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Cluster Risques SCPI18 minMis a jour 14 juillet 2026Angle : faillite de la SG

Faillite d'une société de gestion de SCPI : que se passe-t-il pour vos parts ?

Le prix de votre part a recule, vous lisez que des SCPI ont suspendu leurs retraits, et un doute s'installe : si la société qui gere votre SCPI faisait faillite, perdriez-vous tout ? Réponse honnête : les immeubles appartiennent a la SCPI, une société civile, jamais a sa société de gestion, simple mandataire agree par l'AMF. En cas de défaillance, la gestion est transférée a une autre société agréée : le patrimoine ne disparaît pas. Mais la valeur de vos parts, elle, reste soumise au marche. Ni catastrophisme, ni langue de bois. Capital, revenus et liquidité non garantis ; les performances passées ne préjugent pas du futur.

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Sur lettre de mission signée

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PROPRIÉTAIRE DES IMMEUBLES

La SCPI

FAILLITE DE LA SG

Rare, gerable

TRANSFERT DE GESTION

RG AMF 321-6

FGDR TITRES (RESTITUTION)

70 000 €

PS REVENUS FONCIERS

17,2 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 14 juillet 2026 · Conforme au Code monétaire et financier (art. L. 214-114, L. 214-24-3 et s., L. 214-86 et s., L. 214-93, L. 214-94, L. 214-109, L. 322-1 et s., L. 532-9, L. 532-10), au règlement général de l'AMF (art. 321-6) et aux statistiques agrégées ASPIM 2023-2025. Aucune SCPI ni société de gestion n'est nommée.

§ 1L'ESSENTIEL·3 MIN

L'essentiel : a qui appartient vraiment votre SCPI ?

Posons la question sans détour, puisque c'est elle qui vous a amené ici : votre société de gestion dépose le bilan un lundi matin — que devient, très concrètement, le relevé de parts que vous avez sous les yeux ? Vous méritez une réponse d'adulte : ce qui est protégé par le droit, et ce qui ne l'est pas. Cet article ne cherche pas à vous rassurer à tout prix ; il répond précisément à une question — celle de la défaillance de la société de gestion — et à ce qu'elle change, ou non, pour vos parts. La réponse courte, que le reste de l'article établit point par point : vos parts ne disparaissent pas avec elle, mais leur valeur, elle, reste soumise au marché.

En 30 secondes : l'essentiel

  • Les immeubles appartiennent à la SCPI (une société civile dotée de la personnalité morale), donc indirectement aux associés via leurs parts — jamais à la société de gestion, qui n'est qu'un mandataire.
  • « Faire faillite » concerne la société de gestion (une entreprise commerciale agréée par l'AMF), pas la SCPI (société civile propriétaire d'immeubles réels).
  • En cas de défaillance, un mandataire désigné par l'AMF organise le transfert de la gestion à une autre société agréée (art. L. 532-10 du Code monétaire et financier ; règlement général de l'AMF, art. 321-6) : le patrimoine ne disparaît pas.
  • Ce mécanisme protège la continuité de la gestion, pas la valeur de la part (qui dépend du marché), ni les revenus, ni la liquidité.
  • Aucun fonds ne rembourse la valeur de vos parts ; la faillite de la société de gestion est rare et gérable, à ne pas confondre avec une baisse de prix ou une suspension de retrait.

Pourquoi cette inquiétude monte depuis 2023

La crainte n'est pas irrationnelle : elle est née d'un contexte bien réel. Depuis 2022, la remontée des taux d'intérêt a fait reculer les valorisations immobilières (les bureaux en tête), ce qui a conduit plusieurs sociétés de gestion à baisser le prix de leurs parts et, pour certaines, à laisser se former des files d'attente de retrait. Selon les indicateurs agrégés de l'ASPIM (chiffres à vérifier à la source, susceptibles d'évoluer), la valeur de réalisation moyenne des SCPI a reculé d'environ -10,3 % en 2023 puis -5,8 % en 2024, les véhicules investis en bureaux étant les plus touchés.

Mais lisez bien ce que ces chiffres décrivent : une crise de valeur et de liquidité, agrégée et sans aucune SCPI nommée — et non une vague de faillites. Baisse de prix, file d'attente et suspension sont des évènements distincts (nous les démêlons en section 5), et aucun n'équivaut à la disparition de votre patrimoine.

