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Guide commissaires de justice 202620 minMis à jour 25 juin 2026Page hub hauts revenus

Défiscalisation du commissaire de justice : 9 dispositifs pour réduire l'impôt d'un officier ministériel

Vous êtes commissaire de justice (ex-huissier), votre TMI est à 41 % ou 45 %, votre caisse CAVOM plafonne, et on vous propose chaque année des « produits de défisc » jamais triés. Voici le catalogue : 9 dispositifs classés du plus structurel et sûr (PER jusqu'à 88 911 €, SEL + SPFPL) au plus risqué (Girardin, FIP / FCPI). Chaque levier indique son ordre de grandeur d'économie, s'il échappe au plafond des niches de 10 000 €, et son niveau de risque. Cas chiffré : un commissaire de justice associé à 180 000 € de bénéfice. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE COMMISSAIRE DE JUSTICE 2026

Trier votre défisc de commissaire de justice et piloter votre RFR sous les seuils

Audit de votre situation de commissaire de justice à hauts revenus : plafond PER 154 bis, exercice en SEL / IS et SPFPL, apport-cession 150-0 B ter, immobilier d'assiette (déficit foncier, LMNP, nue-propriété), et tri des produits à risque (forestiers, FIP / FCPI, Girardin). Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Tri des 9 dispositifs par sûreté
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Stratégie report vs réduction d'assiette
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

41-45 %

PER DÉDUCTIBLE MAX

88 911 €

PLAFOND DES NICHES

10 000 €

IS SEL

15 / 25 %

9 DISPOSITIFS

triés par risque

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CADRE·3 MIN

Commissaire de justice à haut revenu : pourquoi trier ses leviers (et comment lire ce guide)

L'essentiel en 30 secondes

Chaque automne, votre comptable sort le résultat de l'office — et le téléphone se met à sonner : forestier, Girardin, FCPI « à boucler avant le 31 ». Le point commun ? Aucun n'est jamais rapporté à votre niveau réel d'impôt. Ce guide le fait, en rangeant les dispositifs en trois familles : les leviers structurels (PER, SEL, SPFPL), l'immobilier d'assiette (déficit foncier, LMNP, démembrement) et les produits de réduction d'impôt à risque (forestiers, FIP / FCPI, Girardin). Chaque fiche indique trois choses : l'économie à TMI 41-45 %, si le dispositif est dans ou hors du plafond des niches de 10 000 €, et son niveau de risque. À 41-45 % de TMI, le bon réflexe n'est plus de courir après une réduction d'impôt plafonnée : c'est de baisser l'assiette (votre revenu fiscal de référence) et de reporter le revenu de l'année.

Le problème n'a jamais été le manque de produits de défisc : c'est qu'aucun ne vous est jamais présenté trié, ni rapporté à votre niveau réel d'imposition. Ce guide fait ce tri une bonne fois : 9 dispositifs, classés du plus sûr au plus risqué, avec pour chacun l'économie à 41-45 %, son rapport au plafond des niches et le piège à connaître.

Reprenons depuis la base. Un commissaire de justice associé qui dégage un bénéfice confortable se place presque mécaniquement dans la tranche à 41 % ou 45 % de l'impôt sur le revenu (article 197 du CGI), la tranche à 45 % débutant au-delà d'environ 181 917 € par part. Vous êtes officier public et ministériel — une profession née de la fusion des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires, effective le 1er juillet 2022 (ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016). Vos activités à tarif réglementé (significations, exécutions forcées, constats, ventes judiciaires) et vos activités concurrentielles (recouvrement amiable, ventes volontaires) relèvent des bénéfices non commerciaux, déclarés au réel. Et, point trop souvent oublié, vos actes sont soumis à la TVA au taux normal de 20 %, que vous récupérez sur vos frais.

Au-delà du barème, l'impôt s'empile. Les prélèvements sociaux frappent vos revenus du capital (17,2 % ou 18,6 % selon le support, on y revient). La CEHR, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (article 223 sexies), frappe le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (célibataire ; 500 000 € pour un couple). Et, pour les très hauts revenus, la CDHR (article 224) impose un plancher de 20 % du RFR. Tant que cet empilement n'est pas chiffré, on signe un produit sans savoir s'il rapporte 45 centimes ou 12 par euro déduit.

L'empilement fiscal d'un commissaire de justice à haut revenu en 2026. Plus le revenu monte, moins la question est le taux marginal : c'est l'assiette (le RFR) qui pilote tout.
PrélèvementBase de calculTaux / seuil 2026
IR au barème (art. 197)Revenu net imposable par part0 / 11 / 30 / 41 / 45 % — tranche à 45 % > ~181 917 €/part
CEHR (art. 223 sexies)Revenu fiscal de référence3 % de 250 k€ à 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) ; 500 k€ / 1 M€ (couple)
CDHR (art. 224)RFR retraitéImpôt minimum de 20 % si RFR > 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple)
Prélèvements sociauxRevenus du capital, selon support17,2 % (foncier, AV) ou 18,6 % (PER, dividendes, parts de SEL, LMNP, PV pro)

Le vrai pilote de la facture, ce n'est pas seulement votre taux marginal, c'est votre revenu fiscal de référence. C'est lui qui disqualifie la moitié des produits qu'on vous propose. D'où le tri qui suit. Pour le panorama d'ensemble du libéral fortement imposé, voyez payer moins d'impôts quand on est une profession libérale à hauts revenus.

