Optimisez votre assurance-vie avec un expert indépendant
Choix du contrat, clause bénéficiaire, fonds euros, unités de compte et fiscalité : nous vous aidons à structurer une assurance-vie cohérente avec vos objectifs.
Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 15 min · Par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF / COA / COBSP), enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
L'essentiel en 60 secondes
- Pour qui ? Le nouveau millionnaire (cession, héritage, stock-options, épargne d'une vie) qui veut allouer 1 M€ comme le top 5 %, pas comme un livret.
- Le constat : 1 M€ vous place autour du 95e centile des patrimoines (INSEE) — mais 9 nouveaux millionnaires sur 10 raisonnent encore en épargnant.
- La méthode : les 4 poches — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide — déclinées en 3 profils chiffrés (Prudent ~3 %, Équilibré ~5 %, Dynamique ~7 %+ net, illustratif).
- Le vrai levier : l'asset location (la bonne classe d'actifs dans la bonne enveloppe) — bien plus que la chasse au « bon produit ».
- Et le piège à éviter en 2026 : la dualité des prélèvements sociaux — 17,2 % sur l'AV et l'immobilier, 18,6 % sur le PEA, les dividendes et les plus-values mobilières.
Vous venez de franchir le cap du million. Cession d'entreprise, héritage, stock-options, épargne patiente d'une vie : peu importe le chemin, le résultat est là. Statistiquement, vous voici autour du top 5 % des patrimoines français— un seuil que l'INSEE situe à environ 1,03 M€ en patrimoine net et 1,26 M€ en brut. Et pourtant, dans 9 cas sur 10, le réflexe reste le même : laisser dormir le capital sur un fonds euros à ~2,6 % net, ou tout miser sur la pierre. Autrement dit, gérer un million comme on gérait 50 000 €. Le problème n'est pas le montant : c'est la logiquequi n'a pas suivi.
Ce guide prend volontairement de la hauteur : il s'agit de comprendre la logiqued'allocation avant de choisir les supports. Si vous cherchez plutôt le pas-à-pas opérationnel — détail des supports, sélection des enveloppes, banques privées et dix cas chiffrés exhaustifs —, c'est notre guide complémentaire investir 1 million d'euros en 2026 qu'il vous faut. Ici, le sujet est différent : on vous explique le changement de mentaliténécessaire pour passer du statut d'épargnant à celui d'allocataire, avec la méthode des 4 poches comme fil conducteur.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent dirigeants, professions libérales, cadres et nouveaux millionnaires dans la structuration de leur patrimoine. Le cabinet construit des allocations sur mesure selon la méthode des 4 poches, avec un rapport écrit conforme MIF II / DDA.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres de rendement et d'allocation présentés sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et peut évoluer.
Sommaire
- 1. 1 M€ : vous êtes dans le top 5 % des patrimoines
- 2. Le changement de logique à partir d'un million
- 3. Construire son allocation en 4 poches
- 3a. La poche Sécurité : protéger sans dormir
- 3b. La poche Revenu : faire travailler le capital
- 3c. La poche Croissance : performance long terme
- 3d. La poche Illiquide : la prime des marchés privés
- 4. Les enveloppes à activer dès 1 M€
- 4a. Assurance-vie, PEA, compte-titres
- 4b. Quand ouvrir une holding ou une SCI
- 5. Diversifier vraiment : la fin du tout-immobilier
- 6. Les erreurs classiques à 1 M€
- 7. Exemple chiffré d'allocation complète
- 8. Fiscalité 2026 du patrimoine à 1 M€
- 9. Notre accompagnement chez Hagnéré Patrimoine
- 10. Faire fructifier votre million
1. 1 million d'euros : vous êtes dans le top 5 % des patrimoines
Selon les données de l'INSEE, le 95e centile de patrimoine — c'est-à-dire le seuil au-dessus duquel se trouvent les 5 % des ménages les mieux dotés — se situe aux alentours de 1,03 M€ en patrimoine net (une fois les dettes déduites) et autour de 1,26 M€ en patrimoine brutd'après l'enquête « Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024 ». Le seuil exact dépend donc de la convention retenue (brut ou net) et de la part d'immobilier, résidence principale comprise.
