Le PER du kiné en 30 secondes : combien, comment, pour qui
Vous avez peut-être déjà fait le diagnostic : à la retraite, votre pension CARPIMKO tombera souvent à 40 à 50 % de vos revenus d'activité. Reste la vraie question, celle qui vous amène ici : comment combler ce trou ? Le levier le plus efficace pour un kinésithérapeute libéral, c'est le PER. Grâce à un plafond réservé aux indépendants — l'article 154 bis du CGI — vous déduisez de votre bénéfice imposable un montant qui, pour un kiné à 50 000 € de BNC, atteint environ 5 291 €/an, avec un plancher garanti de 4 806 € même quand le bénéfice est modeste. L'économie d'impôt suit votre tranche : à 30 %, déduire 5 291 €, c'est environ 1 587 € d'impôt en moins dès cette année. Et voici le vrai levier : vous déduisez à 30 % aujourd'hui pour être imposé bien plus bas demain, quand votre pension chutera. On va voir la formule, la table par BNC, le cas de Julie, et la sortie — avec un garde-fou clair : le PER compense la CARPIMKO, il ne lui crée aucun droit.
Le PER du kiné en 30 secondes
Vous voulez d'abord savoir à quelle pension vous attendre, caisse par caisse ? C'est le sujet de notre diagnostic complet de votre retraite CARPIMKO. Ici, on passe à la solution : comment combler ce trou avec le bon outil, au bon rythme, sans abîmer votre capacité à emprunter ni votre trésorerie.
Pourquoi le PER est fait pour un kiné : le levier de l'arbitrage de TMI
C'est ce qui fait toute la valeur du PER pour vous, et autant le dire d'emblée : le PER déductible n'est pas une « niche fiscale » qui efface l'impôt, c'est un report d'imposition. Vous ne payez pas l'impôt aujourd'hui sur la somme versée ; vous le paierez (sur la part versements) le jour où vous récupérerez l'épargne, à la retraite. Tout l'intérêt tient alors dans l'écart entre votre tranche d'aujourd'hui et celle de demain.
Or c'est exactement la situation d'un kiné. En activité, votre BNC vous place souvent à une TMI de 30 % (parfois 41 % pour les gros cabinets). À la retraite, votre pension CARPIMKO chute : votre revenu imposable baisse, et votre tranche marginale aussi — fréquemment à 11 %, voire 0 %. Déduire à 30 % aujourd'hui pour être imposé à 11 % demain, c'est capter l'écart de tranche. Votre revenu qui baisse à la retraite, c'est justement ce qui rend le PER aussi efficace dans votre cas : le trou de pension n'est pas qu'un problème, c'est aussi ce qui rend le levier puissant.
Le levier du PER : d'où vient le gain réel
GAIN REEL = (TMI a l'entree - TMI a la sortie) x versement
+ capitalisation de l'epargne dans le temps
Exemple kine : deduit a 30 %, ressort la part versements a 11 %
=> ecart de tranche = 30 % - 11 % = 19 points de gain
+ ce que rapporte l'epargne investie jusqu'a 67 ansSi votre TMI était identique à l'entrée et à la sortie, l'avantage se réduirait au seul différé d'imposition et à la capitalisation. C'est l'écart de tranche, propre au kiné dont les revenus baissent à la retraite, qui fait le gros du gain.
Honnêteté de méthode : le PER n'est pas une défiscalisation
Et la CARPIMKO dans tout ça ? Le PER ne rachète aucun point et ne crée aucun trimestre dans votre caisse : il vient par-dessus, en capitalisation individuelle, pour combler l'écart que la répartition ne financera jamais. Le diagnostic du trou, c'est l'objet de notre guide retraite CARPIMKO ; ici, on chiffre la compensation.
Quel complément de retraite le PER vous apporte-t-il vraiment ?
Un CGP indépendant chiffre votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, votre économie d'impôt à votre tranche, et l'écart de tranche entrée / sortie qui fait le vrai gain — après avoir sécurisé votre prévoyance.
Combien vous pouvez déduire : le plafond TNS art. 154 bis
C'est l'avantage de l'indépendant sur le salarié : là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus (article 163 quatervicies), le kiné en BNC au réel dispose d'un plafond spécifique TNS, l'article 154 bis du CGI, qui ajoute une seconde tranche à 15 %. Vous déduisez le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.
