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Guide médecin généraliste 202618 minMis à jour 25 juin 20263 cas chiffrés

Vendre sa patientèle de généraliste : pourquoi vous paierez sans doute beaucoup moins que prévu

Après 25 ou 30 ans d'exercice, la question fait peur : combien l'impôt va-t-il prélever sur la vente de ma patientèle ? Si on vous a annoncé 31,4 %, oubliez ce chiffre : sur une patientèle BNC, le vrai taux est 30 %, car la plus-value professionnelle garde 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026. Et surtout, un généraliste ne paie le plus souvent rien : une patientèle vaut presque toujours moins des 500 000 € qui déclenchent l'exonération totale de l'article 238 quindecies. On détaille les régimes 2026, l'effet du zonage et 3 cas chiffrés à l'euro. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

CESSION DE PATIENTÈLE 2026

Chiffrer l'impôt exact de votre cession et activer la bonne exonération

Audit de cession de patientèle : qualification de la plus-value (droit de présentation BNC ou titres de SEL), seuils 238 quindecies / 151 septies, départ à la retraite, prélèvements sociaux résiduels, effet du zonage et CEHR/CDHR. Cabinet 100 % indépendant.

  • Régime de plus-value identifié
  • Exonérations et cumuls modélisés
  • PS résiduels et CEHR/CDHR intégrés
  • Réemploi du prix préparé

TAUX PV PATIENTÈLE

30 %

EXO TOTALE (VALEUR)

500 000 €

EXO TOTALE (RECETTES)

90 000 €

PS PV PRO 2026

17,2 %

MYTHE À ÉVITER

31,4 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1CE QUE VOUS VENDEZ·2 MIN

Ce que vous vendez n'est pas vos patients, c'est un droit de présentation

L'essentiel en 30 secondes

  • Vous ne vendez pas vos patients (ils restent libres de leur médecin), mais un droit de présentation à la patientèle : présentation du successeur, engagement de non-réinstallation, transmission des dossiers dans le respect du secret médical.
  • Ce droit de présentation est un élément incorporel du fonds libéral. Sa cession dégage une plus-value professionnelle BNC, tant que vous exercez en nom propre.
  • La cession de clientèle médicale est licite depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 7 novembre 2000, à condition de sauvegarder la liberté de choix du patient.
  • Si vous exercez en SELARL/SELAS, vous ne cédez pas la patientèle mais des titres : autre régime, autre fiscalité (voir §8).

Un malentendu fausse toute la discussion, et il change même le régime fiscal applicable : autant le lever tout de suite. Quand un généraliste « vend sa patientèle », il ne vend pas une liste de patients comme on vendrait un stock : les patients restent libres de suivre, ou non, le successeur. Ce qui se vend, juridiquement, c'est un droit de présentation— vous présentez votre repreneur à votre clientèle, vous vous engagez à ne pas vous réinstaller à proximité, et vous transmettez les dossiers médicaux dans le respect du secret (articles L. 1110-4, L. 1110-8 et R. 4127-4 du Code de la santé publique). Cette qualification commande tout : c'est elle qui vous ouvre les exonérations qui, le plus souvent, ramènent votre impôt à zéro.

Longtemps jugée illicite, cette cession a été validée par la Cour de cassation (1ré chambre civile, 7 novembre 2000, n° 98-17.731) : la cession de clientèle médicale est licite « à la condition que soit sauvegardée la liberté de choix du patient ». C'est le fondement de tout ce qui suit.

Ce qui change tout : droit de présentation = plus-value professionnelle BNC

Le droit de présentation est inscrit (ou inscriptible) à l'actif de votre activité libérale. Sa cession relève donc de la plus-value professionnelle (et non de la plus-value mobilière des particuliers), et c'est de là que dépend l'accès aux articles 238 quindecies, 151 septies, 151 septies A et 151 septies B. Cette qualification ne vaut que si vous exercez en nom propre (BNC) ou via une société à l'IR. En SELARL ou SELAS à l'IS, vous cédez des titres, et la logique bascule (voir §8). Pour savoir précisément à quel régime vous appartenez, voyez notre guide SELARL ou BNC : ce choix décide du régime de votre plus-value.
§ 2LE VRAI TAUX·2 MIN

Combien d'impôt en 2026 ? Le vrai taux est 30 %, pas 31,4 %

Commençons par le pire scénario, celui sans la moindre exonération. La patientèle, élément incorporel détenu depuis bien plus de deux ans, génère une plus-value professionnelle à long terme : 12,8 % d'impôt sur le revenu (article 39 quindecies CGI) + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %. C'est ce repère qui mesure ce que chaque exonération vous fera réellement économiser.

