Optimisez votre assurance-vie avec un expert indépendant
Choix du contrat, clause bénéficiaire, fonds euros, unités de compte et fiscalité : nous vous aidons à structurer une assurance-vie cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie et structuration patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants, familles et dirigeants sur la sélection de contrats d'assurance-vie, la rédaction des clauses bénéficiaires et l'articulation avec la transmission et la fiscalité.
Sommaire
- 1. Introduction : prendre le temps
- 2. Réorganiser 2 M sans se précipiter
- 3. Reconstituer le patrimoine du survivant
- 4. Double mission : se protéger ET transmettre
- 5. Les outils de transmission
- 6. AV luxembourgeoise et contrat de capitalisation
- 7. Trois allocations selon votre profil
- 8. Exemple chiffré : 2 M réorganisés
- 9. Fiscalité 2026 : succession, AV, transmission
- 10. L'accompagnement Hagnéré Patrimoine
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 16 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291.
Perdre son conjoint, c'est d'abord un deuil. Et au milieu de cette épreuve, des courriers d'assureurs, de notaire et de banque arrivent, parlant de capitaux, de comptes, de successions. Si vous lisez ces lignes, c'est probablement que vous vous demandez que faire du capital reçu après un décès— souvent une somme importante, ici de l'ordre de 2 millions d'euros, composée du capital de l'assurance-vie de votre époux ou épouse, des liquidités des comptes et de votre part de la résidence.
La première chose à savoir, qui apaise
Le conjoint marié (et le partenaire de PACS) est totalement exonéré de droits de succession, sans aucun plafond, depuis la loi TEPA de 2007 (art. 796-0 bis du CGI). Cette exonération vaut aussi pour l'assurance-vie reçue du défunt : vous percevez 100 % du capital, quel que soit le montant. Et sur le plan des placements, rien ne presse. Vous avez le temps de réfléchir, de vous faire conseiller, et de décider sereinement.
La tension qui traverse cette période est réelle : d'un côté, il ne faut prendre aucune décision précipitéesous le coup de l'émotion ; de l'autre, il ne faut pas non plus laisser dormir 2 millions d'euros sur un compte courant, où l'inflation les grignote silencieusement. Entre ces deux écueils, il existe un chemin : sécuriser d'abord, puis réorganiser méthodiquement, à votre rythme.
La promesse de ce guide est simple : avec un cadre simple à suivre — celui des 4 poches—, 2 millions d'euros permettent de financer un train de vie confortable (une rente soutenable de 3 à 5 % net, soit de l'ordre de 48 000 à 80 000 € par an) tout en préparant une transmission optimisée à vos enfants (abattement de 100 000 € par enfantrenouvelable tous les 15 ans, donation en nue-propriété, clause bénéficiaire d'assurance-vie). Ces deux objectifs, souvent vécus comme contradictoires, sont en réalité complémentaires — à condition de bien distinguer ce que vous recevez (déjà exonéré) de ce que vous transmettrez ensuite.
Ce guide est centré sur la réorganisation financière du capital et sur la transmission aux enfants. Pour tout ce qui relève des droits civilsdu conjoint survivant (option entre usufruit et quart en pleine propriété, droit d'usage de la résidence, ordre des héritiers), reportez-vous à notre guide dédié, la succession du conjoint survivant. Ici, nous partons du moment où le capital vous appartient et où la question devient : comment le faire travailler, et comment le transmettre ?
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants, professions libérales et non-résidents. Le cabinet intervient avec tact dans les situations sensibles — veuvage, succession, divorce — pour structurer revenus et transmission selon une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA.
1. Introduction : prendre le temps avant d'agir
En cabinet, les dossiers de veuvage se ressemblent dans leur émotion, mais aussi dans leurs erreurs. La plus fréquente, c'est de réinvestir trop vite, sur les conseils bien intentionnés mais inadaptés d'un proche ou d'un guichet, dans un produit unique et mal diversifié. À l'opposé, il y a la sidération : tout se fige pendant des années, et 2 millions d'euros perdent du pouvoir d'achat sur un livret.
En pratique, ces deux objectifs — vivre sereinement de son patrimoine, le transmettre à ses enfants dans de bonnes conditions — ne s'opposent pas autant qu'on le croit. Une méthode claire permet de les tenir ensemble : c'est l'approche par poches, que nous détaillons plus bas. Elle rend l'équilibre revenus / transmission concret et pilotable.
