Structurez votre patrimoine de dirigeant avec un expert indépendant
Rémunération, holding, prévoyance, PER, protection du foyer et transmission : nous mettons à plat votre situation de dirigeant avant toute décision.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en stratégies patrimoniales du dirigeant
Quentin Hagnéré accompagne les dirigeants, associés et professions libérales sur la rémunération, la prévoyance, les holdings, le PER et la structuration globale entre patrimoine privé et outil professionnel.
Sommaire
- 1. Introduction
- 2. Pourquoi un cash-out change tout
- 3. La règle d'or : diversifier hors de votre secteur
- 4. Sécuriser une base : la poche de tranquillité
- 5. Construire une poche de revenu et de stabilité
- 6. Capter la croissance des marchés cotés
- 7. Réinvestir intelligemment dans le non-coté
- 8. Les enveloppes d'un entrepreneur
- 9. Profils : prudent, équilibré, dynamique
- 10. Exemple chiffré : diversifier 2 M€
- 11. Fiscalité 2026 : PFU, sursis, report
- 12. L'angle Hagnéré
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS.
En 60 secondes
- Pour qui ? Un fondateur qui vient de réaliser un cash-out (vente partielle de ses titres) de 2 M€ tout en restant à la tête de sa société.
- L'enjeu : rendre votre patrimoine personnel indépendant de votre société — ne plus dépendre d'un actif unique.
- La méthode : les 4 poches — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide — déclinées en 3 profils chiffrés.
- Le réflexe clé : diversifier HORS de la tech, car vos parts vous y exposent déjà massivement.
- Fiscalité 2026 : PV mobilière au PFU 31,4 %, apport-cession 150-0 B ter (remploi 70 %) à structurer AVANT la cession.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, allocations et cas présentés sont illustratifs et non garantis : ils montrent une mécanique, ils ne promettent aucun résultat. Tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle.
Vous venez de vendre une partie de vos titres lors d'un tour de table. La somme est sur votre compte, et la question vous obsède : que faire de l'argent d'un cash-outquand on reste aux commandes de sa société ? Deux réflexes guettent, et tous deux sont des pièges. Le premier : laisser dormir le cash, par prudence ou par manque de temps — et perdre du pouvoir d'achat chaque année. Le second : tout réinjecter dans la tech, dans de nouvelles startups, parce que c'est votre univers — et redoubler un risque déjà énorme.
Ce guide adopte un angle précis : vous restez fondateur, donc votre principal actif (vos parts) demeure un pari concentré sur votre entreprise et votre secteur. L'enjeu n'est donc pas de « faire fructifier » au hasard, mais de bâtir un patrimoine personnel enfin indépendant de votre société. Pour cela, nous utilisons une grille simple et robuste : la méthode des 4 poches.
Les chiffres donnent la mesure de l'enjeu. Une plus-value de cession de 2 M€ supporte, au prélèvement forfaitaire unique 2026, environ 628 000 € d'imposition — sauf à structurer un report via une holding avant la vente. Et bien réinvestis, ces 2 M€ peuvent viser, dans une allocation équilibrée, de l'ordre de 100 000 € de création de valeur annuelle(illustratif, non garanti). Deux nombres qui résument la double bataille d'un cash-out réussi : bien sortir, puis bien réemployer.
Vous n'avez pas le même montant ?
Ce guide traite d'un cash-out de 2 M€ en restant fondateur. Si votre exit porte sur un montant différent ou si vous vendez la totalité de votre société, consultez plutôt nos analyses dédiées : diversifier un cash-out de 3 M€ ou que faire après la vente totale d'une société à 2 M€.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients : dirigeants, fondateurs de startups, professions libérales et non-résidents. Le cabinet structure le patrimoine personnel des entrepreneurs après une levée ou une cession, avec un rapport écrit opposable conforme MIF II / DDA.
1. Introduction
Un cash-out est un moment charnière. Sur le papier, votre richesse était théorique et illiquide : elle dépendait de la valorisation de votre société, donc d'un seul actif que vous ne maîtrisez qu'en partie. Avec le cash-out, une fraction de cette richesse devient liquide, mobilisable, diversifiable. C'est une fenêtre rare. Bien employée, elle pose les fondations d'une indépendance financière qui ne dépendra plus, demain, du sort de votre entreprise.
