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Guide risque de marché SCPI25 minMis à jour 13 juillet 2026Baisse qui s'atténue : −3,45 % en 2025 (ASPIM)

Risque de marché immobilier sur les SCPI : mécanisme, ampleur et comment l'atténuer

La valeur d'une part de SCPI est adossée à la valeur vénale des immeubles détenus : elle suit donc le cycle immobilier et les taux d'intérêt. Comprendre cette chaîne — taux → valorisations → prix de part — et sa sensibilité sectorielle est la clé pour investir sans se laisser surprendre par une baisse. Entre 2023 et 2025, le prix de part moyen pondéré a reculé de −4,9 %, puis −4,5 %, puis −3,45 % (source ASPIM) : c'est le risque de marché qui s'est matérialisé, à distinguer d'une mauvaise gestion, d'une suspension de retrait ou d'une faillite. Ce guide explique le mécanisme exact, chiffre l'ampleur du choc de façon agrégée et sourcée, distingue les sensibilités sectorielles (bureaux, commerces, logistique, santé, résidentiel) et détaille ce qui atténue ce risque — sans jamais le prétendre éliminé. Une SCPI est un placement long terme non garanti : le capital, les revenus et la liquidité ne sont pas garantis, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet enregistré ORIAS (CIF · COA · COBSP).

RISQUE DE MARCHÉ SCPI

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Sur lettre de mission signée

  • Diagnostic exposition bureaux / diversifié

PRIX DE PART 2025

−3,45 %

TUNNEL PRIX/RECONSTIT.

±10 %

HORIZON RECOMMANDÉ

8-10 ans

TD MOYEN 2025

4,91 %

PS REVENUS FONCIERS

17,2 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 13 juillet 2026 · Conforme au Code monétaire et financier (art. L. 214-86 s., L. 214-94, L. 214-109), au règlement général de l'AMF, à l'ordonnance n° 2024-662 du 03/07/2024 et aux statistiques agrégées ASPIM / MSCI / IEIF 2025 et 1er trimestre 2026. Chiffres de marché à vérifier à la source avant toute décision.

§ 1PANORAMA·2 MIN

Le risque de marché, premier des risques SCPI

Vous avez reçu le courrier vous annonçant que le prix de votre part de SCPI baissait. Vous entendez parler de files d'attente de retrait, de fonds qui suspendent les sorties, et une question vous traverse l'esprit : les SCPI seraient-elles devenues une arnaque ? Rassurez-vous, ce n'est ni l'un ni l'autre. Ce que vous observez porte un nom précis — le risque de marché —, le risque le plus fondamental d'un placement immobilier, celui du cycle et des taux. Et il se comprend, se mesure et se gère. Entre 2023 et 2025, le prix de part moyen pondéré a reculé de −4,9 %, puis −4,5 %, puis −3,45 % (source ASPIM) : une baisse bien réelle, mais qui s'atténue, et que rien n'oblige à subir passivement.

Mon objectif ici est simple : que vous ressortiez en comprenant vraiment comment les taux d'intérêt finissent par toucher le prix de votre part. Je chiffre pour cela l'ampleur du choc à partir des seules moyennes de marché (ASPIM, MSCI), jamais d'une SCPI nommée, je montre pourquoi toutes les SCPI ne réagissent pas de la même façon (bureaux, commerces, logistique, santé) et, surtout, ce qui permet de contenir ce risque — le faire disparaître, personne ne le peut. Une SCPI reste un placement de long terme non garanti : le capital, les revenus et la liquidité ne le sont pas, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le risque de marché est un risque systémique : il touche toute la classe d'actifs immobilière, à des degrés divers, parce qu'il vient de l'économie (taux d'intérêt, conjoncture, valorisations) et non d'une SCPI en particulier. Il se distingue donc des risques propres à un véhicule — la qualité de la société de gestion (risque de gestion), l'occupation du patrimoine (risque locatif) — et de la question de la liquidité ou d'une éventuelle défaillance. L'AMF elle-même range le « risque lié au marché immobilier » parmi les risques principaux des SCPI : la valeur des immeubles conditionne à la fois le prix de la part et les revenus, et dépend de la conjoncture.

