Mis à jour le 14 juillet 2026· Conforme au Code monétaire et financier (art. L. 214-114, L. 214-24-3 et s., L. 214-86 et s., L. 214-93, L. 214-94, L. 214-109, L. 322-1 et s., L. 532-9, L. 532-10), au règlement général de l'AMF (art. 321-6) et aux statistiques agrégées ASPIM 2023-2025. Aucune SCPI ni société de gestion n'est nommée.
L'essentiel : a qui appartient vraiment votre SCPI ?
Posons la question sans détour, puisque c'est elle qui vous a amené ici : votre société de gestion dépose le bilan un lundi matin — que devient, très concrètement, le relevé de parts que vous avez sous les yeux ? Vous méritez une réponse d'adulte : ce qui est protégé par le droit, et ce qui ne l'est pas. Cet article ne cherche pas à vous rassurer à tout prix ; il répond précisément à une question — celle de la défaillance de la société de gestion— et à ce qu'elle change, ou non, pour vos parts. La réponse courte, que le reste de l'article établit point par point : vos parts ne disparaissent pas avec elle, mais leur valeur, elle, reste soumise au marché.
En 30 secondes : l'essentiel
- Les immeubles appartiennent à la SCPI (une société civile dotée de la personnalité morale), donc indirectement aux associés via leurs parts — jamais à la société de gestion, qui n'est qu'un mandataire.
- « Faire faillite » concerne la société de gestion (une entreprise commerciale agréée par l'AMF), pas la SCPI(société civile propriétaire d'immeubles réels).
- En cas de défaillance, un mandataire désigné par l'AMF organise le transfert de la gestionà une autre société agréée (art. L. 532-10 du Code monétaire et financier ; règlement général de l'AMF, art. 321-6) : le patrimoine ne disparaît pas.
- Ce mécanisme protège la continuité de la gestion, pas la valeur de la part (qui dépend du marché), ni les revenus, ni la liquidité.
- Aucun fonds ne rembourse la valeur de vos parts ; la faillite de la société de gestion est rare et gérable, à ne pas confondre avec une baisse de prix ou une suspension de retrait.
Pourquoi cette inquiétude monte depuis 2023
La crainte n'est pas irrationnelle : elle est née d'un contexte bien réel. Depuis 2022, la remontée des taux d'intérêt a fait reculer les valorisations immobilières (les bureaux en tête), ce qui a conduit plusieurs sociétés de gestion à baisser le prix de leurs parts et, pour certaines, à laisser se former des files d'attente de retrait. Selon les indicateurs agrégés de l'ASPIM (chiffres à vérifier à la source, susceptibles d'évoluer), la valeur de réalisation moyenne des SCPI a reculé d'environ -10,3 % en 2023 puis -5,8 % en 2024, les véhicules investis en bureaux étant les plus touchés.
Mais lisez bien ce que ces chiffres décrivent : une crise de valeur et de liquidité, agrégée et sans aucune SCPI nommée— et non une vague de faillites. Baisse de prix, file d'attente et suspension sont des évènements distincts (nous les démêlons en section 5), et aucun n'équivaut à la disparition de votre patrimoine.
Vous ne cherchez pas ici un panorama général des risques — pour cela, voyez le hub complet des risques d'une SCPI. Vous voulez une réponse nette à une inquiétude précise. Gardons en tête le cadre : une SCPI reste un placement de long terme (8 à 10 ans minimum), non garanti et peu liquide, comportant un risque de perte en capital. La bonne nouvelle du jour ne porte pas sur la valeur — elle porte sur la survie du patrimoine.
Societe de gestion et SCPI : deux entites bien distinctes
Tout part d'une confusion fréquente : on croit que « la SCPI » et « la société qui la gère » ne font qu'un. Elles sont, en droit, deux entités séparées — et c'est précisément cette séparation qui constitue votre première protection.
