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Dirigeant en apport-cession : que faire de 1 million d'euros après la vente

Vous venez d'encaisser 1 M€ via une holding ? L'apport-cession n'est pas qu'une contrainte fiscale : c'est l'occasion de passer de chef d'entreprise à investisseur de long terme. On concilie le report d'imposition 150-0 B ter durci par la LF 2026 (70 % à réinvestir) et la construction d'un vrai patrimoine piloté en 4 poches. Allocation chiffrée par profil de risque.

70 %Remploi LF 2026
4 pochesSécurité · Revenu · Croissance · Illiquide
2 étagesHolding + patrimoine personnel
~5 % netProfil Équilibré (illustratif)
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en stratégies patrimoniales du dirigeant

Clément Chatelain accompagne les dirigeants, associés et professions libérales sur la rémunération, la prévoyance, les holdings, le PER et la structuration globale entre patrimoine privé et outil professionnel.

DirigeantsStructurationCIF

Publié le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291.

En 60 secondes

  • Pour qui ? Un dirigeant qui vient de céder sa société via une holding et encaisse environ 1 M€.
  • Le bon réflexe : séparer la part contrainte (remploi 70 % du 150-0 B ter) de la part réellement libre.
  • La méthode : organiser le tout en 4 poches — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide.
  • Le message : l'apport-cession n'est pas qu'une obligation, c'est le point de bascule vers l'investisseur de long terme.
QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. Apport-cession : où en êtes-vous après la vente ?

Vous avez vendu. Après des années à construire, à embaucher, à piloter, vous venez d'encaisser le fruit d'une vie de travail : environ 1 million d'euros. Sauf que ce million n'est pas vraiment « sur votre compte », librement disponible : dans un schéma d'apport-cession, le produit de la vente est logé dans une holding, et une partie de cette somme — souvent 70 % depuis la LF 2026 — est contrainte par le report d'imposition. La première question n'est donc pas « dans quoi j'investis ? » mais « qu'est-ce qui est libre, et qu'est-ce qui ne l'est pas ? ». Ce guide vous donne la réponse, puis l'allocation chiffrée en 4 poches qui transforme un produit de cession en patrimoine piloté — par profil de risque, et avec la fiscalité 2026 à jour.

En cabinet, je vois deux écueils opposés. Le premier : investir trop vite, par peur de « laisser dormir » l'argent, sans avoir cadré le remploi obligatoire. Le second : tout laisser en compte courant de holding pendant deux ans, par prudence excessive, et perdre mécaniquement du pouvoir d'achat. La bonne posture tient en trois temps : on stationne l'argent, on cadre le remploi, et seulement après on déploie.

Vos 90 premiers jours

  • Sécuriser la trésorerie : garer le produit de cession sur des supports liquides et sûrs au sein de la holding, le temps de réfléchir.
  • Cartographier les trois enveloppes : produit de cession net, trésorerie de la holding, liquidités personnelles.
  • Cadrer le remploi : avec votre avocat fiscaliste, déterminer si l'obligation des 70 % se déclenche, et sélectionner les supports éligibles.
  • Écrire l'allocation cible : les 4 poches, par profil, à horizon 5 et 10 ans.

Ce guide est centré sur l'angle cession: la mécanique du report et la façon de bâtir une allocation cohérente autour de cette contrainte. Si vous cherchez le catalogue détaillé des supports d'un patrimoine d'un million (toutes enveloppes confondues, hors logique cession), notre guide investir 1 million d'euros est le complément naturel : nous lui déléguons le détail produit pour rester concentrés ici sur le dirigeant cédant. Et si vous restez fondateur après un cash-out partiel, voyez plutôt diversifier un cash-out en restant aux commandes, dont la logique diffère sensiblement de la cession totale traitée ici.