L'essentiel en 30 secondes

1. La valeur d'une part de SCPI est adossée à la valeur vénale des immeubles détenus : elle suit le cycle immobilier.

2. Quand les taux montent, les valorisations immobilières baissent, ce qui peut faire reculer le prix de part (illustration 2023-2025).

3. La sensibilité diffère selon les secteurs : bureaux très exposés, logistique et santé plus défensifs.

4. Ce risque s'atténue (diversification, horizon long, immobilier de qualité) mais ne s'élimine pas : le capital n'est pas garanti.

Cet article traite strictement le risque de marché. Pour le panorama de tous les risques d'une SCPI (gestion, locatif, liquidité, défaillance), reportez-vous à notre panorama complet des risques SCPI. Et si les fondamentaux (parts, société de gestion, capital variable ou fixe) ne sont pas clairs, commencez par le guide complet des SCPI.

§ 2VALEUR VÉNALE·3 MIN

D'où vient la valeur d'une part de SCPI ?

Pour comprendre le risque de marché, il faut savoir d'où vient le prix d'une part. Contrairement à une action cotée, la part de SCPI n'a pas de cours de Bourse : sa valeur est administrée, calculée à partir de la valeur des immeubles détenus. Et cette valeur d'immeubles, c'est précisément ce que fait bouger le marché.

L'article L. 214-109 du Code monétaire et financier impose à la société de gestion d'arrêter, à chaque clôture, trois valeurs :

Source : art. L. 214-109 du Code monétaire et financier. Les valeurs de réalisation et de reconstitution reposent sur la valeur vénale expertisée des immeubles.
ValeurDéfinitionRôle
Valeur comptableCoût historique des actifs, net des amortissements et provisionsSuivi comptable, sans lien direct avec le prix
Valeur de réalisationValeur vénale des immeubles (expertise) + valeur nette des autres actifsActif net réévalué (proche de l'ANR)
Valeur de reconstitutionValeur de réalisation + frais et droits de reconstitution du patrimoineValeur de référence pour fixer le prix de part

Tout se joue là : réalisation comme reconstitution reposent sur la valeur vénale des immeubles, telle que l'expert la fixe. Cette valeur n'est pas décidée par la société de gestion : elle est déterminée par un expert externe en évaluation indépendant. Pour une SCPI à capital variable, chaque immeuble est expertisé au moins tous les trois ans, avec une actualisation semestrielle de sa valeur vénale (le régime « tous les cinq ans, actualisation annuelle » ne vise que les SCPI à capital fixe hors augmentation de capital). L'évaluation est certifiée par le commissaire aux comptes et contrôlée par le conseil de surveillance élu par les associés. C'est un premier garde-fou de gouvernance : le prix reflète des valeurs contrôlées, pas un cours spéculatif.

Depuis 2024, ces valeurs sont publiées au moins semestriellement (ordonnance n° 2024-662 du 3 juillet 2024), contre une fois par an auparavant. En clair, vous voyez l'ajustement de valeur arriver plus tôt qu'avant. Pour aller plus loin, voir la valeur de reconstitution d'une SCPI et pourquoi cette valeur est essentielle.

Retenez le lien de cause à effet

Valeur vénale des immeubles → valeur de réalisation → valeur de reconstitution → prix de part. Tout part de la valeur des immeubles. Si le marché immobilier fait baisser cette valeur vénale, la chaîne se propage jusqu'au prix de votre part. La lecture décote / surcote de ce prix face à la reconstitution est un véritable thermomètre du risque : voir interpréter une décote et le danger d'une surcote.

§ 3MÉCANISME·3 MIN

Le mécanisme : comment les taux font baisser le prix des parts

On arrive au mécanisme qui commande tout le reste — et c'est justement celui qu'on vous détaille rarement jusqu'au bout. Un immeuble se valorise pour l'essentiel par capitalisation de ses loyers : on divise le loyer par le rendement que le marché exige pour ce type d'actif. C'est ce taux de rendement exigé — le taux de capitalisation — qui bouge avec les taux d'intérêt.

