Mis à jour le 13 juillet 2026 · Conforme au Code monétaire et financier (art. L. 214-86 et suivants), au Règlement général de l'AMF (art. 422-229 et suivants), à la directive AIFM 2 (dir. (UE) 2024/927, applicable le 16/04/2026) et aux statistiques ASPIM de l'année 2025 et du 1er trimestre 2026. Chiffres à vérifier à la source avant toute décision.
L'essentiel en 30 secondes
- La liquidité d'une SCPI n'est jamais garantie: la revente peut prendre plusieurs mois, et le prix n'est pas figé (guide AMF).
- Le problème est réel mais concentré : fin 2025, environ 2,8 Md€ de parts étaient en attente, soit ≈ 3,1 % du marché, dont près des trois quarts sur une quinzaine de SCPI surtout exposées aux bureaux (source ASPIM).
- On ne le supprime pas, on le prévient par trois leviers : le véhicule(collecte régulière + diversification), l'enveloppe (assurance-vie vs direct) et l'horizon (8-10 ans, avec une épargne de précaution ailleurs).
- Aucune SCPI ni société de gestion n'est nommée ici. Perte en capital possible, revenus et valeur de part non garantis, performances passées non prédictives.
La liquidité d'une SCPI n'est jamais garantie (et pourquoi ce n'est pas une fatalité)
Une phrase d'abord, celle qu'on devrait vous dire dès le premier rendez-vous et qu'on oublie souvent de dire : la liquidité d'une SCPI n'est jamais garantie. Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est un placement collectif immobilier de long terme, non coté en bourse. Vous détenez des parts, vous percevez des revenus (des dividendes issus des loyers) et, éventuellement, une plus-value à la revente. Le guide de l'AMF S'informer sur les SCPIest sans ambiguïté : ni le prix des parts, ni les revenus, ni la liquidité ne sont garantis, et l'horizon recommandé est d'au moins 8 ans. Si un vendeur vous promet une liquidité immédiate, fuyez.
Deux régimes coexistent, et ils ne se revendent pas de la même façon. En capital variable(la grande majorité du marché), vous sortez à la valeur de retrait tant que la collecte nouvelle compense les demandes de retrait ; sinon, une file d'attente se forme. En capital fixe, il n'y a pas de retrait à prix administré : la sortie passe par un marché secondaire où les ordres sont confrontés, sans acheteur garanti et avec une décote possible. Nous ne détaillons pas ces mécanismes ici — ils sont traités en détail dans notre guide des mécanismes de liquidité d'une SCPI, dans notre comparatif capital variable / capital fixe et dans le guide sur la valeur de retrait.
De quoi paniquer ? Regardez d'abord l'ampleur réelle du phénomène avant de vendre quoi que ce soit. Selon l'ASPIM, fin 2025, les parts en attente de retrait représentaient environ 2,8 milliards d'euros, soit de l'ordre de 3,1 %d'une capitalisation d'environ 89 milliards. Surtout, ce stock était concentré sur une quinzaine de SCPI gérées par sept sociétés de gestion, principalement exposées aux bureaux — elles concentraient à elles seules près des trois quarts des demandes en attente. Au 1ertrimestre 2026, le stock est revenu autour de 2,4 milliards d'euros (environ −14 % sur le trimestre), la collecte nette 2025 ayant progressé d'environ 29 %.
Note de méthode : pourquoi aucune SCPI n'est nommée
Par déontologie — et pour éviter tout risque de diffamation — nous décrivons des mécanismes et des phénomènes de marché génériques(« certaines SCPI », « des fonds exposés aux bureaux »), jamais un nom de fonds ou de société de gestion associé à un jugement. Les faits chiffrés cités sont agrégés et sourcés (ASPIM, année 2025 et 1er trimestre 2026 ; guide AMF), jamais rattachés à une SCPI nommée. Pour analyser un fonds précis, appuyez-vous sur son bulletin trimestriel, son rapport annuel et le registre REGAFI.
Retenez les deux faces du même constat : le problème de liquidité est réel, mais il touche une minorité de véhicules bien identifiables. Autrement dit, il est largement évitable par la sélection— sans jamais tomber à zéro pour autant. La prévention se joue sur trois leviers que nous allons dérouler : le choix du véhicule, l'enveloppe de détention et l'horizon.
À retenir avant tout le reste
Ni le prix, ni les revenus, ni la liquidité d'une SCPI ne sont garantis (guide AMF). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Bien préparé, vous passez d'un risque de blocage élevé à un risque faible — mais jamais nul. Pour le panorama complet des risques d'une SCPI (marché, gestion, locatif, perte en capital), voyez notre hub sur les risques des SCPI.
D'où vient le blocage : ce que vous devez comprendre en 2 minutes
Pour prévenir un risque, il faut comprendre son moteur — sans en faire un cours complet. En capital variable, le retrait d'un associé est honoré tant que des souscriptions nouvelles compensentles demandes de sortie (article L. 214-93 du Code monétaire et financier). C'est le point clé : la liquidité repose sur la collecte. Quand les demandes de retrait dépassent durablement les entrées, elles s'inscrivent dans une file d'attente, par ordre chronologique au registre — et, à la différence d'un ordre de vente en capital fixe, une demande de retrait n'a pas de durée de validité (rappel AMF).
Le législateur a prévu un garde-fou : lorsque des demandes de retrait non satisfaites depuis 12 mois atteignent au moins 10 % des parts, la société de gestion doit en informer l'AMF et convoquer une assemblée générale dans les 2 mois. Celle-ci peut alors décider de mesures : ajustement du prix, réduction du délai de jouissance, mise en place d'un fonds de remboursement, voire, en dernier recours, suspension de la variabilité du capital(bascule vers une confrontation d'ordres). Le tableau ci-dessous sépare quatre situations que l'on confond trop souvent — et cette confusion est la première cause de décisions de panique.
| Situation | Ce que c'est | Ce que ça n'est PAS | Pour aller plus loin |
|---|---|---|---|
| Baisse du prix de part | Revalorisation à la baisse des expertises immobilières | Un blocage : vous pouvez sortir, mais moins cher | Pourquoi le prix baisse |
| File d'attente | Retraits > souscriptions : sortie différée au prix de retrait | Une perte définitive : la sortie est repoussée, pas annulée | Marché secondaire |
| Suspension de la variabilité | Bascule vers un marché par confrontation d'ordres | Une faillite : le véhicule existe toujours | Panorama des risques |
| Faillite | Quasi inexistante au sens juridique strict | La disparition du patrimoine : les actifs restent aux associés | Panorama des risques |
Le piège de la panique : ne confondez pas ces quatre mots
Ce qui fait le plus de dégâts, ce n'est pas l'illiquidité — c'est la confusion. On mélange baisse de prix, file d'attente, suspension et faillite, et on prend une mauvaise décision dans la foulée. Une baisse de prix vous laisse sortir, mais moins cher. Une file d'attente diffèrevotre sortie, elle ne l'annule pas. Une suspension bascule vers une confrontation d'ordres. Et la faillite d'une SCPI, au sens juridique strict, est quasi inexistante. Vendre dans la panique, c'est transformer un contretemps en perte définitive : le pire réflexe face à un problème de liquidité.
Sur la dernière ligne, un point rassure à juste titre : le patrimoine appartient à la SCPI, donc à ses associés. En cas de défaillance de la société de gestion (et non de la SCPI), l'agrément peut être retiré et la gestion transférée à une autre société agréée(article L. 532-10 du Code monétaire et financier), les actifs immobiliers étant préservés. Une baisse de prix, une file d'attente ou une suspension ne sont donc pas des faillites. Pour le détail de ces enchaînements, voyez pourquoi le prix d'une part baisse et ce qui se passe quand il n'y a pas d'acheteur.
Le fonds de remboursement n'est pas une garantie
Souvent présenté comme un filet de sécurité, le fonds de remboursement organise la sortie mais ne la garantit pas. La sortie peut s'y faire sous la valeur de retrait: le prix d'exécution est borné entre la valeur de réalisation et cette valeur diminuée de 10 % (article 422-230 du Règlement général de l'AMF). Et il n'est doté que dans la limite des sommes que la SCPI décide d'y affecter. C'est un plus dans la sélection, pas un blanc-seing de liquidité.
Levier 1 — Bien choisir le véhicule (là où 90 % du risque se joue)
C'est le cœur de la prévention. Le risque de se retrouver bloqué ne se répartit pas au hasard entre les SCPI : il se concentre sur des profils identifiables avant de souscrire. Ci-dessous, les repères qu'on passe en revue un par un — chacun expliqué par ce qu'il dit du risque de liquidité. Aucun n'est une garantie ; c'est leur faisceau qui compte.
Les 8 repères d'une SCPI mieux armée face à la liquidité
| Critère | Ce qu'on veut voir | Pourquoi ça limite le risque de blocage | Où le vérifier |
|---|---|---|---|
| Collecte | Régulière et positive | C'est la collecte qui compense les retraits (L. 214-93) | Bulletin trimestriel |
| Diversification | Plusieurs secteurs et géographies | Les tensions 2023-2026 se concentrent sur les bureaux | Rapport annuel |
| Capitalisation | Taille suffisante | Mutualise mieux les retraits (sans garantie) | Rapport annuel |
| Ancienneté | Historique de cycles traversés | Parc mature, loué, éprouvé | Note d'information |
| Parts en attente | Stock faible ou en baisse | Indicateur avancé de tension à lire avant d'entrer | Bulletin trimestriel |
| TOF et endettement | TOF élevé, dette maîtrisée | Repères marché : TOF ~91,3 %, dette ~18,3 % (ASPIM 1T 2026) | Rapport annuel |
| Fonds de remboursement | Présent et doté | Signal d'organisation de la sortie (422-231 RG AMF) | Statuts / note d'info |
| Outils AIFM 2 | Au moins 2 outils de liquidité | Encadrent la sortie (AIFM 2 ; fonds existants d'ici le 16/04/2027) | Statuts |
Trois de ces critères méritent un mot de plus. Tout part de la collecte: une SCPI en décollecte structurelle nourrit mécaniquement la file d'attente, alors que la collecte nette du marché a progressé d'environ 29 % en 2025 — mais de façon très dispersée entre véhicules. La diversification sectorielle et géographique (santé, logistique, commerce, résidentiel, Europe) a mieux résisté que la mono-exposition aux bureaux. La taille aide, mais un gros fonds mono-bureaux peut aussi bloquer : elle ne remplace pas la diversification.
Attention au réflexe « gros véhicule = liquide »
Une capitalisation élevée mutualise mieux les demandes de retrait, mais elle ne protège pas d'un retournement sectoriel. Un fonds important très concentré sur les bureaux peut se retrouver en file d'attente exactement comme un petit. La taille est un facteur favorable, jamais une garantie: elle ne vaut qu'associée à une diversification réelle (secteurs et géographies) et à une collecte qui reste positive. Méfiez-vous d'un argumentaire commercial qui vendrait la liquidité par la seule taille du fonds.
Deux repères, plus techniques, valent qu'on s'y arrête. Le niveau de parts en attente, publié au bulletin trimestriel, est le meilleur indicateur avancé : un stock qui monte d'un trimestre à l'autre signale une tension. Le TOF (taux d'occupation financier) et l'endettement renseignent sur la solidité des revenus et de la valorisation. Enfin, la directive AIFM 2 (applicable au 16 avril 2026, les SCPI existantes ayant jusqu'au 16 avril 2027 pour se mettre en conformité) impose à toute SCPI à capital variable d'inscrire au moins deux outils de gestion de la liquidité dans ses statuts (préavis, plafonnement des rachats, swing pricing, remboursement en nature…). Lecture honnête : ces outils encadrent la sortie — ils peuvent aussi la ralentir — mais ne la garantissent pas.
Pour construire cette grille de tri en pratique, appuyez-vous sur nos guides comment choisir sa SCPI et comment investir en SCPI, et croisez-les avec la valeur de reconstitution (pour repérer décote et surcote).
Faire auditer votre sélection SCPI avant de signer
Nous lisons pour vous la collecte, le stock de retraits, le TOF et la diversification de chaque véhicule envisagé, et nous calibrons votre allocation pour limiter le risque de blocage. Sans biais émetteur.
Levier 2 — L'enveloppe : SCPI en assurance-vie ou en direct
Le deuxième levier ne change pas la SCPI, il change la façon de la détenir. En assurance-vie, vous ne possédez pas les parts en direct : la SCPI est une unité de compte, et c'est l'assureur qui rachète et valorise ces unités sur son propre bilan. Conséquence pour la liquidité : votre sortie ne dépend pas de trouver un acheteur de parts ni de l'état de la collecte de la SCPI. C'est une liquidité contractuelle, souvent réglée en quelques semaines à environ deux mois selon le contrat. Pour un épargnant qui craint le blocage, c'est un vrai tampon.
Là où beaucoup de vendeurs s'arrêtent, je continue : ce levier a un prix. L'assurance-vie a des contreparties : le choix de SCPI est restreintà celles référencées par l'assureur, une décote ou une retenuepeut s'appliquer sur la valeur de retrait, une partie seulement de la revalorisation et des loyersest parfois reversée (souvent 85 à 100 %), des pénalités de sortie anticipée existent sur certains contrats, et l'allocation en SCPI est souvent plafonnée. Surtout, la liquidité n'est pas absolue : la loi Sapin 2 (article L. 631-2-1 du Code monétaire et financier) autorise le Haut Conseil de stabilité financière à suspendre temporairement les rachatsd'assurance-vie en cas de crise systémique (mesure exceptionnelle, limitée dans le temps).
Détention en direct
Points forts
- Détention pleine des parts, propriété directe
- Choix ouvert sur l'ensemble du marché
- Pas de couche de frais de l'assureur
- Prix de retrait encadré par l'AMF
Points de vigilance
- Sortie dépendante de la collecte (variable) ou d'un acheteur (fixe)
- File d'attente possible en cas de décollecte
- Aucun tampon de liquidité intermédiaire
Détention en assurance-vie
Points forts
- Liquidité lissée par l'assureur (rachat contractuel)
- Sortie indépendante d'un acheteur de parts
- Cadre fiscal de l'assurance-vie et transmission
Points de vigilance
- Choix de SCPI restreint, allocation plafonnée
- Décote / retenue et reversement partiel possibles
- Liquidité non absolue (Sapin 2, art. L. 631-2-1)
En pratique : pour qui l'enveloppe assurance-vie a-t-elle du sens ?
Elle est pertinente si vous cherchez un tampon de liquidité contractuelle et le cadre fiscal et successoral de l'assurance-vie, et que vous acceptez en échange un choix de SCPI restreint et un reversement parfois partiel des loyers. La détention en directgarde l'avantage si vous visez le plein rendement, le choix le plus large et la propriété directe des parts. Dans les deux cas, la liquidité reste conditionnelle: l'assureur lisse la sortie, sans jamais vous signer un chèque de liquidité en toute circonstance (loi Sapin 2).
En clair : l'assurance-vie amortit le risque d'être bloqué, mais elle ne l'efface paset vous la payez quelque part. Pour arbitrer finement entre les deux, et comprendre le fonctionnement exact du rachat d'unités de compte, voyez notre guide dédié détenir une SCPI en assurance-vie.
Levier 3 — Horizon et diversification : le levier comportemental
Le troisième levier est le plus sous-estimé, car il ne dépend ni de la SCPI ni de l'assureur : il dépend de vous. La plupart des « problèmes de liquidité » vécus par les épargnants tiennent en réalité à une sortie forcée au mauvais moment, bien plus qu'à un vrai blocage. Trois réflexes suffisent à désamorcer l'essentiel — et aucun ne dépend de la SCPI.
L'horizon d'abord — au moins 8 à 10 ans.La commission de souscription (souvent 8 à 12 %) impose déjà un point mort de plusieurs années avant d'amortir le coût d'entrée, et la liquidité comme la valorisation s'apprécient sur la durée. Il faut aussi intégrer le délai de jouissance(généralement 3 à 6 mois selon la note d'information), pendant lequel la part ne produit pas encore de revenu. On ne loge donc jamaisen SCPI une épargne de précaution ou un besoin d'argent à court terme.
Une poche liquide à côté, ensuite.Livrets, fonds euro : une trésorerie de sécurité fait que vous n'êtes jamais contraintde vendre vos parts pendant une file d'attente. C'est le moyen le plus simple de neutraliser le risque de calendrier.
Et de la diversification entre véhicules, enfin.Répartir sur plusieurs SCPI, plusieurs sociétés de gestion et plusieurs secteurs fait qu'une file d'attente sur l'un n'immobilise pas les autres. La SCPI doit rester une brique d'un patrimoine diversifié, pas son socle. Sur le nombre optimal, lisez combien de SCPI détenir ; sur l'adéquation à votre situation, à qui s'adressent les SCPI.
La vraie assurance liquidité : ne pas avoir à vendre
La meilleure assurance liquidité, c'est de ne pas avoir besoin de vendre: horizon long, épargne de précaution détenue ailleurs, et patrimoine diversifié. Un investisseur qui respecte ces trois points subit une file d'attente comme un contretemps, pas comme une catastrophe.
Un mot sur la fiscalité, volontairement bref car ce n'est pas le sujet ici : les revenus d'une SCPI française détenue en direct sont des revenus fonciers, imposés au barème de l'impôt sur le revenu (à votre tranche marginale) plus 17,2 % de prélèvements sociaux (et non 18,6 %, la hausse ne concernant que les revenus mobiliers) ; la plus-value de cession relève du régime des plus-values immobilières. Détail complet dans le guide de la fiscalité des SCPI.
Cas pratique n°1 — Julien : pourquoi revendre trop tôt coûte cher (et n'est pas un « problème de liquidité »)
Julien, 42 ans, investit 30 000 € en direct dans une SCPI à capital variable dont la commission de souscription est de 10 %. Dès le lendemain, il consulte la valeur de retrait de ses parts et s'inquiète : elle est inférieure à ce qu'il a payé. A-t-il un problème de liquidité ? Non. Il découvre le coût d'entrée, un phénomène tout à fait normal.
Valeur de retrait et moins-value mécanique à la sortie immédiate
Valeur de retrait = Prix de souscription - Commission de souscription
27 000 EUR = 30 000 EUR - 3 000 EUR (10 %)
-> Moins-value "mecanique" s'il revend tout de suite : -3 000 EUR (-10 %)
Ce n'est PAS un blocage : Julien PEUT sortir.
C'est le cout d'entree non encore amorti.La valeur de retrait est égale au prix de souscription diminué de la commission : 30 000 × (1 − 0,10) = 27 000 €. S'il revendait immédiatement, Julien perdrait 3 000 € (−10 %). Ce n'est pas un problème de liquidité — il peut sortir — c'est juste qu'il regarde son relevé au lendemain de l'achat au lieu d'attendre huit ans. La vraie question est : combien de temps pour amortir cette commission ?
Point mort de la commission (hors baisse de prix de part)
Point mort ≈ Commission / Taux de distribution 10 % / 4,91 % ≈ 2,04 ans de distribution pour "rembourser" la commission (4,91 % = taux de distribution moyen ASPIM 2025, NON garanti, a titre d'illustration)
En prenant un taux de distribution illustratif de 4,91 % (moyenne de marché 2025, non garantie), il faut environ 2 ansde revenus pour simplement compenser la commission — et bien davantage en tenant compte de la fiscalité, du délai de jouissance et d'une éventuelle baisse du prix de part. D'où l'horizon de 8 à 10 ans. La leçon de prévention : la vraie menace pour votre argent à la sortie, c'est de vendre avant l'horizon, pas un hypothétique blocage. Le levier ? L'horizon et l'épargne de précaution ailleurs. Pour approfondir, voyez le calcul de la valeur de retrait et peut-on perdre de l'argent à la revente.
Julien n'a jamais été bloqué : il a voulu sortir bien trop tôt
À aucun moment Julien n'était bloqué — il pouvait sortir quand il le voulait. Sa seule « perte » venait d'une commission d'entrée non amortie et d'un horizon trop court. C'est le rappel central de ce guide : dans la plupart des « pertes à la sortie », il n'y a jamais eu de blocage, seulement une vente trop précoce. Le remède n'est pas de fuir la SCPI, c'est l'horizon (8-10 ans) et une épargne de précaution détenue ailleurs, pour ne jamais être contraint de vendre au mauvais moment.
Chiffres illustratifs, hors fiscalité ; taux de distribution non garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Cas pratique n°2 — Sophie et Marc : concentration vs diversification face à la file d'attente
Sophie et Marc, 55 ans, veulent allouer 100 000 €à des SCPI, au sein d'un patrimoine plus large — et ils conservent par ailleurs une épargne de précaution liquide, hors SCPI. Deux façons de répartir cette poche, deux expositions très différentes au risque de blocage.
| Scénario | Répartition des 100 000 € | Poche exposée si 1 SCPI bloque | Reste mobilisable |
|---|---|---|---|
| A — Concentration | 1 seule SCPI mono-thématique bureaux | Jusqu'à 100 % | 0 % si le véhicule est en file d'attente |
| B — Diversification | 4 SCPI × 25 000 € (secteurs et SG différents) | 25 % au maximum | 75 % (les 3 autres véhicules) |
Dans le scénario A, si l'unique SCPI choisie fait partie de la quinzaine de véhicules qui concentrent les tensions, ce sont jusqu'à 100 % de leur poche SCPI qui peuvent se retrouver en file d'attente au même moment. Dans le scénario B, une file d'attente sur l'une des quatre SCPI n'affecte que 25 %de la poche : les trois autres restent mobilisables. La file d'attente d'un véhicule n'immobilise pas les autres.
Ce raisonnement est cohérent avec la structure du marché. Fin 2025, les parts en attente pesaient 2,8 Md€ sur environ 89 Md€ de capitalisation, soit 3,1 %; et une quinzaine de SCPI, soit une petite minorité des véhicules du marché (de l'ordre de 6 à 7 %), concentraient près des trois quarts de ce stock. Statistiquement, une allocation diversifiée, répartie horsdes poches les plus tendues, fait beaucoup baisser l'exposition — le risque zéro n'existe pas pour autant, car aucune sélection ne garantit la liquidité. Diversifier sociétés de gestion, secteurs et géographies est un véritable pare-feu ; approfondissez avec combien de SCPI détenir et comment choisir sa SCPI.
25 % bloqué au pire, jamais 100 %
Ne jamais mettre toute sa poche SCPI dans un seul véhicule : répartie sur plusieurs SCPI, plusieurs sociétés de gestion et plusieurs secteurs, une file d'attente sur l'un laisse les autres mobilisables. La diversification abaisse l'exposition au blocage sans jamais la faire disparaître, car aucune allocation ne garantit la liquidité ni le capital.
La check-list de prévention liquidité (à garder avant de signer)
Récapitulons les trois leviers en une check-list actionnable. Passez-la en revue avanttoute souscription : c'est ce qui fait passer d'un pari à une décision informée.
Check-list de prévention — les 3 leviers
Véhicule (là où 90 % du risque se joue)
- Collecte régulière et positive (elle compense les retraits)
- Patrimoine diversifié (secteurs + géographies), pas mono-bureaux
- Capitalisation et ancienneté suffisantes
- Stock de parts en attente faible ou en baisse (bulletin trimestriel)
- TOF élevé et endettement maîtrisé
- Fonds de remboursement présent, et au moins 2 outils de liquidité (AIFM 2)
Enveloppe
- Assurance-vie si vous voulez un tampon de liquidité contractuelle…
- …en connaissant décote, plafond et la limite Sapin 2 (art. L. 631-2-1)
Horizon et diversification
- Horizon de 8-10 ans minimum, jamais une épargne de court terme
- Épargne de précaution conservée ailleurs (livrets, fonds euro)
- Plusieurs SCPI, plusieurs sociétés de gestion, plusieurs secteurs
- La SCPI reste une brique diversifiée, pas le socle du patrimoine
Soyons nets : aucune de ces mesures ne rend une SCPI liquide « à coup sûr ». Elles ne suppriment pas le risque de perte en capital ni celui d'une liquidité différée. Elles remplacent simplement le doigt mouillé par une vraie grille de lecture.
Un plan de sélection et de sortie écrit, avec un CGP indépendant
Nous formalisons votre allocation SCPI (véhicules, enveloppe, horizon) et un plan de sortie sur 8-10 ans, pour ne jamais vous retrouver bloqué faute d'avoir anticipé. Sans biais émetteur, sans engagement.
Faut-il fuir les SCPI en 2026 à cause de la liquidité ? Notre position de CGP
Après tout ce qui précède, la réponse honnête n'est ni « surtout pas » ni « aucun risque ». Elle est nuancée — désolé pour ceux qui espéraient un oui ou un non bien franc.
Les faits d'abord. Le problème de liquidité est concentré : une quinzaine de SCPI gérées par sept sociétés de gestion concentraient près des trois quarts des 2,8 Md€ de parts en attente fin 2025, soit environ 3,1 % du marché (ASPIM). La situation s'améliore— stock en baisse d'environ 14 % au 1er trimestre 2026, collecte nette 2025 en hausse — mais elle n'est pas réglée. Dire que le problème est derrière nous, ce serait vous mentir.
Notre position : la question n'est pas « SCPI ou pas », c'est « laquelle, dans quel contrat, pour combien de temps ». Bien choisie et bien logée, la SCPI reste un placement de long terme pertinent pour le bon profil et le bon horizon— et jamais comme un placement de trésorerie. Un épargnant qui choisit une SCPI à collecte positive et diversifiée, qui la loge éventuellement en assurance-vie pour le tampon de liquidité, qui garde une épargne de précaution ailleurs et qui vise 8 à 10 ans, a mis toutes les chances de son côté. Le seul risque qui lui reste, c'est celui du marché lui-même — et personne ne le supprime.
Rappel des risques, une dernière fois, parce qu'ils ne disparaissent jamais : une SCPI comporte un risque de perte en capital, ses revenus ne sont pas garantis, sa liquidité n'est pas garantie, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour élargir la vue, revenez au guide complet des SCPI et au panorama des risques d'une SCPI. Une dernière garantie qui, elle, existe : celle de l'encadrement. Vérifiez toujours l'agrément AMF de la société de gestion (registre REGAFI) et l'immatriculation de votre intermédiaire à l'ORIAS — pour Hagnéré Patrimoine, le n° 23002291.
Ce qui n'est jamais garanti — et la seule chose qui l'est
Jamais garantis
- Le capital : la perte est possible.
- Les revenus : le taux de distribution passé ne préjuge pas du futur.
- La liquidité : une revente peut prendre plusieurs mois.
- Le prix de la part : il peut être révisé à la baisse.
Garanti, en revanche : l'encadrement
Société de gestion agréée AMF (registre REGAFI), dépositaire chargé de la conservation des actifs, intermédiaire immatriculé ORIAS (Hagnéré Patrimoine : 23002291). Vérifiez ces trois points avant toute signature : c'est la première protection de l'épargnant.

