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Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Pourquoi le Girardin séduit-il un impatrié encore lourdement imposé ?
- 2. Le principe : une réduction d'impôt supérieure à l'apport (à fonds perdu)
- 3. Réduction l'année N, excédent reportable sur 5 ans
- 4. Comment le Girardin efface-t-il l'impôt résiduel de l'impatrié ?
- 5. Le plafonnement spécifique des niches Outre-mer (18 000 €)
- 6. Plein droit ou agrément : lequel pour vous ?
- 7. Les risques et la sélection de l'opérateur (opération one-shot)
- 8. Cas chiffré : un impatrié à 350 000 € réduit son IR
- FAQ — 12 questions qui reviennent en cabinet
À retenir en 30 secondes
- Le Girardin efface l'impôt résiduel de l'impatrié : le régime 155 B exonère la prime et 50 % des passifs étrangers, mais pas le salaire non exonéré ni le foncier français, qui restent taxés au barème.
- C'est une réduction à fonds perdu, supérieure à l'apport (art. 199 undecies B), dans le plafond majoré des niches Outre-mer de 18 000 € nets par an (art. 200-0 A), avec excédent reportable 5 ans.
- Le Girardin agit sur l'IR, pas sur les prélèvements sociaux ni sur le revenu fiscal de référence servant de base à la CEHR et à la CDHR. Opération one-shot à risque : l'opérateur fait tout.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le Girardin industriel est une opération à fonds perdu comportant un risque de perte en capital et de reprise de l'avantage fiscal : les chiffres présentés sont illustratifs, non garantis, et dépendent de votre situation individuelle et de la législation en vigueur (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
1. Pourquoi le Girardin séduit-il un impatrié encore lourdement imposé ?
Oui, le Girardin industriel (art. 199 undecies B du CGI) est l'un des leviers les plus adaptés à un impatrié : il ouvre une réduction d'impôt sur le revenu supérieure à l'apport, en one-shot, dans le plafond majoré des niches Outre-mer de 18 000 € par an (art. 200-0 A). Il efface l'impôt résiduel taxé au barème que le régime 155 B ne couvre pas. Hagnéré Patrimoine sélectionne des opérations rigoureuses.
Le cas revient sans arrêt en cabinet : un cadre dirigeant arrivé d'un grand groupe étranger, payé 350 000 € par an. Grâce au régime impatrié, sa prime d'impatriation et une partie de ses revenus passifs étrangers échappent à l'impôt. Et pourtant, chaque printemps, son avis d'imposition affiche encore plusieurs dizaines de milliers d'euros à payer. La raison ? Tout ce que le régime n'exonère pas — le gros de son salaire et ses loyers français — reste taxé au barème, à la tranche la plus haute. C'est précisément ce résiduel concentré que le Girardin vient cibler.
L'impatrié a donc un profil fiscal unique : un revenu très élevé, mais dont une large part est déjà neutralisée par le régime de l'article 155 B du CGI. Résultat : l'impôt qui reste dû se concentre sur un bloc résiduel encore taxé à la tranche marginale la plus haute. Cet article ne réexplique ni le régime 155 B (voir notre guide pilier dédié), ni toute la mécanique du Girardin (voir notre guide complet sur le Girardin industriel) : il traite l'intersection inédite des deux. Pour un panorama de tous les leviers, voir aussi le pilier impatrié : où investir et réduire l'impôt résiduel.
Le profil fiscal atypique de l'impatrié
Reprenons l'essentiel, sans dupliquer le pilier. Le régime impatrié exonère la prime d'impatriation (au réel, ou au forfait de 30 % de la rémunération nette pour les personnes recrutées directement à l'étranger — les mobilités intra-groupe devant en principe retenir le réel), ainsi que 50 % de certains revenus passifs de source étrangère (dividendes, plus-values mobilières, produits de propriété intellectuelle), à la condition que l'État de la source ait conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative. En revanche, la fraction de salaire non exonérée et, surtout, les revenus fonciers de source française ne sont PAS exonérés : ils restent taxés au barème progressif (le système de tranches qui taxe chaque euro supplémentaire à un taux croissant — la TMI, ou tranche marginale d'imposition, étant le taux applicable à votre dernière tranche de revenu), jusqu'à 45 % au-delà de 181 917 € par part (barème 2026). C'est cet impôt résiduel, concentré, taxé à la TMI la plus haute, que le Girardin va viser.
