Construisez votre allocation avec un expert indépendant
PEA, ETF, or, enveloppes d'investissement et diversification : nous vous aidons à transformer vos objectifs en stratégie concrète et pilotable.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en placements financiers
Quentin Hagnéré accompagne les investisseurs débutants comme patrimoniaux sur la construction d'allocations cohérentes, le choix des enveloppes et la mise en place d'une stratégie de long terme.
Sommaire
- 1. Pourquoi les 18 premiers mois décident de tout
- 2. Le risque n°1 : tout investir le mauvais jour
- 3. Cartographier vos 5 M€ en 4 poches
- 4. Les enveloppes qui changent tout
- 5. Allocation cible selon votre profil
- 6. Fiscalité 2026 du remploi
- 7. Exemple chiffré : 5 M€ sur 18 mois
- 8. Erreurs fréquentes du dirigeant liquide
- 9. La méthode Hagnéré Patrimoine
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
En 60 secondes
- Pour qui ? Un dirigeant qui vient de céder son entreprise autour de 5 M€ et veut structurer sans se précipiter.
- Ce que vous y gagnez : une méthode de déploiement (4 poches + tempo 18 mois), 3 allocations chiffrées par profil et le cadre fiscal 2026.
- Chiffre clé 2026 : 18 mois pour déployer ; à 5 M€, l'illiquide pèse 15 à 30 % de l'allocation.
- Risque principal : tout investir d'un coup, au mauvais moment.
- Temps de lecture : 14 min.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les allocations, rendements et cas chiffrés présentés sont purement illustratifs, non garantis, et comportent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et peut évoluer.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants cédants, professions libérales et non-résidents. Le cabinet applique une méthodologie family office sur les patrimoines à partir de 1 M€, avec rapport écrit opposable.
1. Vous venez de vendre 5 M€ : pourquoi les 18 premiers mois décident de tout
La signature est passée, le séquestre est levé, et 5 millions d'euros viennent d'atterrir sur votre compte. Vous avez consacré quinze ou vingt ans à bâtir cette entreprise ; le réflexe naturel, désormais, est de « ne pas laisser dormir l'argent ». L'entourage s'active, les banques privées vous courtisent, et l'envie d'en finir vite avec ce sujet est légitime. Et c'est là que la plupart se trompent : ils confondent vitesse et méthode.
Ce guide ne traite pas de la manière de payer moins d'impôt en vendant(pacte Dutreil, donation avant cession, abattement dirigeant, apport-cession comme levier d'optimisation) : ce sujet est couvert en détail dans notre guide céder son entreprise : optimiser la fiscalité en 2026. Ici, on part du principe que la vente est faite et l'argent encaissé. La seule question qui compte alors est : comment déployer ces 5 M€ intelligemment sur 18 mois ?
Un patrimoine cédé n'est pas encore un patrimoine structuré. Ce sont les premiers mois qui fixent la trajectoire : l'année fiscale de la plus-value, l'ouverture des bonnes enveloppes au bon moment, et le rythme d'entrée sur les marchés. Trois horloges démarrent en même temps que vous signez.
Les 3 compteurs qui démarrent à la signature
- 1. L'année fiscale N de la plus-value. Une plus-value de cession à 5 M€ fait exploser votre revenu fiscal de référence : la contribution exceptionnelle (CEHR) et la contribution différentielle (CDHR) sur les hauts revenus doivent être anticipées dès l'année de la cession.
- 2. L'ancienneté des enveloppes. L'assurance-vie se bonifie à 8 ans, le PEA à 5 ans : ouvrir tôt, même avec une mise modeste, c'est démarrer les compteurs d'antériorité fiscale.
- 3. Le calendrier de remploi. Si une partie de la plus-value est en report via l'apport-cession 150-0 B ter, la holding doit remployer 70 % du produit sous 3 ans si elle cède les titres apportés sous 3 ans.
2. Le risque numéro un n'est pas le marché, c'est de tout investir le mauvais jour
Quand on touche 5 M€ d'un coup, la tentation est de les investir d'un coup. C'est le piège du lump sum: déployer l'intégralité du capital sur une seule photographie du marché. Si cette photographie est prise juste avant une correction, vous pouvez perdre plusieurs années de performance sur la fraction exposée aux actions. Le danger n'est pas le marché en lui-même — il monte sur le long terme — mais le risque de point d'entrée sur un montant aussi concentré.