La logique que nous suivons ici est celle d'un family office : on ne raisonne pas produit par produit, mais en poches fonctionnelles, chacune avec un rôle précis. Quatre poches structurent l'ensemble : la Sécurité (votre socle), le Revenu (vos coupons), la Croissance (les marchés cotés) et l'Illiquide (le non-coté). Le tout converge vers une trésorerie qui distribue, quand vous le décidez, le cash dont vous avez besoin.
2. Après une levée : pourquoi un cash-out change tout
Avant le cash-out, votre patrimoine était une ligne unique et géante : la valeur estimée de vos parts. Cette valeur a deux défauts majeurs. Elle est illiquide — vous ne pouvez pas la dépenser, la prêter à vos enfants ou la protéger — et elle est concentréeà 100 % sur un seul actif, exposé aux aléas de votre marché, de vos clients, de votre prochaine levée. Le cash-out transforme une partie de ce papier en argent réel. C'est précisément ce changement de nature qui ouvre la porte à la diversification.
Re-parier sur la tech (le piège)
Points forts
- Univers familier, vous comprenez les dossiers
- Effet de levier potentiel si le pari réussit
Points de vigilance
- Redouble une exposition déjà massive à votre secteur
- Corrélation forte avec la valeur de vos propres parts
- Aucune indépendance gagnée : tout reste lié à la tech
- Illiquidité ajoutée sur de l'illiquide
Diversifier hors secteur (la méthode)
Points forts
- Patrimoine personnel décorrélé de votre société
- Revenus et coupons indépendants de votre activité
- Socle de sécurité mobilisable en cas de besoin
- Exposition au non-coté conservée, mais diversifiée
Points de vigilance
- Demande de structurer en amont (enveloppes, holding)
- Rendement par construction moins spectaculaire qu'un pari réussi
Rester fondateur, mais ne plus dépendre d'un seul actif
Rester fondateur est un choix légitime et souvent le bon : vous croyez à votre projet, vous voulez continuer à créer de la valeur. Mais ce choix a une conséquence patrimoniale qu'il faut regarder en face. Tant que vous restez aux commandes, l'essentiel de votre patrimoine « théorique » reste suspendu à la réussite de votre entreprise. Le rôle du cash-out est donc d'ouvrir une seconde colonne, totalement indépendante : un patrimoine personnel qui, lui, ne s'effondrera pas si votre société traverse une zone de turbulences. C'est exactement ce que fait un dirigeant en apport-cession qui place 1 M€ : il bâtit, à côté de l'entreprise, un actif qui lui appartient en propre.
3. La règle d'or : diversifier hors de votre secteur
La diversification n'a de sens que si elle vous éloigne de votre risque dominant. Or, votre risque dominant, c'est la tech. Un fondateur qui réinvestit son cash-out dans d'autres startups, des fonds tech ou des cryptos ne diversifie pas : il empile des paris corrélés. Le jour où le secteur se contracte, c'est tout son patrimoine — parts comprises — qui plonge en même temps. La règle d'or tient en une ligne : diversifiez là où vous n'êtes pas déjà exposé.
Vous êtes déjà sur-exposé à la tech via vos parts
Votre exposition à la tech est même triple. D'abord, vos parts de société, qui constituent le gros de votre patrimoine théorique. Ensuite, vos éventuels BSPCE, stock-options ou actions gratuites, qui ne font qu'amplifier ce pari sur la même entreprise — un sujet que nous détaillons pour les plus-values de stock-options et BSPCE de 1 M€. Enfin, votre revenu d'activité lui-même dépend de la santé de votre société. Trois canaux, un seul secteur. Le cash-out est la seule brique que vous pouvez réellement décorréler — il serait absurde de la recoller à la tech.
Le principe directeur
Tout le reste de ce guide découle de cette idée simple : la part de votre patrimoine que vous diversifiez doit contrebalancer, pas amplifier, votre concentration d'entrepreneur. Y compris dans la poche la plus risquée (l'illiquide), le non-coté retenu sera volontairement orienté hors tech.
