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Impatrié 2026 : cas pratiques chiffrés par niveau de revenu (200k à 1M)

Combien le régime impatrié (CGI art. 155 B) fait-il vraiment gagner ? Cette page HUB vous donne d'abord la méthode de calcul du gain, puis un tableau de synthèse avant/après par palier de revenu : 200 000, 350 000, 500 000 et 1 000 000 € par an. On y voit le poids de la prime exonérée, l'exonération de 50 % des revenus passifs étrangers, la dualité des prélèvements sociaux 2026 et le piège CEHR/CDHR. Chaque palier renvoie vers son cas détaillé. Tous les chiffres sont illustratifs.

8 ansDurée de l'exonération
50 %Revenus passifs étrangers exonérés
18,6 %PS sur dividendes et PV mobilières
20 %Plancher CDHR du RFR
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À retenir en 30 secondes

  • Le gain se mesure par différence : impôt de droit commun moins impôt avec régime 155 B. La prime exonérée est économisée à votre taux marginal (jusqu'à 45 %).
  • Quatre paliers, quatre logiques : 200k (cas type renvoyé au pilier), 350k (entrée CEHR), 500k (dividendes étrangers exonérés à 50 %), 1M (dirigeant, holding, CDHR).
  • Le vrai piège des hauts revenus : la CDHR (art. 224, plancher 20 % du RFR) peut rattraper un impatrié qui croit avoir tout effacé. Et la dualité PS (17,2 % vs 18,6 %) change le résiduel.

Avertissement — chiffres illustratifs

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les montants et cas chiffrés sont strictement illustratifs et non garantis, fondés sur des hypothèses explicites et le droit en vigueur en 2026. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.

Mis à jour le 30 juin 2026 — Références légales mobilisées

Guide rédigé selon la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et l'état du droit au 30 juin 2026.

  • Régime impatrié : art. 155 B du CGI (prime d'impatriation au réel ou forfait 30 % du net, exonération de 50 % de certains revenus passifs de source étrangère, plafonnement, durée jusqu'au 31/12 de la 8e année — LF 2017, art. 71) ; art. 4 B (domicile fiscal) ; art. 964 (fenêtre IFI 5 ans sur l'immobilier hors de France).
  • Hauts revenus : art. 223 sexies (CEHR — 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de RFR, seuils doublés pour un couple) ; art. 224 (CDHR — contribution différentielle, plancher 20 % du RFR, périmètre LF 2026).
  • Barème et prélèvements : art. 197 (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, TMI 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part) ; dualité des prélèvements sociaux 2026 (17,2 % AV/foncier vs 18,6 % dividendes/PV mobilières, CSG +1,4 pt LFSS 2026).
  • Leviers : art. 163 quatervicies (déduction PER) ; art. 150-0 B ter (apport-cession, report d'imposition) ; déficit foncier (imputation 10 700 €), Girardin industriel (plafond niches Outre-mer).
  • Doctrine et sources : BOFiP BOI-RSA-GEO-40 et BOI-RSA-GEO-40-10 (régime des impatriés) ; BOI-IR-CHR (CEHR) ; impôts.gouv.fr et service-public.fr (fiche impatriation).

1. Combien le régime impatrié fait-il vraiment gagner ? La méthode de calcul

Le gain du régime impatrié (CGI art. 155 B) se mesure par différence : impôt de droit commun moins impôt avec le régime. La prime d'impatriation exonérée est économisée à votre taux marginal d'imposition ; pour un haut revenu à 45 %, une prime de 90 000 € exonérée pèse environ 40 500 € d'impôt en moins par an. Hagnéré Patrimoine applique cette méthode palier par palier, de 200 000 à 1 000 000 €.