Toutes les poches ne se valent pas face à ce risque. La Sécurité (fonds euros, obligataire daté) et le Revenu(SCPI, dette privée à coupon) sont peu sensibles au moment d'entrée : on peut les investir rapidement. La Croissance(actions) et l'Illiquide (private equity) doivent au contraire être lisséesdans le temps. C'est sur cette distinction que repose toute la suite.
Le piège du dirigeant fraîchement liquide
Trois forces poussent à se précipiter : la pression de l'entourage et des banques privées (« il faut faire travailler cet argent »), la peur de « rater le marché », et l'envie d'en finir avec un sujet anxiogène. Ces trois forces convergent vers la même décision — investir vite et tout en même temps — qui est précisément celle qu'il faut éviter.
La règle des 18 mois : lisser l'entrée plutôt que timer le point bas
Personne ne sait deviner le creux du marché — ni nous, ni votre banquier, ni les meilleurs gérants. La parade n'est donc pas de timerl'entrée mais de l'étaler. On déploie par tranches mensuelles pour les actions, et par millésimes (générations de fonds) pour le private equity, de sorte que le prix moyen d'entrée se lisse mécaniquement sur l'ensemble de la période. Dix-huit mois est une durée éprouvée : assez longue pour lisser un cycle, assez courte pour ne pas laisser des millions improductifs.
| Poche | Quand l'investir | Comment |
|---|---|---|
| Sécurité | Sous 3 mois | En une fois (peu sensible au point d'entrée) |
| Revenu | Sous 3 à 6 mois | En une fois ou en 2 tranches (loyers et coupons) |
| Croissance | Sur 12 à 18 mois | Tranches mensuelles régulières (lissage actions) |
| Illiquide | 18 mois et au-delà | Engagements sur plusieurs millésimes + appels de fonds |
Bâtissons votre plan de déploiement sur 18 mois
Un conseiller Hagnéré Patrimoine cartographie votre situation et construit, poche par poche, le calendrier de remploi de votre capital de cession.
3. Cartographier vos 5 M€ en 4 poches : Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide
La méthode des 4 poches, c'est l'ossature qu'on pose avant de parler du moindre produit. Chaque poche a une fonction précise, et l'ensemble converge vers une trésorerie qui distribue le cash dont vous avez besoin pour vivre. On ne part jamais du produit, mais de la fonction: qu'est-ce que cette part du capital doit faire — vous sécuriser, vous payer, vous faire grandir, ou aller chercher la prime du non-coté ?
Un dirigeant cédant ne joue pas dans la même cour qu'un épargnant lambda : à 5 M€, la poche Illiquide grossit. Là où elle pèse 10 à 15 % à 1 M€, elle monte à 15 à 30 % à 5 M€. C'est la logique du family office : plus le patrimoine est important, plus il peut immobiliser une part de son capital pour aller chercher la prime des actifs non cotés.
Poche Sécurité
Le coussin : 2 à 3 ans de train de vie + réserve d'opportunités. Fonds euros, obligataire daté, liquidités. Logée en AV et capitalisation.
Poche Revenu
Le moteur de flux : SCPI européennes, dette privée, structurés à coupon, infrastructure. Loyers et coupons réguliers, sans bloquer le capital.
Poche Croissance
La performance longue : ETF actions monde (MSCI World, S&P 500) sur 8 à 10 ans. En PEA, puis AV, puis compte-titres.
Poche Illiquide
La prime d'illiquidité : private equity, dette privée, infrastructure, club deals. Horizon 8 à 12 ans. Grossit avec le patrimoine.
Poche Sécurité : à quoi sert le coussin et combien y mettre
La poche Sécurité a deux rôles : couvrir 2 à 3 ans de votre train de vie sans avoir à vendre un actif au mauvais moment, et constituer une réserve d'opportunités mobilisable rapidement. On y loge des fonds euros(rendement de l'ordre de 2,6 % net en référence 2026, non garanti) et des fonds obligataires datés: ces derniers offrent un « portage » à échéance, c'est-à-dire un rendement connu à l'avance si l'on conserve jusqu'au terme, sans exposition action. Ces supports sont logés en assurance-vie et en contrat de capitalisation.
Poche Revenu : faire travailler le capital sans le bloquer
La poche Revenu génère un flux régulier : c'est elle qui alimente la trésorerie pour votre rente. On y trouve les SCPI européennes (rendement de l'ordre de 4,7 à 4,9 % en référence 2026, non garanti), la dette privée, les produits structurés à coupon avec protection partielle, l'infrastructure distributive et la nue-propriété de SCPI (qui joue côté revenu via la décote). On les loge en AV luxembourgeoise (FAS) et en capitalisation.