La valeur vénale d'un immeuble (approche par capitalisation)

Valeur vénale ≈ Loyer annuel ÷ Taux de capitalisation (taux de rendement exigé)
  • Loyer annuel :relativement stable à court terme (baux en cours)
  • Taux de capitalisation :monte quand les taux directeurs (BCE) et les taux longs (OAT) montent

À loyer inchangé, quand le taux de rendement exigé monte, la valeur vénale baisse mécaniquement. C'est le moteur de la correction observée depuis 2023.

De là, tout s'enchaîne dans un ordre logique :

  1. Les taux directeurs (BCE) et les taux longs (OAT) montent [contexte 2022-2023, à vérifier à la source pour les niveaux exacts].
  2. Les acheteurs d'immeubles exigent un rendement plus élevé pour compenser.
  3. À loyer constant, la valeur vénale expertisée baisse.
  4. La valeur de réalisation (actif net réévalué) recule, puis la valeur de reconstitution.
  5. Le prix de part, resté inchangé, devient une surcote par rapport à la reconstitution.
  6. Dès que l'écart dépasse le tunnel des ±10 %, la société de gestion doit ajuster le prix à la baisse.

Le verrou des ±10 % : amortisseur ET déclencheur

L'article L. 214-94 du Code monétaire et financier impose que le prix de souscription soit fixé sur la base de la valeur de reconstitution, dans une fourchette de plus ou moins 10 %. Tant que la reconstitution baisse mais que l'écart reste dans le tunnel, le prix peut être maintenu : c'est un amortisseur, le prix ne peut pas s'effondrer d'un coup. Mais dès que l'écart dépasse 10 %, l'ajustement à la baisse devient obligatoire : le même verrou est alors un déclencheur. Cette règle est inchangée en 2026.

Ce mécanisme explique pourquoi le prix d'une part peut baisser. Nous ne détaillons pas ici la décision elle-même — comment et quand une société de gestion tranche : c'est l'objet de deux articles dédiés. Pour la mécanique de la décision, voir comment une SCPI décide de baisser son prix ; pour le déclencheur, le calendrier et la question « faut-il vendre ? », voir quand une SCPI baisse son prix.

§ 4AMPLEUR·3 MIN

L'ampleur du choc en chiffres (2023-2026)

Combien ce risque a-t-il coûté, concrètement ? Regardons les chiffres de marché, sans les habiller. Attention à ne pas confondre trois indicateurs distincts : le rendement global du marché immobilier (total return MSCI), la variation de la valeur en capital des immeubles, et la variation du prix de part des SCPI (prix administré, qui bouge moins vite).

Note de méthode. Tous les chiffres ci-dessous sont des moyennes de marché (ASPIM, MSCI, IEIF) : ils décrivent une classe d'actifs, jamais une SCPI en particulier. Ils se lisent comme un climat, pas comme la météo de votre placement précis — votre SCPI a pu faire nettement mieux, ou nettement moins bien, selon sa composition. Pour une décision, c'est toujours la valeur de reconstitution et le rapport de gestion de votre SCPI qui priment sur la moyenne.

Sources : MSCI France Annual Property Index / IEIF ; ASPIM (bilans annuels). Chiffres agrégés de marché, aucune SCPI nommée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Indicateur (source)202320242025
Marché immobilier d'entreprise — rendement global (MSCI)−7,7 %+0,8 %+3,3 %
Valeur en capital des bureaux (MSCI)−14,1 %−3,3 %repli plus modéré
SCPI — valeur de réalisation par part (moy.)−10,3 %——
SCPI — prix de part moyen pondéré (ASPIM)−4,9 %−4,5 %−3,45 %
SCPI — taux de distribution moyen (ASPIM)4,52 %4,72 %4,91 %

L'effet amortisseur du prix administré (mais pas de miracle)

En 2023, le prix de part moyen a reculé de −4,9 % alors que la valeur de réalisation par part chutait de −10,3 % et la valeur en capital des bureaux de −14,1 %. Le prix administré (non coté) lisse le choc au quotidien : c'est un avantage. Mais c'est en partie un effet d'optique : le risque est lissé dans le temps, pas supprimé. Et la moyenne masque une forte dispersion : certaines SCPI ont progressé, d'autres fortement reculé la même année.