Ça, c'est la théorie. En pratique, le calcul se complique : au moment de signer son contrat français, l'impatrié entend « 30 % de ta rémunération seront exonérés » et en déduit un gain qui ne se vérifie presque jamais à l'euro près. Pourquoi ? Parce que le gain dépend de votre taux marginal, du plafond de 50 %, de la composition de vos revenus (salaire ou dividendes étrangers) et, aux hauts paliers, du retour en force de la CEHR et de la CDHR. La mécanique change du tout au tout selon le niveau de revenu : un impatrié à 350 000 € ne raisonne pas comme un dirigeant à 1 million.

Cette page sert de point d'entrée : elle vous donne d'abord la méthode réutilisable, puis le tableau de synthèse par palier, et renvoie vers chaque cas chiffré en détail. Un mot au passage, parce que la confusion est fréquente : l'impatrié est celui qui arrive en France et y devient résident fiscal (art. 4 B), après avoir été non-résident les 5 années précédant sa prise de fonctions — à ne pas confondre avec l'expatrié (salarié envoyé à l'étranger, art. 81 A) ni avec le non-résident (qui vit et est imposé hors de France). Pour le détail des conditions, des plafonds et de la durée, reportez-vous au guide pilier sur le régime impatrié 155 B.

La formule du gain en 5 étapes

Méthode de calcul du gain annuel d'un impatrié

Gain annuel = IR(droit commun) - IR(régime 155 B)

Étape 1  Rémunération totale et composition des revenus
Étape 2  Part exonérée = prime d'impatriation (réel OU forfait 30 % du net)
Étape 3  Exonération de 50 % de certains revenus passifs étrangers (si convention + clause d'assistance)
Étape 4  Base imposable régime = revenus - part exonérée - 50 % passifs étrangers
Étape 5  Comparer l'IR sur la base de droit commun vs l'IR sur la base régime

Règle clef : la part exonérée s'économise à votre taux marginal (TMI). Plus votre TMI est élevé (jusqu'à 45 %), plus chaque euro exonéré rapporte. Mais attention : l'IR n'est qu'une partie du tableau. Il faut ensuite réintégrer la CEHR, la CDHR et les prélèvements sociaux pour obtenir le gain NET réel. C'est ce que détaillent les paliers qui suivent.

Le réflexe CGP : raisonner en gain net, pas en exonération brute

Une erreur fréquente consiste à annoncer un gain égal à la prime exonérée multipliée par 45 %. C'est le gain brut d'IR. Le gain net peut être plus faible, parce que la prime exonérée diminue le revenu imposable mais pas toujours le revenu fiscal de référence retraité qui sert d'assiette à la CEHR (art. 223 sexies) et à la CDHR (art. 224). Aux hauts paliers, ce différentiel est précisément ce qui sépare un dossier bien construit d'un dossier qui déchante au moment de l'avis d'imposition.

2. La mécanique du gain : prime exonérée, 50 % des revenus étrangers, IR, PS

Le régime 155 B agit sur deux leviers distincts. D'un côté la prime d'impatriation, qui réduit le salaire imposable. De l'autre l'exonération de 50 % de certains revenus passifs de source étrangère. Savoir lequel des deux joue, et à quel palier, c'est l'essentiel de ce guide.

Levier 1 — la prime d'impatriation

La prime correspond au supplément de rémunération lié à l'installation en France. Elle peut être exonérée pour son montant réel (celui prévu au contrat) ou évaluée forfaitairement à 30 % de la rémunération nette. Contrairement à une idée répandue, ce forfait de 30 % est ouvert aussi bien aux personnes recrutées directement à l'étranger par une entreprise établie en France qu'aux salariés en mobilité intra-groupe. Le choix réel/forfait se décide au cas par cas : le forfait évite de justifier le montant contractuel, le réel peut être plus favorable sur certaines rémunérations.

Plafonnement de la prime : la règle des 50 %

L'exonération de la prime d'impatriation est encadrée. Le contribuable choisit entre deux limites : soit l'exonération totale de la prime est plafonnée à 50 % de la rémunération totale, soit la fraction de rémunération correspondant à l'activité exercée à l'étranger est limitée à 20 % de la rémunération imposable. C'est ce plafond de 50 % qui devient mordant aux paliers élevés : à 500 000 € ou 1 M€, la prime exonérée bute souvent sur ce plafond, ce qui borne mécaniquement le gain d'IR.

