Le PER de la sage-femme en 30 secondes : combien, comment, pour qui
Commençons par le diagnostic, car il commande tout le reste : à la retraite, votre pension CARCDSF couvre rarement plus de la moitié de vos revenus d'activité — c'est tout l'objet de notre guide sur la retraite CARCDSF de la sage-femme, qui chiffre ce trou de pension. Ce trou, paradoxalement, est votre meilleur argument pour le PER : vous déduisez à votre tranche d'aujourd'hui une épargne que vous récupérez demain, à un moment où vos revenus — donc votre impôt — auront baissé. L'article 154 bis du CGI vous laisse déduire de votre bénéfice au moins 4 806 € en 2026 — un plancher pensé pour les revenus comme les vôtres. À 30 %, c'est environ 1 442 € d'impôt en moins dès cette année. Et si vous cumulez salariat et libéral — fréquent dans ce métier — vous avez deux plafonds, pas un. Une seule chose à graver dans le marbre : le PER ne crée aucun droit à la CARCDSF. Il ne comble pas la caisse, il la complète.
Le PER de la sage-femme en 30 secondes
Une précision de méthode pour bien lire ce guide : le maximum de 88 911 € est un plafond, pas une cible. Pour une sage-femme, le bon montant à verser tourne presque toujours autour du plancher de 4 806 € — celui qui « racle » votre tranche d'imposition sans amputer votre trésorerie. Ici, on se concentre sur ce qui change pour vous : la formule appliquée à un BNC modéré, l'économie réelle à 30 %, les deux plafonds de l'exercice mixte, et la sortie à la retraite.
Pourquoi le PER est fait pour vous : le levier de l'arbitrage de TMI
Le PER déductible n'est pas une niche fiscale : c'est un report d'imposition. Vous ne supprimez pas l'impôt, vous le déplacez dans le temps — de l'année du versement, où votre tranche est haute, vers la retraite, où elle est basse. Le gain réel naît de cet écart de tranches, auquel s'ajoute la capitalisation de l'épargne pendant toutes les années intermédiaires. Pour une sage-femme, le profil est presque idéal : vous déduisez aujourd'hui à 30 % (parfois 41 %), et vous ressortez la part « versements » à la retraite à une tranche souvent bien plus faible — 11 %, voire 0 % les premières années — car la pension CARCDSF aura nettement réduit vos revenus.
Le levier du PER : d'où vient le gain réel
GAIN REEL ~ (TMI entree - TMI sortie) x versements + capitalisation Exemple sage-femme : TMI a l'entree (en activite) = 30 % TMI a la sortie (part versements) = 11 % Ecart de tranche = 19 points + les gains capitalises pendant 20 ans et plus
Le PER ne fait pas disparaître l'impôt sur les versements : il le reporte. Le vrai gain est l'écart entre votre tranche d'aujourd'hui et celle de demain, plus la croissance de l'épargne. Pour une sage-femme dont la pension CARCDSF chute à la retraite, cet écart est généralement large.
Honnêteté de méthode : le PER n'est pas une défiscalisation
Dernier rappel avant d'entrer dans les chiffres : le PER ne rachète aucun point CARCDSF et ne valide aucun trimestre. Ce n'est pas un outil pour réparer la caisse, c'est un outil pour construire à côté. Le diagnostic du manque à combler, lui, est détaillé dans notre guide retraite CARCDSF ; ici, on s'occupe de la solution.
Combien le PER ajoute-t-il à votre pension CARCDSF ?
Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, votre économie nette à votre tranche, et le capital à viser pour combler l'écart de pension CARCDSF — sans assécher votre trésorerie.
Combien vous pouvez déduire : le plafond TNS art. 154 bis
C'est l'avantage de l'indépendant sur le salarié : là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus (l'article 163 quatervicies), la sage-femme au régime réel ajoute une seconde tranche à 15 % sur le haut de son bénéfice grâce à l'article 154 bis du CGI. Vous déduisez le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.
