Activez la bonne stratégie de défiscalisation
Girardin, Malraux, déficit foncier, Jeanbrun ou niches fiscales : nous vérifions l'adéquation du montage, le niveau de risque et le gain réel avant d'investir.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en stratégies de défiscalisation
Quentin Hagnéré accompagne les contribuables sur les dispositifs de défiscalisation immobilière et financière, avec une attention particulière portée au gain net, aux plafonds fiscaux et aux risques réels du montage.
Sommaire
- 1. 1 M€ de plus-values, et maintenant ?
- 2. La fiscalité : l'enjeu n°1 avant d'investir
- 3. Défiscaliser et diversifier : les 4 poches
- 4. Enveloppes et dispositifs (PEA, PER, FCPI)
- 5. Trois allocations selon votre profil
- 6. Exemple chiffré : 1 M€ de plus-values
- 7. Fiscalité 2026 : récapitulatif
- 8. L'accompagnement Hagnéré Patrimoine
Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 16 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS (l'organisme officiel qui inscrit et contrôle les intermédiaires en assurance, banque et finance).
En 60 secondes
- Pour qui ? Salariés, cadres et fondateurs tech qui réalisent ~1 M€ de plus-values en exerçant des stock-options, des actions gratuites (RSU) ou des BSPCE.
- Le double enjeu : optimiser le net d'impôt et sortir d'une exposition concentrée sur le titre de votre employeur.
- Net indicatif : sur 1 M€ de gain de BSPCE détenus plus de 3 ans, ≈ 686 k€ net après ≈ 31,4 % de prélèvements (illustratif).
- La méthode : réinvestir ce net en 4 poches (sécurité, revenu, croissance, illiquide), avec PER, PEA et assurance-vie pour défiscaliser.
- Le piège : réinvestir tout dans une nouvelle action unique — refaire le pari d'un seul actif.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité des stock-options, actions gratuites et BSPCE dépend du plan applicable, de sa date d'attribution et de votre situation individuelle ; elle doit être vérifiée au cas par cas. Tous les chiffres de cet article sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants, salariés actionnaires et fondateurs. Le cabinet applique la méthodologie CGP en 5 étapes conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
1. Stock-options et BSPCE : 1 M€ de plus-values, et maintenant ?
Vous venez d'exercer vos stock-options, vos actions gratuites ou vos BSPCE et de réaliser environ 1 million d'euros de plus-values. Belle réussite — sauf qu'elle laisse souvent un patrimoine fragile: une seule ligne, celle de votre société, adossée à la main qui vous verse votre salaire. Le premier réflexe, je l'entends à chaque rendez-vous : comment payer le moins d'impôt possible ? C'est légitime, mais c'est la moitié du sujet. En cabinet, je vois deux risques se cumuler chez les bénéficiaires : une fiscalité mal anticipée qui ampute le net (entre ~31 % et près de 49 % de prélèvements selon votre dispositif et votre ancienneté), et surtout cette concentration dangereuse sur le titre de leur employeur. Le bon réflexe n'est pas de défiscaliser puis de réinvestir au hasard : c'est de relier les deux objectifs — optimiser le net et diversifier — dans une stratégie unique. C'est tout l'objet de ce guide, chiffres à l'appui.
Ce guide est délibérément tourné vers le réinvestissement: que faire, concrètement, des ~700 k€ qui restent après impôt ? Pour le détail du régime fiscal de chaque dispositif (gain de levée, contribution salariale, calendrier d'imposition, plans antérieurs et postérieurs à 2012), nous renvoyons à notre guide dédié stock-options 2026 : régime fiscal détaillé — c'est lui qui décortique le calculde l'impôt, là où le présent guide se concentre sur le réemploidu net. Ici, nous calibrons le net puis nous le mettons au travail. Et parce qu'un million de plus-values vous place d'emblée dans le haut du tableau patrimonial français, voyez aussi, pour le cadre général, placer 1 million d'euros : le top 5 % des patrimoines.
Le bon ordre des opérations
L'ordre compte plus qu'on ne le croit. On commence par identifier le dispositif (stock-options, actions gratuites ou BSPCE), puis on chiffre le net réellement disponible après impôt et prélèvements sociaux avant d'activer les leviers de l'année du gain — le PER en tête. Et seulement ensuite on réinvestit le solde en cassant la concentration, selon la méthode des 4 poches. C'est cet enchaînement qui crée la valeur ; jamais un produit pris isolément.
