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Guide kiné libéral 202618 minMis à jour 25 juin 2026Épargne personnelle · méthode des étages

Placements du kiné libéral : où investir son épargne professionnelle, étage par étage

Vous mettez 800 € de côté chaque mois sans trop savoir où — un peu de livret A, le reste qui dort sur le compte. Et au fond, une inquiétude : la CARPIMKO servira moins de la moitié de votre revenu à la retraite. La bonne nouvelle, c'est qu'un kiné libéral n'a pas besoin de montages complexes. Vous êtes en BNC : pas d'impôt sur les sociétés, pas de trésorerie de société à placer comme un médecin ou un pharmacien en SEL — vous placez de l'épargne PERSONNELLE, et c'est plus simple. Ce guide vous donne la méthode des étages : du plus sûr au plus risqué, on remplit dans l'ordre la prévoyance, la précaution, le PER (jusqu'à environ 5 291 € déductibles dans notre cas-type), l'assurance-vie, l'immobilier puis la bourse. Avec un fil rouge : ne jamais sauter d'étage, et ne jamais vous survendre un produit complexe quand le patrimoine est en construction. Note de méthode : tout placement comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PLACEMENT KINÉ 2026

Construire votre plan d'épargne de kiné étage par étage, sans produit inutile

Audit patrimonial du kiné libéral : sécurisation de la prévoyance Madelin, calibrage du PER (plafond 154 bis exact), choix assurance-vie et supports, arbitrage résidence principale vs investissement locatif, diversification simple. Cabinet capitalistiquement indépendant, sans biais émetteur, adapté à un patrimoine en construction.

  • Bilan patrimonial kiné offert
  • Prévoyance et PER calibrés
  • Plan d'épargne par horizon
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

RETRAITE

CARPIMKO

PER MINI 2026

4 806 €

ASSURANCE-VIE

17,2 % PS

PEA

18,6 % PS

CAS-TYPE

800 €/mois

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 25 juin 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

L'essentiel en 30 secondes

Un kiné libéral épargne de l'argent personnel, pas la trésorerie d'une société : en BNC, il n'y a pas d'impôt sur les sociétés, et même en SCM (société de moyens transparente) il n'y a aucun bénéfice à placer. La méthode tient en une pyramide à remplir dans l'ordre, du plus sûr au plus risqué : d'abord la prévoyance Madelin (votre dos et vos mains sont votre outil de travail), puis l'épargne de précaution (3 à 6 mois de charges sur livrets et fonds euros), puis le PER pour la retraite et la déduction à votre tranche marginale (la CARPIMKO servira moins de la moitié de votre revenu), puis l'assurance-vie pour la souplesse et la transmission, puis l'immobilier (la résidence principale d'abord), et enfin le PEA et la bourse. On ne saute pas d'étage, et on ne se laisse jamais survendre du private equity quand le patrimoine est en construction.

§ 1LA MÉTHODE·3 MIN

La méthode des étages : remplir ses poches dans le bon ordre

La plupart des kinés qui viennent nous voir ne se trompent pas de produit : ils se trompent d'ordre. On a placé 10 000 € en SCPI avant d'avoir trois mois de charges de côté, ou souscrit un produit « défisc » en fin d'année sans avoir la moindre prévoyance. L'épargne d'un libéral se construit comme une maison : pas de murs tant que les fondations ne sont pas coulées.

Votre épargne tient en six étages, du plus liquide et du plus sûr au plus risqué et au plus long. Chaque étage suppose le précédent rempli : c'est la règle d'or, et celle qui nous évite de reprendre des dossiers mal partis.