Pourquoi une réduction sèche, et non une déduction, est l'outil idéal
Le Girardin réduit l'impôt à payer, pas la base imposable. C'est décisif pour un impatrié : son efficacité est indépendante de la part de revenu déjà exonérée. À l'inverse, un mécanisme de déduction comme le PER de l'impatriéne sert à rien contre du revenu déjà exonéré : il faut l'orienter vers le résiduel taxable. Le Girardin, lui, attaque directement la ligne d'impôt résultant du barème, ce qui en fait l'arme la plus directe pour l'effacer.
2. Le principe : une réduction d'impôt supérieure à l'apport (à fonds perdu)
Le Girardin industriel finance, via une société de portage (une SNC ou un GIE, c'est-à-dire la structure juridique qui regroupe les investisseurs et détient le matériel), du matériel productif loué à un exploitant ultramarin (l'entreprise locale d'Outre-mer qui utilise réellement ce matériel pour son activité). En contrepartie de ce financement, l'investisseur obtient une réduction d'impôt qui dépasse son apport. C'est une opération à fonds perdu : à la différence d'un placement, on ne récupère ni le capital, ni des intérêts, ni une plus-value. Le seul gain est fiscal.
Comprendre la « rétrocession » en une phrase
C'est le mot-clé du Girardin, et il revient partout dans ce guide. La loi exige qu'une partie de l'avantage fiscal soit rétrocédée — c'est-à-dire reversée — à l'exploitant ultramarin sous forme d'un loyer minoré et d'une cession du matériel à prix réduit. C'est l'aide réelle apportée à l'économie ultramarine. Prenons 100 € d'avantage fiscal : une fraction part vers l'exploitant (la rétrocession), le reste vous reste acquis. Plus la rétrocession est forte, moins vous gardez pour vous, mais plus l'opération est « vertueuse » et sécurisée aux yeux de l'administration.
On parle parfois d'un « rendement fiscal » de l'ordre de 10 à 15 %, calculé comme l'écart entre la réduction obtenue et l'apport décaissé, rapporté à cet apport. Ce chiffre est illustratif et non garanti : il dépend de l'opération et s'accompagne d'un risque de perte en capital. Il ne doit jamais être présenté comme une promesse de rendement.
| Critère | Girardin industriel | Placement de rendement |
|---|---|---|
| Objectif | Réduire l'impôt sur le revenu | Générer un revenu ou une plus-value |
| Capital récupéré | Non — à fonds perdu | Oui en principe (sous réserve du risque) |
| Nature du gain | Réduction d'IR supérieure à l'apport, en one-shot | Intérêts, dividendes, plus-values |
| Horizon | Engagement d'exploitation 5 ans, pas de sortie | Variable selon le support |
| Risque principal | Perte en capital + reprise de l'avantage | Perte en capital |
Ne pas confondre Girardin et placement
Un Girardin n'est pas un investissement dont on attend un retour financier. L'apport est consommé pour produire un avantage fiscal : vous ne le revoyez pas. Si quelqu'un vous présente un Girardin comme un « placement » rentable avec capital récupérable, c'est un signal d'alerte. Le seul rendement est la différence entre la réduction d'impôt et l'apport décaissé.
La mécanique complète des trois acteurs (investisseur, société de portage, exploitant), de la rétrocession et de la déclaration n'est pas reprise ici : elle est détaillée dans notre guide pilier sur le Girardin industriel. Le présent guide se concentre sur ce qui change pour un impatrié.
3. Réduction l'année N, excédent reportable sur 5 ans
La réduction d'impôt est acquise au titre de l'année de réalisation de l'investissement. Si elle dépasse l'impôt dû cette année-là, l'excédent n'est pas perdu immédiatement : il s'impute sur l'impôt sur le revenu des cinq années suivantes (art. 199 undecies B du CGI). Au-delà de la cinquième année, la fraction non imputée est définitivement perdue. Ce n'est pas un crédit d'impôt : il n'y a aucun remboursement, seulement une imputation sur un impôt à payer.
Deux règles « 5 ans » à ne surtout pas confondre
- Le report de l'excédent de réduction sur 5 ans (celle traitée ici) : si la réduction dépasse l'impôt de l'année, le surplus s'impute sur les 5 années suivantes.
- L'engagement d'exploitation du matériel pendant 5 ans sous peine de reprise de l'avantage : une condition de fond de l'opération, traitée plus bas dans la section risques. Ce sont deux mécanismes distincts.
