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Guide professions libérales 202616 minMis à jour 25 juin 2026Plafond TNS 88 911 €

PER profession libérale : combien déduire de ses impôts

Vous êtes libéral, votre TMI flirte avec 41 ou 45 %, et chaque année une partie de votre bénéfice part en impôt sans contrepartie. Le PER est, de loin, votre levier de déduction le plus puissant : grâce à l'article 154 bis du CGI, vous pouvez déduire jusqu'à 88 911 € en 2026, soit jusqu'à 40 010 € d'impôt en moins à 45 %. Mais trois pièges peuvent transformer ce cadeau en déception : votre statut, vos cotisations sociales et le « maintenant ou jamais ». Voici combien vous pouvez vraiment déduire, et comment. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PER 2026

Chiffrer votre plafond PER et votre économie d'impôt réelle

Audit de votre situation de libéral : plafond TNS art. 154 bis, articulation avec le 163 quatervicies, économie par TMI, arbitrage déductible / non déductible. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre plafond 154 bis exact
  • Économie d'impôt nette par TMI
  • Arbitrage déductible / non déductible
  • Cabinet 100 % indépendant

PLAFOND TNS MAX 2026

88 911 €

FORMULE 154 BIS

10 % + 15 %

PLANCHER TNS

4 806 €

ÉCO. À 45 %

jusqu'à 40 010 €

PLAFOND SALARIÉ

37 680 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

Combien un libéral peut déduire : la réponse en 30 secondes

Chaque printemps, le même constat : une part de votre bénéfice de libéral part en impôt à 41 ou 45 %, sans rien construire pour vous. Vous êtes venu chercher un chiffre ? Le voici sans détour : un libéral peut déduire de son bénéfice imposable jusqu'à 88 911 € en 2026 en versant sur un PER, grâce au plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI — un plafond 2,4 fois plus large que celui d'un salarié. Et même quand le bénéfice est modeste, un plancher garantit toujours au moins 4 806 € de déduction. L'économie d'impôt, elle, dépend de votre tranche : à 45 %, déduire 88 911 €, c'est 40 010 € d'impôt en moins— la même somme transformée en épargne retraite à votre nom plutôt qu'en recette pour le Trésor.

Le PER du libéral en 30 secondes

1. Le plafond. L'article 154 bis vous autorise à déduire 10 % de votre bénéfice (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS — jusqu'à 88 911 €, plancher 4 806 €.
2. L'économie. Elle vaut environ versement × TMI : 10 000 € versés, c'est 4 100 € d'impôt en moins à 41 %, 4 500 € à 45 %.
3. Les 3 pièges. Le bon plafond dépend de votre statut ; la déduction ne touche pas vos cotisations sociales ; et le plafond TNS, c'est maintenant ou jamais (ni report, ni mutualisation).
4. La perspective. Le PER ne remplace pas votre caisse obligatoire : il vient en plus.

Un mot d'honnêteté avant tout : 88 911 € est un plafond, pas une cible. Le bon montant à verser est celui qui « racle » votre tranche d'imposition la plus élevée sans amputer votre trésorerie d'exploitation, et qui reste cohérent avec votre épargne de précaution. Pour calculer précisément votre économie selon votre tranche, voyez notre guide calculer son économie d'impôt PER selon sa TMI. Dans cet article, on se concentre sur ce qui change pour vous, libéral : le bon plafond, les pièges et les cas réels.

§ 2LE CŒUR·4 MIN

Le plafond TNS (art. 154 bis) : la formule 10 % + 15 %

C'est le plafond qui change tout pour le libéral travailleur non salarié, et il est nettement plus généreux que celui des salariés. Là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus, le TNS bénéficie d'une majoration de 15 % sur la tranche haute de son bénéfice. Concrètement, l'article 154 bis du CGI vous autorise à déduire le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.

La formule exacte, sans approximation

Le plafond se calcule en additionnant deux briques : 10 % de votre bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS), puis 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Si votre bénéfice est inférieur à 1 PASS, seuls les 10 % jouent — et c'est alors le plancher de 4 806 € qui prend le relais. Au-delà de 8 PASS de bénéfice (384 480 €), la majoration de 15 % cesse de courir : vous êtes au maximum, 88 911 €.