Attention au mythe du 31,4 %

On lit souvent 31,4 % (ou 18,6 % de prélèvements sociaux) appliqué à la cession d'une patientèle. C'est faux pour un généraliste en BNC. La hausse de CSG de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) ne touche que les revenus du capital : dividendes, intérêts, plus-values mobilières — et donc la cession de titres de SEL. La plus-value professionnelle conserve la CSG à 9,2 %, soit 17,2 % de prélèvements sociaux, comme les revenus fonciers et les plus-values immobilières. La patientèle BNC se taxe donc à 30 %, jamais à 31,4 %.
Seuls les titres de SEL relèvent du 31,4 %. La patientèle BNC reste à 30 %. Le détail de cette dualité figure dans notre guide CSG/CRDS 2026.
Ce que vous cédezNature de la plus-valueIRPS 2026Total
Patientèle / fonds libéral (BNC)Professionnelle (long terme)12,8 %17,2 %30 %
Titres de SELARL / SELAS (IS)Mobilière des particuliers12,8 %18,6 %31,4 %

Ce n'est pas une subtilité de comptable : sur 240 000 €, l'écart entre le bon et le mauvais taux dépasse déjà 3 000 € — et, on va le voir, le montant réellement dû est le plus souvent zéro. Pour comprendre la mécanique exacte de la dualité 17,2 % / 18,6 %, appuyez-vous sur notre guide prélèvements sociaux 2026 : pourquoi la plus-value professionnelle reste à 17,2 % et non 18,6 %.

§ 3LA BONNE NOUVELLE·2 MIN

Pour un généraliste, l'exonération est la règle, pas l'exception

Le plus important tient en une phrase, et elle est rassurante : dans la grande majorité des cas, un généraliste qui vend sa patientèle ne paie rien sur la plus-value. Pas parce qu'il triche, mais parce que la valeur d'une patientèle de généraliste est presque toujours inférieure à 500 000 € — exactement le seuil en dessous duquel l'article 238 quindecies exonère totalement la plus-value, impôt sur le revenu et prélèvements sociaux. Et ce, même sans partir à la retraite.

Le paradoxe a quelque chose d'amer : la mauvaise nouvelle démographique — la difficulté à trouver un repreneur, la baisse tendancielle de la valeur des clientèles médicales — se double d'une bonne nouvelle fiscale. Plus la valeur est basse (typiquement en zone sous-dotée), plus l'exonération est assurée. Le sujet, pour la plupart des généralistes, n'est donc pas « comment éviter l'impôt », mais « comment vérifier que les conditions sont bien réunies ».

On déroule maintenant les quatre régimes, du plus décisif pour un généraliste (le 238 quindecies, §4) aux dispositifs complémentaires (recettes, retraite, murs), avant le cas de la SEL (§8) et le réemploi du prix encaissé (§12).

Hagnéré Patrimoine

Vérifier que votre cession sera bien exonérée

Un CGP indépendant qualifie votre plus-value, confirme l'application du 238 quindecies (ou du bon régime), chiffre à l'euro ce qui reste éventuellement dû, et prépare le réemploi du prix.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4ARTICLE 238 QUINDECIES·3 MIN

L'exonération selon la valeur (238 quindecies) : le régime central du généraliste

C'est le régime qui décide de presque tout, parce qu'il se cale sur le seul chiffre qu'un repreneur a en tête : le prix, autrement dit la valeur de cession. L'article 238 quindecies CGI exonère la plus-value lors de la transmission d'une entreprise individuelle, d'une branche complète d'activité ou de l'intégralité des parts d'une société à l'IR, après 5 ans d'activité (BOI-BIC-PVMV-40-20-50). Quand vous cédez votre patientèle et cessez votre activité pour qu'un successeur la poursuive à l'identique, vous transmettez bien une activité complète : vous êtes dans le champ.

