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Guide pharmaciens titulaires 202620 minMis à jour 25 juin 2026Page hub officine

Défiscalisation pharmacien titulaire : trier les 7 leviers qui réduisent vraiment vos impôts quand on dirige une officine

Vous êtes pharmacien titulaire : un chef d'entreprise commerciale, pas un libéral classique. Votre officine relève des BIC (fonds de commerce, TVA récupérable), votre retraite de la CAVP — jamais la CARMF ni la CARCDSF. Avec un EBE souvent compris entre 150 000 et 400 000 €, vous êtes à 41-45 % de TMI, fréquemment dans le champ de la CEHR et de la CDHR, cet impôt minimum de 20 % du RFR qui neutralise les réductions d'impôt plafonnées. À ce niveau, on ne joue plus le taux : on joue l'assiette et le report. On trie les 7 leviers qui tiennent, on désigne ceux qu'on devrait arrêter de vous vendre, et on chiffre le tout sur une officine à 250 000 € d'EBE. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PHARMACIEN 2026

Trier votre défisc de titulaire et piloter votre RFR sous les seuils

Audit de votre situation de pharmacien titulaire à hauts revenus : exposition CEHR / CDHR, arbitrage rémunération / dividendes en SEL, plafond PER 154 bis, SPFPL mère-fille, placement de la trésorerie de l'officine et de la SPFPL, murs en SCI. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre exposition CEHR / CDHR
  • Stratégie report vs réduction d'assiette
  • Structuration SEL / SPFPL de pharmacie
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

41 - 45 %

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

PER DÉDUCTIBLE (max 2026)

88 911 €

DIVIDENDES SEL

1,25 % via SPFPL

RETRAITE

CAVP, pas CARMF

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Combien d'impôt paie vraiment un pharmacien titulaire en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

Avec un EBE d'officine souvent compris entre 150 000 et 400 000 €, vous êtes à 41-45 % de TMI, très fréquemment dans le champ de la CEHR et de la CDHR (impôt minimum de 20 % du RFR). À ce niveau, les produits de défisc plafonnés à 10 000 € (Girardin, FIP, FCPI) sont neutralisés. On retourne donc l'ordre habituel : d'abord le report (bénéfice non distribué d'une SEL à l'IS, remontée à une SPFPL), ensuite la baisse d'assiette (prévoyance Madelin, PER jusqu'à 88 911 €, déficit foncier) qui fait reculer le RFR et les surtaxes, et seulement après une éventuelle réduction d'impôt. Le détail contre-intuitif à garder en tête : le barème pur ne déclenche pas la CDHR — c'est le PFU des dividendes qui la réveille. Et pour la retraite : CAVP, jamais la CARMF.

Pharmacien titulaire, pas pharmacien adjoint

Ce guide s'adresse au pharmacien titulaire, le chef d'entreprise propriétaire du fonds d'officine, et non au pharmacien adjoint salarié. On parle ici de la fiscalité du dirigeant d'une entreprise commerciale— détention du fonds de commerce, structuration en SEL de pharmacie, trésorerie d'exploitation — pas de la fiche de paie d'un collaborateur.

Avant tout : votre officine n'est pas une activité libérale au sens BNC, contrairement au cabinet d'un médecin ou d'un dentiste. C'est une entreprise commerciale, imposée dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), qui exploite un fonds de commerce (la patientèle de l'officine, le droit au bail, le stock) et qui, à la différence du cabinet de soins, vend des biens soumis à la TVA (médicaments à 2,1 / 5,5 / 10 / 20 %) et récupère donc la TVA sur ses achats et ses investissements.

Conséquence directe sur votre feuille d'impôt : vous êtes presque toujours dans la tranche à 41 ou 45 % (article 197 du CGI, 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part), et surtout, votre revenu fiscal de référence dépasse fréquemment 250 000 € — le seuil d'entrée des deux surtaxes des hauts revenus. Là où la CEHR et la CDHR sont l'exception pour beaucoup de contribuables, elles sont, pour le titulaire d'une officine rentable, la norme. Il faut donc raisonner autrement : non pas « quelle niche acheter », mais « quelle assiette en moins, quel report ».

L'empilement fiscal du pharmacien titulaire à hauts revenus en 2026. Le vrai sujet n'est plus la tranche à 45 %, mais le plancher de 20 % du RFR imposé par la CDHR au-delà des seuils.
ÉtageTexteBase de calculTaux / seuil 2026
IR au barèmeart. 197 CGIRevenu net imposable par part0 / 11 / 30 / 41 / 45 % — tranche à 45 % > ~181 917 €/part
CEHRart. 223 sexies CGIRevenu fiscal de référence3 % de 250 k€ à 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) ; 500 k€ / 1 M€ (couple)
CDHRart. 224 CGIRFR retraitéImpôt minimum de 20 % si RFR > 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple)
Prélèvements sociauxLFSS 2026Revenus du capital, selon support17,2 % (AV, capi, foncier, fonds d'officine) ou 18,6 % (dividendes, intérêts, parts de SEL, PER)

Le point de bascule, ce n'est donc pas votre taux marginal, mais cet empilement — et, pour les plus hauts revenus, ce plancher de 20 % du RFR. C'est lui qui rend inutile une partie des produits de défiscalisation qu'on vous propose. Pour le panorama d'ensemble du professionnel fortement imposé, voyez les hauts revenus face à l'impôt et le hub défiscalisation du professionnel. Ce guide-ci se concentre sur ce qui vous est propre : la SEL de pharmacie, la SPFPL encadrée par le Code de la santé publique, la trésorerie d'officine et la retraite CAVP.

