin et de l'épargne anticipée.

Cas 3 — Nadia, IDEL, 63 ans, cession de patientèle au départ en retraite

  • Situation : recettes à plein temps d'environ 95 000 €/an ; elle cède sa patientèle 80 000 € en partant à la retraite.
  • Le piège des seuils : comme ses recettes dépassent 90 000 €, l'exonération de l'article 151 septies n'est que dégressive — c'est typique de l'IDEL gros rouleur. Heureusement, l'article 238 quindecies (valeur de cession ≤ 500 000 €) ou l'article 151 septies A (départ en retraite) prennent le relais : la plus-value est exonérée d'impôt sur le revenu.
  • Mais les PS restent dus : la plus-value professionnelle supporte les prélèvements sociaux à 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), le taux de 17,2 % restant réservé à l'assurance-vie, au foncier et aux plus-values immobilières.
  • Résultat : un capital de sortie net d'IR de plusieurs dizaines de milliers d'euros — un quatrième étage de retraite que le salariat n'a pas. Détail en section 10.

Comment lire ces cas

Aucun de ces montants n'est garanti : ils servent à poser l'ordre de grandeur du trou, pas à promettre un chiffre. Le vrai montant se lit sur le RIS et sur carpimko.fr. Ce qui est certain et structurel, c'est le mécanisme : base plafonnée à 582 points, complémentaire écrêtée à 3 PASS, pénibilité non reconnue. C'est lui qui garantit qu'une IDEL aura, en proportion, une pension obligatoire faible.
§ 8LA RÉVERSION·2 MIN

La réversion CARPIMKO : ce que touche le conjoint

La réversion, personne ne m'en parle spontanément en rendez-vous — et c'est souvent là que se nichent les mauvaises surprises. À votre décès, votre conjoint peut percevoir une fraction de votre pension — mais les règles de la CARPIMKO réservent quelques pièges qu'il vaut mieux connaître à l'avance.

Taux de réversion par régime à la CARPIMKO, ordres de grandeur à confirmer sur carpimko.fr. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à réversion.
RégimeTaux de réversion (ordre de grandeur)Condition principale
Base CNAVPL≈ 54 %Âge minimum + condition de ressources
Complémentaire CARPIMKO≈ 60 %Mariage requis
ASV / PCV≈ 50 %Mariage requis

Le mariage est requis : PACS et concubinage = 0 €

Point essentiel : à la CARPIMKO, seul le conjoint marié peut prétendre à la réversion. Un partenaire de PACS ou un concubin ne touche rien au titre du régime obligatoire, quelle que soit la durée de vie commune. C'est une raison de plus de construire une épargne transmissible à côté : l'assurance-vie, dont la clause bénéficiaire est librement désignée (conjoint, partenaire de PACS, enfants…) et qui bénéficie de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire de l'article 990 I.

Et même pour un couple marié, faites le calcul : 54, 60 puis 50 % d'une pension déjà autour de 750 €/mois, le conjoint survivant se retrouve avec un revenu qui ne reconstitue en rien celui du ménage. Pour le détail des conditions et du calcul, voyez le guide dédié à la pension de réversion en 2026, et pour l'outil de transmission, le guide de l' assurance-vie comme complément de revenu et levier de transmission.

§ 9LE DIFFÉRENCIATEUR·3 MIN

Votre vrai capital retraite n'est pas à la CARPIMKO

C'est souvent ici, dans le rendez-vous, que le ton change. Tant qu'on regarde la CARPIMKO, on ne voit que des contraintes : cotisations imposées, plafonds figés, réformes décidées sans vous. Le vrai capital retraite de l'IDEL, lui, se construit à côté, et vous en gardez la main. Quatre leviers, et sur les quatre c'est vous qui tenez la barre.

Ce que fait la CARPIMKO

Points de vigilance

  • Régime obligatoire, par répartition
  • Base plafonnée (~384 €/an), complémentaire écrêtée à 3 PASS
  • Ne suit pas vos revenus : taux de remplacement 30-40 %
  • Règles réformées sans vous (complémentaire 2026)
  • Pénibilité non reconnue, réversion réservée au conjoint marié

Ce que vous construisez à votre nom

Points forts

  • PER / Madelin : capitalisation + déduction 154 bis
  • Assurance-vie : disponibilité et transmission (990 I)
  • Immobilier et SCPI : un revenu régulier à la retraite
  • Cession de la patientèle : un capital de fin de carrière
  • Des leviers que vous pilotez et calibrez sur votre trou réel

Note de méthode : ce qu'une projection de capitalisation peut (et ne peut pas) dire

Une précision honnête avant d'aller plus loin. La CARPIMKO repose sur un mécanisme connu d'avance (points, plafonds, valeur de service) ; votre épargne, elle, offre un potentiel de performance, mais aussi un aléa. Les rendements d'un PER, d'une assurance-vie en unités de compte, de SCPI ou d'un investissement immobilier ne sont jamais garantis et comportent un risque de perte en capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Toute projection chiffrée — la vôtre comme nos cas — repose sur des hypothèses de rendement et de durée qui doivent être posées explicitement, puis recalculées pour votre horizon réel. L'intérêt de la capitalisation repose sur deux leviers solides, aucun rendement promis : le temps (l'effet des intérêts composés sur la durée) et l'avantage fiscal à l'entrée (la déduction 154 bis, certaine, elle).

