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Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Pourquoi la SCPI pose-t-elle une question particulière à l'impatrié ?
- 2. Les revenus fonciers sont imposés en France : pas d'exonération 155 B
- 3. SCPI françaises : barème IR + 17,2 % de prélèvements sociaux
- 4. SCPI européennes : pourquoi leur fiscalité est-elle plus légère ?
- 5. L'atout IFI : SCPI européennes hors assiette pendant 5 ans
- 6. Détenir ses SCPI en direct ou via une assurance-vie luxembourgeoise ?
- 7. Sélection et critères de qualité d'une SCPI
- 8. Cas chiffré : rendement net d'une SCPI européenne pour un impatrié
- 9. Que devient l'avantage SCPI quand le régime impatrié prend fin ?
- FAQ — 12 questions fréquentes
À retenir en 30 secondes
- Le 155 B n'efface pas vos loyers de SCPI : le régime impatrié n'exonère que les revenus passifs mobiliers de source étrangère, pas le foncier.
- Une SCPI française reste imposée au barème de l'impôt sur le revenu (à votre TMI) plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
- Une SCPI européenne est plus légère : fiscalité conventionnelle (taux effectif ou crédit d'impôt) et prélèvements sociaux généralement réduits ou nuls sur la part étrangère — sachant que 0 % de prélèvements sociaux ne signifie pas un revenu non fiscalisé : l'impôt local est prélevé en amont.
- L'atout propre à l'impatrié, c'est l'IFI : les SCPI européennes sortent de l'assiette IFI pendant 5 ans (art. 964 CGI), pas les françaises.
- Décalage de calendrier : l'avantage IFI dure 5 ans, l'exonération 155 B jusqu'à 8 ans, droit commun en année 9.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres des cas pratiques sont illustratifs et non garantis : un investissement en SCPI comporte un risque de perte en capital, un risque de liquidité et les revenus comme la valeur de la part ne sont pas garantis. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
Mis à jour le 25 juin 2026 — Références légales mobilisées
Guide rédigé selon la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et l'état du droit au 25 juin 2026.
- Code général des impôts : art. 155 B (régime des impatriés — exonération 50 % des revenus passifs mobiliers étrangers sous condition de convention) ; art. 964 (IFI — personnes nouvellement domiciliées, immobilier français seul pendant 5 ans) ; art. 965 (assiette IFI — fraction représentative d'immeubles) ; art. 4 B (domicile fiscal).
- Doctrine administrative : BOI-RSA-GEO-40-10-30-10 et BOI-RSA-GEO-40-10-30-20 (exonération des revenus passifs des impatriés — champ limité au mobilier) ; BOI-PAT-IFI-10-20-20 (champ de l'IFI des nouveaux résidents) ; BOI-RFPI (revenus fonciers).
- Jurisprudence : CJUE 26 février 2015, aff. C-623/13 de Ruyter (unicité d'affiliation à la sécurité sociale — exonération de CSG/CRDS pour l'affilié à un régime UE/EEE/Suisse).
- Barème et prélèvements 2026 : barème de l'IR (art. 4 LF 2026 ; BOFiP ACTU-2026-00022 ; service-public A18045) ; dualité des prélèvements sociaux (LFSS 2026) — 17,2 % sur les revenus fonciers, contre 18,6 % sur les revenus mobiliers.
- Déclaration : formulaire 2047 (revenus de source étrangère), reporté sur la 2042.
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1. Pourquoi la SCPI pose-t-elle une question particulière à l'impatrié ?
Non, le régime impatrié de l'article 155 B du CGI n'exonère pas vos revenus de SCPI : il ne vise que les revenus passifs mobiliers de source étrangère, pas le foncier. Une SCPI française reste imposée au barème de l'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Le seul avantage propre à l'impatrié, rappelle Hagnéré Patrimoine, porte sur l'IFI : les SCPI européennes sortent de l'assiette pendant 5 ans (article 964 CGI).
