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Guide médecins 202614 minMis à jour 8 juin 2026Taux de remplacement ~40-50 %

Retraite du médecin généraliste : pourquoi la CARMF ne suffira pas

Vous cotisez chaque année plusieurs dizaines de milliers d'euros à la CARMF, et pourtant votre pension ne couvrira sans doute que 40 à 50 % de votre dernier revenu d'activité. La raison est arithmétique : votre retraite de base est plafonnée à environ 384 € de droits acquis par an, et votre complémentaire est écrêtée à 3,5 PASS. En 2026, la cotisation RCV grimpe encore (de 10,20 % à 11,80 %) sans que la pension suive. Voici le montant réel, le « trou » à combler — et comment. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE RETRAITE MÉDECIN 2026

Chiffrer votre trou de pension et le capital à constituer

Audit de votre future retraite de médecin généraliste : estimation de votre pension CARMF (base, RCV, ASV), calcul du « trou » par rapport à votre revenu d'activité, et calibrage du complément (PER, assurance-vie, immobilier). Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et coordination avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre pension CARMF réelle
  • Calcul du trou mensuel à compenser
  • Calibrage PER / assurance-vie / immobilier
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT CARMF

~40-50 %

DROITS DE BASE / AN (MAX)

≈ 384 €

COTISATION RCV 2026

11,80 %

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

ASV SECTEUR 1 FINANCÉE CPAM

≈ 2/3

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite du généraliste en 30 secondes

C'est la double peine la plus mal anticipée du généraliste : vous versez chaque année plusieurs dizaines de milliers d'euros de cotisations obligatoires à la CARMF — et le jour de votre départ, votre pension ne couvrira sans doute que 40 à 50 % de votre dernier revenu d'activité (estimation sectorielle, au conditionnel — jamais une garantie). L'ordre de grandeur, tout de suite : la pension moyenne servie par la CARMF, toutes générations confondues, tourne autour de 2 900 à 3 000 € bruts par mois [à vérifier sur carmf.fr], et le généraliste, dont le bénéfice est en général plus bas que celui du spécialiste, se situe plutôt sous cette moyenne. Du jour au lendemain, votre revenu est donc divisé par deux — à anticiper bien avant 60 ans. Dans ce guide, vous allez comprendre d'où vient ce trou (étage par étage), combien il vaut dans votre cas, et comment le combler sereinement.

La retraite du généraliste en 30 secondes

Trois étages, un seul constat. Une retraite de base CNAVPL plafonnée (environ 384 € de droits acquis par an au plus), une complémentaire RCV (cotisation 11,80 % en 2026) écrêtée à 3,5 PASS, l'ASV des conventionnés par-dessus. Cumulés, ces trois régimes obligatoires laissent un taux de remplacement de l'ordre de 40 à 50 %. Le reste — l'écart avec votre revenu — ne se comble qu'en capitalisant à votre nom : PER, assurance-vie, immobilier.

« 40-50 % », ce n'est pas une fatalité subie : c'est un signal pour agir tôt. Les leviers concrets sont détaillés dans notre guide compléter sa retraite CARMF : les 4 solutions du généraliste. Ici, on commence par poser le diagnostic : d'où vient ce trou, étage par étage, et comment le chiffrer.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Les chiffres de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques. Votre pension réelle dépend de votre carrière complète (durée d'assurance, revenus de chaque année, secteur d'exercice) et se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) ou votre estimation indicative globale (EIG), ainsi que sur carmf.fr. Une moyenne sectorielle ne dit rien de votre pension : seul votre relevé la donne.
§ 2ARCHITECTURE·3 MIN

Les 3 étages de la retraite du médecin : CNAVPL + RCV + ASV

Pour comprendre pourquoi la pension décroche, il faut d'abord savoir comment elle se construit. En tant que médecin, vous relevez de la catégorie « santé » des professions libérales (art. L. 640-1 du Code de la sécurité sociale), affiliée à la CNAVPL. Cette dernière chapeaute dix sections professionnelles (art. L. 641-1 CSS) : la CARMF est la section des médecins. Votre retraite obligatoire empile alors trois régimes, chacun avec sa logique propre.

