Mis à jour le 14 juillet 2026 · Conforme au Règlement général de l'AMF (régime des SCPI), à l'instruction AMF DOC-2019-04 (mise à jour du 27/11/2025), au Règlement (UE) 1286/2014 (PRIIPS) et aux données ASPIM 2025 (communiqué du 10/02/2026).
La note d'information SCPI, c'est quoi ?
La note d'information en 30 secondes
Ce que c'est :le document détaillé, visé par l'AMF, qu'une SCPI vous remet gratuitement avant toute souscription.
Ce qu'on y lit :la stratégie d'investissement, les frais, les facteurs de risque et les modalités de souscription et de sortie.
Ce qu'elle n'est pas : ni le DIC (la fiche PRIIPS de 3 pages), ni les statuts, ni le bulletin trimestriel — chacun a son rôle.
Le point clé : le visa AMF valide la qualité de l'information, pas la rentabilité. Ce n'est ni une recommandation, ni une garantie de capital.
La note d'information est le document réglementaire détaillé qu'une SCPI doit établir avant de faire offre au public de ses parts. Elle est visée par l'AMF (l'Autorité des marchés financiers), qui lui attribue un numéro et une date de visa. C'est le socle de la commercialisation : sans note d'information visée, une SCPI ne peut pas proposer ses parts aux épargnants.
Elle décrit le fonctionnement de la SCPI : sa politique d'investissement, ses frais, ses facteurs de risque, et la façon dont on souscrit puis dont on sort. Elle est actualisée à chaque modification importante de la vie de la SCPI — c'est un point souvent mal compris : ce n'est pas un document à rythme annuel fixe (ce rôle-là revient au rapport annuel), mais un document qui suit les évolutions substantielles du fonds. Si vous débutez, commencez par comprendre ce qu'est une SCPIavant d'entrer dans sa documentation.
La note d'information est remise préalablement et gratuitement, sur support durable, en même temps que le DIC(document d'informations clés), les statuts et le bulletin de souscription. C'est la société de gestion qui la rédige, la fait viser et la diffuse.
Sur le plan des fondements, restons prudents et sans figer un article unique : la matière relève du Code monétaire et financier (art. L. 214-86 et suivants) pour le régime des SCPI, du règlement général de l'AMF (art. 422-189 et suivants)pour l'offre au public, le visa et la remise préalable, et de l'instruction AMF DOC-2019-04 pour le plan-type et le dossier de demande de visa.
Le visa AMF : ce qu'il atteste, ce qu'il ne garantit pas
Le visaapposé par l'AMF signifie que l'information contenue dans la note est jugée claire, cohérente et suffisamment complètepour qu'un investisseur puisse décider en connaissance de cause. C'est un contrôle de la qualité de l'information, pas de la qualité du placement.
Autrement dit, le visa n'est ni une recommandation d'investissement, ni une garantiede performance ou de capital. Il peut d'ailleurs être retiré si la note ne reflète plus la réalité de la SCPI. Ne lisez jamais un visa comme un label de rentabilité.
Visa AMF ≠ garantie
Le visa contrôle la qualité de l'information, pas la rentabilité du placement. Une SCPI reste un investissement non garanti : perte en capital possible, revenus et liquidité non garantis, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Un beau visa sur une note bien rédigée ne supprime aucun de ces risques.
Sa place dans le corpus documentaire SCPI 2026
La note d'information ne vit pas seule. Autour d'elle gravitent quatre autres documents que l'on confond souvent — et cette confusion est le premier piège du lecteur pressé. On va remettre chacun à sa place — c'est plus simple qu'il n'y paraît.
| Document | Nature / cadre | Rôle | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Note d'information | Document détaillé, visé par l'AMF (RG AMF art. 422-189 et s.) | Socle de l'offre au public : stratégie, frais, risques, modalités | Actualisée à chaque modification importante |
| DIC (document d'informations clés) | Fiche standardisée UE, ~3 pages, cadre PRIIPS (règlement UE 1286/2014) | Indicateur de risque SRI 1-7, scénarios de performance, coûts agrégés | Révisé au moins une fois par an |
| Statuts | Contrat social (droit des sociétés) | Objet, capital, gouvernance, règles des assemblées | Modifiés en AG extraordinaire |
| Bulletin trimestriel | Information périodique | Suivi : taux de distribution, TOF, collecte, prix, file d'attente | Trimestriel |
| Rapport annuel | Comptes + rapport de gestion | Comptes certifiés, valeurs réglementaires, perspectives | Annuel |
Note d'information ou DIC : quelle différence ?
La note d'information est le document complet et détaillé visé par l'AMF. Le DIC est une fiche synthétique normalisée au niveau européen (environ trois pages) conçue pour comparer les produits entre eux : elle affiche un indicateur de risque (SRI) de 1 à 7, des scénarios de performance et un coût synthétique. Les deux sont obligatoires et coexistent : ils ne se remplacent pas, ils se complètent.
