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Guide expert B2B 202614 minMis à jour 24 juillet 2026Art. 669 II · 619 C. civ.

Durée d'un usufruit de SCPI : 5, 10, 15 ou 20 ans ?

Quand une société à l'IS achète l'usufruit temporaire de parts de SCPI, la durée du démembrement n'est pas un détail administratif : c'est le paramètre qui commande tout le reste. Elle fixe la clé de répartition (plus la durée est longue, plus l'usufruit vaut cher et plus la nue-propriété est décotée), elle détermine le rythme de l'amortissement pour la société usufruitière, elle allonge ou raccourcit l'exposition au risque de baisse des revenus, et elle doit s'aligner sur l'objectif : horizon de trésorerie, projet du nu-propriétaire, calendrier de transmission. Ce guide compare froidement 5, 10, 15 et 20 ans, sans jamais donner une clé chiffrée comme une norme de marché, et renvoie le calcul précis et l'écriture comptable à leurs fiches dédiées. Information générique, fiscalité au 24 juillet 2026.

DURÉE DE L'USUFRUIT

Faire calibrer la durée avant d'engager la trésorerie de votre société

Horizon de trésorerie × clé de répartition × rythme d'amortissement × exposition au risque × objectif de transmission : un audit CGP en architecture ouverte aligne la durée sur votre situation réelle, pas sur une économie d'impôt de court terme.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Durée calibrée sur votre objectif
  • Vérification de la substance économique
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Clé et amortissement chiffrés

DURÉE FIXE

5 à 20 ans

PLAFOND (PM)

30 ans

AMORTISSEMENT

sur la durée

CLÉ USUFRUIT

au cas par cas

USUFRUITIER

société à l'IS

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine, spécialiste des montages SCPI en société

Par Quentin Hagnéré — fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS : CIF, COA, COBSP)

Fondateur du cabinet Hagnéré Patrimoine (Bassens, près de Chambéry). Auteur des guides sur les montages patrimoniaux B2B : détention de SCPI en société à l'IS, usufruit temporaire, holding et placement de trésorerie d'entreprise.

Publié le · Mis à jour le .

Vous dirigez une société — holding, SAS, SARL ou SCI à l'IS — qui a accumulé une trésorerie qui dort, ou vous cherchez à transmettre un patrimoine à vos enfants sans l'alourdir de droits. On vous a parlé d'un montage qui coche les deux cases : faire acheter par votre société l'usufruit temporaire de parts de SCPI. Sur le papier, c'est séduisant — la société encaisse 100 % des revenus pendant une durée fixe, les amortit, paie peu d'impôt pendant la période ; le nu-propriétaire acquiert des parts décotées et récupère la pleine propriété au terme. Reste une question, posée presque toujours en dernier : « On part sur quelle durée ? 10 ou 20 ans ? » C'est en réalité la première qu'il faudrait travailler.

Parce que ce paramètre, traité comme une formalité de dernière minute, décide en réalité de tout l'équilibre du montage. Le prix payé pour l'usufruit, la décote de la nue-propriété, le rythme de l'amortissement pour une société à l'IS, l'ampleur du risque encouru : tout se déplace quand vous passez de 5 à 20 ans — étant entendu qu'une personne morale ne peut détenir un usufruit au-delà de 30 ans (art. 619 du Code civil). Et rien de tout cela n'est un cadeau fiscal automatique : chaque avantage a sa contrepartie, que ce guide nomme sans détour.

Ce guide se concentre sur un seul sujet, à fond : comment choisir cette durée, et vous donne la méthode pour trancher — partir de l'objectif réel, jamais du seul gain fiscal. Nous supposons acquis ce qu'est le montage lui-même : une société à l'IS qui achète l'usufruit temporaire de parts de SCPI pour en percevoir les revenus pendant une période fixe. Si ce n'est pas encore clair, commencez par la vue d'ensemble du montage d'usufruit de SCPI en société et par la mécanique du démembrement temporaire. Ici, on tranche une question précise : 5, 10, 15 ou 20 ans, et pourquoi.