2. Le report d'imposition 150-0 B ter : la contrainte des 70 %

Le mécanisme de l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) place la plus-value en report d'imposition tant que la holding conserve les titres. Concrètement : vous apportez les titres de votre société à une holding soumise à l'IS que vous contrôlez, puis cette holding vend. La plus-value d'apport n'est pas effacée — elle est mise en pause. C'est tout l'intérêt : vous réinvestissez 100 % du produit de cession (et non le produit net d'impôt), avec un effet de levier puissant sur le capital qui travaille.

La contrepartie tient au calendrier. Si la holding cède les titres dans les 3 ans suivant l'apport, le report tombe — sauf si la holding réinvestit une part minimale du produit dans une activité économique éligible. C'est cette part qui a changé avec la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026).

Durcissement du remploi 150-0 B ter par la LF 2026. Vérifiez la date exacte de votre opération avec votre avocat fiscaliste.
Condition du reportAvant (jusqu'au 20/02/2026)Depuis la LF 2026
Part minimale à réinvestir60 % du produit70 % du produit
Délai de réinvestissement2 ans3 ans (36 mois)
Durée de conservation du remploi12 mois minimum5 ans minimum
Immobilier locatif / marchand / promotionPartiellement toléréExclu du remploi éligible
Déclencheur de l'obligationCession des titres sous 3 ansInchangé : cession sous 3 ans

Le point qui change tout

Si votre holding conserve les titres au-delà de 3 ans avant de les céder, aucune obligation de remploi ne s'applique : le report perdure sans condition d'investissement économique. L'obligation des 70 % ne vise que les cessions rapides (sous 3 ans). C'est une variable de pilotage essentielle, souvent mal comprise.

Réinvestissement économique éligible vs liquidités libres

Il faut distinguer deux blocs au sein du produit de cession :

  • La part contrainte (≈ 70 %) : elle doit financer une activité économique éligible— prise de participation au capital de sociétés opérationnelles, ou souscription de parts de fonds de capital-investissement, de dette privée ou d'infrastructure productive répondant aux conditions du texte. La LF 2026 a exclu l'immobilier locatif, le marchand de biens et la promotion. C'est de l'investissement dans des entreprises, pas de la pierre patrimoniale.
  • La part libre (≈ 30 %) : le solde du produit de cession non soumis au remploi, plus votre trésorerie personnelle. C'est cette part qui se répartit librement en 4 poches, selon votre profil et vos objectifs.

Pour aller au fond de la mécanique juridique (création de la holding, apport, abus de droit, fonds éligibles), reportez-vous à notre guide dédié apport-cession 150-0 B ter. Ici, nous partons de l'argent encaissé pour bâtir l'allocation.

3. Décomposer le 1 M€ : produit de cession net, holding, liquidités perso

Avant toute allocation, posez les trois compartiments sur la table. Le réflexe d'investisseur consiste à ne jamais raisonner « 1 million en bloc », mais à savoir, euro par euro, où chaque somme se trouve et sous quelle contrainte. Voici la décomposition type d'une cession à 1 M€ via holding, lorsque l'obligation de remploi se déclenche.

Décomposition indicative d'une cession à 1 M€ déclenchant le remploi. Les montants varient selon votre opération ; chiffres illustratifs.
CompartimentMontant indicatifStatutDestination
Part contrainte (remploi 70 %)≈ 700 000 €Bloquée par le 150-0 B terActivité économique éligible (poche Illiquide)
Part libre de la holding≈ 200 000 €Libre au niveau holdingCapi à l'IS, fonds, distributions
Liquidités personnelles≈ 100 000 €Libre au niveau persoAssurance-vie, PEA, compte-titres

Pourquoi cette décomposition est décisive

Les ≈ 700 000 € contraints ne sont pas « perdus » : ils constituent déjà la poche Illiquide de votre allocation. La vraie liberté d'arbitrage porte sur les ≈ 300 000 € restants (part libre de la holding + perso), répartis entre Sécurité, Revenu et Croissance. L'allocation globale se lit donc comme une superposition des deux étages : holding et patrimoine personnel.

