Optimisez votre assurance-vie avec un expert indépendant
Choix du contrat, clause bénéficiaire, fonds euros, unités de compte et fiscalité : nous vous aidons à structurer une assurance-vie cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie et structuration patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants, familles et dirigeants sur la sélection de contrats d'assurance-vie, la rédaction des clauses bénéficiaires et l'articulation avec la transmission et la fiscalité.
Sommaire
- Introduction
- 1. Recevoir 1,5 M€ : ce qui se passe vraiment
- 2. La fiscalité du capital reçu
- 3. Réinvestir : la logique des 4 poches
- 4. Quelles enveloppes pour reloger 1,5 M€
- 5. Trois allocations selon votre profil
- 6. Cas chiffré : Marc, 41 ans
- 7. Fiscalité 2026 du réinvestissement
- 8. L'accompagnement Hagnéré Patrimoine
- 9. Sources, mentions et disclaimer
Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 25 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS.
Vous venez de recevoir 1,5 million d'eurosen tant que bénéficiaire d'une assurance-vie, et deux questions tournent en boucle : combien vais-je payer d'impôt et qu'est-ce que j'en fais ? Première bonne nouvelle : la fiscalité est souvent bien plus doucequ'on ne le craint. Chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € ; le conjoint et le partenaire de PACS sont totalement exonérés; et même sur un capital taxé au titre de l'article 990 I, on parle d'un prélèvement forfaitaire propre à l'assurance-vie, pas du barème des droits de succession.
La vraie question — celle que presque personne ne pose dans le feu de l'émotion — arrive juste après : un capital reçu n'est pas une cagnotte à dépenser, c'est un patrimoine à reloger. Le défunt avait choisi l'assurance-vie pour sa souplesse et son cadre de transmission. Votre mission, désormais, est de reconstituer ce même avantage à votre nom: sécuriser, faire travailler le capital et préparer la transmission à vos propres héritiers. Ce guide vous montre les deux étapes — d'abord la fiscalité réelle (990 I ou 757 B), puis le réinvestissement de 1,5 M€ selon la méthode des 4 poches que nous appliquons en cabinet pour les patrimoines de cette taille.
En 60 secondes
- Pour qui ? Vous êtes bénéficiaire d'une assurance-vie de 1 à 2 M€ et vous hésitez sur la fiscalité et le réinvestissement.
- La fiscalité : régime 990 I (primes avant 70 ans) ou 757 B (après) ; 152 500 € exonérés par bénéficiaire ; conjoint et partenaire de PACS totalement exonérés.
- Le réflexe clé : reloger le capital en 4 poches (Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide) dans des enveloppes à votre nom.
- La transmission-miroir : ouvrir une nouvelle assurance-vie avant 70 ans pour reconstituer l'avantage 990 I au profit de vos propres bénéficiaires.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres et allocations présentés sont illustratifs et non garantis: tout placement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et de l'évolution de la législation. Pour une analyse adaptée, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
Précisons d'emblée le périmètre. Cet article se place du point de vue du bénéficiaire qui a reçu le capital : que payer, puis comment réinvestir. Pour comprendre en détail commentl'assurance-vie se dénoue civilement, la rédaction de la clause bénéficiaire, le démembrement de la clause ou la question des primes manifestement exagérées, reportez-vous à notre guide de référence assurance-vie et succession. Ici, le cœur du sujet est ailleurs : le réinvestissement.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants, professions libérales et non-résidents, dont de nombreux bénéficiaires d'assurance-vie confrontés au réinvestissement d'un capital de transmission. Le cabinet applique une méthodologie CGP en 5 étapes conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
1. Recevoir 1,5 M€ d'assurance-vie : ce qui se passe vraiment
Au décès de l'assuré, le contrat d'assurance-vie ne tombe pas dans la succession comme le reste du patrimoine. Le capital est transmis directement aux bénéficiaires désignés dans la clause, en dehors des règles de dévolution successorale et de la réserve héréditaire (article L. 132-12 du Code des assurances). C'est pour cette raison que l'assurance-vie reste l'enveloppe de transmission la plus utilisée en France : le défunt a choisi qui recevrait, combien, et selon quelles modalités.
En pratique, vous n'héritez pas d'un contrat à gérer : vous recevez un capital en numéraire, versé sur votre compte. Le contrat du défunt, lui, se ferme. Vous repartez donc d'une page blanche, ce qui est à la fois une liberté (vous décidez de tout) et un risque (sans cadre, le capital se disperse).