Seuils en vigueur 2026. L'ancien seuil 300 000 / 500 000 € est PÉRIMÉ (rehaussé depuis la loi de finances pour 2022). Les seuils 700 000 / 1 200 000 € ne valent que pour les jeunes agriculteurs.
Valeur de cessionEffet
< 500 000 €Exonération TOTALE (IR + PS)
≥ 500 000 € et < 1 000 000 €Exonération PARTIELLE (dégressive)
≥ 1 000 000 €Aucune exonération

Taux d'exonération partielle (238 quindecies)

Taux exonéré = (1 000 000 − valeur de cession) / 500 000

Exemple :
  cession 620 000 €
  → (1 000 000 − 620 000) / 500 000 = 76 %
  → 76 % de la plus-value est exonérée

Entre 500 000 € et 1 000 000 € de valeur, l'exonération décroît linéairement de 100 % à 0 %. C'est un seuil de VALEUR, à ne pas confondre avec les seuils de RECETTES du 151 septies (§5).

Le piège du « tout ou rien » : ne vendez pas par moitié

Il faut transférer une activité complète et autonome, pas un simple morceau de clientèle. La CAA de Lyon (28 mai 2019, n° 17LY02682) a refusé l'exonération 238 quindecies à un praticien qui cédait seulement la moitié de sa clientèle : pas de branche complète, pas d'exonération. La leçon est concrète pour un généraliste : évitez les cessions partielles ou échelonnées si vous visez l'exonération. En revanche, vous pouvez garder les murs et les louer au repreneur sans perdre le bénéfice du régime (voir §7).

Deux conditions à ne pas négliger : vous ne devez pas contrôler le repreneur (pas plus de 50 % de ses droits) ni y exercer la direction, à la cession comme dans les trois ans qui suivent ; et l'immobilier est exclu de l'assiette du seuil — les murs relèvent du seul article 151 septies B. Pour la quasi-totalité des généralistes, dont la patientèle vaut nettement moins de 500 000 €, ce régime aboutit à une exonération totale : IR et prélèvements sociaux effacés.

§ 5ARTICLE 151 SEPTIES·2 MIN

L'exonération selon les recettes (151 septies) : souvent hors d'atteinte pour un généraliste

Deuxième régime, plus ancien : l'article 151 septies CGI exonère la plus-value en fonction de vos recettes, pas de la valeur du cabinet. Condition d'entrée identique : avoir exercé au moins 5 ans. Les recettes retenues sont la moyenne hors taxes des deux années civiles qui précèdent la cession (BOI-BIC-PVMV-40-10-10-30).

Seuils BNC / prestations de services. Un généraliste à plein temps dépasse fréquemment 126 000 € de recettes : ce régime est alors inopérant.
Recettes moyennes HT (BNC)Effet
≤ 90 000 €Exonération TOTALE (IR + PS)
> 90 000 € et < 126 000 €Exonération PARTIELLE (dégressive)
≥ 126 000 €Aucune exonération

Taux d'exonération partielle (151 septies)

Taux exonéré = (126 000 − recettes moyennes HT) / 36 000

Exemple :
  recettes 108 000 €
  → (126 000 − 108 000) / 36 000 = 50 %
  → la moitié de la plus-value est exonérée

Entre 90 000 € et 126 000 € de recettes, l'exonération décroît de 100 % à 0 %. Au-delà de 126 000 €, ce régime ne joue plus : c'est l'article 238 quindecies (§4) qui prend le relais.

Pour qui le 151 septies est-il vraiment décisif ?

En pratique, ce régime sauve surtout les activités à recettes modérées : un généraliste en fin de carrière à temps partiel, un médecin remplaçant, ou un confrère dont l'activité a fortement ralenti, dont les recettes annuelles passent sous 90 000 €, peut céder sa patientèle en exonération totale. Pour un généraliste à plein temps, dont les recettes dépassent largement 126 000 €, cet article est inopérant : c'est alors le 238 quindecies (qui raisonne sur la valeur, pas sur les recettes) qui exonère. Et comme 151 septies et 238 quindecies sont alternatifs, on chiffre les deux et on garde le plus favorable — jamais les deux à la fois.
§ 6ARTICLE 151 SEPTIES A·3 MIN

Partir à la retraite (151 septies A) : utile, mais il laisse les prélèvements sociaux

On le présente toujours comme LE dispositif retraite : vous cédez votre patientèle au moment de partir à la retraite, et l'article 151 septies A CGI vient exonérer la plus-value professionnelle (BOI-BIC-PVMV-40-20-20). Reste une nuance coûteuse : il n'efface que l'impôt sur le revenu.