4. Sécuriser une base : la poche de tranquillité
La première poche est celle qui vous laisse dormir. Son rôle : transformer un capital unique et risqué en un socle stable, et tenir au moins l'équivalent de plusieurs années de train de vie ainsi qu'une réserve mobilisable si votre activité a besoin de trésorerie. C'est la poche qui dimensionne votre tranquillité d'esprit : elle pèse plus lourd chez un profil prudent (environ 40 %) que chez un profil dynamique (environ 15 %).
Fonds euros, obligataire daté, liquidité pilotée
Cette poche se loge en assurance-vie et repose sur deux briques. On y combine un fonds euros à capital garanti — dont la référence de rendement 2026 tourne autour de 2,6 % net (illustratif, non garanti) — et un fonds obligataire daté, ce portefeuille d'obligations conservées jusqu'à une échéance connue qui permet de « figer » dès aujourd'hui un rendement prévisible à un horizon défini. L'assurance-vie offre en prime une fiscalité douce dans la durée et une liquidité pilotée par rachats partiels.
Le rôle de la poche Sécurité
- Amortisseur : elle ne baisse pas quand les marchés corrigent.
- Réserve d'opportunité : un matelas mobilisable pour réinvestir dans votre société ou saisir une occasion.
- Évolutive : à mesure que votre entreprise gagne en maturité, vous pourrez basculer une partie de la Sécurité vers la Croissance pour ne pas sous-performer l'inflation sur le long terme.
5. Construire une poche de revenu et de stabilité
La deuxième poche produit des flux réguliers qui ne dépendent pas du sort de votre boîte. Elle pèse environ 30 % pour un profil prudent, 20 % pour un profil équilibré et 15 % pour un profil dynamique. Son rôle est d'installer une rente potentielle qui ne dépend ni de vos clients ni de votre prochaine levée.
SCPI européennes, nue-propriété, dette privée
Trois briques composent cette poche. Les SCPI européennes, d'abord, qui distribuent des loyers issus d'un parc immobilier diversifié (référence illustrative ~4,7 à 4,9 % de distribution, non garantie). La nue-propriété de SCPI ensuite : vous achetez avec une décote et ne percevez aucun revenu pendant la durée du démembrement — donc aucun revenu fiscalisésur la période, ce qui est précieux quand vos revenus d'activité sont déjà élevés. Enfin, un peu de dette privée senior, qui verse des coupons réguliers. Au total, trois leviers indépendants de votre activité, dont les revenus ne bougent pas au rythme de votre marché.
Nue-propriété : un double effet
La nue-propriété cumule deux atouts. Pendant le démembrement, vous ne percevez pas de revenu, donc aucune fiscalité de revenus fonciers ne s'ajoute à votre imposition déjà chargée. Et au titre de l'IFI, le nu-propriétaire n'est en principe pas redevable — c'est l'usufruitier qui l'est —, ce qui sort temporairement cette quote-part de l'assiette (art. 968 du CGI). Un levier utile que nous détaillons dans notre guide optimisation de l'IFI.
6. Capter la croissance des marchés cotés
La troisième poche capte la croissance économique mondiale, de façon large et liquide. Elle monte avec l'appétit pour le risque : environ 20 % pour un profil prudent, 30 % pour un profil équilibré, 35 % pour un profil dynamique. C'est la poche qui, sur le long terme, fait travailler votre capital au rythme des marchés actions.
ETF actions monde, PEA, compte-titres, structures
Le cœur de cette poche, ce sont les ETF actions monde (type MSCI World ou S&P 500), qui diversifient votre exposition sur des milliers d'entreprises, toutes géographies et tous secteurs confondus — l'exact inverse de votre concentration de fondateur. On les loge d'abord dans le PEA (plafond de versement 150 000 €), enveloppe la plus efficace fiscalement, puis en compte-titres et contrat de capitalisation pour les montants supérieurs. On peut y ajouter des produits structurés à coupon, qui offrent une protection partielle du capital en échange d'un plafonnement du gain.
Attention à la fiscalité du PEA
Le PEA exonère d'impôt sur le revenu les plus-values après 5 ans de détention : c'est son grand avantage. Mais les prélèvements sociaux restent dus à la sortie, au taux de 18,6 %en 2026 (et non 17,2 %), car les gains de PEA suivent le régime des plus-values mobilières. Ne confondez pas avec l'assurance-vie, qui reste à 17,2 % : c'est la dualité des prélèvements sociaux de 2026.
