Pourquoi l'immobilier du commissaire de justice ne se gère pas comme celui d'un autre
L'essentiel en 30 secondes
- Le commissaire de justice, officier public et ministériel, est à hauts revenus (TMI 41 à 45 %), parfois soumis à la CEHR / CDHR et à l'IFI. À ce profil, une SCPI française en direct = jusqu'à 62,2 % de fiscalité, ~2 % net.
- Le bon dispositif ne se choisit pas par produit, mais par profil fiscal : déficit foncier si vous voulez effacer du revenu global, nue-propriété si vous payez l'IFI, SCPI européennes pour échapper aux prélèvements sociaux.
- Cette page traite l'immobilier locatif / patrimonial. Les murs de l'office (immobilier professionnel), l'épargne financière et l'immobilier de la retraite ont chacun leur guide dédié (frontières détaillées plus bas).
- Garde-fou caisse : le commissaire de justice cotise à la CAVOM (base CNAVPL + complémentaire des officiers ministériels), jamais à la CPRN (notaires) ni à la CNBF (avocats).
Un commissaire de justice qui loge son épargne dans la mauvaise enveloppe paie deux fois l'addition : l'impôt d'abord, et tout ce que ce capital aurait pu rapporter ailleurs. On le voit en rendez-vous plus d'une fois : l'office tourne, les revenus sont élevés, l'épargne s'accumule, et la banque propose « de faire de l'immobilier » — quelques SCPI, un appartement à louer. On signe, content de diversifier. Puis arrive l'avis d'imposition : sur 10 000 € de loyers fonciers, il en reverse plus de 6 000 €. Personne ne lui avait posé la seule question qui comptait : sous quel régime détenir ce revenu, et à quel objectif il répond. Car le commissaire de justice n'investit pas comme tout le monde : il part du haut du barème, et c'est ce point de départ qui rend la mauvaise enveloppe si coûteuse.
Officier public et ministériel issu de la fusion des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires au 1er juillet 2022 (ord. n° 2016-728 du 2 juin 2016), le commissaire de justice combine activités à tarif réglementé (significations, exécutions, constats, ventes judiciaires) et activités concurrentielles (recouvrement amiable, ventes volontaires) : ses revenus le placent à la tranche marginale de 41 ou 45 %. À cela peut s'ajouter, au-delà de 250 000 € / 500 000 € de revenu fiscal de référence (célibataire / couple), la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, 3 puis 4 %, art. 223 sexies CGI) et la contribution différentielle (CDHR, imposition minimale de 20 %, art. 224 CGI, reconduite par la LF 2026). Et lorsque le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d'euros, l'impôt sur la fortune immobilière entre en scène (art. 964 et suivants du CGI).
Le foncier nu du commissaire de justice : la fiscalité qui mange le rendement
SCPI FRANÇAISE EN DIRECT = BARÈME IR (TMI 45 %) + PS 17,2 % 45 % + 17,2 % = 62,2 % de fiscalité Sur un rendement brut de 5 %, à 45 % de TMI : 5 % × (1 − 62,2 %) ≈ 1,9 % net
À 41-45 % de TMI, le foncier nu est le revenu le plus lourdement taxé du patrimoine. C'est le profil exact du commissaire de justice installé : celui qui paie le plus cher la SCPI française en direct, et qui a le plus d'intérêt à ranger son immobilier par objectif.
Les frontières de ce guide (et où aller pour le reste)
- Pour les murs de votre office (immobilier professionnel, option TVA art. 260, 2°), direction le montage en SCI dédié : acheter les murs de son office en SCI.
- Votre épargne financière globale (assurance-vie, liquidités, allocation) vit dans un autre guide : où placer son argent quand on est commissaire de justice.
- Quant à l'immobilier dans la stratégie retraite, on le détaille dans compléter sa retraite CAVOM avec un PER.
- Et la vision d'ensemble, la feuille de route 360, se trouve dans gestion de patrimoine du commissaire de justice.
Garde-fou : la caisse du commissaire de justice, c'est la CAVOM
La boussole 2026 : 17,2 %, 18,6 % ou 0 % de prélèvements sociaux ?