La pyramide d'épargne du kiné libéral. On remplit du bas vers le haut : sauter un étage (par exemple investir en SCPI avant la précaution) est l'erreur n° 1.
ÉtageObjectifEnveloppesHorizon
0 · PrévoyanceProtéger le revenu (arrêt, invalidité, décès)Prévoyance Madelin (154 bis)Immédiat / permanent
1 · Précaution3 à 6 mois de charges disponiblesLivret A, LDDS, fonds eurosCourt (0-2 ans)
2 · Retraite + défiscCompenser la CARPIMKO, déduire à la TMIPER (154 bis)Long (retraite)
3 · Souplesse + transmissionÉpargne disponible et transmissibleAssurance-vie (UC + fonds euros)Moyen / long (8 ans+)
4 · ImmobilierSe loger puis investir en pierreRésidence principale, puis LMNP / SCPILong (10 ans+)
5 · BourseFaire travailler l'épargne longuePEA, compte-titres (actions, ETF)Long (8 ans+)

Le réflexe à désapprendre : « quel produit acheter ? »

Quand un kiné nous demande quel placement choisir, nous lui retournons la question : quel étage te manque encore ? Un kiné de 30 ans sans prévoyance et sans précaution n'a rien à faire en private equity, même si le rendement annoncé fait rêver. À l'inverse, un kiné de 45 ans avec une prévoyance solide, six mois de précaution et un PER bien alimenté peut, lui, diversifier davantage. La hiérarchie est la même pour tous ; c'est seulement la vitesse de montée qui change.

§ 2LE POURQUOI·2 MIN

Pourquoi épargner : la retraite CARPIMKO ne suffira pas

Une question revient en rendez-vous avant même de parler placements : pourquoi se priver maintenant ? Le kinésithérapeute relève de la CARPIMKO (Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes) — jamais la CARMF (médecins), ni la CARCDSF (chirurgiens-dentistes et sages-femmes), ni la CAVP (pharmaciens). Ça paraît anecdotique, et pourtant tout votre régime en dépend : valeurs de point, cotisations, règles ne sont pas ceux d'un médecin.

Le chiffre fait mal : la pension servie par la CARPIMKO (régime de base + régime complémentaire + ASV) tourne, pour un kiné à revenus moyens, nettement sous la moitié de son revenu d'activité de fin de carrière. Le « taux de remplacement » d'un libéral est structurellement faible. Sans épargne personnelle constituée pendant la vie active, le passage à la retraite se traduit par une chute de niveau de vie brutale.

L'épargne du kiné comble un trou, elle ne l'augmente pas

C'est tout l'enjeu : votre épargne personnelle (PER, assurance-vie) ne vient pas en plus d'une retraite confortable, elle vient compenser une retraite obligatoire faible. D'où l'importance de commencer tôt : 300 € par mois pendant trente ans, capitalisés à 4 % (hypothèse, performance non garantie), c'est de l'ordre de 200 000 € ; le même effort démarré à 55 ans n'en produit qu'une fraction. Le détail du calcul de votre future pension figure dans notre guide sur la retraite CARPIMKO du kiné, et la stratégie de rattrapage dans le guide du PER kiné.

§ 3ÉTAGE 0·2 MIN

Étage 0 : la prévoyance d'abord, parce que votre corps est votre outil

L'étage 0, presque personne n'y pense — et c'est précisément celui qui sauve le plan d'un kiné. Votre métier repose entièrement sur votre corps : dos, épaules, poignets, mains. Tendinite, hernie discale, syndrome du canal carpien, lombalgie chronique… ce ne sont pas des hypothèses lointaines, ce sont les consultations que vous donnez chaque jour, et qui finissent un jour par être les vôtres. Un arrêt prolongé, c'est un revenu qui s'arrête net.

Or les prestations de la CARPIMKO en cas d'arrêt de travail sont modestes et interviennent souvent tardivement. C'est le rôle de la prévoyance Madelin (article 154 bis du CGI) de combler ce trou : indemnités journalières après un délai de carence court, rente d'invalidité si vous ne pouvez plus exercer, capital ou rente pour vos proches en cas de décès. Et le tout est déductible de votre bénéfice imposable, dans la limite d'environ 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à 3 % de 8 PASS).

Tant que la prévoyance n'est pas en place, le reste attend

C'est notre règle déontologique de base : on ne fait pas épargner un kiné en SCPI ou en PER s'il n'a pas, d'abord, une prévoyance qui le couvre. Construire un patrimoine sans protéger le revenu qui l'alimente, c'est miser gros sur un dos et deux épaules sans les avoir assurés. Un seul arrêt long, et tout le plan d'épargne s'écroule. Le détail des garanties et des montants figure dans notre guide sur la prévoyance Madelin du libéral.

