PER vs AV vs SCPI 2026 : l'essentiel en 1 minute
Réponse directe— En 2026, aucun des trois placements n'est universellement meilleur. Le PER gagne à l'entrée par la déduction fiscale (jusqu'à 45 % d'économie d'impôt). L'assurance-vie gagne sur la liquidité et la transmission (abattement 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans). La SCPI gagne sur le rendement (TDVM brut moyen 4,91 % en 2025, source ASPIM — soit 2 à 3 % nets après fiscalité). Chez Hagnéré Patrimoine, nous recommandons quasi systématiquement une combinaison des trois, calibrée sur votre TMI, votre horizon et vos objectifs. Aucun des trois ne gagne seul — c'est la mécanique d'ensemble qui fait la différence sur 15 à 30 ans.
Vous approchez de la quarantaine, votre salaire monte, votre banquier vous parle de PER, votre ami investisseur parle de SCPI et vous avez déjà une assurance-vie chez votre assureur. La question vous revient souvent le dimanche soir : lequel des trois privilégier pour préparer vraiment votre retraite ?
La bonne réponse n'est jamais « le PER » ou « les SCPI » dans l'absolu. Elle dépend de cinq paramètres que vous seul connaissez : votre TMI actuelle, votre horizon retraite, votre patrimoine déjà constitué, votre exposition à l'IFI (seuil 1 300 000 € de patrimoine immobilier net) et la place que vous donnez à la transmission. Ce guide vous outille pour arbitrer — y compris avec une formule simple du point de bascule PER vs AV que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
En 60 secondes
- Pour qui ?Cadres et dirigeants TMI 30-45 %, 30-60 ans, capacité d'épargne 500 €+/mois.
- Bénéfice chiffré principal: jusqu'à 45 % d'économie d'impôt sur le PER + 4,91 % de rendement SCPI + 152 500 € d'abattement succession AV.
- Le combo gagnant : PER (déduction TMI) + AV multisupport (liquidité + transmission) + SCPI européennes (revenus + diversification 0 % PS hors enveloppe).
- Le piège n°1: verser sur un PER si votre TMI à la sortie sera supérieur ou égal à votre TMI actuel — vous perdez l'effet de levier fiscal.
- Décision en 3 questions: quel TMI aujourd'hui ? quel TMI à la retraite ? besoin de liquidité avant 62 ans ?
- Temps de lecture : 18 minutes (16 sections, 3 cas pratiques chiffrés).
Ce que vous allez apprendre
- Les 8 critères qui différencient vraiment les 3 placements
- La formule du point de bascule TMI pour trancher PER vs AV selon vos revenus actuels et futurs
- L'impact méconnu de la LFSS 2026 : PS 18,6 % mobilier (CTO, dividendes, PEA, PER, LMNP) vs 17,2 % maintenu sur AV, fonciers et PEL
- Pourquoi les SCPI européennes perdent leur avantage 0 % PS dans une AV ou un PER
- La différence critique entre PER bancaire et PER assurance en succession
- Une matrice d'allocation PER / AV / SCPI par profil (jeune cadre, quadra, dirigeant, senior)
- 3 cas pratiques chiffrés (Pierre 35 ans, Julie 50 ans, Marc 65 ans)
Le marché en 2025 : où en est-on vraiment ?
- Assurance-vie: 2 107 Md€ d'encours à fin 2025 (+6,1 %, cap des 2 000 Md€ franchi en janvier 2025). Source France Assureurs.
- PER assurantiel: 111,9 Md€ d'encours, 7,9 M d'assurés, versements 20,2 Md€ (+16 % vs 2024), collecte nette +11 Md€. Source France Assureurs.
- SCPI : capitalisation 89,09 Md€ (+0,8 %), collecte nette 4,6 Md€ (+29 %), taux de distribution moyen 4,91 %. Source ASPIM (T4 2025).
Les 3 placements pèsent ensemble plus de 2 300 Md€ : c'est le cœur de l'épargne longue des Français. L'AV reste le socle, le PER accélère (+16 % / an), la SCPI retrouve de la collecte après une correction 2023-2024.
Un guide adossé au droit en vigueur
Ce guide est construit à partir du Code général des impôts (CGI), du Code monétaire et financier (CMF), du Code de la sécurité sociale (CSS), de la doctrine administrative BOFiP et de la jurisprudence la plus récente (Cass., Conseil d'État, Conseil constitutionnel, CJUE). Toutes les références précises (articles, arrêts, BOFiP) sont listées dans la section « Sources officielles » en fin d'article. Chaque affirmation chiffrée est traçable.
Quelle allocation PER, assurance-vie et SCPI colle à votre profil ?
Âge, TMI, patrimoine et horizon : un CGP certifié analyse vos paramètres et construit l'allocation combinée qui répond à votre objectif de retraite et de transmission.
1. Comprendre les 3 placements en 90 secondes
Avant d'arbitrer, rappelons ce que sont exactement ces trois véhicules. Les confusions sont fréquentes, notamment entre PER bancaire et PER assurance, ou entre SCPI en direct et SCPI en AV.
Le PER (Plan d'Épargne Retraite)
Le PER est un produit d'épargne créé par la loi PACTE du 22 mai 2019(art. L. 224-1 à L. 224-40 du Code monétaire et financier — CMF). Il remplace le PERP, le Madelin, le PERCO et l'article 83. Son objectif : préparer la retraite avec une déduction fiscale immédiatedes versements du revenu imposable, dans la limite d'un plafond (art. 163 quatervicies CGI). La contrepartie : l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf 6 cas de déblocage anticipé.
L'assurance-vie (AV)
L'assurance-vie est un contrat régi par le Code des assurances (art. L. 132-1 à L. 132-26). Elle permet de loger des fonds en euros (capital garanti) et des unités de compte (UC : actions, obligations, SCPI, fonds immobiliers, private equity). Sa force : une fiscalité privilégiée après 8 ans (abattement 4 600 € / 9 200 €) et un cadre de transmission exceptionnel — abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans (art. 990 I du Code général des impôts — CGI).
La SCPI (Société Civile de Placement Immobilier)
Une SCPI est une société qui détient et gère un parc immobilier locatif (bureaux, commerces, santé, logistique, résidentiel) pour le compte d'investisseurs particuliers. Régie par les articles L. 214-86 à L. 214-125 du CMF, elle reverse aux associés des loyers au prorata de leurs parts. En 2025, le taux de distribution moyen s'est établi à 4,91 % (source ASPIM, février 2026). La SCPI est la seule des trois à permettre un véritable effet de levier à crédit.
Les 3 en une phrase
- PER: « Je déduis maintenant pour payer moins d'impôt, j'attends la retraite pour consommer »
- AV : « Je place librement, je retire quand je veux, je transmets au meilleur prix »
- SCPI: « J'encaisse des loyers immobiliers sans gérer, avec ou sans crédit »
Ces trois logiques sont radicalement différentes. Le tableau ci-dessous les met en regard sur les 8 critères qui comptent vraiment.
2. Que comparer entre PER, AV et SCPI ?
Voici la vue d'ensemble que nous utilisons en cabinet pour guider les premiers arbitrages. Chaque ligne sera détaillée dans les sections suivantes.
| Critère | PER | Assurance-vie | SCPI (direct) |
|---|---|---|---|
| Fiscalité entrée | Déductible IR (art. 163 quatervicies) | Non déductible | Non déductible |
| Fiscalité sortie | Barème IR sur capital + PFU (prélèvement forfaitaire unique) 31,4 % sur gains | PFL (prélèvement forfaitaire libératoire) 7,5 % + 17,2 % PS (prélèvements sociaux) après 8 ans (abattement 4 600/9 200 €) | Barème IR + 17,2 % PS sur revenus fonciers |
| Rendement 2025 | Variable (identique supports AV) | 2,6 % fonds euros / UC variable | 4,91 % brut moyen (ASPIM) |
| Liquidité | Bloqué (sauf 6 cas déblocage) | 100 % liquide | 1 à 6 mois (cession secondaire) |
| Succession | 990 I / 757 B (PER assurance) | 990 I (152 500 €) / 757 B (30 500 €) | Succession classique (barème) |
| IFI | Exonéré en phase d'épargne (art. 972 CGI) | Imposable pour fraction immobilière (art. 972) | Imposable 100 % (art. 972 bis) |
| Frais | 0,5-1 %/an | 0,5-1 %/an | 8-12 % entrée + ~12 % gestion interne |
| Effet de levier crédit | Non | Non | Oui (déduction intérêts art. 31 CGI) |
Concrètement, si vous lisez ce tableau rapidement, la conclusion est trompeuse : « le PER est meilleur fiscalement, l'AV est plus souple, la SCPI rapporte plus ». En réalité, chaque case cache une nuance. Les sections suivantes explorent chacun de ces critères avec les formules et les chiffres précis 2026.
Commençons par la dimension qui fait souvent pencher la balance : la fiscalité à l'entrée.
3. Fiscalité à l'entrée : le PER gagne — mais jusqu'à quel point ?
Le PER est le seul des trois à offrir une déduction fiscale immédiate. C'est son principal argument commercial. Mais cette déduction a un coût caché à la sortie, que nous analyserons en section 4.
Le mécanisme de déduction PER
Les versements volontaires sur un PER sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond fixé par l'article 163 quatervicies du CGI. Le gain fiscal réel correspond au versement multiplié par votre TMI (taux marginal d'imposition).
Calcul du gain fiscal PER à l'entrée
Gain fiscal = Versement × TMI Exemple TMI 41 % : Versement PER = 10 000 € Gain immédiat = 10 000 × 41 % = 4 100 € d'économie d'IR Coût réel du placement = 10 000 − 4 100 = 5 900 €
Plus votre TMI est élevée, plus le PER devient avantageux à l'entrée. À TMI 45 %, chaque euro versé ne coûte que 0,55 €.
Les plafonds 2026
| Statut | Plafond 2026 | Formule |
|---|---|---|
| Salarié | ≈ 37 680 € | 10 % × 8 × PASS N-1 (PASS 2025 = 47 100 €) |
| TNS (travailleur non salarié) | ≈ 88 911 € | 10 % PASS + 15 % × (bénéfice − 1 PASS) plafonné |
| Sans revenus pro | 4 710 € | 10 % × PASS N-1 (plancher) |
| Report plafonds non utilisés | 5 ans (LF 2026) | Cumul des 3 dernières années + année en cours |
| Versements après 70 ans | Non déductibles (LF 2026) | Nouveauté restrictive |
Concrètement, un salarié avec 80 000 € de revenus professionnels a un plafond PER de 8 000 € (10 %). S'il n'a pas versé depuis 4 ans, il peut mobiliser un cumul d'environ 32 000 € lors de son premier versement — nouveauté LF 2026 (extension de 3 à 5 ans du report). Pour le détail du calcul et les cas particuliers, voir notre guide Plafond PER 2026.
Point critique LF 2026: l'extension du report de 3 à 5 ans n'est pas rétroactive. Les reliquats des années 2023, 2024 et 2025 restent péremptoires à 3 ans (respectivement 2026, 2027, 2028). Seuls les droits nés à partir des revenus 2026 bénéficient de la fenêtre de 5 ans.
Avantage méconnu : le PER échappe au plafond des niches fiscales
La déduction PER (art. 163 quatervicies CGI) est une charge déductible du revenu global, pas une réduction d'impôt. Conséquence majeure : elle échappe au plafond global des niches fiscales de 10 000 € (art. 200-0 A CGI). Vous pouvez donc cumuler PER + Pinel + Girardin + FIP + FCPI sans aucun conflit. C'est le seul dispositif massif qui contourne cette limite — particulièrement précieux pour les TMI 41-45 % qui souhaitent combiner plusieurs leviers.
Assurance-vie et SCPI : aucune déduction à l'entrée
Ni l'assurance-vie ni la SCPI ne procurent d'avantage fiscal à la souscription. Les versements sont effectués avec de l'argent déjà imposé. L'intérêt fiscal arrive à la sortie (AV après 8 ans) ou via l'effet de levier (SCPI à crédit, déduction des intérêts).
La vraie question : cet avantage entrée PER compense-t-il la fiscalité à la sortie ? C'est l'objet de la section suivante.
4. Fiscalité à la sortie : la vraie différence
C'est ici que le match se joue vraiment. Beaucoup de souscripteurs PER découvrent trop tard que leur capital sortira imposé au barème progressif.
PER : deux composantes distinctes
À la sortie, le PER se décompose en deux parts imposées différemment :
- Capital issu des versements déduits: imposable au barème progressif de l'IR (art. 158 CGI), au taux marginal de l'année de retrait
- Plus-values généréesen phase d'épargne : imposables au PFU (prélèvement forfaitaire unique) de 31,4 %= 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux. Les gains du PER à la sortie relèvent du régime du capital mobilier, qui a vu sa CSG passer de 9,2 à 10,6 % depuis la LFSS 2026 — d'où le PS global à 18,6 % (à ne pas confondre avec les 17,2 % qui restent en vigueur sur l'AV, le PEA et les revenus fonciers, art. L. 136-8 IV CSS)
Sortie PER en rente : option oubliée mais parfois précieuse
Moins de 5 % des souscripteurs choisissent la rente viagère, pourtant le PER l'autorise (art. L. 224-5 CMF). Deux régimes fiscaux coexistent, avec une logique très différente.
| Type de rente | Fiscalité | Cas d'usage |
|---|---|---|
| RVTG (rente viagère à titre gratuit) | Barème IR après abattement 10 % (art. 158-5 CGI) + PS 10,1 % | Versements PER déduits (cas standard) |
| RVTO (rente viagère à titre onéreux) | Fraction imposable 30-70 % selon âge de conversion (art. 158-6 CGI) | PER non déduit ou cas particuliers |
RVTO par âge : fraction imposable détaillée (art. 158-6 CGI)
Le régime de la rente viagère à titre onéreux est l'un des plus méconnuset pourtant l'un des plus puissants pour les gros PER (500 k€+). La fraction imposable est fixée forfaitairement selon l'âge du crédirentier à la date d'entrée en jouissance. Elle reste ensuite figée pour toute la durée de la rente.
| Âge au début de la rente | Fraction imposable (RVTO) | Cas TMI 30 % : IR effectif | Cas TMI 41 % : IR effectif |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 21 % (30 × 70 %) | 28,7 % (41 × 70 %) |
| Entre 50 et 59 ans | 50 % | 15 % | 20,5 % |
| Entre 60 et 69 ans | 40 % | 12 % | 16,4 % |
| 70 ans et plus | 30 % | 9 % | 12,3 % |
Cas concret — Marc 65 ans, PER 500 k€, TMI 30 %. Option A : sortie capital fractionnée 5 ans à TMI 30 % = 150 000 € d'IR sur 5 ans. Option B : conversion en RVTO à 65 ans (rente ~20 000 €/an si espérance de vie INSEE). Fraction imposable 40 % = 8 000 €/an imposables à 30 % = 2 400 € d'IR par an. Sur 20 ans de rente, IR cumulé = 48 000 €. Économie rente vs capital fractionné : ~100 000 €, au prix de la perte du capital à la succession (aléa de durée).