La SCPI est propriétaire, la société de gestion n'est que mandataire
Une SCPI est une société civile de placement immobilier, dotée de la personnalité morale et qualifiée de fonds d'investissement alternatif ouvert aux investisseurs non professionnels (articles L. 214-86 et suivants et L. 214-24-24 et suivants du Code monétaire et financier). Son objet est défini à l'article L. 214-114: l'acquisition et la gestion d'un patrimoine immobilier affecté à la location. Le point de droit qui change tout : les immeubles appartiennent à la SCPI — donc, indirectement, aux associés via leurs parts —, jamais à la société de gestion. L'associé, lui, détient des parts sociales qui représentent une quote-part du patrimoine collectif.
L'analogie du syndic : simple, mais juste
Pour visualiser cette séparation, pensez à une copropriété. Les appartements appartiennent aux copropriétaires ; le syndic, lui, ne fait que gérerl'immeuble (entretien, comptes, contrats). Si le syndic dépose le bilan, les appartements ne s'évaporent pas : on change de syndic, et la copropriété continue de vivre. Une SCPI fonctionne de la même façon : les immeubles appartiennent à la SCPI — donc à ses associés —, et la société de gestion n'est que le « syndic », remplaçable. L'analogie a ses limites (le cadre juridique diffère), mais elle capture l'essentiel : gérer n'est pas posséder.
La société de gestion : une entreprise agréée, séparée
La société de gestion (société de gestion de portefeuille) est une entreprise commerciale agréée par l'AMF (article L. 532-9 du Code monétaire et financier: capital, moyens, honorabilité et compétence d'au moins deux dirigeants). C'est elle, et non la SCPI, qui peut faire l'objet d'une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire). Résultat : le patrimoine de la SCPI ne fait pas partie de l'actif de la société de gestion — il ne tombe pasdans sa faillite. C'est cette cloison juridique, et rien d'autre, qui fait que la faillite du gérant n'emporte pas votre patrimoine.
Trois acteurs a bien distinguer
- La société de gestion : elle décide et gère (achète, arbitre, fixe le prix, distribue) par mandat, mais ne possède pas les immeubles.
- Le dépositaire : tiers indépendant qui conserve et contrôleles actifs (article L. 214-24-3 et suivants). Il n'est pas la société de gestion.
- Le teneur de compte : l'intermédiaire qui inscrit vos titres, lorsque vos parts sont logées sur un compte-titres. C'est lui, et lui seul, que vise la garantie des titres du FGDR (voir plus bas).
Confondre ces trois rôles est la source de la plupart des malentendus sur la « faillite » d'une SCPI. La qualité de la société de gestion en amont est un autre sujet, traité dans le risque de gestion d'une SCPI.
Le mecanisme de transfert de gestion, pas a pas
Déroulons ce qui se passe, dans l'ordre, si la société de gestion de votre SCPI est mise en liquidation. Le droit ne laisse pas la SCPI orpheline : il organise une chaîne de continuité, supervisée par le régulateur. La procédure tient en quatre temps.
- Retrait d'agrément par l'AMF (article L. 532-10 du Code monétaire et financier). Une liquidation judiciaire ou une défaillance grave conduit au retrait de l'agrément de la société de gestion. Pendant cette période, la société ne peut plus effectuer que des opérations strictement nécessaires à la préservation des intérêts des clients.
- Désignation d'un mandataire par l'AMF. Ce mandataire « choisit, le cas échéant, une autre société de gestion de portefeuille pour gérer les placements collectifs » (article L. 532-10) ; le règlement général de l'AMF (article 321-6)en organise les modalités concrètes. Notez la nuance : le texte prévoit un transfert « le cas échéant » — il organise la continuité, il ne promet pas mécaniquement qu'un repreneur se présentera.
- Reprise par une nouvelle société de gestion agréée. Les « placements collectifs » gérés incluent la ou les SCPI : une autre société agréée reprend la main. Baux, loyers et gestion locative continuent, sans que les immeubles changent de propriétaire (ils restent à la SCPI).
- À défaut de repreneur, la liquidation ordonnée. Si aucune société de gestion ne reprend, le mandataire invite les dépositairesà engager une liquidation du patrimoine (voir la section 7). La société déchue informe dépositaires et porteurs, et l'AMF publie les conditions de reprise sur son site.