La formule, et pourquoi le plancher est votre allié
Le plafond se construit en deux temps : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS), puis 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Mais voici le point clé pour une sage-femme : si votre bénéfice est inférieur à 1 PASS (48 060 € en 2026), la majoration de 15 % ne joue pas, et 10 % de votre bénéfice tombe sous le seuil du plancher. C'est alors le plancher de 4 806 € qui prend le relais — une déduction minimale garantie, même à bénéfice modeste.
Le plafond TNS 2026 de la sage-femme, du plancher au cas type
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 1 PASS = 4 806 EUR
CAS TYPE = 10 % x 48 000 = 4 800 EUR (< 1 PASS : pas de majoration 15 %)
=> le PLANCHER de 4 806 EUR prend le relaisÀ bénéfice modéré (sous 48 060 €), la majoration de 15 % ne s'applique pas et le plancher de 4 806 € s'impose. C'est le cas le plus fréquent pour une sage-femme : inutile de viser le maximum de 88 911 €, atteint seulement à partir de 384 480 € de bénéfice.
La base de calcul, c'est le bénéfice de votre déclaration 2035 (recettes encaissées moins charges déductibles), au titre de l'année N, avec le PASS de 2026 (48 060 €). Gardez ces quelques repères sous les yeux :
| Repère 2026 | Valeur | Rôle |
|---|---|---|
| PASS 2026 | 48 060 € | Base de la formule (arrêté du 22/12/2025) |
| Plancher 154 bis | 4 806 € | 10 % du PASS — déduction minimale garantie |
| BNC 48 000 € → plafond | ≈ 4 806 € | Sous 1 PASS : c'est le plancher qui s'applique |
| BNC 55 000 € → plafond | ≈ 6 541 € | 10 % × 55 000 + 15 % × (55 000 − 48 060) |
| BNC 70 000 € → plafond | ≈ 10 291 € | 10 % × 70 000 + 15 % × (70 000 − 48 060) |
| Maximum 154 bis | 88 911 € | Atteint dès 384 480 € de bénéfice — hors de portée |
Le plancher de 4 806 € : conçu pour les revenus modérés
Un atout discret : le PER est hors du plafond des niches
Votre économie d'impôt selon votre BNC et votre TMI
Repérez la ligne de votre bénéfice imposable, puis lisez l'économie dans la colonne de votre tranche. L'économie d'impôt sur le revenu vaut, en première approche, votre versement × TMI. À 48 000 € de BNC et 30 % de tranche, déduire 4 806 €, c'est environ 1 442 € d'impôt en moins dès cette année.
| BNC imposable | Plafond 154 bis | Éco. à 30 % | Éco. à 41 % |
|---|---|---|---|
| 35 000 € | 4 806 € (plancher) | ≈ 1 442 € | — (TMI 30 le plus probable) |
| 48 000 € (cas type) | 4 806 € (plancher) | ≈ 1 442 € | ≈ 1 970 € |
| 55 000 € | 6 541 € | ≈ 1 962 € | ≈ 2 682 € |
| 70 000 € | 10 291 € | ≈ 3 087 € | ≈ 4 219 € |
| 90 000 € | 15 291 € | ≈ 4 587 € | ≈ 6 269 € |
Économie d'impôt ≠ cadeau définitif (et les cotisations ne bougent pas)
Attention à ce que ces chiffres disent vraiment : ils mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate, mais rien de la performance de votre épargne une fois investie, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'est pas garanti hors fonds en euros.
Exercice mixte : vous avez DEUX plafonds PER, pas un
C'est la particularité la plus mal connue — et la plus avantageuse — du métier. Beaucoup de sages-femmes exercent en mixte : une activité salariée (maternité hospitalière, clinique) et une activité libérale (suivi à domicile, rééducation périnéale, consultations). Cette pluriactivité vous ouvre deux plafonds PER cumulables, chacun assis sur une source de revenu différente.
Art. 154 bis — sur votre BNC libéral
Réservé au travailleur non salarié (votre activité libérale au réel). Base : le bénéfice de l'année N. Formule 10 % + 15 %, plancher 4 806 €. Il se déduit directement de votre revenu catégoriel BNC (déclaration 2035). Mais : strictement individuel, non reportable, non mutualisable.
