Micro-BNC ou réel : la règle de décision en une phrase
La bascule en 3 secondes
- Si vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes → passez au réel (déclaration contrôlée 2035).
- Si vos frais réels sont inférieurs à 34 % → le micro-BNC reste gagnant (et plus simple).
- Pour un kiné installé, les charges réelles tournent autour de 52 % du chiffre d'affaires : le réel est donc presque toujours le bon choix.
- Le micro est le régime par défaut sous le seuil de 83 600 €, mais vous pouvez opter pour le réel à tout moment (article 96 CGI).
« Micro-BNC ou réel ? » : c'est la première question fiscale de tout kiné qui s'installe, et c'est aussi l'une des plus mal arbitrées. Le réflexe « micro = simple, donc mieux » coûte cher, parce qu'il confond la simplicité administrative (réelle au micro) avec l'optimisation fiscale(qui penche presque toujours vers le réel pour un kiné installé). La bonne nouvelle, c'est que la règle de décision est purement arithmétique — pas besoin d'un expert pour la comprendre.
Comment ça marche ? Au micro-BNC, l'administration considère forfaitairement que vos frais représentent 34 % de vos recettes : elle déduit ce forfait, point final. Au réel (la déclaration contrôlée, formulaire 2035), vous déduisez vos vrais frais, à l'euro. La question se résume donc à comparer un chiffre théorique (34 %) à votre réalité : si vos charges dépassent 34 % de vos recettes, le forfait du micro vous fait surpayer l'impôt ; en dessous, il vous en fait gagner.
Or la réalité d'un cabinet de kiné est lourde en charges : un local (loyer ou crédit), une table et du matériel de rééducation, des consommables, une assurance responsabilité civile professionnelle, un véhicule pour les soins à domicile, et surtout des cotisations sociales (URSSAF et CARPIMKO) qui pèsent à elles seules une part substantielle des recettes. Les statistiques des associations agréées situent les charges moyennes d'un kiné installé autour de 52 % du chiffre d'affaires — soit largement au-dessus du forfait de 34 %. Le micro-BNC est taillé pour des activités à faibles frais. La kinésithérapie n'en est pas une.
À ne pas confondre avec la simplicité
Le micro-BNC du kiné : abattement de 34 %, mode d'emploi
Avant de le quitter, comprenons bien le micro-BNC : c'est le régime de départ de tout kiné qui s'installe, et il convient parfaitement à certains profils. La kinésithérapie relève des bénéfices non commerciaux (BNC): c'est une activité libérale de prestations de services, ce qui détermine à la fois le seuil applicable et le taux de l'abattement.
Le micro-BNC en 30 secondes
- Qui ? Le kiné dont les recettes ne dépassent pas 83 600 € (seuil 2026-2028) — régime appliqué par défaut.
- Comment ? Un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) remplace l'ensemble de vos frais. Vous êtes imposé sur les 66 % restants.
- La paperasse ? Réduite au minimum : un simple livre des recettes et un report sur la 2042-C-PRO. Ni 2035, ni comptabilité, ni amortissement.
- La contrepartie ? Aucun frais réel déductible. Si vos charges dépassent 34 %, vous surpayez l'impôt.
Le seuil 2026 : 83 600 €
Le micro-BNC s'applique tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas un seuil. Ce seuil, longtemps fixé à 77 700 € (pour les revenus 2023 à 2025), a été relevé à 83 600 € HT pour les revenus 2026 à 2028. Il est révisé tous les trois ans, indexé sur l'évolution de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu (article 102 ter CGI). En clair : vous relevez du micro en 2026 si vos recettes de 2024 oude 2025 ne dépassaient pas le seuil applicable — c'est la règle des deux années de référence.
L'abattement de 34 % (minimum 305 €)
C'est le cœur du régime : sur vos recettes brutes encaissées, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % (avec un minimum de 305 €), censé représenter l'intégralité de vos frais professionnels. Vous êtes imposé sur les 66 % restants, ajoutés à vos autres revenus au barème de l'IR. Et la contrepartie tombe net : aucun frais réel, aucun amortissement, aucune cotisation déduits en plus du forfait. La déclaration se résume à reporter vos recettes brutes sur la 2042-C-PRO, et à tenir un simple livre des recettes.
