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Guide expert B2B 202616 minMis à jour 23 juillet 2026Art. 238 bis K · 13,5° CGI

Usufruit temporaire de SCPI pour une société : comprendre le montage

Une société à l'impôt sur les sociétés — souvent une holding qui dort sur une trésorerie excédentaire — peut acheter l'usufruit temporaire de parts de SCPI : elle en perçoit 100 % des revenus pendant une durée fixe, pour un prix décoté, tandis qu'un nu-propriétaire (le dirigeant ou ses enfants) récupère la pleine propriété à l'extinction. Le montage combine deux leviers : un rendement rapporté à un capital réduit et un amortissement linéaire qui neutralise tout ou partie de l'IS. Mais l'usufruit est consommé à terme (valeur nette comptable nulle), la plus-value de revente reste professionnelle sans abattement, et la sortie en dividendes coûte 31,4 % en 2026. Cette page pose le montage à plat, sans vendre du rêve — l'usufruit reste consommé à terme — et renvoie chaque étape du montage à sa fiche dédiée. Information générique, fiscalité au 23 juillet 2026.

USUFRUIT DE SCPI EN SOCIÉTÉ

Faire chiffrer le montage avant d'engager la trésorerie de votre société

Volume de trésorerie × durée × décote × amortissement × coût de sortie : un audit CGP en architecture ouverte simule le montage complet et vérifie sa substance économique avant toute décision.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Vérification de la substance économique
  • Choix de la structure (holding / SAS / SARL / SCI IS)
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Simulation du montage chiffrée

USUFRUITIER

Société à l'IS

REVENUS PERÇUS

100 %

AMORTISSEMENT

Linéaire

À TERME

VNC = 0

SORTIE (PFU)

31,4 %

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine, spécialiste des montages SCPI en société

Par Quentin Hagnéré — fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS : CIF, COA, COBSP)

Fondateur du cabinet Hagnéré Patrimoine (Bassens, Savoie). Spécialiste des montages patrimoniaux B2B : détention de SCPI en société à l'IS, usufruit temporaire, holding et placement de trésorerie d'entreprise.

Publié le · Mis à jour le .

Vous dirigez une société — holding, SAS, SARL ou SCI à l'IS — qui accumule une trésorerie excédentaire, et vous songez peut-être aussi à transmettre une partie de ce patrimoine à vos enfants. On vous a sans doute vanté l'usufruit de SCPI en une formule séduisante : « 100 % des revenus pour une fraction du prix, et l'amortissement efface l'impôt ». C'est vrai… mais seulement en partie, et jamais sans contrepartie.

Le montage combine effectivement deux leviers réels : un rendement rapporté à un capital réduit (la décote de l'usufruit) et un amortissement linéaire qui neutralise tout ou partie de l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà) pendant la durée. Mais l'usufruit est consommé à terme (valeur nette comptable nulle : le capital est « perdu »), la plus-value de revente reste professionnelle sans abattement, et sortir la trésorerie vers vos poches personnelles coûte encore 31,4 % de PFU en 2026. L'avantage de l'IS est un report d'impôt et une capacité de réinvestissement brut — jamais une exonération.

Dans ce qui suit, on regarde froidement ce que ce montage rapporte et ce qu'il coûte réellement, avant de vous renvoyer, étape par étape, vers le détail : mécanique, décote, fiscalité, amortissement, choix de la structure. Nous suivrons tout au long un exemple, Julien et sa holding. Si vous découvrez le produit lui-même, commencez plutôt par notre guide complet des SCPI ; ici, on suppose acquis ce qu'est une SCPI et une société à l'IS.

