Mis à jour le 13 juillet 2026 · Conforme aux articles L. 214-94, L. 214-109 et L. 214-93 du Code monétaire et financier, au Règlement général de l'AMF (art. 422-227, 422-230 et 422-234), à l'instruction DOC-2019-04 et aux statistiques ASPIM/IEIF 2025-T1 2026.
« Le prix de ma SCPI a baissé l'an dernier ; j'entends parler de retraits qui s'allongent, de fonds qui suspendent les sorties, et un comparateur en ligne m'affiche qu'elle serait surévaluée. Est-ce que je paie trop cher — et est-ce que je me suis fait avoir ? » Cette inquiétude, on l'entend presque chaque semaine en rendez-vous depuis les baisses de prix de part de 2023-2024. Première chose à poser à froid : surévaluée ne veut dire ni arnaque, ni faillite, ni suspension de retrait — ce sont quatre sujets bien distincts, que nous démêlons juste en dessous. Reste la vraie question, celle de ce guide : comment vérifier soi-même, chiffres en main, si le prix payé dépasse la valeur réelle du patrimoine ?
Détecter une SCPI surévaluée, ce n'est pas une affaire de flair : ça se vérifie, chiffres en main. Tout part d'un seul repère — le prix de souscription face à la valeur de reconstitution par part. Le reste, ce sont des signaux qu'on vient croiser pour confirmer, et deux cas chiffrés pour montrer la méthode en situation. Au bout, vous saurez pourquoi vous concluez — au lieu de faire confiance au badge « surcotée » d'un comparateur. Toile de fond 2025 : le prix de part moyen a reculé d'environ −3,45 % et la valeur de réalisation par part de −1,8 % (ASPIM), mais 17 SCPI ont augmenté leur prix quand 14 le baissaient — d'où l'intérêt de regarder chaque SCPI pour elle-même plutôt que la moyenne du marché. Ce guide traite la méthode de détection ; pour savoir si la surcote repérée est dangereuse ou bénigne, nous renvoyons vers le guide dédié à la surcote : danger ou situation normale.
Quatre sujets à ne surtout pas confondre
Une mise au point avant de commencer, parce que c'est ce qui affole le plus les épargnants : ces quatre mots ne disent pas la même chose. Surévaluée : le prix de souscription dépasse la valeur de reconstitution (le sujet de ce guide). Suspension de retrait : la liquidité est temporairement gelée, ce qui ne dit rien du prix. Arnaque : une fraude caractérisée, très différente d'un simple prix trop haut. Faillite : au sens juridique strict, quasi inexistante pour une SCPI (le patrimoine appartient aux associés, la gestion peut être transférée à une autre société agréée). Une part peut être en surcote sans aucun de ces trois problèmes ; l'inverse est vrai aussi. Ces mécanismes sont démêlés dans notre hub sur les risques d'une SCPI. Rappel de cadre : la SCPI reste un placement long terme (8-10 ans minimum), à capital non garanti, dont les revenus et la liquidité ne sont pas garantis.
Le repère central : prix de souscription contre valeur de reconstitution
Une SCPI est surévaluée (en surcote) lorsque son prix de souscription dépasse sa valeur de reconstitution par part. L'entrant paie alors sa part au-dessus de ce qu'il faudrait débourser pour reconstituer le patrimoine à l'identique. Ce repère n'est pas un choix maison : il vient directement de l'article L. 214-94 du Code monétaire et financier, qui prévoit que le prix de souscription est déterminé sur la base de la valeur de reconstitution, elle-même définie à l'article L. 214-109 CMF. On raisonne ici sur le capital variable, où le prix est administré par la société de gestion. Pour les bases du placement, voyez notre guide complet des SCPI.
La valeur de reconstitution = la valeur de réalisation (l'ANR : valeur vénale des immeubles + valeur nette des autres actifs) augmentée des frais de reconstitution (droits et frais d'acquisition + commission de souscription). C'est la valeur de référence du prix, et donc la seule contre laquelle se détecte une surévaluation. Pour comprendre pourquoi ce repère prime tous les autres, voyez pourquoi la valeur de reconstitution est essentielle.