Quand préférer la RVTO à une sortie capital ?
- PER volumineux ≥ 500 k€ : le fractionnement capital sur 5-10 ans ne suffit pas à neutraliser la TMI 41-45 %.
- Espérance de vie supérieure à la moyenne (bonne santé, longévité familiale) : l'aléa joue en faveur du crédirentier.
- Pas de besoin de transmission sur ce PER spécifiquement : la rente cesse au décès (sauf option réversion au conjoint avec abattement).
- Refus du risque de marchéà la retraite : la rente est versée quoi qu'il arrive, indépendamment des UC.
À l'inverse, éviter la rentesi la transmission est un objectif central, si l'espérance de vie est incertaine, ou si le PER contient < 200 k€ (rente trop faible pour compenser le fractionnement capital).
CEHR et CDHR 2026 : le piège de la sortie PER massive — cas chiffré
Sortir un PER volumineux d'un coup ne déclenche pas que la TMI 45 % : cela peut aussi activer la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies CGI) et, depuis la LF 2025 reconduite en 2026, la CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, art. 224 CGI). Voici le calcul ligne à ligne pour un cas type.
Cas A — Sortie PER massive, célibataire. Philippe, 63 ans, PER de 500 000 € (dont 100 000 € de gains, 400 000 € de versements déduits). Autre RFR : 50 000 € de retraite.
- IR barèmesur 400 000 € de capital + 50 000 € de retraite = 450 000 € imposables au barème. Sur cette tranche, TMI 45 % pour la fraction > 177 106 € (part célibataire). IR calculé ≈ 168 000 €.
- PFU 31,4 % sur 100 000 € de gains = 31 400 €.
- CEHR 3-4 % art. 223 sexies : RFR de Philippe = 550 000 €. Seuils célibataire : 3 % entre 250 k€ et 500 k€, 4 % au-delà. CEHR = (500 k − 250 k) × 3 % + (550 k − 500 k) × 4 % = 7 500 + 2 000 = 9 500 €.
- CDHRart. 224 : taux effectif d'IR (168 000 + 31 400) / 550 000 ≈ 36,3 %. Comme le taux est supérieur au plancher 20 %, aucune CDHR complémentaire(mécanisme d'imposition minimale, pas d'IR additionnel).
- Total imposition cas A : 168 000 + 31 400 + 9 500 = 208 900 € sur 500 000 € sortis = 41,8 % effectif.
Cas B — Fractionnement sur 5 ans. Même Philippe sort 100 000 €/an pendant 5 ans (dont 20 k€ de gains et 80 k€ de versements déduits).
- IR annuel : retraite 50 k + capital PER 80 k = 130 k imposables. TMI 41 % sur la tranche. IR annuel ≈ 26 000 €, soit 130 000 € sur 5 ans.
- PFU 31,4 % sur 20 k€/an × 5 = 31 400 € (identique au cas A, le PFU est flat).
- CEHR : RFR annuel = 150 k€, sous le seuil 250 k€ → 0 € de CEHR sur 5 ans.
- CDHR : non applicable.
- Total imposition cas B : 130 000 + 31 400 + 0 = 161 400 € sur 500 000 € sortis = 32,3 % effectif.
Économie du fractionnement : 208 900 − 161 400 = 47 500 €(soit 9,5 points d'imposition évités). Sur un PER de 1 M€, l'écart peut dépasser 100 000 €. Parade universelle: fractionner la sortie sur 5-10 ans, anticiper les années où le RFR reste sous les seuils CEHR/CDHR (250 k€ célibataire / 500 k€ couple), et éventuellement coupler avec une rente viagère (RVTG/RVTO, voir tableau ci-dessous) qui répartit l'imposition sur toute la durée de vie.
Assurance-vie : fiscalité dégressive après 8 ans
L'AV applique une fiscalité qui s'allège avec la durée (art. 125-0 A CGI) :
| Durée contrat | IR | PS | Abattement annuel |
|---|---|---|---|
| < 8 ans | 12,8 % (PFU) ou barème | 17,2 % | — |
| ≥ 8 ans (primes < 150 k€) | 7,5 % (PFL) | 17,2 % | 4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple) |
| ≥ 8 ans (primes > 150 k€) | 12,8 % (PFU) sur la fraction > 150 k€ | 17,2 % | Idem |
Concrètement, un couple qui rachète son AV après 10 ans peut encaisser chaque année 9 200 € de gains sans IR (abattement) — seuls 17,2 % de PS restent dus, soit environ 1 582 € de PS annuels maximum. À rapprocher d'un rachat PER équivalent qui serait taxé à 30-45 % au barème.
SCPI : fiscalité des revenus fonciers
Les revenus de SCPI françaises sont imposés comme des revenus fonciers(art. 15 CGI) : barème progressif de l'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux (inchangé en 2026). Pas d'abattement lié à la durée.
Imposition des revenus SCPI par TMI
Imposition totale = TMI + 17,2 % TMI 0 % → 17,2 % TMI 11 % → 28,2 % TMI 30 % → 47,2 % TMI 41 % → 58,2 % TMI 45 % → 62,2 % Exemple 4,91 % brut, TMI 41 % : Net = 4,91 × (1 − 58,2 %) = 4,91 × 41,8 % = 2,05 %
Les SCPI européennes échappent aux 17,2 % de PS français grâce aux conventions fiscales — avantage crucial pour TMI élevées.
Nouveauté LFSS 2026: la hausse de CSG de 1,4 point (9,2 → 10,6 %) s'applique au capital mobilier (dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA→ PFU 31,4 %). Les revenus fonciers, l'assurance-vie, le PEL/CEL/PEP et les plus-values immobilières restent à 17,2 % de PS (art. L. 136-8 IV du Code de la sécurité sociale). À ne pas confondre.
Passons maintenant au rendement net 2026 de chaque véhicule.
5. Rendement 2026 : qui gagne vraiment ?
Les chiffres bruts affichés par les brochures commerciales trompent systématiquement. Ce qui compte, c'est le rendement net d'impôt et de PS, pondéré par le risque. Voici les chiffres 2025 vérifiés.
| Placement | Rendement brut 2025 | Net TMI 30 % | Net TMI 41 % |
|---|---|---|---|
| Fonds euros AV (moyenne) | 2,6 % | ~2,15 % (PS 17,2 %, abattement 8 ans) | Idem |
| UC en AV (MSCI World sur 10 ans) | ~8 % | ~6,6 % (PFU 7,5 % après 8 ans + PS 17,2 %) | Idem |
| SCPI française (ASPIM 2025) | 4,91 % | 2,59 % | 2,05 % |
| SCPI européenne (Corum, Iroko, Remake) | 5,5 - 7 % | ~3,8 - 4,9 % (0 % PS fraction étrangère) | ~3,2 - 4,1 % |
| PER (UC identiques à l'AV) | ~8 % | Levier TMI entrée 30 % + fiscalité sortie à calculer | Levier TMI 41 % + fiscalité |
Concrètement, la SCPI européenne est la grande gagnante en net pour un TMI 41 % — à condition d'être détenue en direct(pas en AV). Le fonds euros AV reste utile comme poche sécurisée mais n'est plus un placement de performance. Le PER en UC combine le rendement marché avec l'économie d'IR à l'entrée — son TRI net réel peut dépasser les 3 autres véhicules à TMI élevée, mais attention à la fiscalité sortie.
Piège fréquent : confondre PS 17,2 % et 18,6 %
Depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur le capital mobilier (dividendes, intérêts, PV mobilières,PEA) sont passés à 18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %). Seuls les revenus fonciers (SCPI nues), l'AV, le PEL/CEL/PEP et les plus-values immobilières restent à 17,2 % (exception explicite art. L. 136-8 IV CSS). Beaucoup de simulateurs en ligne utilisent encore 17,2 % partout — source d'erreurs.
Évolution historique 2015-2025 : qui a le mieux tenu ?
Un rendement ponctuel ne suffit pas. Regarder la performance sur 10 anspermet d'évaluer la résilience et la volatilité réelle de chaque classe d'actifs.
| Année | Fonds euros AV (moyenne) | SCPI (TDVM ASPIM) | MSCI World (UC actions, EUR) |
|---|---|---|---|
| 2015 | 2,30 % | 4,85 % | +10,4 % |
| 2016 | 1,80 % | 4,63 % | +10,6 % |
| 2017 | 1,65 % | 4,43 % | +7,5 % |
| 2018 | 1,60 % | 4,35 % | −4,1 % |
| 2019 | 1,45 % | 4,40 % | +30,0 % |
| 2020 | 1,30 % | 4,18 % | +6,3 % |
| 2021 | 1,30 % | 4,49 % | +31,1 % |
| 2022 | 1,90 % | 4,53 % | −13,0 % |
| 2023 | 2,50 % | 4,52 % | +19,6 % |
| 2024 | 2,60 % | 4,72 % | +26,2 % |
| 2025 | 2,60 % | 4,91 % | env. +8-10 % |
| Moyenne 10 ans | ~2,0 % | ~4,6 % | ~12 %/an |
Concrètement, sur 10 ans :
- Fonds euros AV : rendement en baisse continue de 2015 à 2021, remontée depuis la hausse des taux BCE (2022-2025). Restera probablement entre 2,2 et 2,8 % en 2026.
- SCPI françaises: stabilité remarquable (4,18 à 4,91 %), même traversant la crise immobilière 2023-2024. La baisse de prix de part (−5 à −15 % sur certaines SCPI bureaux) n'apparaît pas dans le rendement mais réduit la performance totale.
- UC actions MSCI World : volatilité élevée mais moyenne long terme autour de 12 %/an. Deux années négatives sur 10 (2018, 2022). Adapté aux horizons 15 ans+.
Décomposition du rendement SCPI par catégorie (2024-2025)
Le taux de distribution moyen 4,91 % cache des disparités importantes entre les 232 SCPI du marché. Voici la décomposition sectorielle, donnée rare publiée par l'ASPIM.
| Catégorie de SCPI | Part du marché (capitalisation) | TDVM moyen 2024 | TDVM moyen 2025 | Tendance |
|---|---|---|---|---|
| SCPI diversifiées | 65 % | 4,8 % | 5,0 % | ↗ (collecte dynamique, acquisitions opportunistes) |
| SCPI bureaux (France) | 24 % | 4,1 % | 4,2 % | → (stabilisation post-crise 2023-2024) |
| SCPI commerces | 5 % | 4,3 % | 4,5 % | ↗ (résilience retail de centre-ville) |
| SCPI santé / éducation | 3 % | 4,6 % | 4,7 % | ↗ (actifs défensifs, baux longs) |
| SCPI logistique | 2 % | 5,2 % | 5,4 % | ↗↗ (boom e-commerce, rareté foncière) |
| SCPI européennes (tous secteurs) | Incluses dans les catégories ci-dessus | 5,8 % | 6,1 % | ↗↗ (0 % PS + rendements locatifs EU plus élevés) |
Comment choisir sa catégorie SCPI selon son profil ?
- Débutant / cherche la stabilité : SCPI diversifiées (Primovie, Epargne Pierre Europe, Remake Live). Moins de volatilité, rendement solide.
- TMI élevée 41-45 % : SCPI européennes en direct (Corum Origin, Iroko Zen, Pierval Santé). 0 % PS sur fraction étrangère.
- Recherche rendement maximal : SCPI logistique (Activimmo, Fair Invest) ou européennes. TDVM 5,4-6,1 %.
- Horizon court (< 10 ans): éviter les SCPI (frais d'entrée non amortis). Privilégier AV en UC ou fonds euros.
- IFI-sensible: SCPI en PER assurance (hors assiette IFI en phase d'épargne) ou démembrement nue-propriété.
Rendement brut ne veut rien dire sans maîtriser la liquidité. Passons à ce critère crucial.
6. Liquidité comparée : PER, AV, SCPI
La liquidité — c'est-à-dire la capacité à récupérer son argent rapidement — est radicalement différente entre les trois placements.
| Critère | PER | Assurance-vie | SCPI |
|---|---|---|---|
| Délai de récupération | Retraite ou 6 cas déblocage | 72 h (rachat partiel en ligne) | 1 à 6 mois (cession marché secondaire) |
| Cas de déblocage anticipé | 6 cas légaux (art. L. 224-4 CMF) | Aucune restriction | Revente libre (mais délais) |
| Valeur récupérée | Capitalisation + gains | Valeur de rachat | Prix de cession (souvent inférieur au prix de souscription) |
| Pénalité | Aucune (mais fiscalité à la sortie) | Aucune | Décote 5-10 % fréquente en marché tendu |
Concrètement, si votre objectif est d'avoir une épargne disponible en cas de coup dur, l'AV est de loin la plus souple. Le PER n'est pas « bloqué à vie » — les 6 cas de déblocage anticipé couvrent la plupart des situations graves (invalidité, surendettement, décès du conjoint, chômage en fin de droits, cessation d'activité non salariée, achat de la résidence principale). La SCPI directe est la moins liquide : en période de tension sur le marché (2023-2024), les délais de revente ont atteint 6 à 12 mois sur certaines SCPI.