Levier 2 — l'exonération de 50 % des revenus passifs étrangers

La moitié de certains revenus passifs de source étrangère est exonérée d'impôt sur le revenu : revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts), plus-values de cession de valeurs mobilières et produits de propriété intellectuelle. Condition impérative : l'État de la source doit avoir conclu avec la France une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative. À noter : le foncier français n'est pas exonéré, et cette exonération de 50 % ne porte que sur l'IR — pas sur les prélèvements sociaux.

La dualité des prélèvements sociaux 2026

Prélèvements sociaux 2026 applicables à un impatrié — dualité 17,2 % vs 18,6 %
Type de revenu / enveloppeTaux PS 2026PFU global
Assurance-vie17,2 %30 % (12,8 + 17,2)
Revenus fonciers (France)17,2 %Barème + 17,2 %
Plus-values immobilières17,2 %19 % + 17,2 %
PEL17,2 %—
Dividendes18,6 %31,4 % (12,8 + 18,6)
Intérêts18,6 %31,4 % (12,8 + 18,6)
Plus-values mobilières (hors AV/PEA)18,6 %31,4 % (12,8 + 18,6)
PEA / PER / crypto-actifs18,6 %selon enveloppe

Impatrié affilié à un régime social UE/EEE/Suisse

Un impatrié qui reste affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE, de l'EEE ou de Suisse est exonéré de CSG et de CRDS (jurisprudence de Ruyter), mais reste redevable du prélèvement de solidarité de 7,5 %. C'est un point à vérifier systématiquement dans les premières années d'installation, car il modifie sensiblement le rendement net des placements et donc le résiduel à optimiser.

La fenêtre IFI de 5 ans : un levier propre à l'impatrié

En application de l'article 964 du CGI, un impatrié — non-résident les 5 années précédentes — n'est imposable à l'IFI que sur ses biens immobiliers situés en France pendant les 5 années suivant son installation. Ses immeubles à l'étranger, et les SCPI européennes (immobilier hors France), sont temporairement hors assiette IFI. Voir notre guide d'optimisation IFI pour structurer cette fenêtre dès l'arrivée.

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Chiffrer votre gain d'impatrié selon votre revenu

Vous voulez connaître, à l'euro près, ce que le régime 155 B vous fait gagner ? Hagnéré Patrimoine réalise votre simulation personnalisée : prime, exonération 50 %, CEHR/CDHR, prélèvements sociaux et impôt résiduel.

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3. Palier 200 000 €/an : le cas type (renvoi au cas détaillé du pilier)

C'est le palier d'entrée du cadre dirigeant impatrié. À 200 000 € de rémunération, le gain provient quasi exclusivement de la prime d'impatriation : les revenus passifs étrangers sont encore secondaires, et la CEHR ne mord que faiblement (3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire, seuils doublés pour un couple).

Plutôt que de recalculer ce cas ici, nous vous renvoyons au cas le plus pédagogique : le cas Léa (environ 180 000 €), calculé étape par étape dans le guide pilier. C'est volontaire : cette page de synthèse ne duplique pas un travail déjà fait. Vous y retrouverez la décomposition complète de la prime exonérée, de la base imposable et de l'impôt avant/après.

Où trouver le cas 200k détaillé

Le calcul pas à pas du palier d'environ 200 000 € figure dans la section cas pratiques du pilier : régime impatrié 155 B — cas pratiques chiffrés (dont le cas Léa). Vous y verrez comment une prime forfaitaire de 30 % du net se traduit en économie d'IR à TMI 41 %, puis le résiduel à optimiser.

À retenir pour ce palier : l'essentiel du gain est concentré sur le salaire. Les leviers de résiduel les plus pertinents y sont le PER (encore beaucoup de revenu taxable face auquel déduire) et, si l'on détient du foncier français, le déficit foncier. À ce stade, la CDHR n'est en général pas le sujet : elle le devient à partir du palier suivant.