Distinguer stock-options, actions gratuites et BSPCE
Les trois dispositifs récompensent les salariés et dirigeants par de l'actionnariat, mais leur fiscalité diffère profondément. C'est la première chose à clarifier, car elle change le net disponible.
| Dispositif | Mécanisme | Gain d'attribution / levée | Plus-value de cession |
|---|---|---|---|
| Stock-options | Droit d'acheter à un prix fixé à l'avance | Gain de levée imposé au barème (salaire) + contribution salariale 10 % | PV mobilière au PFU (12,8 % + 18,6 % PS) |
| Actions gratuites (RSU) | Actions attribuées sans paiement | Gain d'acquisition imposé au barème après abattement | PV mobilière au PFU (12,8 % + 18,6 % PS) |
| BSPCE | Bons réservés aux jeunes entreprises (art. 163 bis G) | — | 12,8 % (ou 30 % si < 3 ans d'ancienneté) + 18,6 % PS |
Concrètement, un même montant brut de 1 M€ ne laisse pas le même net selon le dispositif. Les BSPCE détenus plus de 3 ans sont les plus favorables (≈ 31,4 % tout compris) ; un gain de levée de stock-options imposé au barème, lui, peut subir une tranche marginale élevée, ce qui justifie d'y opposer un versement PER. Tout se résume à une discipline : on calibre, puis on investit.
Le vrai danger : le risque « double peine »
Tant que vos actions restent investies dans votre société, vous cumulez deux expositions au même événement : votre capital (la valeur du titre) et vos revenus(votre salaire). Si l'entreprise traverse une crise, vous pouvez perdre les deux en même temps — c'est le scénario qui ruine le plus de bénéficiaires de stock-options. Sortir de cette concentration relève donc de la gestion du risque, pas du confort : avec la fiscalité, c'est l'un des deux moteurs de ce guide. Pour les autres écueils classiques d'un patrimoine qui franchit le million, voyez les 7 erreurs qui détruisent un patrimoine de plus d'un million.
2. La fiscalité : l'enjeu numéro un avant d'investir
On ne réinvestit pas un montant brut, on réinvestit un net. Tant que la fiscalité n'est pas modélisée, toute allocation reste théorique. Cette section est volontairement courte : elle vous donne l'ordre de grandeur du net pour dimensionner les 4 poches. Le détail des régimes figure dans la section récapitulative et dans notre guide stock-options 2026.
Anticiper l'imposition de la plus-value pour calibrer le net
Prenons le cas le plus fréquent et le plus lisible : 1 M€ de gain de BSPCE détenus plus de 3 ans. Le gain est taxé à 12,8 % d'impôt sur le revenu, plus 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026, soit 31,4 % au total.
Net indicatif sur 1 M€ de BSPCE (> 3 ans d'ancienneté)
Gain brut = 1 000 000 € Impôt sur le revenu (12,8 %) = − 128 000 € Prélèvements sociaux (18,6 %) = − 186 000 € ───────────────────────────────────────────── Net après prélèvements ≈ 686 000 €
Hypothèse simplifiée : BSPCE détenus plus de 3 ans, hors contributions exceptionnelles sur les très hauts revenus (CEHR / CDHR) qui peuvent s'ajouter selon votre RFR. Chiffres illustratifs et non garantis. En dessous de 3 ans d'ancienneté, l'IR passe à 30 %, soit 48,6 % tout compris.
Jamais 17,2 % sur un gain de stock-options ou BSPCE
Le taux de prélèvements sociaux de 17,2 % ne s'applique pas à ces gains. Il est réservé à l'assurance-vie, au contrat de capitalisation, aux revenus fonciers, aux plus-values immobilières et au PEL. Sur les plus-values mobilières, les dividendes, les intérêts, le PEA et le PER, le taux est de 18,6 % depuis la LFSS 2026. Pour les BSPCE de plus de 3 ans, on est donc à 31,4 % (et non 30 %), et le PFU sur dividendes hors enveloppe est à 31,4 % (et non 30 %). Confondre les deux taux fausse tout le calibrage.
