Aller au contenu principal
Aller au contenu principal

Déficit foncier pour impatrié à forte TMI : effacer l'impôt résiduel 2026

En tant qu'impatrié, vous bénéficiez du régime de l'article 155 B : prime exonérée, 50 % de vos revenus passifs étrangers défiscalisés. Mais le foncier français, lui, reste taxé au barème. Le déficit foncier permet d'imputer vos travaux sur le revenu global et d'effacer ce résiduel à une TMI de 41 ou 45 %, sans entamer votre plafond de niches.

10 700 €Imputable sur le revenu global / an
21 400 €Doublement rénovation énergétique (prorogé)
62,2 %Économie maximale à TMI 45 % + PS 17,2 %
10 ansReport de l'excédent sur revenus fonciers
Hagnéré Patrimoine

Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert

Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.

Non-résidentsFiscalité internationaleSans engagement
CC

Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale

Clément Chatelain accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.

Non-résidentsFiscalité internationaleCIF

À retenir en 30 secondes

  • L'impatrié est résident fiscal (art. 4 B CGI) : il impute son déficit foncier sur le revenu global jusqu'à 10 700 € (21 400 € en rénovation énergétique), là où l'expatrié non-résident s'en voit refuser le droit.
  • Le 155 B n'exonère pas le foncier français : ce résiduel reste taxé au barème (TMI 41/45 %) + PS 17,2 %. C'est exactement cette poche que le déficit foncier gomme.
  • Charge déductible, pas réduction d'impôt : le déficit foncier échappe au plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A CGI) et se cumule avec PER, Girardin et SCPI européennes.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres de cas pratiques sont illustratifs, non garantis, et un investissement immobilier ou financier comporte un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.

Qui rédige ce guide ?

Guide rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (statuts CIF, COA, COBSP, membre de la CNCEF Patrimoine, ORIAS n° 23002291), cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Bassens. Le cabinet accompagne régulièrement des cadres et dirigeants impatriés à forte rémunération sur l'articulation du régime 155 B avec les leviers de droit commun (déficit foncier, PER, SCPI, IFI). Sources mobilisées : CGI (art. 156, 155 B, 4 B, 964, 200-0 A), BOFiP, service-public.fr, loi de finances 2026 et LFSS 2026.

1. Pourquoi le déficit foncier est un levier puissant pour un impatrié à forte TMI

Oui. L'impatrié, résident fiscal français au sens de l'article 4 B du CGI, impute son déficit foncier sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (21 400 € en cas de rénovation énergétique, prorogé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances 2026), effaçant le résiduel foncier taxé au barème (TMI 41/45 %) + PS 17,2 % que le régime 155 B ne couvre pas. C'est précisément ce montage que nous structurons chez Hagnéré Patrimoine.

Imaginez un cadre arrivé de Londres ou de Singapour pour diriger une filiale française, rémunéré 250 000 € avec une prime d'impatriation exonérée. Il pense être « optimisé ». Puis arrive l'avis d'imposition : son salaire résiduel et, surtout, les loyers de l'appartement parisien qu'il a acheté tombent dans la tranche à 45 %, majorés des prélèvements sociaux à 17,2 %. La prime est exonérée, mais le foncier français, lui, ne l'est jamais. C'est cette poche oubliée — le résiduel taxé au barème — que le déficit foncier vient effacer.

Or les pages « déficit foncier » classiques ignorent l'impatrié, et leur unique section « non-résidents » vise l'expatrié — à qui l'imputation sur le revenu global est précisément refusée. De son côté, le guide pilier du régime 155 B exclut le déficit foncier de son périmètre. Personne, donc, ne traite l'intersection. C'est l'objet exclusif de cette page : impatrié résident × forte TMI. Pour le mécanisme général (travaux déductibles, déclaration 2044, fonctionnement détaillé), nous renvoyons à notre guide généraliste du déficit foncier ; pour le détail du régime impatrié, à notre guide pilier sur l'article 155 B.

