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Guide sages-femmes 202611 minMis à jour 11 juin 2026Taux de remplacement souvent < 50 %

Retraite de la sage-femme : ce que la CARCDSF vous versera vraiment

Après une carrière à accompagner des naissances, beaucoup de sages-femmes découvrent au moment de partir une pension qui couvre à peine la moitié de leur dernier revenu. Vous relevez de la CARCDSF, section des sages-femmes (pas de la CARPIMKO ni de la CARMF), avec trois étages de retraite obligatoire. Ici, le frein ne vient pas d'en haut comme chez le dentiste, dont un plafond écrête les hauts revenus : il vient d'en bas, d'une assiette modeste qui ne génère que peu de points, à quoi s'ajoute un exercice souvent mixte (vacations hospitalières + libéral) qui éclate vos droits entre plusieurs caisses. Résultat : un taux de remplacement qui dépasse rarement 50 %. Voici le montant réel, et par où combler le trou. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE SAGE-FEMME 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler à votre rythme

Audit de votre situation de sage-femme : estimation de votre taux de remplacement CARCDSF, reconstitution des droits éclatés si exercice mixte, dimensionnement du trou à combler, calibrage du PER 154 bis et de la prévoyance Madelin, et préparation de la cession de la patientèle comme capital de sortie. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Reconstitution des droits éclatés
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT

souvent sous 50 %

CAISSE DE LA SAGE-FEMME

CARCDSF (pas CARPIMKO)

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

PCV — PART FORFAITAIRE

780 € (260 € + 520 € CPAM)

LE 3e ÉTAGE PATRIMONIAL

PER + cabinet

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CONSTAT·2 MIN

Le vrai montant de votre retraite de sage-femme (et pourquoi il déçoit)

La retraite de la sage-femme en 30 secondes

Votre retraite obligatoire a trois étages, tous gérés par la CARCDSF, section des sages-femmes : le régime de base CNAVPL, le régime complémentaire des sages-femmes et la PCV de la praticienne conventionnée. Chez le dentiste, un plafond rabote les hauts revenus ; chez vous, c'est le contraire, l'assiette est trop petite pour générer beaucoup de points. Vous arrivez donc à un taux de remplacement qui passe rarement la barre des 50 % (à vérifier sur carcdsf.fr et sur votre RIS). Le reste se comble en capitalisant à votre nom.

Pour une carrière pleine, la première pension d'une sage-femme libérale tombe le plus souvent autour de 2 300 à 2 900 € par mois brut — moyenne de caisse de l'ordre de 2 400 € —, à confirmer sur carcdsf.fr. C'est un ordre de grandeur, pas une promesse. Et rapporté au train de vie d'avant, l'écart surprend toujours. Le plan de cette page est simple : on regarde d'abord d'où vient le trou, on le met en chiffres, et on voit où vous pouvez agir en premier pour le combler.

Une précision de méthode, parce qu'elle conditionne tout : la logique d'une caisse obligatoire de libéral est commune à toutes les professions — vous cotisez sur votre revenu d'activité, mais le régime ne reconstitue jamais l'intégralité de ce revenu une fois à la retraite. C'est précisément ce que nous détaillons côté méthode dans le guide sur pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS), sur info-retraite.fr et sur carcdsf.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : une assiette de cotisation modeste, encore réduite quand l'exercice est partiel ou mixte. C'est ce mécanisme qui fait tout le diagnostic, bien plus qu'un montant au centime près.
§ 2LA CONFUSION N°1·1 MIN

CARCDSF, pas CARPIMKO : la sage-femme n'est pas une auxiliaire médicale

On me la sort à presque chaque premier rendez-vous, donc réglons-la d'entrée. La sage-femme exerce une profession médicale et relève à ce titre de la CARCDSF — la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes —, dans sa section des sages-femmes (article L. 641-1 du Code de la sécurité sociale). Elle ne relève jamais de la CARPIMKO (la caisse des infirmiers et des kinésithérapeutes, auxiliaires médicaux), ni de la CARMF (médecins), ni de la CAVP (pharmaciens). L'affiliation est obligatoire dès toute activité libérale, même à temps partiel ou en remplacement.