§ 2LA CONTRAINTE·4 MIN

CEHR + CDHR : pourquoi le titulaire d'officine est concerné

Deux contraintes encadrent toute votre optimisation, et le titulaire d'une officine rentable, par son niveau de revenu, est presque toujours dans le champ des deux. Ce sont elles qui trient ce qui marche encore de ce qui ne sert plus à rien.

La CEHR (article 223 sexies du CGI) : la surtaxe permanente

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus existe depuis 2012 et, malgré son nom, elle est permanente. Elle frappe le revenu fiscal de référence, sans quotient familial : 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour un célibataire (entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple), puis 4 % au-delà. Son assiette est le RFR, donc tout ce qui abaisse votre RFR abaisse mécaniquement la CEHR. Pour un titulaire célibataire à 300 000 € de RFR, ce sont déjà environ 1 500 € de CEHR sur les 50 000 € au-dessus de 250 000 €.

La CDHR (article 224 du CGI) : l'impôt minimum de 20 % du RFR

C'est elle qui rebat les cartes. La contribution différentielle sur les hauts revenus garantit que votre imposition globale atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Si votre impôt « normal » (IR au barème + part forfaitaire de l'IR + CEHR + certaines majorations) tombe en dessous de ce seuil de 20 %, la CDHR comble la différence. C'est, littéralement, un impôt plancher, réservé aux résidents fiscaux français.

Ce ne sont pas des références théoriques : la CDHR a une histoire législative précise. Elle a été créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025), puis reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Sa pérennité au-delà de cette échéance reste, elle, conditionnelle.

Le calcul de la CDHR (principe)

CDHR due = max( 0 ;  20 % x RFR retraite
                        - [ IR au bareme
                          + part IR du prelevement forfaitaire 12,8 %
                          + CEHR
                          + certaines majorations ] )

Majorations : + 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR pour un couple soumis a imposition commune

Les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6 %) ne figurent PAS au numérateur : ils ne « comptent » pas pour atteindre le plancher de 20 %. C'est précisément pour cela que des dividendes de SEL au PFU (12,8 % d'IR seulement) peuvent déclencher la CDHR. Une décote atténuerait l'entrée dans la contribution lorsque le RFR retraité reste sous 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple) ; le coefficient exact est à confirmer. Un acompte d'environ 95 % serait versé en décembre, et un quart des revenus exceptionnels (cession de l'officine ou des parts) serait retenu pour le calcul. Ces modalités fines sont formulées au conditionnel.

Pas (encore) de doctrine BOFiP sur la CDHR

À la date de ce guide, l'administration n'a pas publié de doctrine BOFiP détaillant la CDHR. Le périmètre exact du RFR retraité (revenus minorés ou réintégrés, traitement des plus-values en report, mécanique précise de la décote et de l'acompte) reste à confirmer au simulateur officiel impôts.gouv.fr. En conséquence, tous les cas chiffrés de ce guide sont des ordres de grandeur à recalculer, et nous formulons au conditionnel le détail fin du calcul.

Célibataire ou couple : la situation familiale change tout

À revenu égal, la composition du foyer renverse le verdict. Un pharmacien célibataire à 300 000 € de RFR est dans le champ de la CEHR et de la CDHR (seuils à 250 000 €). Un couple dont le foyer déclare la même somme, voire davantage jusqu'à 500 000 €, reste sous le seuil applicable aux couples et se retrouve alors hors champ. D'où une règle simple : précisez systématiquement votre situation familiale dans chaque simulation. Pour la mécanique détaillée, voyez le détail de la CDHR du professionnel et la mécanique des deux surtaxes des hauts revenus.
§ 3LA NUANCE·3 MIN

Le piège contre-intuitif : le PFU des dividendes peut réveiller la CDHR

Voici le détail qu'on oublie de préciser en rendez-vous, et il commande tout le reste de ce guide. On vous répète que la CDHR « neutralise vos niches » : c'est vrai, mais incomplet. La vérité plus précise est qu'un titulaire imposé exclusivement au barème — un BIC d'officine en nom propre à 45 % — paie déjà bien plus de 20 % de son RFR. Sa CDHR est donc nulle. Au barème, vous êtes naturellement au-dessus du plancher.

La CDHR ne mord que dans un cas : lorsque votre taux d'imposition effectif descend sous 20 % du RFR. Deux choses font descendre ce taux effectif : le prélèvement forfaitaire à 12,8 % (les dividendes de SEL, les plus-values mobilières), ou des réductions d'impôt qui rabotent l'IR. Autrement dit :

Le PFU réveille la CDHR — la réduction d'assiette, non

Passer en SEL et se verser de gros dividendes peut RÉVEILLER la CDHR, parce que le PFU à 12,8 % casse votre taux d'imposition effectif et le fait passer sous le plancher de 20 %. À l'inverse, la réduction d'assiette (PER, prévoyance Madelin, déficit foncier) baisse votre RFR sans abaisser votre taux effectif sous 20 % : elle ne crée jamais ce risque. Et le report en SEL, ou la remontée des dividendes à une SPFPL en franchise d'impôt, sort carrément le revenu de votre déclaration personnelle. C'est la hiérarchie que nous allons suivre.