§ 4ÉTAGE 1·2 MIN

Étage 1 : l'épargne de précaution, votre matelas liquide

Une fois protégé, on constitue un matelas de sécurité : 3 à 6 mois de charges (personnelles et professionnelles) disponibles immédiatement, sans risque et sans pénalité. Pour un kiné dont les recettes peuvent fluctuer (congés, baisse d'activité, gros achat de matériel), c'est ce qui vous évite de revendre un placement au plus mauvais moment ou de basculer sur un crédit à la consommation.

Les livrets réglementés : sûrs et défiscalisés

On commence par le plus simple : les livrets réglementés, garantis par l'État et totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux (article 157 du CGI) : le livret A (plafond 22 950 €, article L. 221-1 du Code monétaire et financier), le LDDS (plafond 12 000 €, article L. 221-27) et, sous conditions de revenus, le LEP (plafond 10 000 €). Leur taux est fixé par les pouvoirs publics et révisé périodiquement ; à vérifier au 1er février 2026. On ne leur demande aucun rendement : ce sont des réserves de liquidité, et c'est tout ce qu'on attend d'elles.

Le fonds euros : le prolongement de la précaution

Une fois les livrets pleins, le fonds euros d'une assurance-vie prend le relais : capital garanti, disponible sous quelques jours, avec un rendement généralement supérieur à celui des livrets. C'est le pont naturel entre la précaution (étage 1) et l'assurance-vie de long terme (étage 3). À distinguer du compte à terme, qui bloque le capital sur une durée déterminée en échange d'un taux fixe : utile pour une somme dont vous n'avez pas besoin avant l'échéance, mais moins souple que le fonds euros.

Pour la poche de précaution, on privilégie la disponibilité et la garantie sur le rendement. Les intérêts de compte à terme relèvent du taux de prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026.
Support de précautionCapitalDisponibilitéFiscalité 2026
Livret A / LDDS / LEPGarantiImmédiateExonéré (IR + PS), art. 157 CGI
Fonds euros (assurance-vie)GarantiQuelques joursPFU au rachat, PS 17,2 %
Compte à termeGarantiÀ l'échéance (blocage)PFU 30 % ou barème, PS 18,6 % sur les intérêts

Combien viser, concrètement ?

Prenez vos charges mensuelles totales — loyer ou crédit du logement, loyer du cabinet, cotisations URSSAF et CARPIMKO, leasing du matériel, vie courante — et multipliez par 3 à 6. Un kiné dont les sorties tournent autour de 3 500 € par mois vise donc 10 500 à 21 000 € de précaution avant de passer à l'étage suivant. C'est de l'argent qui « dort » volontairement : il ne rapporte presque rien, et c'est normal — son seul travail est d'être là le jour où un trimestre est creux ou où l'URSSAF régularise une cotisation. Une fois ce coussin atteint, on arrête d'empiler sur les livrets : chaque euro supplémentaire a mieux à faire un étage plus haut.

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§ 5ÉTAGE 2·3 MIN

Étage 2 : le PER, pour la retraite et la déduction d'impôt

Le PER en 30 secondes pour un kiné

Vous versez, vous déduisez à votre tranche marginale (30 ou 41 %), l'épargne capitalise à l'abri de l'impôt jusqu'à la retraite — c'est l'outil n° 1 pour combler le trou de la CARPIMKO. En contrepartie, l'argent est bloqué (sauf déblocages prévus par la loi, dont l'achat de la résidence principale), et à la sortie l'État reprend sa part : vous avez décalé l'impôt, pas effacé. L'intérêt ? Votre tranche marginale est généralement plus basse à la retraite qu'en activité.

Combien un kiné peut-il déduire ?

Le plan d'épargne retraite est l'outil central pour combler le trou de la CARPIMKO. Son atout : les versements sont déductibles de votre bénéfice imposable à votre tranche marginale. Pour un kiné en BNC, le plafond suit l'article 154 bis du CGI (volet retraite du TNS) : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € en 2026 (10 % du PASS). Un kiné à revenus moyens se situe en général entre ce plancher et quelques milliers d'euros au-dessus.