Trois étages, trois logiques

La base CNAVPL (art. L. 642-1) est un régime de solidarité par points, plafonné : au-delà d'un certain revenu, vous n'acquérez plus de droits. La complémentaire RCV (art. L. 644-1) constitue en général la part la plus importante de votre pension, mais elle est écrêtée à 3,5 PASS. L'ASV (art. L. 645-1) ne concerne que les conventionnés : en secteur 1, une partie est financée par l'Assurance maladie. Trois étages, mais aucun n'est calibré sur vos vrais revenus d'activité.
Les trois régimes obligatoires du médecin, valeurs au 1er janvier 2026. Les valeurs de point et les cotisations sont à confirmer sur carmf.fr.
RégimeBase légaleCotisation 2026Valeur de service du point
Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS0,6599 € [à vérifier sur carmf.fr]
Complémentaire RCVCSS L. 644-111,80 % ≤ 3,5 PASS (168 210 €)77,14 € [à vérifier sur carmf.fr]
ASV (conventionnés)CSS L. 645-1 à L. 645-3Forfait + ajustement (secteur 1 : ≈ 1/3 médecin)11,82 € [à vérifier sur carmf.fr]

Premier paradoxe à retenir : ces trois cotisations sont intégralement déductibles de votre bénéfice BNC, sans plafond (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20). Elles pèsent lourd sur votre trésorerie — et pourtant la pension qu'elles financent reste faible au regard de vos revenus. Le même plafonnement frappe d'ailleurs toutes les professions libérales, comme l'explique notre guide la retraite des professions libérales.

On ne choisit pas d'y échapper

L'affiliation et la cotisation à la CARMF naissent par le seul effet de la loi, dès l'exercice de l'activité, et relèvent de l'ordre public (principe constant de l'obligation légale d'affiliation des travailleurs indépendants). Vous ne pouvez ni vous en exonérer, ni « sortir » du système : la seule variable que vous maîtrisez, c'est l'étage facultatif que vous ajoutez par-dessus, à votre nom.
§ 3FAIT DUR N°1·2 MIN

La base plafonnée : cotiser plus ne fait pas toucher plus

C'est ici que le décrochage commence. La cotisation de base (art. L. 642-1 CSS) se calcule par tranches : 8,73 % du revenu jusqu'à 1 PASS, puis 1,87 % de 1 à 5 PASS. Ces cotisations achètent des points, mais le nombre de points acquis chaque année est plafonné. Résultat : au-delà d'un certain revenu, vous continuez à cotiser sans acquérir le moindre droit supplémentaire de base.

Le plafonnement de la retraite de base CNAVPL

Points de base = ordre de grandeur de 550 a 580 points / an au maximum (revenu >= 5 PASS) [nombre de points plafond non publie par la CARMF, a verifier sur carmf.fr]
Valeur de service du point de base (01/01/2026) = 0,6599 EUR  [a verifier sur carmf.fr]

Droits de base acquis = environ 360 a 385 EUR / an au plus

Un généraliste à 70 000 € de bénéfice et un confrère à 200 000 € acquièrent presque le même nombre de points de base : la base est conçue pour plafonner. Plus votre revenu monte, plus le taux de remplacement de cet étage chute mécaniquement.

Concrètement, la retraite de base d'un généraliste à carrière complète ne représente qu'une fraction modeste de sa pension totale. C'est la complémentaire RCV qui porte l'essentiel — mais elle est, elle aussi, écrêtée (voir l'étage suivant).