Avant toute grille de choix, il faut intégrer la dualité des prélèvements sociaux 2026. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a relevé la CSG du capital de 9,2 à 10,6 % au 1er janvier 2026. Résultat : deux taux coexistent désormais, et le type de loyer décide du taux. C'est le premier réflexe à acquérir, car le simple passage du nu au meublé change déjà la donne.
| Type de revenu immobilier | Taux PS 2026 | Régime |
|---|---|---|
| Loyers NUS / revenus fonciers / déficit foncier (SCI à l'IR) | 17,2 % | Maintenu — liste limitative (CSS L. 136-8 IV) |
| Loyers MEUBLÉS (LMNP, BIC) | 18,6 % | CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 |
| SCPI européennes (loyers de source étrangère) | 0 % | Hors champ CSG/CRDS (de Ruyter) |
| Plus-value immobilière des particuliers | 17,2 % | Maintenu — liste limitative |
Le piège : ne pas raisonner avec un seul taux
La grille de décision : quel dispositif selon votre TMI et votre IFI
C'est ici que se joue l'arbitrage. Ce n'est pas la brochure du produit qui décide, c'est votre feuille d'impôt : le commissaire de justice ne choisit pas un produit, il choisit une réponse à son profil fiscal. À 41-45 % de TMI, tout dépend de deux questions : payez-vous l'IFI, et que cherchez-vous d'abord — effacer de l'impôt tout de suite, encaisser un revenu net, ou préparer la retraite ? La grille ci-dessous croise ces réponses avec le bon dispositif.
| Votre profil | Dispositif(s) prioritaire(s) | Logique fiscale |
|---|---|---|
| TMI 41-45 %, SANS IFI | Déficit foncier + LMNP | Effacer du revenu global au taux marginal (PS 17,2 %) + loyers amortis non fiscalisés (PS 18,6 %, assiette ≈ 0) |
| Assujetti à l'IFI | Nue-propriété / démembrement + SCPI européennes | Bien hors assiette IFI (art. 968) ; revenus étrangers hors PS français (0 %) |
| Revenu complémentaire de retraite | LMNP + SCPI (en direct ou en AV) | Complète la pension CAVOM, loyers nets une fois le crédit soldé |
| Veut effacer du revenu global | Déficit foncier, Malraux, monuments historiques | Déduction au taux marginal, HORS plafond des niches de 10 000 € |
Le gain réel d'un dispositif adapté (TMI 45 %)
Sur 10 000 € de revenu immobilier brut, une SCPI française en direct ne laisse que ~3 780 € net (62,2 % de fiscalité). Une SCPI européenne laisse ≈ 9 000 € net (0 % de PS). Un LMNP amorti encaisse ≈ 9 500 € net les premières années. Le déficit foncier, lui, ne « rapporte » pas un loyer net : il efface directement de l'impôt au taux marginal. À investissement identique, on passe de ~3 780 € à ~9 000 € net sur les mêmes 10 000 € de loyers — le dispositif compte plus que le produit.
Le prix de l'inertie : rester sur le foncier plein
La SCPI française en direct et la location nue pleine cumulent le barème à 41-45 % et les 17,2 % de prélèvements sociaux. Le commissaire de justice y reverse près des deux tiers de chaque loyer. Pire : ce revenu gonfle son RFR et peut déclencher la CEHR et la CDHR, et la part immobilière entre dans l'assiette IFI. C'est exactement le piège que la grille du dessus sert à désamorcer.
Comment lire la grille : un exemple en une phrase
Quel dispositif pour votre immobilier ? On le tranche sur votre TMI et votre IFI réels.
Déficit foncier, LMNP, SCPI européennes, nue-propriété, défisc patrimoniale : chaque dispositif a un effet net différent selon votre tranche, votre RFR et votre exposition à l'IFI. On modélise votre cas de commissaire de justice avant que vous signiez.
Dispositif 1 — le déficit foncier, l'arme du taux marginal
À retenir sur le déficit foncier
Pour le commissaire de justice à 41-45 %, le déficit foncier est l'outil le plus puissant : là où le LMNP rend les loyers non imposables et où la SCPI européenne échappe aux PS, le déficit foncier mord directement sur la tranche marginale — celle qui coûte le plus cher. C'est le seul levier dont le rendement croît avec la tranche, donc le premier réflexe d'un haut revenu. Il suppose le régime réel : le micro-foncier (art. 32 CGI) n'ouvre pas droit au déficit.
