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Guide kinés 202614 minMis à jour 10 juin 2026Taux de remplacement ~30-40 %

Retraite du kinésithérapeute : pourquoi la CARPIMKO ne suffira pas

Vous cotisez chaque année plusieurs milliers d'euros à la CARPIMKO, et pourtant votre pension ne couvrira sans doute que 30 à 40 % de votre dernier revenu. La raison est arithmétique : votre retraite de base est plafonnée à environ 363 € de droits acquis par an, et au 1er janvier 2026 votre complémentaire change de règle (100 % proportionnel, 8,70 %). Ajoutez l'usure physique du métier — dos, épaules, mains — qui pousse à des arrêts précoces et à la décote. Dans ce guide, je vous montre le vrai montant, le « trou » à combler, et par quel bout le prendre. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE KINÉSITHÉRAPEUTE 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler avant qu'il ne soit trop tard

Audit de votre situation de kinésithérapeute libéral : estimation de votre taux de remplacement CARPIMKO, dimensionnement du trou à combler, calibrage du PER 154 bis et de la prévoyance Madelin face à l'usure physique, et préparation de la cession de la patientèle comme capital de sortie. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Prévoyance du geste calibrée
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT ESTIMÉ

souvent 30-40 %

DROITS DE BASE / AN (MAX)

≈ 363 €

COMPLÉMENTAIRE 2026

8,70 % proportionnel

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

CAISSE DU KINÉ

CARPIMKO (pas la CARMF)

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite du kiné en 30 secondes

La retraite du kiné en 30 secondes

Votre retraite obligatoire a trois étages, tous gérés par la CARPIMKO : le régime de base CNAVPL (plafonné à ~363 € de droits par an au plus), le régime complémentaire CARPIMKO (réformé au 1er janvier 2026 : 100 % proportionnel, 8,70 %) et l'ASV / PCV du kiné conventionné (cofinancée par l'Assurance maladie). Conséquence : pour des revenus modérés et des cotisations modestes, votre taux de remplacement tombe souvent entre 30 et 40 % de votre dernier revenu (à vérifier sur carpimko.fr). Le reste se comble en capitalisant à votre nom.

C'est un mauvais calcul que je vois passer toutes les semaines. Pendant trente ans, vous versez à la CARPIMKO des cotisations qui pèsent lourd dans votre trésorerie — et le jour venu, votre pension ne couvrira sans doute qu'un tiers à 40 % de votre dernier revenu d'activité. Pour un kiné à 50 000 € de bénéfice, le trou tourne souvent autour de 1 500 à 2 000 € par mois entre votre dernier revenu et votre pension (nous le chiffrerons section 7). La CARPIMKO fait son travail : elle vous verse un socle. Le malentendu, c'est de croire qu'un socle suffit à tenir votre niveau de vie ; elle a été conçue pour ça, pas pour maintenir votre train de vie. Et comme le kiné a des revenus modérés, la base — qui plafonne très vite — ne peut pas faire grand-chose pour lui.

On va faire comme en rendez-vous : d'abord comprendre et chiffrer le trou, ensuite voir par quel bout l'attaquer — en aperçu, car le détail des solutions est traité dans le guide dédié au PER du kiné pour compenser la chute de revenus à la retraite.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur votre espace carpimko.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : le plafonnement de la base à 550 points par an. C'est lui, et non un chiffre précis, qui fonde tout ce diagnostic.
§ 2ARCHITECTURE·3 MIN

Les 3 étages : base CNAVPL, complémentaire CARPIMKO et ASV

Commençons par le commencement : comment votre pension se construit, étage par étage. Le kinésithérapeute relève de la catégorie « santé » des professions libérales (article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale), affiliée à la CNAVPL. Et la caisse qui gère tout pour vous, c'est la CARPIMKO — la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes —, et jamais la CARMF (médecins), la CARCDSF (dentistes) ni la CAVP (pharmaciens). Elle gère trois régimes, chacun par points.