Au-delà du plafond, vous cotisez à fonds perdu

Au-delà de 5 PASS pour la base et de 3,5 PASS pour la complémentaire RCV, vous n'acquérez aucun droit supplémentaire, même si vos cotisations, elles, continuent (la base) ou s'arrêtent au plafond (la RCV). Deux confrères, l'un à 70 000 €, l'autre à 200 000 € de bénéfice, repartent avec quasiment les mêmes droits de base. Le plafond ne se discute pas : le décrochage entre vos revenus et votre future pension est inscrit dans la structure même des régimes.
§ 4LE CŒUR DE LA PENSION·3 MIN

La complémentaire RCV : la part majoritaire, mais écrêtée

Le régime complémentaire d'assurance vieillesse, ou RCV (art. L. 644-1 CSS), constitue en général la part la plus importante de la pension servie au médecin. C'est l'étage qui « fait » votre retraite — et c'est aussi celui dont la cotisation a le plus grimpé en 2026.

En 2026, la cotisation RCV s'élève à 11,80 % dans la limite de 3,5 PASS, soit 168 210 € d'assiette : au-delà, plus aucun droit complémentaire ne s'acquiert. La cotisation maximale atteint ainsi de l'ordre de 19 849 € [à vérifier sur carmf.fr]. La valeur de service du point RCV est de l'ordre de 77,14 € au 1er janvier 2026 [à vérifier sur carmf.fr].

La complémentaire RCV au 1er janvier 2026. Le taux, l'assiette et la valeur de point sont à confirmer sur carmf.fr.
Paramètre RCV 2026ValeurEffet
Taux de cotisation11,80 %En hausse depuis 2025 (10,20 %)
Plafond d'assiette3,5 PASS = 168 210 €Au-delà : aucun droit supplémentaire
Cotisation maximale≈ 19 849 € [à vérifier]Plafonnée à l'assiette de 3,5 PASS
Valeur de service du point77,14 € [à vérifier]Convertit les points en pension

La hausse 2026 : un signal à lire

La cotisation RCV est passée de 10,20 % (2025) à 11,80 % (2026), soit une hausse de l'ordre de 16 %, destinée à rééquilibrer le régime [à vérifier sur carmf.fr]. Vous payez donc davantage, sans que vos droits montent d'autant : c'est le symptôme d'un système par répartition sous tension — et l'argument le plus concret pour ne pas faire reposer toute votre retraite sur cette seule jambe.

Attention au chiffre qui circule : pour 2026, la valeur de service du point RCV à retenir est de l'ordre de 77,14 €. Les autres valeurs viennent de millésimes antérieurs ou de paramètres de liquidation différents : vérifiez toujours le chiffre à jour et daté sur le site officiel de la CARMF.

§ 5SECTEUR 1 / SECTEUR 2·3 MIN

L'ASV : l'atout du secteur 1 (et son piège)

Le troisième étage n'existe que pour les médecins conventionnés : l'allocation supplémentaire de vieillesse (ASV) (art. L. 645-1 CSS), assise sur une cotisation forfaitaire (art. L. 645-2). Pour les médecins de secteur 1, une partie de cette cotisation est prise en charge par les caisses d'assurance maladie.

Le texte est explicite : aux termes de l'art. L. 645-3 CSS, « les caisses d'assurance maladie participent au financement de cette cotisation dans les conditions prévues au 5° du I de l'article L. 162-14-1 » — c'est-à-dire la convention médicale. Le régime ASV des médecins libéraux est précisé par le décret n° 2011-1644 du 25 novembre 2011.

ASV 2026 : secteur 1 vs secteur 2 (ordres de grandeur à vérifier sur carmf.fr). En secteur 1, la CPAM prend en charge environ deux tiers de la part forfaitaire.
Élément (ordres de grandeur 2026)Secteur 1Secteur 2
Part forfaitaire à la charge du médecin≈ 1 917 €≈ 5 751 €
Part forfaitaire prise en charge par la CPAM≈ 3 834 € (≈ 2/3)0 €
Part d'ajustement (médecin)≈ 1,3333 %≈ 4,00 %
Valeur de service du point ASV11,82 €11,82 €

Secteur 1 : la CPAM paie les deux tiers

En secteur 1, environ deux tiers de la cotisation ASV forfaitaire sont financés par la CPAM au titre du conventionnement : l'ASV vous coûte donc nettement moins cher qu'à un confrère de secteur 2, pour des droits comparables. C'est un avantage réel du conventionnement, qu'il faut intégrer dans votre arbitrage de carrière.