Hagnéré Patrimoine

Cadrons votre remploi et votre allocation

Vous venez de céder via une holding ? Nous structurons le respect du report 150-0 B ter et bâtissons l'allocation de vos liquidités en 4 poches, en lien avec votre avocat fiscaliste.

Cession dirigeantRemploi 150-0 B terSans engagement

4. La part à réinvestir dans l'économie (private equity, infrastructure)

La contrainte des 70 % est souvent vécue comme une corvée. À tort. Pour un ancien entrepreneur, réinvestir dans des entreprises est un terrain familier : c'est exactement ce que vous avez fait toute votre carrière, en finançant la croissance d'une activité productive. Le remploi se loge donc naturellement dans la poche Illiquide de l'allocation.

Les classes d'actifs éligibles, raisonnées en familles et non en noms de fonds, sont :

  • Le capital-investissement (private equity) : participation au capital de sociétés non cotées, en direct ou via des fonds éligibles. Potentiel de performance élevé sur le long terme, mais forte dispersion des résultats et illiquidité longue.
  • La dette privée : financement par prêts de sociétés opérationnelles, avec un profil de rendement plus régulier et un risque de crédit à maîtriser.
  • L'infrastructure productive : actifs réels de long terme (énergie, transport, réseaux) générant des flux, sous réserve d'éligibilité au remploi.

Prudence — illustratif et non garanti

Le private equity affiche historiquement des rendements moyens de l'ordre de ~11 %/an nets, mais avec une très forte dispersion: certains fonds perdent de l'argent. Ces chiffres sont illustratifs, non garantis, et comportent un risque de perte en capital. L'éligibilité d'un fonds au remploi 150-0 B ter doit être validée au cas par cas avec votre avocat fiscaliste — une erreur d'éligibilité fait tomber le report.

Pour approfondir cette classe d'actifs, voyez notre guide private equity. Et pour le catalogue des solutions de remploi, notre page remploi apport-cession.

5. La part libre : architecture en 4 poches via les enveloppes

La méthode des 4 poches est notre fil conducteur pour transformer une somme reçue en patrimoine piloté. Chaque poche répond à un besoin précis et s'appuie sur les enveloppes qui lui conviennent. En bout de chaîne, une trésorerie centrale vous redistribue le cash au moment voulu.

Les 4 poches : mission, contenu et enveloppes. La répartition entre poches dépend du profil de risque.
PocheMissionClasses d'actifsEnveloppes
Sécurité3 ans de train de vie protégésFonds euros, obligataire datéCapi à l'IS (holding), assurance-vie
RevenuFlux réguliers, remplacer la rémunérationSCPI européennes, nue-propriété, structurés à couponAssurance-vie, AV luxembourgeoise
CroissanceFaire travailler le capital sur 8 ans et +ETF actions monde (MSCI World, S&P 500)PEA, puis assurance-vie, puis compte-titres
IlliquidePerformance longue, prime d'illiquiditéPrivate equity, dette privée, club dealsHolding, AV luxembourgeoise (FAS)

L'escalier de l'illiquide

Règle structurante du cluster fortune : la poche Illiquide grossit avec le patrimoine. Environ 10-15 % à 1 M€, 20-25 % à 5 M€, 30-40 % à 10 M€ et au-delà (logique family office). Pour un dirigeant cédant, la contrainte de remploi pousse déjà l'illiquide vers le haut de cette fourchette — ce qui colle parfaitement à son aisance avec le non coté.

6. La poche Sécurité du dirigeant : préserver le capital de la vente d'une vie

Vous venez de transformer des années de risque entrepreneurial en capital. La poche Sécurité rassure autant qu'elle protège : trois ans de train de vie à l'abri, sans jamais avoir à vendre un actif au mauvais moment. Pour un dirigeant, c'est le coussin qui permet de prendre du risque ailleurs en toute sérénité.

Deux supports dominent, sur deux étages :

  • Dans la holding — le contrat de capitalisation à l'IS : il accueille les fonds euros et l'obligataire daté de la trésorerie de la société. La holding place sans distribuer, donc sans frottement fiscal personnel immédiat.
  • À titre personnel — l'assurance-vie : un socle en fonds euros, avec des prélèvements sociaux de 17,2 % maintenus en 2026, et une transmission optimisée.

