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Guide sage-femme libérale 202617 minMis à jour 11 juin 2026Épargne personnelle · méthode des étages

Placements de la sage-femme libérale : structurer son épargne, étage par étage

Chaque mois, 600 € de côté — un peu de livret A, et le reste qui dort sur le compte courant. Au fond, deux inquiétudes vous poursuivent : la CARCDSF ne servira qu'une pension modeste, et entre vos vacations hospitalières et votre activité libérale, votre retraite se reconstruit « par morceaux ». Et c'est tout à votre avantage : une sage-femme libérale n'a aucun besoin de montages compliqués. Vous êtes en BNC — pas d'impôt sur les sociétés, pas de trésorerie de société à placer comme un médecin ou un pharmacien en SEL : vous investissez de l'épargne PERSONNELLE, et c'est précisément ce qui rend les choses plus simples. Ce guide vous donne la méthode des étages : du plus sûr au plus risqué, on remplit dans l'ordre la prévoyance, la précaution, le PER, l'assurance-vie, l'immobilier puis la bourse. Un seul fil rouge : ne jamais sauter d'étage, et ne jamais se laisser survendre un produit complexe quand le patrimoine est en construction. Note de méthode : tout placement comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PLACEMENT SAGE-FEMME 2026

Construire votre plan d'épargne de sage-femme étage par étage, sans produit inutile

Audit patrimonial de la sage-femme libérale : sécurisation de la prévoyance Madelin (maternité, gardes, invalidité), calibrage du PER (plafond 154 bis exact, exercice mixte), choix assurance-vie et supports, arbitrage résidence principale vs investissement locatif, diversification simple. Cabinet capitalistiquement indépendant, sans biais émetteur, adapté à un patrimoine en construction.

  • Bilan patrimonial sage-femme offert
  • Prévoyance et PER calibrés
  • Plan d'épargne par horizon
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

RETRAITE

CARCDSF

PER MINI 2026

4 806 €

ASSURANCE-VIE

17,2 % PS

PEA

18,6 % PS

CAS-TYPE

600 €/mois

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 11 juin 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

L'essentiel en 30 secondes

Une sage-femme libérale épargne de l'argent personnel, pas la trésorerie d'une société : en BNC, il n'y a pas d'impôt sur les sociétés, et même en SCM (société de moyens transparente) il n'y a aucun bénéfice à placer. La méthode tient en une pyramide à remplir dans l'ordre, du plus sûr au plus risqué : d'abord la prévoyance Madelin (maternité, gardes, invalidité), puis l'épargne de précaution (3 à 6 mois de charges sur livrets et fonds euros), puis le PER pour la retraite et la déduction à votre tranche marginale (la CARCDSF sert une pension modeste, d'autant que l'exercice mixte fragmente votre retraite), puis l'assurance-vie pour la souplesse et la transmission, puis l'immobilier (la résidence principale d'abord), et enfin le PEA et la bourse. On ne saute pas d'étage, et on ne se laisse jamais survendre du private equity quand le patrimoine est en construction.

§ 1LA MÉTHODE·3 MIN

La méthode des étages : sécuriser avant d'optimiser

La plupart des sages-femmes qui viennent nous voir ne se trompent pas de produit : elles se trompent d'ordre. On a placé 10 000 € en SCPI avant d'avoir trois mois de charges de côté, ou souscrit un produit « défisc » en fin d'année sans avoir la moindre prévoyance. L'épargne d'une libérale se construit comme une maison : pas de murs tant que les fondations ne sont pas coulées. La règle tient en une phrase : on sécurise d'abord, on optimise ensuite.

Votre épargne tient en six étages, du plus liquide et du plus sûr au plus risqué et au plus long. Chaque étage suppose le précédent rempli : c'est la règle d'or, et celle qui nous évite de reprendre des dossiers mal partis. Et une précision qui change tout : vous placez de l'épargne personnelle, pas la trésorerie d'une société. En BNC, pas d'impôt sur les sociétés ; et même en SCM (société civile de moyens, transparente fiscalement, article 239 quater A du CGI), il n'y a aucun bénéfice à placer.

Garde-fou : sage-femme = CARCDSF, jamais CARPIMKO, CARMF ni CAVP

Avant toute chose, une mise au point sur votre régime, car tout en dépend. La part libérale de votre activité relève de la CARCDSF (Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes), section sages-femmes— pas de la CARPIMKO (infirmiers, kinés), pas de la CARMF (médecins), pas de la CAVP (pharmaciens). C'est une caisse commune avec les dentistes, mais la section sages-femmes a ses propres paramètres : ne transposez jamais les valeurs de cotisation ou de point des dentistes.