Trois régimes qui n'obéissent pas aux mêmes règles

La base CNAVPL (L. 642-1) est par points et fortement plafonnée. La complémentaire CARPIMKO (L. 644-1) est par points elle aussi, mais devenue 100 % proportionnelle au 1er janvier 2026 (8,70 % de 0,5 à 3 PASS). L'ASV / PCV (L. 645-1) ne concerne que le praticien conventionné et est cofinancée par l'Assurance maladie. S'y ajoute un socle invalidité-décès (L. 644-2). Additionnez les trois et vous obtenez votre pension. Le hic : aucun n'a été pensé pour vous faire vivre comme avant.
Les régimes obligatoires du kinésithérapeute à la CARPIMKO, valeurs au 1er janvier 2026. Les valeurs de point et les barèmes de cotisation sont des ordres de grandeur à confirmer sur carpimko.fr.
RégimeBase légaleCotisation 2026 (ordre de grandeur)Valeur de service du point
Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS0,6599 €
Complémentaire CARPIMKO (réformée 2026)CSS L. 644-18,70 % sur 0,5 à 3 PASS (24 030 à 144 180 €)≈ 21,48 € (à vérifier carpimko.fr)
ASV / PCV (conventionnés)CSS L. 645-1Forfait ~224 € praticien + ~0,40 % (Assurance maladie ~2/3)≈ 1,50 € (à vérifier carpimko.fr)
Invalidité-décèsCSS L. 644-2Forfait ~1 022 €—

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces cotisations obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice non commercial, sans plafond (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20). À ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné par l'article 154 bis (voir section 10) : l'un est une charge sociale obligatoire déductible, l'autre une épargne volontaire déductible dans une enveloppe limitée. L'affiliation, elle, est d'ordre public : vous ne choisissez pas d'y échapper. La seule variable que vous maîtrisez, c'est l'étage facultatif que vous construisez à votre nom.

Cette logique du système par points n'est pas propre au kiné : elle est commune à toutes les caisses libérales. Pour la vue d'ensemble, voyez pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais.

§ 3LE FAIT DUR N°1·2 MIN

La base plafonnée : cotiser plus ne fait pas toucher plus

Si vous ne retenez qu'un chiffre de ce guide, c'est celui-là. Le régime de base CNAVPL (article L. 642-1 du CSS) attribue des points selon deux tranches : 525 points pour la part jusqu'à 1 PASS, et 25 points pour la part de 1 à 5 PASS. Au-delà de 5 PASS de revenu, vous butez sur 550 points par an, pas un de plus. Or à 0,6599 € le point, ces 550 points ne valent que…

Le plafonnement de la retraite de base CNAVPL

Points de base = 550 points / an au maximum
   (525 points sur la tranche 1, jusqu a 1 PASS
    + 25 points sur la tranche 2, de 1 a 5 PASS)

Valeur de service du point de base (01/01/2026) = 0,6599 EUR

Droits de base acquis = 550 x 0,6599
                      = environ 363 EUR / an au plus

Deux kinés, l'un à 40 000 € et l'autre à 120 000 € de bénéfice, acquièrent quasiment les mêmes droits de base : la base est construite pour plafonner. Prise isolément, elle ne sert qu'un montant minuscule. C'est de l'arithmétique pure : ni votre comptable ni votre bonne volonté n'y changeront rien — et c'est pour cela que la complémentaire (section 4) porte l'essentiel de la pension.

Pour le kiné, le piège n'est pas tant le plafond des 5 PASS — ses revenus l'atteignent rarement — que la faiblesse intrinsèque de la base : même en cotisant toute sa carrière, le socle de base reste modeste. C'est la complémentaire qui fait le gros du travail, et c'est précisément elle qui change de règle en 2026.

Le décrochage est inscrit dans la structure

Retenez la mécanique : la base est plafonnée par construction (550 points), et la complémentaire est écrêtée à 3 PASS (144 180 € en 2026). Au-delà, vous ne constituez plus aucun droit. Votre revenu, lui, n'a pas de plafond. Plus l'écart se creuse entre ce que vous gagnez et ce que vous accumulez en droits, plus votre taux de remplacement futur s'effondre. Ce n'est pas un accident de conjoncture : c'est le dessin même du régime.
§ 4L'ACTUALITÉ 2026·3 MIN

La complémentaire CARPIMKO change de règle au 1er janvier 2026

C'est LA nouveauté 2026, et la plupart de mes clients kinés tombent des nues quand je la leur explique. Le régime complémentaire (article L. 644-1 du CSS) fonctionnait jusqu'ici sur un système mixte : une cotisation forfaitaire (de l'ordre de 2 312 €) qui ouvrait droit à huit points attribués automatiquement, complétée d'une part proportionnelle. Au 1er janvier 2026, ce forfait et les huit points automatiques disparaissent.