L'effet TMI du déficit foncier (commissaire de justice à 41-45 %)
Économie d'IR = montant imputé × votre TMI
À TMI 41 % :
10 700 € imputés → 4 387 € d'IR économisés
21 400 € imputés → 8 774 € d'IR économisés
À TMI 45 % :
10 700 € imputés → 4 815 € d'IR économisés
21 400 € imputés → 9 630 € d'IR économisés
+ PS 17,2 % évités sur les loyers absorbés par les travauxPlus votre tranche est haute, plus le déficit foncier rapporte. À 45 %, 21 400 € de travaux de rénovation énergétique effacent 9 630 € d'impôt — auxquels s'ajoutent les 17,2 % de PS évités sur les loyers neutralisés.
| Paramètre | Règle 2026 | Référence |
|---|---|---|
| Plafond standard | 10 700 € / an imputables sur le revenu global (hors intérêts) | Art. 156, I-3° CGI |
| Plafond rénovation énergétique | 21 400 € / an pour des travaux faisant sortir le bien du statut de passoire, jusqu'au 31/12/2027 | Art. 156, I-3° CGI ; LF 2026 |
| Intérêts d'emprunt | Jamais sur le revenu global — uniquement sur les revenus fonciers (report 10 ans) | Art. 156, I-3° CGI |
| Plafond des niches | EXCLU du plafond de 10 000 € (déduction, pas réduction) | Art. 200-0 A CGI |
| Engagement de location | Maintien de la location jusqu'au 31/12 de la 3e année suivant l'imputation | BOI-RFPI-BASE-30-20 |
Me Antoine Rivière · commissaire de justice · TMI 45 % · immeuble ancien
40 000 € de travaux, 4 815 € d'impôt effacés dès la première année
Antoine achète un immeuble ancien à rénover et engage 40 000 € de travaux déductibles. La première année, il impute le plafond de 10 700 € sur son revenu global : à 45 %, c'est 4 815 € d'IR effacé, plus environ 1 840 € de prélèvements sociaux à 17,2 % évités sur les loyers absorbés par les travaux. Le solde (~29 300 €) se reporte sur les 10 années suivantes, sur ses revenus fonciers. S'il oriente ces travaux vers la rénovation énergétique, il monte à 21 400 € imputables, soit 9 630 € d'IR la première année. Aucun loyer de SCPI française classique ne produit cet effet pour lui.
Le déficit foncier, arme anti-CEHR et anti-CDHR
Dispositif 2 — le LMNP : des loyers encaissés mais peu fiscalisés
Le LMNP ne touche pas à votre impôt d'activité : il s'attaque à autre chose, rendre vos loyers quasi non imposables. La location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux (art. 35, I-5° bis du CGI : activité commerciale par nature). Au réel, l'amortissement du bâti et du mobilier (art. 39 et 39 C CGI), combiné aux charges, ramène le résultat BIC proche de zéropendant 10 à 20 ans. Vous encaissez les loyers, mais l'assiette imposable est minime.
Pour un commissaire de justice, le statut reste LMNP tant que les recettes meublées sont inférieures à 23 000 € par an OU à 50 % des revenus professionnels du foyer (art. 155, IV du CGI). Vos revenus d'office étant très élevés, le seuil des 50 % est presque toujours respecté : vous restez quasi systématiquement LMNP, même avec des loyers meublés substantiels. Conséquence à connaître : contrairement au LMP, le LMNP n'est pas exonéré d'IFI (l'exonération des biens professionnels de l'art. 975 CGI vise le seul LMP).