…mais l'atout est conditionnel, et ne change pas le constat

Cet avantage dépend du maintien du conventionnement et des paramètres de la convention médicale, qui évoluent. Surtout, il ne change rien au diagnostic d'ensemble : même avec l'ASV, le cumul des trois étages laisse un écart important avec votre dernier revenu d'activité. L'ASV améliore le socle ; elle ne le porte pas au niveau de votre train de vie.
§ 6QUAND PARTIR·2 MIN

Âge, taux plein, décote : à quel âge partir

Le montant, c'est une moitié de la question. L'autre, c'est : à quel âge partir sans se faire mordre par la décote ? L'âge légal de départ se relève de 62 à 64 ans selon la génération (réforme de 2023, loi n° 2023-270), mais le calendrier de relèvement est gelé par la LFSS 2026 : les bornes exactes par génération sont donc à confirmer. Ne tenez pas « 64 ans » pour gravé dans le marbre tant que le calendrier reste gelé.

Le repère stable, lui, c'est le taux plein automatique à 67 ans : à cet âge, votre pension est liquidée sans décote, quelle que soit votre durée d'assurance. C'est l'âge de référence pour sécuriser une pension non minorée.

Âge, décote et surcote de la retraite du médecin (ordres de grandeur 2026, à vérifier sur carmf.fr).
ParamètreValeur (ordres de grandeur 2026)Précision
Âge légal de départ62 → 64 ans selon la générationCalendrier gelé par la LFSS 2026 — bornes à confirmer
Taux plein automatique67 ansSans décote quelle que soit la durée d'assurance
Décote (départ anticipé)≈ 1,25 % / trimestre manquantPlafonnée à 20 trimestres (jusqu'à −25 %)
Surcote (temps choisi)≈ +1,25 % / trimestreSoit de l'ordre de +5 % par an au-delà du taux plein

Réforme 2026 : ce qui est sûr, ce qui ne l'est pas

Au titre de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), le calendrier de relèvement de l'âge légal de la réforme 2023 est gelé (les bornes par génération sont donc à confirmer), et le point de base a été revalorisé d'environ +0,9 % au 1er janvier 2026 (de l'ordre de 0,6599 € [à vérifier sur carmf.fr]). Dans ce contexte mouvant, le seul repère réellement stable pour planifier reste le taux plein automatique à 67 ans. Pour le reste, raisonnez au conditionnel et vérifiez votre situation sur votre relevé de carrière.
§ 7CAS CONCRET — LA CALCULETTE DU TROU·4 MIN

Cas chiffré : le Dr Morel, généraliste, départ à 65 puis 67 ans

Prenons un cas concret. En rendez-vous, c'est l'exercice que les généralistes réclament le plus : poser, côte à côte, leur dernier revenu et la pension qu'ils toucheront réellement. Le prénom est fictif, les ordres de grandeur réalistes pour un généraliste installé. Tout est présenté au conditionnel : les montants de pension sont des estimations indicatives, à vérifier sur le RIS et sur carmf.fr, jamais une projection nominative.

Cas 1 — Dr Sophie Morel, généraliste secteur 1, départ à 65 ans

Son dernier bénéfice BNC s'élève à ≈ 90 000 € par an, soit de l'ordre de 7 500 € par mois de revenu d'activité.

Âge : à 65 ans, soit avant le taux plein automatique de 67 ans, une décote est possible si tous ses trimestres ne sont pas réunis.
Pension obligatoire estimée (base + RCV + ASV cumulés) : de l'ordre de 40 à 50 % de son revenu, soit ≈ 3 000 à 3 750 € par mois [estimation au conditionnel].
Écart — le « trou » : de l'ordre de 3 750 à 4 500 € par mois de revenu en moins du jour au lendemain.