✅ Réponse express

Il n'existe pas de durée idéale. Plus la durée est longue (15-20 ans), plus l'usufruit vaut cher, plus la nue-propriété est décotée (utile pour transmettre), mais plus l'exposition au risque de baisse des revenus s'allonge et plus l'amortissement annuel est faible. Plus elle est courte (5-10 ans), plus l'amortissement est puissant mais bref, moins la décote est marquée, et plus le montage colle à un horizon de trésorerie rapproché. Tout part de l'objectif (trésorerie, transmission, âge du nu-propriétaire) : la fiscalité en découle, elle ne le dicte pas. Plafond : 30 ans pour une personne morale (art. 619 du Code civil).

§ 1EN BREF·2 MIN

La durée, ce curseur qu'on choisit trop vite

Beaucoup abordent la durée par la petite porte : « prenons 20 ans, l'usufruit est moins cher à l'année » ou « prenons 5 ans, on récupère vite ». Ces raccourcis répondent à la mauvaise question. La durée agit simultanément sur quatre leviers qui ne bougent pas dans le même sens, et c'est précisément leur arbitrage qui définit le bon choix pour une situation donnée.

⏱️ L'essentiel en 5 points

  • La clé : plus la durée est longue, plus l'usufruit vaut cher et plus la nue-propriété est décotée.
  • L'amortissement : la durée est la base de l'amortissement linéaire pour une société à l'IS (5 ans → ~20 %/an, 20 ans → ~5 %/an).
  • Le risque : plus la durée est longue, plus l'exposition à une baisse durable des revenus et du prix de part s'allonge.
  • L'objectif : courte pour un horizon de trésorerie, longue pour la transmission et un nu-propriétaire jeune.
  • La borne : 30 ans maximum pour une personne morale (art. 619 du Code civil).
Hagnéré Patrimoine

Quelle durée pour votre montage d'usufruit de SCPI ?

Clé, amortissement, risque et objectif de transmission : un CGP confronte 5, 10, 15 et 20 ans à votre situation réelle avant toute signature.

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§ 2LES 4 LEVIERS·2 MIN

Ce que la durée change vraiment

Avant d'entrer dans le détail, posons la carte des quatre leviers. La durée n'a pas un effet, elle en a quatre en même temps — et deux d'entre eux tirent dans des directions opposées (la décote, favorable à la transmission, augmente avec la durée ; le risque et la faiblesse de l'amortissement annuel aussi).

Mémo express

Les quatre effets de la durée, d'un coup d'œil

  • Clé de répartition — durée longue = usufruit plus cher, nue-propriété plus décotée. Le calcul précis est renvoyé à sa fiche.
  • Amortissement — durée = base de la dotation linéaire pour la société à l'IS : courte = intense et brève, longue = faible et étalée.
  • Risque — durée longue = exposition prolongée à une baisse des distributions et du prix de part, sans rattrapage possible.
  • Objectif — la durée doit épouser l'horizon de trésorerie de la société et le calendrier de transmission du nu-propriétaire.

On les prend maintenant un par un, avant de les recroiser dans une grille de décision. Deux d'entre eux — le calcul exact de la clé et l'écriture de l'amortissement — sont volontairement effleurés puis renvoyés à leurs fiches spécialisées : c'est ici l'arbitrage de durée qui nous intéresse, pas la mécanique de calcul.

§ 3CLÉ DE RÉPARTITION·3 MIN

Durée et clé : plus long, plus cher, plus décoté

Commençons par le plus évident. L'usufruit donne droit aux revenus pendant la durée : plus cette durée est longue, plus il y a de flux à percevoir, donc plus l'usufruit vaut cher. Symétriquement, la nue-propriété — qui ne donne droit à rien pendant la période — est d'autant plus décotée que l'attente est longue. Cette direction est certaine ; le chiffre exact, lui, ne l'est pas.

Attention : deux répartitions à ne pas confondre

Il existe un barème fiscal et un prix économique, et ils ne coïncident pas. Le barème de l'article 669 II du CGI valorise l'usufruit à durée fixe à 23 % de la pleine propriété par période de dix ans (chiffre à vérifier), « sans fraction ». Mais ce barème ne sert qu'au calcul des droits d'enregistrement, des donations et, dans les cas particuliers prévus par l'art. 968 du CGI, de l'IFI (une personne morale n'y étant pas assujettie) — pas à fixer le prix auquel une société achète l'usufruit.