Le plafond TNS 2026 du kiné, du plancher au cas type
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 1 PASS = 4 806 EUR
CAS TYPE = 10 % x 50 000
+ 15 % x (50 000 - 48 060)
= 5 000 + 291 = 5 291 EURPour un kiné à 50 000 € de BNC, l'essentiel du plafond vient des 10 % : la majoration de 15 % ne joue presque pas tant que le bénéfice est proche du PASS. Le plancher de 4 806 € prend le relais dès que 10 % du bénéfice lui est inférieur (soit en dessous de 48 060 € de bénéfice).
La base de calcul, c'est le bénéfice de votre déclaration 2035 (recettes encaissées moins charges déductibles), au titre de l'année N : le PASS retenu est celui de 2026 (48 060 €). Voici les repères à mémoriser :
| Repère 2026 | Valeur | Rôle pour le kiné |
|---|---|---|
| PASS 2026 | 48 060 € | Base de la formule (arrêté du 22/12/2025) |
| Plancher 154 bis | 4 806 € | Déduction minimale garantie — suffit à la plupart des kinés |
| Cas type 50 000 € de BNC | 5 291 € | 10 % × 50 000 + 15 % × (50 000 − 48 060) |
| Maximum 154 bis | 88 911 € | Atteint dès 384 480 € de bénéfice — hors de portée d'un kiné |
Le plancher de 4 806 € : conçu pour les revenus modérés
Un atout discret : le PER est hors du plafond des niches
Votre économie d'impôt selon votre BNC et votre TMI
Ligne par ligne selon votre BNC : ce que vous pouvez déduire et l'impôt économisé selon votre tranche. La règle est simple : l'économie à l'entrée vaut grosso modo votre versement × TMI. Repérez la ligne de votre bénéfice, puis lisez l'économie dans la colonne de votre tranche.
| BNC imposable | Plafond 154 bis | Éco. à 30 % | Éco. à 41 % |
|---|---|---|---|
| 40 000 € | 4 806 € (plancher) | 1 442 € | 1 970 € |
| 50 000 € (cas type) | 5 291 € | 1 587 € | 2 169 € |
| 60 000 € | 7 791 € | 2 337 € | 3 194 € |
| 70 000 € | 10 291 € | 3 087 € | 4 219 € |
| 80 000 € | 12 791 € | 3 837 € | 5 244 € |
Le détail des plafonds, pour qu'on voie d'où sortent les chiffres : à 40 000 €, 10 % font 4 000 €, donc le plancher de 4 806 € l'emporte. À 60 000 € : 6 000 + 15 % × (60 000 − 48 060) = 6 000 + 1 791 = 7 791 €. À 70 000 € : 7 000 + 15 % × 21 940 = 7 000 + 3 291 = 10 291 €. À 80 000 € : 8 000 + 15 % × 31 940 = 8 000 + 4 791 = 12 791 €.
Attention, ce chiffre est un plafond, pas une promesse
Attention à ce que ces chiffres disent vraiment : ils mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate, mais rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'est pas garanti hors fonds en euros.
Combien le PER vous fait-il vraiment économiser ?
Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, votre économie nette à votre tranche et le montant qui sature vraiment votre tranche, ni plus ni moins — après avoir sécurisé votre prévoyance.
Cas chiffré : Julie, kiné de 45 ans, 50 000 € de BNC
Un cas concret, déroulé euro par euro. Le prénom est fictif, mais le profil et les ordres de grandeur sont ceux d'un kinésithérapeute libéral installé. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.
Cas 1 — Julie, kinésithérapeute libérale en EI (TMI 30 %)
Plafond 154 bis : 10 % × 50 000 = 5 000 €, plus 15 % × (50 000 − 48 060) = 291 € → 5 291 €/an (soit ≈ 440 €/mois si elle sature).
Économie d'IR : 5 291 × 30 % ≈ 1 587 €.
Effort net réel : 5 291 − 1 587 = 3 704 €/an (≈ 309 €/mois net de poche pour 440 € placés à son nom).