Même caisse que les dentistes, mais une section à part

La CARCDSF est une caisse commune aux dentistes et aux sages-femmes, mais ce sont deux sections aux paramètres distincts. C'est un piège récurrent du web : les chiffres de PCV que l'on trouve souvent (« part forfaitaire PCV de 1 663,60 € », « PCV proportionnelle de 0,725 % ») sont des valeurs de la section dentiste, pas des sages-femmes. Pour la section des sages-femmes, la PCV est un forfait sans part proportionnelle, et les barèmes complémentaires sont propres. Ne calquez jamais un raisonnement de dentiste sur votre dossier.

Sur le fond, vous devez raisonner avec les barèmes de votre section — pas ceux du dentiste — sinon tout le calcul est faussé. Vous pouvez d'ailleurs comparer avec la page sœur consacrée à la retraite du dentiste à la CARCDSF (même caisse, section différente) : vous verrez que le diagnostic est inversé. Chez le dentiste, c'est l'écrêtement d'un haut revenu ; chez vous, c'est une assiette trop faible.

§ 3ARCHITECTURE·3 MIN

Les 3 étages de votre retraite obligatoire : base, complémentaire, PCV

Avant de comprendre pourquoi la pension décroche, voyons comment elle se monte. Vous relevez de la catégorie « santé » des professions libérales (article L. 640-1 du CSS), affiliée à la CNAVPL, et la CARCDSF gère pour vous trois régimes par points : la base, la complémentaire et, pour la praticienne conventionnée, la PCV.

Les trois régimes obligatoires de la sage-femme, valeurs 2026 section sages-femmes. Forfait du régime complémentaire, taux de la cotisation proportionnelle et valeur du point PCV sont des ordres de grandeur à confirmer sur carcdsf.fr. NE PAS confondre avec la section dentistes.
RégimeBase légaleCotisation 2026 (ordre de grandeur)Plafond d'assietteValeur du point
Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS + 1,87 % de 0 à 5 PASS5 PASS = 240 300 €0,6599 €
Complémentaire sages-femmesCSS L. 644-1Forfait ~3 100–3 210 € + part proportionnelle (à vérifier carcdsf.fr)5 PASS = 240 300 €≈ 31,82 € (à vérifier)
PCV (conventionnées)CSS L. 645-1 à L. 645-3Forfait 780 € (260 € praticienne + 520 € CPAM), SANS part proportionnelle—(à vérifier carcdsf.fr)

Le piège du web : on vous sert les chiffres du dentiste

Trois corrections, et elles pèsent en euros. D'abord, le montant de 384 € qu'on rapproche souvent du « régime complémentaire » est en réalité la cotisation du régime invalidité-décès (RID), pas le forfait complémentaire. Ensuite, la PCV de la sage-femme n'a aucune part proportionnelle : le « 0,725 % » que l'on lit partout est une valeur dentiste. Enfin, sa PCV est un forfait de l'ordre de 780 €, dont environ 260 € à sa charge et environ 520 € financés par l'Assurance maladie (les deux tiers). Sources : décrets n° 84-254 du 05/04/1984 et n° 2019-1538 du 30/12/2019.

La PCV : un 3e étage réservé à la conventionnée, cofinancé par l'Assurance maladie

Un mot sur la PCV, car elle est doublement spécifique. D'abord, elle est réservée à la sage-femme conventionnée : si vous exercez en dehors de la convention, vous n'avez tout simplement pas ce troisième étage. Ensuite, l'Assurance maladie en finance environ les deux tiers : c'est une vraie couverture, qui vous coûte de l'ordre de 260 € pour ouvrir des droits valorisés sur la base d'un forfait d'environ 780 €. Mais comme ce forfait est déconnecté du revenu, il sert le même nombre de points à toutes : ce n'est pas lui qui rattrapera un faible niveau de pension.

