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Guide pilier hauts revenus libéraux 202626 minMis à jour 8 juin 2026Pilier · stratification + pilotage

Profession libérale à hauts revenus : comment payer moins d'impôts en 2026 quand le barème, la CEHR et la CDHR s'empilent

À TMI 41 ou 45 %, votre impôt n'est plus une simple ligne sur le barème : au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence s'ajoutent la CEHR (3-4 %) puis la nouvelle CDHR, qui impose un plancher de 20 % du RFR (reconduite pour 2026). Du coup, baisser son taux affiché ne change plus grand-chose : ce qui compte désormais, c'est l'assiette — piloter sa rémunération via une SEL à l'IS, capitaliser dans une holding SPFPL, saturer le PER (88 911 €). Voici la méthode, chiffres à l'appui.

LIBÉRAL À HAUTS REVENUS 2026

Faire baisser votre RFR sous les seuils CEHR et CDHR, légalement

Bilan patrimonial offert pour profession libérale fortement imposée : arbitrage BNC vs SEL à l'IS, calibrage de la rémunération et des distributions, holding SPFPL, PER au plafond 154 bis. On agit sur l'assiette, pas seulement sur le taux. Cabinet 100 % indépendant.

  • Simulation CEHR + CDHR chiffrée
  • Arbitrage rémunération / dividendes
  • Cabinet 100 % indépendant
  • Plan de pilotage du RFR écrit

TMI CIBLE

41-45 %

PLANCHER CDHR

20 % RFR

SEUIL CONTRIBUTIONS

250 000 €

PFU DIVIDENDES

31,4 %

PLAFOND PER

88 911 €

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine · Bassens (73)

Mis à jour le 8 juin 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et au PASS 2026 fixé à 48 060 €. Guide pilier centré sur la stratification de l'impôt et le pilotage de l'assiette.

Vous gagnez bien votre vie, et pourtant chaque mois de mai vous laisse le même goût amer : près d'un euro sur deux part en impôt, et vous ne voyez pas comment y changer quoi que ce soit. Médecin spécialiste, chirurgien-dentiste, avocat d'affaires, radiologue, expert-comptable associé — quand votre bénéfice dépasse 200 000, 300 000, parfois 500 000 € par an, vous découvrez que l'impôt ne s'arrête pas à la dernière tranche du barème. Au-dessus de votre tranche marginale à 41 puis 45 %, deux surtaxes qui ne touchent que les hauts revenus s'y ajoutent, et l'une d'elles, la CDHR, a changé les règles du jeu en 2025 en imposant un plancher d'imposition de 20 % du revenu fiscal de référence. Résultat : le taux réel marginal d'un euro supplémentaire de bénéfice peut frôler 58 à 62 %, cotisations sociales non comprises.

Le réflexe d'hier — sortir des dividendes au PFU pour faire baisser son taux moyen — ne fonctionne donc plus comme avant. Tant que vous restiez au-dessous des seuils, jouer sur le taux suffisait. Désormais, dès que votre RFR franchit 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple), la mécanique se durcit, et la seule variable qui compte vraiment devient l'assiette : le RFR lui-même. Sauf que cette assiette, elle, se pilote — en restant parfaitement dans les clous, avec les outils que le législateur lui-même a prévus. Dans les trois cas chiffrés de ce guide, un libéral à 280 000 € efface sa CEHR avec un seul versement PER, un avocat à 450 000 € sort des seuils en basculant en société, et un couple à 520 000 € repasse sous la barre des 500 000 €.

Ce guide vous explique d'abord, étage par étage, comment s'empile l'impôt du haut revenu, puis comment chaque grand levier du libéral — bascule en SEL à l'IS, holding SPFPL, PER au plafond de 88 911 € — attaque précisément cette assiette. Le tout avec des cas chiffrés avant / après. Et une règle qu'on ne lâche jamais en rendez-vous : un levier fiscal ne vaut rien s'il n'est pas, d'abord, un bon placement.

L'essentiel en 30 secondes

  • Quatre étages d'impôt s'empilent: barème IR (jusqu'à 45 %), puis CEHR (3-4 % au-delà de 250 000 / 500 000 €), puis CDHR (plancher de 20 % du RFR). Le taux réel marginal peut frôler 58 à 62 %.
  • La CDHR tue l'optimisation par le taux : en garantissant un minimum de 20 % du RFR, elle rattrape ceux qui descendent leur taux moyen sous ce seuil.
  • Le bon combat 2026 = piloter l'assiette, pas le taux : capitaliser le bénéfice non consommé en SEL à l'IS, le faire remonter en holding SPFPL, saturer le PER (double effet IR + RFR).
  • La SEL n'est pas une machine à dividendes : au-delà de 10 % du capital, ils déclenchent des cotisations TNS, et la SPFPL ne fait pas écran (Cass. 19/10/2023). Son intérêt est de capitaliser, pas de distribuer.
§ 1STRATIFICATION·6 MIN

Les quatre étages d'impôt du libéral à hauts revenus

Pour saisir pourquoi les vieilles recettes ne marchent plus, regardons comment ça s'empile concrètement. Chez un libéral à hauts revenus, l'impôt sur le revenu professionnel n'est pas un seul prélèvement, mais une pile de quatre étages qui se calculent successivement sur la même matière imposable.