Selon votre revenu de l'année, le gain peut aussi déclencher la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies : 3 % à partir de 250 k€ / 500 k€ de RFR pour un célibataire / un couple, puis 4 % au-delà de 500 k€ / 1 M€) et, pour les très hauts revenus, la contribution différentielle (CDHR, art. 224). Ces contributions doivent être intégrées au calcul du net réel — c'est un point à valider avec votre conseiller, car elles dépendent de votre RFR global.
Calibrez votre net avant d'investir
Un conseiller modélise votre fiscalité réelle (dispositif, ancienneté, CEHR/CDHR) et construit l'allocation des 4 poches sur le net disponible. Sans engagement.
3. Défiscaliser et diversifier : la logique des 4 poches
La méthode des 4 poches structure le réinvestissement par fonction, pas par produit. Chaque poche répond à un besoin : sécuriser, distribuer du revenu, faire croître, capter la prime du non coté. C'est l'outil idéal pour sortir de la concentration sur le titre de votre employeur : au lieu d'une seule action corrélée à votre salaire, vous répartissez le risque sur plusieurs classes d'actifs, plusieurs enveloppes et plusieurs géographies. Et comme plusieurs de ces poches se logent dans des enveloppes fiscalement efficientes (PEA, PER, assurance-vie), on diversifie et on allège l'impôt d'un seul mouvement.
Poche Sécurité : sécuriser une part après un gain concentré
Après des années d'exposition à un risque unique, il est sain de poser une base stable. La poche sécurité couvre plusieurs années de train de vie et amortit les chocs de marché : fonds euros en assurance-vie (référence illustrative ~2,6 % net, non garantie) et fonds obligataires datés à échéance connue, qui redonnent de la visibilité. Cette poche n'a pas vocation à performer, mais à vous permettre de tenir votre stratégie sans vendre au mauvais moment.
Poche Revenu : créer des flux réguliers
Cette poche transforme une partie du capital en revenus réguliers : parts de SCPI, notamment européennes (référence illustrative ~4,7-4,9 %, non garantie), logées en assurance-vie pour lisser la fiscalité, et produits structurés à coupon avec protection partielle du capital. L'objectif est de générer des flux indépendants du titre employeur, sans dépendre de la seule appréciation des marchés.
Poche Croissance : rester exposé aux marchés, mais diversifié
La diversification se joue surtout ici : des ETF actions monde (type MSCI World, S&P 500) remplacent l'exposition à une seule action par celle de milliers d'entreprises. L'enveloppe de choix est le PEA, qui devient ici le cœur défiscalisant : il capitalise sans impôt sur le revenu après 5 ans (seuls les 18,6 % de prélèvements sociaux sont dus à la sortie), puis l'assurance-vie pour le complément.
PEA : enveloppe de remploi, pas de logement des options
Attention au sens du PEA dans cette stratégie : depuis le 10 octobre 2024, les titres souscrits en exercice de bons ou d'options ne peuvent pas être inscrits sur un PEA. Le PEA n'est donc pas l'endroit où loger vos actions issues des stock-options : c'est l'enveloppe de remploi de votre net, idéale pour des ETF actions monde diversifiés (plafond de versements 150 000 € par PEA, art. L. 221-30 et L. 221-31 du CMF).
Poche Illiquide : réinvestir dans le non coté que l'on connaît
C'est souvent la poche la plus naturelle pour un bénéficiaire de BSPCE issu de la tech : le private equity et le non coté (référence illustrative ~11 %/an net moyen, forte dispersion, non garantie), la dette privée, les club deals. Le terrain est familier, et c'est justement là que se cache le piège : réinvestir tout dans une nouvelle startup unique reviendrait à refaire le pari d'un seul actif. La règle est de cadrer cette poche (~10-15 % à 1 M€, jusqu'à 30-40 % dans une logique family office au-delà de 10 M€), de multiplier les lignes et les millésimes, et de garder un socle diversifié coté. Le non coté comporte un risque de perte en capital et une forte illiquidité.
La poche illiquide grossit avec le patrimoine
Logique de family office : plus le patrimoine est important, plus il peut absorber d'illiquidité. Ordre de grandeur indicatif —~10-15 % vers 1 M€, 20-25 % vers 5 M€, 30-40 % au-delà de 10 M€. Tout converge vers la trésorerie qui distribue le cash et réalloue.