Art. 163 quatervicies — sur votre salaire
Commun à tous les contribuables (votre activité salariée). Base : 10 % de votre salaire net N-1. Il se déduit du revenu global (déclaration 2042, cases 6NS / 6NT). Mais avec deux atouts : mutualisable avec votre conjoint (case 6QR) et reportable (3 ans, porté à 5 ans pour les droits générés à compter de 2026 par la LF 2026).
L'articulation : on ne déduit jamais deux fois le même euro
| Critère | 154 bis (BNC libéral) | 163 quatervicies (salaire) |
|---|---|---|
| Assiette | Bénéfice de l'année N | Salaire net N-1 (ou bénéfice micro après abattement) |
| Où il se déduit | Revenu catégoriel BNC (2035) | Revenu global (2042, cases 6NS / 6NT) |
| Report | Non — perdu en fin d'exercice | Oui : 3 ans, porté à 5 ans (LF 2026, droits ≥ 2026) |
| Mutualisation conjoint | Non — strictement individuel | Oui (case 6QR) |
| Plancher / Maximum (versements 2026) | Plancher 4 806 € / max 88 911 € (base bénéfice N, PASS 2026) | Plancher 4 710 € / max ≈ 37 680 € (base salaire N-1, PASS 2025) |
Le bon réflexe en mixte : utiliser les deux, déclarer correctement
Cas chiffré : Camille, 44 ans, 48 000 € de BNC
Prenons trois cas, déroulés euro par euro. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux de sages-femmes libérales réelles. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.
Cas 1 — Camille, 44 ans, sage-femme libérale, 48 000 € de BNC (TMI 30 %)
Plafond 154 bis : 10 % × 48 000 = 4 800 €, sous le plancher → 4 806 € de déduction (le plancher s'applique).
Effort : environ 400 €/mois.
Économie d'IR : 4 806 × 30 % ≈ 1 442 €/an.
Effort net de trésorerie : 4 806 − 1 442 ≈ 3 364 €/an — qui ne sont pas une dépense, mais une épargne à son nom.
Pour viser environ 1 000 €/mois de complément à 67 ans, ces 4 806 € ne suffiront pas seuls : on combine le PER avec de l'assurance-vie ou des SCPI (voir §10).
Cas 2 — Sophie, 38 ans, exercice mixte : 30 000 € de BNC + 22 000 € de salaire clinique
Plafond 154 bis (sur le BNC) : 10 % × 30 000 = 3 000 €, sous le plancher → 4 806 €.
Plafond 163 quatervicies (sur le salaire) : environ 10 % × 22 000 = 2 200 € (ou le plancher selon le disponible du foyer), reportable et mutualisable.
Résultat : Sophie dispose de deux enveloppes. Elle déclare ses versements BNC via la 2035 et ses versements sur salaire cases 6NS / 6NT. Le 154 bis s'impute en premier ; le 163 quatervicies couvre le reste. C'est l'illustration directe du §5.
Cas 3 — Nathalie, 52 ans, 70 000 € de BNC (TMI 41 %)
Plafond 154 bis : 10 % × 70 000 + 15 % × (70 000 − 48 060) = 7 000 + 3 291 ≈ 10 291 €.
Économie d'IR à 41 % : 10 291 × 41 % ≈ 4 219 €/an.
Profil idéal du PER : tranche haute à l'entrée, fort écart de tranche attendu à la sortie, et horizon court qui permet de calibrer précisément l'effort.
Note de méthode : ce que ces cas chiffrent (et ce qu'ils ne chiffrent pas)
Votre cas chiffré, comme Camille, Sophie ou Nathalie
On calcule votre plafond exact, votre économie d'impôt à votre tranche, votre second plafond si vous exercez en mixte, et l'effort mensuel pour atteindre votre objectif de rente. À partir de votre 2035, pas d'une grille toute faite.