Inutile de chercher un seuil au centime près : avec un million, vous êtes autour du top 5 %, à l'entrée de ce cercle. Ce qui est certain, c'est que les 5 % des ménages les mieux dotés concentrent une part très importante de la masse de patrimoine du pays. Vous changez de catégorie — et c'est précisément cette bascule qui doit s'accompagner d'un changement de méthode.
| Niveau | Seuil de patrimoine (ordre de grandeur) | Lecture |
|---|---|---|
| Patrimoine médian (P50) | ≈ 180 000 € | La moitié des ménages se situe en dessous |
| Top 10 % (P90) | ≈ 600 000 à 700 000 € | Ménages aisés, fort poids immobilier |
| Top 5 % (P95) | ≈ 1,03 M€ net / 1,26 M€ brut | Votre nouvelle catégorie |
| Top 1 % | Plusieurs millions d'euros | Logique family office, forte part de non coté |
Où se situe 1 M€ ?
Un million d'euros vous place à l'entrée du top 5 %. Mais ces seuils mélangent l'immobilier et le financier : un ménage dont la quasi-totalité du patrimoine est immobilisée dans sa résidence principale et un investisseur dont le million est diversifié et liquide n'ont pas du tout les mêmes marges de manœuvre. C'est là que la composition de votre patrimoine compte davantage que son montant.
Être dans le top 5 % ne suffit pas : encore faut-il gérer ce patrimoine autrement qu'un livret. Si vous venez tout juste de recevoir cette somme, notre guide j'ai gagné 1 million d'euros : que faire ? traite des premiers réflexes à adopter. Ici, nous allons droit à la logique d'allocation.
2. Le changement de logique à partir d'un million
Le vrai sujet, à 1 M€, n'est pas « quel produit choisir ». C'est changer de logiciel mental. L' épargnant cherche la sécurité absolue (livret, fonds euros) ou l'actif refuge unique (l'immobilier). L'allocataire, lui, raisonne en diversification, horizon et rôle de chaque actif. Il ne se demande pas « est-ce que ce placement est bon ? » mais « quelle fonction cet actif remplit-il dans l'ensemble de mon patrimoine ? ».
Deux réflexes dominent. Le premier, tout placer en fonds euros : à un rendement illustratif d'environ 2,6 % net en 2026, un million ne rapporte qu'une somme modeste, que l'inflation grignote en partie. Le second, tout miser sur la pierre, concentre le risque sur une seule classe d'actifs, peu liquide, exposée à la fiscalité foncière et, au-delà de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net, à l'IFI. Aucun des deux n'est une vraie stratégie : c'est plutôt l'absence de décision.
Or cette logique des grandes fortunes — celle des family offices — est parfaitement transposable dès 1 M€. On ne choisit pas des produits, on construit une allocation par fonctions: sécuriser, générer du revenu, faire croître, capter la prime d'illiquidité. C'est exactement la démarche d'une gestion de patrimoine structurée et, à mesure que le capital grandit, d'une gestion de fortune à part entière.
Le changement de cap en 3 bascules
- De l'épargne à l'allocation : on ne empile plus des produits, on répartit un capital selon des fonctions.
- Du produit à la fonction : chaque actif est choisi pour le rôle qu'il joue (amortir, distribuer, faire croître, capter l'illiquidité).
- Du rendement nominal au rendement net réel : on raisonne après frais, après fiscalité et après inflation, pas sur le taux affiché.
Structurer votre million comme le top 5 % ?
Un conseiller Hagnéré Patrimoine analyse votre situation et bâtit avec vous une allocation en 4 poches adaptée à votre profil et à vos objectifs.