Le risque s'est bien matérialisé : la preuve chiffrée

Le rapport annuel 2024 du Médiateur de l'AMF fait état d'une forte hausse des saisines liées aux SCPI — de l'ordre de 141 dossiers en 2024 contre 86 en 2023 (+64 %) — portant notamment sur les délais de rachat et la dépréciation des parts. Un signal clair que le risque de marché n'est pas théorique, sans qu'aucune SCPI n'ait à être nommée.

Et en 2026 ? Au premier trimestre, des signaux d'amélioration graduelle apparaissent (collecte nette en hausse sur un an, files d'attente de retrait en repli), mais des fragilités persistent, surtout sur les bureaux. Le contexte de taux ressemble à une stabilisation à un niveau structurellement plus haut qu'avant 2022 [niveaux exacts à vérifier à la source BCE]. Aucun rebond des prix n'est promis : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

§ 5SECTEURS·3 MIN

Le même risque, des expositions différentes

Le risque de marché est le même pour tous, mais toutes les SCPI n'y sont pas exposées de la même manière. La composition sectorielle et géographique du patrimoine module fortement la sensibilité au cycle. Il ne s'agit pas ici de comparer des fonds, mais de comprendre des sensibilités différentes à un même risque.

Sensibilité indicative au risque de marché par classe d'actifs. Chiffres agrégés, aucune SCPI nommée.
Classe d'actifsSensibilité au cycleFait de marché agrégé (source)
BureauxÉlevée (taux + télétravail)Valeur de réalisation/part −13,2 % (2023, ASPIM) ; capital value −14,1 % (2023, MSCI) ; vacance IDF 11,2 % fin 2025, record absolu supérieur au pic de 1993 de 10,5 % (BNP PRÉ)
CommercesModéréeValeur de réalisation/part −7,6 % (2023, ASPIM)
Logistique / activitésPlus faibleProfil défensif porté par l'e-commerce et des baux longs (ASPIM/IEIF)
Santé / éducationFaibleBaux longs, demande structurelle : profil défensif (ASPIM/IEIF)
RésidentielFaible mais rendement basActif défensif, TD ≈ 4,2 % (2025, ASPIM)
DiversifiéesAtténuée (mutualisation)Catégorie la mieux orientée en 2025, capte l'essentiel de la collecte (ASPIM)

Pourquoi les bureaux ont concentré la baisse

Les SCPI de bureaux ont subi un double choc : un choc conjoncturel (la hausse des taux, commune à tout l'immobilier) et un choc structurel (le télétravail et la recherche d'immeubles de qualité, qui font monter la vacance des actifs les moins bien situés). La vacance des bureaux d'Île-de-France atteignait 11,2 % fin 2025, un record absolu, supérieur au précédent pic de 1993 (10,5 %) (BNP Paribas Real Estate / Immostat). Ce cumul explique pourquoi ce segment a porté l'essentiel de la correction.

Pour approfondir chaque classe d'actifs : les SCPI de bureaux en 2026, les SCPI de commerces, les SCPI de logistique, les SCPI de santé, les SCPI résidentielles et les SCPI diversifiées. Pour l'exposition hors de France, voir les SCPI européennes.

Attention : la sensibilité sectorielle au cycle (traitée ici) ne doit pas être confondue avec la qualité propre du patrimoine d'une SCPI donnée — taux d'occupation, concentration sur un locataire, impayés. Cela relève du risque locatif, distinct, abordé plus loin.

§ 6CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Deux cas concrets : ce qu'une baisse de marché change vraiment

Deux cas chiffrés valent mieux qu'un long exposé. Prenons deux profils fictifs — Marc, puis les sœurs Julie et Sophie — qui investissent tous au même moment, début 2023, à partir de variations agrégées de marché (aucune SCPI n'est nommée, ces montants sont donnés à titre pédagogique et ne présument d'aucun rendement).