Micro-BNC ou réel : la voie de déduction change
Le plafond 154 bis, généreux, est réservé au régime réel (déclaration contrôlée 2035). Si vous êtes au micro-BNC, vous pouvez toujours déduire un PER, mais le calcul change de base : le plafond classique de l'article 163 quatervicies, calculé sur votre bénéfice après abattement.
| Votre régime | Plafond PER applicable | Base de calcul |
|---|---|---|
| Micro-BNC (recettes ≤ 83 600 €) | Art. 163 quatervicies (10 %) | Bénéfice après abattement forfaitaire de 34 % |
| Réel — déclaration contrôlée 2035 | Art. 154 bis (10 % + 15 %) | Bénéfice réel (recettes − charges) |
Concrètement : une sage-femme au micro avec 80 000 € de recettes a un bénéfice imposable de 52 800 € (après l'abattement de 34 %), soit un plafond PER d'environ 5 280 €via le 163 quatervicies. Au réel, le même profil basculerait sur le 154 bis. Le choix micro / réel dépasse le seul PER : il dépend de votre niveau de charges réelles. On l'arbitre globalement avec votre expert-comptable.
Bon à savoir : la majoration de 25 % a disparu
Sortir son PER : capital, rente et la fiscalité 2026
Le rendement fiscal du PER dépend d'une seule chose : que votre tranche baisse entre l'entrée et la sortie. Encore faut-il connaître la fiscalité de sortie, qui diffère selon que vous récupérez l'épargne en capital ou en rente. À l'échéance, vous choisissez librement : capital en une fois, capital fractionné, rente viagère, ou un mélange des trois (art. L. 224-5 du Code monétaire et financier).
La sortie en capital
Pour des versements déduits à l'entrée, le retrait en capital se lit en deux parts. La part « versements » est imposée au barème de l'IR, sans l'abattement de 10 % des pensions classiques (la plupart des simulateurs en ligne l'appliquent quand même, ce qui surévalue le net), mais sans prélèvements sociaux. Le système du quotient (art. 163-0 A du CGI) reste mobilisable pour lisser une grosse sortie. La part « gains » est imposée au PFU de 31,4 %(12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou sur option au barème.
| Mode de sortie | Part « versements » déduits | Part « gains » |
|---|---|---|
| Capital | Barème IR, sans abattement 10 %, 0 PS (quotient possible) | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) |
| Rente | Régime des pensions, abattement 10 % (art. 158-5), + PS | Compris dans la rente imposée |
La sortie en rente
En rente, pour des versements déduits, la rente est imposée comme une pension(rente viagère à titre gratuit, art. 158-5 du CGI), avec l'abattement de 10 %, plus prélèvements sociaux. La base de déblocage est posée par l'article L. 224-5 du CMF, et les six cas de sortie anticipée — dont l'achat de la résidence principale — par l'article L. 224-4.
Les prélèvements sociaux du PER, c'est 18,6 % — pas 17,2 %
La seule question qui décide : votre tranche à la retraite sera-t-elle plus basse ?
Verser sur un PER sans saboter votre projet d'achat
Un garde-fou qu'on oublie presque toujours en rendez-vous. En déduisant un versement PER, vous baissez votre bénéfice imposable — et donc le revenu que la banque retiendra pour calculer votre taux d'endettement (les règles du Haut Conseil de stabilité financière, le HCSF ; ce n'est pas un texte fiscal). Pour une sage-femme dont les revenus passent par les liasses 2035 et l'avis d'imposition, charger fort le PER l'année précédant une demande de prêt peut réduire votre capacité d'emprunt, au mauvais moment.
La règle de bon sens : si vous préparez un achat — résidence principale, murs de cabinet, rachat de patientèle — modérez vos versements PER avant le prêt, le temps de présenter à la banque des revenus pleins, puis accélérez ensuite, une fois le crédit obtenu. Et gardez en tête une soupape : le PER se débloque par anticipation pour acquérir votre résidence principale (art. L. 224-4 du CMF).
Acheter d'abord, charger le PER ensuite
Combien verser pour ~1 000 €/mois de complément à 67 ans
La question que pose toute sage-femme après le diagnostic CARCDSF : combien faut-il mettre de côté pour combler le trou de pension ? En ordre de grandeur, viser environ 1 000 €/mois de complément (12 000 €/an) suppose de constituer un capital de 250 000 à 350 000 €, selon les hypothèses de rendement et la table de conversion en rente retenue. C'est un repère, pas une promesse : tout dépend de votre âge de départ, du rendement réel et du mode de sortie.