Le scénario revient sans cesse en cabinet : un cadre dirigeant recruté à l'étranger s'installe en France, bénéficie de l'exonération de sa prime d'impatriation, se retrouve à une tranche marginale de 41 ou 45 %, et veut bâtir un revenu immobilier régulier. La SCPI — la société civile de placement immobilier, qui mutualise des dizaines d'immeubles et vous en reverse une quote-part de loyers — est l'outil naturel : immobilier sans gestion, diversifié, accessible dès quelques milliers d'euros. Mais l'impatrié croit souvent que le régime 155 B va « effacer » la fiscalité de ces loyers comme il efface une partie de son salaire. C'est faux, et le malentendu coûte cher.
L'enjeu se chiffre : à 45 % de tranche marginale, une SCPI française vous laisse à peine 38 % de vos loyers une fois l'impôt sur le revenu et les 17,2 % de prélèvements sociaux passés, là où une SCPI européenne bien construite peut en préserver l'essentiel — pour un même rendement brut, l'écart dépasse vite 6 000 € par an sur 200 000 € investis (cas chiffré en section 8). À cela s'ajoute un levier que vous seul, impatrié, possédez : cinq années d'immobilier européen totalement hors de l'IFI.
Trois confusions reviennent toujours. La première : le 155 B efface-t-il les loyers de SCPI ? Non. La deuxième : faut-il préférer le français ou l'européen quand on a un haut taux marginal ? L'européen, et à plusieurs titres. La troisième : s'installer en France va-t-il alourdir mon IFI ? Oui pour le foncier français, non pour les SCPI européennes pendant cinq ans. Ce guide traite l'angle précis de l'impatrié en cours de régime, années 1 à 8.
Vous n'êtes peut-être pas «impatrié»
L'impatrié arrive en France et y devient résident fiscal (article 4 B du CGI) : c'est l'audience de ce guide, imposé au barème français. Si vous vivez encore hors de France, vous n'êtes pas impatrié mais non-résident (taux minimum de 20 %, représentant fiscal éventuel), un régime différent. Pour le mécanisme complet du régime 155 B et de la fenêtre IFI, voir notre guide pilier du régime impatrié 155 B. Pour les fondamentaux des SCPI et le détail des conventions, voir le guide SCPI et les SCPI européennes.
2. Les revenus fonciers sont imposés en France : pas d'exonération 155 B
C'est l'idée reçue n°1 à corriger. Le régime impatrié est généreux, mais son périmètre est précis : il ne touche pas le foncier.
L'article 155 B exonère, pour la fraction concernée, 50 % de certains revenus passifs de source étrangère : revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts), plus-values de cession de valeurs mobilières et droits sociaux, et produits de la propriété intellectuelle ou industrielle. Cette exonération est conditionnée à l'existence, avec l'État de la source, d'une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative (BOI-RSA-GEO-40-10-30-20). C'est tout. Le mot-clé est mobilier.
Ce que le 155 B exonère vraiment
- Les dividendes et intérêts de source étrangère (RCM) — 50 % exonérés à l'IR.
- Les plus-values de cession de valeurs mobilières étrangères — 50 % exonérées à l'IR.
- Les produits de la propriété intellectuelle de source étrangère — 50 % exonérés à l'IR.
Ce qu'il n'exonère jamais
- Les revenus fonciers français (loyers d'immeubles ou de SCPI françaises).
- Les revenus fonciers étrangers (loyers d'immeubles ou de SCPI européennes) — ils relèvent des conventions, pas du 155 B.
- Donc, par construction, toute SCPI : ses revenus sont fonciers, hors du champ du régime impatrié.
À noter quand même : même pour le mobilier éligible, l'exonération de 50 % ne vaut que pour l'impôt sur le revenu — les prélèvements sociaux, eux, restent dus sur 100 % du revenu. Mais cela ne concerne pas la SCPI, dont les revenus ne sont de toute façon pas exonérés. Conclusion : pour vos loyers de SCPI, le 155 B n'apporte rien à l'IR.
Idée reçue n°1 : «le 155 B efface mes loyers de SCPI»
Faux. Le régime ne vise que le passif mobilier étranger. Vos loyers de SCPI — françaises comme européennes — sont imposés selon les règles de droit commun ou conventionnelles, exactement comme pour tout résident. Le détail du périmètre exact des exonérations figure dans notre guide pilier du régime 155 B.