Étage 1 — Le barème progressif (art. 197 CGI)

Le barème 2026 (revenus 2025) comporte cinq tranches : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. La tranche à 45 % se déclenche au-delà de 181 917 € par part. Pour un libéral célibataire dont le bénéfice imposable atteint 250 000 €, l'essentiel des revenus supérieurs à 84 577 € est déjà taxé à 41 %, puis à 45 % au sommet. C'est la base — mais ce n'est que le premier étage.

Barème de l'impôt sur le revenu 2026 (art. 197 CGI, revenus 2025).
Fraction du revenu imposable (par part)Taux 2026
Jusqu'à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Étage 2 — La CEHR (art. 223 sexies CGI)

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ajoute, dès que le RFR franchit 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple), un supplément de 3 % puis 4 %. Malgré son nom, elle est permanente : elle existe sans interruption depuis 2012.

Étage 3 — La CDHR (art. 224 CGI)

C'est la nouveauté qui change tout. La contribution différentielle, créée par la loi de finances 2025 et reconduite pour 2026, ne fonctionne pas par tranches mais comme un plancher : elle garantit que votre imposition atteint au moins 20 % de votre RFR ajusté. Si vos trois premiers étages cumulés tombent en-dessous, elle complète.

Étage 4 — Les prélèvements sociaux

En parallèle, vos revenus du capital supportent les prélèvements sociaux, dont le taux a été relevé en 2026 : 18,6 % sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières (d'où un PFU à 31,4 %), mais 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières. Cette dualité est expliquée dans la hausse de la CSG et la dualité 17,2 % / 18,6 % en 2026.

Les quatre étages d'imposition d'un haut revenu libéral et le bon angle d'attaque de chacun.
ÉtageMécanismeDéclenchementLogique d'attaque
1. Barème IRTranches 0 à 45 %Dès le 1er euro imposableLe taux
2. CEHR3 % puis 4 % additionnelsRFR > 250 000 / 500 000 €Le taux (par tranches de RFR)
3. CDHRPlancher de 20 % du RFRRFR > 250 000 / 500 000 €L'assiette (le RFR)
4. Prélèvements sociaux18,6 % capital / 17,2 % AV-foncierRevenus du capitalLa nature du revenu

Lire ce tableau : un même euro, plusieurs prélèvements

Le piège du haut revenu, c'est que ces étages ne se remplacent pas, ils s'additionnent sur la même matière imposable. Un euro de bénéfice professionnel franchit d'abord le barème, puis nourrit le RFR qui déclenche la CEHR, puis entre dans l'assiette de la CDHR. C'est cet empilement — et non un seul taux élevé — qui explique qu'on puisse dépasser 58 % d'imposition marginale. Reste à savoir quel levier désamorce quel étage : c'est précisément ce qu'on déroule plus bas.

CEHR ≠ CDHR : ne pas confondre

La CEHR (art. 223 sexies) est une surtaxe par tranches : elle attaque le taux. La CDHR (art. 224) est un plancher: elle attaque l'assiette en garantissant 20 % du RFR. Les deux se déclenchent aux mêmes seuils (250 000 / 500 000 €) mais ne se calculent pas du tout de la même façon — et la CEHR entre dans le calcul de la CDHR.

Pour la mécanique combinée des deux contributions, voyez notre page dédiée à la mécanique combinée CEHR + CDHR des hauts revenus et, pour le barème lui-même, le barème de l'impôt sur le revenu 2026.

§ 2CONTRIBUTION CEHR·4 MIN

La CEHR : la surtaxe par tranches de RFR (art. 223 sexies)

La CEHR, c'est la première surtaxe que rencontre le libéral aisé. Elle s'assoit sur le revenu fiscal de référence du foyer (art. 1417 IV CGI) — une assiette large, qui réintègre même les revenus passés au PFU. Elle s'ajoute à l'impôt calculé au barème.

Barème de la CEHR 2026 (art. 223 sexies CGI) — taux additionnels à l'IR sur les tranches de RFR.
SituationTaux de 3 %Taux de 4 %
Célibataire, veuf, divorcé, séparéRFR de 250 000 € à 500 000 €RFR au-delà de 500 000 €
Couple (imposition commune)RFR de 500 000 € à 1 000 000 €RFR au-delà de 1 000 000 €

Prenons un cas : un célibataire à 350 000 € de RFR paie 3 % sur la fraction comprise entre 250 000 et 350 000 €, soit 3 000 €. S'il dépasse 500 000 €, la fraction supérieure passe à 4 %. Pour un couple, les seuils sont simplement doublés : c'est un argument supplémentaire en faveur du quotient familial et d'un pilotage à l'échelle du foyer.

Le quotient de la CEHR : un lisseur méconnu

La CEHR prévoit un mécanisme de quotient pour les revenus exceptionnels : si le RFR de l'année dépasse 1,5 fois la moyenne des deux années précédentes, la fraction excédentaire peut être lissée. C'est précieux l'année où vous vendez votre cabinet ou percevez un revenu ponctuel élevé : il évite que tout le pic ne soit taxé au taux fort. Sous conditions de revenus antérieurs et de domiciliation continue en France.

Pour comprendre précisément ce que recouvre l'assiette des deux contributions, voyez le revenu fiscal de référence (RFR), assiette des deux contributions. C'est cette grandeur que tous les leviers de ce guide cherchent à faire baisser.

