Parlez à un gestionnaire de fortune indépendant
Family office, assurance-vie luxembourgeoise, private equity, structuration internationale et transmission : nous construisons une stratégie cohérente pour les patrimoines élevés, sans conflit d'intérêts.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en gestion de fortune et stratégies family office
Quentin Hagnéré accompagne les familles fortunées, dirigeants et cédants sur l'allocation multi-actifs, les enveloppes premium, la structuration patrimoniale et la transmission de long terme.
Sommaire
- 1. Le régime n'exonère pas tout : comprendre l'impôt résiduel
- 2. Cartographier vos revenus : qu'est-ce qui est exonéré, qu'est-ce qui reste taxable ?
- 3. Dans quel ordre actionner les leviers d'optimisation ?
- 4. Levier 1 : effacer un gros impôt en une fois (Girardin industriel)
- 5. Levier 2 : la déduction du revenu (PER)
- 6. Levier 3 : pourquoi capitaliser dans une AV luxembourgeoise ?
- 7. Levier 4 : l'immobilier et le foncier (SCPI européennes, déficit foncier)
- 8. Levier 5 : le non-coté (private equity, FCPI/FIP, apport-cession)
- 9. Comment combiner 155 B et défiscalisation sur les 8 ans du régime ?
- 10. Tableau récapitulatif des leviers selon votre TMI résiduelle
- FAQ — 12 questions qui reviennent en cabinet
À retenir en 30 secondes
- Le régime 155 B n'exonère pas tout : la prime d'impatriation et 50 % de certains revenus passifs étrangers sont exonérés, mais le salaire restant et le foncier français forment un impôt résiduel.
- L'optimisation est une séquence, pas une liste : on déduit (PER, déficit foncier), puis on réduit (Girardin), puis on capitalise (AV luxembourgeoise, SCPI européennes), enfin on structure (apport-cession).
- Le plafond des niches est de 10 000 € par an, porté à 18 000 € avec Girardin, SOFICA ou outre-mer ; le PER et le déficit foncier sont hors plafond.
- Deux taux de prélèvements sociaux : 17,2 % (AV, foncier) vs 18,6 % (dividendes, plus-values mobilières, PER) ; et une fenêtre IFI de 5 ans sur l'immobilier hors France.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les montants et rendements cités sont illustratifs et non garantis : les placements de défiscalisation et de diversification comportent un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée, un bilan patrimonial chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
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1. Le régime impatrié n'exonère pas tout : comprendre l'impôt résiduel
Le régime impatrié de l'article 155 B du CGI exonère la prime d'impatriation et 50 % de certains revenus passifs de source étrangère conventionnée, mais le salaire non exonéré et les revenus fonciers français restent pleinement imposables : c'est l'impôt résiduel. Chez Hagnéré Patrimoine, nous l'optimisons en séquençant déduction (PER), réduction (Girardin) et capitalisation (assurance-vie, SCPI) dans le plafond des niches de 10 000 €.
Prenez le cas, banal, d'un cadre recruté à 220 000 €, dont 50 000 € de prime exonérée, qui découvre sa première feuille d'impôt française et constate que les 170 000 € restants sont bien taxés au barème, jusqu'à 41 % puis 45 %. Le régime impatrié n'a pas effacé sa fiscalité : il a déplacé la ligne de front. Croire que le 155 B exonère tout est un contresens coûteux : le régime allège une partie des revenus, mais le salaire résiduel, le foncier français et les prélèvements sociaux suivent le droit commun. La vraie question patrimoniale n'est donc pas « suis-je exonéré ? » mais « où placer pour réduire ce qui reste taxable, et dans quel ordre ? ». La promesse de ce guide est simple : vous repartez avec une séquence claire de cinq leviers et la règle qui évite l'erreur n° 1 (déduire contre du revenu déjà exonéré).
Cette page est la page-chapeau de vos placements d'impatrié : elle cartographie les leviers et renvoie vers chaque guide spécialisé, sans dupliquer le régime lui-même. Pour les conditions du régime, la prime, la durée et la déclaration, reportez-vous au guide pilier du régime impatrié 155 B. Et si vous hésitez encore sur votre statut, le guide impatrié, expatrié ou non-résident clarifie les trois audiences à ne jamais confondre.