Ce que la réforme change, ligne à ligne

Depuis le 1er janvier 2026, la complémentaire CARPIMKO devient 100 % proportionnelle : 8,70 % de cotisation sur une assiette comprise entre 0,5 et 3 PASS (24 030 à 144 180 €), soit une cotisation d'environ 2 091 € au plancher et 12 544 € au plafond. Résultat : un point se gagne désormais à la seule force de la cotisation versée. Les petits revenus, qui profitaient du socle des huit points automatiques, en acquièrent moins qu'avant ; vous cotisez désormais en proportion, ni plus ni moins. (Paramètres 2026 à confirmer sur carpimko.fr.)

La complémentaire reste de loin l'étage qui porte l'essentiel de votre future pension — mais elle reste plafonnée à 3 PASS, et la valeur de service de son point (de l'ordre de 21,48 €, à vérifier sur carpimko.fr) est revalorisée chaque année par le conseil d'administration, sans garantie qu'elle suive l'inflation. C'est le propre d'un régime par répartition : vous payez aujourd'hui pour les pensions d'aujourd'hui, et vos droits futurs dépendent de décisions futures.

Pourquoi une réforme de plus est un signal

Quand un régime par répartition resserre ses règles, c'est rarement pour distribuer davantage. Ce passage au 100 % proportionnel — qui fait disparaître un avantage dont bénéficiaient les petits revenus — est un signal de plus que le système est sous tension budgétaire. La conclusion patrimoniale est simple : la seule jambe de retraite que vous maîtrisez vraiment, c'est celle que vous capitalisez à votre nom (sections 9 et 10).
§ 5L'ATOUT DU CONVENTIONNÉ·2 MIN

L'ASV / PCV : l'avantage des conventionnés (et sa limite)

On monte au troisième étage — et là, pour une fois, le système joue en votre faveur. L'ASV — l'avantage social vieillesse, qu'on appelle aussi PCV, prestation complémentaire de vieillesse (article L. 645-1 du CSS) — est réservée au kiné conventionné. Son intérêt : l'Assurance maladie en finance environ les deux tiers. Sur un forfait global de l'ordre de 671 €, vous n'acquittez vous-même qu'environ 224 €, le reste (~447 €) étant pris en charge par la caisse, à quoi s'ajoute une part proportionnelle modeste (~0,40 %) sur vos revenus conventionnels.

Un avantage réel, mais modeste — et conditionnel

C'est un vrai bonus du conventionnement : une partie de votre troisième étage est financée par la collectivité. Mais ne le surestimez pas : la valeur de point de l'ASV reste faible (de l'ordre de 1,50 €, à confirmer sur carpimko.fr), et cet étage ne comble pas l'écart entre votre pension et votre dernier revenu. C'est un coup de pouce appréciable, pas de quoi changer la donne. Et il est conditionnel : si vous vous déconventionnez, vous perdez le cofinancement de l'Assurance maladie.

Faites le total des trois étages — base maigre, complémentaire plafonnée, ASV modeste — et vous obtenez une pension qui, en proportion de votre dernier revenu, décroche nettement. C'est ce que le cas chiffré de la section suivante va rendre tangible.

§ 6ÂGE & USURE PHYSIQUE·3 MIN

Âge, taux plein, décote : le piège de l'usure physique

La spécificité du kiné face à la retraite, c'est que son outil de travail, c'est son corps : le dos et les lombaires, les épaules, les poignets et les mains. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont la maladie professionnelle numéro un de la profession. Sur le terrain, beaucoup de kinés lèvent le pied, voire raccrochent, bien avant l'âge du taux plein, non par choix, mais par contrainte physique. Et cesser trop tôt a un coût chiffrable.

Arrêter avant 67 ans = décote + années de cotisation perdues

L'âge légal de départ se relève progressivement de 62 à 64 ans selon votre année de naissance (réforme de 2023), mais le calendrier de ce relèvement est gelé par la LFSS 2026 : les bornes par génération sont à confirmer. Le repère stable, lui, est le taux plein automatique à 67 ans (172 trimestres requis pour le taux plein avant cet âge). Partir plus tôt sans la durée requise déclenche une décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit -25 % au maximum — et cette minoration est définitive. Pour un kiné forcé d'arrêter à cause des TMS, l'addition est salée deux fois : une pension déjà courte, et la décote qui la rabote encore.