De l'effort mensuel au capital-cible (ordres de grandeur, 3-4 % net)
OBJECTIF : ~250 000 a 350 000 EUR de capital pour ~1 000 EUR/mois Effort mensuel indicatif a 3-4 % net : Demarrage a 44 ans (env. 23 ans) ~ 600 a 800 EUR/mois Demarrage a 50 ans (env. 17 ans) ~ 900 a 1 200 EUR/mois Demarrage a 55 ans (env. 12 ans) ~ 1 400 a 1 800 EUR/mois
Hypothèses purement indicatives, à personnaliser. Plus on démarre tôt, plus les intérêts composés portent une grosse part de l'effort : le coût mensuel d'un même objectif grimpe vite avec l'âge de départ.
Vous le voyez : l'effort à viser (600-800 €/mois à 44 ans) dépasse souvent ce que le seul plafond 154 bis permet de déduire (environ 400 €/mois à 48 000 € de BNC). Conséquence : on ne loge pas tout dans le PER : on combine un PER déduit (pour l'avantage fiscal immédiat, dans la limite du plafond) et une enveloppe non déduite et plus souple— assurance-vie, SCPI — pour le surplus et la liquidité. Pour bâtir ce mix :
La combinaison PER + assurance-vie / SCPI
Avant le PER : sécuriser sa prévoyance (priorité sage-femme)
Avant de parler épargne, il faut traiter un risque avant tout le reste : en libéral, votre revenu repose entièrement sur votre activité, et vos indemnités journalières sont souvent faibles. Le métier de sage-femme expose en plus à des aléas spécifiques : maternité, arrêt de travail, gardes de nuit, fatigue physique. Un arrêt, même temporaire, coupe à la fois votre revenu et votre capacité à alimenter un PER. D'où une hiérarchie claire : on sécurise la prévoyance avant de saturer le PER.
Bonne nouvelle : la prévoyance et la complémentaire santé Madelin relèvent aussi de l'article 154 bis, mais sur une enveloppe distincte de celle de la retraite. Elle ne grignote pas votre plafond PER. Le plafond du volet prévoyance / santé est de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, le tout plafonné à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € en 2026.
L'ordre des priorités pour une sage-femme
Cas particulier : la sage-femme associée de SELARL
La grande majorité des sages-femmes exerce en entreprise individuelle (BNC) — la SEL est rarement justifiée à revenus modérés. Mais si vous êtes associée d'une SELARL, un point mérite attention pour votre PER. L'accès au plafond 154 bis suppose une rémunération imposée en BNC (jamais en traitements et salaires). Or, depuis l'imposition des revenus 2024, la part de votre rémunération qui correspond à votre activité libérale « technique » est imposée en BNC : elle ouvre donc le 154 bis. En contrepartie, l'abattement de 10 % des traitements et salaires disparaît (remplacé par la déduction des frais réels BNC).
Cette qualification résulte d'une série de décisions du Conseil d'État (CE 16 octobre 2013, n° 339822 ; CE 8 décembre 2017, n° 409429 ; CE 8 avril 2025, n° 492154, qui a annulé la tolérance forfaitaire des 5 % de rémunération de gérance) et du rescrit BOI-RES-BNC-000136 : l'associée doit désormais justifier la ventilationentre part technique (BNC) et part de mandat (art. 62). C'est cette part imposée en BNC qui ouvre l'accès au plafond 154 bis. Le choix d'une structure sociétaire dépasse largement le PER :
Le statut social commande la déduction, pas l'inverse
Récapitulatif : votre PER de sage-femme en 5 décisions
Optimiser votre PER de sage-femme avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On calcule votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, on articule votre second plafond si vous exercez en mixte, on sécurise d'abord votre prévoyance maternité / gardes, et on calibre vos versements avec votre expert-comptable — sans assécher votre trésorerie ni votre capacité d'emprunt.