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces trois cotisations obligatoires (base, complémentaire, PCV) ainsi que le RID sont intégralement déductibles de votre bénéfice, sans plafond (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20). À ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné par l'article 154 bis (voir section 8) : l'un sort de votre poche obligatoirement, l'autre est un choix d'épargne : ne les mélangez pas dans vos calculs.
§ 4LE MÉCANISME·3 MIN

Pourquoi la pension est si modeste : l'assiette faible, pas l'écrêtement

Voici le différenciateur clé par rapport au dentiste. Chez lui, le problème est un plafond qui écrête un revenu élevé : au-delà de 5 PASS (240 300 €), il cotise sans acquérir de droit. Chez la sage-femme, ce plafond ne mord presque jamais, parce qu'un bénéfice de 30 000 à 60 000 € en est très loin. Le vrai problème est ailleurs : on cotise sur une petite assiette (revenus modérés, exercice parfois partiel ou mixte), donc on accumule peu de points, donc la pension est petite. On est donc à l'opposé du cas du dentiste.

Le mécanisme du faible montant

Revenu d activite (BNC) modere (ex. 40 000 a 55 000 EUR)
-> petite assiette de cotisation
-> peu de points base (0,6599 EUR) + complementaire (~31,82 EUR)

Taux de remplacement =
   Pension annuelle CARCDSF (base + complementaire + PCV)
   -----------------------------------------------------
              Dernier revenu d activite

Un revenu modéré donne une assiette modeste, donc peu de points acquis chaque année. Et un exercice partiel ou mixte réduit encore les droits libéraux, puisqu'une partie de l'activité cotise ailleurs. Ce n'est pas un mauvais millésime, c'est le fonctionnement même du régime : vous ne le négocierez pas, vous le compenserez en épargnant à côté.

Un système par répartition sous tension

Et le climat budgétaire ne joue pas en votre faveur : les régimes par répartition sont sous pression, et des mesures de modération de la revalorisation des pensions et des valeurs de point sont régulièrement discutées en loi de financement (à confirmer pour le millésime applicable). Autrement dit, vous payez vos cotisations sans aucune garantie que la pension suive l'inflation. C'est un argument de plus en faveur d'une retraite capitalisée à votre nom : c'est le seul étage sur lequel vous gardez vraiment la main.

Au bout du compte, pour une sage-femme, la seule CARCDSF se situe le plus souvent sous 50 %, souvent autour de 44 % du dernier revenu (estimation sectorielle, au conditionnel). Reste à le vérifier sur votre propre relevé, surtout si votre carrière a été partagée entre salariat et libéral.

Méthode documentée

Quel est VOTRE taux de remplacement réel ?

Un CGP indépendant lit votre relevé de carrière, reconstitue vos droits éclatés entre la CARCDSF et vos régimes salariés, estime votre pension future et chiffre précisément le trou entre votre dernier revenu et votre retraite obligatoire.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement
§ 5L'ANGLE SAGE-FEMME·3 MIN

Exercice mixte (hôpital + libéral) : la retraite éclatée à reconstituer

Sur ce point précis, je vois passer beaucoup d'idées fausses en rendez-vous. Beaucoup de sages-femmes combinent des vacations hospitalières ou en PMI avec une activité libérale — parfois sur toute la carrière, parfois par phases. Du coup, vos droits se fractionnent entre plusieurs caisses, et aucune pension consolidée n'apparaît nulle part avant la demande de retraite.