Ce que le régime exonère
Deux exonérations cohabitent, indépendantes l'une de l'autre (Conseil d'État, 21 octobre 2020, n° 442799). D'abord la prime d'impatriation, exonérée pour son montant réel ou, pour les seules personnes recrutées directement à l'étranger par une entreprise française, sur un forfait de 30 % de la rémunération nette (les mobilités intra-groupe doivent retenir le réel). Ensuite l'exonération de 50 % de certains revenus passifs de source étrangère : revenus de capitaux mobiliers, plus-values de cession de valeurs mobilières et produits de propriété intellectuelle, à la condition que l'État de la source ait conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative.
Ce qui reste taxable : l'impôt résiduel
Tout le reste relève du droit commun. Le salaire au-delà de la prime exonérée est imposé au barème progressif, avec une tranche marginale qui atteint 41 % puis 45 % au-delà de 181 917 € par part. Les revenus fonciers français ne sont jamais exonérés : c'est l'un des angles morts les plus fréquents. Les revenus non éligibles à l'exonération de 50 % et les prélèvements sociauxsur l'ensemble de vos placements complètent ce résiduel. Pour les très hauts revenus, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies) et la contribution différentielle (CDHR, art. 224) se calculent sur le revenu fiscal de référence : la prime exonérée le réduit, mais le résiduel pèse dans la base.
2. Cartographier vos revenus : qu'est-ce qui est exonéré, qu'est-ce qui reste taxable ?
Avant de placer un euro, il faut savoir sur quoi on agit. La stratégie d'un impatrié se construit sur le résiduel, pas sur le revenu global : déduire ou réduire contre une part déjà exonérée ne sert à rien. Le tableau ci-dessous trie vos revenus par traitement et rappelle la dualité des prélèvements sociaux 2026, qui change selon la nature du revenu.
| Type de revenu | Traitement régime 155 B | Imposition résiduelle |
|---|---|---|
| Prime d'impatriation | Exonérée (réel ou forfait 30 % du net) | 0 (dans les limites de plafonnement) |
| Salaire hors prime | Imposable | Barème IR (jusqu'à 41-45 %) + CEHR/CDHR éventuels |
| Dividendes / intérêts étrangers (conventionnés) | 50 % exonérés | Sur la part taxable : 12,8 % + PS 18,6 % |
| Plus-values mobilières étrangères (conventionnées) | 50 % exonérées | Sur la part taxable : 12,8 % + PS 18,6 % |
| Revenus fonciers français | Non exonérés | Barème IR + PS 17,2 % |
| Revenus fonciers étrangers | Selon convention applicable | Souvent neutralisés (crédit d'impôt ou taux effectif) |
Ce qu'il faut lire dans ce tableau : les plus-values mobilières et dividendes hors assurance-vie et PEAsupportent un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), tandis que l'assurance-vie et le foncier restent à 17,2 % de prélèvements sociaux. C'est cette grille qui détermine quels leviers attaquer en priorité.
Garde-fou : la fenêtre IFI de 5 ans, propre à l'impatrié
En application de l'article 964 du CGI, l'impatrié qui n'a pas été résident fiscal français durant les cinq années précédant son installation n'est imposable à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) que sur ses biens immobiliers situés en France, et seulement pendant les cinq premières années. Ses immeubles à l'étranger et ses SCPI européennes (immobilier hors France) sont donc temporairement hors de l'assiette IFI. C'est un levier d'optimisation puissant à exploiter dans cette fenêtre. Pour aller plus loin, voir le guide optimisation de l'IFI.
Hauts revenus : attention à la base CEHR et CDHR
Pour les très hauts revenus, deux contributions s'ajoutent au barème. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies) s'applique au taux de 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence (500 000 € pour un couple). La contribution différentielle sur les très hauts revenus (CDHR, art. 224) impose un plancher d'imposition de 20 % du RFR. Ce qui change la donne pour l'impatrié : la prime exonérée réduit le RFR et allège donc ces contributions, mais le résiduel y reste pleinement intégré. Avant d'activer un levier, vérifiez son effet réel sur cette base. Détail dans notre guide CEHR et CDHR des hauts revenus.
3. La logique d'optimisation de l'impatrié : dans quel ordre actionner les leviers ?
La valeur d'une stratégie d'impatrié ne tient pas à la liste des produits, mais à leur ordre d'activation. Deux mécanismes ne se confondent jamais : une déduction attaque la base imposable (elle rapporte proportionnellement à votre tranche marginale) ; une réductionattaque l'impôt lui-même (elle rapporte à l'euro près, mais dans le plafond des niches). On commence donc par l'exonération acquise, puis on déduit, puis on réduit, et enfin on capitalise.