Les 6 cas de déblocage anticipé du PER
- Acquisition de la résidence principale
- Décès du conjoint ou partenaire de PACS
- Invalidité (2e ou 3e catégorie) du titulaire, conjoint ou enfant
- Surendettement
- Expiration des droits au chômage
- Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire
Voyons maintenant ce qui se passe à la fin — la transmission.
7. Comment transmettre au mieux son patrimoine ?
La dimension successorale est souvent négligée dans les comparatifs. Elle fait pourtant la différence entre 100 000 € et 50 000 € transmis net à vos enfants.
| Enveloppe | Avant 70 ans | Après 70 ans |
|---|---|---|
| Assurance-vie | Art. 990 I : 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 852 500 €, 31,25 % au-delà | Art. 757 B : 30 500 € global (primes imposables), gains exonérés |
| PER assurance | Art. 990 I : 152 500 € par bénéficiaire (mutualisé avec AV) | Art. 757 B : 30 500 € global, capitaux totaux imposés (y c. gains) |
| PER bancaire | Succession classique : abattement parent/enfant 100 000 € tous les 15 ans | Idem |
| SCPI en direct | Succession classique : barème progressif selon lien de parenté | Idem |
Concrètement, pour un couple avec 3 enfants, l'abattement 990 I permet de transmettre jusqu'à 3 × 152 500 € = 457 500 € sans aucun impôt (hors PS déjà prélevés). C'est l'un des avantages fiscaux les plus puissants du droit français — réservé à l'AV et au PER assurance.
Piège majeur : l'abattement 152 500 € n'est PAS cumulable
L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire est uniqueet s'applique à l'ensemble des contrats AV + PER assurance reçus par ce même bénéficiaire. Avoir une AV de 100 000 € ET un PER assurance de 100 000 € ne permet pasde cumuler 2 × 152 500 € = 305 000 € d'abattement : le total de 200 000 € est simplement couvert par l'abattement unique de 152 500 €, les 47 500 € excédentaires étant taxés à 20 %.
Subtilité critique : le pivot des 70 ans n'est pas calculé de la même façon pour l'AV et le PER
Point rarement bien expliqué. Les deux enveloppes partagent les mêmes articles (990 I et 757 B CGI), mais le pivot des 70 ans est apprécié différemment (Ord. n° 2019-766 du 24/07/2019, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, MAJ 30/03/2023) :
- Assurance-vie: le pivot 70 ans s'apprécie à la date de chaque versement. Concrètement, les primes versées avant 70 ans relèvent du 990 I (abattement 152 500 € par bénéficiaire), celles versées après 70 ans relèvent du 757 B (abattement 30 500 € global, gains exonérés). Les deux régimes coexistent sur le même contrat selon la date des versements.
- PER assurance: le pivot est différent. Le régime 757 B s'applique si le titulaire décède après 70 ans, tous versements confondus (même ceux effectués avant 70 ans). Avant 70 ans au décès, c'est le 990 I qui s'applique intégralement.
Conséquence pratique: un PER alimenté à 60 ans mais dont le titulaire décède à 72 ans verra l'intégralité des capitaux décès taxés selon le 757 B (abattement 30 500 € seulement, gains inclus) — contrairement à une AV alimentée aux mêmes dates, qui conserverait le bénéfice du 990 I pour les primes versées avant 70 ans.
Démembrement de la clause bénéficiaire + SCPI : la stratégie avancée
Peu de comparatifs en parlent, pourtant c'est l'un des leviers les plus puissants pour transmettre un patrimoine de 500 000 € ou plus. Le principe : combiner une clause bénéficiaire AV démembrée etune donation de SCPI en nue-propriété avec réserve d'usufruit.
Double démembrement — clause bénéficiaire AV + SCPI en nue-propriété
Cas type : couple 55 ans, AV 400 000 €, SCPI 300 000 €, 2 enfants majeurs.
- Clause bénéficiaire AV démembrée: usufruit au conjoint survivant (quasi-usufruit sur les fonds), nue-propriété aux 2 enfants. Au décès de l'assuré, le conjoint perçoit le capital en quasi-usufruit (aucun droit de succession, exonération conjoint art. 796-0 bis CGI). Les enfants disposent d'une créance de restitutionqui sera déductible de l'actif successoral du conjoint au second décès. Chaque enfant conserve par ailleurs son abattement 990 I de 152 500 € sur sa propre ligne.
- Donation de SCPI en nue-propriété (ex. à 55 ans) : les parents conservent l'usufruit — donc les revenus locatifs de la SCPI pour leur retraite. Les enfants reçoivent la nue-propriété, dont la valeur est décotée (barème art. 669 CGI : 50 % à 55 ans, 40 % à 65 ans, 30 % à 75 ans). Au décès des parents, les enfants récupèrent la pleine propriété sans aucun droit de successionsur la valeur d'usufruit retour (art. 1133 CGI).
Résultat combiné: sur 700 000 € transmis, économie de droits potentielle de 60 000 à 120 000 € selon l'écart d'âge et la composition du patrimoine. La SCPI démembrée sort en plus de l'assiette IFI des parents sur la part nue-propriété cédée (barème d'IFI appliqué à la quote-part d'usufruit restante).
Attention piège: le nu-propriétaire ne peut pas déduire d'intérêts d'emprunt sur ces parts (CE 24 février 2017, n° 395983) — la donation en nue-propriété doit être faite cash, pas à crédit.
Jurisprudence et doctrine successorales à connaître
Le régime successoral de l'assurance-vie est l'un des plus jurisprudés du droit fiscal français. Quatre décisions et une doctrine administrative structurent le régime actuel :
- Cass. ch. mixte, 21 décembre 2007, n° 06-12.769 — arrêt fondateur : la souscription d'une AV n'est pas une donation indirecte tant que le souscripteur conserve la faculté de rachat. Une requalification n'est possible que si les circonstances révèlent une volonté irrévocable de se dépouiller.
- Cons. const., 3 octobre 2017, n° 2017-658 QPC — l'article 757 B CGI (droits de succession sur les primes versées après 70 ans) est jugé conforme à la Constitution. Le régime dual 757 B / 990 I est donc blindé constitutionnellement.
- Cass. 1re civ., 2 mai 2024, n° 22-14.829 — appréciation des primes manifestement exagérées prime par prime et à la date de chaque versement, en intégrant le patrimoine global du souscripteur (épargne + immobilier), pas seulement ses revenus.
- Cass. 2e civ., 19 décembre 2024, n° 23-19.110 — l'atteinte à la réserve héréditaire n'est pas un critère autonome d'appréciation des primes manifestement exagérées (art. L. 132-13 C. ass.) — ce qui renforce la protection de l'AV.
- Cass. 2e civ., 3 avril 2025, n° 23-13.803 — la substitution de bénéficiaire par testament est valable dès lors que la volonté du souscripteur est certaine et non équivoque, sans obligation d'en informer l'assureur (revirement).
- Rép. min. Ciot, n° 78192, JO AN 23 février 2016 — abandon de la doctrine Bacquet: au premier décès d'un couple marié sous communauté, la valeur de rachat du contrat AV non dénoué souscrit avec des fonds communs n'est plus intégrée à l'actif successoral taxable. Différenciateur AV majeur vs PER et SCPI en indivision conjugale.
Au-delà de la succession, il faut aussi regarder l'impôt sur la fortune immobilière.
8. IFI par véhicule : le grand oublié des comparatifs
L'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) taxe le patrimoine immobilier net supérieur à 1 300 000 €. L'articulation avec nos 3 véhicules est rarement bien expliquée. Voici les règles exactes en 2026.
PER assurance — HORS IFI (phase d'épargne)
Art. 972 CGI : les contrats d'assurance non rachetables échappent à l'IFI pendant la phase de constitution, même s'ils contiennent des UC immobilières (SCPI, OPCI, SCI). Avantage MAJEUR pour patrimoines IFI-sensibles.
AV et SCPI — DANS IFI (fraction immobilière)
Art. 972 CGI : les UC immobilières logées dans une AV rachetable sont imposables à l'IFI. Art. 972 bis CGI : les parts de SCPI détenues en direct entrent dans l'assiette IFI pour leur quote-part immobilière (quasi 100 % en pratique).
Concrètement, si votre patrimoine immobilier approche 1,3 M€, loger vos SCPI dans un PER assurance (phase d'épargne) les sort de l'assiette IFI. L'économie peut atteindre plusieurs milliers d'euros par an selon la tranche de taux IFI. En revanche, à la liquidation du PER (phase de rente ou retrait), les UC immobilières basculent dans l'assiette.
Stratégie IFI avec les 3 enveloppes
- Constitution (40-60 ans): loger les SCPI dans un PER assurance pour sortir de l'IFI
- Pré-retraite (60-65 ans) : commencer à basculer vers AV ou détention directe pour préparer la liquidité
- Retraite (65+ ans) : sortie PER fractionnée + AV pour maintien des abattements successoraux
Matrice IFI 2026 : quelle fraction imposable selon l'enveloppe ?
Aucun article concurrent ne publie cette matrice compréhensive croisant 5 modes de détentionet les 3 grandes classes d'actifs. Elle s'appuie sur BOI-PAT-IFI-20-30-20 (MAJ 5 juin 2024) et les articles 972, 972 bis et 973 du CGI. Lisez-la ligne par ligne — elle est le cœur de toute stratégie IFI bien construite.
| Détention | SCPI (100 % immobilier) | Fonds euros AV (actifs financiers) | UC immobilières (SCI, OPCI, SCPI) |
|---|---|---|---|
| Direct / compte-titres | 100 % imposable IFI (art. 972 bis CGI) | Pas de fonds euros en CTO | SCPI en direct : 100 % imposable IFI |
| Assurance-vie (rachetable) | Fraction immo de la valeur de rachat imposable IFI (art. 972 CGI) | Exonéré IFI (actifs financiers purs) | Fraction immobilière de la valeur de rachat imposable IFI (art. 972 CGI, BOI-PAT-IFI-20-30-20) |
| PER assurance (phase d'épargne, non rachetable) | Exonéré IFI (art. 972 CGI, contrat non rachetable) | Exonéré IFI | Exonéré IFI — avantage majeur pour SCPI logées en PER |
| PER assurance (phase de liquidation / retrait) | Fraction immo imposable IFI (le contrat devient rachetable) | Exonéré IFI | Fraction immobilière imposable IFI |
| PER bancaire (compte-titres PER) | Non disponible (sauf SCPI cotées) | Non disponible | Pas d'exonération 972 (ce n'est pas un contrat d'assurance) |
Concrètement, seule la combinaison PER assurance + UC immobilières en phase d'épargnepermet de sortir des actifs immobiliers de l'assiette IFI de manière pleinement efficace. C'est la raison pour laquelle les dirigeants approchant les 1,3 M€ de patrimoine immobilier utilisent le PER assurance comme enveloppe IFI-hors-bilanpendant la phase de constitution, quitte à arbitrer vers l'AV ou la détention directe une fois la retraite liquidée.
Piège confirmé : PER bancaire et IFI
Le PER bancaire(compte-titres PER) ne bénéficie PAS de l'exonération de l'article 972 CGI, qui vise exclusivement les contrats d'assurance non rachetables. Un investisseur qui loge des SCPI cotées ou des OPCI dans un PER bancaire les verra intégralement taxées à l'IFI pour leur fraction immobilière. C'est une raison supplémentaire de privilégier le PER assurancedans un objectif d'optimisation IFI — au-delà même du seul avantage successoral de l'article 990 I.
Pour approfondir, consultez notre guide optimisation IFI 2026.
9. Quels frais paie-t-on sur chaque enveloppe ?
Les frais peuvent éroder 15 à 30 % de votre performance sur 15 ans. Les comparer est essentiel.
| Frais | PER en ligne | AV en ligne | SCPI directe |
|---|---|---|---|
| Frais d'entrée | 0 % | 0 % | 8 à 12 % |
| Frais de gestion annuels | 0,5 à 1 % | 0,5 à 1 % | 10 à 12 % (gestion interne) |
| Frais d'arbitrage | 0 % | 0 à 0,5 % | — |
| Frais de sortie | 0 % | 0 % | Décote 5 à 10 % marché secondaire |
| Coût cumulé sur 20 ans (à performance égale) | 10 à 20 % | 10 à 20 % | 12 à 18 % (frais d'entrée amortis) |
Concrètement, les SCPI apparaissent plus chères à l'entrée (8-12 %), mais leurs frais se rentabilisent sur 8-10 ans minimum. Un investisseur qui revend ses SCPI après 5 ans perd souvent l'équivalent des frais de souscription. À l'inverse, les PER et AV modernes en ligne affichent 0 % de frais d'entrée et 0,5-1 % de gestion — très compétitif.
Avant d'aborder l'arbitrage par TMI, voyons un avantage exclusif des SCPI : l'effet de levier.
10. SCPI à crédit vs PER déductible : le match caché
La SCPI est le seul des trois placementsqui permet d'investir à crédit. C'est un argument décisif pour les TMI élevées. Comparons deux stratégies à effort d'épargne équivalent.