2. Veuvage : réorganiser 2 M sans se précipiter
Un patrimoine ne fond pas en quelques mois. À l'inverse, une décision d'investissement prise dans la précipitation peut coûter des dizaines de milliers d'euros et bloquer le capital pendant des années. La première règle, donc : dissocier le temps de la sécurisation (immédiat) et le temps de la réorganisation (différé de plusieurs mois).
Le délai de réflexion : ne rien décider dans l'urgence
Dans les premières semaines, l'objectif n'est pas de faire fructifier le capital, mais de le mettre à l'abri sans le bloquer : supports sans risque, liquidité immédiate, aucun engagement de long terme. Cette attente n'est pas de la passivité : c'est le temps de comprendre ce que vous détenez avant d'engager quoi que ce soit. Le seul vrai calendrier contraint est celui de la succession (la déclaration se dépose dans les six mois du décès en France) ; celui des placements, lui, vous appartient.
Les deux erreurs miroir à éviter
- Réinvestir trop vite :signer un produit unique (un seul immeuble, une seule SCPI, un contrat poussé au guichet) sous le coup de l'émotion, sans diversification ni cohérence d'ensemble.
- Ne rien faire pendant des années :laisser 2 M€ sur des comptes peu ou pas rémunérés, où l'inflation érode le pouvoir d'achat chaque année.
Entre les deux : sécuriser maintenant, puis se donner 6 à 12 mois, accompagné, pour bâtir l'allocation.
Le seul vrai compte à rebours : la succession
Distinguez deux calendriers. Celui de la succession est contraint : la déclaration se dépose dans les six moisdu décès (un an pour un décès à l'étranger), et c'est le notaire qui en a la charge. Celui des placements, en revanche, ne connaît aucune échéance : vous pouvez laisser vos liquidités au repos plusieurs mois sans pénalité. Ne confondez pas l'urgence administrative de la succession avec une prétendue urgence à réinvestir — la seconde n'existe pas.
Une fois ce temps de respiration pris, on peut construire. Et pour construire, il faut d'abord savoir précisément de quoi se compose le patrimoine que vous venez de reconstituer.
3. Reconstituer le patrimoine du conjoint survivant
Avant toute décision, dressez la cartographie de ce que vous détenez désormais en propre. Au décès, plusieurs sources se combinent : le capital de l'assurance-vie dont vous étiez bénéficiaire, votre part des comptes et des liquidités, et votre part de la résidence ainsi que des éventuels biens immobiliers, selon votre régime matrimonial. C'est ce total — autour de 2 millions d'euros dans notre cas — qui constitue la base à réorganiser.
Le sort de l'assurance-vie du défunt et des comptes communs
L'assurance-vie du défunt dont vous étiez le ou la bénéficiaire est dénouée par le décès : la compagnie vous verse le capital, le contrat se ferme. Ce capital vous appartient en pleine propriété, et, surtout, il vous revient net de toute fiscalité: en tant que conjoint ou partenaire de PACS, les régimes 990 I (abattement de 152 500 €) et 757 B ne vous sont pas applicables. Vous touchez l'intégralité, quel que soit le montant et l'âge auquel les primes ont été versées.
Côté comptes, la mécanique diffère. Les comptes individuels du défunt sont bloqués jusqu'au règlement de la succession. Le compte joint, lui, continue en principe de fonctionner au nom du co-titulaire survivant, sauf opposition d'un héritier ; une fraction des sommes (selon le régime matrimonial) entre néanmoins dans l'actif successoral. Là encore, votre part vous revient sans droits de succession.
Bonne pratique : réveiller le capital, pas le bloquer
Le capital d'assurance-vie qui vous est versé n'a plus d'antériorité fiscale : il devient de l'argent disponible. Le bon réflexe est de le replacer sur vos propres enveloppes (votre assurance-vie, un contrat de capitalisation, un PEA) pour démarrer ou recharger votrecompteur des 8 ans, plutôt que de le laisser dormir. Si vous possédez déjà des contrats anciens, conservez-les pour profiter de l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) après 8 ans.
Faire le point sur votre situation, sans pression
Un conseiller Hagnéré Patrimoine vous accompagne avec tact pour reconstituer votre patrimoine et clarifier ce qui vous revient, avant toute décision.