Cas 2 — la même, départ à 67 ans (taux plein automatique)

À 67 ans, le taux plein est automatique : plus aucune décote ne s'applique, quelle que soit la durée d'assurance. Sa pension est donc un peu plus élevée que dans le cas 1 — mais l'écart avec son revenu d'activité reste majeur, parce que le plafonnement structurel de la base et l'écrêtement de la RCV ne disparaissent pas avec l'âge.

Autrement dit, à 67 ans la décote disparaît — mais le trou, lui, reste entier.
Dernier revenu vs pension estimée vs trou : ordres de grandeur pédagogiques, jamais une projection nominative. Votre chiffre personnel se lit sur le RIS et sur carmf.fr.
Repère (estimation au conditionnel)Mensuel
Dernier revenu d'activité≈ 7 500 €
Pension obligatoire estimée (40-50 %)≈ 3 000 à 3 750 €
Trou de revenu à compenser≈ 3 750 à 4 500 €
Capital indicatif pour générer 1 500 €/mois à ~4 %≈ 450 000 €

Note de méthode : ce que ce cas chiffre (et ce qu'il ne chiffre pas)

Ce cas isole une seule chose : l'écart structurel entre un revenu d'activité et une pension obligatoire plafonnée. Il ne prétend pas calculer le montant exact de la pension, qui dépend de la carrière complète (durée d'assurance, revenus de chaque année, secteur). On l'oublie souvent : le généraliste gagne moins que le spécialiste, mais son trou en proportion reste tout aussi marqué, car la base et la RCV plafonnent pour tout le monde. D'où l'intérêt d'une simulation nominative.

Sur le « capital à constituer » : un repère, pas une promesse

Le capital indicatif de ≈ 450 000 € repose sur un taux de distribution d'environ 4 %, retenu ici à titre purement pédagogique. Ce n'est ni un rendement garanti, ni une recommandation : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout placement comporte un risque de perte en capital. Le taux réel dépend des supports retenus (fonds euros, unités de compte, SCPI…), de leur fiscalité et de leur niveau de risque. Le bon chiffrage se fait à partir de votre relevé de carrière et de votre profil de risque, pas d'une moyenne.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE trou de pension ?

Un CGP indépendant estime votre pension CARMF réelle à partir de votre relevé de carrière, chiffre l'écart mensuel avec votre revenu d'activité et calibre le capital à constituer — sans vous survendre une enveloppe qui ne vous correspond pas.

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§ 8PROTÉGER LE CONJOINT·2 MIN

La réversion CARMF : ce que touche (vraiment) le conjoint

Le deuxième angle mort de la retraite du généraliste, c'est la réversion : ce que percevra le conjoint survivant. Et là, surprise : chaque étage a ses propres règles. La base, la RCV et l'ASV ne se réversent ni au même taux, ni au même âge, ni aux mêmes conditions [à vérifier sur carmf.fr].

Réversion CARMF : trois régimes, trois taux (ordres de grandeur à vérifier sur carmf.fr). Le mariage est requis dans tous les cas.
RégimeTaux de réversionÂgeCondition
Base CNAVPL≈ 54 %55 ansSous condition de ressources
Complémentaire RCV≈ 60 %62 ansSans condition de ressources
ASV≈ 50 %62 ansSans condition de ressources

Un point décisif, et trop souvent ignoré : la réversion suppose le mariage. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à réversion, et la base exige en principe une durée minimale de mariage (sauf exceptions). Un médecin pacsé depuis trente ans peut donc laisser son compagnon sans un euro de réversion CARMF— exactement le genre de trou qu'une clause bénéficiaire d'assurance-vie vient combler.

La réversion ne reconstitue pas le revenu du ménage

Avec des taux partiels (54 / 60 / 50 %), des conditions d'âge et de ressources, et l'exigence du mariage, la réversion ne remplace pas le revenu du couple. C'est un argument de plus pour la capitalisation, et en particulier l'assurance-vie, qui se transmet hors succession au conjoint ou aux enfants (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I). Voyez notre guide l'assurance-vie pour capitaliser et transmettre et, sur le mécanisme général, la pension de réversion : conditions et calcul.
§ 9LA DÉMONSTRATION·2 MIN

Pourquoi cotiser plus ne suffit pas : le signal 2026

« La CARMF ne suffit pas » n'est pas un argument de vente : c'est un simple calcul, qu'on peut poser noir sur blanc. Mettons côte à côte ce que dit le régime et ce que cela donne, vraiment, dans votre situation.