Le dénouement de l'assurance-vie au décès de l'assuré
Le dénouement se déroule presque toujours dans le même ordre :
- L'assureur identifie les bénéficiaires à partir de la clause du contrat (et, en cas de doute, via le fichier AGIRA pour les contrats en déshérence).
- Vous constituez votre dossier : acte de décès, justificatif d'identité, RIB, et selon les cas certificat d'hérédité ou acte de notoriété.
- L'assureur calcule et prélève la fiscalité applicable (990 I ou 757 B), puis verse le capital net.
- Le versement intervient sous un mois après réception du dossier complet (article L. 132-23-1 du Code des assurances) ; au-delà, des intérêts de retard sont dus.
Point de vigilance : l'erreur n°1 du bénéficiaire
La page blanche est aussi un piège. L'erreur la plus fréquente consiste à traiter le capital reçu comme une rentrée exceptionnelle: on en consomme une partie, on garde le reste sur un livret ou un compte courant, et le pouvoir d'achat s'érode silencieusement. Sur 1,5 M€, quelques années d'immobilisme non investi représentent des dizaines de milliers d'euros de revenus et de valorisation perdus. Mieux vaut prendre le temps (rien ne presse une fois le capital versé), puis construire une allocation structurée.
Micro-cas : le conjoint bénéficiaire
Si vous êtes le conjoint survivant ou le partenaire de PACS du défunt et bénéficiaire du contrat, vous recevez les 1,5 M€ sans aucune fiscalité d'assurance-vie (exonération totale, article 796-0 bis du CGI), que les primes aient été versées avant ou après 70 ans. Dans ce cas, toute la réflexion porte sur le réinvestissement, pas sur l'impôt — et le sujet rejoint celui du veuvage et de la réorganisation patrimoniale.
Pour tous les autres bénéficiaires (enfants, neveux, tiers, etc.), une fiscalité spécifique s'applique. C'est l'objet de la section suivante — et c'est souvent là que se loge la bonne surprise.
2. La fiscalité du capital reçu en tant que bénéficiaire
Première idée reçue à tordre : le capital reçu n'est pas soumis aux droits de succession classiquessur sa part 990 I. Il relève d'une fiscalité propre à l'assurance-vie, qui dépend d'un seul critère : l'âge de l'assuré au moment où il a effectué ses versements.
Régimes 990 I et 757 B : comprendre votre situation
| Critère | Article 990 I — primes avant 70 ans | Article 757 B — primes après 70 ans |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 € par bénéficiaire | 30 500 € global (à partager entre bénéficiaires) |
| Taxation au-delà | 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % | Droits de succession de droit commun sur les primes |
| Assiette | Capital transmis (primes + gains) | Primes versées uniquement |
| Sort des gains | Inclus dans l'assiette taxable | Totalement exonérés |
| Conjoint / PACS | Exonéré (art. 796-0 bis) | Exonéré (art. 796-0 bis) |
Pour un capital issu de primes versées avant 70 ans (le cas le plus fréquent), le mécanisme du 990 I est progressif : un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 %sur la part taxable jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà. Le seuil de bascule vers la tranche à 31,25 % se situe ainsi à 852 500 € reçus par bénéficiaire (152 500 € d'abattement + 700 000 € taxés à 20 %).
Garde-fou : ne pas confondre 20 % et taux global
Sur 1,5 M€ reçus par un bénéficiaire unique, on ne paie pas « 20 % sur tout ». La part taxable de 1 347 500 € franchit le seuil de 700 000 € : les 647 500 € suivants sont taxés à 31,25 %. C'est ce qui fait passer la facture à environ 342 000 € (et non 270 000 €). En revanche, si le capital est partagé entre plusieurs bénéficiaires, chacun bénéficie de son propre abattement de 152 500 € et reste plus souvent dans la tranche à 20 % : la charge globale chute.
Pour des primes versées après 70 ans (article 757 B), la logique est inversée : un abattement global de 30 500 € à partager entre tous les bénéficiaires, puis les seules primes sont soumises aux droits de succession de droit commun — mais les gains (intérêts et plus-values) accumulés sur ces primes restent totalement exonérés. Un contrat ancien peut combiner les deux régimes selon la date de chaque versement.
L'essentiel à retenir sur la fiscalité
- Hors droits de succession : le capital échappe à la masse successorale (art. L. 132-12) et suit une fiscalité propre à l'assurance-vie.
- 990 I (avant 70 ans) : 152 500 € exonérés par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà.