Trois familles de leviers, un seul mode d'emploi

Ce guide est un catalogue, à dessein. Il déroule les 9 dispositifs dans l'ordre où on devrait y penser : d'abord la structure (PER, SEL, SPFPL), puis l'immobilier d'assiette (déficit foncier, LMNP, démembrement), enfin les produits à risque (forestiers, FIP / FCPI, Girardin) et les petits leviers. Pour le montage structurel du BNC vers la SEL, voyez l'optimisation fiscale du commissaire de justice ; pour la stratégie patrimoniale globale, voyez la gestion de patrimoine du commissaire de justice. Ici, on trie les leviers.
§ 2PROFIL CJ·4 MIN

Les 4 spécificités fiscales du commissaire de justice que les autres guides oublient

Avant les dispositifs, quatre points propres au commissaire de justice. Sous-estimez-en un seul et toute la stratégie repose sur un rendement fantôme.

1. La retraite, c'est CNAVPL + CAVOM, jamais la CNBF ni la CPRN

Premier réflexe à corriger : le commissaire de justice ne relève pas de la CNBF (caisse des avocats), ni de la CPRN (caisse des notaires). Sa retraite de base est gérée par la CNAVPL par points, comme toutes les sections libérales, sur une assiette plafonnée. Sa retraite complémentaire est servie par la CAVOM, la Caisse d'Assurance Vieillesse des Officiers Ministériels, des Officiers Publics et des Compagnies — qui couvre les deux ex-professions (huissiers et commissaires-priseurs judiciaires) fusionnées au 1er juillet 2022. C'est un régime corrélé aux revenus de l'office et plafonné sur sa base : le taux de remplacement reste modeste pour un haut revenu.

C'est là que le PER (dispositif 1) prend tout son sens : il ne fait pas que réduire votre impôt, il comble l'écart entre votre niveau de vie d'activité et ce que la CNAVPL et la CAVOM serviront. Pour le diagnostic de votre caisse, voyez la retraite du commissaire de justice (CAVOM) et, pour la compléter, compléter sa retraite CAVOM avec un PER ; pour le cadre général, la retraite des professions libérales et le pilier le guide complet du plan d'épargne retraite.

2. Officier ministériel = déclaration contrôlée obligatoire (jamais micro-BNC)

Celle-là, on ne vous la dit jamais en formation. En tant qu'officier public et ministériel nommé par le Garde des Sceaux, le commissaire de justice relève de la déclaration contrôlée (déclaration 2035), quel que soit son chiffre d'affaires. Le régime micro-BNC et son abattement forfaitaire de 34 % (seuil de recettes de 83 600 € en 2026) ne vous concernent jamais en pratique : vos revenus d'office le dépassent très largement. Vous êtes au réel d'office.

Le réel, ce n'est pas un handicap : c'est ce qui rend la défisc possible

La déclaration contrôlée n'est pas une corvée administrative : c'est elle qui débloque vos leviers. Au réel, vous déduisez l'intégralité de vos frais professionnels réels (et non un abattement forfaitaire), et tous les dispositifs d'assiette — le PER 154 bis, le Madelin prévoyance, le déficit foncier— s'appliquent pleinement. Au micro, vous perdriez l'essentiel de cette boîte à outils. Le réel la déverrouille.

3. La TVA à 20 %, récupérable (vous n'êtes PAS exonéré)

C'est l'inverse exact des professions de santé humaine. Vos actes — significations, exécutions forcées, constats, recouvrement, ventes — sont soumis à la TVA au taux normal de 20 %. Vous la facturez et, surtout, vous récupérez la TVA déductible sur vos frais : locaux de l'office, matériel informatique, logiciels métier, documentation, véhicules, sous-traitance, abonnements. L'exonération de TVA des soins (article 261-4-1° du CGI) ne vous concerne jamais : elle vise la santé de la personne humaine.

La TVA, un vrai levier sur l'immobilier de l'office

Parce que vous êtes assujetti, vous pouvez récupérer la TVA sur les murs de votre office : en logeant l'immeuble dans une SCI qui opte pour la TVA des loyers nus à usage professionnel (article 260, 2° du CGI), la SCI récupère la TVA sur l'acquisition ou les travaux. C'est un avantage structurel que les professions exonérées n'ont pas. Pour le montage, voyez acheter les murs de son office en SCI et, plus généralement, acheter les murs de son cabinet en SCI.

4. La transmission passe par la cession de la finance d'office (plus-value professionnelle)

Reste le point qui pèse le plus lourd le jour de la sortie. Le commissaire de justice ne « possède » pas une clientèle au sens commercial du terme : il présente un successeur, agréé par la Chancellerie, et lui cède son droit de présentation, autrement dit sa finance d'office. Fiscalement, le produit de cette cession est une plus-value professionnelle (et non une plus-value mobilière de cession de titres). Cela ouvre les régimes d'exonération propres aux libéraux — articles 151 septies (selon les recettes), 238 quindecies (selon la valeur) et 151 septies A (départ en retraite) —, que nous détaillerons au cas chiffré. Retenez dès maintenant que le 151 septies A exonère l'IR mais pas les prélèvements sociaux (18,6 %). Pour le détail, voyez la fiscalité de la cession de la finance d'office.

Pourquoi ce bloc change tout

Ces quatre points ne sont pas du décorum juridique : ils pèsent sur vos arbitrages. La CNAVPL + CAVOM (jamais la CNBF ni la CPRN) rend le PER d'autant plus utile (la base est plafonnée). La déclaration contrôlée ouvre tous les leviers d'assiette au réel. La TVA récupérable ouvre un levier sur l'immobilier de l'office. Et la cession de la finance d'office obéit au régime des plus-values professionnelles, pas à celui des titres. Gardez-les en tête en lisant les 9 dispositifs.
§ 3LA MÉTHODE·3 MIN

Réduction d'impôt, d'assiette ou report : la grille qui élimine la moitié des produits

En rendez-vous, c'est par là que je commence. Tous les « avantages fiscaux » ne se valent pas : il en existe trois familles, et à 41-45 % deux seulement tiennent debout.