Ce que dit le régime

Trois régimes obligatoires (base CNAVPL, complémentaire RCV, ASV) couvrent votre retraite. Les cotisations sont intégralement déductibles du bénéfice BNC. En secteur 1, une partie de l'ASV est financée par l'Assurance maladie. Sur le papier, le médecin est bien protégé.

Ce que cela donne vraiment

La base est plafonnée (≈ 384 € de droits par an au plus), la RCV est écrêtée à 3,5 PASS, et le cumul des trois étages ne couvre que ~40-50 % du dernier revenu. En 2026, la cotisation RCV augmente (+16 %) sans que la pension suive : on paie plus pour un système sous tension.

Le signal 2026

On vous demande de payer davantage (RCV de 10,20 % à 11,80 %) pour un régime par répartition structurellement sous tension. La conclusion logique n'est pas de cotiser encore plus — le plafonnement vous l'interdit — mais de faire reposer votre retraite sur une seconde jambe : la capitalisation à votre nom. La répartition pose le socle ; la capitalisation comble le trou.

Un dernier point, pour les médecins exerçant en société sous le régime TNS (typiquement en SELARL avec gérance majoritaire, à la différence du président de SELAS, assimilé-salarié). L'assiette des cotisations TNS a tendance à s'élargir : les dividendes versés par une SEL à une SPFPL peuvent être soumis aux cotisations sociales chez l'associé professionnel relevant du régime TNS (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366), et la rémunération technique de l'activité libérale en SEL relève désormais des BNC, la tolérance forfaitaire des 5 % ayant été annulée (CE 8 avril 2025, n° 492154). Autrement dit : vous risquez de cotiser sur une assiette plus large, sans pour autant augmenter une pension qui, elle, reste plafonnée. Pour arbitrer votre forme d'exercice, voyez le PER du libéral et l'assiette des cotisations.

§ 10LES SOLUTIONS·4 MIN

Combler le trou : PER, assurance-vie, immobilier

Passons aux solutions. On oppose souvent PER, assurance-vie et immobilier comme s'il fallait choisir l'un contre les autres. En réalité, chacun répond à un besoin distinct : défiscaliser tant que votre tranche est haute, garder de la liquidité et préparer la transmission, puis générer un revenu pour le quotidien. Le bon dosage entre les trois, lui, est propre à votre situation.

Trois leviers complémentaires

Le PER déduit vos versements à l'entrée — imbattable quand votre tranche est à 41-45 %. L'assurance-vie reste disponible et se transmet hors succession. L'immobilier (en direct, en SCI ou via des SCPI) génère un revenu complémentaire régulier. Le bon mix dépend de votre tranche, de votre horizon et de votre besoin de liquidité.

1. Le PER : déduire à l'entrée (art. 154 bis CGI)

Le PER est le levier de défiscalisation le plus puissant du médecin TNS. L'article 154 bis du CGI vous laisse déduire de votre bénéfice 10 % (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € et un maximum de 88 911 € en 2026. À 41 % de tranche, l'effet à l'entrée est considérable. Attention : le PER ne crée pas de droits CARMF (l'avantage est uniquement à l'impôt sur le revenu, le versement restant dans l'assiette sociale, art. L. 131-6 CSS). À la sortie en capital, la part versements est imposée au barème sans l'abattement de 10 % des pensions (BOI-RSA-PENS-30-10-20), et les gains au PFU de 31,4 % (prélèvements sociaux de 18,6 %). Le détail chiffré : PER médecin : combien d'impôt économisé selon votre BNC et le guide complet du Plan d'épargne retraite.