La pyramide d'épargne de la sage-femme libérale. On remplit du bas vers le haut : sauter un étage (par exemple investir en SCPI avant la précaution) est l'erreur n° 1.
ÉtageObjectifEnveloppesHorizon
0 · PrévoyanceProtéger le revenu (maternité, gardes, invalidité, décès)Prévoyance Madelin (154 bis)Immédiat / permanent
1 · Précaution3 à 6 mois de charges disponiblesLivret A, LDDS, fonds eurosCourt (0-2 ans)
2 · Retraite + défiscCompenser la CARCDSF, déduire à la TMIPER (154 bis)Long (retraite)
3 · Souplesse + transmissionÉpargne disponible et transmissibleAssurance-vie (UC + fonds euros)Moyen / long (8 ans+)
4 · ImmobilierSe loger puis investir en pierreRésidence principale, puis LMNP / SCPILong (10 ans+)
5 · BourseFaire travailler l'épargne longuePEA, compte-titres (actions, ETF)Long (8 ans+)

Le réflexe à désapprendre : « quel produit acheter ? »

Quand une sage-femme nous demande quel placement choisir, nous lui retournons la question : quel étage te manque encore ? Une sage-femme de 30 ans sans prévoyance et sans précaution n'a rien à faire en private equity, même si le rendement annoncé fait rêver. À l'inverse, une sage-femme de 45 ans avec une prévoyance solide, six mois de précaution et un PER bien alimenté peut, elle, diversifier davantage. La hiérarchie est la même pour toutes ; c'est seulement la vitesse de montée qui change.

§ 2LE POURQUOI·2 MIN

Pourquoi épargner : la CARCDSF, et la retraite « par morceaux »

Une question revient en rendez-vous avant même de parler placements : pourquoi se priver maintenant ? Parce que la pension servie par la CARCDSF (régime de base + régime complémentaire de la section sages-femmes) représente, pour une libérale à revenus modérés, nettement moins que son revenu d'activité de fin de carrière. Le « taux de remplacement » d'une libérale est structurellement faible. Sans épargne personnelle constituée pendant la vie active, le passage à la retraite se traduit par une chute de niveau de vie. Le détail du calcul de votre future pension figure dans notre guide sur pourquoi la pension CARCDSF est insuffisante.

Exercice mixte : une retraite reconstituée par morceaux

Beaucoup de sages-femmes cumulent des vacations salariées (hôpital public, clinique) et une activité libérale. Conséquence : votre retraite se construit en plusieurs blocs. La part libérale relève de la CARCDSF ; la part salariée relève du régime général (CNAV), complétée par l'Ircantec dans le secteur public hospitalier (ou l'Agirc-Arrco dans le privé). Cette fragmentation rend le pilotage plus complexe et le taux de remplacement souvent décevant — raison de plus de mettre de côté. Le revers a son bon côté : l'exercice mixte ouvre généralement deux plafonds de déduction PER distincts et cumulables— celui du travailleur non salarié (article 154 bis du CGI) sur la part libérale, et le plafond général de l'épargne retraite (article 163 quatervicies du CGI) alimenté par vos revenus salariés. Vous pouvez donc déduire davantage.

C'est tout l'enjeu de votre épargne : elle ne vient pas en plus d'une retraite confortable, elle vient compenser une retraite obligatoire modeste et morcelée. D'où l'importance de commencer tôt : 250 € par mois pendant trente ans, capitalisés à 4 % (hypothèse, performance non garantie), c'est de l'ordre de 170 000 € ; le même effort démarré à 55 ans n'en produit qu'une fraction. Le temps, ici, fait plus de la moitié du travail à votre place. La stratégie de rattrapage est détaillée dans le guide du PER pour compléter la CARCDSF et déduire ses cotisations.

Note de méthode : ce que vaut (et ne vaut pas) une projection

Les 170 000 € ci-dessus reposent sur un rendement constant de 4 % par an : c'est une illustration pédagogique, pas une promesse. Un marché ne progresse jamais en ligne droite — il monte, corrige, repart — et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce que la projection démontre vraiment, ce n'est pas un chiffre exact à atteindre, mais la puissance du temps : à effort égal, la sage-femme qui démarre à 35 ans finit avec un capital sans commune mesure avec celle qui s'y met à 55 ans. C'est la seule variable que vous maîtrisez vraiment : la date de départ.

§ 3ÉTAGE 0·2 MIN

Étage 0 : la prévoyance d'abord, parce qu'un revenu peut s'arrêter du jour au lendemain

L'étage 0, presque personne n'y pense — et c'est précisément celui qui sauve le plan d'une sage-femme. Votre revenu peut s'interrompre brutalement : grossesse et maternité (la sage-femme est, par nature, exposée à sa propre maternité), accident, maladie, invalidité, gardes et astreintes à horaires irréguliers. Un arrêt prolongé, c'est un revenu qui s'arrête net — et, sans filet, tout le plan d'épargne avec.

Or les prestations de la CARCDSF en cas d'arrêt de travail sont modestes et interviennent souvent tardivement. C'est le rôle de la prévoyance Madelin (article 154 bis du CGI) de combler ce trou : indemnités journalières après un délai de carence court, rente d'invalidité si vous ne pouvez plus exercer, capital ou rente pour vos proches en cas de décès. Et le tout est déductible de votre bénéfice imposable, à hauteur de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, le tout plafonné à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € au maximum en 2026 (un plafond rarement atteint à revenus modérés). Point important : cette enveloppe de déduction est distincte et cumulable avec le plafond de déduction retraite du PER — la prévoyance ne « mange » pas votre capacité de versement PER.