Une carrière mixte disperse trimestres et points entre 3 régimes ou plus. À reconstituer via le relevé individuel de situation (RIS) et l'estimation indicative globale (EIG) sur info-retraite.fr.
Statut d'exerciceCaisse(s)Ce qui s'y accumule
Activité LIBÉRALECARCDSF section sages-femmesBase CNAVPL + complémentaire + PCV (si conventionnée)
Hôpital public, agent NON titulaire (contractuel)CNAV (base) + IRCANTEC (complémentaire)Trimestres CNAV + points Ircantec
Clinique privée / salariat privéCNAV + AGIRC-ARRCOTrimestres CNAV + points Agirc-Arrco

Le piège des âges : 57 ans à l'hôpital ≠ 64 ans en libéral

Beaucoup pensent pouvoir « tout » liquider tôt. C'est faux. Le départ anticipé en catégorie active à 57 ans ne concerne que le volet hospitalier salarié (statut de la fonction publique hospitalière, sous conditions de durée de services). Le volet libéral de la CARCDSF, lui, suit l'âge légal de droit commun : 64 ans, taux plein automatique 67 ans. Vous pouvez donc liquider votre part hospitalière à 57 ans et devoir attendre pour votre part libérale : deux calendriers, deux liquidations.

Cas 2 — Claire, 58 ans : 12 ans hôpital + 18 ans libéral

Claire a été contractuelle à l'hôpital public pendant 12 ans, puis libérale pendant 18 ans. Sa part hospitalière relève de la CNAV + Ircantec ; sa part libérale, de la CARCDSF. Elle est persuadée de pouvoir partir « à 57 ans » pour tout : c'est vrai uniquement pour le volet salarié, et faux pour le volet libéral (64 / 67 ans). Sa pension totale n'apparaît que sur son RIS reconstitué (info-retraite.fr) : avant cela, elle naviguait à l'aveugle. Le cas de Claire résume tout le problème de la « retraite éclatée ».

Reconstituer ses droits : le réflexe RIS

Le bon réflexe : demander votre relevé individuel de situation (RIS) et, à partir de 55 ans, votre estimation indicative globale (EIG) sur info-retraite.fr. La demande de retraite est désormais unique et inter-régimes : un seul dossier déclenche tous vos régimes. Mais sans reconstitution préalable, impossible de chiffrer le trou — donc impossible de le combler intelligemment.
§ 6LA MÉCANIQUE·2 MIN

Âge, décote, surcote, maternité : la mécanique du calcul

Le principe est simple : chaque étage sert une pension égale au nombre de points acquis × la valeur de service du point (de l'ordre de 0,6599 € en base, ~31,82 € en complémentaire). Ensuite, quatre paramètres font bouger le chiffre final : votre âge de départ, la décote si la carrière est incomplète, la surcote si vous prolongez, et les bonifications maternité propres à votre métier.

Âge légal, taux plein, décote

L'âge légal de départ du volet libéral se situe entre 62 et 64 ans selon votre année de naissance (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, calendrier gelé par la LFSS 2026, loi n° 2025-1403). Le taux plein automatique est à 67 ans : il annule la décote quelle que soit la durée d'assurance. Avant cet âge, le taux plein suppose 172 trimestres ; à défaut, une décote s'applique, de l'ordre de 1,25 % par trimestre manquant (coefficient exact à vérifier sur carcdsf.fr). À l'inverse, travailler au-delà ouvre une surcote.

Maternité et enfants : des bonifications à ne pas oublier

Pour une profession très majoritairement féminine, deux dispositifs comptent. Une majoration de pension de 10 % à partir de 3 enfants s'applique sur les trois étages. Et le régime de base CNAVPL attribue 100 points maternité par accouchement. Une sage-femme qui a eu trois enfants et réduit son activité pendant ses propres grossesses récupère ainsi une partie des points perdus : vérifiez ligne par ligne que ces 100 points par accouchement et la majoration de 10 % figurent bien sur votre RIS. Enfin, rappelez-vous que les pensions sont imposées au barème, avec l'abattement de 10 % (article 158-5 a du CGI).
§ 7LE CAS CHIFFRÉ·2 MIN

Cas chiffré : Sophie, sage-femme, 62 ans, 50 000 € de BNC

Prenons Sophie, conventionnée, 62 ans, qui m'a justement posé la question le mois dernier. Les chiffres ci-dessous restent des estimations : la pension exacte, elle seule peut la lire sur son RIS.