Hypothèse : 300 € / mois pendant 20 ans — TMI 41 %
Stratégie A — Versements PER (cash) Effort = 300 × 12 × 20 = 72 000 € Gain IR annuel = 3 600 × 41 % = 1 476 €/an, soit 29 520 € sur 20 ans Capital PER à 5 % brut sur 20 ans ≈ 123 000 € Fiscalité sortie lissée (TMI 30 %) : ~35 000 € NET-NET PER = 123 000 − 35 000 + 29 520 ≈ 117 500 € Stratégie B — SCPI à crédit 20 ans (300 €/mois effort net) Emprunt possible ≈ 150 000 € (crédit 3,8 %, 20 ans) SCPI française à 4,91 % : loyers annuels ≈ 7 365 € bruts Fiscalité foncière (TMI 41 % + PS 17,2 %) = −4 286 €/an Intérêts déductibles (moyenne 10 ans) = +2 100 €/an d'économie Effort net mensuel après loyers et IR ≈ 300 €/mois ✓ Capital SCPI à terme (revalorisation 1 %/an) ≈ 180 000 € NET-NET SCPI = ~180 000 €
À effort mensuel équivalent, la SCPI à crédit surpasse souvent le PER à TMI 41 % grâce à l'effet de levier bancaire. Simulation indicative, sensible aux taux de crédit et au rendement SCPI.
Concrètement, l'effet de levier crédit est la vraie différence. Le PER optimise la fiscalité (déduction IR), mais il ne permet pas d'emprunter pour investir. La SCPI à crédit active un levier bancaire qui multiplie le capital final de 50 % à 100 % par rapport à un placement cash équivalent.
Conditions pour réussir la SCPI à crédit
- TMI minimum 30 %(idéalement 41 %+) pour rentabiliser la déduction d'intérêts
- Horizon 15-20 ans minimum(amortir les frais d'entrée 8-12 %)
- Diversification : 3 à 5 SCPI, secteurs et zones géographiques différents
- Taux crédit < rendement SCPI (ex. 3,8 % vs 4,9 % = 1,1 pt de marge)
- Capacité d'endettementsuffisante (taux d'effort 33 % max tous crédits confondus)
Avant de conclure, il faut maîtriser l'outil-clé de l'arbitrage : la formule du point de bascule TMI.
11. Quelle formule utiliser pour arbitrer selon sa TMI ?
Voici la formule que personne ne publie clairement et qui tranche la question « PER ou AV » en 30 secondes.
Formule du point de bascule PER vs AV
Le PER bat l'AV en net si : TMI_sortie < TMI_entrée × (1 − coût_fiscal_sortie) Avec coût_fiscal_sortie = PFU sur les gains (31,4 %) pondéré par la part de gains dans le capital final. Cas simplifié (part de gains = 50 % du capital final) : PER optimal si TMI_sortie < TMI_entrée × (1 − 31,4 % × 50 %) = TMI_entrée × 0,843 Exemple TMI entrée 41 % : Seuil TMI sortie = 41 × 0,843 ≈ 34,6 % → PER gagne si TMI retraite ≤ 34 % Exemple TMI entrée 30 % : Seuil TMI sortie = 30 × 0,843 ≈ 25,3 % → PER gagne si TMI retraite ≤ 25 % (donc TMI 11 % clairement)
Formule simplifiée. La réalité intègre aussi l'abattement AV 8 ans (~4,6 k€/an) et l'effet de capitalisation sur le gain fiscal réinvesti.
Concrètement, si vous êtes à TMI 41 % aujourd'hui et que vous anticipez une TMI 11-30 % à la retraite, le PER est gagnant. Si vous risquez d'être en TMI 41 % à la retraite aussi (dirigeant qui continue à percevoir des dividendes, par exemple), l'AV peut être préférable — la déduction PER devient un simple différé d'impôt, pas un gain net.
| TMI entrée | Seuil TMI sortie | PER gagne si |
|---|---|---|
| 45 % | ~38 % | TMI retraite ≤ 30 % |
| 41 % | ~34,6 % | TMI retraite ≤ 30 % |
| 30 % | ~25,3 % | TMI retraite ≤ 11 % |
| 11 % | ~9,3 % | Presque jamais |
| 0 % | 0 % | Jamais |
Concrètement, le PER est un outil d'optimisation pour les hauts revenusqui basculeront en TMI plus basse à la retraite. Hors de ce cas, l'AV reste souvent plus performante net-net. Pour un salarié TMI 30 % qui anticipe une TMI 30 % à la retraite, le PER n'apporte presque rien en net.
Barème IR 2026 : où se situe votre TMI exactement ?
Avant de calculer votre point de bascule, encore faut-il identifier précisément votre TMI. Voici le barème progressif applicable aux revenus 2025 (déclaration faite en 2026), issu de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025.
| Tranche de revenu imposable par part | TMI | Exemple revenu foyer célibataire | Exemple revenu foyer couple (2 parts) |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 11 497 € | 0 % | Revenu foyer < 11 497 € | Revenu foyer < 22 994 € |
| De 11 497 € à 29 315 € | 11 % | Revenu foyer 11 497 à 29 315 € | Revenu foyer 22 994 à 58 630 € |
| De 29 315 € à 83 823 € | 30 % | Revenu foyer 29 315 à 83 823 € | Revenu foyer 58 630 à 167 646 € |
| De 83 823 € à 180 294 € | 41 % | Revenu foyer 83 823 à 180 294 € | Revenu foyer 167 646 à 360 588 € |
| Au-delà de 180 294 € | 45 % | Revenu foyer > 180 294 € | Revenu foyer > 360 588 € |
Concrètement, un couple avec 130 000 € de revenu imposable (65 000 € par part) se situe en TMI 30 %. Un cadre célibataire à 90 000 € bascule en TMI 41 %. Un dirigeant à 200 000 € est en TMI 45 % pour la fraction au- delà de 180 294 €. Pour un calcul précis incluant le quotient familial et les plafonds, consultez notre guide TMI 2026.
Pourquoi la TMI est l'arbitre numéro 1 du choix PER / AV / SCPI
- TMI 0 ou 11 % : privilégier AV + SCPI (PER peu intéressant). Le PER non déduit peut être envisagé pour préparer une sortie fiscale douce si une remontée de TMI est attendue.
- TMI 30 %: zone d'arbitrage. Le PER est gagnant uniquement si la TMI à la retraite descend à 11 % (retraite inférieure à 29 k€/part). Sinon, AV équivalente voire supérieure.
- TMI 41 % : PER massif (économie immédiate 41 % de chaque versement) + AV pour la souplesse + SCPI à crédit pour le levier. Combinaison triple recommandée.
- TMI 45 %: saturation PER obligatoire (88 911 € TNS / 37 680 € salarié) + combinaison avec apport-cession si cession d'entreprise prévue + AVL pour sécurité et multi-devises.
Passons maintenant à un angle rarement bien traité : l'enveloppe dans laquelle loger ses SCPI.
12. SCPI dans quelle enveloppe ? Direct vs AV vs PER
Vous souhaitez investir en SCPI. Faut-il les acheter en direct, via une AV, ou dans un PER ? Aucune source grand public ne fait vraiment ce comparatif. Voici notre analyse.
| Critère | SCPI directe | SCPI en AV | SCPI en PER assurance |
|---|---|---|---|
| Frais d'entrée | 8 à 12 % | 2 à 5 % (parfois réduits) | 0 à 3 % |
| Fiscalité revenus | Revenus fonciers (barème + 17,2 % PS) | Capitalisés dans AV, taxés au rachat (PFU 7,5 %/12,8 % + 17,2 % PS après 8 ans) | Capitalisés, taxés à la sortie (barème + PFU 31,4 % sur gains) |
| IFI | 100 % dans l'assiette (art. 972 bis) | Fraction immo dans l'assiette (art. 972) | Exonéré en phase d'épargne (art. 972) |
| Liquidité | 1 à 6 mois (marché secondaire) | Quelques jours (rachat AV) | Bloqué jusqu'à retraite |
| Effet de levier crédit | Oui (déduction intérêts) | Non | Non |
| SCPI européennes | 0 % PS (conservé) | PS 17,2 % réappliqués (avantage PERDU) | PS 17,2 % réappliqués (avantage PERDU) |
Concrètement, il existe 3 scénarios clairs :
- SCPI européennes → TOUJOURS en direct (perdent leur avantage 0 % PS dans une enveloppe fiscale française)
- SCPI françaises, TMI ≥ 41 %, patrimoine IFI-sensible → PER assurance (déduction IR + exonération IFI)
- SCPI françaises, TMI ≤ 30 %, recherche de liquidité → AV (fiscalité plus légère après 8 ans)
Cas particulier : l'effet de levier à crédit n'est disponible qu'en SCPI directe. Si vous voulez emprunter pour investir, il n'y a pas d'alternative à la détention directe.
Pourquoi les SCPI européennes perdent 1,5 à 2 points de rendement en AV/PER
Ce point est mal comprissur 90 % des sites. Il repose sur deux mécanismes juridiques distincts qui se cumulent au désavantage de l'investisseur.
Le double piège des SCPI européennes logées en AV ou PER
Piège n° 1 — l'assureur absorbe le crédit d'impôt conventionnel. Lorsque vous détenez en direct une SCPI Corum Origin, Iroko Zen ou Remake Live, la double imposition est neutralisée par la méthode de l'exemption avec progressivité (Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Belgique) ou du crédit d'impôt(Pays-Bas, Portugal, Italie, Irlande), selon la convention fiscale bilatérale. Dans une AV ou un PER assurance, l'assureur encaisse l'impôt étranger à la source dans son compte technique — l'assuré ne récupère PAS le crédit d'impôt (sauf produit très spécifique type Corum Life).
Piège n° 2 — réapplication des 17,2 % de PS. Les revenus sont alors imposés comme ceux d'une UC classique au rachat (PFU 7,5 % ou 12,8 % + PS 17,2 %), alors que la détention directed'une SCPI européenne échappe aux 17,2 % français sur la fraction étrangère (CJUE 26 février 2015, de Ruyter, C-623/13+ CE 27 juillet 2015 n° 334551 : interdiction d'assujettir aux PS français les revenus du capital des personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d'un autre État UE/EEE/Suisse).
Chiffrage concret (TMI 41 %) : une SCPI allemande à 5,5 % brut délivre environ 4,2 % net en détention directe (0 % PS sur fraction allemande + progressivité IR française). Logée dans une AV, le rendement net tombe à 3,0-3,3 % (17,2 % de PS réappliqués + frais UC 0,5-1 %/an). L'écart atteint donc 1,2 à 1,5 point de rendement annuel sur la durée — soit ~25-30 % du rendement initial. Sur 15 ans, un capital SCPI européenne en direct sera supérieur d'environ 20-25 % à un capital logé en AV.
Concrètement, les SCPI européennes doivent être détenues en directdans presque tous les cas. L'AV et le PER ne deviennent pertinents que pour des SCPI 100 % françaises (où l'avantage fiscal est déjà plafonné à 17,2 % de PS, que l'on soit en direct ou en enveloppe).
Abordons maintenant un autre point aveugle : la distinction PER bancaire vs PER assurance.
13. PER bancaire ou PER assurance : le piège succession
Il existe deux formes juridiques de PER : le PER assurance(contrat d'assurance souscrit auprès d'un assureur) et le PER bancaire (compte-titres ouvert dans une banque ou chez un courtier). Côté fonctionnement, ils sont proches. Côté succession, ils sont radicalement différents.
PER assurance
Décès avant 70 ans : art. 990 I CGI — abattement 152 500 € par bénéficiaire + 20 %/31,25 %. Décès après 70 ans : art. 757 B — abattement 30 500 € global. Clause bénéficiaire à rédiger. Régime comparable à l'AV.
PER bancaire
Aucun régime successoral spécifique. Le capital entre dans la succession classique (art. 777 CGI) : abattement 100 000 € parent/enfant tous les 15 ans, puis barème progressif (5 à 45 % en ligne directe, 60 % hors famille). Pas de clause bénéficiaire.
Concrètement, pour un PER de 200 000 € transmis à 2 enfants :
- PER assurance avant 70 ans: 2 × 152 500 € d'abattement couvrent largement les 200 000 €. Impôt = 0 € (les 200 000 € restent sous les seuils)
- PER bancaire: abattement 100 000 € par enfant (si pas d'autre donation dans les 15 ans) → impôt sur la fraction excédentaire au barème progressif → environ 3 500 € par enfant (au taux moyen 7 %)
Recommandation Hagnéré Patrimoine
Pour tout patrimoine avec un enjeu de transmission (et c'est presque toujours le cas dès 100 000 €), privilégier le PER assurance. Les frais sont comparables aux PER bancaires, et l'avantage successoral peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros économisés. Le PER bancaire peut se justifier uniquement pour un investisseur averti qui souhaite une gestion libre avec des ETF ou titres vifs, sans enjeu successoral significatif.
Transférer son PER entre établissements : la règle méconnue des 5 ans
Vous pouvez transférer votre PER d'un établissement à un autre sans perdre l'antériorité fiscale ni la déductibilité des versements passés. Mais attention au timing : le Code monétaire et financier (art. D. 224-18) plafonne les frais de transfert à 1 % de l'encours pendant les 5 premières années de détention, puis le transfert devient gratuit au-delà.
Règles du transfert PER — à connaître avant de changer de contrat
- Frais plafonnés à 1 % avant 5 ans, gratuit après (art. D. 224-18 CMF).
- Antériorité fiscale conservée: les versements déduits dans le passé restent définitivement acquis, il n'y a pas de reprise d'impôt.
- Compartiments préservés : les compartiments C1 (versements volontaires), C2 (épargne salariale) et C3 (cotisations obligatoires) sont transférés distinctement, avec les droits et obligations de chacun.
- Transfert Madelin / PERP vers PER: également possible, sans imposition, avec conservation de l'antériorité. Voir notre guide dédié.
- Délai légal maximal: 2 mois entre la demande et l'exécution du transfert par l'ancien assureur.
Cas concret: un PER bancaire ouvert il y a 3 ans avec 150 000 € d'encours transféré vers un PER assurance en ligne (meilleurs frais et accès au régime 990 I). Frais maximum : 1 % × 150 000 € = 1 500 €. Si le PER a plus de 5 ans, c'est 0 €. Patience de 2 ans parfois payante.
Un dernier véhicule mérite une mention — souvent oublié des comparatifs grand public.
14. AV luxembourgeoise et contrat de capitalisation
Pour les patrimoines supérieurs à 250 000 €, deux véhicules complémentaires méritent d'entrer dans le mix.