3. SCPI françaises : barème IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur les loyers
Pour une SCPI française, le calcul est simple et sans surprise. Votre quote-part de loyers nets constitue un revenu foncier, ajouté à vos autres revenus et imposé au barème de l'impôt sur le revenu à votre tranche marginale, auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux de 17,2 % est bien celui des revenus fonciers, maintenu par la LFSS 2026 — à ne pas confondre avec les 18,6 % qui frappent les revenus mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values de valeurs mobilières).
Rappel du barème de l'impôt sur le revenu 2026 (revenus 2025, art. 4 de la loi de finances 2026), par part de quotient familial : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €, 41 % jusqu'à 181 917 €, puis 45 % au-delà. Un impatrié bien rémunéré se situe généralement dans les tranches à 41 % ou 45 %.
| Tranche marginale (TMI) | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Prélèvement total |
|---|---|---|---|
| 30 % | 30 % | 17,2 % | 47,2 % |
| 41 % | 41 % | 17,2 % | 58,2 % |
| 45 % | 45 % | 17,2 % | 62,2 % |
À 45 % de TMI, près de 62 % de chaque euro de loyer part en impôt et prélèvements sociaux. C'est la raison mathématique pour laquelle, à haut revenu, la SCPI française pure est rarement le bon choix de rendement courant. C'est ce qui fait basculer l'arbitrage vers l'Europe.
Les SCPI françaises ont-elles encore un intérêt pour l'impatrié ?
Oui, dans certains cas : diversification du patrimoine, mutualisation du risque locatif, ou stratégies à effet de levier (SCPI à crédit, dont les intérêts d'emprunt sont déductibles, ou logique de déficit foncier). Mais pour du revenu courant à TMI élevée, la fiscalité est lourde. Pour le détail des régimes (micro-foncier, réel, déficit), voir notre guide de la fiscalité des SCPI. Le levier du déficit foncier de l'impatrié mérite aussi un examen distinct.
4. SCPI européennes : pourquoi leur fiscalité est-elle plus légère ?
Parce que leurs loyers ne sont pas des revenus fonciers français mais des revenus de source étrangère, imposés via la convention fiscale conclue entre la France et le pays où se situent les immeubles. Ils se déclarent sur le formulaire 2047, puis sont reportés sur la 2042. Deux méthodes existent selon la convention applicable.
Méthode du taux effectif (ex. Belgique, Pays-Bas, Irlande, Portugal)
Le revenu étranger est exclu de la base imposable française. Il ne sert qu'à calculer le taux moyen d'imposition appliqué à vos autres revenus. En pratique, l'impôt sur le revenu français qui reste sur la part étrangère est souvent proche de zéro : c'est la méthode la plus favorable à haut TMI.
Méthode du crédit d'impôt (ex. Allemagne, Espagne, Italie)
Le revenu étranger est inclus dans la base française, mais ouvre droit à un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant, ce qui neutralise la double imposition. Le résultat est globalement neutre, avec un frottement résiduel possible selon votre TMI. Le détail pays par pays est traité dans notre guide de la fiscalité des SCPI par pays.
Les deux méthodes en une phrase
Taux effectif : la France « oublie » votre revenu étranger pour le taxer, mais s'en sert pour calculer le taux qu'elle applique à vos autres revenus — résultat, presque rien à payer en France sur la SCPI. Crédit d'impôt : la France additionne tout, calcule l'impôt, puis vous rend (par un « crédit ») la part correspondant au revenu étranger — résultat, à peu près neutre. La première est généralement la plus douce à haut taux marginal ; laquelle s'applique dépend du pays où sont situés les immeubles de la SCPI, pas de votre choix.
Prélèvements sociaux : généralement réduits ou nuls, jamais «toujours zéro»
Sur la part étrangère, les prélèvements sociaux sont généralement nuls ou fortement réduits : en méthode du taux effectif, le revenu est hors base française ; et la jurisprudence CJUE de Ruyter (aff. C-623/13) exonère de CSG/CRDS la personne affiliée à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse. Celle-ci ne reste alors redevable que du prélèvement de solidarité de 7,5 %. Le résultat dépend toutefois du pays et de la méthode : il faut le vérifier au cas par cas.