Cas 1 — Marc : l'impact d'une baisse de prix, et le rôle du temps

Marc investit 50 000 € début 2023, au prix de souscription de 200 €/part, soit 250 parts. Une commission de souscription d'environ 10 % est intégrée au prix : sa valeur de retrait à l'entrée est donc de l'ordre de 180 €/part. C'est le « coût d'entrée » normal d'une SCPI, à amortir sur 8 à 10 ans.

Cas 1 — Marc (illustratif) : 50 000 € / 200 € = 250 parts

Prix de part au rythme du marché (ASPIM) :
  Début 2023 : 200,00 €
  −4,9 % (2023) : 190,20 €
  −4,5 % (2024) : 181,64 €
  −3,45 % (2025) : 175,37 €   → soit −12,3 % cumulé

S'il revend fin 2025 (retrait) :
  Valeur de retrait ≈ 175,37 − 10 %   ≈ 157,8 €/part
  250 parts × 157,8 €                 ≈ 39 450 €
  Perte sèche vs 50 000 €             ≈ −10 550 €  (−21 %)

Mais dividendes encaissés sur 3 ans
(TD appliqué au prix de part de chaque année, qui baisse) :
  ≈ 6 800 €

  → Position nette ≈ −10 550 + 6 800   ≈ −3 800 €

Ce que Marc aurait dû regarder avant de vendre

Vendre au creux du cycle tout en supportant des frais d'entrée non encore amortis transforme une baisse de valeur en perte réelle. Le même placement conservé laisse aux revenus le temps de jouer et à une éventuelle reprise de valeur de se produire — sans qu'aucun rattrapage ne soit garanti. C'est tout l'enjeu de l'horizon long. Pour la décision de vendre après une baisse, voir vendre ses parts après une baisse et la perte à la revente.

Cas 2 — Julie et Sophie : la diversification face au même choc

Julie et Sophie investissent chacune 40 000 € début 2023 et subissent le même marché baissier, mais pas avec la même exposition.

  • Julie — 100 % bureaux : le segment le plus corrigé. À titre illustratif, un recul cumulé du prix de part d'environ −15 % ramène sa position à ≈ 34 000 €.
  • Sophie — portefeuille diversifié (plusieurs sociétés de gestion, secteurs et géographies, dont logistique et santé) : recul modéré d'environ −7 %, position à ≈ 37 200 €.

Julie et Sophie : 3 200 € d'écart sur le même choc de marché

Sur le même choc de marché, l'écart atteint ≈ 3 200 €. La diversification sectorielle et géographique s'attaque à la composante spécifique du risque (la surexposition à un secteur fragilisé) : elle réduit de plus de moitié la perte de Julie, sans la faire disparaître pour autant. La composante systémique, commune à toute la pierre, reste entière : personne n'y échappe. Pour calibrer le nombre de véhicules, voir combien de SCPI détenir.

Méthode documentée

Savoir si vos SCPI sont trop exposées aux bureaux — et corriger avant la prochaine baisse

On regarde secteur par secteur ce que vous détenez, on repère les doublons et les zones fragiles, et on vous dit s'il faut rééquilibrer, dans le cadre d'une lettre de mission. Premier rendez-vous offert, sans recommandation personnalisée.

DiversificationHorizon longSélection indépendante
§ 7NE PAS CONFONDRE·2 MIN

Ne pas confondre : risque de marché, de gestion et locatif

En rendez-vous, c'est l'erreur qu'on entend le plus souvent : « ma SCPI est mauvaise, elle a baissé ». Neuf fois sur dix, c'est le marché entier qui a reculé, pas la gestion. Trois risques différents se cachent derrière un même reproche.

Risque de MARCHÉ (cet article)

Macro et systémique : cycle immobilier et taux d'intérêt. Subi par toutes les SCPI, il agit sur la valeur vénale des immeubles, donc sur le prix de part. On ne l'élimine pas, on l'atténue (diversification, horizon, qualité des actifs).

Risque de GESTION

Propre à la société de gestion : qualité des décisions d'investissement, endettement et effet de levier de la SCPI, conflits d'intérêt. Il fait l'objet d'une analyse dédiée, distincte du risque de marché.