Vous ne cherchez pas ici un panorama général des risques — pour cela, voyez le hub complet des risques d'une SCPI. Vous voulez une réponse nette à une inquiétude précise. Gardons en tête le cadre : une SCPI reste un placement de long terme (8 à 10 ans minimum), non garanti et peu liquide, comportant un risque de perte en capital. La bonne nouvelle du jour ne porte pas sur la valeur — elle porte sur la survie du patrimoine.

§ 2DEUX ENTITÉS·2 MIN

Société de gestion et SCPI : deux entités bien distinctes

Tout part d'une confusion fréquente : on croit que « la SCPI » et « la société qui la gère » ne font qu'un. Elles sont, en droit, deux entités séparées — et c'est précisément cette séparation qui constitue votre première protection.

La SCPI est propriétaire, la société de gestion n'est que mandataire

Une SCPI est une société civile de placement immobilier, dotée de la personnalité morale et qualifiée de fonds d'investissement alternatif ouvert aux investisseurs non professionnels (articles L. 214-86 et suivants et L. 214-24-24 et suivants du Code monétaire et financier). Son objet est défini à l'article L. 214-114 : l'acquisition et la gestion d'un patrimoine immobilier affecté à la location. Le point de droit qui change tout : les immeubles appartiennent à la SCPI — donc, indirectement, aux associés via leurs parts —, jamais à la société de gestion. L'associé, lui, détient des parts sociales qui représentent une quote-part du patrimoine collectif.

L'analogie du syndic : simple, mais juste

Pour visualiser cette séparation, pensez à une copropriété. Les appartements appartiennent aux copropriétaires ; le syndic, lui, ne fait que gérer l'immeuble (entretien, comptes, contrats). Si le syndic dépose le bilan, les appartements ne s'évaporent pas : on change de syndic, et la copropriété continue de vivre. Une SCPI fonctionne de la même façon : les immeubles appartiennent à la SCPI — donc à ses associés —, et la société de gestion n'est que le « syndic », remplaçable. L'analogie a ses limites (le cadre juridique diffère), mais elle capture l'essentiel : gérer n'est pas posséder.

La société de gestion : une entreprise agréée, séparée

La société de gestion (société de gestion de portefeuille) est une entreprise commerciale agréée par l'AMF (article L. 532-9 du Code monétaire et financier : capital, moyens, honorabilité et compétence d'au moins deux dirigeants). C'est elle, et non la SCPI, qui peut faire l'objet d'une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire). Résultat : le patrimoine de la SCPI ne fait pas partie de l'actif de la société de gestion — il ne tombe pas dans sa faillite. C'est cette cloison juridique, et rien d'autre, qui fait que la faillite du gérant n'emporte pas votre patrimoine.

Trois acteurs a bien distinguer

  • La société de gestion : elle décide et gère (achète, arbitre, fixe le prix, distribue) par mandat, mais ne possède pas les immeubles.
  • Le dépositaire : tiers indépendant qui conserve et contrôle les actifs (article L. 214-24-3 et suivants). Il n'est pas la société de gestion.
  • Le teneur de compte : l'intermédiaire qui inscrit vos titres, lorsque vos parts sont logées sur un compte-titres. C'est lui, et lui seul, que vise la garantie des titres du FGDR (voir plus bas).

Confondre ces trois rôles est la source de la plupart des malentendus sur la « faillite » d'une SCPI. La qualité de la société de gestion en amont est un autre sujet, traité dans le risque de gestion d'une SCPI.

§ 3CŒUR DU SUJET·3 MIN

Le mécanisme de transfert de gestion, pas a pas

Déroulons ce qui se passe, dans l'ordre, si la société de gestion de votre SCPI est mise en liquidation. Le droit ne laisse pas la SCPI orpheline : il organise une chaîne de continuité, supervisée par le régulateur. La procédure tient en quatre temps.