Cas 1 — Sophie, sage-femme conventionnée, BNC 50 000 €, carrière mixte (10 ans hôpital + 25 ans libéral)

  • Revenu d'activité : ≈ 50 000 € de bénéfice par an, soit de l'ordre de 4 170 €/mois.
  • Cotisations CARCDSF 2026 (part libérale, ordre de grandeur) : base = 8,73 % × 48 060 + 1,87 % × 50 000 ≈ 4 196 € + 935 € ≈ 5 130 € ; complémentaire = forfait ~3 100 € (à vérifier) + part proportionnelle ; PCV = 260 € (part praticienne) ; RID 384 €.
  • Pension CARCDSF estimée : modeste, à compléter par la part salariée (CNAV + Ircantec) pour les 10 ans d'hôpital — d'où une retraite éclatée entre plusieurs régimes.
  • Taux de remplacement : de l'ordre de 44 %, rarement plus de 50 %. Concrètement, Sophie passe d'environ 4 170 € de revenu mensuel à une pension qui peine à dépasser 1 850 à 2 000 € tous régimes confondus : le manque à gagner se chiffre en plusieurs centaines d'euros chaque mois, à vie.

Comment lire ce cas

Aucun de ces montants n'est garanti : ils servent à poser l'ordre de grandeur du trou, pas à promettre un chiffre. Le vrai montant se lit sur le RIS et sur carcdsf.fr. Ce qui est certain et structurel, c'est le mécanisme : une assiette modeste et un exercice éclaté. Pour structurer l'épargne qui comblera l'écart, voyez nos guides sur les placements de la sage-femme libérale pour structurer son épargne et, plus largement, la gestion de patrimoine du professionnel libéral.
§ 8PAR OÙ COMMENCER·2 MIN

Combler le trou : les leviers proportionnés à vos revenus

Le diagnostic est posé ; la bonne nouvelle, c'est que ce trou se comble. Mais avec une architecture proportionnée à des revenus modérés. On laisse de côté la holding, le pacte Dutreil ou la SPFPL : ce sont des outils de chirurgiens-dentistes à 200 000 € de bénéfice, pas d'une sage-femme à 50 000 €. Quatre leviers suffisent, dans cet ordre. Le détail chiffré du PER, lui, est traité dans le guide dédié au PER de la sage-femme pour compléter la CARCDSF et déduire ses cotisations.

Les leviers pour reconstruire votre revenu de retraite

  • 1. Le PER / Madelin (article 154 bis) : déduction à l'entrée, économie d'impôt immédiate à 30-41 % de tranche ; plafond TNS de 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, plancher 4 806 €, soit pour une sage-femme à 50 000 € un disponible réaliste de l'ordre de 5 000 à 5 300 €/an. PS 18,6 % sur les gains à la sortie (dualité 2026).
  • 2. L'assurance-vie : liquidité et transmission (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, article 990 I ; 30 500 € après 70 ans, article 757 B), prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %.
  • 3. L'immobilier et les SCPI : un revenu régulier (foncier nu à 17,2 % de PS).
  • 4. La patientèle / le cabinet : la cession comme capital de sortie (voir section 9).
Les leviers pour combler le trou de pension de la sage-femme. Attention à la dualité des prélèvements sociaux 2026 : 18,6 % sur les gains du PER à la sortie ET sur la plus-value professionnelle de patientèle, 17,2 % maintenus sur l'assurance-vie et le foncier. Le détail du PER est traité dans le guide dédié.
LevierAtout principalPrélèvements sociaux 2026Pour aller plus loin
PER / Madelin (154 bis)Déduction à l'entrée (TMI 30-41 %)18,6 % sur les gains à la sortiele PER de la sage-femme
Assurance-vieLiquidité + transmission (990 I)17,2 % maintenul'assurance-vie
Immobilier / SCPIRevenu régulier17,2 % (foncier / PV immo)les SCPI
Cession de la patientèleCapital de sortie18,6 % (PV pro, si IR exonéré 151 septies A)voir section 9

Le PER comble le trou, il ne le remplace pas

Une précision pour ne pas survendre. Le PER est une épargne de capitalisation : il ne valide ni point ni trimestre auprès de la CARCDSF, et le versement reste dans l'assiette de vos cotisations sociales (article L. 131-6 du CSS). Vous payez moins d'impôt et vous vous constituez un capital, point : vos cotisations URSSAF / CARCDSF ne bougent pas, et vous ne validez aucun droit de plus à la caisse. Et à la sortie, les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux (dualité 2026), contre 17,2 % pour l'assurance-vie.