- 757 B (après 70 ans) : 30 500 € d'abattement global, droits de succession sur les seules primes, gains exonérés.
- Conjoint / PACS : exonération totale, quel que soit le montant et le régime.
- Le levier oublié : plusieurs bénéficiaires = plusieurs abattements de 152 500 €, donc une charge globale bien plus faible.
Quelle est votre fiscalité réelle sur le capital reçu ?
990 I, 757 B, plusieurs bénéficiaires, primes mixtes : un conseiller calcule votre net exact et bâtit votre stratégie de réinvestissement.
3. Réinvestir intelligemment : la logique des 4 poches
Une fois le net connu, comment ne pas dilapider ce capital ? La méthode que nous appliquons en cabinet pour les patrimoines de cette taille consiste à raisonner non pas en produits, mais en quatre poches aux rôles complémentaires. Chaque poche répond à un besoin précis ; ensemble, elles forment un portefeuille équilibré qui distribue du revenu tout en se valorisant.
Poche Sécurité : retrouver un socle protégé
C'est le matelas de tranquillité. Elle vise à couvrir plusieurs années de train de vie sans dépendre des marchés : fonds euros en assurance-vie (capital garanti, disponibilité immédiate, ~2,6 % net en référence 2026, illustratif) et fonds obligataires datés, qui offrent une visibilité de rendement par le portage des titres jusqu'à leur échéance. C'est la poche qui vous permet de traverser les baisses de marché sans jamais vendre au mauvais moment.
Poche Revenu : transformer le capital en flux
Son objectif : générer des flux réguliers. On y loge des SCPI (notamment européennes, ~4,7-4,9 % de rendement en référence 2026, illustratif), des produits structurés à coupon avec protection partielle du capital, de l'infrastructure distributive, voire de la nue-propriété de SCPI à la frontière de la poche illiquide. Ces actifs convertissent le capital en revenus potentiels que vous pourrez consommer ou réinvestir.
Poche Croissance : faire fructifier sur le long terme
Le moteur de revalorisation : des ETF actions monde (indices MSCI World ou S&P 500), logés en priorité dans un PEA (exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans), puis en assurance-vie et en compte-titres une fois le PEA plafonné. Sur un horizon long, c'est cette poche qui fait croître le capital grâce à l'effet des intérêts composés — au prix d'une volatilité qu'absorbe la poche Sécurité.
Poche Illiquide : diversifier hors marchés cotés
Le private equity (non coté, ~11 % net/an en moyenne longue mais avec une forte dispersion, illustratif), la dette privée et les club dealsapportent décorrélation et prime d'illiquidité. Point clé propre aux gros patrimoines : cette poche grossit avec la taille du capital— de l'ordre de 10-15 % à 1 M€, 20-25 % à 5 M€ et 30-40 % au-delà de 10 M€, dans la logique d'un family office. Avec 1,5 M€, une dose mesurée (5 à 20 % selon le profil) suffit.
Le principe directeur
Tout converge vers une trésorerie centrale qui distribue le cash : coupons obligataires, loyers de SCPI, coupons structurés, dividendes. Vous ne vivez pas du capital, vous vivez de ses fruits— c'est ce qui rend la stratégie durable et transmissible.
4. Quelles enveloppes pour reloger 1,5 M€ (AV, PEA, CTO, capitalisation)
Les quatre poches se logent dans des enveloppesaux fiscalités différentes. Tout l'enjeu du réinvestissement, c'est de loger le bon actif dans la bonne enveloppe — c'est là que se gagne ou se perd le rendement net.
| Enveloppe | Usage privilégié | Fiscalité 2026 (synthèse) |
|---|---|---|
| Assurance-vie | Sécurité, Revenu, Croissance, transmission | Après 8 ans : abattement 4 600 / 9 200 € puis 7,5 % ou 12,8 % + 17,2 % PS |
| PEA | Croissance (ETF actions Europe / monde éligibles) | Exonéré d'IR après 5 ans ; PS 18,6 % à la sortie |
| Compte-titres (CTO) | Débordement Croissance, titres hors PEA | PFU 31,4 % sur dividendes et PV mobilières (12,8 % + 18,6 % PS) |
| Contrat de capitalisation | Capital transmissible, détention en société | Même fiscalité de rachat que l'AV ; conserve l'antériorité |
Le point le plus important vient ici : la transmission-miroir.Le défunt avait choisi l'assurance-vie pour sa souplesse et son cadre successoral. Le geste le plus payant est de reloger en priorité dans une assurance-vie à votre nom, alimentée par des versements avant vos 70 ans: vous reconstituez ainsi l'avantage de l'article 990 I (152 500 € exonérés par bénéficiaire) au profit de vos propres enfants. Rédigez une clause bénéficiaire sur mesure plutôt que la mention standard, et coordonnez-la avec vos donations et le démembrement de propriété. Pour la poche retraite, le PER peut compléter le dispositif si votre tranche marginale le justifie.
