Combien un libéral peut déduire : la réponse en 30 secondes
Chaque printemps, le même constat : une part de votre bénéfice de libéral part en impôt à 41 ou 45 %, sans rien construire pour vous. Vous êtes venu chercher un chiffre ? Le voici sans détour : un libéral peut déduire de son bénéfice imposable jusqu'à 88 911 € en 2026 en versant sur un PER, grâce au plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI — un plafond 2,4 fois plus large que celui d'un salarié. Et même quand le bénéfice est modeste, un plancher garantit toujours au moins 4 806 € de déduction. L'économie d'impôt, elle, dépend de votre tranche : à 45 %, déduire 88 911 €, c'est 40 010 € d'impôt en moins— la même somme transformée en épargne retraite à votre nom plutôt qu'en recette pour le Trésor.
Le PER du libéral en 30 secondes
2. L'économie. Elle vaut environ versement × TMI : 10 000 € versés, c'est 4 100 € d'impôt en moins à 41 %, 4 500 € à 45 %.
3. Les 3 pièges. Le bon plafond dépend de votre statut ; la déduction ne touche pas vos cotisations sociales ; et le plafond TNS, c'est maintenant ou jamais (ni report, ni mutualisation).
4. La perspective. Le PER ne remplace pas votre caisse obligatoire : il vient en plus.
Un mot d'honnêteté avant tout : 88 911 € est un plafond, pas une cible. Le bon montant à verser est celui qui « racle » votre tranche d'imposition la plus élevée sans amputer votre trésorerie d'exploitation, et qui reste cohérent avec votre épargne de précaution. Pour calculer précisément votre économie selon votre tranche, voyez notre guide calculer son économie d'impôt PER selon sa TMI. Dans cet article, on se concentre sur ce qui change pour vous, libéral : le bon plafond, les pièges et les cas réels.
Le plafond TNS (art. 154 bis) : la formule 10 % + 15 %
C'est le plafond qui change tout pour le libéral travailleur non salarié, et il est nettement plus généreux que celui des salariés. Là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus, le TNS bénéficie d'une majoration de 15 % sur la tranche haute de son bénéfice. Concrètement, l'article 154 bis du CGIvous autorise à déduire le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.
La formule exacte, sans approximation
Le plafond se calcule en additionnant deux briques : 10 % de votre bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS), puis 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Si votre bénéfice est inférieur à 1 PASS, seuls les 10 % jouent — et c'est alors le plancher de 4 806 € qui prend le relais. Au-delà de 8 PASS de bénéfice (384 480 €), la majoration de 15 % cesse de courir : vous êtes au maximum, 88 911 €.
Le plafond TNS 2026, du plancher au maximum
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 1 PASS = 4 806 EUR
MAXIMUM = 10 % x 384 480
+ 15 % x (384 480 - 48 060)
= 38 448 + 50 463 = 88 911 EURLe maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS). En dessous, on applique la formule 10 % + 15 %, et le plancher de 4 806 € s'applique tant que 10 % du bénéfice lui est inférieur.
Le plus parlant, c'est de dérouler la formule sur quelques bénéfices types. Regardons palier par palier :
| Bénéfice imposable | Plafond 154 bis | Comment il se calcule |
|---|---|---|
| 30 000 € | 4 806 € (plancher) | 10 % du bénéfice (3 000 €) < plancher → on retient 4 806 € |
| 48 060 € (1 PASS) | 4 806 € | 10 % × 48 060, pas encore de majoration de 15 % |
| 100 000 € | 17 791 € | 10 % × 100 000 + 15 % × (100 000 − 48 060) |
| 200 000 € | 42 791 € | 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) |
| ≥ 384 480 € (8 PASS) | 88 911 € (maximum) | 10 % × 384 480 + 15 % × 336 420 |
De quel bénéfice parle-t-on ?