Point de vigilance fiscale :les loyers de SCPI détenues en direct sont des revenus fonciers (barème de l'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), tandis que les coupons de dette privée détenus hors enveloppe relèvent du PFU avec 18,6 % de prélèvements sociaux. Logés dans une assurance-vie ou une capitalisation, ces revenus capitalisent sous le régime de l'enveloppe, ce qui diffère l'imposition.
Poche Croissance : capter la performance des actions monde sur 8-10 ans
La poche Croissance est le moteur de revalorisation à long terme. On l'investit en ETF actions monde(MSCI World) et S&P 500, en privilégiant les enveloppes fiscalement efficientes : d'abord le PEA (à hauteur du plafond de 150 000 € par personne, exonéré d'IR après 5 ans), puis l'assurance-vie, puis le compte-titres pour le surplus. Pour la part très long terme tournée vers la retraite, le plan d'épargne retraite (PER) peut compléter le dispositif. C'est lapoche que l'on lisse par tranches mensuelles.
Poche Illiquide : pourquoi le non-coté a sa place dès 5 M€
La poche Illiquide capte une prime de rendement en échange de l'immobilisation du capital sur 8 à 12 ans. On y trouve le private equity (non coté), la dette privée illiquide, l'infrastructure, les club deals et, pour les profils offensifs, une touche d'or comme couverture. À 5 M€, vous avez à la fois le ticket d'entrée et la capacité à immobiliser une part de votre capital : c'est ce qui vous ouvre cette classe d'actifs, réservée aux patrimoines importants.
L'illiquide grossit avec le patrimoine
C'est une logique de family office : la part du non-coté augmente avec la taille du patrimoine, car la capacité à supporter l'illiquidité augmente.
- À 1 M€ : environ 10 à 15 % en illiquide.
- À 5 M€ : environ 15 à 30 %.
- À 10 M€ et plus : environ 30 à 40 %.
Le private equity affiche une référence de l'ordre de 11 % par an net en moyenne historique, mais avec une forte dispersion des résultats : sélection et diversification par millésimes sont essentielles. Non garanti, risque de perte en capital.
L'essentiel des 4 poches
- Sécurité = vous protège (le coussin : vous ne vendez jamais au mauvais moment).
- Revenu = vous paie (loyers et coupons qui alimentent votre rente).
- Croissance = vous fait grandir (les actions monde sur 8 à 10 ans).
- Illiquide= vous récompense (la prime du non-coté, d'autant plus grande que le patrimoine est important).
Vous ne raisonnez jamais « quel produit acheter ? » mais « quelle fonctionremplir, et avec quelle enveloppe ? ». C'est tout l'objet du chapitre suivant.
4. Les enveloppes qui changent tout : AV, AV luxembourgeoise, capitalisation, PEA, PER
À 5 M€, l'enveloppe prime souvent sur le support. Le bon contenant, c'est celui qui combine report d'imposition, transmission optimisée et flexibilité. Passons en revue ce que chaque enveloppe apporte vraiment dans un plan de remploi.
| Enveloppe | Atout clé | Fiscalité des gains | Transmission |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie | Souplesse + antériorité 8 ans | Après 8 ans : 4 600/9 200 € d'abattement, puis 7,5 %/12,8 % + PS 17,2 % | 990 I (avant 70 ans) / 757 B (après 70 ans) |
| AV luxembourgeoise | Triangle de sécurité + FID/FAS + lombard | Fiscalité française du résident (identique à l'AV) | 990 I / 757 B (comme l'AV française) |
| Contrat de capitalisation | Détenable par une holding à l'IS | Idem AV ; antériorité conservée en cas de transmission | Se transmet en conservant l'antériorité fiscale |
| PEA | Exonération d'IR après 5 ans | Après 5 ans : exonéré d'IR, PS 18,6 % à la sortie | Clôture au décès (transmis au barème des droits) |
| PER | Déduction à l'entrée, capitalisation longue | Sortie capital : PS 18,6 % sur les gains | Avantageux selon l'âge au décès (régime dédié) |
L'assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) et le crédit lombard
L'assurance-vie luxembourgeoise devient particulièrement pertinente à partir de 5 M€. Elle repose sur le triangle de sécurité (assureur, banque dépositaire et souscripteur), assorti du super-privilège qui fait du souscripteur un créancier de premier rang, sans le plafond de 70 000 € du fonds de garantie français. Son architecture ouvertepermet, via le FID (fonds interne dédié) et le FAS (fonds d'assurance spécialisé), de loger des titres vifs, du non-coté et du multidevises.