3. Construire son allocation en 4 poches
La méthode des 4 poches est la colonne vertébrale de toute allocation cohérente. Elle répartit le capital en quatre ensembles définis par leur fonction : la Sécurité (protéger et conserver de la liquidité), le Revenu (générer des flux réguliers), la Croissance(viser la performance de long terme) et l'Illiquide (capter la prime des marchés privés). Tout converge vers une trésorerie centrale qui collecte les flux et alimente, le moment venu, les nouveaux investissements.
Le principe que retiennent les grandes fortunes : la poche Illiquide grossit avec le patrimoine. Elle reste modeste à 1 M€ (de l'ordre de 8 à 15 %), monte vers 20 à 25 % autour de 5 M€, puis 30 à 40 % au-delà de 10 M€. Plus le capital est important, plus on peut immobiliser une fraction sur le long terme pour aller chercher la prime d'illiquidité — c'est précisément ce que font les family offices.
Aller plus loin : la logique des grands patrimoines
Cette montée en puissance de la poche Illiquide n'est pas une théorie : c'est exactement ce que font les très grandes fortunes. Nous l'analysons en détail dans dans quoi investissent les grandes fortunes en 2026. Et si votre patrimoine dépasse déjà ce premier palier, nos guides investir 5 M€ et investir 10 M€ déclinent la même méthode aux paliers supérieurs.
Voici, en synthèse, comment ces quatre poches se déclinent selon trois profils types. Ce sont des allocations illustratives, à affiner selon votre situation, vos objectifs et votre tolérance au risque.
Profil prudent — viser ~3 % net/an
Sécurité 55 % (550 k€) · Revenu 25 % (250 k€) · Croissance 12 % (120 k€) · Illiquide 8 % (80 k€). Objectif : protéger le capital tout en le faisant légèrement travailler. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
Profil équilibré — viser ~5 % net/an
Sécurité 35 % (350 k€) · Revenu 25 % (250 k€) · Croissance 30 % (300 k€) · Illiquide 10 % (100 k€). Objectif : équilibre entre revenus récurrents et croissance. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
Profil dynamique — viser ~7 %+ net/an
Sécurité 20 % (200 k€) · Revenu 20 % (200 k€) · Croissance 35 % (350 k€) · Illiquide 25 % (250 k€). Objectif : accepter davantage de volatilité sur un horizon long. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
Les 4 poches en un coup d'œil
- Sécurité — amortir et garder de la liquidité : fonds euros, fonds obligataires datés en assurance-vie.
- Revenu — distribuer des flux réguliers : SCPI européennes, nue-propriété de SCPI, infrastructure, structurés à coupon.
- Croissance — la performance long terme : ETF actions monde, en PEA puis assurance-vie puis compte-titres.
- Illiquide — la prime des marchés privés : private equity, dette privée, infrastructure non cotée.
- La règle d'or : la poche Illiquide grossit avec le patrimoine (~8-15 % à 1 M€, ~20-25 % à 5 M€, ~30-40 % au-delà de 10 M€), sur le modèle des family offices.
3a. La poche Sécurité : protéger sans dormir
Son rôle est double : amortir les chocs des autres poches et constituer une réserve de liquidité, de l'ordre de trois ans de train de vie. Les classes d'actifs adaptées sont les fonds euros et surtout les fonds obligataires datés, logés en assurance-vie. Les fonds datés conservent les obligations jusqu'à leur échéance : c'est la logique de portage, qui offre une bonne visibilité sur le rendement attendu.
En clair, on ne laisse pas dormir 550 000 € sur un support à 2,6 % net : à niveau de sécurité comparable, les fonds datés captent généralement davantage de rendement par le portage (illustratif, non garanti). Côté fiscalité, l'assurance-vie supporte des prélèvements sociaux de 17,2 %sur les gains — un taux maintenu en 2026, à distinguer des 18,6 % qui s'appliquent ailleurs.