Le dépositaire indépendant : le gardien des actifs
Chaque SCPI dispose d'un dépositaire unique et indépendant, distinct de la société de gestion (articles L. 214-24-3 à L. 214-24-12 du Code monétaire et financier, régime des fonds d'investissement alternatifs). Il conserve les actifs, vérifie leur propriété, contrôle la régularité des décisions de la société de gestion et surveille les flux de trésorerie et les mouvements de souscriptions-rachats, en agissant « dans l'intérêt du fonds ». Parce qu'un tiers indépendant conserve et contrôle les actifs, la faillite de la société de gestion ne fait pas « tomber » les immeubles dans sa procédure : le dépositaire assure la continuité le temps du transfert vers une nouvelle société de gestion.
Le triangle de protection
- Propriété séparée — les immeubles sont à la SCPI, pas à la société de gestion : ils ne tombent pas dans sa faillite.
- Dépositaire indépendant — un tiers conserve et contrôle les actifs (article L. 214-24-3 et suivants), en dehors de la société de gestion.
- Supervision AMF et transfert— l'AMF retire l'agrément, désigne un mandataire, et une nouvelle société agréée peut reprendre (article L. 532-10 ; règlement général de l'AMF, article 321-6).
Ce n'est pas une négociation privée opaque : à chaque étape, l'AMF valide, et le dépositaire garde la main sur les actifs.
Ce que ca protege, ce que ca ne protege pas
C'est ici que beaucoup d'articles s'arrêtent, en laissant croire que le transfert de gestion « sauve » tout. Ce serait malhonnête. Le mécanisme protège une chose précise — la continuité — et pas une autre — la valeur.
Ce qui continue
La SCPI survit : les immeubles, les baux et les loyers demeurent. La gestion locative est reprise par une nouvelle societe de gestion agreee. Vos parts restent VOTRE propriete : une defaillance de la societe de gestion ne vous les retire pas.
Ce que ca ne protege pas
La valeur de la part (elle depend du marche immobilier), la liquidite (revente non garantie) et le montant des revenus (les dividendes viennent des loyers encaisses, non garantis). Des perturbations temporaires de calendrier ou de distribution restent possibles pendant la transition.
Ce qui survit, ce sont les murs et les baux ; ce qui bouge, c'est le prix. Une baisse des valorisations immobilières continue de faire reculer le prix de la part, avec ou sans faillite de la société de gestion. Le sujet de la baisse de prix est traité à part — voyez pourquoi le prix d'une part de SCPI baisse et quand une SCPI baisse son prix de part — tout comme la revente, détaillée dans la liquidité d'une SCPI.
Prenons un exemple chiffré, purement illustratif, pour bien séparer les deux plans.
Sylvie : ce que la faillite de la SG change (et ne change pas)
Sylvie detient 100 parts d'une SCPI a capital variable.
Prix de souscription : 200 EUR/part -> investi : 20 000 EUR.
Valeur de retrait (net de commission ~10 %) : 180 EUR/part.
Scenario : la SOCIETE DE GESTION est placee en liquidation judiciaire.
Etape 1 - Les immeubles appartiennent a la SCPI, pas a la SG :
ils NE tombent PAS dans la faillite de la SG.
Etape 2 - Un mandataire AMF organise le transfert a une autre SG agreee.
Etape 3 - Les 100 parts de Sylvie restent SA propriete.
=> La faillite de la SG, a elle seule, ne retire NI ses parts NI leur valeur.
Ce qui fait bouger la valeur, c'est le MARCHE (independamment de la faillite) :
- Marche stable -> valeur de retrait ~180 EUR/part inchangee.
- Marche -12 % -> la valeur de part recule ~ -12 %, comme pour TOUTE SCPI.
Conclusion : distinguer la CONTINUITE (protegee par le transfert)
de la VALEUR (soumise au marche, non garantie).Chiffres illustratifs. Le transfert de gestion protège la continuité, pas la valeur. Capital et liquidité non garantis.