En 30 secondes
Surévaluée = prix de souscription supérieur à la valeur de reconstitution. Cette comparaison est le repère central : elle se mesure toujours contre la reconstitution, jamais contre la réalisation nue. C'est un point de départ d'analyse, pas un verdict — l'interprétation (surcote dangereuse ou bénigne) est traitée à part. Trois signaux confirment ensuite le diagnostic, trois indicateurs le corroborent.
Le piège n°1 : comparer le prix à la valeur de réalisation
Le prix de souscription est toujours mécaniquement supérieur à la valeur de réalisation nue, parce que la reconstitution intègre les frais (environ 8 à 12 %). Cet écart prix / réalisation (souvent +8 à +12 %) est normal, ce n'est pas une surévaluation. Un lecteur pressé qui compare le prix à la réalisation « voit » une surcote énorme partout : c'est une erreur de lecture. La vraie détection se fait prix contre reconstitution.
Une précision de périmètre : en capital fixe (marché secondaire), il n'y a pas de prix administré ni de corridor des ±10 % — le prix résulte de la confrontation des ordres (art. 422-229 RG AMF), et la notion de surévaluation s'y lit autrement. La distinction est expliquée dans notre guide sur les SCPI à capital fixe ou variable.
La formule et où lire les deux chiffres
Détecter une surévaluation tient d'abord en un calcul d'écart. Il ne demande que deux chiffres : le prix de souscription en vigueur et la valeur de reconstitution par part du dernier rapport.
L'écart de survalorisation (formule)
Ecart = (Prix de souscription − Valeur de reconstitution/part)
/ Valeur de reconstitution/part × 100
> 0 => SURCOTE (prix au-dessus de la valeur de reference)
< 0 => decote (prix en dessous)
Seul seuil legal : +10 % (art. L. 214-94 CMF).
Exemple fictif : prix 200 EUR, reconstitution 184 EUR
=> (200 − 184) / 184 = +8,7 % (surcote forte).Reste à trouver les deux données au bon endroit. C'est souvent l'angle mort de l'épargnant : le prix de souscription est partout, mais la valeur de reconstitution se lit dans la documentation réglementaire. Le contenu du rapport annuel et du bulletin est fixé par l'instruction AMF DOC-2019-04 et l'article 422-227 du Règlement général de l'AMF. Depuis l'ordonnance n° 2024-662 du 3 juillet 2024, les valeurs de réalisation et de reconstitution sont publiées deux fois par an (au lieu d'une seule) : le corridor des ±10 % se recale plus vite, et une surévaluation apparente peut se résorber — ou s'aggraver — au point semestriel suivant.
| Donnée à relever | Où la lire | Fréquence |
|---|---|---|
| Prix de souscription en vigueur | Bulletin / site de la société de gestion | En continu |
| Valeur de reconstitution / part | Rapport annuel + bulletin | 2×/an (ord. 2024-662) |
| Valeur de réalisation (ANR) / part | Rapport annuel + bulletin | 2×/an |
| Date de la dernière expertise / actualisation | Rapport annuel | Expertise 3 ans + actualisation semestrielle |
| RAN, taux d'occupation, collecte, file d'attente | Rapport annuel / bulletin | Annuel / trimestriel |
Note de méthode : comparez deux chiffres du même millésime
Le piège de lecture le plus fréquent : mettre en regard un prix affiché aujourd'hui et une valeur de reconstitution datant du rapport de l'an dernier. Dans un marché qui bouge, l'écart calculé n'a alors aucun sens. Le réflexe : relever la reconstitution du dernier point publié (désormais deux fois par an) et vérifier la date à côté du chiffre. Notez aussi que la valeur de reconstitution est une estimation d'experts, non une garantie : elle sera revue au point suivant, à la hausse comme à la baisse. Une détection propre compare donc un prix et une reconstitution du même millésime, puis lit la tendance sur plusieurs rapports — jamais un point isolé.
Pour le détail du calcul de la valeur de référence, voyez comment calculer la valeur de reconstitution d'une SCPI et, pour la fixation du prix par la société de gestion, comment est fixé le prix de souscription.
Signal n°1 — l'écart qui grimpe vers le plafond des +10 %
L'article L. 214-94 CMF borne l'écart : le prix est déterminé sur la base de la valeur de reconstitution, et tout écart supérieur à 10 % doit être justifié par la société de gestion et notifié à l'AMF. Ce n'est pas une interdiction automatique, mais en pratique la société de gestion ajuste le prix — le plus souvent à la baisse — pour repasser dans la fourchette. C'est exactement la mécanique qui a produit les baisses de prix de part de 2023-2024.