Les 4 conditions de l'article 151 septies A

  • Activité exercée depuis au moins 5 ans.
  • Cession d'une entreprise individuelle ou de l'intégralité des parts d'une société à l'IR (les cessions partielles sont exclues).
  • Cesser toute fonction dans la structure et faire valoir vos droits à la retraite dans un délai de 24 mois, avant ou après la cession.
  • Pas de lien de contrôle avec le repreneur (pas plus de 50 % de ses droits), et structure de type PME. Pas de plafond de prix : le 151 septies A reste utile même au-delà de 1 000 000 €.

Là où ça coince : exonération d'IR, PAS de prélèvements sociaux

L'article 151 septies A exonère l'impôt sur le revenu sur la plus-value, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. C'est la lettre même de l'article 151 septies A, confirmée par la doctrine administrative (BOI-BIC-PVMV-40-20-20) : une plus-value exonérée d'IR n'est pas pour autant exonérée des contributions sociales, qui ont leur assiette propre. Conséquence stratégique directe : tant que votre patientèle vaut moins de 500 000 €, le 238 quindecies (qui efface IR + PS) est supérieur au 151 septies A (IR seul). Le 151 septies A ne devient décisif qu'au-delà de 1 000 000 €, quand le 238 quindecies est éteint.

La cessation de fonctions s'apprécie au jour de la cession

La CAA de Lyon (24 avril 2018, n° 16LY03862) a jugé que la condition de cessation de fonctions s'apprécie au jour de la cession : vous pouvez reprendre une activité (remplacements, vacations) après le délai de 2 ans sans perdre le bénéfice de l'exonération. Pour caler précisément le calendrier départ/retraite et anticiper le niveau de pension, voyez notre guide retraite du médecin généraliste : pourquoi la CARMF ne suffira pas.
§ 7LES MURS & LE DÉLAI·2 MIN

Les murs du cabinet (151 septies B) et le délai de 5 ans

Les murs : un régime à part (151 septies B)

Si vous cédez aussi les murs de votre cabinet, attention : les deux régimes les plus puissants — 238 quindecies et 151 septies A — excluent l'immobilier. Les murs inscrits à l'actif relèvent donc du seul article 151 septies B CGI (BOI-BIC-PVMV-20-40-30). Le mécanisme est favorable : un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la cinquième, soit une exonération totale à 15 ans de détention.

Abattement immobilier (151 septies B)

Abattement = 10 % × (années de détention − 5)

  •  10 ans  →  50 %
  •  12 ans  →  70 %
  •  15 ans  →  100 % (exonération totale)

L'abattement ne commence qu'à partir de la 6e année. Les terrains à bâtir en sont exclus. Schéma fréquent du généraliste : patientèle exonérée par le 238 quindecies, murs exonérés par le 151 septies B.

Beaucoup de généralistes logent leurs murs en SCI à l'impôt sur le revenu : l'abattement du 151 septies B peut alors s'appliquer aux parts, sous conditions. Ce choix se prépare en amont — voyez notre guide acheter (et céder) les murs de son cabinet médical en SCI : l'abattement 151 septies B.

Le délai de 5 ans : rassurant

Vous avez déménagé votre cabinet ? Le compteur des 5 ans ne repart pas à zéro

Le Conseil d'État (13 juin 2018, n° 401942, affaire Berthelot Opticiens) juge que le délai de 5 ans s'apprécie au regard de l'activité elle-même, et non de chaque local ou fonds. Vous avez déménagé votre cabinet, changé de quartier, racheté une patientèle en cours de carrière, fusionné avec une maison de santé ? Tant que votre activité de généraliste se poursuit sans interruption, le compteur des 5 ans n'est pas remis à zéro. Pour un médecin qui a connu plusieurs adresses, c'est une protection précieuse.
§ 8SI VOUS EXERCEZ EN SEL·2 MIN

Si vous exercez en SELARL/SELAS : vous ne cédez pas une patientèle, mais des titres

Si vous exercez en SELARL ou en SELAS à l'IS, la logique change du tout au tout. Vous ne vendez plus la patientèle (elle appartient à la société), vous vendez vos titres. La plus-value devient alors mobilière (article 150-0 A CGI), taxée à 31,4 % (12,8 % + 18,6 % de prélèvements sociaux) — c'est ici, et seulement ici, que le 31,4 % s'applique. Le fondement de ce tri est l'article 151 nonies I CGI.