La séquence d'optimisation de l'impatrié, en 5 étapes
1. MAXIMISER l'exoneration 155 B -> prime + 50 % passifs etrangers conventionnes (acquis, sans cout) 2. DEDUIRE le residuel taxable (hors plafond des niches) -> PER (art. 163 quatervicies) + deficit foncier (art. 156 I-3) 3. REDUIRE l'impot brut (dans le plafond des niches 10 000 / 18 000 EUR) -> Girardin industriel + FCPI-JEI / FIP Corse selon eligibilite 2026 4. CAPITALISER neutre & portable -> assurance-vie luxembourgeoise + SCPI europeennes (fenetre IFI 5 ans) 5. STRUCTURER (dirigeant) -> apport-cession 150-0 B ter (holding a l'IS, remploi 70 %)
Règle d'or : on ne déduit jamais contre du revenu déjà exonéré par le régime 155 B. La déduction n'a de valeur que face à l'impôt résiduel taxable.
Cette grille évite l'erreur la plus commune : empiler des produits de défiscalisation sans hiérarchie, et saturer le plafond des niches avec des réductions alors qu'une simple déduction (hors plafond) aurait suffi. Pour la combinaison fine entre exonération 155 B et défiscalisation, le guide dédié optimisation fiscale de l'impatrié détaille chaque arbitrage.
Construisons la séquence adaptée à votre résiduel
Chaque impatrié a un impôt résiduel différent. Nous calibrons l'ordre et le dosage des leviers en fonction de votre rémunération, de votre patrimoine et de votre horizon.
4. Levier 1 : effacer un gros impôt en une fois avec le Girardin industriel
Le Girardin industriel (art. 199 undecies B du CGI) est le levier le plus direct pour effacer un impôt résiduel élevé une année donnée. C'est une réduction d'impôt one-shot à fonds perdu : vous apportez des fonds à une opération de financement de matériel productif outre-mer et ne récupérez pas votre apport ; en contrepartie, vous obtenez l'année suivante une réduction d'impôt, indicativement supérieure à l'apport. Ce « rendement fiscal » est illustratif et non garanti.
Trois choses comptent ici pour un impatrié. D'abord, la réduction entre dans le plafond majoré des niches de 18 000 €. Ensuite, l'excédent éventuel est reportable jusqu'à la cinquième année incluse, et perdu au-delà. Enfin, il existe un risque de reprisede l'avantage si les conditions d'exploitation du matériel sur cinq ans ne sont pas respectées. Ce levier s'adresse à l'impatrié dont l'impôt brut est élevé l'année N et qui veut le réduire ponctuellement, sans logique de capitalisation.
Vigilance produit (cadre CIF)
Le Girardin est un produit à risque : la qualité de l'opérateur et le respect des conditions d'exploitation conditionnent l'avantage. Il exige une sélection rigoureuse des monteurs et une analyse des garanties. Nous retenons des opérations dont les frais figurent parmi les plus compétitifs du marchéet dont la structuration sécurise au mieux le risque de reprise. Aucun rendement n'est garanti et le capital apporté est perdu par construction.
Pour le détail spécifique à l'impatrié, voir le guide Girardin industriel pour impatrié ; pour le mécanisme général et la comparaison avec d'autres dispositifs, le pilier Girardin industriel.
5. Levier 2 : la déduction du revenu (PER)
Le plan d'épargne retraite (PER) est le levier de déductionpar excellence : les versements sont déduits de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI). Pour un impatrié à forte tranche, chaque euro versé est défiscalisé à hauteur de la tranche marginale : à 41 %, 1 000 € versés réduisent l'impôt de 410 €.
Le plafond de déduction 2026 pour un salarié atteint environ 37 680 € (10 % des revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 8 PASS), avec un plancher de 4 710 € garanti même en l'absence de revenu professionnel. Pour un travailleur non salarié, le plafond peut atteindre 88 911 €. Les plafonds non utilisés sont reportables sur trois ans.
L'erreur à ne pas commettre
Le PER ne se déduit utilement que contre le résiduel taxable : le salaire au-delà de la prime exonérée et les revenus fonciers français. Il est inutile de déduire contre du revenu déjà exonéré par le régime 155 B, puisqu'il n'y a aucun impôt à effacer sur cette part. Calibrez donc votre versement sur l'impôt résiduel, pas sur votre rémunération brute. Bon à savoir : la déduction PER est hors plafond des niches, et les gains du PER supportent des prélèvements sociaux à 18,6 %.