Le pivot juridique : résident, donc imputation sur le revenu global

Tout repose sur une distinction de statut. L'impatrié arrive en France et y devient résident fiscal (art. 4 B CGI) ; il a donc accès à l'imputation du déficit foncier sur le revenu global, comme n'importe quel contribuable domicilié en France. L'expatrié ou le non-résident, lui, ne peut imputer son déficit que sur ses revenus fonciers de source française : l'imputation sur le revenu global lui est refusée (Conseil d'État 28 mars 2008 n° 271366 ; BOFiP BOI-IR-DOMIC-10-20-10). C'est ce qui fait du déficit foncier un levier spécifiquement intéressant pour l'impatrié.

Le résiduel que le régime 155 B ne couvre pas

Le régime impatrié exonère la prime d'impatriation (au réel ou au forfait de 30 % du net) et 50 % de certains revenus passifs de source étrangère. Mais il laisse intact tout le reste : le salaire non exonéré et, surtout, les revenus fonciers français, qui ne sont jamais couverts par le 155 B (BOFiP BOI-RSA-GEO-40). Ces loyers sont taxés au barème (TMI 41 ou 45 %) majorés des prélèvements sociaux à 17,2 %. Le déficit foncier vient gommer cette poche.

L'avantage propre à l'impatrié

L'impatrié est résident fiscal (art. 4 B CGI), donc il impute son déficit foncier sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € (21 400 € en rénovation énergétique). Ce droit, refusé à l'expatrié non-résident, transforme un investissement immobilier ancien à rénover en outil d'effacement direct du résiduel taxé au barème.

2. Comment ça marche : imputer les travaux sur le revenu global (10 700 €) ?

Tout l'intérêt, et tous les pièges, se logent dans le détail de l'imputation : c'est là que tout se joue. Le principe figure à l'article 156 du CGI. Le déficit foncier (le terme désigne simplement le moment où les charges d'un bien loué dépassent les loyers qu'il rapporte) naît lorsque les charges déductibles d'un bien loué nu — travaux, charges de copropriété, taxe foncière, intérêts d'emprunt — dépassent les loyers encaissés. La fraction de ce déficit qui ne provient pas des intérêts d'emprunt s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an. L'excédent au-delà de ce plafond, ainsi que la part issue des intérêts d'emprunt, se reportent 10 ans sur les seuls revenus fonciers.

Que devient chaque euro de déficit foncier (art. 156 CGI)
Composante du déficitImputationPlafond annuelReport
Déficit hors intérêts (travaux, charges)Revenu global10 700 € (21 400 € si rénovation énergétique)Excédent : 10 ans sur revenus fonciers
Part des intérêts d'empruntRevenus fonciers uniquement—10 ans sur revenus fonciers
Excédent au-delà du plafondRevenus fonciers—10 ans sur revenus fonciers

Le piège des intérêts d'emprunt

C'est là que beaucoup se trompent. Les intérêts d'emprunt s'imputent d'abord sur les loyers, et le déficit qu'ils génèrent ne descend jamais sur le revenu global. Seul le déficit issu des autres charges — au premier rang desquelles les travaux — bénéficie de l'imputation globale dans la limite du plafond. En pratique, ce qui compte pour effacer le résiduel, c'est la masse de travaux, pas le levier bancaire.

Ordre d'imputation à retenir

1) Les intérêts d'emprunt viennent en déduction des loyers. 2) Si un déficit subsiste après les intérêts, la part « intérêts » reste cantonnée aux revenus fonciers (report 10 ans). 3) Seule la part « hors intérêts » s'impute sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € (ou 21 400 €). Pour le détail des travaux déductibles, la déclaration 2044 et l'ensemble du mécanisme, voir notre guide complet du déficit foncier.

3. Le doublement passoires thermiques (21 400 €) : conditions 2026 ?

Pour un investisseur dont le foncier pèse lourd, un second plafond entre en jeu : celui de la rénovation énergétique, doublé à 21 400 €.