«0 % de PS» ne veut pas dire «0 impôt»
Avant toute distribution, la SCPI européenne supporte l'impôt sur les sociétés et l'impôt foncier locaux du pays où sont situés les immeubles. Le rendement brut affiché par la société de gestion est déjà net de cet impôt local. Autrement dit, l'avantage fiscal côté France ne s'ajoute pas à un revenu vierge : il porte sur un revenu déjà fiscalisé en amont. Il ne faut donc pas survendre le « 0 % ».
Reste un point : cette légèreté fiscale des SCPI européennes bénéficie à tout résident fiscal français, pas spécifiquement à l'impatrié. L'avantage propre à l'impatrié sur la SCPI européenne se joue ailleurs : à l'IFI. C'est l'objet de la section suivante.
SCPI françaises (pour un impatrié)
Points forts
- Diversification et mutualisation immobilières
- Stratégies à crédit / déficit foncier possibles
- Déclaration simple (revenu foncier classique)
Points de vigilance
- Loyers au barème IR + 17,2 % de PS
- Jusqu'à ~62 % de prélèvement à TMI 45 %
- Dans l'assiette IFI dès la 1re année
SCPI européennes (pour un impatrié)
Points forts
- Fiscalité conventionnelle (taux effectif ou crédit d'impôt)
- PS généralement réduits ou nuls sur la part étrangère
- Hors assiette IFI pendant la fenêtre 5 ans (art. 964)
Points de vigilance
- Impôt local (IS/foncier) déjà supporté en amont
- Déclaration 2047 plus technique
- Réintégration IFI dès l'année 6
5. L'atout IFI : SCPI européennes hors assiette pendant la fenêtre 5 ans
On arrive au cœur de la stratégie : le seul levier vraiment réservé à l'impatrié. L'article 964 du CGI prévoit que la personne nouvellement domiciliée en France — c'est-à-dire qui n'a pas été fiscalement domiciliée en France au cours des cinq années civiles précédentes — n'est imposable à l'IFI que sur les biens et droits immobiliers situés en France, et ce jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de son installation (BOI-PAT-IFI-10-20-20).
La conséquence est directe pour les SCPI :
- Les SCPI européennes, qui détiennent des immeubles hors de France, sont hors de l'assiette IFI pendant ces 5 ans.
- Les SCPI françaises restent dans l'assiette IFI pour la fraction de leur valeur représentative d'immeubles situés en France (article 965 du CGI), la valeur retenue étant généralement proche de la valeur de la part.
Pendant cette fenêtre, la SCPI européenne est donc, pour l'impatrié, le seul « immobilier sans IFI » accessible. C'est un argument d'optimisation puissant pour les patrimoines déjà redevables de l'IFI sur leur résidence ou leurs biens français.
Attention : l'art. 964 n'est PAS le régime 155 B
Ce n'est pas le régime impatrié 155 B qui sort les SCPI européennes de l'IFI : c'est une règle de territorialité propre à l'IFI (article 964), applicable à toute personne nouvellement domiciliée. Les deux dispositifs sont juridiquement distincts — et n'ont pas la même durée (voir section 9). Pour les autres leviers de réduction d'IFI, voir notre guide optimiser son IFI, et pour le cadre d'ensemble, le guide pilier du régime impatrié.
6. Détenir ses SCPI en direct ou via une assurance-vie luxembourgeoise ?
La question du mode de détention change la fiscalité des loyers. En direct, vous percevez chaque année votre quote-part de loyers et subissez la fiscalité foncière correspondante (barème IR + 17,2 % pour une SCPI française ; régime conventionnel pour une SCPI européenne). Via une assurance-vie luxembourgeoise, la SCPI est logée en unité de compte : elle ne distribue plus un revenu foncier imposé chaque année, les loyers sont capitalisés à l'intérieur du contrat, et c'est la fiscalité de l'assurance-vie qui s'applique au moment du rachat (avec 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains).