4. Palier 350 000 €/an : l'entrée dans la CEHR ? (renvoi au cas détaillé)

À 350 000 €, on entre clairement dans la zone des hauts revenus. La prime exonérée reste le moteur principal, mais deux invités s'ajoutent à table : la CEHR (art. 223 sexies) et, en filigrane, la CDHR (art. 224). C'est le palier où la distinction entre gain brut et gain net devient décisive.

Pourquoi la CEHR change la lecture du gain

La CEHR s'applique au revenu fiscal de référence : 3 % au-delà de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), puis 4 % au-delà de 500 000 € / 1 000 000 €. Le problème pour l'impatrié : la prime exonérée réduit l'IR, mais le RFR — et donc l'assiette CEHR/CDHR — peut réintégrer une partie des revenus exonérés. Autrement dit, vous pouvez réduire votre IR tout en restant exposé à la contribution sur les hauts revenus.

Le piège CDHR : le plancher de 20 % du RFR

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, art. 224), reconduite par la LF 2026, garantit une imposition minimale d'environ 20 % du revenu fiscal de référence pour les très hauts revenus (au-delà de 250 000 € célibataire / 500 000 € couple). Le piège pour l'impatrié : la prime 155 B est réintégrée au RFR retraité servant d'assiette à la CDHR. Un impatrié qui a fortement abaissé son IR grâce au régime peut donc se voir réclamer un complément pour atteindre ce plancher de 20 %. C'est le différenciateur n° 1 d'un dossier à 350 000 € et plus : le périmètre exact du RFR retenu pour la CDHR doit être validé au cas par cas avec votre conseil.

Le calcul complet de ce palier — prime exonérée, IR avant/après, CEHR, résiduel et choix de placements — est développé dans le cas dédié : cas pratique impatrié 350 000 €/an. Pour approfondir la mécanique CEHR/CDHR elle-même, voir notre guide CEHR et CDHR 2026.

5. Palier 500 000 €/an : dividendes étrangers et défiscalisation (renvoi au cas détaillé)

À 500 000 €, la prime exonérée bute fréquemment sur son plafond de 50 % de la rémunération. Le gain ne vient donc plus seulement du salaire : c'est l'exonération de 50 % des revenus passifs de source étrangère qui fait le gros du gain, en particulier pour les profils qui perçoivent des dividendes ou des plus-values mobilières de l'étranger.

L'effet des dividendes étrangers (cas illustratif)

Prenons un exemple volontairement simple et illustratif : 10 000 € de dividendes de source étrangère, en provenance d'un État lié à la France par une convention comportant une clause d'assistance administrative.

Dividendes étrangers d'un impatrié — l'exonération de 50 % (illustratif)

Dividendes étrangers bruts ........... 10 000 €
Exonération 155 B (50 % sur l'IR) ..... - 5 000 €
Base imposable à l'IR ................. 5 000 €

Côté IR  : seule la moitié entre dans la base (PFU 12,8 % ou barème).
Côté PS  : prélèvements sociaux de 18,6 % (dualité 2026) — l'exonération
           de 50 % ne joue PAS sur la base sociale.

Lecture conservatrice : l'exonération de 50 % du régime impatrié réduit la base de l'IMPÔT SUR LE REVENU, mais ne réduit pas l'assiette des prélèvements sociaux. Pour un impatrié, un dividende étranger reste donc soumis à 18,6 % de PS (et non 17,2 %). Le détail de l'assiette sociale et du crédit d'impôt conventionnel est traité dans le guide pilier. Chiffres illustratifs, non garantis.

Multiplié par un portefeuille conséquent, cet effet de 50 % sur l'IR devient un vrai moteur de gain au palier 500 000 €. C'est aussi à ce niveau que la défiscalisation du résiduel (PER, déficit foncier, Girardin) commence à peser sérieusement, car l'impôt résiduel est encore élevé malgré le régime.