4. La double mission : se protéger soi-même ET transmettre aux enfants
Beaucoup de veufs et de veuves vivent une tension intérieure : « Si je donne à mes enfants, vais-je manquer ? Si je garde tout pour vivre, vais-je leur laisser un patrimoine lourdement taxé ? » La réponse patrimoniale est qu'il ne s'agit pas d'un arbitrage binaire. Avec 2 millions d'euros, on peut largement financer son train de vie etorganiser une transmission optimisée. Encore faut-il une structure qui rende l'arbitrage concret.
Les 4 poches au service d'un équilibre revenus / transmission
La méthode des 4 poches consiste à répartir le capital selon sa fonction, et non selon les produits. Chaque poche a un rôle précis ; ensemble, elles concilient sécurité, revenus, croissance et transmission.
| Poche | Rôle | Classes d'actifs typiques | Au service de |
|---|---|---|---|
| Sécurité | Protéger le train de vie (≈ 3 ans de dépenses) | Fonds euros, liquidités | Vous (revenus) |
| Revenu | Générer des flux réguliers | SCPI européennes, structurés à coupon, obligataire daté | Vous (revenus) |
| Croissance | Valoriser le capital sur le long terme | ETF actions monde (MSCI World / S&P 500) | Les enfants (transmission) |
| Illiquide | Capter la prime du non coté, décorréler | Private equity, dette privée, nue-propriété de SCPI | Les enfants (transmission) |
Un principe de bon sens guide le dimensionnement de la poche Illiquide : elle grossit avec le patrimoine. Autour de 10 à 15 % pour 1 M€, 20 à 25 % vers 5 M€, et jusqu'à 30-40 % au-delà de 10 M€, dans une logique de family office. À 2 M€, on se situe dans le bas de cette échelle, avec une poche Illiquide mesurée.
L'essentiel : deux poches pour vous, deux poches pour eux
Retenez cette lecture simple. Les poches Sécurité et Revenu (≈ 60 à 80 % selon le profil) travaillent pour vous : elles financent votre train de vie par des flux réguliers et un capital disponible. Les poches Croissance et Illiquide travaillent pour vos enfants: elles valorisent dans la durée le capital destiné à la transmission, dans des enveloppes (assurance-vie, contrat de capitalisation) qui en optimisent le passage. Revenus d'aujourd'hui et héritage de demain ne se disputent pas le même euro : ils occupent des poches différentes.
Poche Sécurité et Revenu : assurer son train de vie
Ces deux poches forment le socle de votre tranquillité. La poche Sécurité(fonds euros, liquidités) garantit le capital et la disponibilité immédiate : c'est votre coussin, l'équivalent de plusieurs années de dépenses, qui vous met à l'abri de tout besoin de vendre au mauvais moment. La poche Revenu(SCPI européennes logées en assurance-vie, produits structurés à coupon avec protection partielle, obligataire daté à coupons connus) produit les flux qui complètent vos ressources. Loyers et coupons s'ajoutent aux rachats partiels d'assurance-vie pour financer le quotidien sans entamer le cœur du patrimoine.
Poche Croissance et Illiquide : préparer la transmission
Les deux poches suivantes regardent vers l'avenir. La poche Croissance(ETF actions monde diversifiés) fait croître le capital destiné aux enfants sur un horizon long : c'est le moteur de long terme, dont la performance se transmet ensuite via la clause bénéficiaire de l'assurance-vie. La poche Illiquide (private equity, dette privée, nue-propriété de SCPI) apporte une brique décorrélée, fiscalement optimisée pour la transmission : la nue-propriété, en particulier, constitue souvent la première brique de transmission à fiscalité douce, comme nous le verrons. Tout converge vers une trésorerie centrale qui distribue le cash quand vous en avez besoin.
5. Les outils de transmission : démembrement, AV, donations
Il faut bien distinguer deux étagesde transmission, que l'on confond souvent. Le premier, du défunt vers vous, est déjà acquis et totalement exonéré. Le second, de vous vers vos enfants, est celui que vous allez maintenant organiser — et c'est là que jouent les outils ci-dessous.
1. La donation classique.Chaque parent peut donner 100 000 € par enfant en franchise totale de droits, et ce compteur se recharge tous les 15 ans (art. 779 et 784 du CGI). Pour une veuve avec deux enfants, c'est déjà 200 000 € transmis sans droits par cycle. Donner régulièrement, c'est purger la base taxable par tranches successives.