La transmission-miroir en une phrase
Vous avez reçu un capital parce qu'un proche avait, de son vivant, alimenté une assurance-vie avant 70 ans. En faisant exactement la même chose à votre nom, vous offrez à vos propres enfants le même cadeau fiscal : 152 500 € exonérés chacunau titre de l'article 990 I. Le capital de transmission se transmet… en restant un capital de transmission.
5. Trois allocations selon votre profil de risque
La répartition entre les quatre poches dépend de votre horizon, de vos besoins de revenus et de votre tolérance au risque. Voici trois allocations-types pour 1,5 M€. Les rendements cibles sont illustratifs et non garantis ; tout placement comporte un risque de perte en capital.
Comment lire ces objectifs de rendement
Les objectifs ~3 %, ~5 % et ~7 %+ sont des moyennes nettes visées sur le long terme, selon le profil et l'horizon — pas une promesse annuelle. Une année donnée peut être nettement supérieure ou inférieure (voire négative) : plus la poche Croissance et la poche Illiquide pèsent, plus le rendement potentiel monte, mais plus la volatilité et le risque de perte en capital augmentent aussi. Ces allocations sont des points de départ pédagogiques, à personnaliser après un bilan patrimonial.
| Poche | Prudent (~3 % net) | Équilibré (~5 % net) | Dynamique (~7 %+ net) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 55 % | 30 % | 15 % |
| Revenu | 25 % | 30 % | 20 % |
| Croissance | 15 % | 30 % | 45 % |
| Illiquide | 5 % | 10 % | 20 % |
Profil Prudent (~3 % net/an)
Pour un bénéficiaire qui veut avant tout sécuriser le capital reçu. La poche Sécurité pèse ~55 % : 35 % de fonds euros en assurance-vie (capital garanti, disponibilité) et 20 % d'obligataire daté pour la visibilité de rendement. Poche Revenu ~25 % : 15 % de SCPI européennes en assurance-vie et 10 % de produits structurés à coupon avec protection partielle. Poche Croissance ~15 % : ETF actions monde logé en PEA puis assurance-vie, qui fait monter doucement la valeur du portefeuille. Poche Illiquide ~5 % : une dose d'or ou de nue-propriété de SCPI. Ici, le rendement vient surtout des coupons, des loyers et des coupons structurés, la croissance des actions faisant le complément. Vous recréez ainsi, à votre nom et avec une nouvelle clause bénéficiaire, le même dispositif que celui que le défunt avait mis en place. Et au fur et à mesure que votre horizon s'allonge et que vous prenez vos marques, rien n'empêche de basculer quelques points de Sécurité vers Croissance.
Profil Équilibré (~5 % net/an)
Pour un bénéficiaire avec un horizon de plusieurs années. Poche Sécurité ~30 % : 18 % de fonds euros et 12 % d'obligataire daté. Poche Revenu ~30 % : 18 % de SCPI européennes et 12 % de structures à coupon, socle de revenus potentiels. Poche Croissance ~30 % : 22 % d'ETF actions monde en PEA et assurance-vie et 8 % de fonds actions diversifiés. Poche Illiquide ~10 % : 6 % de private equity (non coté) et 4 % d'or ou d'infrastructure, qui apportent décorrélation et prime d'illiquidité. Loyers, coupons et hausse des actions se conjuguent, avec en plus l'effet de la capitalisation au sein de l'assurance-vie et du PEA. On reloge en priorité dans une assurance-vie à son nom (régime 990 I si versements avant 70 ans) et l'on remplit le PEA pour l'exonération d'IR à 5 ans. Avec le temps, la poche Illiquide peut croître vers 12-15 % et la Croissance absorber une partie de la Sécurité : le portefeuille devient plus solide année après année.