Le PER / Madelin : déduire à l'entrée, capitaliser à son nom

Le PER (et l'ancien Madelin) déduit vos versements de votre bénéfice imposable : c'est l'article 154 bis du CGI, avec un plafond de 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026). Attention : le PER est une épargne de capitalisation — il ne valide ni point ni trimestre à la CARPIMKO et le versement reste dans l'assiette de vos cotisations sociales (article L. 131-6 du CSS). À la sortie, les gains supportent les prélèvements sociaux à 18,6 % (dualité 2026). Le calibrage exact pour une IDEL est traité dans le guide PER de l'infirmière libérale : déduire ses impôts et préparer sa retraite, et plus largement dans le PER du libéral et son plafond 154 bis.

L'assurance-vie : la souplesse et la transmission

Là où le PER bloque l'épargne jusqu'à la retraite, l'assurance-vie reste disponible à tout moment et constitue l'outil de transmission par excellence : abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I, primes versées avant 70 ans), ou 30 500 € globaux après 70 ans (article 757 B). Ses prélèvements sociaux sont maintenus à 17,2 % en 2026. C'est la brique de liquidité et de réversion, à articuler avec votre allocation globale : voyez où placer son épargne professionnelle d'infirmière libérale et le guide de l'assurance-vie.

L'immobilier et les SCPI : le revenu régulier

Pour transformer de l'épargne en revenu complémentaire récurrent, l'immobilier — résidence principale d'abord, puis SCPI, LMNP ou déficit foncier — reste le pilier le plus tangible. Les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent à 17,2 % de prélèvements sociaux. Les SCPI comme complément de revenu à la retraite permettent de toucher une rente sans gérer de locataires en direct ; le détail des montages est dans le guide améliorer sa retraite d'IDEL par l'immobilier et le PER.

La cession de la patientèle : le quatrième étage

Enfin, l'IDEL a un actif que le salarié n'a pas : la valeur de cession de sa patientèle, qui constitue un véritable capital de fin de carrière. Mais attention : pour l'infirmière à fort volume, la fiscalité de cette cession recèle un piège de seuils que la section suivante détaille.

§ 10LE CAPITAL DE SORTIE·3 MIN

Céder sa patientèle : le piège des seuils pour l'IDEL

Côté impôts, la cession de la patientèle d'IDEL peut être très favorable — mais pas pour les mêmes raisons que le kiné. Le piège est précisément le volume : une infirmière libérale à plein temps a souvent des recettes supérieures à 90 000 €, ce qui change la donne sur la première exonération.

Les trois dispositifs d'exonération de la plus-value de cession de patientèle (BNC). Pour l'IDEL à fort volume, le 151 septies est souvent dégressif ; le 238 quindecies et le 151 septies A prennent le relais. Dans tous les cas, les prélèvements sociaux à 18,6 % (plus-value professionnelle) restent dus, et l'exonération d'IR ne supprime pas les PS.
DispositifCondition d'exonérationCas de l'IDEL gros rouleurPS 2026
151 septies (recettes)Totale ≤ 90 000 € de recettes ; dégressive jusqu'à 126 000 € ; activité ≥ 5 ansSouvent dégressif voire perdu (recettes > 90 000 €)18,6 %
238 quindecies (valeur)Totale si valeur de cession ≤ 500 000 € ; dégressive jusqu'à 1 000 000 €Filet le plus sûrement applicable18,6 %
151 septies A (départ retraite)IR exonéré ; activité ≥ 5 ans ; cessation + liquidation des droits sous 24 moisTrès adapté au départ en retraite18,6 % dus

Le piège n°1 de l'IDEL : 151 septies souvent dégressif

Contrairement au kiné — dont les recettes restent souvent sous 90 000 € —, l'IDEL gros rouleur dépasse fréquemment ce seuil. L'exonération « recettes » de l'article 151 septies devient alors seulement dégressive (entre 90 000 et 126 000 €), voire nulle au-delà. En pratique, on bascule sur l'article 238 quindecies (exonération sur la valeur de cession, totale jusqu'à 500 000 €), bien plus sûrement applicable, ou sur l'article 151 septies A en cas de départ en retraite, qui exonère l'IR (le Conseil d'État a confirmé que les PS restent dus — CE 12 octobre 2018, n° 401292). Les conditions communes : activité depuis au moins 5 ans, et cessation + liquidation des droits dans une fenêtre de 24 mois.