Le plafond TNS 2026, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS). En dessous, on applique la formule 10 % + 15 %, et le plancher de 4 806 € s'applique tant que 10 % du bénéfice lui est inférieur.

Le plus parlant, c'est de dérouler la formule sur quelques bénéfices types. Regardons palier par palier :

Le plafond TNS art. 154 bis selon le bénéfice. La base de calcul est le PASS de l'année N (48 060 € en 2026), à ne pas confondre avec celui du plafond salarié (assis sur N-1).
Bénéfice imposablePlafond 154 bisComment il se calcule
30 000 €4 806 € (plancher)10 % du bénéfice (3 000 €) < plancher → on retient 4 806 €
48 060 € (1 PASS)4 806 €10 % × 48 060, pas encore de majoration de 15 %
100 000 €17 791 €10 % × 100 000 + 15 % × (100 000 − 48 060)
200 000 €42 791 €10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060)
≥ 384 480 € (8 PASS)88 911 € (maximum)10 % × 384 480 + 15 % × 336 420

De quel bénéfice parle-t-on ?

L'assiette dépend de votre mode d'exercice. En BNC au réel, c'est votre bénéfice de la déclaration 2035 (recettes encaissées moins charges déductibles). En gérant majoritaire de SELARL ou d'EURL à l'IS, c'est votre rémunération nette imposée au titre de l'article 62 du CGI (fonction de gérance) et, depuis le 1er janvier 2024, en BNC pour la fraction correspondant à l'exercice technique de l'activité libérale. Dans les deux cas, vous êtes travailleur non salarié, donc le 154 bis s'applique. Pour le calcul détaillé, support par support, voyez le PER du TNS en 2026 : le plafond 154 bis pas à pas.

Madelin et 154 bis : la même enveloppe

Si vous aviez un ancien contrat Madelin retraite, sachez qu'il partageait déjà ce plafond 154 bis. Depuis la loi PACTE (1er octobre 2020), ces contrats ne sont plus commercialisés : le PER les a remplacés et reprend le même plafond de déduction. Vos versements Madelin retraite et PER se cumulent dans la même enveloppe — à ne pas confondre avec le plafond distinct de la prévoyance et de la complémentaire santé Madelin (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice). Ce dernier est traité dans la prévoyance du libéral.
§ 3L'ÉCONOMIE RÉELLE·3 MIN

Combien d'impôt vous économisez vraiment (par TMI)

Un plafond, ça ne sert à rien tant qu'on n'a pas posé l'économie d'impôt en face. Voilà ce que ça vous rapporte concrètement. La règle est simple : comme le PER est une déduction du revenu, l'économie d'impôt sur le revenu vaut approximativement votre versement multiplié par votre tranche marginale d'imposition (TMI). Le barème 2026 (article 197 du CGI) compte cinq tranches : 0, 11, 30, 41 et 45 %. Le libéral à bons revenus se situe le plus souvent à 41 ou 45 % — exactement là où le PER est le plus efficace.

L'économie d'impôt sur le revenu pour 10 000 € versés sur un PER, selon votre tranche marginale. Les prélèvements sociaux ne sont pas concernés à l'entrée.
Votre TMIÉconomie d'IR pour 10 000 € versés
11 %≈ 1 100 €
30 %≈ 3 000 €
41 %≈ 4 100 €
45 %≈ 4 500 €

Et si vous saturez le plafond maximum de 88 911 €, l'économie devient considérable :

L'économie d'impôt si vous déduisez le plafond maximum du 154 bis. Atteindre 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € et une capacité d'épargne équivalente.
Votre TMIÉconomie au plafond maximum (88 911 €)
30 %≈ 26 673 €
41 %≈ 36 453 €
45 %≈ 40 010 €

Raclez votre tranche, ne débordez pas

L'économie n'est pas parfaitement linéaire : si votre versement fait basculer une partie de votre revenu de la tranche à 41 % vers celle à 30 %, les premiers euros déduits « valent » 41 % et les suivants seulement 30 %. La bonne stratégie consiste à vider d'abord votre tranche la plus haute. À l'inverse, à une TMI de 11 %, déduire est rarement pertinent : l'option non déductible est souvent préférable (voyez plus bas). Une précision honnête : les montants ci-dessus chiffrent l'économie d'impôt, qui est certaine et immédiate ; ils ne disent rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Pour connaître précisément votre tranche et l'effet d'un versement, appuyez-vous sur le détail du calcul TMI par TMI.
Hagnéré Patrimoine

Combien le PER vous fait-il vraiment économiser ?

Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact, votre économie nette par tranche et le montant optimal à verser cette année — sans vous pousser au plafond si ce n'est pas dans votre intérêt.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4DIFFÉRENCIATEUR·4 MIN

154 bis ou 163 quatervicies : les deux plafonds à ne pas confondre

Sortez votre dernier avis d'imposition : le « Plafond épargne retraite » qui y figure n'est qu'une moitié de l'histoire. Il existe deux plafonds de déduction PER, et beaucoup de libéraux raisonnent (à tort) avec le mauvais. Le plafond « Plafond épargne retraite » que vous lisez en bas de votre avis d'imposition, c'est celui de l'article 163 quatervicies — le plafond classique, commun à tous les contribuables. Mais le travailleur non salarié dispose, en plus, du plafond spécifique TNS de l'article 154 bis, bien plus large.

Art. 154 bis — le plafond TNS

Réservé aux travailleurs non salariés. Base : le bénéfice de l'année N (PASS 2026). Formule 10 % + 15 %, maximum 88 911 €. Mais : strictement individuel, non reportable, non mutualisable. Il se déduit du revenu catégoriel (BNC, ou art. 62 pour la gérance — la part technique du gérant majoritaire bascule en BNC depuis 2024).

Art. 163 quatervicies — le plafond classique

Commun à tous (salariés, épargne personnelle). Base : les revenus de l'année N-1 (PASS 2025). Formule 10 % seulement, maximum 37 680 €. Mais : mutualisable entre conjoints (case 6QR) et reportable (3 ans, porté à 5 ans par la LF 2026). Il se déduit du revenu global.

Le piège des bases PASS : N pour le TNS, N-1 pour le salarié

Ne jamais uniformiser les bases. Le plafond 154 bis s'assoit sur le PASS de l'année N (48 060 € en 2026 → plancher 4 806 €). Le plafond 163 quatervicies s'assoit sur le PASS de l'année N-1 (47 100 € en 2025 → plancher 4 710 €, maximum 37 680 €). C'est une subtilité que même certains professionnels mélangent, et qui peut fausser le calcul de votre disponible.

Comment les deux plafonds s'articulent

Pas de piège ici, mais pas de cadeau non plus : un même euro versé ne se déduit qu'une seule fois. En pratique, ce qui est déduit au titre du 154 bis vient en diminution du disponible calculé au titre du 163 quatervicies (doctrine BOI-IR-BASE-20-50-20). Pour le TNS « pur » (qui n'a que des revenus non salariés), le 154 bis est de loin le plafond utile ; le 163 quatervicies résiduel sert surtout à un conjoint salarié ou aux pluriactifs. Pour visualiser tout votre disponible, voyez votre plafond PER 2026 : disponible, report et mutualisation.

Le pluriactif cumule les deux plafonds

C'est le cas le plus favorable. Un médecin hospitalier salarié et libéral, ou un consultant cadre exerçant aussi une activité BNC, cumule le plafond 154 bis (sur son bénéfice non salarié) et le plafond 163 quatervicies (sur son salaire). En 2026, le cumul théorique atteint 126 591 € (88 911 € + 37 680 €) — sous réserve, bien sûr, d'avoir les revenus et la capacité d'épargne correspondants.