4. Les enveloppes et dispositifs de défiscalisation (PEA, PER, FCPI)
Une bonne allocation se loge dans les bonnes enveloppes. Voici la grille de lecture des principaux contenants et dispositifs pour réinvestir votre net en optimisant la fiscalité.
| Enveloppe / dispositif | Atout fiscal principal | Rôle dans les 4 poches |
|---|---|---|
| PER individuel | Versements déductibles du revenu imposable (utile l'année du gain, sur les revenus au barème) | Sécurité / croissance, levier de défiscalisation |
| PEA | Exonéré d'IR après 5 ans (PS 18,6 % à la sortie) ; plafond 150 000 € | Cœur de la poche croissance (ETF actions monde) |
| Assurance-vie | Cadre capitalisant ; après 8 ans, abattement 4 600 € / 9 200 € puis 7,5 % jusqu'à 150 k€ de primes ; PS 17,2 % | Sécurité, revenu, croissance (multi-poches) |
| FCPI / FIP | Réduction d'IR à la souscription (conditions + plafonds) ; risque de perte en capital | Brique de la poche illiquide |
| Compte-titres (CTO) | PFU par défaut : 31,4 % (12,8 % + 18,6 % PS) sur PV mobilières et dividendes hors enveloppe | Débordement croissance / illiquide coté |
Le PER mérite une attention particulière l'année du gain : si une partie de votre rémunération (ou un gain de levée de stock-options) est imposée au barème dans une tranche élevée, un versement déductible réduit immédiatement l'impôt. Pour en mesurer l'effet selon votre TMI, voyez notre guide PER 2026 : déduction et plafonds.
FCPI / FIP : une réduction d'IR, mais jamais comme seul argument
La souscription de parts de FCPI (innovation) ou de FIP(proximité) ouvre droit à une réduction d'impôt sur le revenu, sous conditions de conservation des parts (en général 5 ans) et dans la limite de plafonds annuels. Ces véhicules investissent dans des PME non cotées et constituent une brique naturelle de la poche illiquidepour un bénéficiaire de BSPCE déjà familier du non coté. Deux gardes-fous : le risque de perte en capital et la forte illiquidité sont réels, et la réduction d'impôt ne doit jamais être l'unique motivation — c'est la qualité intrinsèque du fonds, et sa place dans votre allocation, qui priment. Pour cadrer cette poche, voyez notre dossier private equity : investir dans le non coté.
Cas du fondateur : l'apport-cession (150-0 B ter)
Si vous êtes fondateur ou dirigeant et détenez des titres de société (au-delà de la simple levée d'options), l'apport-cession de l'article 150-0 B ter permet de placer la plus-value en report d'imposition via une holding à l'IS. Si la holding cède les titres sous 3 ans, elle doit réinvestir 70 % du produit (seuil porté de 60 à 70 % par la LF 2026) dans une activité éligible sous 3 ans, avec une conservation de 5 ans. Les fonds de remploi éligibles (comme certains fonds d'investissement de proximité dédiés au remploi) constituent une voie de réinvestissement. Ce dispositif ne concerne pas un salarié qui se contente d'exercer ses options.
5. Trois allocations selon votre profil de risque
Voici trois allocations indicatives du net réinvesti, calibrées selon votre tolérance au risque. Le principe ne change pas d'un profil à l'autre : sortir de la concentration sur le titre employeur. Ce qui bouge, c'est le curseur entre les 4 poches. Chiffres illustratifs, non garantis, avec risque de perte en capital.
| Poche | Prudent (~3 % net) | Équilibré (~5 % net) | Dynamique (~7 %+ net) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | ~50 % | ~28 % | ~15 % |
| Revenu | ~28 % | ~27 % | ~18 % |
| Croissance | ~17 % | ~33 % | ~42 % |
| Illiquide | ~5 % | ~12 % | ~25 % |
Comment lire ces objectifs de rendement
Les pourcentages « ~3 %, ~5 %, ~7 %+ net » sont des objectifs de travail, pas des promesses : ils dépendent du profil, de l'horizon, du point d'entrée de marché et de la dispersion des actifs non cotés. Une année peut être négative, surtout sur les profils Équilibré et Dynamique où la part actions et non coté est élevée. Ce qui fait la performance sur 10 ans, ce n'est pas d'avoir visé le rendement le plus haut, c'est d'avoir tenu son allocation sans paniquer — d'où l'importance de la poche Sécurité, qui vous évite de vendre au pire moment. Tous les chiffres sont illustratifs et comportent un risque de perte en capital.