Le piège classique : confondre « simple » et « rentable »
Pour qui le micro reste intéressant
Soyons justes : le micro n'est pas un piège pour tout le monde. Il reste gagnant pour le kiné débutant ou remplaçant qui n'a ni local en propre, ni gros matériel à amortir, qui rétrocède une part importante de ses honoraires et dont les charges réelles restent sous les 34 %. Pour ce profil, l'abattement forfaitaire est plus généreux que ses frais réels, et la simplicité administrative est un vrai bonus. La règle reste la même, simplement appliquée dans l'autre sens.
| Le micro-BNC en bref | Caractéristique |
|---|---|
| Seuil de recettes (2026-2028) | 83 600 € HT (77 700 € jusqu'aux revenus 2025) |
| Abattement forfaitaire | 34 % des recettes (minimum 305 €) |
| Frais réels déductibles | Aucun (le forfait remplace tout) |
| Amortissements | Non |
| Déclaration | Recettes brutes sur la 2042-C-PRO |
| Comptabilité | Livre des recettes uniquement |
| À qui ça convient | Débutant, remplaçant, frais réels < 34 % |
Le réel (déclaration contrôlée) : déduire ses vrais frais sur la 2035
Le régime du réel — son nom officiel est la déclaration contrôlée — repose sur un principe simple : votre bénéfice imposable, c'est vos recettes encaissées moins vos dépenses professionnelles réelles(article 93 CGI). On parle de comptabilité « de caisse » : on enregistre ce qui est effectivement encaissé et décaissé dans l'année, pas les factures émises ou reçues. Fini le forfait : chaque euro de charge réelle vient en déduction.
Ce régime est obligatoire dès que vos recettes dépassent le seuil du micro (83 600 € en 2026) deux années consécutives. Mais — et c'est tout l'objet de ce guide — il est aussi accessible sur optionen dessous du seuil (article 96 CGI), précisément pour les kinés dont les frais réels dépassent l'abattement de 34 %.
Les formulaires
La liasse 2035 et ses annexes
- 2035-SD (CERFA n° 11176) : la déclaration principale, qui récapitule le résultat fiscal (article 97 CGI).
- Annexe 2035-A : le détail des recettes et des dépenses par nature.
- Annexe 2035-B : les plus et moins-values, le tableau des amortissements et la détermination du résultat.
- Le bénéfice obtenu est ensuite reporté sur la 2042-C-PRO (votre déclaration de revenus personnelle) pour être soumis au barème de l'IR.
En contrepartie de la déduction des frais, le réel impose de tenir une comptabilité BNC : un livre-journal des recettes et des dépenses et un registre des immobilisations et des amortissements(article 99 CGI). Rien d'insurmontable avec un logiciel de comptabilité libérale ou un expert-comptable, mais c'est une charge de gestion à intégrer.
Le seuil de bascule, mis en chiffres
L'option pour le réel : comment ça marche
L'option ne suppose aucun courrier solennel : elle se matérialise par le dépôt de la 2035 dans le délai légal. Elle est valable un an et reconduite tacitement tant que vous restez dans le champ du micro. Si un jour vous souhaitez revenir au micro (recettes en baisse, charges réduites), il suffit de renoncer à l'option en le notifiant à l'administration avant la date limite de dépôt de la déclaration suivante.
Le réel = comptabilité obligatoire, donc un coût à mettre en balance
La 2035 décodée : quelles dépenses un kiné peut déduire
La 2035, c'est là que le réel se rentabilise. Loin d'être un formulaire abstrait, c'est la liste de tout ce qu'un kiné peut soustraire de ses recettes. Voici les postes qui pèsent vraiment — y compris ceux que les kinés oublient le plus souvent de passer.
Recettes et dépenses par nature
En haut de la 2035-A, vos recettes encaissées : honoraires conventionnés, dépassements éventuels, rétrocessions reçues. En face, vos dépenses par nature : loyer du local, table et matériel de rééducation, consommables, assurances (RCP), blanchissage, frais de déplacement, rétrocessions versées à un remplaçant, frais de comptabilité, et bien sûr vos cotisations URSSAF et CARPIMKO obligatoires — qui constituent souvent le premier poste de charges.