La prévoyance, c'est l'assurance du plan d'épargne

C'est notre règle déontologique de base : on ne fait pas épargner une sage-femme en SCPI ou en PER si elle n'a pas, d'abord, une prévoyance qui la couvre. Construire un patrimoine sans protéger le revenu qui l'alimente, c'est bâtir sur un revenu qu'un seul arrêt de travail peut couper. Un seul arrêt long — et pour une sage-femme, une maternité ou une invalidité ne sont pas des hypothèses lointaines — et tout le plan d'épargne s'écroule. Le détail des garanties et des montants figure dans notre guide sur la prévoyance Madelin, l'assurance du plan.

§ 4ÉTAGE 1·2 MIN

Étage 1 : l'épargne de précaution, votre matelas liquide

Une fois protégée, on constitue un matelas de sécurité : 3 à 6 mois de charges (personnelles et professionnelles) disponibles immédiatement, sans risque et sans pénalité. Pour une sage-femme dont les recettes peuvent fluctuer (congé maternité, baisse d'activité, alternance de vacations et de libéral), c'est ce qui vous évite de revendre un placement au plus mauvais moment ou de basculer sur un crédit à la consommation.

Les livrets réglementés : sûrs et défiscalisés

On commence par le plus simple : les livrets réglementés, garantis par l'État et totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux (article 157 du CGI) : le livret A (plafond 22 950 €, article L. 221-1 du Code monétaire et financier), le LDDS (plafond 12 000 €, article L. 221-27) et, sous conditions de revenus, le LEP (plafond 10 000 €). Leur taux est fixé par les pouvoirs publics et révisé périodiquement. On ne leur demande aucun rendement : ce sont des réserves de liquidité, et c'est tout ce qu'on attend d'elles.

Plafonds fermes ; taux indiqués au 1er février 2026, révisés tous les six mois — à revérifier à chaque échéance. Le LEP est soumis à une condition de revenu fiscal de référence : l'éligibilité varie d'une année à l'autre.
Livret réglementéPlafond de versementTaux (au 1er février 2026)Fiscalité 2026
Livret A22 950 €1,5 % (révisé semestriellement)Exonéré (IR + PS), art. 157 CGI
LDDS12 000 €1,5 % (révisé semestriellement)Exonéré (IR + PS), art. 157 CGI
LEP (sous conditions de revenus)10 000 €2,5 % (révisé semestriellement)Exonéré (IR + PS), art. 157 CGI

Le fonds euros : le prolongement de la précaution

Une fois les livrets pleins, le fonds euros d'une assurance-vie prend le relais : capital garanti, disponible sous quelques jours, avec un rendement généralement supérieur à celui des livrets. C'est le pont naturel entre la précaution (étage 1) et l'assurance-vie de long terme (étage 3) — et il reste à 17,2 % de prélèvements sociaux, pas 18,6 %. À distinguer du compte à terme, qui bloque le capital sur une durée déterminée en échange d'un taux fixe : ses intérêts sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS), ce qui le rend moins efficace que les livrets exonérés. On sature donc d'abord les livrets.

Combien viser, en pratique ?

Prenez vos charges mensuelles totales — loyer ou crédit du logement, loyer du cabinet, cotisations URSSAF et CARCDSF, vie courante — et multipliez par 3 à 6. Une sage-femme dont les sorties tournent autour de 3 000 € par mois vise donc 9 000 à 18 000 € de précaution avant de passer à l'étage suivant. C'est de l'argent qui « dort » volontairement : il ne rapporte presque rien, et c'est normal — son seul travail est d'être là le jour où un mois est creux, où l'URSSAF régularise une cotisation, ou pendant un congé maternité. Une fois ce coussin atteint, on arrête d'empiler sur les livrets : chaque euro supplémentaire a mieux à faire un étage plus haut.

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§ 5ÉTAGE 2·3 MIN

Étage 2 : le PER, pour la retraite et la déduction d'impôt

Le PER, l'essentiel pour une sage-femme

Vous versez, vous déduisez à votre tranche marginale (30 ou 41 %), l'épargne capitalise à l'abri de l'impôt jusqu'à la retraite — c'est l'outil n° 1 pour combler le trou de la CARCDSF. En contrepartie, l'argent est bloqué (sauf déblocages prévus par la loi, dont l'achat de la résidence principale), et à la sortie l'État reprend sa part : vous avez décalé l'impôt, pas effacé. L'intérêt ? Votre tranche marginale est généralement plus basse à la retraite qu'en activité.

Combien une sage-femme peut-elle déduire ?