7. Réinvestir intelligemment dans le non-coté
La quatrième poche est celle qui parle le plus à un entrepreneur : le non-coté. C'est aussi celle qui demande le plus de discipline. Sa taille grossit avec le patrimoineet avec l'appétit pour le risque : environ 10 % pour un profil prudent, 25 % pour un profil équilibré, 35 % pour un profil dynamique. C'est la logique du family office : plus le capital est important et l'horizon long, plus la prime d'illiquidité a sa place.
Private equity diversifié : sortir de votre seul pari
Le private equity vous reconnecte au non-coté, votre terrain de jeu — mais cette fois de façon diversifiée(capital-développement, secondaire, co-investissement, infrastructure) et non sur un seul pari comme votre startup. La référence de marché illustrative est d'environ 11 % net par an en moyenne, avec une forte dispersiondes résultats : ce n'est ni garanti, ni linéaire. On retrouve aussi ici un peu de dette privée et d'infrastructure distributive. L'accès passe par les marchés privés, que nous structurons via les enveloppes adaptées.
La règle qui change tout : hors tech
Puisque vos parts sont déjà un pari tech massif, le private equity de cette poche est volontairement orienté hors tech (santé, industrie, services, infrastructure). Et pour lisser le risque de timing, on programme les engagements sur plusieurs millésimes plutôt que de tout investir une seule année : les distributions des fonds matures financent les nouveaux engagements.
8. Les enveloppes d'un entrepreneur : PEA, AV lux, holding
Les 4 poches disent ce que vous détenez. Mais une SCPI logée en direct, en assurance-vie ou en nue-propriété ne se comporte pas du tout pareil au plan fiscal : l'enveloppe choisie pèse souvent autant que l'actif lui-même. Pour un fondateur en cash-out, quatre enveloppes structurent l'essentiel.
| Enveloppe | Rôle | Atout principal |
|---|---|---|
| PEA | Loger les ETF actions monde (poche Croissance) | Exonération d'IR après 5 ans (PS 18,6 % à la sortie), plafond 150 k€ |
| Assurance-vie (FR / luxembourgeoise) | Poche Sécurité, Revenu et Croissance complémentaire | Fiscalité douce, PS 17,2 %, super-privilège et crédit lombard au Luxembourg |
| Compte-titres | Capacité illimitée au-delà des plafonds PEA/AV | Liberté totale d'univers (actions, ETF, structurés) |
| Holding à l'IS + capitalisation | Recevoir les titres apportés et capitaliser la trésorerie | Report 150-0 B ter et capitalisation sans frottement annuel |
Apport-cession 150-0 B ter et réinvestissement
L'apport-cessionest le mécanisme central de la structuration. Le principe : vous apportez vos titres à une holding à l'impôt sur les sociétés que vous contrôlez, avantla cession. La plus-value d'apport est alors placée en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI). Si la holding revend les titres dans les trois ans, elle doit réinvestir une part du produit dans une activité économique éligible — dont certains fonds de private equity. Ce mécanisme se prépare impérativement en amontde la vente : une fois la cession réalisée en direct, le report n'est plus possible. Nous le détaillons dans notre guide dédié apport-cession et report d'imposition.
Remploi 70 % depuis la LF 2026
Attention à un changement récent : la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a porté le seuil de remploi de 60 % à 70 % du produit de cession, à réinvestir désormais dans un délai de trois ans (contre deux ans auparavant), avec une obligation de conservation des actifs réinvestis pendant au moins cinq ans(contre un an auparavant). Ce régime renforcé vise les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026. Vérifiez systématiquement le régime applicable à votre date de cession avec votre conseil : c'est un point technique où les seuils évoluent vite.
Vous venez de réaliser un cash-out ?
Parlons de la meilleure façon de diversifier sans perdre votre ADN d'entrepreneur. Un conseiller analyse votre situation et structure les 4 poches selon votre profil, votre fiscalité et votre holding.