Réduction d'impôt — plafonnée et fragile

FIP, FCPI, Girardin, Sofica, emploi à domicile. L'avantage vient en diminution de l'IR, dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A ; 18 000 € avec Girardin / Sofica). Les groupements forestiers relèvent quant à eux d'un crédit d'impôt propre (art. 200 quindecies), hors de ce plafond. Pour les hauts revenus exposés à la CDHR (art. 224), une partie de l'avantage peut même être reprise. Ce levier reste secondaire.

Réduction d'assiette — efficace

PER (154 bis), déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété / démembrement. L'avantage baisse le revenu imposable, donc le RFR lui-même. Hors plafond des niches (BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 § 110), il abaisse aussi l'assiette de la CEHR et de la CDHR. C'est efficace, même à hauts revenus. À part : les dons (art. 200) sont une réduction d'impôt hors plafond des niches — ils baissent l'IR, pas le RFR.

Et il existe une troisième famille, souvent la plus lourde pour un commissaire de justice qui exerce en société : le report. Le bénéfice non distribué d'une SEL à l'IS, ou la plus-value placée en report via l'apport-cession (article 150-0 B ter), sort tout simplement le revenu de votre déclaration de l'année. Ce revenu n'entre alors pas dans votre RFR.

Trois familles, deux gagnantes à 41-45 %. La méthode : saturer d'abord les déductions d'assiette hors plafond, puis structurer, et seulement en dernier consommer le plafond des niches.
FamilleExemplesDans le plafond 10 000 € ?Effet sur le RFRVerdict CJ
Réduction d'impôtFIP, FCPI, Girardin, forestiersOui (sauf forestiers, crédit à part)Aucun — joue le taux d'impôtSecondaire
Réduction d'assiettePER, déficit foncier, MH, démembrementNon — hors plafondBaisse le RFREfficace
ReportSEL / IS non distribuée, 150-0 B terNonSort le revenu de l'annéeEfficace

La hiérarchie est simple : on sature d'abord les déductions d'assiette hors plafond (PER, déficit foncier), puis on structure (SEL, SPFPL), et seulement en dernier on consomme le plafond de 10 000 € (emploi à domicile, FCPI JEI, Girardin à 18 000 €). Les dons (art. 200) restent à part : réduction d'impôt hors plafond, mais sans effet sur le RFR. Tout montage doit reposer sur une substance économique réelle, faute de quoi il s'expose à l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). Pour le détail du plafond, voyez le plafond global des niches de 10 000 € et, sur les surtaxes, la CDHR de la profession libérale.

Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4DISPOSITIF 1 — ASSIETTE·3 MIN

Dispositif 1 — le PER / Madelin TNS (article 154 bis), le levier n°1

C'est le levier d'assiette le plus efficace à votre disposition, et c'est par là qu'il faut commencer. Le plan d'épargne retraite déductible n'est pas une réduction d'impôt : c'est une déduction du revenu. Il baisse donc à la fois votre IR et votre RFR — soit les deux lignes qui font mal à 41-45 %. [ Économie forte · Hors plafond · Risque faible ]

En tant que travailleur non salarié (BNC, ou gérant majoritaire de SELARL), vous bénéficiez du plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI, bien plus large que celui des salariés : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 €. Si vous présidez une SELAS (dirigeant assimilé salarié), c'est l'article 163 quatervicies qui s'applique à la place.

Le plafond PER TNS 2026, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

EXEMPLE 180 000 EUR de benefice :
  10 % x 180 000 + 15 % x (180 000 - 48 060)
  = 18 000 + 19 791                         = 37 791 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS). Sur un bénéfice de 180 000 €, le plafond est de 37 791 €. À 41 % de TMI (le seuil de la tranche à 45 % se situe au-delà de ~181 917 € par part), saturer ce plafond représente environ 15 494 € d'impôt en moins — et un RFR abaissé d'autant.

Le PER joue sur deux tableaux : l'économie d'IR immédiate, qui vaut approximativement votre versement × votre TMI, et — ce qui compte vraiment à votre niveau — la baisse du RFR du montant versé, qui allège aussi l'assiette de la CEHR et de la CDHR. C'est l'archétype du levier d'assiette, et il est d'autant plus pertinent que votre retraite obligatoire (CNAVPL + CAVOM) est plafonnée sur sa base.

Note de méthode : « versement × TMI » est un raccourci

En rendez-vous, je ne me contente jamais du raccourci : je calcule l'économie réelle, ligne par ligne. La formule « versement × TMI » surestime légèrement le gain : une déduction se « déverse » du haut vers le bas de votre barème, et sa toute dernière fraction peut tomber dans la tranche à 41 % et non à 45 %. À cela s'ajoute l'effet, lui bien réel, sur la CEHR et la CDHR. Autrement dit, le chiffre exact dépend de votre nombre de parts et de votre RFR : les ordres de grandeur de ce guide servent à hiérarchiser les leviers, pas à remplir votre déclaration. C'est le travail de modélisation que l'on fait, chiffres en main, avec votre expert-comptable.

La prévoyance et la perte d'emploi Madelin

Deux enveloppes sœurs s'accrochent au même article 154 bis, et on les laisse trop souvent de côté. La prévoyance et la complémentaire santé Madelin sont déductibles jusqu'à environ 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans une limite globale de 3 % de 8 PASS ; plafond à confirmer à la source). La garantie perte d'emploi du TNS est déductible à hauteur de 1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du PASS. Ce sont des plafonds distincts de celui du PER retraite : ils s'empilent avec lui. Pour la couverture du libéral, voyez la prévoyance de la profession libérale.