Le plan d'épargne retraite est l'outil central pour combler le trou de la CARCDSF. Son atout : les versements sont déductibles de votre bénéfice imposable à votre tranche marginale. Pour une sage-femme en BNC, le plafond suit l'article 154 bis du CGI (volet retraite du TNS) : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € en 2026 (10 % du PASS). Concrètement, même avec un bénéfice inférieur au PASS — fréquent en début de carrière ou en exercice partiellement salarié — vous pouvez toujours déduire au moins 4 806 €.

L'économie d'impôt du PER, à votre tranche marginale

Économie d'impôt = versement déductible x tranche marginale
──────────────────────────────────────────────────────────
4 806 € (plancher)  x 30 %  =  1 442 € d'impôt en moins
4 806 € (plancher)  x 41 %  =  1 970 € d'impôt en moins

La déduction agit à l'entrée, à la tranche marginale du moment : c'est le levier propre au PER. Plus la tranche est élevée, plus le PER est puissant. Le plancher de 4 806 € est déductible quel que soit le bénéfice — un point précieux pour une sage-femme à revenus modérés.

Cas Sarah, 42 ans, 58 000 € de bénéfice, TMI 41 %

Sarah est sage-femme installée, célibataire, à 41 % de tranche marginale. Son plafond 154 bis s'établit à environ 7 291 €: 10 % × 58 000 € = 5 800 €, auxquels s'ajoutent 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, soit 15 % × (58 000 − 48 060) ≈ 1 491 €. Si elle verse ces 7 291 € sur son PER, l'économie d'impôt atteint 7 291 € × 41 % ≈ 2 989 € pour une seule année. Plus la tranche marginale est élevée, plus le PER devient le premier levier à saturer : à 41 %, c'est presque toujours par lui qu'on commence la poche défiscalisation.

Le blocage, et le déblocage pour la résidence principale

La contrepartie de la déduction, c'est le blocage : l'épargne d'un PER est en principe indisponible jusqu'à la retraite. Il existe toutefois des cas de déblocage anticipé (article L. 224-4 du Code monétaire et financier) : invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits chômage, et surtout — le plus utile pour une jeune sage-femme — l'achat de la résidence principale (déblocage du compartiment des versements volontaires). Le PER n'est donc pas un tunnel hermétique, mais il faut le calibrer en gardant ce blocage à l'esprit : on n'y loge ni la précaution ni l'épargne de moyen terme.

La fiscalité à la sortie : un différé, pas un cadeau

À la sortie, le capital correspondant aux versements déduits est réintégré au barème de l'impôt sur le revenu, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique, avec des prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026 (le PER fait partie des produits passés à ce taux). Autrement dit, vous avez repoussé l'impôt sans l'effacer : tout l'intérêt vient de ce que votre tranche marginale à la retraite est en général plus basse qu'en activité, et que l'épargne a capitalisé pendant des années. Pour le détail du fonctionnement, voyez notre guide pour comprendre le fonctionnement du PER et celui dédié au PER du libéral et au plafond 154 bis en détail. Le calibrage propre à votre situation est traité dans le guide du PER de la sage-femme.

§ 6ÉTAGE 3·3 MIN

Étage 3 : l'assurance-vie, la souplesse et la transmission

Le rachat : souple, mais les prélèvements sociaux tombent toujours

Là où le PER bloque et déduit, l'assurance-vie garde la main : pas de déduction à l'entrée, mais une épargne disponible à tout moment et une architecture multisupport (fonds euros garanti à 17,2 % + unités de compte en actions, ETF, SCPI). Seuls les gains contenus dans un rachat sont imposés (article 125-0 A du CGI). Avant 8 ans, c'est le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de PS). Après 8 ans, vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains et d'un taux d'IR réduit à 7,5 % : le taux effectif descend autour de 24,7 %. Mais attention : les prélèvements sociaux à 17,2 % (taux maintenu en 2026) restent dus sur la totalité des gains, et il ne faut jamais promettre « 0 impôt » — l'abattement porte sur les gains, pas sur le capital, et les prélèvements sociaux s'appliquent toujours.

La transmission : l'atout maître

Sur la transmission, peu d'enveloppes font mieux que l'assurance-vie. Le capital transmis au décès échappe en grande partie aux droits de succession : 152 500 € par bénéficiaire sont exonérés pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI), et un abattement global de 30 500 € s'applique aux primes versées après 70 ans (article 757 B). Le capital est hors succession (sauf primes manifestement exagérées, Cass. ch. mixte du 23 novembre 2004), ce qui en fait l'outil de transmission le plus efficace du patrimoine financier — y compris pour une sage-femme qui veut protéger son conjoint ou ses enfants. Le détail figure dans nos guides sur la fiscalité du rachat et la transmission de l'assurance-vie et sur la succession.