Cession de la patientèle (exercice en BNC)

Plus-value PROFESSIONNELLE à long terme : 12,8 % d'IR + 17,2 % de PS = 30 %. Arsenal complet : 238 quindecies (exo totale < 500 000 €), 151 septies (recettes), 151 septies A (retraite), 151 septies B (murs).

Cession des titres de SEL (à l'IS)

Plus-value MOBILIÈRE des particuliers (art. 150-0 A) : 12,8 % + 18,6 % de PS = 31,4 %. Un seul dispositif de faveur : l'abattement fixe de 500 000 € (art. 150-0 D ter), réservé au dirigeant partant à la retraite, sur l'IR seulement.

L'abattement 150-0 D ter ne touche que l'impôt sur le revenu

L'abattement de 500 000 € de l'article 150-0 D ter s'impute sur la plus-value avant IR, mais uniquement sur l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 18,6 % frappent la totalité du gain. Conditions : société PME à l'IS, fonction de direction et détention d'au moins 25 % pendant les 5 ans précédant la cession, titres détenus depuis au moins 1 an, cessation de fonctions et départ à la retraite dans les 24 mois. Le dispositif est prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 (BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30). Si vos titres sont logés sous une holding, pensez aussi à l'apport-cession de l'article 150-0 B ter, qui diffère l'imposition. Pour trancher entre les deux modes d'exercice, voyez faut-il passer en SELARL ou rester en BNC ?.
§ 9CEHR / CDHR·2 MIN

Quand la vente fait grimper le revenu : CEHR, CDHR et l'effet des exonérations

Une cession importante gonfle votre revenu fiscal de référence (RFR) de l'année. Au-delà de certains seuils, deux contributions peuvent alors s'ajouter — un sujet surtout pour les patientèles haut de gamme et, plus encore, pour les cessions de titres de SEL.

CEHR et CDHR se calculent sur le RFR, que les exonérations de plus-value réduisent. La pérennité de la CDHR au-delà de 2026 reste à confirmer au fil des lois de finances.
ContributionSeuils de RFR (célibataire / couple)Effet
CEHR (art. 223 sexies)250 000 / 500 000 € · 500 000 / 1 000 000 €3 % puis 4 % sur la fraction de RFR au-delà
CDHR (art. 224)250 000 € / 500 000 €Imposition minimale de 20 % du RFR (reconduite par la LF 2026)

Une exonération qui travaille deux fois

Un effet passe souvent inaperçu : une exonération de plus-value réduit aussi votre RFR. Concrètement, le généraliste dont la patientèle est exonérée par le 238 quindecies ne voit pas cette plus-value gonfler son RFR — elle allège donc mécaniquement sa CEHR et sa CDHR. À l'inverse, l'abattement 150-0 D ter sur les titres de SEL, qui ne joue que sur l'IR, ne neutralise pas le RFR : la CEHR/CDHR se calcule alors sur la plus-value avant abattement. Une raison de plus pour qualifier précisément votre plus-value avant de signer. La CDHR a été créée par la loi de finances pour 2025 et reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; son périmètre fin (décote, traitement des réductions) doit être vérifié au cas par cas.
§ 10LA VALORISATION·2 MIN

Combien vaut une patientèle de généraliste ? (et pourquoi sa faible valeur vous arrange)

Pas de barème légal, et nous ne vous en fabriquerons pas un : la valeur d'une patientèle de généraliste se discute dossier par dossier. Deux tendances de fond, toutefois, la tirent vers le bas.

D'abord la démographie médicale : les repreneurs se font rares, donc moins disposés à payer cher pour s'installer là où, parfois, ils pourraient ouvrir un cabinet sans rien acheter. Ensuite le zonage (article L. 1434-4 du Code de la santé publique) : en zone sur-dotée, où l'installation est encadrée, une patientèle constituée garde de la valeur ; en zone sous-dotée (désert médical), la valeur est souvent faible, voire la cession se fait à une valeur symbolique, le cédant cherchant avant tout la continuité des soins pour ses patients.