Ne pas confondre : cinq evenements bien distincts
La plupart des inquiétudes viennent d'un amalgame : on range dans le même sac une baisse de prix, une file d'attente, une suspension, une difficulté de la société de gestion et une hypothétique « faillite de la SCPI ». Or ce sont cinq choses très différentes, qu'on paie très différemment: une baisse de prix vous coûte une moins-value latente, une file d'attente vous coûte du temps, une faillite de la société de gestion ne vous coûte rien de plus qu'un changement de gérant.
Attention : le mot « faillite » est un piège
Un client m'appelle en disant « ma SCPI a fait faillite ». Trois fois sur quatre, il veut dire : le prix a baissé, ou son ordre de retrait attend depuis trois mois. Ce n'est pas une faillite — c'est autre chose. Juridiquement, la faillite(une procédure collective — redressement ou liquidation judiciaire) ne vise qu'une entreprise commerciale : ici la société de gestion, jamais la SCPI, qui est une société civile détenant des immeubles réels. Confondre les deux, c'est croire qu'un syndic en faillite emporte les appartements avec lui. Avant de vous inquiéter, une seule question : est-ce le prixqui baisse, ou l'entreprise qui gèrequi coule ? Ce ne sont pas les mêmes conséquences.
| Evenement | De quoi il s'agit | Frequence | Ce que ca change |
|---|---|---|---|
| Baisse du prix de part | Ajustement de la valeur (effet du marche immobilier) | Frequent (2023-2025) | Perte latente sur le capital, pas une faillite (en savoir plus) |
| File d'attente de retrait | Retraits non compenses par la collecte | Contexte actuel | Sortie differee, capital intact (file d'attente) |
| Suspension de la variabilite | Mesure de gestion de la liquidite, reversible | Rare, dernier recours | Retraits geles temporairement (suspension) |
| Faillite de la SOCIETE DE GESTION | Procedure collective de l'entreprise-gerante | Rare, gerable | Transfert de gestion (le sujet de cet article) |
| Faillite / liquidation de la SCPI | Disparition de la societe civile elle-meme | Extremement rare | Liquidation ordonnee du patrimoine (section 7) |
Le tableau ci-dessus se résume à une phrase : tant que les immeubles restent à la SCPI, aucune de ces cinq situations ne fait disparaître votre patrimoine — elles pèsent seulement, à des degrés très différents, sur sa valeur ou sur le délaipour récupérer votre argent. Dans nos bilans, je n'ai jamais vu un client perdre sa SCPI par la faillite d'un gérant ; ce qui grève un rendement, c'est un gérant médiocre — mauvais arbitrages, effet de levier mal maîtrisé, vacance qui grimpe —, un sujet détaillé dans le risque de gestion d'une SCPI. À distinguer également d'un tout autre sujet : la frauded'un faux acteur non agréé usurpant le nom d'une SCPI — cela n'a rien à voir avec la défaillance d'une véritable société de gestion agréée par l'AMF.
Un doute sur la solidite de la societe de gestion de vos SCPI ?
On verifie ensemble l'agrement AMF, on lit le rapport annuel (anciennete, encours, endettement, transparence) et on distingue une vraie fragilite de gestion d'une simple baisse de marche, sans biais emetteur.
Existe-t-il un fonds de garantie qui rembourse mes parts ?
« Et s'il y a un pépin, il y a bien un fonds de garantie qui me rembourse ? » Non. Aucun fonds ne couvre la valeurd'une part de SCPI — et c'est cohérent : puisque la faillite du gérant n'atteint pas les immeubles, il n'y a rien à « rembourser » de ce côté-là.
FGDR : ce qu'il couvre, ce qu'il ne couvre PAS
- Garantie des dépôts = 100 000 € par déposant et par établissement. Elle vise les dépôts bancaires en espèces et ne s'applique pas aux parts de SCPI.
- Garantie des titres = 70 000 € par investisseur et par établissement (articles L. 322-1 et suivants du Code monétaire et financier, plafond fixé par l'arrêté du 18 mars 2024). Elle couvre uniquement la non-restitution des titres par un teneur de compte défaillant. Elle ne couvre ni la perte de valeur, ni la faillite de la société de gestion, ni le dépositaire.