§ 3CONTRIBUTION CDHR · PLANCHER 20 %·6 MIN

La CDHR : le plancher de 20 % qui change la stratégie (art. 224)

S'il y a un seul paragraphe à lire dans ce guide, c'est celui-là. La contribution différentielle sur les hauts revenus, codifiée à l'article 224 du CGI (et non 223 sexies, qu'il ne faut pas confondre avec la CEHR), a été créée par la loi de finances 2025 pour l'imposition des revenus 2025, puis reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) au titre des revenus 2026. Sa validité a été confirmée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025), qui ne l'a pas censurée.

Le principe : une imposition minimale de 20 % du RFR

La CDHR vise les foyers domiciliés en France dont le RFR ajusté dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). Elle garantit que ces foyers supportent une imposition d'au moins 20 % de leur RFR. Autrement dit : si, grâce à des dividendes au PFU et à divers leviers, votre imposition effective tombe sous 20 % du RFR, la CDHR vient combler la différence jusqu'à ce plancher.

Calcul simplifié de la CDHR

CDHR = max [ 0 ; (20 % x RFR ajusté) - imposition de référence ]
  • 20 % x RFR ajusté :le plancher d'imposition visé
  • Imposition de référence :IR au barème + part IR du PFU (12,8 %) + CEHR acquittée + majorations forfaitaires
  • Décote d'entrée :atténuation pour un RFR entre 250 000 et 330 000 € (seul) ou 500 000 et 660 000 € (couple)

Si votre imposition de référence atteint déjà 20 % du RFR, la CDHR est nulle. Sinon, elle complète jusqu'au plancher. Une décote lisse l'effet de seuil à l'entrée du dispositif.

La conséquence est brutale : sortir des dividendes au PFU à 12,8 % pour faire baisser son taux moyen ne sert plus à rien passé le seuil. Descendez sous 20 % de taux effectif, et la CDHR vous rattrape, point. La seule manière de payer moins, c'est de faire baisser le RFR lui-même.

Un dispositif temporaire, mais bien réel en 2026

La CDHR s'applique en 2026: ce n'est ni une rumeur, ni une incertitude. En revanche, elle est temporaire par nature: la LF 2026 l'a prorogée tant que le déficit public reste supérieur à 3 % du PIB. Son maintien au-delà de 2026 dépendra donc de la trajectoire des finances publiques — à surveiller, mais sans l'ignorer aujourd'hui. Pensez aussi à l'acompte obligatoire : 95 % du montant estimé, à verser entre le 1er et le 15 décembre.

Pour le détail du calcul, de la décote et de l'acompte, consultez la contribution différentielle sur les très hauts revenus (CDHR) et le cadre d'ensemble dans la loi de finances 2026.

Méthode documentée

Êtes-vous concerné par la CDHR cette année ?

Un calcul précis de votre RFR ajusté détermine si la contribution se déclenche — et de combien. Un CGP certifié ORIAS simule vos quatre étages d'impôt et chiffre les leviers qui font baisser votre assiette avant l'acompte de décembre.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LE VRAI LEVIER·4 MIN

Le changement de logiciel : piloter l'assiette, pas le taux

C'est là que tout bascule. Tant que vous étiez sous les seuils, baisser votre taux apparent (par exemple en arbitrant vers des dividendes au PFU) faisait mécaniquement baisser votre impôt. Au-delà de 250 000 € de RFR, ce raisonnement s'effondre : la CDHR plafonne le gain en imposant 20 % du RFR. Ce sur quoi vous gardez la main, c'est la taille de l'assiette.

Réduire le RFR, ce n'est pas dissimuler du revenu — c'est faire en sorte qu'une partie de votre richesse ne transite pas par votre déclaration personnelle cette année-là. Trois leviers majeurs y arrivent, chacun visant un étage précis.

Quel levier attaque quel étage : la grille de pilotage de l'assiette du libéral à hauts revenus.
LevierCe qu'il faitÉtage(s) attaqué(s)Effet sur le RFR
Bascule en SEL à l'ISLe bénéfice non consommé capitalise dans la société (15 % / 25 %) au lieu de remonter à l'IRBarème + CEHR + CDHRBaisse forte : seul le prélevé entre dans le RFR
Holding SPFPL + mère-filleLes dividendes remontent quasi en franchise d'IS et se capitalisent hors du RFR personnelCEHR + CDHRBaisse : la trésorerie reste dans la holding
PER au plafond (154 bis)Le versement se déduit du bénéfice imposableBarème (à la TMI) + CEHR + CDHRDouble effet : baisse l'IR et le RFR
Déficit foncier / démembrementDéduction du revenu global ou suppression du revenu foncierBarème + RFRBaisse modérée mais hors plafond des niches

Les sections qui suivent détaillent les trois leviers majeurs, du plus puissant (la structure) au plus accessible (le PER, qui se cumule avec tout le reste), puis les leviers complémentaires. Le fil rouge est simple : tout euro qui ne grossit pas le RFR cette année-là, c'est de l'impôt et des contributions en moins.

§ 5LEVIER N°1 · STRUCTURE·6 MIN

Levier n°1 : la bascule en SEL à l'IS pour piloter sa rémunération

C'est le levier le plus lourd, parce qu'il joue en amont de tout le reste. En BNC au réel, l'intégralité de votre bénéfice supporte l'impôt sur le revenu (jusqu'à 45 %), les cotisations TNS et, au-delà des seuils, la CEHR puis la CDHR — sur la totalité, que vous l'ayez consommée ou non. En société d'exercice libéral (SEL) à l'IS, le schéma change du tout au tout : seuls votre rémunération et vos dividendes éventuels remontent à l'IR. Le reste capitalise dans la société à l'impôt sur les sociétés.