En pratique : l'arbitrage entre rémunération et dividendes, en SEL de pharmacie, doit se faire surtaxes comprises. Un titulaire qui se verse de gros dividendes pour « optimiser » peut, sans le savoir, déclencher une CDHR qui annule une partie de l'économie attendue. Ce n'est pas un argument contre la SEL — dont l'intérêt, on le verra, est le report — mais un argument pour la piloter finement. Le sujet est développé, chiffres à l'appui, dans l'arbitrage salaire / dividendes en SEL de pharmacie.

§ 4LA MÉTHODE·3 MIN

Réduction d'impôt, réduction d'assiette, report : la grille de lecture

C'est la grille que je trace au tableau quand on regarde votre dossier ensemble. Tous les « avantages fiscaux » ne se valent pas : je les range en trois familles — et à votre niveau, je vous le dis franchement, deux suffisent.

Réduction d'impôt — neutralisée

FIP, FCPI, Girardin, Sofica, Malraux. L'avantage vient en diminution de l'IR, dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A). Double problème : dès que l'IR passe sous le plancher de 20 % du RFR, la CDHR reprend l'avantage ; et depuis le 21/02/2026, les FCPI / FIP classiques sont supprimés de la réduction d'IR. Pour un pharmacien titulaire, ce levier est largement neutralisé.

Réduction d'assiette & report — efficaces

PER et prévoyance Madelin (154 bis), déficit foncier, démembrement : l'avantage baisse le RFR lui-même, hors plafond des niches, donc il abaisse aussi la CDHR et la CEHR. Le report (bénéfice non distribué d'une SEL à l'IS, remontée à une SPFPL, apport-cession 150-0 B ter) va plus loin : il sort le revenu de la déclaration de l'année. Efficaces même à très hauts revenus.

Le tri par levier : un avantage n'est efficace contre la CDHR que s'il baisse le RFR ou sort le revenu de l'année. Le PFU, lui, peut même la déclencher. C'est la lecture qu'aucune plaquette commerciale ne vous donne.
LevierEffet sur l'IRBaisse le RFR ?Neutralisé par la CDHR ?
PER / Madelin (154 bis)Oui — déduction d'assietteOuiNon — efficace
Prévoyance MadelinOui — déduction d'assietteOuiNon — efficace
SEL à l'IS (report)Oui — reportOui (sort le revenu)Non — efficace
SPFPL mère-fille (report)Oui — reportOui (hors RFR)Non — efficace
Apport-cession 150-0 B terReport de la plus-valuePV retirée du RFR retraitéNon — efficace
Déficit foncier / SCI mursOui — déduction d'assietteOuiNon — efficace
Dividendes de SEL (PFU)PFU 12,8 % d'IRNonPeut RÉVEILLER la CDHR
FIP / FCPI / GirardinRéduction d'impôtNonOui — rattrapée / supprimée

La méthode, dans l'ordre

Concrètement, dans l'ordre : sécurisez d'abord votre revenu (prévoyance Madelin) ; saturez ensuite les déductions d'assiette (PER, déficit foncier) avant toute réduction plafonnée ; arbitrez le report en société (SEL à l'IS, remontée à la SPFPL, apport-cession) sur la part de bénéfice que vous ne consommez pas, en pilotant les dividendes pour ne pas réveiller la CDHR ; et ne courez après une réduction d'impôt qu'en dernier recours, si votre RFR est déjà passé sous les seuils. Sécuriser, puis assiette, puis report, puis réduction : c'est l'inverse de ce qu'on vous vend en fin d'année.
Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5LEVIER 1 — REPORT·4 MIN

Levier n°1 : l'arbitrage rémunération / dividendes en SEL d'officine

En nom propre, 100 % du bénéfice de l'officine remonte à votre IR (41-45 %), majoré des cotisations TNS et, souvent, de la CEHR et de la CDHR. C'est tout l'intérêt de la SEL de pharmacie (SELARL ou SELAS) à l'impôt sur les sociétés : seule votre rémunération est imposée à l'IR ; la part de bénéfice que vous ne consommez pas capitalise dans la société à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà (article 219 du CGI) — et ne remonte pas à votre RFR. Au lieu de 45 % + surtaxes, ce bénéfice non distribué est taxé à 25 %, et la différence reste disponible pour investir ou rembourser un emprunt d'acquisition. C'est un report, et c'est ce qui pèse le plus à hauts revenus.

Le piège des dividendes de SEL : la règle des 10 %

La contrepartie : dès que vous distribuez. La fraction de dividendes que vous percevez personnellement au-delà de 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et du solde de votre compte courant d'associé) est réintégrée à l'assiette de vos cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale, règle validée par le Conseil constitutionnel, décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010). Et le PFU sur les dividendes est de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse de CSG), non 30 %. La Cour de cassation a jugé que l'interposition d'une SPFPL ne fait pas écran à cette règle, y compris lorsque les dividendes sont versés à la SPFPL qui détient le capital de la SEL (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366).