Risque LOCATIF

Propre au patrimoine : vacance, taux d'occupation (TOF), impayés, concentration sur un locataire ou un immeuble. Il dépend de la qualité intrinsèque des actifs, pas du cycle macro-économique.

Le risque de gestion fait l'objet d'une analyse dédiée ; le risque locatif, propre au patrimoine (vacance, taux d'occupation, impayés, concentration sur un locataire), est traité dans son propre guide. Retrouvez l'ensemble dans notre panorama complet des risques SCPI.

Une baisse de prix n'est pas une mauvaise gestion

Une baisse de prix peut être 100 % due au marché, subie par toutes les SCPI, sans aucune faute de la société de gestion. Inversement, une SCPI peut sous-performer par de mauvais choix de gestion malgré un marché porteur. Ne tirez donc pas de conclusion hâtive d'une baisse isolée : pour la mécanique de la décision de baisse, voir pourquoi le prix d'une part baisse.

§ 8ATTÉNUER·3 MIN

Ce qui atténue le risque de marché (et ce qui ne l'élimine pas)

Cinq garde-fous limitent l'ampleur d'une baisse. Aucun ne la fait disparaître : le risque de marché est systémique, il touche toute la pierre en même temps, et aucun montage malin ne met à l'abri.

1. La diversification géographique et sectorielle

Une SCPI mutualise des dizaines ou des centaines d'immeubles et de locataires ; un portefeuille de plusieurs SCPI ajoute une diversification entre sociétés de gestion, secteurs et pays. C'est la première protection contre la composante spécifique du risque.

2. L'immobilier de qualité et les baux longs

Des actifs bien situés, loués à des locataires solides sur des baux longs, sont moins sensibles au cycle (c'est le profil défensif de la santé ou de la logistique). La qualité du patrimoine amortit le choc.

3. Une valeur contrôlée, pas un cours spéculatif

L'expertise externe indépendante, la certification du commissaire aux comptes et le contrôle du conseil de surveillance garantissent que le prix reflète des valeurs contrôlées. Le prix administré (non coté) présente une volatilité quotidienne moindre que les foncières cotées — mais c'est aussi un effet d'optique : la moindre volatilité affichée ne signifie pas un moindre risque économique.

4. Le report à nouveau (RAN) : l'amortisseur des dividendes

Le report à nouveau est une réserve de revenus non distribués qui permet de lisser les dividendes d'une année sur l'autre. Nuance honnête et essentielle : baisse de valeur n'est pas baisse de revenu. Le dividende dépend des loyers encaissés, pas du prix de part ; une baisse de prix peut même gonfler arithmétiquement le taux de distribution affiché sans que le dividende progresse. Les revenus restent toutefois non garantis. Voir le report à nouveau (RAN).

5. Le tunnel des ±10 %

Comme vu en section 3, l'encadrement du prix (art. L. 214-94 CMF) borne l'ampleur d'un ajustement ponctuel : le prix ne peut pas décrocher brutalement.

Le systémique ne se diversifie pas

Le risque de marché est systémique : il touche toute la classe d'actifs et n'est donc pas diversifiable au sens strict. On peut en amortir l'impact, pas le faire disparaître. Personne ne peut promettre un rattrapage : le capital, les revenus et la liquidité ne sont pas garantis, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Lire la décote / surcote face à la reconstitution aide à mesurer le coussin de sécurité au moment d'investir — voir pourquoi la valeur de reconstitution est essentielle.

§ 9AGIR·3 MIN

Ce que vous pouvez faire en tant qu'investisseur

Voici concrètement ce qu'on conseille à nos clients avant de signer, en quatre points. Ce ne sont pas des règles absolues, mais ce qui aurait changé la donne pour Marc.