✅ Réponse express

Une société à l'IS (souvent une holding à trésorerie excédentaire) achète l'usufruit temporaire de parts de SCPI pour une durée fixe. Elle perçoit 100 % des revenus pendant la période, à un prix décoté, et amortit cet usufruit — ce qui neutralise tout ou partie de l'IS. Un nu-propriétaire (le dirigeant ou ses enfants) récupère la pleine propriété à l'extinction. Contreparties : l'usufruit est consommé à terme (VNC = 0), la plus-value de revente est professionnelle sans abattement, la sortie en dividendes coûte 31,4 %, et un montage artificiel est requalifiable en abus de droit.

§ 1EN BREF·2 MIN

Le montage en 30 secondes

Considérez cette section comme le sommaire du montage par lequel une société à l'impôt sur les sociétés achète l'usufruit temporaire de parts de SCPI : le principe, l'intérêt et les limites en quelques lignes, pour savoir si ce schéma peut concerner votre situation. Chaque brique est ensuite traitée dans un guide dédié : la mécanique du démembrement, le calcul de la décote, la fiscalité et l' amortissement comptable, ou le choix de la structure (holding, SAS, SARL, SCI à l'IS). À distinguer, enfin, de l' usufruit de SCPI côté investisseur particulier : ici, l'usufruitier est une personne morale à l'IS, et c'est ce qui change tout.

⏱️ L'essentiel en 5 points

  • Qui, quoi : une société à l'IS achète l'usufruit temporaire de parts de SCPI pour une durée fixe (5, 10, 15 ou 20 ans).
  • Ce qu'elle perçoit : 100 % des revenus pendant la période, pour un prix décoté.
  • Qui récupère la propriété : un nu-propriétaire (dirigeant ou enfants) achète la nue-propriété à prix réduit et retrouve la pleine propriété à l'extinction, sans revenu entre-temps.
  • Double levier côté société : rendement « boosté » + amortissement linéaire qui neutralise tout ou partie de l'IS.
  • Contreparties : usufruit consommé à terme (VNC = 0), PV professionnelle sans abattement + réintégration des amortissements, double imposition 31,4 % à la sortie, abus de droit si le montage est artificiel.
Hagnéré Patrimoine

Ce montage a-t-il du sens pour votre société ?

Volume de trésorerie, durée, décote, amortissement, coût de sortie et substance économique : un conseiller en gestion de patrimoine chiffre le montage complet avant toute décision.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2LE PRINCIPE·3 MIN

Le principe : usufruit d'un côté, nue-propriété de l'autre

Le démembrement temporaire scinde la propriété de la part en deux droits. L'usufruit donne droit aux dividendes pendant une durée fixe (art. 578 du Code civil) ; la nue-propriété donne le droit de récupérer la pleine propriété à l'extinction, sans percevoir aucun revenu entre-temps. À l'extinction du terme, l'usufruit s'éteint sans contrepartie et le nu-propriétaire retrouve la pleine propriété. Pour une personne morale, la durée d'un usufruit est plafonnée à 30 ans (art. 619 du Code civil).

Nous ne ré-exposons pas ici toute la mécanique : elle est détaillée dans notre fiche sur le démembrement temporaire de SCPI, et la valorisation (la fameuse « clé de répartition ») dans notre fiche sur le calcul de la décote de l'usufruit. Ici, l'usufruitier est une société à l'IS (levier amortissement + placement de trésorerie) ; l'analyse côté particulier est traitée sur la page dédiée à l'usufruit de SCPI de l'investisseur personne physique.

Qui est usufruitier, qui est nu-propriétaire ?