Le crédit lombard se branche dessus : en nantissant le contrat, vous mobilisez des liquidités — pour financer des appels de fonds de private equity ou saisir une opportunité — sans désinvestirni déclencher d'imposition sur les plus-values latentes. C'est un levier particulièrement utile pour le profil dynamique. Nous détaillons ce montage dans notre guide crédit lombard adossé à l'AV luxembourgeoise.
À retenir : l'enveloppe prime sur le support
Deux dirigeants peuvent détenir exactement les mêmes ETF actions et les mêmes SCPI, et pourtant payer un impôt très différent à la sortie ou à la transmission : tout dépend de l'enveloppe dans laquelle ces actifs sont logés. Avant de choisir un support, on choisit le contenant — assurance-vie, AV luxembourgeoise, capitalisation, PEA, PER — selon ce que vous visez : différer l'impôt, optimiser la transmission, ou mobiliser des liquidités sans désinvestir.
Une AV luxembourgeoise est-elle adaptée à votre situation ?
À partir de 5 M€, le contrat luxembourgeois peut devenir la pièce maîtresse de votre allocation. Faisons le point ensemble.
5. Allocation cible selon votre profil de risque
Trois allocations cibles, des 5 M€ répartis selon votre tolérance au risque. Elles sont illustratives et non garanties : elles donnent l'ordre de grandeur et la logique de répartition, pas une promesse de rendement. Le rendement net visé indiqué est un objectif, soumis au risque de perte en capital.
Comment lire ces allocations
Les trois profils ci-dessous ne sont pas des cases où vous devez rentrer de force. Voyez-les comme des points de repère. Le rendement net visé (3 %, 5 %, 7 %+) est un objectif cohérent avec la prise de risque de chaque profil, pas un résultat acquis. Dans la réalité, votre allocation se construit selon votre profil et votre horizon — âge, besoin de rente, projets de transmission, tolérance aux phases de baisse — et se situe le plus souvent entredeux profils. Les pourcentages donnent la logique et l'ordre de grandeur ; ils restent illustratifs et non garantis.
Profil Prudent — viser ~3 % net/an
Sécurité 45 % (2,25 M€) · Revenu 30 % (1,5 M€) · Croissance 18 % (0,9 M€) · Illiquide 7 % (0,35 M€). Priorité à la préservation.
Profil Équilibré — viser ~5 % net/an
Sécurité 25 % (1,25 M€) · Revenu 30 % (1,5 M€) · Croissance 30 % (1,5 M€) · Illiquide 15 % (0,75 M€). Volatilité modérée.
Profil Dynamique — viser ~7 %+ net/an
Sécurité 12 % (0,6 M€) · Revenu 20 % (1 M€) · Croissance 38 % (1,9 M€) · Illiquide 30 % (1,5 M€). Phases de baisse assumées.
| Poche | Prudent (~3 %) | Équilibré (~5 %) | Dynamique (~7 %+) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 45 % — 2,25 M€ | 25 % — 1,25 M€ | 12 % — 0,6 M€ |
| Revenu | 30 % — 1,5 M€ | 30 % — 1,5 M€ | 20 % — 1 M€ |
| Croissance | 18 % — 0,9 M€ | 30 % — 1,5 M€ | 38 % — 1,9 M€ |
| Illiquide | 7 % — 0,35 M€ | 15 % — 0,75 M€ | 30 % — 1,5 M€ |
Profil prudent : la préservation d'abord
Pour un dirigeant qui privilégie la préservation après cession, l'objectif est une perte rare et un rendement net de l'ordre de 3 %. La poche Sécurité (45 %, 2,25 M€) associe fonds euros et obligataire daté en assurance-vie et capitalisation. La poche Revenu (30 %, 1,5 M€) combine SCPI européennes et structurés à coupon à protection partielle, en AV luxembourgeoise (FAS) et capitalisation. La Croissance (18 %, 0,9 M€)se fait en ETF actions monde en AV et, à hauteur du plafond, en PEA. L'Illiquide (7 %, 0,35 M€)reste modeste : nue-propriété de SCPI et une touche d'infrastructure. Le moteur de rente vient des fonds euros, du portage obligataire et des loyers ; les actions assurent la revalorisation longue. Sur 18 mois, on fait glisser progressivement le fonds euros vers l'obligataire daté, puis vers la croissance, à mesure que le marché se déploie.
