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Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Un impatrié a-t-il intérêt à ouvrir un PER ?
- 2. Le principe : déduire ses versements du revenu imposable
- 3. Le plafond de déduction (10 %, 8 PASS) et le cumul des plafonds
- 4. L'atout méconnu : le triple plafond de l'impatrié
- 5. La subtilité impatrié : déduire contre le taxable, pas l'exonéré
- 6. La sortie à la retraite : capital, rente et fiscalité
- 7. PER et mobilité internationale : que se passe-t-il si vous repartez ?
- 8. PER ou assurance-vie luxembourgeoise pour l'impatrié ?
- 9. Cas chiffré : un impatrié à 350 000 € optimise son PER
- 10. Les 3 choses à retenir
- FAQ — 12 questions qui reviennent en cabinet
À retenir en 30 secondes
- Le PER déduit jusqu'à 10 % de vos revenus pro nets : plancher 4 710 €, plafond 37 680 € en 2026 (art. 163 quatervicies du CGI).
- Règle d'or impatrié : déduire contre le revenu RÉSIDUEL taxable (salaire non exonéré, foncier français), jamais contre la prime déjà exonérée par l'article 155 B.
- Triple plafond d'arrivée : l'article 163 quatervicies I-2-b offre un plafond complémentaire ×3 aux non-domiciliés les 3 années précédentes — espace de déduction large dès l'installation.
- Intérêt réel : surtout si votre TMI résiduelle est à 41 % ou 45 %. À 30 % ou moins, arbitrez avec d'autres leviers.
- Prélèvements sociaux du PER : 18,6 % sur les gains à la sortie (à ne pas confondre avec 17,2 % sur l'assurance-vie et le foncier).
- Sortie en capital : barème de l'IR sur les versements déduits + PFU 31,4 % sur les gains.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres et cas pratiques sont illustratifs, non garantis, et un investissement comporte un risque de perte en capital. La fiscalité mentionnée dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer (notamment les lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
Mis à jour le 30 juin 2026 — Références légales mobilisées
Guide rédigé selon la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et l'état du droit au 30 juin 2026.
- Code général des impôts : art. 163 quatervicies (déduction des versements d'épargne retraite — y compris le plafond complémentaire I-2-b des impatriés) ; art. 155 B (régime des impatriés — exonération de la prime et de 50 % de certains revenus passifs étrangers) ; art. 154 bis (épargne retraite des travailleurs non salariés) ; art. 197 (barème de l'IR) ; art. 200-0 A (plafonnement global des avantages fiscaux — dont le PER est exclu en tant que charge déductible).
- Code monétaire et financier : art. L. 224-1 et suivants (plan d'épargne retraite, conditions de blocage et de déblocage anticipé).
- Paramètres 2026 : PASS 2026 = 48 060 € ; plafond de déduction salarié 2026 = 37 680 € (10 % de 8 PASS 2025), plancher 4 710 € ; barème de l'IR (TMI 41 % puis 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part).
- Nouveautés 2026 : report des plafonds non utilisés porté de 3 à 5 ans pour les droits nés à compter du 1er janvier 2026 (LF 2026) ; relèvement de la CSG portant les prélèvements sociaux du PER à 18,6 % (LFSS 2026).
- Doctrine administrative : BOFiP BOI-IR-BASE-20-50-20 (plafond de déduction épargne retraite) ; BOI-RSA-GEO-40 (régime des impatriés) ; BOI-RSA-PENS-30 (imposition des prestations PER) ; impots.gouv.fr (fiche PER individuel).
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1. Un impatrié a-t-il intérêt à ouvrir un PER ?
Oui, un impatrié a souvent intérêt à ouvrir un PER : il déduit jusqu'à 10 % de ses revenus professionnels nets (plafond 37 680 € en 2026, art. 163 quatervicies du CGI) de son revenu imposable. Mais Hagnéré Patrimoine insiste sur la règle d'or : la déduction ne rapporte que sur le revenu RÉSIDUEL taxable — c'est-à-dire la part de votre salaire qui reste imposée, à votre taux marginal d'imposition(la TMI, le taux qui frappe votre dernière tranche de revenu, 41 ou 45 %) — jamais sur la prime déjà exonérée par l'article 155 B.