2. L'assurance-vie : liquidité et transmission

Là où le PER bloque l'épargne, l'assurance-vie reste disponible à tout moment. Après 8 ans, le rachat bénéficie d'un abattement annuel (4 600 € seul, 9 200 € pour un couple) puis d'une imposition à 7,5 ou 12,8 %. Surtout, ses prélèvements sociaux restent à 17,2 % (et non 18,6 %), et elle se transmet hors succession : abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I) pour les primes versées avant 70 ans, 30 500 € au-delà (art. 757 B). C'est le pendant naturel du PER : là où le PER bloque, l'assurance-vie reste mobilisable, et elle protège le conjoint — tout sur l'assurance-vie.

3. L'immobilier et les SCPI : un revenu régulier

Pour un revenu qui tombe chaque mois à la retraite, l'immobilier garde sa place. Les SCPI (pierre-papier) distribuent des loyers sans gestion directe ; l'achat des murs de votre cabinet (souvent en SCI) constitue un actif retraite qui se valorise pendant votre activité. À noter : les revenus fonciers de la location nue supportent des prélèvements sociaux de 17,2 % (maintenus en 2026). Pour explorer la pierre-papier : les SCPI comme complément de revenu.

PER, assurance-vie, immobilier : le bon usage de chaque levier pour combler le trou de pension. Taux 2026.
LevierAtout principalPS 2026Quand le privilégier
PER (154 bis)Déduction à l'entrée (TMI 41 %)18,6 % sur les gainsTMI élevée en activité, plus basse à la retraite
Assurance-vieLiquidité + transmission17,2 %Épargne disponible, conjoint, 990 I
Immobilier / SCPIRevenu régulier17,2 % (foncier nu)Compléter un revenu mensuel à la retraite

La dualité des prélèvements sociaux 2026 à ne pas confondre

Depuis la LFSS 2026, deux taux coexistent. 18,6 % sur les gains du PER (comme sur les dividendes et plus-values mobilières), ce qui porte le PFU à 31,4 %. 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, les contrats de capitalisation et les revenus fonciers nus. Confondre les deux fausse tous les calculs de rendement net. Le détail : prélèvements sociaux 2026 : la dualité 18,6 % / 17,2 %.
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§ 11PASSER À L'ACTION·2 MIN

La feuille de route : par où commencer

Préparer sa retraite de médecin tient en quatre étapes simples, à mener dans l'ordre. L'essentiel est de commencer tôt : c'est la durée qui fait l'effet de la capitalisation, bien plus que le montant des premiers versements.

  1. Demandez votre relevé (RIS / EIG) et estimez votre pension réelle : c'est le point de départ, votre vrai chiffre, pas une moyenne.
  2. Chiffrez le trou mensuel entre cette pension et le revenu que vous voulez conserver à la retraite.
  3. Calibrez le PER au plus haut de votre tranche marginale, sans amputer votre trésorerie ni votre épargne de précaution.
  4. Complétez par l'assurance-vie (liquidité, transmission) et l'immobilier / SCPI (revenu régulier), selon votre horizon.

Le bon réflexe

Démarrez sans attendre, puis validez toujours l'assiette sociale de vos versements avec votre expert-comptable, qui a la vue complète sur votre situation. Verser le maximum n'est pas toujours le bon réflexe : le bon montant optimise votre impôt sans assécher votre trésorerie.

Pour aller plus loin, trois ressources : les leviers de complément en détail dans compléter sa retraite CARMF : 4 solutions, le panorama des placements adaptés au médecin dans où placer son argent quand on est médecin généraliste, et l'ensemble des leviers fiscaux dans défiscalisation médecin généraliste : 7 leviers.

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Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On estime votre pension CARMF réelle, on chiffre l'écart avec votre revenu d'activité, et on calibre le complément (PER, assurance-vie, immobilier, SCPI) sur votre situation et votre tranche. La stratégie se construit sur votre relevé de carrière, pas sur un modèle-type.