D'où le premier signal : plus l'écart prix / reconstitution approche +10 %, plus un ajustement devient probable. Comme repères de lecture — non réglementaires, à manier avec prudence — on retient : sous +5 %, rien d'inquiétant ; passé +5 %, on surveille de plus près ; collé au plafond, on part du principe qu'une baisse de prix peut tomber. Le seul seuil légal reste +10 %.
Deux « seuils de 10 % » à ne jamais confondre
Le +10 % de l'art. L. 214-94 CMF borne l'écart entre le prix de souscription et la valeur de reconstitution : c'est lui qui sert à détecter la surévaluation. Il n'a rien à voir avec l'autre seuil de 10 %, celui de l'art. L. 214-93 CMF, qui vise la liquidité : quand au moins 10 % des parts sont en attente de retrait depuis plus de 12 mois, la société de gestion informe l'AMF et convoque une assemblée sous deux mois. Un seuil encadre le prix, l'autre la file d'attente.
Le fonctionnement complet de cette règle — les deux mécanismes des 10 %, la mécanique d'ajustement — est détaillé dans notre guide dédié à la règle des 10 % de l'AMF sur le prix de part. Ici, retenez seulement que la proximité du plafond est un signal fort de survalorisation.
Signal n°2 — la valeur de reconstitution en baisse (et les expertises peu actualisées)
C'est le signal le plus fiable. Une valeur de reconstitution qui décroche sur plusieurs exercices pendant que le prix reste figé creuse un écart que rien ne signale à l'épargnant : la tendance l'emporte sur l'écart ponctuel. Un écart isolé peut n'être qu'un décalage d'actualisation ; une reconstitution qui recule d'année en année, elle, signale que le prix administré ne suit plus la réalité du patrimoine.
Ce signal se lit à la lumière de la mécanique de l'expertise. Chaque immeuble est expertisé par un expert externe indépendant au moins tous les trois ans (cinq ans en capital fixe sans augmentation de capital), avec une actualisation semestrielle de la valeur vénale (art. 422-234 du Règlement général de l'AMF) — jamais une simple expertise annuelle. Réflexe de détection : regarder à la fois la date de la dernière actualisation et la tendance de la reconstitution. Une expertise ancienne, dans un marché baissier non encore intégré, peut masquer une reconstitution réelle plus basse — donc une surévaluation sous-estimée.
| Année | Variation moyenne de la valeur de réalisation / part | Source |
|---|---|---|
| 2022 | ≈ −2,4 % | ASPIM |
| 2023 | ≈ −10,3 % | ASPIM |
| 2024 | ≈ −5,8 % | ASPIM |
| 2025 | ≈ −1,8 % | ASPIM |
Quand la valeur est maintenue « en trompe-l'œil »
Attention aux configurations où un prix figé se combine à des expertises peu actualisées et à un dividende soutenu par les réserves : la surévaluation réelle peut alors être plus large que l'écart affiché, parce que la valeur de reconstitution publiée n'a pas encore intégré la baisse du marché. C'est tout l'intérêt de croiser la date d'expertise avec la tendance — un cas que nous détaillons dans notre guide sur les valeurs de part maintenues artificiellement. Le rôle des réserves de résultat est détaillé au signal suivant et dans notre guide sur le report à nouveau (RAN) des SCPI.
Pour comprendre le mécanisme complet d'une baisse de valeur, voyez quand et pourquoi une SCPI baisse son prix de part et pourquoi le prix d'une part de SCPI peut baisser. À l'inverse, un prix inférieur à la reconstitution est une décote : notre guide savoir si une SCPI est décotée détaille ce cas miroir.
Signal n°3 — le report à nouveau qui s'épuise pour tenir le dividende
Le report à nouveau (RAN) est une réserve de résultats non distribués, publiée dans les états financiers du rapport annuel (art. 422-227 RG AMF, instruction DOC-2019-04). C'est un outil de lissage tout à fait normal du dividende : une SCPI met de côté une partie des loyers les bonnes années pour soutenir la distribution les années moins favorables. Sa simple existence n'a rien d'inquiétant, au contraire.