À la sortie, les prélèvements sociaux du PER sont à 18,6 %

Une précision honnête. À la sortie en capital, la part « versements déduits » est imposée au barème de l'IR et la part « gains » au prélèvement forfaitaire unique. Attention : depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le PER reste néanmoins un excellent report : vous déduisez à 45 % aujourd'hui pour une sortie souvent à une TMI plus basse à la retraite. Pour le calcul détaillé et le deep-dive de la caisse, voyez compléter sa retraite CAVOM avec un PER et combien déduire avec le PER d'une profession libérale.
§ 5DISPOSITIFS 2 & 3 — REPORT·5 MIN

Dispositifs 2 & 3 — passer en SEL et coiffer d'une SPFPL

L'essentiel en 30 secondes

La SEL à l'IS ne vous fait pas payer moins d'impôt sur ce que vous consommez : elle évite de faire remonter à votre RFR le bénéfice que vous ne consommez pas (imposé à l'IS à 15 puis 25 %, et non à 45 % + surtaxes). La SPFPL par-dessus fait remonter les dividendes de la SEL quasi en franchise d'impôt (régime mère-fille, exonération à 95 %) pour les capitaliser. Deux pièges : la fin de l'abattement de 10 % sur la rémunération technique (CE 8 avril 2025) et les cotisations sociales sur les dividendes au-delà de 10 %, que la SPFPL n'efface pas.

On touche ici aux leviers qui changent durablement la donne sur votre RFR — et les plus mal compris. L'idée n'est pas de payer moins d'impôt sur ce que vous consommez, mais de ne pas faire remonter à votre déclaration personnelle le bénéfice que vous ne consommez pas. Ce guide en donne l'ordre de grandeur ; le montage détaillé est traité dans les guides dédiés.

Dispositif 2 — la SEL à l'IS et le pilotage rémunération / dividendes

Tant que vous exercez en BNC (ou en SCP semi-transparente), l'intégralité de votre bénéfice est imposée à votre nom, au barème, qu'elle soit consommée ou non. En SEL à l'impôt sur les sociétés, le bénéfice que vous laissez dans la société est imposé à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), puis 25 % (article 219) — et ne remonte pas à votre RFR. Vous décidez de ce que vous vous versez, donc vous pilotez directement l'assiette de la CDHR. Le cadre juridique est celui de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (entrée en vigueur le 1er septembre 2024). La société n'a d'intérêt que sur la part du bénéfice que vous n'avez pas besoin de consommer ; sur ce que vous sortez pour vivre, le gain est nul.

Le piège : la fin de l'abattement de 10 % (CE 8 avril 2025)

Avant de basculer, intégrez ceci : votre rémunération technique d'associé de SEL, correspondant à votre activité libérale, est désormais imposée en BNC (Conseil d'État, 8 avril 2025, n° 492154), ce qui supprime l'abattement forfaitaire de 10 % : vous déduisez vos frais réels à la place. Cela change l'équation d'un passage en société et doit être modélisé. Pour le détail des arbitrages, voyez l'optimisation fiscale du commissaire de justice et, sur le principe BNC vs SEL, BNC ou SEL pour une profession libérale.

Le garde-fou dividendes : le seuil de 10 % du capital

Un piège social guette quand vous distribuez des dividendes depuis une SEL. La fraction de dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associé est assujettie aux cotisations sociales du professionnel en exercice (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), et non au seul prélèvement forfaitaire. En deçà de ce seuil de 10 %, les dividendes relèvent du PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026). C'est tout l'enjeu de l'arbitrage rémunération / dividendes. Voyez les dividendes en SEL de commissaire de justice, salaire ou dividendes en SEL et les cotisations sociales sur les dividendes de SEL.

Dispositif 3 — la holding SPFPL et le régime mère-fille

Au-dessus de votre SEL, vous pouvez interposer une SPFPL (société de participations financières de profession libérale), une holding dédiée aux libéraux. Depuis l'ordonnance 2023-77, elle peut détenir jusqu'à 100 % des droits de la SEL. Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL bénéficient du régime mère-fille : ils sont exonérés à 95 % (articles 145 et 216 du CGI), seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée — soit un frottement effectif d'environ 1,25 %. La détention doit être d'au moins 5 % et conservée au moins deux ans. La trésorerie remontée capitalise dans la holding plutôt que d'alourdir votre RFR. Pour le montage complet, voyez la SPFPL de commissaire de justice et la SPFPL de la profession libérale.

Point de vigilance : la SPFPL n'efface pas les cotisations sur les dividendes

Une idée reçue tenace mérite d'être corrigée. Faire détenir la SEL par une SPFPL ne fait pas échapper la fraction de dividendes excédant 10 % aux cotisations sociales du professionnel en exercice (article L. 131-6 CSS). La Cour de cassation (2e chambre civile, 19 octobre 2023, n° 21-20.366), dans une affaire concernant un chirurgien-dentiste, a jugé que l'interposition de la holding n'y faisait pas échapper — un principe a priori transposable au commissaire de justice. Une réponse ministérielle n° 01461 du 21 août 2025 a toutefois nuancé la portée de cet arrêt, qui ne serait pas un arrêt de principe à généraliser sans examen des circonstances (importance des dividendes au regard de la rémunération, position majoritaire dans la SEL et dans la SPFPL). À traiter comme un point de vigilance, à arbitrer au cas par cas. Voyez les cotisations sociales sur les dividendes de SEL.

Et pour la cession ou la transmission : l'apport-cession (150-0 B ter)

Le jour où vous cédez vos titres de SEL, l'apport-cession permet de placer la plus-value en report d'imposition (article 150-0 B ter) : vous apportez d'abord vos titres à une holding que vous contrôlez, qui les cède ensuite. Si la holding cède dans les trois ans, le report est maintenu sous condition de réinvestissement dans une activité économique éligible. Attention : la loi de finances 2026 a durci ce réinvestissement pour les cessions par la holding à compter du 21 février 2026 (quotité portée à 70 %, délai et conservation allongés), point à confirmer au texte. La trésorerie de la holding peut alors capitaliser. Voyez l'apport-cession 150-0 B ter de la profession libérale et la holding patrimoniale.
§ 6DISPOSITIF 4 — ASSIETTE·4 MIN

Dispositif 4 — le déficit foncier qui efface du revenu (et les Monuments Historiques)

Après la structure, l'immobilier d'assiette. Deux dispositifs effacent du revenu imposable à votre TMI : l'un plafonné et accessible, l'autre non plafonné mais exigeant.