L'assurance-vie luxembourgeoise (AVL)
L'AVL offre le même traitement fiscal qu'une AV française pour un résident fiscal français, mais ajoute : multi-devises (USD, CHF, GBP), triangle de sécurité luxembourgeois (actifs cantonnés hors bilan de l'assureur, super-privilège), fonds dédiés FID et FAS, crédit lombard possible. Ticket minimum généralement 250 000 €. Voir notre guide AVL complet.
Le contrat de capitalisation
Le contrat de capitalisation fonctionne comme une AV en phase d'épargne (fiscalité des rachats identique, art. 125-0 A CGI), mais avec deux différences majeures: il peut être donnéà un bénéficiaire de son vivant tout en conservant l'antériorité fiscale, et il entre dans la succession classique (pas de régime 990 I). Utile pour la transmission anticipée de patrimoine, la détention en société (IS via holding patrimoniale), ou comme complément à l'AV après saturation de l'abattement 152 500 €.
Quand ajouter AVL ou capitalisation au trio PER/AV/SCPI ?
- AVL : patrimoine financier supérieur à 250 000 €, besoin multi-devises, souhait de sécurité renforcée (triangle Lux)
- Contrat de capitalisation: abattement AV 152 500 € saturé, envie de donner de son vivant, ou détention via holding patrimoniale à l'IS
Expatriation et régime impatrié : que devient le trio PER / AV / SCPI ?
Ce sujet est quasiment absent des comparatifs grand public, alors qu'il concerne des centaines de milliers de Français. Voici les règles en 3 scénarios.
| Produit | Expatriation (départ France) | Retour en France (impatriation) | Frontalier (résidence France, travail étranger) |
|---|---|---|---|
| PER | Perd son intérêt fiscal principal (pas d'IR français à déduire). Les versements peuvent continuer mais sans déduction. | Retrouve sa pertinence. Report des plafonds non utilisés pendant l'expatriation (sous conditions). | Déductible sur revenus français uniquement (frontaliers imposés en France sur revenus étrangers selon convention). |
| AV française | Reste utile pour transmission (abattement 152 500 €). Rachats pour non-résidents : PFU applicable sauf convention plus favorable. | Retrouve son plein intérêt. Antériorité fiscale conservée (décompte des 8 ans). | Utilisable, avec fiscalité française au rachat (traité fiscal avec pays de travail). |
| AVL (Luxembourg) | Souvent préférable à l'AV française : multi-devises, portabilité fiscale selon pays d'accueil, triangle de sécurité. | À conserver ou liquider selon nouvelle résidence fiscale. Pas de pénalité au rapatriement. | Idéale pour frontaliers multi-devises (CHF, USD). |
| SCPI françaises | Retenue à la source 20-30 % pour non-résidents (art. 244 bis A CGI cession, barème IR revenus). PS généralement exclus pour affiliés hors UE. | Fiscalité française standard. Régime impatrié possible sur plus-values mobilières (art. 155 B CGI). | Fiscalité foncière française classique. |
| SCPI européennes | Avantage conservé (revenus étrangers imposés dans l'État de situation, exemption / crédit d'impôt selon convention). | Avantage 0 % PS maintenu si affiliation sécurité sociale France (CJUE Ruyter C-623/13). | Optimum absolu pour frontaliers EU/EEE/Suisse affiliés hors France : exonération PS garantie. |
Régime impatrié art. 155 B CGI : l'arme fiscale méconnue au retour en France
Quand un Français expatrié (ou un étranger recruté) prend ses fonctions en France, il peut bénéficier pendant 8 ansd'un régime dérogatoire (art. 155 B CGI, BOI-RSA-GEO-40-10-20 MAJ 10/04/2025) :
- Exonération 50 % des revenus passifs de source étrangère : intérêts, dividendes, plus-values mobilières, redevances. Parfaitement applicable aux dividendes de holding étrangère ou plus-values sur compte-titres hors France.
- Exonération sur la prime d'impatriation (sur-salaire lié à la mobilité internationale).
- Exonération des PV sur cession de titres détenus à l'étranger avant le retour (sous conditions de durée de détention).
Impact stratégique PER/AV/SCPI: un dirigeant qui revient en France en 2026 après 10 ans à l'étranger peut — pendant 8 ans — verser au PER français (déduction IR pleine TMI 45 %) tout en conservant une exonération partielle sur ses revenus passifs étrangers. Combinaison particulièrement puissante pour un repatriement post-cession d'entreprise à l'étranger.
Expatriation : 3 pièges à éviter sur PER et AV
- Exit tax art. 167 bis CGI : en cas de départ avec plus-values latentes supérieures à 800 000 € sur titres détenus ≥ 50 %, imposition immédiate (sursis de paiement possible sous conditions). Ne concerne pas PER/AV mais affecte la cession pré-expatriation.
- Double imposition SCPI françaises pour non-résidents : PS français (17,2 %) maintenus pour les affiliés à un régime de sécurité sociale hors UE/EEE/ Suisse — décision Cass. 2020. Vérifier la convention bilatérale.
- Fiscalité AV au rachat pour non-résidents : PFU 31,4 % applicable sauf convention. Certains pays (Portugal IFICI, Suisse forfait fiscal, Émirats 0 %) permettent une fiscalité très avantageuse au rachat.
Et le PEA, le PEE et le PERECO dans tout ça ?
Trois autres enveloppes méritent d'être mentionnées pour compléter le tableau. Elles ne concurrencent pas le trio PER/AV/SCPI, elles le complètent selon votre situation professionnelle et vos objectifs de placement.
| Enveloppe | Plafond / accès | Fiscalité | Positionnement vs PER/AV/SCPI |
|---|---|---|---|
| PEA (Plan d'Épargne en Actions) | Plafond 150 000 € / tout majeur résident | Exonération IR après 5 ans + PS 17,2 % | Complément actions Europe. Avantage fiscal identique AV après 5 ans (vs 8 ans AV). Voir guide PEA dédié. |
| PEE (Plan d'Épargne Entreprise) | Versements libres + abondement employeur (max 3 844,80 € en 2026) | Gains exonérés IR + PS 17,2 % à la sortie (après 5 ans ou cas débloc) | Complément salarié avec abondement gratuit. À saturer prioritairement avant PER si employeur généreux. |
| PERECO (ex-PERCO) | Abondement employeur jusqu'à 7 689,60 €/an en 2026 | Sortie capital exonérée IR (gains au PFU) + rente fiscalement avantageuse | Version collective du PER. Cumulable avec PER individuel. Plafond de déduction commun (art. 163 quatervicies). |
| Article 83 (retraite supplémentaire collective) | Versements obligatoires entreprise, 8 % rémunération (art. 83 2° CGI) | Sortie en rente viagère uniquement (imposable au barème IR, abattement 10 %) | Catégoriel, peu flexible. Transférable vers PER (compartiment 3). Mentionné pour mémoire des dirigeants assimilés salariés. |
Stratégie d'empilement recommandée pour un salarié avec employeur généreux
- Saturer le PEE avec abondementen premier (c'est de l'argent gratuit) → cap 3 844,80 € d'abondement + versement personnel
- Saturer le PERECO si employeur abonde (7 689,60 € max/an en 2026, hors plafond niches fiscales)
- Ouvrir et alimenter une AV (socle 8 ans) et un PEA (actions Europe, 5 ans)
- PER individuel si TMI ≥ 30 % et horizon retraite confirmé — à coordonner avec le plafond global 163 quatervicies (qui englobe PER individuel + PERECO + PERO)
- SCPI à créditune fois l'AV et le PER installés (TMI 30 %+ et horizon 15+ ans)
Pour approfondir, voir nos guides PEA 2026 et PERECO : épargne salariale.
Maintenant, la vraie question : comment combiner tout cela selon votre profil ?
15. Stratégie triple combinée PER + AV + SCPI par profil
Aucun concurrent ne publie d'allocation-type claire. En voici une, issue de notre pratique quotidienne chez Hagnéré Patrimoine. Ce sont des points de départ — à ajuster en RDV.
| Profil | TMI | PER | AV | SCPI |
|---|---|---|---|---|
| Jeune actif (28-38 ans) | 30 % | 30 % | 50 % (UC actions) | 20 % (directe ou AV) |
| Quadra / quinqua | 41 % | 40 % (maximisation déduction) | 30 % (mixte fonds €/UC) | 30 % (SCPI à crédit) |
| Dirigeant pré-cession | 45 % | 30 % (saturer plafond) | 35 % (dont AVL) | 35 % (mix FR et EU à crédit) |
| Senior pré-retraite | 30-41 % | 20 % (derniers versements) | 50 % (bascule fonds €) | 30 % (SCPI européennes) |
| Retraité | 11-30 % | 0 % (plus de versements, sortie fractionnée) | 50 % (rachats réguliers avec abattement) | 50 % (pleine propriété, revenus mensuels) |
Concrètement, aucune allocation n'est figée. Un quadra dirigeant avec IFI élevé pourra pousser le PER à 50 % pour sortir les SCPI de l'assiette IFI. Un jeune actif sans revenu élevé pourra au contraire privilégier l'AV à 70 % pour garder de la liquidité et démarrer progressivement le PER quand la TMI passera à 30 %.
Pour illustrer tout cela, voici 3 cas pratiques chiffrés qui synthétisent l'approche du guide.
16. Trois cas pratiques chiffrés
Cas 1 — Pierre, 35 ans, cadre à Lyon, TMI 30 %
Pierre est chef de projet dans une ETI industrielle, marié sans enfants. Salaire net 60 000 €/an, déjà 15 000 € sur Livret A et LDDS. Il peut épargner 600 €/mois. Horizon retraite : 30 ans. Pas encore d'IFI en vue.
Allocation Pierre (600 €/mois)
- AV en ligne (Linxea Spirit 2) : 300 €/mois, allocation 70 % UC actions ETF MSCI World + 30 % fonds euros → socle patrimonial long terme
- PER : 200 €/mois = 2 400 €/an → gain IR 2 400 × 30 % = 720 €par an d'économie
- SCPI en AV (via Linxea) : 100 €/mois → diversification immobilière, liquidité conservée
- Projection 30 ans (hypothèse rendement pondéré 5 % net) : capital AV ≈ 248 000 €, PER ≈ 165 000 €, SCPI AV ≈ 82 000 €. Total net-net ≈ 495 000 €
- Gain fiscal cumulé PER : 720 × 30 ans = 21 600 € (à TMI constante ; probablement plus élevé avec carrière ascendante)
Cas 2 — Julie, 50 ans, directrice RH, TMI 41 %, IFI-sensible
Julie est DRH dans un groupe coté, mariée avec 2 enfants adolescents. Revenus foyer 180 000 €/net. Patrimoine : résidence principale 700 000 €, assurance-vie 200 000 € déjà ouverte il y a 12 ans, liquidités 80 000 €. Patrimoine immobilier total qui approchera bientôt le seuil IFI (1,3 M€). Objectif : préparer la retraite dans 15 ans + transmission.
Allocation Julie (80 000 € à déployer + 1 500 €/mois)
- PER assurance maximal : saturer le plafond 37 680 € cette année (économie IR 37 680 × 41 % = 15 449 €) + 30 000 €/an les suivantes. Héberger des UC immobilières → sortir ces actifs de l'assiette IFI (art. 972 CGI)
- AV existante : continuer à alimenter 500 €/mois, consolidation de la clause bénéficiaire (démembrement usufruit mari / nue-propriété enfants pour optimiser)
- SCPI à crédit : emprunter 200 000 € sur 15 ans (crédit 3,8 %, mensualités ~1 440 €). Loyers SCPI 4,9 % = 9 800 €/an, intérêts déductibles des revenus fonciers. Effort net mensuel après fiscalité ≈ 400 €/mois
- Projection 15 ans: PER ≈ 650 000 € (versements cumulés + capitalisation + gain IR réinvesti), SCPI ≈ 280 000 € net (remboursement crédit). Succession optimisée via 990 I pour 2 × 152 500 € = 305 000 € d'abattement transmis sans IR
- Économie IFI annuelle(grâce au PER qui sort les SCPI de l'assiette) : selon tranche, 500 à 2 000 €/an × 15 ans ≈ 15 000 à 30 000 €
Cas 3 — Marc, 65 ans, retraité à Bordeaux, TMI 30 %
Marc, ancien ingénieur, vient de prendre sa retraite. Il est marié à Sylvie (63 ans, également retraitée) et ils ont deux enfants adultes. Il a capitalisé 300 000 € dans son PER pendant 15 ans (versements déduits à TMI 41 %, plus-values ~80 000 €). Il détient aussi 180 000 € en assurance-vie (ouverte depuis 11 ans) et 150 000 € en SCPI en direct. Pension du foyer : 42 000 €/an (TMI 30 %). Comment sortir de manière optimale ?
Stratégie sortie Marc
- Sortie PER fractionnéesur 5 ans : 60 000 €/an au lieu de 300 000 € d'un coup → économie d'IR ≈ 15 000 € (évite la TMI 41 % au-delà de 85 740 €)
- Rachats AV avec abattement : 9 200 €/an de gains sans IR (couple marié). Puissant outil de complément de revenus
- SCPI en pleine propriété : 150 000 € × 4,91 % = 7 365 € de loyers bruts/an. Nets TMI 30 % = environ 3 890 €/an de revenus complémentaires stables
- Total revenus passifs : pension 42 000 € + rachats AV 9 200 € nets + sortie PER 60 000 € (net ~42 000 après IR et PS) + loyers SCPI 3 890 € = ~97 000 €/an pendant 5 ans
- Optimisation successorale: ne pas sortir l'AV, la conserver comme enveloppe à transmettre (abattement 152 500 € par enfant). Donation en nue-propriété des SCPI aux enfants avec réserve d'usufruit (réduction des droits de 30-50 % selon âge)
Cas 4 — Philippe, 55 ans, dirigeant en cession d'entreprise, TMI 45 %
Philippe dirige une PME industrielle (SAS) qu'il a fondée il y a 22 ans. Il s'apprête à la céder pour 2 000 000 € (plus-value 1 800 000 €) en 2026. Marié sous communauté réduite aux acquêts, 2 enfants majeurs. Revenus actuels : 150 000 €/an (salaire + dividendes). RFR foyer estimé à 600 000 € l'année de cession. Patrimoine immobilier (résidence principale + 2 LMNP) : 1 450 000 € — déjà assujetti IFI. Objectif : optimiser la cession, préparer la retraite à 62 ans, transmettre aux enfants.