- Les parts de SCPI sont souvent détenues au nominatif pur(inscrites directement chez la société de gestion, hors compte-titres) : elles relèvent alors d'une autre logique. Même applicable, la garantie des titres reste une restitution, jamais un remboursement de la valeur.
Votre protection ne vient pas d'un fonds, mais du montage lui-même: les immeubles sont à la SCPI, un dépositaire tiers les garde, et l'AMF réorganise la gestion. Trois verrous, aucune ligne budgétaire de « remboursement ».
Le FGDR n'est pas une assurance anti-baisse : il rembourse un teneur de comptequi « perdrait » vos titres, pas un marché immobilier qui recule de 10 %. Deux problèmes que rien ne relie. Le détail des garanties de place figure dans le hub des risques d'une SCPI ; l'essentiel, ici, tient en une phrase : aucun mécanisme public ne garantit le cours de votre part— le capital d'une SCPI n'est pas garanti.
Et si personne ne reprend ? La liquidation ordonnee
Reste le scénario que personne n'aime évoquer : aucun repreneur ne se présente. Il faut le regarder en face, même s'il est rarissime. Le droit prévoit alors une liquidation ordonnée: le mandataire désigné par l'AMF invite les dépositaires à vendre le patrimoine, solder les dettes de la SCPI, puis répartir le solde entre les associés. Personne ne vous dépossède — tout se fait sous contrôle du mandataire AMF. Mais le capital n'est pas garanti : le montant final peut être inférieur à la mise, surtout si la vente intervient en marché baissier.
Marc & Nadia : la cascade de repartition en liquidation (chiffres illustratifs)
Hypothese d'ecole : aucune SG ne reprend -> liquidation ordonnee sous controle. La SCPI detient un patrimoine immobilier de 200 M EUR, finance ainsi : - Capital net des associes (net de ~10 % de frais d'entree) : 180 M EUR - Dette bancaire de la SCPI : 20 M EUR (LTV 10 %) - 1 000 000 de parts (souscrites 200 EUR, valeur nette ~180 EUR). (200 M de patrimoine = 180 M de capital net + 20 M de dette ; tresorerie ~0.) Vente du patrimoine en marche baissier (-15 %) : 200 -> 170 M EUR moins remboursement de la dette : 170 - 20 = 150 M EUR moins frais de liquidation (~2 M EUR) : 150 - 2 = 148 M EUR --------------------------------------------------------------- Solde reparti sur 1 000 000 parts : 148 EUR / part Marc & Nadia detiennent 200 parts (souscrites 200 EUR = 40 000 EUR investis). Ils percoivent : 200 x 148 = 29 600 EUR -> perte de -26 %. D'ou vient cette perte de -26 % (52 EUR/part) ? De TROIS causes cumulees : - ~10 % de frais d'entree non amortis (souscription 200 vs valeur nette ~180) ; - la baisse de marche (-15 % du patrimoine), amplifiee par le levier de la dette ; - les frais de liquidation. La baisse de marche n'explique donc qu'UNE PART de la perte, pas sa totalite. Enseignements : - Les associes recoivent le SOLDE de liquidation : le capital N'EST PAS garanti. - La dette de la SCPI (levier) AMPLIFIE l'effet de la baisse. - Ce scenario est extremement rare ; le cas usuel = TRANSFERT, pas liquidation.
Illustration pédagogique. Scénario extrême et rare (le cas usuel est le transfert de gestion). L'effet de levier de la SCPI amplifie la perte — un point détaillé dans le risque de gestion. Capital non garanti.
Est-ce déjà arrivé ? La faillite d'une SCPI au sens strict — une société civile détenant des actifs réels et généralement peu endettée — est extrêmement rare : la profession admet couramment qu'aucune faillite de SCPI n'a été recensée depuis la création du statut en 1964. Nous reprenons cette affirmation avec prudence, faute de source primaire publique la chiffrant, et sans l'étendre aux sociétés de gestion, qui restent des entreprises commerciales. Ce qui a existé, ce sont des baisses de valeur et des tensions de liquidité — pas des disparitions de patrimoine. Le sujet des difficultés relevant du quotidien (revente, perte à la sortie) est traité dans peut-on perdre de l'argent en revendant une SCPI.