3b. La poche Revenu : faire travailler le capital
Son rôle est de produire des flux récurrents, idéalement décorrélés des marchés actions. Les classes mobilisées sont les SCPI européennes (rendement illustratif d'environ 4,7 à 4,9 %), la nue-propriété de SCPI (décote à l'achat, sortie temporaire de l'assiette IFI et optimisation fiscale), l'infrastructure distributive et les produits structurés à coupon, qui offrent une protection partielle du capital sous conditions.
Attention au taux de prélèvements sociaux : les revenus fonciers, notamment ceux des SCPI détenues en direct, supportent 17,2 %; au sein d'une assurance-vie, la fraction foncière reste également à 17,2 %. C'est cohérent avec la logique d'une poche conçue pour distribuer du revenu net régulier.
3c. La poche Croissance : viser la performance long terme
C'est le moteur de performance, sur un horizon de 8 à 15 ans. La classe d'actifs de référence est l' ETF actions monde(de type MSCI World ou S&P 500), c'est-à-dire une exposition large et diversifiée aux marchés mondiaux. Côté enveloppe, l'ordre de priorité est généralement le PEA(le plus efficace fiscalement), puis l'assurance-vie, puis le compte-titres au-delà des plafonds.
Le point fiscal à ne pas confondre : le PEA est exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais supporte des prélèvements sociaux de 18,6 % à la sortie depuis la LFSS 2026 ; le compte-titres relève du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %(12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux). Ce ne sont pas les 17,2 % de l' assurance-vie. Conseil de mise en œuvre : plutôt que de tout placer d'un coup, lissez l'entrée par investissements programmés (DCA) pour limiter le risque de mauvais timing. Si votre tranche marginale est élevée, un PER peut compléter le dispositif en déduisant les versements du revenu imposable.
3d. La poche Illiquide : capter la prime des marchés privés
Son rôle est d'aller chercher la prime d'illiquiditéque seul un horizon long (8 à 10 ans) permet d'exploiter. Les classes mobilisées sont le private equity (performance moyenne historique souvent citée autour de 11 % par an net, mais avec une forte dispersionentre fonds), la dette privée, l'infrastructure non cotée et les club deals, avec une diversification recommandée par millésimes.
C'est la poche qui grossit à mesure que le patrimoine progresse : modeste à 1 M€, elle devient dominante chez les très grandes fortunes. Sa démocratisation passe notamment par les fonds ELTIF 2.0, désormais accessibles aux particuliers.
Les garde-fous du non coté
Le private equity et la dette privée présentent une illiquidité de plusieurs années : votre capital est immobilisé, les sorties anticipées sont difficiles ou décotées. Les investissements se font souvent par appels de fonds échelonnés, d'où l'importance d'une poche Sécurité disponible. La performance n'est pas garantie, la dispersion entre fonds est forte et le risque de perte en capitalest réel. C'est une poche pour le long terme et l'argent dont vous n'avez pas besoin à court terme.
4. Les enveloppes à activer dès 1 M€
Une fois les quatre poches définies, reste à choisir dans quelle enveloppeloger chaque classe d'actifs. C'est l'asset location, et c'est le véritable levier d'optimisation — bien plus que la chasse au « bon produit ». La même classe d'actifs ne supporte pas la même fiscalité selon qu'elle est détenue en assurance-vie, en PEA, en compte-titres ou via une société.
4a. Assurance-vie, PEA, compte-titres
Voici comment articuler les trois enveloppes financières principales, auxquelles s'ajoute le PER pour la préparation de la retraite.