Le socle invalidité-décès de la CARPIMKO est trop court

Et le risque ne se limite pas à la retraite : il commence dès le premier arrêt sérieux. La couverture obligatoire de la CARPIMKO (article L. 644-2 du CSS) ne verse des indemnités journalières qu'à compter du 91e jour d'arrêt, et le relais reste de l'ordre de 55,44 €/jour (forfait invalidité-décès d'environ 1 022 €) — très loin de votre revenu en activité. C'est pourquoi la prévoyance Madelin (article 154 bis du CGI) est prioritaire chez le kiné : avant même de maximiser votre épargne retraite, sécurisez le risque qui peut faire dérailler tout le plan. Le détail : protéger son revenu d'activité face à l'usure physique avant d'épargner.
§ 7LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffrés : Sophie (50 000 € de BNC) et Karim (départ anticipé)

Mettons un visage sur tout ça. Deux profils réalistes — chiffres au conditionnel, comme toujours dès qu'on parle de pension.

Cas 1 — Sophie, kiné conventionnée, 62 ans, 50 000 € de BNC

  • Cotisations retraite + prévoyance 2026 (illustratif) : base ≈ 8,73 % × 48 060 + 1,87 % sur la fraction au-delà d'1 PASS (~2 000 €) ≈ 4 196 € ; complémentaire réformée ≈ 8,70 % × (50 000 − 24 030) ≈ 2 259 € ; ASV ≈ 300 € (part praticien) ; invalidité-décès 1 022 €. Soit de l'ordre de 7 800 €/an, toutes déductibles du BNC.
  • Pension obligatoire estimée (base + complémentaire + ASV cumulés, carrière pleine à ce niveau de revenu) : souvent bien en dessous de 50 % du dernier revenu, soit de l'ordre de 1 000 à 1 200 €/mois (à affiner sur le RIS et le simulateur carpimko.fr).
  • Taux de remplacement : rapporté à un revenu d'activité d'environ 4 200 €/mois (50 000 € de BNC / 12), la pension ne représente plus que de l'ordre de 25 à 30 % du dernier revenu : c'est tout le problème.
  • Le trou à combler : de l'ordre de 1 500 à 2 000 €/mois — c'est exactement ce que la capitalisation à son nom doit reconstruire.

Cas 2 — Karim, kiné, départ contraint à 63 ans avec 8 trimestres manquants

  • Cause : une tendinopathie de l'épaule et un syndrome du canal carpien l'obligent à cesser avant le taux plein (TMS, le risque numéro un du métier).
  • Décote : 8 trimestres manquants × 1,25 % = -10 % à vie sur sa pension de base et complémentaire.
  • Impact : sur une pension de l'ordre de 1 100 €/mois, c'est -110 €/mois définitifs, auxquels s'ajoutent les années de cotisation qu'il n'a pas effectuées.
  • Leçon : l'usure physique n'est pas qu'un risque médical, c'est un risque financier chiffrable — d'où la priorité absolue de la prévoyance Madelin et de l'épargne anticipée.

Comment lire ces cas

Aucun de ces montants n'est garanti : ils servent à poser l'ordre de grandeur du trou, pas à promettre un chiffre. Le vrai montant se lit sur le RIS et sur carpimko.fr. Ce qui est certain et structurel, c'est le mécanisme : base plafonnée à 550 points, complémentaire écrêtée à 3 PASS. C'est lui qui garantit qu'un kiné aura, en proportion, une pension obligatoire faible.

Reste la question qui compte : combien mettre de côté chaque mois pour combler ce trou ? Le calcul du plafond PER et de l'effort d'épargne est détaillé dans le guide PER kiné : compenser la chute de revenus à la retraite CARPIMKO.

§ 8LA RÉVERSION·2 MIN

La réversion CARPIMKO : ce que touche le conjoint

Un mot sur la réversion, sujet souvent oublié dans la préparation de la retraite. À votre décès, votre conjoint peut percevoir une fraction de votre pension — mais les règles de la CARPIMKO réservent quelques pièges qu'il vaut mieux connaître à l'avance.