L'usufruitier : la société à l'IS

Points forts

  • Paie un prix décoté (l'usufruit, pas la pleine propriété)
  • Perçoit 100 % des revenus pendant la durée fixe
  • Amortit l'usufruit linéairement sur sa durée

Points de vigilance

  • Ne récupère rien à l'extinction (VNC = 0)
  • Subit toute baisse des distributions pendant la période

Le nu-propriétaire : dirigeant ou enfants

Points forts

  • Paie la nue-propriété à prix réduit
  • Récupère la pleine propriété à l'extinction
  • En principe sans droit de mutation supplémentaire (art. 1133 CGI)

Points de vigilance

  • Ne perçoit aucun revenu pendant toute la durée
  • Récupère une part dont le prix a pu baisser

Deux voies d'entrée à ne pas confondre

La souscription démembrée d'origine (des parts neuves souscrites d'emblée en usufruit / nue-propriété auprès de la société de gestion) n'a pas de cédant d'usufruit préexistant. À l'inverse, la cession d'un usufruit déjà constitué (par exemple le dirigeant qui vendrait à sa société l'usufruit de parts qu'il détient déjà) déclenche le piège de l'article 13, 5° du CGI — nous y revenons en section 7. Le choix de la voie d'entrée n'est jamais neutre fiscalement.

Une précision de vocabulaire, car le piège est réel : nous raisonnons ici sur des catégories génériques (une SCPI diversifiée, une SCPI proposant du démembrement, « la société de gestion »). Aucune SCPI ni aucune société de gestion n'est nommée, et aucune clé de répartition chiffrée n'est présentée comme une norme de marché : elle se calcule au cas par cas.

§ 3DOUBLE LEVIER·4 MIN

Le double levier : rendement décoté + amortissement

C'est le cœur de l'intérêt du montage pour une société à l'IS. Deux effets se cumulent : un rendement rapporté à un capital réduit, et un amortissement qui absorbe l'impôt.

Levier 1 — le rendement « boosté »

L'usufruitier perçoit 100 % des distributions alors qu'il n'a payé qu'une fraction du prix de la part (la décote). Rapporté au capital effectivement engagé, le rendement apparent est donc mécaniquement supérieur à celui de la pleine propriété — au prix, il faut le répéter, d'un capital qui sera consommé à terme. Ce n'est pas un rendement « magique » : c'est un rendement acheté d'avance, sous forme de décote, avec un aléa sur les distributions réelles.

Levier 2 — l'amortissement de l'usufruit

C'est le levier proprement B2B. Attention à une idée reçue tenace : en pleine propriété, les parts de SCPI ne sont pas amortissables (immobilisations financières ; et une SCPI n'amortit pas ses propres immeubles dans ses comptes — règlement ANC n° 2016-03). En revanche, l'usufruit temporaire est un droit limité dans le temps : c'est une immobilisation amortissable linéairement sur sa durée (base : BOFiP BOI-BIC-AMT-10-20 n° 260 ; Conseil d'État, 24 avril 2019, n° 419912). L'article 39 C II du CGI est parfois invoqué à l'appui : sa portée exacte reste à confirmer [À VÉRIFIER], à cadrer avec votre expert-comptable.

L'amortissement linéaire de l'usufruit

Amortissement annuel = Prix de l'usufruit / Duree (lineaire)
A l'extinction du terme : Valeur nette comptable (VNC) = 0

La charge d'amortissement s'impute sur la quote-part de résultat IS remontée de la SCPI et neutralise tout ou partie de l'impôt pendant la période. Montant illustratif, hors frais.

Pourquoi cet amortissement mord-il vraiment ? Parce qu'en société à l'IS, la SCPI cesse d'être un revenu foncier. Elle est translucide (art. 8 du CGI) : quand les parts sont à l'actif d'une entreprise à l'IS, la quote-part de résultat est déterminée selon les règles de l'IS (art. 238 bis K, I du CGI), non selon celles des revenus fonciers. Les revenus entrent dans le résultat imposable à l'IS, diminué de l'amortissement de l'usufruit et des charges. D'où l'impression de « pas d'impôt » en phase de capitalisation. Nous ne développons pas ce point ici : voyez notre fiche sur pourquoi une SCPI à l'IS paie si peu d'impôt, la fiscalité détaillée de l'usufruit en société et l' amortissement comptable pas à pas.