Pour les travaux de rénovation énergétique d'une passoire thermique (un logement énergivore classé E, F ou G au diagnostic de performance énergétique), le plafond d'imputation sur le revenu global est doublé à 21 400 € (article 156 du CGI, dispositif issu de la loi de finances rectificative pour 2022 – LFR 2022, art. 12, loi n° 2022-1499 du 1er décembre 2022). Ce doublement n'a pas expiré fin 2025 : il est prorogé par la loi de finances 2026 pour les dépenses de rénovation énergétique payées jusqu'au 31 décembre 2027.

Conditions du doublement à 21 400 € pour rénovation énergétique
ConditionDétail
DPE de départLe logement doit être classé E, F ou G (passoire thermique) avant travaux
DPE d'arrivéeLe logement doit atteindre une classe A, B, C ou D après travaux
JustificatifsDeux DPE (avant et après travaux) à conserver et fournir à l'administration
Nature de la locationLocation nue (revenus fonciers)
Usage du logementLogement loué nu à usage de résidence principale du locataire
Fenêtre de paiementDépenses de rénovation énergétique payées jusqu'au 31/12/2027

Nuance d'expert : un doublement à arbitrer

Le doublement à 21 400 € n'est pas toujours mécaniquement supérieur au déficit ordinaire : les commentaires administratifs publiés par l'administration le 16 septembre 2025 confirment son caractère optionnel (le contribuable choisit ou non de l'appliquer lors du dépôt de sa déclaration des revenus fonciers n° 2044), et dans certaines configurations il peut s'avérer moins favorable qu'une imputation classique étalée. À arbitrer au cas par cas avec un conseiller.

Point d'attention IFI : le bien rénové est en France

Le bien ancien que vous rénovez est situé en France : il entre donc dans l'assiette de l'IFI français. Or l'impatrié bénéficie d'une fenêtre IFI de 5 ans (art. 964 CGI) qui exclut temporairement de l'assiette ses immeubles situés hors de France. Le bien français à rénover, lui, est bien imposable. C'est pourquoi le déficit foncier et les SCPI européennes (immobilier hors France, hors assiette IFI les 5 premières années) sont complémentaires et non concurrents.

4. L'intérêt précis pour l'impatrié : effacer le résiduel taxé au barème

Prenons un impatrié à forte rémunération. Sa prime est exonérée, une partie de ses revenus passifs étrangers aussi ; mais son salaire résiduel et ses loyers français sont taxés à la tranche marginale la plus haute. Sur un foncier net positif, l'addition est lourde : barème à 41 ou 45 %, plus les prélèvements sociaux à 17,2 %. C'est tout cet impôt résiduel que le déficit foncier vient annuler.

Économie procurée par l'imputation du déficit foncier

Économie = Montant imputé × (TMI + PS sur le foncier effacé)

À TMI 45 % et PS 17,2 % :
  Taux d'effacement maximal = 45 % + 17,2 % = 62,2 %

Exemple : 21 400 € imputés sur le revenu global
  Économie d'IR (barème)   = 21 400 × 45 %    ≈ 9 630 €
  + neutralisation des PS 17,2 % sur le foncier qui aurait été taxable

Le taux de 62,2 % combine la tranche marginale (barème) et les prélèvements sociaux à 17,2 % qui frappent les revenus fonciers. L'imputation sur le revenu global économise d'abord la TMI ; en parallèle, le déficit neutralise le revenu foncier net qui aurait supporté 17,2 % de PS. Chiffres illustratifs, non garantis. Source : art. 156 et 200-0 A CGI ; service-public.fr F2329 pour les PS.

Pour mémoire, la tranche à 45 % du barème 2026 vise la fraction de revenu imposable par part dépassant 181 917 € (la tranche à 41 % s'appliquant en deçà), conformément au barème indexé de la loi de finances 2026. Un impatrié bien rémunéré se situe donc fréquemment dans la tranche supérieure, ce qui maximise le rendement fiscal de chaque euro de déficit imputé.

Ne pas empiler deux déductions à vide

Un point de méthode essentiel : il ne faut déduire que contre du revenu taxable. Déduire un déficit foncier ou un versement PER contre un revenu déjà exonéré par le 155 B ne sert à rien. Le déficit foncier cible naturellement la bonne base (le foncier et le revenu global taxables), tandis que le PER cible le salaire résiduel taxable. Les deux se complètent, à condition de calibrer les montants sur la part réellement imposée.