Le signal, c'est son épuisement. Un RAN qui fond d'un exercice à l'autre pour maintenir un taux de distribution que les seuls loyers courants ne couvrent plus indique que le couple prix / rendement affiché n'est plus soutenu par l'exploitation. Le rendement paraît alors « tenu » artificiellement, ce qui peut accompagner une survalorisation du prix. À croiser, là encore, avec le repère central.
Aucun seuil réglementaire de RAN
Il n'existe aucune norme légale de niveau de report à nouveau : méfiez-vous des « RAN inférieur à X mois de distribution » présentés comme un couperet — ce sont des repères de lecture, pas des règles. Et ne présentez jamais le RAN comme une manipulation : c'est son épuisement rapide qui constitue un signal, pas son existence. Le détail du fonctionnement est dans notre guide sur le RAN des SCPI en 2026.
Les indicateurs à croiser : occupation, collecte, file d'attente
Ces indicateurs viennent appuyer le diagnostic, pas le porter. Pris isolément, aucun ne tranche : ils valent par recoupement avec l'écart prix / reconstitution.
Le taux d'occupation financier (TOF) en baisse traduit une vacance locative croissante : les revenus sont sous pression, et à terme la valeur de reconstitution aussi. Un TOF qui recule sur plusieurs trimestres renforce donc un soupçon de survalorisation. La collecte nette qui ralentit — voire une décollecte — est un autre signal : quand le prix est trop haut par rapport au marché réel, les souscriptions se tarissent et les retraits ne sont plus compensés. En 2025, le marché a pourtant collecté de nouveau (collecte nette de l'ordre de plusieurs milliards d'euros, en nette reprise, ASPIM) : une décollecte individuelle ressort donc d'autant plus.
La file d'attente de retrait qui s'allonge (art. L. 214-93 CMF) est un signal indirect de survalorisation : les demandes de retrait sont inscrites chronologiquement, et si le prix est trop haut, les vendeurs ne trouvent pas d'acheteurs au prix affiché. Le seuil d'alerte légal : lorsqu'au moins 10 % des parts sont en attente depuis plus de 12 mois, la société de gestion en informe l'AMF et convoque une assemblée sous deux mois. Fait agrégé : fin 2025, environ 2,8 Md€ de parts étaient en attente (près de 3,1 % de la capitalisation), une part qui resterait concentrée sur un nombre limité de SCPI, majoritairement investies en bureaux, avec un reflux à environ 2,4 Md€ (2,8 %) au 31 mars 2026 (ASPIM).
Contexte liquidité 2026 : les outils AIFM 2
Depuis le 16 avril 2026, chaque SCPI à capital variable doit prévoir dans ses statuts au moins deux outils de gestion de la liquidité (plafonnement des retraits, préavis, ajustement de la valeur…), la finalisation étant attendue au plus tard le 16 avril 2027 pour les fonds existants (directive européenne AIFM 2). Ce sont des outils prudentiels obligatoires, pas un signe de danger en soi. Le fonctionnement des mécanismes de liquidité est détaillé dans notre hub sur les risques d'une SCPI et dans le guide vendre ses parts de SCPI en 2026.
Faire diagnostiquer la survalorisation de vos SCPI
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Le tableau de diagnostic : croiser tous les signaux
En rendez-vous, on déroule cette grille dans l'ordre pour poser un diagnostic de survalorisation. Le repère central reste l'écart prix / reconstitution ; les autres lignes le confirment ou l'infirment.
| Ce qu'on regarde | Signal de survalorisation | Où le lire |
|---|---|---|
| Écart prix / reconstitution | Proche de +10 % (art. L. 214-94) | Bulletin / rapport annuel |
| Tendance de la reconstitution | En baisse sur les derniers exercices | Rapports successifs |
| Date de la dernière expertise | Ancienne → valeur possiblement dépassée | Rapport annuel (art. 422-234) |
| Report à nouveau (RAN) | S'épuise pour tenir le dividende (aucun seuil légal) | États financiers |
| Taux d'occupation financier (TOF) | En baisse | Bulletin trimestriel |
| Collecte nette | Ralentit / négative | Bulletin |
| File d'attente de retrait | S'allonge (alerte : ≥ 10 % / 12 mois, art. L. 214-93) | Bulletin / rapport |
Comment lire la grille
Un signal isolé appelle la vigilance, pas une conclusion. C'est le cumul qui fait le diagnostic : le repère central (écart prix / reconstitution) + une reconstitution en baisse + une file d'attente qui s'allonge forment un faisceau concordant. À l'inverse, un écart modéré, des expertises stables et une collecte dynamique pointent vers une simple surcote bénigne. En pratique, je ne pose jamais un diagnostic sur le seul écart de prix : il me faut au moins deux autres lignes du tableau qui pointent dans le même sens avant de le dire à un client.