Exemple : le praticien hospitalier qui exerce aussi en libéral

Prenez un anesthésiste salarié à l'hôpital (salaire net imposable 90 000 €) qui exerce aussi une activité libérale en clinique (bénéfice BNC 80 000 €). D'abord, sur son salaire, il dispose du 163 quatervicies : 10 % × 90 000 = 9 000 €. Ensuite, sur son bénéfice BNC, il ouvre le 154 bis : 10 % × 80 000 + 15 % × (80 000 − 48 060) = 8 000 + 4 791 = 12 791 €. Au final, il peut déduire jusqu'à 21 791 € sur un seul et même PER, en combinant les deux enveloppes. Chaque euro ne se déduit toutefois qu'une fois : on remplit d'abord le plafond le plus large, puis l'autre.
§ 5LE LABYRINTHE DU STATUT·4 MIN

SELARL, SELAS, BNC : quel plafond pour VOTRE statut

C'est l'angle mort des avocats et des médecins que je reçois — et celui qui leur coûte le plus cher. « Je suis libéral » ne donne pas droit à un plafond unique. C'est votre régime social — travailleur non salarié ou assimilé salarié — qui décide du plafond applicable, pas votre diplôme ni votre profession. Deux avocats à revenus identiques peuvent ainsi avoir des plafonds du simple au double.

C'est le régime social (TNS vs assimilé salarié), et non le diplôme ou la profession, qui fixe le plafond PER applicable.
Votre statutRégime socialPlafond applicableMaximum 2026
BNC au réel (EI / EURL à l'IR)TNSArt. 154 bis88 911 €
Gérant majoritaire de SELARL / EURL à l'ISTNSArt. 154 bis (rému art. 62 + BNC technique depuis 2024)88 911 €
Président de SELAS / gérant minoritaire de SELARLAssimilé salariéArt. 163 quatervicies37 680 €

Ce que le Conseil d'État a tranché

Ce n'est pas une lecture maison : le Conseil d'État a tranché, deux fois. Le critère a d'abord été posé en 2013 : le lien de subordination détermine la catégorie d'imposition, et à défaut de salariat, la rémunération de l'associé de SEL est imposée en BNC (CE 16 octobre 2013, n° 339822). Puis le Conseil d'État a clarifié l'essentiel pour le PER : la déduction de l'article 154 bis n'est admise que sur une rémunération imposée en BNC, jamais sur des traitements et salaires (CE 8 décembre 2017, n° 409429). Conséquence directe : le président de SELAS, assimilé salarié, est cantonné au plafond de 37 680 €.

Plus récemment, le Conseil d'État a validé la bascule en BNC de la rémunération « technique » des associés de SEL (CE 8 avril 2025, n° 492154, dans le sillage du rescrit BOI-RES-BNC-000136 applicable depuis le 1er janvier 2024). Pour de nombreux associés de SEL, cette part de rémunération technique imposée en BNC rouvre l'accès au plafond 154 bis — un point à examiner au cas par cas avec votre conseil.

Les dividendes de SEL n'ouvrent AUCUN plafond PER

Attention à ne pas se tromper de matière première. Seuls la rémunération (BNC ou art. 62) et le bénéfice créent du droit à déduction PER. Les dividendes que vous percevez de votre SEL, eux, n'entrent pas dans l'assiette du plafond : vous arbitrer en faveur des dividendes réduit mécaniquement votre capacité de déduction PER. C'est un paramètre de l'arbitrage salaire / dividendes, détaillé dans SEL : salaire ou dividendes, l'arbitrage gagnant du libéral et dividendes de SEL et cotisations sociales.

Donc on commence toujours par le statut, jamais par le calcul. Pour choisir la forme d'exploitation la plus adaptée à vos revenus, voyez BNC ou SELARL : quand la société devient intéressante et EI, EURL, SELARL, SELAS : quel statut pour quelle profession libérale.

§ 6PIÈGE N°1·3 MIN

Le piège social : déductible de l'IR ≠ déductible des cotisations

En rendez-vous, c'est la phrase qui revient le plus : « j'ai versé sur mon PER, ça va baisser mes charges URSSAF, non ? » Non. Beaucoup de libéraux pensent qu'en versant sur un PER, ils réduisent à la fois leur impôt et leurs cotisations sociales. C'est faux. Le versement PER déduit fait baisser l'impôt sur le revenu, mais il reste dans l'assiette de vos cotisations sociales obligatoires (CARMF, CARPIMKO, CNBF, CIPAV, URSSAF). Vous cotisez sur la somme versée comme si vous ne l'aviez pas versée.