9. Profils : prudent, équilibré, dynamique selon votre cash-flow
Les 4 poches se déclinent différemment selon votre situation. On range trop vite les épargnants par tranche d'âge : ici, ce qui tranche, c'est autre chose — avez-vous besoin de tirer un revenude ce capital, et jusqu'où acceptez-vous de voir sa valeur bouger ? Plus vous conservez un revenu d'activité confortable et un horizon long, plus vous pouvez pousser les poches Croissance et Illiquide.
| Poche | Prudent (~3 % net) | Équilibré (~5 % net) | Dynamique (~7 %+ net) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 40 % | 25 % | 15 % |
| Revenu | 30 % | 20 % | 15 % |
| Croissance | 20 % | 30 % | 35 % |
| Illiquide | 10 % | 25 % | 35 % |
Comment lire ces pourcentages
Ces trois colonnes sont des points de repère, pas des prescriptions. La bonne allocation dépend toujours de votre profil de risque réel et de votre horizon : un même fondateur peut se situer entre deux colonnes, ou évoluer du prudent vers l'équilibré à mesure que sa société se stabilise. Les rendements nets cibles (~3 %, ~5 %, ~7 %) traduisent un niveau de risque croissant : viser plus, c'est accepter une volatilité et une part d'illiquide plus élevées. Ils sont illustratifs et non garantis.
Profil prudent (~3 % net/an)
Pour un fondateur qui veut surtout sécuriser le fruit de sa levée, l'enjeu est de transformer un capital unique et risqué en un socle stable. La poche Sécurité domine (~40 %) : fonds euros et obligataire daté en assurance-vie, qui figent un rendement prévisible. La poche Revenu (~30 %) repose sur SCPI européennes, nue-propriété de SCPI et un peu de dette privée senior. La poche Croissance (~20 %) se compose d'ETF actions monde en PEA et compte-titres. La poche Illiquide reste limitée (~10 %), en private equity généraliste : juste assez pour capter une prime d'illiquidité sans rajouter du risque tech. Au fil du temps, à mesure que votre société gagne en maturité, vous pourrez basculer une partie de la Sécurité vers la Croissance pour ne pas sous-performer l'inflation.
Profil équilibré (~5 % net/an)
Le profil équilibré convient au fondateur qui garde un revenu d'activité confortableet peut viser ~5 % net sur son patrimoine perso, sans en dépendre au quotidien. La Sécurité représente ~25 % (fonds euros et obligataire daté en assurance-vie, comme réserve et amortisseur). Le Revenu (~20 %) mobilise SCPI européennes, nue-propriété et dette privée. La Croissance monte à ~30 % : ETF actions monde et S&P 500 en PEA (plafond 150 k€) puis en compte-titres et capitalisation, plus des produits structurés à coupon. L'Illiquide atteint ~25 % : private equity diversifié (capital-développement, secondaire) et un peu de dette privée, ce qui vous reconnecte au non-coté de façon diversifiée. Les distributions de private equity sont réinvesties dans de nouveaux millésimes, et la part actions cotée se renforce à chaque nouvelle entrée de liquidité.
Profil dynamique (~7 %+ net/an)
Le profil dynamique s'adresse au fondateur jeune, sans besoin de revenu immédiat et habitué au risque, qui vise 7 % net et plus. Attention toutefois : vos parts restent un pari tech massif, donc la diversification doit primer sur la concentration. La Sécurité se limite à ~15 % (fonds euros et obligataire daté en assurance-vie ou assurance-vie luxembourgeoise, éventuellement adossée à un crédit lombard pour saisir des opportunités). Le Revenu pèse ~15 % (SCPI européennes, nue-propriété, dette privée). La Croissance représente ~35 % (ETF actions monde et S&P 500 en PEA, compte-titres et capitalisation, plus structures à coupon). L'Illiquide monte à ~35 % : private equity diversifié (primaire, secondaire, co-investissement), dette privée et infrastructure, en privilégiant volontairement des secteurs hors tech. C'est le non-coté diversifié qui porte ici la performance, via la prime d'illiquidité. Vous programmez vos engagements sur plusieurs millésimes pour lisser le risque de timing.