  1. Retrait d'agrément par l'AMF (article L. 532-10 du Code monétaire et financier). Une liquidation judiciaire ou une défaillance grave conduit au retrait de l'agrément de la société de gestion. Pendant cette période, la société ne peut plus effectuer que des opérations strictement nécessaires à la préservation des intérêts des clients.
  2. Désignation d'un mandataire par l'AMF. Ce mandataire « choisit, le cas échéant, une autre société de gestion de portefeuille pour gérer les placements collectifs » (article L. 532-10) ; le règlement général de l'AMF (article 321-6) en organise les modalités concrètes. Notez la nuance : le texte prévoit un transfert « le cas échéant » — il organise la continuité, il ne promet pas mécaniquement qu'un repreneur se présentera.
  3. Reprise par une nouvelle société de gestion agréée. Les « placements collectifs » gérés incluent la ou les SCPI : une autre société agréée reprend la main. Baux, loyers et gestion locative continuent, sans que les immeubles changent de propriétaire (ils restent à la SCPI).
  4. À défaut de repreneur, la liquidation ordonnée. Si aucune société de gestion ne reprend, le mandataire invite les dépositaires à engager une liquidation du patrimoine (voir la section 7). La société déchue informe dépositaires et porteurs, et l'AMF publie les conditions de reprise sur son site.

Le dépositaire indépendant : le gardien des actifs

Chaque SCPI dispose d'un dépositaire unique et indépendant, distinct de la société de gestion (articles L. 214-24-3 à L. 214-24-12 du Code monétaire et financier, régime des fonds d'investissement alternatifs). Il conserve les actifs, vérifie leur propriété, contrôle la régularité des décisions de la société de gestion et surveille les flux de trésorerie et les mouvements de souscriptions-rachats, en agissant « dans l'intérêt du fonds ». Parce qu'un tiers indépendant conserve et contrôle les actifs, la faillite de la société de gestion ne fait pas « tomber » les immeubles dans sa procédure : le dépositaire assure la continuité le temps du transfert vers une nouvelle société de gestion.

Le triangle de protection

  • Propriété séparée — les immeubles sont à la SCPI, pas à la société de gestion : ils ne tombent pas dans sa faillite.
  • Dépositaire indépendant — un tiers conserve et contrôle les actifs (article L. 214-24-3 et suivants), en dehors de la société de gestion.
  • Supervision AMF et transfert — l'AMF retire l'agrément, désigne un mandataire, et une nouvelle société agréée peut reprendre (article L. 532-10 ; règlement général de l'AMF, article 321-6).

Ce n'est pas une négociation privée opaque : à chaque étape, l'AMF valide, et le dépositaire garde la main sur les actifs.

§ 4HONNÊTETÉ·2 MIN

Ce que ca protege, ce que ca ne protege pas

C'est ici que beaucoup d'articles s'arrêtent, en laissant croire que le transfert de gestion « sauve » tout. Ce serait malhonnête. Le mécanisme protège une chose précise — la continuité — et pas une autre — la valeur.

Ce qui continue

La SCPI survit : les immeubles, les baux et les loyers demeurent. La gestion locative est reprise par une nouvelle société de gestion agréée. Vos parts restent VOTRE propriété : une défaillance de la société de gestion ne vous les retire pas.

Ce que ca ne protege pas

La valeur de la part (elle dépend du marche immobilier), la liquidité (revente non garantie) et le montant des revenus (les dividendes viennent des loyers encaisses, non garantis). Des perturbations temporaires de calendrier ou de distribution restent possibles pendant la transition.

Ce qui survit, ce sont les murs et les baux ; ce qui bouge, c'est le prix. Une baisse des valorisations immobilières continue de faire reculer le prix de la part, avec ou sans faillite de la société de gestion. Le sujet de la baisse de prix est traité à part — voyez pourquoi le prix d'une part de SCPI baisse et quand une SCPI baisse son prix de part — tout comme la revente, détaillée dans la liquidité d'une SCPI.

Prenons un exemple chiffré, purement illustratif, pour bien séparer les deux plans.

Sylvie : ce que la faillite de la SG change (et ne change pas)

Sylvie detient 100 parts d'une SCPI a capital variable.
Prix de souscription : 200 EUR/part  ->  investi : 20 000 EUR.
Valeur de retrait (net de commission ~10 %) : 180 EUR/part.

Scenario : la SOCIETE DE GESTION est placee en liquidation judiciaire.
  Etape 1 - Les immeubles appartiennent a la SCPI, pas a la SG :
            ils NE tombent PAS dans la faillite de la SG.
  Etape 2 - Un mandataire AMF organise le transfert a une autre SG agreee.
  Etape 3 - Les 100 parts de Sylvie restent SA propriete.

  => La faillite de la SG, a elle seule, ne retire NI ses parts NI leur valeur.