Dualité des PS et droits d'enregistrement

Sur la fiscalité de la cession, deux confusions reviennent tout le temps. D'abord, la plus-value de cession d'une patientèle BNC est une plus-value professionnelle qui supporte 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5) — et non 17,2 %, taux désormais réservé à l'assurance-vie, au foncier et aux plus-values immobilières : ne confondez pas. Avec l'IR à 12,8 %, la plus-value professionnelle long terme imposable ressort donc à 31,4 %. Ensuite, les droits d'enregistrement de l'article 719 du CGI (à la charge de l'acquéreur, pas du cédant) suivent un barème de 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, puis 5 % au-delà.

Le mécanisme complet — calcul de l'assiette, articulation des trois régimes, calendrier des 24 mois et conditions précises — est détaillé dans le guide céder sa patientèle d'infirmière : l'exonération de plus-value en pratique, et la mécanique générale 151 septies / 238 quindecies dans le guide céder son cabinet et purger la plus-value de profession libérale.

§ 11LES SOLUTIONS·2 MIN

Combler l'écart : par où commencer

Le diagnostic est posé. La bonne nouvelle, c'est que ce trou se comble— à condition de prendre les leviers dans le bon ordre. Voici celui que je suis, dossier d'IDEL après dossier d'IDEL.

La hiérarchie pour combler le trou de pension de l'IDEL. La prévoyance vient en premier (métier physique), avant l'épargne. Attention à la dualité des prélèvements sociaux 2026 : le PER (gains à la sortie) et la cession de patientèle (plus-value professionnelle) supportent 18,6 %, contre 17,2 % pour l'assurance-vie et le foncier.
PrioritéLevierAtout principalPrélèvements sociaux 2026
1Prévoyance Madelin (154 bis)Sécuriser le revenu face à l'usure physique—
2PER / Madelin (154 bis)Déduction à l'entrée (max 88 911 €), TMI 30-41 %18,6 % sur les gains à la sortie
3Assurance-vieLiquidité + transmission (990 I, 152 500 €/bénéf.)17,2 % maintenu
4Immobilier / SCPIRevenu régulier complémentaire17,2 % (foncier nu)
5Cession de la patientèleCapital de fin de carrière (238 quindecies / 151 septies A)18,6 % (PV pro)

La dualité des prélèvements sociaux 2026

Un point technique qui change le classement des enveloppes. Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % : les gains du PER à la sortie et les plus-values professionnelles (dont la cession de patientèle) supportent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux. En revanche, l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent à 17,2 %. Le détail : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.
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Le détail opérationnel — combien verser, sur quels supports, dans quel ordre, et faut-il racheter des trimestres — figure dans nos guides complémentaires : améliorer sa retraite d'IDEL : immobilier, PER et rachat de trimestres, le PER de l'infirmière libérale, et la défiscalisation de l'IDEL, pour réduire ses impôts tout en épargnant.

§ 12PASSER À L'ACTION·2 MIN

Votre feuille de route retraite d'IDEL

En capitalisation, c'est le nombre d'années qui compte, plus encore que la mise de départ. Concrètement, voilà comment on s'y prend selon votre horizon.

Trois horizons d'âge pour préparer la retraite d'IDEL. Une IDEL qui démarre à 35 ans avec 150 €/mois finit souvent devant une consœur qui s'y met à 55 ans avec 600 €.
HorizonPriorités patrimonialesLe réflexe clé
30-40 ansCapitaliser tôt (PER léger + assurance-vie), viser la résidence principaleLe temps fait l'essentiel du travail : commencez petit mais tôt
40-55 ansMonter le PER au plafond utile, ajouter immobilier / SCPI, sécuriser la prévoyanceChiffrer le trou et l'attaquer méthodiquement
55-67 ansLisser les versements PER selon la TMI, préparer la cession de la patientèle, demander le RISAnticiper la fenêtre des 24 mois (151 septies A) et la décote
  1. Demandez votre RIS (relevé individuel de situation) sur carpimko.fr et chiffrez votre pension réelle estimée — pas la moyenne sectorielle, la vôtre.
  2. Calculez le trou mensuel entre cette pension et votre revenu d'activité actuel : c'est votre objectif de reconstruction.
  3. Sécurisez d'abord la prévoyance Madelin (article 154 bis) face à l'usure physique — manutention, TMS, invalidité partielle. C'est la priorité : le meilleur PER ne vous sauve pas si un dos bloqué vous force à le débloquer en catastrophe à 54 ans.
  4. Calibrez ensuite la capitalisation : PER au plafond utile, assurance-vie pour la liquidité, immobilier / SCPI pour le revenu, et anticipez la cession de la patientèle (conditions des 5 ans, fenêtre des 24 mois).