| Enveloppe | Pour quelle(s) poche(s) | Fiscalité des gains | Atout transmission |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie | Sécurité, Revenu, part Illiquide | Après 8 ans : abattement 4 600 € (seul) / 9 200 € (couple), 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes puis 12,8 % + PS 17,2 % | Très favorable : art. 990 I (152 500 €/bénéficiaire avant 70 ans) et 757 B (après 70 ans) |
| PEA | Croissance (actions) | Exonéré d'IR après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie | Limité : le PEA est clôturé au décès — ce n'est pas un outil de transmission |
| Compte-titres (CTO) | Croissance au-delà des plafonds PEA | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) | Transmis dans la succession (droit commun), purge des plus-values latentes au décès |
| PER | Préparation retraite | Versements déductibles à l'entrée (si TMI élevée), PS 18,6 % à la sortie | Capital transmissible selon l'âge au décès (régime spécifique) |
Dualité des prélèvements sociaux 2026 — à ne jamais confondre
Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), la CSG a augmenté de 1,4 point sur certains revenus. Il existe désormais deux taux de prélèvements sociaux :
- 17,2 %sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL.
- 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs.
Conséquence : le PFU est de 30 %sur l'assurance-vie (12,8 + 17,2) mais de 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV/PEA (12,8 + 18,6). Ne jamais appliquer un taux unique partout.
Concrètement, on logera plutôt les actions de la poche Croissance en assurance-vie et en PEA, les SCPI de la poche Revenu en assurance-vie (pour lisser la fiscalité foncière et préparer la transmission), et le non coté de la poche Illiquide via les enveloppes qui l' acceptent. L'objectif est d'aligner la durée de détention, le besoin de liquidité et le régime fiscal de chaque poche.
4b. Quand ouvrir une holding ou une SCI
Ces structures ne sont pas indispensables à 1 M€. Elles font surtout sens à partir d'un profil dynamique, d'un immobilier conséquent ou d'une origine entrepreneuriale du capital. Une holding patrimoniale permet de capitaliser à l'impôt sur les sociétés, dont le taux réduit est de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis de 25 %au-delà (sous conditions : chiffre d'affaires inférieur à 10 M€ HT, capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques). Une SCIpermet de structurer et de transmettre l'immobilier.
Si votre million provient d'une cession d'entreprise, le mécanisme d'apport-cessionde l'article 150-0 B ter peut reporter l'imposition de la plus-value : l'apport des titres à une holding contrôlée déclenche un report, sous réserve d'un remploi d'au moins 70 % du produit dans un délai de 3 anssi la holding cède les titres (régime applicable aux cessions intervenant à compter du 21 février 2026, LF 2026). C'est un sujet technique à étudier au cas par cas avec un conseiller.
Holding & SCI : pour qui ?
En résumé : la holdingsert à capitaliser des revenus ou une trésorerie professionnelle à l'IS et à structurer le non coté ; la SCIsert à organiser et transmettre l'immobilier. Pour le cas particulier d'une trésorerie d'entreprise à placer, voyez notre guide holding : que faire d'1 M€ de trésorerie excédentaire.
5. Diversifier vraiment : la fin du tout-immobilier
L'immobilier reste une classe d'actifs parfaitement légitime — mais à 1 M€, le détenir uniquement en direct et de façon concentrée devient un handicap. La diversification passe par la pierre-papier (SCPI, notamment en assurance-vie) et par la nue-propriété, plutôt que par l'accumulation d'appartements gérés en direct. On y gagne en liquidité partielle, en mutualisation du risque locatif et en diversification géographique et sectorielle.
L'avantage fiscal est réel : la nue-propriété sort temporairement de l'assiette de l'IFI (article 968 du CGI), et les SCPI logées en assurance-vie ne sont imposables à l'IFI que pour leur fraction immobilière (article 972). Pour un patrimoine immobilier déjà conséquent, ces leviers se combinent : on les détaille dans nos guides optimisation de l'IFI et patrimoine immobilier de 3 M€ : réduire son IFI et diversifier.
Pourquoi sortir du tout-immobilier
- Concentration du risque : un seul marché, un seul type de bien, parfois une seule ville.
- Illiquidité : vendre un bien prend des mois, avec des frais de transaction élevés.
- Fiscalité : revenus fonciers au barème + 17,2 % de prélèvements sociaux, et IFI au-delà de 1,3 M€.
- Absence de diversification : aucune exposition aux actions mondiales ni au non coté, moteurs de performance de long terme.