C'est tout le contre-intuitif de votre situation, et l'erreur que nous voyons revenir le plus souvent en rendez-vous. Un cadre impatrié qui gagne 350 000 € « voit » la tranche à 45 % et se dit qu'un versement PER va lui faire économiser près de la moitié. Sauf que sa prime d'impatriation, sa fraction « activité à l'étranger » et la moitié de ses revenus passifs étrangers sont déjà sortis de l'assiette imposable. Le piège : verser au PER « parce que je gagne beaucoup » et déduire dans le vide, c'est-à-dire contre un revenu qui n'était de toute façon pas imposé. Le reste de cette page vous donne la méthode pour calibrer votre versement sur le bon revenu — celui qui reste taxé — et en tirer l'économie maximale, plafonds et triple plafond d'arrivée compris.
Cette page approfondit uniquement le PER de l'impatrié. Pour le cadre général du régime (conditions, prime d'impatriation, exonération de 50 % des revenus passifs, fenêtre IFI de 5 ans, durée de 8 ans), reportez-vous au guide pilier du régime des impatriés (article 155 B). Attention aussi à ne pas confondre votre situation avec celle traitée par notre guide PER et expatriation : l'impatrié ARRIVE en France et y devient résident fiscal, l'expatrié PART travailler à l'étranger. Deux audiences, deux logiques fiscales.
Pourquoi l'exonération 155 B change la donne
Le régime de l'article 155 B retire de votre revenu imposable plusieurs blocs : la prime d'impatriation (au réel, ou au forfait de 30 % du net réservé aux recrutements directs depuis l'étranger), la fraction de rémunération correspondant à l'activité exercée à l'étranger, et 50 % de certains revenus passifs de source étrangère (dividendes, intérêts, plus-values mobilières, redevances) lorsque l'État de la source a conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative. Conséquence directe : votre TMI réelle, calculée sur le revenu résiduel, peut être nettement plus basse que ce que votre rémunération brute laisse penser.
La question à se poser AVANT de verser
Ne demandez pas « combien je gagne ? » mais « quelle est ma TMI sur le revenu qui RESTE imposable après l'exonération 155 B ? ». Si la réponse est 41 % ou 45 %, le PER devient un levier très efficace. Si elle est de 30 % ou moins, l'économie est plus modeste et il faut comparer avec d'autres outils avant de bloquer votre épargne jusqu'à la retraite.
2. Le principe : déduire ses versements du revenu imposable (art. 163 quatervicies)
Le PER fonctionne par déduction : les sommes versées sur votre plan sortent de votre revenu net global imposable, dans la limite d'un plafond annuel. L'économie d'impôt qui en résulte est égale au montant versé multiplié par votre taux marginal d'imposition (TMI). Plus votre TMI est haute, plus chaque euro versé « rapporte » en impôt évité.
Point crucial pour la stratégie : le PER ouvre droit à une charge déductible, et non à une réduction ou un crédit d'impôt. Il échappe donc au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an(art. 200-0 A du CGI). C'est un avantage décisif par rapport aux dispositifs de réduction d'impôt comme le Girardin ou les FCPI : le PER se cumule avec eux sans rogner ce plafond.
Économie d'impôt = versement × TMI
| TMI applicable | Économie d'impôt | Effort net d'épargne |
|---|---|---|
| 0 % | 0 € | 10 000 € |
| 11 % | 1 100 € | 8 900 € |
| 30 % | 3 000 € | 7 000 € |
| 41 % | 4 100 € | 5 900 € |
| 45 % | 4 500 € | 5 500 € |
À 45 %, verser 10 000 € ne vous coûte réellement que 5 500 € d'effort d'épargne : l'impôt évité paie les 4 500 € restants. À 0 %, l'opération n'a aucun intérêt fiscal — et c'est précisément la situation dans laquelle se trouve la part de votre revenu déjà exonérée par le 155 B. Pour aller plus loin sur ce mécanisme, consultez notre guide dédié à l'effet de levier du PER selon votre TMI ainsi que le guide pilier du PER.
3. Le plafond de déduction (10 % des revenus pro, 8 PASS) et le cumul des plafonds
Pour un salarié ou un dirigeant assimilé salarié, le plafond de déduction est égal à 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, retenus dans la limite de 8 PASS. En 2026, cela donne un plafond maximal de 37 680 € (10 % de 8 PASS 2025) et un plancher de 4 710 €(10 % du PASS 2025) pour ceux qui ont peu ou pas de revenus professionnels. Le PASS 2026 s'établit à 48 060 € et servira de base au calcul du plafond de l'année suivante.