Petit matériel et amortissements
Une nuance qui compte au quotidien : le petit matériel inférieur à 500 € HT se déduit tout de suite, dès l'année d'achat (article 39 CGI). Au-delà de 500 €, le bien est une immobilisation: il s'amortit sur plusieurs années via le registre des immobilisations (une table de rééducation, un appareil d'électrothérapie, un véhicule…). L'amortissement étale la déduction, mais permet bien de récupérer le coût intégral du matériel sur sa durée d'usage — ce que le micro-BNC interdit totalement.
Le véhicule : frais réels ou barème kilométrique
Le kiné qui fait des soins à domicile a un poste véhicule significatif. Deux options, à ne pas cumuler : soit les frais réels (carburant, entretien, assurance, amortissement du véhicule au prorata professionnel), soit le barème kilométriquede l'administration. Le choix se fait pour l'année entière et doit être cohérent. Le barème est souvent plus simple ; les frais réels peuvent être plus avantageux sur un véhicule récent et coûteux.
TVA exonérée : un coût qui gonfle vos frais réels (et plaide pour le réel)
La CSG déductible : 6,8 points
Levier souvent négligé : sur la CSG d'activité de 9,2 % que vous payez, 6,8 points sont déductibles de votre bénéfice imposable (article 154 quinquies CGI). Cette CSG déductible se porte en charge sur la 2035 et réduit votre base. Le solde (CSG 2,4 % + CRDS 0,5 %) reste non déductible. Ce mécanisme n'existe qu'au réel: au micro, l'abattement forfaitaire est réputé tout englober.
| Poste de dépense du kiné | Déductible au réel ? | Précision |
|---|---|---|
| Loyer du local professionnel | Oui | Charge récurrente déductible en totalité (part pro) |
| Table, appareils, gros matériel | Oui (amorti) | Immobilisation > 500 € HT, amortie sur plusieurs ans |
| Petit matériel < 500 € HT | Oui (immédiat) | Déduction l'année de l'achat (art. 39 CGI) |
| Consommables, blanchissage, RCP | Oui | Dépenses courantes par nature |
| Véhicule (soins à domicile) | Oui | Frais réels OU barème kilométrique (pas de cumul) |
| Cotisations URSSAF + CARPIMKO | Oui | Cotisations sociales obligatoires |
| Cotisations Madelin / PER | Oui | Art. 154 bis CGI — neutralisé au micro (voir §8) |
| CSG déductible | Oui (6,8 pts) | Art. 154 quinquies CGI — uniquement au réel |
| Frais de comptabilité / AGA | Oui | 100 % déductibles depuis la fin du régime OGA |
| TVA payée sur les achats | Incluse dans le TTC | Non récupérable (actes exonérés, art. 261 4-1°) |
Cas chiffré : Julien, 60 000 € de recettes, micro ou réel ?
Rien ne vaut un cas en euros. Prenons Julien, kiné installé avec un cabinet, un véhicule pour ses soins à domicile et des cotisations CARPIMKO à payer — le profil le plus courant.
Cas 1 · Kiné installé · 60 000 € de recettes · frais réels 28 000 €
Julien — le réel fait gagner 7 600 € de base imposable
Julien encaisse 60 000 € de recettes dans l'année. Ses frais réels (loyer, matériel, véhicule, cotisations CARPIMKO et URSSAF, assurances, comptabilité) s'élèvent à 28 000 €, soit 46,7 % de ses recettes — bien au-dessus du seuil de 34 %.
En micro-BNC : l'abattement forfaitaire de 34 % vaut 20 400 € (60 000 × 34 %). Sa base imposable est donc de 39 600 € (60 000 − 20 400).
Au réel (2035) : il déduit ses 28 000 € de frais réels. Sa base imposable tombe à 32 000 € (60 000 − 28 000).
Écart de base imposable : 7 600 €en faveur du réel (28 000 de frais réels contre 20 400 de forfait). C'est exactement la différence entre ses charges réelles et le forfait théorique.
Traduit en impôt, à une TMI de 30 % (la tranche dans laquelle tombe Julien), cela représente une économie de l'ordre de 2 280 €/an ; à une TMI de 41 %, environ 3 116 €/an. Même après déduction du coût de la comptabilité (≈ 1 000 à 1 500 €/an, lui-même déductible), le réel reste nettement gagnant.