| Élément | Règle (LMNP au réel) | Référence |
|---|---|---|
| Catégorie de revenu | BIC (bénéfices industriels et commerciaux) | Art. 35, I-5° bis CGI |
| Amortissement | Bâti (par composants) + mobilier, hors terrain : déduit chaque année → résultat ≈ 0 | Art. 39 et 39 C CGI |
| Limite de l'amortissement | Ne peut créer ni aggraver un déficit ; l'excédent part en amortissements réputés différés, reportables sans limite | Art. 39 C CGI ; BOI-BIC-CHAMP-40-20 |
| Déficit BIC | Reportable 10 ans sur les seuls BIC LMNP — JAMAIS sur le revenu global | Art. 156, I-1° ter CGI |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % (BIC), MAIS sur une assiette ≈ 0 grâce à l'amortissement | LFSS 2026 ; CSS L. 136-8 IV |
| Plus-value à la revente | Amortissements réintégrés depuis le 15/02/2025 (réforme Le Meur), atténuée par les abattements 22 / 30 ans | Art. 150 VB III et 150 VC CGI |
Ne jamais confondre déficit BIC du LMNP et déficit foncier
L'amortissement rendu concret : 12 000 € de loyers, presque 0 € d'impôt
Réforme Le Meur : nuance, pas enterrement
Dispositif 3 — la SCPI et ses quatre façons d'échapper au foncier plein
Sur le papier, la SCPI (art. L. 214-86 et suivants du Code monétaire et financier) coche les cases du commissaire de justice qui n'a pas le temps de gérer un appartement : aucun locataire à relancer, un risque réparti sur des centaines d'immeubles, un ticket d'entrée à quelques milliers d'euros. Mais détenue en direct et française, elle retombe dans le foncier plein (41-45 % + 17,2 %), exactement le piège décrit en ouverture. Sauf qu'on peut loger de la SCPI de quatre façonsqui sortent de ce régime : une pour toucher un revenu tout de suite, une pour jouer l'effet de levier, une pour capitaliser, une pour préparer l'IFI.
Mémo express
Les 4 sorties du foncier plein avec la SCPI
- SCPI européenne — loyers de source étrangère exonérés des 17,2 % de PS (de Ruyter), IR neutralisé par convention. La meilleure pour un revenu immédiat à 41-45 %.
- SCPI à crédit — intérêts déductibles des revenus fonciers, et l'emprunt réduit l'assiette IFI (passif déductible, art. 974). L'effet de levier au taux marginal élevé.
- SCPI en assurance-vie — revenus non imposés tant qu'on ne rachète pas, puis 24,7 % après 8 ans, cadre de transmission. On y loge des françaises.
- SCPI en nue-propriété — décote, aucun revenu (0 IR / 0 PS), hors IFI (art. 968). Pour qui n'a pas besoin de revenu maintenant.
La SCPI européenne : 0 % de prélèvements sociaux
Pour le commissaire de justice à 41-45 % qui veut toucher un revenu tout de suite, c'est la première option à regarder. Les loyers d'une SCPI investie en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas ou en Irlande sont de source étrangère : ils sont exonérés des 17,2 % de prélèvements sociaux français (jurisprudence de Ruyter, CJUE C-623/13, doctrine BOI-INT-DG-20-20-100), et l'impôt sur le revenu est neutralisé par la convention bilatérale (crédit d'impôt ou taux effectif). À noter pour le commissaire de justice à l'IFI : les parts de SCPI européennes restent dans l'assiette IFIà hauteur de leur fraction immobilière (le vrai levier IFI, c'est la nue-propriété — voir §7).
Le garde-fou de Ruyter : seulement pour les affiliés UE / EEE / Suisse
SCPI à crédit, en assurance-vie ou en nue-propriété
La SCPI à crédit cumule deux avantages pour le commissaire de justice : les intérêts sont déductibles des revenus fonciers, et l'emprunt constitue un passif déductible de l'IFI (art. 974 CGI) — l'effet de levier est d'autant plus intéressant que votre TMI est élevée. Pour capitaliser sans revenu immédiat, logez des SCPI françaises dans un contrat d'assurance-vie : les revenus ne sont pas imposés tant que vous ne rachetez pas, puis après 8 ans le rachat est taxé à environ 24,7 % (avec l'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €) et la transmission bénéficie de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Voir SCPI en assurance-vie. Enfin, la nue-propriété de parts de SCPI (décote, hors IFI, aucun revenu) est traitée au §7 — voir SCPI en nue-propriété.
Et pour la trésorerie de la SEL ?