| Critère | Détention directe | Via contrat luxembourgeois |
|---|---|---|
| Flux imposé chaque année | Oui (loyers fonciers) | Non (capitalisation dans le contrat) |
| Fiscalité applicable | Foncière (IR + PS, ou conventionnelle) | Assurance-vie (au rachat) |
| IFI de la part européenne (5 ans) | Hors assiette (fenêtre art. 964) | Hors assiette (fenêtre art. 964) |
| Mobilité / redépart à l'étranger | Limitée | Contrat portable (atout pour l'impatrié) |
| Ticket d'entrée | Quelques milliers d'euros | Élevé (souvent > 250 000 €) |
| Éligibilité des SCPI | Large | Restreinte (fonds interne dédié requis) |
L'intérêt du contrat luxembourgeois pour l'impatrié tient à trois choses : la capitalisation neutre (pas de revenu foncier annuel imposé), la portabilité du contrat en cas de redépart à l'étranger, et l'articulation successorale de l'assurance-vie. En contrepartie, toutes les SCPI ne sont pas éligibles, un fonds interne dédié est généralement requis, et le ticket d'entrée est conséquent — réservant cette approche aux patrimoines mobiliers élevés. Pour le détail, voir l'assurance-vie luxembourgeoise pour impatrié, le guide pilier de l'AVL et notre guide SCPI en assurance-vie.
Direct ou luxembourgeois : quelle enveloppe pour vos SCPI ?
Le bon arbitrage dépend de votre TMI, de votre exposition IFI et de votre horizon en France. Faisons le point ensemble lors d'un bilan patrimonial.
7. Sélection et critères de qualité d'une SCPI
La fiscalité n'est qu'une moitié de la décision : encore faut-il choisir une SCPI de qualité. Nous raisonnons en classes d'actifs et critères objectifs, sans jamais recommander un nom de SCPI ou de société de gestion dans un guide : la sélection nominative se fait dans le cadre d'un conseil personnalisé et documenté.
Les critères que nous examinons
- Diversification géographique et sectorielle (bureaux, commerces, logistique, santé).
- Taux d'occupation financier : la proportion réelle de surfaces louées et génératrices de loyers.
- Report à nouveau (RAN) : la réserve de distribution qui amortit les à-coups de loyers.
- Valeur de reconstitution vs prix de la part : indicateur d'une part correctement, sur- ou sous-valorisée.
- Ancienneté et taille de la société de gestion, capitalisation et collecte.
- Niveau de frais (souscription, gestion) — nous privilégions des frais parmi les plus compétitifs du marché.
- Liquidité du marché secondaire (facilité à revendre ses parts) et délai de jouissance (le nombre de mois après l'achat avant de toucher les premiers loyers).
Pour un impatrié, deux filtres supplémentaires s'ajoutent : privilégier la part européenne (fiscalité + fenêtre IFI), et tenir compte de la méthode conventionnelle des pays sous-jacents (taux effectif plus favorable à haut TMI) ainsi que de l'horizon de la fenêtre de 5 ans.
Notre méthode et nos garde-fous
Nous croisons ces critères avec votre profil fiscal d'impatrié pour bâtir une allocation cohérente. Rappel essentiel : une SCPI comporte un risque de perte en capital, sa liquidité n'est pas garantie et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucun rendement n'est garanti. Pour les fondamentaux, voir notre guide SCPI généraliste.
8. Cas chiffré : rendement net d'une SCPI européenne pour un impatrié
Deux illustrations chiffrées, volontairement simples, pour matérialiser les deux leviers. Tous les chiffres sont illustratifs et non garantis, avec risque de perte en capital.
Note de méthode
Pour rester lisibles, ces deux cas isolent un seul euro de loyer : ils ne tiennent pas compte des éventuelles déductions (intérêts d'emprunt, charges, déficit foncier), ni de l'effet des contributions sur les hauts revenus (CEHR/CDHR)qui peuvent s'ajouter au-delà de certains seuils de revenu fiscal de référence. Ce sont des ordres de grandeur destinés à éclairer l'arbitrage, pas une simulation personnalisée. Votre résultat réel dépend de votre situation complète et doit être modélisé au cas par cas.
Cas A — SCPI française vs européenne, impatrié à TMI 45 %
Hypothèse : 200 000 € investis, rendement brut illustratif de 5 %, soit 10 000 € de loyers par an.