PER ou assurance-vie : on combine

PER — bloquer et déduire

Points forts

  • Versements déductibles à la tranche marginale
  • Idéal pour combler la retraite CARCDSF
  • Déblocage anticipé pour la résidence principale

Points de vigilance

  • Épargne bloquée jusqu'à la retraite
  • Capital réintégré au barème à la sortie
  • Gains : prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026

Assurance-vie — garder la main

Points forts

  • Épargne disponible à tout moment
  • Abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans
  • Transmission optimisée (990 I : 152 500 €/bénéficiaire)

Points de vigilance

  • Pas de déduction à l'entrée
  • PS 17,2 % toujours dus (jamais « 0 impôt »)
  • Risque de perte en capital sur les unités de compte

Note de risque sur les unités de compte

Le fonds euros est garanti, mais les unités de compte (actions, ETF, SCPI logées dans le contrat) ne le sont pas : leur valeur peut varier à la baisse, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Une poche d'unités de compte se construit pour un horizon de plusieurs années et se calibre selon votre tolérance au risque. Pour des patrimoines plus importants (au-delà de 250 000 €), l'assurance-vie luxembourgeoise peut présenter un intérêt, mais elle n'est pas prioritaire pour un patrimoine en construction.

§ 7ÉTAGE 4·3 MIN

Étage 4 : l'immobilier, la résidence principale d'abord

Pour une jeune sage-femme : se loger avant d'investir

Pour une sage-femme qui débute, le premier projet immobilier est presque toujours sa résidence principale. C'est un placement « tunnel » : la plus-value à la revente est exonérée (article 150 U du CGI), vous arrêtez de payer un loyer, et le remboursement du prêt vous constitue un patrimoine forcé. Surtout, c'est elle qui mobilise votre capacité d'emprunt— et c'est là le garde-fou décisif.

Garde-fou : ne pas griller sa capacité d'emprunt

C'est l'erreur classique de la sage-femme qui se lance trop vite dans le locatif : investir 100 000 € à crédit en SCPI ou en LMNP avant d'avoir acheté son logement — ou avant un rachat de cabinet — c'est risquer de saturer son taux d'endettement et de se fermer l'accès au crédit immobilier le plus important de sa vie. La banque finance d'abord votre toit. L'ordre raisonnable : résidence principale, puis investissement locatif, jamais l'inverse — sauf situation particulière (vous restez locataire par choix de mobilité, par exemple). L'immobilier d'investissement vient toujours en second rang.

LMNP et SCPI : la diversification immobilière simple

Résidence principale — la priorité

Points forts

  • Plus-value de cession exonérée (art. 150 U)
  • Arrêt du loyer + patrimoine forcé via le prêt
  • Mobilise en priorité la capacité d'emprunt

Points de vigilance

  • Immobilise l'apport et l'endettement
  • Peu liquide (revente plus lente)
  • À sécuriser avant tout locatif

SCPI / LMNP — le second rang

Points forts

  • Diversification immobilière sans gestion (SCPI)
  • LMNP : amortissement qui neutralise le loyer
  • Accessible dès quelques milliers d'euros (SCPI)

Points de vigilance

  • SCPI au foncier : TMI + 17,2 % de PS (lourd à 41 %)
  • LMNP : amortissements réintégrés à la plus-value
  • À envisager après la résidence principale

Une fois logée, vous pouvez investir dans la pierre locative. Deux voies simples : le LMNP (location meublée non professionnelle), qui permet d'amortir le bien et de neutraliser fiscalement une grande partie des loyers — en gardant à l'esprit que les amortissements sont désormais réintégrés dans la plus-value de cession (réforme issue de la loi de finances pour 2025, article 150 VB III du CGI, cessions à compter du 15 février 2025) ; et la SCPI, qui donne accès à un patrimoine immobilier diversifié et géré, dès quelques milliers d'euros, sans aucune gestion de votre part.

Le LMNP réduit le loyer, pas le bénéfice de sage-femme

C'est une confusion fréquente : le LMNP relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), une catégorie distincte de votre BNC d'activité. L'amortissement neutralise le loyer de votre location meublée — il ne crée pas de déficit imputable sur votre revenu global ni, a fortiori, sur votre bénéfice de sage-femme. Dit autrement : le LMNP optimise un revenu locatif que vous percevez en plus de votre activité, il ne « défiscalise » jamais votre travail. Les vrais leviers qui agissent sur votre impôt de sage-femme — déduction du PER, charges du réel, prévoyance Madelin — sont passés en revue dans notre guide de défiscalisation de la sage-femme libérale.

Côté fiscalité, les loyers de SCPI au foncier sont des revenus fonciers, imposés à votre tranche marginale + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux maintenu en 2026) — ce qui peut être lourd à 30-41 %. On envisage donc souvent la SCPI à crédit, en démembrement, ou logée dans une assurance-vie (où elle relève alors de la fiscalité de l'assurance-vie). Le détail des stratégies figure dans notre guide pour investir en pierre-papier (SCPI) et notre guide sur l'immobilier du libéral (LMNP, déficit foncier, SCI). Et si vous exercez en cabinet, l'achat des murs via une SCI mérite une étude à part : voyez acheter les murs de son cabinet en SCI.