Profil équilibré : le couple revenu / croissance
Le profil équilibré cherche un rendement net autour de 5 % en acceptant une volatilité modérée. La Sécurité (25 %, 1,25 M€) en fonds euros et obligataire daté, en AV luxembourgeoise et capitalisation, sert de coussin de stabilité et de liquidité. La Revenu (30 %, 1,5 M€) mêle SCPI européennes, dette privée et structurés à coupon en AVL (FAS) et capitalisation, pour un flux régulier. La Croissance (30 %, 1,5 M€)en ETF actions monde et S&P 500, en PEA (plafond) et assurance-vie, est le moteur principal de valorisation à 8-10 ans. L'Illiquide (15 %, 0,75 M€)ajoute private equity, nue-propriété de SCPI et infrastructure. Sur 18 mois, on déploie d'abord Sécurité et Revenu, puis on échelonne la Croissance et les appels de fonds du private equity.
Profil dynamique : la performance des actions et du non-coté
Le profil dynamique, voire offensif, vise 7 % et plus en assumant des phases de baisse marquées. La Sécurité (12 %, 0,6 M€)se réduit à de l'obligataire daté et une part résiduelle de fonds euros, juste de quoi saisir les opportunités et couvrir le court terme. La Revenu (20 %, 1 M€) en dette privée, SCPI européennes et structurés à coupon (AVL/FAS) finance les appels de capital. La Croissance (38 %, 1,9 M€)en ETF actions monde et S&P 500, en PEA et compte-titres, forme le cœur de la performance. L'Illiquide (30 %, 1,5 M€)réunit private equity, dette privée illiquide, infrastructure et une poche d'or de couverture. Le crédit lombard adossé à l'AVL peut financer une partie des appels sans désinvestir. Au fil des 18 mois, on accélère l'entrée en marché par tranches mensuelles et on programme les engagements de private equity sur plusieurs millésimes pour lisser le risque de point d'entrée.
6. Fiscalité 2026 du remploi après cession
La fiscalité de la cession elle-même — pacte Dutreil, donation avant cession, abattement dirigeant de 500 000 €, montage d'apport-cession comme levier — est traitée en détail dans notre guide optimiser la fiscalité de sa cession. Ici, on ne traite que les compteurs déclenchés à l'encaissement et la fiscalité du remploi proprement dit.
La plus-value de cession de titres. Au prélèvement forfaitaire unique, elle est imposée à 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, CSG relevée par la LFSS 2026) — et non 30 %, taux qui ne vaut que pour l'assurance-vie. L'option pour le barème progressif, avec d'éventuels abattements pour durée de détention liés aux régimes antérieurs, reste possible. Le dirigeant partant en retraite peut bénéficier, sous conditions (cessation des fonctions et liquidation des droits à retraite dans un délai de deux ans), d'un abattement fixe de 500 000 €(art. 150-0 D ter). Attention : cet abattement réduit l'assiette de l'impôt sur le revenu mais ne neutralise pas les prélèvements sociaux, qui restent dus sur la totalité de la plus-value brute.
Dualité des prélèvements sociaux 2026 — l'erreur à ne pas faire
Depuis la LFSS 2026, deux taux de prélèvements sociaux coexistent. Appliquer un taux unique partout est l'erreur la plus fréquente.
- 17,2 %sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL.
- 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs.
Conséquence concrète :sur 100 000 € de plus-value mobilière de cession imposée au PFU, l'impôt 2026 est de 31 400 €(et non 30 000 €). Sur un rachat d'assurance-vie de plus de 8 ans, les prélèvements sociaux ne sont que de 17,2 %. Avant d'appliquer un taux, regardez d'abord de quel revenu il s'agit.
L'apport-cession (art. 150-0 B ter) : un report, pas une exonération.Lorsque les titres sont apportés à une holding à l'IS que vous contrôlez, l'imposition de la plus-value est mise en report. Mais si la holding cède ces titres moins de 3 ans après l'apport, elle doit remployer au moins 70 % du produit de cession (seuil relevé de 60 % par la LF 2026) dans une activité économique éligible, sous 3 ans, et conserver les réinvestissements 5 ans. Les activités à prépondérance immobilière sont désormais exclues du remploi éligible pour les cessions de titres apportés à compter du 21 février 2026. Le mécanisme complet est détaillé dans notre guide apport-cession 150-0 B ter et dans notre page remploi en apport-cession.