Ce qui fait bouger la valeur, c'est le MARCHE (independamment de la faillite) :
  - Marche stable   -> valeur de retrait ~180 EUR/part inchangee.
  - Marche -12 %    -> la valeur de part recule ~ -12 %, comme pour TOUTE SCPI.

Conclusion : distinguer la CONTINUITE (protegee par le transfert)
de la VALEUR (soumise au marche, non garantie).

Chiffres illustratifs. Le transfert de gestion protège la continuité, pas la valeur. Capital et liquidité non garantis.

§ 5CONFUSIONS·2 MIN

Ne pas confondre : cinq evenements bien distincts

La plupart des inquiétudes viennent d'un amalgame : on range dans le même sac une baisse de prix, une file d'attente, une suspension, une difficulté de la société de gestion et une hypothétique « faillite de la SCPI ». Or ce sont cinq choses très différentes, qu'on paie très différemment : une baisse de prix vous coûte une moins-value latente, une file d'attente vous coûte du temps, une faillite de la société de gestion ne vous coûte rien de plus qu'un changement de gérant.

Attention : le mot « faillite » est un piège

Un client m'appelle en disant « ma SCPI a fait faillite ». Trois fois sur quatre, il veut dire : le prix a baissé, ou son ordre de retrait attend depuis trois mois. Ce n'est pas une faillite — c'est autre chose. Juridiquement, la faillite (une procédure collective — redressement ou liquidation judiciaire) ne vise qu'une entreprise commerciale : ici la société de gestion, jamais la SCPI, qui est une société civile détenant des immeubles réels. Confondre les deux, c'est croire qu'un syndic en faillite emporte les appartements avec lui. Avant de vous inquiéter, une seule question : est-ce le prix qui baisse, ou l'entreprise qui gère qui coule ? Ce ne sont pas les mêmes conséquences.

Cinq evenements souvent confondus. Une baisse de prix, une file d'attente ou une suspension ne sont pas des faillites ; une difficulté de la société de gestion n'est pas la disparition du patrimoine.
EvenementDe quoi il s'agitFréquenceCe que ca change
Baisse du prix de partAjustement de la valeur (effet du marche immobilier)Fréquent (2023-2025)Perte latente sur le capital, pas une faillite (en savoir plus)
File d'attente de retraitRetraits non compenses par la collecteContexte actuelSortie différée, capital intact (file d'attente)
Suspension de la variabilitéMesure de gestion de la liquidité, réversibleRare, dernier recoursRetraits geles temporairement (suspension)
Faillite de la SOCIÉTÉ DE GESTIONProcédure collective de l'entreprise-géranteRare, gerableTransfert de gestion (le sujet de cet article)
Faillite / liquidation de la SCPIDisparition de la société civile elle-memeExtrêmement rareLiquidation ordonnée du patrimoine (section 7)

Le tableau ci-dessus se résume à une phrase : tant que les immeubles restent à la SCPI, aucune de ces cinq situations ne fait disparaître votre patrimoine — elles pèsent seulement, à des degrés très différents, sur sa valeur ou sur le délai pour récupérer votre argent. Dans nos bilans, je n'ai jamais vu un client perdre sa SCPI par la faillite d'un gérant ; ce qui grève un rendement, c'est un gérant médiocre — mauvais arbitrages, effet de levier mal maîtrisé, vacance qui grimpe —, un sujet détaillé dans le risque de gestion d'une SCPI. À distinguer également d'un tout autre sujet : la fraude d'un faux acteur non agréé usurpant le nom d'une SCPI — cela n'a rien à voir avec la défaillance d'une véritable société de gestion agréée par l'AMF.

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§ 6FGDR·2 MIN

Existe-t-il un fonds de garantie qui rembourse mes parts ?

« Et s'il y a un pépin, il y a bien un fonds de garantie qui me rembourse ? » Non. Aucun fonds ne couvre la valeur d'une part de SCPI — et c'est cohérent : puisque la faillite du gérant n'atteint pas les immeubles, il n'y a rien à « rembourser » de ce côté-là.