L'assiette dépend de votre mode d'exercice. En BNC au réel, c'est votre bénéfice de la déclaration 2035 (recettes encaissées moins charges déductibles). En gérant majoritaire de SELARL ou d'EURL à l'IS, c'est votre rémunération nette imposée au titre de l'article 62 du CGI (fonction de gérance) et, depuis le 1er janvier 2024, en BNC pour la fraction correspondant à l'exercice technique de l'activité libérale. Dans les deux cas, vous êtes travailleur non salarié, donc le 154 bis s'applique. Pour le calcul détaillé, support par support, voyez le PER du TNS en 2026 : le plafond 154 bis pas à pas.
Madelin et 154 bis : la même enveloppe
Combien d'impôt vous économisez vraiment (par TMI)
Un plafond, ça ne sert à rien tant qu'on n'a pas posé l'économie d'impôt en face. Voilà ce que ça vous rapporte concrètement. La règle est simple : comme le PER est une déduction du revenu, l'économie d'impôt sur le revenu vaut approximativement votre versement multiplié par votre tranche marginale d'imposition (TMI). Le barème 2026 (article 197 du CGI) compte cinq tranches : 0, 11, 30, 41 et 45 %. Le libéral à bons revenus se situe le plus souvent à 41 ou 45 % — exactement là où le PER est le plus efficace.
| Votre TMI | Économie d'IR pour 10 000 € versés |
|---|---|
| 11 % | ≈ 1 100 € |
| 30 % | ≈ 3 000 € |
| 41 % | ≈ 4 100 € |
| 45 % | ≈ 4 500 € |
Et si vous saturez le plafond maximum de 88 911 €, l'économie devient considérable :
| Votre TMI | Économie au plafond maximum (88 911 €) |
|---|---|
| 30 % | ≈ 26 673 € |
| 41 % | ≈ 36 453 € |
| 45 % | ≈ 40 010 € |
Raclez votre tranche, ne débordez pas
Combien le PER vous fait-il vraiment économiser ?
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154 bis ou 163 quatervicies : les deux plafonds à ne pas confondre
Sortez votre dernier avis d'imposition : le « Plafond épargne retraite » qui y figure n'est qu'une moitié de l'histoire. Il existe deux plafonds de déduction PER, et beaucoup de libéraux raisonnent (à tort) avec le mauvais. Le plafond « Plafond épargne retraite » que vous lisez en bas de votre avis d'imposition, c'est celui de l'article 163 quatervicies — le plafond classique, commun à tous les contribuables. Mais le travailleur non salarié dispose, en plus, du plafond spécifique TNS de l'article 154 bis, bien plus large.
Art. 154 bis — le plafond TNS
Réservé aux travailleurs non salariés. Base : le bénéfice de l'année N (PASS 2026). Formule 10 % + 15 %, maximum 88 911 €. Mais : strictement individuel, non reportable, non mutualisable. Il se déduit du revenu catégoriel (BNC, ou art. 62 pour la gérance — la part technique du gérant majoritaire bascule en BNC depuis 2024).
Art. 163 quatervicies — le plafond classique
Commun à tous (salariés, épargne personnelle). Base : les revenus de l'année N-1 (PASS 2025). Formule 10 % seulement, maximum 37 680 €. Mais : mutualisable entre conjoints (case 6QR) et reportable (3 ans, porté à 5 ans par la LF 2026). Il se déduit du revenu global.
Le piège des bases PASS : N pour le TNS, N-1 pour le salarié
Comment les deux plafonds s'articulent
Pas de piège ici, mais pas de cadeau non plus : un même euro versé ne se déduit qu'une seule fois. En pratique, ce qui est déduit au titre du 154 bis vient en diminution du disponible calculé au titre du 163 quatervicies (doctrine BOI-IR-BASE-20-50-20). Pour le TNS « pur » (qui n'a que des revenus non salariés), le 154 bis est de loin le plafond utile ; le 163 quatervicies résiduel sert surtout à un conjoint salarié ou aux pluriactifs. Pour visualiser tout votre disponible, voyez votre plafond PER 2026 : disponible, report et mutualisation.
Le pluriactif cumule les deux plafonds
C'est le cas le plus favorable. Un médecin hospitalier salarié et libéral, ou un consultant cadre exerçant aussi une activité BNC, cumule le plafond 154 bis (sur son bénéfice non salarié) et le plafond 163 quatervicies (sur son salaire). En 2026, le cumul théorique atteint 126 591 €(88 911 € + 37 680 €) — sous réserve, bien sûr, d'avoir les revenus et la capacité d'épargne correspondants.