Deux choses en découlent. D'abord, l'avantage réel du PER se mesure à l'impôt, pas aux charges sociales : c'est l'économie « versement × TMI » de la section 3, rien de plus. Ensuite, l'arbitrage entre se rémunérer davantage et verser sur un PER influe sur l'assiette qui sert à calculer vos droits sociaux futurs (retraite de base, indemnités journalières maladie). Le bon montant ne se décide donc pas dans l'abstrait.

Ce que votre assureur ne précise pas toujours

La déduction de l'article 154 bis joue uniquement sur l'impôt sur le revenu (fondement : art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale pour l'assiette des cotisations TNS). Elle ne réduit pas vos cotisations. Avant d'ajuster un versement à la hausse, faites le point avec votre expert-comptable : lui seul a la vue complète sur votre assiette sociale et vos droits. Le PER reste très efficace pour un libéral à 41-45 %. Simplement, achetez-le pour la bonne raison : l'impôt, pas les cotisations.

Cette articulation entre rémunération, cotisations et droits futurs se travaille globalement. Pour comprendre comment votre caisse calcule vos droits, voyez la retraite du libéral, et pour couvrir l'arrêt de travail et l'invalidité — une enveloppe distincte du PER — la prévoyance du libéral.

§ 7PIÈGE N°2·3 MIN

154 bis : ni reportable, ni mutualisable (maintenant ou jamais)

Deuxième piège (le titre l'annonce) : les deux plafonds ne se traitent pas pareil dans le temps. Le plafond TNS de l'article 154 bis non utilisé à la clôture de l'exercice est définitivement perdu : il n'est ni reportable sur les années suivantes, ni mutualisable avec votre conjoint. À l'inverse, le plafond 163 quatervicies, lui, est à la fois reportable et mutualisable. Pour un TNS pur, le plafond non consommé au 31 décembre s'évapore : on ne le rattrape jamais.

Report et mutualisation : ce qui est possible selon le plafond. Le 154 bis ne se reporte ni ne se partage, d'où l'importance de le saturer chaque année si votre TMI le justifie.
LevierPlafond 154 bis (TNS)Plafond 163 quatervicies
Report dans le tempsNon — perdu en fin d'exerciceOui : 3 ans, porté à 5 ans (LF 2026, plafonds ≥ 2026)
Mutualisation entre conjointsNon — strictement individuelOui (case 6QR de la 2042)

Mutualisation et report : l'avantage du 163 quatervicies

La mutualisation entre conjoints (mariés ou pacsés soumis à imposition commune) ne concerne que le 163 quatervicies : en cochant la case 6QR de la déclaration 2042, le conjoint à TMI élevée peut absorber le reliquat de plafond de l'autre. Quant au report, la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9) l'a porté de 3 à 5 ans — mais uniquement pour les plafonds générés à compter de 2026 (mesure non rétroactive). Les reliquats nés en 2023 restent à 3 ans et expirent fin 2026.

Doctrine non encore à jour : citez le texte de loi

Au 8 juin 2026, le BOFiP (BOI-IR-BASE-20-50-20, dans sa version applicable à cette date) mentionne encore un report « de trois années ». La source à jour est le texte de loi (LF 2026, art. 9), pas la doctrine, qui n'a pas encore été republiée. Nous le signalons en toute transparence. Détails dans la réforme du PER (LF 2026, art. 9).

70 ans : la déductibilité s'arrête

Autre nouveauté de la LF 2026 (art. 9) : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles à l'entrée. La contrepartie : ces primes non déduites ressortent sans impôt sur le revenu. C'est une borne temporelle de plus, qui plaide pour maximiser ses versements déductibles avant 70 ans. Pour piloter votre disponible et vos reports, appuyez-vous sur votre plafond PER 2026.
§ 8CAS CHIFFRÉS·4 MIN

3 cas chiffrés : médecin BNC, kiné CARPIMKO, avocate en SELAS

Plutôt qu'une théorie de plus, trois dossiers réels (anonymisés) qu'on a chiffrés cette année. Voici comment jouent concrètement le plafond TNS, le plancher et l'effet du statut. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux qu'on voit passer en rendez-vous à Chambéry. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.

Cas 1 — Dr Claire, médecin généraliste en BNC (TMI 41 %)

Son bénéfice BNC 2026 s'élève à 120 000 €. Elle veut déduire le maximum possible.