Faible valeur = exonération assurée (et pas de repreneur = pas de plus-value)

Sur le plan fiscal, une faible valeur n'est pas une mauvaise nouvelle : elle place presque toujours la cession sous le seuil de 500 000 € de l'exonération totale 238 quindecies. Et si vous ne trouvez pas de repreneur ? Vous cessez simplement votre activité (information des patients, conservation et transmission des dossiers) : pas de prix de cession, donc pas de plus-value à imposer. Une patientèle non vendue ne génère aucune imposition.

Aparté : une autre niche médicale, sans lien avec la plus-value

À ne pas confondre avec la fiscalité de la cession : l'exercice en zone sous-dense peut ouvrir d'autres avantages pendant votre carrière. La rémunération de la permanence des soins (article L. 6314-1 CSP) en zone sous-dense (article L. 1434-4 CSP) est exonérée d'impôt sur le revenu à hauteur de 60 jours par an (article 151 ter CGI). C'est un avantage de revenu, distinct du régime de plus-value traité ici.
§ 11CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Trois cas chiffrés à l'euro

On a vu les seuils en théorie ; voyons ce qu'ils donnent sur trois dossiers de généralistes, du plus simple au plus technique. D'abord une patientèle modeste de zone semi-rurale, où l'exonération est totale et évidente. Ensuite une patientèle de centre-ville à 240 000 €, pour mesurer l'écart entre l'impôt redouté et l'impôt réel. Enfin une patientèle haut de gamme au-delà du seuil de 500 000 €, qui fait apparaître les prélèvements sociaux résiduels même en partant à la retraite. Mise au point méthodologique : pour rester lisibles, les cas supposent que la plus-value est proche du prix de cession (la patientèle a été créée par le praticien, valeur d'origine quasi nulle). Le gain net réel se modélise au cas par cas.

Cas 1 · Généraliste · BNC · zone semi-rurale · retraite à 62 ans

Dr Martine — patientèle 80 000 €, impôt sur la plus-value : 0 €

Martine exerce en BNC depuis 28 ans, recettes ~165 000 €/an. Elle cède sa patientèle 80 000 € à un jeune confrère et part à la retraite.

Le 151 septies est inopérant (recettes 165 000 € > 126 000 €). Mais la valeur de cession (80 000 €) est très inférieure à 500 000 € : l'article 238 quindecies joue à plein, en exonération TOTALE (IR + prélèvements sociaux).

Impôt sur la plus-value = 0 €: ni les 12,8 % d'IR, ni les 17,2 % de PS. Le départ à la retraite n'était même pas nécessaire pour exonérer — le 238 quindecies suffisait à lui seul.

Cas 2 · Généraliste · BNC · zone urbaine sur-dotée · 60 ans

Dr Karim — patientèle 240 000 € : le mythe à 75 360 €, la réalité à 0 €

Karim exerce en BNC depuis 30 ans en centre-ville, où la patientèle garde de la valeur. Il cède 240 000 €.

La valeur (240 000 €) reste inférieure à 500 000 € : 238 quindecies → exonération TOTALE = 0 €.

Pour mesurer l'écart entre le mythe et la réalité : au taux erroné de 31,4 % (sans exonération), un confrère mal conseillé craindrait 240 000 € × 31,4 % = 75 360 € ; au vrai taux de 30 %, ce serait 240 000 € × 30 % = 72 000 € ; avec l'exonération 238 quindecies, c'est 0 €. Le mythe (75 360 €), le bon taux théorique (72 000 €), la réalité (0 €) : seul le dernier chiffre est celui que Karim paie.

Cas 3 · Généraliste · BNC · patientèle haut de gamme · retraite à 64 ans

Dr Hélène — patientèle 620 000 € : dégressif + retraite, il reste 25 594 € de PS

Hélène exerce en BNC depuis 32 ans, cède sa patientèle 620 000 € (cabinet de groupe réputé) et part à la retraite.