Repère de rendement (illustratif)

En 2026, un fonds euros sert de l'ordre de ~2,6 % net à titre indicatif. Ce n'est pas un placement de performance mais de préservation : la poche Sécurité a vocation à amortir, pas à faire fructifier. Chiffre illustratif, non garanti.

7. La poche Revenu : remplacer la rémunération par des flux passifs

Vous ne vous versez plus de salaire de dirigeant. Le revenu doit maintenant venir de vos actifs, pas de votre travail. La poche Revenu rassemble les classes d'actifs distributives : SCPI européennes, nue-propriété de SCPI (qui se transforme en pleine propriété à terme), obligataire daté à coupons connus et produits structurés à coupon. Logée principalement en assurance-vie (y compris luxembourgeoise pour les supports institutionnels), elle fournit le flux qui se substitue au salaire.

Deux robinets pour la rente : dividendes vs rachats

La mécanique de la rente combine deux canaux à la fiscalité très différente. C'est ici que la dualité des prélèvements sociaux 2026 prend toute son importance :

Dualité PS 2026 (LFSS, loi n° 2025-1403). Le rachat AV bénéficie de PS à 17,2 % et d'un abattement annuel ; le dividende subit 18,6 % de PS.
CanalFiscalité 2026Prélèvements sociauxTotal PFU
Dividendes de la holdingPFU : 12,8 % IR18,6 %31,4 %
Rachat assurance-vie (> 8 ans)7,5 % après abattement17,2 %≈ 30 % (et souvent moins)

Ne pas appliquer un taux unique partout

Erreur fréquente : croire que « tout est à 30 % ». Faux. Depuis la LFSS 2026, les dividendes et plus-values mobilières supportent 31,4 % (PS à 18,6 %), tandis que l'assurance-vie reste à 30 % tout compris (PS à 17,2 %) et bénéficie en plus d'un abattement après 8 ans. Faire transiter une partie du revenu par l'assurance-vie plutôt que par les seuls dividendes de holding améliore le net.

Pour transformer méthodiquement un capital en revenus réguliers, notre guide devenir rentier détaille la logique des taux de retrait soutenables, et notre page SCPI l'exposition immobilière distributive.

8. La poche Croissance : faire travailler le capital sur le long terme

La poche Croissance est le moteur de long terme. Son contenu est simple et éprouvé : des ETF actions monde (indices type MSCI World ou S&P 500), diversifiés et peu coûteux. La règle d'ordre des enveloppes est une cascade fiscale :

  1. Le PEA d'abord : après 5 ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus à la sortie en 2026). C'est l'enveloppe actions la plus efficiente, dans la limite de 150 000 € de versements.
  2. L'assurance-vie ensuite : pour la souplesse, la transmission (990 I / 757 B) et l'accès à des unités de compte variées.
  3. Le compte-titres enfin : sans plafond, pour le surplus, au PFU (PS à 18,6 % sur les plus-values mobilières).

L'horizon avant tout

La poche Croissance n'a de sens que sur 8 ans et plus : sur des durées plus courtes, la volatilité des actions devient un risque, pas un atout. Pour un dirigeant qui vient de sécuriser sa Sécurité et son Revenu, cette poche est précisément celle qui reconstitue — et fait croître — le capital sur la durée. Performance non garantie, risque de perte en capital.

9. La poche Illiquide : du non coté, naturel pour un ancien entrepreneur

C'est la poche où un ancien dirigeant est le plus à l'aise. Le non coté effraie souvent les particuliers ; pour vous, c'est le quotidien d'avant : financer une société, lui laisser cinq à huit ans pour grandir, et accepter de bloquer l'argent en échange d'un rendement potentiellement supérieur. La part de remploi obligatoire (les 70 %) constitue déjà le socle de cette poche ; vous pouvez la compléter au-delà, dans la holding ou via une assurance-vie luxembourgeoise donnant accès aux supports institutionnels.