Le calcul complet, avec composition de revenus et poids de la CEHR, est développé dans : cas pratique impatrié 500 000 €/an. Pour les pistes de placement, voir aussi où investir quand on est impatrié.

6. Palier dirigeant 1 000 000 € : salaire, dividendes et holding (renvoi au cas détaillé)

À 1 million d'euros, le salaire n'est qu'une ligne du dossier : l'essentiel se joue sur la combinaison salaire / dividendes / holding. Le revenu se décompose typiquement en salaire, dividendes et flux d'une holding. Chacun appelle un traitement différent, et le régime 155 B ne joue que sur une partie de l'ensemble.

Décomposition type d'un dirigeant impatrié à 1 M€ — quel levier joue sur quoi
ComposanteLevier 155 B applicablePoint de vigilance
SalairePrime d'impatriation (plafonnée à 50 %)Le plafond de 50 % borne fortement l'exonération à ce niveau
Dividendes de source étrangèreExonération de 50 % (IR seulement)Convention + clause d'assistance obligatoire ; PS 18,6 % dus
Dividendes de source françaiseAucun (non visé par le 50 %)PFU 31,4 % (12,8 + 18,6)
Holding (apport-cession)Hors 155 BReport 150-0 B ter, remploi ≥ 70 % sous 36 mois si cession < 3 ans (cessions ≥ 21/02/2026), conservation 5 ans
CEHR / CDHR—CEHR 4 % au-delà de 1 M€ (couple) ; CDHR plancher 20 % du RFR

À 1 M€, le vrai sujet n'est plus l'IR mais la CDHR

Pour un couple, le taux de 4 % de la CEHR se déclenche au-delà de 1 000 000 € de RFR. Mais c'est surtout la CDHR (plancher 20 % du RFR) qui structure le dossier : à ce niveau, l'optimisation de l'IR pur peut être largement neutralisée par la contribution différentielle. Un dirigeant impatrié bien conseillé arbitre donc entre rémunération, dividendes et capitalisation en holding, en intégrant le plancher CDHR dès la construction. L'architecture complète est développée dans le cas dirigeant 1 M€.

À ce palier, l'apport-cession via une holding à l'IS (art. 150-0 B ter) et la fenêtre IFI de 5 ans deviennent des leviers de premier plan, au-delà des seules niches IR. Le gain ne tient plus à un pourcentage de salaire : il dépend de la façon dont on agence holding, dividendes et capitalisation sur les 8 ans.

7. Tableau de synthèse avant/après régime par palier

Voici la vue d'ensemble des quatre paliers, du levier dominant et du point de vigilance. Les montants sont illustratifs et servent à comparer les ordres de grandeur, pas à promettre un résultat. Chaque ligne renvoie vers son cas détaillé.

Synthèse comparative des 4 paliers d'impatrié — leviers, gain et vigilance (illustratif)
Palier de revenuLevier dominantGain d'IR indicatif/anPoint de vigilance
200 000 € (cas Léa, pilier)Prime d'impatriationConcentré sur le salaireCEHR faible ; PER et déficit foncier
350 000 €Prime + début revenus étrangersÉlevé mais CEHR/CDHR mordentEntrée CEHR ; vigilance plancher CDHR
500 000 €Plafond 50 % + exo dividendes étrangersDouble levier (salaire + 50 % passifs)Plafond prime atteint ; PS 18,6 % dividendes
1 000 000 € (dirigeant)Architecture salaire/dividendes/holdingGain massif mais neutralisé partiellementCEHR 4 % ; CDHR plancher 20 % = vrai sujet

Comment lire ce tableau

Plus on monte en revenu, plus le gain brut d'IR augmente, mais plus il est rogné par les contributions sur les hauts revenus (CEHR puis CDHR). La courbe du gain net n'est donc pas linéaire : elle dépend autant de la composition des revenus (salaire vs dividendes étrangers vs holding) que du montant. D'où l'intérêt d'un cas détaillé par palier : cette page situe les ordres de grandeur, chaque cas pose les calculs précis. Renvois : 350 000 €, 500 000 €, dirigeant 1 M€.