On est dans la tranche dégressive du 238 quindecies. Taux exonéré = (1 000 000 − 620 000) / 500 000 = 76 %. Fraction imposable = 620 000 € × 24 % = 148 800 €. Sans rien d'autre : IR 12,8 % = 19 046 € + PS 17,2 % = 25 594 €, soit 44 640 € (taux effectif ~7,2 %).

Comme elle part à la retraite, elle cumule l'article 151 septies A (ordre d'imputation BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50) : il efface l'impôt sur le revenu de la fraction imposable → IR = 0. Mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus : il reste ≈ 25 594 € de PS.

Vigilance : avec un RFR élevé l'année de cession, surveiller la CEHR/CDHR. Un versement PER la même année peut par ailleurs réduire l'IR du foyer. Au-delà de 500 000 €, le dégressif s'applique et le cumul retraite optimise l'IR résiduel — mais les PS demeurent.

Ce que disent ces trois cas

Sous 500 000 €, la cession d'une patientèle de généraliste est presque toujours 100 % nette

  • Patientèle < 500 000 € (cas 1 et 2) : 238 quindecies = exonération totale, IR et PS effacés. C'est la situation de l'immense majorité des généralistes.
  • Patientèle entre 500 000 et 1 000 000 € (cas 3) : dégressif + retraite = IR ramené à zéro, mais 17,2 % de PS bien réels sur la fraction imposable.
  • Le mythe à 31,4 % n'a jamais sa place sur une patientèle BNC : c'est 30 %, et le plus souvent 0 € après exonération.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (hypothèse plus-value ≈ prix, taux arrondis). Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact, de la part éventuelle d'immobilier, du RFR et de l'application de la CEHR/CDHR. Premier réflexe : qualifier formellement votre plus-value (patientèle BNC ou titres de SEL) à l'aide de notre guide le guide complet des exonérations de plus-value de cession d'un cabinet libéral, puis modéliser au cas par cas.
§ 12LE JOUR D'APRÈS·2 MIN

Le jour d'après : que faire du produit de la vente

Une fois le chèque encaissé — le plus souvent net d'impôt grâce au 238 quindecies — reste la question qui décidera de votre niveau de vie à la retraite : qu'en faire ? Pour un généraliste, c'est même le sujet, car la retraite CARMF, à elle seule, ne maintiendra pas votre train de vie. Le prix de cession est la matière première pour la compléter, à condition d'être réemployé avec méthode plutôt que laissé dormir sur un compte courant.

Chaque ligne renvoie à un guide spécialisé du cluster médecin généraliste / patrimoine.
ObjectifLe levierLe guide dédié
Réduire l'IR de l'année de cessionVersement PER (art. 154 bis CGI, jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026), à votre TMIPER médecin généraliste
Compléter une retraite CARMF insuffisanteRéemploi du prix en rentes / capitaux programmésCompléter sa retraite CARMF
Préparer la transmissionAssurance-vie (abattement 152 500 € / bénéficiaire, art. 990 I) et contrat de capitalisationAssurance-vie
Purger une plus-value latenteDonation avant cession (base réévaluée), sous réserve de l'abus de droit (L. 64 LPF)Donation

Mémo express

Quatre réflexes patrimoniaux l'année de la cession

La cession s'inscrit dans une séquence

La vente n'est qu'un maillon. La séquence complète : qualifier la plus-value, activer et cumuler les exonérations, anticiper les prélèvements sociaux résiduels et la CEHR/CDHR, puis réemployer le prix (PER, assurance-vie, complément CARMF, donation). C'est tout l'objet d'un bilan : enchaîner ces étapes au lieu de les improviser à la signature.

Note de méthode sur le réemploi du prix

Réemployer le produit de la vente, c'est investir : tout placement (PER, assurance-vie, contrat de capitalisation, unités de compte) comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le PER présente en outre un avantage différé à l'entrée mais une fiscalité à la sortie (les gains supportent alors 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % en assurance-vie) : l'économie d'impôt de l'année de cession ne doit pas masquer le calcul global. Le choix d'allocation dépend de votre horizon, de votre besoin de revenu et de votre tolérance au risque — il se construit avec un conseiller, pas sur un coup de tête à la signature.
Méthode documentée

Préparer la cession ET le réemploi avec un CGP indépendant

Audit indépendant : on qualifie votre plus-value, on confirme l'exonération, on chiffre ce qui reste à payer, puis on organise le réemploi du prix (PER, assurance-vie, complément de retraite CARMF, donation). On chiffre chaque étape avant de la déclencher.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