Le plafond PER d'un kiné à 50 000 € de bénéfice (illustration)

10 % x 50 000 €                              = 5 000 €
+ 15 % x (50 000 − 48 060) [fraction > 1 PASS] =   291 €
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Plafond de déduction 2026                    ≈ 5 291 €
(plancher garanti : 4 806 €)

Avec 50 000 € de bénéfice, ce kiné peut déduire environ 5 291 € de versements PER. À une tranche marginale de 30 %, cela représente près de 1 587 € d'impôt en moins cette année-là. La déduction agit à l'entrée, à la tranche marginale du moment : c'est le levier propre au PER.

Le blocage, et le déblocage pour la résidence principale

La contrepartie de la déduction, c'est le blocage : l'épargne d'un PER est en principe indisponible jusqu'à la retraite. Il existe toutefois des cas de déblocage anticipé (article L. 224-4 du Code monétaire et financier) : invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits chômage, et surtout — le plus utile pour un jeune kiné — l'achat de la résidence principale (déblocage du compartiment des versements volontaires). Le PER n'est donc pas un tunnel hermétique, mais il faut le calibrer en gardant ce blocage à l'esprit.

La fiscalité à la sortie : un différé, pas un cadeau

À la sortie, le capital correspondant aux versements déduits est réintégré au barème de l'impôt sur le revenu, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique, avec des prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026 (le PER fait partie des produits passés à ce taux). Autrement dit, vous avez repoussé l'impôt sans l'effacer : tout l'intérêt vient de ce que votre tranche marginale à la retraite est en général plus basse qu'en activité, et que l'épargne a capitalisé pendant des années. Pour le détail du fonctionnement, voyez notre guide du plan d'épargne retraite et celui dédié au PER de la profession libérale (plafond 154 bis).

§ 6ÉTAGE 3·3 MIN

Étage 3 : l'assurance-vie, la souplesse et la transmission

Le rachat : souple, mais les prélèvements sociaux tombent toujours

Là où le PER bloque et déduit, l'assurance-vie garde la main : pas de déduction à l'entrée, mais une épargne disponible à tout moment. Seuls les gains contenus dans un rachat sont imposés (article 125-0 A du CGI), au prélèvement forfaitaire unique. Après 8 ans, vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, et d'un taux d'IR réduit à 7,5 %. Mais attention : les prélèvements sociaux à 17,2 % (taux maintenu en 2026) restent dus, et il ne faut jamais promettre « 0 impôt » — l'abattement porte sur les gains, pas sur le capital, et les prélèvements sociaux s'appliquent toujours.

La transmission : l'atout maître

Sur la transmission, peu d'enveloppes font mieux que l'assurance-vie. Le capital transmis au décès échappe en grande partie aux droits de succession : 152 500 € par bénéficiaire sont exonérés pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI), et un abattement global de 30 500 € s'applique aux primes versées après 70 ans (article 757 B). Le capital est hors succession (sauf primes manifestement exagérées, Cass. ch. mixte du 23 novembre 2004), ce qui en fait l'outil de transmission le plus efficace du patrimoine financier — y compris pour un kiné qui veut protéger son conjoint ou ses enfants.

PER ou assurance-vie : on combine

PER — bloquer et déduire

Points forts

  • Versements déductibles à la tranche marginale
  • Idéal pour combler la retraite CARPIMKO
  • Déblocage anticipé pour la résidence principale

Points de vigilance

  • Épargne bloquée jusqu'à la retraite
  • Capital réintégré au barème à la sortie
  • Gains : prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026

Assurance-vie — garder la main

Points forts

  • Épargne disponible à tout moment
  • Abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans
  • Transmission optimisée (990 I : 152 500 €/bénéficiaire)

Points de vigilance

  • Pas de déduction à l'entrée
  • PS 17,2 % toujours dus (jamais « 0 impôt »)
  • Risque de perte en capital sur les unités de compte

Pour un kiné, ce n'est pas un choix : on mène les deux de front. Le PER travaille la retraite et l'impôt, l'assurance-vie garde la souplesse et prépare la transmission. On évite seulement de saturer le PER au point de manquer de liquidités. Le détail figure dans notre guide complet de l'assurance-vie.