La contrepartie : l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé) et la sortie, en capital ou en rente, est imposée. Pour l'analyse détaillée du PER d'un impatrié, voir le guide PER de l'impatrié ; pour le fonctionnement complet, le pilier plan d'épargne retraite.
6. Levier 3 : pourquoi capitaliser dans une assurance-vie luxembourgeoise quand on est impatrié ?
L'impatrié est, par construction, mobile : il est arrivé en France et peut repartir, en particulier au moment de la sortie du régime en année 9. Cette mobilité est exactement la raison pour laquelle on conseille l'assurance-vie luxembourgeoise comme socle de capitalisation. Elle offre une neutralité fiscale (le contrat suit votre résidence fiscale), une portabilité internationale, le super-privilège du souscripteur, le multideviseet une architecture d'investissement ouverte.
Côté fiscalité française, le régime est celui de l'assurance-vie de droit commun : après 8 ans, abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, puis taux de 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes versées (12,8 % au-delà), avec des prélèvements sociaux à 17,2 %. À la transmission, l'article 990 I (primes versées avant 70 ans) prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiairepuis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà ; l'article 757 B (primes après 70 ans) prévoit un abattement global de 30 500 €.
Style de gestion : classes d'actifs, pas de noms de fonds
Nous raisonnons toujours en classes d'actifs (actions internationales, obligataire, immobilier coté, non-coté, fonds en euros) et en enveloppes, jamais en noms de fonds ou d'ISIN. L'architecture ouverte du contrat luxembourgeois permet précisément d'adapter l'allocation à votre profil de risque et à votre horizon, y compris en prévision d'un départ. Le capital investi sur les supports en unités de compte n'est pas garanti.
Pour l'analyse propre à l'impatrié, voir le guide assurance-vie luxembourgeoise pour impatrié ; pour le fonctionnement détaillé, le pilier assurance-vie luxembourgeoise.
7. Levier 4 : l'immobilier et le foncier (SCPI européennes, déficit foncier)
L'immobilier offre à l'impatrié deux leviers complémentaires : les SCPI européennes pour capter du rendement hors de l'assiette IFI, et le déficit foncier pour effacer la part de résiduel issue du foncier français.
SCPI européennes : rendement hors IFI pendant 5 ans
Les SCPI européennes détiennent de l'immobilier situé hors de France. Leurs revenus sont le plus souvent imposés à l'étranger puis neutralisés en France via la convention fiscale applicable (crédit d'impôt ou règle du taux effectif). Surtout, comme il s'agit d'immobilier hors France, elles sont hors de l'assiette IFI pendant la fenêtre de 5 ans de l'article 964 : un vrai gain pour un impatrié dont le patrimoine immobilier est important. Attention : les revenus de SCPI sont des revenus fonciers, donc exclus de l'exonération de 50 % (qui ne vise que les RCM, plus-values mobilières et propriété intellectuelle). Les SCPI françaises, à l'inverse, génèrent du foncier français pleinement taxable, dans le résiduel.
Déficit foncier : imputation sur le revenu global
Le déficit foncier (art. 156 I-3 du CGI) permet d'imputer les travaux d'un bien locatif sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an, plafond porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique d'une passoire thermique, dispositif prorogé jusqu'au 31 décembre 2027. L'excédent et la part des intérêts d'emprunt sont reportables dix ans sur les revenus fonciers. Et contrairement au Girardin, le déficit foncier ne mange pas votre plafond de niches : il en est hors, et les revenus fonciers supportent des prélèvements sociaux à 17,2 % (et non 18,6 %).
Cas chiffré B (illustratif) — effacer un foncier résiduel à forte TMI
Hypothèses : impatrié à TMI 41 %, revenus fonciers français nets de 25 000 €, programme de travaux de rénovation énergétique générant 21 400 € de déficit foncier imputable.
- Économie d'impôt sur le revenu : 21 400 € × 41 % = 8 774 €.
- Économie de prélèvements sociaux fonciers : 21 400 € × 17,2 % = 3 681 € (la base foncière imposable diminue d'autant).
- Économie totale année N : ≈ 12 455 €, hors plafond des niches, excédent et intérêts reportables 10 ans.
Dualité à retenir : le foncier est à 17,2 %, pas 18,6 %. Montants illustratifs, non garantis.