Cas particulier : affilié à un régime social UE/EEE/Suisse

Un impatrié resté affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse est exonéré de CSG/CRDS : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû sur ses revenus fonciers français (jurisprudence de Ruyter consacrée par la LFSS 2019, CSS L. 136-6 I ter pour les revenus fonciers). Cela reste un cas particulier : l'impatrié pleinement résident et affilié en France supporte les PS au taux de 17,2 %. La qualité d'affiliation reste à apprécier selon votre situation individuelle.

5. Quels travaux, quelle imputation, quel report (10 ans) ?

Le détail des travaux déductibles (réparation, entretien, amélioration — par opposition aux travaux de construction, reconstruction ou agrandissement, non déductibles) relève du mécanisme général : nous renvoyons à notre guide généralistepour éviter toute redite. Pour l'impatrié, retenez trois points.

  • Imputation annuelle : 10 700 € (ou 21 400 € en rénovation énergétique) du déficit hors intérêts s'impute sur le revenu global.
  • Report : l'excédent et la part des intérêts d'emprunt se reportent 10 ans sur les revenus fonciers.
  • Engagement de location : le bien doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant celle de l'imputation, sous peine de reprise de l'avantage (art. 156 CGI ; BOFiP BOI-RFPI-BASE-30-20).

Le report 10 ans survit à la sortie du régime (année 9)

Le report de déficit foncier n'est pas lié au régime 155 B — un détail que beaucoup d'impatriés ignorent. Il survit à la sortie du régime à l'année 9, ce moment où l'impatrié bascule au droit commun et voit l'ensemble de ses revenus redevenir pleinement taxables. Un déficit reporté constitue alors une réserve précieuse pour lisser le mur fiscal de l'année 9en effaçant des revenus fonciers devenus plus lourds. Planifier ses travaux en fin de régime peut ainsi prolonger l'avantage au-delà de la fenêtre d'exonération.

Hagnéré Patrimoine

Forte TMI résiduelle et goût pour l'immobilier ?

Le déficit foncier peut effacer votre impôt résiduel d'impatrié tout en valorisant un bien ancien à rénover. On chiffre votre cas : combien le déficit foncier efface réellement, et comment l'articuler avec PER, SCPI européennes et fenêtre IFI.

Déficit foncierRégime impatrié 155 BForte TMI

6. Cumuler le déficit foncier avec d'autres dispositifs

Le déficit foncier n'est pas un levier isolé : il devient vraiment puissant intégré à une stratégie d'ensemble, aux côtés des autres outils propres à l'impatrié. Reste une question décisive : consomme-t-il, ou non, le plafond des niches ?

Peut-on l'empiler sur ses autres leviers ? Oui — et c'est précisément là qu'il se distingue. Le déficit foncier est une charge déductible du revenu, et non une réduction ou un crédit d'impôt. À ce titre, il échappe au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € de l'article 200-0 A du CGI. Il se cumule donc librement avec les dispositifs qui, eux, sont logés dans ce plafond.

Architecture de l'impatrié sur 8 ans : 4 leviers complémentaires
LevierNaturePlafond des niches ?Cible visée
Déficit foncierCharge déductibleHORS plafondRésiduel foncier / global au barème
PERDéduction du revenu imposableHORS plafondSalaire résiduel taxable
Girardin industrielRéduction d'impôt one-shotDans le plafond porté à 18 000 €Impôt sur le revenu de l'année
SCPI européennesRevenus fonciers étrangers—Foncier hors France / optimisation IFI

Concrètement, on assemble quatre briques : le déficit foncier efface le résiduel foncier et une partie du revenu global au barème ; le PER déduit le salaire résiduel taxable (art. 163 quatervicies CGI) ; le Girardin industriel apporte une réduction one-shot dans le plafond porté à 18 000 € ; et les SCPI européennes diversifient sur de l'immobilier hors France, hors assiette IFI pendant la fenêtre de 5 ans. Pour une vue d'ensemble de la combinaison régime + défiscalisation, voir notre guide optimisation fiscale de l'impatrié et notre panorama où investir en tant qu'impatrié en 2026.