10. Exemple chiffré : diversifier 2 M€ de cash-out
Mettons des chiffres sur tout ça (cas illustratif). Reprenons notre fondateur avec ses 2 M€ sur le compte, alors qu'il reste à la tête de sa société. Il dispose d'un revenu d'activité confortable et choisit donc une allocation équilibrée. Voici comment se répartissent les 2 M€.
| Poche | Montant | Contenu | Rôle |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 500 000 € | Fonds euros + obligataire daté (assurance-vie) | Socle stable, réserve de trésorerie |
| Revenu | 400 000 € | SCPI européennes, nue-propriété, dette privée | Coupons réguliers décorrélés de la tech |
| Croissance | 600 000 € | ETF monde en PEA puis compte-titres, structurés | Croissance des marchés cotés |
| Illiquide | 500 000 € | Private equity diversifié hors tech | Prime d'illiquidité, hors secteur |
Création de valeur annuelle (hypothèse illustrative)
2 000 000 € × 5 % net ≈ 100 000 € / an
- Capital diversifié :2 000 000 € (allocation équilibrée)
- Rendement net cible :≈ 5 % par an (illustratif, non garanti)
- Création de valeur :≈ 100 000 € par an, capitalisée tant qu'aucun revenu n'est prélevé
Hypothèse purement illustrative. Le rendement réel dépend des marchés et n'est jamais garanti ; un investissement comporte un risque de perte en capital.
À 5 % net, cette allocation représente environ 100 000 € de création de valeur annuelle, capitalisée tant que vous n'avez pas besoin de revenu. L'objectif central n'est pas le rendement affiché, mais l'indépendance : ne plus dépendre d'un actif unique. Pour une vue d'ensemble des ordres de grandeur, voyez aussi notre analyse de ce que rapportent 2 millions d'euros placés et notre guide complet pour investir 2 000 000 € en 2026.
Hypothèses et limites du cas
Ce cas est illustratif et non garanti. Les rendements par classe d'actifs sont des références de marché indicatives ; ils varient dans le temps et peuvent être négatifs. La création de valeur affichée suppose une absence de prélèvement et ne tient pas compte d'une éventuelle fiscalité de sortie. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.
11. Fiscalité 2026 : PFU, sursis, report d'imposition
Une diversification bien pensée peut être ruinée par une fiscalité mal anticipée. Trois moments comptent : l'impôt sur la cession, la fiscalité des enveloppes où vous réemployez l'argent, et l'IFI une fois le tout en place.
La plus-value de cession : PFU 31,4 %, pas 30 %
La cession de vos titres relève du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur la plus-value. Point de vigilance majeur en 2026 : avec la hausse de 1,4 point de CSG issue de la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les plus-values mobilières sont passés à 18,6 %. Le PFU sur une plus-value de cession est donc de 31,4 %(12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), et non 30 %. Sur option, le barème progressif avec abattements pour durée de détention reste possible pour les titres acquis avant 2018.
Plus-value de 2 M€ au PFU (illustratif)
2 000 000 € × 31,4 % = 628 000 €
- Plus-value imposable :2 000 000 € (hypothèse)
- Taux PFU 2026 (PV mobilière) :31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)
- Imposition :628 000 €
C'est précisément ce montant que l'apport-cession 150-0 B ter permet de placer en report — d'où l'intérêt de structurer AVANT la cession.
Réemploi via une holding : le report 150-0 B ter
Si vous réinvestissez via une holding, le mécanisme de l'apport-cession (article 150-0 B ter) permet un report d'impositionde cette plus-value, à condition de respecter, en cas de cession des titres par la holding sous trois ans, un remploi d'au moins 70 % du produit dans une activité éligible (dont certains fonds de private equity) dans un délai de trois ans, avec conservation des actifs réinvestis pendant au moins cinq ans (seuil porté de 60 % à 70 %, délai de remploi allongé de 2 à 3 ans et durée de conservation portée de 1 à 5 ans par la LF 2026, pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026). À noter : l'abattement fixe de 500 000 € réservé au dirigeant partant à la retraite(article 150-0 D ter) ne s'applique pas ici, puisque vous restez fondateur — d'où le rôle central du report.
Les enveloppes de réemploi et l'IFI
- PEA : exonération d'IR sur les plus-values après 5 ans, prélèvements sociaux de 18,6 % dus à la sortie.
- Assurance-vie : après 8 ans, abattement annuel de 4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple) sur les gains rachetés, puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes, + PS 17,2 %.
- Contrat de capitalisation dans la holding : à l'IS, il permet de capitaliser la trésorerie sans frottement fiscal annuel excessif.