Le taux d'IS : 15 % puis 25 % (art. 219 CGI)

Le bénéfice conservé dans la SEL est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € (sous conditions PME : chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques), puis à 25 % au-delà. À comparer aux 41-45 % d'IR additionnés des contributions : pour la part de bénéfice que vous ne dépensez pas, l'écart de taux est considérable.

BNC au réel

Points forts

  • Simplicité de gestion, pas de société à administrer
  • Pas de double imposition (IS puis IR sur dividendes)
  • Pertinent si vous consommez la quasi-totalité de votre bénéfice

Points de vigilance

  • 100 % du bénéfice à l'IR (jusqu'à 45 %) + cotisations TNS
  • Aucune capitalisation possible à taux réduit
  • Tout le bénéfice gonfle le RFR : CEHR et CDHR sur la totalité

SEL à l'IS

Points forts

  • Bénéfice non consommé capitalisé à 15 % / 25 % au lieu de 41-45 %
  • Pilotage fin de la rémunération et donc du RFR
  • Base pour une holding SPFPL et un réinvestissement

Points de vigilance

  • Formalisme, coûts de structure et comptabilité plus lourds
  • Double imposition si l'on distribue (IS puis PFU 31,4 %)
  • Sans intérêt si vous vivez de tout votre bénéfice

La règle d'or de l'arbitrage

La SEL à l'IS n'a d'intérêt réel que sur le bénéfice que vous ne consommez pas. Si vous mettez de côté une part substantielle de vos revenus (épargne, investissement, remboursement d'emprunts pros), la bascule descend mécaniquement votre RFR sous les seuils CEHR/CDHR. Si vous dépensez la quasi-totalité de ce que vous gagnez, le gain fiscal s'évapore et le formalisme ne se justifie plus.

Une recomposition de la nature des revenus à documenter

Passer en SEL ne se résume pas à un changement d'enveloppe : cela recompose la nature de vos revenus entre la rémunération technique (imposée en BNC), l'éventuelle rémunération de gérance (art. 62 CGI) et les dividendes. Le Conseil d'État, par sa décision du 8 avril 2025 (n° 492154), a confirmé l'imposition en BNC de la rémunération technique des associés de SEL mais a supprimé la tolérance forfaitaire des 5 % qui rattachait automatiquement une fraction à la gérance. La ventilation doit donc être justifiée, pas posée par défaut.

Pour aller plus loin : l'arbitrage de structure dans BNC ou SELARL : quand la société devient intéressante, et le statut social de l'associé dans l'arbitrage TNS contre gérant assimilé salarié. Le régime des SEL est aujourd'hui issu de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (ex-loi 90-1258 du 31 décembre 1990).

§ 6LE PIÈGE DES DIVIDENDES·5 MIN

Dividendes de SEL et cotisations sociales : le double piège

Une fois en SEL, la tentation est grande de sortir l'essentiel en dividendes, réputés plus légers que le salaire. C'est un raisonnement de 2017. En 2026, le dividende du libéral exerçant prend deux coups d'un coup.

Piège 1 — Le PFU à 31,4 %, pas 30 %

Depuis la LFSS 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux sur les dividendes atteignent donc 18,6 %, et le prélèvement forfaitaire unique total grimpe à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 %), et non plus 30 %. La « flat tax » n'est plus si plate pour les dividendes.

Piège 2 — Les cotisations TNS au-delà de 10 % du capital

Surtout, la fraction des dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales TNS (art. L. 131-6 CSS). Pour un cabinet faiblement capitalisé, ce seuil de 10 % est vite atteint, et les dividendes au-delà supportent alors les cotisations comme une rémunération.

Le seuil des 10 % (art. L. 131-6 CSS) : au-delà, les dividendes de SEL supportent les cotisations sociales TNS.
Fraction de dividendesTraitement socialTraitement fiscal
Jusqu'à 10 % du capital + primes + CCAPas de cotisations TNSPFU 31,4 % (ou barème + abattement 40 %)
Au-delà de 10 %Réintégrée dans l'assiette des cotisations TNSPFU 31,4 % (ou barème + abattement 40 %)

La SPFPL ne fait pas écran (Cass. 19/10/2023)

On a longtemps cru qu'interposer une SPFPL entre la SEL et l'associé permettait d'échapper à cette réintégration. La Cour de cassation l'a clairement tranché par son arrêt du 19 octobre 2023 (n° 21-20.366): les dividendes versés par la SEL à la SPFPL sont réintégrés dans l'assiette des cotisations de l'associé exerçant, la holding ne fait pas écran. La SPFPL garde un grand intérêt (voir section suivante), mais ce n'est pas pour effacer les charges sociales.

L'arbitrage entre salaire et dividendes n'a donc pas de réponse universelle : il dépend de votre capital social, de votre besoin de revenu et de vos droits sociaux. Nous l'analysons dans SEL : salaire ou dividendes, l'arbitrage gagnant et, sur le volet cotisations, dans dividendes de SEL et cotisations sociales. Le rôle du compte courant d'associé dans le calcul du seuil est détaillé dans le compte courant d'associé (base du seuil de 10 %).