Anti-confusion : ce que le DIC est (et n'est pas)
Le DIC a remplacé le DICI, pas la note d'information. Le DIC (cadre PRIIPS, règlement UE 1286/2014) est obligatoire pour les SCPI depuis le 1er janvier 2023. Il a succédé au DICI (ancien cadre OPCVM) — pour une SCPI, on écrit donc DIC, jamais DICI. Mais il ne se substitue ni à la note d'information visée AMF, ni aux statuts, ni au bulletin de souscription.
Deux idées reçues à corriger : « le DIC ne s'applique pas aux SCPI » est faux (il est obligatoire depuis 2023) ; et le mot « prospectus » n'est pas un synonymede note d'information — le prospectus vise en principe les titres cotés, tandis que l'offre au public de parts de SCPI passe par la note d'information visée AMF.
La frontière à retenir tient en une phrase : la note = les règles avant de souscrire ; les statuts = le contrat social ; le bulletin trimestriel = le suivi chiffré du trimestre ; le rapport annuel= les comptes de l'année. Pour la méthode de lecture des comptes, voir notre guide dédié pour lire le rapport annuel d'une SCPI. Le bulletin trimestriel et les statuts font l'objet de fiches distinctes de notre corpus.
Le piège du lecteur pressé
Beaucoup ouvrent la note d'information pour y chercher le rendement de l'an dernier ou le prix actuel de la part. Mauvais réflexe : la note fixe les règles du jeu(frais, risques, modalités), pas les chiffres du moment. Le taux de distribution, le taux d'occupation financier ou la file d'attente au retrait de l'année en cours se lisent dans le bulletin trimestriel et le rapport annuel— pas dans la note, qui n'est actualisée qu'aux modifications importantes. Chaque information a son document : cherchez-la au bon endroit, vous vous épargnez pas mal de déconvenues.
Ce qu'on y lit d'essentiel
Le plan d'une note d'information est standardisé (instruction AMF DOC-2019-04). Une note reprend presque toujours les mêmes grandes rubriques. On les passe en revue rapidement ; chacune a sa fiche dédiée si vous voulez creuser.
- Présentation et forme : dénomination, capital variable ou fixe, société de gestion (agréée AMF, statut de gestionnaire de FIA — formulation à confirmer selon la SCPI), dépositaire, durée de vie. Voir capital fixe ou variable.
- Politique d'investissement: typologie d'actifs (bureaux, commerces, santé, logistique, diversifié), zone géographique (France, Europe), objectifs et recours éventuel à l'endettement.
- Frais : commission de souscription(à l'entrée, en pourcentage du prix) et commission de gestion(annuelle, sur les loyers et produits), auxquelles s'ajoutent parfois des commissions de cession, de suivi de travaux ou d'arbitrage. Le détail chiffré est propre à chaque SCPI : voir le détail des frais de souscription et de gestion.
- Modalités de souscription et de sortie : en capital variable, souscription et retrait au prix fixé par la société de gestion, dans la limite de la collecte, encadré par la règle des ±10 % autour de la valeur de reconstitution, avec un fonds de remboursement éventuel ; en capital fixe, cession sur le marché secondaire par confrontation des ordres. Voir aussi le prix de souscription et la liquidité et les modalités de sortie.
- Délai de jouissance : période entre la souscription et le début de perception des revenus, généralement 3 à 6 mois(parfois moins selon les SCPI), précisé par la note d'information et les statuts. Voir le délai de jouissance.
- Facteurs de risque (rubrique à ne jamais survoler) : perte en capital, revenus non garantis, risque de liquidité(revente non immédiate), risque du marché immobilier et locatif, risque lié à l'endettement et aux taux. Voir les risques d'une SCPI.
- Gouvernance et organes: société de gestion, conseil de surveillance, commissaire aux comptes, dépositaire, assemblée générale et expert immobilier chargé de l'évaluation. Voir l'assemblée générale et le commissaire aux comptes.
- Indicateurs cités (définis dans leurs fiches, pas ici) : le taux de distribution (TD), le taux d'occupation financier (TOF) et le report à nouveau. Attention à ne pas confondre le TD avec l'ancien indicateur TDVM, remplacé depuis 2022. Panorama global : le rendement d'une SCPI.
- Régime fiscal (accessoire, resté bref) : en détention directe, les revenus sont des revenus fonciersimposés au barème de l'impôt sur le revenu (à votre TMI) + 17,2 % de prélèvements sociaux (et non 18,6 %, taux réservé aux revenus mobiliers) ; la plus-value de cession de parts relève du régime des plus-values immobilières. Voir la fiscalité des SCPI.