La règle d'or de l'articulation

Ne jamais déduire contre du revenu déjà exonéré par le 155 B. On calibre chaque levier sur la base réellement taxée : déficit foncier sur le foncier et le revenu global, PER sur le salaire résiduel. Empiler sans logique conduit à « gaspiller » des déductions qui ne rencontrent aucun impôt à effacer.

Pour aller plus loin sur chaque brique

Chaque levier a son guide dédié dans notre cocon impatrié, pour éviter toute redite ici : le Girardin industriel pour impatrié (réduction one-shot), le PER de l'impatrié (déductibilité du résiduel taxable), les SCPI françaises vs européennes (foncier hors France et fenêtre IFI), et la vue d'ensemble dans où investir en tant qu'impatrié en 2026.

7. Cas chiffré : un impatrié à 45 % de TMI

Deux cas concrets valent mieux qu'un long développement : voici ce que le levier donne, et là où il s'arrête. Toutes les valeurs sont illustratives et non garanties ; un investissement immobilier comporte un risque (vacance locative, dépassement de budget travaux, évolution du marché). Rappel de la dualité 2026 : les prélèvements sociaux sur le foncier sont à 17,2 % (et non 18,6 %, taux qui vise les dividendes, intérêts et plus-values mobilières).

Note de méthode sur les cas chiffrés

Les deux scénarios ci-dessous isolent volontairement l'effet du déficit foncier pour le rendre lisible : ils ne tiennent pas compte de l'ensemble de votre foyer fiscal (quotient familial, autres revenus, CEHR/CDHR éventuelles), ni des frais d'acquisition et de gestion du bien. Ce sont des illustrations pédagogiques, non garanties, qui ne préjugent pas de votre situation réelle. Seule une modélisation individuelle, à partir de votre avis d'imposition, donne le gain net effectif.

Cas A — passoire à rénover, doublement à 21 400 €

Hypothèses : loyers bruts 6 000 €, intérêts d'emprunt 4 000 €, travaux de rénovation énergétique 33 000 € (DPE F → C), TMI 45 %, PS 17,2 %, doublement passoire exercé.

Cas A — cascade de l'imputation (illustratif, non garanti)
ÉtapeCalculRésultat
1. Intérêts imputés sur les loyers6 000 − 4 0002 000 € de loyers restants
2. Travaux absorbant les loyers restants33 000 − 2 00031 000 € de déficit hors intérêts
3. Imputation sur le revenu globalPlafond doublé passoire21 400 € imputés
4. Excédent reportable 10 ans31 000 − 21 4009 600 € (sur revenus fonciers futurs)
5. Économie d'IR (barème)21 400 × 45 %≈ 9 630 €

Bilan : environ 9 630 € d'impôt sur le revenu économisé sur l'année, plus 9 600 € de déficit en réserve (reportable 10 ans), le tout hors plafond des niches — donc cumulable avec un Girardin ou un FCPI dans leur propre plafond. Le bien gagne par ailleurs en valeur et monte en classe énergétique.

Cas B — location nue classique, déficit ordinaire

Hypothèses : loyers bruts 12 000 €, intérêts d'emprunt 3 000 €, travaux 18 000 €, TMI 45 %, sans doublement.

Cas B — cascade de l'imputation (illustratif, non garanti)
ÉtapeCalculRésultat
1. Intérêts imputés sur les loyers12 000 − 3 0009 000 € de loyers restants
2. Travaux absorbant les loyers restants18 000 − 9 0009 000 € de déficit hors intérêts
3. Imputation sur le revenu global9 000 < 10 700 (plafond)9 000 € imputés en totalité
4. Économie d'IR (barème)9 000 × 45 %= 4 050 €

Bilan : 4 050 € d'impôt économisé, déficit entièrement imputé sous le plafond (pas de report), avec l'engagement de location de 3 ans à respecter. Sur les années suivantes, le déficit aura aussi neutralisé les PS à 17,2 % qui auraient frappé un foncier net positif.