Dispositif 4 — la nue-propriété : l'arme IFI du commissaire de justice
À retenir sur la nue-propriété
Le commissaire de justice procède régulièrement à des ventes et des prisées dans le cadre de ses fonctions : il connaît la valeur d'un actif. Quand l'IFI tombe chaque année, appliquer ce même démembrement à son propre patrimoine devient un réflexe de métier. En cas de démembrement, le bien est imposé à l'IFI chez l'usufruitier pour sa valeur en pleine propriété ; le nu-propriétaire n'a rien à déclarer (art. 968 CGI, BOI-PAT-IFI-20-20-30-10). Acheter la nue-propriété d'un bien ou de parts de SCPI sort donc ce bien de votre assiette IFI pendant toute la durée du démembrement. Et comme il ne génère aucun loyer, il n'ajoute aucun revenu imposable ni prélèvement social.
Me Claire Dumont · commissaire de justice · assujettie à l'IFI
280 000 € pour un bien de 400 000 €, intégralement hors de son assiette IFI
Claire achète la nue-propriété d'un bien d'une valeur de 400 000 € avec une décote de 30 %, soit 280 000 € payés. Pendant le démembrement (par exemple 10 ans), elle ne perçoit aucun loyer : 0 IR, 0 PS. Surtout, ce bien est hors de son assiette IFI (art. 968) : en nue-propriété, elle n'a rien à déclarer, ce sont donc les 280 000 € investis qui restent hors de son patrimoine taxable à l'IFI pendant toute la durée du démembrement (et la décote de 120 000 € constitue, en plus, son économie à l'achat). Au terme, la pleine propriété se reconstitue sans droit ni impôt supplémentaire (art. 1133) : elle récupère un bien de 400 000 € pour 280 000 € investis.
Le garde-fou : pas de revenu, donc pas d'intérêts déductibles
Pour les hauts revenus : Malraux, monuments historiques et Denormandie
Restent les dispositifs de défiscalisation immobilière patrimoniale, pertinents pour un commissaire de justice à hauts revenus qui veut effacer du revenu global. Le tri se fait sur une seule ligne : hors du plafond des niches de 10 000 € (les plus utiles à 41-45 %), ou dedans.
| Dispositif | Avantage | Plafond des niches |
|---|---|---|
| Déficit foncier (rappel) | Déduction du revenu global au taux marginal (41-45 %) | HORS plafond |
| Malraux (art. 199 tervicies) | Réduction de 22 % ou 30 % des travaux de restauration (secteur protégé), engagement 9 ans | HORS plafond |
| Monuments historiques (régime spécial, art. 156, II-1° ter CGI) | Déduction d'une large part des charges et travaux sur le revenu global, conservation longue | HORS plafond |
| Denormandie (art. 199 novovicies) | Réduction d'impôt graduée selon la durée d'engagement de location (6 / 9 / 12 ans), ancien rénové (travaux ≥ 25 %), prorogé 31/12/2027 | DANS plafond 10 000 € |
La vraie précaution : ne pas confondre défisc et bon placement
Cas chiffré : commissaire de justice à 180 000 €, 40 000 € de travaux, trois options
Reprenons le cas d'une commissaire de justice associée, et faisons passer les trois dispositifs au même test. Trois options, un même budget, et à chaque fois la démonstration que le dispositif suit l'objectif. Chiffres arrondis pour la pédagogie ; votre situation réelle s'affine sur vos relevés.
Me Karine Vasseur · commissaire de justice · TMI 45 % · 180 000 € · sans IFI
Déficit foncier, LMNP ou nue-propriété : le bon choix dépend de l'objectif
Karine dégage ~180 000 € de revenus, elle est à 45 %, elle n'est pas encore à l'IFI, et elle dispose de 40 000 €à investir ou à financer. Le tableau ci-dessous compare les trois options sur ses trois critères : l'impôt effacé, l'effet IFI et les prélèvements sociaux.