Le déficit foncier (ancien à rénover)

Le déficit foncier n'a rien de séduisant sur une plaquette, et pourtant : à 45 %, je connais peu de dispositifs qui rendent autant pour chaque euro de travaux. Quand vous achetez un bien ancien à rénover et que vous le louez nu, les travaux déductibles (hors intérêts d'emprunt) qui dépassent vos loyers créent un déficit foncier. Ce déficit s'impute sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an (article 156 du CGI) ; l'excédent et les intérêts restent reportables dix ans sur vos revenus fonciers. [ Économie moyenne · Hors plafond · Risque faible ]

À 45 %, imputer 10 700 € représente environ 4 815 € d'impôt en moins, et votre RFR baisse d'autant. Et un détail qui change le rendement net : les revenus fonciers (location nue, SCI à l'IR) restent à 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, et non 18,6 %. Pour le détail du dispositif, voyez le déficit foncier et les revenus fonciers 2026.

Le doublement à 21 400 € est prorogé jusqu'au 31/12/2027

Bonne nouvelle : le plafond doublé à 21 400 €, réservé aux travaux de rénovation énergétique qui sortent un bien du statut de passoire thermique (passage du DPE de E, F ou G à A, B, C ou D par une entreprise RGE), a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 47). À 45 %, imputer 21 400 € représente environ 9 630 € d'impôt en moins. Vérifiez l'éligibilité (DPE de départ, entreprise RGE, calendrier des travaux) avant tout engagement.

Pour aller plus loin : les Monuments Historiques

Quand vos autres déductions sont saturées et que votre TMI est à 45 % avec CEHR, le régime des Monuments Historiques (articles 156 et 156 bis du CGI) passe en tête : c'est le seul levier d'assiette qui ne plafonne jamais. Il autorise la déduction des charges et des travaux du revenu global sans aucun plafond, et hors plafond des niches, contre un engagement de conservation de quinze ans et un bien classé ou inscrit. [ Économie forte · Hors plafond · Risque moyen — engagement 15 ans ]

Déficit foncier vs Monuments Historiques. Deux déductions d'assiette hors plafond, mais l'une est accessible et plafonnée, l'autre illimitée contre un engagement de quinze ans.
CritèreDéficit foncier (art. 156)Monuments Historiques (art. 156 / 156 bis)
Plafond d'imputation10 700 € / an (21 400 € rénovation énergétique, prorogé 2027)Aucun plafond
Plafond global des nichesHors plafondHors plafond
Engagement de conservationAucun (3 ans pour le déficit imputé)15 ans
Type de bienAncien à rénover, loué nuClassé ou inscrit (MH)
Prélèvements sociaux17,2 % (revenus fonciers)17,2 % (revenus fonciers)
Profil cibleTous, levier du plus grand nombreHauts revenus déjà saturés

Déficit foncier ou Monuments Historiques : lequel pour vous ?

Le déficit foncier est plafonné à 10 700 € (21 400 € en rénovation énergétique) et accessible avec n'importe quel bien ancien à rénover : c'est le levier du plus grand nombre. Les Monuments Historiques sont non plafonnés mais réservés aux profils très imposés, prêts à un engagement de quinze ans sur un bien protégé. Pour le détail des deux et le cadre immobilier du libéral, voyez les Monuments Historiques, l'investissement immobilier du commissaire de justice et l'immobilier de la profession libérale.
§ 7DISPOSITIFS 5 & 6 — IMMOBILIER·3 MIN

Dispositifs 5 & 6 — LMNP meublé, SCPI et démembrement

Le LMNP (location meublée non professionnelle), on me le réclame à chaque rendez-vous. Sauf que depuis 2025, ses règles ne sont plus tout à fait celles que la plupart des confrères ont en tête. Les loyers meublés relèvent des BIC : au régime réel, l'amortissement du bien et du mobilier vient effacer comptablement une grande partie des loyers, qui sont donc souvent peu ou pas fiscalisés pendant des années. Attention toutefois : les prélèvements sociaux des loyers meublés sont à 18,6 % en 2026 (revenus BIC), et non 17,2 %. [ Économie moyenne · Revenu BIC amorti (ni niche plafonnée, ni déduction du revenu global) · Risque faible ]

Réforme Le Meur : les amortissements réintégrés dans la plus-value

Le changement à connaître absolument. Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente (article 150 VB III du CGI) : la plus-value taxable s'en trouve mécaniquement majorée. Sont exonérées de cette réintégration certaines résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD). Les transmissions par donation ou succession ne sont pas concernées, et les abattements pour durée de détention restent applicables. L'amortissement reste un atout sur le rendement courant, mais le gain de sortie est désormais à relativiser. Pour le détail, voyez l'investissement immobilier du commissaire de justice.

L'alternative d'assiette : SCPI, nue-propriété et démembrement

Si votre objectif est avant tout de ne pas alourdir votre RFR, le démembrement est plus adapté que le LMNP. L'achat en nue-propriété consiste à acquérir un bien (ou des parts de SCPI) avec une décote d'environ 25 à 40 %, l'usufruit étant temporairement détenu par un tiers. Pendant le démembrement, vous ne percevez aucun loyer : votre RFR n'augmente pas, ce qui est précieux pour rester sous les seuils CEHR / CDHR. Le bien échappe à l'IFI pour le nu-propriétaire (article 968 du CGI, barème de l'article 669). Les SCPI en pleine propriété, elles, génèrent des revenus fonciers (prélèvements sociaux à 17,2 %), que l'on peut neutraliser à crédit ou via des SCPI européennes (conventions fiscales + crédit d'impôt). Voyez les SCPI, le démembrement et la nue-propriété, l'optimisation de l'IFI et, pour l'épargne perso, où placer son argent quand on est commissaire de justice.