Aller plus loin : les frais, le poste le plus scruté
La note d'information détaille la grille de fraisligne par ligne : commission de souscription à l'entrée, commission de gestion annuelle, et parfois commissions de cession ou de suivi de travaux. Le DIC, lui, en donne une vision agrégée et normalisée— l'indicateur de coûts synthétique — justement conçue pour comparer deux SCPI entre elles. La bonne méthode : la note pour comprendre quels frais vous payez, le DIC pour comparer combien ils pèsent. Notre fiche décrypte chaque ligne — les frais d'une SCPI.
Quatre documents à lire, pas seulement celui qu'on vous tend
La note vous donne les règles ; le DICvous donne l'indicateur de risque (1 à 7) et des coûts comparables ; le bulletin trimestriel et le rapport annuelvous donnent les chiffres récents. Pour décider en connaissance de cause, lisez les quatre — pas seulement celui qu'on vous met en avant.
Une note d'information à décrypter avant de souscrire ?
Nous lisons la note et le DIC avec vous : frais réels, facteurs de risque, modalités de sortie et délai de jouissance. Sans produit-maison ni biais émetteur.
Provisions et mécanismes comptables que vous croiserez
En parcourant une note d'information (ou un rapport annuel), vous rencontrerez quelques termes comptables. Inutile d'en faire une expertise : il suffit de savoir ce qu'ils désignent et de ne pas se tromper de vocabulaire.
La PGE (provision pour gros entretien)est destinée à financer l'entretien lourd du patrimoine. Et c'est là qu'il faut faire attention : la PGE a remplacé l'ancienne PGR (provision pour grosses réparations) avec le règlement ANC n° 2016-03 (applicable au 1er janvier 2017). Elle repose sur un plan pluriannuel de travaux (horizon 5 ans), mis à jour régulièrement. Retrouvez le détail sur les provisions pour gros travaux (PGE / PGR).
Le report à nouveau (RAN) correspond au bénéfice non distribué mis en réserve pour lisser le dividende dans le temps : voir le report à nouveau (RAN). Vous croiserez enfin la capitalisation (taille de la SCPI, soit le nombre de parts multiplié par le prix de souscription) et la collecte nette (souscriptions diminuées des retraits sur la période), deux indicateurs de taille et de dynamisme cités dans la documentation.
Attention au vocabulaire : PGE, pas PGR
Le traitement comptable des gros travaux a évolué : la PGE (provision pour gros entretien) a succédé à la PGR (provision pour grosses réparations) via le règlement ANC n° 2016-03. Si une note ancienne emploie encore le terme « PGR », lisez-le comme un vocabulaire historique. En cas de doute sur un traitement comptable précis, vérifiez le libellé exact employé par la note que vous consultez.
Cas concret : Camille lit la note avant de souscrire
Un chiffre concret parle mieux qu'un principe. Prenons le délai de jouissance : il figure toujours dans la note, et il peut amputer une bonne part du revenu de la première année.
Cas pratique — pédagogique, chiffres arrondis
Camille, 34 ans, investit 30 000 € en parts d'une SCPI à capital variable
La note d'information indique un taux de distribution (TD) affiché de 4,9 % et un délai de jouissance de 5 mois. Avant de signer, Camille repère ces deux lignes dans la note et fait le calcul de coin de table : combien va-t-elle vraiment toucher la première année ?
Effet du délai de jouissance sur la 1re année
Revenu annuel « en annee pleine » (theorique) : 30 000 EUR x 4,9 % = 1 470 EUR / an (avant fiscalite) Effet du delai de jouissance de 5 mois : Les parts ne produisent de revenu qu'a partir du 6e mois 1re annee = 7 mois de revenus sur 12 1 470 EUR x (7 / 12) = 857,50 EUR percus la 1re annee Manque a gagner la 1re annee (les 5/12 non percus) : 1 470 EUR - 857,50 EUR = 612,50 EUR Rendement effectif de la 1re annee (sur le capital investi) : 857,50 EUR / 30 000 EUR = 2,86 % (vs 4,9 % en croisiere)
Ces trois informations — le TD, le délai de jouissance et les modalités— figurent toutes dans la note d'information. Les avoir lues, c'est anticiper que le revenu de la première année est mécaniquement amputé (ici de 612,50 €). Ce point devient crucial à crédit : les mensualités, elles, courent dès le départ, même quand les dividendes ne sont pas encore versés (voir comment investir en SCPI).
Un exemple, pas une promesse
Ce calcul est pédagogiqueet les nombres sont arrondis. Le taux de distribution n'est pas garanti (les revenus peuvent baisser) et le capital non plus. La fiscalité n'est pas incluse : en détention directe, les revenus fonciers sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux (voir la fiscalité des SCPI).