À ne pas confondre : neutraliser ≠ annuler

L'amortissement neutralise l'IS pendant la période, il ne l'annule pas définitivement. Si la société cède son usufruit avant le terme, les amortissements déduits sont réintégrés et gonflent la plus-value professionnelle taxable (base majorée, sans abattement pour durée de détention). Et si l'usufruit va jusqu'à son terme, il disparaît sans contrepartie (VNC = 0, capital consommé) : il n'y a alors ni plus-value ni réintégration, mais la trésorerie encaissée devra encore être sortie en dividendes (31,4 % en 2026) pour être appréhendée par les associés. L'avantage de l'IS est un report et une capacité de réinvestissement brut : jamais une exonération. Pour comparer point par point avec la pleine propriété, voyez notre fiche usufruit ou pleine propriété pour une société.

§ 4POURQUOI·3 MIN

Pourquoi ce montage : trésorerie dormante + transmission

Deux motifs patrimoniaux reviennent le plus souvent. Aucun ne rend le montage universellement pertinent : ce sont des objectifs, pas des garanties.

Motif 1 — placer une trésorerie excédentaire dormante

Beaucoup de sociétés (holding, société d'exploitation) laissent s'accumuler une trésorerie qui ne travaille pas. Plutôt que de la laisser sur un support à faible rendement, la société peut acquérir un actif immobilier productif, décoté et amortissable. C'est une brique parmi d'autres d'une allocation de trésorerie : à comparer aux supports concurrents (comptes à terme, contrat de capitalisation, monétaire…). Nous traitons le sujet dans nos guides sur le placement de trésorerie de holding, par exemple holding avec 1 million de trésorerie excédentaire et holding avec 2 millions à placer.

Motif 2 — préparer une transmission

Le nu-propriétaire — souvent les enfants, ou le dirigeant en direct — acquiert la nue-propriété à prix réduit et retrouve la pleine propriété à l'extinction, en principe sans droit de mutation supplémentaire (art. 1133 du CGI) [À VÉRIFIER selon le schéma]. On parle alors d'une souscription démembrée (ou acquisition démembrée) associant la société usufruitière et les personnes physiques nues-propriétaires. Nous effleurons ce point : le détail est dans nos fiches sur le démembrement de SCPI par une personne morale et sur le démembrement de propriété en général.

Un aléa réglementaire à surveiller (au conditionnel)

Un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (décembre 2025, à visée consultative) a évoqué une réflexion sur la taxation de certains démembrements : il ne s'agit ni d'une loi, ni d'une règle en vigueur. Nous le mentionnons comme une incertitude à surveiller, pas comme un régime applicable. La fiscalité du démembrement est une matière mouvante : toute décision doit être revérifiée à sa date.

§ 5STRUCTURE·3 MIN

Holding, SAS, SARL ou SCI à l'IS : quel cadre ?

Prérequis absolu : l'usufruitier doit être une personne morale à l'IS. Sans IS, ni l'amortissement de l'usufruit ni la translucidité aux règles de l'IS ne jouent — et tout l'intérêt du montage s'effondre. Le choix précis de la structure dépend ensuite de la rémunération du dirigeant, des associés, du chiffre d'affaires et de la détention du capital.

Cadres possibles pour porter l'usufruit. Chaque structure a sa fiche dédiée : le choix se fait après étude, jamais par défaut.
StructurePoint différenciant (à vérifier au cas par cas)Fiche dédiée
Holding à l'ISLoge la trésorerie remontée des filiales ; attention : ne remplit pas toujours la condition « 75 % personnes physiques » du taux réduit à 15 %usufruit-scpi-holding
SAS à l'ISPrésident assimilé salarié : pas de cotisations TNS sur les dividendes, mais charges plus lourdes sur la rémunérationusufruit-scpi-sas
SARL à l'ISGérant majoritaire = TNS : dividendes au-delà de 10 % (capital + primes + comptes courants) soumis aux cotisations sociales (art. L.131-6 CSS)usufruit-scpi-sarl
SCI à l'ISObjet civil immobilier ; à distinguer de la SCI à l'IR (translucide, revenus fonciers)usufruit-scpi-sci-is

Chaque cadre a sa page : l'usufruit en holding, en SAS, en SARL et en SCI à l'IS. Pour la détention en pleine propriété (sans usufruit), voyez nos guides déjà publiés sur les SCPI en SCI à l'IS et sur les SCPI en holding patrimoniale.