CEHR et CDHR : la strate à anticiper l'année N. Une plus-value de 5 M€ fait grimper le revenu fiscal de référence à un niveau qui déclenche la contribution exceptionnelle (CEHR) et la contribution différentielle (CDHR) sur les hauts revenus. La CEHR (art. 223 sexies) ajoute 3 % puis 4 % au-delà de 250 k€ / 500 k€ de RFR. La CDHR (art. 224) impose une imposition minimale de 20 % du RFRpour les très hauts revenus, reconduite par la LF 2026 ; à noter, les prélèvements sociaux sont exclus du numérateur de la CDHR. À 5 M€ de plus-value, ces contributions mordent très probablement l'année de la cession : il faut les provisionner.
IFI : 1,3 M€ et la nue-propriété hors assiette. L'impôt sur la fortune immobilière est dû au-delà de 1,3 M€de patrimoine immobilier net taxable. Les SCPI et parts immobilières entrent dans l'assiette, de même que la fraction immobilière des unités de compte (art. 972). En revanche, la nue-propriété(de SCPI ou en direct) en sort temporairement (art. 968) : c'est un levier cohérent avec la poche Illiquide, détaillé dans nos guides optimisation IFI et démembrement de propriété.
| Élément | Règle / taux 2026 | Référence |
|---|---|---|
| PV de cession de titres (PFU) | 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) — option barème possible | CGI art. 200 A |
| Abattement dirigeant retraite | 500 000 € (fixe), sous conditions | CGI art. 150-0 D ter |
| Apport-cession (report) | Remploi 70 % / 3 ans / conservation 5 ans / immo exclu | CGI art. 150-0 B ter (LF 2026) |
| Assurance-vie après 8 ans | Abattement 4 600/9 200 € + 7,5 %/12,8 % + PS 17,2 % | CGI art. 125-0 A |
| PEA après 5 ans | Exonéré d'IR, PS 18,6 % à la sortie | CGI art. 200 A |
| Succession AV | 990 I (avant 70 ans) / 757 B (après 70 ans) | CGI art. 990 I et 757 B |
| IFI | Seuil 1,3 M€ immo net ; nue-propriété hors assiette | CGI art. 964 à 977, 968, 972 |
| CEHR / CDHR | 3 %/4 % (CEHR) ; plancher 20 % du RFR (CDHR) | CGI art. 223 sexies et 224 |
7. Exemple chiffré : un remploi de 5 M€ étalé sur 18 mois
Hypothèses explicites
Cas illustratif, non garanti, comportant un risque de perte en capital. Les chiffres ci-dessous montrent une mécanique de déploiement ; ils ne constituent pas une promesse de rendement et dépendent des marchés.
Monsieur D., 54 ans, encaisse 5 M€ après la cession de sa société et retient un profil équilibré. Son allocation cible : 1,25 M€ en Sécurité (fonds euros + obligataire daté), 1,5 M€ en Revenu (SCPI européennes + dette privée + structurés), 1,5 M€ en Croissance (ETF monde en PEA et AV luxembourgeoise) et 0,75 M€ en Illiquide (private equity + nue-propriété).
| Poche | Montant | Supports | Quand |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 1,25 M€ | Fonds euros + obligataire daté | Sous 3 mois |
| Revenu | 1,5 M€ | SCPI européennes + dette privée + structurés | Sous 3 mois |
| Croissance | 1,5 M€ | ETF monde (PEA + AV luxembourgeoise) | Tranches mensuelles sur 12-18 mois |
| Illiquide | 0,75 M€ | Private equity + nue-propriété | Engagements sur 2 millésimes |
Le déploiement est étalé sur 18 mois : la Sécurité et le Revenu sont investis sous 3 mois, la Croissance par tranches mensuelles, les appels de private equity sur deux millésimes. À 5 % net moyen(hypothèse), le capital pourrait viser de l'ordre de 6,4 M€ à 5 ans. S'il souhaite consommer 4 à 5 % net, Monsieur D. pourrait dégager une rente potentielle de 200 à 250 k€ par an. Ces chiffres sont purement illustratifs.