Lecture CGP des deux cas

Le doublement passoire (cas A) frappe fort la première année et laisse une réserve reportable ; le déficit ordinaire (cas B) est plus simple et purge l'avantage en une fois. Le bon choix dépend du montant de travaux, du DPE de départ et de l'horizon. Ces montants sont des illustrations pédagogiques : ils ne préjugent pas de votre situation réelle, qui doit être modélisée individuellement.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le déficit foncier pour impatrié

Oui. L'impatrié est résident fiscal français au sens de l'article 4 B du CGI : il bénéficie donc de l'imputation du déficit foncier sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (21 400 € en cas de rénovation énergétique), contrairement à l'expatrié non-résident à qui ce droit est refusé (Conseil d'État 28 mars 2008 n° 271366). C'est l'avantage que lui confère, justement, son statut de résident.

L'expatrié ou le non-résident ne peut imputer son déficit foncier que sur ses revenus fonciers français, jamais sur le revenu global (BOFiP BOI-IR-DOMIC-10-20-10). L'impatrié, qui est résident, profite au contraire de l'imputation sur le revenu global. Confondre les deux régimes est l'erreur classique.

Non. Le régime impatrié de l'article 155 B exonère la prime d'impatriation et 50 % de certains revenus passifs de source étrangère, mais le foncier français reste taxé au barème progressif plus les prélèvements sociaux à 17,2 % : un résiduel que le déficit foncier permet justement d'effacer.

Le plafond d'imputation sur le revenu global est de 10 700 € par an en droit commun. Il est porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique d'une passoire thermique (article 156 du CGI). L'excédent au-delà du plafond et la part des intérêts d'emprunt se reportent 10 ans sur les seuls revenus fonciers.

Oui, le dispositif n'a pas expiré fin 2025 : il est prorogé par la loi de finances 2026 pour les dépenses de rénovation énergétique payées jusqu'au 31 décembre 2027. Conditions cumulatives : diagnostic de performance énergétique passant d'une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D, deux DPE justificatifs, location nue à usage de résidence principale du locataire.

Chaque euro imputé économise la tranche marginale d'imposition (jusqu'à 45 %) et, sur le revenu foncier ainsi effacé, les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit jusqu'à 62,2 % au total. À titre illustratif et non garanti : 21 400 € imputés représentent environ 9 630 € d'impôt sur le revenu économisé sur l'année.

Non. La fraction du déficit issue des intérêts d'emprunt s'impute uniquement sur les revenus fonciers et se reporte 10 ans, jamais sur le revenu global (article 156 du CGI). Seul le déficit issu des autres charges, dont les travaux, descend sur le revenu global dans la limite du plafond.

Non. Le déficit foncier est une charge déductible du revenu, pas une réduction ou un crédit d'impôt : il échappe au plafonnement global des niches de 10 000 € de l'article 200-0 A du CGI. Il est donc cumulable avec le PER, le Girardin industriel ou un FCPI, chacun dans son propre plafond.

Oui. Pour conserver le bénéfice de l'imputation sur le revenu global, le logement doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle de l'imputation, sous peine de remise en cause (reprise) de l'avantage (article 156 du CGI ; BOFiP BOI-RFPI-BASE-30-20).

Oui. Le déficit foncier, hors plafond des niches, se cumule avec le PER (déduction du revenu imposable au titre de l'article 163 quatervicies) et le Girardin industriel (réduction one-shot, plafond porté à 18 000 €). L'architecture doit être calibrée pour ne pas déduire contre un revenu déjà exonéré par le 155 B.

Le bien français à rénover entre dans l'assiette de l'IFI ; les SCPI européennes, qui détiennent de l'immobilier hors de France, en sont temporairement exclues pendant les 5 premières années de l'impatriation (article 964 du CGI). Les deux leviers sont complémentaires et non exclusifs : l'un efface du résiduel barème, l'autre optimise l'IFI.

Le report de 10 ans n'est pas lié au régime 155 B : il survit à la sortie du régime impatrié à l'année 9 et peut être utilisé pour lisser le mur fiscal en effaçant les revenus fonciers à venir, devenus pleinement taxables après la fin de l'exonération.