Un repère de calcul (cas illustratif à 300 000 €, 1 part, forfait 30 %)

Pour fixer les idées avec un cas autonome — distinct des paliers renvoyés — prenons un célibataire à 300 000 € de rémunération, prime évaluée au forfait de 30 %.

Cas illustratif — célibataire 300 000 €, forfait 30 %, 1 part

Rémunération totale ................... 300 000 €
Prime exonérée (forfait 30 %) ......... 90 000 €  (sous plafond 50 %)
Base imposable avec régime ............ 210 000 €

IR sans régime (sur 300 000 €) ........ ≈ 111 524 €
IR avec régime (sur 210 000 €) ........ ≈ 71 024 €
Gain d'IR brut ........................ ≈ 40 500 €

Vérification : 90 000 € exonérés × 45 % de TMI = 40 500 €, ce qui correspond exactement à la différence d'IR (111 524 - 71 024). Ce gain BRUT d'IR doit ensuite être minoré de l'éventuelle CEHR/CDHR sur le RFR retraité. Hypothèses : barème IR 2026 (art. 197), 1 part, aucun autre revenu. Chiffres illustratifs et non garantis.

8. Combien rapporte le régime sur les 8 années cumulées ?

Le régime impatrié n'est pas un coup unique : il dure. L'exonération court jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions (pour les prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016 ; 5 ans pour les régimes antérieurs). Le gain annuel se multiplie donc par le nombre d'années — et c'est ce cumul qui justifie de structurer son patrimoine dès l'arrivée.

Gain cumulé indicatif selon le gain d'IR annuel (illustratif, hors CEHR/CDHR)
Gain d'IR annuelSur 4 ansSur 8 ans (durée pleine)
20 000 €80 000 €160 000 €
40 000 €160 000 €320 000 €
60 000 €240 000 €480 000 €
100 000 €400 000 €800 000 €

Le mur fiscal de l'année 9

L'année 9 marque la bascule au droit commun : la prime d'impatriation et l'exonération de 50 % disparaissent d'un coup. Pour un impatrié qui gagnait 40 000 € d'impôt par an, c'est une hausse d'impôt brutale et une chute du revenu net disponible. Cette transition s'anticipe : capitalisation (assurance-vie), épargne retraite, arbitrages de rémunération. Notre guide dédié détaille la préparation : impatrié : préparer l'année 9 sans choc fiscal.

La leçon stratégique est simple : le régime crée une fenêtre temporaire de revenu net dopé. La bonne approche consiste à transformer ce surplus en patrimoine pendant les 8 ans, plutôt que de le consommer — pour amortir le mur de l'année 9 et pérenniser le gain.

9. Quel placement pour quel impôt résiduel ?

Le régime 155 B n'exonère jamais tout. Il reste un impôt résiduel : sur la part de salaire non exonérée, sur le foncier français (non exonéré), sur les revenus non couverts par l'exonération de 50 %. Reste à savoir quel levier viser pour chaque type de résiduel.

Levier de défiscalisation adapté à chaque type d'impôt résiduel d'impatrié
LevierEffet fiscalPertinent quand…
PER (art. 163 quatervicies)Déduit du revenu IMPOSABLEIl reste du revenu taxable (inutile contre du revenu déjà exonéré)
Déficit foncierImpute sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/anVous détenez du foncier français (non exonéré) à rénover
Girardin industrielRéduction one-shot à fonds perduImpôt résiduel élevé, appétence one-shot, plafond niches Outre-mer
Assurance-vie / AVLCapitalisation neutre + portabilitéHorizon long, préparation année 9, redépart possible
SCPI européennesFoncier hors France + fenêtre IFI 5 ansVous voulez du rendement immobilier hors assiette IFI temporaire
Private equity / 150-0 B terRéduction IR ou report dirigeantProfil dirigeant, diversification, apport-cession

La règle d'or : déduire UTILEMENT

L'erreur la plus fréquente que je vois : souscrire un PER pour « défiscaliser » quand une large part du revenu est déjà exonérée par le 155 B. Déduire contre du revenu exonéré ne rapporte rien. Le PER n'a d'intérêt que face au résiduel taxable. C'est le raisonnement inverse de celui d'un contribuable lambda : chez l'impatrié, on calibre la déduction sur la fraction non exonérée seulement. Voir le guide PER.