Pour approfondir, voir les guides SCPI pour impatrié et déficit foncier pour impatrié, ainsi que les piliers SCPI et déficit foncier.
8. Levier 5 : le non-coté (private equity, FCPI/FIP, apport-cession)
On va au non-coté pour deux raisons très différentes : diversifier sur le long terme via le private equity, ou, quand on est dirigeant et qu'on vend sa société, étaler l'impôtsur la plus-value via l'apport-cession.
FCPI et FIP : un cadre 2026 à manier avec prudence
Le cadre des fonds fiscaux a profondément changé. La réduction d'impôt attachée aux FCPI et FIP de droit commun a pris fin : depuis le 21 février 2026, un FCPI standard n'ouvre plus droit à réduction d'impôt. Subsistent des dispositifs ciblés : les FCPI investissant dans des jeunes entreprises innovantes (FCPI-JEI) et les FIP Corse, dont la réduction peut atteindre 30 %du versement, dans le plafond des niches de 10 000 €. Ce cadre étant mouvant, toute souscription doit être validée à la source et au moment de l'investissement : nous le traitons en détail dans le guide spécialisé.
Apport-cession 150-0 B ter : le levier du dirigeant
Pour un impatrié dirigeant qui cède sa société, l'apport-cession de l'article 150-0 B ter permet de reporter l'imposition de la plus-value : les titres sont apportés à une holding soumise à l'impôt sur les sociétés avant la cession. Si la holding cède les titres dans les trois ans, elle doit remployer au moins 70 % du produit dans une activité économique éligible sous trois ans (taux relevé par la LF 2026, contre 60 % auparavant), avec une conservation de cinq ans ; sont notamment exclus le marchand de biens, la gestion locative et la construction-revente. Les plus-values mobilières taxées le sont avec des prélèvements sociaux à 18,6 %.
Pour le détail, voir le guide private equity pour impatrié et les piliers private equity et holding patrimoniale. Les profils à très haut patrimoine consulteront aussi le guide impatriation, holding et exit tax.
9. Comment combiner exonération 155 B et défiscalisation sur les 8 ans du régime ?
L'exonération 155 B s'applique jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile suivant la prise de fonctions. Cette durée fixe impose un pilotage dans le temps : ce n'est pas la même chose d'optimiser l'année 1 ou l'année 7. Découpé dans le temps : les années 1 à 5 ouvrent la fenêtre IFI (immobilier hors France hors assiette) et permettent la montée en charge des déductions ; les années 1 à 8 bénéficient de l'exonération ; l'année 9 est le mur fiscal : bascule au droit commun.
La stratégie consiste donc à charger les leviers récurrents tôt (PER, déficit foncier, SCPI européennes dans la fenêtre IFI), à réserver les réductions one-shot (Girardin) pour les années à fort impôt brut, et à privilégier des enveloppes portables (assurance-vie luxembourgeoise) pour ne pas être pénalisé en cas de redépart à la sortie du régime.
Cas chiffré A (illustratif) — impatrié salarié, résiduel à 41 %
Hypothèses : cadre recruté depuis l'étranger, rémunération 220 000 €, prime d'impatriation exonérée 50 000 €, salaire imposable résiduel 170 000 €, tranche marginale 41 %.
- PER : versement de 37 680 € (plafond salarié 2026) → économie d'IR ≈ 37 680 € × 41 % = 15 449 € (déduction de la base, contre le résiduel taxable, jamais contre la prime exonérée ; hors plafond des niches).
- Girardin industriel : opération visant ≈ 18 000 € de réduction → réduction d'impôt one-shot ≈ 18 000 € l'année suivante (à fonds perdu, dans le plafond majoré des niches, risque de reprise).
- Total impôt évité année N : ≈ 15 449 € + 18 000 € = ≈ 33 449 €, en respectant deux logiques distinctes (base vs impôt).
Seul le Girardin s'impute sur les 18 000 € de plafond des niches ; la déduction PER reste hors plafond. Montants illustratifs, non garantis, risque de perte en capital sur le Girardin.
Pour la combinaison approfondie, voir le guide optimisation fiscale de l'impatrié ; pour préparer le mur de l'année 9, le guide sortie du régime impatrié en année 9 ; pour des exemples complets par niveau de revenu, les cas pratiques chiffrés de l'impatrié.