Le levier du différé : à la retraite, sa pension CARPIMKO la fait probablement passer à une TMI de 11 %. La part « versements » de son capital ressortira alors au barème des pensions autour de 11 %, contre 30 % déduits à l'entrée : un écart de tranche d'environ 19 points, qui est le cœur du gain.
Ce que le cas de Julie chiffre (et ce qu'il ne chiffre pas)
Cas 2 — Karim, 38 ans, 70 000 € de BNC, mais un achat des murs en vue
Sauf que Karim prépare l'achat des murs de son cabinet dans 18 mois. Or chaque euro déduit baisse le bénéfice que sa banque retiendra pour calculer sa capacité d'emprunt. Son arbitrage : modérer ses versements PER avant le prêt(par exemple s'en tenir au plancher), puis accélérer une fois l'emprunt obtenu. On détaille ce garde-fou au §8.
Julie : du plafond à l'effort net
Versement (plafond sature) = 5 291 EUR - Economie d'impot a 30 % = -1 587 EUR ------------------------------------------- = Effort net de tresorerie = 3 704 EUR / an (~309 EUR / mois) A la sortie : part versements imposee ~11 % (vs 30 % deduits) => ecart de tranche capte ~19 points
L'État finance environ 30 % de l'effort d'épargne de Julie via l'économie d'impôt, et elle récupérera la part versements à une tranche plus basse à la retraite. Reste à ne pas saturer si un projet d'achat se profile (cas de Karim).
Votre cas est-il plutôt « Julie » ou plutôt « Karim » ?
On part de votre BNC réel, de votre tranche et de vos projets (achat, installation, rachat de patientèle) pour fixer le bon rythme de versement — saturer quand c'est pertinent, lever le pied quand un emprunt approche.
Micro-BNC ou réel : la voie de déduction change
Beaucoup de kinés démarrent au micro-BNC, séduits par sa simplicité. Côté PER, votre régime d'imposition change la voiede déduction — pas le principe. Dans les deux cas, l'économie reste « plafond × TMI » ; seul le plafond se calcule différemment.
Au réel (déclaration 2035)
Vous déduisez via l'article 154 bis, directement de votre bénéfice BNC : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, jusqu'à 88 911 €. C'est la voie la plus large pour un kiné. La déduction s'impute sur le revenu catégoriel BNC, avant même le calcul du revenu global.
Au micro-BNC
Le 154 bis ne s'applique pas (l'abattement de 34 % est réputé couvrir toutes les charges). Mais vous pouvez verser sur un PER et déduire du revenu global via l'article 163 quatervicies (base = bénéfice après abattement de 34 %). Ex. : 80 000 € de recettes → bénéfice micro 52 800 € → plafond ≈ 5 280 €.
Le seuil micro-BNC 2026 et la fin de la majoration AGA
Sortir son PER : capital, rente et la fiscalité 2026
Julie déduit à 30 % pendant qu'elle exerce. À la retraite, ses revenus en baisse, elle repasse souvent à 11 %. Cet écart de tranche, c'est tout l'intérêt du dispositif. Encore faut-il regarder de près la fiscalité de sortie : elle n'est pas la même selon que Julie récupère son épargne en capital ou en rente. La base : vous choisissez librement entre capital en une fois, capital fractionné, rente, ou un mix (article L. 224-5 du Code monétaire et financier).
La sortie en capital
Pour des versements déduits à l'entrée, le retrait en capital se lit en deux parts. La part « versements » est imposée au barème de l'IR dans la catégorie des pensions, mais sans l'abattement de 10 % — c'est l'erreur que reproduisent la plupart des simulateurs en ligne, qui calquent le régime des salaires. Bonne nouvelle : cette part versements est exonérée de prélèvements sociaux, et le système du quotient (article 163-0 A) peut lisser une grosse sortie. La part « gains » est imposée au PFU de 31,4 %(12,8 % d'IR au titre de l'article 200 A + 18,6 % de prélèvements sociaux).