Profil Prudent (objectif ~3 % net)
Pour un salarié qui sort d'un gain très concentré sur un seul titre et veut se sécuriser. La poche sécurité (~50 %) domine : 35 % de fonds euros en assurance-vie et 15 % de fonds obligataires datés, qui apportent stabilité et visibilité après des années d'exposition à un risque unique. La poche revenu (~28 %) : 18 % de SCPI européennes (en assurance-vie) et 10 % de produits structurés à coupon avec protection partielle. La poche croissance (~17 %): ETF actions monde (MSCI World) en PEA — l'enveloppe qui capitalise sans IR après 5 ans — puis assurance-vie, pour rester investi sans dépendre d'une seule entreprise. La poche illiquide (~5 %): private equity ou or. Le PER peut accueillir une part des versements pour déduire du revenu imposable, particulièrement utile l'année d'imposition de la plus-value. Le rendement provient des fonds euros, coupons et loyers, complété par la croissance des actions. Concrètement, on étale les versements sur 12 à 24 mois plutôt que d'investir 700 k€ en un jour, et on garnit le PEA et le PER au passage.
Profil Équilibré (objectif ~5 % net)
Pour qui reste à l'aise avec le risque actions mais veut sortir de la concentration. La poche sécurité (~28 %): 16 % de fonds euros et 12 % d'obligataire daté en assurance-vie. La poche revenu (~27 %) : 17 % de SCPI européennes et 10 % de structures à coupon avec protection partielle. La poche croissance (~33 %): 24 % d'ETF actions monde (en PEA et assurance-vie) et 9 % de fonds actions diversifiés, pour conserver une exposition marché large. La poche illiquide (~12 %): 8 % de private equity (non coté) — dont des fonds FCPI/FIP ouvrant droit à réduction d'impôt — et 4 % d'infrastructure ou d'or. Le PER est mobilisé pour déduire les versements et réduire l'IR de l'année du gain, surtout si la plus-value pousse vers les tranches hautes du barème. Le rendement combine loyers, coupons et appréciation actions. Au fil des années, la poche illiquide peut monter vers 12-15 % à mesure que le reste du portefeuille s'apprécie.
Profil Dynamique / Offensif (objectif ~7 %+ net)
Pour un profil tech jeune, habitué au risque et au non coté. La poche sécurité (~15 %): 10 % de fonds euros et 5 % d'obligataire daté, simple amortisseur. La poche revenu (~18 %) : 10 % de SCPI européennes et 8 % de structures à coupon. La poche croissance (~42 %): 30 % d'ETF actions monde (MSCI World / S&P 500) en PEA, assurance-vie et compte-titres, et 12 % de fonds actions de conviction, pour rester pleinement exposé aux marchés mondiaux après avoir diversifié hors du titre employeur. La poche illiquide (~25 %): 16 % de private equity (non coté) — terrain familier pour un profil start-up, avec des fonds éligibles à la réduction d'impôt — 6 % de dette privée et 3 % d'infrastructure. Le PER maximise la déduction l'année du gain et le PEA capitalise sans IR à 5 ans. Le rendement repose sur la capitalisation actions et la prime du non coté. Avec le recul, on réinvestit une partie des plus-values dans des startups et des fonds que l'on comprend, tout en gardant un socle coté diversifié comme garde-fou.
Quel profil pour vous ?
Le bon profil dépend de votre horizon, de votre capacité à supporter une baisse temporaire, et de la part de votre patrimoine que représentent ces plus-values. Un salarié dont c'est l'essentiel du capital se rapprochera du prudent ou de l'équilibré ; un fondateur multi-exit, à l'aise avec le non coté, du dynamique. Voyez aussi notre guide placer 1 000 000 € pour la déclinaison par paliers, et — si une partie de votre projet est de bâtir un capital régulier dans la durée plutôt que de figer un acquis — le cas d'un couple à hauts revenus qui se constitue 1 M€, qui partage la même logique d'enveloppes.