Le calcul, étape par étape (cas Julien)
Recettes encaissees ....................... 60 000 € MICRO-BNC Abattement forfaitaire 34 % ............. − 20 400 € ► Base imposable micro ................. 39 600 € REEL (declaration controlee 2035) Frais reels deduits ..................... − 28 000 € ► Base imposable reel .................. 32 000 € ECART DE BASE IMPOSABLE ................. 7 600 € (28 000 frais reels − 20 400 forfait) GAIN D'IMPOT (selon la TMI) • TMI 30 % : 7 600 × 30 % ≈ 2 280 €/an • TMI 41 % : 7 600 × 41 % ≈ 3 116 €/an − Cout comptabilite (deductible) ... ≈ 1 000 à 1 500 €/an
Lecture : le réel gagne tant que (frais réels − forfait 34 %) × TMI dépasse le coût de la comptabilité. Pour Julien, l'économie d'impôt est de 2 à 3 fois supérieure au coût de la compta : le réel s'impose.
Note de méthode : comment lire ces chiffres
Micro ou réel : quel régime vous fait gagner, à l'euro près ?
Un CGP indépendant compare vos deux régimes sur vos vrais chiffres, traque vos frais déductibles oubliés et calibre vos cotisations PER/Madelin. Vous repartez avec le bon régime et un plan d'optimisation.
Quand et comment basculer du micro-BNC au réel
Concrètement, on bascule au réel pour deux raisons opposées : soit parce qu'on a fait le calcul et qu'on y gagne, soit parce que le fisc l'impose une fois le seuil franchi. Reprenons-les dans l'ordre.
Mémo express
Les deux déclencheurs de la bascule
- Par option (le bon calcul) : dès que vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes, optez pour le réel — vous y gagnez mécaniquement. C'est le cas de la grande majorité des kinés installés.
- Par obligation : dès que vos recettes dépassent 83 600 € deux années consécutives, le réel devient obligatoire (article 96 CGI), quel que soit le niveau de vos charges.
Comment exercer l'option, concrètement
Rien de bureaucratique : vous déposez la 2035 dans le délai légal (au printemps, par télédéclaration sur impots.gouv.fr, souvent via votre expert-comptable). Ce dépôt vaut option. Elle est valable un an, reconduite tacitement ; pour en sortir, vous renoncez avant la date limite de dépôt de la déclaration suivante. Anticipez simplement la mise en place de la comptabilité (logiciel ou expert-comptable) dès le 1erjanvier de l'année concernée, pour saisir vos recettes et dépenses au fil de l'eau.
Cas 2 · Jeune installée · 38 000 € de recettes · frais réels 21 000 €
Julie — le réel est gagnant dès la première année
Julie s'installe. Sa première année, elle ne fait « que » 38 000 €de recettes — loin du seuil de 83 600 €. Le réflexe serait de rester au micro « parce que c'est petit ». Erreur.
Pour démarrer, elle a investi lourdement : une table de rééducation (2 500 €), un appareil d'électrothérapie (1 800 €), l'aménagement de son local, sans compter le loyer, l'assurance et ses cotisations. Au total, ses frais réels (amortissements compris) atteignent 21 000 €, soit 55 % de ses recettes.
Micro : base imposable de 25 080 € (38 000 − 34 %). Réel : base de 17 000 € (38 000 − 21 000). Soit ~8 080 € de base en moins grâce au réel — alors même que ses recettes sont modestes. Pour un kiné qui investit au démarrage, le réel est presque toujours gagnant dès l'an 1. Le choix de structure se prépare d'ailleurs en amont : voyez notre guide installation en kiné : EI, SELARL ou SCM.
Cas 3 · Remplaçant · 22 000 € de recettes · frais réels ~5 000 €
Marc — ici, le micro reste gagnant (la règle joue dans les deux sens)
Marc remplace dans plusieurs cabinets. Il n'a ni local, ni gros matériel, rétrocède une partie de ses honoraires et roule peu. Ses frais réels plafonnent à ~5 000 € sur 22 000 € de recettes, soit 23 % — sous le seuil de 34 %.