FGDR : ce qu'il couvre, ce qu'il ne couvre PAS

  • Garantie des dépôts = 100 000 € par déposant et par établissement. Elle vise les dépôts bancaires en espèces et ne s'applique pas aux parts de SCPI.
  • Garantie des titres = 70 000 € par investisseur et par établissement (articles L. 322-1 et suivants du Code monétaire et financier, plafond fixé par l'arrêté du 18 mars 2024). Elle couvre uniquement la non-restitution des titres par un teneur de compte défaillant. Elle ne couvre ni la perte de valeur, ni la faillite de la société de gestion, ni le dépositaire.
  • Les parts de SCPI sont souvent détenues au nominatif pur (inscrites directement chez la société de gestion, hors compte-titres) : elles relèvent alors d'une autre logique. Même applicable, la garantie des titres reste une restitution, jamais un remboursement de la valeur.

Votre protection ne vient pas d'un fonds, mais du montage lui-même : les immeubles sont à la SCPI, un dépositaire tiers les garde, et l'AMF réorganise la gestion. Trois verrous, aucune ligne budgétaire de « remboursement ».

Le FGDR n'est pas une assurance anti-baisse : il rembourse un teneur de compte qui « perdrait » vos titres, pas un marché immobilier qui recule de 10 %. Deux problèmes que rien ne relie. Le détail des garanties de place figure dans le hub des risques d'une SCPI ; l'essentiel, ici, tient en une phrase : aucun mécanisme public ne garantit le cours de votre part — le capital d'une SCPI n'est pas garanti.

§ 7SCÉNARIO EXTRÊME·2 MIN

Et si personne ne reprend ? La liquidation ordonnée

Reste le scénario que personne n'aime évoquer : aucun repreneur ne se présente. Il faut le regarder en face, même s'il est rarissime. Le droit prévoit alors une liquidation ordonnée : le mandataire désigné par l'AMF invite les dépositaires à vendre le patrimoine, solder les dettes de la SCPI, puis répartir le solde entre les associés. Personne ne vous dépossède — tout se fait sous contrôle du mandataire AMF. Mais le capital n'est pas garanti : le montant final peut être inférieur à la mise, surtout si la vente intervient en marché baissier.

Marc & Nadia : la cascade de répartition en liquidation (chiffres illustratifs)

Hypothese d'ecole : aucune SG ne reprend -> liquidation ordonnee sous controle.
La SCPI detient un patrimoine immobilier de 200 M EUR, finance ainsi :
  - Capital net des associes (net de ~10 % de frais d'entree) : 180 M EUR
  - Dette bancaire de la SCPI                                  :  20 M EUR (LTV 10 %)
  - 1 000 000 de parts (souscrites 200 EUR, valeur nette ~180 EUR).
  (200 M de patrimoine = 180 M de capital net + 20 M de dette ; tresorerie ~0.)

Vente du patrimoine en marche baissier (-15 %) : 200 -> 170 M EUR
  moins remboursement de la dette          : 170 - 20   = 150 M EUR
  moins frais de liquidation (~2 M EUR)     : 150 - 2    = 148 M EUR
  ---------------------------------------------------------------
  Solde reparti sur 1 000 000 parts         : 148 EUR / part

Marc & Nadia detiennent 200 parts (souscrites 200 EUR = 40 000 EUR investis).
  Ils percoivent : 200 x 148 = 29 600 EUR  ->  perte de -26 %.

D'ou vient cette perte de -26 % (52 EUR/part) ? De TROIS causes cumulees :
  - ~10 % de frais d'entree non amortis (souscription 200 vs valeur nette ~180) ;
  - la baisse de marche (-15 % du patrimoine), amplifiee par le levier de la dette ;
  - les frais de liquidation.
La baisse de marche n'explique donc qu'UNE PART de la perte, pas sa totalite.

Enseignements :
  - Les associes recoivent le SOLDE de liquidation : le capital N'EST PAS garanti.
  - La dette de la SCPI (levier) AMPLIFIE l'effet de la baisse.
  - Ce scenario est extremement rare ; le cas usuel = TRANSFERT, pas liquidation.

Illustration pédagogique. Scénario extrême et rare (le cas usuel est le transfert de gestion). L'effet de levier de la SCPI amplifie la perte — un point détaillé dans le risque de gestion. Capital non garanti.