§ 7ÉTAGE 4·3 MIN

Étage 4 : l'immobilier, la résidence principale d'abord

Pour un jeune kiné : se loger avant d'investir

Pour un kiné qui débute, le premier projet immobilier est presque toujours sa résidence principale. C'est un placement « tunnel » : la plus-value à la revente est exonérée (article 150 U du CGI), vous arrêtez de payer un loyer, et le remboursement du prêt vous constitue un patrimoine forcé. Surtout, c'est elle qui mobilise votre capacité d'emprunt— et c'est là le garde-fou décisif.

Garde-fou : ne pas griller sa capacité d'emprunt

C'est l'erreur classique du kiné qui se lance trop vite dans le locatif : investir 100 000 € à crédit en SCPI ou en LMNP avant d'avoir acheté son logement, c'est risquer de saturer son taux d'endettement et de se fermer l'accès au crédit immobilier le plus important de sa vie. La banque finance d'abord votre toit. L'ordre raisonnable : résidence principale, puis investissement locatif, jamais l'inverse — sauf situation particulière (vous restez locataire par choix de mobilité, par exemple).

LMNP et SCPI : la diversification immobilière simple

Une fois logé, vous pouvez investir dans la pierre locative. Deux voies simples : le LMNP (location meublée non professionnelle), qui permet d'amortir le bien et de neutraliser fiscalement une grande partie des loyers — en gardant à l'esprit que les amortissements sont désormais réintégrés dans la plus-value de cession (article 150 VB III du CGI, cessions à compter du 15 février 2025) ; et la SCPI, qui donne accès à un patrimoine immobilier diversifié et géré, dès quelques milliers d'euros, sans aucune gestion de votre part.

Côté fiscalité, les loyers de SCPI au foncier sont des revenus fonciers, imposés à votre tranche marginale + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux maintenu en 2026) — ce qui peut être lourd à 30-41 %. On envisage donc souvent la SCPI à crédit, en démembrement, ou logée dans une assurance-vie. Le détail des stratégies figure dans notre guide des SCPI et notre guide sur l'immobilier du professionnel libéral. Et si vous exercez en cabinet, l'achat des murs via une SCI mérite une étude à part : voyez acheter les murs de son cabinet de kiné en SCI.

§ 8ÉTAGE 5·2 MIN

Étage 5 : le PEA et la bourse, pour l'épargne longue

Au sommet de la pyramide, la poche actions, pour faire travailler l'épargne dont vous n'aurez pas besoin avant plusieurs années. C'est ici que se loge la performance de long terme — au prix d'une volatilité qu'il faut accepter. Le véhicule de référence est le PEA (plan d'épargne en actions, article L. 221-30 du Code monétaire et financier), plafonné à 150 000 € de versements : après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu — seuls les prélèvements sociaux restent dus.

Attention : le PEA est à 18,6 % en 2026, pas 17,2 %

C'est un changement à intégrer : le PEA ne fait pas partie des produits qui conservent le taux historique de 17,2 %. Les gains réalisés à compter de 2026 supportent donc 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG portée à 10,6 %). Idem pour le compte-titres ordinaire, dont les plus-values et dividendes sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Pour la poche actions, le PEA reste néanmoins l'enveloppe la plus efficace après saturation du PER et constitution de l'assurance-vie. Détail dans notre guide du PEA.

En pratique, pour un kiné, la simplicité prime : un PEA garni d'un ou deux ETF (fonds indiciels diversifiés à frais réduits) suffit largement à capter la performance des marchés actions sur le long terme, sans la complexité ni les frais d'une sélection de titres en direct.