| Sortie en capital | Imposition IR | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Part « versements » (déduits à l'entrée) | Barème des pensions, sans abattement 10 % (quotient possible) | Exonérée |
| Part « gains » | PFU 12,8 % (option barème possible) | 18,6 % |
| Total sur les gains | — | PFU 31,4 % |
Les prélèvements sociaux du PER, c'est 18,6 % — et sur les gains seulement
La sortie en rente
En rente, pour des versements déduits, la rente est imposée comme une pension (rente viagère à titre gratuit, articles 79 et 158-5 du CGI), avec l'abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux. Pour un kiné qui veut compenser une pension CARPIMKO faible mais régulière, une rente PER joue exactement ce rôle : un revenu à vie qui s'ajoute à la pension. Un mix est souvent pertinent — un capital partiel pour un projet (travaux, voyage), une rente pour le complément mensuel.
La vraie question : votre TMI demain sera-t-elle plus basse qu'aujourd'hui ?
Verser sur un PER sans saboter votre projet d'achat
Sur ce point, un réflexe peut coûter cher à un kiné de 30-35 ans qui prépare un achat : le versement PER déduit baisse votre bénéfice imposable, donc le revenu que la banque retient sur vos dernières liasses 2035 et votre avis d'imposition. Or c'est précisément ce revenu qui sert à calculer votre taux d'endettement (plafonné autour de 35 % dans le cadre HCSF). Conséquence : saturer son PER juste avant une demande de prêt peut dégrader la capacité d'emprunt.
C'est typiquement le dilemme du kiné qui prépare un achat : résidence principale, murs de cabinet, ou rachat d'une patientèle. Déduire fort fait baisser le revenu fiscal ; emprunter large suppose un revenu élevé sur l'avis d'imposition. Les deux objectifs se contredisent, et il n'y a pas de règle unique : tout est dans le calendrier des versements.
Arbitrer le rythme des versements selon vos projets
L'argent est-il bloqué ? Les cas de sortie anticipée
« Et si j'ai besoin de cet argent avant 60 ans ? » — c'est la première objection que les kinés nous opposent en rendez-vous. En principe, l'épargne du PER est bloquée jusqu'à la retraite. Mais la loi prévoit six portes de sortie anticipée (article L. 224-4 du Code monétaire et financier), dont plusieurs concernent directement un kiné.
| Cas de déblocage anticipé (art. L. 224-4 CMF) | Concerne le kiné ? |
|---|---|
| Acquisition de la résidence principale | Soupape majeure pour le jeune kiné acheteur |
| Invalidité (2e ou 3e cat.) du titulaire, des enfants ou du conjoint | Risque réel vu l'usure physique du métier |
| Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire | Cas concret en cas d'échec du cabinet |
| Décès du conjoint ou partenaire de PACS | Accident de la vie |
| Expiration des droits au chômage | Plutôt après une période salariée |
| Surendettement | Mesure de protection |
Le déblocage « résidence principale » change tout pour un jeune kiné
Combien verser pour 1 000 €/mois de complément à 67 ans
C'est la question qui revient à chaque rendez-vous retraite, et la réponse honnête déçoit souvent : combien faut-il verser pour se servir ~1 000 €/mois de complément à la retraite ? Posons les ordres de grandeur, hypothèses affichées — car ici, tout dépend du rendement et de la table de conversion en rente.
De l'objectif au capital cible (ordres de grandeur)
Objectif = 1 000 EUR / mois = 12 000 EUR / an
Capital cible ~ 250 000 a 350 000 EUR
(selon taux de conversion ~3,5 a 4,5 %)
Pour un kine de 45 ans (22 ans d'epargne)
a un rendement net ~3 a 4 % / an :
effort ~ 600 a 800 EUR / mois pour viser ~300 000 EURHypothèses indicatives, à personnaliser : taux de conversion d'un capital en rente viagère, rendement net annuel et horizon. Une baisse de rendement ou un départ plus tardif change sensiblement l'effort.
L'honnêteté qui change la stratégie : le PER seul ne suffit pas
C'est exactement le rôle d'une allocation d'épargne professionnelle pensée pour la retraite. On détaille où placer chaque euro dans les placements du kiné libéral : où investir votre épargne professionnelle, le rôle de l'assurance-vie comme complément du PER, celui des SCPI pour un revenu complémentaire, et le calibrage de l'effort dans combien épargner sur un PER pour un complément donné.