Où trouver la note d'information d'une SCPI
Aucun secret autour de la note : elle doit vous parvenir avantque vous signiez quoi que ce soit. Trois canaux pour l'obtenir, du plus direct au plus institutionnel. La plus directe est la société de gestion elle-même : le site internet de la SCPI héberge en général un espace documentaire où la note figure aux côtés du DIC et des statuts, et elle doit vous être remise gratuitement, sur support durable et préalablement à toute souscription. Votre conseiller ou intermédiaire(CGP, banque, plateforme) est tenu de la même obligation de remise, accompagnée du DIC et des statuts. Enfin, l'AMFtient une base des produits et fonds agréés qui permet de vérifier l'agrément de la société de gestion et l'existence du visa (le libellé exact de l'outil est à confirmer sur le site de l'AMF).
Aller plus loin : vérifier le visa avant de signer
Prenez trente secondes pour repérer le numéro et la date de visa en tête de la note, puis assurez-vous que la société de gestion est bien agrééepar l'AMF. Un document dépourvu de visa valide, ou émanant d'une société non agréée, doit vous alerter immédiatement : c'est l'un des tout premiers réflexes anti-arnaque. Le visa ne dit rien du rendement à venir. En revanche, pas de visa, ou une société de gestion absente de la base AMF : vous refermez le dossier et vous passez votre chemin.
Une fois la note en main, la question suivante est pratique : comment passer commande ? C'est l'objet de notre guide comment investir en SCPI.
Notions et documents voisins
La note d'information est le point d'entrée d'un ensemble documentaire. Chaque notion qu'elle cite a sa fiche dédiée : voici où creuser, selon ce que vous voulez vérifier.
- Les autres documents : le rapport annuel — comment le lire —, les statuts et le bulletin trimestriel (fiches dédiées de notre corpus), ainsi que le DIC (fiche standardisée PRIIPS, décrite plus haut).
- Les notions qu'on y lit : les frais, le rendement (TD, TRI, TOF), la liquidité, le délai de jouissance et les risques.
- Pour agir : comment investir en SCPI et le hub SCPI, le guide complet 2026.
Un dernier repère, le plus important : le visa AMF valide que l'information est complète, pas que le placement est bon. Une SCPI reste un engagement de long terme (8 à 10 ans minimum), non garanti, illiquide, avec risque de perte en capital et de baisse des revenus. Lire la note en entier, frais et rubrique risques compris, c'est ce qui sépare un investissement choisi d'un placement subi.


Comment la lire avant de souscrire : la méthode en 6 points
Personne ne retient une note de plusieurs dizaines de pages. Ce qui compte, c'est l'ordre de lecture et cinq ou six repères précis : le visa, les frais, la sortie, le délai de jouissance, les risques. Le reste, vous le relirez le jour où une question se pose.
Dans quel ordre lire les documents ?
Les 6 points à vérifier en priorité
Checklist de lecture avant de souscrire
1. Visa AMF en cours de validité — numéro et date ; la note est-elle à jour ?
2. Politique d'investissement cohérente avec votre objectif (revenu ou valorisation, secteur, géographie).
3. Frais de souscription et de gestion (comparez via l'indicateur de coûts du DIC).
4. Modalités de sortie et délai de jouissance (capital variable = retrait selon la collecte et fonds de remboursement ; capital fixe = marché secondaire).
5. Facteurs de risque lus, pas survolés (perte en capital, liquidité, revenus non garantis).
6. Croiser avec le DIC (SRI, scénarios), le bulletin trimestriel (données récentes) et le rapport annuel (comptes, valeurs).
Pourquoi cette vigilance ? Le contexte de marché 2023-2026
La hausse des taux (2022-2023) a pesé sur les valorisations immobilières, surtout sur les bureaux, entraînant des baisses de prix de part et des files d'attente au retrait sur certaines SCPI. Sur l'ensemble de 2025, le prix de part moyen a reculé d'environ 3,45 % et les parts en attente de retrait représentaient environ 2,8 milliards d'euros, soit près de 3,1 %de la capitalisation du marché (source : ASPIM, communiqué du 10 février 2026). Ces chiffres sont agrégés au niveau du marché, sans référence à une SCPI en particulier. Un TD élevé, un TOF proche de 100 %, une décote : tout cela rassure sur le papier, mais 2023-2025 l'a rappelé, les mêmes SCPI ont pu voir leur prix de part baisser. C'est précisément la rubrique « facteurs de risque » de la note qui met ces limites noir sur blanc — celle qu'on saute trop vite.
Une fois la lecture faite, passez à la pratique avec les étapes concrètes pour souscrire, et gardez en tête que ni le rendement ni le capital ne sont garantis (voir les risques d'une SCPI).