Barème fiscal de l'article 669 II du CGI (droits d'enregistrement, donations, et IFI dans les cas particuliers de l'art. 968). Chiffres à vérifier. Il ne s'agit PAS de la clé économique d'une acquisition à titre onéreux.
Durée fixeUsufruit (barème 669 II)Nue-propriété
1 à 10 ans23 %77 %
11 à 20 ans46 %54 %
21 à 30 ans69 %31 %

Le piège : « sans fraction » et barème ≠ prix de marché

Le barème 669 II raisonne par tranches de dix ans entamées : un usufruit de 5 ans est valorisé comme 10 ans (23 %), et 15 ans comme 20 ans (46 %). C'est un escalier grossier, purement fiscal. Le prix économique auquel une société acquiert l'usufruit se calcule, lui, par actualisation des flux futurs attendus, propre à chaque SCPI et à chaque durée — le juge l'a confirmé (Conseil d'État, 30 septembre 2019, n° 419855, Luccotel). Ne prenez jamais une clé de démembrement affichée comme une norme : elle varie d'un véhicule et d'une durée à l'autre. Le calcul détaillé est traité dans notre fiche calculer la décote de l'usufruit de SCPI.

Ce que la durée vous dit, sans chiffre, c'est donc une direction : une durée courte donne un usufruit peu coûteux et une nue-propriété peu décotée ; une durée longue, l'inverse. Pour qui vise la transmission, cette décote croissante de la nue-propriété est justement l'argument central — un sujet développé du côté de la nue-propriété de SCPI.

§ 4AMORTISSEMENT·3 MIN

Durée et amortissement : intensité contre étalement

✅ À retenir sur ce levier

L'usufruit temporaire acheté par une société à l'IS s'amortit sur sa durée ; des parts en pleine propriété, jamais. La durée courte donne un bouclier d'amortissement intense mais bref ; la durée longue, une charge faible mais étalée. Attention : cet amortissement reporte l'impôt, il ne l'efface pas — en cas de cession avant terme, les dotations sont reprises en plus-value professionnelle sans abattement.

Ici, on touche au cœur du sujet pour une société à l'IS. Contrairement à des parts détenues en pleine propriété — immobilisations financières jamais amortissables —, l'usufruit temporaire a une durée de vie limitée : il constitue une immobilisation à durée d'utilisation déterminée, donc amortissable linéairement sur sa durée (principe à confirmer avec votre expert-comptable ; la jurisprudence a admis l'amortissement d'un usufruit lorsque ses effets prennent fin à une date déterminée, Conseil d'État, 24 avril 2019, n° 419912). La durée n'est pas ici un paramètre parmi d'autres : elle est la base de calcul de l'amortissement.

La durée fixe le rythme de l'amortissement (illustration arithmétique)

Dotation annuelle = prix paye pour l'usufruit / duree

Usufruit  5 ans  ->  1 / 5   =  20 pourcent par an
Usufruit 10 ans  ->  1 / 10  =  10 pourcent par an
Usufruit 15 ans  ->  1 / 15  =  6,67 pourcent par an
Usufruit 20 ans  ->  1 / 20  =  5 pourcent par an

Le choix n'est donc pas anodin : une société qui veut effacer un pic de résultat sur quelques exercices a intérêt à une durée courte ; une société qui cherche à lisser une charge sur le long terme regardera plutôt vers 15 ou 20 ans. Cette charge vient s'imputer sur la quote-part de résultat remontée de la SCPI, déterminée selon les règles de l'IS lorsque les parts sont à l'actif d'une société à l'IS (art. 8 et 238 bis K du CGI) — ce qui peut neutraliser tout ou partie de l'imposition des revenus pendant la période.

Effleuré ici, détaillé ailleurs

L'amortissement ne supprime pas l'impôt, il le reporte : en cas de cession avant terme, les dotations déjà pratiquées sont réintégrées dans une plus-value professionnelle sans abattement ; au terme, l'usufruit est totalement amorti (valeur nette comptable nulle) et disparaît. Les écritures, les conditions et les limites de la déductibilité relèvent d'une fiche dédiée : amortir l'usufruit de SCPI. La mécanique générale de l'IS translucide est, elle, expliquée dans SCPI à l'IS : pourquoi si peu d'impôt en capitalisation.