Avant le PER : sécuriser sa prévoyance (priorité kiné)
Avant de parler épargne à un kiné, un constat s'impose : un kiné soigne avec ses mains, son dos et ses épaules — et un kiné de 50 ans le sait, ces articulations finissent par parler. Lombalgies, tendinites de l'épaule, syndrome du canal carpien, TMS : la dépendance physique du métier est forte, et le risque d'arrêt ou d'invalidité y est plus élevé que dans bien d'autres professions. Une incapacité, même temporaire, arrête à la fois votre revenu et votre capacité à alimenter un PER. L'ordre n'est donc pas négociable : la prévoyance d'abord, le PER d'épargne ensuite.
Le socle invalidité-décès de la CARPIMKO existe, mais reste forfaitaire et souvent insuffisant pour maintenir votre train de vie en cas d'arrêt prolongé (les montants exacts sont à vérifier sur carpimko.fr ; on les chiffre dans le diagnostic retraite). D'où la priorité à une prévoyance Madelinbien calibrée — indemnités journalières et rente d'invalidité ajustées sur votre revenu réel.
L'enveloppe prévoyance Madelin du kiné (2026)
PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % x PASS + 3,75 % x benefice
(plafonne a 3 % de 8 PASS = 11 534 EUR)
Exemple : benefice 50 000 EUR
= 7 % x 48 060 + 3,75 % x 50 000
= 3 364 + 1 875
= 5 239 EUR (sous le plafond de 11 534 EUR)Cette enveloppe prévoyance / santé relève aussi de l'article 154 bis, mais elle est distincte du plafond retraite : elle ne grignote pas votre déduction PER. Pour un kiné à 50 000 € de bénéfice, elle autorise environ 5 239 € de cotisations prévoyance / santé déductibles.
Le PER ne doit jamais évincer la prévoyance
Cas particulier : le kiné associé de SELARL
L'immense majorité des kinés exercent en entreprise individuelle (BNC au réel) ou en SCM (société de moyens, transparente, qui ne dégage pas de bénéfice). Dans ce cas, le plafond 154 bis est acquis d'office, sans aucun contentieux : c'est la situation de Julie. Mais quelques kinés s'associent en SELARL : le point mérite alors une précision, car l'accès au 154 bis y dépend du régime social.
| Votre structure | Régime social | Plafond applicable | Maximum 2026 |
|---|---|---|---|
| EI / BNC au réel (déclaration 2035) | TNS | Art. 154 bis (assiette = bénéfice BNC) | 88 911 € |
| Gérant majoritaire de SELARL | TNS | Art. 154 bis (rému art. 62 + part technique BNC depuis 2024) | 88 911 € |
| Gérant minoritaire / assimilé salarié | Assimilé salarié | Art. 163 quatervicies | 38 448 € |
Deux nuances utiles si vous êtes associé de SEL. D'abord, depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL est imposée en BNC (rescrit BOI-RES-BNC-000136), ce qui ouvre l'accès au 154 bis sur cette part : pour le kiné libéral, c'est un avantage, à l'inverse du pharmacien commerçant (BIC) dont la rémunération de gérance relève plutôt de l'article 62. Ensuite, la chaîne jurisprudentielle qui fixe la règle : CE 16 octobre 2013, n° 339822 (la rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL est un BNC, sauf lien de subordination) ; CE 8 décembre 2017, n° 409429 (la déduction 154 bis n'est admise que sur une rémunération imposée en BNC ou en article 62, jamais sur des traitements et salaires) ; CE 8 avril 2025, n° 492154 (confirmation de la qualification BNC de la part technique et annulation de la tolérance forfaitaire des 5 % de gérance). Le choix de structure dépasse le seul PER : on l'arbitre dans BNC ou SELARL pour le libéral : la structure et son impact.
Récapitulatif : votre PER de kiné en 5 décisions
Compenser votre retraite CARPIMKO avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On calcule votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, on sécurise d'abord votre prévoyance Madelin, on cale le bon rythme de versement selon vos projets d'achat, et on combine PER et assurance-vie pour viser un vrai complément de pension. Si saturer le plafond cette année abîme votre capacité d'emprunt, on vous le dira.