Micro : abattement de 7 480 € (22 000 × 34 %), base de 14 520 €. Réel : base de 17 000 € (22 000 − 5 000). Ici, le micro fait gagner environ 2 480 € de base, en plus d'être plus simple. La règle des 34 % est honnête : elle ne dit pas « le réel est toujours meilleur », elle dit « comparez vos frais à 34 % ». Pour Marc, le micro est le bon choix.
Micro-BNC — la simplicité
Abattement forfaitaire de 34 %, aucune comptabilité de frais (juste un livre des recettes), déclaration sur la 2042-C-PRO. Aucun amortissement, aucune déduction réelle. Gagnant si vos frais réels sont inférieurs à 34 % des recettes : remplaçant, début d'activité sans local, faibles charges.
Réel / 2035 — l'optimisation
Déduction de tous les frais réels et des amortissements, CSG déductible (6,8 pts), cotisations PER/Madelin déductibles. Comptabilité recettes-dépenses + registre des immobilisations obligatoires (coût ≈ 1 000-1 500 €/an, déductible). Gagnant dès que vos frais réels dépassent 34 % : la plupart des kinés installés.
Faut-il encore adhérer à une AGA en 2026 ?
On lit encore partout qu'un kiné a intérêt à adhérer à une AGA. C'était vrai il y a cinq ans ; ça ne l'est plus. La réponse claire en 2026 : adhérer à une AGA (association de gestion agréée) n'apporte plus aucun avantage fiscal. Deux réformes ont vidé l'AGA de tout intérêt sur ce plan — voici lesquelles.
Ce qui a changé
Les deux suppressions à connaître
- Revenus 2023 — fin de la majoration de 25 % : historiquement, le bénéfice d'un libéral non adhérent à un organisme de gestion agréé était majoré de 25 % avant imposition. Cette majoration a été supprimée progressivement (paliers en 2020-2022) puis totalement à compter des revenus 2023 (article 34 de la loi de finances pour 2021, article 158, 7-1° CGI). Adhérer ne « débloque » donc plus rien : non-adhérent et adhérent sont imposés à l'identique.
- 16 février 2025 — abrogation du régime OGA : la loi de finances pour 2025 (article 11) a abrogé le régime des organismes de gestion agréés, et la réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion (article 199 quater B) a disparu dès les revenus 2025. En contrepartie, vos frais de comptabilité sont désormais 100 % déductibles sur la 2035.
Que reste-t-il, alors ? Un intérêt purement non fiscal : l'AGA peut vous aider à établir votre 2035, réaliser un examen de cohérence et de vraisemblance de votre déclaration, et vous apporter de la prévention et de la sécurité (réduction du risque de redressement par la qualité du dossier). Vous payez alors un service d'accompagnement et un filet de sécurité en cas de contrôle, pas une ligne d'économie d'impôt.
Notre lecture
Au réel, votre bénéfice pilote votre épargne et votre retraite
Le réel ne sert pas qu'à payer moins cet avril-là : c'est lui qui rend déductibles vos cotisations PER, Madelin et prévoyance— donc lui qui finance, en partie sur le dos de l'impôt, votre retraite et votre couverture en cas d'arrêt. Des leviers que le micro neutralise.
Mémo express
Ce que le réel débloque pour le kiné
- PER et Madelin déductibles (article 154 bis CGI) : vous déduisez vos cotisations de retraite supplémentaire de votre bénéfice imposable (jusqu'à 10 % du bénéfice ≤ 8 PASS + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; PASS 2026 = 48 060 €). Au micro, l'abattement de 34 % est censé couvrir ces charges : vous perdez ce levier.
- Prévoyance Madelin — prioritaire pour le kiné : votre métier repose sur votre corps (dos, épaules, mains). Un arrêt de travail, c'est une perte de revenus immédiate et brutale. La prévoyance qui couvre l'arrêt et l'invalidité n'est pas un luxe, c'est une priorité — et ses cotisations sont déductibles au réel.