§ 5RISQUE·2 MIN

Durée et risque : l'exposition s'allonge avec le temps

Vient le levier dont les argumentaires commerciaux ne parlent jamais. L'usufruitier n'a droit qu'aux revenus effectivement versés pendant la durée. Si les distributions baissent durablement, il perçoit moins que prévu et peut ne pas rentabiliser la décote qu'il a payée — sans aucun rattrapage. Or sur vingt ans, un trou d'air de marché n'est plus une hypothèse d'école : il devient probable.

Plus la durée est longue, plus le risque est engagé

Entre 2023 et 2026, plusieurs véhicules à dominante bureaux ont baissé leur prix de part et vu se former des files d'attente au retrait. Ces phénomènes sont globaux et ne présument d'aucun fonds en particulier ; toute donnée chiffrée doit être appréciée à sa date et à sa source (ASPIM, IEIF). Une durée de 20 ans engage l'usufruitier sur quatre fois plus longtemps qu'une durée de 5 ans, avec autant d'exposition supplémentaire à une baisse durable des revenus. S'ajoute une illiquidité renforcée du marché secondaire des parts démembrées, d'autant plus marquée que la durée restante est longue. Une SCPI reste un placement non garanti, illiquide, avec risque de perte en capital.

La durée ne règle donc pas que le rendement et la décote : elle décide aussi combien de temps vous restez exposé à un mauvais cycle. Passer de 10 à 20 ans pour « gonfler la décote », c'est doubler la période pendant laquelle une baisse des loyers peut ronger le rendement réel. Le panorama complet des aléas est détaillé dans notre guide des risques des SCPI.

§ 6GRILLE DE DÉCISION·3 MIN

Quelle durée pour quel objectif ?

Réunissons les quatre leviers dans une grille de lecture. Elle n'a rien d'une recommandation : c'est un repère générique pour situer chaque durée face à un objectif type. Les taux d'amortissement sont une simple arithmétique (1 / durée) ; la « clé » est indiquée en direction, jamais en valeur, puisqu'elle se calcule au cas par cas.

Grille de décision générique — illustration pédagogique datée du 24 juillet 2026. Les directions de clé sont certaines, les valeurs jamais normatives. Plafond de 30 ans pour une personne morale (art. 619 du Code civil).
DuréeClé (direction)Amortissement / anExposition au risqueObjectif type
5 ansUsufruit le moins cher · NP peu décotée~20 %/an (bouclier bref)La plus faibleTrésorerie court terme, projet rapproché
10 ansIntermédiaire~10 %/anModéréeDurée pivot, équilibre rendement / horizon
15 ansÉlevée · NP bien décotée~6,67 %/anAccrueTransmission à moyen terme
20 ansUsufruit le plus cher · NP très décotée~5 %/an (étalé)La plus forteTransmission longue, nu-propriétaire jeune

Durée courte (5 à 10 ans)

Amortissement intense mais bref, exposition au risque réduite, décote de nue-propriété modeste. Cohérente avec une société qui cherche surtout à loger une trésorerie sur un horizon rapproché, avec un dénouement relativement proche.

Durée longue (15 à 20 ans)

Nue-propriété fortement décotée (levier de transmission), amortissement faible mais étalé, et surtout exposition au risque la plus longue. Cohérente avec un objectif patrimonial de long terme et un nu-propriétaire jeune, à condition d'accepter une immobilisation durable et illiquide.

Règle de méthode

On part de l'objectif, pas de la durée

La première question n'est pas fiscale. Elle est : dans combien de temps la société — ou le nu-propriétaire — aura-t-elle besoin de récupérer quelque chose ? L'horizon de trésorerie de la société et le calendrier de transmission du nu-propriétaire déterminent la durée ; la fiscalité ne fait qu'en découler. Une durée choisie pour la seule optimisation, sans rationnel économique, fragilise le montage (voir la section pièges).