Note de méthode : l'horizon avant le rendement

On ne met au sommet de la pyramide que l'épargne dont on n'aura pas besoin avant au moins huit à dix ans. C'est la condition pour absorber sereinement les baisses de marché : sur une telle durée, le temps lisse la volatilité, alors qu'à deux ou trois ans il l'amplifie. Un principe à garder en tête pour chaque euro investi en actions : la performance passée d'un ETF ou d'un marché ne préjuge pas de sa performance future, et la valeur peut varier à la baisse. L'argent du PEA, c'est celui que vous ne toucherez pas avant la cinquantaine — pas celui du changement de voiture dans trois ans.

§ 9LA BOUSSOLE FISCALE·2 MIN

La dualité des prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % ou 18,6 %

Depuis le 1er janvier 2026, deux taux de prélèvements sociaux cohabitent — et ça change le classement de vos enveloppes. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Conséquence : deux taux de prélèvements sociaux coexistent désormais (CSS art. L. 136-8). Ce n'est pas un détail : à fiscalité égale, le support qui reste à 17,2 % laisse un peu plus dans votre poche.

La dualité des prélèvements sociaux 2026 (LFSS 2026, CSS art. L. 136-8). Pour un kiné, l'assurance-vie et l'immobilier restent à 17,2 % ; le PEA, le compte-titres et le PER passent à 18,6 %.
Taux 2026CompositionSupports concernés
17,2 % (maintenu)CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5Assurance-vie, contrat de capitalisation, revenus fonciers (location nue, SCI à l'IR), SCPI au foncier, plus-values immobilières, PEL/CEL
18,6 % (hausse)CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5PEA, compte-titres (dividendes, intérêts, plus-values), gains de PER à la sortie

Ce que la dualité change concrètement pour un kiné

Ce n'est pas un argument décisif à lui seul — la performance et l'objectif de chaque enveloppe comptent davantage — mais c'est un point de plus en faveur de l'assurance-vie pour la poche prudente de long terme, et un rappel que le PEA n'est plus à 17,2 %. La règle reste : on choisit d'abord l'enveloppe selon l'objectif (retraite, souplesse, transmission, immobilier, bourse), et la dualité des PS sert d'arbitre quand deux options se valent.

§ 10LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Léa, 35 ans, 800 € par mois à placer

Léa est kiné libérale en entreprise individuelle, 35 ans, célibataire. Elle dégage 50 000 € de bénéfice (BNC), se situe à 30 % de tranche marginale, et peut épargner 800 € par mois. Sa prévoyance Madelin est déjà en place (étage 0) et elle a six mois de charges sur ses livrets (étage 1). Ses 800 € se répartissent alors sur les étages supérieurs.

La ventilation des 800 € de Léa par horizon

PER (retraite, déduction 30 %)          300 €/mois → 3 600 €/an
Assurance-vie (souplesse, transmission) 300 €/mois → 3 600 €/an
PEA en ETF monde (actions, long terme)  200 €/mois → 2 400 €/an
──────────────────────────────────────────────────────────────
Total épargné                           800 €/mois → 9 600 €/an

Les 3 600 € versés sur le PER restent sous le plafond 154 bis de Léa (~5 291 €) : entièrement déductibles. À 30 % de tranche marginale, ils lui font économiser environ 1 080 € d'impôt par an. Le PEA est à 18,6 % de PS à terme, l'assurance-vie à 17,2 %, et tout reste accessible (sauf le PER, bloqué hors déblocage résidence principale).

Variante 1 — Hugo, 42 ans, 70 000 € de bénéfice, TMI 41 %

Le levier du PER monte avec la tranche marginale. Hugo peut déduire jusqu'à environ 10 291 € (10 % × 70 000 + 15 % × (70 000 − 48 060) ≈ 7 000 + 3 291). S'il sature ce plafond à 41 % de tranche marginale, l'économie d'impôt atteint près de 4 219 € pour une seule année. Plus la tranche marginale est élevée, plus le PER est puissant : dès qu'on passe la tranche à 41 %, il devient le premier levier à saturer.

Variante 2 — Nadia, 38 ans, achat de résidence principale dans 2 ans

Nadia prévoit d'acheter sa résidence principale dans deux ans. Notre conseil : lever le pied sur le PER l'année qui précède le prêt, et renforcer l'épargne disponible (assurance-vie, livrets) pour soigner son apport et sa capacité d'emprunt. Bloquer 5 000 € sur un PER juste avant de demander un crédit immobilier serait contre-productif. L'arbitrage PER ↔ capacité d'emprunt est l'un des plus importants pour un kiné en phase d'accession.