Si vous exercez en parallèle une activité indépendante, un plafond spécifique au titre de l'article 154 bis peut s'appliquer (jusqu'à environ 88 911 €), mais ce cas reste minoritaire chez l'impatrié salarié et obéit à ses propres règles de calcul.
Report des plafonds non utilisés : 5 ans (et non plus 3) depuis 2026
Lorsque vous n'utilisez pas tout votre plafond une année, le reliquat se reporte. La loi de finances pour 2026 a porté ce report de 3 à 5 ans, mais uniquement pour les droits nés à compter du 1er janvier 2026. Les plafonds non consommés des années 2023 à 2025 restent, eux, soumis au report de 3 ans (régime transitoire). Concrètement, un impatrié qui arrive avec des plafonds vierges dispose d'une réserve de déduction qui s'accumule sur plusieurs exercices.
Mutualisation avec le conjoint
Pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, les plafonds des deux conjoints peuvent être mutualisés via la case 6QR de la déclaration 2042. La déduction s'impute alors sur le revenu au TMI le plus élevé du foyer, ce qui maximise l'économie. Notez enfin que, pour les versements effectués à compter du 1er janvier 2026 (loi de finances 2026), les sommes versées après 70 ans ne sont plus déductibles : ce point concerne rarement l'impatrié en activité, mais mérite d'être anticipé dans une stratégie de long terme.
| Paramètre | Valeur 2026 |
|---|---|
| Taux | 10 % des revenus pro nets |
| Plancher | 4 710 € |
| Plafond | 37 680 € |
| Report des plafonds non utilisés | 5 ans (droits nés à compter de 2026 ; 3 ans pour 2023-2025) |
| Mutualisation conjoint / partenaire | Oui (case 6QR de la 2042) |
| Soumis au plafond des niches (10 000 €) | Non (charge déductible) |
Pour le détail du calcul de votre plafond personnel (lignes de l'avis d'imposition, reliquats reportables), reportez-vous à notre guide calcul détaillé du plafond PER 2026.
4. L'atout méconnu : le triple plafond complémentaire de l'impatrié (art. 163 quatervicies I-2-b)
Peu de cadres impatriés le savent : l'article 163 quatervicies I-2-b leur accorde un plafond complémentaire égal à trois fois le plafond annuel de déduction, réservé aux personnes qui n'étaient pas domiciliées fiscalement en France au cours des trois années civiles précédantcelle de leur domiciliation. Or l'impatrié, par définition, n'était pas résident français les années précédant son installation : il remplit donc cette condition.
Ce plafond complémentaire vise précisément les personnes qui s'installent en France sans avoir accumulé de droits à déduction sur le territoire les années passées. Il s'applique au titre de la seule année de la domiciliation en France(BOFiP BOI-IR-BASE-20-50-20) et se calcule, par exception, sur les revenus de cette année d'installation. C'est donc un bonus « one-shot » de l'année d'arrivée, et non un avantage reconductible chaque année.
Ne pas confondre triple plafond et report 5 ans
Le report de 5 ans recycle vos plafonds passés non consommés. Le triple plafond I-2-best tout autre chose : un BONUS d'arrivée octroyé pour la seule année d'installation parce que vous étiez non-résident. Attention : vous ne disposez d'aucun reliquat reportable des années où vous n'étiez pas domicilié en France. Il n'y a donc pas de cumul « triple plafond + reports antérieurs » ; en revanche, les plafonds non consommés à partir de l'année d'arrivée restent reportables pour les années suivantes, dans le respect des limites légales.
Levier propre à l'impatrié (illustratif)
Sur la base d'un plafond annuel de l'ordre de 37 680 €, le plafond complémentaire ×3 représente environ 113 040 € d'espace de déduction supplémentaire l'année d'arrivée — sous réserve de vos revenus réels et du PASS applicable. En couple, chaque conjoint dispose de son propre triple plafond : l'espace de déduction du foyer peut alors être très large dès l'installation. Ces montants sont illustratifs et doivent être confirmés au regard de vos revenus effectifs et des plafonds en vigueur.
Le guide pilier du régime 155 Bévoque ce plafond ×3 en survol ; nous en détaillons ici le mécanisme exact, car c'est l'un des rares avantages PER réellement spécifiques à votre statut.