§ 8ÉTAGE 5·2 MIN

Étage 5 : le PEA et la bourse, pour l'épargne longue

Au sommet de la pyramide, la poche actions, pour faire travailler l'épargne dont vous n'aurez pas besoin avant plusieurs années. C'est ici que se loge la performance de long terme — au prix d'une volatilité qu'il faut accepter. Le véhicule de référence est le PEA (plan d'épargne en actions, article L. 221-30 du Code monétaire et financier), plafonné à 150 000 € de versements : après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu — seuls les prélèvements sociaux restent dus.

Attention : le PEA est à 18,6 % en 2026, pas 17,2 %

C'est un changement à intégrer : le PEA ne fait pas partie des produits qui conservent le taux historique de 17,2 %. Les gains réalisés à compter de 2026 supportent donc 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG portée à 10,6 %). Idem pour le compte-titres ordinaire, dont les plus-values et dividendes sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Pour la poche actions, le PEA reste néanmoins l'enveloppe la plus efficace après saturation du PER et constitution de l'assurance-vie. Détail dans notre guide du PEA et du passage des prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026.

En pratique, pour une sage-femme, la simplicité prime : un PEA garni d'un ou deux ETF (fonds indiciels diversifiés à frais réduits) suffit largement à capter la performance des marchés actions sur le long terme, sans la complexité ni les frais d'une sélection de titres en direct.

Note de méthode : l'horizon avant le rendement

On ne met au sommet de la pyramide que l'épargne dont on n'aura pas besoin avant au moins huit à dix ans. C'est la condition pour absorber sereinement les baisses de marché : sur une telle durée, le temps lisse la volatilité, alors qu'à deux ou trois ans il l'amplifie. Un principe à garder en tête pour chaque euro investi en actions : la performance passée d'un ETF ou d'un marché ne préjuge pas de sa performance future, et la valeur peut varier à la baisse. Le PEA, c'est l'argent de vos 50 ans. Pour la voiture à changer dans trois ans, restez sur les livrets.

§ 9LA BOUSSOLE FISCALE·2 MIN

La dualité des prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % ou 18,6 %

Depuis le 1er janvier 2026, une sage-femme qui compare son assurance-vie et son PEA ne joue plus à armes égales : deux taux de prélèvements sociaux cohabitent. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Conséquence : deux taux de prélèvements sociaux coexistent désormais (CSS art. L. 136-8). Ce n'est pas un détail : à fiscalité égale, le support qui reste à 17,2 % laisse un peu plus dans votre poche.

La dualité des prélèvements sociaux 2026 (LFSS 2026, CSS art. L. 136-8). Pour une sage-femme, l'assurance-vie et l'immobilier restent à 17,2 % ; le PEA, le compte-titres et le PER passent à 18,6 %. Les livrets réglementés (A, LDDS, LEP) restent, eux, totalement exonérés.
Taux 2026CompositionSupports concernés
17,2 % (maintenu)CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5Assurance-vie, fonds euros, contrat de capitalisation, revenus fonciers (location nue, SCI à l'IR), SCPI au foncier, plus-values immobilières, PEL/CEL
18,6 % (hausse)CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5PEA, compte-titres (dividendes, intérêts, plus-values), compte à terme, gains de PER à la sortie

Cas chiffré : 10 000 € de gains, assurance-vie vs compte-titres

Prenons 10 000 € de gains à imposer. En assurance-vie après 8 ans (hors abattement, primes sous 150 000 €) : 7,5 % d'IR + 17,2 % de PS = 24,7 %, soit 2 470 € d'impôt. En compte-titres (ou PEA de moins de 5 ans) : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS = 31,4 %, soit 3 140 €. L'écart est de 670 € en faveur de l'assurance-vie. À noter : un PEA de plus de 5 ans est exonéré d'IR et ne supporte que les 18,6 % de PS (1 860 €) — il reste donc très compétitif pour la poche actions, le différentiel se jouant surtout sur les prélèvements sociaux.

Ce que la dualité change concrètement pour une sage-femme

Ce n'est pas un argument décisif à lui seul — la performance et l'objectif de chaque enveloppe comptent davantage — mais c'est un point de plus en faveur de l'assurance-vie pour la poche prudente de long terme, et un rappel que le PEA n'est plus à 17,2 %. La règle reste : on choisit d'abord l'enveloppe selon l'objectif (retraite, souplesse, transmission, immobilier, bourse), et la dualité des PS sert d'arbitre quand deux options se valent. Pour une vue d'ensemble des leviers, voyez notre guide sur comment payer moins d'impôts.

§ 10LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Camille, 36 ans, 600 € par mois à placer

Camille est sage-femme libérale, 36 ans, en exercice mixte (quelques vacations à l'hôpital + son cabinet). Elle dégage 45 000 € de bénéfice (BNC) côté libéral, se situe à 30 % de tranche marginale, et peut épargner 600 € par mois. Sa prévoyance Madelin est déjà en place (étage 0) et elle a constitué quelques mois de charges sur ses livrets (étage 1). Ses 600 € se répartissent alors sur les étages supérieurs.