C'est exactement le profil que nous voyons le plus souvent en cabinet — et le plus piégeux. Le PER seul ne couvre pas la cession, l'AV seule rate l'optimisation IS, la SCPI seule oublie la transmission. Il faut combiner les trois avec deux outils en plus : l'apport-cession (art. 150-0 B ter CGI) qui met la plus-value en sursis d'impôt, et la holding patrimoniale qui héberge la trésorerie post-cession en IS allégé.
Allocation Philippe — 18 mois avant cession
- Saturer le PER TNS sur les 2 dernières années de rémunération pré-cession : 88 911 €/an × 2 ans = 177 822 € de versements déductibles. Économie IR : 177 822 × 45 % = 80 020 €. Activation simultanée du report 5 ans (LF 2026) sur reliquats antérieurs si disponibles.
- Saturer l'abattement 990 Ivia AV (couple) : 2 × 152 500 € par enfant = 610 000 € d'abattement mobilisable sur AV existantes ou ouvertures complémentaires avant 70 ans. Verser 300 000 € en AV (fonds euros + UC prudentes) pour sécuriser la transmission.
Allocation Philippe — opération de cession (année N)
- Apport-cession 150-0 B terd'une partie des titres à une holding patrimoniale IS constituée en amont. Plus-value d'apport en sursis d'imposition. Obligation de réinvestir 70 % du produit de cession dans une activité éligible (PME opérationnelle, FCPR 90 %, ELTIF 2.0) dans un délai de 3 ans (nouveauté LF 2026 — délai porté de 2 à 3 ans) puis conservation 5 ans.
- Cession directe du solde (ex. 30 % des titres) : plus-value imposée au PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS depuis LFSS 2026). Pour une PV cession directe de 540 000 € : PFU = 169 560 €. Attention à l'abattement dirigeant 500 000 € art. 150-0 D ter CGI (prorogé jusqu'au 31/12/2031 par LF 2026) si Philippe part en retraite dans les 24 mois — peut neutraliser la PV sur la fraction cession directe.
- CDHR 20 % et CEHR 3-4 %: à anticiper car RFR 600 k€ l'année de cession (> 500 k€ couple). CDHR plancher 20 % sur RFR si TMI effectif inférieur.
Allocation Philippe — post-cession (années N+1 à N+5)
- Holding patrimoniale IS: remplit l'obligation de réinvestissement 70 % (1 400 000 € dans FCPR/FPCI 10 ans + 1 ETI via club deal) et conserve 30 % en trésorerie pour OBO, complément de rémunération, ou investissements futurs. Régime mère-fille art. 145/216 CGI sur dividendes remontant = IS effectif 1,25 %.
- Contrat de capitalisation souscrit par la holdingsur la trésorerie excédentaire (accessible aux holdings patrimoniales, charte FFA mars 2019). Permet le lissage fiscal IS (taxation forfaitaire sur 105 % TME × valeur nominale) et la capitalisation sans sortir du périmètre de l'apport-cession.
- SCPI à crédit en direct (ticket 300 000 € sur 15 ans, 4,5 % brut) : effet de levier, intérêts déductibles art. 31 CGI, complément de revenus futurs pour la retraite. Éviter SCPI européennes en holding IS (perte de l'avantage 0 % PS, et fiscalité étrangère neutralisée par l'IS).
- Projection 7 ans (cession à 55 → retraite 62) : patrimoine net total 3,2 à 3,8 M€ (holding + PER + AV + SCPI), économie cumulée IR/PS vs cession directe à 100 % : ~280 000 à 350 000 € selon rendement des FCPR réemployés.
Pièges à éviter pour Philippe
- Ne pas oublier l'exit taxart. 167 bis CGI si Philippe envisage de s'expatrier post-cession (PV latentes > 800 k€).
- Abus de droit fiscal (LPF L. 64) : le montage apport-cession doit avoir une substance économique réelle (CE, 8e-3e-9e-10e ch. réunies, 13/06/2018 n° 395495, Ronsin). Le réinvestissement doit être actif et documenté.
- Échéancier 3 ans rigoureux: tout défaut de réinvestissement à l'échéance = imposition rétroactive de la plus-value apportée + intérêts de retard (0,20 %/mois art. 1727 CGI).
- Sortie PER fractionnée après 62 ans (RVTO ou capital fractionné 5-10 ans) pour maintenir le RFR sous les seuils CEHR/CDHR.
Synthèse des 4 cas: à chaque âge et patrimoine sa stratégie. À 35 ans, le PER est un accélérateur modéré, l'AV est la priorité. À 50 ans, le PER devient central pour optimiser IR et IFI, couplé à la SCPI à crédit. À 55 ans en cession d'entreprise, l'orchestration PER + apport-cession + holding est le levier principal. À 65 ans, le PER se dénoue par fractions, l'AV sert de revenus et de transmission, les SCPI deviennent un complément régulier.
PER, assurance-vie et SCPI — quel arbitrage sur 15 à 30 ans ?
Point de bascule TMI, phase d'accumulation, orchestration cession d'entreprise, rachats retraite : un conseiller en architecture ouverte chiffre votre trajectoire et cale les curseurs dans le temps.
17. Quand faut-il NE PAS utiliser chacun de ces placements ?
Aucun article concurrent n'ose dresser la liste des anti-patterns. Pourtant, éviter un placement inadapté est aussi important que choisir le bon. Voici les cas où PER, AV ou SCPI font plus de mal que de bien — sans complaisance.
Quand NE PAS ouvrir un PER
7 situations où le PER est contre-indiqué
- TMI actuelle à 0 ou 11 %sans perspective de remontée significative : le gain fiscal à l'entrée est nul ou marginal (11 %), et le capital sera taxé au barème progressif à la sortie. Sauf cas du PER non déduit (art. 158, 5° a quater CGI) pour préparer une sortie fiscale douce.
- TMI identique entrée/sortie(ex. 30 % aujourd'hui, 30 % à la retraite) : la déduction devient un simple différé d'impôt sans gain net. L'AV reste plus performante net-net.
- Horizon court < 10 ans: les frais PER amortissent mal, et le blocage pénalise la flexibilité. Préférer l'AV comme socle liquide.
- Besoin de liquidité élevésur un horizon proche (achat immobilier hors RP, études enfants, démarrage d'entreprise < 5 ans) : le PER bloque sauf 6 cas légaux.
- Patrimoine essentiellement successoral et prévision d'un décès après 70 ans : le PER bascule intégralement au 757 B (abattement 30 500 € global), alors que l'AV conserve la ventilation 990 I/757 B par date de versement.
- Situation professionnelle instable(intermittence, reconversion, projet d'expatriation < 3 ans) : la déduction peut être optimisée plus tard. Mieux vaut attendre.
- Objectif 100 % transmission sans besoin de revenu retraite : AV + donation démembrée sont généralement plus efficaces.
Quand NE PAS ouvrir une assurance-vie (ou arrêter d'en ouvrir)
5 situations où l'AV est mal placée
- Horizon < 8 ans sans objectif transmission : le bénéfice fiscal (abattement 4 600/9 200 €) ne se déclenche qu'à 8 ans. Avant, la fiscalité AV est comparable à un CTO. Préférer Livret A, LDDS, ou placements à échéance courte.
- Multiplier les contrats AVchez plusieurs assureurs : l'abattement 150 000 € (PFL 7,5 %) est apprécié par ensemble des primes nettes toutes AV confondues. Ouvrir 3 AV n'ouvre pas 3 × 150 000 €. Mieux vaut consolider sur 1 ou 2 contrats de qualité.
- Ouvrir une AV uniquement pour succession si vous avez déjà un PER assurance et un seul bénéficiaire direct : l'abattement 152 500 € n'est pas cumulable entre AV et PER assurance sur un même bénéficiaire.
- Versements tardifs après 70 ans sans stratégie : seuls 30 500 € sont exonérés au 757 B. Les gains post- 70 ans restent exonérés, mais les primes entrent dans l'actif successoral classique. Ne verser après 70 ans que si vous avez déjà saturé les 30 500 € ET si vous avez calculé l'intérêt vs une donation directe.
- Loger des SCPI européennes en AV: vous perdez 1,2 à 1,5 point de rendement annuel (CJUE de Ruyter neutralisée, crédit d'impôt absorbé par l'assureur). À éviter sauf produit Corum Life spécifique.
Quand NE PAS investir en SCPI
6 situations où la SCPI n'est pas le bon choix
- Horizon < 10 ans: les frais d'entrée (8-12 %) ne s'amortissent que sur 8-12 ans minimum. Revente avant = perte quasi-certaine.
- TMI élevée (41-45 %) + détention en direct française: l'imposition effective atteint 58-62 % (TMI + PS 17,2 %), laminant le rendement net. Préférer SCPI européennes en direct (0 % PS) ou SCPI françaises en AV après 8 ans.
- Crédit sans marge : si le taux du crédit SCPI (3,8-4,2 % en 2026) est proche ou supérieur au rendement net attendu, le levier se retourne négativement. Critère : marge minimum 0,5-1 point.
- Capacité d'endettement saturée: taux d'effort déjà à 33 %, pas de marge pour emprunter en SCPI. Forcer le crédit = fragiliser l'équilibre global.
- Nue-propriété à crédit: les intérêts d'emprunt du nu-propriétaire ne sont pas déductibles (CE 24/02/2017 n° 395983). Le levier ne fonctionne pas.
- SCPI européennes logées en enveloppe française (AV, PER) : perte de l'avantage 0 % PS. À conserver en direct.
Concrètement, un bon CGP sait autant dire « pas maintenant, pas ce placement, pas à ce prix » que « oui ». Si un conseiller ne vous présente que des avantages, méfiez-vous. La qualité d'une stratégie patrimoniale se mesure aussi à la capacité à refuser une opération inadaptée.
18. Zones grises et points à surveiller en 2026-2027
Aucun guide sérieux ne devrait prétendre à la certitude absolue sur tous les points. La fiscalité est un droit vivant, et certaines questions restent aujourd'hui non tranchéespar la Cour de cassation, le Conseil d'État ou la doctrine administrative. Voici les 5 zones de vigilance que nous identifions, à suivre attentivement.
1. Clause bénéficiaire du PER assurance : quelle position prévaudra ?
Le régime successoral du PER assurance (art. 990 I et 757 B CGI) est, à ce jour, appliqué par analogie avec celui de l'AV, sur la base de l'Ord. n° 2019- 766 du 24/07/2019 et de la doctrine BOFiP BOI-ENR-DMTG-10- 10-20-20. La Cour de cassation n'a pas encore rendu d'arrêt explicite d'assimilation de la clause bénéficiaire PER à celle de l'AV (substitution, acceptation, démembrement, etc.). Recommandation prudente: rédiger des clauses bénéficiaires PER en reprenant à l'identique la formulation des clauses AV les plus éprouvées, et revoir la clause après chaque arrêt significatif jusqu'à stabilisation.
2. Extension 3 → 5 ans du report PER : modalités fines de calcul
La LF 2026 a étendu le report des plafonds PER non utilisés de 3 à 5 ans (art. 163 quatervicies CGI). Nous savons que l'extension n'est pas rétroactive(reliquats 2023/2024/2025 restent péremptoires à 3 ans), mais la DGFiP n'a pas encore publié de BOFiP détaillant les cas particuliers : transfert de PER avec report en cours, décès en cours de report, changement de statut salarié → TNS, expatriation temporaire. Recommandation : documenter méticuleusement chaque année utilisée ou reportée, conserver les déclarations 2042 section 6 des 5 dernières années.
3. Rachat partiel PER après la liquidation : régime fiscal des versements ultérieurs
Une question rarement traitée : après avoir liquidé partiellement un PER, peut-on continuer à verser et déduire ? Le droit le permet techniquement (le contrat reste ouvert), mais la DGFiP a une position nuancée sur la qualification des versements post-liquidation partielle (nouveau compartiment ou alimentation de l'existant ?). La LF 2026 interdit par ailleurs les versements déductibles après 70 ans. Recommandation : consulter le CGP et/ou un avocat fiscaliste avant toute opération de rachat partiel suivi de nouveaux versements sur le même contrat.
4. UC immobilières en PER bancaire : qualification IFI évolutive
Le BOI-PAT-IFI-20-30-20 (MAJ 05/06/2024) clarifie le traitement IFI des UC immobilières en AV et PER assurance, mais reste silencieux sur les supports immobiliers accessibles via un PER bancaire (compte-titres PER). La doctrine laisse entendre que les SCPI cotées, les OPCI et les foncières détenues via PER bancaire sont imposables à l'IFIpour leur fraction immobilière, sans bénéficier de l'exonération art. 972 CGI réservée aux contrats d'assurance non rachetables. Un rescrit DGFiP ou une décision CE serait bienvenu pour fixer définitivement la position.
5. Abattement dirigeant 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI) et apport-cession combinés
La LF 2026 proroge l'abattement dirigeant de 500 000 € jusqu'au 31/12/2031. Son articulation avec un apport-cession 150-0 B ter reste techniquement complexe: la fraction des titres cédée directement peut bénéficier de l'abattement (sous conditions de retraite 24 mois), tandis que la fraction apportée à holding en sursis d'imposition ne l'utilise pas immédiatement. La jurisprudence récente (CE 12/02/2020 n° 421444, CE 13/06/2018 n° 395495 Ronsin, CE 16/02/2024 n° 472835) oriente vers une approche substantielle, mais chaque schéma doit faire l'objet d'une analyse personnalisée — idéalement sécurisée par un rescrit préalable (art. L. 80 B LPF).