Plafond 154 bis : 10 % × 120 000 + 15 % × (120 000 − 48 060) = 12 000 + 10 791 = 22 791 €.
Si elle verse 22 791 € : économie d'IR ≈ 22 791 × 41 % = 9 344 € (sous réserve de racler sa tranche).
Si elle verse 10 000 € seulement : économie ≈ 4 100 €.
Note : à 41 %, chaque euro versé revient à 0,59 € de poche pour 1 € placé à son nom. Aucun livret ne fait ça.

Cas 2 — Marc, kiné en BNC (CARPIMKO), TMI 30 %

Son bénéfice BNC 2026 est de 42 000 €, soit moins d'un PASS.

Calcul 10 % : 10 % × 42 000 = 4 200 € — inférieur au plancher.
Plancher 154 bis : le plus favorable s'applique → 4 806 €.
S'il verse 4 806 € : économie d'IR ≈ 4 806 × 30 % = 1 442 €.
Message clé : sous 1 PASS de bénéfice, c'est le plancher de 4 806 € qui protège — la déduction n'est jamais inférieure, même avec un petit bénéfice. C'est l'illustration de la règle « le plus élevé des deux ».

Cas 3 — Me Sophie, avocate présidente de SELAS (assimilée salarié), TMI 45 %

Sa rémunération de présidente est imposée en traitements et salaires. Le statut change tout.

Plafond applicable : PAS le 154 bis (CE 8 décembre 2017, n° 409429) → c'est le 163 quatervicies, plafonné à 37 680 €.
Si elle verse 30 000 € : économie d'IR ≈ 30 000 × 45 % = 13 500 €.
À retenir : même avocate à hauts revenus, Sophie plafonne à 37 680 € sur sa rémunération de mandat, là où une consœur gérante majoritaire de SELARL viserait 88 911 €. Si une part de sa rémunération « technique » est imposée en BNC (post-rescrit 2024), cette fraction rouvre du 154 bis — à examiner au cas par cas.

Pour le détail propre à la robe — plafond CNBF, articulation 154 bis / 163 quatervicies selon que vous exercez en BNC, en SELARL ou en SELAS —, voyez notre guide dédié PER avocat : combien déduire et comment l'optimiser (plafond Madelin 154 bis).

Note de méthode : lisez ces chiffres pour ce qu'ils sont

Ces trois cas sont des illustrations fiscales aux taux 2026, pas des promesses de rendement. L'économie d'impôt est réelle et immédiate ; la performance ultérieure du PER, elle, dépend des supports choisis et comporte un risque de perte en capital — les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Votre situation se chiffre au cas par cas, en tenant compte de votre assiette sociale et de votre épargne disponible.
§ 9MISE EN PERSPECTIVE·2 MIN

Le PER ne remplace pas votre caisse (CARMF, CARPIMKO, CNBF)

Reste un point qu'on néglige presque toujours. Comme tout libéral, vous cotisez déjà à une caisse de retraite obligatoire : la CARMF pour les médecins, la CARPIMKO pour les kinés et infirmiers, la CNBF pour les avocats, la CIPAV pour de nombreuses professions. Cette caisse vous assure une retraite de base et complémentaire — mais, pour la plupart des professions à bons revenus, ce socle obligatoire reste nettement insuffisant pour maintenir votre niveau de vie une fois en retraite.

Le PER ne vient pas remplacer cette caisse : il vient en plus. Là où la caisse fonctionne en répartition (vos cotisations financent les retraités actuels), le PER capitalise votre propre épargne, à votre nom, tout en la défiscalisant à l'entrée. C'est précisément ce cumul — caisse obligatoire en socle, PER en complément capitalisé — qui permet de combler l'écart de revenus à la retraite. Pour mesurer l'ampleur de cet écart selon votre profession, voyez la retraite des professions libérales : pourquoi la caisse obligatoire ne suffit pas.