6. Les erreurs classiques à 1 M€
En cabinet, on voit revenir les mêmes erreurs chez les nouveaux millionnaires. En voici six, avec ce qu'elles coûtent.
| Erreur fréquente | Pourquoi c'est un problème |
|---|---|
| Tout laisser en fonds euros et livrets | Rendement réel faible, l'inflation érode le pouvoir d'achat ; le capital ne travaille pas. |
| Tout investir en immobilier direct | Concentration, illiquidité, fiscalité foncière et IFI ; aucun amortisseur. |
| Ignorer l'asset location | Loger la mauvaise classe d'actifs dans la mauvaise enveloppe coûte des points de fiscalité chaque année. |
| Zéro poche illiquide | Renoncer à la prime de long terme du non coté que le patrimoine permet pourtant de capter. |
| Tout placer d'un coup | Risque de mauvais timing ; mieux vaut lisser l'entrée sur la poche Croissance (DCA). |
| Négliger la transmission | Sous-utiliser l'assurance-vie (art. 990 I) et les donations, c'est laisser des droits évitables. |
L'erreur n°1 : le taux de PS unique
En 2026, le piège fiscal le plus fréquent tient en une ligne : appliquer le même taux de prélèvements sociauxà tous ses placements. Or il y a deux taux : 17,2 % (assurance-vie, immobilier) et 18,6 % (dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER). Confondre les deux, c'est fausser tous ses calculs de rendement net. Pour un panorama plus large des pièges, voyez les 7 erreurs qui détruisent un patrimoine d'un million.
7. Exemple chiffré d'allocation complète
Prenons un cas illustratif, avec des hypothèses explicites. Un investisseur de 45 ans place 1 M€ avec un profil équilibré : 35 % Sécurité, 25 % Revenu, 30 % Croissance, 10 % Illiquide.
- Poche Revenu (250 000 €) en SCPI européennes à 5 % brut (hypothèse) : environ 12 500 € de loyers par an.
- Poche Croissance (300 000 €)en ETF actions monde : hypothèse d'appréciation moyenne de 7 % par an sur le long terme.
- Ensemble du portefeuille: rendement net moyen visé d'environ 5 %, soit de l'ordre de 50 000 € de progression annuelle avant fiscalité et réinvestissement.
Projection illustrative sur 15 ans (intérêts composés)
1 000 000 € × (1 + 5 %)^15 ≈ 2 080 000 €
- Capital de départ :1 000 000 €
- Rendement net moyen (hypothèse) :5 % par an
- Durée :15 ans
- Versements complémentaires :aucun (hors hypothèse)
À ce rythme purement théorique, le million pourrait viser environ 2,08 M€ en 15 ans. Projection illustrative, non garantie.
Ce chiffre mérite une mise en garde. Le taux de 5 % net n'est pas une promesse : c'est une hypothèse médiane, qui varie fortement selon le profil et l'horizon. Un profil prudent visera plutôt 3 % (le million atteindrait alors de l'ordre de 1,56 M€ en 15 ans), un profil dynamique 7 % et plus (autour de 2,76 M€) — mais avec une volatilité bien supérieure et un risque de perte en capital accru. Le calcul suppose un rendement constant, ce qui ne se produit jamais : les marchés enchaînent hausses, baisses et années plates. Ces chiffres sont des repères, pas une trajectoire promise.
Rappel CIF
Ce scénario est illustratif et non garanti. Les rendements présentés ne sont pas garantis, varient d'une année à l'autre et comportent un risque de perte en capital. Pour explorer différentes hypothèses de rendement et de rente, consultez notre guide combien rapporte 1 million d'euros placé ?