Taux de réversion par régime à la CARPIMKO, ordres de grandeur à confirmer sur carpimko.fr. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à réversion.
RégimeTaux de réversion (ordre de grandeur)Condition principale
Base CNAVPL≈ 54 %Âge minimum + condition de ressources
Complémentaire CARPIMKO≈ 60 %Mariage requis
ASV / PCV≈ 50 %Mariage requis

Le mariage est requis : PACS et concubinage = 0 €

Point essentiel : à la CARPIMKO, seul le conjoint marié peut prétendre à la réversion. Un partenaire de PACS ou un concubin ne touche rien au titre du régime obligatoire, quelle que soit la durée de vie commune. C'est une raison de plus de construire une épargne transmissible à côté : l'assurance-vie, dont la clause bénéficiaire est librement désignée (conjoint, partenaire de PACS, enfants…) et qui bénéficie de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire de l'article 990 I.

Et même pour un couple marié, ces taux partiels (54 / 60 / 50 %) appliqués à une pension déjà modeste ne reconstituent pas le revenu du ménage. Pour le détail des conditions et du calcul, voyez le guide dédié à la pension de réversion en 2026, et pour l'outil de transmission, le guide de l' assurance-vie comme complément de revenu et levier de transmission.

§ 9LE DIFFÉRENCIATEUR·3 MIN

Votre vrai capital retraite n'est pas à la CARPIMKO

C'est souvent à ce moment du rendez-vous que mes clients kinés relâchent les épaules. Tant qu'on regarde la CARPIMKO, on ne voit que des contraintes : cotisations imposées, plafonds figés, réformes décidées sans vous. Le vrai capital retraite du kiné, lui, se construit à côté, et vous en gardez la main.

Ce que fait la CARPIMKO

Points de vigilance

  • Régime obligatoire, par répartition
  • Base plafonnée (~363 €/an), complémentaire écrêtée à 3 PASS
  • Ne suit pas vos revenus : taux de remplacement 30-40 %
  • Règles réformées sans vous (complémentaire 2026)
  • Réversion partielle, réservée au conjoint marié

Ce que vous construisez à votre nom

Points forts

  • PER / Madelin : capitalisation + déduction 154 bis
  • Assurance-vie : disponibilité et transmission (990 I)
  • Immobilier et SCPI : un revenu régulier à la retraite
  • Cession de la patientèle : un capital de fin de carrière
  • Des leviers que vous pilotez et calibrez sur votre trou réel

La cession de la patientèle : la brique de retraite spécifique du kiné

Le kiné a un actif que le salarié n'a pas : la valeur de cession de sa patientèle. Et côté impôts, le kiné est plutôt bien loti : la fiscalité de cette cession est très favorable pour un profil de revenus modérés. L'activité de kiné étant une prestation de services en BNC, elle relève de l'article 151 septies : l'exonération de la plus-value est totale si les recettes sont inférieures ou égales à 90 000 € (dégressive jusqu'à 126 000 €), pour une activité exercée depuis au moins 5 ans. Autrement dit, pour le kiné médian, la cession est souvent exonérée d'impôt sur le revenu. S'y ajoutent l'article 238 quindecies (exonération selon la valeur de cession, totale ≤ 500 000 €) et l'article 151 septies A (départ en retraite : IR exonéré, mais prélèvements sociaux dus).

Cession ≠ location : le piège anti-montage et la dualité des PS

Deux garde-fous. D'abord, pour bénéficier du 151 septies, il faut avoir réellement exploité soi-même sa patientèle : une patientèle louée à sa propre structure ne caractérise pas une exploitation personnelle directe et continue, et fait perdre l'exonération (CAA Marseille, 3 mars 2023, n° 21MA04875). Ensuite, attention aux prélèvements sociaux 2026 : depuis la LFSS 2026, la plus-value professionnelle de cession d'une patientèle BNC supporte 18,6 % (la CSG du capital est passée à 10,6 %), et le Conseil d'État a confirmé qu'ils restent dus même quand l'IR est exonéré au titre du 151 septies A (CE 12 octobre 2018, n° 401292). Le taux de 17,2 % ne vaut plus ici : il est désormais réservé à l'assurance-vie, aux revenus fonciers et aux plus-values immobilières des particuliers (liste limitative de l'article L. 136-8 IV du CSS). Côté PS, le fonds (patientèle) et les parts de société sont donc logés à la même enseigne (18,6 %) : la vraie différence se joue sur les dispositifs d'exonération (151 septies, 238 quindecies, 151 septies A pour le fonds ; abattement de 500 000 € du 150-0 D ter pour les parts), pas sur le taux.

Le mécanisme complet — calcul de l'assiette, articulation des trois régimes, calendrier des 24 mois — est détaillé dans le guide céder sa patientèle de kiné : plus-value, exonérations et capital de sortie.