6. Exemple chiffré : 1 M€ de plus-values de stock-options
Cas illustratif : Karim, 36 ans, ingénieur. Il réalise 1 000 000 € de plus-values en exerçant ses BSPCE et ses stock-options. Après imposition (de l'ordre de 30 % selon les régimes applicables à son cas), il dispose d'environ 700 000 € net. Il répartit l'ensemble selon le profil Dynamique, en utilisant les enveloppes les plus efficientes au sein de chaque poche : 30 000 € via un PER (déductible de son revenu imposable l'année du gain) et le remplissage du PEA forment le socle non fiscalisé de ses poches Sécurité et Croissance — ils ne s'ajoutent pas au capital, ils en font partie.
Répartition indicative du capital investi (profil Dynamique, ~700 k€)
Poche Sécurité (~15 %) ≈ 105 000 €
Poche Revenu (~18 %) ≈ 126 000 €
Poche Croissance (~42 %) ≈ 294 000 €
Poche Illiquide (~25 %) ≈ 175 000 € (dont fonds non cotés
ouvrant droit à réduction d'impôt)
─────────────────────────────────────────────
Objectif ~7 % / an ≈ +49 000 € / anChiffres purement illustratifs, non garantis : risque de perte en capital, et la fiscalité réelle dépend de votre situation. Le versement PER de 30 000 € et le PEA ne s'ajoutent pas aux 700 k€ : ce sont les enveloppes qui logent une partie des poches Croissance et Sécurité.
L'erreur que Karim évite : remettre ses 700 k€ sur la prochaine pépite qu'on lui glisse en dîner. Il garde un pied dans le non coté qu'il comprend (175 k€), mais l'essentiel travaille dans un socle diversifié et fiscalement efficient (PEA, assurance-vie). Le PER réduit son impôt l'année du gain ; le PEA capitalisera sans IR au-delà de 5 ans. Pour aller plus loin sur la logique « sortir du capital de sa boîte sans en sortir totalement », voyez notre guide cash-out start-up 3 M€ : diversifier. Et si votre cession vous place un cran au-dessus, là où s'ouvrent les outils des grandes fortunes (assurance-vie luxembourgeoise, crédit lombard, holding d'apport-cession), voyez stock-options / BSPCE : que faire de 5 M€ et limiter l'impôt.
Votre net, votre allocation, vos enveloppes
Nous traduisons votre cas (dispositif, ancienneté, RFR) en un plan d'allocation chiffré sur les 4 poches, avec le calendrier fiscal optimal.
7. Fiscalité 2026 des stock-options, BSPCE et placements
Récapitulatif des principaux régimes 2026, à titre indicatif et à vérifier selon votre plan. La règle d'or : ne pas appliquer un taux unique partout, mais distinguer la nature de chaque revenu.
| Revenu / placement | Imposition 2026 (indicatif) | PS |
|---|---|---|
| BSPCE, cession (≥ 3 ans d'ancienneté) | 12,8 % d'IR | 18,6 % (soit 31,4 % au total) |
| BSPCE, cession (< 3 ans d'ancienneté) | 30 % d'IR | 18,6 % (soit 48,6 % au total) |
| Stock-options, gain de levée | Barème de l'IR (salaire) + contribution salariale 10 % | Selon régime |
| Actions gratuites (RSU), gain d'acquisition | Barème après abattement | Selon régime |
| Plus-value de cession (mobilière) | PFU 12,8 % | 18,6 % |
| Dividendes / intérêts hors enveloppe | PFU 12,8 % | 18,6 % (soit 31,4 %) |
| Assurance-vie après 8 ans | 7,5 % jusqu'à 150 k€ de primes (puis 12,8 %), après abattement 4 600 / 9 200 € | 17,2 % |
| PEA après 5 ans | Exonéré d'IR | 18,6 % à la sortie |
BSPCE attribués depuis 2025 : un gain désormais scindé en deux
Pour les BSPCE attribués à compter du 1er janvier 2025, la loi de finances pour 2025 distingue deux composantes au moment de la cession : un gain d'acquisition, de nature salariale (taxé à 12,8 %, ou 30 % en cas d'ancienneté inférieure à 3 ans, plus PS), et une plus-value de cession, de nature patrimoniale (PFU 12,8 % + PS, susceptible de bénéficier de l'abattement applicable aux titres). Les bons attribués avant 2025 restent soumis au régime unifié présenté plus haut. Cette distinction modifie le net réel : elle doit être tranchée plan par plan avec votre conseiller. Régime à vérifier selon votre cas.