5. La subtilité impatrié : déduire contre le revenu TAXABLE, pas contre l'exonéré
C'est l'erreur la plus coûteuse que nous corrigeons en cabinet. La déduction PER s'impute sur votre revenu net global imposable. Or la prime d'impatriation, la fraction « activité à l'étranger » et la moitié de vos revenus passifs étrangers exonérés ne font déjà plus partiede cette assiette. Déduire un versement « contre » ces revenus, c'est déduire contre du vide : l'économie est nulle, puisque ce revenu n'est de toute façon pas imposé.
La déduction ne crée de l'économie que sur le résiduel imposable : votre salaire non exonéré, vos revenus fonciers français(que le 155 B n'exonère pas), et la part non exonérée de vos revenus passifs. C'est sur ce périmètre, et lui seul, que se calcule le rendement fiscal de votre versement.
Rendement fiscal réel du versement PER
Économie d'IR = Versement × TMI du revenu RÉSIDUEL imposable
- Versement :montant placé sur le PER, dans la limite des plafonds
- TMI résiduelle :taux marginal appliqué au revenu NON exonéré (41 % ou 45 % pour un impatrié à forte rémunération)
Sur la part déjà exonérée par l'article 155 B, l'économie est nulle : ce revenu n'est pas imposé, donc le déduire ne réduit aucun impôt.
En pratique, on calibre le versement sur l'assiette résiduelle imposable, pas sur la rémunération brute. Un impatrié dont 60 % du revenu est exonéré n'a aucun intérêt à verser comme s'il était imposé sur la totalité. À l'inverse, si votre revenu résiduel reste massivement taxé à 45 % — par exemple à cause de revenus fonciers français importants — le PER devient un outil de premier ordre, qui peut se combiner avec d'autres leviers sur ce même résiduel comme le déficit foncier de l'impatrié ou les pistes détaillées dans notre guide impatrié : où investir et réduire l'impôt résiduel.
Le piège à éviter
« Je gagne 350 000 €, donc je verse le maximum au PER » : c'est le raisonnement qui fait perdre de l'argent. Si 60 % de ce revenu est exonéré par le 155 B, une partie de votre versement déduit « tombe » sur une assiette nulle. Vérifiez d'abord votre TMI résiduelle, puis calibrez le versement sur le revenu réellement imposé. C'est tout l'objet d'un calcul personnalisé.
6. La sortie à la retraite : capital, rente et fiscalité
Le PER est un report d'imposition, pas une exonération définitive : ce que vous économisez à l'entrée sera repris, en partie, à la sortie. Tout l'intérêt se joue sur un écart de TMI : vous déduisez aujourd'hui à 45 %, vous récupérez demain, à la retraite, à 30 % ou moins. C'est ce différentiel qui crée le gain.
Sortie en capital
Pour les versements qui ont été déduits à l'entrée, la sortie en capital se décompose en deux parts. La part correspondant aux versements est imposée au barème de l'impôt sur le revenu (catégorie pension, sans abattement de 10 % et sans PFU). La part correspondant aux gains est imposée au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %(12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), avec option possible pour le barème. Si vous aviez choisi de ne PAS déduire certains versements (case 6PN), ces versements ressortent en franchise d'IR : seuls leurs gains sont taxés.
Sortie en rente
La sortie en rente viagère est imposée comme une pension (barème après abattement de 10 %) et supporte les prélèvements sociaux sur la fraction soumise au régime des rentes viagères à titre onéreux selon votre âge au premier versement. Le choix entre capital et rente dépend de vos besoins de liquidité et de votre fiscalité projetée : notre guide sortie du PER en capital ou en rente détaille les deux options.
| Composante | Imposition | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Capital — part « versements déduits » | Barème de l'IR (sans abattement 10 %) | Aucun |
| Capital — part « gains » | PFU 12,8 % (ou option barème) | 18,6 % |
| Rente — versements déduits | Barème de l'IR après abattement 10 % | RVTG selon l'âge |
Lisser le « mur fiscal » de l'année 9
Le régime 155 B prend fin au 31 décembre de la 8e année : l'année 9 marque le retour au droit commun, souvent vécu comme un mur fiscal. Le PER est un excellent amortisseur : déduisez fortement pendant la fenêtre exonérée (TMI 41/45 %), puis récupérez plus tard à une TMI plus basse à la retraite. Vous lissez ainsi l'imposition de part et d'autre de la sortie du régime. Pour préparer cette transition, voyez notre guide préparer l'année 9 sans choc fiscal.