§ 10LES SOLUTIONS·3 MIN

Combler le trou : PER, assurance-vie, immobilier

Le diagnostic est posé ; rassurez-vous, ce trou se comble — mais avec une architecture, pas un seul produit miracle. Quatre familles de leviers, à empiler selon votre situation.

Les leviers pour combler le trou de pension du kiné. Attention à la dualité des prélèvements sociaux 2026 : le PER à la sortie et la plus-value professionnelle de cession de patientèle supportent 18,6 %, contre 17,2 % maintenu pour l'assurance-vie et le foncier nu.
LevierAtout principalPrélèvements sociaux 2026Quand le privilégier
PER / Madelin (154 bis)Déduction à l'entrée (10 % + 15 % de 1 à 8 PASS ; max 88 911 €)18,6 % sur les gains à la sortieTMI 30-41 %, horizon retraite
Assurance-vieLiquidité + transmission (990 I, 152 500 €/bénéf.)17,2 % maintenuLiquidité, réversion, transmission
Immobilier / SCPIRevenu régulier complémentaire17,2 % (foncier nu)Revenu récurrent à la retraite
Cession de la patientèle (151 septies)Capital de fin de carrière, souvent exo d'IR18,6 % (PV professionnelle)Au départ en retraite

La dualité des prélèvements sociaux 2026

Un point technique qui change le classement des enveloppes. Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % par principe : les gains du PER à la sortie et les plus-values professionnelles de cession (dont la cession de patientèle BNC) supportent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux (PFU global de 31,4 % au tarif plein). Ne restent à 17,2 % que les revenus expressément listés par l'article L. 136-8 IV du CSS : l'assurance-vie et la capitalisation, les revenus fonciers et les plus-values immobilières des particuliers, les PEL/CEL. Le détail : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

Le PER comble le trou, il ne le remplace pas

Une précision pour ne pas survendre. Le PER est une épargne de capitalisation : il ne valide ni point ni trimestre auprès de la CARPIMKO, et le versement reste dans l'assiette de vos cotisations sociales (article L. 131-6 du CSS). Vous payez moins d'impôt et vous vous constituez un capital, point : vos cotisations CARPIMKO ne bougent pas, et vous ne validez aucun droit de plus à la caisse. Le PER s'ajoute au régime obligatoire ; il ne le remplace pas.

Note de méthode : ce que vaut une projection de capitalisation

Dès qu'on capitalise, on raisonne sur des hypothèses de rendement, jamais sur des promesses. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PER, une assurance-vie en unités de compte, des SCPI ou de l'immobilier comportent un risque de perte en capital : la valeur peut baisser. Ce qui reconstruit le capital, ce n'est pas le rendement de telle ou telle année, c'est le nombre d'années pendant lesquelles vous versez : un kiné qui commence à 40 ans part avec une longueur d'avance énorme sur celui qui s'y met à 55. Toute projection chiffrée doit être recalculée pour votre dossier, avec votre conseiller et votre expert-comptable.

Le détail — combien verser, sur quels supports, dans quel ordre — figure dans nos guides complémentaires : le PER du kiné pour compenser la chute de revenus, où placer son épargne professionnelle de kiné et la défiscalisation du kiné, pour réduire ses impôts tout en épargnant. Pour le PER en général, voyez le guide complet du Plan d'épargne retraite, le PER du libéral et son plafond 154 bis, et pour l'étage revenu, les SCPI comme complément de revenu à la retraite.

§ 11PASSER À L'ACTION·2 MIN

La feuille de route : par où commencer

En capitalisation, c'est le nombre d'années qui compte, plus encore que la mise de départ. Concrètement, voilà dans quel ordre on s'y prend, dossier de kiné après dossier de kiné.