Note de méthode : ce qu'une projection de capitalisation vaut (et ne vaut pas)

Dès qu'on parle de capital futur, il faut être honnête sur l'exercice. Toute projection d'épargne (PER, assurance-vie, SCPI) repose sur une hypothèse de rendement qui n'est jamais garantie : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PER comme une assurance-vie investis en unités de compte comportent un risque de perte en capital. À l'inverse de la pension CARCDSF (un mécanisme de droits acquis), un capital se construit et peut fluctuer. En pratique : on regarde d'abord combien il manque chaque mois, on en déduit ce que vous pouvez mettre de côté sans vous serrer la ceinture, et on répartit entre PER, assurance-vie et SCPI pour ne pas dépendre d'un seul support.

Le détail — combien verser, sur quels supports, dans quel ordre — figure dans le guide du PER de la sage-femme et, pour le PER en général, dans le guide complet du Plan d'épargne retraite. Pour l'étage liquidité et transmission, voyez l' assurance-vie comme complément de revenu et outil de transmission ; pour le revenu régulier, les SCPI comme revenu complémentaire pour la retraite. Et puisque le PER est aussi un levier d'impôt, retrouvez-le dans la défiscalisation de la sage-femme libérale.

§ 9VOTRE DERNIER ÉTAGE·2 MIN

Votre patientèle est un capital de retraite

À revenus égaux, la sage-femme libérale a un actif que la salariée n'a pas : la valeur de cession de sa patientèle (un fonds en BNC, prestations de services). Même à valeur modeste, bien anticipée, elle peut représenter plusieurs années de pension d'un coup. Attention toutefois : depuis 2026, les prélèvements sociaux sur la plus-value professionnelle sont à 18,6 % (CSG relevée à 10,6 %), et non plus 17,2 % — d'où l'intérêt des régimes d'exonération. Trois régimes de faveur cohabitent au départ en retraite.

Les régimes de faveur de la cession-retraite (2026). Le 238 quindecies exonère AUSSI les prélèvements sociaux pour la plus-value à long terme (≤ 500 000 €) — une patientèle de sage-femme est presque toujours en deçà. Le 151 septies A, lui, laisse les PS dus à 18,6 % sur la plus-value professionnelle (CE 12/10/2018 n° 401292).
RégimeArticlePortéeImpôt / PS 2026
Cession patientèle / fonds BNC (départ retraite)151 septies AExonération d'IR (activité ≥ 5 ans, cessation + liquidation ≤ 24 mois)IR exonéré · PS 18,6 % DUS
Cession d'activité selon la valeur238 quindeciesTotale ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 M€IR + PS exonérés (PV LT ≤ 500 k€) — le filet le plus sûr
Cession selon les recettes151 septiesTotale ≤ 90 000 € de recettes, dégressive jusqu'à 126 000 €Selon recettes (souvent applicable, BNC < 90 k€)

Le piège PS : exonération d'IR ≠ exonération de prélèvements sociaux

Avec le 151 septies A, l'exonération porte sur l'impôt sur le revenu seulement : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la plus-value professionnelle, depuis le relèvement de la CSG en 2026 (le Conseil d'État avait confirmé le principe du maintien des PS, CE 12 octobre 2018, n° 401292). Le 238 quindecies, lui, exonère à la fois l'IR et les prélèvements sociaux sur la plus-value à long terme tant que la valeur cédée reste ≤ 500 000 € — d'où l'intérêt d'arbitrer le bon régime. Pensez aussi aux droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur (article 719 du CGI) : 0 % jusqu'à 23 000 €, 2 % de 23 000 à 107 000 €, 0,60 % de 107 000 à 200 000 €, 2,60 % au-delà.