§ 11LES GARDE-FOUS·3 MIN

Les erreurs à éviter (et le garde-fou anti-survente)

En une quinzaine d'années de rendez-vous avec des libéraux, nous voyons toujours revenir les mêmes erreurs — rarement des erreurs de produit, presque toujours des erreurs d'ordre ou de méthode. En voici cinq, qu'on retrouve chez presque tous les kinés qui débutent.

  1. Sauter un étage. Investir en SCPI ou en PER avant d'avoir une prévoyance et une précaution. Un arrêt long, et tout s'écroule. On remplit dans l'ordre.
  2. Confondre épargne personnelle et trésorerie de société. Un kiné en BNC n'a pas d'impôt sur les sociétés, donc pas de trésorerie de société à placer comme un médecin ou un pharmacien en SEL. Même en SCM, la société est transparente et ne dégage aucun bénéfice à placer. Les montages de contrat de capitalisation personne morale ou de holding sont hors sujet.
  3. Griller sa capacité d'emprunt. Se charger en locatif avant d'avoir acheté sa résidence principale, et se fermer l'accès au crédit le plus important de sa vie.
  4. Promettre « 0 impôt » sur l'assurance-vie. L'abattement après 8 ans porte sur les gains, et les prélèvements sociaux à 17,2 % restent toujours dus.
  5. Acheter un produit « défisc » en fin d'année sans plan. La défiscalisation suit la stratégie, jamais l'inverse. Sur le sujet, voyez la défiscalisation du kiné libéral et comment payer moins d'impôts en kiné.

Garde-fou : pas de produits complexes pour un patrimoine en construction

Notre règle déontologique : on ne survend pas de private equity ni de produits structurés à un kiné dont le patrimoine se construit. Ces placements peu liquides et parfois opaques s'adressent à des patrimoines déjà diversifiés, capables d'immobiliser des sommes plusieurs années. La priorité reste l'enchaînement résidence principale, PER, précaution, assurance-vie et diversification simple (ETF, quelques SCPI de qualité). Le private equity peut venir plus tard, pour une petite fraction de l'épargne, après un vrai bilan.

Note de méthode sur le risque

Tout placement autre que les livrets réglementés et les fonds euros comporte un risque de perte en capital : assurance-vie en unités de compte, PER, PEA, SCPI, LMNP — la valeur peut varier à la baisse. Et un principe à ne jamais oublier : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. C'est précisément le rôle de la diversification par étages : ne jamais exposer au risque l'argent dont vous aurez besoin à court terme.

Pour replacer ce plan d'épargne dans la stratégie patrimoniale d'ensemble du libéral, voyez notre guide sur où placer son argent quand on est en profession libérale. Et pour savoir, sur vos chiffres, combien mettre sur le PER sans bloquer votre futur apport, un bilan de 45 minutes suffit à trancher.

Méthode documentée

Un plan d'épargne de kiné, écrit et révisé chaque année

On ordonne vos étages, on calibre votre PER et votre prévoyance, on arbitre résidence principale et locatif, et on diversifie simplement. On commence par sécuriser votre revenu (la prévoyance Madelin), pas par vous vendre une SCPI. Cabinet capitalistiquement indépendant, basé à Bassens.

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Cabinet pluridisciplinaire CIF · COA · COBSP : sécurisation de la prévoyance, calibrage du PER, choix de l'assurance-vie et des supports, arbitrage résidence principale vs locatif, plan d'épargne écrit et révisé chaque année. Sans survendre : la priorité va aux fondations.

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Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On commence par les fondations — prévoyance Madelin et précaution — avant le PER et l'assurance-vie, on arbitre résidence principale et investissement locatif, et on diversifie simplement. Pour un patrimoine en construction, jamais de private equity ni de structurés sortis du chapeau.