Aparté : et si je passe en société (SEL) ?

L'exercice de l'IDEL en société d'exercice libéral (SEL) reste rare et rarement justifié à des revenus modérés. À noter simplement : depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération de l'activité libérale des associés de SEL est imposée en BNC (CE 8 avril 2025, n° 492154), ce qui supprime l'abattement de 10 %. Le sujet du statut juridique est traité à part : choisir son statut juridique de profession libérale et BNC ou SELARL : l'arbitrage du libéral.

Pourquoi Hagnéré Patrimoine

Cabinet de conseil en gestion de patrimoine multi-partenaires (ORIAS 23002291 — CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine), basé à Bassens et noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis). Clément Chatelain et l'équipe du cabinet vous accompagnent du diagnostic du trou de pension CARPIMKO jusqu'à l'architecture de capitalisation et la cession de la patientèle — sans produit-maison ni biais commercial, en lien avec votre expert-comptable.
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Pour replacer le sujet dans le cadre commun à toutes les professions libérales, voyez la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire, et pour le guide général de l'épargne retraite, le guide complet du Plan d'épargne retraite (PER).

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Sources et références légales

  • Les trois régimes obligatoires de l'infirmière libérale (CARPIMKO)

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation des auxiliaires médicaux à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CARPIMKO est la section des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes — jamais la CARMF, la CARCDSF ni la CAVP). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points : 8,73 % ≤ 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS, 582 points maximum par an, soit ~384 € de droits à 0,6599 € le point). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire CARPIMKO réformé au 01/01/2026 : 100 % proportionnel, 8,70 % sur 0,5 à 3 PASS = 24 030 à 144 180 €). Art. L. 644-2 CSS (invalidité-décès, forfait ~1 022 €, IJ ~55,44 €/j dès le 91e jour). Art. L. 645-1 CSS (ASV / PCV de la praticienne conventionnée, cofinancée aux deux tiers environ par l'Assurance maladie ; CE 28/12/2017 n° 401954). Valeurs de point et de cotisation 2026 à confirmer sur carpimko.fr.

  • Âge, taux plein et décote (réforme gelée)

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans (172 trimestres pour le taux plein avant cet âge). Calendrier du relèvement de l'âge légal gelé par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (-25 % au maximum), coefficient à confirmer sur carpimko.fr. La pénibilité du métier d'IDEL n'ouvre pas de compte professionnel de prévention (C2P) en libéral, contrairement au salariat.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CARPIMKO et reste dans l'assiette des cotisations sociales, art. L. 131-6 CSS). Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 (création du PER). Art. 163 quatervicies CGI (plafond général PER, report et mutualisation entre conjoints). Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et 757 B CGI (30 500 € après 70 ans). Art. 197 CGI (barème IR 2026, LF 2026 n° 2026-103 du 19/02/2026). BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (cotisations obligatoires déductibles sans limitation). Dualité PS 2026 (LFSS 2026) : 18,6 % sur les gains du PER à la sortie, 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et le foncier.

  • La cession de la patientèle comme capital retraite (seuils IDEL)

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes — prestations de services de l'IDEL : totale si recettes ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité ≥ 5 ans ; une IDEL à plein temps dépasse souvent 90 000 € de recettes, l'exonération est alors dégressive voire perdue). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 € — le filet le plus sûrement applicable). Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite — cession de la patientèle BNC —, PS 18,6 % dus ; CE 12/10/2018 n° 401292 ; BOI-BIC-PVMV-40-20-20). Art. 719 CGI (droits d'enregistrement 0/3/5 % à la charge de l'acquéreur). Conditions communes : activité ≥ 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois. Dualité PS 2026 : la plus-value de patientèle BNC, plus-value professionnelle, supporte 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % (réservé à l'assurance-vie, au foncier et aux plus-values immobilières) ; total PV pro long terme = 31,4 %.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, taux de remplacement et coefficients de décote cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur carpimko.fr. Les paramètres 2026 de la CARPIMKO (cotisations, valeurs de point, conditions de l'ASV, réforme de la complémentaire) sont à confirmer à la source. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, prévoyance Madelin, cession de la patientèle) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux sont à jour au 11 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite de l'infirmière libérale à la CARPIMKO Montant, calcul, taux de remplacement, réforme 2026 de la complémentaire, ASV, taux plein 67 ans, pénibilité non reconnue et capital de sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des infirmières libérales : la CARPIMKO (et pas la CARMF ni la CARCDSF), la composition des trois étages, le taux de remplacement réel, ce que change la réforme de la complémentaire au 1er janvier 2026, la pénibilité non reconnue en libéral et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.