Cette logique « socle obligatoire + étage facultatif » se décline ensuite caisse par caisse, car chaque profession dispose de sa propre retraite de base et complémentaire. Pour les officiers ministériels, voyez nos déclinaisons dédiées : Notaire : compléter sa retraite CPRN avec le PER, l'assurance-vie et la SCPI et Commissaire de justice : compléter sa retraite CAVOM avec un PER. Le même plafond 154 bis s'applique aux autres professions : pour l'expert-comptable, qui relève de la CAVEC, voyez PER pour expert-comptable : déduire au maximum, et pour l'architecte, affilié à la CIPAV, PER architecte : combien déduire de votre BNC. Le psychologue libéral relève lui aussi de la CIPAV pour sa retraite : PER psychologue libéral : déduire et préparer sa retraite.

Le bon réflexe : socle obligatoire + étage facultatif

D'abord, vous subissez votre caisse obligatoire (CARMF, CARPIMKO, CNBF, CIPAV) : c'est un socle, calibré pour beaucoup de professions sur un taux de remplacement bien inférieur à vos revenus d'activité. Ensuite, vous choisissez votre PER : c'est l'étage facultatif, que vous pilotez (montant, supports, sortie). La bonne question n'a jamais été « caisse ou PER ». C'est « caisse et PER », l'un comblant ce que l'autre laisse découvert — avec, en prime sur l'étage facultatif, une déduction fiscale immédiate.
§ 10ARBITRAGE·3 MIN

Faut-il déduire, ou choisir l'option non déductible ?

Peu de libéraux le savent : déduire n'est pas obligatoire. Vous pouvez renoncer à la déduction à l'entrée, versement par versement. En contrepartie de cet abandon, la fiscalité de sortie est allégée — le capital correspondant aux versements non déduits ressort sans impôt sur le revenu (seuls les gains restent taxés). C'est un vrai choix stratégique, qui se fait versement par versement et qui est irréversible une fois exercé.

La règle d'arbitrage : votre TMI aujourd'hui vs demain

Une seule question tranche : votre tranche sera-t-elle plus basse à la retraite qu'aujourd'hui ? On compare donc votre TMI aujourd'hui à votre TMI estimée à la retraite. Déduire est gagnant si votre TMI baisse à la retraite — c'est le cas le plus fréquent du libéral imposé à 41 ou 45 % en activité, qui passera souvent à 30 % une fois retraité : il économise 41-45 % à l'entrée pour n'être taxé qu'à 30 % à la sortie. À l'inverse, à une TMI de 11 %, l'option non déductible est souvent préférable : l'économie d'entrée serait faible, autant préserver la sortie.

La fiscalité de sortie en capital, en bref

À la sortie en capital (versements déduits), deux briques se distinguent : la part « versements » est imposée au barème de l'IR, et la part « gains » au PFU de 31,4 %. Attention à un point souvent mal repris : les prélèvements sociaux du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 depuis la LFSS 2026), pas 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le détail de cette dualité est expliqué dans prélèvements sociaux 2026 : la dualité 18,6 % / 17,2 %.

Le PER n'entre PAS dans le plafond des niches de 10 000 €

Avantage décisif : comme le PER déductible est une déduction du revenu (et non une réduction d'impôt), il échappe au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € (article 200-0 A du CGI). Vous pouvez donc le combiner avec un Girardin, un FIP ou un FCPI sans rogner votre enveloppe de 10 000 €. Pour un libéral fortement imposé, c'est un atout majeur. Pour choisir entre les enveloppes, voyez PER ou assurance-vie : que choisir et défiscalisation profession libérale : tous les leviers.
§ 11HAUTS REVENUS·2 MIN

Le PER, votre meilleur levier pour piloter votre RFR (CEHR, CDHR)

Au-dessus de 250 000 € de RFR, le PER se met à faire un deuxième métier : comme il déduit du revenu imposable, il réduit aussi votre revenu fiscal de référence (RFR). Or plusieurs surtaxes se déclenchent à partir de seuils de RFR : un versement bien calibré peut vous faire passer sous un seuil et économiser, au-delà de l'IR, une surtaxe entière.

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)

La CEHR (article 223 sexies du CGI) s'applique à 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), et à 4 % au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple). En abaissant votre RFR sous l'un de ces seuils, un versement PER peut neutraliser tout ou partie de cette contribution.