- IFI : il ne vise que la quote-part immobilière (SCPI, immobilier) au-delà de 1,3 M€ ; la nue-propriété de SCPI sort temporairement de l'assiette (art. 968), l'usufruitier étant seul redevable.
La dualité des prélèvements sociaux en 2026
C'est le piège fiscal n° 1 de l'année. En 2026, deux taux cohabitent : 17,2 %sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers et les plus-values immobilières ; 18,6 %sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA et PER (CSG +1,4 pt, LFSS 2026). Ne jamais appliquer un taux unique partout : tout dépend de la nature du revenu. Pensez aussi, à très haut revenu, à la contribution exceptionnelle (CEHR, art. 223 sexies) et à la contribution différentielle (CDHR, art. 224).
12. L'angle Hagnéré : un partenaire pour votre patrimoine perso
La plupart des fondateurs que nous recevons n'avaient jamais pris le temps de regarder leur patrimoine perso : tout passait dans la boîte. Le cash-out est souvent le premier moment où la question se pose vraiment — et il faut y répondre vite. C'est précisément le rôle d'un conseil : piloter votre patrimoine perso comme une seconde entreprise, avec la même rigueur, pendant que vous vous concentrez sur la vôtre.
Concrètement, on commence par structurer avantla vente — c'est là que la holding et l'apport-cession se jouent. On cale ensuite l'allocation sur votre vrai besoin de revenu, pas sur une grille toute faite. On vous sort de la tech, là où votre risque est déjà maximal. Et on revient régulièrement réinvestir les distributions et renforcer la Croissance à chaque nouvelle rentrée de cash, en ajustant la Sécurité à mesure que l'entreprise mûrit. C'est l'ADN d'un accompagnement de gestion de fortune, appliqué au cas particulier du fondateur.
Ce que nous mettons en place avec vous
- Un bilan patrimonial écrit qui cartographie votre exposition réelle (parts, BSPCE, revenu, cash-out).
- La structuration en amontde la cession (holding à l'IS, apport-cession 150-0 B ter, remploi 70 %).
- Une allocation 4 poches calibrée sur votre profil et votre fiscalité, volontairement diversifiée hors tech.
- Un suivi récurrent avec réinvestissement des distributions sur plusieurs millésimes.
Diversifier sans perdre votre ADN d'entrepreneur
Vous venez de réaliser un cash-out ? Réservez un échange avec Hagnéré Patrimoine pour structurer un patrimoine personnel enfin indépendant de votre société.
Sources, mentions et disclaimer
Sources et références mobilisées dans ce guide
- CGI art. 150-0 B ter— apport-cession et report d'imposition de la plus-value d'apport
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026) — relèvement du seuil de remploi de 60 % à 70 %, délai de remploi porté à 3 ans et durée de conservation à 5 ans (cessions à compter du 21 février 2026)
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) — hausse de 1,4 pt de CSG (PS 18,6 % sur PV mobilières)
- CGI art. 200 A — prélèvement forfaitaire unique (12,8 % IR + PS)
- CGI art. 150-0 D ter — abattement fixe 500 000 € dirigeant partant à la retraite
- CGI art. 990 I et 757 B— fiscalité successorale de l'assurance-vie (avant / après 70 ans)
- CGI art. 964 et s. — impôt sur la fortune immobilière (seuil 1,3 M€)
- CGI art. 968 — démembrement et IFI (nu-propriétaire non redevable)
- CGI art. 972— assurance-vie et capitalisation dans l'assiette IFI pour leur fraction immobilière
- CGI art. 223 sexies (CEHR) et 224 (CDHR) — contributions sur les hauts revenus
- Service-public.fr— plan d'épargne en actions (PEA) ; impots.gouv.fr— fiscalité de l'assurance-vie
- Arrêté du 22 décembre 2025 — PASS 2026 fixé à 48 060 €
Mise à jour: 23 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), Code monétaire et financier (CMF), BOFiP, Légifrance, service-public.fr, impots.gouv.fr, URSSAF. Les chiffres, taux et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 23 juin 2026 et intègrent la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Les seuils de l'apport-cession pouvant évoluer, vérifiez le régime applicable à votre date de cession.
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les allocations, profils et cas chiffrés sont illustratifs et non garantis : ils décrivent une mécanique, ils ne promettent aucun résultat. Tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP) — siège social 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry.