Une stratégie pilotée sur les 8 ans du régime
Nous bâtissons votre feuille de route année par année : fenêtre IFI, déductions récurrentes, réductions one-shot et préparation de la sortie. Bilan patrimonial offert.
10. Tableau récapitulatif des leviers selon votre TMI résiduelle
Cette synthèse croise chaque levier avec son mécanisme, son cadre de plafonnement, ses prélèvements sociaux et le profil d'impatrié auquel il s'adresse. Votre TMI(tranche marginale d'imposition : le taux qui frappe votre dernier euro de revenu, 41 % ou 45 % pour la plupart des impatriés) détermine la rentabilité de chaque déduction. Rappel : ce tableau ne dit pas seulement quoi faire, mais dans quel ordre le faire.
| Levier | Mécanisme | Plafond / cadre | PS applicable | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| PER | Déduction du revenu | ≈ 37 680 € (salarié), hors plafond niches | 18,6 % (gains) | Résiduel à 41-45 % |
| Déficit foncier | Imputation revenu global | 10 700 € (21 400 € passoire), hors niches | 17,2 % | Détenteurs de foncier français |
| Girardin industriel | Réduction one-shot | 18 000 € (avec OM/SOFICA) | — | Impôt brut élevé année N |
| FCPI-JEI / FIP Corse | Réduction 30 % | Dans le plafond de 10 000 € | 18,6 % (PV) | Profil risqué éligible 2026 |
| AV / AV luxembourgeoise | Capitalisation | Pas de plafond fiscal d'entrée | 17,2 % | Tous, mobilité année 9 |
| SCPI européennes | Foncier hors France | — (hors IFI pendant 5 ans) | 17,2 % | TMI élevée + exposition IFI |
| Apport-cession 150-0 B ter | Report de plus-value | Remploi 70 % sous 3 ans | — | Dirigeant cédant |
Mis à jour 2026 — Références légales mobilisées
Guide rédigé selon la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), à l'état du droit au 30 juin 2026.
- Régime impatrié : art. 155 B du CGI (prime + 50 % passifs étrangers) ; art. 964 (fenêtre IFI 5 ans) ; BOI-RSA-GEO-40-10 ; CE 21 octobre 2020 n° 442799 (indépendance des exonérations).
- Leviers : art. 163 quatervicies (PER) ; art. 199 undecies B (Girardin) ; art. 156 I-3 (déficit foncier) ; art. 150-0 B ter (apport-cession) ; art. 199 terdecies-0 A (FCPI/FIP).
- Plafonnement et hauts revenus : art. 200-0 A (plafond des niches 10 000 / 18 000 €) ; art. 223 sexies et 224 (CEHR et CDHR).
Hagnéré Patrimoine — cabinet de gestion de patrimoine et de fortune, Chambéry (73000), ORIAS 23002291 (CIF, COA, COBSP), membre de la CNCEF Patrimoine.
Note de méthode sur les cas chiffrés
Les deux cas chiffrés de ce guide (cas A salarié et cas B foncier) sont purement illustratifs et bâtis sur des hypothèses simplifiées de tranche marginale et de plafonds 2026. Ils servent à montrer le mécanisme de chaque levier, pas à promettre un résultat : votre économie réelle dépend de votre composition de revenus, de votre quotient familial, de l'atteinte ou non du plafond des niches et de l'évolution de la loi. Les produits de défiscalisation et de diversification comportent un risque de perte en capital et aucun rendement n'est garanti. Seule une étude personnalisée permet de chiffrer votre cas. Pour des exemples complets par niveau de revenu, voir les cas pratiques chiffrés de l'impatrié.
Bâtissons votre stratégie de placement d'impatrié
Impatrié avec un impôt résiduel à optimiser ? Nous séquençons placement et défiscalisation sur toute la durée du régime, en respectant le plafond des niches et la dualité des prélèvements sociaux.
FAQ : 12 questions qui reviennent en cabinet
Retrouvez ci-dessous les réponses synthétiques aux questions les plus fréquentes des impatriés sur l'optimisation de leur impôt résiduel et le choix de leurs placements. Chaque réponse renvoie aux guides spécialisés pour aller plus loin.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP — ORIAS 23002291
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. Il accompagne les cadres et dirigeants impatriés sous le régime de l'article 155 B du CGI et les aide à placer et défiscaliser intelligemment pendant les 8 ans du régime, puis à préparer la sortie. CIF membre de la CNCEF Patrimoine, COA et COBSP inscrit à l'ORIAS sous le numéro 23002291.