Calibrer l'investissement sur l'impôt réel
Investir au-delà de ce que votre impôt — et le report sur 5 ans — peut absorber revient à perdre la fraction excédentaire de réduction. Pour un impatrié dont le résiduel fluctue (prime, bonus, revenus fonciers variables), le calibrage se fait année par année, sur la base de l'impôt réellement dû. C'est tout l'intérêt d'un chiffrage préalable, comme ceux détaillés dans le pilier cas pratiques chiffrés de l'impatrié.
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4. Comment le Girardin efface-t-il l'impôt résiduel de l'impatrié ?
Le revenu d'un impatrié se lit en trois blocs : (1) la prime d'impatriation, exonérée ; (2) les 50 % de revenus passifs étrangers, exonérés sous condition de convention ; (3) le résiduel taxé au barème = fraction de salaire non exonérée + revenus fonciers de source française. C'est le bloc (3) que le Girardin attaque.
| Bloc de revenu | Traitement 155 B | Le Girardin agit-il ? |
|---|---|---|
| Prime d'impatriation | Exonérée (réel ou forfait 30 %) | Sans objet — déjà exonéré |
| 50 % des revenus passifs étrangers | Exonérés sous condition de convention | Sans objet — déjà exonéré |
| Salaire non exonéré | Taxé au barème (jusqu'à 45 %) | OUI — réduit l'IR correspondant |
| Revenus fonciers de source française | Taxés au barème (NON exonérés) | OUI — réduit l'IR correspondant |
Le Girardin agit sur l'IR, pas sur les prélèvements sociaux ni sur le RFR
C'est le point sur lequel je reprends le plus souvent mes clients : le Girardin réduit l'impôt sur le revenu au barème, et rien d'autre. Il ne réduit pas les prélèvements sociaux : côté prélèvements sociaux, gardez en tête leur dualité 2026, soit 17,2 % sur l'assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL, mais 18,6 % sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER et crypto (hausse de 1,4 point de CSG issue de la LFSS 2026). Il ne réduit pas non plus le revenu fiscal de référence servant de base à la contribution exceptionnelle (CEHR, art. 223 sexies) et à la contribution différentielle (CDHR, art. 224) sur les hauts revenus. D'où la transition vers les sections suivantes.
Une brique à renouveler chaque année dans la fenêtre des 8 ans
L'exonération du régime 155 B court jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions (pour les prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016). L'année 9 marque le retour au droit commun : un véritable mur fiscal à anticiper (voir notre guide sur la sortie du régime à l'année 9). Tant que dure le résiduel taxable, le Girardin est une arme annuelle : une brique à recalibrer chaque année. Il s'articule avec les autres leviers décrits dans nos guides où investir quand on est impatrié, déficit foncier pour impatrié et optimisation fiscale de l'impatrié.
5. Le plafonnement spécifique des niches Outre-mer (18 000 €)
Le plafonnement global des avantages fiscaux est, en principe, de 10 000 € par an (art. 200-0 A du CGI). Mais il est porté à 18 000 € lorsque le contribuable mobilise le Girardin, une SOFICA ou un autre investissement Outre-mer. Attention : ce n'est pas un cumul. Le plafond reste global et unique de 18 000 €(et non 10 000 € + 18 000 €) : on impute d'abord les niches de droit commun dans la limite de 10 000 €, puis les niches Outre-mer/SOFICA dans la limite portant le total à 18 000 €.
18 000 €, c'est un montant NET de rétrocession
C'est là que beaucoup se trompent : en application des règles de rétrocession, seule la fraction de l'avantage conservée par le contribuable s'impute dans le plafond. Autrement dit, les 18 000 € correspondent à la part nette conservée. La réduction brute affichée peut donc dépasser largement 18 000 € (de l'ordre de 40 000 € en plein droit, et davantage avec agrément), sans pour autant faire sauter le plafond.
| Mode | Fraction conservée (indicative) | Réduction brute pour 18 000 € nets |
|---|---|---|
| Girardin de plein droit | ≈ 44 % | ≈ 40 900 € |
| Girardin avec agrément | ≈ 34 % | ≈ 52 900 € |
Taux à vérifier à la source
Les taux de rétrocession (et donc les fractions conservées de l'ordre de 44 % en plein droit et 34 % avec agrément) ainsi que les seuils déclencheurs sont susceptibles d'évolution. Ils doivent être vérifiés à la source (BOFiP, opération concernée) pour chaque millésime. Le détail du plafonnement figure dans notre guide plafonnement global des niches fiscales.
6. Plein droit ou agrément : lequel pour vous ?
Le Girardin industriel se décline en deux formes selon la taille du programme : de plein droit (sans agrément préalable) ou avec agrément du ministre chargé du budget. Le choix tient au montant de l'opération et au calendrier.