Note de méthode : ce qu'une projection immobilière ne dit pas

Les rendements locatifs et les décotes de nue-propriété annoncés sont des ordres de grandeur de marché, pas des promesses. La performance dépend de l'emplacement, de la vacance, des charges réelles et de l'évolution des prix : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un investissement immobilier comporte un risque de perte en capital et d'illiquidité. Un amortissement ne rattrape pas un appartement mal placé qui ne se loue pas. Le bien d'abord — l'emplacement, le DPE, la demande locative réelle —, la fiscalité ne vient qu'après, en bonus.
§ 8DISPOSITIFS 7 & 8 — RISQUE·5 MIN

Dispositifs 7 & 8 — les produits de défisc à risque (forestiers, FIP / FCPI, Girardin)

C'est la famille qu'on vous propose le plus en fin d'année. C'est aussi celle dont je me méfie le plus. Ces produits offrent une réduction d'impôt réelle, mais ce que la brochure met en petit — l'argent que vous ne reverrez pas avant 7 ou 10 ans, et le risque de perte en capital — pèse souvent plus lourd que les pourcentages affichés. Je vous donne les chiffres que la plaquette du fonds oublie de mettre en avant.

Dispositif 7a — groupements forestiers (GFF) et viticoles (GFV)

Souscrire des parts de groupement forestier ouvre droit à un crédit d'impôt de 25 % des versements (article 200 quindecies du CGI, dispositif DÉFI-Forêt), dans la limite de 6 250 € de versements (seul) ou 12 500 € (couple) — soit une réduction maximale d'environ 1 563 € (seul) ou 3 125 € (couple) —, contre un engagement de conservation. Attention : il ne faut jamais évoquer un taux de 18 % via l'article 199 decies H — cet article est abrogé depuis 2023. [ Économie faible · Crédit 25 % plafonné · Risque moyen — illiquidité ]

Le forestier a aussi un intérêt IFI : 75 % de la valeur des parts de GFF sont exonérées (article 976 du CGI), sous condition de gestion durable ; les GFI agréés AMF, eux, en sont exclus. Côté transmission, un abattement de 75 % s'applique (régime Monichon). Les groupements viticoles (GFV) suivent une logique voisine. Voyez GFI, GFF et forêts et, pour l'IFI, l'optimisation de l'IFI.

Dispositif 7b — FIP / FCPI (réforme 2026)

Le capital-investissement défiscalisant (article 199 terdecies-0 A) a été profondément remanié. La plupart des FIP et FCPI classiques sont supprimés pour les versements effectués à compter du 21 février 2026 : ne subsistent essentiellement que le FIP Corse, le FIP Outre-mer et les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes (JEI), dont le taux est porté à 30 %. Pour les FIP Corse / Outre-mer, la réduction reste enfermée dans le plafond des niches de 10 000 € ; le FCPI JEI, lui, en est exclu (il dispose d'un plafond propre). Dans tous les cas, l'avantage peut être neutralisé par la CDHR pour les hauts revenus, avec un risque de perte en capital et une illiquidité de plusieurs années. [ Économie faible · Dans le plafond 10 000 € · Risque élevé ]

Pour l'état des lieux complet, voyez les FIP et FCPI 2026 et, pour le capital-investissement patrimonial (hors défisc), le private equity.

Dispositif 8 — le Girardin industriel

Le Girardin industriel (article 199 undecies B du CGI) ne ressemble à aucun autre levier : vous versez dans une opération outre-mer un capital que vous ne récupérez jamais — c'est le principe du « à fonds perdus » —, et l'année suivante l'avantage fiscal, supérieur à l'apport, se matérialise sous forme de réduction d'impôt. Il bénéficie du plafond majoré des niches à 18 000 € (article 200-0 A). L'opération suppose un agrément au-delà de certains seuils et une conservation de cinq ans. [ Économie ponctuelle · Plafond 18 000 € · Risque élevé — reprise possible ]

Le risque majeur est la requalification ou la reprise de l'avantage si l'exploitation outre-mer ne respecte pas ses conditions. En pratique, on n'y accède que via une société dédiée et un opérateur agréé. À réserver à un impôt élevé et certain. Voyez le Girardin industriel.

La règle déontologique : ne jamais souscrire pour la seule ligne fiscale

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tous ces produits comportent un risque de perte en capital et une illiquidité réels. Un produit de défiscalisation ne se souscrit jamais pour son seul avantage fiscal : il doit s'inscrire dans une allocation cohérente, avec un horizon et un risque acceptés. C'est exactement la ligne entre le commissaire de justice qui place 30 000 € en connaissance de cause et celui qui signe en décembre pour gratter une ligne d'impôt et découvre trois ans plus tard que son capital est bloqué.
§ 9DISPOSITIF 9 — DIVERS·3 MIN

Dispositif 9 — emploi à domicile, dons, et enveloppes de capitalisation

Une fois vos déductions d'assiette saturées et votre structure en place, restent quelques leviers d'appoint et les enveloppes de capitalisation. Aucun de ces leviers ne change une déclaration à lui seul. Mais une fois le PER saturé et la SEL en place, ce sont eux qui rabotent les derniers milliers d'euros d'impôt et organisent l'épargne — un peu comme on pose les plinthes une fois les murs montés.