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Sources et références légales

  • Code de la sécurité sociale — les trois régimes obligatoires du médecin

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation des médecins à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections ; la CARMF est la section des médecins). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points : 8,73 % jusqu'à 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire RCV : cotisation 11,80 % dans la limite de 3,5 PASS, soit 168 210 € en 2026). Art. L. 645-1 à L. 645-3 CSS (ASV des médecins conventionnés ; participation des caisses d'assurance maladie au financement, en secteur 1, dans les conditions du 5° du I de l'art. L. 162-14-1). Décret n° 2011-1644 du 25/11/2011 (régime ASV des médecins libéraux).

  • Réformes 2026 (LF / LFSS) et calendrier de la retraite

    Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : gel du calendrier de relèvement de l'âge légal, CSG sur le capital portée à 10,6 % (prélèvements sociaux sur les gains du PER à la sortie de 18,6 %, PFU 31,4 %), prélèvements sociaux de l'assurance-vie et du foncier nu maintenus à 17,2 %. Loi n° 2023-270 du 14/04/2023 (réforme des retraites, âge légal de 62 à 64 ans). Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 € (3,5 PASS = 168 210 €, 5 PASS = 240 300 €, 8 PASS = 384 480 €). Taux plein automatique à 67 ans.

  • Cotisations sociales, assiette et statut du médecin (jurisprudence)

    Art. L. 131-6 CSS (le versement PER déduit reste dans l'assiette des cotisations CARMF et URSSAF). Principe constant : l'affiliation et la cotisation à la CARMF naissent par le seul effet de la loi dès l'exercice, d'ordre public (obligation légale d'affiliation des travailleurs indépendants). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (dividendes d'une SEL versés à une SPFPL soumis aux cotisations TNS chez l'associé professionnel relevant du régime TNS). CE 8/04/2025 n° 492154 (imposition en BNC de la rémunération technique des associés de SEL, annulation de la tolérance forfaitaire des 5 %) : l'assiette des cotisations s'élargit sans augmenter une pension plafonnée.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice BNC : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée pas de droits CARMF). Art. 990 I CGI (abattement assurance-vie de 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans) et art. 757 B CGI (abattement de 30 500 €, primes après 70 ans). Art. 156 CGI (déficit foncier). Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %). Art. 158-5 a CGI (pensions imposées avec abattement de 10 %). Doctrine : BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, BOI-RSA-PENS-30-10-20, BOI-RSA-PENS-10.

  • Valeurs de point, cotisations et réversion CARMF (à vérifier sur carmf.fr)

    Au 1er janvier 2026, sous réserve de vérification sur carmf.fr : valeur de service du point de base de l'ordre de 0,6599 € ; point de la complémentaire RCV de l'ordre de 77,14 € (cotisation 11,80 %) ; point ASV de l'ordre de 11,82 €. Réversion : base d'environ 54 % (55 ans, sous condition de ressources), RCV d'environ 60 % (62 ans), ASV d'environ 50 % (62 ans), mariage requis. Décote de l'ordre de 1,25 % par trimestre manquant (plafond 20 trimestres). Ces valeurs de point, cotisations et taux de réversion sont des ordres de grandeur 2026, à confirmer sur le site officiel de la CARMF.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les valeurs de point, cotisations et taux de réversion de la CARMF sont des ordres de grandeur 2026 à vérifier sur carmf.fr ; ils peuvent évoluer chaque année. Le taux de remplacement et la pension moyenne cités sont des estimations sectorielles, jamais une projection individuelle : votre montant réel dépend de votre carrière complète et figure sur votre relevé individuel de situation (RIS / EIG). Les chiffres et taux fiscaux cités sont à jour au 8 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les calculs de complément de retraite doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Tout investissement comporte un risque de perte en capital et l'épargne d'un PER est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Foire aux questions

Tout sur la retraite du médecin généraliste en 2026 montant, taux de remplacement, CARMF, complément.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec les médecins : le montant réel de la pension, le taux de remplacement, la composition des régimes, la décote, la réversion et comment combler le trou. Réponses sourcées et à jour 2026.