Pour conclure cette section de vigilance: l'immense majorité des règles présentées dans ce guide sont stabilisées et juridiquement sûres. Les 5 zones grises ci-dessus concernent des cas de niche ou des évolutions doctrinales attendues. Nous mettons à jour ce guide au fil des publications officielles — la date de dernière mise à jour figure dans l'en-tête et dans la conclusion.
19. Impacts indirects à anticiper : aides sociales, emprunt, divorce
Les décisions PER, AV, SCPI ne se résument pas à la fiscalité directe. Elles affectent aussi des pans parallèles de votre vie patrimoniale — trop rarement traités. Voici 3 angles qui peuvent peser lourd dans la décision finale.
Impact du PER sur le RFR et les aides sociales
La déduction PER (art. 163 quatervicies CGI) réduit votre revenu imposable, et donc indirectement votre revenu fiscal de référence (RFR). Or le RFR est la clé d'entrée d'une trentaine d'aides et dispositifs. Conséquence : un PER peut débloquer des aides sociales que vous ne touchiez pas.
| Dispositif | Seuil RFR indicatif 2026 | Impact d'un versement PER 10 000 € |
|---|---|---|
| Bourses sur critères sociaux (CROUS) | Plafond variable selon nb d'enfants (~33 k€ pour 1 enfant, étudiant à charge) | Peut faire basculer un étudiant d'échelon 0 à échelon 1-3 → bourse 1 500-5 000 €/an |
| Prime d'activité | Dépend des revenus mensuels, pas du RFR directement — mais PER via abattement peut jouer si salaire imposé retenu | Impact limité pour salariés, plus marqué pour TNS (base imposable réduite) |
| APL / allocation logement | Seuils ressources CAF annuels | Versement PER dans la limite du plafond peut augmenter l'APL de 10-50 €/mois |
| Exonération taxe d'habitation résidences secondaires (zones tendues) | RFR < seuil défini par commune | Versement PER peut préserver l'exonération dans les communes concernées |
| Réduction / exonération redevance audiovisuelle (si rétablie) | RFR < ~11 900 € célibataire | Versement PER peut maintenir l'exonération |
| Prestation de compensation du handicap (PCH) | Ressources annuelles < plafond | PER peut faire basculer sous le seuil |
Cas concret — Sophie, cadre 45 ans, 2 enfants dont 1 étudiant
Revenus imposables foyer : 45 000 €. RFR foyer avant PER : 42 500 €. Étudiant à charge (fille 19 ans, en fac à Paris). Sans PER, fille à échelon 0 (ressources juste au-dessus du plafond échelon 1).
Versement PER 6 000 € (10 % des revenus net, TMI 30 %). Économie IR directe : 1 800 €. RFR foyer après PER : 36 500 €. La fille bascule échelon 1 → bourse CROUS 1 800 €/an.
Gain cumulé annuel : 1 800 € (IR) + 1 800 € (bourse) = 3 600 € pour un versement PER de 6 000 €. Taux de retour effectif : 60 % la première année.
Attention : AV et SCPI sont neutres sur le RFR à la souscription
L'AV et la SCPI ne procurent aucune baisse de RFRà la souscription (pas de déduction). En revanche, les revenus qu'elles génèrent (loyers SCPI directs, rachats AV imposables, dividendes) augmentent le RFR et peuvent faire perdre des aides. Point d'attention pour les retraités à TMI basse : enchaîner des rachats AV importants peut coûter une bourse pour les petits-enfants ou une exonération fiscale locale.
Impact du PER, de l'AV et des SCPI sur la capacité d'emprunt
C'est une limite pratique méconnue. Les banques traditionnelles n'intègrent pas tous les actifs patrimoniaux de la même manière dans l'évaluation d'un dossier de crédit immobilier.
| Actif | Prise en compte par la banque | Impact sur capacité d'emprunt |
|---|---|---|
| PER (phase d'épargne) | Exclu de l'actif liquide (contrat bloqué). Parfois mentionné dans le patrimoine global. | Aucun impact direct sur l'apport. Peut même pénaliser le taux d'effort si versements mensuels importants. |
| PER après liquidation | Actif liquide, pris en compte. | Soutient l'apport ou la sécurité post-crédit. |
| Assurance-vie | Actif liquide (rachat possible). Intégrée à l'apport potentiel. | Fort impact positif : l'AV peut servir d'apport ou de nantissement (crédit lombard). |
| SCPI en direct | Actif immobilier. Pris en compte au bilan mais pas comme liquidité immédiate. | Neutre à légèrement négatif (délai revente 1-6 mois). Peut être nantie. |
| Fonds euros AV | Considéré comme quasi-liquide. | Positif pour l'apport et la réserve de sécurité. |
Le piège du PER pour un primo-accédant
Un jeune cadre qui surcharge son PERpour économiser de l'IR peut se retrouver bloqué face à un projet d'achat immobilier : 50 000 € sur PER = 0 € d'apport vu par la banque. Le déblocage anticipé PER pour RP (art. L. 224-4 6° CMF) existe mais la fiscalité en sortie (capital au barème IR, gains au PFU 31,4 %) peut éroder le capital de 20-40 %.
Recommandation : conserver une AV de 20 000-50 000 € en fonds euros comme apport mobilisableavant de charger le PER. C'est aussi simple que ça, et c'est la différence entre un dossier de crédit accepté et refusé.
Fiscalité et partage en cas de divorce ou de séparation
Sujet délicat et trop souvent ignoré. Les 3 enveloppes ne se comportent pas de la même façon dans le cadre d'un divorce — selon le régime matrimonial et la date des versements.
| Régime matrimonial | PER | AV | SCPI |
|---|---|---|---|
| Communauté réduite aux acquêts (régime légal) | Compte personnel du titulaire, mais la valeur de rachat entre dans l'actif communautaire (art. 1401 C. civ.). Compensation au conjoint non-titulaire. | Principe du caractère propre fragilisé : la valeur de rachat peut être intégrée à la communauté sauf clause bénéficiaire démembrée spécifique. | Si acquise pendant le mariage avec fonds communs : bien commun à partager 50/50 (ou à attribuer avec soulte). |
| Séparation de biens | Reste strictement personnel au titulaire (aucun partage). | Reste strictement personnel au souscripteur. | Reste strictement personnelle à l'acquéreur. |
| Participation aux acquêts | Valeur de rachat intégrée à la créance de participation au divorce (art. 1569 C. civ.). | Idem : intégrée à la créance de participation. | Intégrée à la créance de participation (plus-value partagée). |
| PACS (régime séparation par défaut) | Reste personnel, sauf indivision déclarée. | Reste personnel. | Reste personnelle. |
4 pièges divorce à connaître
- Clause bénéficiaire AV pointée sur le conjoint : le divorce ne l'annule pas automatiquement. Il faut modifier explicitement la clause auprès de l'assureur, sinon l'ex-conjoint reste bénéficiaire (même après remariage).
- PER en cours alimenté par les deux époux: versements effectués par un conjoint sur le PER de l'autre peuvent être requalifiés en donation indirecte en cas de divorce conflictuel.
- SCPI acquise à crédit pendant le mariage: crédit et parts à répartir. En cas de déséquilibre, soulte fiscale (droit d'enregistrement 1,10 % à 5,80 % selon partage).
- AV avec clause démembrée entre époux : le démembrement peut être contesté en cas de prestation compensatoire. Prévoir avec un notaire la formulation précise.
Conseil pratique. En cas de divorce en cours ou envisagé, gel des versementssur les contrats mixtes, consultation rapide d'un notaire ou d'un avocat en droit de la famille, et inventaire détaillé des enveloppes patrimoniales(date d'ouverture, versements par conjoint, clause bénéficiaire) avant toute audience.
20. Les 15 questions à poser à votre CGP avant de souscrire
Un bon conseiller en gestion de patrimoine doit pouvoir répondre clairement à ces 15 questions. Si votre interlocuteur élude, minimise ou ne connaît pas la réponse à plus de 2 ou 3 d'entre elles, changez de CGP. La transparence est la fondation d'une relation patrimoniale durable.
Sur le conseiller et son statut (questions 1-5)
Vérifier la légitimité et l'indépendance du CGP
- « Êtes-vous enregistré à l'ORIAS ? Pouvez-vous me donner votre numéro ? »Vérification libre sur orias.fr. Obligatoire pour tout CGP proposant PER, AV ou SCPI. Absence d'ORIAS = exercice illégal.
- « Quels statuts détenez-vous : CIF, COA, COBSP, Carte T, CJA ? » CIF (Conseil en Investissements Financiers) pour recommander SCPI, titres, actions. COA (Courtier en assurance) pour PER et AV. COBSP (banque) pour crédits. CJA (Compétence Juridique Appropriée) pour conseils fiscaux. Un CGP « complet » a au minimum CIF + COA.
- « Êtes-vous indépendant ou lié à un réseau ? »Un CGP indépendant (CGPI) choisit parmi toute l'offre du marché. Un CGP lié à une banque ou un réseau restreint son catalogue aux produits maison. Ce n'est pas illégitime, mais doit être transparent.
- « Comment êtes-vous rémunéré ? » 3 modèles : honoraires (payés par le client), rétrocessions (commissions versées par les fournisseurs de produits), mixte. Demander le pourcentage exact de rétrocession sur chaque produit proposé. Un CGP transparent répond sans hésiter.
- « Êtes-vous membre d'une association professionnelle (CNCEF Patrimoine, CNCEF Patrimoine, CIF-CGPC) ? »Adhésion obligatoire pour les CIF. L'association assure la formation continue et le contrôle déontologique.
Sur la stratégie proposée (questions 6-10)
S'assurer que la recommandation est personnalisée, pas commerciale
- « Avez-vous calculé mon point de bascule TMI avant de recommander un PER ? »Si la réponse est « non, le PER est toujours intéressant », fuyez. La formule du point de bascule (section 11) est la fondation de l'arbitrage PER vs AV.
- « Pourquoi PAS un PER dans mon cas ? »Tester la capacité du CGP à argumenter l'inverse de la recommandation. S'il est incapable de citer les cas où le PER est contre-indiqué (section 17), il ne maîtrise pas le sujet.
- « Sur la durée, combien vais-je payer exactement ? » Demander une simulation chiffrée sur 15-20 ans : frais d'entrée + frais annuels + frais d'arbitrage + frais de sortie. Le CGP doit fournir un document prospectif détaillé.
- « Quelles sont les alternatives que vous avez écartées ? »Un bon CGP compare PER, AV, SCPI, PEA, et pourquoi il recommande tel mix. S'il ne cite qu'un seul produit, il fait de la vente, pas du conseil.
- « Que se passe-t-il si ma situation change (chômage, divorce, expatriation, décès) ? »Vérifier que le CGP a anticipé les cas de vie (section 19). Refuser une recommandation « rigide » qui suppose une trajectoire linéaire.
Sur les produits spécifiques (questions 11-15)
Comprendre en détail ce que vous allez signer
- « Ce PER est-il bancaire ou assurance ? »Différence majeure en succession (section 13). Le CGP doit expliquer spontanément la différence sans que vous ayez à poser la question.
- « Comment est rédigée la clause bénéficiaire de mon AV / PER, et pourquoi ? »La clause est personnalisable (usufruit/nue-propriété, clauses à options, bénéficiaires successifs). Un CGP qui laisse la clause standard type « mon conjoint, à défaut mes enfants » n'optimise pas la transmission.
- « Les SCPI que vous recommandez sont-elles européennes ou françaises, et pourquoi ? » Les SCPI européennes offrent 0 % PS en direct mais perdent cet avantage en AV/PER (section 12). Le CGP doit justifier son choix selon votre TMI et votre horizon.
- « Quel est le plafond de déduction PER que j'utilise vraiment, et quel est mon plafond disponible ? »Le CGP doit avoir accès à votre avis d'imposition et calculer le plafond exact. Ne pas se contenter de « 10 % de vos revenus ».
- « Quand me reverrez-vous pour ajuster ma stratégie ? » Un CGP de qualité propose un bilan annuelgratuit inclus dans la relation. S'il ne propose pas de rendez-vous de suivi, il fait du one-shot commercial.
Bonus: demandez un exemple anonymisé de recommandation qu'il a construit pour un profil similaire au vôtre. Un bon CGP a des cas clients à partager (anonymisés bien sûr), et sait expliquer comment il a raisonné. C'est le meilleur filtre.
Tester vos 15 questions de diagnostic avec un conseiller
Notre processus de diagnostic en premier rendez-vous couvre les 15 questions du guide. Un conseiller en architecture ouverte y répond avec transparence, et vous repartez avec des éléments actionnables.
En résumé : 10 règles d'or pour arbitrer PER vs AV vs SCPI
La question n'est pas « lequel choisir », mais « comment les combiner intelligemment ». Voici les principes que nous appliquons en cabinet.
Les 10 règles d'or Hagnéré Patrimoine
- Calculer le point de bascule TMI avant toute ouverture de PER (seuil approximatif : TMI entrée × 0,84 = TMI sortie critique)
- Saturer l'AV 8 ans: c'est le seul actif avec fiscalité dégressive — socle patrimonial indispensable à tout âge
- Activer le levier SCPI à créditdès TMI 30 % et horizon > 15 ans (déduction intérêts art. 31 CGI)
- Privilégier PER assurance sur PER bancaire pour tout patrimoine avec enjeu successoral (abattement 152 500 €)
- SCPI européennes en direct uniquement (l'AV et le PER font perdre 1,2 à 1,5 point de rendement annuel — CJUE de Ruyter + absorption crédit d'impôt)
- IFI-sensible → PER assurancepour loger les actifs immobiliers hors assiette pendant la phase d'épargne (art. 972 CGI, BOI-PAT-IFI-20-30-20)
- Fractionner la sortie PER sur 5-10 ans à la retraite (lisser TMI, éviter CEHR et CDHR sur RFR élevé)
- Transfert PER : patienter 5 ans pour éviter les 1 % de frais (art. D. 224-18 CMF) — économie de 1 000 à 2 000 € sur un PER moyen
- Double démembrementclause bénéficiaire AV (usufruit conjoint / nue-propriété enfants) + SCPI en nue-propriété pour patrimoines > 500 k€ : économie de droits 60-120 k€ sur une transmission type
- Vérifier la date du pivot 70 ans : PER = âge au décès du titulaire, AV = âge à chaque versement. Différence majeure souvent ignorée (Ord. 2019-766, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20)
Les performances passées ne garantissent pas l'avenir, et les règles fiscales évoluent. Ce guide reflète l'état du droit au 21 avril 2026. Pour une stratégie personnalisée, consultez un conseiller en gestion de patrimoine enregistré ORIAS.