La ventilation des 600 € de Camille par horizon

PER (retraite, déduction 30 %)          150 €/mois → 1 800 €/an
Assurance-vie (souplesse, transmission) 250 €/mois → 3 000 €/an
PEA en ETF monde (actions, long terme)  200 €/mois → 2 400 €/an
──────────────────────────────────────────────────────────────
Total épargné                           600 €/mois → 7 200 €/an

Les 1 800 € versés sur le PER (déductibles) lui font économiser environ 540 € d'impôt par an à 30 % de tranche marginale. L'assurance-vie reste accessible (fonds euros + une poche d'UC) et le PEA, à 18,6 % de PS à terme, loge la poche actions de long terme. Tout reste disponible, sauf le PER, bloqué hors déblocage résidence principale.

Bien lire le budget : 1 442 € est un maximum, pas une addition

Camille pourrait choisir de maximiser son économie d'impôt : en saturant son plancher PER de 4 806 € (soit environ 400 €/mois), elle économiserait jusqu'à 4 806 € × 30 % ≈ 1 442 € d'impôt par an. Mais attention : ce 1 442 € est l'économie maximale atteignable en saturant le plancher — pas un montant qui s'ajoute à ses 600 € d'épargne. Saturer le PER consommerait l'essentiel de son budget mensuel et laisserait peu pour l'assurance-vie et le PEA. C'est un arbitrage : défiscalisation maximale d'un côté, liquidité et diversification de l'autre. À 30 % de tranche marginale et avec un patrimoine en construction, l'équilibre du tableau ci-dessus est souvent préférable à la saturation.

Note de risque (obligatoire)

Cette allocation est une illustration, pas un conseil : hors livrets réglementés et fonds euros, tout placement comporte un risque de perte en capital (assurance-vie en unités de compte, PEA, SCPI, LMNP), et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La répartition exacte se calibre selon votre horizon, votre tolérance au risque et vos projets. Le dimensionnement précis de votre PER est détaillé dans le guide du PER de la sage-femme.

§ 11LES GARDE-FOUS·3 MIN

Les erreurs à éviter (et le garde-fou anti-survente)

En une quinzaine d'années de rendez-vous avec des libéraux, nous voyons toujours revenir les mêmes erreurs. Ce ne sont presque jamais des erreurs de produit : c'est l'ordre qui pèche, ou la méthode. En voici huit, qu'on retrouve chez presque toutes les sages-femmes qui débutent.

  1. Sauter un étage. Investir en SCPI ou en LMNP avant d'avoir une prévoyance et une précaution. Un arrêt long — une maternité, par exemple — et tout s'écroule. On remplit dans l'ordre.
  2. Vouloir placer la trésorerie du cabinet. Une sage-femme en BNC n'en a pas : pas d'impôt sur les sociétés, donc rien à placer comme un médecin ou un pharmacien en SEL. Même en SCM, la société est transparente (article 239 quater A du CGI) et ne dégage aucun bénéfice. Le cas d'un exercice en SEL est traité dans le guide placement de toutes les professions libérales.
  3. Croire que le PEA est à 17,2 %. Il est à 18,6 % en 2026. Seules l'assurance-vie, la capitalisation, le foncier et les SCPI au foncier conservent le taux de 17,2 %.
  4. Promettre « 0 impôt » sur l'assurance-vie. L'abattement après 8 ans porte sur les gains, et les prélèvements sociaux à 17,2 % restent toujours dus.
  5. Griller sa capacité d'emprunt. Se charger en locatif avant d'avoir acheté sa résidence principale (ou racheté son cabinet), et se fermer l'accès au crédit le plus important de sa vie.
  6. Se survendre du private equity ou des produits structurés. Sur un patrimoine en construction, leur place est marginale (moins de 10 %), et seulement après un vrai bilan.
  7. Confondre les caisses. Sage-femme = CARCDSF (jamais CARPIMKO, CARMF ni CAVP), et section sages-femmes ≠ section dentistes.
  8. Oublier la prévoyance. Maternité, gardes, invalidité : c'est l'assurance du plan, l'étage 0 qu'on ne saute jamais.

Garde-fou : pas de produits complexes pour un patrimoine en construction

Notre règle déontologique : on ne survend pas de private equity ni de produits structurés à une sage-femme dont le patrimoine se construit. Ces placements peu liquides et parfois opaques s'adressent à des patrimoines déjà diversifiés, capables d'immobiliser des sommes plusieurs années. La priorité reste l'enchaînement prévoyance, précaution, résidence principale, PER, assurance-vie et diversification simple (ETF, quelques SCPI de qualité). Le reste peut venir plus tard, pour une petite fraction de l'épargne, après un vrai bilan.

Note de méthode sur le risque

Tout placement autre que les livrets réglementés et les fonds euros comporte un risque de perte en capital : assurance-vie en unités de compte, PER, PEA, SCPI, LMNP — la valeur peut varier à la baisse. Et un principe à ne jamais oublier : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. C'est précisément le rôle de la diversification par étages : ne jamais exposer au risque l'argent dont vous aurez besoin à court terme.