Le contrat de capitalisation à l'IS dans la holding

Outil central de l'étage holding, le contrat de capitalisation détenu par la société est soumis à l'IS avec un mode de taxation forfaitaire annuel (la base imposable est calculée forfaitairement chaque année, indépendamment de la performance réelle). Il permet de placer la trésorerie de la holding — fonds euros, obligataire daté, unités de compte — sans la distribuer, donc sans déclencher la fiscalité personnelle des dividendes. La holding bénéficie par ailleurs du régime mère-fille (quote-part de frais et charges de 5 % sur les dividendes de filiales) et du régime des plus-values à long terme sur titres de participation (quote-part de 12 %).

Holding vs personnel : deux étages complémentaires. La QPFC du régime mère-fille est de 5 %, distincte de la quote-part de 12 % du régime des plus-values à long terme.
CritèreHolding à l'ISPatrimoine personnel à l'IR
Placement de la trésorerie sans distributionOui (capi à l'IS, taxation forfaitaire)Sans objet
Dividendes de filialeRégime mère-fille (QPFC 5 %)PFU 31,4 % si perçus en direct
Plus-value sur titres de participationRégime long terme (QP 12 %)PFU 31,4 %
Sortie du cash vers le dirigeantDividende → PFU 31,4 %Déjà dans le patrimoine privé

Le bon usage des deux étages

On laisse l'argent travailler dans la holding (capi à l'IS + non coté) pour faire grossir le patrimoine, et on en sort juste ce qu'il faut chaque année, sous forme de dividendes, vers le patrimoine personnel où il rejoint l'assurance-vie et le PEA. Le contrat de capitalisation en société est détaillé dans notre guide contrat de capitalisation en société.

10. Allocation selon votre profil de risque post-cession

Voici comment ces quatre poches se répartissent concrètement selon votre tolérance au risque. Dans chaque cas, la part de remploi obligatoire alimente la poche Illiquide ; la part libre se répartit entre Sécurité, Revenu et Croissance. Voici les trois allocations chiffrées, en pourcentage du total (≈ 1 M€). Ces répartitions sont illustratives, non garanties, et comportent un risque de perte en capital.

Comment lire les pourcentages de rendement

Les niveaux indiqués (~3 %, ~5 %, ~7 %+ net/an) sont des ordres de grandeur, pas des promesses : ils dépendent du profil de risque et de l'horizon. Plus la poche Croissance et la poche Illiquide pèsent, plus le rendement espéré monte — mais la volatilité et le risque de perte augmentent d'autant. Un même profil peut viser un rendement différent selon qu'il investit à 5 ou à 15 ans. Aucun de ces chiffres n'est garanti.

Profil Prudent — viser ~3 % net/an

Objectif : ne pas mettre en danger le capital de la vente, et tenir les contraintes du report. Le remploi contraint se loge en private equity et infrastructure éligibles ; le reste de la trésorerie est placé via un contrat de capitalisation à l'IS, sur fonds euros et obligataire daté. La rente se prélève par dividendes de la holding et rachats en assurance-vie. Une fois le report sécurisé (délai de conservation respecté), on peut réorienter vers plus de Revenu.

Profil Équilibré — viser ~5 % net/an

On garde un œil sur le report tout en allant chercher un peu plus de rendement. La quote-part de remploi éligible (private equity, dette privée, infrastructure) constitue déjà une poche Illiquide conséquente. La Sécurité repose sur le capi à l'IS et un socle en assurance-vie personnelle ; la Revenu combine SCPI européennes, dette privée et structurés à coupon, volontiers en assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) pour la souplesse et l'accès aux supports institutionnels. La Croissance (ETF actions monde via PEA, compte-titres et AV) reconstitue le capital.