Le choix de la durée se coordonne aussi avec la structure qui porte l'usufruit et son horizon de trésorerie : une holding patrimoniale qui place une trésorerie excédentaire de long terme ne raisonnera pas comme une SCI à l'IS dédiée. Le cadre translucide et l'arbitrage de détention sont traités dans ces fiches.

Aller plus loin : au-delà de quel volume ce montage a du sens

Fixer une durée n'a d'intérêt que si le montage lui-même se justifie. L'usufruit de SCPI en société suppose un volume significatif de trésorerie et un horizon long : en deçà, le coût d'une structure à l'IS et sa double imposition à la sortie effacent souvent le gain, et un placement plus simple (SCPI en direct ou en assurance-vie) reste préférable. Le raisonnement de calibrage rejoint celui du placement d'une trésorerie excédentaire : voir holding avec 1 million de trésorerie, holding avec 2 millions et contrat de capitalisation contre OPCVM monétaire. Aucun de ces montages n'est universellement avantageux : chacun se tranche après étude.

§ 7CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas pédagogique : 10 ans contre 20 ans

Prenons deux durées à investissement égal, la même mise de départ, et regardons ce qui bouge. Toutes les valeurs qui suivent sont explicitement fictives, choisies pour la démonstration : elles ne représentent aucune SCPI réelle et ne valent pas norme de marché.

Cas pédagogique fictif — la holding de Karim (à l'IS)

Une holding déploie 120 000 € en usufruit : 10 ans ou 20 ans ?

Karim, dirigeant, a 120 000 € de trésorerie qui dorment sur le compte de sa holding ; son expert-comptable lui propose de les placer en usufruit de SCPI, sur 10 ou 20 ans. Hypothèses fictives datées du 24 juillet 2026, sans valeur de norme : taux de distribution supposé de 5 % (non garanti) ; clés d'usufruit purement illustratives — 40 % de la pleine propriété pour 10 ans, 60 % pour 20 ans (le vrai calcul se fait par actualisation des flux, jamais par un pourcentage forfaitaire).

Version 10 ans (clé 40 %) : 120 000 € achètent l'usufruit de 300 000 € de parts en pleine propriété (120 000 / 0,40). Revenus fictifs : 5 % × 300 000 = 15 000 €/an. Amortissement : 120 000 / 10 = 12 000 €/an. Exposition au risque : 10 ans.

Version 20 ans (clé 60 %) : 120 000 € achètent l'usufruit de 200 000 € de parts (120 000 / 0,60). Revenus fictifs : 5 % × 200 000 = 10 000 €/an. Amortissement : 120 000 / 20 = 6 000 €/an. Exposition au risque : 20 ans.

Lecture : à mise égale, la durée courte « contrôle » plus de parts, encaisse plus de revenus et amortit plus vite — mais le nu-propriétaire paie sa part plus cher (moins de décote) et récupère la pleine propriété plus tôt. La durée longue offre au nu-propriétaire une décote bien plus forte (levier de transmission), au prix de revenus annuels moindres pour l'usufruitier et d'une exposition au risque doublée.

Ce cas ne prouve rien : il illustre un arbitrage

Les clés de 40 % et 60 % sont inventées pour la démonstration. Dans la réalité, elles dépendent de la SCPI, de son taux de distribution attendu et du taux d'actualisation retenu : elles se calculent, elles ne se supposent pas. Si les distributions réelles s'écartent des 5 % supposés — à la baisse, ce que le marché récent a montré —, l'équilibre bascule, et d'autant plus vite que la durée est longue. Pour un chiffrage bâti sur des hypothèses argumentées, voir nos exemples chiffrés d'usufruit de SCPI et la méthode de calcul de la décote.

Hagnéré Patrimoine

Faites modéliser les deux durées côte à côte

Clé, revenus attendus, amortissement, coût de sortie et exposition au risque : un CGP chiffre 10 ans contre 20 ans sur vos hypothèses réelles.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 8PIÈGES·2 MIN

Les pièges et contreparties liés à la durée

Trois points de vigilance méritent d'être rappelés — ils ne sont pas propres à la durée, mais celle-ci les aggrave ou les met en jeu.