Pour replacer ce plan d'épargne dans la stratégie patrimoniale d'ensemble du libéral, voyez notre guide sur où placer son argent quand on est en profession libérale, et, pour le profil paramédical proche, la même méthode des étages appliquée au kiné libéral. Reste la seule question qui dépend vraiment de vous : combien mettre sur le PER sans bloquer l'apport de votre futur logement ? C'est exactement ce qu'un rendez-vous tranche, vos chiffres en main.

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Sources et références légales

  • Prévoyance et retraite de la sage-femme — CGI et loi Madelin

    Art. 154 bis CGI (déduction des cotisations PER et Madelin du travailleur non salarié : prévoyance et santé Madelin plafonnées à environ 11 534 € en 2026, soit 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice dans la limite de 3 % de 8 PASS ; plancher PER 4 806 €). Art. 163 quatervicies CGI (plafond général de l'épargne retraite, alimenté par les revenus salariés en exercice mixte). Loi n° 94-126 du 11 février 1994 (loi Madelin, cadre des contrats retraite et prévoyance des TNS). CARCDSF (Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes, section sages-femmes : régime de base + complémentaire ; jamais la CARPIMKO, la CARMF ni la CAVP, et paramètres distincts de la section dentistes). Arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

  • Les enveloppes personnelles — CGI et Code monétaire et financier

    Art. 125-0 A CGI (fiscalité des rachats d'assurance-vie : flat tax, abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans). Art. 990 I CGI (transmission, abattement 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans). Art. 757 B CGI (primes après 70 ans, abattement global 30 500 €). Art. 200 A CGI (PFU 12,8 % d'IR). Art. L. 224-4 CMF (déblocage anticipé du PER, dont l'achat de la résidence principale). Art. L. 221-1, L. 221-27, L. 221-30 CMF (livret A, LDDS, PEA — plafond PEA 150 000 €). Art. 157 CGI (exonération des intérêts du livret A et du LDDS). Art. 239 quater A CGI (transparence fiscale de la SCM). Cass. ch. mixte 23/11/2004 n° 02-11.352 (assurance-vie hors succession sauf primes manifestement exagérées).

  • Immobilier et prélèvements sociaux — CGI et CSS

    Art. 150 U CGI (exonération de la plus-value de cession de la résidence principale). Art. 150 VB III CGI (réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value de cession, cessions à compter du 15/02/2025, réforme issue de la loi de finances pour 2025). CSS art. L. 136-8 et LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : CSG capital portée de 9,2 % à 10,6 %, dualité des prélèvements sociaux 2026 — 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, la capitalisation, le foncier (location nue, SCI à l'IR) et les SCPI au foncier ; 18,6 % sur le PEA, le compte-titres et les gains de PER. Art. 261-4-1° CGI (les actes de soins de la sage-femme sont exonérés de TVA : pas de récupération de TVA sur le matériel).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le choix des enveloppes (PER, assurance-vie, PEA, immobilier), l'ordre des versements et l'allocation dépendent d'une étude individualisée (revenus, tranche marginale, horizon, situation familiale, capacité d'emprunt, exercice mixte, prévoyance déjà en place). Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026 et ne valent pas conseil. Tout placement comporte un risque de perte en capital — assurance-vie en unités de compte, PER, PEA, SCPI, LMNP : la valeur peut varier à la baisse, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres et taux cités sont à jour au 11 juin 2026 (LF 2026 loi n° 2026-103 du 19/02/2026, LFSS 2026 loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, arrêté PASS du 22/12/2025) mais peuvent évoluer. Les valeurs de cotisation et de point de la CARCDSF (section sages-femmes) sont à vérifier sur carcdsf.fr.

Foire aux questions

Tout sur le placement de la sage-femme libérale en 2026 la méthode des étages, le PER vs l'assurance-vie et les garde-fous.

Où placer son épargne, dans quel ordre, comment investir 600 € par mois, PER ou assurance-vie, comment épargner en exercice mixte, et pourquoi une sage-femme en BNC n'a pas de trésorerie de société à placer. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Dans un ordre précis, par étages, du plus liquide au plus risqué. Étage 0 : la prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI), parce qu'une sage-femme exposée aux gardes, aux astreintes et, souvent, à sa propre maternité doit sécuriser son revenu avant tout. Étage 1 : l'épargne de précaution (livret A, LDDS, fonds euros), soit 3 à 6 mois de charges disponibles immédiatement. Étage 2 : le PER pour la retraite et la déduction à votre tranche marginale (la CARCDSF sert une pension modeste). Étage 3 : l'assurance-vie pour la souplesse et la transmission. Étage 4 : l'immobilier (la résidence principale d'abord, puis LMNP ou SCPI). Étage 5 : le PEA et le compte-titres pour la poche actions de long terme. Le point clé : une sage-femme en BNC place de l'épargne PERSONNELLE, pas la trésorerie d'une société — elle n'a pas d'IS, donc pas la logique du médecin ou du pharmacien en SEL ; et même en SCM (société de moyens transparente), il n'y a aucun bénéfice à placer.