⚠️ Ne jamais confondre SCI à l'IR et SCI à l'IS

Une SCI à l'IR est translucide : les revenus de SCPI y restent des revenus fonciers chez l'associé (barème + 17,2 % de PS), sans amortissement de l'usufruit à l'échelle de la société. Le montage usufruit-amortissement présenté ici suppose l'IS. Sur les parts de Julien, une SCI à l'IR ne produirait aucun amortissement d'usufruit : le levier central du montage disparaît purement et simplement.

Un mot sur le taux d'IS, à ne jamais présenter comme automatique : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice imposable (conditions PME : chiffre d'affaires HT sous 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques), puis 25 % au-delà (art. 219 du CGI, taux maintenus par la loi de finances pour 2026). Une holding qui ne remplit pas la condition de détention à 75 % par des personnes physiques peut se voir refuser le taux réduit : à vérifier structure par structure.

💡 Prérequis de bon sens : un seuil de pertinence

Une structure à l'IS et un démembrement ont un coût — comptabilité d'engagement, expert-comptable, éventuels frais de structuration — et immobilisent le capital sur une durée longue et illiquide. En dessous d'un certain volume de trésorerie et sans horizon cohérent avec la durée de l'usufruit, un placement plus simple (SCPI en direct, contrat de capitalisation, assurance-vie) reste souvent préférable : le coût de la structure mangerait l'avantage fiscal. Le montage ne se justifie qu'au-delà d'un volume significatif et après avoir chiffré ce coût — jamais par principe, et jamais sans étude individualisée.

§ 6CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : la holding de Julien

Cas pratique — illustration pédagogique datée (23/07/2026)

Julien, 52 ans, dirigeant · holding à l'IS · 300 000 € de trésorerie excédentaire dormante

Julien veut faire travailler sa trésorerie et préparer la transmission à ses deux enfants. Sa holding envisage d'acheter l'usufruit temporaire (10 ans) de parts de SCPI dont la pleine propriété vaudrait 400 000 €. Hypothèses illustratives, non garanties ; aucune SCPI n'est nommée.

Note de méthode — les hypothèses du cas (toutes illustratives)

  • Usufruit 10 ans acheté 120 000 € / nue-propriété 280 000 €. ⚠️ Cette répartition 120/280 est une hypothèse pédagogique, PAS une norme de marché : la clé réelle se calcule par actualisation des flux (DCF), propre à chaque SCPI et durée (voir calculer la décote), et diffère du barème fiscal de l'art. 669 II (23 %/10 ans, réservé au gratuit/IFI/enregistrement).
  • Taux de distribution supposé de 4,91 % (ordre de grandeur illustratif proche des moyennes de marché récentes, à confirmer à la source ASPIM, jamais rattaché à un fonds), supposé constant — hypothèse volontairement simplificatrice et irréaliste (le marché 2023-2025 a baissé) : c'est une illustration, pas une projection.
  • Taux d'IS de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice. Calculs hors frais de souscription et hors coûts de structure.