8. Fiscalité 2026 du patrimoine à 1 M€
À 1 M€, l'optimisation fiscale passe d'abord par le bon usage des enveloppes — l'asset location reste le principal levier. Voici la synthèse des régimes 2026 par enveloppe.
| Enveloppe | Fiscalité 2026 (synthèse) |
|---|---|
| Assurance-vie | Après 8 ans : abattement 4 600 € (seul) / 9 200 € (couple), 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes puis 12,8 %, PS 17,2 %. Transmission : 990 I (avant 70 ans) / 757 B (après 70 ans). |
| PEA | Exonéré d'IR après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie. |
| Compte-titres (CTO) | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS). |
| PER | Versements déductibles du revenu imposable à l'entrée (utile si TMI élevée), PS 18,6 % à la sortie. |
| Holding / SCI | IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice puis 25 % ; structuration de l'immobilier et du non coté. |
Côté IFI, le seuil joue en votre faveur : l'impôt ne vise que le patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1,3 M€ au 1er janvier, avec un barème progressif de 0,5 % à 1,5 %. La résidence principale est imposable, après un abattement de 30 %. Un million diversifié en 4 poches reste le plus souvent sous le seuil de l'IFI, car une grande partie est financière. Et lorsqu'il y a de l'immobilier, la nue-propriété (hors assiette, art. 968) et les SCPI en assurance-vie (taxées sur leur seule fraction immobilière, art. 972) réduisent l'exposition.
Pour les hauts revenus, deux contributions peuvent s'ajouter, mais elles dépendent des revenus et non du capital : la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies, 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de revenu fiscal de référence) et la contribution différentielle (CDHR, art. 224, plancher de 20 % du RFR pour les très hauts revenus, reconduite par la LF 2026 — à noter que les prélèvements sociaux sont exclus du numérateur). À 1 M€ de capital, ces contributions ne se déclenchent que si vos revenus sont très élevés.
Sources & textes 2026
- LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (dualité des prélèvements sociaux 17,2 % / 18,6 %).
- LF 2026 — loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (apport-cession 70 % / 3 ans).
- CGI : art. 990 I et 757 B (assurance-vie), 972 et 968 (IFI), 150-0 B ter (apport-cession), 223 sexies et 224 (hauts revenus).
- INSEE : « Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024 » et distribution des centiles (top 5 %).
9. Notre accompagnement chez Hagnéré Patrimoine
Chez Hagnéré Patrimoine, nous construisons des allocations en 4 poches sur mesure: définition des objectifs, calibrage des poches selon votre profil, asset location enveloppe par enveloppe, puis suivi dans la durée à mesure que la poche Illiquide se déploie. C'est la méthode des family offices, transposée dès le premier million.
Notre cabinet est enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP) et basé à Chambéry. Nous intervenons sans promesse de rendement : notre rôle, c'est de structurer votre patrimoine, de choisir les bonnes enveloppes et de garder le risque sous contrôle. Si vous hésitez entre une banque privée et un cabinet indépendant, notre comparatif banque privée ou cabinet de gestion de fortune et notre présentation de la gestion de fortune vous éclaireront.
Bâtir votre allocation en 4 poches sur mesure
Premier million atteint ? Construisons ensemble une allocation 4 poches calibrée sur votre profil. Prenez rendez-vous avec un conseiller Hagnéré Patrimoine.
10. Faire fructifier votre million
Franchir le million, c'est entrer dans le top 5 % des patrimoines. Mais entrer dans ce club ne dit rien de la façon de gérer le capital. Retenez la bascule de fond : on ne cherche plus le bon placement, on répartit un capital par fonctions, et on raisonne en net réel après frais, fiscalité et inflation. Les 4 poches fixent le cap, l'asset location optimise chaque euro, et la poche Illiquide qui grossit dans le temps fait le reste.
Pour passer à la mise en œuvre, support par support, notre guide investir 1 million d'euros en 2026 détaille chaque brique. Et si votre objectif est de transformer ce capital en revenus, nos guides devenir rentier et vivre de ses rentes : combien faut-il ? poursuivent la réflexion.
Avertissement final
L'ensemble des allocations, rendements et projections de ce guide sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Pour une stratégie adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial.