Garde-fou prélèvements sociaux
En 2026, les gains du PER supportent 18,6 %de prélèvements sociaux, et non 17,2 %. Le taux de 17,2 % reste réservé à l'assurance-vie, aux revenus fonciers et aux plus-values immobilières. Confondre les deux fausse tout calcul de rendement net.
7. PER et mobilité internationale future : que se passe-t-il si vous repartez ?
Beaucoup d'impatriés repartent : nouvelle affectation, retour au pays d'origine, retraite ailleurs. Premier réflexe rassurant : partir ne casse pas le différé fiscal du PER, qui reste acquis même si vous quittez la France. Mais la fiscalité applicable au moment de la sortie — rachat ou rente — dépend alors de la convention fiscale conclue entre la France et votre futur pays de résidence, qui détermine quel État a le droit d'imposer ces sommes. Il n'existe aucune règle universelle ni aucune exonération automatique : chaque destination doit faire l'objet d'un audit nominatif.
Avant de signer, vérifiez deux choses. D'abord, l'assureur accepte-t-il de conserver un titulaire devenu non-résident ? Certains contrats l'excluent et imposent un transfert (les frais de transfert sont désormais plafonnés à 1 % par le décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024). Ensuite, si votre mobilité est probable à court terme, une enveloppe plus souple peut être préférable.
Avant d'ouvrir un PER si vous êtes re-mobile
- Convention fiscale du pays cible : qui imposera vos rachats ou votre rente ? À vérifier pays par pays.
- Acceptation des non-résidents par l'assureur, sous peine de transfert (frais plafonnés à 1 %).
- Alternative : l'assurance-vie luxembourgeoise pour sa portabilité et sa neutralité fiscale en cas de redépart.
Rappel de cadrage : vous êtes ici impatrié, donc résident fiscal français (art. 4 B du CGI). Le scénario inverse — celui d'un résident français qui part s'installer durablement à l'étranger avec son PER — est traité dans notre guide PER et expatriation, à consulter uniquement si et quand vous basculerez dans cette situation.
8. PER ou assurance-vie luxembourgeoise pour l'impatrié ?
Posée en « PER contre AV lux », la question est mal posée : les deux ne jouent pas sur le même terrain et se cumulent très bien. Le PER offre une déduction à l'entrée mais bloque l'épargne jusqu'à la retraite (sauf cas légaux de déblocage anticipé). L'assurance-vie luxembourgeoise n'offre aucune déduction, mais apporte liquidité, neutralité fiscale et portabilité— des atouts qui comptent le jour où une mutation vous renvoie à l'étranger.
| Critère | PER | AV luxembourgeoise |
|---|---|---|
| Déduction à l'entrée | Oui (art. 163 quatervicies) | Non |
| Disponibilité avant la retraite | Bloqué (sauf cas légaux) | Liquide à tout moment |
| Intérêt pour l'impatrié re-mobile | Selon convention au redépart | Portabilité et neutralité |
| Prélèvements sociaux des gains à la sortie | 18,6 % | Cadre AV : 17,2 % |
| Profil cible | Forte TMI résiduelle, horizon retraite | Mobilité, liquidité, transmission |
En pratique, on cumule les deux : le PER efface le résiduel taxé à 45 % tant que dure la fenêtre 155 B, l'assurance-vie luxembourgeoise prend le relais pour la souplesse et la mobilité. Pour approfondir, voyez notre guide PER ou assurance-vie : comment arbitrer, le guide pilier de l'assurance-vie luxembourgeoise et, spécifiquement pour votre statut, l'assurance-vie luxembourgeoise pour l'impatrié.
Quel mix PER / assurance-vie pour votre profil ?
Le bon arbitrage dépend de votre TMI résiduelle, de votre horizon et de votre probabilité de mobilité. Hagnéré Patrimoine modélise les deux scénarios chiffrés et vous remet une recommandation claire.
9. Cas chiffré : un impatrié à 350 000 € optimise son PER
Deux cas opposés valent mieux qu'un long discours : ils montrent que c'est la TMI résiduelle, et non la rémunération brute, qui décide de tout. Les hypothèses sont explicites et les chiffres illustratifs.