Profil Dynamique (~7 %+ net/an)
Pour un bénéficiaire jeune ou disposant déjà de revenus suffisants. Poche Sécurité ~15 % : 10 % de fonds euros et 5 % d'obligataire daté, matelas de liquidité. Poche Revenu ~20 % : 12 % de SCPI européennes et 8 % de structures à coupon. Poche Croissance ~45 % : 32 % d'ETF actions monde (MSCI World / S&P 500) en PEA, assurance-vie et compte-titres, et 13 % de fonds actions de conviction. Poche Illiquide ~20 % : 12 % de private equity (non coté), 5 % de dette privée et 3 % d'or, logés en assurance-vie (éventuellement luxembourgeoise pour la palette d'actifs). L'essentiel du rendement vient de la hausse des actions capitalisée et du surcroît attendu sur le non coté. Le capital reçu, déjà exonéré ou faiblement taxé, est réinjecté dans des enveloppes capitalisantes pour maximiser l'effet des intérêts composés sur la durée. Avec le temps, le profil sécurise progressivement ses plus-values vers la poche Sécurité à l'approche d'objectifs concrets ; et tant que l'échéance reste lointaine, il garde une forte part d'actions et de non coté.
Quelle allocation pour vos 1,5 M€ ?
Prudent, équilibré ou dynamique : un conseiller Hagnéré Patrimoine construit votre allocation poche par poche, en fonction de votre horizon et de ce que vous voulez transmettre.
6. Exemple chiffré : réinvestir 1,5 M€ reçus d'une assurance-vie
Cas illustratif — Marc, 41 ans. Marc reçoit 1 500 000 €en tant que bénéficiaire de l'assurance-vie de son père (versements effectués avant 70 ans, régime 990 I). Marc est bénéficiaire unique. Voici d'abord la fiscalité réelle, puis le réinvestissement.
Étape 1 — Fiscalité 990 I (bénéficiaire unique)
Capital recu = 1 500 000 EUR Abattement (art. 990 I) - 152 500 EUR = Base taxable = 1 347 500 EUR Tranche a 20 % (0 -> 700 000) = 140 000 EUR Tranche a 31,25 % (647 500) = 202 344 EUR = Prelevement total ~ 342 000 EUR Capital NET ~ 1 158 000 EUR
Pour un beneficiaire unique, la part au-dela de 700 000 EUR taxable bascule a 31,25 % : ne pas raisonner a 20 % sur la totalite. Si le capital etait partage entre plusieurs beneficiaires, chacun aurait son abattement de 152 500 EUR et la charge serait nettement plus faible. Chiffres illustratifs.
Marc dispose donc d'environ 1,16 M€ net. Pour l'illustration du réinvestissement, et afin de raisonner sur un chiffre rond, prenons l'hypothèse d'un capital placé d'environ 1 230 000 €(cas d'un partage ayant allégé la fiscalité, ou d'un apport complémentaire). Marc opte pour un profil Équilibré (~5 % net).
Étape 2 — Réinvestissement profil Équilibré (hypothèse ~1 230 000 EUR)
Securite 30 % ~ 369 000 EUR (fonds euros + obligataire date) Revenu 30 % ~ 369 000 EUR (SCPI europeennes + structures a coupon) Croissance 30 % ~ 369 000 EUR (ETF actions monde, PEA + AV) Illiquide 10 % ~ 123 000 EUR (private equity + or) ----------------------------------------------------------- Total ~ 1 230 000 EUR Rendement cible ~5 % net -> ~ 61 000 EUR / an (flux : loyers, coupons + valorisation actions et non cote)
Chiffres illustratifs et non garantis : tout placement comporte un risque de perte en capital. La progression annuelle melange revenus distribues et valorisation latente, elle n est ni lineaire ni acquise.
En complément, Marc ouvre une assurance-vie à son nom avec une clause bénéficiaire au profit de ses enfants (il reconstitue l'avantage 990 I pour la génération suivante) et remplit son PEApour viser l'exonération d'IR à 5 ans sur la poche Croissance. Il vit des revenus du capital sans jamais y toucher.
Hypothèses explicites
Cas pédagogique. Le calcul fiscal suppose un bénéficiaire unique et des primes intégralement versées avant 70 ans. Les rendements (~2,6 % fonds euros, ~4,7-4,9 % SCPI, ~11 % private equity en moyenne longue) sont des références illustratives, non garanties, avec risque de perte en capital. Votre situation réelle dépend du nombre de bénéficiaires, de la date des versements, de votre fiscalité personnelle et des marchés.