  • Diversifier son portefeuille de SCPI (plusieurs sociétés de gestion, secteurs et géographies) : voir combien de SCPI détenir et comment choisir sa SCPI.
  • Viser un horizon de 8 à 10 ans minimum : le temps d'amortir les frais d'entrée et de traverser un cycle complet.
  • Entrer de façon étalée, et de préférence en décote (prix inférieur ou égal à la valeur de reconstitution) plutôt qu'en surcote : c'est un coussin.
  • Lire le DIC et l'indicateur de risque (SRI), la composition sectorielle et géographique, la valeur de reconstitution et le taux d'occupation avant d'investir : voir repérer une SCPI surévaluée et le bilan avantages / inconvénients des SCPI.

Distinguez trois phénomènes : baisse ≠ suspension ≠ faillite

Le risque de marché agit sur le prix et les valeurs vénales, pas sur l'existence du patrimoine. Trois situations à ne jamais confondre :

Une baisse de prix reflète la valeur des immeubles : c'est le sujet de cet article.

Une file d'attente ou une suspension de retrait est un problème de liquidité, pas de solvabilité — voir la liquidité des SCPI, la file d'attente de vente, les suspensions de retrait et que faire face à une SCPI bloquée.

Une faillite est un tout autre sujet : les immeubles appartiennent à la SCPI, donc aux associés ; en cas de défaillance de la société de gestion, la gestion peut être transférée à une autre société agréée (art. L. 532-10 CMF). Aucune faillite de SCPI n'est recensée depuis la création du statut par la loi du 31 décembre 1970 (constat de place, non une statistique officielle). À ne pas confondre non plus avec une arnaque à la fausse SCPI (usurpation de société agréée) : ces sujets sont traités dans le hub des risques.

Dernier point, souvent oublié : la fiscalité. Vos revenus fonciers (quote-part) sont taxés à votre tranche marginale d'imposition, majorés de 17,2 % de prélèvements sociaux (pas 18,6 %, réservé aux revenus mobiliers). La plus-value de cession de parts relève, elle, du régime des plus-values immobilières (art. 150 UB CGI). Ça ne change rien au risque de marché, mais ça pèse sur le rendement net — le détail est dans la fiscalité des SCPI.

ACCOMPAGNEMENT

Investir en SCPI sans subir le cycle avec un conseiller en gestion de patrimoine

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Sources et références légales

  • Valeur des parts et des immeubles - Code monétaire et financier

    Art. L. 214-109 CMF : a chaque cloture, la société de gestion arrete trois valeurs - comptable, de réalisation (valeur vénale des immeubles majorée de la valeur nette des autres actifs) et de reconstitution (valeur de réalisation majorée des frais de reconstitution). La valeur vénale est déterminée par un expert externe en évaluation indépendant, selon des modalités fixées par décret et par le règlement général de l'AMF : pour une SCPI a capital variable, chaque immeuble est expertise au moins tous les trois ans, avec une actualisation semestrielle de la valeur vénale (le régime tous les cinq ans avec actualisation annuelle ne vise que les SCPI a capital fixe hors augmentation de capital). L'évaluation est certifiée par le commissaire aux comptes et contrôlée par le conseil de surveillance. Art. L. 214-86 a L. 214-126 CMF : régime juridique des SCPI, agrément AMF, gouvernance.

  • Prix de part et tunnel des plus ou moins 10 % - CMF et RG AMF

    Art. L. 214-94 CMF : le prix de souscription est fixe sur la base de la valeur de reconstitution ; un écart supérieur a 10 % oblige la société de gestion a justifier et a ajuster le prix de part. Règlement général AMF art. 422-223 a 422-236 : dispositions applicables aux SCPI, expertises immobilières, prix de retrait (plancher a la valeur de réalisation diminuée de 10 %). Ce cadre joue a la fois comme amortisseur - le prix administre ne peut pas s'effondrer d'un coup - et comme déclencheur d'un ajustement obligatoire au-delà du tunnel.

  • Transparence et publication des valeurs - Ordonnance 2024-662

    Ordonnance n 2024-662 du 3 juillet 2024 : modernisation du régime des SCPI, encadrement du fonds de remboursement et publication au moins semestrielle des valeurs de réalisation et de reconstitution (contre annuelle auparavant). Conséquence pour l'investisseur : l'ajustement de marche devient visible plus tôt. Directive (UE) 2024/927 dite AIFM 2, applicable a compter du 16 avril 2026 : outils harmonises de gestion de la liquidité - un cadre qui protege l'investisseur mais confirme que la sortie n'est pas garantie a tout moment.