  1. Demandez votre RIS (relevé individuel de situation) sur carpimko.fr et chiffrez votre pension réelle estimée — pas la moyenne sectorielle, la vôtre.
  2. Calculez le trou mensuel entre cette pension et votre revenu d'activité actuel : c'est votre objectif de reconstruction.
  3. Sécurisez d'abord la prévoyance Madelin (article 154 bis) face à l'usure physique — TMS, invalidité partielle empêchant le geste. C'est la priorité : un PER ne sert à rien si un accident vous force à le casser en catastrophe.
  4. Calibrez ensuite la capitalisation : PER au plafond utile, assurance-vie pour la liquidité, immobilier / SCPI pour le revenu, et anticipez la cession de la patientèle (conditions des 5 ans, fenêtre des 24 mois).
Hagnéré Patrimoine

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On estime votre taux de remplacement CARPIMKO, on chiffre le trou réel et on bâtit l'architecture qui le comble — prévoyance du geste, PER, assurance-vie, immobilier et cession de la patientèle — calibrée avec votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Une note pratique pour finir : votre choix entre micro-BNC et régime réel influe sur l'assiette de vos cotisations CARPIMKO, et donc indirectement sur vos droits — un arbitrage à intégrer dans votre stratégie retraite (voir micro-BNC ou réel : ce qui change pour votre fiscalité et vos cotisations). Et pour replacer le sujet dans le cadre commun à toutes les professions libérales, voyez la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire.

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Construire votre retraite de kiné avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On estime votre taux de remplacement CARPIMKO, on chiffre le trou réel entre votre dernier revenu et votre pension, puis on bâtit l'architecture qui le comble : PER au plafond 154 bis, prévoyance du geste, assurance-vie, immobilier et cession de la patientèle, le tout calibré avec votre expert-comptable.

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Sources et références légales

  • Les trois régimes obligatoires du kinésithérapeute (CARPIMKO)

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation des auxiliaires médicaux à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CARPIMKO est la section des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes — jamais la CARMF, la CARCDSF ni la CAVP). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points : 8,73 % ≤ 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS, 550 points maximum par an, soit ~363 € de droits à 0,6599 € le point). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire CARPIMKO réformé au 01/01/2026 : 100 % proportionnel, 8,70 % sur 0,5 à 3 PASS = 24 030 à 144 180 €). Art. L. 644-2 CSS (invalidité-décès, forfait ~1 022 €, IJ ~55,44 €/j dès le 91e jour). Art. L. 645-1 CSS (ASV / PCV du praticien conventionné, cofinancée aux deux tiers environ par l'Assurance maladie). Valeurs de point et de cotisation 2026 à confirmer sur carpimko.fr.

  • Âge, taux plein et décote (réforme gelée)

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans (172 trimestres pour le taux plein avant cet âge). Calendrier du relèvement de l'âge légal gelé par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (-25 % au maximum), coefficient à confirmer sur carpimko.fr.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CARPIMKO et reste dans l'assiette des cotisations sociales, art. L. 131-6 CSS). Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 (création du PER). Art. 163 quatervicies CGI (plafond général PER, report et mutualisation entre conjoints). Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et 757 B CGI (30 500 € après 70 ans). Art. 197 CGI (barème IR 2026). BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (cotisations obligatoires déductibles sans limitation). Dualité PS 2026 (LFSS 2026) : 18,6 % sur les gains du PER à la sortie, 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et le foncier.

  • La cession de la patientèle comme capital retraite

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes — prestations de services du kiné : totale si recettes ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité ≥ 5 ans). Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite — cession de la patientèle BNC —, PS 18,6 % dus ; CE 12/10/2018 n° 401292 ; BOI-BIC-PVMV-40-20-20). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Conditions communes : activité ≥ 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois. Garde-fou anti-montage : une patientèle louée à sa propre structure n'ouvre pas droit à l'exonération 151 septies (CAA Marseille 03/03/2023 n° 21MA04875). Dualité PS 2026 : la plus-value professionnelle de cession — patientèle BNC comme parts de société — supporte 18,6 % (CSG portée à 10,6 %) ; le 17,2 % maintenu (CSS art. L.136-8 IV) ne vise que l'assurance-vie, le foncier et les plus-values immobilières des particuliers.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, taux de remplacement et coefficients de décote cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur carpimko.fr. Les paramètres 2026 de la CARPIMKO (cotisations, valeurs de point, conditions de l'ASV, réforme de la complémentaire) sont à confirmer à la source. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, prévoyance Madelin, cession de la patientèle) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite du kinésithérapeute à la CARPIMKO Montant, taux de remplacement, réforme 2026 de la complémentaire, ASV, taux plein 67 ans, usure physique et capital de sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des kinésithérapeutes : la CARPIMKO (et pas la CARMF ni la CARCDSF), la composition des trois étages, le taux de remplacement réel, ce que change la réforme de la complémentaire au 1er janvier 2026, l'impact de l'usure physique et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.