2. La donation en nue-propriété (démembrement). Vous donnez à vos enfants la nue-propriété d'un actif (parts de SCPI, immobilier) tout en conservant l'usufruit, donc les revenus et la jouissance. L'assiette des droits est calculée sur la seule nue-propriété, selon le barème de l'art. 669 lié à votre âge.
| Âge de l'usufruitier (donateur) | Valeur usufruit | Valeur nue-propriété |
|---|---|---|
| 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
L'atout est double : l'assiette taxable est réduite, et à votre décès, l'usufruit s'éteint et rejoint la nue-propriété des enfants sans aucun droit supplémentaire (art. 1133 du CGI). Pour approfondir le mécanisme, voyez nos guides donation avec démembrement 2026 et le démembrement de propriété.
3. La clause bénéficiaire de l'assurance-vie. En désignant vos enfants comme bénéficiaires de vos contrats, vous leur transmettez hors succession, dans les limites des régimes 990 I (versements avant vos 70 ans : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire) et 757 B (après 70 ans : abattement global de 30 500 €, les gains restant exonérés). La rédaction de la clause est décisive : ne la laissez jamais « par défaut ».
Point de vigilance : ouvrir de nouveaux contrats avant 70 ans
L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire de l'article 990 I ne joue que pour les primes versées avant vos 70 ans. Après cet âge, vos versements basculent sous le régime 757 B, nettement moins généreux (abattement global de 30 500 € seulement, même si les gains, eux, restent exonérés). Concrètement, pour une veuve ou un veuf de 63 ans, ouvrir ou alimenter ses propres contrats maintenant, dans la fenêtre avant 70 ans, est l'un des leviers de transmission les plus puissants — et l'un de ceux que l'on regrette le plus d'avoir laissés passer. Le réinvestissement du capital reçu est précisément l'occasion de le faire.
L'enchaînement gagnant
Combinez les trois : donations de 100 000 € pour purger régulièrement la base, donation en nue-propriété pour transmettre de gros actifs avec une assiette réduite tout en gardant les revenus, et clause bénéficiaire d'assurance-vie pour faire passer la poche Croissance aux enfants. Trois leviers complémentaires, à activer dans le temps.
6. L'assurance-vie luxembourgeoise et le contrat de capitalisation
Pour un patrimoine de cette taille, deux enveloppes changent la donne : l'assurance-vie luxembourgeoise (sécurité et souplesse) et le contrat de capitalisation (transmission).
L'assurance-vie luxembourgeoisen'offre aucun avantage de barème pour un résident français : la fiscalité est strictement identique à celle d'un contrat français (neutralité fiscale). Ce qui change, c'est la structure: une sécurité renforcée (triangle de sécurité qui ségrègue vos actifs, super-privilège du souscripteur en cas de défaillance de l'assureur), une architecture ouverte donnant accès à une large palette d'actifs (private equity, dette privée, titres vifs via les fonds dédiés FID/FAS), le multidevises, et la possibilité d'un crédit lombard. Au-delà de 250 000 à 500 000 € par contrat, elle devient pertinente pour un patrimoine appelé à passer aux générations suivantes. Notre guide sur l'assurance-vie luxembourgeoise détaille ces mécanismes.
Le contrat de capitalisation, lui, a un atout que l'assurance-vie n'a pas en transmission. Contrairement à l'assurance-vie, qui se dénoue au décès, le contrat de capitalisation peut être donné du vivant (ou transmis par succession) en conservant son antériorité fiscale— sa date d'ouverture. L'enfant reçoit donc un contrat déjà « vieux » fiscalement. Il relève des droits de mutation de droit commun (abattement 100 000 €, barème en ligne directe), et non des régimes 990 I / 757 B réservés à l'assurance-vie. On peut même le donner en nue-propriété, comme l'explique notre guide sur la donation en nue-propriété d'un contrat de capitalisation.
Le bon réflexe : combiner les deux enveloppes
Logez la croissance et le non coté dans l'assurance-vie (transmission via la clause bénéficiaire, abattement 990 I), et utilisez le contrat de capitalisation pour donner l'enveloppe elle-même de votre vivant en conservant l'antériorité. On ne choisit pas entre les deux : on les empile.