Exemple : un versement qui efface une surtaxe entière

Un radiologue célibataire affiche un RFR de 262 000 €. La CEHR le frappe sur la fraction au-dessus de 250 000 €, soit 3 % × 12 000 = 360 € de surtaxe. S'il verse 12 000 € sur son PER (largement dans son plafond 154 bis), son RFR retombe à 250 000 € : la CEHR disparaît. Cette même déduction lui a par ailleurs fait économiser environ 12 000 × 45 % = 5 400 € d'IR. Bilan pour ce radiologue : 5 400 € d'IR en moins et 360 € de CEHR effacés, pour un même versement. Quand on frôle un palier de RFR, ça se joue à l'euro près.

La contribution différentielle (CDHR) : à confirmer pour 2026

La CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus) assure une imposition minimale d'environ 20 % du RFR pour les RFR supérieurs à 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Elle a été créée par la loi de finances 2025, pour les revenus 2025. Sa reconduction en 2026 reste à confirmer au texte de la LF 2026 : nous formulons donc ce point au conditionnel. Si elle est reconduite, le PER constituerait, là encore, un levier de premier ordre pour réduire le RFR retenu dans son calcul.

Le pilotage du RFR fait partie d'une stratégie d'ensemble. Pour la replacer dans le cadre global du libéral fortement imposé, voyez profession libérale à hauts revenus : comment payer moins d'impôts et le guide pilier optimisation fiscale de la profession libérale.

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Sources et références légales

  • CGI — les deux plafonds de déduction

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026). Art. 163 quatervicies CGI (plafond épargne retraite classique : 10 % des revenus pro nets N-1 dans la limite de 8 PASS N-1, ou 10 % du PASS N-1 ; maximum 37 680 € ; mutualisation des conjoints, report). Art. 62 CGI (rémunération des gérants majoritaires de SELARL ou d'EURL à l'IS). Doctrine : BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, BOI-BNC-BASE-40-60-50-10, BOI-BIC-CHG-40-50-40-10, BOI-IR-BASE-20-50-20 (version applicable au 8 juin 2026).

  • Réformes 2026 (LF / LFSS)

    Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026, art. 9) : report des plafonds 163 quatervicies porté de 3 à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026 (non rétroactif), fin de la déductibilité des versements après 70 ans depuis le 01/01/2026. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : CSG sur le capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux sur les gains du PER à la sortie de 18,6 %, PFU de sortie de 31,4 %. Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €).

  • Statut du libéral et accès au 154 bis (jurisprudence)

    CE 16/10/2013 n° 339822 (critère du lien de subordination : la rémunération de l'associé de SEL est imposée en BNC sauf salariat). CE 8/12/2017 n° 409429 (la déduction 154 bis n'existe que sur une rémunération imposée en BNC, jamais sur les traitements et salaires : le président de SELAS ou le gérant assimilé salarié relève du 163 quatervicies). CE 8/04/2025 n° 492154 (validation de la bascule en BNC de la rémunération « technique » des associés de SEL). Rescrit BOI-RES-BNC-000136.

  • Économie d'impôt, RFR et garde-fous

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %). Art. 200-0 A CGI (le PER déductible est hors du plafonnement global des niches de 10 000 €). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus, créée par la LF 2025) : sa reconduction en 2026 reste à confirmer au texte de la LF 2026 — point signalé au conditionnel dans ce guide.

  • Cotisations sociales et sortie du PER

    Art. L. 131-6 CSS (le versement PER déduit reste dans l'assiette des cotisations TNS ; caisses CARMF, CARPIMKO, CNBF, CIPAV, URSSAF). CMF art. L. 224-4 (déblocage anticipé : accidents de la vie et acquisition de la résidence principale) et L. 224-5 (sortie en capital, fractionnée ou en rente). Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 (création du PER, fermeture des contrats Madelin à la commercialisation au 01/10/2020, transférables vers un PER).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le calcul de votre plafond de déduction et le dimensionnement de vos versements doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 8 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certains points, comme la reconduction de la CDHR, sont signalés au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore clairement. Le PER comporte un risque de perte en capital et son épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

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Foire aux questions

Tout sur le PER de la profession libérale en 2026 plafond, économie d'impôt, statut, cotisations, sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : combien déduire, quel plafond selon le statut, l'économie par TMI, le piège des cotisations, le report et la sortie. Réponses sourcées et à jour 2026.