Exemple : le praticien hospitalier qui exerce aussi en libéral
SELARL, SELAS, BNC : quel plafond pour VOTRE statut
C'est l'angle mort des avocats et des médecins que je reçois — et celui qui leur coûte le plus cher. « Je suis libéral » ne donne pas droit à un plafond unique. C'est votre régime social — travailleur non salarié ou assimilé salarié — qui décide du plafond applicable, pas votre diplôme ni votre profession. Deux avocats à revenus identiques peuvent ainsi avoir des plafonds du simple au double.
| Votre statut | Régime social | Plafond applicable | Maximum 2026 |
|---|---|---|---|
| BNC au réel (EI / EURL à l'IR) | TNS | Art. 154 bis | 88 911 € |
| Gérant majoritaire de SELARL / EURL à l'IS | TNS | Art. 154 bis (rému art. 62 + BNC technique depuis 2024) | 88 911 € |
| Président de SELAS / gérant minoritaire de SELARL | Assimilé salarié | Art. 163 quatervicies | 37 680 € |
Ce que le Conseil d'État a tranché
Ce n'est pas une lecture maison : le Conseil d'État a tranché, deux fois. Le critère a d'abord été posé en 2013 : le lien de subordination détermine la catégorie d'imposition, et à défaut de salariat, la rémunération de l'associé de SEL est imposée en BNC (CE 16 octobre 2013, n° 339822). Puis le Conseil d'État a clarifié l'essentiel pour le PER : la déduction de l'article 154 bis n'est admise que sur une rémunération imposée en BNC, jamais sur des traitements et salaires (CE 8 décembre 2017, n° 409429). Conséquence directe : le président de SELAS, assimilé salarié, est cantonné au plafond de 37 680 €.
Plus récemment, le Conseil d'État a validé la bascule en BNC de la rémunération « technique » des associés de SEL (CE 8 avril 2025, n° 492154, dans le sillage du rescrit BOI-RES-BNC-000136 applicable depuis le 1er janvier 2024). Pour de nombreux associés de SEL, cette part de rémunération technique imposée en BNC rouvre l'accès au plafond 154 bis — un point à examiner au cas par cas avec votre conseil.
Les dividendes de SEL n'ouvrent AUCUN plafond PER
Donc on commence toujours par le statut, jamais par le calcul. Pour choisir la forme d'exploitation la plus adaptée à vos revenus, voyez BNC ou SELARL : quand la société devient intéressante et EI, EURL, SELARL, SELAS : quel statut pour quelle profession libérale.
154 bis : ni reportable, ni mutualisable (maintenant ou jamais)
Deuxième piège (le titre l'annonce) : les deux plafonds ne se traitent pas pareil dans le temps. Le plafond TNS de l'article 154 bis non utilisé à la clôture de l'exercice est définitivement perdu : il n'est ni reportable sur les années suivantes, ni mutualisable avec votre conjoint. À l'inverse, le plafond 163 quatervicies, lui, est à la fois reportable et mutualisable. Pour un TNS pur, le plafond non consommé au 31 décembre s'évapore : on ne le rattrape jamais.
| Levier | Plafond 154 bis (TNS) | Plafond 163 quatervicies |
|---|---|---|
| Report dans le temps | Non — perdu en fin d'exercice | Oui : 3 ans, porté à 5 ans (LF 2026, plafonds ≥ 2026) |
| Mutualisation entre conjoints | Non — strictement individuel | Oui (case 6QR de la 2042) |
Mutualisation et report : l'avantage du 163 quatervicies
La mutualisation entre conjoints (mariés ou pacsés soumis à imposition commune) ne concerne que le 163 quatervicies : en cochant la case 6QR de la déclaration 2042, le conjoint à TMI élevée peut absorber le reliquat de plafond de l'autre. Quant au report, la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9) l'a porté de 3 à 5 ans — mais uniquement pour les plafonds générés à compter de 2026 (mesure non rétroactive). Les reliquats nés en 2023 restent à 3 ans et expirent fin 2026.