Deux diagnostics chiffrés (exemples fictifs)
Deux exemples chiffrés montrent la méthode en action. Camille hésite sur une SCPI de bureaux à 200 € la part ; Marc, sur une SCPI diversifiée au même prix affiché. Même 200 €, diagnostic inverse — voici pourquoi.
Cas 1 — Camille : détection POSITIVE (surévaluée, exemple fictif)
Camille examine une SCPI a dominante bureaux avant de souscrire. Prix de souscription : 200 EUR / part Valeur de reconstitution / part : 184 EUR Valeur de realisation (ANR)/part : 168 EUR Ecart prix / reconstitution = (200 − 184) / 184 = +8,7 % => SURCOTE FORTE, quasi au plafond +10 % (art. L. 214-94 CMF). Signaux qui confirment : - reconstitution en BAISSE au dernier rapport (expertises revues) - file d'attente de retrait qui s'allonge Si la reconstitution recule encore vers 180 EUR : ecart = (200 − 180) / 180 = +11,1 % > 10 % => justification SG + notification AMF => baisse de prix probable. Verdict de detection : SCPI surevaluee. Reflexe -> ne pas entrer au prix affiche, attendre l'ajustement. (Gravite / combien on perd -> guide surcote : danger ou situation normale.)
Cas 2 — Marc : détection NÉGATIVE (non surévaluée, exemple fictif)
Marc examine une SCPI diversifiee, tres demandee, qui vient de revaloriser.
Prix de souscription : 200 EUR / part
Valeur de reconstitution / part : 197 EUR
Valeur de realisation (ANR)/part : 178 EUR
Ecart prix / reconstitution = (200 − 197) / 197 = +1,5 %
=> surcote LEGERE, loin du plafond, dans le corridor.
Ecart prix / realisation = (200 − 178) / 178 = +12,4 %
=> l'essentiel (~19 EUR = 197 − 178) correspond aux frais de
reconstitution (commission + droits). Ce N'EST PAS une surevaluation.
Signaux : reconstitution STABLE/haussiere, TOF eleve, collecte dynamique.
Verdict de detection : NON surevaluee. Marc paie "le prix de la qualite".Chiffres fictifs à but pédagogique
Aucune SCPI n'est visée ; la commission de souscription et les valeurs varient d'une SCPI à l'autre. Le piège à marteler : l'écart prix / réalisation est toujours large (frais ~8-12 %) — ce n'est PAS la surévaluation. La détection se fait prix contre reconstitution. Ordre invariant à garder en tête : réalisation < reconstitution, et valeur de retrait < prix de souscription. Sur l'horizon recommandé de 8 à 10 ans minimum, une surcote légère se lisse ; une forte surcote suivie d'un ajustement peut peser durablement.
En 2026, une surévaluation s'analyse au cas par cas
Le marché n'est plus uniformément baissier en 2026. En 2025, parmi les SCPI à capital variable, 14 ont baissé leur prix, mais 17 l'ont augmenté (ASPIM). Une légère surcote sur une SCPI qui revalorise son parc n'a donc rien à voir avec une surcote sur une SCPI de bureaux prise dans une file d'attente de retrait. La détection doit se faire SCPI par SCPI, jamais par généralisation.
Les faits agrégés le confirment : prix de part moyen 2025 d'environ −3,45 %, valeur de réalisation par part d'environ −1,8 %, taux de distribution moyen d'environ 4,91 % et performance globale d'environ +1,46 % (performances passées, non garanties), pour une capitalisation de l'ordre de 89 Md€. Au premier trimestre 2026, le prix moyen recule encore légèrement (environ −0,9 %) tandis que la collecte se redresse : l'ASPIM parle de « signaux d'amélioration » dans un marché encore sous contraintes. Conséquence pour la détection : comme le prix a globalement baissé plus vite que l'ANR, les surcotes se résorbent en moyenne — mais le corridor des ±10 % reste actif tant qu'une SCPI donnée dépasse sa reconstitution.