Les petits leviers et enveloppes. Les dons (hors plafond) et l'emploi à domicile (dans les 10 000 €) réduisent l'impôt ; les enveloppes capitalisent sans défisc à l'entrée.
LevierAvantage fiscalPlafond / natureÀ retenir pour le commissaire de justice
Emploi à domicile (art. 199 sexdecies)Crédit d'impôt 50 %Dépenses ≤ 12 000 € (+ majorations) → max ~6 000 €Dans le plafond des niches de 10 000 €
Dons (art. 200)Réduction 66 % (75 % aide aux personnes)20 % du revenu imposableHors plafond global des niches
PEA / PEA-PMEExonération d'IR des gains après 5 ansPlafonds 150 000 / 225 000 €, PS 18,6 %Pas de défisc à l'entrée, capitalisation
Enveloppes (AV, AV lux, capi)Pas de défisc à l'entréeFiscalité différée + transmissionCœur de l'épargne perso (voir placement CJ)

Pour l'épargne personnelle du commissaire de justice — où placer ses liquidités, quelle assurance-vie, quel PEA —, le sujet déborde de ce guide : voyez où placer son argent quand on est commissaire de justice. Pour les enveloppes elles-mêmes, voyez l'assurance-vie, l'assurance-vie luxembourgeoise, le PEA, les ETF et, pour les dons, les dons aux associations.

Le plafond global des niches : le garde-fou de tout le bloc

Toutes les réductions et crédits d'impôt de ce guide (emploi à domicile, FIP / FCPI, Girardin) sont enfermées dans le plafond global des niches de 10 000 € par an et par foyer (article 200-0 A du CGI), porté à 18 000 € avec un Girardin ou une Sofica. Les déductions d'assiette (PER, déficit foncier, Monuments Historiques) et les dons (art. 200) y échappent. Et n'oubliez jamais : un montage sans substance économique réelle s'expose à l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales), un risque d'autant plus sensible pour un officier ministériel. Voyez le plafond global des niches de 10 000 €.
§ 10LA PREUVE·4 MIN

Cas chiffré : un commissaire de justice associé à 180 000 € de bénéfice, TMI 41 %

Le profil

Maxime, commissaire de justice associé en SEL, 180 000 € de bénéfice en 2026, célibataire, donc une TMI à 41 % sur la fraction haute de son revenu (le seuil de la tranche à 45 % se situe au-delà de ~181 917 € par part). Objectif : faire baisser l'impôt et le RFR, dans l'ordre le plus efficace.

L'empilement, étape par étape (illustration aux taux 2026)

ETAPE 1 - PER / Madelin TNS (art. 154 bis)
  Plafond = 10 % x 180 000 + 15 % x (180 000 - 48 060)
          = 18 000 + 19 791                = 37 791 EUR
  Versement (plafond sature)              = 37 791 EUR
  Economie d'IR ~ 37 791 x 41 %           = 15 494 EUR

ETAPE 2 - Deficit foncier (art. 156)
  Travaux imputes sur le revenu global    = 10 700 EUR
  Economie d'IR ~ 10 700 x 41 %           =  4 387 EUR
  (ou 21 400 EUR en renovation energetique
   => ~ 8 774 EUR ; surplus reportable 10 ans ; PS 17,2 %)

TOTAL IR ECONOMISE (etapes 1 + 2)         ~ 19 881 EUR
RFR ABAISSE                               ~ 48 491 EUR

ETAPE 3 - Benefice non distribue en SEL (report)
  Benefice laisse dans la SEL : IS 15 % puis 25 % (art. 219)
  vs 41 % + surtaxes au nom propre  =>  differe d'imposition
  + baisse du RFR => moindre CEHR / CDHR

Les étapes 1 et 2 sont des déductions d'assiette : elles baissent l'IR et le RFR de Maxime d'environ 48 491 €, et les deux sont hors plafond des niches, donc cumulables. L'étape 3 est un report : elle ne paie pas moins d'impôt sur ce qu'il consomme, mais évite de faire remonter le bénéfice non consommé à son RFR. Montants indicatifs, à recalculer avec votre expert-comptable.

Effet cumulé pour Maxime. Les déductions d'assiette font baisser l'IR et le RFR ; le bénéfice non distribué en SEL ajoute un report qui pilote durablement l'assiette des surtaxes.
LevierMontant déduitÉconomie d'IR (41 %)Plafond niches ?Effet RFR
PER 154 bis37 791 €~15 494 €Hors plafond−37 791 €
Déficit foncier10 700 €~4 387 €Hors plafond−10 700 €
Total étapes 1 + 248 491 €~19 881 €—−48 491 €
Bénéfice non distribué (SEL)Selon part non consomméeDifféré d'ISReportPilotage de l'assiette CEHR / CDHR

Deuxième profil : un commissaire de justice individuel à 120 000 €, TMI 41 %

Camille, commissaire de justice exerçant à titre individuel, 120 000 € de bénéfice, TMI 41 %. Son plafond PER 154 bis vaut 10 % × 120 000 + 15 % × (120 000 − 48 060) = 12 000 + 10 791 = 22 791 €. Si elle sature ce plafond, elle économise environ 9 344 € d'IR et abaisse son RFR d'autant. À son niveau, le PER et le déficit foncier suffisent souvent : la bascule en SEL ne s'impose que si elle accumule une trésorerie qu'elle ne consomme pas. Le levier scale avec le revenu.

Troisième cas : la cession de la finance d'office au départ en retraite

Le jour où Maxime cédera sa finance d'office pour partir en retraite, la plus-value professionnelle pourra être exonérée d'impôt sur le revenu au titre de l'article 151 septies A (cessation d'activité + liquidation des droits à retraite, sous conditions de délai et d'ancienneté), ou de l'article 238 quindecies (exonération totale jusqu'à 500 000 € de valeur de cession, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Point d'attention : le 151 septies A exonère l'IR mais pas les prélèvements sociaux, dus à 18,6 % sur la plus-value professionnelle. Pour organiser cette sortie, voyez la fiscalité de la cession de la finance d'office et céder son cabinet et la plus-value professionnelle.