Cas 3 — Nathalie, 64 ans, cède sa patientèle 40 000 €

Nathalie part en retraite et cède sa patientèle 40 000 €. Grâce au 151 septies A, sa plus-value est exonérée d'IR ; et comme la valeur est très inférieure à 500 000 €, le 238 quindecies exonère aussi les prélèvements sociaux. Résultat : un capital net de l'ordre de 40 000 € (les droits d'enregistrement étant à la charge de l'acquéreur). La démonstration que la patientèle est un vrai troisième étage patrimonial, même à valeur modeste : 40 000 €, c'est plus d'un an de pension d'avance.

La valorisation, le prix et le financement d'une cession — côté cédante comme côté acheteuse — sont détaillés dans le guide sur le rachat d'un cabinet de sage-femme (patientèle, prix et financement). Le mécanisme complet des exonérations, lui, figure dans le guide céder son cabinet et exonérer la plus-value (238 quindecies, 151 septies A).

§ 10PASSER À L'ACTION·2 MIN

Prévoyance d'abord, puis votre feuille de route par âge

Avant d'épargner, il faut sécuriser ce qui paie l'épargne : votre capacité à travailler. Une sage-femme arrêtée trois mois pour une grossesse difficile ou un dos bloqué par les gardes voit son BNC chuter, et avec lui ses versements. Or la couverture obligatoire de la CARCDSF est limitée (le RID ne représente qu'une cotisation de l'ordre de 384 €).

La prévoyance Madelin : prioritaire et déductible

Une prévoyance Madelin (article 154 bis) à barème professionnel comble ce trou : incapacité, invalidité, et surtout couverture maternité pour amortir l'interruption d'activité — avec des cotisations déductibles (de l'ordre de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans une limite d'environ 11 534 € en 2026). À calibrer avant de maximiser le PER. Le détail : sécuriser sa prévoyance Madelin avant d'épargner pour la retraite.

Votre feuille de route par âge

35-45 ans : sécurisez d'abord la prévoyance (maternité, gardes), ouvrez un PER, prenez date sur une assurance-vie (l'antériorité fiscale se construit tôt), et reconstituez vos droits via le RIS — surtout si votre exercice est déjà mixte. À cet âge, chaque euro capitalisé travaille vingt à trente ans.

45-55 ans : densifiez le PER au plus haut de votre tranche, visez l'immobilier de rendement ou les SCPI, et vérifiez l'articulation de vos plafonds — en exercice mixte, le disponible PER salarié (article 163 quatervicies) se cumule avec le disponible 154 bis du libéral, un détail qui change le calibrage.

55-64 ans : préparez l'architecture de cession de la patientèle (conditions des 5 ans, fenêtre des 24 mois), et calez votre départ sur le taux plein automatique à 67 ans si votre carrière est incomplète — ce qui est fréquent après un exercice mixte ou des interruptions liées à la maternité.

Le bon réflexe : partir du trou, pas du produit

Le bon montant d'épargne ne se devine pas, il se calcule. On part de votre trou annuel réel (lu sur le RIS), on en déduit le capital à viser, et seulement après on choisit les enveloppes — en validant l'assiette sociale des versements avec votre expert-comptable. C'est tout l'inverse du contrat qu'un commercial vous propose en décembre pour défiscaliser vite fait : lui part du produit, nous partons de votre manque à combler.
Hagnéré Patrimoine

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On estime votre taux de remplacement CARCDSF, on reconstitue vos droits éclatés, on chiffre le trou réel et on bâtit l'architecture qui le comble — PER, prévoyance maternité, assurance-vie, immobilier et cession de la patientèle — calibrée avec votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Pour aller plus loin : le guide sur la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire replace le sujet dans le cadre commun à toutes les professions libérales. Et si vous touchez bientôt un capital de cession ou de départ, voyez comment placer un capital de départ en retraite en 2026.