7. Fiscalité 2026 du réinvestissement
Il faut distinguer deux temps fiscaux. À la réception, le capital subit la fiscalité spécifique de l'assurance-vie (990 I ou 757 B, voir section 2). Une fois réinvesti, le capital suit la fiscalité de chaque enveloppe — et un détail change tout en 2026 : les prélèvements sociaux ne sont plus uniformes, c'est la dualité des prélèvements sociaux.
| Support / revenu | Impôt | Prélèvements sociaux | Total |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie (rachat > 8 ans, après abattement) | 7,5 % ou 12,8 % | 17,2 % | 24,7 % ou 30 % |
| PEA (sortie > 5 ans) | 0 % | 18,6 % | 18,6 % |
| Dividendes / PV mobilières (CTO) | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Fonds euros (intérêts via rachat AV) | 7,5 % ou 12,8 % | 17,2 % | 24,7 % ou 30 % |
| Revenus fonciers (SCPI en direct) | Barème IR | 17,2 % | Variable |
Concrètement : le PFU reste à 30 %sur l'assurance-vie (12,8 % + 17,2 %), mais grimpe à 31,4 %sur les dividendes et plus-values mobilières hors enveloppe (12,8 % + 18,6 % depuis la hausse de CSG de la LFSS 2026). D'où l'intérêt de placer les actions en PEA(exonéré d'IR après 5 ans) ou en assurance-vie, plutôt que sur un compte-titres nu.
Et l'IFI ?
Si, après réinvestissement, votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 €au 1er janvier, vous devenez redevable de l'impôt sur la fortune immobilière (barème par tranches jusqu'à 1,5 %). Seule la fraction immobilière de vos contrats entre dans l'assiette (unités de compte SCPI ou immobilières, article 972) ; les fonds euros, ETF actions et private equity non immobilier en sont exclus. La nue-propriété de SCPI permet de sortir temporairement la valeur correspondante de l'assiette IFI.
8. L'accompagnement Hagnéré Patrimoine
Toucher 1,5 M€ d'assurance-vie, c'est un tournant : la fiscalité doit être chiffrée précisément (régime, nombre de bénéficiaires, primes mixtes), puis le capital relogé sans précipitation, poche par poche, dans des enveloppes à votre nom. Une décision prise dans l'émotion ou sur les conseils d'un seul distributeur peut coûter cher, en impôt qu'on aurait pu éviter comme en occasions ratées.
Chez Hagnéré Patrimoine, nous suivons les bénéficiaires de bout en bout : on chiffre le net réel, on monte la poche Sécurité, on bâtit l'allocation, on rouvre une assurance-vie avec une clause adaptée, on pilote l'IFI et on coordonne le tout avec vos donations. On ne pousse aucun produit maison : on raisonne en classes d'actifs et en enveloppes, point. Pour approfondir, voyez aussi nos guides hériter d'1 million d'euros, hériter de 5 M€ et retransmettre et placer 1 million d'euros. Si votre situation découle d'un veuvage ou d'une séparation, consultez nos guides dédiés au veuvage et à la prestation compensatoire.
Vous avez reçu une assurance-vie et hésitez sur la suite ?
Un conseiller Hagnéré Patrimoine fait le point sur votre fiscalité et construit l'allocation qui vous correspond pour replacer ce capital. Réservez un échange, sans engagement.
9. Sources, mentions et disclaimer
Sources et références mobilisées dans ce guide
- CGI art. 990 I — assurance-vie, primes versées avant 70 ans (abattement 152 500 € / bénéficiaire, 20 % puis 31,25 %)
- CGI art. 757 B — assurance-vie, primes versées après 70 ans (abattement global 30 500 €)
- CGI art. 796-0 bis — exonération du conjoint et du partenaire de PACS
- Code des assurances art. L. 132-12 — capital transmis hors succession
- Code des assurances art. L. 132-23-1— délai d'un mois pour le versement
- CGI art. 125-0 A— fiscalité des rachats d'assurance-vie (abattement après 8 ans)
- CGI art. 200 A — prélèvement forfaitaire unique (PFU)
- CGI art. 964 à 977 — impôt sur la fortune immobilière (seuil 1 300 000 €)
- CGI art. 972— assiette IFI des contrats d'assurance-vie (fraction immobilière)
- impots.gouv.fr— fiscalité du capital décès d'une assurance-vie
- service-public.fr— plan d'épargne en actions (PEA)
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — LFSS 2026 (CSG +1,4 pt sur dividendes, intérêts, PV mobilières, PEA)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 — loi de finances pour 2026
Mise à jour : 22 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), Code des assurances, BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr, service-public.fr. Les chiffres, taux et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 22 juin 2026 et intègrent la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les allocations, rendements et cas chiffrés sont illustratifs et non garantis : tout placement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle. Pour une recommandation adaptée, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP) — siège social 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry.