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Sources et références légales

  • Prévoyance et retraite du kiné — CGI et loi Madelin

    Art. 154 bis CGI (déduction des cotisations PER et Madelin du travailleur non salarié : prévoyance et santé Madelin plafonnées à environ 11 534 € en 2026, soit 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice dans la limite de 3 % de 8 PASS ; plancher PER 4 806 €). Loi n° 94-126 du 11 février 1994 (loi Madelin, cadre des contrats retraite et prévoyance des TNS). CARPIMKO (caisse de retraite et de prévoyance du kinésithérapeute : régime de base + complémentaire + ASV ; jamais la CARMF, la CARCDSF ni la CAVP). Arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

  • Les enveloppes personnelles — CGI et Code monétaire et financier

    Art. 125-0 A CGI (fiscalité des rachats d'assurance-vie : flat tax, abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans). Art. 990 I CGI (transmission, abattement 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans). Art. 757 B CGI (primes après 70 ans, abattement global 30 500 €). Art. 200 A CGI (PFU 12,8 % d'IR). Art. L. 224-4 CMF (déblocage anticipé du PER, dont l'achat de la résidence principale). Art. L. 221-1, L. 221-27, L. 221-30 CMF (livret A, LDDS, PEA — plafond PEA 150 000 €). Art. 157 CGI (exonération des intérêts du livret A et du LDDS). Cass. ch. mixte 23/11/2004 n° 02-11.352 (assurance-vie hors succession sauf primes manifestement exagérées).

  • Immobilier et prélèvements sociaux — CGI et CSS

    Art. 150 U CGI (exonération de la plus-value de cession de la résidence principale). Art. 150 VB III CGI (réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value de cession, cessions à compter du 15/02/2025). CSS art. L. 136-8 et LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : CSG capital portée de 9,2 % à 10,6 %, dualité des prélèvements sociaux 2026 — 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, la capitalisation, le foncier (location nue, SCI à l'IR) et les SCPI au foncier ; 18,6 % sur le PEA, le compte-titres et les gains de PER. Art. 261-4-1° CGI (les actes de kinésithérapie sont exonérés de TVA : pas de récupération de TVA sur le matériel).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le choix des enveloppes (PER, assurance-vie, PEA, immobilier), l'ordre des versements et l'allocation dépendent d'une étude individualisée (revenus, tranche marginale, horizon, situation familiale, capacité d'emprunt, prévoyance déjà en place). Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026 et ne valent pas conseil. Tout placement comporte un risque de perte en capital — assurance-vie en unités de compte, PER, PEA, SCPI, LMNP : la valeur peut varier à la baisse, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juin 2026 (LF 2026 loi n° 2026-103 du 19/02/2026, LFSS 2026 loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, arrêté PASS du 22/12/2025) mais peuvent évoluer. Les valeurs de cotisation et de point de la CARPIMKO sont à vérifier sur carpimko.com.

Foire aux questions

Tout sur le placement du kiné libéral en 2026 la méthode des étages, le PER vs l'assurance-vie et les garde-fous.

Où placer son épargne, dans quel ordre, comment investir 800 € par mois, PER ou assurance-vie, pourquoi la prévoyance d'abord, et pourquoi un kiné en BNC n'a pas de trésorerie de société à placer. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Dans un ordre précis, par étages, du plus liquide au plus risqué. Étage 0 : la prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI), parce qu'un kiné dépend de ses mains, de son dos et de ses épaules — un arrêt long est le vrai risque patrimonial. Étage 1 : l'épargne de précaution (livret A, LDDS, fonds euros), soit 3 à 6 mois de charges disponibles immédiatement. Étage 2 : le PER pour la retraite et la déduction à votre tranche marginale (la CARPIMKO sert moins de la moitié de votre revenu d'activité). Étage 3 : l'assurance-vie pour la souplesse et la transmission. Étage 4 : l'immobilier (la résidence principale d'abord, puis LMNP ou SCPI). Étage 5 : le PEA et le compte-titres pour la poche actions de long terme. Le point clé : un kiné en BNC place de l'épargne PERSONNELLE, pas la trésorerie d'une société — il n'a pas d'IS, donc pas la logique du médecin ou du pharmacien en SEL.