Dit autrement : au réel, l'euro que vous auriez versé en impôt, vous pouvez en placer une partie sur votre PER. Au micro, ce même euro part au Trésor sans contrepartie. Pour le détail des plafonds et du fonctionnement, voyez nos guides PER et Madelin de la profession libérale et, côté couverture du risque, la prévoyance du libéral. Le PER spécifiquement calibré pour compenser la chute de revenus à la retraite est traité dans PER kiné et retraite CARPIMKO. Et pour savoir où placer l'épargne ainsi dégagée, consultez où investir son épargne professionnelle de kiné.
Le réflexe propre au kiné : sécuriser le geste avant d'optimiser
Le réel, première brique d'une stratégie complète
Du bon régime fiscal à la stratégie patrimoniale complète
Audit indépendant pour kiné : on choisit le bon régime, on optimise vos frais et vos cotisations PER/Madelin, on sécurise votre prévoyance et on prépare la suite (placement de l'épargne, retraite CARPIMKO, cession). Une vision globale et chiffrée.
La ligne plus-values de la 2035 : préparer la cession de votre patientèle
Le réel a un dernier mérite, qu'on ne mesure que dix ou quinze ans plus tard, au moment de revendre : il structure la valeur de votre patientèle. L'annexe 2035-B intègre les plus-values professionnelles de cession d'immobilisations, et votre registre des immobilisationsdocumente, année après année, la composition de votre cabinet. Le jour où vous cédez, vous disposez d'une comptabilité qui donne à votre repreneur (et au fisc) une base chiffrée crédible pour valoriser la patientèle.
Sans entrer dans le détail (qui relève d'un guide dédié), retenez que la plus-value de cession d'une patientèle de kiné bénéficie de plusieurs régimes d'exonération souvent accessibles à ce profil de prestations de services :
Mémo express
Les exonérations de plus-value à connaître
- Article 151 septies CGI (selon les recettes) : pour une activité de prestations de services, exonération totale si la moyenne des recettes ne dépasse pas 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, sous condition d'exercice depuis au moins 5 ans. De nombreux kinés y sont éligibles.
- Article 238 quindecies CGI (selon la valeur) : exonération totale si la valeur de cession ne dépasse pas 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €.
- Article 151 septies A CGI (départ à la retraite) : exonération d'impôt sur le revenu de la plus-value, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
Le bon taux de prélèvements sociaux : 18,6 % depuis 2026
Et si je passe en société ? (le cas, rare, de la SEL de kiné)
Une question revient parfois : « plutôt que micro ou réel, ne devrais-je pas passer en société ? » Pour un kiné aux revenus modérés — le cas général — la réponse est non : la SEL ne devient un sujet qu'au-delà d'un certain niveau de bénéfice, qu'on chiffre plus bas. L'immense majorité des kinés exercent en entreprise individuelle (EI) ou, lorsqu'ils partagent des locaux et du matériel, en SCM (société civile de moyens) — une structure transparente qui mutualise les charges mais ne dégage pas de bénéfice : chaque associé continue de déclarer son propre BNC, au micro ou au réel. Le choix micro/réel reste donc entier même en SCM.
La SEL (société d'exercice libéral) de kiné existe, mais elle est rare et ne se justifie qu'à des niveaux de bénéfice élevés, avec une vraie capacité d'épargne — un profil peu fréquent pour cette profession. Un point juridique mérite d'être signalé pour ceux que la SEL intéresse : depuis l'imposition 2024, la rémunération de l'activité libérale d'un associé de SEL relève des BNC, ce qu'a confirmé le Conseil d'État le 8 avril 2025 (n° 492154). Autrement dit, passer en SEL ne transforme pas votre revenu de soin en salaire : votre activité technique reste du BNC.
Avant d'envisager la société, posez les bons chiffres
En résumé
Micro-BNC ou réel : l'essentiel
- La règle : passez au réel dès que vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes — le cas de la plupart des kinés installés (charges ≈ 52 % du CA).
- Le seuil micro 2026 : 83 600 € de recettes ; au-delà sur deux ans, le réel est obligatoire.
- L'AGA : plus aucun avantage fiscal en 2026 ; un service d'accompagnement, pas une optimisation.
- Le cas Julien : à 60 000 € de recettes et 28 000 € de frais, le réel fait gagner 7 600 € de base imposable.
- Le bonus patrimonial : le réel ouvre la déduction PER/Madelin et prépare la cession de patientèle — voyez aussi comment payer moins d'impôts.
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