Reduire le risque en amont (la prevention utile)
Puisque le mécanisme de transfert existe et que la faillite d'une SCPI est exceptionnelle, l'énergie de l'épargnant est mieux employée en amont : choisir une société de gestion solide et diversifier. En pratique, dans nos bilans patrimoniaux, nous consacrons bien plus de temps à évaluer la solidité et la transparencede la société de gestion qu'à redouter une hypothétique faillite — car un bon gérant, choisi au départ, vous épargnera bien plus de déconvenues qu'une faillite que vous ne verrez jamais. Concrètement, deux vérifications.
Vérifier l'agrément — distinguer une vraie société de gestion d'un faux acteur
Avant de souscrire, vérifiez que l'agrément AMF est en cours: l'AMF publie le registre des sociétés de gestion et des placements collectifs agréés (base GECO) et une liste blanche, ainsi que des listes noires des acteurs non autorisés (portail protectepargne de l'AMF). C'est le geste qui sépare une défaillance d'une vraie société de gestion agréée(gérable, encadrée) d'une frauded'un faux site usurpant une SCPI — un tout autre danger.
Choisir une société de gestion solide et diversifier
Au-delà de l'agrément, quatre repères : l'ancienneté et les encours (capacité à avoir traversé un cycle complet), la transparencedes documents (rapport annuel, document d'informations clés, note d'information visée par l'AMF), l'alignement d'intérêt et le comportement en période baissière. Et surtout, diversifiez : plusieurs SCPI, plusieurs sociétés de gestion, plusieurs secteurs, sur un horizon long. La méthode complète de sélection est déroulée dans comment choisir une SCPI, et l'évaluation de la société de gestion elle-même dans le risque de gestion. Si une SCPI que vous détenez est déjà bloquée, voyez SCPI bloquée : que faire.
Fiscalite (accessoire) : le bon reflexe
Indépendamment de tout scénario de défaillance, les revenus d'une SCPI française détenue en direct sont des revenus fonciers: barème progressif de l'impôt sur le revenu (votre tranche marginale) plus 17,2 % de prélèvements sociaux — et non 18,6 %, taux qui vise certaines plus-values et gains mobiliers (plus-values de valeurs mobilières, PER, BSPCE). La plus-value de cession de parts relève du régime des plus-values immobilières (article 150 UB du CGI, BOFiP BOI-RFPI-SPI-10-20). Le détail est dans la fiscalité des SCPI.
Si vous ne deviez retenir qu'une chose : une société de gestion qui coule change votre gérant, pas votre propriétaire. Les murs restent à la SCPI, la gestion passe la main. Ce qui reste, en revanche, entre les mains du marché, c'est la valeurde vos parts : le capital, les revenus et la liquidité ne sont pas garantis, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour la vue d'ensemble, revenez au guide complet des SCPI.
À retenir en une minute
- Les immeubles appartiennent à la SCPI (société civile), donc à ses associés — jamais à la société de gestion, simple mandataire agréé par l'AMF.
- Si la société de gestion défaille, un mandataire désigné par l'AMF organise le transfert de la gestionà une autre société agréée (art. L. 532-10 du Code monétaire et financier ; règlement général de l'AMF, art. 321-6) : le patrimoine ne disparaît pas.
- Ce mécanisme protège la continuité, pas la valeur : aucun fonds ne rembourse le cours de vos parts.
- Faillite de la société de gestion ≠ baisse de prix ≠ file d'attente ≠ suspension ≠ faillite de la SCPI : cinq réalités différentes, à ne jamais amalgamer.
- La vraie prévention est en amont : agrément AMF vérifié, société de gestion solide et transparente, diversification. Capital, revenus et liquidité non garantis ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Pour aller plus loin : les notions voisines
- Le hub des risques d'une SCPI — le panorama d'ensemble.
- Le risque de gestion — juger la société de gestion en amont.
- Le risque de marché immobilier — taux, cycle et valorisations (la vraie cause des baisses).
- La liquidité d'une SCPI — files d'attente, revente, marché secondaire.
- Comment choisir une SCPI — transformer ces critères en méthode de sélection.