Hagnéré Patrimoine

Salaire ou dividendes : quel dosage pour vous ?

Capital social, besoin de revenu, droits à la retraite, seuil des 10 %, PFU à 31,4 % : l'arbitrage est propre à chaque cabinet. Un CGP indépendant chiffre le dosage optimal de votre rémunération de SEL, cotisations comprises.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7LEVIER N°2 · HOLDING·5 MIN

Levier n°2 : la holding SPFPL et le régime mère-fille

Si les dividendes ne sont plus une machine à payer moins de charges, à quoi sert alors la SPFPL ? À capitaliser et réinvestir hors de votre RFR personnel. C'est un outil patrimonial, pas un outil social.

La SPFPL : la holding des professions libérales

La société de participations financières de professions libérales détient des participations dans une ou plusieurs SEL exerçant la même profession. Issue de la loi 90-1258 et aujourd'hui recodifiée par l'ordonnance 2023-77 du 8 février 2023, elle permet de loger au-dessus de votre cabinet une structure qui reçoit les dividendes et les réemploie : acquisition d'autres cabinets, immobilier d'exploitation, placements de trésorerie.

Le régime mère-fille : une remontée quasi exonérée (art. 145 et 216)

Lorsque la SPFPL détient au moins 5 % du capital de la SEL et conserve cette participation au moins 2 ans, les dividendes qui remontent bénéficient du régime mère-fille : ils sont exonérés d'IS à 95 %, seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant réintégrée et taxée.

Coût effectif de la remontée d'un dividende vers la SPFPL

Coût ≈ 5 % (quote-part) x 25 % (IS) = 1,25 % du dividende brut
  • Exonération :95 % du dividende (art. 216 CGI)
  • Quote-part de frais et charges :5 % du dividende, réintégrée et taxée à l'IS
  • Conditions :participation d'au moins 5 % conservée au moins 2 ans (art. 145 CGI)

Faire remonter 100 000 € de dividendes de la SEL vers la SPFPL coûte environ 1 250 € d'IS — contre une imposition personnelle bien plus lourde si vous les sortiez vers votre compte.

Concrètement, sur 100 000 € de dividendes : sortis vers votre compte, ils gonflent votre RFR et déclenchent CEHR et CDHR ; remontés dans la SPFPL, ils coûtent environ 1 250 € d'IS et restent investis (SCPI, contrat de capitalisation pour personne morale) au nom de la holding. Tant que vous ne vous les versez pas, ils n'apparaissent pas sur votre déclaration 2042.

Vigilance : la taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026)

La loi de finances 2026 a instauré une nouvelle taxe visant certaines holdings à dominante patrimoniale. Si votre SPFPL se transforme en simple coquille de placements financiers sans réelle activité de participation, elle peut entrer dans le champ de cette taxe. La frontière entre holding active et holding patrimoniale doit être surveillée — voyez la nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026 art. 7).

Pour le détail du fonctionnement : la structure dans SPFPL : la holding qui change la fiscalité du libéral et le choix du régime dans le régime mère-fille (exonération 95 %, QPFC 5 %).

§ 8CAPITALISATION·3 MIN

Placer la trésorerie capitalisée dans la société

Une SELAS de dentiste qui laisse 200 000 € dormir sur son compte pro perd l'essentiel du bénéfice de la bascule : l'argent ne rapporte rien et l'inflation le grignote. Capitaliser le bénéfice à l'IS ou faire remonter les dividendes dans la holding n'a de sens que si la trésorerie travaille au niveau de la société, sans qu'elle ne passe par votre RFR personnel tant que vous ne la sortez pas.

Plusieurs supports s'y prêtent, chacun avec sa logique. D'abord le contrat de capitalisation pour personne morale, dont les gains ne supportent que 17,2 % de prélèvements sociaux (et non 18,6 %), tout en restant disponibles. Ensuite le compte-titres de la société, plus dynamique mais plus exposé aux marchés. Enfin l'immobilier d'exploitation — typiquement les murs de votre cabinet, logés dans une SCI ou dans la holding — qui combine un actif tangible et un loyer déductible. Au final, l'idée est toujours la même : capitaliser à l'IS, c'est-à-dire à un taux d'entrée de 15 à 25 %, plutôt que de tout sortir à 41-45 % majoré des contributions.

Note de méthode sur les projections de rendement

Les supports de capitalisation (contrat de capitalisation, compte-titres, SCPI) comportent un risque de perte en capital et leur rendement n'est pas garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucune des projections de ce guide ne constitue une promesse de gain : l'avantage fiscal d'un placement (capitaliser à 15-25 % d'IS plutôt qu'à 45 % d'IR) est certain, son rendement financier ne l'est jamais. Un bon placement d'abord, un avantage fiscal ensuite — jamais l'inverse.

Les solutions de placement de la trésorerie d'une société sont détaillées dans placer la trésorerie de sa SEL : les solutions pour les professions libérales et, de façon plus large, dans placer la trésorerie capitalisée dans la société. Sur l'immobilier d'exploitation, voyez acheter les murs de son cabinet en SCI.