Doctrine non encore à jour : citez le texte de loi
70 ans : la déductibilité s'arrête
3 cas chiffrés : médecin BNC, kiné CARPIMKO, avocate en SELAS
Plutôt qu'une théorie de plus, trois dossiers réels (anonymisés) qu'on a chiffrés cette année. Voici comment jouent concrètement le plafond TNS, le plancher et l'effet du statut. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux qu'on voit passer en rendez-vous à Chambéry. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.
Cas 1 — Dr Claire, médecin généraliste en BNC (TMI 41 %)
Plafond 154 bis : 10 % × 120 000 + 15 % × (120 000 − 48 060) = 12 000 + 10 791 = 22 791 €.
Si elle verse 22 791 € : économie d'IR ≈ 22 791 × 41 % = 9 344 € (sous réserve de racler sa tranche).
Si elle verse 10 000 € seulement : économie ≈ 4 100 €.
Note : à 41 %, chaque euro versé revient à 0,59 € de poche pour 1 € placé à son nom. Aucun livret ne fait ça.
Cas 2 — Marc, kiné en BNC (CARPIMKO), TMI 30 %
Calcul 10 % : 10 % × 42 000 = 4 200 € — inférieur au plancher.
Plancher 154 bis : le plus favorable s'applique → 4 806 €.
S'il verse 4 806 € : économie d'IR ≈ 4 806 × 30 % = 1 442 €.
Message clé : sous 1 PASS de bénéfice, c'est le plancher de 4 806 € qui protège — la déduction n'est jamais inférieure, même avec un petit bénéfice. C'est l'illustration de la règle « le plus élevé des deux ».
Cas 3 — Me Sophie, avocate présidente de SELAS (assimilée salarié), TMI 45 %
Plafond applicable : PAS le 154 bis (CE 8 décembre 2017, n° 409429) → c'est le 163 quatervicies, plafonné à 37 680 €.
Si elle verse 30 000 € : économie d'IR ≈ 30 000 × 45 % = 13 500 €.
À retenir : même avocate à hauts revenus, Sophie plafonne à 37 680 € sur sa rémunération de mandat, là où une consœur gérante majoritaire de SELARL viserait 88 911 €. Si une part de sa rémunération « technique » est imposée en BNC (post-rescrit 2024), cette fraction rouvre du 154 bis — à examiner au cas par cas.
Pour le détail propre à la robe — plafond CNBF, articulation 154 bis / 163 quatervicies selon que vous exercez en BNC, en SELARL ou en SELAS —, voyez notre guide dédié PER avocat : combien déduire et comment l'optimiser (plafond Madelin 154 bis).
Note de méthode : lisez ces chiffres pour ce qu'ils sont
Le PER ne remplace pas votre caisse (CARMF, CARPIMKO, CNBF)
Reste un point qu'on néglige presque toujours. Comme tout libéral, vous cotisez déjà à une caisse de retraite obligatoire : la CARMF pour les médecins, la CARPIMKO pour les kinés et infirmiers, la CNBF pour les avocats, la CIPAV pour de nombreuses professions. Cette caisse vous assure une retraite de base et complémentaire — mais, pour la plupart des professions à bons revenus, ce socle obligatoire reste nettement insuffisant pour maintenir votre niveau de vie une fois en retraite.
Le PER ne vient pas remplacer cette caisse : il vient en plus. Là où la caisse fonctionne en répartition (vos cotisations financent les retraités actuels), le PER capitalise votre propre épargne, à votre nom, tout en la défiscalisant à l'entrée. C'est précisément ce cumul — caisse obligatoire en socle, PER en complément capitalisé — qui permet de combler l'écart de revenus à la retraite. Pour mesurer l'ampleur de cet écart selon votre profession, voyez la retraite des professions libérales : pourquoi la caisse obligatoire ne suffit pas.
Cette logique « socle obligatoire + étage facultatif » se décline ensuite caisse par caisse, car chaque profession dispose de sa propre retraite de base et complémentaire. Pour les officiers ministériels, voyez nos déclinaisons dédiées : Notaire : compléter sa retraite CPRN avec le PER, l'assurance-vie et la SCPI et Commissaire de justice : compléter sa retraite CAVOM avec un PER. Le même plafond 154 bis s'applique aux autres professions : pour l'expert-comptable, qui relève de la CAVEC, voyez PER pour expert-comptable : déduire au maximum, et pour l'architecte, affilié à la CIPAV, PER architecte : combien déduire de votre BNC. Le psychologue libéral relève lui aussi de la CIPAV pour sa retraite : PER psychologue libéral : déduire et préparer sa retraite.
Le bon réflexe : socle obligatoire + étage facultatif
Faut-il déduire, ou choisir l'option non déductible ?
Peu de libéraux le savent : déduire n'est pas obligatoire. Vous pouvez renoncer à la déduction à l'entrée, versement par versement. En contrepartie de cet abandon, la fiscalité de sortie est allégée — le capital correspondant aux versements non déduits ressort sans impôt sur le revenu (seuls les gains restent taxés). C'est un vrai choix stratégique, qui se fait versement par versement et qui est irréversible une fois exercé.
La règle d'arbitrage : votre TMI aujourd'hui vs demain
Une seule question tranche : votre tranche sera-t-elle plus basse à la retraite qu'aujourd'hui ? On compare donc votre TMI aujourd'hui à votre TMI estimée à la retraite. Déduire est gagnant si votre TMI baisse à la retraite — c'est le cas le plus fréquent du libéral imposé à 41 ou 45 % en activité, qui passera souvent à 30 % une fois retraité : il économise 41-45 % à l'entrée pour n'être taxé qu'à 30 % à la sortie. À l'inverse, à une TMI de 11 %, l'option non déductible est souvent préférable : l'économie d'entrée serait faible, autant préserver la sortie.
La fiscalité de sortie en capital, en bref
À la sortie en capital (versements déduits), deux briques se distinguent : la part « versements » est imposée au barème de l'IR, et la part « gains » au PFU de 31,4 %. Attention à un point souvent mal repris : les prélèvements sociaux du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 depuis la LFSS 2026), pas 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le détail de cette dualité est expliqué dans prélèvements sociaux 2026 : la dualité 18,6 % / 17,2 %.
Le PER n'entre PAS dans le plafond des niches de 10 000 €
Le PER, votre meilleur levier pour piloter votre RFR (CEHR, CDHR)
Au-dessus de 250 000 € de RFR, le PER se met à faire un deuxième métier : comme il déduit du revenu imposable, il réduit aussi votre revenu fiscal de référence (RFR). Or plusieurs surtaxes se déclenchent à partir de seuils de RFR : un versement bien calibré peut vous faire passer sous un seuilet économiser, au-delà de l'IR, une surtaxe entière.
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)
La CEHR (article 223 sexies du CGI) s'applique à 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), et à 4 %au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple). En abaissant votre RFR sous l'un de ces seuils, un versement PER peut neutraliser tout ou partie de cette contribution.
Exemple : un versement qui efface une surtaxe entière
La contribution différentielle (CDHR) : à confirmer pour 2026
La CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus) assure une imposition minimale d'environ 20 % du RFR pour les RFR supérieurs à 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Elle a été créée par la loi de finances 2025, pour les revenus 2025. Sa reconduction en 2026 reste à confirmer au texte de la LF 2026 : nous formulons donc ce point au conditionnel. Si elle est reconduite, le PER constituerait, là encore, un levier de premier ordre pour réduire le RFR retenu dans son calcul.
Le pilotage du RFR fait partie d'une stratégie d'ensemble. Pour la replacer dans le cadre global du libéral fortement imposé, voyez profession libérale à hauts revenus : comment payer moins d'impôts et le guide pilier optimisation fiscale de la profession libérale.
Optimiser votre PER et votre RFR avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On calcule votre plafond 154 bis exact, on optimise votre économie d'impôt et votre RFR sous les seuils CEHR, et on calibre vos versements avec votre expert-comptable. On vous dit aussi quand NE PAS verser au plafond.