Profil Dynamique — viser ~7 %+ net/an

Ce profil pousse la croissance au maximum : c'est souvent celui d'un dirigeant qui n'a pas peur du non coté. La part de remploi est largement dépassée : la poche Illiquide atteint ~38 % (private equity, dette privée, infrastructure, co-investissements), logée en holding et en AV luxembourgeoise (FAS). La Sécurité se limite à un capi à l'IS pour financer les appels de capital. La Croissance, éventuellement amplifiée par un crédit lombard adossé au contrat luxembourgeois, vise la performance longue. La rente n'est pas l'objectif premier : on capitalise, quitte à distribuer plus tard.

Allocation 4 poches par profil, en % du total (≈ 1 M€). Le remploi obligatoire alimente la poche Illiquide. Répartitions illustratives, non garanties, risque de perte en capital.
PochePrudent (~3 %)Équilibré (~5 %)Dynamique (~7 %+)
Sécurité45 %25 %12 %
Revenu30 %25 %15 %
Croissance15 %30 %35 %
Illiquide10 %20 %38 %
Total100 %100 %100 %
Méthode documentée

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11. Cas chiffré : 1 M€ en profil Équilibré

Prenons un dirigeant qui cède pour 1 M€ via sa holding, avec déclenchement de l'obligation de remploi. Les chiffres ci-dessous sont des hypothèses explicites, illustratives et non garanties, avec risque de perte en capital.

Hypothèses du cas (profil Équilibré)

  • Produit de cession :1 000 000 € via holding
  • Remploi obligatoire (70 %) :≈ 700 000 € en private equity et infrastructure éligibles
  • Liquidités libres :≈ 300 000 € (part libre holding + perso) réparties en 4 poches
  • Rendement global visé :~5 % net/an, soit ≈ 50 000 €/an
  • Rente potentielle :3 à 4 % net par dividendes de holding et rachats AV

Lecture : sur l'ensemble du million, un profil Équilibré vise un rendement global de l'ordre de 5 % net, dont une partie peut être distribuée (rente de 3 à 4 %) et le reste capitalisé. Chiffres illustratifs, non garantis, risque de perte en capital.

La rente nette de 3 à 4 % (le bas de la fourchette soutenable de 3 à 5 % retenue dans ce guide, prudente car le profil Équilibré conserve une part de capitalisation) combine les deux robinets vus plus haut : des dividendes de la holding (PFU 31,4 % en 2026) et des rachats sur l'assurance-vie de plus de 8 ans (abattement annuel, PS à 17,2 %). En faisant transiter une part du revenu par l'assurance-vie plutôt que par les seuls dividendes, on améliore sensiblement le net perçu. Pour un patrimoine plus élevé, l'équilibre bascule vers l'illiquide : voyez notre guide après une cession à 5 M€ et, si vous restez fondateur, diversifier un cash-out en restant aux commandes.

12. De chef d'entreprise à investisseur de long terme

Vendre sa boîte via une holding ferme un chapitre. Gérer ce million en ouvre un autre, plus long et plus calme : celui de l'investisseur de long terme. La contrainte des 70 % vous oriente vers le non coté, et le reste se déploie dans une architecture en 4 poches qui transforme un produit de cession en patrimoine durable et distributif.

Deux pièges à ne pas manquer

  • L'année de cession : une plus-value gonfle le RFR et peut déclencher la CEHR (art. 223 sexies) et la CDHR (art. 224). Le report 150-0 B ter est justement un levier pour ne pas faire entrer la plus-value dans le RFR de l'année — voyez notre guide hauts revenus CEHR / CDHR 2026.
  • Report ou abattement, jamais les deux : le report (150-0 B ter) et l'abattement fixe dirigeant retraite de 500 000 € (150-0 D ter) sont concurrents, jamais cumulés. Le choix se décide avant la cession.

Un dernier mot de prudence : un montage d'apport-cession se sécurise impérativement avec un conseiller en gestion de patrimoine et un avocat fiscaliste. Rater un délai ou choisir un fonds non éligible fait tomber tout le report : c'est trop risqué pour le gérer seul. C'est précisément notre rôle, en complément du vôtre et de celui de votre avocat.