§ 9LEVIER N°3 · DÉDUCTION·5 MIN

Levier n°3 : le PER à double effet (jusqu'à 88 911 €)

Pas besoin de monter une société pour en profiter : un médecin en BNC ouvre un PER en une après-midi et déduit dès l'exercice en cours. Le versement se déduit du bénéfice imposable, donc il baisse à la fois l'impôt et le RFR. C'est le seul levier qui mord en même temps sur le barème, la CEHR et la CDHR.

La formule 154 bis et le plafond record de 88 911 €

Le plafond de déduction du travailleur non salarié (art. 154 bis CGI) est égal à 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majoré de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. C'est le plafond de déduction le plus généreux du système fiscal français.

Plafond PER maximal 2026 (TNS, art. 154 bis CGI)

10 % x (8 x 48 060) + 15 % x (7 x 48 060)
= 38 448 € + 50 463 €
= 88 911 €
  • PASS 2026 :48 060 € (8 PASS = 384 480 €)
  • Plancher :4 806 € (10 % d'un PASS)
  • Plafond maximal :88 911 € (bénéfice supérieur ou égal à 384 480 €)

Pour un bénéfice de 280 000 € : 10 % x 280 000 + 15 % x (280 000 - 48 060) = 28 000 + 34 791 = 62 791 € déductibles.

Pourquoi 1 € versé au PER peut rapporter plus de 50 centimes

Pour un libéral à 45 % de TMI, chaque euro versé au PER économise déjà 45 centimes d'IR. Mais comme le versement réduit aussi le RFR, il désamorce une partie de la CEHR et de la CDHR. L'économie peut donc dépasser 50 % du versement. Exemple : un radiologue à 45 % de TMI rattrapé par la CDHR qui verse 80 000 € récupère environ 40 000 € d'IR, plus l'effacement d'une partie de ses contributions. Et la CARMF ne sert qu'environ 25 à 30 % du dernier revenu : le PER comble ce trou.

Bonus 2026 et points de vigilance

  • La LF 2026 (art. 9) porte le report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans : si vous n'aviez pas saturé vos plafonds passés, c'est l'occasion d'un rattrapage massif.
  • La déduction des versements après 70 ans est en revanche supprimée.
  • À la sortie, les gains du PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux (et non 17,2 % comme l'assurance-vie) — à intégrer dans le calcul global.
  • N'oubliez pas la prévoyance Madelin (environ 11 534 € déductibles en 2026), qui réduit elle aussi le bénéfice imposable.

Pour calibrer votre versement : le plafond chiffré dans le plafond de déduction PER 2026 (jusqu'à 88 911 €), l'effet selon votre tranche dans l'effet de la déduction PER selon votre TMI, et le régime TNS dans PER profession libérale : combien déduire de ses impôts. La question de la retraite des libéraux est traitée dans retraite des professions libérales : pourquoi la caisse obligatoire ne suffit pas.

§ 10COMPLÉMENTS·4 MIN

Déficit foncier, démembrement, assurance-vie : les compléments d'assiette

Une fois la structure et le PER en place, plusieurs leviers patrimoniaux complètent le pilotage du RFR. Ils sont moins puissants que la bascule en société, mais ils ont un atout : la plupart restent hors du plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A CGI), car ce sont des déductions ou des différés, pas des réductions d'impôt.

Les leviers complémentaires de pilotage du RFR — pour l'essentiel hors plafond des niches.
LevierMécanisme 2026Effet sur l'assiette
Déficit foncier (art. 156)10 700 € imputables sur le revenu global, 21 400 € pour la rénovation énergétique (prorogé jusqu'au 31/12/2027)Baisse directe du revenu global
Démembrement temporaire (art. 968 / 669)Aucun revenu foncier ni IFI sur la nue-propriété pendant le démembrementSupprime un revenu et l'IFI
Assurance-vie (art. 990 I / 757 B)Gains différés (PS 17,2 % maintenus) ; transmission de 152 500 € par bénéficiaireDiffère l'imposition, baisse le RFR annuel
SCPI européennesRevenus de source étrangère, peu ou pas de prélèvements sociaux françaisRevenu peu fiscalisé

Déductions hors plafond vs réductions plafonnées

Le déficit foncier, le PER et l'amortissement LMNP sont des déductions : elles baissent le revenu imposable et le RFR, et échappent au plafond des 10 000 €. Le Girardin ou les FCPI-JEI sont des réductions: elles s'imputent sur l'impôt mais entrent dans ce plafond. Pour un haut revenu cherchant à baisser son RFR, les déductions hors plafond sont prioritaires.

Approfondissez ces leviers dans immobilier et profession libérale selon sa TMI, avec les SCPI européennes, peu ou pas de PS français, les SCPI de déficit foncier et le démembrement de propriété. Pour le panorama complet de tous les leviers, voyez le hub défiscalisation profession libérale : tous les leviers.

Une fois le RFR piloté, reste à placer les excédents dégagés selon votre métier. Deux guides détaillent, profession par profession, où orienter son épargne à 41-45 % de TMI : comment placer son argent quand on est expert-comptable et architecte à hauts revenus : où placer son argent à 41 % de TMI. Pour un psychologue libéral (retraite CIPAV, soins exonérés de TVA), le même raisonnement de placement des excédents est décliné dans psychologue libéral : que faire de son épargne en 2026.