Girardin de PLEIN DROIT
Points forts
- Pas d'agrément préalable : mise en place rapide
- Adapté aux montants modérés
- Bien dimensionné pour saturer le plafond de 18 000 € nets
Points de vigilance
- Fraction conservée plus faible (rétrocession plus forte)
- Réduction brute plus limitée pour un même apport
Girardin avec AGRÉMENT
Points forts
- Fraction conservée plus élevée
- Réduction brute supérieure pour 18 000 € nets
- Adapté aux programmes importants
Points de vigilance
- Agrément préalable du ministre (délai, mais sécurisation)
- Réservé aux programmes d'une certaine taille
Deux seuils différents à ne pas confondre
Le seuil de rétrocession (qui détermine la fraction conservée par l'investisseur) et le seuil d'agrément (qui détermine si l'opération doit être agréée) sont deux notions distinctes, appréciées différemment (par exploitant pour l'un, par programme pour l'autre). Les montants exacts sont à vérifier à la source : ne les confondez pas. Le détail figure dans notre guide Girardin plein droit ou agrément.
7. Les risques et la sélection de l'opérateur (opération one-shot)
Le Girardin n'est pas sans risque, et un impatrié doit les regarder en face avant d'engager un seul euro. Les principaux :
- Reprise de l'avantage fiscal : si l'engagement d'exploitation du matériel sur 5 ans n'est pas respecté (cession, cessation, exploitant défaillant sans repreneur), l'administration peut reprendre la réduction obtenue, avec intérêts de retard et majorations.
- Défaillance de l'exploitant ultramarin auquel le matériel est loué.
- Défaut ou fraude du monteur de l'opération : c'est le risque le plus directement lié à la qualité de l'opérateur.
- Illiquidité : il n'existe aucune sortie avant le terme de l'engagement.
- Risque lié à la structure (SNC ou GIE) au sein de laquelle l'investissement est porté.
Pourquoi l'opérateur fait tout
Sur une opération figée, l'erreur de sélection ne se corrige plus. Les critères à examiner : l'existence d'une garantie de bonne fin (de nature contractuelle privée, et non étatique ; elle ne couvre pas la faute dolosive), l'inscription du monteur au registre des intermédiaires (obligations de l'art. 242 septies du CGI), et l'historique de l'opérateur. Hagnéré Patrimoine sélectionne des opérations dont les frais figurent parmi les plus compétitifs du marché et travaille avec des monteurs dont on peut retracer l'historique sur plusieurs millésimes.
Une opération one-shot ne se rattrape pas
Contrairement à un placement que l'on peut arbitrer en cours de route, le Girardin est figé dès la souscription. Si l'opération tourne mal, il n'y a ni rachat, ni arbitrage, ni seconde chance. C'est précisément pourquoi la sélection en amont — de l'opérateur, de la garantie, de la structure — est l'étape la plus importante. Pour aller plus loin : notre guide risques du Girardin industriel et choisir son opérateur Girardin.
8. Cas chiffré : un impatrié à 350 000 € réduit son IR
Deux exemples chiffrés, hypothèses posées noir sur blanc. Les chiffres sont illustratifs et non garantis, donnés à titre pédagogique avec des hypothèses explicites : ils ne valent pas conseil personnalisé et le Girardin comporte un risque de perte en capital.
Cas n° 1 — Impatrié célibataire, environ 350 000 € de rémunération
Hypothèses : après application du régime 155 B (prime exonérée + 50 % des passifs étrangers exonérés), on retient un résiduel net imposable au barème de l'ordre de 250 000 € de salaire non exonéré, plus environ 20 000 € de revenus fonciers français. L'impôt résiduel dû au barème avant réduction est supposé d'environ 95 000 € (célibataire, 1 part, TMI 45 % — chiffre illustratif, barème 2026). Le contribuable souscrit un Girardin de plein droit calibré pour saturer le plafond Outre-mer (18 000 € nets).
Cas 1 — Effacement de l'impôt résiduel par le Girardin (illustratif)
IR residuel avant reduction (bareme) ≈ 95 000 EUR Apport reel decaisse (Girardin plein droit) ≈ 16 000 EUR Reduction d IR obtenue (plafond Outre-mer net) = 18 000 EUR --------------------------------------------------------------- Gain fiscal net one-shot (reduction - apport) ≈ 2 000 EUR IR residuel APRES reduction (95 000 - 18 000) = 77 000 EUR
Lecture : l'apport REEL DECAISSE (≈ 16 000 €) est inférieur à la réduction obtenue (18 000 €), d'où un gain fiscal net positif d'environ 2 000 € — c'est le « rendement fiscal » indicatif (~12,5 %), illustratif et non garanti. Le plafond de 18 000 € est NET de rétrocession : la réduction BRUTE correspondante (≈ 40 900 € en plein droit) sert seulement à mesurer le respect du plafond, jamais à calculer le gain. Ici, l'IR de 95 000 € absorbe entièrement les 18 000 € : pas d'excédent à reporter. Hypothèses illustratives, à confirmer par un bilan personnalisé.