7. Trois allocations selon votre profil de risque
Il n'existe pas une allocation unique : tout dépend de votre besoin de revenus, de votre horizon et de votre tolérance au risque. Voici trois profils types, déclinant la méthode des 4 poches. Les rendements cités sont des références illustratives, non garanties, avec risque de perte en capital.
Profil Prudent — objectif ~3 % net/an
Centré sur la sécurité du conjoint survivant et une transmission progressive. Le rendement provient des loyers, des coupons et des fonds euros — suffisant pour vivre sans entamer le capital. Dans le temps, on organise des donations régulières et l'on démembre certains actifs pour transmettre la nue-propriété tout en conservant l'usufruit et les revenus.
| Poche | Part | Détail | Enveloppe |
|---|---|---|---|
| Sécurité | ≈ 50 % | 35 % fonds euros + 15 % obligataire daté | Assurance-vie + contrat de capitalisation |
| Revenu | ≈ 30 % | 20 % SCPI européennes + 10 % structurés à coupon (protection partielle) | Assurance-vie |
| Croissance | ≈ 15 % | ETF actions monde | Assurance-vie |
| Illiquide | ≈ 5 % | Nue-propriété de SCPI ou or | Direct / AV |
Profil Équilibré — objectif ~5 % net/an
Pour un survivant qui veut à la fois des revenus confortables et faire croître la part destinée aux enfants. Le rendement combine loyers, coupons et appréciation des actions. Au fil du temps, la nue-propriété des actifs est progressivement donnée aux enfants, tandis que la croissance du portefeuille se transmet via la clause bénéficiaire de l'assurance-vie.
| Poche | Part | Détail | Enveloppe |
|---|---|---|---|
| Sécurité | ≈ 30 % | 18 % fonds euros + 12 % obligataire daté | Assurance-vie + capitalisation |
| Revenu | ≈ 30 % | 18 % SCPI européennes + 12 % structurés à coupon | Assurance-vie |
| Croissance | ≈ 28 % | 20 % ETF actions monde + 8 % fonds actions diversifiés | Assurance-vie + PEA |
| Illiquide | ≈ 12 % | 7 % private equity + 5 % nue-propriété de SCPI | AV luxembourgeoise / capitalisation |
Profil Dynamique — objectif ~7 %+ net/an
Pertinent quand le survivant dispose déjà de revenus suffisants par ailleurs et privilégie la croissance du capital à transmettre. Le rendement repose sur la capitalisation des actions et la prime du non coté. La transmission s'organise par donations en nue-propriété et par la clause bénéficiaire ; le contrat luxembourgeois offre ici une grande souplesse de gestion et une sécurité renforcée (triangle de sécurité, super-privilège) sur un patrimoine appelé à passer aux générations suivantes.
| Poche | Part | Détail | Enveloppe |
|---|---|---|---|
| Sécurité | ≈ 15 % | 10 % fonds euros + 5 % obligataire daté | Assurance-vie |
| Revenu | ≈ 20 % | 12 % SCPI européennes + 8 % structurés à coupon | Assurance-vie |
| Croissance | ≈ 40 % | 28 % ETF actions monde (MSCI World / S&P 500) + 12 % fonds actions de conviction | PEA + AV + compte-titres |
| Illiquide | ≈ 25 % | 14 % private equity + 6 % dette privée + 5 % infrastructure | AV luxembourgeoise (FID/FAS), crédit lombard possible |
Comment lire ces projections (note de méthode)
Les pourcentages de rendement (~3 %, ~5 %, ~7 %+) sont des objectifs illustratifs, non des promesses. Ils dépendent du profil, de l'horizon de placement et des conditions de marché, et chaque poche porte son propre risque : capital garanti sur les fonds euros, mais volatilité sur les actions et illiquidité sur le non coté. Plus vous chargez les poches Croissance et Illiquide, plus le rendement espéré grimpe — et plus vous pouvez perdre à court terme. L'objectif n'est pas de maximiser le rendement : c'est de couvrir le revenu dont vous avez réellement besoin, puis de placer le surplus en croissance pour les enfants. Pour calibrer le flux de revenus visé, notre guide devenir rentier détaille la notion de taux de retrait soutenable.
Quel profil pour votre situation ?
Le bon profil dépend de votre besoin de revenus, de votre âge et de vos objectifs de transmission. Un conseiller construit avec vous l'allocation adaptée.