  • Défaillance d'une société de gestion - CMF

    Le patrimoine immobilier appartient a la SCPI, donc a ses associes, et non a la société de gestion. En cas de retrait d'agrément ou de défaillance de la société de gestion (art. L. 532-10 CMF et dispositions du règlement général AMF), la gestion peut être transférée a une autre société de gestion agréée : les actifs ne disparaissent pas. Une baisse de prix, une file d'attente de retrait ou une suspension ne sont pas une faillite. Aucune faillite de SCPI n'est recensée depuis la création du statut par la loi du 31 décembre 1970 (constat de place, non une statistique officielle de l'AMF).

  • Statistiques de marché - ASPIM, MSCI, IEIF

    ASPIM / IEIF, collecte et performance des fonds immobiliers grand public : prix de part moyen pondere en variation de -4,9 % (2023), -4,5 % (2024) et -3,45 % (2025) ; taux de distribution moyen 4,52 % (2023), 4,72 % (2024) et 4,91 % (2025). MSCI France Annual Property Index : rendement global de l'immobilier d'entreprise -7,7 % (2023), +0,8 % (2024), +3,3 % (2025) ; valeur en capital des bureaux -14,1 % (2023). Chiffres agreges de marche, aucune SCPI nommée. Au 1er trimestre 2026, signaux d'amélioration graduelle (collecte, files d'attente en repli) mais fragilités persistantes sur les bureaux. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

  • Marché des bureaux et immobilier tertiaire - BNP Paribas Réal Estate

    BNP Paribas Réal Estate / Immostat, marche des bureaux d'Île-de-France 4e trimestre 2025 : taux de vacance de l'ordre de 11,2 %, un record absolu supérieur au precedent pic de 1993 (10,5 %), sous l'effet cumule de la hausse des taux (choc conjoncturel) et du télétravail avec recherche d'immeubles de qualité (choc structurel). Ce double choc explique pourquoi les SCPI les plus exposées aux bureaux ont concentre la baisse de valeur en 2023-2024.

  • Médiation et pédagogie - AMF

    AMF, guide S'informer sur les SCPI (la pierre papier) : le régulateur classe le risque lie au marche immobilier parmi les risques principaux des SCPI, rappelle que le capital et les revenus ne sont pas garantis et que la liquidité est limitée. Rapport annuel 2024 du Médiateur de l'AMF : forte hausse des saisines relatives aux SCPI (délais de rachat et dépréciation des parts), signe que le risque de marche s'est materialise. AMF, listes noires et mises en garde : vigilance sur les usurpations de sociétés de gestion agréées (fausses SCPI), a ne pas confondre avec le risque de marche.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni un classement ou un avis sur une SCPI ou une société de gestion nommée. Toute souscription, transfert ou cession de parts de SCPI doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Une SCPI est un placement long terme (horizon recommandé 8 à 10 ans minimum) comportant un risque de perte en capital, des revenus non garantis et une liquidité non garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres cités sont agrégés au niveau du marché (sources ASPIM, MSCI, IEIF, AMF, BNP Paribas Réal Estate), à jour au 13 juillet 2026, et doivent être vérifiés à la source avant toute décision.

Foire aux questions

Le risque de marché des SCPI en 2026 : les questions qu'on nous pose en rendez-vous.

Mécanisme des taux, ampleur des baisses, sensibilité sectorielle, atténuation : les 12 questions les plus fréquentes sur le risque de marché, classées par thème.

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  • La valeur d'une part de SCPI est adossée a la valeur vénale des immeubles détenus (art. L. 214-109 du Code monétaire et financier). Elle est donc soumise au cycle immobilier et aux taux d'intérêt. C'est un risque systémique : il touche toute la classe d'actifs, a des degrés divers selon les secteurs et les zones. Il est attenuable, mais pas eliminable, et la perte en capital est possible : le capital investi n'est pas garanti.