Préparer la cession de votre patientèle avec un CGP indépendant

Cabinet pluridisciplinaire : qualification de la plus-value, choix et cumul des exonérations (238 quindecies, 151 septies, 151 septies A et B), timing du départ à la retraite, prélèvements sociaux résiduels, puis réemploi du prix (PER, assurance-vie, complément CARMF). Une vision globale et chiffrée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet 100 % indépendant
  • Modélisation de la cession à l'euro
4,7/5sur Trustpilot (26 avis)

Céder votre patientèle avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. Qualification de votre plus-value, calcul des exonérations applicables et de leur cumul, anticipation des prélèvements sociaux résiduels et de la CEHR/CDHR, puis réemploi du prix (PER, assurance-vie, complément de retraite CARMF).

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — exonérations de plus-value professionnelle

    Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur : totale < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €, immobilier exclu). Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes : 90 000 / 126 000 € pour les BNC). Art. 151 septies A CGI (départ à la retraite, IR seul). Art. 151 septies B CGI (murs du cabinet, 10 %/an au-delà de la 5e année, exonération totale à 15 ans). Art. 151 nonies I CGI (tri clientèle BNC / titres de SEL). Art. 39 quindecies CGI (plus-value professionnelle à long terme, 12,8 %). Doctrine : BOI-BNC-BASE-30-30-30-30, BOI-BIC-PVMV-40-10-10-30, BOI-BIC-PVMV-40-20-50, BOI-BIC-PVMV-40-20-20, BOI-BIC-PVMV-20-40-30, BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50.

  • CGI — cession des titres de SEL (plus-value mobilière)

    Art. 150-0 A CGI (plus-value mobilière des particuliers). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant partant à la retraite, IR seul, prorogé jusqu'au 31/12/2031). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession via holding). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30.

  • Spécificités médicales et prélèvements sociaux 2026

    Cass. 1ré civ. 07/11/2000 n° 98-17.731 (licéité de la cession de clientèle médicale). Art. L. 1110-4, L. 1110-8, R. 4127-4 CSP (secret médical, liberté de choix du patient). Art. L. 1434-4 et L. 6314-1 CSP (zonage sous-dense, permanence des soins). Art. 151 ter CGI (permanence des soins, 60 jours/an). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : PS 17,2 % maintenu sur la plus-value professionnelle). LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : CDHR reconduite). Art. 223 sexies CGI (CEHR), art. 224 CGI (CDHR), art. 154 bis CGI (PER/Madelin), art. L. 64 LPF (abus de droit).

  • Jurisprudence structurante

    CAA Lyon 28/05/2019 n° 17LY02682 (refus de l'exonération 238 quindecies pour la cession de la moitié d'une clientèle : branche complète exigée). CE 13/06/2018 n° 401942 (le délai de 5 ans s'apprécie sur l'activité, pas sur chaque fonds). CAA Lyon 24/04/2018 n° 16LY03862 (art. 151 septies A : cessation de fonctions appréciée au jour de la cession). L'exonération d'IR de l'art. 151 septies A ne s'étend pas aux prélèvements sociaux, d'assiette propre (texte de l'art. 151 septies A, BOI-BIC-PVMV-40-20-20).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, et ne se substitue pas aux règles déontologiques de la profession médicale. Chaque cession de patientèle doit faire l'objet d'une étude individualisée (qualification de la plus-value, vérification des seuils, cumuls, prélèvements sociaux résiduels, CEHR/CDHR, timing du départ à la retraite, effet du zonage). Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les hypothèses des cas chiffrés (plus-value approchée par le prix de cession) sont signalées comme telles. Aucun barème de valorisation de patientèle n'est avancé : la valeur s'apprécie au cas par cas.

Foire aux questions

Tout sur la fiscalité de la cession d'une patientèle de médecin généraliste taux, exonérations, retraite, zonage et réemploi du prix.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : 30 % ou 31,4 %, quelles exonérations, payer en partant à la retraite, vendre légalement sa patientèle, le délai de 5 ans, ce que vaut une patientèle, la zone sous-dotée, le réemploi du prix. Réponses sourcées et à jour 2026.