Julien — ordres de grandeur sur 10 ans (avant frottements, non garantis)

Cash encaisse a 100 % par l'usufruitier :
  400 000 EUR x 4,91 % ................ ~ 19 640 EUR / an
  Sur 10 ans (hypothese constante) ... ~ 196 400 EUR
  pour un usufruit paye ................. 120 000 EUR

Base imposable a l'IS (differente du cash) :
  = quote-part de resultat fiscal remontee de la SCPI,
    DEJA minoree des amortissements d'immeubles et des
    charges pratiques au niveau de la SCPI (238 bis K)
  - amortissement de l'usufruit ....... 12 000 EUR / an
  -> l'amortissement de l'usufruit s'ajoute a la premiere
     reduction et ecrase une large part de l'IS restant

A l'extinction (10 ans) :
  Usufruit VNC = 0 (capital consomme, aucune PV)
  Nue-proprietaires -> pleine propriete (~ 400 000 EUR,
  sous reserve de l'evolution du prix de part),
  en principe sans droit de mutation (art. 1133 CGI)

La base imposable à l'IS n'est pas le cash distribué (19 640 EUR) mais la quote-part de résultat fiscal, déjà minorée des amortissements d'immeubles et des charges au niveau de la SCPI ; l'amortissement de l'usufruit vient en plus. Ordres de grandeur pédagogiques, hypothèses explicites et irréalistes (TD constant), fiscalité 2026 : ni une projection ni une promesse.

Les contreparties, dans le même bloc (honnêteté)

  • Si le taux de distribution baisse pendant les 10 ans, les ~196 400 € ne seront pas atteints et la décote peut ne pas être rentabilisée.
  • Si la holding revend son usufruit avant le terme : plus-value professionnelle sans abattement + réintégration des amortissements déjà déduits (base majorée). À l'inverse, si l'usufruit va à son terme, il s'éteint sans PV (VNC = 0, capital consommé).
  • Si la holding remonte la trésorerie à Julien : dividendes au PFU 31,4 % en 2026.

Pour d'autres scénarios (durées, décotes, sensibilité à la baisse des distributions), voyez notre fiche usufruit de SCPI : exemples chiffrés. Rappel : une SCPI est un placement non garanti, illiquide, avec risque de perte en capital ; les distributions et le prix de part peuvent baisser.

§ 7RISQUES·4 MIN

Les risques et les pièges : ce que le montage coûte vraiment

Reprenons le cas de Julien. Les 196 400 € encaissés sur 10 ans supposent un rendement qui ne bouge pas, un usufruit qu'il ne revend pas avant le terme, et une sortie qu'on paiera plus tard. Chacune de ces trois hypothèses a un coût : les voici.

⚠️ Risques spécifiques à l'usufruit de SCPI en société

  • Baisse des distributions pendant la durée fixe : l'usufruitier subit toute baisse. Le contexte 2023-2025 (baisse des valorisations de bureaux, reculs de prix de part sur plusieurs véhicules, files d'attente au retrait) rappelle que ce risque est concret ; toute donnée de marché doit être appréciée à sa date et à sa source (ASPIM, IEIF), jamais rattachée à un fonds nommé. Décote potentiellement non rentabilisée, et risque asymétrique (l'usufruit disparaît à terme).
  • Prix de part qui recule : le nu-propriétaire récupère une pleine propriété qui peut valoir moins qu'anticipé.
  • Usufruit consommé (VNC = 0) : à l'extinction, sans contrepartie ; le capital est « consommé ».
  • Illiquidité renforcée : le compartiment démembré du marché secondaire est étroit ; s'y ajoutent, sur le marché général, files d'attente au retrait et suspensions de variabilité observées en 2023-2026 [à confirmer à la source ASPIM].

Le piège de l'article 13, 5° du CGI

C'est le point que les plaquettes commerciales oublient de mentionner. La première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire (depuis le 14 novembre 2012) est imposée comme un revenu — des revenus fonciers pour de l'immobilier, taxés au barème — et non comme une plus-value (art. 13, 5° du CGI ; BOI-IR-BASE-10-10-30). Le cas concret : si un dirigeant vend à sa propre société l'usufruit de parts qu'il détient déjà, le produit est lourdement taxé chez lui. La souscription démembrée d'origine, elle, n'a pas de cédant d'usufruit préexistant et échappe à ce régime.