| Dispositif | Économie / effet annuel | IFI | PS |
|---|---|---|---|
| Déficit foncier (immeuble ancien, 40 k€ de travaux) | ~10 700 €/an imputés → ~4 815 €/an d'IR effacé ; rénovation énergétique → 21 400 € → ~9 630 €/an ; solde reportable 10 ans | Sans effet IFI pour Karine ; si elle y était assujettie, le bien entrerait dans l'assiette (mais le crédit serait un passif déductible, art. 974) | 17,2 % évités sur les loyers absorbés |
| LMNP (même bien meublé) | Loyers quasi non fiscalisés 10-20 ans (assiette ≈ 0) ; pas d'effacement du revenu global → revenu net pour la retraite | Loyers meublés DANS l'IFI | 18,6 % sur une assiette ≈ 0 |
| Nue-propriété (décote ~30 %, ~28 k€ pour 40 k€ de pleine propriété) | 0 IR, 0 PS pendant le démembrement ; reconstitution sans droits (art. 1133) | HORS IFI (art. 968) — le plus efficace si l'IFI est dû | Aucun (pas de revenu) |
Le verdict (et pourquoi on combine souvent)
Note de méthode sur ces chiffres
Note de méthode : défiscaliser n'est pas bien investir
Cette règle vaut pour les cinq dispositifs précédents : aucun avantage fiscal ne transforme un mauvais bien en bon placement. Le commissaire de justice, habitué à constater l'état des biens dans le cadre de ses fonctions, le sait : l'économie d'impôt est certaine, le rendement et le capital ne le sont pas.
Le couple rendement / risque avant la défisc
Anti-confusion TVA : l'immobilier locatif n'ouvre PAS de récupération de TVA
Enfin, l'ordre des leviers compte. Avant d'empiler de l'immobilier, un commissaire de justice à 41-45 % a tout intérêt à saturer d'abord son PER déductible (qui réduit le revenu au taux marginal sans aucun risque immobilier) : c'est le sujet de nos guides compléter sa retraite CAVOM avec un PER et PER de la profession libérale. L'immobilier vient ensuite, en complément — pas à la place.
Qui écrit ce guide, et comment nous travaillons
En résumé : ranger son immobilier par TMI et par IFI
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes
- Sans IFI, à 41-45 % : déficit foncier (efface du revenu global au taux marginal, hors plafond des niches) + LMNP (loyers neutralisés par l'amortissement).
- Assujetti à l'IFI : nue-propriété / démembrement (bien hors assiette, art. 968) + SCPI européennes (0 % de prélèvements sociaux).
- Pour la retraite : LMNP et SCPI en complément de la pension CAVOM plafonnée.
- Boussole PS 2026 : 17,2 % sur le nu, 18,6 % sur le meublé (LMNP), 0 % sur les SCPI européennes.
- Garde-fou : défiscaliser n'est pas bien investir. On chiffre le net après impôt et risque, et on sature le PER avant d'empiler de l'immobilier.
Au fond, tout se ramène à deux questions : à quelle tranche êtes-vous (41-45 %), et payez-vous l'IFI ? Les réponses désignent le dispositif, pas l'inverse. Sans IFI, le déficit foncier (le seul qui efface du revenu global au taux marginal, hors plafond des niches) et le LMNP (loyers neutralisés) dominent. À l'IFI, la nue-propriété (qui sort le bien de l'assiette) et les SCPI européennes (0 % de PS) prennent le relais. Pour un revenu de retraite, LMNP et SCPI complètent la pension CAVOM. Et pour le haut revenu qui veut effacer du revenu global, Malraux et monuments historiques restent hors plafond.
Mais chaque dispositif a ses conditions et ses pièges (dualité des PS 17,2 / 18,6 / 0 %, déficit BIC cantonné du LMNP, réforme Le Meur, absence d'intérêts déductibles en nue-propriété, engagements longs de la défisc patrimoniale). Cette page traite l'immobilier de placement : pour les murs de l'office, voir acheter les murs de son office en SCI ; pour l'épargne financière, où placer son argent quand on est commissaire de justice ; pour la stratégie d'ensemble, gestion de patrimoine du commissaire de justice. Les notaires, profession proche, trouveront leur propre feuille de route dans investissement immobilier du notaire.
Ranger votre immobilier par votre TMI et votre IFI réels, dispositif par dispositif
Tri déficit foncier / LMNP / SCPI / démembrement modélisé sur votre tranche et votre RFR, sortie d'IFI, articulation avec la SEL, la SPFPL et la retraite CAVOM : un audit indépendant complet avant d'investir. Cabinet ORIAS 23002291, basé à Chambéry.