La substance économique de la durée (abus de droit)

Une durée choisie uniquement pour maximiser l'amortissement ou la décote, sans horizon patrimonial réel, expose à une requalification en abus de droit (art. L64 et L64 A du Livre des procédures fiscales). Le démembrement n'est pas abusif en soi ; il le devient s'il est dépourvu de substance. La durée doit correspondre à un objectif tangible : horizon de trésorerie, calendrier de transmission, projet du nu-propriétaire.

Le piège de l'article 13, 5° (côté cédant)

Si un dirigeant vend à sa société l'usufruit de parts qu'il détient déjà, la première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire est imposée comme un revenu (revenus fonciers au barème), et non comme une plus-value (art. 13, 5° du CGI). Ce piège vise l'apport d'un usufruit préexistant, pas une souscription démembrée d'origine. Il est indépendant de la durée, mais une durée longue augmente le montant en jeu.

Le dénouement : rien à récupérer, sortie à 31,4 %

Quelle que soit la durée, au terme, l'usufruit s'éteint sans contrepartie (valeur nette comptable nulle : le capital est consommé). La société a encaissé des revenus, mais ne récupère rien ; c'est le nu-propriétaire qui retrouve la pleine propriété, en principe sans droit de mutation (art. 1133 du CGI). Et la trésorerie logée dans la société devra tôt ou tard être distribuée aux associés : en 2026, la sortie en dividendes coûte 31,4 % (12,8 % d'IR au PFU + 18,6 % de prélèvements sociaux). La fiscalité complète du montage est détaillée dans la fiche montage société.

Deux contreparties à ne jamais oublier

1. L'usufruit est consommé. L'usufruitier ne détient pas un actif qu'il revend : il achète un droit qui disparaît au terme. Son « rendement » n'existe que si les revenus perçus pendant la durée dépassent le prix payé — ce qu'une baisse durable des distributions peut mettre en échec, sans rattrapage. 2. La sortie se paie. L'économie d'IS réalisée pendant la période n'est pas un gain acquis : dès que la trésorerie remonte vers les associés personnes physiques, elle subit une seconde couche (dividendes à 31,4 % en 2026). L'avantage de l'IS est un report et une capacité de réinvestissement brut, pas une exonération.

§ 9POUR QUI·2 MIN

Aucune durée n'est bonne dans l'absolu

Au fond, il n'y a pas de durée idéale — et mieux vaut se méfier de qui vous en vend une toute faite. Une même durée de 20 ans peut être pertinente pour transmettre à un enfant de 30 ans, et parfaitement inadaptée pour une société qui aura besoin de sa trésorerie dans huit ans.

Rappelons enfin les prérequis : un usufruit de SCPI en société est un montage qui suppose un volume significatif de trésorerie, un horizon long et cohérent avec la durée, et le coût d'une structure à l'IS. En deçà, un placement plus simple — SCPI en direct ou en assurance-vie — est souvent préférable. Et pour certaines situations, la réponse juste est : ce montage n'est pas adapté, quelle que soit la durée.

Rappels produit et déontologie

Ce guide délivre une information générique, jamais une recommandation personnalisée (au sens de l'art. L. 533-13 du Code monétaire et financier), qui suppose l'étude de vos connaissances, de votre expérience, de vos objectifs et de votre situation. Une SCPI est un placement de long terme non garanti, illiquide, exposé à un risque de perte en capital et de baisse des revenus : une durée longue amplifie cette exposition. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Toute durée doit être arrêtée après une étude individualisée, avec votre expert-comptable et votre notaire.

Pour resituer la durée dans l'ensemble du montage, revenez à la vue d'ensemble de l' usufruit de SCPI en société, comparez avec l' usufruit côté investisseur particulier, ou repartez du guide complet des SCPI.

Méthode documentée

10 ans ou 20 ans : on tranche sur vos chiffres

On part de la date où vous voudrez récupérer la trésorerie, on chiffre la décote, l'amortissement et le coût de sortie, et on vérifie que le montage tient. Ce chiffrage se fait dans le cadre d'une lettre de mission. Premier rendez-vous offert, sans recommandation personnalisée, à Bassens (Savoie) ou en visio.