Côté IFI : il ne vise que le patrimoine immobilier net taxable au-delà de 1,3 M€, par tranches jusqu'à 1,5 %. Vos placements financiers (ETF, private equity non immobilier) en sont exclus ; la fraction immobilière de vos contrats (SCPI en assurance-vie) y entre (art. 972 du CGI). La nue-propriété sort temporairement de l'assiette IFI, ce qui en fait un levier d'optimisation si une part de votre réinvestissement est immobilière.
Sources et références mobilisées dans ce guide
- CGI art. 163 bis G— régime fiscal des BSPCE (12,8 % ou 30 % si < 3 ans d'ancienneté)
- CGI art. 80 bis et 80 quaterdecies— stock-options et actions gratuites (gain de levée / gain d'acquisition)
- CGI art. 150-0 A et 200 A — plus-values mobilières et PFU
- CGI art. 150-0 B ter— apport-cession et report d'imposition (remploi 70 %, LF 2026)
- CGI art. 150-0 D ter — abattement fixe 500 000 € dirigeant partant en retraite
- CGI art. 125-0 A— fiscalité de l'assurance-vie
- CGI art. 964 et s. et art. 972 — IFI (seuil 1,3 M€, fraction immobilière des contrats)
- CGI art. 223 sexies et 224 — CEHR et CDHR (hauts et très hauts revenus)
- CMF art. L. 221-30 et L. 221-31 — PEA (plafond, titres éligibles)
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — LFSS 2026 (PS à 18,6 % sur PV mobilières / dividendes)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 — LF 2026 (apport-cession, remploi porté à 70 %)
- BOFiP-RSA-ES et impots.gouv.fr — stock-options, actions gratuites, BSPCE
8. L'accompagnement Hagnéré Patrimoine
Vous exercez des stock-options ou des BSPCE et voulez optimiser la fiscalité tout en diversifiant ? On voit passer ce dossier toutes les semaines en période d'exit, et le réflexe est toujours le même : d'abord le net réel (dispositif, ancienneté, CEHR/CDHR et leviers de l'année comme le PER), ensuite l'allocation en 4 poches qui vous sort de la concentration sur le titre de votre employeur — jusqu'au non coté que vous connaissez, mais cadré et diversifié.
Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine et de fortune enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP), basé à Chambéry (73000) et conseillé par Quentin Hagnéré. Nous appliquons une méthodologie en 5 étapes conforme MIF II / DDA, avec un rapport écrit opposable et une revue régulière. Pour situer ce réinvestissement dans une logique patrimoniale globale, voyez nos guides gestion de fortune et dans quoi investissent les grandes fortunes.
Parlons de vos stock-options et de votre réinvestissement
Les conseillers Hagnéré Patrimoine calibrent votre net d'impôt et construisent une allocation qui sort de la concentration. Bilan sans engagement.
À retenir en 5 points
- Calibrez d'abord le net : on réinvestit ~700 k€, pas 1 M€ — la fiscalité varie de ~31 % (BSPCE > 3 ans) à près de 49 % (BSPCE < 3 ans).
- Jamais 17,2 % sur ces gains : les PS sont à 18,6 % sur les plus-values mobilières (LFSS 2026) ; 17,2 % est réservé à l'assurance-vie et à l'immobilier.
- Sortez de la concentration : le risque n°1 n'est pas l'impôt, c'est de garder un capital adossé au même titre que votre salaire.
- Quatre poches, bonnes enveloppes : sécurité, revenu, croissance (PEA puis assurance-vie), illiquide — avec le PER pour déduire l'année du gain.
- Le non coté, oui — mais cadré : réinvestir dans ce que vous connaissez sans refaire le pari d'un seul actif.
Mise à jour : 22 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), Code monétaire et financier (CMF), BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr, LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Les chiffres et barèmes mentionnés sont indicatifs, en vigueur à la date de publication, et dépendent de votre plan et de votre situation individuelle.
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité des stock-options, actions gratuites et BSPCE dépend du plan applicable. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation. Hagnéré Patrimoine — cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP), 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry.