§ 11CAS PRATIQUES·7 MIN

Trois cas chiffrés : faire passer le RFR sous les seuils

Trois cas concrets de libéraux qu'on voit en rendez-vous, où le bon levier ramène le RFR sous les seuils de la CEHR et de la CDHR. Vos chiffres seront différents, mais la logique se transpose : quel levier, dans quel ordre, pour quel effet sur le RFR.

Comment lire ces trois cas

Les montants sont posés de façon simplifiée et illustrative : on retient les grands paramètres (bénéfice, PER, IS, déficit foncier) et on néglige volontairement les ajustements de second ordre (cotisations exactes, quotient familial complet, autres revenus du foyer) pour garder le raisonnement lisible. Les seuils CEHR et CDHR portent sur le revenu fiscal de référence du foyer, pas sur le seul bénéfice : un bilan personnalisé reconstitue toujours le RFR complet avant de chiffrer un gain. L'objectif ici est de faire voir le mécanisme, pas de remplacer un calcul sur mesure.

Cas 1 — Dr Camille, médecin en BNC, 280 000 € de bénéfice (célibataire)

Camille déclare 280 000 € de bénéfice : elle est à 45 % de TMI et son RFR la place au-dessus de 250 000 €, déclenchant la CEHR et exposant à la CDHR. Elle sature son PER : 10 % × 280 000 + 15 % × (280 000 − 48 060) = 62 791 € déductibles. Son bénéfice imposable tombe à 217 209 €, soit sous le seuil de 250 000 €— en l'absence d'autres revenus (foncier, capitaux mobiliers…), son RFR se confond ici avec son bénéfice net.

Résultat : la fraction de revenus qui aurait subi le taux à 45 % est effacée (économie d'IR d'environ 28 000 €), la CEHR qui commençait à courir est supprimée, et le risque de CDHR est neutralisé. Un seul levier, trois étages désamorcés — voilà le double, voire triple effet du PER pour un haut revenu.

Cas 2 — Me Lucas, avocat, 450 000 € de bénéfice : BNC vs SEL

En BNC, Lucas sortirait 450 000 € à l'IR (45 %), plus la CEHR et la CDHR sur un RFR très élevé. Il bascule en SEL à l'IS et se verse une rémunération de 180 000 € (suffisante pour son train de vie), laissant un résultat d'environ 270 000 € capitaliser dans la société. Cette tranche est taxée à l'IS : 42 500 × 15 % + 227 500 × 25 % = 6 375 + 56 875 = 63 250 € (le taux réduit de 15 % suppose les conditions PME : CA < 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques — généralement remplies par une SELARL ou SELAS).

Calcul volontairement simplifié : ce résultat de 270 000 € est posé avant les cotisations sociales générées par la rémunération de 180 000 € (charge propre à la SEL, absente en BNC), qui réduiraient d'autant la base taxable à l'IS. Côté personnel, son RFR se situe plutôt autour de 170 000-180 000 € : depuis l'arrêt CE du 8 avril 2025 (n° 492154), la rémunération technique de l'associé de SEL est imposée en BNC (sans abattement de 10 %), seule la part de gérance relevant de l'article 62 du CGI ouvrant cet abattement — la ventilation exacte dépend donc de chaque situation. Dans tous les cas, il sort des seuils CEHR/CDHR et le bénéfice mis de côté capitalise dans la SEL (puis, à terme, dans une SPFPL) à un taux d'entrée bien inférieur aux 45 % + contributions qu'il aurait subis. La leçon : il ne distribue pas, il capitalise.

Cas 3 — Sophie & Marc, couple de libéraux, RFR de 520 000 €

En couple, les seuils sont doublés : la CEHR et la CDHR ne mordent qu'au-delà de 500 000 €. Avec un RFR de 520 000 €, ils sont juste au-dessus. Ils versent chacun à leur PER (75 000 € au total, soit environ 37 500 € par tête, dans la limite de leurs plafonds disponibles respectifs) et réalisent un déficit foncier de 21 400 € via une rénovation énergétique (montant majoré imputable sur le revenu global la même année, sous réserve de respecter les conditions de sortie de passoire thermique). Leur RFR descend à environ 423 600 €, soit sous le seuil de 500 000 € : CEHR et CDHR ramenées à zéro.

La leçon commune des trois cas

Camille, Lucas et le couple Sophie-Marc n'ont pas négocié leur taux : ils ont fait sortir une partie de leur revenu de la déclaration de l'année. C'est ça, le levier 2026 — le RFR, pas le taux : ils l'ont ramené sous le seuil. Et le bon dosage (combien verser, combien laisser dans la société, combien distribuer) se calcule au cas par cas, avant l'acompte de CDHR de décembre.

La limite : l'abus de droit (art. L. 64 LPF)

Tous ces leviers sont légaux, mais ils doivent reposer sur une réalité économique. Un montage dépourvu de substance et motivé par le seul but fiscal s'expose à l'abus de droit (art. L. 64 du Livre des procédures fiscales). La jurisprudence (CE 12 juillet 2017 n° 401997, CE 16 février 2024 n° 472835) impose, pour un apport-cession, un réinvestissement réel. Capitaliser dans une société qui a une vraie activité, oui ; créer une coquille vide pour loger sa trésorerie, non. Le rôle du conseil est de documenter l'intérêt patrimonial, pas seulement l'économie d'impôt.