Réforme 2024 : la rémunération de l'associé de SEL passe en BNC

Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération que vous percevez au titre de votre activité technique dans la SEL n'est plus un salaire de l'article 62 mais un revenu BNC (rescrit BOI-RES-BNC-000136, confirmé par le Conseil d'État, décision n° 492154 du 8 avril 2025) : vous perdez l'abattement forfaitaire de 10 % et passez aux frais réels, la part de gérance restant le cas échéant en article 62. Cela ne remet pas en cause l'intérêt de la SEL, mais cela modifie le calcul de l'arbitrage.

Retenez l'essentiel : la SEL vaut pour le report, pas pour la distribution. On laisse capitaliser à l'IS, on ne se verse que la rémunération nécessaire, et on fait remonter la trésorerie excédentaire vers une SPFPL plutôt que de la sortir en dividendes personnels — où elle ressortirait au PFU plein. L'arbitrage chiffré, statut social compris, est traité dans SELARL ou SELAS de pharmacie : arbitrer salaire et dividendes et, pour la mécanique générale, dans les dividendes de SEL et la règle des 10 %.

§ 6LEVIER 2 — ASSIETTE·3 MIN

Levier n°2 : le PER / Madelin au plafond (jusqu'à 88 911 €)

C'est le levier d'assiette le plus puissant à votre disposition, juste après la prévoyance. Le plan d'épargne retraite déductible n'est pas une réduction d'impôt : c'est une déduction du revenu. Il baisse donc à la fois votre IR et votre RFR — précisément ce que la CDHR ne neutralise pas.

En tant que travailleur non salarié (officine en nom propre, ou gérant majoritaire de SELARL), vous bénéficiez du plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 €, le maximum absolu de 88 911 € pour un bénéfice supérieur à 384 480 €. Pour une officine dégageant 250 000 € de bénéfice, le plafond se calcule ainsi :

Le plafond PER TNS du pharmacien à 250 000 € de bénéfice (2026)

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

CAS PHARMACIEN BENEFICE 250 000 EUR :
         = 10 % x 250 000
         + 15 % x (250 000 - 48 060)
         = 25 000 + 30 291                  = 55 291 EUR

ECONOMIE D'IR (TMI 45 %) :
         55 291 x 45 %                      = ~24 881 EUR

Pour une officine à 250 000 € de bénéfice, le plafond 154 bis atteint environ 55 291 €. À une TMI de 45 %, déduire ce montant représente de l'ordre de 24 881 € d'impôt en moins, et un RFR abaissé d'autant — donc une CEHR et une CDHR réduites également, puisqu'il s'agit d'une déduction d'assiette. Au-delà de 384 480 € de bénéfice, le plafond plafonne à 88 911 €.

Vous gagnez sur deux tableaux. L'économie d'IR (versement × TMI) tombe tout de suite — de l'ordre de 24 900 € ici. Mais c'est le second effet qui compte au-delà des seuils : votre RFR baisse du montant versé, ce qui désamorce d'autant la CEHR et la CDHR. Attention toutefois : cette déduction joue sur l'IR seul ; elle n'allège ni vos cotisations TNS ni votre retraite CAVP, et le plafond du 154 bis n'est pas reportable une fois consommé.

PER de droit commun, report 5 ans et sortie à 18,6 %

Si vous exercez en SELAS (gérant assimilé salarié) ou que vous versez à titre privé, c'est l'article 163 quatervicies qui s'applique, avec un report des plafonds non utilisés porté de 3 à 5 ans par la loi de finances 2026. Côté sortie, soyons clairs : depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le détail : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

La CAVP : votre caisse, et un volet capitalisation… insuffisant

Le pharmacien titulaire relève de la CAVP (Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens), jamais de la CARMF, de la CARCDSF ni de la CARPIMKO. Sa singularité : un régime complémentaire en partie par capitalisation obligatoire, en plus du régime de base par répartition. Vous disposez donc déjà d'un socle d'épargne retraite — mais, au regard de votre niveau de revenu de titulaire, il reste insuffisant pour maintenir votre train de vie. D'où l'intérêt de le compléter par le PER et la capitalisation en SEL / SPFPL. Les valeurs de cotisation et de point 2026 sont à confirmer sur cavp.fr. Pour le cadrage retraite, voyez le PER de la profession libérale (154 bis) et le pilier plan d'épargne retraite.
§ 7LEVIER 3 — ASSIETTE·2 MIN

Levier n°3 : la prévoyance Madelin, protéger le revenu de l'officine

On sécurise avant d'optimiser. Et le titulaire d'officine porte un risque que beaucoup sous-estiment : il est presque toujours fortement endetté sur l'acquisition de son fonds (souvent plusieurs centaines de milliers d'euros remboursés sur 7 à 12 ans). Or c'est l'EBE de l'officine qui sert cette dette. Une incapacité de travail, même temporaire, met en péril à la fois votre revenu et le remboursement de votre emprunt.

La prévoyance Madelin (article 154 bis II du CGI) répond exactement à ce risque : elle indemnise l'incapacité d'exercer et garantit le maintien du revenu qui finance tout le reste. Elle est déductible du bénéfice dans une enveloppe distincte du plafond retraite — de l'ordre de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonnée à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € en 2026 (un volet « perte d'emploi » existe aussi, à hauteur de 1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du PASS). Comme elle baisse le bénéfice imposable, elle réduit aussi votre IR et votre RFR : un levier d'assiette doublé d'une protection.

Madelin retraite fermé, prévoyance ouverte

Les anciens contrats Madelin retraite sont fermés à la souscription depuis le 1er octobre 2020 (bascule vers le PER), mais les volets prévoyance, santé et perte d'emploi de la loi Madelin (loi n° 94-126 du 11 février 1994) restent pleinement ouverts et déductibles. C'est donc bien la prévoyance Madelin qu'il faut saturer en priorité. Pour le cadrage, voyez la prévoyance du professionnel et la prévoyance du dirigeant.
§ 8LEVIER 4 — TRÉSORERIE·3 MIN

Levier n°4 : placer la trésorerie de l'officine et de la SPFPL

Une officine rentable génère du cash. Le laisser dormir à 0 % sur le compte de la société, c'est le pire des deux mondes : aucun rendement aujourd'hui, et le jour où vous le sortez, le PFU à 31,4 % vous attend quand même. L'enjeu n'est pas tant de « défiscaliser » que de faire travailler une trésorerie de personne morale dans des enveloppes adaptées à l'impôt sur les sociétés.

Officine vs SPFPL : deux poches, deux logiques

La trésorerie d'exploitation de l'officine, à horizon court, sert le cycle de l'activité (stock, fournisseurs) : on la sécurise sur des supports liquides (compte à terme, supports de précaution). La trésorerie patrimoniale, remontée à la SPFPL via le régime mère-fille (voir levier suivant), vise un horizon long : c'est elle qu'on place dans une optique de capitalisation.

Les principales enveloppes pour une personne morale à l'IS : le contrat de capitalisation souscrit par la société (article 238 septies E du CGI), dont les produits sont soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 % et qui permet de diversifier sans imposition annuelle au fil de l'eau ; le compte à terme, pour la sécurité et la liquidité ; les SCPI détenues à l'IS, pour un rendement immobilier régulier ; et des fonds obligataires ou monétaires. Ce ne sont pas des produits de défiscalisation — leurs produits restent imposés à l'IS — mais des outils de gestion de la trésorerie longue qui évitent l'empilement « cash dormant puis dividende à 31,4 % ».

Le comparatif détaillé des enveloppes, avec rendements et fiscalité, est traité dans où placer le cash excédentaire de votre officine et faire fructifier la trésorerie de votre SPFPL. Pour la mécanique générale, le pilier SCPI et le compte à terme 2026 complètent le tableau.

Note de méthode sur les rendements

Une précision de bon sens, mais essentielle. Les enveloppes ci-dessus (contrat de capitalisation, SCPI, fonds obligataires) comportent un risque de perte en capital et leurs rendements ne sont ni garantis ni connus à l'avance : un rendement passé ne dit rien du rendement futur, et les taux qu'on cite dans nos guides sont des hypothèses de calcul, pas un engagement. À l'inverse, le compte à terme offre un rendement contractuel connu, mais plus faible. La logique de ce levier n'est donc pas de « viser un rendement », mais d'éviter qu'une trésorerie dorme à 0 % avant d'être distribuée à 31,4 % : l'allocation se calibre selon votre horizon et votre tolérance au risque, avec votre conseiller.
§ 9LEVIER 5 — REPORT·4 MIN

Levier n°5 : la SPFPL de pharmacie (mère-fille + effet de levier au rachat)

Pour un titulaire qui veut détenir plusieurs officines ou préparer un rachat, c'est la pièce centrale du montage. La société de participations financières de profession libérale (SPFPL) de pharmaciens détient les titres de votre ou vos SEL d'officine. Son atout fiscal central : le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Les dividendes que la SEL remonte à la SPFPL sont exonérés à 95 % ; seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposable à l'IS, soit un IS effectif d'environ 1,25 %.

100 000 € de dividendes : SPFPL vs distribution directe

DISTRIBUTION DIRECTE (PFU 31,4 %) :
   100 000 x 31,4 %                       = 31 400 EUR d impot

REMONTEE A LA SPFPL (regime mere-fille) :
   quote-part 5 % x 100 000 = 5 000 (base imposable)
   5 000 x 25 % (IS)                      = 1 250 EUR d impot
   -> IS effectif                          = 1,25 %

Conditions du régime mère-fille : détention d'au moins 5 % du capital, conservation des titres pendant 2 ans. Le calcul retient ici l'IS au taux normal de 25 % sur la quote-part de 5 % (1,25 % effectif) ; si la SPFPL est éligible au taux réduit PME (base imposable inférieure à 42 500 €, ce qui est souvent le cas), l'IS tombe à 15 % sur cette quote-part, soit 0,75 % effectif. Sur 100 000 € de dividendes, la remontée à la SPFPL ne laisse donc qu'environ 1 250 € d'impôt (750 € au taux réduit), contre 31 400 € en distribution directe au PFU. Les fonds restent ensuite dans la SPFPL pour être placés ou rembourser un emprunt — ils ne sont pas dans votre poche personnelle, mais ils ne subissent pas non plus le RFR.