8. Exemple chiffré : 2 M réorganisés après un veuvage
Hélène, 63 ans, veuve, deux enfants.Au total, elle reçoit 2 000 000 € : le capital de l'assurance-vie de son époux, les liquidités des comptes et sa part de la résidence. Elle conserve sa résidence principale (rien ne presse) et décide de placer 1 600 000 € selon le profil Équilibré.
Répartition indicative des 1 600 000 € placés (profil Équilibré)
Sécurité (30 %) ......... 480 000 € (fonds euros + obligataire daté)
Revenu (30 %) ......... 480 000 € (SCPI + structurés à coupon)
Croissance (28 %) ......... 448 000 € (ETF actions monde + fonds diversifiés)
Illiquide (12 %) ......... 192 000 € (private equity + nue-propriété SCPI)
─────────
Total placé ............... 1 600 000 € (+ résidence conservée)Répartition illustrative, non garantie. La résidence principale reste hors de ce calcul financier.
À environ 5 % net, le portefeuille peut produire de l'ordre de 80 000 € par anentre flux (loyers de SCPI, coupons) et progression de la valeur. Une partie de ces ressources couvre son train de vie, notamment via des rachats partiels d'assurance-vie (fiscalité douce après 8 ans). Le cœur du capital, lui, n'est pas entamé.
En parallèle, Hélène organise la transmission. Chaque cycle de quelques années, elle donne à ses deux enfants la nue-propriété de parts de SCPI, dans la limite des abattements. Voici la mécanique pour une tranche de 100 000 € de parts par enfant :
Donation en nue-propriété de SCPI — Hélène, 63 ans (par enfant)
Valeur des parts en pleine propriété ........ 100 000 € Barème art. 669 à 63 ans : NP = 60 % ........ 60 000 € (assiette taxable) Abattement parent → enfant (art. 779) ....... 100 000 € Base taxable après abattement ............... 0 € Droits de donation .......................... 0 €
Hélène conserve l'usufruit (les loyers des SCPI) jusqu'à son décès, où l'usufruit s'éteint sans droits (art. 1133). Chiffres illustratifs.
Résultat : Hélène transmet 100 000 € de parts à chaque enfant sans aucun droit, tout en continuant à percevoir les loyers. L'abattement se rechargeant tous les 15 ans, elle peut répéter l'opération. Quant à la poche Croissance, elle se transmettra plus tard via la clause bénéficiaire de son assurance-vie.
Hypothèses explicites
Cas illustratif et simplifié. Le rendement de 5 % net n'est pas garanti et suppose une exposition au risque (actions, non coté, immobilier). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de la situation individuelle et de l'évolution de la législation.
9. Fiscalité 2026 : succession, AV et transmission
Récapitulons la fiscalité applicable, en distinguant bien les deux étages déjà évoqués. Données indicatives 2026.
Étage 1 — ce que vous recevez (déjà acquis, exonéré). En tant que conjoint survivant, vous êtes totalement exonéré de droits de succession, y compris sur l'assurance-vie du défunt (loi TEPA, art. 796-0 bis du CGI). Les régimes 990 I et 757 B ne vous concernent pas pour ce que vous percevez.
Étage 2 — ce que vous transmettez aux enfants. C'est là que la fiscalité s'organise :
| Dispositif | Règle 2026 | Référence |
|---|---|---|
| Donation ligne directe | Abattement 100 000 € par enfant, renouvelable tous les 15 ans | art. 779 et 784 CGI |
| Donation en nue-propriété | Assiette réduite selon le barème de l'usufruit lié à l'âge (60 % à 63 ans) | art. 669 CGI |
| AV — primes versées avant 70 ans | Abattement 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % | art. 990 I CGI |
| AV — primes versées après 70 ans | Abattement global 30 500 € ; les gains restent exonérés | art. 757 B CGI |
| Contrat de capitalisation | Se transmet en conservant l'antériorité fiscale ; DMTG de droit commun | BOFiP ENR-DMTG |
La dualité des prélèvements sociaux 2026 : ne pas appliquer un taux unique
Beaucoup de clients pensent qu'un seul taux de prélèvements sociaux s'applique partout. C'est faux. Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), il faut distinguer selon la nature du revenu.
| Nature du revenu / enveloppe | PS 2026 | PFU total |
|---|---|---|
| Assurance-vie, contrat de capitalisation, SCPI, revenus fonciers, PV immobilières, PEL | 17,2 % (maintenu) | 30 % sur l'AV |
| Dividendes, intérêts, PV mobilières (CTO), PEA, PER, crypto | 18,6 % (CSG +1,4 pt) | 31,4 % hors AV/PEA |
Concrètement, pour Hélène : ses loyers de SCPI logés en assurance-vie, ses fonds euros et ses rachats d'AV subissent 17,2 % de PS ; en revanche, des dividendes ou plus-values mobilières détenus sur un compte-titres ordinaire supporteraient 18,6 % de PS, soit un PFU de 31,4 %. Le PEA, lui, est exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais les 18,6 % de PS restent dus à la sortie.