La plus-value de sortie et la double imposition

En cas de cession par la société de son usufruit avant le terme (ou de parts détenues en pleine propriété), la plus-value est professionnelle : taux d'IS, sans abattement pour durée de détention, avec réintégration des amortissements (base majorée) — l'inverse du régime des particuliers (voir la plus-value de cession de parts de SCPI). Et pour sortir la trésorerie vers les associés personnes physiques, il faut encore verser un dividende, imposé au PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS, LFSS 2026) ou au barème après abattement de 40 %. ⚠️ Pas 30 % en 2026. L'IS est un report, pas une exonération (voir les prélèvements sociaux des SCPI, 17,2 % vs 18,6 %).

L'abus de droit

Un montage sans substance économique réelle, motivé par un but principalement ou exclusivement fiscal, est requalifiable (art. L64 et L64 A du Livre des procédures fiscales). La substance s'exige : trésorerie réellement placée, durée cohérente avec l'horizon, rendement attendu documenté, objectif patrimonial identifiable. Ce n'est pas un schéma à monter pour le seul avantage d'impôt.

Mémo express

À retenir sur les risques

  • Chaque avantage a une contrepartie : rendement décoté ↔ capital consommé ; amortissement ↔ réintégration à la sortie.
  • La plus-value de revente est professionnelle, sans abattement ; la sortie en dividendes coûte 31,4 % en 2026.
  • Le piège de l'art. 13, 5° frappe le dirigeant qui cède à sa société un usufruit préexistant.
  • Le montage n'a de sens qu'avec une substance économique et un horizon cohérent : à défaut, abus de droit.
§ 8POUR QUI·2 MIN

Ce montage est-il fait pour votre société ?

Cette page délivre une information générique, jamais une recommandation personnalisée : celle-ci suppose un questionnaire de connaissance, d'expérience, d'objectifs et de situation. Rappel de bon sens : un placement simple (SCPI en direct, assurance-vie) est souvent préférable en dessous d'un certain volume et d'un certain horizon, une fois le coût de la structure pris en compte. L'IS et l'usufruit ne se justifient qu'au-delà d'un certain montant de trésorerie dormante et sur un horizon long, après calcul.

Quand ce montage n'est PAS adapté

  • Petits montants et horizon court : honoraires d'expert-comptable et frais de structuration du démembrement dépassent vite l'IS économisé.
  • Pas de trésorerie dormante à placer, ou besoin de récupérer l'argent rapidement.
  • Pas de projet de transmission associé.
  • Forte aversion à l'illiquidité ou au risque de perte en capital.
  • Montage envisagé au seul but fiscal, sans substance économique : risque d'abus de droit.

Autrement dit, il est parfaitement légitime que la conclusion soit : « ce montage n'est pas adapté à votre situation ». Sur les 300 000 € de Julien, avec deux enfants et un horizon de 10 ans, le montage se discute ; sur 60 000 € à récupérer dans trois ans, la réponse est non — et c'est un bon conseil. Pour approfondir, comparez avec la pleine propriété en société, la durée d'usufruit à retenir, ou revenez au guide complet des SCPI.

Méthode documentée

Faites valider (ou écarter) le montage par un cabinet multi-partenaires

On reprend vos vrais chiffres — volume de trésorerie, durée, décote, coût de sortie — et on vous dit si le double levier tient — y compris pour vous dire que ce n'est pas adapté. Ce chiffrage se fait dans le cadre d'une lettre de mission. Premier rendez-vous offert, sans recommandation personnalisée, depuis Bassens, près de Chambéry, ou en visio.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

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Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP) : simulation du double levier, conséquences patrimoniales du choix de la structure à l'IS, cadrage de la décote et de la sortie, coordination avec votre expert-comptable et votre notaire.