Hagnéré Patrimoine

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Hagnéré Patrimoine vous accompagne pour respecter le report 150-0 B ter et bâtir l'allocation de vos liquidités en 4 poches. Prenons rendez-vous pour cadrer votre réinvestissement.

Cession dirigeantRemploi 150-0 B terORIAS 23002291

Sources, mentions et disclaimer

Sources principales (2026)

  • CGI: art. 150-0 B ter (report apport-cession), 150-0 D ter (abattement 500 000 € dirigeant retraite), 219 I a quinquies (plus-values long terme IS), 145 et 216 (régime mère-fille), 238 septies E (capi à l'IS), 125-0 A (assurance-vie), 990 I et 757 B (transmission AV), 972 et 968 (IFI), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR).
  • Lois : LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, durcissement 150-0 B ter : 70 % / 36 mois / conservation 5 ans, exclusion immobilier) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, CSG +1,4 pt → PS 18,6 % sur dividendes et PV mobilières).
  • Doctrine : BOFiP-RPPM-PVBMI (report 150-0 B ter), BOFiP-IS-BASE (taxation forfaitaire du contrat de capitalisation), service-public.fr (PFU). PASS 2026 = 48 060 €.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à réaliser une opération. Les chiffres présentés (rendements, allocations, cas chiffrés) sont illustratifs et non garantis et comportent un risque de perte en capital; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et peut évoluer. Un montage d'apport-cession doit être sécurisé avec un conseiller en gestion de patrimoine et un avocat fiscaliste. Hagnéré Patrimoine — cabinet enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP), Chambéry (73000). Contact : contact@hagnere-patrimoine.fr.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : que faire de 1 M€ après la vente de son entreprise

Après une cession en apport-cession, le million ne se gère pas comme un simple livret. La première étape est de distinguer la part contrainte par le report d'imposition (le remploi obligatoire) de la part réellement libre. Sur cette part libre, on construit une architecture en 4 poches : Sécurité (3 ans de train de vie), Revenu (flux réguliers), Croissance (actions monde long terme) et Illiquide (non coté), avec une trésorerie centrale qui distribue le cash. Les premiers mois servent à sécuriser le capital et à cadrer le remploi avec votre avocat fiscaliste, pas à investir dans la précipitation.

Uniquement si votre holding cède les titres apportés dans les 3 ans suivant l'apport. Dans ce cas, pour maintenir le report d'imposition de la plus-value (art. 150-0 B ter du CGI), la holding doit réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans une activité économique éligible (LF 2026, loi n° 2026-103). Si la holding conserve les titres au-delà de 3 ans avant de les céder, aucune obligation de remploi ne s'applique et le report perdure. Le seuil était de 60 % avant la LF 2026 : vérifiez la date de votre opération avec votre avocat fiscaliste.

Depuis la LF 2026, le réinvestissement des 70 % doit être engagé dans les 36 mois (3 ans) suivant la cession des titres par la holding, et les actifs acquis en remploi doivent être conservés au moins 5 ans. Avant la réforme, le délai était de 2 ans et la conservation de 12 mois. Ces durées sont des conditions de validité du report : un remploi tardif ou une revente prématurée fait tomber le report et rend la plus-value imposable. Le montage doit impérativement être sécurisé avec un avocat fiscaliste.

Non. La LF 2026 a explicitement exclu du remploi éligible l'acquisition d'immeubles destinés à la location, l'activité de marchand de biens et la promotion immobilière. Le réinvestissement économique doit financer une véritable activité opérationnelle : souscription au capital de sociétés opérationnelles, ou souscription de parts de fonds de capital-investissement éligibles (capital-investissement, dette privée, infrastructure productive selon les conditions du texte). L'immobilier patrimonial se loge donc dans votre part libre, pas dans le remploi obligatoire.