IFI : le cas de l'usufruitier
L'IFI vise le patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1 300 000 € au 1erjanvier (barème par tranches jusqu'à 1,5 %). Pour Hélène, il faudra vérifier si sa résidence (après abattement de 30 %) et ses SCPI détenues en direct dépassent ce seuil. Un point souvent mal compris : lorsque vous donnez la nue-propriété de SCPI à vos enfants, vous restez en principe redevable de l'IFI sur la valeur en pleine propriététant que vous conservez l'usufruit (art. 968 du CGI). La nue-propriété sort de l'assiette IFI des enfants, pas de la vôtre. Pour les leviers d'optimisation, voyez notre guide sur l'optimisation de l'IFI. À noter aussi : la fraction immobilière des UC logées dans vos contrats (SCPI en AV) entre dans l'assiette IFI (art. 972).
Pour le détail des barèmes successoraux, reportez-vous à notre guide sur les droits de succession 2026.
10. L'accompagnement Hagnéré Patrimoine
Réorganiser un patrimoine après un veuvage, ce n'est pas qu'une affaire de fiscalité et de produits. C'est une étape de vie, et elle se gère avec du tact et de la patience. Notre rôle est de vous accompagner sans pression, à votre rythme : on sécurise les liquidités, on prend le temps de comprendre, puis on structure. Nous construisons avec vous une allocation par poches qui concilie vos revenus d'aujourd'hui et la transmission de demain, et nous pilotons dans la durée les donations, le démembrement et les clauses bénéficiaires.
Si votre situation se rapproche d'autres profils, ces guides peuvent vous être utiles : vous pouvez avoir reçu surtout une assurance-vie de 1,5 M à réinvestir, préparer une retraite à 3 M entre rente, IFI et transmission, ou chercher comment devenir rentier et vivre de votre capital. Pour le cadrage de l'allocation, investir 2 000 000 € en 2026 complète utilement ce guide.
Vous traversez un veuvage et devez réorganiser un patrimoine important ?
Les conseillers Hagnéré Patrimoine vous accompagnent avec tact pour structurer revenus et transmission, et protéger vos enfants. Prenez rendez-vous, sans engagement.
Sources, mentions et disclaimer
Sources et références mobilisées dans ce guide
- CGI art. 796-0 bis — exonération totale du conjoint survivant et du partenaire de PACS (loi TEPA)
- CGI art. 990 I — assurance-vie, primes versées avant 70 ans (abattement 152 500 € par bénéficiaire)
- CGI art. 757 B — assurance-vie, primes versées après 70 ans (abattement global 30 500 €)
- CGI art. 779 et 784 — abattement 100 000 € par enfant, renouvelable tous les 15 ans
- CGI art. 669— barème de l'usufruit et de la nue-propriété par tranche d'âge
- CGI art. 968 — IFI, usufruitier redevable sur la valeur en pleine propriété
- CGI art. 972— IFI, fraction immobilière des contrats d'assurance et de capitalisation
- CGI art. 125-0 A— fiscalité des rachats d'assurance-vie (abattement et taux après 8 ans)
- CGI art. 1133— extinction de l'usufruit sans droits au décès
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) — prélèvements sociaux (17,2 % / 18,6 %)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026
- impots.gouv.fr — assurance-vie et succession ; service-public.fr — succession du conjoint survivant ; BOFiP — PAT-IFI et ENR-DMTG
Mise à jour : 22 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), Code des assurances, BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr, service-public.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 22 juin 2026 et intègrent la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
Ce guide est fourni à titre informatif et pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres et cas chiffrés sont illustratifs et non garantis ; tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et peut évoluer. Pour une recommandation adaptée, consultez un conseiller en gestion de patrimoine. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP) — siège social 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry.