Ces cas montrent une logique, ils ne remplacent pas votre simulateur

Ces cas sont des illustrations aux taux 2026, volontairement simplifiées pour montrer la logique d'empilement. Les économies d'IR y sont approchées par « montant déduit × TMI », ce qui surestime légèrement le gain réel (l'effet d'une déduction se répartit sur plusieurs tranches), et n'intègrent pas les prélèvements sociaux ni les interactions de plafonds. Surtout, un versement de 37 791 € sur un PER suppose de disposer de l'épargne et d'un vrai projet de retraite derrière le levier. Le seul chiffre qui compte, c'est celui de votre 2035, pas celui de Maxime : bénéfice exact, situation familiale, trésorerie disponible et horizon. À recalculer avec votre expert-comptable.
Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 11LA MÉTHODE·2 MIN

Empiler ou se concentrer ? La méthode (et la déontologie)

À fort revenu, l'empilement est pertinent — mais dans un ordre précis. On sature d'abord les déductions d'assiette hors plafond (PER, déficit foncier, Monuments Historiques, dons), on structure ensuite (SEL à l'IS, SPFPL, et le moment venu apport-cession 150-0 B ter), et on ne consomme le plafond des niches qu'en dernier, avec les produits à risque triés. C'est cet ordre, et lui seul, qui maximise l'effet sur votre RFR.

Mais un dispositif fiscal ne se justifie jamais seul. Il doit reposer sur une substance économique réelle, faute de quoi il s'expose à l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). Un PER prépare une retraite que la CNAVPL et la CAVOM ne suffiront pas à financer ; un déficit foncier sert un projet immobilier ; une SPFPL organise une capitalisation et une transmission. Je l'ai vu trop souvent : un commissaire de justice qui signe un produit en décembre pour la seule ligne fiscale se réveille deux ans plus tard avec un capital bloqué et un placement qu'il n'aurait jamais choisi à froid. On part du besoin — la retraite, les murs, l'office à transmettre —, pas de la case à cocher ; la déduction n'est que le bonus.

Du levier isolé à la stratégie

Ce guide est un catalogue de leviers. Transformer ce catalogue en vraie stratégie patrimoniale — garder votre RFR juste sous les seuils de la CEHR et de la CDHR, alléger l'IFI, préparer la transmission de l'office — demande de regarder les leviers ensemble, pas un par un. Voyez la gestion de patrimoine du commissaire de justice, le montage en SEL, ainsi que la CDHR de la profession libérale et comment payer moins d'impôts. Le panorama du libéral fortement imposé est dans la défiscalisation de la profession libérale ; pour le cousin officier ministériel, voyez la défiscalisation du notaire.
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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : barème et reconduction de la CDHR. LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : dualité des prélèvements sociaux 18,6 % / 17,2 %.

  • Les leviers structurels : PER, SEL, SPFPL, apport-cession

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; Madelin prévoyance / santé) ; art. 163 quatervicies CGI (PER du président de SELAS). Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital) ; Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (interposition de la SPFPL, affaire d'un chirurgien-dentiste) nuancée par la RM n° 01461 du 21/08/2025. Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL / SPFPL) et ordonnance n° 2016-728 du 02/06/2016 (statut de commissaire de justice, fusion au 01/07/2022). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, durcissement LF 2026). CE 08/04/2025 n° 492154 (fin de l'abattement de 10 % en SEL, BOI-RES-BNC-000136).

  • Les leviers d'assiette : immobilier et plus-values de l'office

    Art. 156 et 156 bis CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 € prorogé au 31/12/2027 et régime des Monuments Historiques). Art. 150 VB III CGI (réforme Le Meur du LMNP). Art. 968 et 669 CGI (nue-propriété, IFI). Art. 151 septies, 238 quindecies et 151 septies A CGI (plus-values professionnelles de cession de la finance d'office, PS 18,6 %). Art. 719 CGI (droits d'enregistrement). Art. 200-0 A CGI et BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 § 110 (plafond des niches et avantages exclus).

  • Les produits à risque, les petits leviers et la TVA

    Art. 200 quindecies CGI (crédit d'impôt de 25 % pour parts de groupements forestiers ; art. 199 decies H abrogé depuis 2023). Art. 976 CGI (exonération d'IFI de 75 % des bois et forêts). Art. 199 terdecies-0 A CGI (FIP / FCPI ; FCPI classiques exclus depuis le 21/02/2026 sauf JEI). Art. 199 undecies B CGI (Girardin industriel, plafond majoré 18 000 €). Art. 199 sexdecies CGI (emploi à domicile). Art. 200 CGI (dons). Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des soins : ne s'applique PAS au commissaire de justice). Art. 293 B et 260, 2° CGI (franchise et option TVA). Retraite : base CNAVPL + complémentaire CAVOM (jamais CNBF, jamais CPRN) — valeurs de point à confirmer sur cavom.net.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel ; à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP ne précise le détail du revenu fiscal de référence retraité de la CDHR, formulée ici au conditionnel. Toute structuration (SEL, SPFPL, apport-cession) et tout investissement (immobilier, capital-investissement, Girardin) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre instance professionnelle. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points, comme le durcissement du réinvestissement 150-0 B ter, le plafond exact du Madelin prévoyance, la portée de l'arrêt sur les dividendes via SPFPL ou les valeurs de point CNAVPL / CAVOM, sont signalés au conditionnel et à confirmer à la source. Les investissements en capital-investissement, en immobilier, en Girardin et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation du commissaire de justice à haut revenu en 2026 PER, SEL / SPFPL, immobilier et produits à risque.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des commissaires de justice à hauts revenus : comment réduire l'impôt à 41-45 %, à quelle caisse on cotise (CNAVPL + CAVOM, jamais CNBF ni CPRN), pourquoi la TVA à 20 % est récupérable, le meilleur levier, la fin de l'abattement de 10 % en SEL, la SPFPL et les cotisations sur dividendes, et la cession de la finance d'office. Réponses sourcées et à jour 2026.