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ACCOMPAGNEMENT

Choisir la durée d'un usufruit de SCPI avec un CGP multi-partenaires

Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP) : arbitrage 5 / 10 / 15 / 20 ans, cadrage de la décote et de l'amortissement, alignement sur l'horizon de trésorerie et de transmission, coordination avec votre expert-comptable et votre notaire.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Durée alignée sur l'objectif
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Faire valider la durée de votre démembrement par un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

Pas de produit-maison : cabinet non détenu par une banque ni par un assureur. Arbitrage de durée (clé, amortissement, risque, objectif), vérification de la substance économique, cadrage de la sortie et coordination avec votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Code civil — durée & usufruit

    Art. 578 du Code civil (définition de l'usufruit). Art. 619 du Code civil (l'usufruit accordé à une personne morale ne peut durer plus de 30 ans — règle d'ordre public qui borne l'arbitrage de durée).

  • CGI — valorisation & IS

    Art. 669, II CGI (barème fiscal de l'usufruit à durée fixe : 23 % de la pleine propriété par période de dix ans, réservé aux droits d'enregistrement, donations et IFI). Art. 8 et 238 bis K, I CGI (translucidité ; quote-part déterminée selon les règles de l'IS). Art. 219 CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 € sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. 39, 1, 2° CGI (déductibilité des amortissements — portée à confirmer pour l'usufruit temporaire).

  • CGI / LPF — pièges & sortie

    Art. 13, 5° CGI (cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire imposée comme un revenu). Art. 1133 CGI (reconstitution de la pleine propriété à l'extinction). Art. 150 UB CGI (régime des plus-values des particuliers, en contraste). Art. 200 A CGI (PFU). LPF art. L64 et L64 A (abus de droit et mini-abus de droit).

  • BOFiP, jurisprudence & marché

    BOI-BIC-AMT-10-20 (amortissement des éléments dont l'usage est limité dans le temps). BOI-IR-BASE-10-10-30 (art. 13, 5°). BOI-CF-IOR-30-20 (abus de droit). Conseil d'État, 24 avril 2019, n° 419912 (amortissement d'un usufruit lorsque ses effets prennent fin à une date déterminée). Conseil d'État, 30 septembre 2019, n° 419855, Luccotel (valorisation par actualisation des flux). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : PFU de sortie 31,4 %). ASPIM — indicateurs agrégés du marché SCPI 2025 (ordres de grandeur, jamais rattachés à un véhicule nommé).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation fiscale ou juridique. Les durées, clés de répartition, taux d'amortissement et chiffres présentés sont des ordres de grandeur ou des hypothèses explicitement fictives, datés au 24 juillet 2026 : la clé de répartition réelle d'un usufruit se calcule au cas par cas par actualisation des flux, et la fiscalité est une matière mouvante révisée chaque loi de finances. Le choix d'une durée d'usufruit temporaire en société doit reposer sur une substance économique réelle (à défaut, risque de requalification en abus de droit) et être validé avec votre expert-comptable, votre notaire et votre conseiller. Une SCPI est un placement de long terme non garanti, illiquide, comportant un risque de perte en capital et de baisse des revenus : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et une durée longue amplifie l'exposition à ce risque. Hagnéré Patrimoine — cabinet immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine), établi à Bassens (73000).

Foire aux questions

Tout sur la durée d'un usufruit de SCPI et l'arbitrage 5 / 10 / 15 / 20 ans.

Choisir la durée, son effet sur la clé et l'amortissement, le risque qui s'allonge, le cadre juridique et les pièges. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Il n'y a pas de durée universellement optimale. Elle dépend de choses très concrètes : dans combien d'années la société voudra récupérer sa trésorerie, l'âge et le projet du nu-propriétaire, le calendrier de transmission envisagé et la tolérance au risque. Un dirigeant de 55 ans qui prépare la donation à sa fille de 25 ans ne raisonne pas comme une holding qui place un excédent dont elle aura besoin dans six ans. Plus la durée est longue, plus la nue-propriété est décotée (utile pour transmettre) mais plus l'exposition à une baisse durable des revenus est grande. Plus elle est courte, plus l'amortissement annuel est puissant mais bref, et moins la décote de nue-propriété est marquée. On choisit d'abord pour un projet, pas pour gratter quelques points d'IS.