Ordre de grandeur de la capitalisation (illustratif)
Capital final ≈ Capital initial × (1 + taux)^durée 6,4 M€ ≈ 5 M€ × (1 + 5 %)^5
- Capital initial :5 000 000 €
- Taux net moyen (hypothèse) :5 % par an
- Durée :5 ans
Calcul hors fiscalité de sortie et hors frais, à seule fin d'illustration. Non garanti, risque de perte en capital.
Pour aller plus loin sur ce que produit réellement un tel capital, voyez notre analyse dédiée : combien rapporte réellement 5 M€ placés ?
Faites simuler votre propre plan de remploi
Plus de 400 clients accompagnés chaque année. Nous construisons votre allocation chiffrée des 5 M€ et votre calendrier de déploiement sur 18 mois.
8. Erreurs fréquentes du dirigeant fraîchement liquide
En cabinet, nous voyons revenir les mêmes pièges chez les dirigeants qui viennent d'encaisser. Les connaître, c'est déjà les éviter.
- Tout investir d'un coup.Le réflexe le plus coûteux : exposer 5 M€ à un seul point d'entrée de marché.
- Garder 5 M€ en cash « le temps de réfléchir ». Deux ans d'attente, c'est un coût d'opportunité et une érosion par l'inflation, l'exact symétrique de l'erreur précédente.
- Sur-concentrer sur un seul actif— souvent l'immobilier ou « ce que l'on connaît » —, au détriment de la diversification des 4 poches.
- Négliger l'année fiscale N. Oublier de provisionner la CEHR et la CDHR déclenchées par la plus-value.
- Ouvrir les enveloppes trop tardet perdre des mois d'antériorité fiscale sur l'AV et le PEA.
- Confondre apport-cession et placement libre. L'apport-cession est un report sous conditions strictes (70 %, 3 ans, 5 ans, immo exclu en 2026) : on ne le pilote pas comme un compte ordinaire.
- Céder à la pression commercialed'une banque privée, sans architecture globale ni vision des 4 poches.
Les 3 erreurs les plus coûteuses
Trois pièges suffisent à expliquer la plupart des dégâts : tout placer le même jour, tout laisser dormir deux ans, ou oublier de provisionner les contributions sur les hauts revenus de l'année de cession. La facture, à chaque fois, se chiffre en centaines de milliers d'euros.
9. La méthode Hagnéré Patrimoine : un plan de déploiement, pas une liste de produits
Après une cession, la valeur ne vient pas du catalogue de produits qu'on vous propose. Elle vient de la manière dont vous déployez, et à quel rythme. Nous procédons en cinq étapes.
- Cartographier votre patrimoine et votre projet de vie (train de vie, horizon, objectifs de transmission).
- Calibrer les 4 poches selon votre profil de risque et vos objectifs de rente.
- Bâtir le calendrier de déploiement sur 18 mois, poche par poche.
- Sélectionner les enveloppeset les classes d'actifs en architecture ouverte (AV luxembourgeoise et crédit lombard si pertinent).
- Piloter dans le temps : rééquilibrage annuel, glissement de la Sécurité vers la Croissance à mesure que le marché se déploie.
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Sources, mentions et disclaimer
Sources et références
- CGI : art. 150-0 B ter (apport-cession, report), 150-0 D ter (abattement dirigeant retraite 500 000 €), 200 A (PFU et option barème), 125-0 A (assurance-vie), 990 I et 757 B (succession AV), 964 à 977, 968 et 972 (IFI), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR).
- LF 2026: loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (durcissement de l'apport-cession : remploi 70 %, délai 3 ans, conservation 5 ans, activités immobilières exclues).
- LFSS 2026 : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (dualité des prélèvements sociaux 17,2 % / 18,6 %).
- Doctrine et administration : BOFiP (RPPM, plus-values mobilières, IFI), impots.gouv.fr (PFU, IFI, contributions sur les hauts revenus), service-public.fr. PASS 2026 = 48 060 €.
Mise à jour : 24 juin 2026. Les données fiscales 2026 sont fournies à titre indicatif et sous réserve d'évolutions réglementaires ou doctrinales postérieures à la publication.
Hagnéré Patrimoine — cabinet de gestion de patrimoine et de fortune à Chambéry (73000). Conseiller : Quentin Hagnéré. Immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP). Les informations de cet article ont une visée pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les rendements évoqués sont illustratifs et non garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