L'année d'une cession de cabinet, le pic de RFR mérite une préparation spécifique : voyez céder son cabinet : exonérations de plus-value pour les professions libérales et l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt. Pour situer ces leviers dans une stratégie globale, partez du hub défiscalisation profession libérale : tous les leviers ou du guide optimisation fiscale de la profession libérale : le guide de A à Z. Et pour reconstruire l'ensemble de votre stratégie, du choix de statut au placement de vos excédents, commencez par la gestion de patrimoine du libéral : par où commencer.

Qui rédige ce guide, et pourquoi lui faire confiance

Ce guide est rédigé par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant basé à Bassens (73), enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Nous accompagnons régulièrement des professions libérales fortement imposées — médecins, avocats, chirurgiens-dentistes, experts-comptables — sur l'arbitrage BNC / SEL, la structuration d'une holding SPFPL et le calibrage du PER. Nous n'avons pas de produit-maison à pousser : selon le dossier, on conseille aussi bien de ne rien changer que de monter une SPFPL. Chaque chiffre de ce guide est sourcé sur le CGI, le Code de la sécurité sociale, les lois de finances et de financement de la sécurité sociale 2026, et la jurisprudence récente du Conseil d'État et de la Cour de cassation (voir les sources légales ci-dessous).
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Sources et références légales

  • Code général des impôts — barème et contributions

    Art. 197 CGI (barème progressif de l'IR : 0/11/30/41/45 %, seuils par part 11 600 / 29 579 / 84 577 / 181 917 € au titre des revenus 2025). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € pour une personne seule, 500 000 / 1 000 000 € pour un couple, assiette RFR, mécanisme de quotient). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR ajusté pour un RFR supérieur à 250 000 / 500 000 €, décote d'entrée, acompte de 95 % en décembre). Art. 1417 IV CGI (définition du RFR). Art. 200 A CGI (PFU). Art. 200-0 A CGI (plafond global des niches à 10 000 €).

  • CGI — sociétés, holding et retraite

    Art. 219 CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille : exonération à 95 %, quote-part de frais et charges de 5 %, participation d'au moins 5 % conservée 2 ans). Art. 154 bis CGI (cotisations Madelin et versements PER des TNS : 10 % + 15 %, plafond de 88 911 € en 2026, plancher de 4 806 €, prévoyance plafonnée à environ 11 534 €). Art. 163 quatervicies CGI (déductibilité PER ; LF 2026 art. 9 : report des plafonds porté de 3 à 5 ans, fin de la déduction après 70 ans).

  • CGI — leviers complémentaires et cession

    Art. 156 CGI (déficit foncier : 10 700 € imputables sur le revenu global, 21 400 € pour la rénovation énergétique, prorogé jusqu'au 31/12/2027). Art. 968, 1133 et 669 CGI (démembrement et barème de l'usufruit). Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et 757 B CGI (30 500 € pour les primes versées après 70 ans). Art. 238 quindecies CGI (exonération totale de plus-value professionnelle sous 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 €, dirigeant partant en retraite, prorogé jusqu'au 31/12/2031). Art. 150-0 B ter CGI (report d'apport-cession).

  • SEL, cotisations et lois 2026

    Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 ayant recodifié le régime des sociétés d'exercice libéral (SELARL, SELAS, SELAFA, SELCA) et des SPFPL au sein d'un code autonome des sociétés des professions libérales réglementées (SEL au Livre III, SPFPL au Livre V ; ex-loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 ; entrée en vigueur au 1er septembre 2024, décret d'application n° 2024-872 du 14 août 2024). Art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale (réintégration dans l'assiette des cotisations TNS de la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes d'émission et des comptes courants d'associés). Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (barème, reconduction de la CDHR au titre des revenus 2026 tant que le déficit dépasse 3 % du PIB, réforme du PER). Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (hausse de la CSG du capital portant les prélèvements sociaux à 18,6 % sur les dividendes ; 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, le foncier nu et les plus-values immobilières).

  • Jurisprudence

    Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (les dividendes de SEL perçus via une SPFPL sont réintégrés dans l'assiette des cotisations TNS pour leur fraction excédant le seuil de 10 % : la holding ne fait pas écran). CE 8 avril 2025 n° 492154 (imposition en BNC de la rémunération technique des associés de SEL et fin de la tolérance des 5 %). Cons. const. 13 février 2025 n° 2025-874 DC (la CDHR n'a pas été censurée). CE 12 juillet 2017 n° 401997 et CE 16 février 2024 n° 472835 (substance économique et remploi réel en matière d'apport-cession). Cadre général de l'abus de droit : art. L. 64 du Livre des procédures fiscales.

Information

Ce guide n'est pas un conseil personnalisé.

Ce guide est un panorama informatif à jour au 8 juin 2026, rédigé par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, Bassens 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé ni une recommandation d'investissement au sens de l'art. L. 533-13 du Code monétaire et financier. La CDHR (art. 224 CGI) est reconduite pour l'imposition des revenus 2026, mais son maintien au-delà reste conditionné au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Le classement du LMNP non professionnel au regard de la hausse de CSG 2026 (17,2 % ou 18,6 %) n'est pas tranché à ce jour et doit être confirmé. Chaque levier dépend de votre situation et de votre déontologie professionnelle. Consultez un conseiller avant toute décision.

Foire aux questions

Tout sur l'impôt du libéral à hauts revenus en 2026.

CEHR, CDHR, bascule en SEL, dividendes et cotisations, PER à double effet, abus de droit. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous.