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Guide SCPI · Valorisation18 minMis a jour 13 juillet 2026RG AMF art. 422-230

Frais de souscription et valeur de retrait d'une SCPI : pourquoi vous ne récupérez pas votre prix d'achat

Vous hésitez à souscrire, ou vous avez vu le prix de votre SCPI reculer en 2023-2024 et vous vous demandez si vous n'avez pas déjà perdu. Vous placez 200 € par part et, en voulant sortir, on vous annonce une valeur de retrait d'environ 180 € : les 20 € manquants, ce sont les frais de souscription (~8-12 %), déjà payés à l'entrée. Ce n'est pas une perte immédiate, mais un coût à amortir sur 8 à 10 ans. On vous explique pourquoi, pas à pas. Capital, revenus et liquidité non garantis.

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COMMISSION SOUSCRIPTION

~8-12 %

L'ÉCART

Prix − retrait

AMORTISSEMENT BRUT

~2 ans

HORIZON VÉCU

8-10 ans

PRIX DE PART MOYEN 2025

−3,45 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 13 juillet 2026 · Conforme au règlement général de l'AMF (art. 422-224, 422-230), au Code monétaire et financier (art. L. 214-93, L. 214-94, L. 214-109), à l'ordonnance n° 2024-662 du 3 juillet 2024, au BOFiP (BOI-RFPI) et aux statistiques ASPIM 2025.

« J'ai vu le prix de ma part de SCPI reculer en 2023-2024, et si je veux sortir aujourd'hui on me rembourse encore moins que ce prix affiché : ai-je déjà tout perdu ? » Cette inquiétude, je l'entends à presque chaque rendez-vous depuis la remontée des taux. Et l'épargnant qui hésite à souscrire se pose la question miroir : « ce prix de part est-il seulement justifié ? » La réponse est plus rassurante — et plus mécanique — qu'il n'y paraît, à condition de séparer deux choses que l'on confond presque toujours.

Le premier écart, vous le connaissez d'avance : il est mécanique. Dès le jour de la souscription, avant tout mouvement de marché, ce que vous récupéreriez en sortant n'est jamais votre prix payé. Placez 10 000 €, et votre valeur de retrait immédiate est plutôt de 9 000 €. Cet écart de 1 000 € — cette somme qui semble « disparaître » — porte un nom précis : la commission de souscription. Elle est déjà réglée à l'entrée, intégrée au prix de la part, et vous ne la « ressentez » qu'à la sortie, à travers la valeur de retrait. Le second, lui, dépend du marché : c'est la variation du prix de la part elle-même (les fameuses baisses de 2023-2024). Toute la promesse de ce guide est de démêler ces deux effets, chiffres à la source : de combien est l'écart d'entrée exactement, pourquoi ce n'est pas une perte, et en combien d'années les loyers le « remboursent » (≈ 2 ans en brut, plutôt 3,6 à 4,6 ans net d'impôt).

Un cadrage avant d'entrer dans le vif : ce guide ne redéfinit pas la valeur de retrait et ne détaille pas son calcul pas à pas — d'autres pages du cluster s'en chargent, et on y renvoie à chaque étape. Ici, on traite une seule chose, précisément : le sens économique du couple frais ↔ retrait, c'est-à-dire pourquoi la commission crée mécaniquement l'écart et ce que ça change, euros en main, pour vous. Tout est sourcé (AMF, ASPIM, Code monétaire et financier), sans citer une seule SCPI ni promettre le moindre rendement. Capital, revenus et liquidité ne sont pas garantis.

En 30 secondes : l'essentiel sur les frais et le retrait

  • La commission de souscription (~8 à 12 %) est incluse dans le prix affiché à l'entrée, pas ajoutée en supplément.
  • Résultat : dès le jour 1, la valeur de retrait est déjà inférieure à votre prix payé ; cet écart, c'est exactement la commission (RG AMF, art. 422-230).
  • Ce n'est pas une perte comptabilisée, mais un coût d'entrée à amortir par les revenus et la durée → d'où l'horizon de 8 à 10 ans.
  • « SCPI sans frais d'entrée » ne veut pas dire gratuit : le coût est déplacé (frais de gestion plus élevés, parfois pénalité de sortie).
§ 1LA COMMISSION·2 MIN

La commission de souscription : ce que vous payez vraiment à l'entrée

Commençons par le début : quand vous souscrivez des parts de SCPI, une partie du montant investi rémunère la constitution du patrimoine : c'est la commission de souscription (aussi appelée « frais d'entrée » ou « frais de souscription »). Son ordre de grandeur sur le marché se situe entre 8 et 12 % TTC du montant investi, avec une moyenne de marché souvent citée autour de 9 à 10 % (donnée IEIF, à confirmer). Elle varie selon la SCPI, et certaines SCPI récentes affichent 0 % à l'entrée (on y revient en section 6).

Pourquoi ces frais existent (et pourquoi ils ne sont pas restitués)

Cette commission finance l'acquisition des immeubles au moment de la collecte : droits de mutation et frais d'acquisition (frais de notaire), recherche et sélection des actifs (sourcing), et rémunération de la société de gestion pour la collecte et l'investissement. Ce sont des coûts réels, engagés une fois, pour bâtir un patrimoine que vous détiendrez ensuite des années. Logiquement, ils ne sont pas restitués à la sortie : c'est un coût d'entrée définitivement engagé. Pour le détail de tous les frais (gestion, cession, arbitrage), voir les frais d'une SCPI en détail.

Un frais « inclus », pas « ajouté » — et pas plafonné par la loi

Deux confusions reviennent tout le temps en rendez-vous, autant les régler ici :

  • La commission est incluse dans le prix de souscription affiché (on parle de « prix commission incluse »). Vous ne la réglez pas en plus du prix de la part : elle est déjà dedans. Vous la « payez » donc à l'entrée mais la supportez à la sortie, via une valeur de retrait plus basse.
  • Les 8 à 12 % ne sont pas un plafond réglementaire. Aucun texte ne fixe un taux maximum. Le règlement général de l'AMF (article 422-224) encadre l'existence et l'information sur les commissions de la société de gestion, mais pas leur taux : c'est une pratique de marché.

La façon dont ce prix commission incluse est fixé est un sujet à part entière : voir comment est fixé le prix de souscription d'une SCPI.

§ 2L'ÉCART J+1·2 MIN

Dès le premier jour, votre valeur de retrait est déjà sous votre prix d'achat

Le règlement général de l'AMF (article 422-230) plafonne le prix de retrait d'une SCPI à capital variable au prix de souscription diminué de la commission de souscription ; en pratique, c'est très exactement à ce niveau que la société de gestion fixe la valeur de retrait. L'écart entre le prix que vous payez et ce que vous récupéreriez, c'est donc, par construction, exactement la commission. Ce n'est ni un accident de marché, ni une baisse de valeur des immeubles : c'est structurel, présent dès la seconde où vous souscrivez.

L'écart = la commission de souscription

Valeur de retrait = Prix de souscription − Commission de souscription
                  = Prix de souscription × (1 − taux de commission)

Ecart prix paye / valeur de retrait = la commission (deja incluse a l'entree)

Exemple illustratif :
  Prix de souscription : 200 €
  Commission 10 %      : 20 €
  Valeur de retrait    : 200 × (1 − 0,10) = 180 €  →  ecart de 20 €/part

Fondement : RG AMF, art. 422-230 (plafonne le prix de retrait au prix de
souscription moins la commission ; en pratique, la valeur de retrait y est fixee).

Cas A — Marc : l'écart d'entrée en clair (exemple illustratif)

Marc souscrit 50 parts à 200 €, avec une commission de souscription de 10 %, soit un investissement de 10 000 €. S'il se retirait immédiatement, sa valeur de retrait serait de 200 × (1 − 0,10) = 180 € par part : il récupérerait 9 000 €. La différence de 1 000 €, c'est la commission déjà « incluse » à l'entrée, non restituée. Elle n'a pas « disparu » : elle a servi à acheter les immeubles qu'il détient désormais en quote-part.

Je m'arrête volontairement au sens de cet écart — le calcul détaillé, part par part, est traité ailleurs. Pour la définition complète de la valeur de retrait (capital variable, distinction avec les autres « valeurs »), voir la définition de la valeur de retrait d'une SCPI ; et pour calculer pas à pas votre prix de sortie selon votre SCPI, voir comment calculer sa valeur de retrait.

« Supporter la commission à la sortie » : ce que ça veut dire

À l'entrée, vous ne débourse rien de plus que le prix de la part : la commission est dedans. Vous la « ressentez » au moment du retrait, parce que le prix qui vous est remboursé (la valeur de retrait) est déjà net de cette commission. C'est pourquoi un aller-retour rapide en SCPI est presque toujours perdant : vous payez un coût d'entrée que vous n'avez pas eu le temps d'amortir.

§ 3COÛT A AMORTIR·2 MIN

Pas une perte immédiate : un coût d'entrée à amortir

Disons-le net, parce que c'est ce qui inquiète le plus : tant que vous ne vendez pas vos parts, cet écart n'est pas une moins-value comptabilisée. C'est un coût d'entrée, comme les frais d'agence et de notaire d'un achat immobilier en direct : personne ne considère avoir « perdu » 8 % le lendemain de la signature d'un appartement. Ce coût se rembourse dans le temps, par deux moteurs : les revenus (dividendes) que la SCPI vous verse, et une éventuelle revalorisation du prix de la part.

C'est précisément d'où vient l'horizon recommandé de 8 à 10 ans. Il ne s'agit pas d'une formule marketing : c'est le temps nécessaire pour que le rendement absorbe la commission d'entrée et fasse de la SCPI un placement gagnant. À l'inverse, sortir tôt, c'est une perte quasi certaine : commission mal amortie, liquidité non garantie, et éventuelle baisse de prix par-dessus. Pour savoir si ce placement long correspond à votre situation, voir SCPI : pour quel profil et quel horizon et le bilan honnête des avantages et inconvénients des SCPI.

Le bon réflexe : penser en horizon, pas en prix instantané

La bonne question n'est pas « combien je récupère si je sors demain ? » (la réponse sera toujours décevante à cause de la commission), mais « mon horizon me permet-il d'amortir cette commission ? ». Si vous n'êtes pas certain de tenir 8 à 10 ans, la SCPI en direct n'est probablement pas le bon véhicule. Le moteur du remboursement, c'est le rendement : voir comment se construit le rendement d'une SCPI (taux de distribution, TRI). Revenus non garantis.

§ 4AMORTISSEMENT·3 MIN

En combien d'années la commission est-elle « remboursée » ? Le calcul honnête

C'est la question que tout le monde pose — et celle où l'on vous sert souvent un chiffre trop beau, sans les précautions qui vont avec. Le calcul de base est simple : on divise le taux de commission par le taux de distribution (le rendement annuel exprimé en pourcentage du prix). Cela donne un nombre d'années de dividendes nécessaires pour « effacer » la commission.

Amortissement de la commission (calcul illustratif, pas une règle de droit)

Nb d'annees ≈ taux de commission ÷ taux de distribution (BRUT)

Exemple 1 : 10 %   ÷ 4,91 %  ≈  ~2,0 ans de dividendes bruts
Exemple 2 :  9,24 % ÷ 4,91 %  ≈  ~1,9 an
(4,91 % = taux de distribution moyen ASPIM 2025 ; 9,24 % = moyenne IEIF, a confirmer)

TROIS GARDE-FOUS OBLIGATOIRES :
  1. Resultat BRUT — avant bareme IR + PS 17,2 %. En net, c'est bien plus long.
  2. Suppose un prix de part STABLE — s'il baisse, l'ecart se creuse.
  3. Revenus NON garantis — le taux de distribution passe ne prejuge pas du futur.

Le piège est là : ce « ~2 ans » n'est PAS la durée de détention conseillée. C'est un plancher théorique, calculé en brut et à prix constant. Dans la vraie vie, l'impôt et l'incertitude sur le prix rallongent nettement le délai réel — et l'horizon vécu reste 8 à 10 ans. Le cas de Nathalie, ci-dessous, le montre en détail.

Cas B — Nathalie : brut ~2 ans, net ~3,6 à 4,6 ans, et davantage si le prix baisse (exemple illustratif)

Nathalie investit 30 000 €, commission de souscription 9 % = 2 700 € de frais d'entrée « inclus ». Hypothèse : taux de distribution 4,7 % brut du prix (sous la moyenne 2025 de 4,91 %) → environ 1 410 € par an de dividendes bruts (non garantis).

  • Amortissement BRUT : 2 700 ÷ 1 410 ≈ ~1,9 an (≈ 9 % ÷ 4,7 %).
  • Amortissement NET (TMI 30 % + PS 17,2 % = 47,2 % de fiscalité) : rendement net ≈ 2,48 % → ~3,6 ans. À TMI 41 % (58,2 % de fiscalité) ≈ ~4,6 ans.
  • Et si le prix baisse de 5 % : l'écart d'entrée gonfle d'environ 1 500 € (soit 5 % du capital investi) → l'amortissement s'allonge encore, et une sortie à ce moment devient une moins-value.

Conclusion : le « ~2 ans » brut est un minimum de laboratoire ; en net et à prix incertain, on retombe sur l'horizon 8 à 10 ans. Pour chiffrer votre cas précis, voir comment calculer votre valeur de retrait.

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§ 5SI LE PRIX BAISSE·2 MIN

Quand le prix de la part baisse, l'amortissement s'allonge (contexte 2023-2026)

Tout ce qui précède suppose un prix de part stable. Or, depuis 2022, ce n'est plus toujours le cas. La hausse des taux d'intérêt a fait remonter les rendements exigés sur l'immobilier, donc baisser les valeurs d'expertise — et plusieurs sociétés de gestion ont dû ajuster le prix de la part à la baisse. Comme la valeur de retrait suit le prix de souscription, elle baisse d'autant : en plus de la commission déjà supportée, le sortant subit alors la baisse de prix. L'amortissement s'allonge, et une sortie à ce moment devient une moins-value quasi certaine.

Sources ASPIM 2025 et 1er trimestre 2026 (données provisoires, à vérifier à la source). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Indicateur (ASPIM)ValeurLecture pour l'écart frais / retrait
Prix de part moyen 2025 (capital variable, pondéré par la capitalisation)−3,45 %La valeur de retrait baisse d'autant : l'écart d'entrée se creuse (moyenne pondérée, d'où un recul global malgré 17 SCPI en hausse)
SCPI ayant baissé leur prix en 202514Contre 17 en hausse : marché hétérogène, pas un effondrement
Taux de distribution moyen 20254,91 %Un TD qui monte peut masquer un prix qui baisse
Prix de part T1 2026 (capital variable)≈ −0,1 %Quasi-stabilisation début 2026 (données provisoires)

En rendez-vous, j'entends les deux versions : le client qui a lu « les SCPI s'effondrent » dans la presse, et le vendeur qui jure qu'« il ne s'est rien passé ». La réalité 2025 est entre les deux, et le tableau ci-dessus le chiffre : 14 SCPI ont baissé leur prix, 17 l'ont monté. Le recul a été réel mais hétérogène : de nombreuses SCPI ont revalorisé, et la majorité des véhicules n'a pas connu de blocage de liquidité — les files d'attente restent concentrées sur un petit nombre de SCPI, surtout de bureaux. Pour le mécanisme détaillé, voir pourquoi le prix d'une part de SCPI peut baisser ; et pour la sortie côté marché, vendre ses parts sur le marché secondaire.

Déontologie : trois choses ne sont jamais garanties

  • Le capital : le prix de la part — et donc votre valeur de retrait — peut baisser. La commission n'est pas le seul risque.
  • Les revenus : le taux de distribution passé ne préjuge pas du futur ; il peut reculer.
  • La liquidité : la revente n'est pas immédiate. En cas de décollecte, l'associé entre en file d'attente (Code monétaire et financier, art. L. 214-93). Les évolutions réglementaires récentes encadrent la liquidité mais ne la garantissent pas.
§ 6SANS FRAIS ?·2 MIN

Les SCPI « sans frais de souscription » : coût déplacé, pas supprimé

Depuis quelques années, des SCPI récentes affichent 0 % de commission d'entrée. L'argument porte : sur 30 000 € placés, aucun écart d'entrée à rattraper, la totalité de votre capital travaille dès le premier loyer, et rien à « digérer » si vous sortez vite. Mais attention au raccourci « sans frais = gratuit » : le coût est déplacé dans le temps, pas supprimé.

SCPI avec frais d'entrée (~8-12 %)

Coût concentré à l'entrée, inclus dans le prix. Écart immédiat prix payé / valeur de retrait, mais frais de gestion généralement plus modérés dans la durée. À amortir sur l'horizon long : pénalisant si l'on sort tôt, neutre à très long terme.

SCPI sans frais d'entrée (0 %)

Pas d'écart immédiat, 100 % du capital « au travail » dès le départ. En contrepartie : commission de gestion souvent plus élevée (prélevée chaque année sur les loyers) et parfois pénalité de sortie anticipée (par ex. avant 3 à 5 ans). Le coût est étalé dans la durée.

Aucune des deux formules ne gagne à tous les coups : le verdict dépend du nombre d'années pendant lesquelles vous comptez garder vos parts. Sur une détention courte à moyenne, l'absence de frais d'entrée est un vrai atout. Sur une détention très longue, l'écart de frais de gestion peut, cumulé, dépasser l'économie de frais d'entrée. Comparez sur le rendement net dans la durée — pénalité de sortie éventuelle comprise —, pas sur le seul chiffre affiché à l'entrée. Pour bâtir cette grille de lecture, voir comment choisir sa SCPI.

La question à se poser (et non « quelle est la moins chère à l'entrée ? »)

« Sur mon horizon réel de détention, quelle structure de frais me laisse le meilleur rendement net ? » Une commission d'entrée de 10 % bien amortie sur 10 ans peut coûter moins cher, au total, qu'une SCPI « sans frais » aux frais de gestion plus lourds. Le taux d'entrée n'est qu'un critère parmi d'autres : c'est le rendement net sur votre durée réelle qui tranche.

§ 7LES 3 VALEURS·2 MIN

Situer l'écart : où se place la valeur de retrait parmi les 3 valeurs officielles

Pour bien comprendre d'où vient l'écart, il faut le resituer parmi les trois valeurs officielles qu'une SCPI communique. Elles ne mesurent pas la même chose — et la commission de souscription est justement le fil qui les relie.

Tableau comparatif : Valeur — Définition — Ce qu'elle mesure — Fondement — Premier cas : Valeur de réalisation (ANR)
ValeurDéfinitionCe qu'elle mesureFondement
Valeur de réalisation (ANR)Valeur vénale des immeubles (expertise indépendante) + valeur nette des autres actifsLa valeur du patrimoineL. 214-109 CMF
Valeur de reconstitutionValeur de réalisation + droits/frais d'acquisition + commission de souscriptionLa valeur de référence du prixL. 214-109 CMF
Valeur de retraitPrix de souscription − commission de souscriptionLe prix de sortie net (capital variable)RG AMF art. 422-230

Regardez où se niche la commission : elle apparaît dans deux des trois valeurs. La valeur de reconstitution l'ajoute à la valeur du patrimoine (car reconstituer la SCPI à l'identique supposerait de la repayer), tandis que la valeur de retrait la retranche du prix de souscription (car le sortant ne la récupère pas). La même ligne comptable pousse donc la valeur de référence vers le haut et votre prix de sortie vers le bas. À noter enfin que le prix de souscription est calé sur la valeur de reconstitution, dans une fourchette de ± 10 % (Code monétaire et financier, art. L. 214-94).

Trois valeurs, trois usages — ne pas les confondre

Chaque notion a sa page dédiée dans ce cluster ; ici, on ne fait que situer l'écart. Pour aller au fond :

§ 8COÛT RÉEL·2 MIN

Le vrai coût d'entrée : frais, délai de jouissance et fiscalité

La commission n'est pas le seul élément à intégrer dans le « coût / temps d'entrée » réel. Deux facteurs s'y ajoutent, souvent oubliés :

Le délai de jouissance. À la souscription, les parts ne produisent pas de dividende immédiatement : un délai de jouissance, souvent de 3 à 6 mois (variable selon la SCPI, à vérifier), s'écoule avant les premiers revenus. Ce délai s'ajoute au temps d'amortissement de la commission, puisque le compteur des dividendes ne démarre pas le jour de l'investissement.

La fiscalité à la sortie. La valeur de retrait est un prix de cession net vendeur. Comme elle est inférieure au prix de souscription (la commission), une sortie précoce se solde souvent par une moins-value — donc aucune imposition de plus-value, mais une perte réelle. Lorsqu'il y a plus-value, la cession de parts relève du régime des plus-values immobilières (CGI art. 150 UB) : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux = 36,2 % avant abattements pour durée de détention (CGI art. 150 VC : exonération d'IR à 22 ans, de PS à 30 ans ; surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value, CGI art. 1609 nonies G). Bon à savoir : la commission, incluse dans le prix d'acquisition, entre dans le prix de revient retenu pour cette plus-value.

Fiscalité : les 3 chiffres à retenir (et l'erreur à éviter)

  • 17,2 % de prélèvements sociaux sur les revenus fonciers de la SCPI (barème de l'IR en plus) — et non 18,6 %, taux qui ne concerne que les revenus mobiliers.
  • 36,2 % sur la plus-value de cession de parts avant abattements (19 % IR + 17,2 % PS).
  • Exonération de prélèvements sociaux à 30 ans de détention (et d'IR à 22 ans).

La fiscalité est ici accessoire. Pour approfondir, voir la fiscalité des SCPI 2026 et l'imposition des revenus fonciers 2026.

§ 9CGP·1 MIN

Faire chiffrer votre coût d'entrée et votre horizon avec un conseiller en gestion de patrimoine

En une phrase : l'écart entre votre prix payé et votre valeur de retrait, c'est la commission de souscription (RG AMF art. 422-230). Ce n'est pas une perte immédiate, mais un coût d'entrée à amortir par les revenus et la durée. Le « ~2 ans » d'amortissement brut est trompeur : en net d'impôt et à prix incertain, l'horizon vécu reste 8 à 10 ans. Et « sans frais d'entrée » ne veut jamais dire gratuit.

Notre rôle de cabinet non détenu par une banque ni par un assureur : chiffrer votre coût d'entrée réel (commission + délai de jouissance), calculer en combien d'années net d'impôt il s'amortit selon votre fiscalité, et vérifier que votre horizon le rend supportable — ou arbitrer autrement. Nous rappelons systématiquement les trois risques (perte en capital, revenus non garantis, liquidité non garantie) et que les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Nous ne promettons aucun rendement.

Note de méthode : ce guide ne remplace pas une étude personnalisée

Les exemples chiffrés (Marc, Nathalie) sont volontairement illustratifs : ils servent à faire comprendre la mécanique du couple frais / retrait, pas à prédire un résultat. Votre situation réelle dépend de la SCPI retenue (taux de commission, frais de gestion, décote/surcote), de votre horizon, de votre fiscalité (TMI, prélèvements sociaux) et du mode de détention (direct, assurance-vie, à crédit, démembrement). Une étude individualisée est indispensable avant tout mouvement. Rappel : une SCPI reste un placement long terme, illiquide, avec un risque de perte en capital et des revenus non garantis.

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Pour aller plus loin : le guide complet des SCPI 2026, comment investir en SCPI et la définition de la valeur de retrait.

Frais de souscription et valeur de retrait en 6 points

  1. La commission de souscription (~8 à 12 %) est incluse dans le prix, pas ajoutée en sus.
  2. L'écart prix payé / valeur de retrait = exactement cette commission (RG AMF art. 422-230).
  3. Ce n'est pas une perte immédiate, mais un coût d'entrée à amortir.
  4. Amortissement « ~2 ans » = brut et à prix stable ; en net, l'horizon vécu reste 8-10 ans.
  5. Si le prix de la part baisse, la valeur de retrait baisse d'autant : l'amortissement s'allonge.
  6. « Sans frais d'entrée » = coût déplacé (gestion, pénalité de sortie) ; capital, revenus et liquidité non garantis.

Mise à jour : 13 juillet 2026. Sources : AMF (Autorité des Marchés Financiers), ASPIM (Association française des Sociétés de Placement Immobilier), Code monétaire et financier (art. L. 214-93, L. 214-94, L. 214-109), règlement général de l'AMF (art. 422-224, 422-229, 422-230, 422-231, 422-234, 422-193), ordonnance n° 2024-662 du 3 juillet 2024, Code général des impôts (art. 8, 14 à 34, 150 UB, 150 VC, 1609 nonies G), LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et BOFiP (BOI-RFPI). Les chiffres cités sont à jour au 13 juillet 2026 et doivent être vérifiés à la source.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé en investissement. Il ne cite aucune SCPI ni aucun classement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les SCPI sont des placements à long terme comportant des risques de perte en capital, sur les revenus et de liquidité. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine habilité avant tout investissement.

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Sources et références légales

  • Règlement général de l'AMF - commission et valeur de retrait

    Règlement général de l'AMF, dispositions relatives aux SCPI. Article 422-230 : la valeur de retrait est egale au prix de souscription diminue de la commission de souscription ; le retrait non compense (via le fonds de remboursement) ne peut excéder la valeur de réalisation ni lui être inférieur de plus de 10 %, sauf autorisation. Article 422-224 : commissions de la société de gestion, dont la commission de souscription (encadre leur existence et l'information, pas leur taux). Article 422-193 : mise a jour de la note d'information en cas d'écart supérieur a 10 % entre le prix de souscription et la valeur de reconstitution. Article 422-229 : marche secondaire des SCPI a capital fixe. Article 422-231 : fonds de remboursement. Article 422-234 : expertise externe des immeubles, actualisée au moins chaque semestre pour les SCPI a capital variable depuis l'ordonnance 2024-662.

  • Code monétaire et financier - retraits, prix et valeurs

    Articles L. 214-86 a L. 214-126 CMF : régime juridique des SCPI. Art. L. 214-93 (retraits et mécanisme de file d'attente : lorsque des demandes de retrait non satisfaites depuis douze mois représentent au moins 10 % des parts, la société de gestion en informe l'AMF et convoque une assemblée générale). Art. L. 214-94 (le prix de souscription en capital variable est établi sur la base de la valeur de reconstitution, avec la regle des 10 %). Art. L. 214-109 (définition de la valeur de réalisation et de la valeur de reconstitution, arrêtées a partir d'expertises immobilières).

  • Ordonnance n 2024-662 du 3 juillet 2024 - évaluation semestrielle

    Ordonnance n 2024-662 du 3 juillet 2024 prise en application de la loi Industrie verte : modernisation du cadre juridique des SCPI. L'évaluation du patrimoine (et donc la mise a jour des valeurs de réalisation et de reconstitution qui encadrent le prix, et par ricochet la valeur de retrait) est devenue au moins semestrielle pour les SCPI a capital variable.

  • Code général des impôts - fiscalité de la SCPI

    Art. 8 CGI (transparence fiscale des sociétés civiles). Art. 14 a 34 CGI (revenus fonciers des SCPI françaises détenues en direct, imposes au barème de l'IR plus 17,2 % de prélèvements sociaux, et non 18,6 % qui ne concerne que les revenus mobiliers). Art. 150 UB CGI (les plus-values de cession de parts relèvent du régime des plus-values immobilières : 19 % d'IR plus 17,2 % de PS, soit 36,2 % avant abattements ; la commission de souscription, incluse dans le prix d'acquisition, entre dans le prix de revient). Art. 150 VC CGI (abattements pour durée de détention : exonération d'IR a 22 ans, de PS a 30 ans). Art. 1609 nonies G CGI (surtaxe sur les plus-values immobilières supérieures a 50 000 euros).

  • LFSS 2026 et sources statistiques

    LFSS 2026 (loi n 2025-1403 du 30 décembre 2025) : le taux de prélèvements sociaux de 17,2 % est MAINTENU sur les revenus fonciers (SCPI françaises en direct) et les plus-values immobilières ; la hausse a 18,6 % ne concerne que les revenus mobiliers. ASPIM / IEIF : taux de distribution moyen 4,91 %, prix de part moyen en recul d'environ 3,45 % en 2025, performance globale d'environ +1,46 %, commission de souscription moyenne de l'ordre de 9 a 10 % (a confirmer) ; au premier trimestre 2026, prix quasi stable en capital variable (environ -0,1 %), collecte nette d'environ 1,2 milliard d'euros et parts en attente de retrait d'environ 2,4 milliards d'euros. AMF : fiche pédagogique sur les SCPI. BOFiP (BOI-RFPI) : doctrine sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet à Bassens - 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation personnalisée au sens des articles L. 321-1 et D. 321-1 du Code monétaire et financier, et ne cite aucune SCPI ni aucun classement. Toute souscription, tout transfert ou toute cession de parts de SCPI doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures : les SCPI sont des placements long terme comportant un risque de perte en capital, un risque sur les revenus et un risque de liquidité. Les chiffres et taux cités sont à jour au 13 juillet 2026 et doivent être vérifiés à la source (AMF, ASPIM, BOFiP).

FAQ FRAIS & VALEUR DE RETRAIT SCPI

Vos questions sur le couple frais / valeur de retrait expliquées simplement, sources a l'appui.

12 réponses factuelles, sourcees AMF, ASPIM et BOFiP, sur l'écart entre le prix paye et la valeur de retrait, le rôle de la commission de souscription et le temps d'amortissement.