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Construire votre retraite de sage-femme avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On estime votre taux de remplacement CARCDSF, on reconstitue vos droits éclatés si vous avez exercé en mixte, on chiffre le trou réel entre votre dernier revenu et votre pension, puis on bâtit l'architecture qui le comble : PER au plafond 154 bis, prévoyance maternité, assurance-vie, immobilier et cession de la patientèle, le tout calibré avec votre expert-comptable.

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Sources et références légales

  • Les trois régimes obligatoires de la sage-femme

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CARCDSF est la section des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes ; la sage-femme relève de la section des sages-femmes, jamais de la CARPIMKO, qui est la caisse des infirmiers et kinés, ni de la CARMF). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points, plafonné à 5 PASS = 240 300 € en 2026). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire des sages-femmes, cotisation forfaitaire et proportionnelle). Art. L. 645-1 à L. 645-3 CSS (PCV de la praticienne conventionnée, forfait ~780 € dont ~260 € à sa charge et ~520 € financés par l'Assurance maladie, SANS part proportionnelle — le 0,725 % est une valeur dentiste). Décrets n° 84-254 du 05/04/1984 et n° 2019-1538 du 30/12/2019. Valeurs de point et de cotisation 2026 (forfait complémentaire, taux proportionnel, point PCV) à confirmer sur carcdsf.fr.

  • Âge, taux plein et décote

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans (172 trimestres pour le taux plein avant cet âge). Calendrier de l'âge légal gelé par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Le départ à 57 ans en catégorie active ne concerne que le volet salarié hospitalier, jamais le volet libéral. Le coefficient exact de décote par trimestre manquant (de l'ordre de 1,25 %) est à vérifier sur carcdsf.fr.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CARCDSF et reste dans l'assiette des cotisations sociales, art. L. 131-6 CSS ; PS 18,6 % sur les gains à la sortie). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun, report des plafonds, disponible salarié distinct utile en exercice mixte). Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et 757 B CGI (30 500 € après 70 ans), PS 17,2 % maintenus. Art. 158-5 a CGI (pensions imposées avec l'abattement de 10 %). BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (cotisations obligatoires de retraite déductibles sans limitation).

  • La patientèle comme capital retraite et la dualité des prélèvements sociaux 2026

    Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite — patientèle BNC —, PS 18,6 % dus ; CE 12/10/2018 n° 401292). Art. 238 quindecies CGI (exonération des plus-values professionnelles : totale jusqu'à 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 € — à la différence du 151 septies A, l'exonération du 238 quindecies couvre aussi les prélèvements sociaux sur la plus-value à long terme) et 151 septies CGI (selon les recettes, prestations de services ≤ 90 000 € totale, ≤ 126 000 € dégressive). Conditions communes : activité ≥ 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois. Art. 719 CGI (droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur). BOI-BIC-PVMV-40-20-20. LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : dualité PS 18,6 % (PER à la sortie, plus-values professionnelles dont patientèle BNC au titre du 151 septies A) / 17,2 % (assurance-vie, foncier).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, taux de remplacement et coefficients de décote cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS), sur info-retraite.fr et sur carcdsf.fr. Les paramètres 2026 de la CARCDSF, section des sages-femmes (forfait du régime complémentaire, taux de la cotisation proportionnelle, valeur du point PCV, coefficient de décote), sont à confirmer à la source : ne recopiez jamais les valeurs de la section des chirurgiens-dentistes. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, cession de la patientèle, SELARL) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, le conseil de l'Ordre des sages-femmes. Les chiffres et taux sont à jour au 11 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite de la sage-femme à la CARCDSF Section sages-femmes, 3 étages, exercice mixte, taux plein 67 ans et capital de sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des sages-femmes : la CARCDSF (et pas la CARPIMKO), la composition des trois étages, le taux de remplacement réel, l'exercice mixte qui éclate les droits et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.