Plafonnement global des niches fiscales

N'oubliez pas le plafonnement global des niches : 10 000 € de réduction et crédit d'impôt par an, porté à 18 000 € lorsqu'on y intègre du Girardin industriel, de la SOFICA ou des investissements Outre-mer. Le déficit foncier et la déduction PER, eux, ne sont pas des « réductions » mais des charges déductibles du revenu : ils échappent à ce plafond. Bien combiner ces mécanismes est le travail d'un CGP.

Pour aller plus loin sur le choix des enveloppes et des classes d'actifs adaptées à un impatrié — sans entrer dans des noms de fonds, on raisonne en classes d'actifs et en enveloppes — consultez notre guide impatrié : où investir et comment réduire l'impôt résiduel.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291
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Étude personnaliséeSans engagementCabinet à Bassens
Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les cas pratiques chiffrés de l'impatrié

Le gain se mesure par différence. Vous calculez d'abord votre impôt sur le revenu de droit commun sur la totalité de votre rémunération, sans aucune exonération. Vous calculez ensuite l'impôt avec le régime 155 B : on retire de la base imposable la prime d'impatriation exonérée et, le cas échéant, la moitié de certains revenus passifs de source étrangère. La différence entre les deux impôts est votre gain annuel. La règle clef : la prime exonérée est économisée à votre taux marginal d'imposition. Pour un haut revenu à 45 %, une prime de 90 000 € exonérée représente environ 40 500 € d'impôt en moins par an. Tous ces chiffres sont illustratifs et dépendent de votre situation réelle.

Pour éviter de dupliquer un calcul déjà réalisé. Le guide pilier sur le régime impatrié 155 B contient déjà un cas détaillé au palier d'environ 180 000 à 200 000 €, le cas Léa, calculé étape par étape. Cette page est un HUB : son rôle est de comparer les paliers entre eux et de renvoyer vers chaque cas détaillé. Pour le palier 200 000 €, le cas le plus pédagogique reste celui du pilier, vers lequel nous vous renvoyons directement.

Non, et c'est un piège majeur pour les hauts revenus. La prime exonérée réduit bien votre impôt sur le revenu, mais la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies) et surtout la contribution différentielle (CDHR, art. 224) se calculent sur le revenu fiscal de référence retraité, qui peut réintégrer une partie des revenus exonérés. Un impatrié qui croit avoir effacé tout son impôt grâce au 155 B peut se retrouver rattrapé par le plancher de 20 % du RFR de la CDHR. C'est ce détail qui sépare un dossier solide d'un dossier monté à la va-vite. Vérification au cas par cas indispensable.

Il y a deux taux à connaître. Les prélèvements sociaux sont de 17,2 % sur l'assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL. Ils sont de 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs, du fait de la hausse de 1,4 point de CSG de la LFSS 2026. Le PFU est donc de 30 % sur l'assurance-vie et de 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors enveloppe. Un impatrié affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE, de l'EEE ou de Suisse est exonéré de CSG et CRDS mais reste redevable du prélèvement de solidarité de 7,5 %.

Le gain dépend de la part exonérée et de la composition des revenus. À ce palier, deux leviers se cumulent : la prime d'impatriation, souvent plafonnée à 50 % de la rémunération totale, et l'exonération de la moitié des revenus passifs de source étrangère (dividendes, plus-values mobilières, redevances) lorsque l'État de la source a conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative. Le cas détaillé au palier 500 000 € illustre ce double effet, ainsi que le poids de la CEHR. Les chiffres précis sont présentés dans le cas dédié, vers lequel nous vous renvoyons. Tout est illustratif et non garanti.