C'est aussi l'outil du rachat d'officine à effet de levier : la SPFPL emprunte pour acquérir les titres de la SEL, déduit les intérêts d'emprunt de son résultat, et se rembourse avec les dividendes que la SEL lui remonte quasi en franchise d'impôt. Résultat : vous financez l'acquisition sans sortie de cash personnelle, là où un achat en direct exigerait de vous verser des dividendes lourdement taxés. L'apport-cession (article 150-0 B ter) permet par ailleurs de reporter l'imposition d'une plus-value de titres apportés à la holding, sous conditions de remploi durcies par la loi de finances 2026.

Combien d'officines via une SPFPL ? Les plafonds du Code de la santé publique

Contrairement à une holding patrimoniale classique, la SPFPL de pharmaciens n'est pas un véhicule illimité. Le Code de la santé publique (articles R. 5125-14 à R. 5125-24, décret n° 2013-466 du 4 juin 2013, dans le cadre recodifié par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023) limite le nombre de SEL d'officine détenables — le plafond couramment retenu étant de l'ordre de trois SEL pour la SPFPL, le capital devant rester majoritairement aux mains des pharmaciens exerçant. Ces plafonds, qui ont évolué avec la réglementation récente, sont à vérifier au texte applicable au moment de votre montage : nous les formulons au conditionnel.

Substance obligatoire (anti-abus de droit)

Capitaliser dans une SEL ou une SPFPL dotée d'une substance économique réelle est parfaitement légal — « nul n'est tenu de choisir la voie la plus imposée » (Conseil d'État, 18 mai 2005, n° 267087, Sté Sagal). En revanche, un montage purement artificiel expose à la procédure d'abus de droit. Et si vous visez le pacte Dutreil à la transmission, la SPFPL doit alors être animatrice de ses filiales (Cass. com. 17 décembre 2025, n° 24-17.415). Le détail du montage : la SPFPL de pharmacie, le rachat de parts d'officine via SPFPL et le pilier SPFPL de la profession libérale / holding patrimoniale.
§ 10LEVIER 6 — ASSIETTE·3 MIN

Levier n°6 : l'immobilier qui baisse le RFR (murs en SCI, déficit foncier)

Beaucoup de titulaires sont locataires des murs de leur officine. Les acquérir via une SCI à l'impôt sur le revenu est un double levier. Côté exploitation, le loyer versé par la SEL à la SCI est une charge déductible de son résultat : au lieu de payer un loyer à un tiers, vous remboursez un bien qui finira à vous. Côté patrimoine, vous percevez des revenus fonciers (barème + prélèvements sociaux à 17,2 %), dont vous déduisez les intérêts d'emprunt et les travaux.

Surtout, dissocier les murs (SCI) du fonds (SEL) protège l'immobilier en cas de difficulté de l'exploitation et facilite une transmission séparée — vous pouvez transmettre les murs à vos enfants tout en gardant le contrôle de l'exploitation, ou l'inverse. La SCI à l'IS, qui permet d'amortir le bâtiment et de réduire le résultat imposable, est une option : elle alourdit en revanche la plus-value de cession (réintégration des amortissements), donc à arbitrer selon votre horizon.

Le déficit foncier (article 156 du CGI) ajoute un effet d'assiette : si les charges déductibles (hors intérêts) dépassent les loyers, le déficit s'impute sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an (21 400 € en cas de rénovation énergétique d'une passoire, dispositif prorogé jusqu'au 31/12/2027), l'excédent et les intérêts étant reportables. C'est un levier qui baisse le RFR, donc la CEHR et la CDHR.

LMNP : prélèvements sociaux en zone grise

Si vous logez de l'immobilier locatif meublé (LMNP) à titre patrimonial, sachez que la réforme de 2025 a réintégré les amortissements pratiqués dans le calcul de la plus-value de cession, et que le traitement des prélèvements sociaux du LMNP en 2026 reste, à ce stade, une zone grise (17,2 % ou 18,6 % selon la qualification retenue). Nous le formulons au conditionnel : à vérifier au cas par cas. Pour l'immobilier d'exploitation et les murs, le guide acheter les murs de son local en SCI et l'immobilier d'assiette du professionnel détaillent les montages.
§ 11LEVIER 7 — TRÉSORERIE·2 MIN

Levier n°7 : le compte courant d'associé rémunéré

Quand vous laissez de l'argent à disposition de votre SEL — via votre compte courant d'associé (CCA) —, la société peut vous verser des intérêts déductibles de son résultat. C'est une façon de vous rémunérer en sortant de la logique « salaire ou dividende », dans la limite d'un taux plafond.

Ce taux maximal déductible côté société est celui de l'article 39, 1, 3° du CGI : le taux moyen annuel des prêts à taux variable aux entreprises, qui ressort à environ 4,55 % pour les exercices clos fin 2025 / début 2026 (à vérifier au taux publié au Journal officiel pour votre exercice). Condition : le capital de la société doit être entièrement libéré. Côté associé, ces intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers, imposés au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) ou au barème sur option.