Est-ce déjà arrivé ? La faillite d'une SCPI au sens strict — une société civile détenant des actifs réels et généralement peu endettée — est extrêmement rare : la profession admet couramment qu'aucune faillite de SCPI n'a été recensée depuis la création du statut en 1964. Nous reprenons cette affirmation avec prudence, faute de source primaire publique la chiffrant, et sans l'étendre aux sociétés de gestion, qui restent des entreprises commerciales. Ce qui a existé, ce sont des baisses de valeur et des tensions de liquidité — pas des disparitions de patrimoine. Le sujet des difficultés relevant du quotidien (revente, perte à la sortie) est traité dans peut-on perdre de l'argent en revendant une SCPI.

§ 8PRÉVENTION·2 MIN

Réduire le risque en amont (la prévention utile)

Puisque le mécanisme de transfert existe et que la faillite d'une SCPI est exceptionnelle, l'énergie de l'épargnant est mieux employée en amont : choisir une société de gestion solide et diversifier. En pratique, dans nos bilans patrimoniaux, nous consacrons bien plus de temps à évaluer la solidité et la transparence de la société de gestion qu'à redouter une hypothétique faillite — car un bon gérant, choisi au départ, vous épargnera bien plus de déconvenues qu'une faillite que vous ne verrez jamais. Concrètement, deux vérifications.

Vérifier l'agrément — distinguer une vraie société de gestion d'un faux acteur

Avant de souscrire, vérifiez que l'agrément AMF est en cours : l'AMF publie le registre des sociétés de gestion et des placements collectifs agréés (base GECO) et une liste blanche, ainsi que des listes noires des acteurs non autorisés (portail protectepargne de l'AMF). C'est le geste qui sépare une défaillance d'une vraie société de gestion agréée (gérable, encadrée) d'une fraude d'un faux site usurpant une SCPI — un tout autre danger.

Choisir une société de gestion solide et diversifier

Au-delà de l'agrément, quatre repères : l'ancienneté et les encours (capacité à avoir traversé un cycle complet), la transparence des documents (rapport annuel, document d'informations clés, note d'information visée par l'AMF), l'alignement d'intérêt et le comportement en période baissière. Et surtout, diversifiez : plusieurs SCPI, plusieurs sociétés de gestion, plusieurs secteurs, sur un horizon long. La méthode complète de sélection est déroulée dans comment choisir une SCPI, et l'évaluation de la société de gestion elle-même dans le risque de gestion. Si une SCPI que vous détenez est déjà bloquée, voyez SCPI bloquée : que faire.

Fiscalité (accessoire) : le bon réflexe

Indépendamment de tout scénario de défaillance, les revenus d'une SCPI française détenue en direct sont des revenus fonciers : barème progressif de l'impôt sur le revenu (votre tranche marginale) plus 17,2 % de prélèvements sociaux — et non 18,6 %, taux qui vise certaines plus-values et gains mobiliers (plus-values de valeurs mobilières, PER, BSPCE). La plus-value de cession de parts relève du régime des plus-values immobilières (article 150 UB du CGI, BOFiP BOI-RFPI-SPI-10-20). Le détail est dans la fiscalité des SCPI.

Si vous ne deviez retenir qu'une chose : une société de gestion qui coule change votre gérant, pas votre propriétaire. Les murs restent à la SCPI, la gestion passe la main. Ce qui reste, en revanche, entre les mains du marché, c'est la valeur de vos parts : le capital, les revenus et la liquidité ne sont pas garantis, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour la vue d'ensemble, revenez au guide complet des SCPI.

À retenir en une minute

  • Les immeubles appartiennent à la SCPI (société civile), donc à ses associés — jamais à la société de gestion, simple mandataire agréé par l'AMF.
  • Si la société de gestion défaille, un mandataire désigné par l'AMF organise le transfert de la gestion à une autre société agréée (art. L. 532-10 du Code monétaire et financier ; règlement général de l'AMF, art. 321-6) : le patrimoine ne disparaît pas.
  • Ce mécanisme protège la continuité, pas la valeur : aucun fonds ne rembourse le cours de vos parts.
  • Faillite de la société de gestion ≠ baisse de prix ≠ file d'attente ≠ suspension ≠ faillite de la SCPI : cinq réalités différentes, à ne jamais amalgamer.
  • La vraie prévention est en amont : agrément AMF vérifié, société de gestion solide et transparente, diversification. Capital, revenus et liquidité non garantis ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Pour aller plus loin : les notions voisines

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Sources et références légales

  • Code monétaire et financier - nature de la SCPI et de la société de gestion

    Art. L. 214-114 (objet de la SCPI : acquisition et gestion d'un patrimoine immobilier locatif ; la SCPI est une société civile dotée de la personnalité morale, propriétaire des immeubles). Art. L. 214-86 et suivants et L. 214-24-24 et suivants (régime des SCPI, fonds d'investissement alternatif). Art. L. 532-9 (agrément de la société de gestion de portefeuille par l'AMF : capital, moyens, honorabilité et compétence d'au moins deux dirigeants). La société de gestion gere par mandat mais ne possede pas les immeubles.