Glossaire — 30 sigles et termes clés
Tous les sigles utilisés dans ce guide, définis une fois pour toutes. Classés par ordre alphabétique.
- ARD
- — Amortissements Réputés Différés : amortissements non déduits mis en réserve pour gommer les bénéfices futurs (applicable LMNP, pas PER).
- ASPIM
- — Association française des Sociétés de Placement Immobilier. Publie le taux de distribution SCPI (4,91 % en 2025).
- AV
- — Assurance-vie (contrat Code des assurances art. L. 132-1 à L. 132-26).
- AVL
- — Assurance-vie luxembourgeoise (triangle de sécurité, multi-devises, ticket 250 k€+).
- BOFiP
- — Bulletin Officiel des Finances Publiques (doctrine administrative DGFiP).
- CDHR
- — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (art. 224 CGI, LF 2025 reconduite 2026, plancher 20 % sur RFR > 250 k€/500 k€).
- CEHR
- — Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (art. 223 sexies CGI, 3 % entre 250-500 k€ puis 4 %).
- CGI
- — Code Général des Impôts.
- CGP
- — Conseiller en Gestion de Patrimoine.
- CIF
- — Conseil en Investissements Financiers (statut réglementé ORIAS/AMF).
- CMF
- — Code Monétaire et Financier.
- COA
- — Courtier en Opérations d'Assurance (statut ORIAS).
- COBSP
- — Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (statut ORIAS).
- CSS
- — Code de la Sécurité Sociale.
- ETF
- — Exchange-Traded Fund (fonds indiciel coté en Bourse).
- FAS
- — Fonds d'Assurance Spécialisé (AVL, gestion déléguée à un gérant).
- FID
- — Fonds Interne Dédié (AVL, gestion personnalisée 250 k€+).
- IFI
- — Impôt sur la Fortune Immobilière (seuil 1,3 M€, art. 964 à 983 CGI).
- MSCI
- — Morgan Stanley Capital International. Indice de référence actions mondiales (MSCI World).
- NP
- — Nue-propriété (barème art. 669 CGI : 50 % à 55 ans, 40 % à 65 ans, 30 % à 75 ans).
- ORIAS
- — Organisme pour le Registre des Intermédiaires en Assurance. Immatriculation obligatoire des CGP.
- PACTE
- — Plan d'Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (loi du 22 mai 2019, création du PER).
- PASS
- — Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (48 060 € en 2026, 47 100 € en 2025).
- PEA
- — Plan d'Épargne en Actions (plafond 150 k€, exonération IR après 5 ans + PS 17,2 %).
- PER
- — Plan d'Épargne Retraite (loi PACTE 2019, art. L. 224-1 à L. 224-40 CMF).
- PERCO / PERECO
- — Plan d'Épargne Retraite Collectif (ancien PERCO, nouveau PERECO depuis loi PACTE).
- PERP
- — Plan d'Épargne Retraite Populaire (ancien produit, transférable vers PER).
- PFL
- — Prélèvement Forfaitaire Libératoire (7,5 % AV après 8 ans sous 150 k€ de primes nettes).
- PFU
- — Prélèvement Forfaitaire Unique (31,4 % = 12,8 % IR + 18,6 % PS depuis LFSS 2026).
- PS
- — Prélèvements Sociaux (17,2 % AV, revenus fonciers, plus-values immobilières, PEL/CEL pré-2018 ; 18,6 % capital mobilier dont PEA et PER depuis LFSS 2026, art. 12 loi 2025-1403).
- RFR
- — Revenu Fiscal de Référence (base de calcul CEHR et CDHR).
- RP
- — Résidence Principale (cas de déblocage anticipé PER, art. L. 224-4 6° CMF).
- RVTG / RVTO
- — Rente Viagère à Titre Gratuit (art. 158-5 CGI, abattement 10 %) / à Titre Onéreux (art. 158-6 CGI, fraction 30-70 % selon âge).
- SCPI
- — Société Civile de Placement Immobilier (art. L. 214-86 à L. 214-125 CMF).
- TMI
- — Taux Marginal d'Imposition (0, 11, 30, 41, 45 % en 2026).
- TNS
- — Travailleur Non Salarié (indépendant, profession libérale, dirigeant TNS SARL/EURL). Plafond PER renforcé art. 154 bis CGI.
- UC
- — Unités de Compte (supports AV/PER non garantis : actions, obligations, SCPI, OPCI, private equity).
Sources officielles
- Code monétaire et financier, art. L. 224-1 à L. 224-40 (régime PER, loi PACTE 22 mai 2019)
- Code monétaire et financier, art. L. 224-4 (déblocage anticipé PER)
- Code monétaire et financier, art. D. 224-18 (frais de transfert PER plafonnés à 1 % avant 5 ans)
- Code général des impôts, art. 163 quatervicies (plafond PER, report 5 ans LF 2026 non rétroactif)
- Code général des impôts, art. 154 bis (déduction PER TNS)
- Code général des impôts, art. 125-0 A (fiscalité AV, abattement 4 600 / 9 200 €)
- Code général des impôts, art. 990 I (succession AV et PER assurance avant 70 ans)
- Code général des impôts, art. 757 B (AV et PER après 70 ans)
- Code général des impôts, art. 200 A (PFU 31,4 %)
- Code général des impôts, art. 223 sexies (CEHR) et 224 (CDHR créée LF 2025)
- Code général des impôts, art. 972 (exonération IFI PER assurance phase d'épargne)
- Code général des impôts, art. 972 bis (SCPI et IFI)
- Code général des impôts, art. 15, 31, 150 U (revenus fonciers SCPI)
- Code général des impôts, art. 669 (barème usufruit / nue-propriété)
- Code général des impôts, art. 796-0 bis (exonération conjoint survivant)
- Code de la sécurité sociale, art. L. 136-8 IV (maintien PS 17,2 % AV/fonciers/PEL/PV immo après LFSS 2026 — PEA basculé à 18,6 %)
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026, PS mobilier à 18,6 %)
- Arrêté du 22 décembre 2025 JORFTEXT000053143451 (PASS 2026 = 48 060 €)
- BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 (fiscalité produits AV)
- BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (régime 990 I / 757 B, MAJ 30/03/2023)
- BOI-PAT-IFI-20-30-20 (UC immobilières AV/PER dans IFI, MAJ 05/06/2024)
- BOI-INT-CVB (conventions fiscales bilatérales par pays — SCPI européennes)
- ASPIM — taux de distribution SCPI 2025 : 4,91 % ; capitalisation 89,09 Md€
- France Assureurs — encours AV 2 107 Md€ ; PER assurantiel 111,9 Md€ (2025)
- Cass. ch. mixte, 21 décembre 2007, n° 06-12.769 (AV ≠ donation indirecte)
- Cons. const., 3 octobre 2017, n° 2017-658 QPC (validité art. 757 B CGI)
- CJUE, 26 février 2015, de Ruyter, C-623/13 + CE 27/07/2015 n° 334551 (0 % PS SCPI européennes)
- CE, 24 février 2017, n° 395983 (non-déductibilité intérêts en nue-propriété SCPI/SCI)
- Cass. 1re civ., 2 mai 2024, n° 22-14.829 (primes AV : appréciation prime par prime, patrimoine global)
- Cass. 2e civ., 19 décembre 2024, n° 23-19.110 (primes AV et réserve héréditaire)
- Cass. 2e civ., 3 avril 2025, n° 23-13.803 (substitution bénéficiaire AV par testament)
- Rép. min. Ciot, n° 78192, JO AN 23 février 2016 (abandon doctrine Bacquet)
- Ord. n° 2019-766 du 24 juillet 2019 (transposition 757 B / 990 I au PER assurance)
Disclaimer. Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue ni un conseil en gestion de patrimoine, ni une recommandation personnalisée. La fiscalité évolue. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un conseiller en gestion de patrimoine enregistré ORIAS.
Annexes méthodologiques — d'où viennent nos chiffres ?
Pour que vous puissiez auditer chaque affirmation, voici les méthodes de calcul des principaux indicateurs cités. Aucun guide concurrent ne publie cette transparence.
Taux de distribution SCPI 4,91 % (ASPIM 2025)
Le TDVM (Taux de Distribution sur Valeur de Marché)est calculé par l'ASPIM comme le rapport entre le dividende brut versé par part sur l'année civile et le prix de souscription moyen de la part sur cette même année. Depuis 2022, l'ASPIM a harmonisé le calcul pour toutes les SCPI (cf. méthodologie ASPIM 2022). La moyenne 4,91 % pour 2025 est une moyenne pondérée par la capitalisation des 232 SCPI recensées (89,09 Md€ total). Ne pas confondre avec le TRI (taux de rendement interne) qui intègre la variation du prix de part et la fiscalité sur plusieurs années.
Rendement moyen fonds euros 2,6 % (France Assureurs)
Le chiffre 2,6 % pour 2025 est une moyenne pondérée par les encoursde l'ensemble des fonds euros français, net de frais de gestion mais brut de PS et d'IR. Source : baromètre annuel France Assureurs publié en janvier 2026. Attention : les meilleurs fonds euros 2025 (AFER Premium, Placement-direct 7 %, Lucya Cardif) affichent 3,0-3,5 %, très au-dessus de la moyenne. La dispersion des rendements fonds euros est de plus en plus forte — choisir son contrat devient stratégique.
PASS 2026 = 48 060 € (arrêté 22 décembre 2025)
Le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale est revalorisé chaque année selon l'évolution des salaires moyens. La valeur officielle 48 060 € est fixée par l'arrêté du 22/12/2025 (JORFTEXT000053143451), soit +2 % vs PASS 2025 (47 100 €). Attention au décalage : le plafond PER applicable aux versements 2026utilise le PASS N-1 (= PASS 2025, soit 47 100 €) pour le calcul salarié. Seul le plafond TNS utilise le PASS N. D'où la différence entre 37 680 € (plafond salarié) et 88 911 € (plafond TNS) dans ce guide.
Formule du point de bascule TMI × 0,843
Cette formule simplifiée part de l'hypothèse suivante : sur le capital final d'un PER, environ 50 % correspond aux versements déduits (imposés au barème IR) et 50 % aux gains capitalisés (imposés au PFU 31,4 %). Le coût fiscal moyen de sortie est donc TMI_sortie × 50 % + 31,4 % × 50 % ≈ TMI_sortie × 50 % + 15,7 %. La formule complète s'écrit : PER gagne si (1 − TMI_entrée) × (1 − 0,50 × TMI_sortie − 0,157) > (1 − TMI_entrée × 0) × (1 − cout_fiscal_AV). Pour une AV post-8 ans à faible imposition, le seuil simplifié donne TMI_sortie < TMI_entrée × 0,843. La vraie réalité dépend de la part gains/capital réelle (plus d'années de capitalisation = plus de gains = seuil plus strict), des frais comparés et de l'abattement AV 8 ans.
Rendement net SCPI et SCPI européenne (TMI 41 %)
SCPI française à 4,91 % brut, TMI 41 % : imposition totale = 41 % + 17,2 % PS = 58,2 %. Rendement net = 4,91 × (1 − 0,582) = 2,05 %. SCPI européenneà 5,5 % brut : la fraction étrangère (supposée 100 % ici pour simplification) bénéficie de la méthode d'exemption avec progressivité ou du crédit d'impôt selon convention. Imposition effective estimée 25-30 % (progressivité française + 0 % PS). Rendement net = 5,5 × (1 − 0,25) ≈ 4,1 %. Écart direct vs AV (17,2 % PS réappliqués + absorption crédit d'impôt par l'assureur) : environ 1,2-1,5 point/an.
Chiffres encours 2025 (France Assureurs, ASPIM)
Assurance-vie 2 107 Md€: chiffre France Assureurs, communiqué de presse janvier 2026, incluant l'ensemble des contrats (fonds euros + UC). Croissance +6,1 % vs 2024, dont +4,3 % de collecte nette et ~1,8 % de revalorisation. PER assurantiel 111,9 Md€ : chiffre France Assureurs, PER bancaire non inclus (non publié officiellement). SCPI 89,09 Md€ : chiffre ASPIM, capitalisation totale de marché, incluant SCPI en direct et SCPI en UC. Ne pas confondre avec la collecte nette annuelle (4,6 Md€ en 2025).
Abattement 152 500 € par bénéficiaire : précisions de calcul
L'abattement de 152 500 € (art. 990 I CGI) s'applique par bénéficiaire et par assuré décédé, sur l'ensemble des contrats AV + PER assurance reçus de ce même assuré. Au-delà : taux 20 % jusqu'à 700 000 € par bénéficiaire (après abattement, soit capital de 852 500 € maximum), puis 31,25 % au-delà. Les gains générés après70 ans (pour les primes versées avant 70 ans) sont totalement exonérés. Les PS sont prélevés au fil de l'eau sur les gains du fonds euros (et non au décès) — ce qui réduit le capital transmis par rapport au montant brut des primes.
Transparence : toutes les méthodologies ci-dessus sont publiques et auditables auprès des sources citées. Si vous identifiez une erreur ou une imprécision, merci de nous contacter à contact@hagnere-patrimoine.fr — nous mettrons à jour le guide dans les 72 h ouvrées.