Les 70 % se logent dans des actifs économiques éligibles : prise de participation directe dans des sociétés opérationnelles, ou souscription de parts de fonds de capital-investissement, de dette privée ou d'infrastructure productive répondant aux conditions du 150-0 B ter. Pour un ancien entrepreneur, cette obligation tombe bien : réinvestir dans des sociétés, c'est son métier d'avant, et cela constitue déjà le socle de la poche Illiquide de son allocation. La sélection des fonds éligibles se fait avec votre conseil et votre avocat fiscaliste.

Les liquidités libres (la part non contrainte du produit de cession et la trésorerie personnelle) s'organisent en 4 poches selon votre profil. Poche Sécurité (fonds euros, obligataire daté, via un contrat de capitalisation à l'IS dans la holding ou une assurance-vie personnelle), poche Revenu (SCPI européennes, nue-propriété, produits à coupon), poche Croissance (ETF actions monde via PEA puis assurance-vie puis compte-titres) et poche Illiquide (non coté complémentaire). La répartition exacte dépend de votre tolérance au risque et de votre horizon.

Deux sources de cash coexistent. Au niveau de la holding, vous pouvez vous distribuer des dividendes : ils sont alors imposés à votre niveau au PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026). Au niveau personnel, les rachats sur une assurance-vie de plus de 8 ans bénéficient d'un abattement annuel puis d'un taux réduit, avec des prélèvements sociaux de 17,2 %. Combiner ces deux canaux permet de lisser la fiscalité et de viser une rente nette de 3 à 5 %, par définition illustrative et non garantie.

Les deux étages sont complémentaires. Dans la holding, le contrat de capitalisation à l'IS et les fonds de capital-investissement permettent de faire fructifier la trésorerie sans la sortir, avec pour les parts de fonds le régime des répartitions de l'article 38, 5 du CGI et celui des plus-values à long terme. À titre personnel, l'assurance-vie, le PEA et le compte-titres offrent une fiscalité de sortie et de transmission avantageuse. La clé est d'arbitrer le rythme et le canal des distributions, sujet à calibrer avec un conseiller car la fiscalité dépend de votre situation.

On ne choisit pas l'un contre l'autre : le capi sert dans la holding, l'assurance-vie à titre privé. Le contrat de capitalisation détenu par la holding est soumis à l'impôt sur les sociétés, avec un mode de taxation forfaitaire annuel : il sert à placer la trésorerie de la société sans la distribuer. L'assurance-vie est un contrat personnel : après 8 ans, abattement de 4 600 ou 9 200 € puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes, prélèvements sociaux de 17,2 %, et une transmission optimisée via les articles 990 I et 757 B.

Non, ce sont deux stratégies concurrentes, jamais cumulées sur une même opération. Le report d'imposition de l'apport-cession (150-0 B ter) suppose d'apporter les titres à une holding avant la cession : la plus-value est mise en report, pas effacée, et vous gardez le capital investi. L'abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant à la retraite (150-0 D ter, sous conditions) s'applique à une cession en direct des titres : la plus-value est définitivement réduite mais vous percevez le prix net dans votre patrimoine privé. Le choix se décide en amont, selon que vous voulez transmettre, réinvestir ou consommer le capital.

Souvent oui, car une plus-value de cession gonfle fortement le revenu fiscal de référence de l'année. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies) s'applique au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), aux taux de 3 puis 4 %. La contribution différentielle sur les très hauts revenus (CDHR, art. 224) peut imposer un taux plancher d'environ 20 % du RFR. Le report d'imposition de l'apport-cession est précisément un levier pour ne pas faire entrer la plus-value dans le RFR de l'année. À cadrer avec un fiscaliste.

Si la holding cède les titres dans les 3 ans et ne réinvestit pas 70 % du produit dans le délai légal, ou si elle revend les actifs de remploi avant 5 ans, le report d'imposition tombe : la plus-value initialement mise en report devient imposable, avec intérêts de retard. C'est pourquoi le remploi ne s'improvise pas : il faut un plan documenté, des fonds éligibles sélectionnés et un calendrier suivi. Ce risque justifie à lui seul l'accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine et un avocat fiscaliste.