  • Défaillance de la société de gestion et transfert

    Art. L. 532-10 CMF (retrait d'agrément : le mandataire designe par l'AMF choisit, le cas échéant, une autre société de gestion de portefeuille pour gérer les placements collectifs). Règlement général de l'AMF art. 321-6 (organisation des modalités du transfert apres retrait d'agrément ; a défaut de repreneur, le mandataire invite les dépositaires a engager la liquidation ; la société déchue informe dépositaires et porteurs et l'AMF publie les conditions de reprise). Le texte prévoit un transfert le cas échéant : il organise la continuité, il ne garantit pas mécaniquement un repreneur.

  • Dépositaire indépendant

    Art. L. 214-24-3 a L. 214-24-12 CMF : toute SCPI, fonds d'investissement alternatif, a un dépositaire unique et indépendant, distinct de la société de gestion, qui conserve les actifs, verifie leur propriété, controle la régularité des décisions de la société de gestion et surveille les flux de trésorerie et les souscriptions-rachats, dans l'intérêt du fonds. Parce qu'un tiers indépendant conserve les actifs, la faillite de la société de gestion ne les fait pas tomber dans sa procédure collective.

  • Absence de garantie de valeur - FGDR

    Garantie des titres du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) : 70 000 € par client et par établissement (art. L. 322-1 et suivants CMF, plafond fixe par l'arrete du 18 mars 2024) = restitution des titres si un teneur de compte fait défaut, jamais la valeur des titres ni la faillite de la société de gestion. Garantie des dépôts 100 000 € = espèces, sans objet pour des parts de SCPI. Les parts au nominatif pur (inscrites directement chez la société de gestion) relèvent d'une autre logique. Aucun fonds ne rembourse la valeur d'une part de SCPI.

  • Contexte de marché (ASPIM) et fiscalité

    Indicateurs agreges 2023-2025 (valeur de réalisation moyenne d'environ -10,3 % en 2023 et -5,8 % en 2024, bureaux d'environ -9,5 % en 2024, prix de part moyen d'environ -3,45 % en 2025, capitalisation d'environ 89 milliards d'euros, parts en attente de retrait d'environ 2,8 milliards d'euros soit environ 3,1 % de la capitalisation fin 2025) : ils illustrent une crise de valeur et de liquidité, non des faillites, et aucune SCPI n'est nommée (chiffres a vérifier a la source, susceptibles d'évoluer). Revenus de SCPI = revenus fonciers au barème de l'IR plus 17,2 % de prélèvements sociaux (jamais 18,6 %) ; plus-values de cession de parts = régime des plus-values immobilières (art. 150 UB CGI, BOFiP BOI-RFPI-SPI-10-20). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet à Bassens - 73000). Il décrit la défaillance ou la faillite d'une société de gestion de SCPI et le mécanisme de transfert, à travers des phénomènes et des mécanismes génériques ; il ne cite aucune SCPI, aucune société de gestion, ne publie aucun classement, n'avance aucune statistique de faillite et ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation personnalisée au sens des articles L. 321-1 et L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute souscription, tout transfert ou toute cession de parts de SCPI doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les SCPI sont des placements de long terme (horizon 8 à 10 ans minimum) comportant un risque de perte en capital, un risque sur les revenus et un risque de liquidité : le capital, les revenus et la liquidité ne sont pas garantis, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres, taux et références juridiques cités sont à jour au 14 juillet 2026 et doivent être vérifiés à la source (AMF, ASPIM, Code monétaire et financier, BOFiP).

FAQ FAILLITE SOCIÉTÉ DE GESTION SCPI

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12 réponses factuelles, sourcees AMF et Code monétaire et financier : propriété des immeubles, transfert de gestion, rôle du dépositaire, fonds de garantie et liquidation.