Non. Depuis l'élargissement du dispositif, l'évaluation forfaitaire de la prime d'impatriation à hauteur de 30 % de la rémunération nette est ouverte aussi bien aux personnes recrutées directement à l'étranger par une entreprise établie en France qu'aux salariés en mobilité intra-groupe. Le forfait évite d'avoir à justifier le montant réel de la prime contractuelle. Pour les rémunérations modestes, le calcul au réel peut toutefois rester plus favorable. Le choix se fait au cas par cas, déclaration à l'appui.

L'exonération s'applique jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile suivant la prise de fonctions, pour les prises de fonctions intervenues à compter du 6 juillet 2016 (loi de finances pour 2017, art. 71). Les régimes antérieurs étaient limités à 5 ans. Le gain s'accumule pendant 8 ans, puis l'année 9 fait basculer au droit commun : c'est le mur fiscal à anticiper. Un impatrié qui gagne 40 000 € d'impôt par an pendant 8 ans économise environ 320 000 € cumulés, mais doit préparer la chute de revenu net disponible de l'année 9.

Le régime n'exonère jamais tout : il reste un impôt résiduel sur le salaire non exonéré et sur le foncier français. Les leviers se choisissent selon le profil. Le PER déduit du revenu imposable, donc il n'a d'intérêt que face à du revenu encore taxable, pas face à du revenu déjà exonéré. Le déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an. Le Girardin industriel offre une réduction one-shot à fonds perdu, dans le plafond spécifique des niches Outre-mer. L'assurance-vie et les SCPI européennes capitalisent et exploitent la fenêtre IFI de 5 ans. Le plafonnement global des niches reste de 10 000 € par an, porté à 18 000 € avec le Girardin. Chiffres illustratifs, risque de perte en capital.

Oui, c'est un avantage propre à l'impatrié et souvent sous-exploité. En application de l'article 964 du CGI, une personne qui n'était pas résidente fiscale française au cours des 5 années précédant son installation n'est imposable à l'IFI que sur ses biens immobiliers situés en France pendant les 5 années suivant son arrivée. Ses immeubles situés à l'étranger, et donc les SCPI européennes qui détiennent de l'immobilier hors de France, sont temporairement hors de l'assiette IFI. C'est une fenêtre de structuration patrimoniale à saisir dès l'arrivée.

Oui, parce que la structure de revenu change. Un dirigeant à 1 million d'euros combine généralement un salaire, des dividendes et, souvent, une holding. La prime d'impatriation porte sur le salaire, l'exonération de 50 % peut viser certains dividendes de source étrangère, et la holding ouvre des problématiques d'apport-cession (art. 150-0 B ter) et de rémunération. À ce niveau, la CEHR atteint son taux de 4 % et la CDHR avec son plancher de 20 % du RFR devient le vrai sujet. Le cas détaillé dirigeant 1 million présente l'architecture complète. Tout y est illustratif et à valider individuellement.

On confond très souvent ces trois statuts. L'impatrié est une personne qui arrive en France et y devient résident fiscal au sens de l'article 4 B du CGI, après avoir été non-résident les 5 années précédant sa prise de fonctions : c'est le public de ce guide. L'expatrié est au contraire un salarié envoyé travailler à l'étranger, régi par l'article 81 A du CGI. Le non-résident vit et est imposé hors de France. Les cas pratiques de cette page concernent exclusivement l'impatrié, celui qui s'installe en France.

Non. Tous les montants présentés dans cette page et dans les cas détaillés sont strictement illustratifs et pédagogiques. Ils reposent sur des hypothèses explicites de revenu, de composition de patrimoine et de situation familiale, et sur le droit en vigueur en 2026. Ils ne constituent ni une promesse de résultat ni un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Pour chiffrer votre situation réelle, Hagnéré Patrimoine réalise une étude personnalisée.