Vigilance CDHR pour les très hauts revenus
Pour un revenu fiscal de référence élevé (≥ 250 000 € pour un célibataire / 500 000 € pour un couple), la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, art. 224 du CGI), qui vise un taux minimum d'imposition de l'ordre de 20 % du RFR, peut neutraliser une partie de l'effacement obtenu par le Girardin : ce dernier réduit l'IR mais pas le RFR. La CDHR a été reconduite par la loi de finances pour 2026 (plancher d'imposition de 20 % du RFR, seuils de 250 000 € pour un célibataire et 500 000 € pour un couple). Ce point doit être modélisé en amont. Voir aussi notre guide CEHR et CDHR des hauts revenus.
Cas n° 2 — Girardin ou PER ? Comparaison sur le résiduel
Hypothèses : même impatrié, TMI 45 %, on compare 10 000 € mobilisés sur chacun des deux leviers.
Cas 2 — 10 000 € : PER vs Girardin (illustratif)
PER : 10 000 EUR verses, deductibles du revenu imposable -> economie d IR = 10 000 x 45 % = 4 500 EUR -> capital CONSERVE (revenu differe, fiscalise a la sortie) Girardin : 10 000 EUR d apport a fonds perdu -> reduction d IR ≈ 11 250 EUR (rendement fiscal indicatif) -> capital NON recupere (a fonds perdu)
Lecture : le PER reporte l'imposition et conserve votre capital ; il ne sert utilement que contre du revenu taxable (inutile contre l'exonéré). Le Girardin donne une réduction sèche immédiate supérieure à l'apport, mais à fonds perdu. Pour effacer l'IR de l'année sans bloquer de capital long terme, le Girardin est complémentaire du PER. Chiffres illustratifs et non garantis ; le PER est fiscalisé à la sortie (plafond art. 163 quatervicies). Voir notre guide PER de l'impatrié.
Note de méthode — comment lire ces chiffres
Ces deux cas reposent sur des hypothèses simplifiées et explicites : une part, une TMI à 45 %, un résiduel reconstitué après application du régime 155 B, des taux de rétrocession indicatifs. Ils servent à montrer une mécanique, pas à prédire votre résultat. Dans la vraie vie, votre impôt résiduel dépend de votre quotient familial, de la part de prime réellement exonérée, de vos autres revenus et de la contribution différentielle (CDHR) si votre RFR est élevé. Les montants sont donc illustratifs, non garantis, et le Girardin comporte un risque de perte en capital. Seul un chiffrage personnalisé, fondé sur votre avis d'imposition, donne le bon calibrage.
Ces deux cas montrent comment s'emboîtent PER et Girardin selon ce qu'on veut : différer ou effacer. Pour des modélisations par niveau de revenu, voir nos cas pratiques impatrié à 350 000 €/an et impatrié à 500 000 €/an.
Les 3 choses à retenir
- Le Girardin efface l'impôt résiduel que le 155 B ne couvre pas. Le régime impatrié exonère la prime et 50 % des passifs étrangers, mais le salaire non exonéré et le foncier français restent taxés au barème. Le Girardin (art. 199 undecies B) est une réduction sèche d'IR, efficace indépendamment de la part déjà exonérée.
- C'est une opération à fonds perdu, plafonnée à 18 000 € nets de niches Outre-mer. La réduction dépasse l'apport, l'excédent se reporte 5 ans, mais le Girardin n'agit ni sur les prélèvements sociaux ni sur le RFR (base CEHR/CDHR). Calibrez l'investissement sur votre impôt réel.
- L'opérateur fait tout. Risque de perte en capital, de reprise de l'avantage, d'illiquidité : sur une opération one-shot, la sélection rigoureuse de l'opérateur, de la garantie et de la structure est l'étape décisive.
Un impôt résiduel élevé malgré le régime impatrié ? Le Girardin peut l'effacer en une seule opération — à condition de le dimensionner sur l'impôt réel et de filtrer l'opération. C'est exactement le rôle d'un bilan préalable.
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