Loyer net après impôt — SCPI française (TMI 45 %)
Net = Loyer brut − Impôt sur le revenu − Prélèvements sociaux
= 10 000 € − (10 000 × 45 %) − (10 000 × 17,2 %)
= 10 000 € − 4 500 € − 1 720 €
= 3 780 € nets (soit 1,89 % sur 200 000 €)Près de 62 % du loyer part en impôt et prélèvements sociaux à 45 % de TMI.
Pour une SCPI européenne en méthode du taux effectif, la part étrangère est exclue de la base française : l'impôt sur le revenu résiduel est proche de zéro et les prélèvements sociaux proches de zéro (sous réserve de la convention et de de Ruyter). Le loyer net ressort donc autour de 10 000 € — étant entendu que ce brut est déjà net de l'impôt local supporté par la SCPI en amont. L'écart de revenu net atteint environ +6 220 € par an en faveur de l'européenne.
| Ligne | SCPI française | SCPI européenne (taux effectif) |
|---|---|---|
| Loyer brut | 10 000 € | 10 000 € |
| Impôt sur le revenu | − 4 500 € | ≈ 0 € |
| Prélèvements sociaux | − 1 720 € | ≈ 0 € |
| Loyer net | 3 780 € | ≈ 10 000 € |
| Rendement net (sur 200 000 €) | 1,89 % | ≈ 5,00 % |
Limites du Cas A
Le brut européen est déjà net de l'impôt local (IS/foncier du pays). Et avec une SCPI dont les pays sous-jacents relèvent de la méthode du crédit d'impôt, un frottement résiduel subsiste : le résultat ne doit pas être généralisé à toutes les SCPI européennes. Chiffres illustratifs, à valider sur la composition réelle du portefeuille.
Cas B — l'effet IFI, propre à l'impatrié
Hypothèse : un impatrié déjà redevable de l'IFI sur ses biens français détient 200 000 € de SCPI européennes, à un taux IFI marginal illustratif de 1 %.
- Pendant la fenêtre de 5 ans, ces parts sont hors assiette IFI : IFI évité ≈ 2 000 € par an (1 % × 200 000 €).
- Sur 5 ans, l'économie cumulée atteint ≈ 10 000 €.
- En année 6, les parts réintègrent l'assiette IFI : le coût récurrent réapparaît, d'où l'intérêt d'anticiper un arbitrage (cession ou logement en contrat luxembourgeois).
Sur huit ans, ces deux économies (rendement net + IFI évité) se cumulent. Encore faut-il séquencer les échéances : c'est l'objet de la section 9.
9. Que devient l'avantage SCPI quand le régime impatrié prend fin ?
Beaucoup d'impatriés croient que l'IFI et le 155 B s'arrêtent ensemble. C'est faux : les deux dates diffèrent. La fenêtre IFI dure 5 ans (article 964), tandis que les exonérations du régime 155 B courent jusqu'à 8 ans — jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile suivant la prise de fonctions (pour les prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016).
Concrètement : dès l'année 6, vos SCPI européennes rentrent dans l'assiette IFI alors même que le régime 155 B continue de produire ses effets sur votre salaire et votre passif mobilier. Puis, en année 9, vous basculez intégralement au droit commun : c'est le mur fiscal à anticiper.
Calendrier de l'impatrié investi en SCPI
- Années 1 à 5 : SCPI européennes hors IFI (art. 964) + exonérations 155 B actives. Période la plus favorable : investir tôt pour capitaliser le foncier européen sans IFI.
- Année 6 : réintégration des SCPI européennes dans l'assiette IFI. Le 155 B reste actif sur le reste.
- Jusqu'à l'année 8 : les exonérations 155 B (prime, passif mobilier) continuent.
- Année 9 : bascule complète au droit commun — IFI et fiscalité de droit commun s'appliquent à tout.
Trois réflexes de séquençage : investir tôt dans la fenêtre pour maximiser les années sans IFI ; préparer dès l'année 5 l'arbitrage de réintégration (cession partielle, logement en contrat luxembourgeois pour transformer le foncier en capitalisation) ; et anticiper l'année 9 dans le cadre plus large de votre stratégie. Pour la vue d'ensemble des placements de l'impatrié, voir où investir quand on est impatrié ; pour diversifier, le private equity de l'impatrié et le PER de l'impatrié.
Vous visez un revenu immobilier sans alourdir votre IFI d'impatrié ?
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