Le CCA gonfle la base de la règle des 10 %

Point d'articulation à connaître : le solde de votre compte courant d'associé s'ajoute au capital et aux primes pour déterminer le seuil de 10 % au-delà duquel vos dividendes basculent dans l'assiette des cotisations TNS (cf. levier 1). Un CCA bien alimenté relève donc ce seuil et peut vous permettre de distribuer davantage de dividendes hors champ des cotisations sociales. L'arbitrage entre intérêts de CCA et dividendes se pilote finement : le compte courant d'associé en officine en détaille la rémunération, le plafond et la fiscalité.
§ 12LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : un pharmacien titulaire à 250 000 € d'EBE

Prenons Karim, 47 ans, titulaire d'une officine en SELARL, EBE de 250 000 €, célibataire. Sans optimisation, l'essentiel de son bénéfice remonte à l'IR : il est en tranche à 45 %, son RFR dépasse 250 000 €, ce qui le place dans le champ de la CEHR (environ 1 500 € si son RFR ressort autour de 300 000 €, soit 3 % de la fraction au-dessus de 250 000 €) et l'expose à la CDHR. C'est exactement le dossier où l'ordre dans lequel on actionne les leviers fait la différence.

Ordres de grandeur 2026 pour une officine à 250 000 € d'EBE, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR. L'objectif n'est pas d'« effacer » l'impôt mais de ramener le RFR vers les seuils par l'assiette et le report — pas par une niche.
ÉtapeMécanismeEffet sur l'assiette / le RFROrdre de grandeur
Situation initialeBénéfice à l'IR (45 %) + cotisations TNSRFR > 250 000 € → CEHR + exposition CDHRCEHR ~1 500 €
Prévoyance MadelinDéduction du bénéfice (154 bis II)Baisse l'IR et le RFR~11 534 € déduits
PER 154 bisDéduction du bénéfice (assiette)Baisse l'IR et le RFR~55 291 € déduits → IR −~24 881 €
Report en SELBénéfice non distribué capitalisé à l'IS (15 / 25 %)Sort le revenu du RFRIS 25 % au lieu de 45 % + surtaxes
RésultatAssiette + report combinésRFR ramené vers / sous le seuilCEHR et CDHR fortement réduites

En cumulant la prévoyance Madelin (~11 534 €) et le PER 154 bis (~55 291 €), Karim déduit de l'ordre de 66 800 € de son bénéfice imposable, soit une économie d'IR d'environ 30 000 € à 45 % et, surtout, un RFR abaissé d'autant. Sur la part de bénéfice qu'il ne consomme pas, le report en SEL à l'IS (25 % au lieu de 45 % + surtaxes) sort encore du revenu du RFR. Le tout fait reculer son exposition à la CEHR et à la CDHR.

La leçon du cas : assiette + report, avant toute niche

Le point décisif : si Karim avait, à la place, acheté un produit de défiscalisation plafonné (Girardin, FIP), l'avantage aurait été repris par la CDHR dès que son IR serait passé sous 20 % de son RFR — une dépense pour rien. Ce sont l'assiette (PER, prévoyance) et le report (SEL, SPFPL) qui produisent un effet net, parce qu'ils agissent sur le RFR lui-même. Les chiffres ci-dessus sont des ordres de grandeur, à recalculer précisément avec votre expert-comptable et au simulateur officiel.
§ 13CESSION & TRANSMISSION·3 MIN

Préparer la cession et la transmission de l'officine

Le jour où vous vendez, la fiscalité dépend entièrement de ce que vous cédez— et la dualité des prélèvements sociaux 2026 rend la distinction décisive. C'est l'erreur la plus coûteuse que l'on voit en rendez-vous.

Cession des parts de SEL vs cession du fonds d'officine

Si vous cédez les parts de votre SEL (des titres), vous relevez de l'article 150-0 D ter : un abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant partant en retraite, l'IR au PFU ou au barème sur le surplus — mais des prélèvements sociaux à 18,6 % sur la totalité de la plus-value (conditions : société IS/PME, exercice et direction depuis au moins 5 ans, cessation des fonctions et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois).

Si vous cédez le fonds de commerce d'officine (une plus-value professionnelle), vous relevez de l'article 238 quindecies (exonération totale jusqu'à 500 000 € de valeur de cession, dégressive jusqu'à 1 000 000 €) et/ou de l'article 151 septies A (départ en retraite : IR exonéré, mais prélèvements sociaux à 17,2 % dus). Retenez la règle : parts à 18,6 %, fonds à 17,2 %. Ne pas confondre.

Transmettre l'officine à ses enfants

Pour transmettre : l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (article 779) se cumule avec le pacte Dutreil (article 787 B), qui exonère 75 % de la valeur des titres ou du fonds transmis sous engagements de conservation (collectif puis individuel) et exercice d'une fonction de direction — la SPFPL devant alors être animatrice. Une donation en pleine propriété avant 70 ans ouvre en outre une réduction de 50 % des droits (article 790). Ces dispositifs lourds se préparent plusieurs années à l'avance.

Ce hub survole ; le détail des montages est traité dans céder son activité en exonérant la plus-value, le rachat de parts d'officine via SPFPL, l'apport-cession 150-0 B ter et la donation et le pacte Dutreil.

§ 14TERRAIN OFFICINE·2 MIN

Ce qui distingue le pharmacien : BIC, CAVP, TVA récupérable

Trois traits propres au titulaire d'officine doivent rester présents à l'esprit, car ils changent le raisonnement par rapport à un médecin ou un dentiste libéral.