Détection n'est pas condamnation
Une surévaluation détectée demande à être instruite, pas à être jugée d'un trait — et encore moins sur une SCPI nommée. Surévaluée n'est pas synonyme d'arnaque, ni de faillite : ce sont des sujets distincts. Une SCPI parfaitement sérieuse peut afficher temporairement une surcote, le temps qu'un ajustement de prix intervienne. On pose les deux chiffres, on regarde si la surcote est de 1,5 % (le cas de Marc) ou de 8,7 % au ras du plafond (celui de Camille), et seulement là on choisit d'entrer, d'attendre ou de passer son tour.
J'ai détecté une SCPI surévaluée : que faire ?
La détection posée, voici les réflexes d'action — sans re-développer ici « est-ce grave » (nous renvoyons au guide dédié à la surcote : danger ou situation normale) :
- Ne pas entrer au prix affiché si la surcote est forte ET la reconstitution en baisse : la marge de sécurité est trop mince.
- Attendre un ajustement de prix : le corridor des ±10 % finit par l'imposer si l'écart dépasse le plafond.
- Comparer à une SCPI moins surcotée ou mieux orientée — c'est tout l'objet de la méthode pour choisir sa SCPI en 2026.
- Faire relire le diagnostic par un CGP indépendant, sans SCPI maison à vendre, pour trancher objectivement.
Rappel de la double peine de l'entrant en surcote, en une phrase : il paie au-dessus de l'actif reconstitué (marge réduite), puis ne récupère à la sortie que la valeur de retrait = prix − commission de souscription (art. 422-230 RG AMF), commission de l'ordre de 8 à 12 % selon la SCPI. Le détail est dans notre guide sur la valeur de retrait, le vrai prix de sortie.
Le bon réflexe
Le bon réflexe tient en un geste : relever la date à côté de la valeur de reconstitution. Si l'expertise remonte à deux ans dans un marché qui a baissé, l'écart affiché sous-estime la vraie surcote — c'est là qu'on se fait piéger, pas sur le calcul lui-même. Pour aller plus loin sur le double sens décote / surcote, SCPI décotée ou surcotée compare les deux situations.
Un dernier mot sur la fiscalité, purement accessoire ici : la surcote n'a aucune incidence fiscale (ce n'est ni un revenu, ni un prix d'acquisition, ni un prix de cession). Les revenus fonciers restent imposés au barème de l'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux, et les plus-values de cession de parts relèvent du régime des plus-values immobilières — le détail est dans notre guide sur la fiscalité des SCPI.
Ce qu'il faut retenir
- Repère unique : prix de souscription supérieur à la valeur de reconstitution par part = surévaluation (art. L. 214-94 CMF) — jamais contre la réalisation nue, toujours mécaniquement inférieure au prix.
- Formule : (prix − reconstitution) / reconstitution × 100 ; seul seuil légal +10 %.
- 3 signaux confirmants : écart qui grimpe vers +10 %, valeur de reconstitution en baisse et expertises peu actualisées (art. 422-234), report à nouveau qui s'épuise.
- 3 indicateurs à croiser : taux d'occupation, collecte nette, file d'attente de retrait (seuil 10 % / 12 mois, art. L. 214-93).
- En 2026, au cas par cas : 14 SCPI ont baissé leur prix en 2025 pendant que 17 le montaient (ASPIM) — impossible de trancher sur une moyenne de marché, il faut ouvrir le rapport annuel de votre SCPI.
- Que faire : ne pas entrer au prix affiché, attendre l'ajustement, comparer, faire relire — puis décider sur l'horizon de 8 à 10 ans, jamais sur une ligne de comparateur.
Retenez la mécanique : deux chiffres relevés à la même date, un écart calculé, trois signaux croisés. Ce guide expose cette méthode et des définitions légales, jamais une recommandation, et une ligne « surcote » dans un comparateur ne vaut pas ordre d'achat ni de vente. La SCPI se garde 8 à 10 ans, le capital n'est pas garanti, les revenus non plus, et la revente peut coincer — on l'a vu avec les files d'attente de 2023-2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Une fois la surévaluation détectée, savoir si elle est dangereuse ou bénigne se joue dans le guide sur la surcote : danger ou situation normale — au besoin avec un CGP indépendant lors d'un bilan patrimonial.