Cas principal — Marc, impatrié à 350 000 €
Marc a été recruté directement depuis l'étranger par un groupe français. Sa rémunération imposable de référence est de 350 000 €. Sa prime d'impatriation au forfait de 30 % du net atteint environ 105 000 €, exonérés : il reste donc 245 000 € de salaire résiduel imposable. Célibataire (1 part), il est très au-delà du seuil de la tranche à 45 % (environ 181 917 € par part) : sa TMI résiduelle est de 45 %. Le PER est ici pleinement efficace.
Marc — versement du plafond annuel salarié 2026
Économie d'IR = 37 680 € × 45 % = 16 956 € Effort net d'épargne = 37 680 € − 16 956 € = 20 724 €
Pour 20 724 € d'effort réel, Marc loge 37 680 € sur son PER. Le rendement fiscal immédiat ressort à 45 %.
Marc peut aller plus loin la seule année de son arrivée : parce qu'il s'installe en France, il bénéficie cette année-là du triple plafond complémentaire (art. 163 quatervicies I-2-b). En mobilisant ce one-shot et en versant par exemple 75 000 €, son économie d'impôt passe à 75 000 € × 45 % = 33 750 €, pour un effort net de 41 250 € — un versement majoré qui n'est mobilisable que l'année de la domiciliation, pas chaque année. À la retraite, les versements déduits seront repris au barème (à une TMI espérée plus basse) et les gains taxés au PFU de 31,4 %. Pour le détail chiffré, voir notre étude complète cas pratique impatrié à 350 000 €/an.
Contre-exemple — Léa, impatriée à 200 000 € (le piège de l'exonéré)
Léa gagne 200 000 €, dont une prime d'impatriation au réel d'environ 80 000 € exonérés : son revenu résiduel imposable tombe à 120 000 €. Mariée, le foyer compte 2 parts, soit un quotient d'environ 60 000 € par part — sous le seuil de la tranche à 41 %. Sa TMI résiduelle n'est que de 30 %.
Léa — l'effet de l'exonération sur la TMI
Économie d'IR = 20 000 € × 30 % = 6 000 € (et non 20 000 € × 45 % = 9 000 € « espérés » au vu du brut)
L'exonération 155 B a fait chuter la TMI résiduelle : le PER reste utile, mais nettement moins puissant. Conclusion : vérifier la TMI RÉSIDUELLE avant de calibrer le versement.
Hypothèses et limites
Tous ces chiffres sont illustratifs, non garantis, et un placement comporte un risque de perte en capital. Le forfait de 30 % est réservé aux recrutements directs depuis l'étranger (les mobilités intra-groupe retiennent le réel). Calculs établis sur le barème de l'IR 2026 (seuils d'environ 84 577 € et 181 917 € par part), le PASS 2025 (47 100 €) comme base du plafond et le PASS 2026 (48 060 €). Une simulation personnalisée est indispensable avant tout versement.
10. Les 3 choses à retenir
- Déduire contre le résiduel taxable, jamais contre l'exonéré. Le PER ne rapporte que sur le revenu réellement imposé (salaire non exonéré, foncier français), à hauteur de votre TMI résiduelle. Verser « parce qu'on gagne beaucoup » alors qu'une large part est exonérée par le 155 B revient à déduire dans le vide.
- Le triple plafond d'arrivée (art. 163 quatervicies I-2-b) est votre avantage spécifique. Parce que vous étiez non-résident, vous disposez d'un plafond complémentaire ×3 pour la seule année de l'installation, qui ouvre un espace de déduction large ; les plafonds non consommés à compter de cette année restent ensuite reportables 5 ans.
- Anticipez la sortie et un éventuel redépart. Sortie en capital : barème de l'IR sur les versements + PFU 31,4 % (dont 18,6 % de PS) sur les gains. Redépart : la fiscalité dépend de la convention du futur pays. Le PER sert aussi à lisser le mur fiscal de l'année 9.
Pour un impatrié dont le résiduel reste taxé à 41 ou 45 %, le PER fait gagner gros — à condition de le brancher sur le bon revenu et de le caler sur le calendrier des 8 ans du 155 B. Avant de verser, ces 30 minutes de calibrage avec un conseiller évitent l'erreur classique : déduire dans le vide.
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