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  • Bilan patrimonial offert
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4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Faire valider votre montage usufruit-société par un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

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Sources et références légales

  • CGI — IS & translucidité

    Art. 8 CGI (translucidité des sociétés de personnes). Art. 238 bis K, I CGI (la quote-part de résultat remontée d'une SCPI est déterminée selon les règles de l'IS quand les parts sont à l'actif d'une entreprise à l'IS). Art. 219 CGI (taux d'IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. 39 C, II CGI (amortissement — portée à vérifier).

  • CGI — usufruit & plus-values

    Art. 578 et 619 du Code civil (définition de l'usufruit ; durée plafonnée à 30 ans pour une personne morale). Art. 669, II CGI (barème fiscal de l'usufruit à durée fixe, réservé aux droits d'enregistrement, donations et IFI). Art. 13, 5° CGI (cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire imposée comme un revenu). Art. 150 UB CGI (régime des plus-values des particuliers, en contraste). Art. 1133 CGI (reconstitution de la pleine propriété à l'extinction). Art. 200 A CGI (PFU / flat tax).

  • BOFiP & jurisprudence

    BOI-BIC-AMT-10-20 n° 260 (amortissement de l'usufruit temporaire). BOI-BIC-BASE-10-20-10 (part de bénéfice d'une société de personnes). BOI-IS-LIQ-20-20 (taux réduit PME). BOI-IR-BASE-10-10-30 (régime de l'art. 13, 5°). BOI-CF-IOR-30-20 (abus de droit). Conseil d'État, 24 avril 2019, n° 419912 (amortissement d'usufruit déductible). Conseil d'État, 30 septembre 2019, n° 419855, Luccotel (valorisation par actualisation des flux). Règlement ANC n° 2016-03 (placements immobiliers non amortis).

  • Actualité 2026 & marché

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : PS portés à 18,6 % sur les revenus de capitaux mobiliers, soit un PFU de sortie de 31,4 % sur les dividendes ; 17,2 % maintenus sur le foncier des particuliers. LPF art. L64 et L64 A (abus de droit et mini-abus de droit). ASPIM — indicateurs agrégés du marché des SCPI grand public 2025 (taux de distribution et prix de part moyens, ordres de grandeur, jamais rattachés à un véhicule nommé).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation fiscale ou juridique. Les chiffres présentés (décote, rendement, amortissement, taux) sont des ordres de grandeur illustratifs, datés au 23 juillet 2026 : la clé de répartition réelle d'un usufruit se calcule au cas par cas par actualisation des flux, et la fiscalité est une matière mouvante révisée chaque loi de finances. Un montage d'usufruit temporaire en société est une opération complexe qui doit reposer sur une substance économique réelle (à défaut, risque de requalification en abus de droit) et être validée avec votre expert-comptable, votre notaire et votre conseiller. Une SCPI est un placement de long terme non garanti, illiquide, comportant un risque de perte en capital et de baisse des revenus : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hagnéré Patrimoine — cabinet immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine), établi à Bassens (73000).

Foire aux questions

Tout sur l'usufruit temporaire de SCPI en société et le montage à l'IS.

Le principe, le double levier, la structure, la trésorerie, les risques, l'abus de droit et le piège de l'article 13, 5°. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Une société soumise à l'impôt sur les sociétés (souvent une holding qui dispose d'une trésorerie excédentaire) acquiert, pour une durée fixe (5, 10, 15 ou 20 ans), le seul usufruit de parts de SCPI, c'est-à-dire le droit d'en percevoir 100 % des revenus pendant cette période. Elle le paie à un prix décoté par rapport à la pleine propriété. En parallèle, un nu-propriétaire (le dirigeant en direct ou ses enfants) achète la nue-propriété au prix complémentaire, sans percevoir aucun revenu pendant la durée, et récupère la pleine propriété à l'extinction. Cette page est la vue d'ensemble du montage ; la mécanique du démembrement est détaillée dans notre fiche dédiée.