Le pharmacien titulaire dirige une entreprise commerciale (BIC), récupère la TVA et cotise à la CAVP — trois différences structurelles avec le cabinet de soins libéral.
CritèrePharmacien titulaire (officine)Dentiste / médecin libéral
Nature de l'activitéCommerciale — BIC (fonds de commerce)Libérale — BNC (patientèle / clientèle)
TVAVentes de médicaments soumises (2,1 / 5,5 / 10 / 20 %), TVA récupérableSoins exonérés (art. 261-4-1°), TVA non récupérable (un coût)
RetraiteCAVP (+ capitalisation obligatoire)CARCDSF (dentiste) / CARMF (médecin)
Structure d'exerciceSEL de pharmacie / SPFPL (plafonds CSP)SELARL / SELAS, SPFPL
Rémunération associé SELBNC depuis 2024BNC depuis 2024

Le matériel et l'agencement de l'officine

Vos investissements (agencement, mobilier, automate de délivrance, informatique, robotisation) s'amortissent (articles 39 et 39 A du CGI), ce qui étale leur déduction sur la durée d'usage ; le petit matériel d'une valeur inférieure à 500 € HT est déductible immédiatement. Avantage propre à l'officine : comme vos ventes sont soumises à la TVA, vous récupérez la TVA sur ces investissements — ce que ne peut pas faire le cabinet de soins exonéré. Méfiez-vous toutefois de toute promesse de « suramortissement » général : il n'existe pas en droit commun.

CAVP : la caisse du pharmacien, jamais la CARMF

Pour clore sur le garde-fou le plus important : votre retraite relève de la CAVP, jamais de la CARMF (médecins), de la CARCDSF (dentistes) ni de la CARPIMKO (auxiliaires médicaux). Son volet de capitalisation obligatoire constitue un socle, mais insuffisant à votre niveau de revenu : c'est tout le sens des leviers d'épargne ci-dessus. Valeurs 2026 à confirmer sur cavp.fr ; pour le cadrage, voyez le pilier plan d'épargne retraite.
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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €).

  • La CDHR : création, validation et reconduction (références vérifiées)

    Loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 10) : création de la CDHR, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025. Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : reconduction de la CDHR jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026. Le périmètre exact du RFR retraité et la décote d'entrée sont à recalculer au simulateur officiel (pas de doctrine BOFiP publiée).

  • Les leviers d'assiette : PER, prévoyance Madelin et immobilier

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; prévoyance / santé Madelin ~11 534 €). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun, report des plafonds porté à 5 ans par la LF 2026). Art. 156 CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 € jusqu'au 31/12/2027). Art. 39 et 39 A CGI (amortissement de l'agencement et de l'automate de l'officine, petit matériel < 500 € HT). Art. 200-0 A CGI (plafond global des niches de 10 000 €).

  • Les leviers de report : SEL, SPFPL et apport-cession

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %, IS effectif ~1,25 %). Art. 238 septies E CGI (capitalisation de la personne morale). Art. 39-1-3° CGI (intérêts de compte courant d'associé, taux ~4,55 % en 2026). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258) ; CSP R. 5125-14 à R. 5125-24 et décret n° 2013-466 du 04/06/2013 (détention des officines). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Jurisprudence : Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366, Cons. const. 06/08/2010 n° 2010-24 QPC, CE 08/04/2025 n° 492154, CE 18/05/2005 n° 267087 Sagal, Cass. com. 17/12/2025 n° 24-17.415.

  • Cession, transmission, prélèvements sociaux, TVA et CAVP

    Art. 150-0 D ter CGI (abattement 500 000 € du dirigeant retraité sur les parts de SEL, PS 18,6 %). Art. 238 quindecies et 151 septies A CGI (plus-value du fonds, PS 17,2 %). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil, exonération de 75 %). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur dividendes, intérêts, parts de SEL et PER, 17,2 % maintenu sur foncier, assurance-vie, capitalisation et plus-values professionnelles. Art. 261-4-1° CGI (l'officine vend des médicaments soumis à TVA et récupère la TVA, contrairement au cabinet de soins). CAVP : cotisations 2026 à confirmer sur cavp.fr (jamais la CARMF / CARCDSF / CARPIMKO).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR : à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP ne précise le détail du revenu fiscal de référence retraité, et la pérennité de la CDHR au-delà de 2026 reste conditionnelle. Les plafonds de détention des SEL et SPFPL d'officine (Code de la santé publique) sont indiqués au conditionnel et doivent être vérifiés au texte applicable au moment du montage. Toute structuration (SEL, SPFPL de pharmacie, apport-cession) et tout investissement (immobilier, trésorerie d'officine, capital-investissement) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, le conseil de l'Ordre national des pharmaciens. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points, comme le traitement des prélèvements sociaux du LMNP ou le périmètre exact de l'apport-cession 150-0 B ter, sont signalés au conditionnel. Les investissements en capital-investissement, en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation du pharmacien titulaire en 2026 CDHR, PER, SEL/SPFPL, trésorerie d'officine, murs en SCI et CAVP.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des titulaires d'officine : comment payer moins d'impôts à 41-45 %, BIC ou SEL, le plafond PER, les dividendes à 31,4 %, la CDHR, la SPFPL à 1,25 %, le nombre d'officines détenables, la CAVP (et pas la CARMF). Réponses sourcées et à jour 2026.